Valeurs Propres et Diagonalisation
Valeurs Propres et Diagonalisation
MOUHOUB
Définition : Un vecteur propre de 𝑓 est un vecteur non nul 𝑢 ∈ 𝐸 − {0} tel que
𝑓(𝑢) = 𝜆𝑢 Pour 𝜆∈ 𝐾
On dit que 𝜆 est une valeur propre de 𝑓 associée à 𝑢
L’ensemble des valeurs propres de 𝑓 est appelé le spectre de 𝑓 et noté 𝑠𝑝𝐾 (𝑓)
Remarque :
2
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3
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Sous-espaces propres :
Définition : Soit 𝜆 ∈ 𝐾 une valeur propre de 𝑓 ,l’ensemble
{𝑢 ∈ 𝐸: 𝑓 (𝑢) = 𝜆𝑢} = ker(𝑓 − 𝜆𝑖𝑑𝐸 ) noté 𝐸𝜆 (𝑓) est appelé espace
Propre associé à 𝜆.
Proposition : 𝐸𝜆 (𝑓)est un sous-espace vectoriel de 𝐸
Evident puisque c’est le noyau d’une application linéaire.
Remarque :
- On définit d’une manière équivalente 𝐸𝜆 (𝐴) = {𝑢 ∈ 𝐾 𝑛 : 𝐴𝑢 = 𝜆𝑢} =
𝐾𝑒𝑟(𝐴 − 𝜆𝐼𝑛 )
- 𝐸𝜆 (𝑓) est l’ensemble constitué des vecteurs propres de 𝑓associés à 𝜆 et du
vecteur nul
- Par définition même d’une valeur propre on a l’équivalence :
𝐸𝜆 (𝑓) ≠ {0𝐸 } ⇔ 𝜆 ∈ 𝑠𝑝𝐾 (𝑓). Donc 𝑑𝑖𝑚 𝐸𝜆 (𝑓) ≥ 1
- Si 𝑟 est l’ordre de multiplicité de 𝜆, alors : 1 ≤ 𝑑𝑖𝑚𝐸𝜆 (𝑓) ≤ 𝑟
Exemple :
Soit 𝑓 ∈ 𝑒𝑛𝑑(ℝ3 ) représenté dans la base canonique par la matrice
−1 1 −1
𝐴 = (−1 1 1)
−2 2 0
Déterminer les valeurs propres de 𝑓 et les sous-espaces propres correspondant
4
UMBB_FS_Département de Mathématiques Septembre 2024
Feuille d’exercices 1
Exercice 1 : Calculer les valeurs propres et espaces propres des matrices suivantes :
13 −5 −2 5 −4 −3 0 3 2 1 −3a − 1 3a − 1
(−2 7 −8) , (2 −1 −1), (−2 5 2), (−2 −1 2 )
−5 4 7 1 −1 0 2 −3 0 0 3 − 3a 3a
0 0 0 1 2 3 −2 3
(0 0 −1 0) , ( 0 0 0 0)
0 1 0 0 −1 −6 3 −3
−1 0 0 0 −1 −4 2 −2
Exercice 2 :
1
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Exercice 5 :
Soit α∈ℝ et ƒ ∈ 𝑒𝑛𝑑(ℝ3 ) dont la matrice dans la base canonique est
1 0 1
( −1 2 1)
2−𝛼 𝛼−2 𝛼
1. Quelles sont les valeurs propres de ƒ ?
2. Pour quelles valeurs de 𝛼 l’endomorphisme 𝑓 est t-il diagonalisables.
3. On suppose que 𝛼 = 2. Calculer 𝐴𝑘 pour tout 𝑘 ∈ 𝑁.
Exercice 6 :
1 1 1 1
Soit la matrice 𝐴 = (1 1 1 1)
1 1 1 1
1 1 1 1
1. Déterminer sans calculer le polynôme caractéristique les valeurs propres de 𝐴.
Est-elle diagonalisable ?
2. Donner une condition nécessaire et suffisante pour qu’une matrice de rang 1
soit diagonalisable
Exercice 7 :
2 0 4
1/ Calculer l’exponentielle de la matrice 𝐴 = (3 −4 12)
1 −2 5
2
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2023/2024
FEUILLE D’EXERCICES 1- CORRIGE
Objectifs :
Rappeler l’écriture de la matrice associée à un endomorphisme
Recherche des valeurs propres d’un endomorphisme-Polynôme caractéristique
Introduction à la diagonalisation
Conditions de diagonalisation-Exemple de matrice de rang1(Exercice5)
Application de la diagonalisation
Exercice 1 :
Soit ƒ l’endomorphisme de ℝ3 défini par :
ƒ(𝑥, 𝑦, 𝑧) = (3𝑦 + 2𝑧 ,−2𝑥 + 5𝑦 + 2𝑧, 2𝑥 − 3𝑦)
1. 𝑓 est représenté, dans la base canonique ξ de ℝ3 , par la matrice
0 3 2
𝐴 = (−2 5 2)
2 −3 0
−𝑋 3 2
( ) ( )
2. Le polynôme caractéristique est 𝑃𝑓 𝑋 = 𝑃𝐴 𝑋 = | −2 5 − 𝑋 2 | =
2 −3 −𝑋
−𝑋 3 2 −𝑋 1 2
| 0 2 − 𝑋 2 − 𝑋| = | 0 0 2 − 𝑋 | = −(2 − 𝑋 )(−𝑋 2 + 3𝑋 − 2)
2 −3 −𝑋 2 𝑋−3 −𝑋
2
= −(𝑋 − 1)(𝑋 − 2)
Les valeurs propres de 𝑓 (ou de 𝐴 )sont 𝜆1 = 1 𝑒𝑡 𝜆2 = 2
3. Recherche des vecteurs propres
Posons 𝑣1 un vecteur propre associé à 𝜆1 = 1, on a
−𝑥 + 3𝑦 + 2𝑧 = 0
𝐴𝑣1 = 𝜆1 𝑣1 ⇔ (𝐴 − 𝜆1 𝐼)𝑣1 = 0 ⇔ {−2𝑥 + 4𝑦 + 2𝑧 = 0 ⇔ 𝑦 = 𝑥 𝑒𝑡 𝑧 = −𝑦
2𝑥 − 3𝑦 − 𝑧 = 0
1
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2023/2024
FEUILLE D’EXERCICES 1- CORRIGE
1 0 0
4. la matrice 𝐷 associée à ƒ relativement à ℬ est 𝐷 = (0 2 0) puisque
0 0 2
3
𝑓 (𝑣1 ) = 𝑓(1,1, −1) = 𝑣1 ; 𝑓(𝑣2 ) = 𝑓 ( , 1,0) = 2𝑣2 𝐸𝑡 𝑓 (𝑣3 ) = 𝑓(1, 0,1) = 2𝑣3
2
𝐷 est une matrice diagonale
5. 𝐴 et 𝐷 sont deux matrices représentants le même endomorphisme 𝑓 elles
vérifient la relation suivante : 𝐷 = 𝑃−1 . 𝐴. 𝑃 où 𝑃 est la matrice de passage de
𝜉 𝑐𝑎𝑛 à 𝐵. Elles sont semblables.
6. Pour tout 𝑛 ∈ ℕ, calculer 𝐴 𝑛
A l’aide de la relation 𝐷 = 𝑃−1 . 𝐴. 𝑃 ou encore 𝐴 = 𝑃. 𝐷. 𝑃−1 on peut calculer
les puissances de la matrice 𝐴, en effet on a
Une base formée de vecteur propres de 𝑓 est 𝐵 = {𝑃1 , 𝑃2 , 𝑃3 } (C’est une famille libre
puisque les vecteurs 𝑃1 , 𝑃2 𝑒𝑡 𝑃3 sont associés à des valeurs propres distinctes)
Exercice3 :
Diagonaliser dans 𝑀𝑛 ( ℂ), en donnant la matrice de passage, les matrices suivantes :
0 0 0 1
0 2 −1
(3 0 0 −1 0)
−2 0 ) ;( 0 1 0 0
−2 2 1 −1 0 0 0
3
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2023/2024
FEUILLE D’EXERCICES 1- CORRIGE
0 2 −1
1/ A = ( 3 −2 0 ) est diagonalisable car possède trois valeurs propres
−2 2 1
−X 2 −1 1−X 2 −1
distinctes dans ℂ ; 𝑃𝐴 (𝑋) = | 3 −2 − X 0 | = |1 − X −2 − X 0 |=
−2 2 1−X 1−X 2 1−X
1 2 −1
(1 − X) |1 −2 − X 0 | = (1 − 𝑋)(−𝑋 − 4)(2 − 𝑋)
1 2 1−X
et 𝜆1 = 1, 𝜆2 = 2 𝑒𝑡 𝜆3 = −4
1 0 0
La matrice 𝐴 est diagonalisable et semblable à la matrice diagonale 𝐷 = (0 2 0)
0 0 −4
(sur la diagonale de 𝐷 on retrouve les valeurs propres de 𝐴)
1 4 2
La matrice de passage de 𝜉 𝑐𝑎𝑛 à 𝐵 est 𝑃 = (1 3 −3)et on a 𝐷 = 𝑃−1 . 𝐴. 𝑃
1 −2 2
L’ordre où l’on dispose les valeurs propres dans la matrice 𝐷 n’a pas d’importance,
mais ce choix impose le même ordre pour les vecteurs propres dans la matrice de
passage.
0 0 0 1
2/ 𝐴 = ( 0 0 −1 0) est une matrice diagonalisable car le polynôme
0 1 0 0
−1 0 0 0
caractéristique de 𝐴 est scindé dans ℂ et ∑ 𝑑𝑖𝑚𝐸𝑖 (𝐴) = 4
4
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2023/2024
FEUILLE D’EXERCICES 1- CORRIGE
𝑖 0 0 0
La matrice 𝐴 est semblable à la matrice diagonale 𝐷 = (0 𝑖 0 0 ) telle que
0 0 −𝑖 0
0 0 0 −𝑖
1 0 1 0
𝐷 = 𝑃−1 . 𝐴. 𝑃 et 𝑃 = 𝑃𝑎𝑠𝑠(ℰ𝑐𝑎𝑛 , 𝐵) = ( 0 1 0 1)
0 −𝑖 0 𝑖
𝑖 0 𝑖 0
Exercice 4 :
Soit α∈ℝ et ƒ ∈ 𝑒𝑛𝑑(ℝ3 ) dont la matrice dans la base canonique est
1 0 1
𝐴 = ( −1 2 1)
2−𝛼 𝛼−2 𝛼
Calcul du polynôme caractéristique :
1−𝑋 0 1 1−𝑋 0 2−𝑋
𝑃𝐴 (𝑋 ) = | −1 2−𝑋 1 | = | −1 2−𝑋 0 |
2−𝛼 𝛼−2 𝛼−𝑋 2−𝛼 𝛼−2 2−𝑋
1−𝑋 0 2−𝑋
= | −1 2−𝑋 0 | = (2 − 𝑋 )[𝑋 2 + 𝑋 (−1 − 𝛼) + 𝛼]
1+𝑋−α 𝛼−2 0
= (2 − 𝑋 )(𝑋 − 1)(𝑋 − 𝛼)
Les valeurs propres de 𝐴 sont 𝜆1 = 2, 𝜆2 = 1 𝑒𝑡 𝜆3 = 𝛼
Etude de la diagonalisation de 𝐴 :
1er Cas : Si 𝛼 ≠ 1 𝑒𝑡 𝛼 ≠ 2 les trois valeurs propres de A sont réelles distinctes alors A
est diagonalisable
2ème Cas : Si 𝛼 = 1 les valeurs propres de A sont 𝜆1 = 2 simple et 𝜆2 = 1 double
On a l’équivalence 𝐴 diagonalisable ⇔𝑑𝑖𝑚𝐾𝑒𝑟(𝐴 − 𝐼) = 2 ou bien 𝑟𝑔(𝐴 − 𝐼) = 1
0 0 1 1 0 0
𝐴 − 𝐼 = (−1 1 1) ~ (1 −1 0) et donc 𝑟𝑔(𝐴 − 𝐼) = 2 ≠ 1 et la matrice 𝐴
1 −1 0 0 1 0
est non diagonalisable
3ème Cas : Si 𝛼 = 2 les valeurs propres de A sont 𝜆1 = 2 double et 𝜆2 = 1 simple
On a l’équivalence 𝐴 diagonalisable ⇔𝑑𝑖𝑚𝐾𝑒𝑟(𝐴 − 2𝐼) = 2 ou 𝑟𝑔(𝐴 − 2𝐼) = 1
−1 0 1 −1 0 0
𝐴 − 2𝐼 = (−1 0 1) ~ (−1 0 0) et donc 𝑟𝑔(𝐴 − 2𝐼) = 1 et la matrice 𝐴 est
0 0 0 0 0 0
diagonalisable
Conclusion : la matrice A est diagonalisable si 𝛼 = 2 et si Si 𝛼 ≠ 2 𝑒𝑡 𝛼 ≠ 1
5
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2023/2024
FEUILLE D’EXERCICES 1- CORRIGE
2𝑘 0 0
Et donc 𝐴𝑘 = 𝑃. 𝐷 𝑘 . 𝑃 −1 tel que 𝐷 𝑘 = ( 0 2𝑘 0)
0 0 1
Exercice 5 :
1 1 1 1
Soit la matrice 𝐴 = (1 1 1 1)
1 1 1 1
1 1 1 1
La matrice 𝐴 est de rang égal à 1 donc non inversible et son déterminant est nul
Par suite, 0 est une valeur propre de 𝐴. (𝑑𝑒𝑡𝐴 est le terme constant du polynôme
caractéristique de 𝐴)
On conclut que les valeurs propres de 𝐴 sont 0 d’ordre 3 et 4 simple et 𝐴 est une
matrice diagonalisable.
Exercice 6 :
6
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2023/2024
FEUILLE D’EXERCICES 1- CORRIGE
2 0 4
1/ Calculer l’exponentielle de la matrice 𝐴 = (3 −4 12)
1 −2 5
𝐴
𝐴𝑘 𝑃. 𝐷 𝑘 . 𝑃−1 𝐷𝑘
𝑒 =∑ =∑ = 𝑃. (∑ ) . 𝑃−1 = 𝑃. 𝑒 𝐷 . 𝑃−1
𝑘! 𝑘! 𝑘!
𝑘≥0 𝑘≥0 𝑘≥0
𝜆1 ⋯ 0 𝑒 𝜆1 ⋯ 0
Et si 𝐷 = ( ⋮ ⋱ ⋮ ) alors 𝑒 𝐷 = ( ⋮ ⋱ ⋮ )
0 ⋯ 𝜆𝑛 0 ⋯ 𝑒 𝜆𝑛
2 0 4
La matrice 𝐴 = (3 −4 12) est diagonalisable car possède trois valeurs propres
1 −2 5
distinctes dans ℝ ; 𝑃𝐴 (𝑋) = −𝑋(𝑋 − 1)(𝑋 − 2) et 𝜆1 = 0, 𝜆2 = 1 𝑒𝑡 𝜆3 = 2
𝐸2 (𝐴) = 〈(2,1,0)〉
0 0 0
La matrice diagonale semblable à 𝐴 est 𝐷 = (0 1 0)
0 0 2
−4 −4 2
La matrice de passage (ou la matrice de diagonalisation de 𝐴) est 𝑃 = ( 3 0 1)
2 1 0
−1 2 −4
1
Et son inverse est la matrice 𝑃−1 = ( 2 −4 10 )
2
3 −4 12
L’exponentielle de la matrice 𝐴 s’obtient en calculant le produit matriciel 𝑃. 𝑒 𝐷 . 𝑃−1
1 0 0
𝐷
où 𝑒 = (0 𝑒 0)
0 0 𝑒2
7
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2023/2024
FEUILLE D’EXERCICES 1- CORRIGE
Le but est de calculer le terme général d’une suite récurrente linéaire en utilisant les
matrices.
Soit (𝑢𝑛 )𝑛 une suite de nombres de 𝐾 définie par une relation de récurrence linéaire :
𝑎1 𝑎2 … 𝑎𝑝
1 0 … 0
𝑉𝑛 = 𝐴. 𝑉𝑛−1 Avec 𝐴 = 0 1 … 0
⋮ ⋮ ⋮ ⋮
( 0 0 …1 0 )
𝑢𝑛 = 3𝑢𝑛−1 + 2𝑣𝑛−1
{ ; ∀𝑛 ≥ 1
𝑣𝑛 = 𝑢𝑛−1 + 2𝑣𝑛−1
𝑢𝑛 3 2 𝑢𝑛−1 𝑢𝑛−1 𝑢0
On a : ( 𝑣 ) = ( ) (𝑣 ) = 𝐴 (𝑣 ) = 𝐴𝑛 (𝑣 )
𝑛 1 2 𝑛−1 𝑛−1 0
1 0 1 2
On a donc la relation 𝐴 = 𝑃. 𝐷. 𝑃−1 avec 𝐷 = ( ) ;𝑃 = ( ) 𝑒𝑡
0 4 −1 1
1 1 −2
𝑃−1 = ( )
3 1 1
1 1 2 1 0 1 −2 1 1 + 2. 4𝑛 −2 + 2. 4𝑛
𝐴𝑛 = ( ).( ).( )= ( )
3 −1 1 0 4𝑛 1 1 3 −1 + 4𝑛 2 + 4𝑛
8
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2023/2024
FEUILLE D’EXERCICES 1- CORRIGE
9
Algèbre 3
2024 / 2025
Exercice supplémentaire série 1 :
Correction :
• On a 𝐴𝑣 = 𝜆𝑣 ⇒ 𝐵 (𝐴𝑣) = 𝐵(𝜆𝑣) ⇒ (𝐵𝐴)𝑣 = 𝜆(𝐵𝑣) ⇒ (𝐴𝐵 )𝑣 = 𝐴(𝐵𝑣) =
𝜆(𝐵𝑣)
Si 𝜆 est simple alors les deux vecteurs propres de 𝐴 associés à 𝜆 sont dépendants C-à-d
∃𝛼 tel que 𝐵𝑣 = 𝛼𝑣 donc 𝑣 est un vecteur propre de 𝐵 associé à 𝛼
1−𝑋 1 0
• 𝑃𝐴 (𝑋 ) = | 0 2−𝑋 0 | = (3 − 𝑋 )(2 − 𝑋 )(1 − 𝑋 ) Les valeurs
−2 2 3−𝑋
propres de 𝐴 sont distinctes deux à deux donc 𝐴 est diagonalisable
1 2 0
• 𝐴𝑣1 = (0) = 𝑣1 ; 𝐴𝑣2 = (2) = 2𝑣2 ; 𝐴𝑣3 = (0) = 3𝑣3 Alors
1 0 3
𝑣1 , 𝑣2 𝑒𝑡 𝑣3 sont des vecteurs propres de 𝐴 et {𝑣1 , 𝑣2 , 𝑣3 , } est une base de
diagonalisation de 𝐴
1 0 0
𝐷 = (0 2 0) Est diagonale semblable à 𝐴
0 0 3
Algèbre 3
2024 / 2025
0 0 4
1 1 0
(0 1 0)
1 0 1
−1 0 0
−1 −1 −1 ′
On a 𝑃 . 𝐴. 𝐵. 𝑃 = 𝑃 . 𝐴. 𝑃. 𝑃 . 𝐵. 𝑃 = 𝐷. 𝐷 = ( 0 −4 0 ) = 𝐷
0 0 12
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1
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La matrice 𝐴.
Les 𝜆𝑖 sont donc des valeurs propres de 𝑓 et les 𝑣𝑖 sont les vecteurs propres
associés.
2
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A retenir
Si 𝑓 ∈ 𝐸𝑛𝑑(𝐸) et 𝐴 ∈ 𝑀𝑛 (𝐾) la matrice de 𝑓 dans une base 𝐵 de 𝐸
Pour diagonaliser 𝑓 (ou 𝐴) :
1) On calcule le polynôme caractéristique 𝑃𝑓 = 𝑃𝐴 et on le factorise dans 𝐾[𝑋].
Les racines sont les valeurs propres de 𝑓 (ou 𝐴)
2)
• Si 𝑃𝑓 n’est pas scindé dans 𝐾 alors 𝑓 n’est pas diagonalisable dans 𝐾
• Si 𝑃𝑓 est scindé dans 𝐾 alors on détermine les sous-espaces propres 𝐸𝜆𝑖 (𝑓 )
associés aux valeurs propres 𝜆𝑖 en résolvant les systèmes homogènes
(𝐴 − 𝜆𝑖 𝐼𝑛 )𝑣 = 0 et 𝑑𝑖𝑚𝐸𝜆𝑖 (𝑓 ) = 𝑛 − 𝑟𝑔(𝐴 − 𝜆𝑖 𝐼𝑛 )
Deux cas peuvent se présenter :
- Les valeurs propres sont simples et 𝑑𝑖𝑚𝐸𝜆𝑖 (𝑓 ) = 1, dans ce cas 𝑓 est
diagonalisable et une base de diagonalisation est la réunion des bases des
𝐸𝜆𝑖 (𝑓 )
- Les valeurs propres non toutes simples et dans ce cas pour toutes valeurs
propres 𝜆𝑖 d’ordre 𝑚𝑖 si 𝑑𝑖𝑚𝐸𝜆𝑖 (𝑓 ) ≠ 𝑚𝑖 pour au moins un 𝑖 l’endomorphisme
𝑓 n’est pas diagonalisable. Et si pour tout 𝑖 ; 𝑑𝑖𝑚𝐸𝜆𝑖 (𝑓 ) = 𝑚𝑖
l’endomorphisme 𝑓 est diagonalisable et une base de diagonalisation est
l’union de toutes les bases des 𝐸𝜆𝑖 (𝑓 )
3
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Exemples :
1/ Les matrices suivantes sont-elles diagonalisables ?
7 −12 −2 −2 8 6
1 2
𝐴=( );𝐵 =( 3 −4 0 ) ; 𝐶 = (−4 10 6 ) et
−1 3
−2 0 −2 4 −8 −4
1 −3 0 3
𝐷 = (−2 −6 0 13)
0 −3 1 3
−1 −4 0 8
Réponse :
• Le polynôme caractéristique de A est 𝑃𝐴 (𝑋 ) = 𝑋 2 − 4𝑋 + 5
La matrice 𝐴 est diagonalisable dans ℂ mais pas dans ℝ car les valeurs propres sont
𝜆1 = 2 − 𝑖 𝑒𝑡 𝜆2 = 2 + 𝑖 sont complexes non réelles
• Le polynôme caractéristique de B est 𝑃𝐵 (𝑋 ) = −𝑋(𝑋 + 1)(𝑋 − 2) les valeurs
propres de 𝐵 sont distinctes alors 𝐵 est diagonalisable
• Le polynôme caractéristique de C est 𝑃𝐶 (𝑋 ) = −𝑋(𝑋 − 2)2 . La matrice C est
diagonalisable car 𝑟𝑔(𝐶 − 2𝐼 ) = 1
• Le polynôme caractéristique de D est 𝑃𝐷 (𝑋 ) = 𝑋 4 − 4𝑋 3 + 6𝑋 2 − 4𝑋 + 1 =
(𝑋 − 1)4
La matrice D est non diagonalisable car sinon 𝑟𝑔(𝐷 − 𝐼 ) = 0 ce qui n’est pas
possible car 𝐷 − 𝐼 ≠ 0
4
UMBB_FS_DEPARTEMENT DE MATHEMATIQUES F. MOUHOUB
𝑣2 = (3, −4)
Il y a donc une base 𝐵 = {𝑣1 , 𝑣2 } de ℝ2 formée de vecteurs propres de 𝑓
5 0
La matrice 𝐴 est diagonalisable et semblable à la matrice diagonale 𝐷 = ( )
0 −2
(sur la diagonale de 𝐷 on retrouve les valeurs propres de 𝑓(ou de 𝐴)
La base 𝐵 = {𝑣1 , 𝑣2 } permet de diagonaliser 𝑓(ou de 𝐴), c’est une base de
diagonalisation.
1 3
La matrice de passage de ξ à 𝐵 est 𝑃 = ( ) et on a 𝐷 = 𝑃−1 . 𝐴. 𝑃
1 −4
Remarque : L’ordre où l’on dispose les valeurs propres dans la matrice 𝐷 n’a pas
d’importance, mais ce choix impose le même ordre pour les vecteurs propres dans la
matrice de passage.
−2 0 3 1
C’est-à-dire que 𝐴 est semblable à 𝐷 = ( ) Si 𝑃 = ( )
0 5 −4 1
5
UMBB_FS_Département de Mathématiques Octobre 2024
Exercice 1 :
3 2 −2
Soit 𝐴 = (−1 0 1 ) déterminer µ𝐴 (𝑋 ) puis Calculer 𝐴𝑛 pour tout 𝑛 ∈ ℕ
1 1 0
Montrer que 𝐴 est inversible et calculer son inverse 𝐴−1
Exercice 2 :
I/ Soit 𝑓 un endomorphisme d’un espace vectoriel 𝐸, de dimension finie sur 𝐾
1. Rappeler la définition d’un polynôme annulateur de 𝑓
2. Montrer que toute valeur propre de 𝑓 est une racine de tout polynôme
annulateur de 𝑓
II/ Soit 𝑓 l’endomorphisme de ℝ3 vérifiant :
𝑓(𝑥, 𝑦, 𝑧) = (3𝑥 − 3𝑦 + 2𝑧, −𝑥 + 5𝑦 − 2𝑧, −𝑥 + 3𝑦)
1. Ecrire la matrice 𝐴 associée à 𝑓 relativement à la base canonique de ℝ3
2. Déterminer une base de 𝐾𝑒𝑟 (𝐴 − 2𝐼 ) et une base de 𝐾𝑒𝑟 (𝐴 − 4𝐼 )
3. Montrer que 𝐾𝑒𝑟 (𝐴 − 2𝐼 ) et 𝐾𝑒𝑟 (𝐴 − 4𝐼 ) sont supplémentaires dans ℝ3
4. Diagonaliser, si possible, la matrice 𝐴. Expliciter un polynôme annulateur de 𝐴
puis donner son polynôme minimal.
5. En utilisant le théorème de Cayley-Hamilton, montrer que 𝐴 est inversible et
calculer son inverse.
Corrigé_Exercice 1_Série 2 :
Exercice 1 :
3 2 −2
Soit 𝐴 = (−1 0 1 ) déterminer µ𝐴 (𝑋 ) puis Calculer 𝐴𝑛 pour tout 𝑛 ∈ ℕ
1 1 0
Montrer que 𝐴 est inversible et calculer son inverse 𝐴−1
Solution : On a
3−𝑋 2 −2 3−𝑋 2 0 3−𝑋 2 0
𝑃𝐴 (𝑋 ) = | −1 −𝑋 1 | = | −1 −𝑋 1 − 𝑋 | = | −2 −1 − 𝑋 0 |
1 1 −𝑋 1 1 1−𝑋 1 1 1−𝑋
= (1 − 𝑋 )3
Le polynôme minimal de 𝐴 est de la forme µ𝐴 (𝑋 ) = (𝑋 − 1)𝛽 ; 1 ≤ 𝛽 ≤ 3
On a 𝐴 − 𝐼 ≠ 0 et (𝐴 − 𝐼 )2 = 0 Donc µ𝐴 (𝑋 ) = (𝑋 − 1)2
𝑛=𝑎
On revient à la relation (*) et on remplace par 𝑎 = 𝑛, 𝑏 = 1 − 𝑛, et 𝑋 = 𝐴
Pour trouver : 𝐴𝑛 = 𝑛𝐴 + (1 − 𝑛)𝐼
UMBB_FS_DEPARTEMENT DE MATHEMATIQUES
F. MOUHOUB
Polynômes d’endomorphismes
Exemples
Déterminer le polynôme minimal de chacune des matrices suivantes :
0 0 0
• 𝐴 = (0 1 0 ) ; µ𝐴 (𝑋 ) = 𝑋. (𝑋 − 1). (𝑋 + 1)
0 0 −1
1 0 0
• 𝐵 = (0 1 1) ; On a 𝑃𝐵 (𝑋 ) = −𝑋(1 − 𝑋 )(2 − 𝑋) alors
0 1 1
µ𝐵 𝑋 = 𝑋 𝑋 − 1)(𝑋 − 2) (Ce polynôme est unitaire, annulateur de B d’après le
( ) (
théorème de Cayley Hamilton et ses racines sont les valeurs propres de B)
1 0 0
• 𝐶 = (0 −1 0 ) ; 𝑃𝐶 (𝑋 ) = (1 − 𝑋 )(𝑋 + 1)2
0 0 −1
Le polynôme minimal de C est µ𝐶 (𝑋 ) = (𝑋 − 1)(𝑋 + 1)ou µ𝐶 (𝑋 ) = (𝑋 − 1)(𝑋 +
1)2
On a (𝐶 − 𝐼 )(𝐶 + 𝐼 ) = 0 Donc µ𝐶 (𝑋 ) = (𝑋 − 1)(𝑋 + 1)
2 1 0 0 0
0 2 0 0 0
• 𝐷= 0 0 5 0 0 ; On peut remarquer que cette matrice est diagonale
0 0 0 5 0
(0 0 0 0 2)
𝐷1 0 0
par blocs 𝐷 = ( 0 𝐷2 0 ) Avec 𝐷1 = (2 1) , 𝐷2 = (5 0) 𝑒𝑡 𝐷3 = (2)
0 2 0 5
0 0 𝐷3
Dans ce cas on a :
µ𝐷 (𝑋 ) = (𝑋 − 2)2 . (𝑋 − 5)
Exercices à faire en TD
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F. MOUHOUB
Exercice 1 :
3 2 −2
Soit 𝐴 = (−1 0 1 ) déterminer µ𝐴 (𝑋 ) puis Calculer 𝐴𝑛 pour tout 𝑛 ∈ ℕ
1 1 0
Montrer que 𝐴 est inversible et calculer son inverse 𝐴−1
Exercice 2 :
I/ Soit 𝑓 un endomorphisme d’un espace vectoriel 𝐸, de dimension finie sur 𝐾
1. Rappeler la définition d’un polynôme annulateur de 𝑓
2. Montrer que toute valeur propre de 𝑓 est une racine de tout polynôme
annulateur de 𝑓
II/ Soit 𝑓 l’endomorphisme de ℝ3 vérifiant :
𝑓(𝑥, 𝑦, 𝑧) = (3𝑥 − 3𝑦 + 2𝑧, −𝑥 + 5𝑦 − 2𝑧, −𝑥 + 3𝑦)
1. Ecrire la matrice 𝐴 associée à 𝑓 relativement à la base canonique de ℝ3
2. Déterminer une base de 𝐾𝑒𝑟 (𝐴 − 2𝐼 ) et une base de 𝐾𝑒𝑟 (𝐴 − 4𝐼 )
3. Montrer que 𝐾𝑒𝑟 (𝐴 − 2𝐼 ) et 𝐾𝑒𝑟 (𝐴 − 4𝐼 ) sont supplémentaires dans ℝ3
4. Diagonaliser, si possible, la matrice 𝐴. Expliciter un polynôme annulateur de 𝐴
puis donner son polynôme minimal.
5. En utilisant le théorème de Cayley-Hamilton, montrer que 𝐴 est inversible et
calculer son inverse.
Université de Boumerdes 2024/2025
Faculté des sciences LM/ ALGEBRE3
2 0 0 3 2 −3
𝐴 = (1 2 −2⁄3) ; 𝐵 = (4 10 −12)
0 0 1 3 6 −7
Exercice 3 :
1 2 3 4
Soit la matrice 𝐴 = (0 1 2 3) la matrice représentant un endomorphisme 𝑓 de ℝ4 dans
0 0 1 2
0 0 0 1
1. Montrer que 𝐴 n’est pas diagonalisable et qu’il existe un seul espace propre de base
{𝑢1 } à définir
1 1 0 0
l’endomorphisme 𝑓 est représenté par la matrice 𝐽 = (0 1 1 0)
0 0 1 1
0 0 0 1
Introduction :
Soient 𝐸 un espace vectoriel de dimension finie 𝑛 sur un corps commutatif 𝐾 et 𝑓 un
endomorphisme de 𝐸
Pour trigonaliser l’endomorphisme 𝑓, on cherche une base de l’espace vectoriel 𝐸 dans
laquelle 𝑓 est représenté par une matrice triangulaire supérieure.
Si une telle base existe on dit que 𝑓 est trigonalisable
Une matrice 𝐴 ∈ 𝑀𝑛 (𝐾) est trigonalisable si elle est semblable à une matrice
triangulaire supérieure
Condition nécessaire et suffisante de trigonalisation :
Un endomorphisme 𝑓 (respectivement une matrice A) est trigonalisable si et
seulement si son polynôme caractéristique 𝑃𝑓 (respectivement𝑃𝐴 ) est Scindé sur 𝐾
Nous allons démontrer ce résultat pour les matrices, c’est-à-dire 𝐴 est trigonalisable si
et seulement si son polynôme caractéristique est scindé.
Supposons 𝐴 ∈ 𝑀𝑛 (𝐾) trigonalisable alors par définition 𝐴 est semblable à une
matrice triangulaire supérieure, Soit 𝑇 cette matrice.
1 ⋯ 0
On a alors 𝑇 = ( ⋮ ⋱ ⋮ ) ∈ 𝑀𝑛 (𝐾)
0 ⋯ 2
Les matrices 𝐴 et 𝑇 ont le même polynôme caractéristique car semblable et 𝑃𝑇 (𝑋 ) =
det(𝑇 − 𝑋𝐼𝑛 ) = ∏𝑛𝑖=1(𝑖 − 𝑋 ) = 𝑃𝐴 (𝑋) qui est bien scindé sur 𝐾
Réciproquement, supposons 𝑃𝐴 scindé sur 𝐾 et montrons que 𝐴 est trigonalisable.
On procède par récurrence sur 𝑛 ∈ ℕ∗
Pour 𝑛 = 1 c’est trivial
Pour 𝑛 = 2 on a deux racines de 𝑃𝐴 . Si 1est l’une des racines alors𝐴𝑣1 = 1 𝑣1
1 .
Et 𝑇 = ( ) est triangulaire supérieure semblable à 𝐴.
0 .
Supposons le résultat vrai jusqu’à l’ordre 𝑛 − 1 et montrons que c’est vrai à l’ordre 𝑛
C’est-à-dire que si 𝑑𝑖𝑚𝐸 = 𝑛 montrons que si 𝑃𝐴 est scindé alors 𝐴 est trigonalisable
Si 𝑃𝐴 est scindé sur 𝐾 alors il y’a au moins une valeur propre 1 ∈ 𝐾
Soit 𝑣1 un vecteur propre de 𝐴 associé à 1, complétons alors {𝑣1 } en une base de E.
Soit 𝐵1 = {𝑣1 , 𝑣2 , … , 𝑣𝑛 } cette base
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1
𝑙
Puisque 𝐴𝑣1 = 1 𝑣1 alors 𝐴′ = ( 0 | ⎯ ) avec 𝑙 ∈ 𝑀1,𝑛−1 (𝐾) et 𝑀 ∈ 𝑀𝑛−1 (𝐾)
⋮ 𝑀
0
(Notons que les matrices 𝐴 et 𝐴’ sont semblables)
D’après l’hypothèse de récurrence 𝑀 est une matrice trigonalisable donc
∃𝑄 ∈ 𝑀𝑛−1 (𝐾) Inversible telle que 𝑆 = 𝑄 −1 . 𝑀. 𝑄est triangulaire supérieure
On a donc :
1 1 0 … 0 1 𝑙𝑄 1 0 … 0
𝑙
𝐴′ = ( 0 | ⎯ −1)=(
0 0
)(0 )( ) = 𝑃. 𝑇. 𝑃−1
⋮ 𝑄. 𝑆. 𝑄 ⋮ 𝑄 ⋮ 𝑆 ⋮ 𝑄 −1
0 0 0 0
1 𝑙𝑄
0
La matrice 𝐴′est donc semblable à la matrice notée 𝑇 = ( ) triangulaire
⋮ 𝑆
0
supérieure et par suite 𝐴 est trigonalisable∎
Exemple 1 :
On considère ℝ3 muni de sa base canonique {𝑒1 , 𝑒2 , 𝑒3 }. Soit ƒ l’endomorphisme de
ℝ3 vérifiant : 𝑓 (𝑥, 𝑦, 𝑧) = (𝑦, −4𝑥 + 4𝑦, −2𝑥 + 𝑦 + 2𝑧)
0 1 0
la matrice associée à 𝑓 relativement à la base canonique s’écrit 𝐴 = (−4 4 0)
−2 1 2
On a (𝐴 − 2𝐼 )𝑣 = 0 ⇔ −2𝑥 + 𝑦 = 0 ⇔ 𝑦 = 2𝑥 𝑒𝑡 𝑧 ∈ ℝ
1 0 0
𝑃 = 𝑃𝑎𝑠𝑠(ℰ𝑐𝑎𝑛 , 𝐵1 ) = (2 0 1) C’est une matrice inversible et son inverse est
0 1 0
1 0 0 2 0 1
−1 −1
𝑃 = ( 0 0 1) Et le produit 𝑃 . 𝐴. 𝑃 = (0 2 1) est la matrice 𝑇 demandée
−2 1 0 0 0 2
𝑛
1 0
2
Donc 𝑇 𝑛 = 2𝑛 (𝐶𝑛0 𝐼 + 𝐶𝑛1 𝑁) = 2𝑛 (𝐼 + 𝑛𝑁 ) = 2𝑛 (0 1
𝑛)
2
0 0 0
Exemple 2 :
0 2 1
Le polynôme caractéristique de la matrice 𝐴 = (−1 6 −1) est 𝑃𝐴 (𝑋 ) = (2 − 𝑋 )3
−2 8 0
Il est scindé dans ℝ donc 𝐴 est trigonalisable sur ℝ
Recherche des vecteurs propres :
Il y’a une seule valeur propre =2 d’ordre 3 et l’espace propre associé à 2 est
𝐸2 (𝐴) = 𝐾𝑒𝑟(𝐴 − 2𝐼) = 〈𝑣1 = (2, 1, 2)〉 (𝐴 est non diagonalisable)
Complétons la famille {𝑣1 } pour la rendre une base de ℝ3 .
Soit 𝐵1 = {𝑣1 = (2, 1, 2), 𝑣2 = (0, 1, 0), 𝑣3 = (0, 0, 1)} cette base
1
2 0 0 0 0
2
En posant 𝑃1 = 𝑃𝑎𝑠𝑠 (ℰ𝑐𝑎𝑛 , 𝐵1 ) = (1 1 0) , 𝑃1−1 = ( −1 1 0)
2 0 1 2
−1 0 1
1
2 1
2
On trouve après calculs 𝑃1−1 . 𝐴. 𝑃1 = (0 5 ) Notons cette matrice A’
−3
2
0 6 −1
(remarquer que 𝐴’ n’est pas triangulaire supérieure ce qui signifie qu’on n’a pas
encore fini de trigonaliser la matrice A)
−3
1 5
Posons 𝑙 = (1 ) ∈ 𝑀1,2 (ℝ) et 𝑀 = ( 2 ) ∈ 𝑀2 (ℝ)
2
6 −1
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Exercice :
On considère ℝ3 muni de sa base canonique {𝑒1 , 𝑒2 , 𝑒3 }. Soit ƒ l’endomorphisme de
ℝ3 vérifiant : 𝑓 (𝑥, 𝑦, 𝑧) = (𝑥 − 3𝑦 + 4𝑧, 4𝑥 − 7𝑦 + 8𝑧, 6𝑥 − 7𝑦 + 7𝑧).
Toute matrice dont le polynôme caractéristique est scindé est semblable à une
matrice diagonale par blocs avec des blocs presque diagonaux, dans une base
convenable appelée base de Jordan.
Cette matrice sera appelée matrice de Jordan ou réduite de Jordan.
Introduction : Soit 𝑓 un endomorphisme d’un espace vectoriel 𝐸 de dimension finie 𝑛
Soit 𝐴 la matrice de 𝑓 dans une base ℰ de 𝐸
On note 𝑃𝑓 le polynôme caractéristique de 𝑓.
𝛼𝑝
Supposons 𝑃𝑓 scindé dans K c’est-à-dire 𝑃𝑓 (𝑋 ) = (−1)𝑛 . (𝑋 − 1 )𝛼1 … (𝑋 − 𝑝 )
2 1 0 2 0 0
(0 2 1) Une seule cellule, ou (0 2 1) deux cellules en = 2,
0 0 2 0 0 2
2 1 0 2 0 0
Ou (0 2 0) deux cellules en = 2, ou encore (0 2 0)formé de trois
0 0 2 0 0 2
cellules d’ordre 1 en = 2
3. Une matrice de Jordan notée 𝐽 est une matrice diagonale par blocs où chaque
bloc est un bloc de Jordan en 𝑖 ∈ 𝐾
2 1 0 0 0 0
0 2 0 0 0 0
Exemple : 0 0 2 0 0 0 est une matrice de Jordan formée de 3 blocs
0 0 0 3 1 0
0 0 0 0 3 0
( 0 0 0 0 0 1)
2 1 0
2 1
de Jordan 𝐽2,3 = (0 2 0) → formé de deux cellules ( ) et (2)en = 2
0 2
0 0 2
3 1
𝐽3,2 = ( ) →formé d’une seule cellule en = 3
0 3
Et le bloc de Jordan 𝐽3,2 = (1)en = 1 d’ordre 1
4. On appelle sous-espace caractéristique associé à la valeur propre 𝑖 le sous-
espace vectoriel de 𝐸 noté 𝑁𝑖 défini par : 𝑁𝑖 = 𝐾𝑒𝑟(𝑓 − 𝑖 𝑖𝑑𝐸 )𝛼𝑖 (ou𝑁𝑖 =
𝐾𝑒𝑟(𝐴 − 𝑖 𝐼)𝛼𝑖 )
Et on a :𝐸 = 𝑁1 ⨁𝑁2 ⨁ ⨁𝑁𝑝 (Que 𝑓 soit diagonalisable ou pas)
𝑝
Dans ce cas il existe une base 𝐵 = ⋃𝑖=1 𝐵𝑖 où 𝐵𝑖 des bases de 𝑁𝑖 Telle que la
matrice de 𝑓 dans 𝐵 est de Jordan
Exemples :
4 −3 3
1/ Soit la matrice 𝐴 = ( 2 −1 2) , son polynôme caractéristique est scindé car
−1 1 0
égal à – (𝑋 − 1)3
On a une seule valeur propre = 1 d’ordre 3 donc la réduite de Jordan de 𝐴 est
formée d’un seul bloc de Jordan en = 1 d’ordre 3
1 𝛼1 0
Cette matrice s’écrit donc 𝐽 = 𝐽1,3 = (0 1 𝛼2 )Avec 𝛼1 , 𝛼2 ∈ {0,1}
0 0 1
(Les valeurs de 𝛼1 et 𝛼2 sont déterminées par le nombre de cellules dans le bloc 𝐽1,3 )
Soit 𝑑 le nombre de cellules dans le bloc 𝐽1,3 , on a 𝑑 = 𝑑𝑖𝑚𝐾𝑒𝑟(𝐴 − 𝐼)
Chapitre 4_Deuxième partie_Les formes de JORDAN
3 −3 3
( ) (
On a : 𝑟𝑔 𝐴 − 𝐼 = 𝑟𝑔 2 −2 2 ) = 1 Donc 𝑑𝑖𝑚𝐾𝑒𝑟(𝐴 − 𝐼) = 2
−1 1 −1
Deux cellules dans le bloc 𝐽1,3 d’ordre 3 donnent la forme suivante de la matrice 𝐽 :
1 1 0 1 0 0
𝐽 = 𝐽1,3 = (0 1 0) (Ou bien (0 1 1) )
0 0 1 0 0 1
De cette forme on peut déduire le polynôme minimal de la matrice 𝐴 :
µ𝐴 (𝑋) = (𝑋 − 1)2 (Le 2 représente la taille ou l’ordre de la plus grande cellule dans
le bloc 𝐽1,3 ). En effet, on a le résultat suivant : Si 𝑠𝑝𝐴 = {1 , … , 𝑝 } le polynôme
𝛼
minimal est de la forme µ𝐴 (𝑋 ) = (𝑋 − 1 )𝛼1 (𝑋 − 2 )𝛼2 … (𝑋 − 𝑝 ) où pour
𝑝
tout 𝑖 ∈ {1, … , 𝑝}, 𝛼𝑖 ≥ 1 représente l’ordre de la plus grande cellule dans le bloc de
Jordan correspondant à la valeur propre 𝑖 . De plus le polynôme caractéristique de A
𝛽𝑝
est de la forme 𝑃𝐴 (𝑋 ) = (𝑋 − 1 )𝛽1 (𝑋 − 2 )𝛽2 … (𝑋 − 𝑝 ) 𝑜ù 𝛼𝑖 ≤ 𝛽𝑖
0 −3 0 3
2/ Soit la matrice 𝐴 = (−2 −7 0 13)
0 −3 0 3
−1 −4 0 7
Le polynôme caractéristique de 𝐴 est 𝑃𝐴 (𝑋 ) = 𝑋 4
On a une seule valeur propre = 0 d’ordre 4 donc la réduite de Jordan de 𝐴 est
formée d’un seul bloc de Jordan en = 0 d’ordre 4
0 𝛼1 0 0
𝛼2 0
Cette matrice s’écrit donc 𝐽 = 𝐽0,4 = (0 0 )Avec 𝛼𝑖 ∈ {0,1}
0 0 0 𝛼3
0 0 0 0
Soit 𝑑 le nombre de cellules dans le bloc 𝐽0,4 , on a 𝑑 = 𝑑𝑖𝑚𝐾𝑒𝑟(𝐴 − 0𝐼)
On a 𝑟𝑔𝐴 = 2 (Par échelonnement) donc 𝑑 = 2 et la matrice 𝐽 s’écrit
0 1 0 0 0 1 0 0
𝐽 = 𝐽0,4 = ( 0 0 1 0 )ou (0 0 0 0)(C’est-à-dire deux cellules d’ordres 3 et
0 0 0 0 0 0 0 1
0 0 0 0 0 0 0 0
1 ou deux cellules d’ordres 2)
Mais 𝐴3 = 0 𝑒𝑡 𝐴2 ≠ 0( On dit que A est nilpotente d’indice 3), dans ce cas la taille de
la plus grande cellule dans le bloc correspondant à la valeur propre 0 est 3, et par
suite
Chapitre 4_Deuxième partie_Les formes de JORDAN
0 1 0 0
𝐽 = 𝐽0,4 = (0 0 1 0) Et le polynôme minimal de A est µ (𝑋 ) = 𝑋 3
𝐴
0 0 0 0
0 0 0 0
3 −1 3
3/ Soit la matrice 𝐴 = ( 7 4 3 ) , son polynôme caractéristique est scindé
−9 0 −7
car égal à – (𝑋 + 1)2 (𝑋 − 2)
On écrit ℝ3 = 𝐾𝑒𝑟(𝐴 + 𝐼)2 ⨁𝐾𝑒𝑟(𝐴 − 2𝐼)
La réduite de Jordan de A est formée de deux blocs de Jordan 𝐽−1,2 𝑒𝑡 𝐽2,1
−1 1 −1 0
Avec 𝐽−1,2 = ( ) 𝑜𝑢 ( )
0 −1 0 −1
−1 1
Mais 𝑑 = 𝑑𝑖𝑚𝐾𝑒𝑟(𝐴 + 𝐼) = 1 puisque 𝑟𝑔(𝐴 + 𝐼) = 2 Ce donne 𝐽−1,2 = ( )
0 −1
−1 1 0
Et la matrice de Jordan de 𝐴 est 𝐽 = ( 0 −1 0)
0 0 2
Le polynôme minimal de A est :µ𝐴 (𝑋 ) = (𝑋 + 1)2 (𝑋 − 2)
𝑒 𝐵1 0 …
( 0 ⋱ 0 ) = 𝑑𝑖𝑎𝑔(𝑒 𝐵1 , 𝑒 𝐵2 , … , 𝑒 𝐵𝑝 )
⋮ 0 𝑒 𝐵𝑝
𝐽1 0 …
En particulier si 𝐵 est une matrice de Jordan 𝐵 = 𝐽 = ( 0 ⋱ 0)
⋮ 0 𝐽𝑝
1 0
0 1 0
• Lorsque la matrice 𝐵 est une cellule de Jordan en , 𝐵 = ⋮ 0 ⋱
1
⋮
( 0 )
0 0 0 1 0
0 0 0 0 0 1 0
On écrit 𝐵 = ⋮ 0 ⋱ + ⋮ 0 ⋱ = 𝐼 + 𝑁
0 ⋮
0 1
⋮
( 0 ) ( 0 0)
Donc 𝑒 𝐵 = 𝑒 𝐼+𝑁 𝐼 𝑁 𝑁 𝑁
= 𝑒 𝑒 = 𝑒 . 𝐼. 𝑒 = 𝑒 . 𝑒 Car
(𝐼)𝑘 ()𝑘
𝑒 𝐼 = ∑𝑘≥0 = (∑𝑘≥0 ) . 𝐼 = 𝑒. 𝐼
𝑘! 𝑘!
𝑁 est une matrice nilpotente (puisque 0 est l’unique valeur propre) son
exponentielle se calcule directement :
𝑁𝑘 𝑁2 𝑁 𝑟−1
𝑒 𝑁 = ∑𝑘≥0 =𝐼+𝑁+ + ⋯+ un nombre fini de termes (𝑟 est
𝑘! 2! (𝑟−1)!
l’indice de nilpotence de 𝑁)
Pour calculer 𝑒 𝐴 on calcul le produit matriciel 𝑃. 𝑒 𝐵 . 𝑃−1
Exemples :
2 1 0 0 1 0
1/ 𝐵 = (0 2 1 ) = 2𝐼 + 𝑁 Avec 𝑁 = ( 0 0 1) nilpotente d’indice 𝑟 = 3
0 0 2 0 0 0
0 0 1
3 2
(Car 𝑁 = 0 𝑒𝑡 𝑁 = (0 0 0) ≠ 0)
0 0 0
1
𝑁2 0 0
𝑒 𝐵 = 𝑒 2𝐼+𝑁 = 𝑒 2𝐼 𝑒 𝑁 = 𝑒 . 𝑒 = 𝑒 . (𝐼 + 𝑁 + ) = 𝑒 2 . [𝐼 + 𝑁 + (
2 𝑁 2 2)]
2 0 0 0
0 0 0
2
𝑒
𝑒2 𝑒2
=( 2)
0 𝑒2 𝑒2
0 0 𝑒2
2 0 0
2/ 𝐵 = (0 𝑒 𝐵1 0 )
2 1) = (
0 𝑒 𝐵2
0 0 2
2 1 0 1
Et 𝐵2 = ( ) = 2𝐼2 + 𝑁 où 𝑁 = ( ) nilpotente d’indice 2
0 2 0 0
2 𝑒2 0 0
𝐵2
= 𝑒 . (𝐼 + 𝑁 ) = ( 𝑒
2 𝑒 2 ) et donc 𝑒 𝐵 = (
𝑒 0 𝑒2 𝑒2)
0 𝑒2
0 0 𝑒2