Lignes Directrices Concernant La Prise en Charge de La Tuberculose Chez L'enfant Dans Le Cadre Des Programmes Nationaux
Lignes Directrices Concernant La Prise en Charge de La Tuberculose Chez L'enfant Dans Le Cadre Des Programmes Nationaux
concernant la prise en
charge de la tuberculose
chez l’enfant dans le cadre
des programmes nationaux
2ème édition
Lignes directrices
concernant la prise en
charge de la tuberculose
chez l’enfant dans le cadre
des programmes nationaux
de lutte contre la tuberculose
2ème édition
Catalogage à la source : Bibliothèque de l’OMS
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des
programmes nationaux de lutte contre la tuberculose – 2ème éd.
Préface .................................................................................................................v
Déclarations afférentes aux risques de conflits d’intérêts........................................... vii
Remerciements..........................................................................................................ix
Abréviations et sigles............................................................................................... xiv
Définitions et distinctions......................................................................................... xvi
Résumé d’orientation ................................................................................................ 1
1. Introduction................................................................................................. 11
1.1 Objectifs du chapitre.............................................................................. 11
1.2 La finalité de lignes directrices pour la prise en charge
de la tuberculose chez l’enfant............................................................... 11
1.3 Audience visée....................................................................................... 11
1.4 En quoi la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant
et l’adolescent diffère-t-elle chez l’adulte ?............................................. 12
1.5 Aspects éthiques.................................................................................... 12
1.6 La charge que représente la tuberculose chez les enfants....................... 13
2. Méthodologie............................................................................................... 15
2.1 Objectifs du chapitre.............................................................................. 15
2.2 La procédure suivie pour la réactualisation de l’édition 2006.................. 15
2.3 Date d’expiration................................................................................... 19
Annexes
Preface
La première édition de l’ouvrage intitulé Guidance for national programmes on the
management of tuberculosis in children [paru en anglais et en russe seulement. Le titre
correspondrait en français à «Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose
chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose»] a
été publiée en 2006. Elle a entraîné l’élaboration de lignes directrices concernant la prise en
charge de la tuberculose chez l’enfant ou une révision des lignes directrices existantes dans
le cadre des programmes nationaux de nombreux pays où cette maladie sévit de manière
endémique. Mais aujourd’hui, les nouvelles bases factuelles publiées et des recommandations
elles aussi nouvelles ont rendu nécessaire de mettre à jour cette première édition, de 2006.
Comme la première, cette deuxième édition tend à ce que la révision des lignes directrices
nationales et des autres normes en vigueur afférentes à la lutte contre la tuberculose, dont
la plupart comportent des aspects concernant les enfants, restent fondées sur des données
à jour. On y a également inclus des recommandations s’appuyant sur les meilleures bases
factuelles disponibles, qui sont susceptibles d’améliorer le traitement de la tuberculose chez
l’enfant et la prise en charge des enfants dans les familles touchées par la tuberculose. On
estimera certainement opportun, dans le cadre des programmes nationaux et régionaux
de lutte contre la tuberculose, d’adapter ces recommandations en fonction des conditions
locales.
Depuis 2006, les défis spécifiques que pose la tuberculose par rapport aux enfants
bénéficient heureusement d’une attention croissante et, à l’échelle mondiale, on reconnaît
mieux l’importance du phénomène en tant que problème de santé publique. Même
si la plupart des enfants atteints de tuberculose ne sont pas nécessairement à l’origine
d’une propagation importante de la maladie dans la population, la tuberculose reste une
contributrice importante de la morbidité et de la mortalité maternelle et infantile.
Suite à la publication des lignes directrices de 2006, de nombreux pays se sont dotés de
politiques et stratégies nationales de prise en charge de la tuberculose chez l’enfant. Sur
le plan pratique, malheureusement, la mise en œuvre de ces stratégies n’a pas toujours
suivi. Le défi qui se pose aujourd’hui est de résoudre ce hiatus entre parole et action en
intensifiant les mesures de prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans les pays où
cette maladie sévit de manière endémique.
On s’est efforcé d’inclure la gestion de la tuberculose chez les adolescents chaque fois
que cela était pertinent, puisqu’il est désormais avéré que les adolescents constituent un
groupe vulnérable qui n’a pas été spécifiquement pris en compte dans les lignes directrices
actuellement en vigueur concernant le traitement de la tuberculose.
La parution de la première édition des présentes lignes directrices avait précédé le processus
d’élaboration de lignes directrices fondées sur des bases factuelles engagé par l’OMS. En
v
2ème édition
revanche, l’élaboration de cette deuxième édition s’est faite conformément aux principes
résultant de ce processus. De nombreuses recommandations de l’OMS actuellement en
vigueur, déjà publiées dans les documents d’orientation ayant trait à la prise en charge
de la tuberculose et du VIH, sont mentionnées dans les présentes lignes directrices. Toute
recommandation antérieure dont l’examen a donné lieu à des modifications sur le plan du
détail ou encore sur celui de la portée et/ou de la qualité des bases factuelles, a été signalée.
vi
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Un formulaire de déclaration afférente aux risques de conflits d’intérêts a été rempli par
chacun des membres du Groupe de travail et par chacun des membres du Groupe de
révision externe, de même que par les membres des institutions académiques qui ont été
associés aux discussions.
Le Dr Susan Abdel-Rahman a signalé que son employeur bénéficie d’une aide à la recherche
fournie par les United States National Institutes for Health (Instituts nationaux de santé des
États-Unis) pour la mise au point de tests sur des prélèvements de sang séché destinés à
l’observation des effets de médicaments de traitement de la tuberculose (2011-2013). Le
Dr Abdel-Rahman indique en outre avoir établi des rapports techniques pour l’OMS sur
l’évaluation des schémas posologiques actuels dans la lutte contre la tuberculose.
Le Dr Lisa Adams a déclaré que les collègues de son unité de recherche ont bénéficié d’un
soutien de la part d’Oxford Immunotec Inc., fabricant du test T-SPOT TB. Le Dr Adams a
déclaré avoir été associée à l’étude mais n’avoir reçu aucune rémunération ni aucun soutien
de la part de ces fonds de recherche. Le Dr Adams a également été associée au projet TB
CARE II, ayant supervisé des examens systématiques d’intervention tendant à l’amélioration
de l’administration d’une thérapie préventive par isoniazide (PTI) à des enfants ayant été
exposés à la tuberculose et/ou séropositifs, en vue de partager ces constatations et de
contribuer à l’élaboration de ces lignes directrices.
Le Dr Farhana Amanullah a déclaré avoir été employée par l’Indus Hospital et avoir bénéficié
d’un soutien non pécuniaire (déplacements pris en charge) dans le cadre du partenariat
Halte à la tuberculose (Stop TB).
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2ème édition
Le Dr Suzanne Hill a déclaré avoir été employée par l’OMS au bénéfice d’une aide accordée
par la fondation Gates pour la promotion de l’utilisation appropriée des médicaments chez
l’enfant, y compris pour le traitement de la tuberculose (2008-2011).
Le Dr Robert Gie, Mme Cornelia Jervis, le Dr Dya Erti Mustikawati, le Dr Joshua Olusegun
Obasanya, le Professeur Elizabeth Maleche Obimbo le Dr Alena Skrahina ont déclaré n’avoir
aucun lien risquant de donner lieu à un conflit d’intérêts dans ce domaine.
Toutes les déclarations afférentes aux risques de conflits d’intérêts ont été déposées auprès
du secrétariat du Programme mondial et peuvent être consultées sur demande.
viii
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Remerciements
Le présent document rassemble des lignes directrices élaborées par consensus par le
Programme mondial de l’OMS avec la contribution du Sous groupe de la tuberculose chez
l’enfant et du partenariat Halte à la tuberculose (Stop TB).
Des avis spécialisés ayant trait au dosage des médicaments ont été fournis par le professeur
Peter Donald (Université de Stellenbosch, Le Cap (Afrique du Sud) et le Dr Susan Abdel-
Rahman (Children’s Mercy Hospitals and Clinics, Kansas City, Missouri, États-Unis).
Des informations, et notamment des informations en retour sur des questions spécifiques
ont été fournies par les membres du personnel de l’OMS suivants: Annemieke Brands,
Dennis Falzon, Haileyesus Getahun, Malgosia Grzemska, Lisa Hedman, Christian Lienhardt,
Lisa Nelson, Martina Penazzato, Mario Raviglione, Charalampos Sismanidis, Fraser Wares,
Karin Weyer et Patrick Zuber.
Des informations utiles ont également été fournies par les membres du Groupe de révision
externe (dont la liste suit).
D’autres informations en retour et un soutien ont été apportés par le Comité de révision des
lignes directrices de l’OMS (présidence : Charles Penn; secrétariat : Susan Norris).
Tara Kedia (stagiaire à l’OMS venant du New Hampshire (Etats-Unis)) et Nicole Wong (de
Monash University, Melbourne (Australie)) ont fourni leur appui pour la préparation du
document.
Comité de rédaction
Le comité de rédaction était constitué du Dr Stephen Graham, du Dr Malgosia Grzemska,
du Dr Suzanne Hill, de Mme Tara Kedia et de Mme Nicole Wong.
ix
2ème édition
x
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
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2ème édition
Dr Daniel Kibuga
Médecin conseil pour la tuberculose, Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique,
Brazzaville (Congo).
Dr Anna Mandalakas
Professeur associée en pédiatrie, Section of Retrovirology and Global Health, Baylor
College of Medicine, Texas Children’s Hospital, Houston, Texas (États-Unis).
Dr Ben Marais
Deputy-Director, Sydney Institute for Emerging Infectious Diseases and Biosecurity
(SEIB) & Associate Professeur, Department of Paediatrics and Child Health, The
Children’s Hospital at Westmead, University of Sydney, Nouvelle-Galle-du Sud
(Australie).
Dr Surbhi Modi
Médecin conseil, Pediatric HIV Team, Maternal and Child Health Branch, Division
of Global HIV/AIDS, Centers for Disease Control and Prevention, Atlanta, Géorgie,
(États-Unis).
Dr Lulu Mussa Muhu
Médecin conseil, Recherche et développement, Département Santé maternelle,
infantile, de l’enfant et de l’adolescent, Organisation mondiale de la Santé, Genève
(Suisse).
Dr Kazadi Mwayabo
Catholic Relief Services, Baltimore, Maryland (États-Unis).
Dr Lisa Nelson
Médecin conseil, Département VIH/sida, Organisation mondiale de la Santé, Genève
(Suisse).
Mr Peter Ngo’la Owiti
Executive Director, Wote Youth Development Projects, Makueni, (Kenya).
Dr Sally-Ann Ohene
Administrateur national pour la tuberculose, Bureau de l’OMS à Accra (Ghana).
Dr Kosuke Okada
Association japonaise contre la tuberculose, Tokyo (Japon).
Dr Ikushi Onozaki
Médecin conseil, Suivi et évaluation de la tuberculose, Programme mondial de lutte
contre la tuberculose (OMS), Organisation mondiale de la Santé, Genève (Suisse).
Dr Iveta Ozere
Agence nationale de la tuberculose et des maladies respiratoires, Cekule, Riga
(Lettonie).
Dr Andreas Sandgren
Unité des avis scientifiques, Centre européen de prévention et de contrôle des
maladies, Stockholm (Suède).
Dr Kunrath Seak
Association japonaise contre la tuberculose, Phnom Penh (Cambodge).
Ms Zacharoula Srimuangboon (Hara Mihalea)
Regional Senior Technical Officer, ACSM/PPM, PATH, Bangkok (Thaïlande).
xii
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Dr Jeffrey Starke
Bayler College of Medicine, Texas Children’s Hospital, Houston, Texas (États-Unis).
Dr Marina Tadolini
Consultante indépendante, Bologne (Italie).
Dr Jamhoih (Jamie) Tonsing
FHI 360, Phnom Penh (Cambodge).
Dr Dilrabo Ulmasova
Centre national DOTS , Tachkent (Ouzbékistan).
Dr Nguyen Viet Nhung
Programme national de lutte contre la tuberculose, Hanoi (Viet Nam).
xiii
2ème édition
Abréviations et sigles
ABC abacavir
ARV antiretroviral
Sida syndrome d’immunodéficience acquise
T-ARV thérapie antirétrovirale
AZT zidovudine
BCG bacille de Calmette et Guérin (vaccin)
TMP - SMX prophylaxie au co-trimoxazole
RXP radiographie pulmonaire
EMB éthambutol
EFV éfavirenz
INH isoniazide
VIH virus de l’immunodéficience humaine
IGRA test de détection de l’interféron-gamma
TPI traitement préventif par isoniazide
BCG-IRIS syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire associé au BCG
LPV lopinavir
LPV/r lopinavir/ritonavir
MDR-TB tuberculose multipharmacorésistante
INNTI inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse
INTI inhibiteur nucléosidique de la transcriptase inverse
PNT programme national de lutte contre la tuberculose
NVP névirapine
PTME prévention de la transmission [du VIH] de la mère à l’enfant
DPP dérivé protéinique purifiée [de tuberculine]
RMP rifampicine
RTV ritonavir
TB/VIH tuberculose associée à une infection par VIH
TDF fumarate de ténofovir disoproxil
3TC lamivudine
xiv
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
xv
2ème édition
Définitions et distinctions
Note: Les définitions ci-après s’appliquent à certains termes et expressions tels qu’employés dans les
présentes lignes directrices. Ces termes ou expressions peuvent avoir un sens différent dans d’autres
contextes.
Adolescent
Individu de 10 à 18 ans.
Enfant
Individu de 0 à 10 ans.
Contact proche
Situation d’une personne qui, sans être membre du foyer du premier cas détecté, a
été en présence de ce cas dans un espace clos - à l’occasion d’une réunion sociale,
sur un lieu de travail, dans un local, etc. - pendant des périodes prolongées au cours
des 3 mois ayant précédé l’épisode de traitement considéré.
Contact
Situation de toute personne ayant été exposée à un premier cas détecté.
xvi
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Cas avéré
premier cas identifié d’un épisode nouveau ou récurrent de tuberculose affectant
une personne de quelque âge que ce soit dans un foyer donné ou autre situation
comparable comportant un risque de contamination d’autres personnes. Un cas
avéré est un cas à partir duquel est centrée l’investigation des contacts possibles
(mais il n’est pas nécessairement le cas initial).
Nourisson
Enfant de moins d’un an.
Infection
L’infection par Mycobacterium tuberculosis peut survenir après avoir été en contact
avec une personne atteinte de la tuberculose active et signifie que la bactérie est
présente dans l’organisme de la personne nouvellement infectée. Beaucoup de
personnes sont infectées mais continuent à se porter normalement tandis que
certaines développent la forme active de la maladie. Lorsqu’un individu a été infecté
mais ne manifeste aucun signe ou symptôme de la maladie à l’observation clinique
1
Note: Les définitions ci-après s’appliquent à certains termes et expressions tels qu’employés dans les présentes lignes
directrices. Ces termes ou expressions peuvent avoir un sens différent dans d’autres contextes.
xvii
2ème édition
Nouveau-né
Individu de moins de 28 jours.
Thérapie préventive
Traitement proposé à des sujets contacts considérés comme risquant de développer
la tuberculose suite à une exposition à une source possible d’infection, en vue
de réduire ce risque. S’il est un fait que, selon l’usage, on parle de «thérapie
préventive», il s’agit en l’occurrence d’un traitement de la forme latente de
l’infection tuberculeuse.
Cas source
Personne porteuse d’une infection tuberculeuse (présentant en général un frottis
d’expectorations positif ou pour laquelle une culture est positive), qui transmet
l’infection à une ou plusieurs personnes.
xviii
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Résumé d’orientation
D’importants ajouts ou changements apportés récemment aux lignes directrices concernant
la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant ont rendu nécessaire de réviser la première
édition de l’ouvrage publié par l’OMS en 2006 sous le titre Guidance for national tuberculosis
programmes on the management of tuberculosis in children.
Comme pour les lignes directrices de 2006, ce document s’adresse aux programmes nationaux
de lutte contre la tuberculose, aux pédiatres et autres professionnels de la santé des pays
à revenu intermédiaire ou modeste; il ne vise pas à fournir des recommandations aux pays
à revenu élevé et à faible prévalence de tuberculose. Cette distinction est particulièrement
importante par rapport à la démarche diagnostique et à la recherche des contacts.
Des lignes directrices cohérentes et d’actualité sont importantes pour l’élaboration et la mise
en œuvre d’une politique et de pratiques d’amélioration de la prise en charge d’enfants
atteints de tuberculose et d’enfants dont la famille est concernée par la tuberculose. On
reconnaît de plus en plus l’importance qu’occupent les enfants dans l’expansion de la
stratégie mondiale de lutte contre la tuberculose lancée en 2006 et actuellement en cours
de révision avec en ligne de mire les années postérieures à 2015.
Le présent résumé recense les recommandations de la deuxième édition des lignes directrices
et met en relief les principaux changements opérés par rapport à l’édition 2006 (première
édition)(ces changements étant signalés par la mention «nouveau» dans le résumé des
recommandations figurant ci-après. Les chapitres qui font suite au résumé fournissent
des précisions complètes sur les approches préconisées par l’OMS en ce qui concerne la
prévention, le diagnostic et le traitement.
1
2ème édition
Le test Xpert MTB/RIF peut être utilisé en lieu et place de la méthode classique
de culture et d’examen au microscope en tant que test diagnostique initial chez
tous les enfants suspects d’avoir contracté la tuberculose
(Recommandation avec réserve, reconnaissant des implications majeures en termes de
ressources, qualité très médiocre des bases factuelles)
Source: Technique automatisée d’amplification de l’acide nucléique en temps réel pour
la détection rapide et simultanée de la tuberculose et de la résistance à la rifampicine: le
système Xpert MTB/RIF de diagnostic de la tuberculose pulmonaire et extrapulmonaire
chez l’adulte et chez l’enfant. Actualisation de la politique. Genève, Organisation
mondiale de la Santé, 2013.
Le test Xpert MTB/RIF en tant qu’outil diagnostique de la tuberculose extrapulmonaire
chez l’enfant
n Recommandation 3 (nouvelle)
2
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
n Recommandation 4 (nouvelle)
Le test Xpert MTB/RIF devrait être utilisé de préférence à la méthode classique
de culture et d’examen au microscope en tant que test diagnostic initial à partir
d’échantillons de liquide céphalorachidien chez l’enfant suspect de méningite
tuberculeuse
(Recommandation forte, considérant l’urgence d’un diagnostic rapide, qualité très
médiocre des bases factuelles)
Source: Technique automatisée d’amplification de l’acide nucléique en temps réel pour
la détection rapide et simultanée de la tuberculose et de la résistance à la rifampicine: le
système Xpert MTB/RIF de diagnostic de la tuberculose pulmonaire et extrapulmonaire
chez l’adulte et chez l’enfant. Actualisation de la politique. Genève, Organisation
mondiale de la Santé, 2013.
n Recommandation 5 (nouvelle)
Les tests IGRA (tests de détection de l’interféron-gamma) ne devraient pas remplacer
le test d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR) dans les pays à revenu faible ou de
niveau intermédiaire pour le diagnostic de l’infection tuberculeuse latente chez l’enfant
ou pour l’élaboration du diagnostic chez l’enfant (y compris séropositif) présumé atteint
de tuberculose-maladie
(Recommandation forte, qualité médiocre des bases factuelles).
Source: Use of tuberculosis interferon-gamma release assays (IGRAs) in low- and middle-
income countries: policy statement. Geneva, World Health Organization, 2011 (WHO/
HTM/TB/2011.18)
n Recommandation 6 (nouvelle)
Les tests diagnostiques sérologiques du commerce ne devraient pas être utilisés
chez les enfants suspects de tuberculose pulmonaire ou extra pulmonaire active,
qu’ils soient par ailleurs infectés par VIH ou non
(Recommandation forte, qualité très médiocre des bases factuelles concernant l’utilisation
de tests diagnostiques sérologiques du commerce)
Source: Commercial serodiagnostic tests for diagnosis of tuberculosis: policy statement.
Genève, World Health Organization, 2011 (WHO/HTM/TB/2011.5)
n Recommandation 7 (Cette recommandation reste inchangée par rapport à l’édition
2006.)
Le dépistage systématique de l’infection par VIH doit être proposé pour tous les
patients, y compris pour les enfants présumés atteints de tuberculose ou chez
qui un tel diagnostic est confirmé
(Recommandation forte, qualité médiocre des bases factuelles.)
Source: Politique de l’OMS pour les activités conjointes de lutte contre la tuberculose et
le VIH : Principes directeurs à l’intention des programmes nationaux et autres partenaires.
Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2012 (WHO/HTM/TB/2012.1)
3
2ème édition
1
Voir la partie « Définitions et distinctions ».
2
Il s’agit des pays, régions ou zones dans lesquelles la prévalence de l’infection par VIH chez les femmes adultes enceintes
est ≥ 1% ou, chez les patients atteints de tuberculose, ≥ 5%.
4
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
5
2ème édition
n Recommandation 15 (nouvelle)
Dans les milieux où la tuberculose est fortement endémique ou dans ceux où le
risque d’exposition à la tuberculose est très élevé, tous les nourrissons doivent
être vaccinés par administration d’une dose unique de vaccin BCG.
(Ni le niveau de cette recommandation ni la qualité des bases factuelles n’ont été évalués)
Source: Recommandations révisées relatives à l’application de la vaccination par le
BCG chez le nourrisson exposé au risque d’infection à VIH. Relevé épidémiologique
hebdomadaire n°21, 2007, 82, 181-196
n Recommandation 16 (nouvelle)
Le vaccin par BCG ne doit pas être administré aux enfants infectés par VIH
(Ni le niveau de cette recommandation ni la qualité des bases factuelles n’ont été évalués)
Source: Recommandations révisées relatives à l’application de la vaccination par le
BCG chez le nourrisson exposé au risque d’infection à VIH. Relevé épidémiologique
hebdomadaire n°21, 2007, 82, 181-196
n Recommandation 17 (nouvelle)
Le vaccin par BCG peut, après évaluation des facteurs locaux, être administré
à des nourrissons nés de mères séropositives mais dont le statut VIH n’est pas
connu et qui ne présentent pas les symptômes suggérant une telle infection
(Ni le niveau de cette recommandation ni la qualité des bases factuelles n’ont été évalués)
Source: Recommandations révisées relatives à l’application de la vaccination par le
BCG chez le nourrisson exposé au risque d’infection à VIH. Relevé épidémiologique
hebdomadaire n°21, 2007, 82, 181-196
n Recommandation 18 (nouvelle)
Il faut procéder auprès des sujets contacts du foyer ou de l’entourage proche
à une évaluation clinique axée sur la recherche d’une tuberculose active chez
ceux-ci en raison du risque qu’ils encourent d’avoir contracté ou de développer
une tuberculose active ou en raison des conséquences que la maladie risque
d’avoir si elle se développe. L’attention doit se porter en priorité sur les sujets
contacts qui sont:
– des enfants présentant des symptômes suggérant une tuberculose,
1
Le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS) n’applique pas la méthodologie GRADE pour l’évaluation
de la qualité des bases factuelles. En conséquence, les recommandations ayant trait au BCG n’ont pas été ainsi qualifiées.
6
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
7
2ème édition
n Recommandation 22 (nouvelle)
Dans les milieux à forte prévalence d’infection par VIH, tous les membres
du foyer ou de l’entourage proche des personnes atteintes de tuberculose
devraient bénéficier d’une prise en charge psychologique accompagnée d’un
dépistage de l’infection par VIH
(Recommandation forte, qualité très médiocre des bases factuelles)
Source: Recommendations for investigating contacts of persons with infectious
tuberculosis in low- and middle-income countries. Geneva, World Health Organization,
2012 (WHO/HTM/TB/2012.9)
n Recommandation 23 (nouvelle)
Dans les milieux à faible prévalence d’infection par VIH, tous les membres du
foyer ou de l’entourage proche des personnes atteintes de tuberculose qui
présentent des symptômes compatibles avec une tuberculose-maladie peuvent
bénéficier d’une prise en charge psychologique accompagnée d’un dépistage
de l’infection par VIH dans le cadre de leur évaluation clinique
(Recommandation avec réserve, qualité très médiocre des bases factuelles)
Source: Recommendations for investigating contacts of persons with infectious
tuberculosis in low- and middle-income countries. Geneva, World Health Organization,
2012 (WHO/HTM/TB/2012.9)
n Recommandation 24 (nouvelle)
Tous les sujets contacts appartenant au foyer d’un premier cas se trouvant être
une personne vivant avec le VIH devraient bénéficier d’une prise en charge
psychologique accompagnée d’un dépistage de l’infection par VIH
(Recommandation forte, qualité très médiocre des bases factuelles)
Source: Recommendations for investigating contacts of persons with infectious
tuberculosis in low- and middle-income countries. Geneva, World Health Organization,
2012 (WHO/HTM/TB/2012.9)
8
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
pour une dose maximale de 300 mg/jour) dans le cadre d’une combinaison
complète de services de prévention et de soins de l’infection par VIH lorsqu’il
vit dans un milieu à prévalence de tuberculose moyenne ou faible
(Recommandation avec réserve, qualité médiocre des bases factuelles)
Source: Guidelines for intensified case-finding for tuberculosis and isoniazid preventive
therapy for people living with HIV in resource-constrained settings. Geneva, World
Health Organization, 2011
Cette recommandation a été mise à jour par rapport à la publication intitulée 2011
Guidelines for intensified case-finding for tuberculosis and isoniazid preventive therapy
for people living with HIV in resource-constrained settings , en s’appuyant sur des bases
factuelles plus récentes.
n Recommandation 26 (nouvelle)
Les enfants suspects - ou effectivement atteints - de tuberculose pulmonaire
ou d’adénopathie tuberculeuse périphérique qui vivent dans un milieu à forte
prévalence d’infection par VIH (ou qui sont eux-mêmes séropositifs) ne devraient
pas recevoir de traitement intermittent (consistant en une administration de
doses à un rythme bihebdomadaire ou trihebdomadaire)
(Recommandation forte, qualité médiocre à moyenne des bases factuelles se rapportant
à l’administration d’un traitement intermittent chez l’enfant)
Source: Rapid advice: treatment of tuberculosis in children. Geneva, World Health
Organization, 2010 (WHO/HTM/TB/2010.13)
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2ème édition
(Il n’a pas été déterminé de niveau pour cette recommandation: elle est fondée sur des
pratiques cliniques validées)
Sources: Guidance for national tuberculosis programmes on the management of
tuberculosis in children. Geneva, World Health Organization, 2006 (WHO/HTM/
TB/2006.371)
Définitions et cadre de notification pour la tuberculose - Révision 2013. Genève,
Organisation mondiale de la Santé, 2013 (WHO/HTM/TB/2013.2)
Au chapitre 3, relatif au diagnostic de la tuberculose chez l’enfant, la deuxième édition aborde certains
progrès récents dans le domaine du diagnostic, comme les techniques de culture rapide et les
techniques génotypiques (de biologie moléculaire)(telles que la technique Xpert MTB/RIF), qui améliorent
le dépistage de Mycobacterium tuberculosis, et l’application de ces techniques aux enfants. .
Le chapitre 4, relatif au traitement de la tuberculose chez l’enfant, inclut les nouveaux dosages
recommandés depuis la révision en 2010 pour les trois médicaments utilisés le plus couramment
dans le traitement en première ligne de la tuberculose chez l’enfant – l’isoniazide, la rifampicine et
la pyrazinamide. Depuis 2006, de nouvelles bases factuelles font apparaître que des dosages plus
élevés sont nécessaires pour parvenir aux concentrations thérapeutiques chez le jeune enfant. En
2012, le dosage pour l’isoniazide a été à nouveau révisé à l’issue d’un nouveau bilan des résultats des
traitements d’enfants comparant les anciens dosages et les nouveaux.
Cette deuxième édition accorde une attention plus particulière à la prévention de la tuberculose chez
l’enfant. Le chapitre 5 aborde la vaccination par le BCG, l’investigation des contacts et l’enrayement de
l’infection.
Les nouvelles bases factuelles ont incité à ajouter dans cette deuxième édition un chapitre (le chapitre
6) consacré à la prise en charge de la tuberculose chez les enfants séropositifs: chez les enfants qui
vivent avec l’infection par VIH, les risques d’exposition à la tuberculose, d’infection par la tuberculose, de
progression de la maladie et de morbidité ainsi que de mortalité liée à la tuberculose sont plus élevés.
Dans cette deuxième édition, une plus grande attention est accordée à la prise en charge des enfants
atteints de tuberculose pharmacorésistante (Chapitre 7). L’OMS a publié des lignes directrices afférentes
à la conception du diagnostic et du traitement d’une tuberculose pharmacorésistante sur la base de
l’expérience faite avec les adultes ; leur version la plus récente a été mise à jour en 2011. Le chapitre 7
décrit le traitement des formes mono-, poly- et multi- résistantes de tuberculose.
S’agissant de l’application et de la prise en charge par les programmes nationaux de lutte contre la
tuberculose, le chapitre 8 donne plus de détails sur les mesures à prendre au niveau mondial comme au
niveau national. Il met en relief l’importance de la déclaration des cas, la nécessité de la formation et le
rôle des soins intégrés.
Dans le cadre du processus de mise à jour des lignes directrices, il a été pris note des domaines
dans lesquels actuellement les bases factuelles sont insuffisantes et la poursuite des recherches est
nécessaire. Une synthèse des priorités en matière de recherche figure au Chapitre 9.
L’Annexe 2 présente les définitions récemment révisées à utiliser pour la déclaration en ce qui concerne
les cas de tuberculose et l’isssue du traitement.
L’Annexe 5 fournit des lignes directrices provisoires pour le traitement de la tuberculose chez le jeune
enfant (masse pondérale inférieure à 25 kg) en utilisant les combinaisons à doses fixes actuellement
disponibles (RMP/INH/PZA 60/30/150) et les dosages correspondants par catégorie de poids.
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Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
1. Introduction
1.1 Objectifs du chapitre
Ce chapitre expose la finalité de cette deuxième édition des Lignes directrices concernant la
prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de
lutte contre la tuberculose, et il précise à quelle audience cette deuxième édition s’adresse.
Il aborde la différence entre la tuberculose chez l’enfant ou l’adolescent et la tuberculose
chez l’adulte et il propose aussi une estimation de la charge que représente la tuberculose
touchant les enfants.
La première édition des lignes directrices, publiée en 2006, s’est avérée déterminante par
l’aide qu’elle a fournie aux PNT intervenant dans des contextes de faible ou moyen revenu,
pour l’élaboration de directives nationales afférentes à la prise en charge de la tuberculose
chez l’enfant ou pour la révision des directives existantes. Depuis 2006, l’OMS a publié de
nombreuses recommandations concernant la prise en charge des enfants infectés par la
tuberculose uniquement ou par la tuberculose et le VIH simultanément, et des enfants vivant
dans des familles affectées par la tuberculose et le VIH ; cette deuxième édition procure une
consolidation en un seul et même document de toutes les recommandations pertinentes.
Cette nouvelle édition a été conçue pour parvenir à une progression des résultats en termes
de dépistage et de traitement, et aussi en termes de déclaration, par les PNT, des cas de
tuberculose concernant des enfants.
11
2ème édition
en s’appuyant sur les meilleures bases factuelles disponibles. Elles devraient faciliter le
déploiement et l’intensification de la politique et de l’action qui s’exerce actuellement dans
ce domaine, notamment en ce qui concerne l’investigation des contacts et la thérapie
préventive par isoniazide (TPI). Enfin, elles devraient contribuer à réduire l’écart entre
politique et pratique.
Les enfants peuvent développer la tuberculose-maladie à tout âge mais, dans les pays où
cette maladie sévit de manière endémique, plus souvent de l’âge d’un an à l’âge de quatre
ans. La tuberculose pulmonaire est la forme la plus courante de tuberculose chez l’enfant.
La tuberculose extra pulmonaire est, elle aussi, commune (30 à 40% des cas) et elle peut
affecter un très vaste éventail de sièges. Les enfants qui développent la tuberculose-maladie
le font en général dans l’année qui suit leur infection (1), ce qui explique pourquoi, dans une
population considérée, la manifestation de la tuberculose chez les enfants est un indicateur
de la transmission récente et actuelle de M. tuberculosis dans l’ensemble de cette population.
Les nourrissons et les jeunes enfants (notamment ceux de moins de deux ans) sont
davantage exposés au risque de développer une maladie grave, diffuse et caractérisée par
une morbidité et une mortalité élevées. Chez les nourrissons, le délai entre infection et
manifestation de la maladie peut être plus court que chez les enfants d’un certain âge, et sa
forme de manifestation peut-être plus aiguë.
L’adolescence est liée à un risque accru de contracter la tuberculose, qui se manifeste alors
en règle générale sous la forme de la maladie pulmonaire affectant les adultes, avec frottis
expectoration positif. La tuberculose chez les adolescents est souvent infectieuse et, à ce
titre, source de transmission.
Après exposition à un cas source originaire de l’infection, la plupart des enfants
immunocompétents manifestent les symptômes non spécifiques d’une maladie chronique.
La manifestation chez les nourrissons peut être plus aiguë, s’assimilant à celle d’une
pneumonie aiguë sévère, à caractère récurrent ou persistant. Il faut suspecter la tuberculose
en présence d’une réponse médiocre aux antibiotiques classiques appropriés. Dans de telles
situations, il y a bien souvent un cas source identifiable - souvent la mère ou la personne qui
s’occupe de l’enfant.
Les enfants atteints de tuberculose, en particulier les enfants d’un certain âge et les
adolescents, peuvent être contagieux, encore que la plupart ne le soient pas. Il faut voir
dans la tuberculose chez l’enfant moins un problème infectieux majeur que l’indicateur
d’une transmission récente ou actuelle de M. tuberculosis dans la population concernée.
D’une manière générale, il n’a pas été accordé jusque-là d’attention spécifique aux
adolescents – en tant que groupe à risque spécifique – dans les lignes directrices relatives au
traitement de la tuberculose, alors que cela serait justifié. Il est reconnu que la tuberculose
chez l’adolescent - seule ou associée à l’infection par VIH - est largement similaire à ses
manifestations chez l’adulte, s’agissant par exemple de ses manifestations cliniques, du
dosage des médicaments et de la prise en charge de la maladie. Mais les adolescents sont un
groupe particulièrement vulnérable non pas simplement par rapport à la maladie : ils posent
souvent plus de difficulté sur le plan psychologique et social, sur le plan de l’autonomie et
sur celui de l’adhésion ou observance, et le transfert satisfaisant de leur prise en charge non
plus par la médecine pédiatrique mais par celle des adultes en est d’autant plus délicat. Les
adolescents affectés par la tuberculose développent souvent la maladie sous les mêmes
formes que l’adulte et peuvent donc fort bien être contagieux.
12
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Les enfants forment une partie de la population particulièrement vulnérable, et leurs droits
doivent être respectés. Les aspects éthiques fondamentaux qui entrent en considération
avec le déploiement des stratégies de lutte contre la tuberculose ou de recherche sont aussi
importants et aussi pertinents en ce qui les concerne qu’en ce qui concerne les individus
appartenant à n’importe quelle autre classe d’âge. Aux autorités publiques, il incombe
d’assurer un accès universel à des moyens de diagnostic et de traitement de la tuberculose
qui soient de haute qualité et aussi d’affronter les déterminants sociaux essentiellement
responsables de la diffusion de la maladie. À la société dans son ensemble, il incombe
de soutenir l’action de diagnostic et de traitement de la tuberculose, de rester vigilante
sur la question de l’égalité d’accès aux soins de santé et, enfin, de soutenir l’action de
prévention de la tuberculose et de dépistage des cas et ce, dans un climat exempt de toute
stigmatisation comme de toute discrimination.
La plupart des cas de tuberculose chez l’enfant sont constatés dans les pays où cette
maladie sévit de manière endémique, mais la valeur exacte de la charge que représente la
tuberculose chez l’enfant est inconnue. En 2012, l’OMS estimait qu’à l’échelle mondiale, le
nombre des cas de tuberculose chez l’enfant (de moins de 15 ans) s’établissait à 530 000,
et celui des décès imputables à la tuberculose (d’enfants non infectés par VIH) à 74 000,
chiffres représentant respectivement 6% et 8% des chiffres totaux correspondants (2).
Références
1. Marais BJ et al. The natural history of childhood intra-thoracic tuberculosis: a critical review
of literature from the pre-chemotherapy era. International Journal of Tuberculosis and Lung
Disease, 2004, 8:392-402.
2. Rapport 2013 sur la lutte contre la tuberculose dans le monde. Genève, Organisation
mondiale de la Santé.
En 2015, l’OMS estimait qu’à l’échelle mondiale, le nombre des cas de tuberculose chez l’enfant (de moins de 15 ans)
s’établissait à au moins 1 million, et celui des décès imputables à la tuberculose à 210,000 (dont 40,000 enfants atteints du
VIH). Rapport 2016 sur la lutte contre la tuberculose dans le monde. Genève, Organisation mondiale de la Santé.
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Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
2. Méthodologie
2.1 Objectifs du chapitre
Cette deuxième édition des Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose
chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose a
été élaborée conformément aux procédures suivies par l’OMS pour l’élaboration de lignes
directrices à partir de bases factuelles. Depuis 2008, l’OMS a adopté la méthodologie
GRADE («Grading of Recommendations, Assessment, Development and Evaluation»),
qui permet d’attribuer une valeur à la qualité d’un ensemble de données, d’élaborer des
recommandations et de disposer d’un retour d’informations sur celles-ci. L’OMS utilise la
méthodologie GRADE parce que celle-ci incarne des normes internationalement reconnues
d’élaboration transparente de recommandations (1). On décrit, dans le présent chapitre, le
processus de réactualisation des lignes directrices et l’on y donne également des informations
sur leur péremption dans le temps.
15
2ème édition
Il convient de noter que bon nombre de ces lignes directrices concernent la lutte contre la
tuberculose - seule ou associée à l’infection par VIH - dans le cadre des programmes de
prise en charge de la tuberculose chez l’adulte. Les enfants sont implicitement inclus en ce
sens que la question de la lutte contre la tuberculose - seule ou associée à l’infection par
VIH - au sens le plus large possible revêt une importance capitale, mais il convient de noter
que ce ne sont pas toutes les lignes directrices qui s’appliquent aux enfants. De surcroît, le
manque de données concernant les enfants a pour effet que certaines recommandations
visant les adultes et les adolescents incluent aussi les enfants avec cette réserve que les
données de fait sont insuffisantes pour fonder une politique similaire en ce qui les concerne.
Sur les conseils du comité, deux personnes source appartenant aux milieux scientifiques ont
été retenues pour procéder à un passage en revue systématique de ce qui a été publié sur le
16
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
sujet depuis janvier 2010 ou bien après la date de publication des lignes directrices et autres
documents de politique de l’OMS énumérés ci-dessus. Au moyen de PubMed et de MEDLINE,
ils ont passé en revue les études pertinentes concernant les pays à revenus de niveau faible
ou intermédiaire de toutes les régions de l’OMS ainsi que celles provenant de sources plus
courantes. Les études pertinentes non postérieures à juillet 2012 ont été identifiées au moyen
d’une combinaison de termes de recherche (tuberculose ; enfant; pédiatrie ; diagnostic ;
IGRA; Xpert; techniques diagnostiques moléculaires ; prévention ; thérapeutique ; rifampine
ou rifampicine; isoniazide; pyrazinamide; éthambutol; streptomycine; vaccin; BCG; VIH;
antirétroviral; dépistage ; pharmacorésistant ; multirésistant). Ces termes de recherche ont
été utilisés selon un certain éventail de combinaisons de sensibilité et de spécificité. Les listes
de référence des études ainsi explorées ont elles aussi été passées en revue afin d’identifier
toute nouvelle étude pouvant avoir un lien avec les recommandations.
Pour chaque recommandation, on a établi une synthèse de toutes nouvelles bases factuelles,
puis un descriptif des avantages et des inconvénients, et de toutes les autres considérations
pouvant avoir leur utilité dans son évaluation et sa notation.
Pour le passage en revue et les méta-analyses des démarches diagnostiques, on a utilisé
QUADAS, s’agissant de l’évaluation de la qualité des bases factuelles récentes. Quant à la
qualité des bases factuelles récentes issues des études d’évaluation de diagnostics, on a
utilisé STARD et, pour les études cas-témoins et les études par cohorte, une version modifiée
de la Newcastle-Ottawa Scale.
Il a été constitué un groupe de travail sur l’élaboration des lignes directrices (le «groupe
de travail»), incluant le président du sous-groupe tuberculose de l’enfant du partenariat
Halte à la tuberculose, des pédiatres, des directeurs de programme national de lutte contre
la tuberculose, des pharmacologues, pour réaliser la synthèse et l’évaluation des bases
factuelles sous-jacentes aux recommandations susceptibles de faire l’objet d’une révision.
Les déclarations de conflit d’intérêts ont été recueillies et examinées avant de constituer le
groupe de travail; il a également été clairement signifié que tout changement survenant
pendant le processus d’élaboration des lignes directrices qui risquerait de constituer un
conflit d’intérêts devrait être signalé au secrétariat.
Les membres du groupe de travail se sont rencontrés du 17 au 19 juillet 2012 sous la
présidence d’un spécialiste en méthodologie dans le cadre d’une réunion conçue à cet
effet. Chacun a présenté sa déclaration de risques de conflit d’intérêts et l’examen de
ces déclarations n’a pas fait ressortir de risques de cette nature (voir la partie intitulée
«Déclarations afférentes aux risques de conflits d’intérêts»).
Les résultats du processus de passage en revue systématique ont été présentés au cours de la
réunion. Le groupe de travail a évalué tout élément de fait devenu accessible postérieurement
à la publication de chaque recommandation. Cette évaluation s’est fondée sur la qualité
de ces éléments de fait nouveaux, les valeurs pour les patients et les préférences de ceux-
ci, les coûts, et enfin sur une appréciation des compromis acceptables entre avantages
et inconvénients. Finalement, les recommandations ont été soit acceptées inchangées soit
révisées.
Dans le cadre de ce processus de synthèse, le groupe de travail a été assisté de référents
des institutions universitaires, qui n’avaient cependant pas le droit de vote. Le groupe est
convenu qu’aucune question autre n’appelait un examen susceptible de donner lieu à
l’élaboration de nouvelles recommandations.
La méthodologie GRADE a servi à évaluer la qualité des bases factuelles ainsi que le degré
de force à attribuer aux recommandations.
Les données de fait et les considérations sous-jacentes à chaque recommandation révisée
par le groupe de travail sont présentées dans l’annexe 1. Les recommandations ont été
classées comme suit:
17
2ème édition
Le groupe de travail a supervisé la rédaction de cette deuxième édition des lignes directrices
et a assumé la responsabilité de leur finalisation.
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Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Références
1. WHO Handbook for Guideline Development (Manuel de l’OMS pour l’élaboration des lignes
directrices), Genève, Organisation mondiale de la Santé, 2012.
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Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Le présent chapitre décrit dans leurs grandes lignes les techniques novatrices récentes de
diagnostic et confirmation de la tuberculose et leur application chez l’enfant. Elles décrivent
également la procédure recommandée de diagnostic de la tuberculose chez l’enfant.
Le diagnostic de la tuberculose se réfère à la reconnaissance d’un cas actif de tuberculose-
maladie, c’est-à-dire d’un patient ayant développé la maladie imputable à M. tuberculosis.
La plupart des enfants atteints de tuberculose ont une tuberculose pulmonaire. Même s’il n’est
pas toujours faisable d’avoir une confirmation de la tuberculose par examen bactériologique,
ceci doit être recherché chaque fois que possible, en recourant aux techniques d’examen
microscopique, de culture rapide ou encore aux techniques génotypiques (de biologie
moléculaire) telles que le test Xpert MTB/RIF, pratiquées sur des échantillons provenant du
système respiratoire ou sur d’autres, comme indiqué dans la présentation clinique. Un essai
de traitement par médication anti tuberculose n’est pas recommandé en tant que méthode
de diagnostic de la tuberculose chez l’enfant.
Les principaux facteurs de risques inhérents à la tuberculose chez l’enfant sont présentés
dans l’encadré 2 (5).
21
2ème édition
Les tests diagnostiques existants de la tuberculose chez l’enfant présentent des défauts, et
l’éventail complet des tests - y compris la culture bactériologique et l’intradermoréaction à
la tuberculine - sont souvent inaccessibles dans les contextes où surviennent la plupart des
cas de tuberculose. L’élaboration de tests diagnostiques de la tuberculose chez l’enfant qui
soient peu coûteux dans un contexte de faible niveau de ressources devrait être une priorité
pour les chercheurs et pour les décideurs.
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Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Les recommandations sont regroupées en deux catégories : (i) le test Xpert MTB/RIF pour le
diagnostic de la tuberculose pulmonaire et de la résistance à la rifampicine chez l’enfant; et
(ii) le test Xpert MTB/RIF pour le diagnostic de la tuberculose extra pulmonaire chez l’enfant.
Cette technologie est recommandée notamment dans le cas d’enfants gravement malades,
où un diagnostic rapide est crucial. Il est important de noter que des résultats négatifs du
test Xpert MTB/RIF ne permettent pas d’exclure la tuberculose chez l’enfant et que, dans le
cas de tels résultats, c’est sur le plan clinique que la décision doit être prise.
n Recommandation 1
Il convient de recourir au test Xpert MTB/RIF plutôt qu’à l’examen microscopique
classique ou au test de culture pour un diagnostic initial chez l’enfant suspecté
de tuberculose multirésistante ou de tuberculose associée à une infection par
VIH
(Recommandation forte, qualité très médiocre des bases factuelles)
Source: Technique automatisée d’amplification de l’acide nucléique en temps réel pour
la détection rapide et simultanée de la tuberculose et de la résistance à la rifampicine : le
système Xpert MTB/RIF de diagnostic de la tuberculose pulmonaire et extra pulmonaire
chez l’adulte et chez l’enfant. Actualisation de la politique. Genève, Organisation
mondiale de la Santé, 2013
n Recommandation 2
On peut recourir au test Xpert MTB/RIF plutôt qu’à l’examen microscopique
classique ou au test de culture pour un diagnostic initial chez tout enfant
suspecté de tuberculose
(Recommandation avec réserves, reconnaissant des implications majeures en termes de
ressources, qualité très médiocre des bases factuelles)
Source: Technique automatisée d’amplification de l’acide nucléique en temps réel pour
la détection rapide et simultanée de la tuberculose et de la résistance à la rifampicine : le
système Xpert MTB/RIF de diagnostic de la tuberculose pulmonaire et extra pulmonaire
chez l’adulte et chez l’enfant. Actualisation de la politique. Genève, Organisation
mondiale de la Santé, 2013.
Remarques concernant les recommandations 1 et 2:
a. Ces recommandations visent l’utilisation du test Xpert MTB/RIF sur des échantillons
d’expectorations traités ou non.
b. Ces recommandations concernent le lavage gastrique et les aspirats.
c. Les enfants suspects de tuberculose pulmonaire pour lesquels on ne dispose que
d’un seul résultat négatif au test Xpert MTB/RIF, et les enfants qu’un examen
clinique classe comme fortement suspects de tuberculose doivent être traités même
si un test Xpert MTB/RIF a donné un résultat négatif ou lorsqu’un tel test n’est pas
disponible.
23
2ème édition
n Recommandation 3
Le test Xpert MTB/RIF peut être utilisé en remplacement de la pratique habituelle
(incluant les procédés classiques d’examen microscopique, de culture et/ou
d’examen histopathologique) à partir d’échantillons autres que provenant du
système respiratoire (ganglions lymphatiques et autres tissus) prélevés chez
des enfants suspects de tuberculose extra pulmonaire
(Recommandation avec réserves, qualité très médiocre des bases factuelles)
Source: Technique automatisée d’amplification de l’acide nucléique en temps réel pour
la détection rapide et simultanée de la tuberculose et de la résistance à la rifampicine : le
système Xpert MTB/RIF de diagnostic de la tuberculose pulmonaire et extra pulmonaire
chez l’adulte et chez l’enfant. Actualisation de la politique. Genève, Organisation
mondiale de la Santé, 2013.
n Recommandation 4
Le test Xpert MTB/RIF doit être utilisé de préférence aux procédés classiques
d’examen microscopique et de culture en tant que test diagnostic initial
d’échantillons de fluide cérébrospinal prélevés sur des enfants suspects de
méningite tuberculeuse
(Recommandation forte , considérant l’urgence d’un diagnostic rapide, qualité très
médiocre des bases factuelles)
Source: Technique automatisée d’amplification de l’acide nucléique en temps réel pour
la détection rapide et simultanée de la tuberculose et de la résistance à la rifampicine : le
système Xpert MTB/RIF de diagnostic de la tuberculose pulmonaire et extra pulmonaire
chez l’adulte et chez l’enfant. Actualisation de la politique. Genève, Organisation
mondiale de la Santé, 2013.
Remarques concernant les recommandations 3 et 4 :
a. Les enfants suspects de tuberculose extrapulmonaire pour lesquels on ne dispose
que d’un seul résultat négatif de test Xpert MTB/RIF doivent faire l’objet d’autres
tests diagnostiques, et les enfants qu’un examen clinique classe comme fortement
suspects de tuberculose doivent être traités même si un test Xpert MTB/RIF a
donné un résultat négatif ou lorsqu’un tel test n’est pas disponible.
b. Pour les échantillons de liquide cérébro-spinal, on doit utiliser de préférence le test
Xpert MTB/RIF plutôt que les techniques de culture si le volume de l’échantillon
est faible ou s’il n’est pas possible d’obtenir d’autres échantillons, afin de parvenir
à un diagnostic rapide. Si le volume de matériaux disponibles est suffisant , on
doit utiliser, pour un meilleur rendement, les méthodes de détermination de
concentration.
c. Le liquide pleural ne constitue pas un échantillon optimal pour la confirmation
bactérienne de la tuberculose pleurale et ce, quelle que soit la méthode utilisée. La
biopsie pleurale est l’échantillon privilégier. La sensibilité du test Xpert MTB/RIF sur le
liquide pleural est très faible. Cela étant, tout résultat positif du test Xpert MTB/RIF
sur le liquide pleural justifie un traitement ciblant la tuberculose pleurale, alors que
les résultats négatifs du test Xpert MTB/RIF appellent d’autres tests.
d. Ces recommandations ne concernent pas les excréments, l’urine ou le sang, puisque
l’on ne dispose pas de données concernant l’utilité du test Xpert MTB/RIF sur de tels
échantillons.
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Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Analyses de sang
On a mis au point un certain nombre de tests sanguins visant à mesurer la réaction
immunitaire à l’infection par M. tuberculosis.
Les tests IGRA permettent de mesurer la réponse in vitro à des antigènes spécifiques de M.
tuberculosis. S’il est vrai que ces tests sont plus spécifiques que l’intradermoréaction à la
tuberculine (IDR)(le BCG ne produit pas de résultats faux positifs), il n’a pas été constaté que
leur performance serait meilleure que celle de l’IDR. Aujourd’hui, les bases factuelles militant
en faveur des tests IGRA pour les enfants vivant dans des milieux où la tuberculose sévit de
manière endémique ont été passées en revue dans le cadre du processus d’élaboration des
présentes lignes directrices (Annexe 1) : elles présentent un caractère limité, sont de faible
qualité, présentent des aspects contradictoires et enfin sont pratiquement inexistantes,
s’agissant des études portant sur les nourrissons et les jeunes enfants. Néanmoins, les
nouvelles bases factuelles publiées depuis 2011 ont incité le groupe de travail à revoir le
degré de qualité de celles-ci de «très faible» à simplement «faible».
On ne doit pas utiliser les tests IGRA pour le diagnostic de la tuberculose-maladie.
Un test IGRA positif, tout comme un test IDR positif, est simplement l’indicateur d’une
infection et non la confirmation d’un diagnostic de tuberculose-maladie. De même, un
résultat négatif d’un test IGRA, à l’instar d’un résultat négatif d’un test IDR, n’exclut
pas la possibilité d’un diagnostic de tuberculose . De plus, les tests IGRA sont coûteux et
techniquement difficiles à réaliser dans des contextes de ressources limitées, et avec eux
les résultats indéterminés sont fréquents, surtout lorsque l’on a affaire à de jeunes enfants.
Recommandation 5
Les tests de détection de la production de l’interféron gamma (IFNγ) (Les
tests «IGRA») ne doivent pas se substituer aux tests d’intradermoréaction à
la tuberculine (IDR) dans les pays à revenu faible ou moyen pour le diagnostic
de l’infection tuberculeuse latente chez l’enfant ou pour l’investigation
diagnostique plus approfondie chez des enfants (quelle que soit la situation
de ceux-ci par rapport à l’infection par VIH) qui sont suspects de tuberculose
dans de tels contextes.
(Recommandation forte, faible qualité des bases factuelles)
Source: Use of tuberculosis interferon-gamma release assays (IGRAs) in low- and middle-
income countries: policy statement. Geneva, World Health Organization, 2011 (WHO/
HTM/TB/2011.18)
Dans certains contextes, les tests de sérodiagnostic du commerce sont présentés comme
étant des tests diagnostiques de la tuberculose. Pour les enfants comme pour les adultes,
ces tests ne doivent pas être utilisés pour diagnostiquer la tuberculose.
En 2011, l’OMS a publié des recommandations contre l’utilisation des tests de sérodiagnostic
du commerce, ces recommandations incluant des mesures spécifiques visant à décourager
l’utilisation des tests IGRA, y compris sur les enfants, dans les pays à revenu faible ou moyen
(voir Annexe 1) (13, 14).
n Recommandation 6
Les tests sérodiagnostiques du commerce ne doivent pas être utilisés chez les
enfants suspects de tuberculose pulmonaire ou extra pulmonaire active, qu’ils
soient par ailleurs infectés par VIH ou non
(Recommandation forte, qualité très médiocre des bases factuelles plaidant en faveur de
l’utilisation des tests diagnostiques sérologiques du commerce)
Source: Commercial serodiagnostic tests for diagnosis of tuberculosis: policy statement.
Geneva, World Health Organization, 2011 (WHO/HTM/TB/2011.5).
25
2ème édition
Le test VIH
Le test VIH est une étape très importante. Le test se pratique couramment sur place. Il est
très largement disponible. Le diagnostic établissant qu’il y a - ou qu’il n’y a pas - infection
par VIH a des implications évidentes au regard de la prise en charge de la tuberculose
tout autant que du VIH (voir chapitre 6). Pouvoir exclure la co-infection tuberculose/VIH a
aussi des implications importantes puisque cela rend souvent le diagnostic clinique de la
tuberculose plus simple.
n Recommandation 7
Source: Politique de l’OMS pour les activités conjointes de lutte contre la tuberculose et
le VIH. Principes directeurs à l’intention des programmes nationaux et autres partenaires,
Genève, Organisation mondiale de la santé, 2012 (WHO/HTM/TB/2012.1)
Le test de dépistage systématique de l’infection par VIH est à recommander d’office pour
tous les enfants soumis à un dépistage de la tuberculose ou soignés pour cette maladie dans
des contextes d’infection par VIH endémique et dans les populations plus particulièrement
exposées à ce risque (voir annexe 1) (15, 16).
26
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
l Lorsque l’on a diagnostiqué la tuberculose chez un enfant quel qu’il soit, il faut
impérativement rechercher la personne par laquelle il a été contaminé (si cette
source n’est pas déjà connue) ainsi que tout autre cas encore non diagnostiqué dans
l’entourage familial.
l Lorsqu’un enfant présente une forme infectieuse de tuberculose, il faut impérativement
rechercher les autres enfants ayant été en contact avec lui et les soumettre à un dépistage,
comme dans tous les cas où la source de contamination est à frottis d’expectorations
positif. Les enfants doivent être considérés comme contagieux dès lors qu’ils s’avèrent
atteints de tuberculose pulmonaire à frottis d’expectorations positif ou que l’examen
radiographique révèle une tuberculose à lésions cavitaires (ce qui n’est pas rare chez les
enfants un peu plus âgés et les adolescents).
Symptômes
Dans la plupart des cas, les enfants manifestant une tuberculose symptomatique
développent des symptômes chroniques sans rémission, c’est-à-dire des symptômes qui
persistent plus de deux semaines sans amélioration soutenue ni résolution après traitement
approprié incluant d’autres diagnostics potentiels (par exemple, des antibiotiques ciblant la
pneumonie ; des antipaludiques pour la fièvre ; un soutien nutritionnel visant le retard de
croissance). Ces symptômes les plus communs sont:
- la toux
- la fièvre
- la perturbation de l’alimentation/l’anorexie
- la perte de poids ou le retard de croissance
- la fatigue, le manque d’entrain, l’apathie
Outre les questionnements de rigueur sur la perte de poids ou le retard de croissance, il
est important de consulter le diagramme de croissance de l’enfant s’il y en a un. D’autres
symptômes, ou des symptômes supplémentaires seront présents avec diverses formes de
tuberculose extra pulmonaire (c’est-à-dire de tuberculose affectant des organes autres que
les bronches), en fonction du site touché par la maladie (par exemple, gonflement des
ganglions lymphatiques, enflure du dos, convulsions).
La spécificité des symptômes pour le diagnostic de la tuberculose dépend du degré de
précision de la définition des symptômes. Toutefois, aucune démarcation tranchée comme,
par exemple, la durée des symptômes, n’a été validée, et le degré de précision dépendra
du contexte. Des critères stricts de définition des symptômes engendrent une sensibilité et
une spécificité plus faibles pour les sujets qui encourent les plus grands risques de maladies
graves et d’issue négative, comme par exemple les nourrissons ou les enfants en bas âge
(moins de trois ans), les enfants vivant avec le VIH ou encore les enfant gravement dénutris
(1). Ce sont ces groupes qui posent les plus grandes difficultés pour le diagnostic clinique.
27
2ème édition
1
Toutefois, la vaccination préalable de l’enfant par BCG est une cause possible de résultat faux-positif au test de réaction
cutanée à la tuberculine. Ce test peut également produire un résultat faux-positif entre autres chez l’enfant séropositif au
VIH ou chez l’enfant atteint d’une forme grave de tuberculose, comme abordé plus amplement dans l’Annexe 3.
28
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
29
2ème édition
Des radiographies du thorax de bonne qualité (incluant si possible une vue de côté) sont
essentiels pour une évaluation convenable; ces radiographies doivent être lues de préférence
par un radiologue ou par un agent de santé spécialement formé pour cela. On a mis au
point un guide pratique de l’interprétation des radiographies du thorax des enfants chez qui
une tuberculose est suspectée (18).
En cas de suspicion de tuberculose extra pulmonaire
On trouvera au tableau 2 les investigations normalement conduites pour diagnostiquer les
formes courantes de tuberculose extra pulmonaire. Dans la plupart de ces cas, on suspectera
une tuberculose à partir d’une image clinique confirmée par des investigations histologiques
ou d’autres investigations spéciales.
Autres tests
Les tests spécialisés, comme la tomodensimétrie du thorax et la bronchoscopie, ne sont pas
recommandés pour le diagnostic ordinaire de la tuberculose chez l’enfant.
Dans certains pays on utilise des systèmes d’évaluation par score pour le diagnostic de la
tuberculose chez l’enfant. Or, ces systèmes ont rarement été évalués ou validés par rapport
à un «étalon or» et, lorsqu’ils ont été évalués, ils se sont avérés fonctionner de manière
médiocre et variable. Leur performance est particulièrement médiocre dans le cas d’enfants
chez qui une tuberculose pulmonaire (soit la forme la plus courante de la maladie) est
suspectée et qui sont également séropositifs. À ce stade, par conséquent, l’OMS ne peut
émettre de recommandation concernant l’utilisation de systèmes d’évaluation par score
pour le diagnostic de la tuberculose (4).
30
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Références
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children. Pediatrics, 2006, 118:e1350-1359.
2. Schaaf HS, Zumla A, eds. Tuberculosis: a comprehensive clinical reference. London, UK:
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3. Perez-Velez CM, Marais BJ. Tuberculosis in children. New England Journal of Medicine,
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4. Graham SM. The use of diagnostic systems for tuberculosis in children. Indian Journal of
Pediatrics, 2011, 78(3):334-339.
5. Recommendations for investigating contacts of persons with infectious tuberculosis in
low- and middle-income countries. Geneva, World Health Organization, 2012 (WHO/HTM/
TB/2012.9).
6. Use of liquid TB culture and drug susceptibility testing (DST) in low and medium income
settings. Summary report of the Expert Group Meeting on the use of liquid culture media,
Geneva, 26 March 2007. Geneva, World Health Organization, 2007.
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tuberculosis (MDR-TB): policy statement. Geneva, World Health Organization, 2008.
8. Zar HJ et al. Rapid molecular diagnosis of pulmonary tuberculosis in children using
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10. Nicol MP et al. Accuracy of the Xpert MTB/RIF test for the diagnosis of pulmonary tuberculosis
in children admitted to hospital in Cape Town, South Africa: a descriptive study. Lancet
Infectious Diseases, 2011, 11(11):819-824.
11. Rachow A et al. Increased and expedited case detection by Xpert MTB/RIF assay in childhood
tuberculosis: a prospective cohort study. Clinical Infectious Diseases, 2012, 54:1388-1396.
12. Automated real-time nucleic acid amplification technology for rapid and simultaneous
detection of tuberculosis and rifampicin resistance: Xpert MTB/RIF system for the diagnosis
of pulmonary and extrapulmonary TB in adults and children. Policy Update. Geneva, World
Health Organization, 2013.
13. Use of tuberculosis interferon-gamma release assays (IGRAs) in low- and middle-income
countries: policy statement. Geneva, World Health Organization, 2011 (WHO/HTM/
TB/2011.18).
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World Health Organization, 2011 (WHO/HTM/TB/2011.5).
15. Guidance on provider-initiated HIV testing and counselling in health facilities. Geneva, World
Health Organization, 2007.
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modality in paediatric mycobacterial disease. International Journal of Tuberculosis and Lung
Disease, 2009, 13(12):1467-1475.
17. Politique de l’OMS pour les activités conjointes de lutte contre la tuberculose et le VIH.
Principes directeurs à l’intention des programmes nationaux et autres partenaires, Genève,
Organisation mondiale de la santé, 2012 (WHO/HTM/TB/2012.1).
18. Gie R. Diagnostic atlas of intrathoracic tuberculosis in children: a guide for low-income
countries. Union internationale contre la tuberculose et les maladies respiratoires, Paris, ,
2003.
31
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
n Recommandation 8
33
2ème édition
plus âgé ou un adulte. Ainsi, des dosages (en mg/kg) plus élevés sont nécessaires chez le
jeune enfant pour parvenir à des concentrations considérées comme produisant une activité
bactéricide effective (1).
Des études pharmacocinétiques montrent que les dosages révisés produiront des taux de
concentration dans le sang plus élevés chez les jeunes enfants, y compris chez les moins
de deux ans (1-3). L’examen systématique des bases factuelles montre également que les
dosages révisés offrent un excellent profil de sécurité et ne révèlent pas de risque de toxicité
associé (notamment pas de risque accru d’hépatotoxicité induite par l’isoniazide ou le
pyrazinamide, ou de névrite optique induite par l’éthambutol (4, 5).
Le groupe de travail a étudié des données pharmacocinétiques récentes1 , qui font apparaître
que les taux sériques obtenus chez les nourissons et enfants de moins de deux ans en
appliquant les posologies susmentionnées étaient plus élevés que ceux obtenus chez des
enfants de la même tranche d’âge auxquels étaient appliquées les posologies recommandées
antérieurement. Il s’agit la des bases pharmacocinétiques factuelles les plus récentes qui
plaident en faveur des valeurs révisées (1).
Le groupe de travail a ensuite étudié les plages de valeurs concernant l’isoniazide, dans
lesquelles les valeurs minimales de la plage des doses recommandées (6) correspondent à
celles de la dose effectivement recommandée pour l’isoniazide (10 mg/kg). Considérant les
difficultés de mise en oeuvre que cette posologie présente, le groupe de travail a étudié les
données pharmacocinétiques récentes relatives à l’administration d’isoniazide chez le jeune
enfant, ainsi que les analyses récentes et les données existantes à ce sujet.
Le groupe de travail a pris acte des difficultés posées par l’application des posologies
recommandées en 2010 , que ce soit avec les associations à dose fixe disponibles à ce
moment-là ou avec les associations à dose fixe evisagées en pédiatrie pour l’avenir. La
principale difficulté tenait à ce que la posologie recommandée pour l’isoniazide en 2010
(10mg/kg) correspondait à la limite inférieure de la plage (10 à 15 mg/kg). En recourant à
une association à dose fixe de trois médicaments essentiels (la rifampicine , l’isoniazide et le
pyrazinamide), il serait devenu impossible de prévoir pour de nombreux enfants un dosage
de l’isoniazide dans la plage des 10 à 15 mg/kg qui n’entraînat pas un dosage excessif
du pyrazinamide, au-delà de la plage recommandée (avec un accroissement simultané du
risque d’hépatotoxicité) ou sans qu’il soit besoin de cachets supplémentaires d’isoniazide
seul (ce qui en soi aurait imposé une contrainte supplémentaire en termes d’administration
des cachets et de risques associés de dosage incorrect).
Il a été reconnu - et cela est étayé par des bases factuelles (1,3) - qu’un dosage minimum
d’isoniazide à 7 mg/kg produira des taux de concentration sérique satisfaisants chez
pratiquement tous les enfants. Même chez les enfants de moins de deux ans et/ou chez
ceux qui sont des acétyleurs2 rapides de l’isoniazide (les deux sous-groupes qui sont les
plus susceptibles de ne pas atteindre les niveaux optima pour l’effet thérapeutique du
médicament) réagiront bien à un tel dosage.
Le groupe de travail a donc recommandé d’étendre la plage posologique pour l’isoniazide
de 10 à 15 mg/kg à 7 à 15 mg/kg, la valeur médiane de la plage s’établissant ainsi à 10
mg/kg.
Le tableau 3 présente les dosages et plages de dosage recommandés pour les médicaments
de première ligne utilisés pour le traitement de la tuberculose. Ces recommandations sont
indépendantes de la situation du patient par rapport à l’infection par VIH.3
1
Publié après le document intitulé « Rapid advice : treatment of tuberculosis in children ».
2
Les enfants qui sont des acétyleurs rapides de l’isoniazide métabolisent les médicaments antituberculeux plus rapide-
ment et doivent donc recevoir des dosages (en mg/kg) plus élevés pour obtenir les concentrations propices à une action
antituberculeuse.
3
Toutefois, il peut se produire des interactions entre médicaments antituberculeux et antirétroviraux. Voir la partie du chap-
itre 6 consacrée aux thérapies antirétrovirales pour plus de détails sur l’adaptation individuelle du traitement à l’enfant
34 infecté par VIH et par la tuberculose.
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Remarque: plus la masse corporelle de l’enfant avoisine 25 kg, plus le clinicien est en
mesure d’appliquer les posologies recommandées pour l’adulte, comme expliqué plus
amplement à l’annexe 5.
n Recommandation 9
Les enfants chez qui une tuberculose pulmonaire ou une tuberculose des
ganglions lymphatiques est suspectée ou a été confirmée, qui vivent dans un
milieu à faible prévalence d’infection par VIH ou de résistance à l’isoniazide1
et qui sont séronégatifs au VIH peuvent être traités par trithérapie HRZ
(associant isoniazide, rifampicine et pyrazinamide) pendant deux mois, puis
par bithérapie (associant isoniazide et rifampicine) pendant quatre mois,
suivant les posologies indiquées dans la recommandation 8
(Recommandation forte, qualité moyenne des bases factuelles)
Source: Rapid advice: treatment of tuberculosis in children. Geneva, World Health
Organization, 2010 (WHO/HTM/TB/2010.13)
Remarque a: pour les nouveaux patients, le schéma thérapeutique doit inclure la
rifampicine pendant six mois.
Remarque b: il convient de supprimer la phase d’entretien incluant l’éthambutol (6HE)
mentionnée comme variante possible dans les Lignes directrices de 2006 (7).
Remarque c: chaque fois que cela est possible, la fréquence posologique optimale pour
les nouveaux patients doit être journalière pendant toute la durée du traitement.
n Recommandation 10
Les enfants chez qui une tuberculose pulmonaire ou une tuberculose des
ganglions lymphatiques est suspectée ou a été confirmée et/ou les enfants
atteints d’une maladie pulmonaire étendue, qui vivent dans un milieu à forte
prévalence d’infection par VIH ou de résistance à l’isoniazide1 doivent être traités
par quadrithérapie HRZE (associant isoniazide, rifampicine, pyrazinamide
et éthambutol) pendant deux mois, puis par bithérapie (associant isoniazide
et rifampicine) pendant quatre mois, selon les posologies indiquées dans la
recommandation 8.
1
Veuillez-consulter la section “Définitions et Distinctions”.
35
2ème édition
36
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
n Recommandation 13
Les enfants suspects de méningite tuberculeuse ou chez qui une telle affection
est confirmée et les enfants suspects de tuberculose ostéo-articulaire ou chez
qui une telle affection est confirmée doivent être traités par quadrithérapie
IREP (isoniazide - rifampicine - éthambutol - pyrazinamide) pendant deux
mois, suivie d’un traitement par deux médicaments associés (isoniazide
- rifampicine) pendant 10 mois, soit pour une durée totale de 12 mois. Les
doses recommandées pour le traitement de la méningite tuberculeuse sont les
mêmes que pour la tuberculose pulmonaire.
(Recommandation forte, faible qualité des bases factuelles)
Source: Rapid advice: treatment of tuberculosis in children. Geneva, World Health
Organization, 2010 (WHO/HTM/TB/2010.13)
Pour une compréhension plus aisée, le tableau 4 détaille tous les schémas thérapeutiques
actuellement recommandés.
37
2ème édition
38
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
L’adhésion au traitement
Les enfants, leurs parents, les autres membres de la famille et, d’une manière plus générale,
les aidants doivent faire l’objet d’une information sur la tuberculose et l’importance qui
s’attache à ce que le traitement soit mené jusqu’à son terme. Le soutien des parents et de
l’entourage proche de l’enfant est vital pour parvenir à un résultat satisfaisant du traitement.
Souvent, un agent de santé peut assurer l’administration du traitement ou la surveiller mais,
lorsqu’un tel arrangement ne convient pas pour la famille, une personne (de préférence
autre que l’un des parents de l’enfant ou un membre de son entourage immédiat) ayant
bénéficié d’une formation appropriée peut assumer cette responsabilité. Tous les enfants
doivent être traités gratuitement. Chaque fois que cela est possible, il convient d’utiliser,
pour simplifier l’administration des médicaments ainsi que l’adhésion au traitement, des
associations à dose fixe. Il est recommandé d’utiliser une carte de traitement du patient, qui
sera l’instrument documentaire de contrôle de l’adhésion au traitement.
39
2ème édition
L’adhésion au traitement tout au long de sa durée et jusqu’à son terme constitue souvent
un défi, notamment du fait que l’amélioration sur le plan clinique peut-être rapide : la
plupart des enfants atteints de tuberculose commenceront à manifester les signes d’une
telle amélioration au bout de deux à quatre semaines de traitement antituberculeux.
À l’évaluation intervenant deux mois après le commencement du traitement, l’éventualité
d’une rupture du traitement doit être suspectée lorsque l’enfant soumis à un traitement
antituberculeux:
– ne manifeste pas de régression des symptômes ou accuse même une aggravation de
ceux-ci;
– accuse une perte continuelle de poids;
– présente un frottis d’expectorations positif
Une observance déficiente du traitement est une cause courante “d’échec ” de celui-ci.
Un échec du traitement suggère la possibilité d’une forme multipharmacorésistante de
tuberculose et doit donner lieu à une évaluation minutieuse (Chapitre 7). Un échec du
traitement peut également survenir plus couramment chez les enfants vivant avec le VIH
(Chapitre 6).
40
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Supplémentation en pyridoxine
L’isoniazide peut générer une déficience symptomatique en pyridoxine qui se manifeste
comme une neuropathie, en particulier chez les enfants gravement dénutris et chez les
enfants séropositifs au VIH qui sont soumis à une thérapie antirétrovirale (ARV). Une
supplémentation en pyridoxine (à raison de 5 à 10 mg/jour) est recommandée dans le cas
d’enfants séropositifs au VIH ou d’enfants dénutris qui sont soignés pour la tuberculose (7).
Soutien nutritionnel
Une dénutrition prononcée est associée à une aggravation de la mortalité chez les patients
- enfants ou adultes - atteints de tuberculose, si bien qu’au cours d’un traitement de la
tuberculose la situation nutritionnelle de l’enfant doit être régulièrement évaluée. Tous
les enfants chez qui on a diagnostiqué une tuberculose mais qui ne nécessitent pas de
traitement pour un état de dénutrition aigu ont néanmoins besoin d’un soutien nutritionnel.
Un tel soutien réside notamment dans un effort précoce de maintien de l’allaitement au
sein (jusqu’à au moins 24 mois si possible) et en un apport nutritionnel adéquat à partir
d’aliments disponibles localement à un prix acceptable. Une supplémentation énergétique
est particulièrement importante pendant la phase d’attaque du traitement et le meilleur
moyen d’assurer celle-ci sera de faire appel à un complément d’alimentation accessible à la
famille, sous la forme de menus variés et équilibrés. Les nourrissons de moins de six mois
qui suscitent des inquiétudes en termes de malnutrition ou de déficit de croissance justifient
une prise en charge thérapeutique sur le plan de l’alimentation. Si cela n’est pas possible,
il faut assurer un soutien aux mères allaitantes, de manière à optimiser l’allaitement. Une
supplémentation nutritionnelle ne peut être administrée directement à un nourrisson de
moins de six mois mais elle peut lui être fournie à travers sa mère qui l’allaite (11-17).
41
2ème édition
Références
42
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
n Recommandation 15
Source: Revised BCG vaccination guidelines for infants at risk for HIV infection. Weekly
Epidemiological Record, 2007, 82:193-196 (2)
La vaccination des nouveau-nés par le BCG assure une protection substantielle contre
les formes les plus sévères de tuberculose diffuse, telles que la tuberculose milliaire ou
la méningite tuberculeuse, auxquelles les enfants en bas âge et les jeunes enfants sont
particulièrement vulnérables (3).
Rien ne prouve que la revaccination (rappel) par BCG assure une quelconque protection
supplémentaire, si bien que celle-ci n’est pas recommandée (4).
n Recommandation 16
La vaccination par le BCG ne devrait pas être administrée à des enfants dont
l’infection par VIH est confirmée
Source: Revised BCG vaccination guidelines for infants at risk for HIV infection. Weekly
Epidemiological Record, 2007, 82:193-196 (2)
1
Le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS) n’utilise pas la méthode GRADE pour l’évaluation de la
qualité des bases factuelles ; par conséquent, les recommandations se rapportant à la vaccination par BCG ne font pas
l’objet d’une évaluation de cette nature.
43
2ème édition
n Recommandation 17
Source: Revised BCG vaccination guidelines for infants at risk for HIV infection. Weekly
Epidemiological Record, 2007, 82:193-196 (2)
La vaccination par le BCG ne doit pas être pratiquée chez les enfants dont la séropositivité
par rapport au VIH est confirmée (5, 6) en raison du risque accru, signalé pour certains
milieux, de contracter une forme grave et souvent fatale d’infection disséminée par le vaccin
(7, 8).
Le diagnostic d’infection par le BCG est difficile et le traitement d’une telle infection est
spécialisé: M. bovis présente une résistance intrinsèque au pyrazinamide, si bien que toutes
les formes d’infection par le BCG doivent être traitées au moyen de doses plus élevées
d’autres médicaments antituberculeux de première intention. Par exemple, certains
spécialistes préconisent l’administration d’une dose journalière d’isoniazide pouvant aller
jusqu’à 20 mg/kg (maximum 300 mg) et d’une dose journalière de rifampicine pouvant
aller jusqu’à 20 mg/kg (maximum 600 mg) pendant au moins neuf mois, assortie d’une
surveillance continuelle de la toxicité éventuelle de ces médicaments et de la réponse à la
thérapie (9). Les enfants vivant avec le VIH chez qui on suspecte une infection par le BCG
doivent être examinés par un spécialiste compétent pour leur prise en charge.
Le syndrome inflammatoire de reconstitution immunitaire associé au BCG (BCG-IRIS) est
signalé de plus en plus souvent chez des nourrissons vivant avec le VIH qui ont été soumis très
tôt à une thérapie ARV (T-ARV). Le BCG-IRIS peut être une cause de morbidité considérable
encore que, à la différence des infections disséminées par le BCG, il soit rarement mortel.
Toutefois, le BCG est administré de manière systématique aux nouveau-nés dans les milieux
où la tuberculose est fortement endémique, et il est difficile de déterminer le statut de
chacun d’eux par rapport à l’infection par VIH avant que le vaccin ne leur soit administré.
Il est reconnu que l’application pratique de la présente recommandation est complexe et
qu’elle dépend de facteurs inhérents au milieu considéré, notamment de l’accessibilité de
services de prise en charge du VIH (10).
L’infection par VIH ne peut pas être déterminée de manière fiable à la naissance. Les nouveau-
nés qui ont été exposés au VIH sans avoir été infectés seront plus vulnérables à une infection
par tuberculose disséminée s’ils n’ont pas été vaccinés par le BCG. Par conséquent, dans
les milieux où la tuberculose et le VIH sévissent de manière endémique, il faut continuer
d’administrer le BCG aux nourrissons nés de mères séropositives mais qui ne présentent
eux-mêmes aucun symptôme suggérant une infection par VIH.
Les facteurs suivants sont susceptibles d’être des déterminants importants dans la
confrontation des risques et des avantages d’une telle approche (10, 11):
– la couverture et la réussite du programme de prévention (PTME) de la transmission
du VIH de la mère à l’enfant;
– la possibilité de différer la vaccination par le BCG des nourrissons exposés au VIH
tant que leur statut au regard de cette infection n’a pas été déterminé;
– la disponibilité d’un diagnostic précoce de l’infection par VIH chez le nourrisson;
– la possibilité d’administrer tôt une thérapie antirétrovirale aux nourrissons séropositifs
au VIH.
1
Le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS) n’applique pas la méthodologie GRADE pour l’évaluation
de la qualité des bases factuelles. En conséquence, les recommandations ayant trait au BCG n’ont pas été ainsi qualifiées.
44
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
n Recommandation 18
45
2ème édition
d’avoir si elle se développe. L’attention doit se porter en priorité sur les sujets
contacts qui sont:
- des enfants présentant des symptômes suggérant une tuberculose,
- des enfants de moins de 5 ans,
- des enfants chez qui un état d’immunodépression est suspecté ou avéré
(notamment des enfants vivant avec le VIH) ; et
- des enfants qui ont été en contact de premiers cas chez qui une tuberculose
multi- ou ultra- pharmacorésistante a été diagnostiquée ou est suspectée
n Recommandation 19
46
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
n Recommandation 20
Figure 1. Méthode de dépistage des sujets-contacts de l'enfant basée sur les symptomesa
Enfant ayant été en contact étroit avec un cas source de tuberculose pulmonaire à frottis positif
47
2ème édition
On présente dans la Figure 1 une approche algorithmique simple pouvant être appliquée
dans n’importe quel contexte et ne requérant des informations que sur l’âge, le statut par
rapport à l’infection par VIH et la présence ou l’absence de symptômes (16). Une approche
reposant sur les symptômes signifie que le dépistage peut être effectué par des agents de
santé à un niveau périphérique et que l’accès à une structure sanitaire du niveau du district
n’est pas nécessaire. Seuls les sujets contacts symptomatiques devront être aiguillés vers
une telle structure secondaire pour subir une évaluation plus approfondie. Les recherches
menées récemment sur le dépistage des sujets contacts enfants basé sur la recherche des
symptômes montrent que, dans les contextes marqués par une limitation des ressources,
cette stratégie de gestion des contacts est sûre et qu’elle est plus faisable qu’un dépistage
des sujets contacts basés sur des tests diagnostiques (17).
n Recommandation 21 (nouvelle)
Les enfants de moins de cinq ans qui sont au contact, dans leur foyer ou leur
entourage proche, de personnes ayant la tuberculose et qui, après évaluation
clinique appropriée, s’avèrent ne pas développer de tuberculose active, doivent
recevoir un traitement préventif à l’isoniazide (TPI) pendant six mois (10 mg/kg
par jour, de 7 à 15 mg/kg, pour une dose maximale de 300 mg/jour)
48
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
n Recommandation 22 (nouvelle)
Dans les milieux à forte prévalence d’infection par VIH, tous les membres
du foyer ou de l’entourage proche des personnes atteintes de tuberculose
devraient bénéficier d’un dépistage de l’infection par VIH accompagné d’une
prise en charge psychologique
n Recommandation 23 (nouvelle)
Dans les milieux à faible prévalence d’infection par VIH, tous les membres du
foyer ou de l’entourage proche des personnes atteintes de tuberculose qui
présentent des symptômes compatibles avec une tuberculose-maladie peuvent
bénéficier d’un dépistage de l’infection par VIH accompagné d’une prise en
charge psychologique dans le cadre de leur évaluation clinique
n Recommendation 24
Tous les sujets contacts appartenant au foyer d’un premier cas se trouvant
être une personne vivant avec le VIH devraient bénéficier d’un dépistage de
l’infection par VIH accompagné d’une prise en charge psychologique
(Recommandation forte, qualité très médiocre des bases factuelles)
Source: Recommendations for investigating contacts of persons with infectious
tuberculosis in low- and middle-income countries. Geneva, World Health Organization,
2012 (WHO/HTM/TB/2012.9)
Considérations relatives à la mise en oeuvre, s’agissant de la prise en charge des
sujets contacts enfants dans le cadre des Programmes nationaux de lutte contre
la tuberculose (PNT)
Le dépistage et la prise en charge des personnes ayant été en contact étroit avec des cas de
tuberculose sont recommandés par la plupart des (PNT) mais cela est rarement assuré dans
les pays à revenu faible ou intermédiaire, où surviennent la plupart des cas de tuberculose
chez l’enfant (23). Il n’est absolument pas nécessaire de créer une structure spéciale pour
assurer le dépistage et la prise en charge : une telle fonction peut être assurée dans le
cadre de la structure existante du PNT et avec le soutien existant des spécialistes. Une
démarche de dépistage basé sur les symptômes permet d’organiser une prise en charge des
sujets contacts dans la population, sans qu’il soit nécessaire de faire appel à des ressources
supplémentaires.
Tous les PNT devraient établir des instructions relatives au déroulement des investigations
des sujets contacts et à l’utilisation de ces investigations (12). Des protocoles et procédures
normalisés doivent être mis au point et être appliqués. Ces protocoles contribueront à
améliorer l’efficacité et l’uniformité de la procédure d’investigation des sujets contacts et
permettront d’évaluer en continu le déroulement de ces investigations. Ces protocoles
49
2ème édition
devraient prévoir au minimum les priorités en matière d’investigation des sujets contacts et
ils devraient décrire les rôles et responsabilités des agents de santé et fournir des instructions
pour la collecte et l’enregistrement des données pertinentes.
La Figure 2 donne un exemple de registre de dépistage des sujets contacts. Des modèles de
formulaires d’investigation des sujets contacts et de dépistage des sujets contacts d’un foyer
sont disponibles dans d’autres Lignes directrices de l’OMS (12).
50
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Dans les milieux où la tuberculose sévit de manière endémique, il s’ajoute au risque d’être
en contact avec un cas infectieux de tuberculose dans son foyer celui de la transmisson
de la tuberculose aux enfants lorsque ceux-ci viennent dans un centre de santé. Le risque
de développer la tuberculose après avoir été infecté est particulièrement élevé chez les
nourrissons et les jeunes enfants de même que chez les enfants de tous âges qui vivent avec
le VIH lorsqu’ils accompagnent leurs parents ou tuteurs aux consultations dans un centre
de santé. Les personnes chez qui une tuberculose est suspectée ne devraient jamais côtoyer
dans un lieu d’attente des enfants immunodéprimés, par exemple des nourrissons en attente
de vaccination ou de contrôle de santé ou des enfants fréquentant des cliniques de lutte
contre le VIH. Tous les enfants présentant une tuberculose active avec cavernes ou à frottis
d’expectorations positif doivent être isolés. Le risque d’exposition est particulièrement élevé
dans les structures de soins pour adultes atteints de tuberculose et/ou infectés par VIH. La
tuberculose est la plus courante des infections opportunistes chez la femme adulte vivant
avec le VIH en âge de procréer/d’avoir des enfants.
51
2ème édition
Les enfants ayant la tuberculose sont souvent considérés comme non infectieux et, par
conséquent, comme non susceptibles de la transmettre. Toutefois, certains enfants la
transmettent, si bien que l’action visant à circonscrire l’infection revêt toute son importance
même dans les centres ou espaces de santé se consacrant uniquement à la prise en charge
des enfants malades. De plus, il existe un risque élevé de cas non suspectés - donc non
traités - de tuberculose active chez les adultes qui accompagnent ces enfants ou leur
rendent visite (26, 27). La manifestation clinique de la tuberculose chez les enfants revêt
des formes diverses et, souvent, elle se superpose à celles de la pneumonie, du VIH et de la
dénutrition; par conséquent, les mesures propres à circonscrire l’infection sont pertinentes
dans tous les centres de soins - ambulatoires ou en hospitalisation - où des enfants malades
sont examinés.
Il y a lieu d’être plus particulièrement vigilant à l’égard:
l des espaces de soins aux nouveau-nés. On a signalé de nombreuses épidémies
confirmées de tuberculose chez des nouveau-nés dont la source de contamination
était l’une des mères ou un membre du personnel, qui a pu en contaminer un grand
nombre au sein de l’unité même. Les nouveau-nés sont particulièrement vulnérables à
une contamination soudaine par une maladie grave diffuse et au développement d’une
telle maladie.
l Les centres de santé qui assurent des soins aux adultes, aux enfants d’un certain âge et
aux adolescents atteints de tuberculose, qui sont souvent des milieux contaminant.
l Les centres de soins prénataux et de PTME.
l Les autres lieux de rassemblement tels que les centres de soins de l’enfance, les
orphelinats, les prisons, les établissements scolaires. Pour les enfants d’un certain âge,
cela inclut les pensionnats. Les enfants en âge d’être scolarisés présentant un frottis
d’expectorations positif ne doivent pas fréquenter leur établissement tant qu’ils ne sont
pas considérés comme ne présentant qu’un risque très faible de contamination.
l Les enfants appartenant à des populations mobiles ou à des populations déplacées,
notamment dans les camps pour migrant, y compris les camps improvisés - et souvent
bondés - de réfugiés, dans les lieux d’hébergement temporaire, etc.
Les recommandations concernant l’action visant à circonscrire l’infection qui sont exposées
dans le document intitulé WHO policy on TB infection control in health care facilities,
congregate settings and households (25) ne se réfèrent pas spécifiquement à la situation
des enfants mais sont néanmoins pertinentes en ce qui les concerne.
52
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
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20. Product information. Geneva, Stop TB Partnership, Global Drug Facility, Procurement and
Supply; available at: http://www.stoptb.org/gdf/drugsupply/pc3.asp?PID=56.
53
2ème édition
21. Balcells ME et al. Isoniazid preventive therapy and risk for resistant tuberculosis. Emerging
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22. Van Halsema CL et al. Tuberculosis outcomes and drug susceptibility in individuals exposed
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25. Politique de l’OMS pour la lutte contre la transmission de la tuberculose dans les
établissements de santé, les structures collectives et les ménages. Genève, Organisation
mondiale de la Santé, 2009 (WHO/HTM/TB/2009.419).
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employees at a children’s hospital. Infection Control and Hospital Epidemiology, 2011,
32(2):188-190.
54
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
6.2 Introduction
Les enfants vivant avec une infection par VIH courent des risques plus élevés par rapport à
l’exposition à la tuberculose, à la contamination par cette maladie, au développement de
la maladie et, d’une manière générale, à la morbidité et à la mortalité qui y est associée.
Ces risques sont fonction du degré de leur immuno-dépression. Tous les enfants vivant
avec une infection par VIH dans des milieux où la tuberculose sévit de manière endémique
doivent donc être suivis régulièrement pour un dépistage de la tuberculose par évaluation
clinique à chacune de leurs visites dans un centre de santé ou à chacun de leurs contacts
avec un agent de santé. Cette évaluation doit tendre à identifier parmi eux ceux qui sont
susceptibles d’avoir développé une tuberculose active (“tuberculose-maladie”), qui auraient
besoin d’un traitement antituberculeux, et ceux qui devraient commencer un traitement TPI.
La suspicion de tuberculose active chez un enfant vivant avec le VIH est retenue dans un
premier temps sur la base de la présence de symptômes cliniques. L’évaluation clinique peut
être suivie d’investigations plus poussées , selon le cas (p. ex. d’une radiographie thoracique).
Comme pour n’importe quel enfant suspect de tuberculose, on doit s’efforcer chaque fois
que possible (1) de confirmer le diagnostic (par exemple, au moyen d’une culture ou d’un
test Xpert MTB/RIF).
L’infection par VIH chez les enfants est particulièrement commune dans les contextes de
forte prévalence d’infection par VIH prénatale et dans lesquels l’action de prévention de
transmission de la mère à l’enfant (PTME) n’est pas très répandue. La prévalence de l’infection
par VIH est donc particulièrement élevée chez les nourrissons et les jeunes enfants, qui
représentent une classe d’âge particulièrement vulnérable à la tuberculose. Dans les régions
où l’infection par tuberculose et VIH associés est endémique, la tuberculose est courante
chez les enfants vivant avec le VIH et l’infection par VIH est courante chez les enfants
atteints de tuberculose (1).
Il est recommandé que les tests de dépistage de l’infection par VIH soient proposés
systématiquement pour tous les enfants chez qui une tuberculose est suspectée ou confirmée
(1) – voir également Recommandation 7, Chapitre 3.
55
2ème édition
l Le test d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR) est moins sensible chez les enfants
vivant avec le VIH que chez les enfants séronégatifs au VIH ; une induration >5 mm sera
considérée comme positive chez l’enfant vivant avec le VIH.
l L’incidence des maladies pulmonaires aiguës et chroniques autres que la tuberculose est
particulièrement élevée chez les enfants vivant avec le VIH.
l Les enfants vivant avec le VIH peuvent avoir contracté une maladie pulmonaire imputable
à plus d’une cause (co-infection), ce qui peut masquer la réponse au traitement.
l À l’examen radiographique, les éléments en rapport avec la tuberculose se superposent
à ceux qui sont en rapport avec une maladie pulmonaire liée au VIH.
Le Tableau 6 donne une présentation synthétique de l’incidence de l’infection par VIH sur
la démarche diagnostique de la tuberculose chez l’enfant (2).
Tableau 6.Incidence du VIH sur la démarche diagnostique recommandée
pour la tuberculose chez les enfants
Démarche recommandée pour le Incidence de l’infection par VIH
diagnostic de la tuberculose chez les
enfants
Anamnèse méthodique, incluant une Particulièrement importante, puisque le test
recherche des antécédents de contacts d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR) est
tuberculeux particulièrement peu sensible pour le dépistage
d’une infection tuberculeuse
Anamnèse méthodique des symptômes Faible spécificité : superposition, à l’examen
cohérents avec la tuberculose clinique, des symptômes de la tuberculose et
du VIH
Examen clinique incluant une évaluation de Faible spécificité : la dénutrition est commune
la croissance avec la tuberculose comme avec le VIH
Texte d’intradermoréaction à la tuberculine Sensibilité médiocre : la réaction positive au
test d’intradermoréaction à la tuberculine
(IDR) décroît en fonction de l’aggravation de
l’immunodépression
Confirmation par examen bactériologique Importante, quel que soit le statut du patient par
chaque fois que possible rapport au VIH
56
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Prophylaxie primaire
Des recommandations ont également été formulées en ce qui concerne le traitement
préventif par isoniazide (TPI) des nourrissons et jeunes enfants vivant avec le VIH mais
considérés comme peu susceptibles d’avoir contracté la tuberculose et n’ayant pas subi
notoirement d’exposition à cette maladie ; il s’agit là de ce que l’on appelle prophylaxie
primaire (6, 7, 10, 11).
57
2ème édition
n Recommendation 25
Pour un enfant de plus de 12 mois vivant avec le VIH qui, d’après un dépistage
basé sur les symptômes, est peu susceptible d’avoir contracté la tuberculose-
maladie et qui n’a pas été en contact avec une personne infectée par la
tuberculose:
· il doit être proposé une thérapie préventive par isoniazide sur six mois (à
raison de 10 mg/kg par jour, soit dans une fourchette de 7 à 15 mg/kg,
pour une dose maximale de 300 mg/jour) dans le cadre d’une combinaison
complète de services de prévention et de soins de l’infection par VIH lorsqu’il
vit dans un milieu à forte prévalence de tuberculose
(Recommandation forte, qualité médiocre des bases factuelles)
· il peut être proposé une thérapie préventive par isoniazide sur six mois (à
raison de 10 mg/kg par jour, soit dans une fourchette de 7 à 15 mg/kg,
pour une dose maximale de 300 mg/jour) dans le cadre d’une combinaison
complète de services de prévention et de soins de l’infection par VIH lorsqu’il
vit dans un milieu à prévalence de tuberculose moyenne ou faible
(Recommandation avec réserve, qualité médiocre des bases factuelles)
Remarque a: le groupe de travail a examiné les bases factuelles récentes (7, 10) qui
n’avaient pas été publiées au moment de l’élaboration de la publication intitulée «
Guidelines for intensified tuberculosis case-finding and isoniazid preventive therapy for
people living with HIV in resource-constrained settings» (6). Il a constaté que ce vaste
essai aléatoire de caractère propectif effectué sous contrôle ne faisait apparaître aucun
bénéfice quelconque en termes de prophylaxie primaire.
Remarque b: en passant en revue l’essai initial qui avait été à la base des recommandations
de 2011 (6) et qui avait révélé des avantages en termes de prophylaxie primaire, le
groupe de travail a constaté que cet essai correspondait à un contexte épidémiologique
qui pourrait ne pas être largement représentatif (il a été réalisé dans l’un des milieux
à plus forte charge de tuberculose). En outre, le groupe de travail a relevé que le
contexte épidémiologique de cet essai était antérieur à l’introduction des traitements
antirétroviraux chez les enfants vivant avec le VIH, si bien qu’il ne pouvait pas être
représentatif de la situation de 2013. Enfin, cette étude a été stoppée assez tôt, suite
à une analyse intervenue en cours de processus. Il y avait également une difficulté
reconnue d’interprétation de l’étude : le recul de mortalité signalé ne correspondait pas
à une diminution des décès attribués principalement à la tuberculose.
58
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Oui Non
Pas la
Non Oui Autre diagnostic tuberculose Tuberculose
a
Tous les enfants et les nourrissons de moins d’un an devraient recevoir un TPI si leurs antécédents révèlent un contact
avec un cas de tuberculose infectieuse dans leur foyer.
Figure 3. Algorithme recommandé par l'OMS pour le dépistage de la tuberculose et l'engagement d'un TPI chez
b
Le gain de poids insuffisant se définit comme recouvrant: une perte de poids signalée, une très forte insuffisance pondérale
l'enfant de plus de 12 mois vivant avec le VIH (6)
(indice poids/âge inférieur à 3 écarts types (E.T.)), un déficit pondéral (indice poids/âge inférieur à 2 écarts types (E.T.)), une
perte de poids notable (>5%) depuis la visite précédente, ou un aplatissement de la courbe de croissance.
c
Les contre-indications recouvrent: une hépatite active (aiguë ou chronique) et des symptômes de neuropathie périphérique.
Des antécédents de tuberculose ne devraient pas constituer une contre-indication au commencement d’un TPI. Même
s’il cela ne constitue pas un préalable au commencement d’un TPI, le test d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR) peut
être pratiqué à titre de contrôle d’admissibilité dans certains cadres.
d
Les investigations concernant la tuberculose doivent être menées conformément aux lignes directrices nationales
existantes.
Ces constatations ont donné lieu à des discussions organisées dans le cadre d’une
vidéoconférence entre le groupe de travail chargé des présentes lignes directrices et le
groupe qui avait établi les lignes directrices de 2011, et les deux groupes de travail ont
suggéré que la recommandation initiale, issue du document de 2011, soit scindée en
deux recommandations distinctes, comme illustré ci-dessus.
Dans les milieux à forte prévalence de tuberculose, un TPI sur six mois peut apporter des
bienfaits s’ajoutant à ceux d’un traitement antirétroviral en termes de protection contre
la tuberculose. En revanche, dans les milieux à prévalence de tuberculose moyenne ou
faible, on peut proposer un TPI, mais en tenant compte de ses implications en termes
de ressources. Le groupe de travail a recommandé de pousser les recherches plus avant
sur ce plan.
L’OMS recommande un dépistage basé sur les symptômes, qui est présenté dans ses
grandes lignes à la Figure 3.
59
2ème édition
(Recommandation forte, qualité faible à moyenne des bases factuelles contre le recours
à un traitement intermittent chez l’enfant)
60
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
avec le VIH, pour qui un tel traitement est recommandé. Un traitement prophylactique
quotidien par le cotrimoxazole améliore la survie chez les enfants vivant avec le VIH et
réduit l’incidence des comorbidités. Un tel traitement réduit également le risque de co-
infections telles que la pneumocystose chez les nourissons exposés au VIH. C’est pourquoi
cette prophylaxie est recommandée pour tous les nourrissons exposés au VIH et tous les
enfants vivant avec le VIH, y compris ceux qui sont atteints de tuberculose (1), et elle doit
être mise en oeuvre en tant que composante faisant partie intégrante de la combinaison de
services associés au VIH (13).
Les indications incitant à mettre en place ou suspendre la prophylaxie par cotrimoxazole et
celles qui ont trait à sa surveillance sont détaillées dans une publication de l’OMS de 2007
intitulée «Directives sur l’utilisation du cotrimoxazole pour la prophylaxie des infections liées
au VIH chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte. Recommandations pour une approche de
santé publique» (14).
Thérapie antirétrovirale
La thérapie antirétrovirale (T-ARV) chez l’enfant vivant avec le VIH vise plusieurs objectifs:
une amélioration sur les plans de la durée et de la qualité de vie; un recul de la morbidité et
de la mortalité liées au VIH par un abaissement de l’incidence des infections opportunistes
(dont la tuberculose); une réduction de la charge virale; la restauration et l’entretien des
fonctions immunitaires, de la croissance et d’un développement normal. Une T-ARV améliore
les résultats du traitement antituberculeux chez les enfants vivant avec le VIH.
L’OMS (13) recommande une T-ARV pour toutes les personnes diagnostiquées séropositives
au VIH qui présentent un taux de CD4 égal ou inférieur à 500 cellules/mm³, la priorité
devant être accordée aux patients présentant une pathologie VIH sévère/avancée ou un
taux de CD4 de 350 cellules/mm³ ou moins. L’OMS recommande également une thérapie
antirétrovirale pour les personnes présentant une tuberculose active ou les personnes co-
infectées par le virus de l’hépatite B et atteintes d’une maladie hépatique grave, toutes les
femmes vivant avec le VIH qui sont enceintes ou qui allaitent, tous les enfants de moins de
cinq ans vivant avec le VIH et toutes les personnes vivant avec le VIH dans une relation de
couple sérodiscordante, sans considération de leur taux de CD4.
Le traitement antituberculeux doit être engagé en premier, suivi d’une T-ARV aussi tôt que
possible (dans les huit semaines qui suivent le début du traitement antituberculeux). Pour
les patients dont le taux de CD4 est inférieur à 50 cellules/mm³, la T-ARV doit être assurée
dans les deux semaines qui suivent le début du traitement antituberculeux (13). Le tableau
7 résume les recommandations concernant le moment d’engager la thérapie antirétrovirale
(T-ARV) chez des enfants.
Pour une T-ARV de première intention, le recours à des schémas thérapeutiques simplifiés
et moins toxiques - sous forme de combinaisons à dose fixe chaque fois que possible - est
recommandé comme étant l’approche la plus efficace et la plus commode. Les schémas
thérapeutiques incluant comme «colonne vertébrale» un inhibiteur nucléosidique de la
transcriptase inverse (INNTI) autre que la thymidine (le fumarate de ténofir disoproxil ou
l’abacavir (ABC) + la lamivudine (3TC)) et un inhibiteur non-nucléosidique de la transcriptase
inverse (INNTI), l’éfavirenz (EFV), restent les meilleurs choix pour les adolescents et les enfants
de plus de trois ans. Pour les enfants de moins de trois ans, un schéma thérapeutique basé
sur un inhibiteur de protéases reste la solution privilégiée, en combinaison avec l’abacavir
(ABC) ou la zidovudine (AZT) (13).
61
2ème édition
62
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Schéma thérapeutique recommandé pour les enfants et les nourrissons qui commencent un
traitement antituberculeuxa alors qu’ils sont déjà sous thérapie ARV
Enfants sous Moins de 3 ans Poursuivre NVP en veillant à ce que la dose soit de 200
traitement standard mg/m2
basé sur INNTI ou
(2 INTIs + EFV ou Combinaison triple INTI (AZT + 3TC + ABC)d
NVP)
3 ans et plus Si sous EFV, poursuivre le même schéma
Si pas sous NVP, passer à EFV
ou
Combinaison triple INTI (AZT + 3TC + ABC)d
Enfant sous Moins de 3 ans Combinaison triple INTI (AZT + 3TC + ABC)d
traitement standard ou
à base d’inhibiteurs Passer à NVP en veillant à ce que la dose soit de 200
de protéase (IP) mg/m2
(2 INTIs+ LPV/r) ou
Continuer LPV/r et envisager d’ajouter RTV pour atteindre
la dose thérapeutique complètee
3 ans et plus Si pas d’antécédent d’échec de traitement basé sur
INNTI:
Passer à EFVf
ou
Combinaison triple INTI (AZT + 3TC+ ABC)d
ou
Continuer LPV/r envisager d’ajouter RTV pour atteindre la
dose thérapeutique complètee
Si antécédent d’échec de traitement basé sur INNTI:
Combinaison triple INTI (AZT + 3TC+ ABC)d
ou
Continuer LPV/r et envisager d’ajouter RTV pour atteindre
la dose thérapeutique complètee
Envisager la consultation de spécialistes pour la mise en
place d’un traitement de deuxième intention
a abréviations utilisées : ABC abacavir ; AZT zidovudine ; EFV Efavirenz ; LPV/r lopinavir/ritonavir; INNTI inhibiteur non
nucléosidique de transcriptase inverse ; INTI inhibiteur nucléosidique de transcriptase inverse ; RTV ritonavir ; 3TC
lamivudine.
b assurer un dosage optimisé de rifampicine sur la base des nouvelles directives de dosage (chapitre 4).
c passer à un régime de traitement par antirétroviraux adapté à l’âge sur la base du traitement national ART de première
ligne à la fin du traitement pour la tuberculose.
d une combinaison triple INTI n’est recommandée que pour la durée du traitement pour la tuberculose ; un traitement PI ou
INNTI adapté à l’âge doit être relancé à l’issue d’une thérapie à base de rifampicine. Selon les constatations résultant du
test ARROW (15), ce traitement doit être considéré comme l’option préférentielle pour les enfants de moins de trois ans
soumis à un traitement à base de LPV/r lorsqu’ils commencent un traitement contre la tuberculose. Cela doit également
être considéré comme le traitement préférentiel pour les enfants de plus de trois ans ayant des antécédents d’échec de
INNTI.
e augmenter RTV jusqu’à atteindre le même dosage en mg que pour LPV, pour un ratio de 1 à 1.
f passer à EFV doit être considéré comme l’option préférentielle (16) et l’EFV doit être poursuivi jusqu’à la fin du traitement
contre la tuberculose pour permettre la simplification et l’harmonisation avec les régimes ARV pratiqués chez les enfants
plus âgés.
63
2ème édition
64
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Références
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65
2ème édition
7.2 Introduction
L’OMS a publié des lignes directrices sur la marche à suivre pour le diagnostic et le traitement
d’une tuberculose pharmacorésistante sur la base de l’expérience recueillie chez les adultes
; la version la plus récente en a été mise à jour en 2011 (1,2). La qualité attribuée aux
bases factuelles sur lesquelles reposaient toutes ces recommandations était très faible. Les
données disponibles pour fonder en connaissance de cause les lignes directrices relatives
spécifiquement à la prise en charge des enfants sont encore plus limitées, même si des
orientations pragmatiques basées sur l’expérience clinique ont été publiées (3-6).
7.3 Le diagnostic
Il y a lieu de suspecter une tuberculose pharmacorésistante lorsque :
- il y a eu contact avec un cas avéré de tuberculose pharmacorésistante;
- il y a eu contact avec un cas suspecté de tuberculose pharmacorésistante, c’est-à-
dire que le traitement du cas source a enregistré un échec, que le cas source a dû
être traité à nouveau ou qu’il est mort récemment de tuberculose;
- l’enfant atteint de tuberculose ne répond pas à la thérapie de première intention
malgré son adhésion au traitement;
- l’enfant traité précédemment pour la tuberculose présente une récidive de la maladie.
Lorsque l’on soupçonne une tuberculose pharmacorésistante, tout doit être mis en oeuvre
pour confirmer le diagnostic en recueillant des échantillons pour des cultures et des tests de
susceptibilité aux médicaments. Il est recommandé de réaliser au moment du diagnostic des
tests rapides de sensibilité à l’isoniazide et à la rifampicine ou à la rifampicine seule plutôt
que des tests classiques de sensibilité aux médicaments ou plutôt que de ne pas réaliser de
tests du tout. Le recours à des tests moléculaires (l’hybridation inverse en ligne (LiPA) ou
le test Xpert MTB/RIF) peut apporter la preuve d’une résistance dans un délai de quelques
heures à un ou deux jours de la mise à l’épreuve de l’échantillon et il est approuvé par l’OMS
(voir chapitre 3); le test classique de sensibilité aux médicaments, à l’inverse, peut prendre
de un à trois mois pour produire ses résultats. Les tests rapides de sensibilité peuvent donc
constituer un moyen d’un bon rapport coût-efficacité d’engager un traitement précoce,
d’obtenir des taux de guérison meilleurs, d’enrayer l’apparition d’une pharmacorésistance
supplémentaire et enfin d’abaisser les probabilités d’échec ou de récidive. Dans tous les cas
où une tuberculose pharmacorésistante se trouve confirmée, il faut effectuer en deuxième
intention des tests de sensibilité aux médicaments de manière à exclure une tuberculose
ultra pharmacorésistante (XDR-TB) et mettre en place un schéma thérapeutique efficace.
La Figure 4 présente un algorithme diagnostique conçu pour le diagnostique d’une
tuberculose pharmacorésistante chez l’enfant (4).
66
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Non
Traiter en tant que tuberculose Faire une culture/un test de susceptibilité Faire une culture/un test de
pharmacorésistante en fonction aux médicaments sur des échantillons susceptibilité aux médicaments sur
des résultats des tests de sensibilité prélevés chez l'enfant et chez la source. des échantillons prélevés chez l'enfant
aux médicaments pratiqués sur des isolats Traiter comme tuberculose et chez la source si pas de confirmation
prélevés chez l'enfant ou le cas source. pharmacosusceptible. de pharmacosusceptibilité surtout
Faire une culture et un test de susceptibilité Suivi scrupuleux essentiel. en cas de réponse médiocre au traitement
aux médicaments si la résistance
aux médicaments n'est pas confirmée.
Vérifier la réponse au traitement Vérifier les résutats du test
si le test de pharmacosusceptibilité de pharmacosusceptibilité.
révèle une résistance aux médicaments
ou en cas de défaut d'adhérence
au traitement, traiter comme
tuberculose pharmacorésistante
DST = drug susceptibility test; DR = drug-resistant; DS = drug-susceptible
Reference to culture and DST implies that facilities are available
a
Reproduit à partir de la référence 4 avec l'autorisation gracieuse de l'éditeur.
67
2ème édition
7.5 Traitement
Le traitement d’une tuberculose multipharmacorésistante (MDR-TB) ou d’une tuberculose
ultra pharmacorésistante (XDR-TB) chez l’enfant obéit aux mêmes principes et requiert les
mêmes médicaments de deuxième intention que le traitement chez l’adulte ; cependant,
les durées optimales des schémas thérapeutiques ne sont pas connues. La MDR-TB est
associée à des résultats de traitement moins favorables et à une mortalité plus forte qu’une
tuberculose pharmacorésistante chez l’enfant (8, 9).
68 1
Veuillez-consulter la section “Définitions et Distinctions”.
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
ne sont pas possibles, si bien qu’avec les enfants chez qui on suspecte une tuberculose
multipharmacorésistante, le traitement est souvent empirique. Bien que les chiffres
concernant les résultats chez les enfants soient limités, les données disponibles suggèrent
que les résultats ne sont au moins pas plus mauvais que chez les adultes (10, 11).
La prise en charge doit respecter les principes suivants:
l Ne jamais ajouter un seul médicament à un schéma thérapeutique tenu en échec, cela
risque de conduire à une amplification de la résistance.
l Tous les traitements doivent être administrés de manière journalière et sous observation
directe.
l Traiter l’enfant conformément aux résultats des tests de sensibilité aux médicaments
pratiqués chez le cas source probable, à moins de disposer des résultats d’une culture
de M. tuberculosis et de tests de sensibilité aux médicaments à partir d’échantillons de
l’enfant lui-même.
l Pratiquer à titre de traitement de deuxième intention une batterie de tests de sensibilité
aux médicaments chez tous les cas de tuberculose multipharmacorésistante, de
manière à exclure la résistance aux fluoroquinolones et/ou aux médicaments injectables
de traitement de deuxième intention, étant donné que cela peut rendre d’autres
médicaments nécessaires à un stade précoce de la thérapie.
l Administrer (uniquement au stade précoce de la maladie principale) au moins trois, mais
de préférence quatre, médicaments avec lesquels le patient ou l’adulte constituant le
cas source n’a jamais été traité ou auxquels leurs isolats sont sensibles.
l à chaque visite de suivi, les soignants doivent bénéficier de soutien et de conseils sur les
effets défavorables, la durée du traitement et l’importance d’une bonne observance du
traitement. En outre, il faut procéder à l’égard de l’enfant au minimum à :
- une évaluation des symptômes;
- une évaluation de l’observance du traitement;
- un questionnement sur les événements négatifs ; et
- une mesure du poids.
Les dosages de médicaments doivent être ajustés pour tenir compte de tout gain de
poids.
l La réponse au traitement doit donner lieu à un suivi clinique, radiographique et au moyen
de cultures. Des examens microscopiques et des cultures des frottis d’expectorations
doivent être effectuées chaque mois jusqu’à confirmation d’un diagnostic négatif à trois
reprises consécutives, après quoi des cultures de suivi doivent être pratiquées tous les
deux à trois mois.
l La surveillance clinique de toute manifestation d’effets contraires doit être assurée à
chaque visite. Un profil d’effets secondaires des médicaments utilisés doit donner lieu à
des investigations particulières.
Si l’un quelconque des médicaments décrits dans le tableau 9 peut être utilisé pour traiter
les enfants atteints de tuberculose multipharmacorésistante, on ne dispose actuellement
de données concernant leur innocuité chez les enfants qu’en ce qui concerne les
fluoroquinolones, si bien que la recommandation de l’OMS relative au traitement de la
tuberculose multirésistante chez l’enfant ne concerne que l’utilisation des fluoroquinolones.
Des données concernant l’innocuité des autres médicaments utilisés dans le traitement de
la tuberculose multipharmacorésistante chez l’enfant seraient nécessaires.
69
2ème édition
n Recommandation 27
Les enfants suspects ou effectivement atteints de méningite tuberculeuse
imputable à des bacilles multirésistants peuvent être traités à la fluoroquinolone
dans le cadre d’un programme de prise en charge des formes multirésistantes
de tuberculose qui a fait la preuve de son efficacité et moyennant un schéma
thérapeutique convenant au traitement de la tuberculose multirésistante. La
décision de traitement sera du ressort d’un professionnel de santé expérimenté
dans la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant
(Recommandation forte, très faible qualité des bases factuelles)
Source: Rapid advice: treatment of tuberculosis in children. Geneva, World Health
Organization, 2010 (WHO/HTM/TB/2010.13) (12).
70
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Groupe 2: agents
injectablesc
Aminoglycosides Amikacin 15-20 1 000 15-22.5 (1000)
Kanamycin 15-20 1 000 15-30 (1000)
a Pour les enfants, les dosages concernant tous les médicaments, y compris les fluoroquinolones, doivent se situer chaque
fois que possible dans le haut de la fourchette recommandée, sauf pour l’éthambutol . L’éthambutol doit être dosé à 15
mg/kg, et non à 25 mg/kg comme on le fait parfois chez l’adulte atteint de tuberculose pharmacorésistante, étant donné
que la surveillance de la névrite optique s’avère plus difficile chez l’enfant.
b Les épreuves de sensibilité au médicament peuvent ne pas être fiables – utiliser un autre médicament si les épreuves de
sensibilité n’ont pas été menées ou si elles n’ont pas donné de résultats probants.
c Choisir un médicament dans chacun de ces groupes; l’amikacine sera préférée à la kanamycine pour les enfants.
L’injection intramusculaire d’amikacine est très douloureuse ; on doit lui préférer la perfusion par voie intraveineuse.
d Choisir un ou plusieurs de ces médicaments pour constituer un total de quatre nouveaux médicaments
e L’acide p-amino salicylique (y compris son sel) est administré dans un milieu acide (p. ex. Le yaourt ou le jus d’orange)
pour être mieux absorbé.
f Envisager l’utilisation de ces médicaments s’il n’y a pas assez de médicaments des autres groupes pour élaborer un
schéma thérapeutique acceptable. Chaque médicament est considéré comme étant seulement la moitié d’un ; par
conséquent, deux médicaments de ce groupe comptent pour un seul médicament supplémentaire.
g Chez l’adulte, l’isoniazide à forte dose se définit comme de 16 à 20 mg/kg par jour.
h Le dosage du linézolide pour la tuberculose est incertain mais des doses plus faibles (300 mg deux fois par jour ou même
300 mg chaque jour chez l’adulte) entraînent moins d’effets secondaires et semblent être encore efficaces.
i La thioacétazone ne doit pas être utilisée chez les personnes vivant avec le VIH en raison de ses effets secondaires
potentiellement mortels.
Très peu de médicaments de deuxième intention sont produits selon des formulations
à usage pédiatrique et leurs propriétés pharmacocinétiques chez l’enfant n’ont pas été
pleinement étudiées. Cela signifie que le dosage optimal des médicaments de deuxième
intention n’est pas connu et que les comprimés doivent être fractionnés, avec les risques
d’inexactitude que cela comporte en termes de dosage et de taux de concentration dans
le sang, qui risquent d’être soit infra-thérapeutiques, soit toxiques. Ces médicaments ont
souvent un goût désagréable et peuvent provoquer des nausées et des diarrhées, effets
qui peuvent avoir une incidence négative sur la quantité de médicaments effectivement
absorbée. On utilise souvent des médicaments injectables par dose journalière au cours des
premiers mois de traitement et la diversité des comprimés à prendre peut être considérable.
71
2ème édition
Durée du traitement
On dispose de peu de bases factuelles sur le traitement de la tuberculose multipharmacorésistante
chez l’enfant. En conséquence, pour un tel traitement chez l’enfant, on se réfère en général
aux lignes directrices de l’OMS relatives au traitement des patients adultes (2, 10). La durée
du traitement dépend de l’extension prise par la maladie. Dans la plupart des cas, la phase
d’attaque durera au moins huit mois et la durée totale du traitement sera d’au moins 10
mois (2). Tous les traitements doivent être administrés selon un rythme journalier et sous
observation directe.
La durée optimale du traitement de la tuberculose multipharmacorésistante chez l’enfant
n’est pas connue. Il peut se trouver que les enfants présentant une forme précoce et peu
étendue de la maladie nécessitent un traitement d’une durée plus courte que l’adulte, mais
il s’agit là d’un aspect qui justifierait des recherches (4, 11, 13, 14).
Effets secondaires
Les effets secondaires surviennent moins fréquemment chez l’enfant que chez l’adulte (4,
15). Lorsque le schéma thérapeutique est élaboré, les risques et les avantages de chaque
médicament doivent être soigneusement pesés (Tableau 10). Les soignants doivent être
conscients des incidences indésirables qui peuvent survenir et avoir pour instruction de
les signaler immédiatement. Aucun médicament antituberculeux de deuxième intention
n’est absolument contre-indiqué pour l’enfant. Les médicaments de ce groupe ne doivent
pas être retirés du traitement de l’enfant à moins qu’une hypersensibilité ou une réaction
indésirable insoluble n’ait été établie. En règle générale, les enfants qui ont reçu un
traitement contre une tuberculose pharmacorésistante tolèrent bien aussi les médicaments
de deuxième intention. La surveillance régulière du poids du patient est importante : les
doses de médicaments doivent être périodiquement réajustées en fonction du gain de poids
. Des tests audiométriques élémentaires ou de l’ouïe doivent être pratiqués tous les mois
si l’enfant est traité au moyen de l’un quelconque des agents injectables du Groupe 2 (en
particulier si des aminoglycosides sont administrés sur une période prolongée), puisqu’il
existe un risque d’ototoxicité (4, 10). Cette précaution est particulièrement importante pour
les patients à haut risque qui sont diabétiques, qui vivent avec le VIH ou qui présentent une
insuffisance rénale (10).
72
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
73
2ème édition
Observance du traitement
L’observance du traitement est critique tant pour le traitement anti-tuberculeux que pour
la T-ARV. Dans l’un et l’autre schémas, certains médicaments ont un goût extrêmement
désagréable et nombre d’entre eux peuvent entraîner des nausées et des vomissements.
Le nombre de médicaments qui se prennent par voie orale est un facteur de complication
supplémentaire. Si le traitement au domicile n’est pas possible, les médicaments injectables
devraient être administrés quotidiennement au centre de soins cliniques local. Dans le
traitement d’une tuberculose pharmacorésistante, le traitement sous observation directe
est essentiel. Dans certains cas, l’hospitalisation jusqu’à l’achèvement du traitement par
médicaments injectables est nécessaire. Les vomissements causés par les thioamides et
l’acide p-aminosalicylique (PAS) peuvent souvent être surmontés en fractionnant initialement
en deux prises la dose quotidienne ou en débutant par une dose plus faible avant de passer
progressivement à la dose complète au bout d’une à deux semaines, mais l’administration
de doses journalières uniques doit être rétablie dès que les vomissements cessent (4).
Les enfants doivent faire l’objet d’une surveillance pour trois raisons: déterminer leur réponse
au traitement; identifier tôt tout effet indésirable; favoriser l’observance du traitement.
Seddon et al. (5) ont suggéré un système de surveillance pouvant être adapté aux conditions
locales, y compris quant aux ressources.
74
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Références
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75
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
77
2ème édition
l Évaluer les données relatives à la surveillance afin de cibler les milieux qui justifient
particulièrement le déploiement et l’évaluation d’activités spécifiques.
l Réunir les partenaires (y compris les associations professionnelles) afin:
- d’analyser les moyens (du secteur public comme du secteur privé) de mettre en
oeuvre les directives aux niveaux national et provincial;
- d’identifer et évaluer les facteurs qui peuvent constituer une contrainte ou, au
contraire, un élément favorable à la réussite de la mise en oeuvre;
- d’élaborer une politique de niveau national (ou infra national) et obtenir un ralliement
à celle-ci.
Déclaration et enregistrement
L’exactitude dans la déclaration et l’enregistrement des cas de tuberculose (et de VIH) chez
l’enfant est d’une importance critique pour l’amélioration de la surveillance épidémiologique,
la mesure de l’impact des interventions et la planification et l’organisation des services
de pédiatrie. La déclaration et l’enregistrement ont également leur importance dans la
définition des besoins en assistance technique et en approvisionnement en médicaments,
et dans la détermination des ressources humaines nécessaires. En conséquence, tout cas
de tuberculose chez un enfant doit être pris en compte dans la procédure systématique de
déclaration et enregistrement suivie par le PNT.
n Recommandation 28
78
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Les définitions adoptées en 2013 concernant les cas et leur issue sont décrites à l’annexe 2.
Il est essentiel de notifier au PNT tous les cas de tuberculose chez l’enfant qui ont été identifiés,
de les enregistrer pour traitement et d’enregistrer aussi les résultats de leur traitement (1).
Tous les enfants chez qui un traitement antituberculeux est mis en oeuvre doivent être
enregistrés dans la base de données relative à la tuberculose. Toutes les rubriques prévues
dans cette base de données doivent être remplies, notamment l’âge de l’enfant, le type
de tuberculose, le statut de l’intéressé par rapport à l’infection par VIH et le recours à un
traitement préventif au cotrimoxazole ou à une T-ARV si l’enfant est séropositif au VIH.
L’évaluation des résultats des traitements par analyse par cohorte est un indicateur valable
de la qualité des programmes concernant les enfants soignés pour la tuberculose. Le
tableau 11 fournit des exemples d’indicateurs à retenir dans les procédures systématiques
de déclaration et enregistrement appliquées par les PNT et il examine leur importance dans
le cadre de l’évaluation des performances du programme.
1
Le dossier médical officiel de l’enfant. Il contient les antécédents médicaux de l’enfant, l’état de ses vaccinations, les
79
étapes repères de son développement et de sa croissance.
2ème édition
Les effets secondaires associés au BCG doivent également être signalés - dans la plupart des
pays - auprès du Programme élargi de vaccination (PEV).
Formation et évaluation
La formation et l’évaluation des agents de santé des secteurs public et privé seront axées sur
les finalités suivantes : l’amélioration du dépistage des cas de tuberculose chez l’enfant dans
la population ; l’amélioration de la prise en charge des enfants atteints de tuberculose ; le
renforcement de la recherche des sujets contacts enfants et de l’application de traitements
préventifs ; l’amélioration des pratiques de signalement et d’enregistrement visant à disposer
de données toujours plus fiables pour le suivi des progrès.
La formation est un instrument déterminant pour tenter de combler le fossé qui existe
actuellement entre les intentions et la pratique. L’OMS a mis au point et testé sur le terrain
des instruments de formation et d’évaluation qui sont en cohérence avec les lignes directrices
mises à jour et qui sont accessibles [en anglais] en ligne gratuitement à l’adresse : www.
who.int/tb/challenges/children/en/.
Les objectifs importants de la formation sont:
- l’amélioration du dépistage des cas de tuberculose chez l’enfant dans la population;
- l’amélioration de la prise en charge des enfants atteints de tuberculose;
- le renforcement de la recherche des sujets contacts enfants et de l’application de
traitements préventifs ;
- de procurer aux PNT des données fiables sur la tuberculose chez l’enfant aux fins du
suivi et de l’évaluation.
La formation doit être axée essentiellement sur trois scénarios communs:
- l’enfant chez qui une tuberculose active est suspectée;
- l’enfant soigné pour la tuberculose dans son cadre de vie habituel;
- l’enfant qui a été en contact étroit avec un cas de tuberculose.
Le PNT doit faciliter l’accès à la formation pour les audiences cibles ci-après pour favoriser
leur contribution à l’action de prise en charge de la tuberculose chez l’enfant:
- les agents de santé attachés aux structures de niveau primaire ou secondaire qui
dispensent des soins aux enfants malades;
- les agents de santé qui s’occupent de la prise en charge des cas de tuberculose
adultes dans leur cadre de vie habituelle;
- les agents de santé qui s’occupent de la prise en charge des mères et enfants vivant
avec le VIH;
- les agents de santé de secteur, les volontaires et les groupes de soutien de traitement
(qui s’occupent de la recherche des sujets contacts dans la population).
80
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
privés) peuvent avoir un rôle à jouer et des responsabilités à exercer pour garantir une prise
en charge intégrale et coordonnée de tout enfant présentant une tuberculose ou de tout
enfant ayant été en contact avec un cas de tuberculose. Ces professionnels de la santé
doivent être conscients de la responsabilité qui leur incombe de veiller à ce que tous les
enfants traités pour la tuberculose soient enregistrés auprès du PNT.
L’encadré 3 fournit des exemples des tâches incombant aux agents de santé aux différents
niveaux de soins.
81
2ème édition
82
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
83
2ème édition
Les mesures de prévention de l’infection, comme le port d’un masque, sont alors de rigueur
pour parer aux risques de transmission de la mère à l’enfant.
84
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
85
2ème édition
Soutien de la famille
L’agent de santé doit être en mesure de déterminer jusqu’à quel point on peut s’appuyer
sur les membres de la famille pour assurer des soins et ce qui doit, a contrario, être obtenu
d’autres sources. Pour cela, il lui faut savoir:
- ce que la famille sait elle-même sur la tuberculose;
- que la famille a reconnu que l’enfant a la tuberculose ( et le VIH);
- l’état de santé des parents et leur état psychologique;
- si les parents sont capables de fournir des soins médicaux à l’enfant;
- quelles sont les personnes qui peuvent fournir un soutien à la famille, leur âge et
leur état de santé;
- si des personnes déterminées sont disposées à aider à soigner l’enfant et si elles sont
capables de le faire;
- quels sont les services sociaux accessibles à la famille dans son milieu de vie.
Sur le plan pratique, le soutien à la famille d’un enfant ayant la tuberculose doit inclure:
l Le soutien psychologique des membres de la famille lorsqu’ils ont connaissance des
résultats des tests montrant que leur enfant à la tuberculose. Il faut pour cela laisser à la
famille le temps de poser toutes les questions qu’elle peut avoir à propos du diagnostic
et de la prise en charge.
l Aider la famille à comprendre la situation de leur enfant par une information appropriée
s’appuyant sur des éléments pédagogiques en ce qui concerne le traitement, notamment
sur:
- le traitement antituberculeux qui sera effectivement administré à l’enfant;
- la fréquence et la durée du traitement;
- les services de santé accessibles en ce qui concerne le traitement de la tuberculose
(et du VIH);
- ce qui est attendu de la famille sur le plan des soins continus;
- la planification d’un programme de suivi clinique;
86
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Soutien de la population
La conception habituelle de la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant consiste en des
soins spécialisés dispensés dans une structure de soins. Or, ce ne sont pas tous les patients
atteints de tuberculose qui ont besoin d’être aiguillés sur un hôpital pour les investigations
et les soins. La décentralisation et, en l’occurrence, la dispensation des soins dans le milieu
de vie habituel, lorsque cela est approprié et que cela est faisable grâce à une intégration
des services compétents pour la famille et l’enfant, présente les avantages suivants:
l Tous les membres de la famille qui ont besoin d’être soignés pour la tuberculose peuvent
recevoir ces soins en même temps et sur le même lieu.
l En dispensant les soins au plus près du domicile, on économise du temps et de l’argent.
l Il y a continuité de soins entre le domicile du patient, le milieu de vie habituel et
l’établissement de soins local.
l Le soutien de la part du milieu de vie habituel se trouve accru, ce qui peut constituer
une incitation à une meilleure adhésion au traitement et peut être déterminant pour
vaincre les résistances par rapport aux soins de longue durée, notamment sur le plan
de la persévérance dans le traitement, ou encore en ce qui concerne les coûts de
déplacement et les pertes de revenus afférentes à la maladie et aux visites pour soins
(13).
Il est également important d’associer les établissements scolaires locaux, en fournissant à
l’usage des enseignants et du personnel des autres catégories une information sur les besoins
des enfants ayant une tuberculose éventuellement associée au VIH, sur la nécessité pour ces
enfants de se rendre fréquemment dans un établissement de soins et enfin sur l’importance
qui s’attache à ce qu’ils prennent régulièrement leurs médicaments. Une telle information
peut contribuer à réduire la stigmatisation dans ce cadre. De plus, comme la possibilité
d’aller à l’école n’est pas donnée à tous les enfants, on peut rechercher un soutien en faveur
des enfants ayant la tuberculose et de leur famille auprès des organisations confessionnelles
et autres cercles influents.
87
2ème édition
Références
1. Définitions et cadre de notification pour la tuberculose - Révision 2013. Genève. Organisation
mondiale de la santé (WHO/HTM/TB/2013.2).
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13. Scale up of HIV-related prevention, diagnosis, care and treatment for infants and children: a
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88
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
89
2ème édition
BCG
l Détermination du risque d’apparition de maladies liées au BCG chez l’enfant séropositif
au VIH sous thérapie T-ARV.
l Études prospectives de l’incidence et de la prise en charge du syndrome inflammatoire
de reconstitution immunitaire lié au BCG (BCG-IRIS).
90
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
l Obstacles, y compris ceux rencontrés dans le secteur privé, à la déclaration des cas
concernant des enfants.
l Déclaration des cas de tuberculose pharmacorésistante concernant des enfants et
déclaration de l’issue du traitement, y compris des effets secondaires de ce dernier.
l Investigations des obstacles à l’accès aux soins de santé et à des services intégrés.
l Mise au point et évaluation de modèles d’intégration d’un soutien nutritionnel dans les
programmes de prise en charge de la tuberculose et du VIH.
l Étude du rapport avantages/coûts d’un soutien nutritionnel intégré.
Références
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3. Roadmap for childhood tuberculosis. Geneva, World Health Organization, 2013.
91
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Annex 1
93
2ème édition
Les différents degrés d’autorité des recommandations (y compris de celles venant d’autres
documents approuvés par le Comité de révision des lignes directrices) se définissent comme
suit:
forte le groupe de travail est convaincu que les effets souhaitables d’une adhésion
à la recommandation l’emportent sur ses effets indésirables
avec réserves le groupe de travail a conclu que les effets souhaitables d’une adhésion à la
recommandation l’emportent sur ses effets indésirables mais que:
- les données étayant la recommandation sont maigres; ou
- la recommandation n’est applicable qu’à un groupe, une population
ou un cadre spécifiques; ou
- des bases factuelles nouvelles pourraient se traduire par une
modification du bilan risques/bénéfices; ou
- les bénéfices pourraient ne pas justifier les contraintes sur le plan des
coûts ou des ressources dans tous les contextes.
94
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
n Recommandation 1
1
Veuillez-consulter référence 12, chapitre 3.
95
2ème édition
n Recommandation 3
Le test Xpert MTB/RIF doit être utilisé de préférence aux procédés classiques
d’examen microscopique et de culture en tant que test diagnostic initial
d’échantillons de fluide cérébrospinal prélevés sur des enfants suspects de
méningite tuberculeuse
(Recommandation forte , considérant l’urgence d’un diagnostic rapide, qualité très
médiocre des bases factuelles)
Source: Technique automatisée d’amplification de l’acide nucléique en temps réel pour
la détection rapide et simultanée de la tuberculose et de la résistance à la rifampicine : le
système Xpert MTB/RIF de diagnostic de la tuberculose pulmonaire et extra pulmonaire
chez l’adulte et chez l’enfant. Actualisation de la politique. Genève, Organisation
mondiale de la Santé, 2013.
Remarques concernant les recommandations 3 et 4 :
a. Les enfants suspects de tuberculose extrapulmonaire pour lesquels on ne dispose
que d’un seul résultat négatif de test Xpert MTB/RIF doivent faire l’objet d’autres
tests diagnostiques, et les enfants qu’un examen clinique classe comme fortement
suspects de tuberculose doivent être traités même si un test Xpert MTB/RIF a
donné un résultat négatif ou lorsqu’un tel test n’est pas disponible.
b. Pour les échantillons de liquide cérébro-spinal, on doit utiliser de préférence le test
Xpert MTB/RIF plutôt que les techniques de culture si le volume de l’échantillon
est faible ou s’il n’est pas possible d’obtenir d’autres échantillons, afin de parvenir
à un diagnostic rapide. Si le volume de matériaux disponibles est suffisant , on
doit utiliser, pour un meilleur rendement, les méthodes de détermination de
concentration.
c. Le liquide pleural ne constitue pas un échantillon optimal pour la confirmation
bactérienne de la tuberculose pleurale et ce, quelle que soit la méthode utilisée. La
biopsie pleurale est l’échantillon privilégier. La sensibilité du test Xpert MTB/RIF sur le
liquide pleural est très faible. Cela étant, tout résultat positif du test Xpert MTB/RIF
sur le liquide pleural justifie un traitement ciblant la tuberculose pleurale, alors que
les résultats négatifs du test Xpert MTB/RIF appellent d’autres tests.
96
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Dans les pays à revenu faible ou de niveau intermédiaire, les tests IGRA
(tests de détection de l’interféron-gamma) ne devraient pas remplacer le test
d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR) pour le diagnostic de l’infection
tuberculeuse latente chez l’enfant ou pour l’élaboration du diagnostic chez
l’enfant (y compris séropositif) présumé atteint de tuberculose-maladie.
(Recommandation forte, qualité médiocre des bases factuelles).
Source: Use of tuberculosis interferon-gamma release assays (IGRAs) in low- and middle-
income countries: policy statement. Geneva, World Health Organization, 2011 (WHO/
HTM/TB/2011.18)
Synthèse des bases factuelles récentes
Le groupe de travail a étudié les données publiées récemment, y compris les études
originales et les revues systématiques. Quatre revues systématiques publiées récemment
incluaient des études portant sur l’évaluation des tests IGRA appliqués à l’enfant dans
le contexte de l’infection tuberculeuse et de la tuberculose maladie. Le test de référence
était le test d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR). L’ «étalon or» du point de vue
du diagnostic de la tuberculose était la confirmation par culture de M. tuberculosis. Dans
les études examinées, les confirmations par culture étaient peu nombreuses, et certaines
études incluaient un diagnostic clinique de tuberculose «probable» pour comparaison.
Une hétérogénéité marquée des méthodologies suivies d’une étude à l’autre a limité
d’autant la comparabilité et l’interprétation des résultats. Les résultats indéterminés ont
été particulièrement courants chez les jeunes enfants. La plupart de ces études ont été
conduites dans des contextes caractérisés par un niveau de ressources élevé et une charge
en tuberculose faible, et les données afférentes à des enfants infectés par VIH ou gravement
dénutris étaient extrêmement limitées. Globalement, les tests IGRA offrent une précision
comparable au test d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR) pour l’infection tuberculeuse
et la tuberculose maladie chez l’enfant, avec des limitations méthodologiques reconnues
quant à l’interprétation et à la comparaison.
Les études qui n’avaient pas été prises en considération dans ces revues systématiques
parce qu’elles ont été publiées plus récemment se sont avérées faire l’objet des mêmes
limitations inhérentes au caractère hétérogène des méthodologies suivies, au petit nombre
de cas confirmés de maladie et au nombre élevé de résultats indéterminés.
La plus importante des études récentes, qui présente le plus haut degré de qualité, a été
menée dans un contexte à forte charge de tuberculose ; elle révèle une faible sensibilité des
tests IGRA commercialisés couramment, y compris dans les cas de tuberculose confirmés,
et une sensibilité moins bonne que celle du test d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR).
Immanquablement, il apparaît clairement qu’un résultat négatif du test IGRA, tout comme
un résultat négatif du test d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR), ne permet pas
d’exclure une tuberculose maladie. Les conclusions concordantes issues du passage en revue
des données concernant les enfants qui ont été publiées postérieurement aux premières
recommandations ont été prises en considération, et le groupe de travail a convenu de
requalifier de très faible à faible la qualité des bases factuelles.
97
2ème édition
Autres considérations
A l’instar du test d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR), le test IGRA est capable de
révéler une infection mais ne constitue pas un test diagnostique de la maladie. Le test de
référence est le test d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR) - mais celui-ci présente lui
aussi des limites.
Les tests IGRA sont coûteux et ils sont techniquement complexes, nécessitant des moyens
de laboratoires sophistiqués. Même dans le contexte des recherches, il a été signalé que ces
tests sont techniquement difficiles à mettre en oeuvre et que les résultats indéterminés sont
courants. Des difficultés techniques ont été signalées par les membres du groupe de travail
ayant une expérience dans l’utilisation des tests IGRA dans des environnements à ressources
limitées, y compris dans un contexte de recherche.
On dispose de peu de données en ce qui concerne les enfants vivant dans un environnement
où la tuberculose sévit de manière endémique, notamment de données concernant des
populations clés sous l’angle des difficultés de diagnostic, à savoir les jeunes enfants,
séropositifs au VIH et dénutris.
Décision du groupe de travail
Le groupe de travail donne son aval, mais la qualité des bases factuelles a été requalifiée
de très faible à faible en raison de constatations concordantes ressortant d’études récentes
faisant apparaître que les tests IGRA présentent une sensibilité moins bonne que le test
d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR).
n Recommandation 6
98
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
n Recommandation 7:
99
2ème édition
1
Thee S et al. Pharmacokinetics of isoniazid, rifampin, and pyrazinamide in children younger than two years of age with
tuberculosis: evidence for implementation of revised World Health Organization recommendations. Antimicrobial Agents
and Chemotherapy, 2011, 55:5560-5567.
100
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
pratiquement tous les enfants. Même chez les enfants de moins de deux ans et/ou chez
ceux qui sont des acétyleurs2 rapides de l’isoniazide (les deux sous-groupes qui sont les
plus susceptibles de ne pas atteindre les niveaux optima pour l’effet thérapeutique du
médicament) réagiront bien à un tel dosage.
Il a également été reconnu que chez près de la moitié de ces mêmes jeunes enfants, on ne
parvenait pas aux taux de concentration sérique adéquats d’isoniazide avec l’administration
de la dose recommandée précédemment (en 2006), qui était de 5 mg/kg.
Autres considérations
Le groupe de travail a pris acte des difficultés posées par l’application des posologies
recommandées en 2010 , que ce soit avec les associations à dose fixe disponibles à ce
moment-là ou avec les associations à dose fixe evisagées en pédiatrie pour l’avenir. La
principale difficulté tenait à ce que la posologie recommandée pour l’isoniazide en 2010
(10mg/kg) correspondait à la limite inférieure de la plage (10 à 15 mg/kg). En recourant à
une association à dose fixe de trois médicaments essentiels (la rifampicine , l’isoniazide et le
pyrazinamide), il serait devenu impossible de prévoir pour de nombreux enfants un dosage
de l’isoniazide dans la plage des 10 à 15 mg/kg qui n’entraînerait pas un dosage excessif
du pyrazinamide, au-delà de la plage recommandée (avec un accroissement simultané du
risque d’hépatotoxicité) ou sans qu’il soit besoin de cachets supplémentaires d’isoniazide
seul (ce qui en soi aurait imposé une contrainte supplémentaire en termes d’administration
des cachets et de risques associés de dosage incorrect).
Le groupe de travail a également noté que le libellé de la recommandation de 2010 visée ci-
dessus pourrait faire croire que cette recommandation a été conçue uniquement sur la base
du risque d’hépatotoxicité, alors que telle n’était pas l’intention. En fait, la recommandation
de 2010 était motivée par le souci de parvenir au taux de concentration sérique adéquats
chez l’enfant tout en garantissant qu’il n’y ait pas d’aggravation du risque d’hépatotoxicité
induite par les médicaments, par rapport aux doses retenues dans les recommandations de
2006.
Décision du groupe de travail
Le groupe de travail a donc recommandé de fixer le dosage pour l’isoniazide à 10 mg/kg,
avec une plage plus étendue vers le bas et s’établissant désormais comme suit: de 7 à 15
mg/kg. Le libellé de la recommandation devra être modifié en conséquence, afin que le sens
en soit clair.
La recommandation actuelle a donc été modifiée par le groupe de travail afin de se lire
comme suit:
n Recommandation 8
isoniazide (INH) 10 mg/kg (de 7 à 15 mg/kg); dose maximale 300 mg/ jour
101
2ème édition
La plage recommandée pour l’isoniazide est applicable dans toutes les circonstances où il est
recommandé d’administrer de l’isoniazide à l’enfant, notamment dans un certain nombre
de recommandations contenues dans les présentes lignes directrices qui concernent le
traitement de la tuberculose active ainsi que la thérapie préventive par isoniazide.
Les autres recommandations qui étaient contenues dans le document de 2010 intitulé
Rapid advice: treatment of tuberculosis in children[...] ont été examinées, et le groupe a
constaté qu’il n’existe pas de données récentes concernant la streptomycine, les schémas
thérapeutiques intermittents, ou encore la durée optimale de la thérapie, y compris pour la
méningite tuberculeuse ou la tuberculose ostéo-articulaire.
Toutes les autres recommandations contenues dans le document susvisé de 2010 ont donc
été avalisées par le groupe de travail, sans aucun changement.
Prévention de la tuberculose chez l’enfant (Chapitre 5)
102
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
l En règle générale, les populations chez qui on relève une forte prévalence de l’infection
par VIH sont également celles qui subissent les plus fortes charges de tuberculose ; dans
ces populations, les enfants séronégatifs par rapport au VIH seront particulièrement
bénéficiaires de la vaccination par le BCG.
l Les bienfaits de la vaccination par le BCG l’emportent sur les risques encourus pour
les nourrissons nés de femmes dont le statut par rapport au VIH est inconnu. Ces
nourrissons doivent être vaccinés.
l Les bienfaits de la vaccination par le BCG l’emportent en règle générale sur les risques
encourus pour les nourrissons dont le statut par rapport à l’infection par VIH n’est
pas connu et qui ne présentent pas de signes ou de symptômes avérés suggérant une
infection par VIH bien qu’étant nés de mères séropositives. Ces nourrissons doivent être
vaccinés après que l’on ait apprécié les facteurs locaux susmentionnés.
l Les risques inhérents à la vaccination par le BCG l’emportent sur les avantages dans
le cas des nourrissons dont la séropositivité par rapport au VIH est confirmée, qu’ils
présentent ou qu’ils ne présentent pas de signes ou de symptômes avérés suggérant
une infection par VIH. Ces nourrissons ne doivent pas être vaccinés.
l Les risques inhérents à la vaccination par le BCG l’emportent en règle générale sur les
avantages dans le cas des nourrissons dont le statut par rapport à l’infection par VIH
n’est pas connu mais qui présentent des signes ou des symptômes avérés suggérant
une infection par VIH et qui sont nés de mères séropositives. Ces nourrissons ne
doivent pas être vaccinés. Toutefois, cette ligne directrice n’est applicable qu’à l’égard
des enfants auxquels la vaccination par le BCG n’a pas été administrée au cours des
premières semaines de vie, puisque les manifestations cliniques de l’infection par VIH ne
se produisent en règle générale qu’à partir du troisième mois. Si le statut du nouveau-né
par rapport à l’infection par VIH peut être déterminé au moyen de tests virologiques, le
BCG peut être administré dès lors que l’infection par VIH a été exclue (8).
Le groupe de travail a noté que ces recommandations ont été réexaminées en 2010 à la
lumière de nouvelles données et qu’il a été conclu que ces nouvelles données ne fournissaient
pas d’arguments incitant à modifier la politique définie pour l’heure, telle qu’exposée dans:
Global Advisory Committee on Vaccine Safety, 3–4 December 2009. Use of BCG vaccine in
HIV-infected infants. Weekly Epidemiological Record, 2010, 85:32-33.
Le groupe de travail a noté que l’application de la recommandation dépend de nombreuses
circonstances qui sont différentes d’un environnement à l’autre, ce qui a été reconnu et a
été traité de manière assez détaillée dans: Revised BCG vaccination guidelines for infants at
risk for HIV infection. Weekly Epidemiological Record, 2007, 82:193-196. La teneur de ce
document a été reproduite intégralement plus haut.
Synthèse des bases factuelles récentes
Le groupe de travail a examiné les résultats d’un passage en revue systématique de tous
les cas de maladie liée au BCG mentionnés dans la documentation publiée jusqu’en 2009.
Depuis sa publication, il y a eu une nouvelle étude, laquelle n’a signalé l’occurrence d’aucun
cas de maladie (localisée ou diffuse) liée aux BCG chez des nourrissons séropositifs au VIH
ou exposés à cette infection. Cela étant, le nombre des participants recrutés pour cette
étude était faible.
Le groupe de travail a pris en considération le risque observé de variation possible d’un
environnement à un autre et d’une souche de BCG à une autre.
Autres considérations
Le groupe de travail a également relevé que les données épidémiologiques ont changé
depuis 2006 et qu’elle continue de le faire, et qu’ainsi la maladie liée au BCG est désormais
103
2ème édition
n Recommandation 15
n Recommandation 16
Le vaccin par BCG ne doit pas être administré aux enfants infectés par VIH
n Recommandation 17
Le vaccin par BCG peut, après évaluation des facteurs locaux, être adminis-
tré à des nourrissons nés de mères séropositives mais dont le propre statut
VIH n’est pas connu et qui ne présentent pas les symptômes suggérant une
telle infection
104
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
contextes de forte prévalence de VIH et qui a été évaluée dans de tels contextes. Cependant,
il n’a encore été publié aucune étude prospective chez les enfants.
Décision du groupe de travail
Il n’a pas été introduit de changement dans les recommandations mais leur libellé a été
adapté de manière à ce qu’elles soient mieux axées sur les enfants pour les besoins des
présentes Lignes directrices. Comme observé plus haut, la posologie recommandée pour
l’isoniazide chez les enfants , y compris dans le cadre d’une TPI, est de 10 mg/kg, la plage
retenue étant de 7 à 15 mg/kg. Ainsi, les recommandations ont désormais la teneur suivante:
n Recommandation 18
n Recommandation 19
n Recommandation 20
105
2ème édition
n Recommandation 22
Dans les milieux à forte prévalence d’infection par VIH, tous les membres
du foyer ou de l’entourage proche des personnes atteintes de tuberculose
devraient bénéficier d’une prise en charge psychologique accompagnée d’un
dépistage de l’infection par VIH
(Recommandation forte, qualité très médiocre des bases factuelles).
n Recommandation 23
Dans les milieux à faible prévalence d’infection par VIH, tous les membres du
foyer ou de l’entourage proche des personnes atteintes de tuberculose qui
présentent des symptômes compatibles avec une tuberculose-maladie peuvent
bénéficier d’une prise en charge psychologique accompagnée d’un dépistage
de l’infection par VIH dans le cadre de leur évaluation clinique
(Recommandation avec réserves, qualité très médiocre des bases factuelles).
n Recommandation 24
Tous les sujets contacts appartenant au foyer d’un premier cas se trouvant être
une personne vivant avec le VIH devraient bénéficier d’une prise en charge
psychologique accompagnée d’un dépistage de l’infection par VIH
(Recommandation forte, qualité très médiocre des bases factuelles).
106
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
n L’enfant de plus de 12 mois vivant avec le VIH qui, d’après un dépistage basé sur
les symptômes, est peu susceptible d’avoir une tuberculose active et qui n’a pas
été en contact avec une personne infectée par la tuberculose doit être soumis
à une thérapie préventive par isoniazide sur six mois (à raison de 10mg/kg par
jour) dans le cadre d’une combinaison complète de services de prévention et de
soins de l’infection par VIH
1
Madhi SA et al. Primary isoniazid prophylaxis against tuberculosis in HIV-exposed children. New England Journal of Medicine, 2011,
365(1):21-31.
2
Zar HJ et al. Effect of isoniazid prophylaxis on mortality and incidence of tuberculosis in children with HIV: randomised controlled trial.
British Medical Journal, 2006, 334:136.
3
Frigati LJ et al. The impact of isoniazid preventive therapy and antiretroviral therapy on tuberculosis in children infected with HIV in a high
tuberculosis incidence setting. Thorax, 2011, 66(6):496-501.
107
2ème édition
n Recommandation 25
Pour un enfant de plus de 12 mois vivant avec le VIH qui, d’après un dépistage
basé sur les symptômes, est peu susceptible d’avoir contracté la tuberculose-
maladie et qui n’a pas été en contact avec une personne infectée par la
tuberculose:
n il doit être proposé une thérapie préventive par isoniazide sur six mois (à raison
de 10 mg/kg par jour, soit dans une fourchette de 7 à 15 mg/kg, pour une dose
maximale de 300 mg/jour) dans le cadre d’une combinaison complète de ser-
vices de prévention et de soins de l’infection par VIH lorsqu’il vit dans un milieu
à forte prévalence de tuberculose
n il peut être proposé une thérapie préventive par isoniazide sur six mois (à rai-
son de 10 mg/kg par jour, soit dans une fourchette de 7 à 15 mg/kg, pour une
dose maximale de 300 mg/jour) dans le cadre d’une combinaison complète de
services de prévention et de soins de l’infection par VIH lorsqu’il vit dans un
milieu à prévalence de tuberculose moyenne ou faible
Le groupe de travail a reconnu que les T-ARV améliorent les résultats du traitement de la
tuberculose chez les enfants séropositifs au VIH.
Prise en charge de la tuberculose pharmacorésistante chez l’enfant (Chapitre 7)
Source de la recommandation
Rapid advice: treatment of tuberculosis in children. Geneva, World Health Organization,
2010 (WHO/HTM/TB/2010.13)
108
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
n Recommandation 27
Les enfants suspects ou effectivement atteints de méningite tuberculeuse
imputable à des bacilles multirésistants peuvent être traités à la fluoroquinolone
dans le cadre d’un programme de prise en charge des formes multirésistantes
de tuberculose qui a fait la preuve de son efficacité et moyennant un schéma
thérapeutique convenant au traitement de la tuberculose multirésistante. La
décision de traitement sera du ressort d’un professionnel de santé expérimenté
dans la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant
(Recommandation forte, très faible qualité des bases factuelles)
Synthèse des bases factuelles récentes
On trouvera un bon nombre des recommandations applicables actuellement en ce qui
concerne la prise en charge, d’une manière générale, de la tuberculose pharmacorésistante
dans: Guidelines for the programmatic management of drug-resistant tuberculosis - 2011
update. Geneva, World Health Organization, 2011 (WHO/HTM/TB/2011.6).
Autres considérations
Le groupe de travail a reconnu que ces recommandations générales sont dérivées de bases
factuelles de très faible qualité ; de plus, ces bases factuelles concernaient des adultes
atteints de tuberculose pharmacorésistante. Il a également été reconnu qu’il n’existe pas de
préconisations standards pour la prise en charge de la tuberculose pharmacorésistante chez
l’enfant ou la prise en charge d’enfants ayant été en contact avec des cas de tuberculose
pharmacorésistante. Le groupe de travail a pris note d’une récente étude systématique
d’après laquelle les taux de réussite des traitements de la tuberculose pharmacorésistante
chez l’enfant sont au moins aussi bons que chez l’adulte et le traitement de la tuberculose
pharmacorésistante est au moins aussi bien toléré chez l’enfant que chez l’adulte.
Le groupe de travail a noté que les principes de la prise en charge de la tuberculose
pharmacorésistante tels qu’énoncés dans les lignes directrices de 2006 sont restés
essentiellement inchangés, y compris au terme des récentes révisions effectuées par des
spécialistes du domaine.
Décision du groupe de travail
Le groupe n’a pas formulé de recommandations spécifiques concernant les enfants.
Application et mise en oeuvre par les programmes nationaux de lutte contre la
tuberculose (PNT) ; soins intégrés (Chapitre 8)
n Recommandation 28
Il appartient au Programme national de lutte contre la tuberculose de déclarer
tout cas d’enfant traité pour la tuberculose en distinguant deux classes d’âge
(de 0 à 4 ans et de 5 à 14 ans)
Décision du groupe de travail
Le groupe de travail n’a rien changé à cette recommandation, étant donné qu’elle est
dérivée de pratiques cliniques et de santé publique validées.
109
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Annexe 2
Il est rendu compte, dans cette partie, des définitions révisées récemment en ce qui concerne
les cas de tuberculose, leur classification et les catégories d’issue du traitement (1).
Cas présomptif de tuberculose désigne un patient qui présente des symptômes ou signes
suggérant une tuberculose (désigné antérieurement «cas suspect de tuberculose»).
Les cas bactériologiquement confirmés ou les cas cliniquement diagnostiqués de tuberculose
(Encadré A2.1) sont également classés en fonction des critères suivants:
- siège anatomique de la maladie;
- antécédents de traitement;
- résistance aux médicaments;
- statut VIH.
111
2ème édition
112
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
dispose d’aucun résultat de test de dépistage du VIH et pour lequel il n’existe aucune preuve
documentaire de prise en charge pour le VIH. Si le statut VIH est déterminé par la suite, le
patient doit être reclassé en conséquence.
Ces catégories ne s’excluent pas toutes mutuellement. Lorsqu’on se réfère aux formes de
tuberculose résistantes à la rifampicine (RR-TB), par exemple, les tuberculoses multirésis-
tantes (MDR-TB) et les tuberculoses ultra résistantes (XDR-TB) sont également incluses. S’il
a été de pratique courante jusqu’à présent de limiter les définitions de la mono résistance
et de la polyrésistance aux médicaments de première intention seulement, les schémas thé-
rapeutiques futurs pourraient rendre déterminant de classer les patients en fonction du
schéma de résistance de leur souche aux fluoroquinolones, aux agents injectables de deu-
xième intention et à tout autre médicament antituberculeux pour lequel on disposera de
test fiables de sensibilité.
113
2ème édition
Les deux groupes s’excluent l’un l’autre . Tout patient s’avérant atteint d’une tuberculose
pharmacorésistante qui est soumis à un traitement de deuxième intention est retiré de la
cohorte des cas de tuberculose sensibles aux médicaments. Cela veut dire que la tenue du
registre standard sur les tuberculoses et du registre des traitements de deuxième intention
doivent être coordonnées, de manière à garantir une comptabilité exacte des résultats de
traitement.
Il faut attribuer à tout cas de tuberculose bactériologiquement confirmé ou cliniquement
diagnostiqué un qualificatif de résultat/d’issue que l’on empruntera à la liste du tableau
A2.1, sauf en ce qui concerne la RR-TB ou la MDR-TB, qui sont répertoriées dans les schémas
thérapeutiques de deuxième intention (Tableau A2.2).
Les patients chez qui l’infection par une souche de RR-TB ou de MDR-TB se trouve confirmée
à un stade ou à un autre doivent commencer à être traités selon un schéma thérapeutique
de deuxième intention adéquat. Ces cas sont retirés de la cohorte concernant la forme
principale de la tuberculose, s’agissant de la comptabilisation des issues de traitement, et ils
ne sont inclus que dans l’analyse portant sur la cohorte de traitement de deuxième intention
(Tableau A2.2). Si le traitement suivant un schéma thérapeutique de deuxième intention
n’est pas possible, le patient est maintenu dans la cohorte principale et on lui attribue une
issue de traitement choisie dans la liste du Tableau A2.1.
Tableau A2.1 Issues possibles du traitement chez les patients traités pour la
tuberculose (étant exclus ceux traités pour une RR-TB ou une
MDR-TB)
Issue Définition
Traitement achevé Patient qui était atteint de tuberculose et qui a terminé son traitement
sans signe d’échec mais pour lequel on ne dispose d’aucun élément
attestant de résultats négatifs de frottis ou de culture au cours
du dernier mois de son traitement et au moins en une occasion
précédente, soit parce que les tests n’ont pas été pratiqués soit
Echec du traitement Patient qui était atteint de tuberculose pour lequel les résultats de
frottis ou de culture sont positifs au cinquième mois de traitement ou
par la suite
Issue fatale Patient qui était atteint de tuberculose et qui décède pour quelque
raison que ce soit avant de commencer son traitement ou au cours
de celui-ci
Perdu de vue en cours Patient qui était atteint de tuberculose qui n’a pas commencé un
de suivi traitement ou dont le traitement a été interrompu pendant deux mois
consécutifs ou plus
Non évalué Patient qui était atteint de tuberculose pour lequel aucune issue de
traitement n’est définie. Inclut le cas du “patient transferré” dans une
autre unité de traitement et celui pour lequel l’issue du traitement
n’est pas connue de l’unité déclarante.
114
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Tableau A2.2 Issues possibles du traitement chez les patients traités pour
une RR-TB/ une MDR-TB ou une XDR-TB par traitement de
deuxième intention
Issue Définition
Issue fatale Patient qui décède pour quelque raison que ce soit au cours de son
traitement.
Perdu de vue en cours Patient dont le traitement a été interrompu pendant deux mois
de suivi consécutifs ou plus.
Non évalué Patient pour lequel aucune issue de traitement n’est définie. Inclut
le cas du “patient transferré” dans une autre unité de traitement et
celui pour lequel l’issue du traitement n’est pas connue.
Références
1. Définitions et cadre de notification pour la tuberculose - Révision 2013. Genève. Organisation
mondiale de la Santé (WHO/HTM/TB/2013.2)
115
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Annexe 3
Administration, lecture
et interpretation d’un test
d’intradermoréaction à la tuberculine
Administration
2. Préparer la seringue
l Vérifier la date de péremption inscrite sur le flacon et vérifier que le flacon contient de
la tuberculine DPP-S (5 TU/0.1 ml).
l Utiliser une seringue pour dose unique de tuberculine, pourvue d’une aiguille courte (de
¼- à ½- pouce), de calibre 27, à biseau court.
l Nettoyer le sommet du flacon avec un tampon stérile.
l Remplir la seringue de 0.1 ml de tuberculine.
117
2ème édition
Lecture
Le résultat peut être lu 48 heures à 72 heures après l’injection de tuberculine. Un patient qui
ne se présente pas à nouveau dans les 72 heures pour la lecture devra probablement être à
nouveau inscrit en vue d’un nouveau test d’intradermoréaction à la tuberculine (IDR).
1. Inspection du site
l Inspectez visuellement le site de l’injection sous un bon éclairage et mesurer la taille de
l’induration (l’aire palpable durcie) et non de l’érythème (c’est-à-dire la rougeur).
2. Palper l’induration
l Déterminer les contours de l’induration en tâtant du doigt.
3. Marquer l’induration
l En tâtant du doigt pour se guider, marquer les bords extérieurs de l’induration apparue
sur l’avant-bras.
4. Mesurer le diamètre de l’induration au moyen d’une règle graduée souple
l Placer le “0” de la règle sur le bord extérieur gauche de l’induration.
l Lire la graduation en millimètres qui coïncide avec le bord intérieur droit de l’induration
(retenir la valeur immédiatement inférieure si ce bord tombe entre deux graduations).
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Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Références
1. Guidance for national tuberculosis programmes on the management of tuberculosis in
children. Geneva, World Health Organization, 2006 (WHO/HTM/TB/2006.371).
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Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Annex 4
Cette annexe passe en revue les procédés les plus courants permettant de recueillir chez
l’enfant des échantillons cliniques pour examen au microscope: l’expectoration, l’aspiration
gastrique et l’expectoration induite.
L’expectoration
Arrière-plan
Tous les échantillons d’expectoration produits par l’enfant doivent être envoyés au laboratoire
pour examen au microscope et, si cela est faisable, pour culture mycobactérienne. Les
enfants capables de produire un échantillon d’expectorations peuvent être infectieux, si
bien que, comme avec les adultes, il doit leur être demandé de le faire à l’extérieur et non
dans un lieu clos (comme les toilettes), à moins que l’on ne dispose d’un local spécialement
équipé à cette fin. Deux échantillons d’expectorations doivent être obtenus : un échantillon
initial est prélevé immédiatement lors du premier entretien et un deuxième échantillon est
prélevé le matin au réveil, au domicile du patient.
121
2ème édition
L’aspiration gastrique
Arrière-plan
Les enfants atteints de tuberculose peuvent avaler du mucus contenant M. tuberculosis.
L’aspiration gastrique est une technique utilisée pour recueillir des matériaux dans l’estomac
afin de tenter de confirmer le diagnostic de tuberculose par examen au microscope et par
culture mycobactérienne. Comme ce procédé est particulièrement pénible pour l’enfant et
qu’il ne donne en règle générale qu’un rendement médiocre de frottis positifs à l’examen
au microspcope, ce procédé ne devrait être utilisé que lorsque l’on a accès à la fois à la
culture et à l’examen au microscope. L’examen au microscope peut parfois produire des
résultats faux positifs (en particulier chez l’enfant séropositif au VIH, qui risque d’être infecté
par des mycobactères non tuberculeux). La culture permet de déterminer la sensibilité de
l’organisme du patient aux médicaments antituberculeux.
L’aspiration gastrique est utilisée pour la collecte d’échantillons destinés à l’examen au
microscope et à des cultures mycobactériennes chez le jeune enfant lorsqu’il n’est pas
possible de prélever chez celui-ci des échantillons par expectoration spontanée ou par
expectoration induite au moyen d’une solution saline hypertonique . Elle est particulièrement
utile chez le jeune enfant hospitalisé. Toutefois, le rendement diagnostique (culture positive)
d’une série de trois aspirats gastriques n’est que de 25 à 50% chez l’enfant atteint de
tuberculose, si bien qu’un résultat négatif examen microscopique ou à la culture ne permet
pas d’exclure la tuberculose chez l’enfant. Les aspirats gastriques sont recueillis chez le
jeune enfant cliniquement suspect de tuberculose pulmonaire. Pendant le sommeil, le
processus mucociliaire renvoie du mucus dans la gorge. Ce mucus est avalé et il reste dans
l’estomac jusqu’à ce que celui-ci se vide. C’est pourquoi les échantillons offrant les plus
hauts rendements sont ceux qui sont obtenus le matin au réveil.
Il faut procéder chez le patient à des prélèvements par aspiration gastrique deux matins
consécutifs . C’est en procédant ainsi que l’on obtient le rendement maximum de positivité.
Pour effectuer ce test convenablement, il faut en règle générale deux personnes (une qui
effectue le test et un assistant). L’enfant doit être à jeun depuis au moins quatre heures (trois
heures pour les nourrissons). Les enfants présentant une faible numération de plaquettes ou
une hémorragie ne doivent pas être soumis à ce test.
122
Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Mode opératoire
L’aspiration gastrique peut être pratiquée en hospitalisation le matin lorsque l’enfant se
réveille, que ce soit à son chevet ou dans une chambre de traitement (si l’on dispose d’une
telle chambre). Elle peut également être pratiquée en soins ambulatoires (pourvu que la
structure soit équipée convenablement). L’enfant doit être à jeun depuis au moins 4 heures
(3 heures pour les nourrissons) avant de procéder à l’opération.
Après l’opération
1. essuyer le récipient à échantillons au moyen d’alcool /de chlorhexidine pour prévenir
toute contamination croisée, puis étiqueter le récipient.
2. Remplir le formulaire de demande de travaux de laboratoire.
3. Porter l’échantillon (dans une boîte isotherme) au laboratoire pour traitement dès que
possible (dans les 4 heures).
4. Dans le cas où il faudra probablement attendre plus de 4 heures avant que les échantillons
ne soient apportés au laboratoire, les placer au réfrigérateur (température de 4 à 8 °C)
où ils doivent rester jusqu’à leur acheminement.
5. Servir à l’enfant son repas habituel.
123
2ème édition
Mesures de sécurité
En règle générale, l’aspiration gastrique n’est pas une procédure génératrice d’aérosols.
De plus, comme les jeunes enfants risquent peu de transmettre une infection, l’aspiration
gastrique peut être considérée comme une opération présentant peu de risque de
transmission de la tuberculose et elle peut s’effectuer en toute sécurité au chevet du patient
ou dans une salle de soins ordinaire.
L’induction d’expectorations
Arrière-plan
Il convient de noter que, à la différence de l’aspiration gastrique, l’induction d’expectorations
est une procédure génératrice d’aérosols. Autant que possible, par conséquent, cette
opération doit s’accomplir dans une salle d’isolement présentant un dispositif adéquat de
prévention des infections (pression négative, lumière ultraviolette (qui doit rester allumé
quand la salle n’est pas en service) et ventilateur extracteur).
L’induction d’expectorations est considérée comme une procédure présentant peu de risques
pour l’enfant examiné. Les rares effets indésirables qui ont été signalés sont les quintes de
toux, une respiration légèrement sifflante et des saignements de nez bénins. Des études
récentes ont montré que cette procédure peut être pratiquée en sécurité sur de jeunes
enfants (2), encore que, pour cela, il faudra que le personnel ait reçu une formation spéciale
et qu’il dispose également d’un équipement spécial.
Examiné préalablement l’enfant pour s’assurer qu’il se porte assez bien pour supporter
l’opération. Les enfants présentant les caractéristiques suivantes ne doivent pas être soumis
à une expectoration induite:
- jeun insuffisant: si l’enfant n’est pas à jeun depuis au moins trois heures, reporter
l’opération jusqu’à l’heure appropriée;
- détresse respiratoire marquée (notamment respiration rapide, respiration sifflante,
hypoxie);
- intubation;
- saignements: faible numération de plaquettes, tendance aux saignements,
saignements de nez sévères (symptomatique, ou numération de plaquettes <50/ml
de sang);
- niveau de conscience diminué;
- antécédents d’asthme significatifs (diagnostiqués et traités par un clinicien).
Procédure
1. Administrer un bronchodilatateur (salbutamol p. ex.) pour réduire le risque de respiration
sifflante.
2. Administrer par nébulisation une solution saline (3% NaCl) pendant 15 minutes ou
jusqu’à absorption intégrale de 5 ml de solution.
3. Prévoir une kinésithérapie respiratoire si nécessaire; cela peut être utile pour mobiliser
les sécrétions.
4. Pour les enfants plus âgés qui sont capables d’expectorer, suivre la procédure décrite
plus haut sous “Expectoration” afin de collecter des échantillons.
5. Pour les enfants qui ne sont pas capables d’expectorer (p. ex. les jeunes enfants),
procéder par:
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Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Références
1. Laboratory services in tuberculosis control. Part II: Microscopy. Geneva, World Health
Organization, 1998 (WHO/TB/98.258).
2. Zar HJ et al. Sputum induction for the diagnosis of pulmonary tuberculosis in infants and
young children in an urban setting in South Africa. Archives of Disease in Childhood, 2000,
82:305-308.
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Lignes directrices concernant la prise en charge de la tuberculose chez l’enfant dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre la tuberculose
Annexe 5
l Il faut utiliser autant que possible des comprimés dispersibles de qualité éprouvée, en
particulier pour les enfants qui ne sont pas capables d’avaler des comprimés à l’état
solide.
l Les schémas thérapeutiques sont basés sur les associations à dose fixe, mais ils peuvent
prévoir dans certains cas l’administration de produits à composant unique.
l Il s’agit de dosages à une prise par jour. Ils ont été conçus de manière à éviter autant
que possible d’avoir à diviser des comprimés.
l Les doses recommandées sont en général inférieures à la valeur maximale de la plage
admise, pour réduire autant que possible les risques de toxicité.
Les présentes lignes directrices remplacent les recommandations provisoires publiées par
l’OMS en 2009 sous le titre: Dosing instructions for the use of currently available fixed-dose
combination TB medicines for children.
Une fois que l’enfant a atteint une masse corporelle de 25 kg, il peut être traité en suivant
les posologies recommandées et les préparations utilisées chez l’adulte.
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2ème édition
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Lignes directrices
concernant la prise en
charge de la tuberculose
chez l’enfant dans le cadre
des programmes nationaux
2ème édition