MAT144 Les nombres complexes École de technologie supérieure
On peut quelquefois rencontrer des équations qui ne possèdent pas de solutions réelles. C'est le cas, par exemple, de
l'équation x 2 + 25 = 0 . Les solutions de cette équation, ±5i , font partie d'un ensemble de nombres qu'on appelle
les nombres complexes (noté C ); cet ensemble est formé à partir des nombres réels auxquels on ajoute i = −1 .
Cette dernière valeur n’est évidemment pas un nombre réel, donc ce n’est pas une quantité mesurable.
En électronique, la lettre i étant utilisée pour désigner l'intensité du courant, c'est la lettre j qui sert pour le nombre
−1 . Ici, on se servira de i.
Un nombre complexe sous forme standard est un nombre de la forme a + bi , où a et b sont des nombres réels et
i est l'unité des nombres imaginaires. Si b ≠ 0 , alors a + bi est aussi appelé nombre imaginaire ou nombre
complexe. Si b = 0 , alors a + 0i est un nombre réel. Le zéro des complexes est 0+ 0i = 0 . Le conjugué de
a + bi est a - bi .
La figure suivante nous montre un nombre complexe a + bi dessiné dans le plan complexe.
y
Axe imaginaire
(a,b)
b
a + bi
x
a
Axe réel
Plan complexe
Lorsque l'on fait correspondre des nombres complexes à des points dans un système de coordonnées rectangulaires,
l'axe des x devient l'axe réel et l'axe des y devient l'axe imaginaire. Le nombre complexe a + bi est exprimé
sous forme rectangulaire, a étant la partie réelle et b la partie imaginaire du nombre complexe.
L'égalité, l'addition et la multiplication des nombres complexes est définie par:
1. a + b i = c + d i si et seulement si a = c et b = d où a, b, c, d ∈ \
2. (a + b i ) + (c + d i ) = (a + c) + (b + d )i et (a + b i ) - (c + d i ) = (a - c) + (b - d )i
3. (a + b i ) (c + d i ) = (a c - b d ) + (a d + b c ) i
Puisque les nombres complexes jouissent des mêmes propriétés de commutativité, d'associativité et de distributivité
que les nombres réels, la plupart des calculs sur les nombres complexes sont effectués à l'aide de ces dernières
propriétés et aussi de la formule i 2 = -1 . La recherche de l'inverse multiplicatif d'un nombre complexe et la
manipulation de quotients amènent à utiliser la propriété des conjugués: (a + bi ) (a - bi ) = a 2 + b 2
Si a > 0 , alors la racine carrée principale d'un réel négatif -a est −a = −1 ⋅ a = −1 ⋅ a= i a .
Par exemple, −4 = 4 −1 = 2 −1 = 2i
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Exemple : Effectuez les opérations suivantes
1 7 − 3i
a) (2 - 5i ) + (3 + i ) b) (4 - 3i ) ⋅ (1 - 2i ) c) d)
2 + 3i 1+ i
Solutions : a) En suivant la règle #2 ci-dessus:
(2 - 5i) + (3 + i) = (2 + 3) + (-5 + 1)i = 5 - 4i
b) En suivant la règle #3 ci-dessus:
(4 -3i ) ⋅ (1 - 2i ) = (4 ⋅1 - [-3] ⋅ [-2]) + (4 ⋅ [-2] + [-3] ⋅ 1)i = (4 - 6) + (-8 - 3)i = -2 - 11i
c) Simplifions cette expression en utilisant le conjugué du dénominateur:
1 1 2 − 3i 2 − 3i 2 3
= ⋅ = = − i
2 + 3i 2 + 3i 2 − 3i 4 + 9 13 13
d) On procède comme pour l'expression précédente:
7 − 3i 7 − 3i 1 − i 4 − 10i
= ⋅ = = 2 − 5i
1+ i 1+ i 1− i 2
Une équation quadratique sous forme standard est une équation qui peut être ramenée sous la forme
ax 2 + bx + c = 0 a ≠ 0 , où x est la variable et a, b et c sont des constantes réelles. On peut toujours résoudre
cette équation avec la formule quadratique:
−b ± b2 − 4ac
x=
2a
Si le discriminant b 2 - 4ac est positif, l'équation possède deux racines réelles distinctes; si le discriminant est égal
à 0, l'équation possède une racine réelle double; si le discriminant est négatif, l'équation possède deux racines
imaginaires (nombres complexes), chacune étant la conjuguée de l'autre.
Exemple : Déterminez combien de racines possède chacune des équations suivantes:
a) 2 x 2 - 5 x + 3 = 0 b) 9 x 2 + 30 x + 25 = 0 c) 5 x 2 + 4 x + 1 = 0
Solutions :
3
a) a = 2; b = -5; c = 3 ⇒ b 2 - 4ac = 25 - 4 ⋅ 6 = 1 > 0 ⇒ 2 racines réelles distinctes: 1 et
2
−5
b) a = 9; b = 30; c = 25 ⇒ b 2 - 4ac = 900 - 4 ⋅ 225 = 0 ⇒ une seule racine, double:
3
−2 i
c) a = 5; b = 4; c = 1 ⇒ b 2 - 4ac = 16 - 4 ⋅ 5 = -4 < 0 ⇒ 2 racines complexes: ±
5 5
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Il peut arriver qu'on ait à résoudre des équations qui ne sont pas des équations quadratiques, par exemple
x 4 + 5 x 2 + 4 = 0 , mais qui peuvent se ramener à cette forme à l’aide d’un changement de variable approprié:
pour notre exemple, si on pose u = x 2 ( ⇒ x 4 = u 2 ) , on obtient :
x 4 + 3 x 2 − 4 = 0 ⇒ u 2 + 3u − 4 = 0 ⇒ (u + 4)(u − 1) = 0
⇒ ( x 2 + 4)( x 2 − 1) = 0 ⇒ soit x 2 + 4 = 0 donc x 2 = −4 et x = ±2 i
⇒ soit x 2 − 1 = 0 donc (x + 1)( x − 1) = 0 et x = ±1
EXERCICES (Faites les exercices manuellement et vérifiez vos réponses avec votre TI)
1- Effectuez et donnez sous forme standard
13 − i
a) ( −3 + 2i ) + (6 − 8i ) b) (−3 − 3i )(2 + 3i ) c)
5 − 3i
2- Effectuez et écrivez sous forme standard
a) (3 + i)2 − 2(3 + i) + 3 b) i 27
3- Réécrivez sous la forme a + bi et effectuez
2 − −1 4 + −25
a) (2 − −4 − (3 − −9) b) c)
3 + −4 −4
3, 77 − 8, 47i
4- Évaluez avec votre TI (arrondissez votre réponse à 2 décimales)
6,82 − 7, 06i
Résolvez les équations suivantes.
5- 2 x 2 = 4 x 6- 2 x 2 = 7 x − 3 7- m 2 + m + 1 = 0
3 3 2
8- y 2 = ( y + 1) 9- 1 + = 10- m4 + 5m 2 − 36 = 0
2 u2 u
RÉPONSES
1- a) 3 − 6i b) 3 − 15i c) 2 + i
( )
13
i = ( −1) i = ( −1) i = −i
13
2- a) 5 + 4i b) i 27 = i 26i = i 2
4 7 5
3- a) −1 + i b) − i c) − 2i
13 13 2
⎧1 ⎫
4- 0, 89 − 0,32i 5- x = 0 ou x = 2 6- x ∈ ⎨ , 3⎬
⎩2 ⎭
1 3 3 ± 33
7- m = − ± i 8- y =
2 2 4
9- u = 1 ± 2 i 10- m = ± 3i ou m = ± 2
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