Département de Biologie
Licence Sciences de la Vie
Semestre 6
Option
Environnement et biologie générale
Le titre du projet
L’aquaculture et l’environnement
Nom et Prénom : Moujahed Yousra
Nom et Prénom : Moujoud Nabil
Encadrant(e) : Pr Touria Ouled Bellahcen
Examinateur ou Examinatrice Pr :
Date de soutenance
Année universitaire : 2020 -2021
Remerciements
La réalisation de ce projet a été possible grâce au soutien de certaines personnes à qui je
veux adresser toute ma gratitude.
Je tiens à exprimer mes vifs remerciements envers mon encadrante Pr Touria Oueld
Bellahcen,enseignante à la faculté des sciences Ain Chok,Casablanca. Je la remercie de
m’avoir encadrée, orientée et conseillée.
Je voudrais remercier également mes chers parents et mon petit frère qui ont été toujours là
pour moi. Leur soutien et leurs encouragements ont été de grande aide.
Sommaire
Remerciements
Liste des abréviations et figures
I-Introduction
II-Généralités
1.Définition de l’aquaculture
[Link] mondiale de l’aquaculture
[Link] nationale de l’aquaculture
[Link] différents types de l’aquaculture
[Link] zones d’intérêt aquacole au Maroc
6.L’évolution du marché aquacole marocain
III-Les impacts de l’aquaculture sur l’environnement
1.Déchets organiques et pollution par les nutriments
[Link] de l’habitat
[Link] propre pour l’aquaculture
[Link] pharmaceutiques et pesticides
[Link]
[Link]
[Link]
[Link]
[Link] des espèces sauvages :impact génétique
[Link]
IV-Recommandations pour une aquaculture durable
1.L’aquaculture durable
[Link] alternatives
2.1.L’aquaculture multitrophique intégrée
2.2.L’aquaponie et la culture des algues
Liste des abréviations
ANDA : agence nationale de développement de l’aquaculture
FAO : organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture
AMTI : aquaculture multitrophique intégrée
SA : système aquaponie
Liste de figures
Figure 1 : L’évolution de la production aquacole mondiale
Figure 2 : L’évolution de la production aquacole nationale en espèce
Figure 3 : L’évolution de l’aquaculture au Maroc
Figure 4 : la répartition des fermes aquacoles au Maroc
Figure 5 : les 3 dimensions d’une aquaculture durable
Figure 6 : Exemple d’une aquaculture multitrophique intégrée
Figure 7 : le système aquaponie
I-INTRODUCTION
L'aquaculture est actuellement l'un des systèmes de production d'aliments d'origine
aquatique qui progresse le plus à l'échelle mondial, le développement rapide de
l’aquaculture a été considéré comme la révolution bleue, qui est une approche pour
augmenter la production mondiale de poisson afin de contribuer à la nutrition
humaine et au renforcement de la sécurité alimentaire. Elle est surtout pratiquée
dans les pays en développement, et notamment dans les pays à faible revenu et en
déficit alimentaire. Compte tenu de la stagnation des rendements de nombreuses
pêcheries de capture et de l'accroissement de la demande de poisson et de produits
de la pêche, il y a de fortes chances que l'aquaculture prenne une part de plus en
plus grande dans la production mondiale d'aliments aquatique. Toutefois, on sait
aussi que l'aquaculture recouvre un très large éventail de pratiques d'élevage
aquatique eu égard aux espèces (algues, mollusques, crustacés, poissons et autres
groupes d'espèces aquatiques), aux milieux ou aux systèmes utilisés et qu'elle fait
intervenir des modes d'utilisation des ressources très différents. .Cependant, la
révolution bleue de l’aquaculture est associée à un large éventail de préoccupations
environnementales, y compris la destruction de l’habitat, la pollution de l’eau,
l’eutrophication, les effets écologiques et les flambées de maladies. .l’aquaculture
doit croître durablement tout en réduisant considérablement ses impacts
environnementaux.
II- Généralités
2.1.Définition de l’aquaculture
L’aquaculture recouvre toutes les activités ayant pour objectif la production, la
transformation et la commercialisation d’espèces aquatiques, qu’il s’agisse de plantes ou
d’animaux d’eau douce, saumâtre ou salée sous des conditions contrôlées par l’homme[8].
[Link] situation mondiale de l’aquaculture
La production aquacole se développe de plus en plus à l’échelle mondial et elle es
considérée comme une solution à la pénurie des ressources halieutiques[12]. Depuis 2000,
l’aquaculture continue de progresser plus rapidement que d’autres secteurs de la production
alimentaire. L’année 2013 était la première fois où la part de l’aquaculture a dépassé celle
de la capture à l’état sauvage. Puis en 2018, la production mondiale des produits de mer a
atteint 179 millions de tonnes dont 114 millions sont issus de l’aquaculture. Elle présente
donc plus que la moitié de la production totale , de l’ordre de 52% contre 25.7 en 2000 [7].
Figure 1 : La situation mondiale de l’aquaculture[7]
Il faut noter que l’Asie est le premier producteur mondial du fait qu’il présente les deux tiers
soit 89% de la production totale. Et ceci depuis le milieu des années 2000[7].
[Link] situation nationale de l’aquaculture
Le secteur aquacole marocain est peu développé malgré la présence d’un littoral qui mesure
3500 km. Au titre de l’année 2016, la production aquacole a atteint 510 tonnes dont deux
espèces présentent la quasi-totalité de ce rendement. Il s’agit des huîtres avec une part de
72% produites dans l baie de Dakhla et la lagune de Oualidia et le de bar présentant 26% de
la production. Ce dernier est élevé à M’diq. Cette production est destinée surtout à
l’alimentation humaine[12].
Figure 2 : L’évolution de la production aquacole nationale en espèce[12]
L’aquaculture marocaine participe également à la production des
algues dans la lagune de Marchica. Cette production est destinée à
l’alimentation animale, le cosmétique,… .
En effet, toutes ces productions sont assurées grâce à une vingtaine
de fermes aquacoles avec une production qui dépasse 3000 tonnes
par an avec une écloserie de coquillages. Cette dernière s’est
développée en 2016. Elle es devenue apte à produire environ 50
millions de naissains des huîtres et 10 millions de naissains de
palourdes[12].
Figure 3 : L’évolution de l’aquaculture au Maroc[12]
2.4. Les différents types de l’aquaculture
L’aquaculture s’intéresse à plusieurs catégories de production dont les principales sont[8] :
- La conchyliculture qui concerne l'élevage des mollusques.
- L’astaciaculture définissant l'élevage de l'écrevisse genre astacia.
- L’algoculture qui concerne la culture des algues.
- L’echinoculture définissant l'élevage des oursins.
- La pisciculture qui est l’élevage des poissons. Cette deniére est exercée selon trois
systèmes différents à savoir [3]:
1. La pisciculture intensive qui consite avec quelques apports complémentaires peu
coûteux à utiliser la productivité naturelle du blan d’eau (algue, plancton,…) que l’on
favorise très peu ou légérement pour produire des poissons.
2. La pisciculture semi intensive qui repose sur l’utilisation d’une fertilisation ou sur
l’emploi d’une alimentation complémentaire, sachant qu’une part importante de
l’alimentation du poisson est fournie par li milieu naturel.
3. La pisciculture intensive est une culture dans laquelle tous les besoins nutritionnels
des poissons sont satisfaits par l’apport exogène d’aliments complets, avec pas ou
très peu d’aliments nutritionnels issus de la productivité naturelle du bassin ou du
plan d’eau dans lequel le poisson est élevé. L’aquaculture intensive signifie que kes
quantités de poissons produites par unité de surface sont élevées.
2.5. Les zones d’intérêt et les produits aquacoles au maroc
L’aménagement de projets aquacoles nécessite la présence de zones favorables à
l’aquaculture. Dans ce sens, le Maroc a désigné un certain nombre de zones dans des régions
différentes du royaume où l’activité aquacole peut se développer à savoir[1] :
- Zone Dakhla oued-Eddahab : Il s’agit d’une aire à haut potentiel aquacol
avec la présence de onze fermes conchylicoles qui sont consacrées à l’élevage des
ormeaux et des huîtres. Cette région présente une bonne qualité d’eau et des
conditions naturelles naturelles et excellentes ce qui lui a permis d’adopter plusieurs
projets aquacoles tel que la culture de la palourde européenne en 2020. Cette
derniére demande des conditions assez particuliére pour son élevage. Ce qui fait de
Dakhla une zone si favorable pour la progression de l’aquaculture[1].
- Zone Imessouand Sidi-Ifni : Elle est marquée par la pratique de la
conchyliculture dont les principales espèces élevées sont les moules, les huîtres. Elle
traite également la pisciculture avec élevage du loup de bar, la daurade et le maigre.
Enfin, elle s’intéresse à l’élevage des algues du genres laminaires et gracilaires[1].
À part ces zones, on note la présence d’autres sites avantageux pour l’aquaculture au
niveux d’Alhoceima, Nador, Sâadia qui s’occupent principalement de la pisciculture et la
conchyliculture. L’élevage est assuré sur une superficie de 40 hectares pour chacune de
ces zones[1].
Figure 4 : La répartition des fermes aquacoles au Maroc
[Link] du marché aquacole marocain
Afin de promouvoir l’aquaculture, il faut donner accès aux investissements nationnaux et
internationnaux. Malheureusement, on rencontre des contraintes face à l’investissement.
Tout d’abord, il existe une difficulté d’accès au domaine public maritime. Ensuite, on trouve
que les droits de douane sont élevés concernant l’importation des alevins et de la
nourriture. On note également l’absence d’une politique de soutien et d’accompagnement
des projets aquacoles. En plus, il n’ y a pas une possibilité d’assurance, ce qui décourage les
entreprises de petite taille[2].
En revanche, le Maroc possède des avantages qui peuvent encourager l’investissement
international[2] :
- La présence d’un littoral de 3500 km et un cote atlantique riche et fraîche.
- La diversité de zones favorables( les lagunes, les baies,…).
- La disponibilité de la main d’œuvre.
- La présence des infrastructures tel que le port Tanger-Med.
- Sa proximité des marchés consommateurs des produits aquacoles.
III-Les impacts de l’aquaculture sur l’environnement
L'aquaculture est associée à un large éventail de préoccupations environnementales,
qui doivent être prises en compte pour son développement durable [10].
1.Déchets organiques et pollution par les nutriments
Le surpeuplement et la suralimentation des étangs à poissons peuvent produire une
quantité élevée de matière organique et de déchets libérés par les poissons par leurs
branchies et dans leur urine, qui affectent la qualité de l'eau et réduisent la
concentration d'oxygène dissous par la décomposition des déchets d'aliments non
consommés et des excréments de poisson [7,12]. Les effluents rejetés par les
exploitations piscicoles peuvent également avoir des effets négatifs sur les
ressources en eau locales. L'aquaculture en cage et en filet libère des nutriments
(azote et phosphore) et des produits chimiques non traités dans un environnement
en eau libre, ce qui entraîne de graves impacts écologiques [9,12]. L'aquaculture
contribue à la pollution par les nutriments libérés connue sous le nom
d'eutrophisation [9]. La contribution de la mariculture à l'eutrophisation est plus
élevée que celle de l'aquaculture en eau douce [12]. L'eutrophisation due à
l'aquaculture a des effets néfastes sur les populations de poissons sauvages en
raison de proliférations d'algues nuisibles [9,12].
2. Destruction de l’habitat
Avec la conversion généralisée des terres et des forêts en étangs, l'aquaculture a
des effets néfastes sur l'environnement [7]. La transformation des rizières et des
zones humides des basses terres en fermes piscicoles est une pratique courante
dans de nombreux pays d'Asie (par exemple, le Bangladesh, la Chine et le Vietnam)
[9] car l'aquaculture est plus productive que l'agriculture. Il y a des destructions
irréversibles de l'habitat en raison de la conversion généralisée des rizières et des
zones humides en fermes piscicoles [10]. En fait, les rizières et les zones humides
conservent une grande variété de flore et de faune, y compris des plantes
aquatiques, des oiseaux, des crabes, des poissons, des grenouilles, des moules, des
escargots et des tortues. La modification de l'habitat et le changement d'utilisation
des terres en aquaculture ont un impact négatif sur la biodiversité [9,10].
3. Eau propre pour l'aquaculture
l'eau utilisé dans les activités aquacole ne doivent pas être contaminé avec des
toxines ou des agents pathogènes ou des contaminants [10,12] garantissant ainsi
que les produits sont sûrs à manger évitant une intoxication alimentaire en cas de
consommation de mollusques contaminés. La recherche a également mis en
évidence le risque potentiel de contamination par des substances toxiques,
notamment les hydrocarbures polyaromatiques (HAP), les pesticides, les
polybromodiphényléthers (PBDE), les métaux lourds et les polychlorobiphényles
(PCB). Certaines études ont trouvé bon nombre de ces substances à des niveaux
plus élevés dans les poissons d'élevage que dans les poissons sauvages [12]
[Link] pharmaceutiques et pesticides
Les fermes aquacoles offrent souvent des conditions qui permettent à la maladie de
s'épanouir plus facilement ; par exemple, les animaux sont souvent stockés à une
densité plus élevée que les poissons sauvages. La plupart des produits vétérinaires
et des désinfectants destinés à lutter contre les maladies animales ont été jugés
avoir des impacts environnementaux négatifs minimes s'ils sont utilisés
correctement. De nombreux secteurs de l'aquaculture n'utilisent aucun médicament
et l'utilisation des produits pharmaceutiques est étroitement réglementée.
Cependant, des problèmes, tels que des risques pour les espèces non ciblées,
peuvent survenir lorsque des produits pharmaceutiques ou des désinfectants sont
utilisés au-dessus des limites de sécurité [12]
4.1 Antibiotiq
L'application d'antibiotiques, de produits chimiques et de médicaments a été
signalée comme une préoccupation particulière en aquaculture intensive [10],
seulement 40 à 27 % de l'antibiotique est absorbé par les poissons, le reste est
rejeté via les excréments et pénètrent dans l'environnement marin et peuvent
persister pendant de longues périodes dans les sédiments entraînant une pollution
de l'eau et des déséquilibres dans les écosystèmes aquatiques [10,12]. l'utilisation
excessive d'antibiotiques peut conduire à la résistance aux antibiotiques (ABR) [3]
4.2 Antifoulants
Les antisalissures sont des produits chimiques appliqués aux équipements
d'aquaculture, tels que les cages et les cordes, pour réduire le «bio-encrassement»
la croissance indésirable de plantes ou de créatures, comme les balanes, à leur
surface. Le contrôle de l'encrassement biologique est l'un des problèmes de
production les plus difficiles et les plus coûteux pour l'industrie. La plupart des
antifoulants utilisent le cuivre comme ingrédient actif, qui peut s'infiltrer dans
l'environnement. Ses effets toxiques sur diverses espèces non ciblées ont été
constatés, il s'est réduire les niveaux de croissance et de reproduction des
palourdes, endommager les branchies des poissons et inhiber la croissance du
phytoplancton. Il peut également contaminer les sédiments du fond marin autour des
fermes. Des biocides «Booster» sont ajoutés aux antifoulants à base de cuivre, pour
augmenter leur efficacité. Plusieurs études ont montré que la plupart de ces boosters
peuvent également être dommageables pour les espèces non ciblées. Par exemple,
l'herbicide cybutryne utilisé pour contrôler la croissance des algues inhibe également
la croissance d'autres espèces importantes, notamment les herbes marines et les
coraux [12]
5 Interactions écologiques
5.1 Échappements
Les poissons peuvent s'échapper des fermes à la suite d'une erreur humaine lors de
la manipulation, d'une défaillance mécanique ou des dommages causés aux enclos
par les conditions météorologiques ou des prédateurs, tels que les phoques et les
dauphins. Les évasions sont plus susceptibles de se produire à partir de fermes
ouvertes que de fermes fermées [12]
5.2 Croisement avec des espèces sauvages: impacts génétiques
L'introduction d'espèces de poissons exotiques (exotiques ou non indigènes) dans
l'aquaculture et leur évasion fréquente constituent de graves menaces pour les
espèces indigènes qui les accompagnent et, par conséquent, les poissons exotiques
peuvent avoir des impacts négatifs sur la biodiversité et les écosystèmes avec la
pollution biologique et les changements dans la diversité génétique des populations
naturelles [10]. La fuite du saumon d'élevage des enclos en filet peut avoir des effets
néfastes sur les populations de saumon sauvage par la compétition et le croisement .
Certaines espèces de poissons échappés peuvent se reproduire avec des poissons
sauvages [7]. Les poissons d'élevage ont généralement des caractéristiques
génétiques différentes de celles de leurs homologues sauvages [12]. Le frai dans
l'environnement sauvage de saumons d'élevage échappés avec des saumons
sauvages a un succès limité, car leur progéniture est confrontée à une mortalité
élevée. seulement 27 à 89% du succès à vie du saumon sauvage (c'est-à-dire qu'ils
sont morts jeunes). 70% des embryons sont morts. Ces résultats suggèrent que le
croisement pourrait conduire à l'extinction de populations vulnérables de saumon
[9,12]
5.3 Maladie
Le surpeuplement et La fuite du saumon d'élevage présente également un potentiel
de transmission de maladies et de parasites au population [7]. par exemple La
salmoniculture intensive accélère la croissance des parasites et l'infestation dans le
milieu marin. Le pou du poisson est un parasite qui se nourrit de peau et de sang qui
peut entraîner la mort des poissons et a le plus grand impact sur l'aquaculture du
saumon et menace les pêcheries de saumon sauvage et de truite [9,12]. La
croissance rapide de l'aquaculture avec une eau de mauvaise qualité et la présence
de toxines est devenue une préoccupation majeure des flambées des maladies. Les
maladies a dévasté l'aquaculture de la crevette dans certains pays d'Asie en raison
de la dégradation de l'environnement. les maladies peut entraîner une mortalité
massive de crevettes en une semaine, et par conséquent, de nombreux élevages de
crevettes sont abandonnés [9,10]. On trouve une grande variété de maladies dans
l'aquaculture de la crevette, y compris la tache noire, le syndrome de mortalité
précoce (EMS), les maladies des branchies, la carapace molle, la pourriture de la
queue et Syndrome des taches blanches .Une perte massive de la production de
crevettes a été constatée en raison d'une maladie de l'EMS causée par des bactéries
vibrions. Le syndrome ulcératif épizootique (SUE) ou Syndrome des taches rouges
est également une grande préoccupation en aquaculture [10].
IV-Les recommandations pour une aquaculture durable
Une aquaculture irrationnelle tend vers la détérioration de notre environnement marin tout
en menant à l’épuisement des ressources halieutiques.
4.1. Définition de l’aquaculture durable
L’aquaculture durable désigne la durabilité financière de l’exploitation aquacole ainsi que
l’activité ne doit pas porter atteinte à l’environnement. En plus, un développement durable
nécessite la solidarité entre les générations de manière à ce que la contribution de
l’aquaculture pour les générations futures soit au moins égale à ce qu’elle est pour les
générations actuelles.[5]
Figure 5 : Les trois dimensions pour une aquaculture durable[W1]
Du point de vue écologique, l’aquaculture doit respecter certaines consignes :
-Réduire l’utilisation des antibiotiques en les remplaçant par des vaccins ; ce qui peut
atténuer le taux de pollution.
-Donner la priorité aux espèces autochtones par rapport aux espèces exotiques.
-Eviter au maximum la technique d’élevage intensif qui engendre beaucoup de dégâts.
-Remplacer les engrais chimiques par des engrais organique .
-Limiter la quantité des poissons sauvages utilisés pour l’alimentation. Ainsi le dragage doit
être respectueux ; au moins deux mois après la dernière ponte afin de permettre la
reproduction.
-Utiliser des bassins terrestres pour éviter toute sorte d’évasion.
4.2. Les alternatives pour une aquaculture durable
4.2.1. L’aquaculture multitrophique intégrée
Dans l’AMTI, des espèces de différents niveaux trophiques sont élevées à proximité les unes
des autres, les déchets organiques et inorganiques d’une espèce cultivée servant d’’intrants
nutritionnels pour les autres. Donc, elle consiste à faire intégrer dans un même système des
organismes générateurs de déchets (nourris) et des nettoyeurs (extractifs). Toutes les
espèces ne peuvent pas être cultiver ensemble. La raison pour laquelle, il faut choisir des
espèces complémentaires afin de constituer les chaînes trophiques à l’origine de cette
culture.[9,15]
L’AMTI a pour objectif d’augmenter l’efficacité et la productivité tout en réduisant les
charges de déchets et les impacts environnementaux tel que : l’eutrophisation, la pollution,
… . On prend l’exemple d’une étude au canada qui a réalisé un élevage du saumon tout seul
et puis un élevage du saumon avec des moules et des laminaires. Les résultats ont montrés
que l’aquaculture combinée a donné un rendement ainsi qu’une performance
environnementale supérieurs que celle de la monoculture (la culture que du saumon). [15]
La durabilité de l’environnement est la considération majeure de l’AMTI. Elle est ainsi une
bonne méthode de réhabilitation des écosystèmes marins.
Figure 6: Un modèle d’une aquaculture multitrophique intégrée[W2]
4.2.2. L’aquaponie avec la culture des végétaux supérieurs
L’aquaponie est un système intégré qui combine l’élevage des poissons et la culture de
végétaux( la laitue par exemple). Dans un tel système, les excrétions des animaux aquatiques
sont assimilés par la plantes du fait que ces déchets contiennent des nutriments essentiels à
leur croissance , alors que l’eau traité par les plantes est recyclé pour l’aquaculture. On peut
dire qu’il existe une symbiose entre ces végétaux et les poissons d’élevage. Grâce à ce
système l’eau profite d’une épuration. Son principe général est << Rien ne se perd, rien ne se
crée, tout se recycle>>. La version la plus simple de ce système consiste à placer les poissons
et les végétaux dans un même bassin ou étang. Certaines rizières en Asie en sont l’exemple
le plus ancien. Une version plus moderne a été consultée . Elle s’agit de séparer les poissons
des végétaux ; l’eau du bassin d’élevage irrigue la bassin de culture des végétaux puis,
retourne pure dans le bassin d’élevage de poisson[5,9].
Figure 7 : Un modèle de cycle de l’aquaponie[W3]
L’aquaculture présente plusieurs avantages pour l’environnement tel que[5] :
- Elle réduit les déchets générés dans l’eau et également les fertilisants utilisés en
aquaculture.
- Le système consomme moins d’eau par rapport à l’aquaculture traditionnelle.
- Elle assure la production de deux produits grâce à une seule source de nutriments.
- C’est un système qui s’inscrit dans la conception de l’aquaculture durable
Malgré ces bénéfices, cette méthode n’a pas été assez adopté par les éleveurs.
Premièrement, parce qu’elle ne présente pas beaucoup de gains financières du fait que
généralement les légumes ne présentent pas de grandes valeurs économiques. Ensuite,
l’utilisation des légumes n’a pas pu répondre au problème d’épuisement de l’oxygène par les
animaux aquatiques. Certaines études ont montré que 24 pots de plantes ne peuvent
nettoyer que l’effluant de 17 poisson[9].
4.2.3.L’algoculture intégrée à l’aquaculture
De nombreuses études ont montré que l’algoculture intégrée à l’aquaculture est une
méthode plus efficace que le SA. Ce système a été fortement encouragé du fait que les
algues présentent plusieurs profits. Elles ont la capacité de fixer continuellement le dioxyde
de carbone et fournissent de l’oxygène par photosynthèse agissant comme une bio pompe
d’aération. Egalement, elles absorbent les nutriments de l’eau ce qui assure son
autoépuration. L’assimilation des nutriments contenus dans les effluents par les algues
contribue à la formation d’une biomasse riche en métabolites bioactives d’intérêt. Cette
biomasse peut être collectée et utilisée pour alimenter les animaux aquatiques . Aussi, elle
contient des antioxydants qui peuvent renforcer l’immunité des individus élevés et empêche
ainsi l’utilisation excessive des antibiotiques ou médicaments en aquaculture. Les algues
participent en grande partie à l’élimination de l’ammoniac sécrété par les animaux élevés.
Afin de réussir cette alternative qui assure la réduction des effets néfastes de l’aquaculture, il
faut utiliser des algues de bonne qualité alimentaire comme : Chlorella , Spirulina,
Heamatococcus[9].
V. Conclusion
L’aquaculture est une activité assez ancienne mais qui s’est développée qu’au cours de ces
dernières décennies avec une intensité sans précédant. Cette progression a été marquée à
l’échelle mondiale.
Une aquaculture responsable présente plusieurs avantages pour l’environnement et
également pour la société :
- Elle assure la durabilité des produits de mer ce qui contribue à la sécurité alimentaire
à long terme.
- Elle permet de réduire la pression sur les stocks halieutiques en réduisant la
surpêche.
- L’aquaculture est capable de contrôler la reproduction.
- Elle réduit le taux de pauvreté en offrant des emplois.
En contrepartie, une aquaculture irresponsable tend vers la détérioration de
l’environnement de diverses façons tels que :
- La pollution des eaux à travers l’utilisation abusive des produits chimiques et des
antibiotiques.
- La perte de la biodiversité due à l’introduction des espèces exotiques et l’utilisation
des stocks sauvages pour alimenter les espèces élevées.
- La propagation des maladies due à l’intensification de l’élevage.
Il faut savoir que l’augmentation de la production aquacole sera toujours accompagnée de
préoccupations environnementales. Et comme on ne peut pas s’en passer de cette activité
qui répond à la demande croissante des produits aquacoles, il est impératif de trouver des
alternatives qui ont pour rôle de rationner sa pratique. On s’est rendu compte que l’AMTI est
l’une des solutions avantageuses. C’est une méthode respectueuse de l’environnement qui
permet de réduire le taux de pollution grâce à un recyclage naturel. Ainsi elle préserve la
biodiversité marine en assurant la production de plusieurs espèces dans un seul élevage.
Résumé
La conservation marine n’est devenu un enjeu global que très récemment du fait que les
gens pensaient que les ressources halieutiques sont inépuisables et infinis. Par la suite les
gens sont devenus conscients que la surpêche présente une pénurie des stocks halieutiques.
De ce fait, on s’est rendu compte que l’aquaculture est la bonne solution pour sauver nos
océans de la dégradation. Cette activité doit être responsable afin de soulager les stocks
sauvages sans entraîner des défis environnementaux. Ceci en s’appuyant sur des systèmes
de gestion rationnelle tout en prenant compte du développement durable.
Malheureusement, la majorité des élevages ne prennent pas en considération la
conservation de l’environnement. Ils ont tendance à pratiquer cette activité de manière
intensive, ce qui contribue à la détérioration des écosystèmes marins.
Références bibliographiques :
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