Corrigé Physique II - Concours 2010 MP
Corrigé Physique II - Concours 2010 MP
1ère Partie
Conduction électrique dans un milieu matériel
1
1.1 Conductivité électrique d’un milieu matériel
1.1.1
En appliquant la loi fondamentale de la dynamique, on peut trouver l’équation du mouvement du porteur de
charge dans le milieu matériel selon :
→
− →
− →
− → m→
−
m−
→
a = Fe+ Fa+ Fr ⇒ m−→a = qE − − v − mω02 −
→
r
τ
d−
→v → m→
−
⇒ m = qE − − v − mω02 −
→r
dt τ
soit donc :
1.1.2
Le milieu matériel est soumis à un champ électrique extérieur sinusoïdal de pulsation ω :
[Link] L’étude en régime sinusoïdal trouve sa justification dans le théorème de Fourier qui énonce que tout
champ quelconque période peut être développé en une somme de composantes sinusoïdales. L’action d’un milieu sur
le champ total est la somme des actions de ce milieu sur chaque composante sinusoïdale.
d−
→ Z
v m−→ →
−
m + v + mω0 r = q E avec r = −
2−
→ →
− →
v dt
dt τ
soit alors :
d
d−
→v m−
Z
→
− exp (iωt) ≡ iω exp (iωt)
→ 2 −
→ dt
m + v + mω0 v dt = q E avec Z
dt τ 1
exp (iωt) dt ≡
exp (iωt)
iω
→
−v ω2 → q−→
1
ω2
q−→
iω −
→
v + −i 0−v = E ⇒ +i ω− 0 →
−
v = E
τ ω m τ ω m
d’où :
−
→ q/m →
−
v = E
1
+ i (ω − ω02 /ω)
τ
1.1.3
Expression de la densité volumique de charges ρ associée aux porteurs mobiles en fonction de n et q :
ρ = nq
1.1.4
→
−
Expression de la densité de courant j en fonction de n, q et →
−
v :
−
→
j = ρ−
→
v = nq −
→
v
1.1.5
→
−
Du résultat de la question [Link], on peut déduire l’expression complexe de la densité de courant j :
−
→ nq 2 /m −
→ −
→ nq 2 τ /m →
−
j = E ⇒ j = E
1 2 2
1 + iωτ (1 − ω0 /ω )
+ i (ω − ω02 /ω)
τ
1.1.6
La loi d’Ohm s’écrit en régime établi :
−
→ →
−
j = σE
−
→ →
− nq 2 τ /m →
−
j = σE = 2 2
E
1 + iωτ (ω − ω0 /ω )
soit :
σ0 nq 2 τ
σ= avec σ0 =
1 + iωτ 1 −
ω02 m
ω2
σ0 σ0
σ= = (1 − iωτ )
1 + iωτ 1 + (ωτ )2
1.2.2
La conductivité complexe précédente peut s’écrire sous la forme :
σ0 σ0 ωτ
σ = σ1 − iσ2 = 2 −i 2
1 + (ωτ ) 1 + (ωτ )
avec :
σ0 σ0 ωτ
σ1 = 2 et σ2 = 2
1 + (ωτ ) 1 + (ωτ )
1.2.3
Cas du métal cuivre.
mCu NA NA
n= ⇒ n = ρCu
V MCu MCu
6, 02 × 1023
n = 8, 9 × 103 × ⇒ n = 8, 4 × 1028 m−3
63, 5 × 10−3
nq 2 τ
σ0 = avec q = −e et m = 9, 1 × 10−31 kg
m
soit donc :
mσ0 9, 1 × 10−31 6 × 107
τ= = 2 ⇒ τ = 2, 5 × 10−14 s
nq 2 (8, 4 × 1028 ) (−1, 6 × 10−19 )
1.2.4
En supposant que la condition précédente (ωτ ≪ 1) est vérifiée, on obtient les expressions approchées au premier
ordre en ωτ de σ1 et de σ2 :
σ0 σ0 ωτ
σ1 = 2 ≈ σ0 et σ2 = 2 ≈ σ0 ωτ
1 + (ωτ ) 1 + (ωτ )
1.2.5
Le vecteur densité de courant dans le milieu étudié s’écrit :
−
→ →
− →
− →
−
j = σ E = (σ1 − iσ2 ) E = σ0 (1 − iωτ ) E
soit :
→
−
−
→ →
− →
− en notation réelle −
→ →
− ∂E
j = σ0 E − iσ0 τ ω E −−−−−−−−−−−→ j = σ0 E − σ0 τ
∂t
→
− →
−
−
→ →
− ∂E →
− ∂E
j = σ0 E − σ0 τ = σ0 E + ε0 χ
∂t ∂t
On en déduit donc l’expression de χ :
σ0 τ
χ=−
ε0
1.2.6
L’équation de Maxwell-Ampère s’écrit dans le milieu conducteur comme suit :
→
− →
−
−→−→ →
− ∂E −
→ →
− ∂E
rot B = µ0 j + µ0 ε0 avec j = σ0 E + ε0 χ
∂t ∂t
soit :
→
−
−→−→ →
− ∂E
rot B = µ0 σ0 E + µ0 ε0 (1 + χ)
∂t
1.2.7
→
− →
−
Si l’on admet que le courant de conduction a la même expression qu’en basses fréquences, on écrit : jc = σ0 E .
L’équation de Maxwell-Ampère s’écrit alors :
→
−
−→−→ −
→ − → −
→ ∂E
rot B = µ0 jc + jd avec jd = (1 + χ) ε0
∂t
−
→
jd est la densité de courant de déplacement.
1.2.8
Le rapport de l’amplitude du courant de conduction à celle du courant de déplacement est donné par :
→
−
jc σ0
η= =
jd ε0 ω |1 + χ|
1.2.9
Caractère isolant et caractère conducteur du matériau.
σ0
ω = ωc =
ε0 |1 + χ|
Dans le cas d’un rayonnement électromagnétique visible fvisible ≫ fc et par suite η ≪ 1 : le cuivre se comporte comme
un isolant.
2ème partie
Propagation d’ondes électromagnétiques dans le conducteur ohmique
2.1.2
Pour un conducteur ohmique, l’équation de MA s’écrit :
→
−
−→ −→ →
− ∂E
rot B = µ0 ε0 E + µ0 ε0
∂t
2.1.3
Équation de propagation : on a :
→
− −→ −→
−→ −→ ∂B −→ −→ − → ∂ rot B
rot E = − ⇒ rot (rot E ) = −
∂t ∂t
soit : →!
−
− −−→
→ →
− ∂ −
→ ∂E
| {zE}) = − ∂t
−∆ E + grad(div µ0 σ0 E + µ0 ε0
∂t
=0
⇒ →
− →
−
−
→ ∂E ∂2 E
−∆ E = −µ0 σ0 − µ0 ε 0 2
2.1.4
→
−
D’après le DSF, le champ E peut s’écrire sous la forme d’une combinaison linéaire de fonctions sinusoïdales +
l’équation de propagation (1) est linéaire.
2.1.5
Projection de l’équation (1) sur −
→
ux :
d2 E(z)
2
+ µ0 ε0 ω 2 − iµ0 σ0 ω E(z) = 0 (2)
dz
2.1.6
On cherche les solutions sous la forme : E(z) = exp(i k z).
L’équation (2) donne alors :
k 2 = µ0 ε0 ω 2 − iµ0 σ0 ω
2.1.7
[Link] On a E(z) = E1 exp(i k z), d’où :
−
→
E (z, t) = E1 exp [i (ωt + kz)] −
→
ux
⇒
−
→ k
B (z, t) = − E1 exp [i (ωt + kz)] −
→
uy
ω
soit :
−
→ k−→
B (z, t) = E1 (z, t) ∧ −
→
uz
ω
2.2
2.2.2
q
2 ε0 2ε0 c
⊙ On a : lp = σ µ0 = σ
d’où :
lp 2ε0 c 1 2ε0 c 1 ωε0
= = ω= car λω = 2πc
λ σ λ σ λω σπ
puisuqe σ ≪ ε0 ω, alors :
lp ≫ λ
⊙ Le champ électromagnétique pénètre dans le conducteur sur une distance de l’ordre de quelques lp .
Il y aura beaucoup de dissipation d’énergie dans ce type de conducteur car l’onde y sera atténuée sur une distance de
l’ordre de quelques lp ≫ λ.
2.2.3
On a :
E(z, t) = E1 exp [i (ωt + kz)] + E2 exp [−i (ωt + kz)]
soit :
z z
E(z, t) = E1 exp exp [i (ωt + k0 z)] + E2 exp − exp [i (ωt − k0 z)]
lp lp
2.2.4
0.8
0.4
0.2
–0.2
z
–0.4
–0.6
E−
E2
0.6
0.4
0.2
0
z
–0.2
–0.4
–0.6
–0.8
2.2.5
⊙ L’amplitude de cette onde diminue lorsqu’elle se propage dans le conducteur(car ℑ(k) 6= 0 ), donc il y a dissi-
pation d’énergie.
⊙ L’énergie perdue par l’onde est cédée au conducteur. Elle est transformée ensuite en énergie thermique par effet
→−
− →
Joule (la puissance volumique moyenne cédée à la matière est : < j . E >= 12 |E|2 exp(−2z/lp)).
2ε0 c
⊙ On a lp = σ , donc, dans une mauvais conducteur où σ petite, lp est grande. Donc il y a beaucoup de
dissipation
2.3
2.3.1
On a k 2 = µ0 ε0 ω 2 − iµ0 σ0 ω ≈ −iµ0 σ0 ω.
soit :
√ √ 1 − i√
k = ± −i µ0 σ0 ω = ± √ µ0 σ0 ω
2
d’où : r
µ0 σ0 ω (1 − i)
k = ±(1 − i) =±
2 δ
avec : r
2
δ=
µ0 σ0 ω
⊙ δ est l’épaisseur de peau où profondeur de pénétration de l’onde.
2.3.2
2.3.3
⊙
E(z, t) = E1exp [i (ωt + kz)]
+ E2 exp [−i (ωt
+ kz)]
= E1 exp zδ exp i ωt + zδ + E2 exp − zδ exp i ωt − zδ
⊙ Le champ réel est :
z h z i z h z i
ℜ[E(z, t)] = E1 exp cos ωt + + E2 exp − cos ωt −
| δ {z δ } | δ {z δ }
E− E+
⊙ L’amplitude
q du champ s’annule sur une distance de l’ordre de qlq δ.
On a : δ = µ0 σ20 ω . Donc, en hautes fréquences (ω ↑), δ devient faible et l’onde est localisée au voisinage de la surface
du conducteur.
2.3.4
⊙ Pour un bon conducteur, l’onde reste localisée au voisinage de la surface. Il y a peu de dissipation.
⊙ Pour un mauvais conducteur l’onde pénètre à l’intérieur. Il y a alors trop de dissipation.
−
→ −e
→ →
− Ei
exp i(wt − k0 z)−
→
z
Bi = ∧ Ei = ey
c c
de même : −
→
−
→ ez − → Er
Br = − ∧ Er = − exp i(wt + k0 z)−
→
ey
c c
Donc :
−
→ Ei Er
Bv = exp i(wt − k0 z)−
→
ey− exp i(wt + k0 z)−
→
ey
c c
2.4.2
On utilise l’équation de Maxwell − Faraday :
→
− Z
−→−→ ∂Bt →
− −→−
→
rot E = − =⇒ B t = − rot E dt = ikEt exp i(wt − kz)−
→
ey
∂t
Donc :
−
→ k
B t = Et exp i(wt − kz)−
→
ey
w
2.4.4
Sur l’interface entre le vide et le milieu conducteur :
−
→ →
− −
→
– La composante tangentielle du champ électrique est continue : E i (z = 0) + E r (z = 0) = E t (z = 0), ce qui
donne :
Ei + Er = Et
– La composante tangentielle du champ magnétique est aussi continue, puisque la densité surfacique de courant
→
− →
− →
− →
−
js qui est une grandeur macroscopique n’a pas de sens ici : B i (z = 0) + B r (z = 0) = B t (z = 0), ce qui donne :
Ei Er k
− = Et
c c w
2.4.5
Les deux équations de continuité précédentes permettent de calculer Et et Er en fonction de Ei :
2
Et = 1+ kk
Ei
0
et
1− kk
Er = 0
1+ kk
Ei
0
2.4.6
q
i k i i σ µ0
[Link] D’après 2.2.1 k ≃ k0 − lp =⇒ k0 ≃1− k0 lp =1− k0 2 ε0
Donc :
Ei
Et ≃ σ
1 − i 4wε0
De même :
k i i
1− k0
k0 − (k0 − lp ) lp Ei −Ei
Er = Ei ≃ i Ei = ≃ =
1+ k
k0
k0 + (k0 − lp ) 2k0 − i
lp
2k0 lp
−1 1 + 4 wε
σ
0
i
wε0
[Link] Puisque on est dans le cas du "mauvais" conducteur, alors σ >> 1, donc :
Et ≃ Ei
et
Er << Ei
Le "mauvais" conducteur transmet presque intégralement l’onde incidente.
2.4.7
q
1+i k 1+i 2wε0
[Link] D’après 2.3.1 k ≃ δ , donc : 1 + k0 ≃ 1+ k0 δ . Avec : k0 δ = σ << 1, donc :
2Ei k0 δ
Et = 2Ei (1 + i + k0 δ)−1 k0 δ = (1 + )k0 δ
1+i 1+i
À l’ordre le plus bas non nul en k0 δ :
Finalement :
Er ≃ (−1 + (1 + i)k0 δ)Ei
2.4.8
Le "bon" conducteur réfléchie presque totalement toute l’énergie électromagnétique de l’onde incidente.
Le "mauvais" conducteur absorbe presque totalement toute l’énergie électromagnétique véhiculée par l’onde incidente.
3
3ème partie
Propagation d’ondes électromagnétiques dans un plasma
3.1.2
→
−
L’équation de conservation de la charge électrique s’écrit : div j + ∂ρ = 0.
→∂t
− →
− 2 →
−
Appliquons l’opérateur divergence à l’équation de la question 3.1.1 : div j +τ div j = nem τ div E . En utilisant l’équation
de Maxwell − Gauss et l’équation de conservation de la charge, on aboutit à l’équation différentielle suivante :
∂ 2 ρ 1 ∂ρ ne2
+ + ρ=0
∂t2 τ ∂t mε0
ne2
Il est clair que : wp2 = mε0
3.1.3
Pour les faibles densités n, l’équation précédente devient :
∂ 2 ρ 1 ∂ρ
+ =0
∂t2 τ ∂t
La solution de cette équation différentielle s’écrit, avec A et B des constantes d’integration : ρ(t) = A + Bexp(− τt ).
Si t −→ ∞, ρ(t) −→ A = ρ0 .
La densité volumique de charge tend vers une valeur constante ρ0 .
3.1.4
1 ∂ρ
Dans ce cas : τ ∂t << wp2 × ρ, l’équation (6) devient :
−
→ ε0 wp2 −
→
j = E
iw
3.2.2
−→ −→− → −−→ →
− →
− →
− →
−
[Link] On a : rot(rot E ) = grad(div E ) − ∆ E = −∆ E puisque div E = 0.
Autrement :
−→ −→− → −→ →
−
∂ − →−→ iµ0 ε0 wp2 ∂ →
− →
−
1 ∂2 E
rot(rot E ) = rot(− ∂∂tB ) = − ∂t (rot B ) = w
E
∂t − c2 ∂t2 .
Donc : →
− →
−
→ iµ0 ε0 wp2 ∂ E
− 1 ∂2 E →
−
∆E − − 2 2
= 0
w ∂t c ∂t
→
−
[Link] On injecte E dans cette équation, on obtient :
w2 wp2
k2 = −
c2 c2
3.2.3
q q
[Link] Pour w < wp : w2 −wp2 = i2 (wp2 −w2 ). Donc : k = ± ci wp2 − w2 =⇒ exp(−ikz) = exp(± ci ( wp2 − w2 )z).
Si z > 0, la valeur de k qui mène à une solution bornée est :
iq 2
k=− wp − w2
c
dans le plasma pour w <p . L’onde est complètement réfléchie par le plasma.
w
[Link] Le calcul numérique de la longeur d’onde correspondante à fp = 2πp : λp = fcp donne λp ≃ 334m.
C’est le domaine des ondes radio. Les ondes sont réfléchies par la couche ionosphérique, ce phénomène est appliqué
pour les transmissions hertziennes.
3.2.4
q
[Link] Si w > wp alors : k = ± 1c w2 − wp2 .
Si z > 0, la valeur de k qui donne une solution progressive dans le sens des z croissants est :
1q 2
k=+ w − wp2
c
Vϕ
w
wp
Figure 1 –
Aux hautes fréquences, vΦ −→ c, la dispersion disparaît, les propriétés du plasma n’intervient plus, ses charges "ne
répondent" plus aux excitations très rapides du champ électrique : le plasma devient "transparent".
3.3
3.3.1
Le champ électrique de l’onde considérée s’écrit :
−
→
E = E0 (cos(wt − k1 z) + cos(wt − k2 z))−
→
e x = E0 [(cos( (w1 +w
2
2 )t
− (k1 +k2 )z)
2 ) × (cos( (w2 −w
2
2 )t)
+ (k1 −k2 )z −
2 )]→
ex =
Avec (w2 −w
2
2 )t
= δw
2 et (k1 −k2 )t
2 = − δk
2
Donc :
−
→ δw δk w1 + w2 k1 + k2 −
E = E0 × cos( t − z) cos( t− z)→
ux
| 2
{z 2 } 2 2
amplitude modulée
δw
L’amplitude modulée constitue une OP P M de pulsation wb = 2 .
3.3.2
La vitesse de propagation de l’onde haute fréquence est :
wm w1 + w2
vr = =
km k1 + k2
et
δw w2 − w1
vg = =
δk k2 − k1
vg est la vitesse de groupe.
Puisque il y a propagation, alors on est dans le cas où : w2 > w1 > wp , alors :
1q 2 1q 2
k1 = w1 − wp2 et k2 = w2 − wp2
c c
w22 −w12 w 2 −w 2
On peut remarquer que : vr × vg = k22 −k12
= c2 w2 −w22−(w12 −w2 ) = c2
2 p 1 p
De plus :
w1 + w2 = 2w1 + δw ≃ 2w1
et
k1 + k2 = 2k1 + δk ≃ 2k1
Alors :
w1 + w2 = 2w1 + δw ≃ 2w1
et
k1 + k2 = 2k1 + δk ≃ 2k1
On en déduit que : s
c2 wp2
vg = =c 1−
vr w12
L’onde résultante se propage dans le plasma avec une vitesse de phase égale à vr et son enveloppe se propage avec
une vitesse égale à vg .