Document 544280
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THESE
par
le 20 avril 2006
JURY
Mme. DANTERAVANICH Somtip Assistant Professeur, Prince of Songkla University Membre invité
Je tiens à souligner l’accompagnement privilégié dont j’ai bénéficié au cours des ces
années. Céline POCHAT-BOHATIER et Denis BOUYER, maîtres de conférences au
laboratoire LGPEB et Frédéric BONFILS, chargé de recherche au CIRAD de Montpellier, je
vous remercie. D’abord pour votre participation dans la direction de cette thèse et pour votre
soutien permanent dans une approche scientifique toujours critique et pédagogique, pour
votre participation lors de la correction de ma thèse et pour votre gentillesse, votre sourire,
votre bonne humeur et tous ces moments de travail partagés. Je ne vous oublierai jamais.
Je voudrais également saluer toutes les personnes que j’ai pu rencontrer au cours de
ces années :
Merci à mes amis français : Salah qui m’a appris les expériences de perméabilité,
Cathy, Jocelyne, David et Natael qui sont toujours gentils et pleins de bons souvenirs. Je ne
pourrai pas oublier de remercier aussi mes amis thaïlandais à Montpellier (P’Aei, Noie, Yong,
May, Ton, Jan, Kuuu, P’Tiam, P’Rat, Kate, Sof, Bua, Famille de Meaungdee, P’Lee, P’Aoy,
P’Koy, Gluay, P’Bud, P’Mod, Bee+, F, Nhing, Meaw, Por, Rit, M, Dean et les autres) qui m’ont
aidé et partagé la vie ensemble pendant ces années et merci du fond du cœur pour le repas de
ma soutenance, vos plats étaient tous magnifiques. Je remercie aussi mes amis en Thaïlande
qui m’ont encouragée pendant mes études.
Je ne peux pas non plus oublier les enfants des personnels de notre laboratoire :
Elodie, Olivier, Axel et Thomas, votre bonheur m’a encouragé à travailler. Merci à vous.
Vous êtes tellement nombreux à avoir un moment ou à un autre été disponibles pour
moi que je pourrai écrire une thèse de remerciements. Que ceux que j’ai pu oublier ne m’en
tiennent pas rigueur.
Mes remerciements ne seraient pas complets si je ne citais pas mes parents, mes
sœurs, mes frères, mes neveux, ma belle-mère et mes belles-sœurs, qui m’ont soutenu, à des
milliers de kilomètres durant ces longues années d’expatriation.
Enfin, à mon mari : Joe qui est toujours avec moi pour m’aider, m’encourager, me
conseiller et etc…, sans toi peut être rien n’aurait été possible.
« Vous étiez toujours là pour répondre à toutes mes questions. Si cette thèse s’est
déroulée dans de si bonnes conditions c’est bien grâce à vous tous »
SOMMAIRE
INTRODUCTION……………………………………………………………….....................1
3. CONCLUSION…………………………………………………………………………..188
CONCLUSION……………...………………………………….………….……………….190
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES………………………………..………………..196
ANNEXE………………………………………………………………………………………I
ABREVIATIONS ET NOMENCLATURE UTILISEES
Abréviations utilisées
Nomenclature utilisée :
J Flux d’eau
Kp Coefficient de transfer local de matière
Pinterface Pression de vapeur de l’eau à l’interface du film
Préacteur Pression de vapeur de l’eau dans le réacteur
η Viscosité du liquide (Pa.s)
Cp Chaleur massique isobar (J/kg.K)
K Conductivité thermique (W/m.K)
ρl Masse volumique du liquide (kg/m3)
L Epaisseur du film (m)
θ Angle de coalescence
γ Tension de surface (N/m)
η Viscosité dynamique du polymère (Pa.s)
σ Contrainte ou force par unité de surface (unité : Pa = N/m2))
σred Contrainte réduite
S0 Section ou surface initiale sur laquelle s’applique la force (m2)
λ Taux d’extension
ξ Concentration de chemin indépendant (mol/m3)
υ Concentration molaire en chaîne élastique par unité de volume (mol/m3)
Φ Valence du nœud
dµi
Gradient de son potentiel chimique
dx
Li Coefficient de proportionnalité, pas nécessairement constant
Ci Concentration molaire du composé i (mol/m3)
γi Coefficient d’activité de i
p Pression (Pa)
υi Volume molaire de i (m3/kmol)
Di Coefficient de diffusion (m2/J)
Ci , amont ( m ) Concentration du composé i dans la membrane au contact du compartiment
amont (kmol/m3)
Ci , aval ( m ) Concentration du composé i dans la membrane au contact du compartiment
aval (kmol/m3)
Ki Coefficient de sorption du composé i dans la membrane
Pi Coefficient de perméabilité ou diffusivité effective (m2/s)
A Absorbance
ε Coefficient d’extinction molaire
l Longueur de la cellule de mesure (cm)
C Concentration en g/L de la solution
mµg Masse du microgel (kg)
msol Masse de caoutchouc dans la solution (kg)
Xinj Fraction de la phase du microgel (%)
mMG Masse du macrogel (kg)
[C]s Concentration de la solution diluée (kmol/m3)
[C]inj Concentration de la solution diluée et filtrée (pour injection en SEC) (kmol/m3)
d(H) Diamètre hydrodynamique de particule (m)
k Constante de Boltzmann
T Température absolue (K)
pTsatRs Pression de vapeur saturante de l’eau à la température régnant dans le séchoir
pTsat
Ce
Pression de vapeur saturante de l’eau à cette température (Pa)
CHAPITRE I
CHAPITRE II
CHAPITRE III
Le latex naturel est récolté sur l’Hévéa par saignée, et subit ensuite une filière de
transformation en vue de son utilisation industrielle. La filière relative au caoutchouc sec
comprend la fabrication de feuilles et de granules compacts ; le latex est directement coagulé
à l’aide d’acide pour former des balles de caoutchouc qui seront retravaillées ultérieurement.
Les débouchés du caoutchouc sec sont multiples (tuyaux, pompes,…..), mais sa principale
utilisation se situe à 80 % dans l’industrie pneumatique (automobile, camion, avion). La
filière relative au latex centrifugé permet de concentrer le latex naturel par centrifugation
jusqu’à des teneurs en solide de l’ordre de 60%. Ce latex concentré sert alors essentiellement
à la production de films minces tels que les gants et les préservatifs. La part relative du latex
centrifugé s’élève à environ 12% de la production annuelle de latex en Thaïlande.
La latex centrifugé en tant que matière première d’origine naturelle doit faire face à
une très vive concurrence de la part des fabricants de latex synthétiques. En effet, ces derniers
possèdent l’avantage de présenter une qualité constante en raison de la parfaite maîtrise des
procédés d’élaboration et de l’invariabilité de la matière première. A l’inverse, le latex naturel
issu de l’Hévéa présente une grande variabilité selon l’arbre, la saison de récolte, la qualité du
sol, etc. Cette évolution de la matière première au cours du temps engendre une contrainte
supplémentaire pour les industries de deuxième transformation qui doivent néanmoins assurer
-2-
Introduction
une qualité constante des produits fabriqués. Malgré ces contraintes, le latex naturel possède
des propriétés d’usage remarquables, tant en terme d’élasticité que de « touché » (propriété
essentielle dans l’industrie médicale et en particulier en chirurgie) qui lui confèrent une place
privilégiée dans l’industrie des objets manufacturés à partir de latex.
Les gants en latex sont largement utilisés dans le domaine médical afin de protéger les
professionnels de la santé de toute contamination par contact direct. Le développement des
maladies transmissibles par le sang (virus HIV, HBV) a provoqué une véritable prise de
conscience vis-à-vis de la qualité des gants à base de latex, qui peut être définie en terme de
résistance mécanique, de résistance au transfert de molécules mais également en terme de
pouvoir allergène. De nombreux facteurs affectent la qualité des films à base de latex naturel,
dont le procédé de fabrication, la nature et la composition du latex. La composition du latex
peut être scindé en deux parties : une partie de composés « caoutchoucs » qui sont des
particules de polyisoprène et une partie de molécules communément dénommées « non-
caoutchoucs », qui contient l’ensemble des composés n’étant pas du polyisoprène.
Le latex de skim, lorsqu’il est rejeté, est directement dirigé vers une filière de
traitement des effluents, ce qui représente une source de pollution pour les pays producteurs.
En effet, l’élimination des composés caoutchouc pose un véritable problème. La valorisation
de cette fraction constitue donc un enjeu de taille, à l’heure où de nombreux efforts sont
concentrés sur les aspects environnementaux et sur l’exigence de rejet éco-compatible avec le
milieu naturel. Peu d’études se sont néanmoins concentrées sur l’utilisation du latex de skim
dans le but de former des films minces. Cependant, le développement d’une voie de
valorisation de cette fraction permettrait à la fois de résoudre un problème environnemental
mais également d’améliorer la valeur ajoutée du latex naturel. Sa concentration par
centrifugation ne déboucherait plus vers la production d’un sous-produit indésirable ou à
faible valeur ajoutée, mais vers un co-produit dont les potentialités sont encore à exploiter.
L’objectif de cette thèse consiste donc à poser les bases d’une étude comparative
objective entre les différentes fractions issues du latex centrifugé, à savoir la fraction crème et
son co-produit, le latex de skim, en vue de leur utilisation dans la filière de production de
films minces.
-3-
Introduction
Pour cela, nous avons choisi de travailler avec un latex naturel brut provenant de
Thaïlande que nous avons centrifugé afin d’obtenir un fractionnement rigoureux. Les deux
fractions obtenues ont été caractérisées le plus complètement possible, à la fois par des
méthodes physiques et chimiques, dans le but d’établir les différences majeures entre les
produits et en particulier d’identifier les éléments qui conduisent au rejet de la fraction
« skim ». Par ailleurs, nous avons étudié le procédé d’élaboration des films minces par
séchage en comparant l’aptitude au séchage des différentes fractions issues du latex naturel.
Enfin, les films élaborés ont été caractérisés, d’un point de vue de leurs propriétés physiques à
travers leur état de surface, puis d’un point de vue de leurs propriétés fonctionnelles :
l’élasticité et la perméabilité à un produit chimique.
L’exposé des résultats obtenus au cours de notre étude est ainsi structuré en quatre
chapitres.
-4-
Introduction
-5-
Chapitre I.
Introduction Bibliographie
Chapitre I : Introduction Bibliographie
-7-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
En 1908, les premiers arbres ont été plantés à Chantaburi, à l’est de la Thaïlande, ensuite dans
les autres provinces : Rayong et Trad. Des essais peu concluants ont également été réalisés au
centre, au nord-est et au nord de la Thaïlande.
1.2. La saignée
La première incision de l’écorce (ou saignée, Figure I-1), à l’aide d’une gouge ou
couteau de saignée, est réalisée quand les arbres ont 5 à 8 ans, selon les régions. La durée
d’exploitation d’un arbre se situe entre 20 et 40 années. Les arbres sont saignés tôt le matin où
l’écoulement du latex est le plus propice. La saignée consiste à inciser la partie secondaire du
phloème de l’arbre jusqu’à 1 à 1,5 mm du cambium, sur une partie seulement de la
circonférence. Il existe différents systèmes d’exploitation de l’hévéa [Compagnon, 1986]. La
coupe ne doit pas être trop profonde pour éviter un dysfonctionnement grave de la
régénération corticale. Immédiatement après la coupe, le latex va s’écouler des tissus, ou
manteaux, laticifères de l’arbre pendant quelques heures [Jacob et al., 1995]. Le latex est
récolté dans une tasse qui est sous la saignée (Figure I-1). Ce latex est appelé « latex des
champs » dans le jargon professionnel, par opposition au latex concentré ou centrifugé,
formes commerciales dont nous parlerons par la suite. Ce latex des champs est soit récolté
sous forme liquide le jour même, soit laissé coagulé naturellement dans la tasse (coagulum de
tasse). Si le latex doit être utilisé sous forme de suspension, un agent stabilisant doit alors être
ajouté au latex rassemblé avant le transport aux utilisateurs pour éviter qu’il ne coagule ; le
stabilisant est le plus souvent de l’ammoniac.
-8-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
En sciences modernes des polymères, un latex est une dispersion colloïdale stable
d’une substance polymère dans un milieu aqueux [Blackley, 1997]. Ainsi, le latex produit par
l’hévéa, ainsi que par d’autres plantes [Siler et al., 1997], est une dispersion colloïdale stable
de poly(cis-1,4-isoprène) dans un milieu aqueux. Le latex est le contenu cytoplasmique de la
cellule laticifère, un système cellulaire anastomosé. Ce latex est un milieu très complexe qui
renferme les particules de caoutchouc (20 à 45 %), les lutoïdes (10 à 20 %) et les particules de
Frey-Wissling (≈ 2-3 %) dispersées dans une phase aqueuse ou sérum (40 à 55 %) (Figure I-
2). De nombreux constituants biochimiques tel que les lipides, les protéines, les sucres, etc.
(Tableau I-1), autres que le poly(cis-1,4-isoprène) (Figure I-3), sont présents dans le latex de
caoutchouc naturel. Il est impossible de les lister tous ici mais des ouvrages de référence
traitant de ce sujet peuvent être consultés [d’Auzac et al., 1989 ; Archer et al., 1963].
-9-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
-10-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Ce polymère se caractérise par une distribution des masses molaires très large (5,5 < I1
< 8,5) [Subramaniam, 1972]. Le caoutchouc naturel se distingue de ses homologues
synthétiques par une structure macromoléculaire plus complexe. Cette structure associative
est détruite progressivement et en partie lors de la mise en solution dans un solvant classique
du polyisoprène. Mais, dans de très nombreux cas, une proportion de caoutchouc naturel reste
insoluble dans ces solvants, fraction communément appelée la phase gel, ou le macrogel.
Dans la fraction soluble se trouvent les macromolécules de polyisoprène, et une quantité
variable de microagrégats constituant le microgel [Bonfils et Char, 2005].
1
I : Indice de polymolécularité, traduit la largeur de la distribution des masses molaires d’un polymère.
-11-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
1.5.1. Morphologie
La première étude par microscopie des particules de caoutchouc d’un latex des champs
a montré qu’elles étaient principalement en forme de poire plutôt que sphériques (Hauser,
1926). Southorn (1961) a constaté que les particules en forme de poire étaient rares dans le
latex de jeunes arbres, mais très abondantes dans le latex d’arbres adultes. Les études récentes
par microscopie électronique à balayage (MEB) ou à transmission (TEM) [Cornish et al.,
1999 ; Singh et al., 2003] montrent que les particules de caoutchouc sont principalement
sphériques. Il ne peut être exclu que la forme change selon l’âge ou le type d’arbre à partir
duquel le latex est obtenu.
1.5.2. Taille
Taille moyenne
Technique Distribution Référence
(nm)
Diffusion dynamique de 960 Bimodale
la lumière Pic 1 : 220 nm [Cornish et al., 1993]
Pic 2 : 900 nm
Diffusion dynamique de 960
la lumière [Cornish et al., 2000]
MEB (a) 1340
Diffusion dynamique de Bimodale
[Pendle et Swinyard,
la lumière 550 Pic 1 : 200 – 300 nm
1991]
Pic 2 : 700 – 1500 nm
Diffusion dynamique de Crème : 1030 100 – 3000 nm [Sakdapipanich et al.,
la lumière Skim : 130 50 – 300 nm 2002]
(a)
MEB Tri-modale
[Singh et al., 2003]
80 – 750 nm
(a)
MEB : microscopie électronique à balayage
-12-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Les produits fabriqués à partir du latex concentré sont essentiellement des gants
(Figure I-4). Ces produits sont obtenus par trempage de formes spécifiques dans le latex
concentré formulé. Le passage du latex des champs au produit fini (film de caoutchouc)
nécessite plusieurs étapes :
• concentration – stabilisation,
• maturation,
• formulation,
• fabrication
qui vont être détaillées dans la suite de cette partie [Gazeley, 1988].
[Resing, 2000]
2
DRC : dry rubber content
-13-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Le trempage au latex implique la formation d’un film de polymère autour d’une forme
définie. Le latex des champs frais n’est pas utilisé sous sa forme originale car il renferme
beaucoup d’eau et il est très sensible à l’attaque bactérienne, source de déstabilisation. Il est
nécessaire de le préserver et le concentrer, de sorte que le produit final soit stable et contienne
60 % ou plus de caoutchouc. Les latex concentrés sont différenciés par la méthode de
concentration et le type de préservation utilisés. La concentration est réalisée par
centrifugation (95 % de la production totale), crémage ou évaporation. Les latex concentrés
par centrifugation sont les plus utilisés pour le trempage car ils sont moins chers et mieux
appropriés pour ce procédé.
-14-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
viscosité Mooney) [Gazeley et al., 1988]. Un autre indicateur qualité qui s’améliore pendant
le stockage est l’indice de gonflement dans le toluène. Ce critère mesuré sur un film de
caoutchouc, préparé à partir du latex, diminue avec le temps de maturation, signe également
d’une réticulation plus importante.
1.6.3. Formulation
La formulation est l’étape qui consiste à ajouter au latex concentré les agents de
vulcanisation. L’agent de vulcanisation le plus utilisé est le soufre en présence d’un activateur
(oxyde de zinc) et d’un ou deux accélérateurs. Deux formulations types pour gants de
chirurgien sont présentées dans le Tableau I-3.
Pour obtenir de bons films, le mélange de tous les ingrédients doit être uniforme. Les
ingrédients solubles dans l’eau sont ajoutés au latex sous la forme de solution, les ingrédients
insolubles sous forme d’émulsion. Le latex formulé (vulcanisable) est généralement maturé à
température ambiante pendant seize heures pour assurer une dispersion adéquate des
ingrédients. Durant la maturation, le mélange doit être agité doucement pour éviter le crémage
et la formation d’une peau. Le mélange est ensuite filtré et envoyé dans les bacs de trempage.
-15-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Tableau I-3 : Formulation pour trempage avec coagulant pour gants de ménage et de
chirurgien
Parties en masse
Formulations Gants de Chirurgien
Fonction
Usage unique stérilisable
Latex NR à 60% 167.0 167.0
Solution d’hydroxyde de potassium à 10% 3.0 4.0
stabilisateur
Solution de laurate ou caprylate de potassium 20% 1.0 1.0
Dispersion de soufre à 50% agent de vulcanisation 1.0 0.4
Dispersion de disulfure de tetraméthylthiurée à 50% - 1.0
accélérateur
Dispersion de dibuthyldithiocarbamate de zinc 50% 1.5 2.0
Dispersion d’oxyde de zinc à 50% activateur 0.5 0.5
Dispersion d’antioxydants à 50% antioxydant 1.0 2.0
Temps de séchage et de vulcanisation à 120°C (min) 15 15
-16-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Des pigments colorés appropriés sont rajoutés selon les besoins. De petites quantités
de charges et/ou d’huiles peuvent être également ajoutées pour les gants de ménage. Dans les
produits à base de latex, les charges agissent comme diluants réduisant la résistance à la
traction et l’allongement à la rupture du vulcanisant.
Cette opération consiste à immerger une forme appropriée sèche et propre dans le
latex formulé pendant une durée précise puis la retirer lentement de manière à avoir une
couche uniforme de latex sur la forme. La mince couche de latex sur la forme peut ensuite
être séchée et vulcanisée et le produit enlevé de la forme (Figure I-5).
lessivage
démoulage
séchage
-17-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
-18-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
forme seront des paramètres qui vont influer également sur l’épaisseur du film. En général,
l’épaisseur de caoutchouc sec obtenue après un seul trempage est d’environ 0,05 mm pour le
trempage simple, de 0,2 à 0,8 mm pour le trempage au coagulant et peut atteindre 4 mm dans
le cas du trempage au latex thermosensible.
Les produits trempés sont généralement séchés et vulcanisés dans des fours à air
chaud. Le premier séchage du film déposé sur la forme se réalise à une température d’environ
80 à 90°C. Dans le cas des produits épais, ce premier séchage est important afin d’éviter
l’apparition de cloques dues à la volatilisation rapide de l’eau si la température de séchage est
supérieure à 100°C. Le séchage final et la vulcanisation sont effectués à des températures
comprises entre 100 et 140°C.
Certains produits en latex (gants) ont un talon ou une collerette à leur extrémité. Cette
collerette est obtenue en roulant la partie supérieure du dépôt sur la forme. L’opération peut
être effectuée manuellement ou mécaniquement par de petites brosses rotatives.
-19-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
La qualité d’un film, que l’on peut définir par ses propriétés physiques, mécaniques et
de perméabilité, est fonction de plusieurs paramètres : (i) la nature de polymère, (ii) la
méthode de préparation du latex (suspension de particules contenant le polymère), (iii) la
composition du latex (copolymère, présence de tensio-actifs, etc.) (iv) le procédé de
transformation du latex (qui prend en compte l’ensemble de la filière et les différentes
opérations unitaires qui lui sont associées). Au niveau de cette filière globale de
transformation, le séchage occupe une place privilégiée car c’est au cours de cette étape que le
film est texturé, passant d’un état de suspension à un film dense.
-20-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Le processus de formation des films de latex a été largement étudiée dans la littérature
et de très nombreux auteurs ont contribué à mieux appréhender les processus d’élaboration
[Henson et al., 1953 ; Brown, 1956 ; Sheetz , 1965 ; Vanderhoff et al., 1966 ; Dobler et Holl,
1996 ; Winnik, 1997]. Précisons que les latex étudiés préférentiellement étaient synthétiques
dans la très grande majorité des cas et que la littérature est moins fournie concernant les
mécanismes de formation propres au latex naturel. Si ceux-ci ne sont pas susceptibles de
changer radicalement par rapport aux latex synthétiques, la composition des latex naturels
peut néanmoins induire quelques spécificités. Même dans le cas des latex synthétiques, plus
faciles à aborder, les auteurs précisent que la phénoménologie est très complexe et que la
communauté scientifique n’a pas encore trouvé à ce jour de consensus concernant l’ensemble
des étapes qui interviennent pendant l’élaboration d’un film. Beaucoup d’auteurs s’accordent
néanmoins à dire que la formation des films se fait en trois étapes successives (Figure I-6).
Perte d’eau cumulée
Etape I
I II III
Formation du Etape II
Opération de séchage
film homogène
temps
Etape III
-21-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Cette première étape est la plus longue des trois et dure jusqu’à ce que la fraction
volumique en matière sèche atteigne environ 60-70%. Cette valeur limite correspond à la
limite de compactage du réseau de particules [Steward et al., 2000]. Sa valeur peut être
calculée et atteint théoriquement 74% dans le cas d’un réseau de sphères rigides caractérisé
par une distribution granulométrique monomodale [Vanderhoff, 1977 ; Dobler et Holl, 1996 ;
Steward et al., 2000]. Si, pour la même suspension, l’empilement est réalisé de façon
-22-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
aléatoire, le taux de compactage maximal est plutôt de l’ordre de 60-70% mais dans le cas de
suspensions polydisperses, il peut dépasser la valeur maximale de 74% car des petites
particules peuvent venir boucher les interstices créés entre deux grosses particules.
De façon générale, la première étape de la formation des films de latex est difficile à
appréhender et les mécanismes d’élaboration pendant le séchage sont encore loin d’être
parfaitement connus [Belaouri et al., 2003]. Deux principales théories ont été avancées pour
expliquer les phénomènes, l’une considérant un mécanisme unidirectionnel [Croll, 1986],
l’autre des mécanismes plus complexes faisant intervenir un front de séchage horizontal
[Winnik, 1997 ; Routh et Russel, 1998]. Les phénoménologies proposées par Croll (1986,
1987) et Winnik (1997) sont détaillées dans cette revue bibliographique car ce sont des
travaux de référence qui présentent deux mécanismes de séchage très différents. Ces travaux
sont souvent cités par d’autres auteurs étudiant les mécanismes de séchage des films minces,
pour confirmer ou infirmer l’existence des processus d’élaboration mis en jeu.
^ Modèle de Croll
A travers deux publications, Croll (1986, 1987) a effectué une étude du procédé de
séchage par le biais d’une étude expérimentale puis d’une modélisation des cinétiques de
séchage. Il a étudié différentes suspensions, dont un latex synthétique caractérisé par une
température de transition vitreuse de 15°C, pour une MFFT de 9°C et un diamètre moyen de
particule de 5 µm. D’autre part, Croll a étudié l’influence de la concentration en latex (19% et
47% en volume) et de l’épaisseur initiale des films sur la cinétique de séchage. A partir de
l’ensemble des résultats expérimentaux, Croll met en évidence que la cinétique de séchage
comporte deux parties.
-23-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
suspension étudiée. La surface d’évaporation reste constante car se décale vers le fond du film
au cours du séchage, mais le taux d’évaporation est constant (l’ensemble des autres
paramètres procédés étant maintenu constant au cours du séchage).
atmosphère
Substrat
atmosphère
Le modèle de Croll couple les transferts de matière et de chaleur. Il a été publié pour la
première fois par Pramojaney et al. (1980) et corrèle le taux d’évaporation à la température de
la surface du film, qui résulte de l’équilibre thermique entre le film et l’atmosphère dans le
séchoir. Deux niveaux de modélisation sont possibles, de complexité croissante. Le premier
requiert une valeur de la température en surface du film (fournie par l’utilisateur comme
entrée du modèle) afin de calculer le taux d’évaporation ; le second résout les équations du
transfert de chaleur pour calculer la température en surface du film. Dans ce cas, les propriétés
-24-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
thermiques du film ainsi que sa composition doivent être intégrés dans le modèle. Le premier
niveau s’avère suffisant pour modéliser des données expérimentales en terme d’analyse
gravimétrique (donc globale). Il a par ailleurs été validé par Pramojaney et al. (1980).
Par conséquent, Croll introduit un terme convectif dans le modèle qui permettrait
d’augmenter le transfert de chaleur du fond du film vers la surface d’évaporation. Pour cela, il
calcule le nombre de Nusselt par le biais d’une corrélation applicable en régime laminaire
pour une suspension de solides immergés (corrélation de Leinhard, 1981) :
-25-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
viscosité cinématique η Cp
Pr = = Nombre de Prantl
diffusivité thermique K
^ Modèle Winnik
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Chapitre I : Introduction Bibliographie
air
dispersion humide
zone de transition
film sec
flux d’eau
Si les mécanismes proposés paraissent plus complexes qu’un simple séchage par front
vertical et unidirectionnel, Winnik indique que les cinétiques de séchage déterminées
expérimentalement à partir d’analyses gravimétriques mettent toutes en évidence une période
de séchage où le taux d’évaporation est constant. Ce taux d’évaporation peut néanmoins
varier suivant la nature du latex utilisé : les latex composés de particules « rigides », c’est-à-
dire possédant une température de transition vitreuse (Tg) élevée sèchent plus vite que les
latex composés de particules « molles » (Tg faible). Sachant que la première période de
séchage est contrôlée par le transfert en phase vapeur et que les conditions expérimentales
dans le séchoirr sont maintenues constante au cours d’une expérience, les observations
expérimentales mettant en évidence un taux d’évaporation constant sont contradictoires avec
le fait que la surface du film humide (surface d’échange pour l’évaporation de l’eau) diminue
au cours du temps. A partir de ces considérations, Winnik en conclut que le taux
d’évaporation n’est pas uniforme au niveau de la surface du film : il est supérieur au niveau
de la zone frontière entre le film sec et la zone humide qu’au centre du film. Cette évaporation
préférentielle induit un mouvement convectif de l’eau, qui entraîne également des particules,
du centre du film vers la zone frontière. Ce mécanisme a été confirmé par les travaux de
Sheehan et al. (1993) et Ming et al. (1995), lesquels ont également observé le regroupement
des particules de latex dans la région frontière entre la zone humide et la zone sèche. Ils ont
mis en évidence l’existence d’un front d’agrégation ainsi qu’un phénomène de densification
du film dans la zone sèche, lorsque les pores se vident. Winnik indique que le temps
nécessaire à une densification complète du film peut varier de quelques heures à quelques
jours. Sans mettre en équation, la phénoménologie observée, Routh et Russel (1998) ont par
-27-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
ailleurs proposé un modèle mathématique de propagation du front de séchage qui rend compte
du phénomène.
Cette étape débute lorsque la fraction volumique en eau devient assez faible pour
assurer un contact irréversible entre les particules. Des phénomènes de déformation des
particules peuvent alors intervenir et le taux d’évaporation chute très rapidement à cause du
changement brusque de la texture du film. Cette étape peut également être importante vis-à-
vis de qualité des films élaborés. A ce titre, List et Kassis (1982) indiquent qu’une réduction
de la vitesse de séchage peut permettre d’élaborer des films de meilleure qualité. En effet, un
séchage doux permet aux particules de former un réseau plus homogène (donc un taux de
compactage maximal) car les forces électrostatiques de répulsion repoussent les particules les
unes des autres jusqu’au dernier moment. Un séchage plus violent et plus rapide peut
conduire à créer des contacts interparticulaires irréversibles avant que le compactage maximal
ne soit atteint et il peut de fait engendrer des défauts dans la structure du film. List et Kassis
précisent donc que les films élaborés à température élevée sont de moins bonne qualité car ces
phénomènes d’agglomération peuvent intervenir plus tôt. Une fois l’agglomération des
particules effectuée, et même parfois avant que cette agglomération n’intervienne, les
particules se déforment et prennent des formes hexagonales [Dobler et Holl, 1996]. Cette
seconde étape se termine lorsque les phénomènes de coalescence prennent fin [Vanderhoff,
1973].
-28-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
n Frenkel (1943) et Dillon et al. (1951) ont, les premiers, proposé un mécanisme de
formation des films latex, qu’ils ont nommé « dry sintering ». Ils ont considéré un système
unidimensionnel avec un front de séchage vertical se déplaçant du haut du film vers le fond.
Leur modèle considère que le film sèche avant que les particules ne se déforment (Figure I-9).
Dans ce cas, les forces mises en jeu dans le processus de déformation des particules sont dues
à la tension interfaciale entre la particule et l’air. Dillon et al. (1951) considèrent la particule
de latex comme un « liquide » visqueux qui se déforme selon la loi de Frenkel (eq. I-3).
Dillon a validé l’équation de Frenkel par des résultat expérimentaux, et vérifié qu’une relation
linéaire existait effectivement en traçant θ2 en fonction de 1/r.
3γ t
θ2 = eq. I-3
2π rη
r
θ
o Par la suite, Brown (1956) a critiqué le modèle proposé par Dillon et al. (1951) en
intégrant des processus différents. Il a proposé une phénoménologie faisant intervenir les
forces capillaires dans les processus de déformation. Brown (1956) considère cette fois la
particule comme une sphère élastique et la déformation des particules résulte de la tension
entre l’air et l’eau contenue dans les interstices interparticulaires (Figure I-10). Considérer la
-29-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
particule comme une sphère élastique a néanmoins été critiqué car cela revient à faire une
analogie directe (et abusive) entre des billes de latex placés dans un environnement aqueux et
le caoutchouc sec [Sperry et al., 1994 ; Kan, 1993]. Bien que la théorie de Brown diffère de
celle de Dillon concernant le mécanisme de coalescence de particules de latex et surtout le
rôle de l’évaporation du solvant, les deux auteurs notent que la force motrice à la déformation
est inversement proportionnelle à la taille des particules.
-30-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
déformation d’une particule de latex, son influence reste limitée. Stewart et Johnson (1970)
ont validé expérimentalement le modèle de Vanderhoff et al. (1966), mais Dobler et al.
(1992) ont montré que la tension interfaciale entre le polymère et l’eau était effectivement
force motrice dans le cas où il n’y a pas évaporation d’eau, mais que si celle-ci intervient, sa
contribution est insignifiante.
De nombreux auteurs ont donc cherché à identifier les paramètres pouvant contrôler la
qualité des films à travers leur influence sur cette dernière étape de l’élaboration. Bradford et
Vanderhoff (1966) ont donc étudié les changements de structure se produisant dans un film de
copolymère de styrène-butadiène au cours de la maturation. Ils ont montré que le processus de
vieillissement (qui traduit le changement de texture due à l’interdiffusion des chaînes de
polymère) se produit dans l’ensemble du film. Ils ont par ailleurs mis en évidence le fait que
l’augmentation de la masse molaire du polymère ainsi que l’augmentation du niveau de
réticulation réduisent le phénomène d’interdiffusion.
Hahn et al. (1986, 1988) ont par ailleurs étudié le phénomène d’interdiffusion sur
différents types de latex. Ils ont montré que le coefficient de diffusion (D) qui traduit le
-31-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
-32-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Les films minces sont aujourd’hui élaborés à partir de la crème de latex (fraction 1)
issue de la centrifugation du latex des champs. Cependant, après centrifugation, la fraction 1
contient seulement 90% des particules de caoutchouc qui sont récupérées ; les 10% restant se
-33-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
trouvent dans la fraction 2 (latex de « skim »). Ces particules sont plus petites, en
concentration plus faible dans le sérum et elles sont considérées comme un déchet, ou sont
récupérés par coagulation (ajout d’acide sulfurique) pour être vendues sous formes de
caoutchouc sec en balles. Industriellement, le latex de skim n’est jamais utilisé pour former
des films minces. Ce latex de skim représente potentiellement une source de pollution, qu’il
soit rejeté directement dans la nature ou qu’il soit coagulé par ajout d’acide. Dans ce dernier
cas, une partie solide caoutchoutique est récupérée mais un effluent liquide acide doit être
traité avant rejet. La valorisation de cette fraction représente donc un enjeu de taille, à l’heure
où des nombreux efforts sont concentrés sur les aspects environnementaux et sur l’exigence
de rejets éco-compatibles avec le milieu naturel. Peu d’études se sont néanmoins concentrées
sur la ré-utilisation du latex de skim dans le but de former des films minces et il convient de
noter le récent travail effectué par Rippel et al. (2003), qui ont comparé la texture des films à
base de crème de latex et à base de latex de skim. En utilisant la technique AFM, ils ont
constaté que la coalescence des films s’avérait plus rapide pour des films à base de latex de
skim que pour des films à base de crème de latex : les premiers cités sont relativement lisses
et les particules perdent rapidement leur identité propre tandis que les films à base de crème
de latex sont rugueux et que les particules individuelles peuvent encore être distinguée
longtemps après le séchage. Ils proposent de relier ce phénomène au fait que la charge de
surface des particules est supérieure dans le cas des particules issues de la fraction 1, ce qui
réduit le phénomène de coalescence en surface. Si les particules de la crème de latex
possèdent une charge de surface supérieure, les forces de répulsion électrostatiques rendent
l’agrégation et l’interconnection des chaînes de polymère plus difficile à la surface du film.
Si Rippel et al. (2003) ont étudié l’influence de la nature du latex sur l’état de surface
des films, nous souhaitons, dans le cadre ce notre travail, étendre cette étude à d’autres
aspects. A ce titre, nous nous proposons d’analyser le comportement au séchage des
différentes fractions, puis leur influence sur les propriétés fonctionnelles des films élaborés, à
savoir leur élasticité caoutchoutique et leur perméabilité aux produits chimiques. Il s’agit
alors de proposer une voie de valorisation pour le latex de skim en tant que matière première
pour l’élaboration de films minces.
-34-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Le test d’extension (ou traction) uni-axiale est le test le plus utilisé pour les
élastomères en contrôle qualité (module rupture, taux d’extension, etc.) ou pour étudier
l’élasticité des élastomères (lois de modélisation, cristallinité). La relation force (ou
contrainte, eq. I-4) – déformation a l’allure d’une sigmoïde caractéristique (Figure I-11). La
déformation est exprimée en terme de taux d’extension (λ, eq. I-5) ou de changement de
longueur par unité de longueur (ε, eq. I-6) :
-35-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
f
σ = eq. I-4
S0
L
λ = eq. I-5
L0
avec : λ : le taux d’extension,
L0 : la longueur initiale,
L : la longueur après application d’une force.
∆L
ε = = λ -1 eq. I-6
L0
σ
ε ( ou λ)
σ
ε ( ou λ)
Figure I-11 : Courbe de traction type pour une éprouvette obtenue à partir d’un gant en latex
naturel
Dan le cas d’une élongation uniaxiale, pour les toutes petites déformations, la courbe
contrainte - déformation est linéaire et suit une loi de Hooke (eq. I-7).
-36-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
σ = Eε eq. I-7
Les modèles « Affine » et « Fantôme » se basent tous deux sur les principaux postulats
de Khun et Treloar [Erman et Mark, 1997] :
• un déplacement affine des positions occupées par les nœuds du réseau lors d’une
déformation macroscopique,
• pas de changement du volume de l’éprouvette pendant la déformation (tant que la
cristallisation n’intervient pas),
• l’énergie élastique totale du réseau est la somme de toutes les énergies élastiques
des chaînes individuelles.
-37-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
La principale différence entre les deux modèles réside dans l’appréciation des
mouvements que connaissent les jonctions. Pour le modèle affine, les points de réticulation se
déplacent de façon proportionnelle au cours de la déformation et demeurent fixes dans une
position donnée de l’espace à déformation constate. Le modèle « fantôme » de James et Guth
prend en compte le fait que les nœuds du réseau peuvent librement se mouvoir ou fluctuer
autour d’une position moyenne qui correspond à la déformation affine. L’amplitude de ce
mouvement est indépendante de la déformation mais dépend de la valence du nœud (Φ) et de
la longueur des chaînes élastiques. Le modèle « fantôme » convient bien aux réseaux
constitués de chaînes élastiques longues pour un réseau gonflé par un solvant.
Dans une expérience de traction uniaxiale dans la direction x, la contrainte (σ) est
donnée par les équations I-8 et I-9 pour les modèles affine et fantôme respectivement.
Φ eq. I-8
σ = -2
ξRT (λ - λ )
Φ-2
Φ-2
ξ = µ eq. I-10
2
Φ eq. I-11
et υ = µ×
2
-38-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Φ Φ-2
σ = µ
Φ - 2
2
RT λ - λ
-2
( ) eq. I-12
Φµ
=
2
(
RT λ - λ -2 ) eq. I-13
σ = υ RT (λ - λ −2 ) eq. I-14
Φ-2
σ = µ RT λ - λ
-2
( ) eq. I-15
2
Φµ
= - µ RT λ - λ -2 ( ) eq. I-16
2
σ = (υ - µ ) RT (λ - λ −2 ) eq. I-17
σ 2C 2
σ red = = 2C1 +
(λ - λ -2 ) λ
eq. I-18
-39-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
affine
σ red
fantôme
−1
λ
Figure I-12 : Evolution de la contrainte réduite (σred) en fonction de l’inverse du taux
d’extension
σ = 2C1 +
2C 2
λ (
λ - λ -2 ) eq. I-19
-40-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Les films continus, à base de latex naturel, présentent une structure dense. Dans la
mesure où ils n’ont pas de défauts, leur morphologie est dépourvue de porosité. Ils sont
utilisés sous forme de gants de protection à condition de présenter une résistance au transfert
suffisante pour effectivement limiter le transport des produits chimiques considérés.
Dans cette partie, nous allons rappeler la théorie du transfert de matière dans un film
dense selon le modèle de solubilisation-diffusion, ainsi que l’influence des paramètres
physico-chimiques propres aux films polymères. Nous allons voir qu’il est difficile pour un
film à base de polymère d’être une « barrière » efficace pour l’ensemble des produits
chimiques. Ceci explique pourquoi les fabricants de gants fournissent habituellement avec
leur produit une table informative sur l’efficacité de protection de leurs gants vis-à-vis d’une
série de produits, préalablement testés au laboratoire, selon la norme ASTM F 739.
Cependant, à l’échelle microscopique, les films polymère sont constitués d’un grand
nombre de molécules entremêlées. Selon la théorie du « volume libre », appliquée
généralement au matériau à l’état caoutchoutique, cet enchevêtrement engendre des espaces
-41-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
libres, non occupés par la matière, de sorte qu’une molécule pourrait se déplacer d’un côté du
film à l’autre, grâce à l’agitation thermique, en passant d’un site à l’autre. Ce processus
dépend beaucoup des interactions polymère-soluté, liées à la structure chimique du polymère.
Le facteur stérique influence l’accessibilité et la taille des « vides » dans lesquels la molécule
absorbée va se déplacer. La répartition de ces sites peut fluctuer sous l’effet des mouvements
des chaînes de polymère. Pour le caoutchouc naturel, les films se trouvent dans un état
caoutchoutique à la température ambiante puisque leur température de transition vitreuse est
égale à -70°C. Dans les polymères caoutchoutiques, les mouvements des chaînes sont de
grande amplitude, très rapides et demandent peu d’énergie.
Force motrice
Diffusion : D
Membrane
Amont Aval
C1 C1 < C2
Epaisseur : L
Sorption : S Désorption : S
Figure I-13 : Profil de concentration au sein d’un film dense en régime stationnaire
-42-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
La force motrice à l’origine du transport d’un composé au travers d’un film dense par
solubilisation-diffusion est la différence de potentiel chimique de ce composé entre les deux
compartiments. Classiquement, dans le cas d’une perméation liquide, lorsqu’un film dense
sépare deux compartiments, la différence de concentration conduit au transport de l’espèce
chimique considérée du compartiment le plus concentré vers celui le moins concentré.
Pour l’étude des propriétés « barrières » des films utilisés dans la fabrication des gants,
deux critères qualitatifs sont généralement utilisés [Ansell Protective Product, 1998] : la
vitesse de perméation et le temps de pénétration.
-43-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
dµi
J i = − Li . eq. I-20
dx
Le transfert de matière dans un film dense suit les lois de Fick. La première permet
d’exprimer le flux J, tandis que la seconde représente le bilan de matière en négligeant les
flux convectifs.
-44-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Dans l’hypothèse d’un coefficient de diffusion (Di) constant au sein du film dense, la
seconde loi de Fick qui décrit le régime transitoire s’écrit :
Ci , amont ( m ) - Ci , aval ( m )
J i = Di eq. I-25
l
du compartiment aval.
Di .K i
Ji = (Ci , amont − Ci , aval ) eq. I-26
l
-45-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Pi
Ji = (Ci , amont − Ci , aval ) eq. I-27
l
-46-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
Mathai et al. (2002) ont travaillé sur des films élaborés à partir d’un mélange
NBR/caoutchouc naturel et selon la composition du mélange, ils ont étudié les propriétés de
perméabilité de ces films aux solvants organiques (Benzene, Toluene, ρ-Xylene). Ils ont
constaté qu’en augmentant la proportion de NBR (Nitrile rubber : latex nitrilé) dans la
composition du mélange, la perméabilité des films diminuait car le NBR offre une résistance
aux solvants plus élevée que le caoutchouc naturel.
Le caoutchouc naturel est un polymère d’isoprène, C5H8 avec une masse molaire
élevée. Rappelons que le polymère extrait de l’arbre Hévéa brasiliensis est principalement
sous la forme de cis-1,4-polyisoprene. La Tg du poly(cis-1,4-isoprène) est de l’ordre -70°C, il
est donc dans l’état caoutchoutique à la température ambiante. Dans cet état, les taux de
déformation à la rupture sont considérablement plus grands. Cette haute extensibilité est liée à
des mouvements moléculaires de grande amplitude permettant l’extension complète des
chaînes macromoléculaires.
-47-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
latex naturel, tandis que Aprem et al. ont étudié les films du latex de nitrile. Bien que les films
soient de nature différente, ces deux équipes ont montré que la vulcanisation du polymère
diminuait la perméation des solvants. Selon le type de vulcanisation, la densité de réticulation
du polymère est différente et la perméabilité diminue quand la densité de réticulation
augmente.
Mathai et al. (2002) ont étudié la perméation de différents solvants organiques dans
des films de latex naturel vulcanisés et des films élaborés à partir de mélanges latex
naturel/latex de nitrile. Ils trouvent que la diffusion et la sorption des solvants diminuent avec
l’augmentation de la taille des molécules de perméat : benzene, toluene ou ρ-xylene. La
vitesse de perméation diminue donc quand la taille du perméat augmente.
Comme nous l’avons vu, les films de latex naturel sont principalement composés de
poly(cis-1,4-isoprène), mais ils contiennent également des non caoutchoucs, tels que des
phospholipides, des protéines etc. Si les films étaient uniquement composés de polymère, de
par la nature du poly-(cis-1,4-isoprène), nous pourrions penser que les coefficients de
perméabilité aux composés en solution seraient très faibles. Mais, malgré les efforts réalisés
pour purifier le polymère après la récolte du latex, la présence des non-caoutchoucs, que l’on
pourrait qualifier d’« impuretés », a tendance à réduire les propriétés barrières des films. La
diversité des groupements fonctionnels apportés par ces non-caoutchoucs élargit les
possibilités d’interactions développées avec une grande variété de composés chimiques. C’est
pourquoi, selon la nature du produit chimique, le taux de perméation des films n’est pas le
même. Chaque fabriquant de gant se doit d’évaluer la valeur du coefficient de perméabilité de
ses gants pour plusieurs composés s’il veut informer ses clients, ce qui est réalisé par Ansell
sous forme d’un guide de protection aux produits chimiques [Ansell protective Product,
1998].
-48-
Chapitre I : Introduction Bibliographie
-49-
Chapitre II.
Matériels et Méthodes
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Des étalons de latex de polystyrène (Tableau II-1) ont été utilisés pour mettre au point
la méthodologie de mesure de la granulométrie. Ils ont également été utilisés pour faire des
films qui ont été caractérisés par microscopie à force atomique (AFM) afin de comparer aux
résultats obtenus avec des latex naturels.
1.2.1. Détermination de la teneur totale en solide dans le latex (Total Solid Content :
TSC) selon la norme ISO 124
-51-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
température ambiante, puis pesée. La capsule a été remise à l’étuve à 100°C pendant 15 min
afin de vérifier que la perte de masse entre 2 pesées était inférieure à 1 mg.
1.2.2. Détermination de la teneur en caoutchouc sec dans le latex (Dry Rubber Content :
DRC) selon la norme ISO 126
Environ 10 g de latex (à 0,1 mg près) sont versés dans un bécher de 250 mL. Le latex
est ensuite dilué avec de l’eau distillée de façon à obtenir une solution contenant 20% de
matières solides totales. Une agitation manuelle a été effectuée puis 75 mL d’acide acétique
(0,3 mol/L) ont été ajoutés en remuant lentement afin de permettre la coagulation du
caoutchouc. La feuille de caoutchouc coagulée sous la surface de l’acide a été délicatement
enfoncée. Le bécher a été couvert par un verre de montre et chauffé au bain-marie pendant 15
à 30 min. Si le sérum obtenu n’était pas clair, mais laiteux, 5 mL d’éthanol à 95% étaient
ajoutés afin de rassembler avec la masse principale chaque particule de caoutchouc coagulé.
Le coagulum chaud a été récupéré avec un agitateur en verre et pressé pour en expulser l’eau
jusqu’à l’obtention d’une feuille uniforme d’épaisseur inférieure à 2 mm. La feuille obtenue a
été lavée avec de l’eau pendant 5 minutes et égouttée avant d’être mise à l’étuve à 70°C. Cette
feuille a été séchée à l’étuve jusqu’à ce qu’elle n’ait plus aucune tâche blanche (environ 12
heures). La feuille a été ensuite placée au dessiccateur, pour revenir à la température
ambiante, et pesée. Les opérations de séchage, de refroidissement et de pesée ont été répétées
jusqu’à ce que la perte de masse soit inférieure à 1 mg.
La teneur en azote totale a été déterminée selon une méthode dérivée de la technique
par combustion de Dumas. Une prise d’essai est calcinée (850°C) dans un flux d’oxygène où
les gaz de combustion sont piégés pour éliminer les poussières, les halogènes, la vapeur d’eau
et les oxydes de carbone. Les oxydes d’azote (Nox) sont passés sur une colonne de cuivre à
730°C dans un flux d’hélium, ce qui les réduit en gaz N2. La teneur en azote est déterminée
par une cellule thermoélectrique.
-52-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
1.2.4. Dosage de l’ammoniaque contenu dans la suspension de latex des champs brut
Le titrage est effectué à l’aide d’un titrateur Metrohm Titrino 702 SMo qui permet de
suivre le pH en fonction de l’addition de réactif titrant, ici l’acide chlorhydrique HCl 0,1 M.
Le latex étant insoluble en milieu acide, nous avons ajouté une solution stabilisante Tween 21
pour maintenir celui-ci en suspension, comme le préconise la norme ISO 125 : 1990 F. Le pH
de la solution initiale étant de 9,3, nous pouvons déduire que la solution est constituée d’un
mélange NH4+/NH3 étant donné que le pKa de l’ammoniac est de 9,3. Pour doser la totalité de
l’azote ammoniacal, nous ajoutons de la soude jusqu’à un pH de 11,6. L’échantillon dosé
correspond à une quantité de latex contenue dans 0,994 mL de solution mère.
14
12
10
8
pH
6
4
2 2,85 ml 5,27ml
0
0 2 4 6 8
V HCl (ml)
Figure II-1 : Dosage d’une solution de latex (V = 0,994 mL) stabilisée par une solution de
HCl 0,1 M
-53-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Les analyses XPS ont été réalisées à l’aide d’un appareillage SIA 200 RIBER
CAMECA UHV. La source d’excitation de rayons X est la raie Al Kα d’énergie, hν, égale à
1486.6 eV.
Les énergies cinétiques des électrons Auger et des photoélectrons sont mesurées avec
un spectromètre à deux étages RIBER CAMECA MAC 2. La résolution de l’analyseur est
fixée à 1 eV.
Un canon à ions Ar+ (RIBER CAMECA C.I. 50) associé à un système de pompage
différentiel est employé dans le but d’éliminer les espèces de contamination de surface
(hydrocarbones, etc.). L’énergie des ions, déterminée de manière optimale, est fixée à keV
(temps de décapage = 10 min) de manière à éliminer uniquement les espèces de
contamination sans dégrader la structure du matériau.
-54-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
m MG
Macrogel (%) = x 100 eq. II-1
m0
-55-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
A: absorbance
ε: coefficient d’extinction molaire
l: longueur de la cellule de mesure (cm)
C: concentration en g/L de la solution
m µg
Microgel (%) = x 100 eq. II-3
m0
-56-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
[C]s - [C]inj
X inj = eq. II-6
[C]s
[C]s - [C]inj
m µ g = (m 0 - m MG ) x eq. II-7
[C]s
([C]s - [C]inj )
(m 0 - m MG ) x
[C]s x 100
Microgel (%) = eq. II-8
m0
(m 0 - m MG ) ([C]s - [C]inj )
= x x 100
m0 [C]s
[C]inj
= (100 - MG) (1 - ) eq. II-9
[C]s
-57-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Des étalons de polystyrène ont été choisis en tant que latex synthétique pour effectuer
la validation de la méthode. Trois étalons de tailles différentes ont été employés : 63, 373 et
949 nm. Chaque étalon de polystyrène est considéré monomodal, i.e. présentant une très
faible polydispersité (Tableau II-1). A partir des étalons monomodaux, des mélanges ont été
effectués afin d’estimer l’efficacité d’analyse des différents instruments de mesure :
(i) les trois suspensions monomodales (63, 370, 949 nm) ;
(ii) 3 suspensions binaires ont été préparées en mélangeant les solutions étalons:
63/373 (rapport de taille : 5,9), 63/949 (rapport de taille : 15) et 373/949 (rapport
de taille : 2,5) dans une proportion 1:1 en volume ;
(iii) un échantillon ternaire a été également préparé en mélangeant les trois étalons
63/373/949 dans une proportion 1:1:1 en volume.
Les échantillons de latex naturel ont été préparés en respectant le protocole suivant :
• le latex des champs (contenant 0,4% p/p d’ammoniaque) a été mélangé avec une
solution de tensioactif (tween 20). La concentration en tensioactif correspondait à
1% de la concentration en caoutchouc sec dans le latex, de façon à obtenir une
teneur en caoutchouc sec dans le latex égale à 25%.
-58-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Enfin, le latex de champ, les fractions 1 et 2 ont été analysées en terme de distribution
granulométrique par le MET (analyse directe) et les instruments de DDL.
En ce qui concerne l’analyse réalisée par DDL, chaque échantillon a été dilué dans de
l’eau déminéralisée. La mesure par HPPS 2.0 requiert une dilution de 0,7% p/p, tandis qu’une
dilution égale à 2,5 x 10-4 % p/p est nécessaire pour effectuer la mesure par le Zetasizer 3000
et l’Autosizer 4800. Avant d’effectuer les analyses, les échantillons ont été filtrés afin
d’éliminer des poussières qui pourraient perturber les mesures. Les échantillons de latex
synthétique 63, 373 et 63/373nm ont été filtrés au moyen d’un filtre dont la taille des pores est
de l’ordre de 1 µm et les quatre autres échantillons de latex synthétiques (949, 63/949,
370/949, 63/370/949nm) ainsi que les échantillons de latex naturel ont été filtrés au moyen
d’un filtre de 10 µm.
-59-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
DDL. En effet, si l’on souhaite obtenir un résultat pertinent, il est nécessaire de réaliser un
nombre important de mesures pour obtenir une statistique satisfaisante. Par ailleurs, la
préparation des échantillons peut altérer l’intégrité des particules de latex, surtout si celles-ci
possèdent une température de transition vitreuse très faible et sont donc susceptibles de se
déformer rapidement.
-60-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Dans une suspension très diluée, le mouvement des particules isolées est seulement dû
au mouvement brownien, lequel dépend de la température. Quand une suspension diluée de
latex est illuminée, l’intensité du rayon de lumière diffractée fluctue au cours du temps en
raison du mouvement brownien des particules. La DDL consiste à mesurer l’intensité de ces
fluctuations au cours du temps pour en déduire le coefficient de diffusion, D. Le diamètre
hydrodynamique, d(H) de particule peut être calculé à partir de ce coefficient de diffusion D
en employant la relation Stokes-Einstein :
kT
d (H ) = eq. II-10
3πηD
-61-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
La théorie de mesure DDL a par ailleurs été abondamment décrite dans la littérature
[Pecora, 1985; Berne, 1976; Brown, 1993]. Elle représente aujourd’hui la technique de
mesure la plus rapide et la plus simple d’utilisation pour mesurer la granulométrie de
suspensions, mais les résultats doivent être considérés avec beaucoup de prudence dès lors
qu’il s’agit de suspensions au caractère polydisperse prononcé [Elizalde et al., 2000].
Trois instruments de mesures commerciaux basés sur la DDL ont été utilisés pour
analyser le diamètre moyen et la distribution granulométrique des échantillons. Chaque
instrument (HPPS 2.0, Zetasizer 3000 et Autosizer 4800) sont des produits de la gamme
Malvern Instrument. Ils se différencient par quelques spécificités, à savoir le degré de dilution
nécessaire ou la flexibilité d’utilisation. Si le Zetasizer 3000 et l’Autosizer 4800 requièrent
une dilution importante de l’échantillons avant analyse, l’HPPS 2.0 présente la particularité de
pouvoir effectuer la mesure sur des échantillons beaucoup plus concentrés. Allié à sa petite
taille, cela en fait un appareil maniable et extrêmement simple d’utilisation si l’on a à réaliser
des mesures directement « sur le terrain ». Concernant l’angle de détection, il est fixé pour
l’HPPS 2.0 et le Zetasizer 3000, respectivement à 173° et à 90°, sans aucune possibilité de le
faire varier par l’utilisateur. En ce qui concerne l’Autosizer 4800, l’angle de détection peut
varier de 30° à 140° par pas de 1°. L’HPPS 2.0 propose uniquement un algorithme pour
effectuer la déconvolution du signal brut. En revanche, l’utilisateur des instruments de mesure
Autosizer 4800 et Zetasizer 3000 dispose d’un choix de quatre algorithmes différents pour
déconvoluer le signal.
-62-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
suffisamment élevée, même s’il est reconnu pour donner des bons résultats dans le cas de
distributions plutôt larges, lisses et continues [Malvern Instrument Ltd, 1997].
Dans le cadre de notre étude, les échantillons monomodaux ont été analysés en
utilisant les trois algorithmes suivants: Monomodal, CONTIN et NNLS. Les échantillons
multimodaux ont été analysés par les algorithmes Multimodal, CONTIN et NNLS.
Cependant, l’algorithme Multimodal n’a donné des résultats probants dans le cas des
échantillons multimodaux, et seuls les résultats obtenus par CONTIN et NNLS ont été
présentés.
Par défaut, les distributions fournies par les instruments de mesure DDL sont
présentées en pourcentage d’intensité, puisque l’analyse elle-même est basée sur l’intensité de
lumière dispersée par les particules. L’intensité de dispersion étant proportionnelle au
diamètre hydrodynamique des particules à la puissance 6, les grosses particules sont plus
visibles que les petites avec ce mode de représentation, le pic de la distribution relatif aux
grosses particules étant plus important que celui lié aux petites. L’HPPS 2.0 fourni
uniquement une distribution en pourcentage d’intensité, alors que le Zetasizer 3000 et
l’Autosizer 4800 permettent de représenter les distributions en pourcentage volumique et
pourcentage en nombre. L’hypothèse de sphéricité des particules est alors posée pour changer
de représentation, ce qui pose rarement des problèmes lorsque l’on analyse des suspensions de
latex.
-63-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Pour contrôler au mieux l’homogénéité de l’épaisseur des films obtenus avec les
différents échantillons, tous les latex (LCNL, F1_1C, F1_2C et F2_2C) ont été préparés avec
un DRC environs de 60 %.
-64-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Latex 25 %DRC
• Centrifugation à 5000 g
(19°C, 1 h)
4 mL • Stabilisation
LCNL
• Centrifugation à 5000 g,
= F1_1C + F2_1C (19°C, 1 h) - (lavage)
+ sérum + tween 20
Lutoïd F1_2C = F1_2C + tween 20
Skim + Sérum
• Centrifugation à 30000 g
(19°C, 1h)
F2_1C
• Stabilisation
• Centrifugation à 30000 g
(19°C, 1 h) - (lavage)
Cinquante grammes de latex des champs ont été filtrés sur un tamis métallique en acier
inoxydable (ouverture moyenne des mailles : 180 µm). Ensuite, 21 g de ce latex filtré ont été
placé dans un bêcher de 100 mL et 0,25 mL de solution de KOH à 10% a été ajoutée puis 9
mL d’une solution de Tween 20 (0,0375 g dans 9 mL d’eau). L’ensemble a été maintenu sous
agitation modérée à l’aide d’un barreau aimanté pendant environ 10 min afin de bien disperser
le tensioactif dans le latex. La teneur finale en caoutchouc sec (DRC) de ce latex était
d’environ 25 %.
-65-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Cet échantillon correspond au latex des champs brut, c’est celui qui renferme le plus
de composés non isoprène et notamment des protéines. La procédure la plus simple aurait été
de centrifuger le latex des champs brut directement à 30000 g. Ceci n’a pas été possible car le
latex, et notamment la crème, coagulait pendant la centrifugation à 30000 g. Il a été donc
nécessaire de centrifuger d’abord à 5000 g afin de récupérer la crème (fraction 1) non
coagulée et ensuite à 30000 g pour concentrer le skim (fraction 2). Trente grammes de latex
des champs à 25% de DRC (cf. § 3.1) ont été mis dans un tube de centrifugeuse (capacité 50
mL) puis centrifugés à 5000 g (19°C, 1 heure) afin de séparer les grosses particules de latex
(Fraction 1) des autres fractions. Après centrifugation, la suspension présentait trois phases
(crème ou fraction 1, skim + sérum et lutoïdes). Quatre millilitres de la phase renfermant le
skim et le sérum ont été prélevés à la seringue et mis dans un flacon, le reste a été prélevé et
mis dans un tube de centrifugeuse. La crème (ou fraction 1) a été récupérée à la spatule et
dispersée dans le flacon contenant les 4 mL de skim et de sérum et puis bien agité par
agitation « Vortex » pendant 3 min. Afin de séparer les petites particules (skim) du sérum, la
phase renfermant le mélange de skim et de sérum a été centrifugée à nouveau à 30000 g
(19°C, 1 heure). Après centrifugation, deux phases étaient obtenues (skim et sérum, Figure II-
2), le sérum a été prélevé à la seringue. Le skim a été récupéré à la spatule et dispersé dans le
flacon contenant les 4 mL de skim et sérum et la fraction 1. Ce latex reconstitué a été ensuite
filtré sur un tamis métallique en acier inoxydable (ouverture moyenne des mailles de 180
µm).
Pour obtenir 100 mL de LCNL à 60% DRC, il faut utiliser environ 300 g de latex des
champs à 25% DRC (i.e. 10 tubes de centrifugeuse de 30 g chacun).
-66-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Trente grammes de latex des champs à 25% de DRC (cf. § 3.1) ont été placés dans un
tube de centrifugeuse (capacité 50 mL) puis centrifugés à 5000 g (19°C, 1 heure). Après
centrifugation, la suspension présentait 3 phases (crème ou fraction 1, skim + sérum et
lutoïde, Figure II-2). La phase renfermant le skim mélangé au sérum a été prélevée à la
seringue et mise dans un tube de centrifugeuse. Afin d’obtenir chaque échantillon, les
différentes étapes décrites ci-après ont été nécessaires.
-67-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
• F1F2_2C : Les latex modèles F1_2C et F2_2C ont été mélangés à raison de 50% (en
masse) de chaque.
La formule retenue est très proche de la formule classique proposée pour les gants de
chirurgiens [Pendle et Gorton, 1982] (Tableau II-3). Le taux de ZnO a été augmenté à 1 %, au
lieu de 0,5%, pour renforcer son effet.
-68-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Les différents agents de vulcanisation (Tableau II-4) ont été ajoutés dans un broyeur à
bille (Dangoumill 300, PROLABO). Le mélange a été agité quatre fois deux minutes avec une
période de repos d’environ 2 minutes entre chaque agitation. La suspension obtenue avait
l’apparence d’une mousse de couleur jaune clair.
Tableau II-4 : Proportions des différents agents de vulcanisation pour la formule maître.
-69-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Le montage expérimental utilisé pour sécher les films de latex est schématisé sur la
Figure II-3 [Menut, 2003]. L’air fourni par le réseau de l’université (6-7 bar) est d’abord filtré
sur une cartouche filtrante (A) permettant d’éliminer les huiles et les impuretés
éventuellement présentes. Un manomètre (B) permet de fixer la pression en amont du circuit à
3 bar. Un débitmètre à bille Brooks muni d’un tube R-6-15-A (C) contrôle le débit gazeux :
les débits communiqués seront ceux mesurés au niveau de ce débitmètre. Comme cet air
présente une humidité relative de l’ordre de 6 à 7% (à 20°C), il est asséché en D dans une
colonne de Driérite : à sa sortie, l’humidité est considérée nulle.
A B
C D
applicateur automatique
E
Figure II-3 : Banc d’élaboration à température et humidité contrôlées : (A) cartouche filtrante,
(B) manomètre détendeur, (C) débitmètre, (D) colonne de Driérite, (E) colonne d’eau et (F)
séchoir de séchage
L’air peut ensuite être envoyé via le trajet n°1 dans une canalisation chauffée n°3 qui
élève sa température avant l’entrée dans le séchoir de séchage (F), ce qui permet un séchage
du matériau sous air sec. Une autre possibilité consiste à envoyer l’air via le chemin n°2 dans
une colonne d’eau (E) thermostatée munie à sa base d’un fritté (type P3) permettant de
générer des petites bulles d’air dans la colonne. A sa sortie, celui-ci s’est chargé en vapeur
d’eau et il est envoyé, via la canalisation n°3 (chauffée pour élever sa température et éviter la
-70-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
condensation de l’eau sur les parois), dans le réacteur de séchage (F). Dans ce système, le
contrôle de l’humidité relative (HR) dans le réacteur de séchage s’opère par le contrôle de la
température de la colonne d’eau. En effet, à la sortie de la colonne d’eau, thermostatée à la
température TCe, l’air est saturé en eau. La pression de vapeur en eau est donc égale à la
pression de vapeur saturante de l’eau à cette température, pTsatCe . Indépendamment, nous
imposons dans le réacteur de séchage une température TRs. Ainsi, dans le réacteur de séchage,
l’HR peut s’exprimer par la relation :
pTsatCe
HR = x 100 eq. II-11
pTsatRs
dans laquelle pTsatRs est la pression de vapeur saturante de l’eau à la température régnant dans le
réacteur. La température dans le réacteur étant fixée à 40°C, nous pouvons contrôler l’HR
dans cette enceinte en imposant la température nécessaire dans la colonne d’eau. L’HR peut
ainsi théoriquement évoluer dans une gamme allant de 9 à 100% pour des températures d’eau
allant de 1°C à 40°C. En pratique, un étalonnage est nécessaire pour associer à une
température du bain thermostaté (qui contrôle la température de la colonne d’eau) une HR
donnée dans le réacteur, car un écart avec la valeur théorique est toujours observé. Il est dû
d’une part à l’évaporation de l’eau qui provoque un refroidissement, et d’autre part aux
inévitables pertes de chaleur qui se produisent malgré le fait que le bulleur soit isolé à l’aide
d’une couche de laine de céramique.
-71-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Pour évaluer la surface du film, des photographies sont prises à travers la vitre du
réacteur à l’aide d’une caméra couleur mono CCD KAPPA ½", connectée à un ordinateur.
L’enregistrement des images a été réalise à l’aide des logiciels Archimed Pro (vision en temps
réel) et Replay (réalisation de séquences d’enregistrements d’image) de Microvision
Instruments.
-72-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
m eau (M - m MS )
Ns = = eq. II-12
m MS m MS
où
mMs : masse de matière sèche de l’échantillon (g)
meau : masse en eau (g)
La masse de matière sèche est calculée à partir de la teneur totale en solide donnée
pour chaque suspension ou TSC. Enfin, le flux d’eau est calculé par la formule suivante :
1 dN s
Flux = eq. II-13
A dt
A partir des photos enregistrées par la caméra couleur mono CCD KAPPA ½, la
surface du film est déterminée à l’aide du logiciel Image Tool, déjà présenté. Un étalonnage à
été réalisé via une règle graduée.
Après séchage, les films ont été vulcanisés à l’étuve à 120°C pendant 20 min et
stockés dans un dessiccateur pour revenir à température ambiante. Les films ont été couverts
d’un papier aluminium, pour les protéger des UV, jusqu’à leur utilisation.
-73-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Il est représenté sur la Figure II-4. L’échantillon à analyser est maintenu par aspiration
sur des cales piézoélectriques qui assurent son déplacement spatial. L’ensemble est disposé
sur une table à trois degrés de liberté permettant le positionnement initial.
La pointe d’analyse est de forme variable. Elle est solidaire d’un micro levier long de
quelques centaines de microns. La pointe et le micro levier sont fixes, le balayage de la
surface s’effectue grâce au déplacement de l’échantillon obtenu par action sur les cales
piézoélectriques.
-74-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Electronique de régulation
-75-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
puisque plus le coefficient de raideur est faible plus la sensibilité du levier sera grande. Le
système de détection optique consiste en un faisceau laser focalisé sur l’extrémité du micro
levier. Le faisceau laser qui arrive sur le levier est réfléchi par un miroir sur une photo
détectrice constituée de quatre cadrans de photodiodes, permettant par ce biais de séparer les
fléchissements normaux dus aux forces verticales des fléchissements latéraux résultats des
forces tangentielles. En l’absence de force, cette réflexion se fait au centre du photo détecteur
et sous l’effet des forces appliquées sur le levier, la nouvelle valeur du point d’impact du
faisceau réfléchi est alors enregistrée.
A B
U(r ) = − eq. II-14
rn rm
-76-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Les forces attractives, à longue portée, sont principalement les forces de Van der
Waals [Blodgett, 1935]. Il y a trois contributions dipolaires aux forces de Van der Waals. La
première est la polarisation due à certains atomes ou molécules possédant un moment
multipolaire permanent. L’interaction est de type dipôle permanent-dipôle permanent (force
d’orientation de Keesom). Ces atomes ou molécules peuvent créer des moments dans des
molécules non polaires, ce qui constitue la seconde contribution à ces forces. L’interaction
dipolaire est de type dipôle permanent-dipôle induit (force d’induction de Debye). Enfin, il y
a la dispersion qui correspond à la polarisation instantanée créée par les fluctuations de la
position des atomes autour du noyau. L’interaction est alors du type dipôle induit-dipôle
induit (force de dispersion de London). De telles forces peuvent agir sur des distances
supérieures à la centaine de nanomètres et sont suffisamment fortes pour provoquer une
déflexion du levier.
Les forces répulsives sont à courte portée (quelques angströms au plus) et résultent du
principe de Pauli qui exclut la présence au même endroit de deux électrons dans le même état
quantique, ce qui pourrait immanquablement arriver lorsque la pointe se trouve à quelques
angströms de la surface, c’est à dire lorsque l’on se retrouve en situation d’interpénétration
des nuages électroniques. C’est en opérant dans le mode répulsif, pour lequel les forces
dépendent fortement de la distance, que l’on obtient la meilleure résolution.
-77-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
La partie horizontale à droite de la courbe correspond, tant à l’aller qu’au retour, à une
déflexion nulle du levier. Loin de la surface, les forces d’interaction sont très faibles (1). En
phase d’approche, lorsque la distance pointe-échantillon diminue, le levier fléchit
progressivement. Le levier est soumis aux forces attractives de la surface jusqu’au contact
avec celle-ci (2) (attraction électrostatique). Si la force appliquée augmente, le levier se
courbe alors vers le haut car il est maintenant soumis aux forces répulsives (3). On observe
alors une linéarité entre la déflexion et le déplacement.
En phase de retrait, la courbe de déflexion suit le même chemin qu’à l’aller (3’) mais
dépassera la limite du point de contact. Lorsque la force du ressort de levier devient
supérieure à la force d’interaction (attractive), il y a décrochage de la pointe (4). La pointe
redevient de nouveau libre en l’absence d’interaction (1’). L’hystérésis observée traduit les
propriétés d’adhérence dans des conditions expérimentales données. Pour une tension de
consigne imposée, l’asservissement impose une déflexion du levier. La pointe étant en contact
avec la surface de l’échantillon, la force normale est déterminée en chaque point de la courbe
d’approche retrait par une méthode graphique et en appliquant la loi de Hooke :
FN = k N ∆z eq. II-15
5 1,1 ’
Distance pointe
2 échantillon
Adhérence
4
A B
Figure II-5 : Courbes d’approche-retrait A : Allure typique sur une surface dure à l’air, B :
Représentation schématique.
-78-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
L’amplitude des oscillations reste suffisamment faible, quelques nanomètres, pour que
le levier soit en régime attractif, sans qu’aucun contact n’ait lieu. A une distance z de la
-79-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
surface, la force attractive (Fatt) modifie la raideur effective (keff) du levier, de raideur en
flexion (kF),, selon la relation :
∂Fatt
k eff = k F - eq. II-16
∂z
Son principe de base diffère du mode non-contact juste par l’amplitude de vibration
qui est plus grande dans ce cas. La pointe touche ponctuellement la surface sur une courte
durée. Elle passe ainsi périodiquement du régime attractif au régime répulsif. Les leviers
utilisés ont des caractéristiques différentes: ils sont plus rigides et permettent de travailler
dans des domaines de fréquences plus élevés (jusqu’à 300 kHz). Ce mode permettant de
s’affranchir de la friction, est associé au mode dit de « contraste de phase » qui consiste à
déterminer les variations de phase entre le signal excitateur et la réponse du microlevier. La
résolution est meilleure qu’en mode non-contact. L’interprétation des images reste
essentiellement qualitative car bien que de nombreuses modélisations mettent en avant le lien
des propriétés viscoélastiques de l’échantillon avec le contraste de phase, la formation des
images est souvent source de controverses et les interprétations divergent.
Puisque l’AFM est sensible à différentes forces agissant entre la pointe et la surface, il
y a eu une extension des possibilités de cette technique à l’étude d’informations physiques
très locales, autres que les caractéristiques structurales : grandeurs mécaniques [Rossilio et
al., 1997] tribologie [Zhang et al., 2002], propriétés électriques ou magnétiques [Roberts,
1990 ; Adamson, 1990].
-80-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Les forces adhésives concernent les forces présentes lorsque deux corps sont en
contact. L’adhésion tend à maintenir le contact entre ces deux corps mais c’est une notion
complexe [Schifferer et al., 1988] qui fait intervenir plusieurs types de forces. La présence
d’une couche liquide sur une surface donne naissance à des forces de double couche,
d’hydratation, et la plus connue d’entre elles est en particulier la force de capillarité [Blodgett,
1935]. Cette force ne doit pas être négligée lors d’observations réalisées dans les conditions
ambiantes. L’humidité de l’atmosphère ambiante (en général de 30 à 60 %) induit une
condensation capillaire au niveau de la zone de contact entre la pointe et la surface.
Considérons le cas où la hauteur h du ménisque, de rayon de courbure r, est petite devant le
rayon de courbure R de la pointe (Figure II-6). La formation d’un ménisque de liquide, de
tension de surface γ conduit à l’apparition d’une force attractive qui s’écrit :
γ
Fcapillarité = 2πRh eq. II-17
r
h r
Figure II-6 : Représentation schématique du ménisque d’eau sur une pointe d’AFM
-81-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
6.5.2. La friction
En mode contact, les forces latérales provoquent également une déflexion du levier
[Hochapfel et al., 1992] (Figure II-7). Cette déflexion peut être détectée en mesurant le signal
différentiel issu des segments horizontaux du photodétecteur. Pour des surfaces « dures », il
est possible d’enregistrer simultanément le signal de torsion dans le sens aller et retour du
balayage, pour des valeurs de force appliquées différentes. Nous réalisons ainsi l’acquisition
de 3 images (topographie, sens aller et sens retour).
(A+B)-(C+D) Topographie
(A+C)-(B+D) Torsion
∆U
Ff = 0.0015 k eq. II-18
2
-82-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
∆U
0,5 nm/div
Selon la loi d’Amonton, la force de frottement est proportionnelle au poids du corps déplacé
sur un plan horizontal et nous avons alors la relation :
Pour préparer les échantillons de latex synthétiques, une goutte de suspension de latex
a été déposée sur une plaque de verre (taille 2 x 7 cm2) et puis séchée à la température
ambiante. L’échantillon sec a été caractérisé par AFM à la température ambiante. En outre,
l’effet d’une augmentation de la température sur l’évolution de la rugosité des films a été
étudié dans le cas de l’échantillon étalon de polystyrène dont les particules possèdent une
diamètre égal à 370 nm.
Dans le cas du latex naturel, des films vulcanisés et non vulcanisés ont été caractérisés
par AFM.
-83-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
7.1. Essais de traction sur films vulcanisés selon la norme ASTM D412
Des éprouvettes calibrées ont été découpées dans les films vulcanisés et leur épaisseur
a été mesurée. Les films ont été fixés dans l’appareil « INSTRON 5544» (Figure II-9 (a) et
(b)) à l’aide de pièces de caoutchouc sec pour aider au maintien des échantillons dans les
mors. Le film a été étiré à une vitesse constante de 500 mm/min (Figure II-9 (c)) jusqu’à la
rupture. La déformation et la force ont été mesurées pendant l’essai.
Les propriétés de transport des films ont été testées avec de l’acétone. L’acétone est
une petite molécule de masse molaire 58,08 g (Tableau II-5). C’est un solvant très courant et
très utilisé dans les laboratoires de chimie. Irritante pour la peau, il est recommandé de porter
des gants lors de son utilisation ; or la protection offerte par des gants de latex naturel n’est
pas totale car selon la documentation de Ansell Protective Product (1998), le taux de
perméation à l’acétone est compris entre 90 et 900 µg.cm-2.min-1. Elle fait partie des
-84-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
composés chimiques recommandés par la norme ASTM F1001 pour tester l’effet protecteur
des gants. Etant donnée la structure chimique de l’acétone et du poly(cis-1,4-isoprène), les
seules liaisons possibles entre ces deux composés sont des liaisons hydrophobes, ce qui
permet de dire que l’acétone développera peu d’interactions avec les films étudiés.
Dans cette étude, la concentration d’acétone utilisée était d’environ 440 g/L. le critère
de choix de cette concentration s’est fait dans le but d’une détection rapide, afin de pouvoir
effectuer chaque expérience dans la journée.
Propriétés Valeurs
Structure chimique
Des films vulcanisés ont été élaborés à partir des fractions obtenues par
centrifugation :
o LCNL,
o F1_1C
o F1_2C
o F2_2C
o F1F2_2C (ratio F1_2C : F2_2C = 1 : 1 en masse)
-85-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
L’étalonnage a été établi grâce à des injections manuelles (à l’aide d’une circulation
continue d’eau dans l’appareil à la vitesse 1 mL/min) au niveau du spectrophotomètre UV
avec 5 solutions standard d’acétone ayant des concentrations de 2,20, 4,20, 6,20, 8,70 et 10,80
g/L. Après détection, la surface des pics détectés sur le chromatogramme est proportionnelle à
la concentration de la solution, en accord avec la loi de Beer-Lambert (Figure II-10).
-86-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
12
10
Concentration (g/L)
8 y = 0,1315x
2
R = 0,9918
6
0
0 20 40 60 80 100
-3
Aire x 10 (µv)
La Figure II-11 représente le banc de mesure de la perméation des films polymère aux
produits liquides, mis en place pour cette étude expérimentale à l’Institut Européen des
Membranes (IEM, Montpellier, France).
Le film testé est d’abord installé dans la cellule de mesure de perméation (1). La
surface du film testée est de 13,85 cm2. Puis nous versons respectivement 100 mL et 150 mL
d’eau dans le ballon amont de circulation (2) et le ballon aval de circulation (3). Les deux
bains sont placés dans un bain thermostaté à la température de 25 °C. Les deux solutions
amont et aval sont alors mises en circulation par deux pompes péristaltiques (Masterflex) (4)
30 min avant toute mesure, pour stabiliser le système. Ensuite une première injection d’eau
dans le détecteur UV (HPLC Detector 742, Kontron Instrument) (5) permet de faire le blanc
pour la mesure. Dans le ballon amont, la pompe est arrêtée pendant que 100 g d’acétone pure
sont ajoutées. Cela modifie donc le volume de solution dans le ballon amont qui devient égal
à environ 220 ml. Une première injection est réalisée à partir du ballon aval au détecteur pour
définir le temps t = 0. Ensuite, la pompe du ballon amont est immédiatement re-démarrée, de
sorte que la mesure de la perméation à l’acétone puisse commencer. Les injections de la
solution aval au détecteur UV sont d’abord effectuées toutes les minutes (pendant environ 15
min), puis chaque 10 minutes (jusqu’à 5 heures). Chaque injection est réalisée de manière
automatique grâce à un injecteur automatique (6) (HPLC 360 Autosampler, Kontron
-87-
Chapitre II : Matériels et Méthodes
Instruments) avec une circulation continue à la vitesse 1 mL/min (par HPLC Pump 420,
Kontron Instrument (7)). En fin de manipulation, le film est sorti et séché pendant 30 min et
puis l’épaisseur de ce film est mesurée en 20 points par un micromètre (Mitutoyo), afin d’en
déterminer une épaisseur moyenne.
Flux d’eau
1 mL/min
(6) Pompe
(7)
Injecteur
25 °C
(2) (3)
Détecteur
UV
(5)
amont aval
-88-
Chapitre III.
Elaboration des films à base de latex
naturel
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
La littérature scientifique est très fournie en ce qui concerne l’étude des suspensions
de latex synthétique et en particulier l’influence des différents paramètres de la formulation
pouvant affecter la qualité des produits finis. Parmi ces paramètres se trouve la granulométrie
de la suspension, dont l’influence sur l’étape de séchage des films a fait l’objet d’étude
spécifique. Elizalde et al. (2000) ont également montré l’influence de la granulométrie sur la
stabilité de la suspension, la solubilité d’éventuels composés du latex, les propriétés
magnétiques et rhéologiques, l’opacité des films et etc. Steward et al. (2000) proposent à ce
titre une revue bibliographique concernant l’ensemble des étape relatives au procédé
d’élaboration des films à base de latex synthétique.
-90-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
(1994) ont montré que la cinétique d’évolution de la MFFT (c’est à dire la phase de transition
entre un film trouble et un film transparent) augmentait avec la taille des particules de latex.
Ils relient cette observation au fait que l’écoulement entre les interstices générés entre les
particules (interstices dont la taille augmente avec la taille des particules) prend plus de
temps, retardant du même coup la formation du film transparent. La granulométrie de la
suspension peut également avoir une influence lors du procédé de séchage ; Poehlein et al.
(1975) ont du reste montré que la cinétique d’évaporation de l’eau contenue dans la
suspension augmentait avec la taille des particules. Pour leur part, Armstrong et Wright
(1992) ont établi une relation entre la qualité du film et la distribution granulométrique, notant
que les films préparés à partir de particules de grande taille (750 nm) étaient de plus mauvaise
qualité que ceux préparés à partir de particules plus petites (105 nm). Dans ce cas, la qualité
était estimée en terme de résistance à l’érosion. Ils proposent d’expliquer le phénomène en
terme de coalescence, les plus grandes particules ne coalescent pas autant que les petites.
Steward et al. (2000) indiquent cependant que la raison de cette diminution de la qualité des
films n’est pas complètement comprise (plusieurs phénomènes entrent en jeu), même si
l’influence de la granulométrie de la suspension initiale de latex est clairement établie. Routh
et Russel (1998) ont modélisé la propagation du front d’eau dans un réseau de particules et
ont également établi une relation entre la taille des particules et la cinétique de séchage.
Plusieurs autres travaux ont porté sur l’influence de la granulométrie de la suspension de latex
sur la formation du film au cours de la seconde étape du séchage, lorsque les particules se
déforment sous l’effet du départ d’eau [Dillon et al., 1951 ; Brown, 1956].
Même si la majorité des études ont été réalisées sur du latex synthétique, il apparaît
donc essentiel de caractériser avec précision la distribution granulométrique de la suspension
de latex naturel si l’on souhaite relier les processus élémentaires qui entrent en jeu lors du
procédé de séchage, à la qualité des films élaborés. Or, de par la taille des particules
considérées (5<d<5000 nm) et la polydispersité des suspensions, cette analyse
granulométrique s’avère très délicate. De très nombreux travaux sont aujourd’hui
spécifiquement centrés sur ces aspects, tant au niveau de la mise au point des techniques
analytiques que de l’analyse postérieure des résultats obtenus [Elizalde et al., 2000 ; Dezelic
et Kratohvil, 1961 ; Aires et Figueiredo, 1997 ; Lange, 1995 ; Lee et al., 1996 ; Pendle et
Swinyard, 1991 ; Bryant et Thomas, 1995 ; Bryant et al., 1996 ; Chu et al., 1997]. Deux
-91-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Dans des conditions où la préparation des échantillons (séchage sur la grille) n’altère
pas l’intégrité des particules, la MET peut être considérée comme une mesure de référence.
Elle nécessite néanmoins une préparation fastidieuse et fait appel à une technique lourde. A
contrario, les techniques de mesures basées sur la DDL nécessitent moins de préparation
quand aux échantillons (l’HPPS 2.0 ne nécessite même pas de dilution de l’échantillon). Ils
présentent en outre l’avantage de permettre une analyse très rapide.
Que l’on opte pour les techniques de mesure directe ou indirecte, une étape
préliminaire de validation est nécessaire avant d’effectuer une analyse granulométrique sur
une suspension aussi complexe que la suspension de latex naturel. A cette fin, des
échantillons étalons de latex synthétique ont été utilisés, dont la distribution granulométrique
était parfaitement connue. Des échantillons monomodaux standards de polystyrène ont été
choisis et une méthodologie spécifique a été mise en place pour effectuer la validation :
• Trois standards monomodaux de tailles différentes (63, 370 et 949 nm) ont d’abord été
analysés par MET ;
• Par suite, chaque échantillon a été analysé indépendamment par différentes techniques
de DDL, en utilisant différents algorithmes de déconvolution et différents angles de
détection lorsque la technique le permettait ;
• Des mélanges d’échantillons monomodaux ont ensuite été analysés par DDL ;
• Une fois l’étape de validation effectuée, la suspension complexe de latex naturel a été
analysée.
Trois instruments de mesure de la société Malvern ont été testés pour réaliser l’analyse
de la distribution granulométrique par diffusion de lumière. Ils diffèrent notamment par leur
souplesse d’utilisation vis-à-vis de l’angle auquel les échantillons peuvent être observés.
L’instrument HPPS 2.0 permet de travailler à un angle de détection unique: 173°. Le Zetasizer
-92-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
3000 est également mono-angle, celui-ci étant fixé à 90°. L’Autosizer 4800 présente une plus
grande souplesse d’utilisation, l’angle de mesure pouvant varier de 30 à 140°. Par ailleurs,
différents algorithmes de déconvolution peuvent être utilisés suivant l’instrument de mesure
considéré: l’HPPS 2.0 propose deux algorithmes (l’un plutôt réservé aux distributions a priori
larges et aux distributions a priori plus serrées) alors que les autres instruments de mesure
DDL permettent de travailler avec les algorithmes suivants : Monomodal, Multimodal,
CONTIN et NNLS. Enfin, les différents instruments de mesure diffèrent quant au mode de
préparation des échantillons. Si le Zetasizer 3000 et l’Autosizer 4800 permettent de travailler
avec des solutions diluées, l’HPPS 2.0 a été spécifiquement développé pour pouvoir travailler
avec des solutions concentrées, ce qui lui confère un avantage considérable lorsque la dilution
de l’échantillon est susceptible de perturber la stabilité de la suspension, donc la distribution
granulométrique. Cette propriété ne sera cependant pas cruciale vis-à-vis de notre étude.
-93-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
1200
1000
Diamètre moyen (nm)
800
600
400
200
0
MET HPPS Zetasizer Autosizer
Instruments
63 nm 370 nm 949 nm
-94-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
100
80
60
%
40
20
0
10 100 1000 10000
Diamètre (nm)
(a) 63 nm
100 100
80 80
60 60
%
40 40
20 20
0 0
10 100 1000 10000 10 100 1000 10000
Diamètre (nm) Diamètre (nm)
Figure III-3 : Distribution granulométrique des étalons de polystyrène pour chaque instrument
de mesure et différents algorithmes
Les résultats permettent de valider simplement les deux méthodes de mesure, directe
et indirecte. Ils confirment par ailleurs que les échantillons étalons de polystyrène sont
constitués de particules sphériques, dont la distribution granulométrique est monodisperse.
Les distributions granulométriques sont en effet très fines, caractérisées par une faible
polydispersité (Pdi < 0,2). La taille moyenne des particules déterminée par la méthode DDL
-95-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
est, pour chaque échantillons, légèrement supérieure à celle déterminée par la mesure directe
par MET. Cela est dû au caractère indirect de la mesure par DDL, qui détermine un
coefficient de diffusion et en déduit un diamètre hydrodynamique (cf. Chapitre II). Or les
particules de polystyrène sont chargées négativement. Une double couche ionique se trouve
donc liée à chaque particule, et le diamètre hydrodynamique calculé par DDL est supérieur au
diamètre de particule réel déterminée par MET.
Pour le Zetasizer 3000 et l’Autosizer 4800, différents algorithmes ont été testés. Les
résultats obtenus sont très similaires pour des échantillons monodisperses aussi simples. Du
reste, l’algorithme Monomodal est suffisant, car il ne présume rien quand a la forme de la
distribution granulométrique et calcule le diamètre hydrodynamique par la méthode des
cumulants. Pour le Zetasizer 3000, les distributions granulométriques obtenues pour les
différents algorithmes ne sont pas toutes représentées sur la Figure III-3 par souci de clarté,
mais les résultats sont en accord avec les tailles de particules réelles et les distributions sont
caractérisées par une faible polydispersité.
Si les techniques de mesure basées sur la DDL s’avèrent efficaces lorsqu’il s’agit de
déterminer la distribution granulométrique d’échantillons monomodaux, elles sont moins
efficaces en présence d’échantillons polydisperses (distributions larges) et multi-populations
(distributions composés de plusieurs populations de particules, chacune pouvant être
caractérisée par une faible polydispersité). De nombreux auteurs ont montré que lorsque deux
populations de particules possèdent un rapport de taille inférieur à 2, les instruments de
mesure basés sur la DDL séparent très difficilement les populations [Elizalde et al., 2000 ;
-96-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Aires et Figueiredo, 1997 ; Pendle et Swinyard, 1991]. Elizalde et al. (2000) ont utilisé
l’instrument de mesure « Coulter N4 Plus » pour effectuer l’analyse du mélange d’étalons
305/605 nm. La distribution granulométrique faisait effectivement apparaître deux pics, mais
leur position n’étaient pas en accord avec les tailles réelles des étalons : ils étaient en effet
respectivement centrés autour des diamètres 200 and 400 nm. En utilisant le même instrument
de mesure ainsi que le « Coulter LS130 », Aire et Figueiredo (1997) n’ont pas réussi à séparer
deux populations de particules dont le rapport des tailles était inférieur à 1,6. En outre, Pendle
et Swinyard, (1991) ont montré que même un instrument de mesure multi-angle (Malvern
4600) s’avérait inefficace pour discriminer deux populations de particules lorsque le rapport
de taille est inférieur à 2 (deux angles de détection ont été testés, 50° et 90°).
En outre, dès que plus de deux populations de particules sont en présence, les
techniques de mesure DDL ont beaucoup de difficulté à séparer les différentes populations
avec succès. [Elizalde et al., 2000 ; Pendle et Swinyard, 1991].
Les différents mélanges d’étalons de polystyrène ont dans un premier temps été
analysés par les instruments HPPS 2.0 et Zetasizer 3000. Dans le cas de mélanges d’étalons,
le concept de diamètre moyen, calculé par la méthode des cumulants, n’a plus de sens et ne
sera plus présenté. Les résultats sont présentés en terme de distribution en intensité, seule
représentation disponible dans le cas de l’HPPS 2.0 (Figure III-4).
-97-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
100 100
80 80
% Intensité
% Intensité
60 60
40 40
20 20
0 0
10 100 1000 10000 10 100 1000 10000
Diamètre (nm) Diamètre (nm)
80 80
% Intensité
% Intensité
60 60
40 40
20 20
0 0
10 100 1000 10000 10 100 1000 10000
Diamètre (nm) Diamètre (nm)
ª Le mélange correspondant aux tailles les plus contrastées (63/949 nm) est censé être le
plus facile à analyser par DDL, puisque le rapport des tailles de particule est de l’ordre
de 15. Comme prévu, les deux instruments donnent de bons résultats : les deux
populations sont séparées et les deux pics de la distribution sont centrées autour de
diamètres correspondant aux diamètres attendus. Dans le cas de l’analyse par Zetasizer
3000, les deux algorithmes donnent des résultats très similaires.
-98-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
ª Pour le mélange d’étalons 63/370 nm (rapport de taille égal à 5,9), et quel que soit
l’algorithme considéré, les deux instruments de mesure donnent des résultats
cohérents. Les pics des distributions sont en effet respectivement de l’ordre de 55 et
330 nm pour l’HPPS 2.0 et de l’ordre de 65 et 370 nm pour le Zetasizer 3000.
ª Le cas du mélange 370/949 nm est plus délicat à appréhender car le rapport de taille
est plus faible, de l’ordre de 2,5. Dans le cadre de notre étude, l’HPPS 2.0 ne sépare
pas les deux populations et donne une distribution granulométrique unimodale
caractérisée par une polydispersité élevée. Dans le cas du Zetasizer 3000, l’algorithme
choisi possède une influence. L’algorithme CONTIN ne sépare pas non plus les deux
populations alors que l’algorithme NNLS fournit des résultats cohérents, avec deux
populations centrées sur des diamètres en accord avec les valeurs attendues.
ª La dernière validation est effectuée avec un mélange composé des trois étalons
(63/370/949 nm). A ce jour et à notre connaissance, un tel échantillon n’a jamais été
analysé avec succès par les techniques DDL. Dans ce cas, l’HPPS donne 4 populations
de particules et les pics ne correspondent pas aux valeurs attendues (40, 120, 530 et
2700 nm). Dans ce cas plus complexe, le Zetasizer 3000 ne permet pas non plus de
séparer les différentes populations de particules avec précision, et ceci quelque soit
l’algorithme considéré (Figure III-4).
-99-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Pour le mélange binaire 370/949 nm, plus difficile à analyse par DDL (rapport de
taille plus faible), les trois algorithmes séparent correctement les populations et les pics
correspondent également aux tailles réelles des particules. Néanmoins, l’algorithme NNLS
donne les meilleur résultat car la distribution granulométrique qu’il détermine est la plus
proche de celle attendue en terme de pondération volumique : en effet, le mélange des étalons
(370 et 949 nm) est réalisé initialement à hauteur de 50/50% en volume. Dans le cas d’une
représentation en volume, les deux pics doivent avoir des hauteurs identiques. La distribution
fournie par l’algorithme NNLS est donc celle qui représente le mieux le mélange.
Dans le cas du mélange composé par les trois étalons, l’algorithme Multimodal ne
réussit pas à séparer les différentes populations : même si les deux pics correspondent aux
étalons 370 et 949 nm, il ne distingue pas la population de plus petites particules.
L’algorithme CONTIN rend parfaitement compte de la présence des petites particules (63 nm)
et des plus grosses (949 nm), mais distingue plus difficilement la présence des particules de
taille moyenne (370 nm). La distribution granulométrique laisse présager qu’un troisième pic
existe entre 300 et 400 nm mais il n’est pas clairement marqué. Seul l’algorithme NNLS
sépare correctement les trois populations en proposant trois pics parfaitement marqués. Les
-100-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
pics correspondent en outre aux diamètres des particules étalon. Ce résultat, établi en fixant
l’angle de détection à 90°, est particulièrement intéressant car de nombreux travaux antérieurs
n’avaient pas encore permis d’atteindre un tel résultat sur des échantillons composés de plus
de 2 populations de particules [Elizalde et al., 2000 ; Pendle et Swinyard, 1991].
50 50
40 40
% Volume
30
% Volume
30
20
20
10
10
0
0
10 100 1000 10000
10 100 1000 10000
Diamètre (nm)
Diamètre (nm)
40 40
% Volume
30 30
% Volume
20 20
10 10
0 0
10 100 1000 10000 10 100 1000 10000
Diamètre (nm) Diamètre (nm)
-101-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
L’algorithme NNLS est donc retenu pour étudier l’influence spécifique de l’angle de
détection sur la pertinence de l’analyse granulométrique (Figure III-6).
50 50
40 40
% Volume
% Volume
30 30
20 20
10 10
0 0
10 100 1000 10000 10 100 1000 10000
Diamètre (nm) Diamètre (nm)
40 40
% Volume
% Volume
30 30
20 20
10 10
0 0
10 100 1000 10000 10 100 1000 10000
Diamètre (nm) Diamètre (nm)
La Figure III-6 montre que pour les deux mélanges 63/370 nm et 63/949 nm, l’analyse
granulométrique est correcte quel que soit l’angle de détection. Pour les deux mélanges plus
complexes, il apparaît que les résultats sont moins convaincants lorsque l’angle est fixé à 50°.
-102-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
En outre, pour le mélange composé des trois populations, seul l’angle de 90° permet d’obtenir
une distribution granulométrique conforme à celle attendue.
Cette étude préliminaire réalisée avec des échantillons étalon a permis de confirmer la
difficulté de déterminer la distribution granulométrique de mélanges complexes par les
techniques basées sur la DDL. Dans le cas de mélanges composés de deux populations de
particules aux tailles très différentes (rapport de tailles supérieur à 5 dans notre cas), tous les
instruments de mesure ont été également efficaces. Dès que la taille des particules devient
trop proche, les différents instruments ont des difficultés à analyser correctement la
distribution granulométrique. De plus, lorsque plus de deux populations sont en présence, seul
l’Autosizer 4800 a réussi à donner un bon résultat. De façon générale, l’Autosizer 4800
semble être le plus efficace pour effectuer l’analyse granulométrique de mélanges complexes,
du fait de sa plus grande souplesse d’utilisation. Le fait de pouvoir changer l’angle de
détection et de pouvoir choisir l’algorithme de déconvolution permet de confirmer les
résultats dans différentes configurations.
L’étape de validation effectuée avec des étalons de polystyrène nous a permis d’avoir
une idée plus précise quand à la qualité d’analyse des différents instruments de mesure. Au vu
des résultats obtenus, l’Autosizer 4800 semble être l’instrument de mesure le plus approprié
pour caractériser la distribution granulométrique du latex naturel.
Le latex naturel est une suspension biologique très complexe, composé non seulement
de particules de poly(cis-1,4-isoprène) mais également de composés de non-caoutchouc
dispersés dans un sérum aqueux. Ces dernières sont principalement des lutoïds et des
particules de Frey-Wyssling [Blackley, 1997]. Le latex naturel est par ailleurs caractérisé par
une très grande polydispersité. Sa distribution granulométrique a été étudiée par de nombreux
auteurs [Pendle et Swinyard, 1991 ; Tangboriboonrat et Buranabunya, 2001 ; Sakdapipanich
et al., 2002, Rippel et al., 2003], qui ont mis en évidence la difficulté de séparer les
différentes fractions contenues dans le latex et d’estimer correctement la distribution
granulométrique d’une suspension aussi complexe.
-103-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Dans ce travail, nous avons donc choisi d’appliquer la méthodologie établie pour les
étalons de polystyrène au latex naturel : la suspension a d’une part été analysée par MET et
d’autre part par deux instruments de mesure basés sur la DDL (HPPS 2.0 et Autosizer 4800).
La Figure III-7 représente les images MET des différentes fractions du latex naturel,
respectivement le latex des champs (a), la fraction 1 majoritaire (80% des particules)
composée des grosses particules, centrifugée une fois (b) et la fraction 2 minoritaire composée
des petites particules, centrifugée une fois (c).
(c) Fraction 2
-104-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Les différentes fractions ont été séparées par centrifugation (cf. Chapitre II).
Contrairement aux images des échantillons étalon de polystyrène, les images collectées dans
le cas du latex naturel ne sont pas totalement nettes, et font apparaître que les particules de
latex ne sont pas parfaitement sphériques. Le mode de préparation combiné aux propriétés
intrinsèque des particules peut également expliquer la forme des particules. En effet, la Tg du
polyisoprène (qui compose les particules de latex naturel) est de l’ordre de -70°. Pour préparer
les échantillons en vu d’une analyse par MET, la suspension doit être séchée à température
ambiante sur une grille prévue à cet effet (cf. Chapitre II). Au cours du séchage, les particules
sont susceptibles de se déformer. Par ailleurs, la qualité des images est altérée par la présence
des non-caoutchoucs dans la suspension.
La Figure III-7 montre que le latex des champs contient 2 populations de particules
dont la taille et la forme diffèrent. Les particules de poly(cis-1,4-isoprène) contenues dans la
fraction 1 possèdent une forme sphérique bien définie (Figure III-7 (b)), alors que celle
contenues dans la fraction 2 ne possèdent pas une forme spécifique (Figure III-7 (c)). Ces
dernières semblent avoir flué au cours du séchage. Il semble que les particules de la fraction 1
possèdent une membrane rigide qui contient le polymère alors que les particules de la fraction
2 n’ont pas de membrane ou que cette membrane est très fine. Dans ce cas, les particules de
poly(cis-1,4-isoprène) de la fraction 2 s’étalerait pour donner des formes mal définies et un
continuum. Southorn (1961), en utilisant la photomicroscopie, a déjà mentionné le fait que les
lutoïds et les particules de Frey Wyssling pouvaient être accrochées aux particules de latex
par l’intermédiaire de fils. Nos résultats montrent que la présence des fils et de particules en
forme de poire est observée dans la fraction 2. En raison de la variabilité des formes des
particules et de leur agrégation (voire de leur coalescence), la détermination de la distribution
granulométrique correspondant à la fraction 2 dans les images de MET est rendue très délicate
(Figure III-7 (c)). Par conséquent, la technique de microscopie électronique à transmission ne
peut pas être considérée comme une méthode de référence pour établir la distribution
granulométrique du latex naturel, mais elle donne une indication intéressante. Un grand
nombre d’images ont été nécessaires pour obtenir une estimation pertinente de la distribution
granulométrique. Enfin, les distributions granulométriques déterminées à partir des images
réalisées en MET ont été présentées en terme de pourcentage en nombre, car les particules
détectées n’étaient pas toujours parfaitement sphériques. La sphéricité est en effet nécessaire
-105-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
pour passer d’une représentation en nombre à une représentation en volume. Les résultats de
microscopie sont comparés aux distributions déterminées par diffusion de lumière ; ces
dernières ne sont pas présentées en terme de pourcentage en nombre mais en intensité car
l’instrument de mesure détermine directement l’intensité de la lumière diffusée par
l’échantillon. De la même façon, les résultats peuvent être représentés en pourcentage en
nombre, à condition que la forme des particules soit connue.
Sur la Figure III-8 sont représentées les distributions granulométriques du latex des
champs, de la fraction 1 et de la fraction 2. Elles sont calculées à partir des images MET pour
le latex des champs et la fraction 1, et sont déterminées dans chaque cas par les instruments
HPPS 2.0 et Autosizer 4800. Dans le cas de l’analyse par Autosizer 4800, les deux
algorithmes CONTIN et NNLS ont été testés.
-106-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
CONTIN NNLS
100 100
80 80
60 60
%
%
40 40
20 20
0 0
10 100 1000 10000 10 100 1000 10000
Diamètre (nm) Diamètre (nm)
80 80
60 60
%
40 40
20 20
0 0
10 100 1000 10000 10 100 1000 10000
Diamètre (nm) Diamètre (nm)
80 80
60 60
%
40 40
20 20
0 0
10 100 1000 10000 10 100 1000 10000
Diamètre (nm) Diamèter (nm)
-107-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
L’analyse de la fraction 2 est plus délicate à réaliser en raison d’une moins bonne
qualité des images obtenues par microscopie. Pour cette fraction, la présence importante de
non caoutchoucs altère la qualité de l’image réalisée au MET, rendant impossible la
détermination de la distribution granulométrique. Seuls les instruments de mesure basés sur la
DDL doivent donc être considérées. L’HPPS 2.0 donne une distribution granulométrique
unimodale, centrée sur un diamètre de l’ordre de 200 nm. L’Autosizer 4800 donne des
résultats sensiblement équivalents. Cependant, lorsque l’algorithme NNLS est utilisé, les
distributions granulométriques sont bimodales, faisant apparaître deux pics centrés autour des
diamètres 150 nm et 350 nm à 50° ainsi qu’à 90° et autour de 100 nm et 200 nm à 140°.
Sachant que l’algorithme NNLS est le seul à discriminer deux populations de particules au
niveau de la fraction 2, il convient d’être prudent quand à la pertinence des résultats. Il
apparaît donc que la fraction 2, également appelée « skim », est composée de petites
particules dont la taille est de l’ordre de 200 nm.
-108-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Le latex des champs (LC) est centrifugé afin d’obtenir deux fractions : la fraction 1
(F1) ou « crème », centrifugée une fois et la fraction 2 (F2) ou « skim », centrifugée une fois.
Des films ont été préparés à partir du latex des champs, de la fraction 1 et de la fraction 2. Les
résultats en spectroscopie de photoélectrons sont représentés dans la Figure III-9.
Pics de photoélectrons C 1s
-109-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
le tween 20, tensioactif utilisé pour stabilisé le latex, ou dans certains lipides
(triacylglycérols, phospholipides).
o La composante positionnée à environ 287,6 eV est attribuée à des liaisons C=O dans
des environnements C–(C=O)–C (cétone) ou N–(C=O)–C (amide). Les liaisons N–
(C=O)–C peuvent se trouver dans les protéines.
o La composante localisée à 289 eV est attribuée à des liaisons C=O dans des
groupements O–C=O (ester). Ces liaisons peuvent se trouver dans certains lipides
(triacylglycérols, phospholipides).
L’étude des pics C 1s traités montre que les pics relatifs aux liaisons C–C et C–H
restent constants pour les trois échantillons. Pour les liaisons C–O, nous n’observons pas de
changement significatif, probablement de par la présence du tween 20. Le changement le plus
marqué correspond aux liaisons amides (N–(C=O)–C) qui diminuent fortement après
centrifugation (fraction 1 et fraction 2, Figure III-9). La différence n’est pas significative entre
les échantillons de F1 et F2. Il semblerait que le pic relatif aux liaisons esters (289 eV) ait
également diminué après centrifugation, mais son intensité est très faible avant et après
centrifugation.
Ces résultats montrent que ce sont surtout les protéines qui sont éliminées par
centrifugation et que les fractions F1 et F2 ne présentent pas de différences significatives en
terme de composés non-caoutchoucs.
-110-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
a.u.
a.u.
(b) Fraction 1
a.u.
(c) Fraction 2
Figure III-9 : Décomposition des pics de photoélectrons C 1s pour les films issus des fractions
LC, F1 et F2
-111-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Afin d’étudier l’effet du lavage, un film de latex des champs (LC) a été trempé dans de
l’eau distillée pendant 1 h (LC_L) et un autre film de LC immergé 1 h dans de l’eau distillée à
50°C (LC_LT).
Les pics situés autour de 285 eV, qui représentent les liaisons C–C et C–H dans le
poly(cis-1,4-isoprène) restent constants pour les trois échantillons (Figure III-10). Après
lavage à l’eau à température ambiante, c’est surtout le pic relatif aux éthers (C–O) qui
diminue après le lavage, probablement le tween 20 qui est éliminé. Le lavage à l’eau à 50°C a
pour conséquence une diminution du pic relatif aux protéines (amide, N–(C=O)–C). Il
semblerait que le pic relatif aux liaisons C=O (esters) ne varie pas après lavage à l’eau à 50°C,
alors qu’il avait diminué un peu après un lavage à température ambiante.
En conclusion, les résultats de XPS mettent en évidence une diminution des protéines
dans les fractions 1 et 2 après centrifugation. Il n’est pas possible de différencier ces deux
fractions de façon significative quant à leur taux de protéines.
-112-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
a.u.
(a) LC
a.u.
(b) LC_L
a.u.
(c) LC_LT
Figure III-10 : Décomposition des pics de photoélectrons C 1s pour les films issus des
fractions LC, LC_L et LC_LT
-113-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
-114-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Tableau III-2 : Masses molaires moyennes en nombre (Mn) et en poids (Mw), taux de gel et de
protéines pour les films issus des différentes fractions testées.
-115-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
% poids
Figure III-11 : Distribution des masses molaires pour les films issus des différentes fractions
testées
-116-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
lieu liées aux différentes fractions contenues dans la suspension initiale extraite de l’arbre :
après centrifugation, les fraction 1 (crème) et 2 (skim) peuvent être extraites, lesquelles
possèdent des granulométries et des compositions en terme de non-caoutchoucs différentes.
D’autre part, l’influence de la vulcanisation a également été étudiée.
Le séchage a été réalisé dans un séchoir où les paramètres procédé étaient contrôlés ;
ceux-ci sont au nombre de trois : la température du réacteur, l’humidité relative du courant
gazeux et sa vitesse (hydrodynamique du courant gazeux). L’ensemble des expériences a été
réalisé à la même température (40°C), et pour une même vitesse de l’air. Seule l’humidité
relative du courant gazeux a été modifiée dans une large gamme (0-75%). Ce paramètre
procédé est crucial car il caractérise la force motrice au transfert d’eau de la solution vers
l’atmosphère du séchoir.
Quelle que soit la fraction considérée, le latex naturel a été centrifugé avant séchage de
façon à atteindre une teneur en matière sèche de l’ordre de 60% TSC (total solid content). Ces
conditions correspondent aux conditions dans lesquelles le séchage est réalisé
industriellement lorsque l’on souhaite élaborer des films minces. Il est toujours préférable
d’éliminer l’eau d’abord par des moyens mécaniques avant de procéder au séchage car
l’enthalpie de vaporisation de l’eau est élevée et le séchage requiert beaucoup d’énergie.
D’autres essais de séchage ont toutefois été réalisés à partir de latex synthétiques (copolymère
de butadiène-acrylonitrile (BA) et copolymère de butadiène-styrène (BS)) et de latex des
champs à des concentrations moins élevées (20% TSC) afin d’étudier l’influence de ce
paramètre sur les cinétiques de séchage.
-117-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
La TSC initiale des différentes fractions est égale à 60% pour le LCNL et la fraction 1,
55% pour le mélange fraction 1 + fraction 2 et 50% pour la fraction 2. Sur la Figure III-12 est
reportée l’évolution de la perte en eau par unité de surface pour les différentes formulations.
-118-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
0,6
0,5
0,3
0,2
0,1
0
0 50 100 150 200
Temps (min)
Cette figure fait apparaître deux périodes distinctes : (i) une première période pendant
laquelle la vitesse de séchage décroît au cours du temps, puis (ii) une seconde période au
cours de laquelle la vitesse de séchage décroît très rapidement et où la perte en eau atteint un
palier. Le temps de séchage auquel intervient le décrochage entre les deux périodes est
similaire pour l’ensemble des formulations ; il est de l’ordre de 70 minutes.
-119-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Par ailleurs, on peut noter l’influence de la TSC initiale sur le temps de séchage :
celui-ci est moins long pour le film à base de fraction 2 que pour celui à base du mélange
fraction 1 + fraction 2, lui-même moins long que ceux à base de fraction et de latex des
champs. Plus l’échantillon contient d’eau au départ, plus le temps de séchage est élevé.
0,8
0,6
X (kg/kg)
0,4
0,2
0
0 50 100 150 200
Temps (min)
Figure III-13 : Evolution de la teneur en eau en fonction du temps pour les différentes
fractions
-120-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
La Figure III-13 montre que les différentes fractions ont un comportement très
similaire au cours du séchage et que la teneur en eau résiduelle atteinte en fin de séchage est
très proche. Si les courbes relatives à la fraction 1, au latex des champs et au mélange fraction
1 + fraction 2 sont même confondues, celle relative à la fraction 2 montre que la teneur en eau
résiduelle est inférieure. Quelques essais de répétabilité n’ont toutefois pas confirmé ce
phénomène. Il apparaît donc que la formulation ne possède pas d’influence sur la quantité
d’eau résiduelle en fin de séchage dans le séchoir. Celle-ci est proche de 0,03 g/g, ce qui
correspond à une fraction volumique en eau égale à 2,5%.
Afin de vérifier si les trois étapes classiques du séchage ont lieu (séchage à vitesse
constante, puis décroissante et enfin quasi nulle pendant l’interconnection des chaînes de
polymère), ou si seulement deux étapes interviennent, nous avons tracé l’évolution du flux
d’évaporation d’eau au cours du temps pour les différentes fractions (Figure III-14). Ce flux
est ramené à la surface initiale du film.
3,5
3,0
2,5
Fluxeau (x 10-5 kg/m2.s)
2,0
1,5
1,0
0,5
0,0
0 50 100 150
Temps (min)
-121-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
La période de latence en début d’expérience peut être due à deux raisons majeures :
(i) le film est initialement étalé sur une plaque de verre dans une boite à gant, à une
température de 20°C. Même si la plaque a été préalablement réchauffée pendant 15
minutes dans le séchoir, la suspension entre dans le séchoir de séchage à une
température inférieure à 40°C. L’activité de l’eau en phase liquide va donc
progressivement augmenter jusqu’à ce que la température atteigne 40°C environ (si
l’on ne tient pas compte de la perte d’énergie pas vaporisation). Le flux d’eau aura
donc tendance à augmenter en début de séchage. Néanmoins, nous avons montré
par des simulations numériques que le temps de mise à l’équilibre thermique pour
-122-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Le flux initial d’évaporation est de l’ordre de 3.10-5 kg/m2.s pour l’ensemble des
fractions étudiées. Les écarts (3,2.10-5 kg/m2.s pour le latex des champs et 2,8.10-5 kg/m2.s
pour le mélange fraction 1 + fraction 2) doivent être considérés avec prudence car le flux
dépend fortement de la température du réacteur par le biais de l’humidité relative. Comme la
température évolue entre deux valeurs maximale et minimale, la force motrice au transfert
évolue également et les états initiaux pour les différentes formulations ne sont sans doute pas
exactement identiques.
Ce flux initial d’évaporation a été comparé au flux d’évaporation de l’eau pure dans
les mêmes conditions de température, d’humidité et d’hydrodynamique du courant gazeux :
Croll (1987) a étudié les cinétiques de séchage de différents latex et a montré que
pendant la première phase (séchage à vitesse constante) le taux d’évaporation était de l’ordre
-123-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
de 85% du taux d’évaporation de l’eau pure, quelle que soit la formulation considérée
(peintures ou autres suspensions).
Dans le cadre de nos expériences, la vitesse de séchage n’est pas constante et le taux
d’évaporation initial n’est que de 40% du taux d’évaporation de l’eau pure dans les mêmes
conditions. Ces résultats indiquent que le taux d’évaporation initial est plutôt en corrélation
avec la fraction surfacique initiale en eau à la surface de la suspension. Une partie de la
surface en contact avec l’atmosphère est occupée par les particules, et l’autre partie par l’eau,
ce qui permet de définir une surface « efficace » au niveau de laquelle se réalise l’évaporation.
Cette surface active est représentée par le produit de la surface totale du film par la fraction
surfacique de l’eau à l’interface. En première approximation, nous pouvons assimiler la
fraction surfacique solide à la fraction volumique solide dans la suspension. Or il est possible
de suivre l’évolution de la fraction volumique solide au cours du temps à partir des mesures
gravimétriques et le la connaissance de la TSC initiale. La relation entre la fraction volumique
solide et la TSC est donnée par l’équation III-1 :
1
φvol latex =
1 − TSC ρ latex eq. III-1
1+
TSC ρ eau
-124-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Le fait que les flux d’évaporation décroissent au cours du temps est plus surprenant au
vu de la littérature scientifique. En effet, de nombreux auteurs ont mentionné le fait que la
première phase de séchage était caractérisée par un taux d’évaporation constant dans le temps
[Croll, 1986 ; Croll, 1987, Ecksley et Rudin, 1994 ; Poehlein et al., 1975 ; Dobler et Holl,
1996 ; Winnik, 1997]. D’après ces auteurs, le séchage a lieu à vitesse constante jusqu’à ce que
la teneur en solide atteigne une valeur limite caractérisée par la mise en contact irréversible
des particules et leur déformation si la température est supérieure à la température de
transition vitreuse des particules [Croll, 1987, Dobler et al., 1992 ; Hearn et al., 1995 ;
Steward et al., 2000]. Dans le cadre de notre étude, la TSC initiale est de l’ordre de 60%, ce
qui signifie que la suspension n’est pas encore en état du compactage maximal. Pour la
fraction 2, la TSC initiale est encore inférieure, égale à 50%. Malgré cela, le taux
d’évaporation diminue au cours du temps pour nos expériences. Une analyse plus précise de
cette première étape du séchage a été effectuée avec des suspensions possédant des TSC
initiales égales à 20%, ceci afin de confirmer ou d’infirmer que l’on retrouve effectivement
les trois étapes classiquement évoquées pour décrire la cinétique de séchage d’un latex. Les
résultats sont présentés plus loin.
-125-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
3,5
3,0
Fluxeau (x 10 kg/m².s)
2,5
2,0
-5
1,5
1,0
0,5
0,0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
X (kg/kg)
-126-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
20
10
0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
X (kg/kg)
Une fois passée la période mise en régime de latence en début de séchage, le flux
d’évaporation ramené à la fraction volumique en eau est quasiment constant jusqu’à ce que la
teneur en eau atteigne une valeur proche de 0,25 g/g, ce qui correspond à une fraction
volumique en eau égale à 80%. En fin de séchage, lorsque la teneur en eau devient inférieure
à 0,25 g/g, le flux d’évaporation n’est plus directement corrélé à la fraction volumique en eau
globale. Ce phénomène peut être dû à l’existence d’un gradient de teneur en eau dans le film.
La teneur en eau serait alors supérieure à la surface qu’au cœur du film. Le flux d’évaporation
étant relié à la fraction surfacique de l’eau à l’interface, le rapport flux/fraction volumique
globale augmente. Ce gradient de teneur en eau dans le film peut être dû à la déformation des
particules de latex, qui possèdent une température de transition vitreuse très faible (-70°C).
Une fois le contact irréversible créé entre les particules, l’eau contenue dans les interstices est
expulsée vers la surface car les particules se déforment pour former un film dense. Dans le cas
-127-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Une analyse similaire a été effectuée sur le séchage de film à base de latex non-
vulcanisé, c’est-à-dire les latex pour lesquels les agents de vulcanisation n’ont pas été ajoutés
à la formulation. Afin de permettre la comparaison entre les deux cas, pour les différentes
formulations, nous avons représenté les différentes courbes juxtaposées. L’évolution de la
perte en eau au cours du temps est ainsi représentée sur la Figure III-17 pour les latex
vulcanisés et les latex non-vulcanisés.
-128-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
0,6 0,6
0,5 0,5
Perte d'eau cumulée (kg/kg)
0,3 0,3
0,2 0,2
0,1 0,1
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps (min) Temps (min)
Que les latex soient vulcanisés ou pas ne change pas fondamentalement leur
comportement vis-à-vis du séchage, en tout cas au vu de la courbe de perte en eau cumulée.
Les allures sont similaires, avec une période de séchage à vitesse décroissante en début de
séchage et un fort ralentissement après un peu plus de soixante minutes. Le temps de séchage
est plus long pour les latex non-vulcanisés simplement car la quantité de latex étalé sur la
plaque de verre était légèrement supérieure.
-129-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
1 1
0,8 0,8
0,6 0,6
X (kg/kg)
X (kg/kg)
0,4 0,4
0,2 0,2
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps (min) Temps (min)
La teneur en eau en fin de séchage n’était pas influencée par la formulation et elle ne
l’est pas plus par le fait d’ajouter les agents de vulcanisation. En effet la teneur en eau
résiduelle est du même ordre de grandeur pour les films non-vulcanisés et pour les films
vulcanisés (0,03 g/g), soit une fraction volumique en eau égale à 2,5%.
Comme pour les films vulcanisés, nous pouvons représenter l’évolution du flux
d’évaporation en fonction de la teneur en eau (Figure III-19).
-130-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
3,0 3,0
2,5 2,5
Fluxeau (x 10 kg/m .s)
2
2,0 2,0
-5
-5
1,5 1,5
1,0 1,0
0,5 0,5
0,0 0,0
0 50 100 150 0 50 100 150
Temps (min) Temps (min)
(a) (b)
3,5 4,0
3,0 3,5
3,0
Fluxeau (x 10 kg/m².s)
Fluxeau (x 10 kg/m².s)
2,5
2,5
2,0
-5
-5
2,0
1,5
1,5
1,0
1,0
0,5 0,5
0,0 0,0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
X (kg/kg) X (kg/kg)
(c) (d)
Figure III-19 : Comparaison des flux d’évaporation entre les films vulcanisés et
non-vulcanisés
Les tendances sont similaires à celles observées sur les films vulcanisés : (i) le flux
diminue à mesure que la teneur en eau décroît, (ii) la décroissance est régulière jusqu’à ce que
la teneur en eau atteigne une valeur de 0,2 g/g quelle que soit la fraction de latex considérée,
(iii) à partir d’une valeur de teneur en eau égale à 0,2 g/g, le flux d’évaporation décroît
-131-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
fortement pour tendre vers zéro et les courbes sont presque confondues pour l’ensemble des
fractions.
Néanmoins, la décroissance du flux d’évaporation semble moins rapide avec des films
non-vulcanisés qu’avec des films vulcanisés. Afin de confirmer ou d’infirmer le fait que le
flux d’évaporation est lié à la fraction de la surface occupée par l’eau, l’évolution du flux
ramené à la fraction volumique d’eau en fonction de la teneur en eau est représentée sur la
Figure III-20.
20 20
Flux/Φvol eau (x 10-5 kg/m².s)
10 10
5 5
0 0
0 0,2 0,4 0,6 0,8 1 0 0,2 0,4 0,6 0,8 1
X (kg/kg) X (kg/kg)
Figure III-20 : Evolution du flux d’eau ramené à la fraction volumique en eau en fonction de
la teneur en eau – HR = 70%
Comme pour les films vulcanisés, il est possible de distinguer deux étapes : lorsque la
teneur en eau est supérieure à une valeur proche de 0,4 g/g (fraction volumique en eau de
l’ordre de 73%), le flux d’évaporation semble directement corrélé à la fraction volumique en
flux
eau ( = constante ) ; pour des teneurs en eau inférieures, et quelle que soit la fraction
φvol eau
considérée, le flux ramené à la fraction volumique augmente rapidement. Cette augmentation
traduit le fait que la fraction volumique globale diminue plus rapidement que le flux
-132-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
d’évaporation. Comme précédemment, si l’on considère que le flux d’évaporation est lié à la
surface occupée par l’eau à l’interface, ce phénomène peut signifier l’existence d’un gradient
de fraction volumique en eau entre le fond du film et la surface. Ce gradient semble donc
apparaître légèrement plus tôt dans le cas des films non-vulcanisés.
La vulcanisation a pour objectif de créer des pontages entres les chaînes de polymère
et de conférer au caoutchouc des propriétés mécaniques intéressantes en terme de résistance à
l’élongation. Les agents de vulcanisation sont mélangés au latex avant l’étape de séchage dans
le séchoir mais la réaction de vulcanisation proprement dite n’est initiée qu’à des températures
supérieures à 120°C. Dans le séchoir de séchage, la vulcanisation n’a donc pas encore eu lieu
et il apparaît logique de constater que le comportement des films, qu’ils soient vulcanisés ou
non, est similaire.
-133-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Dans la première partie, nous avons étudié l’influence de la formulation sur les
cinétiques de séchage, à partir des différentes fractions contenues dans le latex naturel.
N’ayant pas mis en évidence de différences significatives, il nous a également semblé
intéressant de comparer le comportement du latex naturel avec celui des latex synthétiques.
Deux latex ont ainsi été choisis : un copolymère de butadiène-acrylonitrile (BA, Tg = -40°C)
et un copolymère de butadiène-styrène (BS, Tg = -16°C) pour la suite de l’étude. A l’instar de
particules de latex naturel, les particules de ces latex possèdent une température de transition
vitreuse très basse et sont donc fortement déformables. Les latex synthétiques sont néanmoins
caractérisés par une phase non caoutchouc plus homogène et moins complexe que les latex
naturels, composés d’eau et de tensioactifs permettant de stabiliser la suspension.
La Figure III-21 représente l’évolution de la perte en eau (a) et de la teneur en eau (b)
pour trois types de latex : le latex des champs (latex naturel), le BA et le BS, lorsqu’ils sont
étalés sur une plaque de verre et soumis dans le séchoir à un courant d’air chargé d’une
humidité de 70%.
-134-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
0,9 5
0,8
0,7 4
Perte en eau (kg/kg)
0,6
3
X (kg/kg)
0,5
0,4
2
0,3
0,2 1
0,1
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps (min) Temps (min)
(a) (b)
LC BA BS
Figure III-21 : Evolution de la perte en eau (a) et de la teneur en eau (b) pour le latex des
champs, le BA et le BS. HR = 70%, T = 40°C
Le latex des champs possède une teneur en eau initiale légèrement inférieure aux deux
autres latex, ce qui explique que la perte en eau totale soit légèrement inférieure. Que l’on
travaille avec un latex naturel ou des latex synthétiques, le comportement des films au cours
du séchage est très similaire. Les trois courbes sont quasiment superposées, ce qui laisse
supposer que les mécanismes de séchage sont les mêmes. Deux grandes étapes peuvent alors
être distinguées : la première pendant laquelle la perte en eau augmente avec une vitesse de
séchage qui semble diminuer au cours du temps et une seconde étape pendant laquelle un
palier est atteint.
-135-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
5
Fluxeau (x 10 kg/m .s)
2
4
-5
0
0 50 100 150 200
Temps (min)
LC BA BS
Figure III-22 : Evolution du flux d’évaporation au cours du temps pour le latex naturel, le BA
et le BS – HR = 70%, T = 40°C
Concernant le premier point, nous avions préalablement mis en évidence que les
cinétiques étaient presque identiques pour les différentes fractions issues du latex naturel.
Cette fois, les latex synthétiques diffèrent du latex naturel non seulement par la composition
de la phase non-caoutchouc, mais aussi par leur granulométrie. En effet, si la granulométrie
du latex naturel est très polydisperse, avec des particules dont la taille varie de 50 nm à 1000
nm, celle des latex synthétiques est monodisperse (170 nm pour le BA et 180 nm pour le BS).
Il apparaît donc que la taille des particules n’influence pas les cinétiques de séchage. Les trois
-136-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
qualités de latex possèdent par contre des température de transition vitreuse basses, égales à
-70°C pour le latex naturel, -40°C pour le BA et -16°C pour le BS. De telles valeurs de Tg
indiquent que les particules se déforment très rapidement pendant le séchage. Cette
déformabilité des particules est susceptible de « gommer » toute influence de la taille des
particules.
Par ailleurs, le flux initial d’évaporation est le même pour les trois types de latex, de
l’ordre de 5,75.10-5 kg/m2.s. Ramené au flux d’évaporation de l’eau pure dans les mêmes
flux initial d ' évaporation 5,75.10 −5
conditions, nous trouvons : = = 0,77 .
flux eau pure 7,43.10 −5
Le flux initial est donc proche de 80% de celui de l’eau pure et peut donc être corrélé à
la fraction volumique en eau initiale, qui peut être calculé à partir de la TSC initiale (eq. III-
1).
Lorsque la TSC initiale est égale à 0,2 g/g, la fraction volumique en eau est égale à
76%. Cette valeur est très proche du rapport du flux d’évaporation initial sur le flux
d’évaporation de l’eau pure. En assimilant la fraction surfacique de l’eau à l’interface à la
fraction volumique, cela permet de relier le flux d’évaporation initial à la fraction volumique
en eau dans la suspension, que l’on soit dans le cas de suspension concentrée (TSC = 60%) ou
plus diluée (TSC = 20%).
-137-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
séchage. En toute fin de séchage, les courbes sont un peu plus bruitées car il reste dans les
films très peu d’eau et que les variations de températures sont plus sensibles sur les flux.
20
Fluxeau/Φvol eau (x 10 kg/m².s)
15
-5
10
0
0 50 100 150 200
Temps (min)
LC BA BS
-138-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
7 20
-5
4
-5
10
3
2
5
1
0
0
0 1 2 3 4 5
0 1 2 3 4 5
X (kg/kg)
X (kg/kg)
(a) (b)
LC BA BS
Figure III-24 : Evolution du flux d’eau et du flux d’eau ramené à la fraction volumique en eau
en fonction de la teneur en eau – HR = 70%, T = 40°C
Comme dans le cas des latex centrifugés jusqu’à une TSC de l’ordre de 60%, la
corrélation entre le flux d’évaporation et la fraction volumique en eau dans le film est valable
jusqu’à une teneur en eau proche de 0,3 g/g. Au-delà de cette valeur le rapport augmente
légèrement, mais de façon moins prononcée que précédemment.
Les mêmes expériences ont été réalisées pour une humidité relative égale à 50% et à
0%. Afin de vérifier que la formulation possède très peu d’influence sur les cinétiques de
séchage, nous représentons en premier lieu sur les Figure III-25 et Figure III-26 les résultats
relatifs aux trois latex, en terme de perte en eau, de teneur en eau et de flux. La TSC initiale
des latex est égale à 20%.
-139-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
0,9 5
0,8
0,7 4
Perte en eau (kg/kg)
0,6
3
X (kg/kg)
0,5
0,4
2
0,3
0,2 1
0,1
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps (min) Temps (min)
(a) (b)
LC BA BS
10 10
9 9
8 8
7
Fluxeau (x 10 kg/m .s)
7
Fluxeau (kg/m².s)
2
6
6
5
-5
5
4
4
3
3
2
2
1
1
0
0 0 1 2 3 4 5
0 50 100 150 200
X (kg/kg)
Temps (min)
(c) (d)
LC BA BS
Figure III-25 : Comportement au séchage des trois types de latex (naturel, BA et BS) pour une
humidité relative égale à 50%, T = 40°C
-140-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
0,9 5
0,8
0,7 4
Perte en eau (kg/kg)
0,6
3
X (kg/kg)
0,5
0,4
2
0,3
0,2 1
0,1
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps (min) Temps (min)
(a) (b)
LC BA BS
20 20
18 18
16 16
Fluxeau (x 10 kg/m².s)
14
Fluxeau (x 10 kg/m .s)
14
2
12 12
-5
-5
10 10
8 8
6
6
4
4
2
2
0
0
0 1 2 3 4 5
0 50 100 150 200
X (kg/kg)
Temps (min)
(c) (d)
LC BA BS
Figure III-26 : Comportement au séchage des trois types de latex (naturel, BA et BS) pour une
humidité relative égale à 0%, T = 40°C
Que l’humidité relative soit égale à 70%, 50% ou à 0%, les courbes de séchage des
trois latex sont très proches les unes des autres et l’on ne peut pas discerner de différences de
comportement. Les flux sont du même ordre de grandeur et évoluent de façon identique en
fonction du temps et de la teneur en eau contenue dans le film. Notons qu’à 0%, le film à base
-141-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
de latex naturel a séché plus rapidement que les deux autres en raison du fait que son
étalement sur la plaque a été légèrement différent entraînant un rapport surface/volume plus
élevé que pour les autres films. Cependant, l’évolution du flux en fonction de la teneur en eau
montre un comportement malgré tout identique aux deux autres latex. Les flux initiaux
ramenés au flux d’évaporation de l’eau pure à 50% et à 0% sont égaux à :
Les flux d’évaporation initiaux peuvent encore être reliés à la teneur en eau initiale,
via la fraction volumique. Le flux d’évaporation n’est pas constant dans le temps car il est
contrôlé par la fraction de l’interface occupée par l’eau. Pour confirmer cette corrélation
préalablement établie dans le cas des latex ayant une TSC initiale de 70%, nous avons
représenté l’évolution du flux d’eau ramené à la fraction volumique en eau en fonction de la
teneur en eau, pour les deux humidités relatives (Figure III-27).
25 25
Fluxeau/Φvol eau (x 10 kg/m².s)
20 20
-5
-5
15 15
10 10
5 5
0 0
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
X (kg/kg) X (kg/kg)
(a) (b)
LC BA BS
Figure III-27 : Comparaison des flux d’évaporation ramenés à la fraction volumique en eau
pour une humidité relative égale à 50% (a) et 0% (b) (T = 40°C)
-142-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
La Figure III-27 confirme le fait que le flux d’évaporation décroît effectivement avec
la fraction volumique en eau dans le film, jusqu’en fin de séchage. A 50%, une augmentation
du rapport flux/Φvol est observée, comme pour les latex naturels vulcanisés ayant une TSC
initiale égale à 60%. Cependant, ce phénomène n’a pas été observé dans tous les cas et les
courbes relatives à une humidité de 0% en témoignent. Des expériences complémentaires et
spécifiquement dédiées à l’étude de ce phénomène en fin de séchage devront être entreprises
dans la suite de ce travail pour mieux appréhender les processus d’élaboration lorsque les
particules se déforment. Ce phénomène n’est pas encore parfaitement compris et à ce jour,
Belaroui et al. (2003) notent également que de nombreux autres aspects liés aux mécanismes
du séchage des films de latex restent inconnus ou mal compris.
En forme de synthèse, les courbes relatives à chaque latex sont représentées pour les
trois humidités relatives auxquelles ils ont été soumis (Figure III-28, Figure III-29 et Figure
III-30).
-143-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
0,9 5
0,8
0,7 4
Perte en eau (kg/kg)
0,6
3
X (kg/kg)
0,5
0,4
2
0,3
0,2 1
0,1
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps (min) Temps (min)
(a) (b)
0% 50% 70%
20 20
18 18
16 16
Fluxeau (x 10-5 kg/m².s)
14
Fluxeau (x 10-5 kg/m2.s)
14
12 12
10 10
8 8
6
6
4
4
2
2
0
0
0 1 2 3 4 5
0 50 100 150 200
X (kg/kg)
Temps (min)
(c) (d)
25
Fluxeau/Φvol eau (x 10-5 kg/m².s)
20
15
10
0
0 1 2 3 4 5
X (kg/kg)
(e)
0% 50% 70%
Figure III-28 : Influence de l’humidité relative sur les cinétiques de séchage des films à base
de latex BS (T = 40°C)
-144-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
0,9 5
0,8
0,7 4
Perte en eau (kg/kg)
0,6
3
X (kg/kg)
0,5
0,4
2
0,3
0,2 1
0,1
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps (min) Temps (min)
(a) (b)
0% 50% 70%
20 20
18 18
16 16
Fluxeau (x 10-5 kg/m².s)
14
Fluxeau (x 10-5 kg/m2.s)
14
12 12
10 10
8 8
6
6
4
4
2
2
0
0
0 1 2 3 4 5
0 50 100 150 200
X (kg/kg)
Temps (min)
(c) (d)
25
20
Fluxeau/Φvol eau (x 10-5 kg/m².s)
15
10
0
0 1 2 3 4 5
X (kg/kg)
(e)
0% 50% 70%
Figure III-29 : Influence de l’humidité relative sur les cinétiques de séchage des films à base
de latex BA (T = 40°C)
-145-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
0,9 5
0,8
0,7 4
Perte en eau (kg/kg)
0,6
3
X (kg/kg)
0,5
0,4
2
0,3
0,2 1
0,1
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps (min) Temps (min)
(a) (b)
0% 50% 70%
20 20
18 18
16 16
Fluxeau (x 10-5 kg/m².s)
14
Fluxeau (x 10-5 kg/m2.s)
14
12 12
10 10
8 8
6
6
4
4
2
2
0
0
0 1 2 3 4
0 50 100 150 200
X (kg/kg)
Temps (min)
(c) (d)
25
Fluxeau/Φvol eau (x 10-5 kg/m².s)
20
15
10
0
0 1 2 3 4
X (kg/kg)
(e)
0% 50% 70%
Figure III-30 : Influence de l’humidité relative sur les cinétiques de séchage des films à base
de latex des champs (naturel) (T = 40°C)
-146-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Ces courbes ont été préalablement commentées en mettant l’accent sur l’influence
potentielle de la nature du latex. Présentées comme sur les Figure III-28, Figure III-29 et
Figure III-30, elles mettent simplement en évidence le fait que les mécanismes d’élaboration
dus au séchage ne semblent pas affecter par les conditions dans lesquelles ce séchage
s’effectue, du moins dans le cadre de nos conditions opératoires. Même quand le séchage est
plus violent (courant d’air sec), le flux d’évaporation reste corrélé à la fraction volumique en
eau dans le film. La poursuite de l’étude devra montrer si l’effet du mode de séchage et des
paramètres procédés possède une influence sur les propriétés des films élaborés. Outre les
propriétés mécaniques et de perméabilité, il s’agit également de comprendre si les conditions
du séchage peuvent influer sur le temps de maturation des films. Une partie des protéines
contenues dans la membrane des particules de latex remonte vers la surface des films petit à
petit et peut être source d’allergie. Ces protéines sont naturellement dégradées dans le temps
mais les mécanismes de migration depuis le film vers la surface sont encore très mal compris.
Afin de réduire le caractère allergène des films, il est préférable que cette migration soit la
plus rapide possible pour que l’élimination qui la suit le soit aussi. A ce titre, les paramètres
opératoires du séchage peuvent potentiellement contrôler la texturation des films et favoriser
ou défavoriser la migration des différents composés issus de la phase non-caoutchouc, ou de
la membrane qui se délite, du film vers sa surface. Une analyse réalisée in-situ et en ligne est
alors nécessaire pour suivre la composition du film au cours du séchage. Des travaux existent
déjà concernant l’étude des films à base de latex synthétiques [Belaroui et al., 2003].
-147-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Afin de rendre compte des processus qui peuvent intervenir dans l’élaboration des
films à base de latex naturel, nous avons proposé une simulation des cinétiques de séchage.
Cette simulation représente une première approche et devra être amandée pour permettre de
représenter avec le plus de justesse possible les différents processus qui interviennent
successivement ou simultanément pendant la formation du film dense.
L’opération de séchage mise en œuvre dans l’élaboration des films de latex naturel est
un processus instationnaire qui fait intervenir un couplage entre plusieurs phénomènes de
transferts. Le couplage le plus évident concerne les transferts de matière et d’énergie, car
l’évaporation de l’eau est fortement endothermique. Au niveau de l’interface film/atmosphère,
un bilan de chaleur est nécessaire et il fait intervenir trois termes : (i) un terme représentant le
transfert de chaleur au sein du film par conduction, (ii) un terme convectif qui prend en
compte le transfert entre le film et l’atmosphère et (iii) un terme puit qui traduit l’apport de
chaleur nécessaire à l’évaporation. La température de la surface du film en contact avec
l’environnement extérieur diminue donc à cause du départ d’eau par évaporation. La surface
du film en contact avec la plaque de verre étant maintenue à température quasi constante, un
transfert de chaleur va s’opérer dans le film, avec génération d’un flux de chaleur du fond du
film vers l’interface film/atmosphère.
Par ailleurs, cette opération de séchage va conduire à texturer un film, lequel est
transformé d’une suspension diluée en milieu aqueux vers une phase solide homogène. Tout
au long du processus de séchage, le milieu dans lequel s’opèrent les transferts de matière et
d’énergie évolue donc sous l’effet de sa texturation, entraînant de facto une évolution de son
état (suspension diluée, suspension concentrée, matériau poreux, solide rigide) et de ses
caractéristiques physiques (masse volumique, conductivité thermique, capacité calorifique,
viscosité…).
Si le couplage entre les transferts de matière et d’énergie est évident, il est également
important de prendre en compte l’effet de la texturation sur les propriétés de transfert. Ce
couplage est le plus difficile à appréhender car les processus de texturation ne sont pas encore
parfaitement connus. Il requiert une parfaite connaissance des propriétés rhéologiques, voire
-148-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Transfert de matière :
Les résultats expérimentaux ont montré que pendant la majeure partie du processus de
séchage, le transfert d’eau de la phase liquide vers la phase gazeuse est contrôlé par le
transfert en phase gazeuse. L’évolution du flux est directement corrélée à l’évolution de
l’humidité relative dans l’atmosphère, qui évolue dans le réacteur en raison d’une fluctuation
de température. La limitation au transfert se trouve donc en phase gazeuse.
Par ailleurs, la suspension de latex contient non seulement de l’eau mais également
d’autres composés volatils, tels que l’ammoniac. Par un dosage (cf. Chapitre II), nous avons
montré que la teneur en ammoniac dans la suspension pouvait être considérée négligeable
devant la teneur en eau. Même si l’ammoniac s’évapore rapidement en début de procédé, sa
contribution ne sera donc pas prise en compte dans le modèle, et seul le départ d’eau sera
modélisé.
Le flux d’eau qui transfert de la surface du film vers l’atmosphère du réacteur est
donné par la relation suivante :
-149-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Le coefficient de transfert de matière (kp) est fonction à la fois de la nature des fluides
en présence et des conditions opératoires (température, hydrodynamique dans le réacteur). Il
peut être calculé à partir de corrélations (en prenant garde à respecter le domaine de validité),
ou il peut être déterminé expérimentalement pour le système étudié. Son calcul et sa
détermination expérimentale seront explicités plus loin.
6435
Ps (T ) = exp 46.784 − − 3.868 ln(T + 273.15) eq. III-4
T + 273.15
-150-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
-151-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Transfert de chaleur :
x
Te, h, pe
Ti,pi
H(t)
Le couchage de la solution de latex sur la plaque de verre est réalisé dans une boite à
gant, où l’humidité est contrôlée (proche de zéro) et à la température de la pièce, qui est égale
à 20°C. La plaque de verre est préchauffée à 40°C juste avant couchage de la solution de
latex. Le film de latex va donc se réchauffer dans le séchoir, par contact avec la plaque de
verre et par transfert convectif avec l’environnement du séchoir, qui se trouve à 40°C.
∂T ∂ ∂T
− α =0 eq. III-9
∂t ∂x ∂x
α (m2/s) : diffusivité thermique du milieu, fonction des diffusivités respectives du latex et de
l’eau, pondérées par leur fraction volumique respective :
-152-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
La diffusivité de l’eau est donnée par les tables de l’eau, par interpolation polynomiale
λlatex
et la diffusivité du latex est égale à : αlatex = . Les valeurs de la conductivité
ρlatex .C p
, latex
thermique et de la capacité calorifique sont données par Croll (1987). La masse volumique du
latex est égale à 910 kg/m3.
Vlatex
φvol = 1 − eq. III-12
A film .H
Vlatex (m3) : volume total des particules de latex, constant au cours du séchage.
-153-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
V
k p .[ pi (Ti ) − pe (Te )]1 − latex
∂H A .H
=− film
eq. III-13
∂t
1 − Vlatex .ρ eau + Vlatex .ρ latex
A .H A film .H
film
L’ensemble du problème est ainsi défini. Il comporte des couplages entre les transferts
de matière et d’énergie et prend également en compte l’évolution de la structure du film de
latex.
Résultats :
Les cinétiques de séchage ont été simulées pour l’ensemble des résultats
expérimentaux, et nous présenterons ici les simulations relatives aux expériences réalisées sur
les trois types de latex (latex des champs, BA et BS), pour les trois conditions d’humidité
relative et pour des échantillons possédant une teneur en eau initiale de 80%.
-154-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
0,9
0,8
0,7
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
0 50 100 150 200
Temps (min)
Figure III-32 : Evolution de la perte en eau au cours du temps – latex des champs – TSC
initiale = 0,2 g/g (T = 40°C)
3
X (kg/kg)
0
0 50 100 150 200
Temps (min)
Figure III-33 : Evolution de la teneur en eau au cours du temps – latex des champs – TSC
initiale = 0,2 g/g (T = 40°C)
-155-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
De façon générale, le modèle prédit une perte en eau finale plus importante que ne le
montrent les résultats expérimentaux, surtout pour une humidité relative égale à 70%. Il
prévoit en effet que la totalité de l’eau quitte le film alors qu’expérimentalement, une teneur
en eau résiduelle peut subsister. La TSC, qui représente la teneur en matière solide initiale, est
déterminé par séchage du latex dans une étuve à 100°C pendant 2 heures.
20
18
16
Fluxeau (x 10 kg/m .s)
14
2
12
-5
10
0
0 50 100 150 200
Temps (min)
Figure III-34 : Evolution du flux d’évaporation au cours du temps – latex des champs – TSC
initiale = 0,2 g/g (T = 40°C)
-156-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
20
15
Fluxeau (kg/m².s)
10
0
0 1 2 3 4 5
X (kg/kg)
Figure III-35 : Evolution du flux d’évaporation en fonction de la teneur en eau – latex des
champs – TSC initiale = 0,2 g/g (T = 40°C)
-157-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
temps. Nous avons tenté de rendre compte de cette fluctuation et de l’incorporer dans le
modèle. Seules ont été re-simulées les cinétiques relatives aux fortes humidité (50% et 70%),
car le séchage est très rapide lorsqu’il est réalisé sous air sec et ne subit pas les fluctuations.
10
8
Flux (x 10 kg/m .s)
2
6
-5
0
0 50 100 150 200
Temps (min)
Figure III-36 : Cinétiques de séchage simulées avec une fluctuation de température dans le
séchoir (T = 40°C) – évolution du flux d’évaporation en fonction du temps – latex des champs
– TSC initiale = 0,2 g/g
-158-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
10
8
Fluxeau (kg/m².s)
0
0 1 2 3 4 5
X (kg/kg)
Figure III-37 : Cinétiques de séchage simulées avec une fluctuation de température dans le
séchoir (T = 40°C) – évolution du flux d’évaporation en fonction de la teneur en eau – latex
des champs – TSC initiale = 0,2 g/g
Les simulations relatives aux deux autres types de latex, partant d’une TSC initiale
égale à 20%, sont représentées pour les trois humidités relatives sur les et Figure III-38 et
Figure III-39. La fluctuation de température n’a pas été incluse dans le modèle pour ces
simulations car ces fluctuations ne sont pas toujours aussi régulières que celles présentées sur
les Figure III-36 et Figure III-37. En outre, reproduire ces fluctuations est intéressant mais ne
constitue pas le verrou scientifique majeur dans cette étude.
-159-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
0,9 5
0,8
0,7 4
Perte en eau (kg/kg)
0,6
3
X (kg/kg)
0,5
0,4
2
0,3
0,2 1
0,1
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps (min) Temps (min)
18 18
16 16
Fluxeau (x 10 kg/m².s)
14
Fluxeau (x 10 kg/m .s)
14
2
12 12
-5
-5
10 10
8 8
6
6
4
4
2
2
0
0
0 1 2 3 4 5
0 50 100 150 200
X (kg/kg)
Temps (min)
Figure III-38 : Cinétiques de séchage simulées avec une fluctuation de température dans le
séchoir (T = 40°C) – latex BS – TSC initiale = 0,2 g/g
-160-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
0,9 5
0,8
0,7 4
Perte en eau (kg/kg)
0,6
3
X (kg/kg)
0,5
0,4
2
0,3
0,2 1
0,1
0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200
Temps (min) Temps (min)
20 20
18 18
16 16
Fluxeau (x 10 kg/m².s)
14
Fluxeau (x 10 kg/m .s)
14
2
12 12
-5
-5
10 10
8 8
6
6
4
4
2
2
0
0
0 1 2 3 4 5
0 50 100 150 200
X (kg/kg)
Temps (min)
Figure III-39 : Cinétiques de séchage simulées avec une fluctuation de température dans le
séchoir (T = 40°C) – latex BA – TSC initiale = 0,2 g/g
-161-
Chapitre III : Elaboration des films à base de latex naturel
Conclusions :
D’autre part, nous avons montré que cette modélisation rend compte du départ d’eau
aussi bien pour des latex synthétiques que de latex naturels, ce qui confirme que la
composition en non-caoutchoucs semble ne pas affecter sensiblement les cinétiques de
séchage. Croll (1987) avait émis la même conclusion suite à ses propres expériences.
Ce modèle devra être amendé à la suite de cette étude pour mieux comprendre les
mécanismes d’élaboration en fin de séchage, lorsque la déformation des particules commence
à texturer le matériau. A ce niveau, le suivi gravimétrique, associé à une phénoménologie
traduite en équations de transfert, doit permettre de façon indirecte de mieux appréhender les
processus d’élaboration élémentaires au sein du film. La qualité finale du film et/ou son temps
de maturation sont susceptibles d’en dépendre.
-162-
Chapitre IV.
Propriétés des films
Chapitre IV : Propriétés des films
Les films élaborés à partir de latex naturels ont été analysés d’abord du point de vue de
leurs caractéristiques physiques à travers leur état de surface et de leurs propriétés
fonctionnelles. L’état de surface des particules a été déterminé expérimentalement par la
technique AFM. A l’instar de l’analyse granulométrique effectuée sur la suspension, l’analyse
a d’abord été mise en œuvre sur des films à base de latex synthétiques. Les propriétés
fonctionnelles testées sont au nombre de deux, l’élasticité et la perméabilité aux produits
chimiques. Elles représentent les deux principales propriétés fonctionnelles qu’un film à base
de latex naturel doit posséder (bonne élasticité et bonne imperméabilité).
600nm
-164-
Chapitre IV : Propriétés des films
Comme nous l’avons décrit précédemment, le latex naturel ne correspond pas à une
suspension de particules de taille monodisperse, puisque c’est un mélange de particules de
tailles différentes. C’est la raison pour laquelle d’autres films ont été réalisés à partir de
mélanges de billes calibrées (63+370 nm, 63+949 nm, 370+949 nm et 63+370+949 nm).
Nous n’observons pas d’interaction entre les particules, les arrangements semblent liés aux
dimensions des billes en présence (Figure IV-2). Pour le latex de polystyrène, l’absence de
coalescence est liée au fait que la température reste inférieure à la température de transition
vitreuse, Tg du polymère.
500nm 1.0µm
1.0µm 1.0µm
(5 x 5 µm2) (5 x 5 µm2)
(c) 370/949 nm (d) 63/370/949 nm
-165-
Chapitre IV : Propriétés des films
-166-
Chapitre IV : Propriétés des films
Rugosité (nm)
40 35 30 25 20 15 10 5 0 -5 -10
85
rugosité 90
T < Tg
95
100
105
rugosité 110
Température (°C)
T = Tg
115
120
Chaînes connectées
125
130
rugosité diminuée
T > Tg 135
140
1.0µm 1.0µm
(a) (b)
Figure IV-4 : Film de polystyrène laissé (a) 6 heures et (b) 72 heures à l’étuve 140°C
-167-
Chapitre IV : Propriétés des films
Après cette étude préliminaire sur des films à base de latex synthétique de polystyrène
calibrés, des films de latex naturel ont été caractérisés par AFM après avoir été élaborés par
séchage en réacteur contrôlé. Par ailleurs, l’ensemble des films, vulcanisés et non vulcanisés,
a subi une dernière étape de séchage effectuée en étuve. Pour les films vulcanisés, cette étape
permet d’initier les réactions de vulcanisation. Pour les films non-vulcanisés, cette étape n’a
de sens que pour pouvoir établir une comparaison entre des films ayant subis la même filière
de transformation.
-168-
Chapitre IV : Propriétés des films
Topographie 2D Topographie 3D
(a) (b)
(5 x 5 µm2) (5 x 5 µm2)
(c) (d)
(e) (f)
(g) (h)
(5 x 5 µm2) (5 x 5 µm2)
(i) (j)
(5 x 5 µm2) (5 x 5 µm2)
Figure IV-5 : Surface des films non-vulcanisés caractérisés par AFM : LCNL (a) et (b),
F1_1C (c) et (d), F1_2C (e) et (f), F2_2C (g) et (h), F1F2_2C (i) et (j)
-169-
Chapitre IV : Propriétés des films
Les films vulcanisés se distinguent des films non-vulcanisés par un taux de réticulation
plus importante, car la réaction de vulcanisation provoque des pontages entre les chaînes de
polymère. Cette réticulation accrue permet d’améliorer les propriétés fonctionnelles des films,
en terme d’élasticité et de perméabilité (cf. Chapitre I). Les résultats caractérisés par AFM
(Figure IV-6) montrent que les particules des films vulcanisés conservent encore leur identité,
particulièrement dans les films LCNL, F1_1C et F1_2C. Les films vulcanisés ne sont pas
encore lisses bien qu’ils aient été séchés pendant 2 heures dans le réacteur, puis ont été mis
dans l’étuve à 120°C pendant 20 min et ont vieilli un mois à température ambiante avant leur
caractérisation par AFM. Par comparaison avec les films non-vulcanisés, la surface des films
vulcanisés est plus rugueuse. Le retard de la coalescence à la surface des films vulcanisés peut
être expliqué par l’action des agents de vulcanisation. En effet, les pontages C–Sx–C (x =
nombre d’atomes de soufre) entre les chaînes de polymère permettent de rigidifier la structure
interne des particules. Les phénomènes d’interpénétration des chaînes de polymère sont ainsi
ralentis et l’évolution texturale du film est plus lente.
-170-
Chapitre IV : Propriétés des films
Topographie 2D Topographie 3D
(a) (b)
(5 x 5 µm2) (5 x 5 µm2)
(c) (d)
(5 x 5 µm2) (5 x 5 µm2)
(e) (f)
(g) (h)
(5 x 5 µm2) (5 x 5 µm2)
(i) (j)
(5 x 5 µm2) (5 x 5 µm2)
Figure IV-6 : Surface des films vulcanisés caractérisés par AFM : LCNL (a) et (b), F1_1C (c)
et (d), F1_2C (e) et (f), F2_2C (g) et (h), F1F2_2C (i) et (j)
-171-
Chapitre IV : Propriétés des films
En comparant le comportement des films vulcanisés, il apparaît que les films à base de
la fraction 1 (la crème de latex) et ceux à base de la fraction 2 (latex de skim) présentent des
comportements différents au cours de la maturation. La fraction 1 contient principalement les
grosses particules de caoutchouc (environ 800 nm de diamètre), une faible fraction de plus
petites particules (environ 200 nm de diamètre) et très peu de non-caoutchoucs. Les films
élaborés à partir de cette fraction possèdent une surface rugueuse et les particules de
caoutchouc sont particulièrement visibles en AFM. Cet état de surface rappelle celui observé
sur les films à base de latex synthétique. L’effet du lavage du latex par centrifugation est très
visible sur les images (c) et (d) comparées aux images (e) et (f). Les premières correspondent
à la fraction 1 centrifugée une fois et les images AFM mettent en évidence une surface pour
laquelle il est possible de distinguer les particules, mais celles-ci semblent immergées dans un
continuum formé par les non-caoutchoucs. Les images (e) et (f) au contraire correspondent à
la fraction 1 centrifugée deux fois et font apparaître un état de surface différent, où les
particules sont aisément distinguables et semblent être agrégées les unes aux autres sans la
présence de non-caoutchoucs pour assurer un continuum. Ces images mettent donc clairement
en évidence l’intérêt de centrifuger plusieurs fois les fractions de latex afin d’extraire le
maximum de non-caoutchoucs. En effet, les non-caoutchoucs peuvent altérer la qualité des
films car ils sont susceptibles d’avoir une influence sur les propriétés fonctionnelles des films,
en particulier sur la perméabilité des films aux produits chimiques. A titre d’exemple, si le
film sec renferme encore un taux de protéines élevé, sa perméabilité aux composés
hydrophiles peut être accrue.
Par ailleurs, les films élaborés à partir du latex de skim (fraction qui contient les
petites particules et une plus grande proportion de non-caoutchoucs que la fraction 1)
présentent un état de surface très différent de l’état de surface des films à base de crème de
latex. La surface des films apparaît cette fois beaucoup plus lisse avec des particules qui ont
perdu leur identité en surface (Figure IV-6 (g) et (h)). Deux facteurs peuvent être à l’origine
de cet état de surface différent : (i) la teneur en non-caoutchoucs ou/et (ii) la nature des
particules de latex. L’influence de la teneur en non-caoutchouc était avéré par la comparaison
des films à base de fraction 1 centrifugée une fois puis deux fois, mais elle apparaît moins
évidente lorsque l’on compare les films à base de latex des champs et à base du mélange
fraction 1 + fraction 2. Le latex des champs contient en effet encore beaucoup de sérum,
-172-
Chapitre IV : Propriétés des films
même si une partie a été extraite pour concentrer le latex jusqu’à une TSC de 60%. Il contient
également l’ensemble des particules, avec environ 80% de grosses particules et 20% de
petites. Le mélange de fraction 1 + fraction 2 est caractérisé par une absence de sérum et un
rapport 50:50 en poids de grosses et de petites particules. Le film à base de latex des champs
montre une surface rugueuse où les particules peuvent être distinguées malgré la présence
importante de sérum. A contrario, le film à base du mélange fraction 1 + fraction 2 fait
apparaître une surface rugueuse mais sans que l’on puisse distinguer les particules. Or ce
dernier film ne contient plus de sérum ; son état de surface est ainsi dû à la nature des
particules qui le composent plutôt qu’aux non-caoutchoucs. Si le rapport entre les grosses
particules et les petites est égal à 50:50 en poids et si l’on considère que les grosses particules
possèdent un diamètre de 800 nm et les petites un diamètre de 200 nm, le pourcentage en
nombre des grosses particules est égal à 1,5% seulement. Il faut 43 petites particules pour
atteindre le volume, donc le poids d’une grosse particule. En surface comme dans le volume,
le nombre de grosses particules est donc infime par rapport au nombre de petites. Si les
particules ne sont plus visibles sur les images relatives au mélange fraction 1 + fraction 2, cela
est donc dû au fait que les petites particules, dénommées particules de skim, ne se comportent
pas de la même façon que les particules de crème. Elles semblent posséder une membrane
moins rigide, susceptible de se déliter plus rapidement après le séchage puisque ces particules
ont perdu leur identité.
Ces résultats concordent avec ceux de Rippel et. al (2003), qui ont également comparé
l’état de surface de films à base de fraction 1 et fraction 2, non vulcanisés. Ils ont également
mis en évidence le fait que le retard de coalescence observé dans le cas de la fraction 1 était
dû à la présence d’une membrane rigide, composée de phospholipides et de protéines, autour
de la particule de caoutchouc. Dans le cas de la fraction 2, les particules possèderaient plutôt
une membrane beaucoup plus fine, qui serait susceptible de se déliter plus facilement pendant
la coalescence.
En conclusion, l’analyse de l’état de surface par AFM fournit des informations locales
très intéressantes, quand à l’effet de la vulcanisation et la différence entre les particules de la
fraction 1 et de la fraction 2. Pour que cette analyse soit pertinente, il convient de considérer
que la surface des films est homogène car l’aire d’analyse est réduite (jusqu’à 100 µm2 pour
-173-
Chapitre IV : Propriétés des films
nos analyses). Les phénomènes de réticulation initiés par les réactions de vulcanisation sont
mis en évidence par le fait que les films non vulcanisés présentent une surface lisse où les
particules ne sont plus identifiées, alors que les films vulcanisés sont rugueux et que l’on
distingue encore les particules à la surface du film sec. La réticulation réduit le potentiel de
déformation des particules en créant des pontages entre les chaînes de polymère. Il est
également mis en évidence le fait que les particules contenues dans la fraction 2 (particules de
skim) possèdent une membrane beaucoup plus fine que les particules issues de la fraction 1
(crème de latex), et que cette membrane se délite plus facilement.
Les propriétés fonctionnelles des films élaborés à partir des différentes fractions ont
été étudiés : propriétés mécaniques et perméabilité à l’acétone. La description des échantillons
étudiés est rappelée dans le Tableau IV-1. Les gants de fabrication industrielle nous
permettront de situer nos résultats.
-174-
Chapitre IV : Propriétés des films
Les échantillons LCNL sont les plus proches de la composition du latex naturel et
possèdent l’ensemble de la distribution granulométrique des particules de poly(cis-1-4-
isoprène), contrairement aux autres échantillons, pour lesquels une séparation selon la taille
des particules a été réalisée par centrifugation. Notons que pour la fraction 1, les films à base
de F1_2C sont normalement les plus purs en polymère puisque la double centrifugation a pour
but d’éliminer le maximum de composés non-caoutchoucs.
Il est important de rappeler ici que seuls les films vulcanisés ont pu être utilisés pour la
mesure des propriétés mécaniques et de la perméabilité car les films non-vulcanisés ne
présentaient pas une tenue mécanique suffisante.
Les courbes d’extension (contrainte (σ) - élongation (λ)) de nos films sont toutes
sigmoïdales (Figure IV-7, pour LCNL ou latex des champs non lavé). Les courbes de traction
ont été exploitées en déterminant les critères qualité classiques (module rupture et
déformation maximale à la rupture) et la densité de réticulation après traitement des données
avec les modèles « affine » et de Mooney-Rivlin.
8
7
6
σ (MPa)
5
4
3
2
1
0
1 3 5 7 9 11 13 15
λ
Figure IV-7 : Courbes de traction obtenues pour le latex des champs non lavé (LCNL)
-175-
Chapitre IV : Propriétés des films
Tableau IV-2 : Modules et déformations à la rupture pour les films issus des fractions testées.
18 2000
16 1800
Module rupture (MPa)
14 1600
Déformation (%)
1400
12
1200
10
1000
8
800
6 600
4 400
2 200
0 0
Figure IV-8 : Module et déformation à la rupture pour les films issus des différentes fractions
testées
-176-
Chapitre IV : Propriétés des films
Les courbes de traction ont été modélisées avec les modèles de Young, « affine » et de
Mooney-Rivlin afin de détecter des différences de structure entre les films issus des
différentes fractions. Le modèle affine permet de déterminer la concentration molaire des
chaînes élastiques par unité de volume (υ). Le modèle de Mooney-Rivlin fournit deux
paramètres : C1, lié à la densité de réticulation, et C2, associé avec le taux d’enchevêtrements.
Contrairement aux deux autres modèles (Young et « affine »), pour Mooney-Rivlin nous
avons choisi de travailler avec la contrainte réduite (eq. I-18), représentation graphique
habituellement utilisée (Figure IV-9).
σ
Young : E =
ε
2C 2
Mooney – Rivlin : σ red = 2C1 +
λ
σ
Modèle affine : υ =
RT (λ - λ -2 )
0,8
0,6
σ red
0,4
0,2 = 2C2
= 2C1
0
0 0,1 0,2 0,3 0,4
1/λ
Figure IV-9 : Evolution de la contrainte réduite (σred) en fonction de 1/λ pour LCNL
-177-
Chapitre IV : Propriétés des films
Comme pour les modules ruptures, les paramètres issus des modèles utilisés diminuent
avec la purification par centrifugation (Figure IV-10). Toutefois, cette baisse est beaucoup
moins significative. Les films issus de la fraction 2 (F2_2C) ont un comportement atypique,
alors qu’ils présentent un module de rupture identique à ceux issus de F1_2C, ils sont
beaucoup plus élastiques en terme de paramètres moléculaires. Cette élasticité plus importante
peut s’expliquer par une densité de réticulation et/ou un taux d’enchevêtrements supérieur
dans les films issus de la fraction 2. La densité de réticulation (paramètres υ ou C1) est
supérieure pour les films issus de la fraction 2 (Figure IV-10 (b) et Figure IV-11 (a)). Cette
différence est plus prononcée dans le cas de υ que de C1. La différence au niveau de C2 entre
F2_2C et les autres formulations est également très significative (Figure IV-11 (b)). Il
semblerait donc que le taux d’enchevêtrements est plus important pour les films obtenus avec
la fraction 2.
0,7 0,40
0,6
0,30
0,5
E (MPa)
0,4
0,20
υ
0,3
0,2
0,10
0,1
0,0 0,00
LCNL F1_1C F1_2C F2_2C LCNL F1_1C F1_2C F2_2C
(a) (b)
Figure IV-10 : Module de Young (E) (a) et concentration molaire en chaînes élastiques par
unité de volume (υ) (b) pour les films issus des différentes fractions testées.
-178-
Chapitre IV : Propriétés des films
0,08 0,20
0,06 0,15
C1
C2
0,04 0,10
0,02 0,05
0,00 0,00
LCNL F1_1C F1_2C F2_2C LCNL F1_1C F1_2C F2_2C
Figure IV-11 : Coefficient C1 et C2 donnés par le modèle de Mooney-Rivlin pour les films
issus des différentes fractions testées.
En conclusion, les films issus des fractions purifiées de crème (F1_2C) et de skim
(F2_2C) ne présentent pas de différence en terme de module rupture mais en terme
d’élasticité dans les faibles déformations. Ces différences semblent plus liées à un taux
d’enchevêtrements plus important avec le skim (Fraction 2). En effet, les analyses par
microscopie électronique à transmission (MET) et Microscopie à force atomique (AFM) ont
montré que ces particules se déformaient plus facilement. Ce phénomène serait lié au fait que
la cohésion de la membrane délimitant les plus petites particules serait plus faible et
permettrait donc une meilleure interpénétration des chaînes de polymères entre elles. Ainsi,
les chaînes présenteraient un taux d’enchevêtrements plus important et donc une élasticité
supérieure
-179-
Chapitre IV : Propriétés des films
-180-
Chapitre IV : Propriétés des films
Les résultats expérimentaux du transfert d’acétone au travers des films de latex ont
donc été exploités sur la base du modèle de solubilisation-diffusion.
PC3 H 6O
J C3 H 6 O = (C0 − Cl ) eq. IV-1
l
J C 3 H 6O .l
PC 3 H 6O = eq. IV-2
∆C
-181-
Chapitre IV : Propriétés des films
faible perméabilité des films étudiés ( Cl atteint au maximum 5 kg.m-3 en fin d’expérience,
soit guère plus de 1 % de C0 ), nous avons considéré que ∆C était constant tout au long des
2.
Le coefficient PC3H 6O est une propriété intrinsèque au matériau pour un couple solvant-
3,00E-09
2,50E-09
2,00E-09
J.l = 5. 10 -12 ∆C
J.l (kg.m -2.s -1)
R 2 = 0,999
1,50E-09
1,00E-09
5,00E-10
0,00E+00
0 100 200 300 400 500
-3
∆ C (kg.m )
Figure IV-13 : Détermination du coefficient de perméabilité à l’acétone dans l’eau des gants
en latex naturel fabriqués industriellement (Safeskin)
Les résultats obtenus montrent que l’on obtient un coefficient constant PC3H 6O égal à
environ 5.10-12 m2.s-1. Nous pouvons donc en déduire que PC3H6O est bien indépendant de la
concentration d’acétone étudiée. Les valeurs que nous allons mesurer pour les films que nous
avons élaborés correspondront donc bien à une propriété intrinsèque des films étudiés.
-182-
Chapitre IV : Propriétés des films
2.2.2. Résultats
-183-
Chapitre IV : Propriétés des films
(a) Gant
35000
30000
y = 98,028x - 382,11
25000
R2 = 0,9961
Qt (µg/cm^2)
20000
15000
10000
5000
0
0 50 100 150 200 250 300 350
Temps (min)
30000 35000
y = 121,28x - 431
y = 101,23x - 1104,1 30000 R2 = 0,9985
25000 R2 = 0,9944
Qt (µg/cm^2)
Qt (µg/cm^2)
25000
20000
20000
15000 15000
10000 10000
5000 5000
0
0 0 50 100 150 200 250 300 350
0 50 100 150 200 250 300 350
Temps (min)
Temps (min)
35000
25000 y = 89,374x - 54,404
30000 y = 113,81x - 560,76
R2 = 0,9975 2
R = 0,9966
Qt (µg/cm^2)
20000 25000
Qt (µg/cm^2)
20000
15000
15000
10000
10000
5000 5000
0
0 0 50 100 150 200 250 300 350
0 50 100 150 200 250 300 350
Temps (min)
Temps (min)
-184-
Chapitre IV : Propriétés des films
Tableau IV-3 : Taux de perméation de l’acétone dans l’eau des films de latex naturel.
-185-
Chapitre IV : Propriétés des films
Tableau IV-4 : Coefficient de perméabilité de l’acétone dans l’eau des films de latex étudiés
PC3H6O x .10-12
Echantillons
(m-2.s-1)
8
5
LCNL 5,4 ± 0,2
4
3
F1_1C 6,8 ± 0,3
2
1
F1_2C 4,7 ± 0,5
0
Gant LCNL F1_1C F1_2C F2_2C
2.2.3. Discussion
Une première analyse des résultats obtenus en perméation liquide ne montre pas une
très grande différence entre les différents grades de latex, contrairement à ce que nous
pouvions attendre. Les différences de taille de particules qui entrent dans la formulation de
ces films ne modifient pas les propriétés de transfert de ces films vis-à-vis de l’acétone. Il
n’est donc pas possible d’améliorer la résistance au transfert des films de latex naturel par
exemple par un fractionnement basé sur une centrifugation, du moins en ce qui concerne
l’acétone. Si nous comparons les résultats obtenus entre le grade LCNL et les autres, nous
constatons que l’influence des non-caoutchoucs est assez faible et, globalement, ne modifie
pas beaucoup la perméation à l’acétone. De plus, il n’y a aucune différence entre les gants
fabriqués industriellement et les films à base de LCNL.
Cependant, à la lecture de ces résultats, nous pouvons dire que le protocole mis en
place au laboratoire pour fabriquer des films de latex naturel est correct puisque nos films
-186-
Chapitre IV : Propriétés des films
présentent la même perméabilité à l’acétone que les gants du commerce. Ils ne présentent pas
de défaut de structure (microporosité, lacune). D’autre part, il est très intéressant de constater
que les films préparés avec F2_2C présentent quasiment le même coefficient de perméabilité
à l’acétone que les gants fabriqués industriellement. Or, rappelons que cette formulation
correspond aux particules de skim, habituellement rejetées dans l’industrie du latex et qui
représentent un déchet non négligeable. Il serait donc possible de fabriquer des gants avec ce
sous-produit, puisque par ailleurs nous avons pu constater que les films élaborés avec F2_2C
possédaient de bonnes propriétés mécaniques. Bien sûr, il faudrait vérifier les propriétés de
perméabilité de ces films vis-à-vis d’une sélection de produits chimiques, en espérant étendre
notre remarque à d’autres produits que l’acétone.
Une analyse plus fine de nos résultats met en évidence la différence en terme de
perméabilité pour la fraction F1_1C. C’est pour cette fraction que nous avons obtenu le
coefficient de perméabilité le plus élevé, alors que dès que cette fraction est centrifugée une
fois de plus (F1_2C) ce dernier est réduit de 27 %, et devient cette fois-ci inférieur à celui de
la fraction F2_2C. Au nombre de centrifugation équivalent, il est normal que les films à base
de F1_2C soient moins perméables que F2_2C car ils présentent un degré de pureté en
poly(cis-1-4 isoprène) supérieur. En effet, la présence de non caoutchouc dans le film ne peut
que favoriser le transfert d’acétone, car cette molécule peut développer des liaisons
hydrogènes avec les protéines, alors qu’avec le polymère étudié seules des interactions
hydrophobes peuvent être générées. Concernant F1_1C, nous pouvons supposer que seule une
centrifugation ne suffit pas pour éliminer l’essentiel des non-caoutchoucs et qu’il en reste
donc assez pour améliorer le transfert de l’acétone.
Les films qui offrent donc la meilleure protection contre l’acétone sont quand même
ceux élaborés à partir du grade F1_2C, qui correspond au grade le plus pur en polymère, avec
les particules de caoutchouc les plus grosses. Ces résultats confirment que l’apport de non-
caoutchoucs à la surface des grosses particules (Fraction 1) est plus faible qu’avec les petites
particules de la fraction 2 (Tableau III-2).
Nous n’avons pas trouvé de données dans la littérature sur la perméation à l’acétone
pour comparer directement nos résultats avec des films de latex naturel. Les données
-187-
Chapitre IV : Propriétés des films
communiquées par la société Ansell [Ansell Protective Product, 1998] indiquent simplement
qu’un gant de latex naturel Ansell offre un taux de perméation inférieur à 900 µg-1.cm-2.min-1.
Ce qui est également le cas de nos films (taux de perméation moyen 108,48 ± 9,03
µg-1.cm-2.min-1, pour une épaisseur moyenne de (1,39 ± 0,08).10-4 m). Par contre, l’acétone a
été utilisée comme composé chimique de référence lors d’une évaluation inter-laboratoire de
la méthode de référence ASTM F 739, avec des films de Néoprène (Fairprene Industrial
Products Co.). Ces films de néoprène, caoutchouc synthétique à base de polychloroprène,
d’une épaisseur moyenne, (4,2 ± 0,01).10-4 m, 3 fois plus élevée que celle de nos films,
offrent un taux de perméation 20 fois plus important (2088 ± 202 µg-1.cm-2.min-1). Les films
de latex naturels sont donc bien moins perméables à l’acétone que ces films synthétiques, ce
qui est plutôt favorable pour ce produit d’origine naturelle.
3. CONCLUSION
Les données obtenues sur l’élasticité des films et leur perméabilité à l’acétone ne
permettent pas de rejeter le latex de skim dans la catégorie des latex de qualité inférieure. Au
contraire les résultats tendent à montrer que les films élaborés avec cette fraction sont de
qualité équivalente à celle du latex centrifugé.
Concernant l’état de surface des films, nous avons pu observer une différence en terme
de rugosité entre les films vulcanisés élaborés à partir de ces deux qualité de latex. Il
semblerait que les membranes à base de phospholipides et de protéines qui délimitent les
particules de caoutchouc de skim ont une énergie de cohésion plus faible et coalescent plus
facilement. Cependant, en dehors de l’élasticité des films dans les faibles déformations, nous
-188-
Chapitre IV : Propriétés des films
n’avons pas pu mettre en évidence de relation entre cette hypothèse et les propriétés
fonctionnelles étudiées au cours de cette thèse.
Par ailleurs, l’utilisation industrielle des films de latex naturel est largement
subordonnée à leur pouvoir allergène. Or, on l’attribue généralement aux protéines contenues
dans les films. Pour valider l’utilisation potentielle du latex de skim sous forme de films
minces, il faudrait maintenant tester son pouvoir allergène et travailler sur la maturation de
ces films.
-189-
CONCLUSION
Conclusion
L’objectif de ce travail consistait à comparer les propriétés des films à base des
différentes fractions issues du latex naturel, élaborés par un séchage contrôlé. Le
fractionnement du latex naturel a été réalisé par le procédé de centrifugation et deux fractions
principales en sont extraites : (i) la fraction 1, majoritaire, qui contient les particules de crème.
Ce sont les plus grosses particules, à partir desquelles les films sont industriellement élaborés.
(ii) La fraction 2, qui contient les particules de skim, est considérée comme un sous produit et
n’est pas valorisé sous forme de films minces.
Plusieurs paramètres étaient susceptibles de posséder une influence sur la qualité et les
propriétés des films élaborés : (i) la nature des particules de latex, (ii) leur taille, (iii) la
composition chimique de la suspension, (iiii) en terme procédé, les paramètres opératoires du
séchage (température, humidité relative, hydrodynamique du courant gazeux).
-191-
Conclusion
Par ailleurs, en terme de composition chimique des latex, l’analyse élémentaire de nos
films a montré que la fraction 1 centrifugée deux fois (F1_2C) renfermait moins de protéines
que la fraction 2 centrifugée deux fois (F2_2C). Les films obtenus à partir de F2_2C
présentent également un taux de gel, et donc de réticulation, plus important. En outre, la
double centrifugation entraîne une baisse de l’ordre de 27% du taux de protéines (F1_1C
versus F1_2C).
L’aptitude au séchage des différentes fractions issues du latex concentré a ensuite été
étudiée, dans l’enceinte d’un séchoir contrôlé en terme de température, d’humidité relative et
de vitesse du flux d’air. Des conditions de séchage douces ont été appliquées (régime
d’écoulement laminaire, température modérée) et l’influence de l’humidité relative a été
étudiée. Outre les fractions issues du latex naturel, des suspensions de latex synthétiques ont
également été testées. Plusieurs conclusions ont pu être établies à partir de l’étude des
cinétiques de séchage :
• quelque soit la fraction considérée (latex naturel, fraction 1, fraction 2 et mélange de
fraction 1 et de fraction 2), les cinétiques de séchage sont apparues très similaires.
Cela signifie que ni la taille des particules, ni la composition chimique n’a eu
d’influence majeure sur le comportement des latex au cours du séchage.
• La vulcanisation du latex n’influence pas non plus les cinétiques de séchage.
• Contrairement à des nombreux auteurs, il n’a pas été observé de période de séchage à
vitesse constante, mais plutôt une longue période pendant laquelle le flux
d’évaporation de l’eau décroît, jusqu’à ce que la teneur en eau dans le film devienne
très faible (X de l’ordre de 0,2 g/g).
• De surcroît, nous avons mis en évidence le fait que le flux d’évaporation était
directement corrélé à la teneur en eau dans le film. Plus précisément, il a été mis en
évidence le fait que le flux d’évaporation dans le cas du séchage des latex était égal au
flux d’évaporation de l’eau pure, pondéré par la fraction de la surface occupée par
l’eau. Ce phénomène est observé jusqu’à ce que la fraction volumique des particules
de latex soit de l’ordre de 75-80%. Au-delà de cette valeur, les phénomènes de
déformation des particules interviennent et modifient la texture du film. Un gradient
de teneur en eau dans le film peut alors apparaître sous l’effet de la déformation, puis
-192-
Conclusion
La simulation des cinétiques de séchage a également été effectuée, basée sur une
modélisation des transferts couplés de matière et d’énergie. Par l’intermédiaire d’un terme de
couplage supplémentaire avec les phénomènes de texturation, il a été montré que les
cinétiques simulées reproduisaient les résultats expérimentaux. Ce modèle représente une
première approche et devra être amendé pour prendre en compte le changement de texture
brutal initié par la déformation des particules. Il permet néanmoins de proposer une
phénoménologie simple des processus d’élaboration par séchage, que l’on travaille avec des
latex naturels ou synthétiques, puisque aucune différence notable n’a été mise en évidence
entre les deux types de latex.
Une fois les films élaborés, leur caractérisation a été effectuée en terme de propriétés
physiques (état de surface) et de propriétés fonctionnelles (élasticité et perméabilité). La
technique de mesure par AFM a été utilisée pour caractériser la rugosité des films élaborés, et
a permis de mettre en évidence deux points importants : (i) les films non vulcanisés sont lisses
avec des particules ayant perdues leur identité, quelque soit la fraction considérée, alors que
les films vulcanisés sont rugueux (pour le latex des champs et la fraction 1) et les particules
peuvent encore être distinguées après séchage. La vulcanisation, qui crée des pontages entre
les chaînes de polymère et augmente de fait le taux de réticulation intra particulaire, permet
donc de rigidifier les particules de latex et de restreindre leur aptitude à la déformation. En
conséquence, le temps de maturation est supérieur pour des films vulcanisés, dont la rugosité
diminue plus lentement dans le temps, que pour les films non vulcanisés. (ii) Même dans le
cas de films vulcanisés, les films élaborés à partir de la fraction 2 sont lisses et les particules
de latex ne sont plus visibles après séchage. Cela montre que l’enveloppe qui entoure les
chaînes de polymère est beaucoup plus fine que celle des particules de la fraction 1 et qu’elle
se délite plus facilement et plus rapidement pendant le séchage. La rugosité apparaît donc
moins élevée et le temps de maturation moins important.
-193-
Conclusion
Si l’analyse de l’état de surface des films élaborés à partir des fractions 1 et 2 a permis
de mettre en évidence des différences en terme de nature des particules, au moins au niveau
de leur enveloppe, il était intéressant d’étudier l’influence de cette différence sur les
propriétés d’usage des films.
Au niveau de la perméabilité des films à l’acétone, il n’a pas été mis en évidence de
différence importante de comportement entre les films à base de latex de crème (Fraction 1) et
de latex de skim (Fraction 2).
Si les deux propriétés fonctionnelles étudiées dans le cadre de cette étude n’ont pas fait
apparaître de différence significative entre les différentes fractions, il serait intéressant
d’étudier une autre propriété essentielle des films à base de latex naturel : leur caractère
-194-
Conclusion
allergène. Celui-ci peut être relié au taux de protéine en surface et à leur vitesse de
dégradation au cours du temps. L’état de surface des films, la nature des particules (à travers
l’épaisseur de l’enveloppe et leur taille), ou encore la teneur en protéine dans la suspension
représentent autant de paramètres susceptibles de modifier le caractère allergène des films,
ainsi que leur temps de maturation, qui représente la période au terme de laquelle ce caractère
allergène a disparu.
-195-
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-205-
Annexe
Annexe
L’air, qu’il soit sec ou chargé d’humidité, est envoyé dans le séchoir à un débit
constant égal à 1,61 L/min. Le débit est lu sur un débitmètre se trouvant à température
ambiante, soit 20°C. Une correction sur le débit peut donc être effectué pour tenir compte de
la variation de densité de l’air en fonction de la température (le séchoir est maintenu à 40°C).
A 20°C, la masse volumique de l’air est égale à 1,204 kg/m3 et à 40°C elle vaut 1,127 kg/m3.
Le débit volumique traversant le séchoir est donc égal à :
1,204
Qvol (l / min) = 1,61 × = 1,72 eq. 1
1,127
La section du séchoir est rectangulaire et sa valeur est égale à 21,2 cm2. Le nombre de
Reynolds du courant gazeux dans le séchoir est donc égal à 15,3. Néanmoins, pour calculer la
valeur des coefficients de transfert de matière et d’énergie, il convient de considérer la couche
limite laminaire qui se crée au dessus de la plaque de verre (Figure 1).
U∞
ρU ∞ x
Re x =
couche limite
laminaire
µ
x
-II-
Annexe
hx
Nu x = = 0,332 Re1x/ 2 Pr 1 / 3 eq. 2
λ
avec :
λ (W/m.K) : conductivité thermique de l’air à 40°C ;
µ Cp
Pr = : nombre de Prandtl de l’air à 40°C ;
λ
h (W/m2.°C) : coefficient de transfert de chaleur convectif à 40°C.
hd
Nu L = = 0,664 Re1L/ 2 Pr 1 / 3 eq. 3
λ
ν µ Cp
Pr = = eq. 4
α λ
-III-
Annexe
jM = jE eq. 5
k
(Sc )2 / 3 = h (Pr )2 / 3 eq. 6
U∞ ρU ∞ C p
Le nombre de Schmidt est déterminé pour l’air à 40°C. Il est égal à 0,62 sachant que le
coefficient de diffusion de la vapeur d’eau dans l’air à 40°C est égal à 2,64.10-5 m2/s.
U∞ représente la vitesse de l’air hors de la couche limite, égale au débit d’air divisée
par la section du réacteur, soit 1,35.10-2 m.s-1.
La masse volumique de l’air est égale à 1,127 kg.m-3 à 40°C et la capacité calorifique
de l’air vaut 1046 J.kg-1.°C-1.
Le coefficient de transfert de matière k calculé par l’équation 6 est donc égal à 1,36
-1
m.s . Si le flux est exprimé en terme de pression partielle, le coefficient kp doit être calculé.
Il est alors égal à 9,4.10-9 s.m-1.
Pour valider ce calcul, nous avons mis en œuvre des expériences simples où de l’eau
pure a été placée sur la plaque de verre, dans le séchoir et soumise à une courant d’air chargé
d’une humidité contrôlée (0%, 50% et 70%). Le suivi gravimétrique a été effectué (Figure
2) et le coefficient de transfert de matière a été estimé dans les trois cas.
-IV-
Annexe
1
HR 0%
HR 50%
HR 70%
0.75
m/m0
0.5
0.25
0
0 50 100 150 200
Temps (min)
Figure 2 : Suivi gravimétrique de l’eau pure pour trois humidités relatives (0%, 50% et 70%)
à 40°C
Le flux d’évaporation peut être calculé dans chaque cas par l’expression suivante :
( )
J kg / m 2 .s = k p .[ pi (Ti ) − pe (Te )] eq. 7
-V-
Annexe
-VI-
Etude de l’élaboration par séchage contrôlé et des propriétés fonctionnelles de films à
base de latex naturel d’Hévéa brasiliensis
Ce travail concerne l’étude de l’élaboration de films minces à partir de latex naturel et de ses
fractions produites par centrifugation : la crème de latex, fraction majoritaire, est utilisée
industriellement alors que le latex de skim, minoritaire, est souvent considéré comme un déchet mais
peut aussi être valorisé sous forme de caoutchouc sec. La caractérisation des différentes fractions
(phases non caoutchouc et caoutchouc) a été réalisée en terme de composition chimique, ainsi qu’en
terme de distribution granulométrique par des méthodes de diffusion dynamique de la lumière.
L’élaboration des films a ensuite été réalisée par séchage dans un séchoir aux conditions opératoires
contrôlées (température, humidité relative, vitesse de l’air) ; il a été montré que la fraction possédait
très peu d’influence sur les cinétiques de séchage. Par ailleurs, une modélisation des transferts couplés
de matière et d’énergie a permis de proposer un mécanisme d’élaboration. La limitation au transfert de
matière se situe en phase gazeuse pendant la majeure partie du séchage et la densité de flux
d’évaporation peut être reliée à la teneur en eau résiduelle dans le film. En fin de procédé, la formation
d’un film dense réduit brusquement le taux d’évaporation. Les films élaborés ont été analysés, tant du
point de vue de leurs caractéristiques physiques (état de surface par analyse AFM) et chimiques
(composition chimique à la surface par analyse XPS) que de leur propriétés fonctionnelles
(perméabilité et élasticité). L’ensemble des résultats montre clairement que le fractionnement du latex
naturel possède très peu d’influence sur ses propriétés de filmification ainsi que sur les propriétés
fonctionnelles des films obtenus, ce qui permet de considérer le latex de skim comme un co-produit
valorisable sous forme de films minces, à l’instar de la crème de latex.
Mots clés : séchage, film, latex naturel, élaboration, fractionnement, élasticité, perméabilité
Film elaboration by drying process and study of their functional properties from natural
latex of Hevea brasiliensis
This work concerns a study on the film elaboration process from natural rubber latex and its
fractions obtained by centrifugation: the main fraction is the cream latex and is industrially used
whereas the skim latex, the minor fraction, is often regarded as a waste, eventually used in the form of
dry rubber. The characterization of the various fractions (non rubber and rubber phases) was carried
out on the one hand in term of chemical composition, and on the other hand in term of particle size
distribution by the use of dynamic light scattering. The drying step during the film elaboration process
was studied in a dryer under controlled operating conditions (temperature, relative humidity and air
flow rate); and showed that the fraction had very little influence on the drying kinetics. In addition, a
modeling of the coupled mass and heat transfers was realized to propose a mechanism of elaboration.
The mass transfer limitation was shown located in the gas phase during the main part of the drying and
the evaporation flux was related to the residual water content of the film. At the end of the process, the
formation of a dense film abruptly reduced the rate of evaporation. The surface of the elaborated films
was analyzed by using AFM to determine physical characteristics, and by XPS analysis to draw the
chemical composition. Functional properties of the end-products (permeability and elasticity) were
also determined. All results have clearly shown that both fractions of natural rubber latex had very
similar ability to form a film, and very close functional properties, which makes possible to consider
skim latex as a by-product useful in the making of thin films, like the cream latex.
Key words : drying, film, natural latex, elaboration, fraction, elastisity, permeability