Archetypes Introduction
Archetypes Introduction
ARCHETYPES
INTRODUCTION
Les archétypes ordonnent la création comme l'Homme ordonne sa propre création selon les
archétypes qui le fondent.
Dépositaire d’une double caractéristique structurelle et dynamique, l’archétype garantit à la
fois l’architecture et l’évolution de l’Etre. C'est en tant que tels que les archétypes sont assimilés
aux lois universelles de l'évolution.
Dans cette introduction, je vais tenter de définir la notion même d’archétype pour présenter
ensuite en quelques lignes les 7 archétypes fondamentaux (qui feront chacun l’objet d’un chapitre
spécial dans ce tome en commençant évidemment par l’archétype « Un » dont dérivent tous les
autres), suite à quoi je présenterai quelques concepts liés à la notion d’archétype et permettant d’en
appréhender au mieux ses manifestations (symbole, analogie, synchronicité). Et enfin je dirai
quelques mots des « élémentaux » ou des Quatre Eléments alchimiques à chacun desquels ce tome
consacrera aussi un chapitre.
Archétype
Le terme archétype (du grec arche-typos: modèle original d'une chose; de arche: principe,
commencement, origine, fondement, commandement et typos: empreinte, marque, type, modèle)
employé par certains philosophes grecs (Plutarque, Philon d’Alexandrie …) et repris par Saint
Augustin puis par Jung pour son étude sur les structures psychiques, définit un schème universel.
Dans quelque domaine que ce soit, l'Homme a toujours remarqué des similarités et fait des
rapprochements (analogie: cf. plus loin) entre des éléments ou des phénomènes ne comportant à
part cela aucun lien logique -ou direct, ou causal- entre eux: récurrence de formes, d'images, de
fonctions, de comportements, de thèmes, de rythmes ... tous éléments dont on peut finalement dire
qu'ils sont les expressions d'archétypes, c'est-à-dire des grands schèmes universels.
Ces archétypes, ainsi nommés par Saint Augustin pour traduire les Eidos ou les Universaux
de Platon, et qui sont aussi les 7 jours de la Genèse que j’utilise dans cet essai (pour d’autres
exemples ou références cf. « Archétypes » dans Notes du Lexique), peuvent être entrevus comme
des modèles dynamiques, « des structures a priori qui informent la manière d'être au monde », des
« formes vides que l'expérience vient remplir » ou des « formes sans contenu représentant la
possibilité d'un certain type de relation et d'action » (Jung) donnant à la réalité son ordonnancement.
[Link] ("Une nouvelle science de la vie") dit par exemple que les formes et les
structures des systèmes sont dues à un champ morphogénétique qu'il appelle "causalité formative"
transcendant l'espace et le temps et ayant la propriété de provoquer des effets instantanés à des
distances quelconques, ce qui rejoint les différentes théories que sont les causes non locales de la
mécanique quantique, les champs vibratoires de [Link]é et [Link] ("L'alchimie de la vie"), les
"bulles de conscience alignées sur des bandes d'émanation spéciales" de [Link] ("le feu du
dedans"), et enfin celle des archétypes utilisés par Jung dans toute son œuvre d'exploration de la
psyché humaine.
De son côté, J. de Rosnay dit (Le Macroscope):
"Il s'agit de dégager des invariants, c'est-à-dire des principes généraux, structuraux et
fonctionnels, pouvant s'appliquer aussi bien à un système qu'à un autre. Grâce à ces
principes, il devient possible d'organiser les connaissances en modèles plus facilement
communicables puis d'utiliser certains de ces modèles dans la réflexion et dans l'action."
Universels et intemporels, défiant les espaces-temps coutumiers, les archétypes non
seulement s'expriment par des formes d'existence analogues -mais de plus en plus complexes d'un
système à l'autre- et des thèmes récurrents, ce qui représente l’aspect structurel ou architectural de
l’archétype, mais se manifestent toujours dans le même ordre, ce qui cette fois répond à l’aspect
dynamique, séquentiel ou évolutif de l’archétype: la création comme l'évolution du vivant et de
l'Homme, avancent ainsi en quelque sorte à chaque fois d'un cran en passant d'un archétype à un
autre (les archétypes sont tous toujours agissants mais leurs formes de manifestation doivent suivre
un ordre séquentiel pour être fiables). C'est pourquoi ces archétypes ou prototypes structurels et
dynamiques, peuvent aussi être assimilés à des nombres qui possèdent, à côté de leurs valeurs
quantitatives couramment utilisées, des valeurs qualitatives, comme nous le rapportent la Qabbale,
la Genèse biblique, Pythagore ... nombres qui à leur tour, peuvent être représentés par des figures -
géométriques ou pas- ou des symboles (ce que les nombres sont déjà en tant que chiffres).
Les stades de développement de tous les organismes, et ceux de toutes les formes d'existence
en général, se superposent ainsi à l'enchaînement et à la danse bien ordonnée des nombres, les Sept
Jours de la Genèse biblique en étant une des plus belles représentations.
Des plus simples aux plus complexes, les structures et les organismes se développent comme
s'ils étaient l'empreinte des archétypes, chacune de ces formes d'existence étant "alignée"
préférentiellement sur l'un d'eux -ou sur un certain nombre d'entre eux-selon un mode dominant (cf.
tome Processus : la dominance et la latence) : c'est là l'origine de l'analogie (cf. plus loin).
Par étapes successives et toujours dans le même ordre, les archétypes se manifestent
cycliquement en structures de plus en plus complexes munies d'outils de plus en plus performants.
Les mêmes archétypes correspondent donc à des potentialités différentes selon les cycles, comme
s'il y avait retour constant des mêmes principes sur eux-mêmes, avec l'information en plus.
Par ses deux aspects architectural et séquentiel, l’archétype implique donc un espace et un
temps : le même archétype peut ainsi s’exprimer en des espaces-temps différents où espace et temps
sont corrélés à chaque fois sur un mode particulier (cf. l’espace et le temps du tome Processus
*
Comment peut-on constater la réalité des archétypes?
Et bien, il faut d'abord voir les archétypes dans la multiplicité des formes concrètes et
abstraites qui en sont l'expression, et cela des atomes aux niveaux de conscience les plus élevés.
Chaque organisme, chaque organe, chaque animal, chaque végétal, chaque atome, chaque état de
conscience ... est ainsi l'icône parfaite ou l'image en miroir d'un de ces archétypes, et est donc
finalement l'image de l'Etre à un degré d'expression plus ou moins élaboré selon son stade évolutif.
Chez les animaux puis chez les êtres humains par exemple, les archétypes s'expriment dans
les comportements innés (« patterns of behavior »), les instincts ou l'inconscient collectif ... qui
sont tous de nature supra-individuelle. L'instinct, comme nécessité physiologique, constitue en effet
une puissance impersonnelle comme l'inconscient collectif constitue la structure innée identique
chez tous les humains (pour Jung l'inconscient collectif comporte un ordre mathématique exprimant
le jeu régulier des archétypes).
Chez l'Homme, il est commun de reconnaître aujourd'hui que les dits archétypes constituent
les fondements des grands thèmes moraux et religieux et qu'ils s'expriment aussi dans les mythes,
les rêves, les fantasmes, les œuvres artistiques ... Ce sont les dieux des religions antiques, les anges,
les démons, les puissances bénéfiques ou maléfiques, solaires ou lunaires, paradisiaques ou
infernales, autant de représentations « numineuses » participant de l'inconscient collectif.
Plus prosaïquement, les archétypes s'expriment dans tout ce qui nous est quotidien et
familier: l'individu ou le sujet lui-même représente un archétype (celui de l'Unité ou de l’essence de
l’Etre), et la mère, le père, l'enfant, la sœur, le frère, la famille ou la société, l'amour, la naissance, la
mort, l'esprit ... en sont d’autres ou leurs manifestations.
De cette notion d'archétype, on peut encore expliquer certains faits inhérents à l'évolution, et
formuler plusieurs hypothèses.
Il y a par exemple ce que les paléontologues, les zoologues et les botanistes désignent par le
terme de « convergences fortuites » (convergences de formes, de fonctions ...) concernant des
espèces très éloignées (phénomène que l'on pourrait rapporter à l'analogie, cf. plus loin): les
marsupiaux ressemblent aux mammifères, les hyènes aux chiens (sans en être), les feuilles d'épinard
à celles de l'armoise, certains protozoaires flagellés aux algues dont certaines ne possèdent pas de
pigments synthétiques, comme les champignons, ou sont plurinuclées, comme les conocytes ... tous
phénomènes dont l'explication par des conditions de vie identiques est trop simpliste sinon erronée
et revient à « expliquer la fleur par l'engrais » comme a dit G. Bachelard. Les « convergences
fortuites » ne sont pas seulement le résultat d'une évolution convergente, mais plus généralement,
l'expression des mêmes archétypes chez des organismes ou des formes d'existence différents (et
pouvant appartenir à des cycles distincts et éloignés): intemporels et universels, les archétypes
s'expriment ainsi selon des degrés de différenciation, de complexité ou d'intégration variés
répondant aux stades évolutifs différents des formes d'existence.
Ainsi les grands groupes ou embranchements d'animaux et de végétaux (vers, cnidaires,
mollusques ... champignons, algues, lichens ...) apparaissent-ils comme les stades évolutifs
archétypaux des organismes, les classes constituant ces embranchements répondant elles aux
différents plans de manifestation de ces archétypes. De ce fait, les archétypes peuvent permettre
d’établir les classifications de l’ensemble des formes d’existence (animales, végétales atomiques,
minérales ...), mais aussi de différencier une "micro-évolution" (les espèces) et une "macro-
évolution" (les grands groupes correspondant aux grands stades évolutifs : atomes, cellules,
organismes ...), d’expliquer les particularités des différentes espèces comme les caractères
homologues de certaines d’entre elles (homologie signant des liens de parenté à distinguer de
l'analogie), ainsi d’ailleurs que de faire l’approche symbolique de leurs représentants.
Les archétypes témoignent donc à la fois de la permanence des formes de la création et de
leur évolution.
Ainsi la notion d'archétype comme modèle universel, permet-elle de sortir de la polémique
existant entre les points de vue fixiste et évolutionniste -ou transformiste- de la création dont on
s'aperçoit qu'ils tendent aujourd'hui à se rejoindre dans une théorie synthétique ou synergique.
Mais les archétypes expliquent aussi l’absence de certaines formes intermédiaires
correspondant à des sauts évolutifs. Il existe en effet des difficultés, dans certains cas, à repérer les
liens phylétiques et à répertorier les différents groupes lorsqu'ils sont en début ou en fin de leur
évolution. C’est toute la question du « chaînon manquant » ou des discontinuités évolutives
(animales, végétales mais aussi cellulaires, minérales) qui expriment les passages existant entre
deux archétypes contigus dans leur enchaînement, passages correspondant à des formes d’existence
en pleine transformation et non encore stabilisées qui disparaissent une fois la nouvelle structure
intégrée, phénomène pouvant dans certains cas, être rapporté aux « catastrophes » de [Link] dont
rend bien compte la mécanique quantique, ou au processus de « retournement » par exemple
(inversion de polarités ... ) s'exprimant comme un hiatus ou une « solution de continuité » entre les
formes d'existence appartenant à des étapes successives.
Voici finalement deux textes d’un historien et d’un anthropologue illustrant d’une manière
tout à fait convaincante le caractère séquentiel de l’évolution entrevu comme une suite ordonnée
d’archétypes :
"… Le peuplement de l'Amérique est donc nettement plus récent que celui du Vieux
Monde et l'homme y connut une évolution en vase clos, mais le préhistorien constate,
non sans satisfaction, que cette expérience originale a suivi, dans une cohérence
parfaite, les mêmes grandes étapes du développement culturel et technique. En
Amérique, comme de l'autre côté du Pacifique, après un peuplement diffus de groupes
de chasseurs-collecteurs, les hommes se sédentarisent et inventent l'agriculture,
l'élevage, la céramique, construisent des villes, découvrent la métallurgie du cuivre et de
l'or, puis constituent des Etats.
[Link], "la Préhistoire »
et :
"... la formation des tribus, des nations, des empires, et finalement de l'Etat moderne, ne
fait que prolonger (avec l'appui de certains facteurs supplémentaires) le mécanisme dont
sont issues les espèces animales, l'Histoire humaine se découvre ... comme un terrain de
choix ouvert à l'étude des lois de la phylogenèse...."
[Link] Chardin, Le Groupe Zoologique Humain p. 117
*
Revenons au fait déjà évoqué de l’unité de fond de l’ensemble des archétypes dérivant tous
de cette Unité, premier des archétypes, dont nous avons déjà suggéré qu’il désignait l’Etre lui-
même, dans son aspect essentiel, « ontologique ».
Les archétypes qui sont autant de lois universelles, de référents ou de déterminants, de
« principes organisateurs persistants » (J.H. Rush : « L’origine de la vie »), s'originent en effet tous
de l'Unité dont la forme primordiale est l'Univers Un et ses multiples particules que nous
considérons comme l'origine de tout.
"Chaque organe de ton corps
est l'image d'une force de l'univers,
et c'est d'elle qu'il reçoit sa force"
Dialogues avec l'ange, p. 144
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Les sept cycles de l’Etre Tome Archétypes Introduction
Du fait que l’Etre dans son essence correspond à l’archétype Un, référence première et
ultime, les autres archétypes qui en dérivent ne peuvent être saisis que dans le contexte d'une Unité
qui englobe tout.
Or, c'est essentiellement cette référence ultime à l'Unité qui fait la difficulté d’étude des
archétypes qui en sont tous dérivés, notamment si on s'en tient à une approche strictement objectale
qui ne peut en saisir les aspects paradoxaux. Ainsi l'astrophysique et la physique quantique par
exemple, ont du mal à exprimer par les mots les formes de réalités paradoxales et intriquées du
mystère qui à la fois nous entoure et nous fonde.
L’Etre possède en effet une structure hiérarchisée et paradoxale faite de niveaux multiples et
d’antagonismes auxquels n’échappent évidemment pas les archétypes eux-mêmes. Ces faits
impliquent donc l’intrication entre eux des archétypes, tous relatifs les uns aux autres dans le
contexte de l'Unité qu'il ne faut jamais perdre de vue. Interdépendants, interagissant et
s'interpénétrant selon des relations d'ordre systémique, on ne peut en effet concevoir les archétypes
sans l’Unité de fond ou concevoir l’archétype de l'Unité sans y entrevoir celui de la Dualité qui ne
peut lui-même se concevoir sans celui de la Trinité ... tout cela devant finalement laisser place à la
Septéïté exprimant l’ensemble des aspects de la structure de l'Etre. Décrire un archétype c’est donc
se focaliser sur un des aspects de l’Etre en tenant compte des notions de « dominance et de latence »
ainsi que celles de « partie et de tout » ou de « verticale et horizontale » (cf tome Processus).
Nous avons en effet parlé plus haut de l’archétype comme structure et dynamique, c’est-à-
dire comme architecture et mouvement, architecture s’enrichissant par habillage de fonctions de
plus en plus complexes au cours de cycles évolutifs comportant des étapes (manifestation,
reproduction, multiplication, organisation …) où les notions de verticale (structure ontologique),
d’horizontale (étapes de manifestation du cycle), de « partie » (acteur d’un système) et de tout (le
système dans son ensemble) sont nécessaires à la compréhension des archétypes et du phénomène
évolutif.
Pour pouvoir être utilisés comme des outils fiables, les archétypes devront donc rendre
compte de tous ces éléments.
Présentons à présent succinctement les 7 Archétypes fondamentaux.
Les Sept Archétypes fondamentaux attachés aux 7 premiers nombres, forment le Septénaire
archétypal sur lequel se fonde et se développe l'Etre. Connaître ces archétypes c’est apprendre à
connaître l’Etre, croître en l’Etre, faire croître l’Etre en soi.
En vertu de toutes les caractéristiques développées plus haut, les 7 archétypes qui constituent
la structure et la dynamique de tout ce qui existe et évolue, vont se manifester en sept systèmes ou
sept mondes (cf. tome Scènes) comportant chacun une architecture d’ordre sept et évoluant chacun
selon un cycle de base septénaire, l’ensemble de ces 7 cycles ou mondes formant ce que je nomme
le Grand Cycle de l'Etre. Ce Grand Cycle que l’on peut résumer dans la formule « de l’univers à
l’homme et de l’homme à l’univers » qui voit le Tout (univers) passer dans la Partie (Homme) et la
Partie regagner le Tout (Homme universel), place ainsi l’homme à la charnière d’un processus
cyclique de séquence septénaire qui nous fait prendre conscience de l’envergure de son destin
incomparable.
Or si l’homme doit regagner le tout, s’il doit réintégrer l'Unité selon un cheminement qui
serait celui d’un retour, il doit être capable d’assimiler la nature paradoxale de l’Etre et l'ensemble
des archétypes qui en constituent l’architecture, et cela en trois cycles (Pensant, Méditant,
Transcendant).
Dans son retour en l’Etre, l'Homme doit donc faire sien ces déterminants collectifs ou ces
« organisateurs phylopsychogénétiques » ([Link]é) que sont les archétypes en les « réfléchissant »,
les symbolisant et les passant de l'inconscient au conscient.
Forces autonomes et redoutables, continuellement à l’œuvre, les archétypes demeurent des
tyrans nous manipulant comme des poupées de chiffon tant qu'ils demeurent inconscients. Les
forces archétypales nous broient jusqu'à ce que nous comprenions que nous sommes pétris d’eux,
que nous ne pouvons que les expérimenter et à les incarner, que nous devons nous libérer de nos
fantasmes, de nos peurs et de nos attachements morbides, que nous devons mourir et renaître de nos
ruines pour suivre les étapes de notre pèlerinage aux sources.
Poursuivant humblement ce chemin, l’homme peut accéder grâce aux archétypes, à une vue
synthétique -ou globale, holistique, systémique- de l'Etre et découvrir la cohérence, le sens et même
la finalité de tout ce qui existe. Sans ces archétypes, comme l'approche mécaniste tente de le faire,
nous nous dispersons dans la multiplicité disparate des formes d’existence et butons constamment
contre le seuil que constitue la courte durée de la vie humaine comparée à l'immensité des temps
que recouvrent la manifestation et son évolution, risquant ainsi d'être limités dans la compréhension
de cette dernière. Cependant, malgré l'aide des archétypes, il nous faudra toujours accepter la part
de mystère et renoncer à l'idée de pouvoir mettre l'Etre entièrement en équation, car sa description
ne sera jamais qu'une « carte » qu'il ne faut pas confondre avec le territoire, ce qui confirme que
*
Concepts associés :
Symbole, analogie, synchronicité
"Sois eau. Sois eau toi-même. Quand tu seras eau, tu trouveras
de l'eau"
Marlo Morgan (Message des Hommes Vrais)
Le symbole
Qui ne connaît le symbole! Et pourtant, lorsqu'il s'agit de le définir ou même d'en donner un
exemple, il arrive bien souvent que l'on doute, que l’on ne sache plus très bien !
On dit généralement que le symbole est la représentation concrète d’une notion abstraite (le
cœur symbole de l’amour, le lion symbole du courage, la colombe symbole de la paix… Est-ce
suffisant ? Tous les symboles s’inscrivent-ils dans ce cadre ?
On sait que le symbole est la représentation de quelque chose (le signifié : notion abstraite)
par un signe (le signifiant : représentation concrète): le symbole donne donc du sens. C’est la
fonction sémiotique du symbole. Mais comment le signe symbolique est-il choisi ? Quelles sont les
qualités de ce signe ? Comment s’établit la convention ?
Si le signe-symbole représente quelque chose d'autre que lui-même ou s’il est un élément
chargé d’une signification allant au-delà de son apparence par association, ressemblance ou
convention, il possède aussi une implication plus large : c’est la fonction universalisante du
symbole. Mais à quoi tient cet élargissement et où mène-t-il ?
Globalement nous allons voir que le symbole (et ce qui revêt le même symbole : analogie,
voir plus loin) exprime un archétype ou reconduit l'objet ou les objets analogues à leur archétype et
à ses aspects paradoxaux qui sont ceux de l'Etre.
*
Etymologiquement le symbole (du grec ancien sumbolon, σύμβολον : signe de
reconnaissance, signal, emblème, présage, convention , proche de rapprochement,
emboîtement, jonction, rencontre, convention, dérive du verbe sumbalein, (de syn-,
avec, au moyen et -ballein, jeter) signifiant « mettre ensemble, « joindre », « comparer »,
« échanger », « se rencontrer », « expliquer ».
Si le symbole était à l’origine un tesson de poterie cassé en deux morceaux qui permettait de
liquider un contrat ou de servir de signe de reconnaissance ou de mot de passe par réassemblage
exact des deux morceaux prouvant leur origine commune, il est devenu un signe, un emblème
permettant d’indiquer le lien (et extensivement un engagement, une promesse, une alliance, un
contrat) existant entre les éléments apparemment isolés que sont le signe et ce qu’il est censé
représenter.
Un symbole peut ainsi être un objet (fabriqué ou pas), un acte (conscient ou pas), un geste
(une poignée de main), une image, une forme, un mot, un son, un personnage dont l’expression plus
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Les sept cycles de l’Etre Tome Archétypes Introduction
ou moins hermétique ou complexe, et le sens plus ou moins conventionnel (qui fait donc consensus)
s’inscrit dans un système symbolique ou un système de règles (de parenté, de mariage, d'échanges,
d'économie, de religion, d'art, de technique, de science …) régissant un groupe, une espèce, une
corporation, une culture, une société … nous indiquant le rôle unificateur (culturel …) du symbole.
S’il désigne le lien, le symbole aide donc aussi à réaliser ou à entretenir ce lien ; s’il sert à
désigner et à relier, le symbole sert aussi à construire (une relation, une nation, une religion, de l’art,
de la publicité, des avions, un monde …), et évidemment à communiquer: moyen de description et
d’action, on voit bien ici, à travers les fonctions de représentation, de communication, de révélation,
de construction, de transformation, et finalement de fonction sémiotique, le rôle éminemment
culturel, pédagogique et même initiatique du symbole.
*
Concentrons-nous d’abord sur le sens ou « fonction sémiotique » du symbole (impliquant
les notions de direction, d’orientation et même de finalité).
S’il signifie le lien entre éléments apparemment isolés (le signe et son référent), le sens du
symbole est donné par le référent ou ce à quoi -ou à qui- on le relie. Mais c’est justement là la
difficulté car non seulement cela dépend des circonstances, mais le référent (comme le signe
d’ailleurs) peut être plus ou moins explicite, concret ou abstrait, objectif ou subjectif, naturel,
surnaturel ou culturel, matériel ou immatériel, visuel ou sonore, unique ou multiple … Le sens est
donc plus ou moins explicite.
Lorsque la corrélation entre le signe et son référent est naturelle, utilisée partout et au-delà
des différences culturelles, le sens du symbole est évident, commun, universel. Ainsi en est-il du
vert symbolisant la nature qui se joue et triomphe de toutes les difficultés et renvoie à l’espérance
…
Mais il est des symboles dont le sens est plus obscur ou n’apparaît pas au premier abord, ou
qui n’est intelligible que dans le système de représentation dans lequel ils s’inscrivent (scientifique,
politique, littéraire, religieux …). Le symbole implique donc un sens conventionnel plus ou moins
étendu à un groupe ou une communauté.
Malgré tout, le symbole qui s’inscrit dans une sorte de « langage détourné » tend à être
polysémique c’est-à-dire à comporter plusieurs sens, tout l’art étant d’accorder le sens qui convient
à la circonstance et aux références (culturelles, historiques …).
Mais pourquoi cette tendance à la polysémie ? A quoi cela tient-il ? Est-ce le fait que l’objet
ou le signe utilisé comme symbole en désigne un autre ou autre chose que lui ? Est-ce le fait qu'il
relève d'un fait psychique qui reflète une double réalité objective et subjective ?
Si l’on reprend les termes du départ désignant le symbole comme la représentation concrète
d’une notion abstraite, on perçoit d’emblée dans le lien unissant le concret et l’abstrait l’association
d’éléments se situant sur des plans différents impliquant une notion de « verticalité » (le sens des
sens étant la verticale) relevant finalement de l’Etre et des archétypes qui le décrivent dans ses
différents aspects. C’est ce que l’on nomme la « fonction universalisante » ou « verticalisante » du
symbole qui en tant qu’association d’éléments se situant sur des plans différents (un élément
concret et une valeur morale par exemple) rend aussi possible la description du tout par la partie,
d’une globalité par le particulier, d’une multiplicité ou d’un pluriel par le singulier.
Le symbole relie à plus vaste que soi, à l’espèce, à la communauté ou à l’Etre et à son
caractère universel. Extensivement on pourrait dire que le symbole fait le lien entre la Partie et le
Tout.
Le symbole comporterait à ce titre une nature paradoxale, celle de l’Etre ou de l’archétype
qui le représente ou qui en est la figuration ou la signature.
Ainsi le symbole qui réunit les éléments de nature distincte et opposée du couple
concret/abstrait, est-il capable de réunir aussi les éléments des couples profane/sacré,
terrestre/céleste, tangible/intangible, visible/invisible, concret/idéal, singulier/pluriel, partie/tout,
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Les sept cycles de l’Etre Tome Archétypes Introduction
ou des formes de réalité intangible ou métaphysique, on voit bien qu’ils sont des symboles de nature
plus subtile s’appuyant sur une longue expérience du langage, de la pensée et de l’élaboration
lexicale.
Mais il arrive que les mots du discours cartésien deviennent trop complexes ou inadaptés
pour décrire ce qui ressort plutôt de la connaissance directe dont l'intuition peut être la porte et le
symbole le mode d'expression. Le symbole dans ce cas n’est plus le mot qui désigne l’objet, mais
l’objet lui-même, un animal par exemple, ou un personnage. Ainsi le chat devient-il le symbole de
l’adresse, de l’agilité et de la clairvoyance, le coq dont le chant annonce l'aube, celui de la
résurrection et du verbe clair victorieux des ténèbres, la tortue celui de la lenteur, de la longévité et
de la prospérité, l’or celui du soleil et de l'inaltérabilité, le nombre 7 celui de la réalisation, le rond
centré celui de la totalité ou de l’unité, l'océan celui de l'infini ou de l’inconscient, Hermès celui de
la connaissance intérieure et du voyage vers l’inconscient ...
Mais qu’en est-il des symboles qui ne renvoient à aucune réalité concrète connue, tels que le
Sphinx, la Licorne ce symbole des symboles qu’est la Déesse (cf : tome Processus : l’âme entre ciel
et terre).
Le Sphinx par exemple est un de ces symboles complexes qui comporte cette dimension
numineuse (merveilleuse, magique) qui nous étourdit et nous questionne (c'est le cas de le dire). En
fait le Sphinx est le gardien de la porte menant vers l’inconnu ; sa nature chimérique signifie qu’il
se situe au sommet du connu, à ce lieu du passage paradoxal entre les mondes, symbole de ce
monde magique et ambivalent des animaux qui parlent et qui questionnent l'homme sur son destin
c’est-à-dire sur le meilleur de lui-même et l’énergie ou l’intelligence qu’il mobilise en vue de
l’atteindre, quitte à affronter l’inconnu et à regarder au-delà du quotidien ordinaire.
Ainsi il arrive que la nature duelle et surréaliste du symbole nous le rende difficile à
appréhender par le langage courant (descriptif, nominatif) et la simple approche rationnelle: nous
voilà devant un objet bizarre du point de vue de la raison et pourtant généralement très simple à
appréhender par la connaissance intuitive ou l'empathie c'est-à-dire l'expérience subjective. Il est
d'ailleurs nécessaire qu'un symbole reste simple -même s'il signifie les plus hauts niveaux de
conscience- pour rester efficient et toucher l'âme. Et, de plus, c'est par ce « toucher » ou cette
expérience que l'on fait de lui, que le symbole s'enrichit et nous enrichit, ce qui montre qu'il est un
moyen d'approcher l'Etre -en soi- et d'en explorer les multiples facettes. C'est pourquoi le langage
symbolique, autrement nommé « langue des oiseaux » -ou des dieux- est particulièrement adapté à
la poésie, aux récits traditionnels, aux légendes et aux mythes ainsi qu'à la pensée systémique,
globalisante et sotériologique (qu'elle soit chrétienne, communiste ou autre). La Tour de Babel par
exemple qui symbolise l’accumulation de briques, de mots et de langages pour accéder à Dieu, ne
peut en aucun cas permettre d'atteindre cet objectif élevé si nous ne voyons cette Tour comme le
symbole de la verticalité ou comme le canal de l’Esprit dont nous devons faire l’expérience
intérieure pour percevoir l'intraduisible et révéler l’invisible ! (Collectivement et historiquement
c’est possible seulement après que les peuples et les nations se soient dispersés et différenciés).
Par cette méthode intuitive, les mots eux-mêmes peuvent nous permettre de côtoyer la
transcendance : en nous laissant pénétrer par son essence ou sa vibration, le mot peut en effet
révéler son noyau ou son symbole caché, quitte à s’aider pour cela de moyens tels que la
numérologie ou la guématrie, tandis qu’utilisés par habitude, les mots tendent à vider l’objet ou
l’être qu’ils désignent du message à transmettre ou de sa dimension ontologique.
*
Analogie
L'analogie (du grec analogia: proportion, rapport mathématique, correspondance) désigne le
lien de sens (mêmes formes ou mêmes structures ou mêmes fonctions ...) unissant un groupe
d'objets ou de situations qui se situent sur un même faisceau symbolique renvoyant à l'archétype.
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Les sept cycles de l’Etre Tome Archétypes Introduction
L'analogie ou « harmonie préétablie » de Leibniz qui n'est pas sans rapport avec les
« convergences fortuites » vues plus haut, fut sans doute le mode d'appréhension, de repérage et
d'ordonnancement du monde le plus anciennement utilisé par l'homme qui avait encore une
perception magique du monde (pensée magique archaïque). Nommée « théorie des signatures » ou
des « correspondances », l'analogie est aujourd'hui réfutée par les scientifiques à cause des relents
d'archaïsme, d'occultisme, de magie, et même d'infantilisme qu'elle transporte avec elle.
Ainsi la logique et la raison refusent de souscrire à la validité de certains textes tels que
celui-ci dont Paracelse est l'auteur (Le labyrinthe des médecins errants, Xè chapitre):
" Tous les membres de l'homme ont leur forme dans les choses qui poussent, dans
les roches aussi, dans les métaux, les minerais, etc. et quelle que soit l'essence, là,
cependant, se trouve cette image".
Pour qu'elle ne soit pas réduite à une simple série de signes ou de métaphores, l'analogie doit
être dégagée du magma de l'imaginaire, et pour cela être appréhendée à travers la double démarche
analytique et synthétique.
Car l'analogie (nouvellement nommée « méthode inductive » par les scientifiques qui
l'utilisent sur un mode qui se veut plus rigoureux) constitue un des outils de la philosophie, de la
théologie ou de la science. Les botanistes par exemple, utilisent en effet constamment l'analogie
(avec l'homologie, cf. plus haut) lorsqu'ils établissent la classification des végétaux sur la base de
leurs ressemblances, aussi fines, sophistiquées et scientifiques soient-elles, pour en faire des
groupes qui expriment en fait des archétypes.
*
Synchronicité
Lorsque l'analogie s'exprime simultanément en plusieurs endroits ou espaces-temps distincts
(physique et psychique par exemple), elle produit ce que Jung nomme "un phénomène de
synchronicité » étudié par lui au plan psycho-physique humain et défini comme « la simultanéité ou
la correspondance fortuite de deux évènements physiques ou/et psychiques indépendants » ou
encore comme une « coïncidence signifiante reposant sur des fondements archétypiques »,
indiquant l'identité de fond ou la « porosité des frontières » entre les espaces-temps ou entre
matière et esprit (« trans-spatiotemporalité" de [Link]é).
Ainsi certains gestes, comportements, expressions, actions, évènements entrent en résonance
avec autant de sensations, de volitions, de pensées, d'images, d'états émotionnels et spirituels.
Ces évènements signifiants chargés de « signifié » ont toujours été recherchés et largement
utilisés chez tous les peuples, par le moyen de pratiques divinatoires ou de rites magiques
notamment au cours desquels étaient révélés des « signes » oraculaires ou des présages, des
augures, bonnes ou mauvaises, relatives à une situation particulière.
L'esprit de cette démarche nous est donné par l'extrait suivant:
« ...lorsque le vent d'Est se lève, le vin fermente et déborde, lorsque le ver secrète
la soie, la corde de la note musicale Shang se brise, quand une baleine meurt, les
comètes font leur apparition ... » Huaiman Zi
Il s'avert que les effets de la synchronicité sous forme de « coïncidences signifiantes » sont
permanents à l'échelle universelle: ils sont perceptibles par exemple à l'échelle planétaire, dans les
évènements quotidiens ou les grands mouvements collectifs plus ou moins durables (épidémies,
découvertes scientifiques, modèles artistiques, sociaux et économiques ...). Mais ils apparaissent
aussi dans notre vécu personnel lorsqu'un évènement extérieur vient sporadiquement se superposer
à un évènement psychique -et comme le confirmer-, le lien entre les deux étant de type acausal
comportant « un rapport de signifiant à signifié » et renvoyant à cet autre concept qu'est la
« dimension psychoïde » de l'archétype (Jung).
Tous ces phénomènes « d'enchaînement acausal » qui semblent au premier abord relever du
hasard, témoignent sans aucun doute de l'Unité fondamentale de l'Etre et de l'interdépendance de
tous les phénomènes et de toutes les formes d'existence (ce qui est la base de la pensée quantique ou
systémique moderne), comme il en est de l'identité de fond entre matière et esprit, sujet et objet ou
espace et temps, tel que l'a indiqué B. d'Espagnat par exemple, dans son livre A la recherche du
réel.
Autrement nommée « hasard objectif » par A. Breton, et reconnue en physique quantique et
relativiste sous le concept de relativité de l'espace et du temps (Einstein) et de « non
séparabilité du réel » (Heisenberg), la synchronicité peut expliquer la rencontre ou la
« coïncidence » -ou la corrélation symbolique- entre des évènements psychiques tels qu'un
sentiment, un état d'âme, une sensation, une prise de conscience, un état de crise, une décision à
prendre, une intention ... et des évènements physiques, les espaces-temps physique et psychique
s’inscrivant dans le « continuum omniprésent » ou « présent sans étendue » de l'Etre (pour de plus
amples informations, je renvoie le lecteur aux ouvrages de Jung, notamment à "Synchronicité et
Paracelsica", au "Cahier de l'Herne" consacré à Jung, et au livre "La synchronicité, l'âme et la
science" op. cité, où ces notions sont largement explicitées.)
Appliquée à l'évolution, la synchronicité nous permet de comprendre la simultanéité
d’apparition ou l’évolution synchrone d’organismes liés aux mêmes groupes d'archétypes: elle est
par conséquent d'une grande aide pour leur classification.
Au cours de l'évolution, le phénomène de synchronicité s'est manifesté dès l'apparition des
premières particules (ce qui d'ailleurs est à l'origine d'une clause de la théorie de la discontinuité ou
de l'indéterminisme de la physique quantique qui stipule que l'indéterminisme disparaît en présence
d'ensembles formés de très nombreux atomes, ce qui peut être compris par le fait que ces grands
ensembles forment des unités). La synchronicité continue ensuite à exercer ses effets sur le vivant,
par exemple dans la manifestation simultanée des prototypes animaux (protozoaires) et végétaux
(protophytes) dérivant des bactéries, puis par la manifestation simultanée ou synchrone des grands
groupes animaux et végétaux appartenant aux mêmes étapes évolutives.
Les embranchements animaux et végétaux, lorsqu'ils sont en correspondance avec le même
archétype, se manifestent en effet simultanément. Ainsi les champignons (végétal) et les vers
(animal) qui sont les Semences (cf « les semences et les matrices » du tome Processus) des
organismes végétaux et animaux qui relèvent de l'archétype de l'Unité (cf. « le Un » du tome
Archétypes), seraient apparus dans un même mouvement synchrone, et il en serait de même pour les
algues et les cnidaires, les lichens et les mollusques, les plantes à fleurs et les mammifères ...
Le phénomène de synchronicité peut nous emmener plus loin encore dans les hypothèses.
Les géologues et les paléontologues disent que la formation des continents (tectonique des
plaques) s'est faite en plusieurs temps, et on peut avancer que cette formation s'est faite selon une
dynamique globale cyclique de la terre (constituant les périodes géologiques) s'accompagnant de
l'apparition et de l'extinction des différents groupes d'organismes.
Au-delà des conséquences strictement matérielles ou causales (pression de l'environnement)
de ces phénomènes géologiques sur les organismes et leur évolution (évènements géologiques et
climatiques favorables à l'apparition, à l'augmentation de la concurrence ou à l'extinction de
certaines espèces), il y a sans aucun doute une synchronicité de leurs cycles respectifs permettant la
manifestation par ailleurs « programmée » (selon les archétypes) des organismes. La formation des
différents continents, les changements climatiques de la planète et les évènements cosmiques
(satellites, comètes, météorites ...) constitueraient et s'inscriraient dans des cycles dans lesquels les
organismes inscriraient les leurs, signifiant ainsi une fois de plus les points de rencontre entre
l'intemporel (l'Etre, archétypes) et le temporel.
On peut ainsi tenter de mettre en relation les différentes configurations géologiques avec
l'apparition des différentes espèces animales.
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Les Elémentaux
Les Elémentaux ou les Quatre Eléments Terre, Feu, Eau, Air, chers aux alchimistes et aux
philosophes grecs de l'Antiquité (Aristote, Platon, Pythagore, Empédocle ...), sont les ingrédients
fondamentaux de l'alchimie cosmique : comme la palette d’un peintre, ce sont eux qui colorient, et
habillent les archétypes et donnent forme à l'Etre.
Les Quatre Eléments représentent tout à la fois les quatre états de la matière (solide, igné,
aqueux et gazeux), les quatre "corps" (physique: Terre; énergétique: Feu; émotionnel: Eau; mental:
Air), les quatre fonctions physiologiques ou psychiques, les quatre niveaux d'énergie ou de
conscience, les quatre points cardinaux ... Comme ils se disposent et s’organisent les uns par rapport
aux autres selon leurs caractéristiques respectives, et cela aussi bien spatialement que
temporellement, les Quatre Eléments participent de la structure et de la dynamique de l’Etre.
Considérés dans le contexte de l'Etre unitaire, les Quatre Eléments, comme les archétypes,
sont issus d'une même source et constituent l'Unité dans ses quatre aspects. Tout en étant distincts,
les Quatre Eléments sont donc intimement liés puisque, toujours comme les archétypes, ils
constituent ensemble un système interconnecté, les qualités de chacun d’eux ne pouvant se
concevoir que par rapport aux trois autres et dans leur interaction. L'Eau par exemple ne ferait que
s'écouler sans le Feu qui l’élève en vapeur … Alors que l'étude analytique des Quatre Eléments
consisterait à les examiner dans des récipients séparés (ce qui est la méthode employée par la
physique conventionnelle), l'étude de leur interaction procède d'une démarche systémique: le Feu
élève l’Eau en vapeur, et l’Eau abaisse ou tempère le Feu ...
Les Quatre Eléments n'occupent donc pas la même place et n'ont pas la même signification
(ou ne représentent pas les mêmes symboles) selon qu'on les considère séparément ou ensemble
dans le contexte de la dynamique systémique de l'Etre.
Comme les archétypes, les Quatre Eléments concernent aussi bien l'Etre dans sa globalité
(ou le système dans son ensemble) que dans ses différentes formes locales, les Parties, inertes ou
vivantes. Leur description se fera dans les 4 derniers chapitres de ce tome Archétypes.
Nous allons maintenant procéder à la description des Sept Archétypes fondamentaux.
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