Niveau : cinquième Séquence 1
Burkina Faso
MUSIQUE ET SOCIETE
Problématique :
En quoi la musique permet-elle de garantir l'harmonie sociale et
spirituelle ?
Percevoir : Naa-Zambara (République Centrafricaine)
Produire : Mawa Mawa (chant traditionnel africain)
Compétences musicales
Réaliser des projets musicaux d’interprétation ou de création
• Réaliser des projets musicaux dans un cadre collectif (classe) en petit groupe ou individuellement.
Écouter, comparer, construire une culture musicale commune
• Analyser des œuvres musicales en utilisant un vocabulaire précis.
• Manipuler plusieurs formes de représentation graphique de la musique à l'aide d'outils numériques.
• Mobiliser des repères permettant d'identifier les principaux styles musicaux.
Domaines du socle
Domaine 1 : les langages pour penser et communiquer
• Comprendre, s'exprimer en utilisant la langue française à l'oral et à l'écrit
• Comprendre, s'exprimer en utilisant les langages des arts et du corps
Domaine 2 : les méthodes et outils pour apprendre
• Outils numériques pour échanger et communiquer
Domaine 5 : les représentations du monde et l'activité humaine
• Organisations et représentations du monde
Introduction
• L' Afrique dite « noire » est un riche mélange d'ethnies et de cultures différentes.
• On appelle généralement « Musique Africaine » l'ensemble des musiques traditionnelles des
peuples situés au sud du Sahara.
• La musique d'Afrique Noire est dite primitive car elle est restée fidèle à ses origines.
• La musique, en Afrique, est présente dans les divers aspects de la vie quotidienne.
• Elle véhicule l'histoire et réalise l'accord entre la société humaine et les forces invisibles.
• Elle est souvent associée à la danse par soucis de collectivité.
Le royaume qui chante
(Documentaire de Patrick Kersalé,
I Naa-Zambara : Ethnomusicologue)
(musique des Gbaya Bodoé,
situés en République Centrafricaine) Le roi des Gan nous démontre
l’importance de la musique dans la société, son
rôle essentiel pour que se maintienne
Il s'agit d'un chant accompagné d'une danse (Naa) l’harmonie sociale, allant jusqu’à affirmer que
rendant hommage à un personnage du village (Zambara). “si elle disparaissait, c’est la société tout entière
qui disparaîtrait ”.
A/ Le rythme : La musique africaine peut se substituer
au langage. En effet, dans la plupart des langues
• La pulsation est régulière. africaines, la hauteur des sons est employée
• Des formules rythmiques viennent se fixer dessus. pour prononcer certains mots : ce sont les
« langues à tons ». Les instruments peuvent
• Les musiciens les superposent par l’intermédiaire de donc les imiter comme de véritables personnes.
différents instruments. On appelle cela la polyrythmie.
C’est ce qui donne cet effet, si envoûtant, de va-et-vient
rythmique.
Les Gbaya Bodoé comptent environ
Exercice 1 : marquer la pulsation les doigts au bord de la cinq mille personnes, réparties en une
table quarantaine de villages situés au sud-ouest de
Exercice 2 : la classe se divise en trois groupes, chaque la ville de Bouar, en République Centrafricaine.
groupe jouant un rythme différent. Ils ont une culture de tradition orale, sans
hiérarchisation, où chacun, outre les
nécessaires activités de subsistance, se livre aux
B/ La mélodie : occupations de son choix. La musique comme
tous les autres domaines est accessible à tous.
La mélodie se présente sous la forme de questions
et de réponses, le jeu étant mené par un leader (chanteur)
face au répons (groupe). Elle est construite à partir d'une
échelle sonore de cinq sons appelée mode pentatonique. Un trait essentiel de la musique
Les phrases sont assez courtes. africaine est l’utilisation du rythme. Tout est
prétexte aux rythmes : le bruit régulier du pilon
Des voix de femmes font les youyous, technique
qui broie le mil, la pagaie qui cogne contre le
vocale utilisée ici pour stimuler les hommes. bord de la pirogue, les gestes du cultivateur. Le
corps lui-même sert d’instrument à percussions
Exercice 1 : un élève (soliste) fredonne la mélodie, la classe : les mains, les pieds, les cuisses, la poitrine
reprend (chœur) sont frappés en rythme.
Exercice 2 : la classe se divise en cinq : un soliste, un chœur
et trois groupes pour la polyrythmie
C/ Les timbres : En Afrique, on ne cherche pas à obtenir
des sons clairs et précis. Au contraire, on aime
Les instruments utilisés sont : les timbres complexes, volontairement
Deux sanzas, des bâtons entrechoqués et un hochet. "brouillés". Ce sont les sonnailles. C’est
pourquoi les musiciens portent souvent aux
Ils jouent l'accompagnement sous forme d'ostinato
bras des bracelets à grelots, destinés à couvrir
mélodico-rythmique (rythme et mélodie répétés tout au le son réel des instruments ou utilisent la sanza
long du morceau). remplie de petits coquillages et de graines qui
cliquettent pendant tout le jeu..
II La musique vocale :
Cette musique tient au goût des africains pour des voix
déformées :
La sanza gbaya est constituée d'une
Ex 1 :voix travestie série de neuf à douze languettes métalliques
Ex 2 : jodel polyphonique fixées sur un chevalet, métallique lui aussi, et
Le chant est souvent proche du parlé et est souvent lié à des disposées en éventail sur une petite caisse en
rites ou cérémonies : bois. Chaque languette porte de petits anneaux
Ex 3 : voix chuchotée métalliques qui vibrent lorsqu'elle est pincée.
Ces vibreurs servent à prolonger la résonance
de la lame et à ajuster la hauteur du son. Le
musicien maintient l'instrument devant lui, les
mains tenant la caisse et les pouces de la main
gauche et de la main droite jouant
alternativement.
III La musique instrumentale : Les griots d’Afrique occidentale sont
des poètes chanteurs qui forment une caste
Afin de classer les instruments de chaque ethnie, les dont les membres se transmettent oralement
ethnomusicologues ont donné de nouvelles appellations aux les techniques musicales, de génération en
génération. Certains instruments ne sont
familles d’instruments.
utilisés que par eux. Les griots peuvent
Il existe donc 4 catégories d’instruments selon leur timbre: appartenir à un village ou sillonner les routes;
respectés partout, ils participent à toutes les
1. Les cordophones : célébrations, sacrées ou non. Leurs récits,
2. Les aérophones : souvent plein d’humour, racontent des
3. Les membranophones événement tristes ou joyeux, des anecdotes sur
les autres villages, chantent des louanges ou se
4. Les idiophones : moquent gentiment de personnes présentes
dans l’assemblée.
Sifflet Le métissage
Kora
Tama
La musique africaine a influencé
nombre de musiciens occidentaux, tant dans la
Dundun Sanza musique classique que dans le jazz ou la variété.
A l’inverse, elle a emprunté à l’occident la
pratique de l’harmonie, et des guitares
Balafon
électriques
Djembe