Révision des recommandations SPILF 2000
Révision des recommandations SPILF 2000
Introduction
Ces recommandations sont le fruit d’une collaboration avec d’autres sociétés (Société Française de
Microbiologie, Société de Pneumologie de Langue Française, Société de Réanimation de Langue
Française…) et les intervenants ayant participé à leur élaboration représentent divers modes d’exercice
(hospitalier, hospitalo-universitaire, libéral, qu’ils soient spécialistes ou généralistes, cliniciens ou
biologistes…).
La méthodologie utilisée est celle publiée sous l’égide des Sociétés suivantes : Société de Pathologie
Infectieuse de Langue Française, Société de Réanimation de Langue Française, Société d’Anesthésie et de
Réanimation, Société Francophone d’Urgence Médicale (Med Mal Inf 1998 ; 28 : VIII-X, Réan Urg 1998 ;
7, 357-359).
L’argumentaire et le texte court ont été rédigé par le groupes de travail en tenant compte de l’analyse
de la littérature (recherche bibliographique automatisée et par dépouillement des sommaires des principales
revues concernées par le sujet, analyse des articles de synthèse, de recommandations et des travaux originaux
– étude randomisées, contrôlées versus placebo à l’aide de grille de lecture), et des rapports complémentaires
pour lesquels des experts ont été sollicité.
Ces textes ont fait l’objet d’une analyse critique par un groupe de lecture extérieur dont les
remarques ont été prises en compte pour la rédaction des documents finaux, lesquels ont été validés par
l’ensemble des membres du groupe de travail.
L’ANAES ne se prononçant pas sur les révisions de Conférence de consensus, le label de cet
organisme n’a pas été sollicité pour ce travail.
Ces recommandations, concernant l’adulte non immunodéprimé, sont destinées à être une aide aux
cliniciens pour la prise en charge thérapeutique des pneumonies communautaires et des bronchites. Elles
reposent sur les données publiées à cette date et sur l’expérience professionnelle des différents intervenants.
Leur validité dans le temps n’est pas inaltérable et elles pourront faire l’objet d’éventuelles réactualisations
ultérieures, le bureau des Consensus de la SPILF étant favorable à la mise en place d’une veille
bibliographique.
Groupe de travail :
Experts :
- M. AUBIER – Paris (Pneumologie)
- P. BERCHE – Paris (Microbiologie)
- M. BUNGENER - Paris (Economie de la santé)
- C. CHIDIAC – Lyon (Maladies Infectieuses et Tropicales)
- H. DABERNAT – Toulouse (Microbiologie)
- J. GAILLAT – Annecy (Pneumologie)
- M. GARRE – Maladies Infectieuses et Tropicales (Brest)
- P. LEOPHONTE – Toulouse (Pneumologie)
- C. MAYAUD – Paris (Pneumologie)
- M. MURRIS-E SPIN – Toulouse (Pneumologie)
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(SPILF). Méd Mal Infect 2000 ; 30 : 566-580.
Groupe de relecture :
- G. BEAUCAIRE – Tourcoing (Réanimation et Maladies Infectieuses)
- J.P. BEDOS – Versailles (Réanimation)
- J. BELMIN – Sevran (Gériatrie)
- P. BERTHELOT – Saint Etienne (Maladies Infectieuses)
- M. BOURCEREAU – Le Plessis-Robinson (Pneumologie)
- V BOISSERIE -LACROIX – Bordeaux (Pneumologie)
- P. BOURRIER – Le Mans (Urgences)
- J.P. BRU – Annecy (Maladies Infectieuses)
- C. CARBON – Paris (Médecine Interne)
- D. CHRISTMANN – Strasbourg (Maladies Infectieuses et Tropicales)
- P. CHOUTET – Tours (Maladies Infectieuses)
- J.F. CORDIER – Lyon (Pneumologie)
- T. DEBORD – Paris (Maladies Infectieuses et Tropicales)
- J.M. DECAZES – Paris (Maladies Infectieuses et Tropicales)
- Y. DOUADI – Amiens (Maladies infectieuses et Tropicales)
- M. FOURNIER – Paris (Pneumologie)
- B. GARO – Brest (Réanimation)
- F. GOLDSTEIN – Paris (Microbiologie)
- J.P. GRIGNET – Denain (Pneumologie)
- O. JONQUET – Montpellier (Réanimation)
- H. LAURICHESSE – Clermont-Ferrand (Maladies Infectieuses)
- A. LEPAPE – Lyon (Réanimation)
- J. LUCIANI – Coligny (Médecine Générale)
- J.F. MUIR – Rouen (Pneumologie)
- P. NESME – Lyon (Pneumologie)
- P. PEREZ – Thiais (Médecine Générale)
- C. PERRONNE – Garches (Maladies Infectieuses et Tropicales)
- P. PETIPRETZ – Versailles (Pneumologie)
- D. PEYRAMOND – Lyon (Maladies Infectieuses et Tropicales)
- G. POTEL – Nantes (Médecine Interne)
- J.M. RAGNAUD – Bordeaux (Maladies Infectieuses)
- F. ROBLOT – Poitiers (Médecine Interne et Maladies Infectieuses)
- J.M. SOLLET – (Réanimation)
- J.P. STAHL – Grenoble (Maladies Infectieuses et Tropicales)
- J.L. SCHMIT – Amiens (Maladies Infectieuses et Tropicales)
- A. TAYTARD – Bordeaux (Pneumologie)
- P. VEYSSIER – Compiègne (Médecine Interne)
Coordination logistique : 2M2, 7 rue Bastienne F-95160 Montmorency – Tél : 0 139 648 883 – Fax : 0
139 897 756
e-mail : 2m2@[Link]
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Faut-il traiter par antibiotiques les bronchites aiguës de l’adulte sain ou du bronchitique
chronique non insuffisant respiratoire ? par quelles molécules ? chez quels types de patients ?
L’étiologie infectieuse d’une EABC est difficile à démontrer. Les études sont souvent anciennes,
fragmentaires, parfois contradictoires (10-14).
Les bactéries les plus fréquemment isolées sont H. influenzae, S. pneumoniae et B. catarrhalis, pour lesquelles
il est difficile de distinguer entre colonisation chronique de la muqueuse et infection.
L’isolement d’autres bactéries, de profil de résistance plus préoccupant, semble être corrélé à l’importance du syndrome
ventilatoire obstructif, avec VEMS < 35% par rapport à sa valeur théorique (15) et probablement à des traitements
antibiotiques répétés.
Le rôle des bactéries intracellulaires et de M. pneumoniae semble accessoire. Le rôle des virus à tropisme
respiratoire (16-18) n’est pas établi avec certitude.
Il est impossible de dire si la prolifération bactérienne observée au cours de certaines EABC en est la cause
déclenchante, ou la conséquence d’une agression exogène d'autre nature.
En pratique, l’origine infectieuse est présumée lorsque sont associées à de la fièvre au moins deux des
éléments suivants (d’Anthonisen) : augmentation de la dyspnée, augmentation de la purulence de
l’expectoration, augmentation du volume de l’expectoration (19).
2.3 Prise en charge
2.3.1 Les antibiotiques sont-ils utiles ?
Il n’existe pas de preuve du rôle bénéfique d’un traitement antibiotique chez tous les patients.
Des huit études anciennes de méthodologie acceptable (19-26), comparant antibiotique et placebo, trois
seulement (19, 25, 26) avaient démontré la supériorité du traitement antibiotique. Un traitement de dix jours était
significativement plus efficace si à l’inclusion deux au moins des trois symptômes de l’exacerbation étaient présents :
aggravation de la dyspnée, augmentation de volume des sécrétions, augmentation de la purulence de l’expectoration
(19).
L’analyse d’études récentes portant sur les quinolones (27-40), les macrolides (41-53) et les bêtalactamines
(54-61), objective la variabilité des critères d’inclusion des EABC, l’hétérogenéité des populations étudiées, l’absence
de renseignements concernant la présence ou l’importance d’un syndrome ventilatoire obstructif (SVO), des délais de
suivi inappropriés. Ces études ne permettent pas de conclure à une efficacité clinique supérieure des nouvelles
molécules par rapport aux comparateurs.
2.3.2 Décision de recourir à l’antibiothérapie
Toute EABC n’étant pas d’origine bactérienne, la décision de traiter ou non par antibiotique doit être discutée
pour chaque situation.
L’antibiothérapie devrait être réservée aux situations où l’étiologie infectieuse est présumée devant
l’aggravation de la dyspnée avec augmentation de volume des sécrétions et caractère purulent de l’expectoration,
surtout lorsqu'il existe un SVO documenté. Il est également utile de tenir compte du nombre de poussées
d’exacerbation, et de la sévérité du SVO (62).
Ceci justifie l’objectif de réaliser un bilan fonctionnel respiratoire chez tout bronchitique chronique en état
stable, et de recueillir l’historique du patient (nombre de poussées par an, antibiothérapies).
Certes, nombre de patients bronchitiques chroniques sont vus pour la première fois à un stade avancé de la
maladie, et sont porteurs d'un SVO, voire d’une hypoxémie méconnus ; en l’absence de SVO documenté, la recherche
d’une dyspnée d’effort à l’état basal, et le nombre de poussées d’exacerbation constituent une aide à la décision.
Il est donc possible de distinguer schématiquement 3 situations :
Ø EABC sans SVO
Ø EABC avec SVO modéré à modérément sévère (VEMS entre 35% et 80% des valeurs théoriques) ou
dyspnée à l’effort à l’état basal
Ø EABC avec SVO sévère (VEMS < 35%) ou plus de 4 poussées d’exacerbation au cours de l’année
écoulée
Enfin, la difficulté de différencier sur la seule clinique le caractère bronchique exclusif ou l’éventuelle
participation parenchymateuse de l’infection impose le recours au cliché thoracique en cas de doute, surtout en cas de
comorbidités associées.
2.3.3 Par quelle molécule ?
Aucun travail récent n’ayant démontré la supériorité d’une molécule antibiotique par rapport à une autre pour
l'ensemble des patients, il n’est pas justifié de recourir aux produits les plus récents ou les plus onéreux.
S’agissant de patients sans insuffisance respiratoire, le traitement est ambulatoire, a priori par voie orale.
Ø EABC sans SVO
Il n’y a pas d’indication à une antibiothérapie systématique, la survenue d’une EABC n’étant pas synonyme
d’infection bactérienne [accord professionnel fort].
Ce n’est qu’en cas de la persistance des signes au delà de 5 jours, avec majoration de la dyspnée, du volume de
l’expectoration et de sa purulence qu’une antibiothérapie pourrait être débutée. Aux vues des résultats publiés ce jour et
de l’expérience acquise il est possible de proposer les molécules suivantes : amoxicilline, céphalosporine de première
génération (C1G) orale, macrolide ou doxycycline.
Ø EABC avec SVO modéré à modérément sévère (VEMS < 80% et > à 35% ou dyspnée d’effort à l’état
basal).
Pour les mêmes raisons, le traitement de première intention peut faire appel à l’amoxicilline, un macrolide ou
la doxycycline.
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Une EABC chez un patient ayant récemment reçu un traitement antibiotique amène à une prescription
différente : amoxicilline + acide clavulanique, céfuroxime-axétil, cefpodoxime-proxétil, cefotiam-hexétil,
fluoroquinolones [accord professionnel].
Ø EABC avec SVO sévère (VEMS < 35%), ou poussées d’exacerbation fréquentes (> 4/an).
o En première intention, il est possible de recourir aux antibiotiques suivants :
amoxicilline + acide clavulanique, céfuroxime -axétil, cefpodoxime-proxétil, céfotiam-hexetil,
fluoroquinolones .
o Ce n’est qu’en cas d'échec ou en cas d’isolement de Pseudomonas spp. que d'autres molécules,
dont la ciprofloxacine, pourraient être utilisées seules ou en association [accord professionnel]
2.3.4 Durée
La durée de traitement consacrée par l’usage est de 7 à 10 jours
2.3.5 Traitements associés.
La kinésithérapie de drainage est indiquée pour des périodes courtes.
Les antitussifs ne sont pas indiqués.
Il convient d’instituer ou d’augmenter les bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques et/ou les anti-cholinergiques.
En cas de bronchospasme associé, une corticothérapie orale de courte durée peut être proposée en l’absence de
contre-indications.
Antibiothérapie des bronchites
Première intention Evolution
Bronchite aiguë du sujet
Pas d’antibiotiques
sain
Si échec à partir de J5
EABC Pas d’antibiotiques amoxicilline
C1G orale
sans SVO
macrolide
doxycycline
EABC Si antibiothérapie récente pour EABC :
SVO modéré à amoxicilline amoxicilline + acide clavulanique
modérément sévère C1G orale cefuroxime-axétil
(VEMS < 80% et > 35% macrolide cefpodoxime-proxétil
ou dyspnée d’effort à l’état doxycycline céfotiam-hexétil
basal) fluoroquinolone
amoxicilline + acide clavulanique
EABC
cefuroxime-axétil Si échec ou si Pseudomonas spp:
SVO sévère
cefpodoxime-proxétil autres molécules (dont ciprofloxacine),
Ou poussées fréquentes
céfotiam-hexétil seules ou en association
(> 4/AN°
fluoroquinolone
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(SPILF). Méd Mal Infect 2000 ; 30 : 566-580.
La pneumonie est dite communautaire si elle est acquise en milieu extra -hospitalier ou si, à l’hôpital, elle se
révèle au cours des 48 premières heures du séjour.
1.2.2 H. influenzae :
H. influenzae, du fait de son exposition aux antibiotiques dans la flore commensale de patients traités, a
développé de nombreuses résistances aux antibiotiques. H. influenzae est inconstamment sensible aux
aminopénicillines, aux tétracyclines et au cotrimoxazole, et présente une résistance naturelle aux lincosamides, à la
clindamycine et aux macrolides avec cycle à 16 atomes (josamycine, midécamycine, spiramycine). Les macrolides à 14
atomes (clarithromycine, dirithromycine, érythromycine, roxithromycine) et à 15 atomes (azithromycine) sont
modérément actifs sur les souches d’ H. influenzae, sans résistance acquise décrite pour l'instant. Les valeurs des CMI
des macrolides sont les suivantes : érythromycine 1 à 8 mg/l, clarithromycine 1 à 8 mg/L, azithromycine 0,25 à 4 mg/L.
Le pourcentage de souches productrices de ß-lactamases, varie de 10% à 70% (moyenne nationale : 35%) avec
une tendance récente à l’accroissement (11).
La résistance non enzymatique à l'ampicilline (liée à une altération des protéines liant la pénicilline) est
retrouvée chez à 1 à 3% des souches (11-14).
1.2.3 Autres bactéries
Il n’existe pas de cas documenté de résistance acquise aux antibiotiques chez C. pneumoniae. Des cas
exceptionnels de résistance aux macrolides ont été décrits chez M. pneumoniae (15).
Le diagnostic de pneumonie communautaire est suspecté sur des arguments cliniques : absence d’infection
associée des voies aériennes supérieures, présence d’une polypnée > 25/min et/ou d’une tachycardie > 100/mn et/ou
d’une température > 37°8 C, présence d’anomalies auscultatoires notamment de râles crépitants localisés. Mais ces
arguments sont inconstants et ne permettent pas toujours de faire la distinction entre pneumonie et bronchite aiguë.
La radiographie thoracique (face et profil) doit être réalisée lorsque les données cliniques sont peu évocatrices
du diagnostic de pneumonie mais que le contexte de survenue (comorbidité, âge > 75 ans, vie en institution) expose à
une sémiologie trompeuse et à un risque potentiel d’évolution compliquée (1).
Le moment de la réalisation de la radiographie de thorax dépend du contexte ; elle est faite, dans l’idéal, dans
les 48 à 72 premières heures, ou immédiatement s’il existe un doute diagnostique sérieux, chez les sujets fragiles ou
immunodéprimés, en cas de signes de gravité (voir figure 1), ou si une décision thérapeutique en dépend.
L’aspect radiologique permet rarement de préjuger de l'agent infectieux.
3. La décision d’hospitalisation
Le choix de la prise en charge ambulatoire ou de l’hospitalisation (figure I) d’un patient atteint de pneumonie repose sur
les éléments suivants :
- Présence d’un signe de gravité devant conduire à l’hospitalisation d’emblée,
- Existence de situations particulières qui doivent conduire à l’hospitalisation d’emblée (complication, conditions
socio-économiques défavorables, inobservance prévisible, isolement en particulier si personne âgée),
- Analyse des facteurs de risque de mortalité (comorbidités) en cas d’absence de signe de gravité.
Les recommandations générales de prise en charge peuvent être schématisées de la manière suivante (Figure 1).
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Dans tous les cas, qu'il y ait ou non tentative de documentation microbiologique, le traitement initial des
pneumonie communautaire reste probabiliste.
La présence de signes de gravité rend souhaitable des prélèvements microbiologiques dont les résultats ne
seront disponibles que secondairement, au mieux dans 50 à 80 % des cas. Le diagnostic microbiologique ne doit pas
retarder le traitement
Un traitement antibiotique précoce est impératif puis que tout retard conduit à une surmortalité (17-19).
En milieu de soins intensifs, le terrain, la gravité et l’incertitude étiologique peuvent conduire à élargir le
spectre de l’antibiothérapie probabiliste.
Les schémas d’antibiothérapie de première intention reposent davantage sur l’usage que sur des
essais thérapeutiques dont la méthodologie est le plus souvent critiquable.
4.1 Pour un adulte sain, le choix entre macrolide et amoxicilline demeure-t-il d’actualité ?
L’état actuel de la littérature ne remet pas en cause les données de la conférence de 1991 (20, 21) ; aucune
molécule administrable par voie orale n’apparaît supérieure à l’amoxicilline, et dans leurs indications particulières aux
macrolides.
Ceci concerne aussi bien les céphalosporines de 2ème et 3ème génération que la pristinamycine et les quinolones
(20), dont celles avec activité in vitro sur S. pneumoniae. Cependant ces dernières sont aussi actives que les macrolides
sur les germes intra -cellulaires et M. pneumoniae (21).
4.2 Antibiotiques actifs sur les pneumocoques résistants à la pénicilline.
Lors d’études in vitro de l’activité des différentes bêtalactamines il apparaît que seules l’amoxicilline, le
céfotaxime, la ceftriaxone et l’imipénème conservent des CMI 90 compatibles avec une activité clinique (11, 22).
Pour les souches de CMI ≥ 2 mg/L à la pénicilline, le céfotaxime ou la ceftriaxone, les carbapénèmes, les
glycopeptides, les quinolones à visée anti-pneumococcique, la pristinamycine sont également régulièrement actifs in
vitro. L’expérience clinique en est limitée.
La pénicilline à fortes doses (150000-200000 U/kg/24h), l’amoxicilline (3 g/24h) administrées par voie
parentérale peuvent atteindre des concentrations sériques bien supérieures à 2 mg/L pendant plusieurs heures.
L’amoxicilline (3 g par jour per os) n’a démérité ni dans les essais, ni dans une large enquête française (23), ni
dans un modèle expérimental de pneumonie à pneumocoque résistant (CMI à 4 mg/L) (24).
Chez l’homme, l’expérience espagnole (avec les souches résistantes à la pénicilline, inhibées par des
concentrations inférieures ou égales à 4 mg/L) conforte ces données (22).
Il n'a pas été établi de corrélation entre échec clinique et résistance in vitro de S. pneumoniae compte tenu des
niveaux actuels de résistance.
Des études récentes tendraient à accréditer un risque d’échec pour des souches S. pneumoniae de CMI ≥ 4
mg/L, exceptionnelles en France (25, 26, 27).
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Tableau 2 : Pneumonie communautaire (PC), adulte ambulatoire présumé sain, sans signe de
gravité
Antibiothérapie de première Absence d’amélioration à 48 heures
intention
Macrolide (substitution ou association) ou
Amoxicilline
≥ 40 ans quinolone à visée antipneumococcique per os
(1 g x 3/24h)
(monothérapie)
amoxicilline (substitution ou association) ou
< 40 ans et PC d’allure
macrolide (sauf azithromycine) quinolone à visée antipneumococcique per os
atypique
(monothérapie)
5.3 Adulte ambulatoire, avec comorbidités, mais sans menace vitale immédiate (Tableau 3).
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Il s’agit principalement des personnes âgées, des patients fragilisés par des comorbidités ou immuno-déprimés
ou des cas survenant au décours d’une grippe (risque accru de S. aureus) et dont l’état symptomatique ne justifie pas
une hospitalisation.
Ces patients relèvent le plus souvent d’un traitement par voie orale. Une brève hospitalisation à visée
d’évaluation peut être proposée.
Le spectre visé par l’antibiothérapie doit toujours viser S. pneumoniae et parfois les bacilles à Gram négatif (K.
pneumoniae, E. coli) et S. aureus, voire L. pneumophila.
Cas général : le choix antibiotique porte sur l’amoxicilline/acide clavulanique (1g d’amoxicilline x 3/24h),
l’alternative étant la ceftriaxone (1 g/24h).
En cas de suspicion d’infection à intracellulaire et apparentés, surtout de légionellose, le recours à des
associations est justifié : [amoxicilline/acide clavulanique + macrolide] ou [amoxicilline + ofloxacine]. Une quinolone à
visée antipneumococcique ou une association ceftriaxone + macrolide constituent des alternatives possibles.
Aucune donnée de la littérature ne permet de privilégier l’une de ces propositions. On doit cependant attirer
l’attention sur les limites en terme d’activité de l’association amoxicilline-acide clavulanique sur Klebsiella
pneumoniae.
Lorsqu’une pneumonie d’inhalation est envisagée, le recours à l’association amoxicilline + acide clavulanique
est habituelle.
La ceftriaxone (1 g/24h), seule céphalosporine de 3ème génération injectable disponible en milieu extra -
hospitalier, est utilisable lorsque la voie orale n’est pas possible.
Chez ces patients qui doivent être surveillés attentivement, la réévaluation de la 48ème heure est impérative et
relève de la stratégie qui consiste à combler secondairement les lacunes de spectre de l’antibiothérapie de première
intention. Ils doivent être hospitalisés en cas d’aggravation.
5.5. Patient requérant une hospitalisation en secteur de soins intensifs/réanimation (Tableau 5).
Bien que la mortalité soit davantage le fait du terrain que du germe, la documentation microbiologique est très
souhaitable et les prélèvements sont obligatoires sans négliger la mise en œuvre des techniques de diagnostic rapide.
L’antibiothérapie doit être mise en route d’emblée par voie parentérale et couvrir toutes les éventualités dans
l’attente d’arguments étiologiques formels.
Les associations sont alors indispensables par voie parentérale : [amoxicilline/acide clavulanique ou
céphalosporine de 3ème génération (ceftriaxone ou céfotaxime] et [macrolide ou fluoroquinolone (ofloxacine,
ciprofloxacine, ou quinolone à visée antipneumococcique)].
Chez ces patients, en raison de l’instabilité de l’état hémodynamique et des variations pharmacocinétiques dues
à l’état septique, en cas d’utilisation d’amoxicilline + acide clavulanique, il est possible de recourir à une posologie de
100 à 150 mg/kg pour l’amoxicilline, soit 1 à 1,5 g / 4-6 h chez l’adulte par voie intraveineuse.
En cas de pneumonie à L. pneumophila, la rifampicine peut être ajoutée (forme sévère, immunodéprimé) au
macrolide ou à la quinolone.
L’efficacité de la vaccination anti-pneumococcique est démontrée dans la prévention des pneumonies des
sujets jeunes sans facteur de risque autre qu’environnemental, la réduction relative du risque vis -à-vis des sérotypes
vaccinaux étant de l’ordre de 80 %.
Si les essais cliniques randomisés n’ont pas apporté la preuve de bénéfice attendu dans certains sous groupes,
en revanche, les études cas -témoins et de cohorte indirecte ont permis d’objectiver un bénéfice significatif chez les
personnes âgées de plus de 65 ans et chez des sujets à risque non immunodéprimés (bronchopneumopathies chroniques,
cardiopathie ou diabète).
Un bénéfice synergique des vaccinations grippale et pneumococcique a été établi (fréquence des
hospitalisations et de la mortalité) chez les sujets de plus de 65 ans ayant une affection respiratoire chronique (34, 35)
mais non chez les immunodéprimés.
La vaccination constitue à ce jour la seule possibilité pour réduire l’incidence et la mortalité, et considérant les
bénéfices relatifs démontrés, une politique vaccinale étendue aux populations à risque doit être soutenue (Tableau 6).
Ce vaccin est indiqué pour la prévention des infections à pneumocoques, en particulier des pneumonies,
dues aux sérotypes contenus dans le vaccin, chez les sujets à risque, à partir de l’âge de 2 ans :
Les infections récidivantes des voies aériennes supérieures, notamment otites moyennes et sinusites, ne
sont pas une indication de la vaccination.
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(SPILF). Méd Mal Infect 2000 ; 30 : 566-580.
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