REVISION ORAL SES
CHAPITRE 1 :
Pour satisfaire leurs besoins, les hommes doivent créer des richesses, sous la forme de biens et de
services dont les entreprises et les administrations sont les principaux producteurs. À l'échelle d'un
pays, cette production est évaluée par l'indicateur du produit intérieur brut (PIB), indicateur qui
permet, par sa variation au cours du temps, de mesurer la croissance économique. Cependant, la
croissance économique est de plus en plus confrontée à la question de ses limites écologiques.
I. Quels acteurs contribuent à la production de biens et services ?
• La majeure partie des biens et services est produite par les entreprises et les administrations. La
production peut être décomposée en production marchande (biens et services s'échangeant sur un
marché, en donnant lieu à une transaction monétaire) et production non marchande (biens et
services fournis « gratuitement » ou à coût réduit, sans donner lieu à un échange monétaire) : les
voitures, les consultations d'avocat ou l'électricité font partie de la production marchande, alors que les
interventions des pompiers ou l'éclairage public sont des services non marchands.
• D'autres acteurs produisent également des richesses. Un ménage peut produire des légumes dans son
jardin ou bricoler pour améliorer son logement : on parle alors d'autoproduction et
d'autoconsommation. Enfin, les associations à but non lucratif (dont l'objectif n'est pas de faire des
bénéfices) produisent également des services non marchands, par exemple les Restos du cœur ou la
Croix-Rouge.
II. Combiner des facteurs de production
• Produire un bien ou un service nécessite de rassembler et de combiner des facteurs de production,
c'est-à-dire du travail, du capital (bâtiments, machines, outils), de la technologie et des ressources
naturelles. Une entreprise fabriquant des téléphones portables, par exemple, rassemble des salariés de
diverses qualifications, des locaux, des machines et outils, des composants électroniques et des pièces
détachées, de l'énergie, de l'eau, etc.
• De même, un lycée « produisant » un service d'enseignement rassemble des compétences humaines
diverses, des matériels, des locaux, de l'énergie, etc.
III. Comment évaluer la production ?
• Dans le cas d'une entreprise, on peut évaluer la production à partir de son chiffre d'affaires (CA) qui
correspond au montant total des biens et des services que cette entreprise a vendus sur une période
donnée (le plus souvent, un an). Mais cet indicateur ne permet pas de savoir quelle a été la part propre
de l'entreprise dans la valeur finale des produits : elle a, en effet, acheté à d'autres entreprises des biens
et des services dont elle n'est pas « responsable » (biens intermédiaires, matières premières, services
divers, qu'on regroupe sous l'expression de consommations intermédiaires). On évalue donc la
production propre de chaque entreprise en calculant sa valeur ajoutée, selon la formule :
Valeur ajoutée (VA) = chiffres d'affaires (CA) − consommations intermédiaires (CI)
• Ainsi, si une boulangerie a vendu, en un mois, pour 23 000 € de pains (son chiffre d'affaires) et
qu'elle a acheté pour 8 500 € de biens et services (farines et levures, eau, électricité, publicité,
téléphone, produits divers, etc.), sa valeur ajoutée sera égale à 14 500 €. Attention cependant à ne pas
confondre la valeur ajoutée avec le bénéfice de l'entreprise : notre boulanger doit encore, en effet,
rémunérer ses salariés, payer ses impôts, éventuellement rembourser le prêt qui a permis de remplacer
le four, etc. C'est après la soustraction de l'ensemble de ces dépenses qu'apparaîtra (éventuellement) un
excédent, le bénéfice de l'entreprise.
IV. Comment évaluer la croissance économique d'un pays ?
• Lorsqu'on veut évaluer la production marchande totale d'un pays, on additionne les valeurs ajoutées
de toutes les entreprises implantées sur le territoire national entre le 1 er janvier et le 31 décembre de
l'année et on obtient le produit intérieur brut marchand (PIB marchand).
• Mais la production des administrations n'est pas incluse dans le PIB marchand. Il faut donc lui
rajouter la production non marchande des administrations : celle-ci ne peut pas s'évaluer à partir d'un
chiffre d'affaires ou d'une valeur ajoutée puisque les administrations ne « vendent » pas les services
qu'elles produisent. Ces services non marchands sont donc évalués à travers le montant des dépenses
effectuées pour les produire. Par exemple, on évalue la production du service public d'éducation par le
montant du budget attribué à l'Éducation nationale. De même, la « production » des services de police,
ou de Pôle emploi, est évaluée par les dépenses de ces administrations publiques. Finalement, le PIB
total du pays est égal à la somme du PIB marchand et du PIB non marchand.
• Le calcul du PIB permet de comparer la puissance économique globale des pays dans le monde. Le
tableau ci-dessus montre clairement la domination économique des États-Unis, mais cette domination
risque, dans les prochaines années, d'être contestée : la 3e colonne du tableau indique en effet le taux
de croissance annuel du PIB (ici, entre 2016 et 2017). On peut constater que le PIB de la Chine
progresse beaucoup plus que celui de la 1re puissance mondiale, ce qui conduit à un rattrapage
progressif de l'écart. De même, l'Inde est aujourd'hui au 6e rang mondial et, dans ce classement, elle a
dépassé la France en 2017, en raison de sa croissance dynamique.
• Sur le long terme, les pays européens et les États-Unis ont connu un développement économique
rapide, après la révolution industrielle des xviiie et xixe siècles. Pendant la période dite « des trente
glorieuses », après la Seconde Guerre mondiale, les pays occidentaux ont accentué leur avance sur le
reste du monde, avec une période de croissance forte. Mais la décennie 1970 a été marquée par un très
net ralentissement de leur croissance, alors que plusieurs grands pays du tiers-monde, comme la
Chine, l'Inde ou le Brésil, connaissaient une phase de dynamisme économique exceptionnel. La
hiérarchie de la puissance économique évolue en permanence et n'est donc pas figée.
V. Le PIB, un indicateur imparfait
• Le PIB est, aujourd'hui encore, l'indicateur le plus utilisé pour rendre compte de la création de
richesses. Pourtant, il comporte des lacunes et des imperfections qui amènent les économistes à
relativiser sa fiabilité comme mesure de la production.
• La première remarque que l'on peut faire est que le PIB global ne donne aucune information sur le
niveau de vie des habitants du pays. Pour pouvoir affiner l'analyse des niveaux de vie, il faut en effet
tenir compte du volume de la population de chaque pays. Ainsi, la Chine produit le 2 e PIB au monde
(12 237 milliards de dollars), mais elle est peuplée de près d'un milliard et demi d'habitants. Le
Luxembourg affiche, quant à lui, un PIB beaucoup plus modeste (62,4 milliards de dollars), mais ses
habitants ont un niveau de vie parmi les plus élevés du monde. Le calcul du PIB par habitant
(PIB/hab.) permet d'approcher ce classement des niveaux de vie.
• Même si le PIB/hab. est lui aussi un indicateur très approximatif des niveaux de vie, les données ci-
dessus permettent de mesurer les écarts considérables qui séparent les pays, dans le monde, du point
de vue de leur niveau de développement et des conditions de vie matérielles de leur population. Le
PIB par habitant du Luxembourg, par exemple, est près de 200 fois plus élevé que celui de
l'Afghanistan.
• À ces inégalités à l'échelle mondiale, il faut ajouter les inégalités internes à chaque pays : le PIB par
habitant est en effet une moyenne qui masque les inégalités réelles de revenus et de niveau de vie entre
les différents groupes sociaux à l'intérieur d'un même pays.
VI. La croissance économique face au défi écologique
• Les activités humaines de production et de consommation ont un impact négatif sur l'environnement.
Le prélèvement continu sur les ressources naturelles non renouvelables contribue peu à peu à leur
épuisement (énergies fossiles comme le charbon, le pétrole ou l'énergie nucléaire, matières premières
minérales, etc.). Dans la plupart des pays, la part des énergies renouvelables dans la consommation
totale d'énergie est encore minime (à peine plus de 10 %, en France).
• De même, la surexploitation des ressources renouvelables, comme les ressources halieutiques des
océans (poissons, crustacés, etc.) ou comme les forêts, met en péril la reconstitution des stocks
existants. La pollution de l'air et de l'eau engendrée par la production et la consommation de biens et
de services atteint parfois des niveaux qui menacent l'intégrité et la santé des populations qui y sont
soumises.
• Enfin, le réchauffement climatique engendré notamment par les rejets dans l'atmosphère de quantités
massives de gaz à effet de serre (en particulier de dioxyde de carbone) représente, à plus long terme,
une menace pour le climat et la sécurité des littoraux.
• Ces effets négatifs produits par la croissance économique sont qualifiés par les économistes
d'externalités négatives. La plupart de ces atteintes au patrimoine environnemental ne sont pas
comptabilisées comme des « coûts » dans l'évaluation des richesses. Un des enjeux des revendications
des mouvements écologiques est l'internalisation de ces coûts, de manière à les faire supporter non de
manière indifférenciée par l'ensemble de la population mais par les producteurs ou les consommateurs
qui sont à leur origine. Le principe du « pollueur payeur » conduit, par exemple, à ce que les
industries les plus polluantes acquittent une taxe carbone pour chaque tonne de CO2 émise, ce qui
doit, en principe, les inciter à minimiser ces rejets.
CHAPITRE 2 :
Les biens et les services s'échangent sur un marché, qui confronte l'offre proposée par les entreprises et
la demande exprimée par les ménages ou d'autres entreprises. Un marché peut prendre des formes
variées, soit physiques (marché local hebdomadaire, grandes surfaces ou petits commerces, poste de
péage, etc.) soit virtuelles (commandes par Internet ou par téléphone, petites annonces, etc.). On parle
ainsi du marché des voitures d'occasion, des fruits et légumes, des œuvres d'art, mais aussi du marché
des actions ou des assurances vie, ou encore du marché du pétrole ou de celui du soutien scolaire.
Dans tous les cas, un marché met en relation des offreurs et des demandeurs, dont les intérêts sont
divergents. L'offreur a intérêt à vendre cher (pour maximiser ses recettes), alors que le demandeur a
intérêt à acheter bon marché (pour pouvoir consommer plus). En situation de concurrence, le
compromis entre ces intérêts divergents se réalise par l'intermédiaire du prix.
I. La demande d'un bien, une fonction décroissante du prix
• Dans la plupart des cas, la demande d'un bien ou d'un service varie en fonction décroissante du
prix : plus le prix est élevé, plus la demande est faible, plus le prix est bas, plus la demande est forte.
Les variations de prix d'une période à une autre peuvent modifier les comportements de demande : une
hausse de prix dissuade les achats ; une baisse des prix, au contraire, est incitative à l'achat.
• Il faut évidemment tenir compte du fait que chaque acheteur possède ses critères personnels de
jugement sur les prix, en fonction de l'intensité du besoin ressenti. Cela détermine des seuils de
déclenchement ou d'abandon de l'achat qui peuvent être très différents d'un demandeur à un autre.
• L'ensemble des comportements des demandeurs, additionnés, permet de tracer la courbe de
demande.
• Cette courbe, dans la réalité, peut avoir des profils très différents : la demande des biens de première
nécessité, ceux dont le consommateur ne peut se passer, est dite inélastique, c'est-à-dire qu'elle est peu
sensible aux variations de prix : une hausse de prix ne se traduira que par une faible baisse des
quantités demandées. À l'inverse, la demande de biens et services de seconde nécessité est
généralement plus élastique : une hausse de prix entraînera une baisse sensible de la quantité
demandée.
II. L'offre d'un bien, une fonction croissante du prix
• L'offre d'un bien ou d'un service est généralement une fonction croissante du prix. En effet, les
producteurs cherchent à maximiser leur profit, qui résulte de la différence entre le prix de vente et le
coût global du produit (profit = prix de vente – coût global).
Lorsque le prix sur le marché augmente, le profit s'accroît, ce qui incite les vendeurs à augmenter les
quantités offertes pour maximiser le profit total. Par ailleurs, lorsque le prix augmente, des offreurs qui
n'étaient pas rentables au prix antérieur le deviennent et viennent s'ajouter à l'offre en la faisant
augmenter. À l'inverse, une baisse des prix de vente incite certains producteurs (ceux dont les coûts
sont les plus élevés) à se retirer du marché parce qu'ils ne sont plus rentables, ce qui fait diminuer
l'offre.
• Ces comportements des offreurs, lorsqu'ils s'additionnent, permettent de dessiner la courbe d'offre.
• Sur certains marchés (produits demandant un long temps d'élaboration), les changements de
comportement des offreurs peuvent cependant prendre du temps (arbres fruitiers par exemple) et
demander des délais d'ajustement. Pendant ces périodes d'ajustement, on peut alors considérer que
l'offre est rigide.
III. Le prix d'équilibre, point de rencontre entre les courbes d'offre et de demande
• Sur un marché où les offreurs sont en concurrence et où les demandeurs sont nombreux, le prix se
fixe au point de rencontre entre la courbe de demande et la courbe d'offre : on dit alors que le marché a
atteint son prix d'équilibre et sa quantité d'équilibre.
• On appelle prix d'équilibre le niveau de prix qui égalise les quantités demandées et offertes du bien,
prix qui se situe au point d'intersection des deux courbes. Au-dessus de ce prix, l'offre est excédentaire
par rapport à la demande et une partie de la production ne trouve pas preneur. En dessous, il y a un
afflux d'acheteurs et l'offre est insuffisante pour satisfaire toute la demande, il y a pénurie du bien ou
du service.
• Le fonctionnement du marché décrit ci-dessus et la détermination du prix par la rencontre de l'offre
et de la demande supposent des conditions générales qui ne sont pas toujours réunies dans les
situations concrètes. Pour que cette loi de l'offre et la demande permette effectivement la fixation
d'un prix qui amène le marché à l'équilibre, il y a, en particulier, des conditions de libre concurrence et
de non-entente entre les offreurs. La situation particulière du monopole, dans laquelle les demandeurs
se retrouvent face à un seul offreur, conduit à un prix supérieur à celui que donnerait un marché
concurrentiel. Entre le marché concurrentiel (un grand nombre d'offreurs) et le monopole (un seul
offreur), il est aujourd'hui fréquent de trouver des marchés dits oligopolistiques, sur lesquels intervient
un petit nombre d'offreurs (cas de la téléphonie mobile, par exemple, ou de la construction
automobile).