Séminaire d’Organisation Comptable Dispensé par l’Assistant MUZAKAMO FWANA Prosper
1. OBJECTIFS DU COURS
1.1. OBJECTIF GENERAL:
A l’issue de ce cours, l'étudiant régulier qui l’aura entièrement suivi, devra être capable de
mettre en place le service comptable dans n’importe quelle organisation : entreprise,
marché, ONG, Eglise, office, PME ou PMI, Micro entreprise, etc.
1.2. OBJECTIFS SPECIFIQUES :
A l’issue de ce séminaire, l'étudiant devra être aussi capable de réfléchir et d'appliquer les
principes généraux de direction des entreprises à la gestion comptable. Il s'agit de :
Expliquer les relations qui existent entre le service comptable et les autres
services ;
Connaître la structure des services comptables, afin d'analyser le travail
comptable et le circuit des documents ;
Pouvoir choisir un plan comptable adapté à une entreprise donnée ;
Maîtriser le fonctionnement des services comptables.
En définitive, II s'agit de pouvoir choisir l'art, les méthodes comptables, les
systèmes et procédés comptables adaptés à une entreprise donnée et leur
fonctionnement.
2. PRE REQUIS :
Comptabilité Financière
Comptabilité de Gestion
Comptabilité Agricole
Comptabilité des Etablissements à Succursales Multiples
Management
3. CONTENU DU SEMINAIRE
CHAPITRE I. LES GENERALITES
I. Définition et caractéristiques de l’organisation
II. Principes de base de l’organisation
III. Rationalité – Normalisation – Standardisation
IV. Organisation fonctionnelle de l’entreprise
V. Organisation comptable
CHAPITRE II. LA GESTION COMPTABLE
I. Relations des services comptables avec les autres services.
II. Organisation des services comptables.
III. Fonctionnement des services.
CHAPITRE III. LES METHODES COMPTABLES
I. Méthodes d’inventaire
II. Méthodes d’évaluation des stocks
III. Méthodes d’amortissement.
IV. Méthode par réflexion
CHAPITRE IV. LES SYSTEMES COMPTABLES
I. Système classique dit « comptabilité Italienne »
II. Système du « journal - Grand livre » dit « comptabilité Américaine ».
III. Système centralisateur.
IV. Traitement comptable informatisé
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V. Application du système centralisateur à l'organisation d'une comptabilité
simplifiée pour petits et moyens commerçants, artisans, membres des professions
libérales, particuliers, petites associations.
VI. Le journal centralisateur
VII. Le journal grand livre centralisateur
CHAPITRE V. LES PROCEDES COMPTABLES
I. Les conséquences de l’introduction des procédés dans une entreprise
II. La comptabilité par décalque
III. La comptabilité sur ordinateur.
TRAVAUX PRATIQUES
CONCLUSION
Références bibliographiques
1. Albert VEYRENE, Organisation comptable, Entreprise Moderne d’édition, Paris
1978
2. Bernadette Collain et al., Comptabilité générale, 3ème éd. Dunod, Paris, 2017
3. Léo CHARDONNET : Comptabilité Générale, tome I. [Link] et Cie. Paris,
1974.
4. Louis SAMBA ZAMAMBU et Bet’or LOKO TUZOLANA, Comptabilité Analytique
(Conforme au système comptable OHADA), 2ième éd. MEDIASPAUL-Kinshasa,
2013
5. MAPAPA M. Augustin, Comptabilité générale OHADA, éd. Droit Afrique, Paris,
2015
6. Marcel DOBILL, Comptabilité OHADA, Tome I, éd. KARTHALA, Paris, 2013
7. Michel Méau, Comptabilité approfondie, Exercices, éd. Dunod, Paris, 2003
8. Mohamed DIOURI et Bouchaîb ALHAMANY, Comptabilité Analytique : Exercices
corrigés avec rappel des cours, éd. TOUBKAL et IGA, Université Mohamed V, Rabat-
Agdal, Maroc, 2008
9. Pierre Conso, Gestion Financière, 9ème éd. Dunod, Paris 2000
10. Pierre GANIER, comptabilité commerciale, éd. Dunod, Paris 1975.
11. Pierre GANIER, la Technique comptable approfondie et les comptabilités, éd.
Dunod, Paris 1976.
12. Robert OBERT, Pratique des normes IFRS, 6ème éd. Dunod, Paris, 2017
13. Zamambu L.S. & Tuzolana B.L., Comptabilité Générale, Librairie Technique,
Kinshasa, 2000 14. R. Castel et F. Pasqualini, Le commissaire aux
comptes, Economica, éd. Dunod, Paris, 1995
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INTRODUCTION
L'enseignement supérieur et universitaire reste la pépinière obligée pour toute
personne qui désire acquérir des connaissances. Cependant une fois intégrée dans la
vie professionnelle, la démarcation entre la formation théorique et pratique apparaît
compte tenu du vaste champ d'application impliquant l'environnement économique,
fiscal, informatique, concurrentiel et évolutionniste caractérisé par la mondialisation
toujours présente et pressante.
La définition de la comptabilité a longtemps opposé les penseurs. Les uns la
considèrent comme une science, les autres comme une technique ; pour une
troisième catégorie de penseurs, elle est une méthode et certains ne manquent pas
de l’appeler art.
Comme science des comptes, la comptabilité a pour but l’organisation des écritures
par le choix judicieux des livres et comptes nécessaires afin d’en suivre facilement
les opérations et d’en présenter les résultats.
En tant que technique de la tenue des comptes, la comptabilité fournit un certain
nombre des renseignements chiffrés d’ordre juridique et économique exprimés dans
des états appelés comptes. Elle permet de traduire la vie financière de l’entreprise
en vue de mesurer entre deux périodes de temps son enrichissement ou son
appauvrissement.
Comme l’art de tenir les comptes, la comptabilité dénombre les mouvements d’unités
formant un ensemble homogène dans une activité déterminée.
La comptabilité est un système d’organisation de l’information financière (banque
d’information financière) qui permet : de saisir, classer, enregistrer des données de
base chiffrées ; de fournir, après traitement approprié, un ensemble d’informations
conforme aux besoins de divers utilisateurs intéressés.
La comptabilité est une technique rationnelle d’enregistrement, de classement,
d’analyse, d’interprétation et de synthèse de faits économiques vécus par une
entreprise exprimée en unité monétaire.
Après le cours de Comptabilité Financière en BAC 1, le séminaire d'organisation
Comptable permettra à l'étudiant d'approfondir les notions apprises afin de réaliser le
contrôle a posteriori des opérations de l'entreprise à partir de la description et de
l'observation plus ou moins historiques des faits comptables. Toute écriture comptable
étant la traduction d'une réalité d'ordre économique ou juridique.
C'est pour cela que nous avons voulu compléter la partie théorique de ce séminaire par
des cas pratiques afin d'amener l'étudiant qui nous aura suivi attentivement à aborder
tout problème d'organisation comptable quelle que soit la forme de l'organisation.
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CHAPITRE I. LES GENERALITES
1) Définition et caractéristiques de l'organisation
Tous les domaines où se déploie une activité quelconque peuvent faire
l'objet d'une organisation. La démarche suivie par toute organisation consiste à
analyser tous les éléments constitutifs du problème à étudier, une synthèse de toutes
les solutions particulières. Cette synthèse doit respecter les objectifs généraux d'une
bonne organisation : harmonie, efficacité, économie, communication et satisfaction de
l'élément humain.
Ainsi, organiser une activité donnée, c'est la pourvoir de tous les éléments
nécessaires à son fonctionnement, de telle sorte que le rendement puisse être
optimum aussi bien sur le plan technique que sur le plan humain.
L'organisation s'intéresse à chaque poste de travail, à son emplacement, au
personnel qui le sert, au matériel qu'il utilise, mais également aux liaisons de ce
poste de travail avec les autres services et directions dans une hiérarchie donnée
(c'est l'organisation des fonctions).
Pour pourvoir, organiser les moyens et les fonctions, l'organisateur est sensé
connaître la politique générale de l'entreprise, telle qu'elle est définie par la
Direction. A l'égard du service comptable par exemple, la politique de l'entreprise
consistera à définir la nature, l'importance, la périodicité des renseignements qui,
au-delà des exigences légales, doivent être fournies aux responsables
d'entreprise. En fonction de cette politique, l'organisateur du service comptable
dispose :
- De quelques principes généraux d'organisation ;
- De l'aide apportée par la rationalisation et la normalisation ;
- Des méthodes d'investigation et d'analyses ;
- D'un grand nombre de procédés, dispositifs, appareils, machines, susceptibles
de s'adapter à l'une ou l'autre des tâches d'exécution auxquelles le service doit faire
face.
Plusieurs définitions de l'organisation ont été données, les unes mettant l'accent sur tel
aspect de l'organisation, les autres sur tel ou tel aspect ; mais rarement de telles
définitions sont vraiment complètes. Ainsi pour :
[Link] : Organiser, c'est déterminer les meilleures conditions d'exécution
d'un travail après en avoir découvert expérimentalement les facteurs et lois
fonctionnelles.
Conférence de l'organisation Française : Organiser une entreprise, c'est la
munir de tout ce qui est utile à son fonctionnement, idées, hommes et choses.
C'est encore y établir la division et la liaison du travail qui lui permettra de vivre.
Ainsi, on peut dire qu'organiser un service suppose :
- De déterminer des objectifs tenant compte de la politique générale de
l'entreprise ;
- De déterminer les organes devant intervenir dans son fonctionnement
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ainsi que leurs liaisons internes ;
- De fixer les moyens matériels et humains susceptibles de permettre un
rendement optimum sur le plan technique et humain.
2) Principes de base de l'organisation
Dans le choix des moyens qui permettent d'adapter l'organisation aux buts poursuivis,
on peut se référer aux quelques principes directeurs suivants :
a) Principe de la division du travail ou de la spécialisation des tâches.
b) Principe de l'exécution par un agent des tâches auxquelles il est le mieux
adapté, et de ces tâches seulement.
c) Principe de l'économie des efforts.
d) Principe de la rentabilité optimum.
e) Principe de concentration (même local, travail à la chaîne...)
3) Rationalité - normalisation – standardisation
1. Rationalisation
La rationalisation est une conséquence fondamentale de toute organisation ; elle
consiste dans une recherche méthodique de tous les perfectionnements pouvant
accroître l'efficacité du travail. Le domaine de la rationalisation est vaste et varié.
Sur le plan de l'entreprise, la rationalisation doit porter notamment sur :
- Les locaux : disposition, forme, éclairage, sonorisation... ; d'une manière générale,
les locaux doivent être adaptés aux activités qui s'y déploient.
- Les matières et l'outillage : choix judicieux des matières utilisées, étude de
l'adaptation des moyens techniques à l'exploitation de l'entreprise.
- L'administration en général : établissement d'organisation précis, choix du personnel,
etc.
2. Normalisation
Du latin norma = règles, la normalisation et la standardisation sont des termes
synonymes.
La normalisation a pour objet de définir et de faire admettre collectivement, un
ensemble de méthodes propres à satisfaire les besoins, en éliminant les complications
et les variétés superflues, afin de permettre une production rationnelle sur la base des
techniques valables du moment.
Cette définition montre que la normalisation est un des aspects principaux
de la rationalisation. En effet, on a l'enchaînement logique suivant :
Organisation —————— Rationalisation ———— Normalisation.
Toute activité n'est concevable qu'à condition que soient établies et
respectées certaines règles, certains principes et certaines normes. Les avantages de
la normalisation sont nombreux, on peut citer :
Elle permet de simplifier les études préalables à la mise en fabrication ;
Elle permet la production en série et des rendements plus élevés ;
Elle facilite la gestion des stocks et les réapprovisionnements ;
Elle garantit à l'usager une qualité satisfaisante, etc. Exemple : Le Plan
comptable OHADA.
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On objecte généralement que la normalisation risque de « cristalliser » le progrès. Cette
objection ne résiste guère à une analyse sérieuse car :
Le désordre n'est pas l'élément naturel dans lequel se développe le progrès ;
L'existence de normes ne saurait influer sur le génie des chercheurs ou des
techniciens bien au contraire.
4) L’organisation fonctionnelle de l’entreprise
1. L’analyse des fonctions de l’entreprise
L'organisation d'une entreprise correspond à la mise en œuvre d'un certain nombre de
fonctions.
Les auteurs ont souvent énuméré une série de fonctions types, que l'on retrouverait
normalement dans toute entreprise. Ces listes diffèrent entre elles et ont en outre
l'inconvénient d'être limitatives et entachées d'un certain dogmatisme. Ainsi pour Henri
FAYOL, l'entreprise serait constituée des fonctions suivantes :
1) Fonction administrative, ou fonction de direction et de coordination des efforts de
tous ceux qui y travaillent.
2) Fonction technique, qui vise au meilleur emploi des moyens de production.
3) Fonction commerciale : qui vise à la recherche de nouveaux marchés en
tenant compte de la concurrence et des besoins du marché.
4) Fonction financière, qui porte sur l'utilisation, l'amortissement et la
rémunération des capitaux engagés.
5) Fonction de sécurité.
6) Fonction comptable, qui est l'expression chiffrée de la vie de l'entreprise.
Ce classement de Fayol a été critiqué par plusieurs auteurs ; ainsi pour
[Link]:
Des fonctions actuellement classiques telles que : relations sociales, relations
extérieures, contentieux n'y figurent pas clairement. Certaines fonctions sont
complexes, voir hétérogènes ; ainsi les fonctions d'acheter et de vendre sont
regroupées artificiellement (cas des entreprises industrielles), la fonction technique
recouvre un ensemble très complexe (étudier, fabriquer, contrôler), la fonction Sécurité
est disparate.
Un autre auteur contemporain (N. POUDEROUX, Techniques et hommes de Direction)
propose en particulier de distinguer la fonction de Direction de la fonction
administrative proprement dite.
Des auteurs Américains, comme Ernest DALE (Planning and Développent the
company organisation structure) ont une conception plus nettement différente ; ainsi
pour cet auteur, les fonctions à retenir dans une entreprise sont les suivantes :
L'administration générale ;
Production ;
Recherche et développement ;
Achats ;
Personnel ;
Marchés ou fonction commerciale au sens étroit ;
Comptabilité qui regroupe la comptabilité générale, comptabilité analytique,
budget et statistiques.
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On peut donc dire qu'il existe nombre de fonctions essentielles qui doivent de toute
façon être assurées pour que l'entreprise puisse fonctionner ; d'autres fonctions
sont au contraire simplement utiles au bon fonctionnement de l'entreprise.
Fonctions essentielles : Vente, production, achat, financement, direction
générale ;
Fonctions complémentaires : fonctions sociales, secrétariat, comptabilité,
gestion du personnel, fonction d'études, etc.
Il est faux de confondre une fonction avec le ou les services qui l'accomplissent. Ainsi on
a reproché à FAYOL de regrouper artificiellement les fonctions d'acheter et de vendre, si
dans une entreprise commerciale, on peut regrouper dans une seule fonction les
activités d'acheter et de vendre, dans une entreprise industrielle, l'achat est souvent
rattaché au service technique ; la fonction commerciale se résumant en une activité de
ventes.
De même, la fonction administrative de FAYOL ne peut pas se confondre avec un
service puisqu'il n'est pas localisable et qu'elle existe à tous les échelons de la
hiérarchie. Par contre, certains services tels que services d'études du marché, service
de contrôle de qualité, service de secrétariat n'impliquent pas l'existence de fonctions
du même nom.
2. Les principaux types d'organisation fonctionnelle
a) L’organisation hiérarchique directe : Ce type d'organisation a été qualifié par
TAYLOR de type militaire, car du sommet à la base chaque chef délègue la totalité de
ses pouvoirs à un chef subordonné sur une fraction de son domaine d'attribution. Cette
structure repose sur :
- Unité de commandement : règle fondamentale qui édicte que, pour une action
quelconque, un agent ne doit recevoir des ordres que d’un seul chef ;
- Hiérarchie : la voie hiérarchique est le chemin que suivent, en passant par tous les
degrés de la hiérarchie, les communications qui partent de l’autorité supérieure ou
qui lui sont adressées.
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b) L’organisation fonctionnelle : elle met chaque subordonné sous l'autorité de
plusieurs chefs, l'autorité de chacun d'eux s'exerçant dans les limites de sa propre
fonction. Pour être efficace, il convient d’être spécialisé. Ce type d’organisation répond à
l’obligation de diviser les tâches en raison de la croissance et de la complexité des
entreprises.
Atelier A
Maintenance Production Réglage Manutention Contrôle Qualité
c) L’organisation hiérarchique-fonctionnelle : c'est un système qui s'efforce de
réunir les avantages des deux types précédents. Dans ce cas, l'entreprise cherche à
conserver l'unité de commandement mais la structure prend appui sur un organe
spécialisé qui aide la prise de décisions, ce qui se traduit par une dissociation entre les
fonctions opérationnelles (au niveau des divisions) et les fonctions des décisions
stratégiques.
Les principes d'organisation sont les suivants :
• Dissociation dans la structure des tâches de commandement et des tâches de
conseil ;
• Unité de commandement assurée par la structure hiérarchique ;
• Création d'un pôle identifié de spécialistes chargés d'une mission de conseil en
direction de l'ensemble de la structure.
Le principe de la hiérarchie fonctionnelle intéresse essentiellement les services
comptables.
En effet, partout on fait de la comptabilité, dans ce sens que tous les services de
l'entreprise prennent connaissance des faits et des documents comptables qui intéressent
les services comptables. Il est donc indispensable que des règles uniformes soient
fixées et appliquées, en tenant compte du résultat final.
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d) La structure divisionnelle (ou décentralisée)
Ici l'entreprise est organisée autour du bien ou service final qu'elle
produit. Chacune des divisions de la structure organisationnelle de l'entreprise peut à
son tour être structurée selon le modèle de la structure fonctionnelle. Ce type de
structure est de plus en plus utilisé pour les grandes entreprises qui, dans le même
ordre d'idées adopte une structure organisationnelle, géographique que l'on peut
assimiler à une structure divisionnelle puisque les grandes fonctions sont dupliquées
dans les différentes divisions géographiques. Ce type de structure repose sur quatre
principes essentiels à savoir :
• Focalisation de la structure sur le produit final : on regroupe sous une autorité
unique l'ensemble des activités relatives à une gamme de produits homogènes ;
• Dissocier la gestion de diverses lignes de produits entre différents responsables ;
• Déléguer le pouvoir de décision aux responsables des produits ;
• Faire de ces lignes de produits des centres de profits autonomes.
Ce type de structure peut se matérialiser aussi sous forme de structure
géographique.
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e) La structure matricielle ou multi divisionnelle :
Dans certains cas, l’entreprise peut adopter une structure organisationnelle qui combine à
la fois une approche fonctionnelle et une approche divisionnelle. Cette approche repose
sur deux principes essentiels :
- Dissocier le côté opérationnel (l’activité proprement dite) des fonctions de gestion
courante ; ce qui permet de lancer de nouvelles activités sans bouleverser la structure
initiale.
- Dualité de commandement : un membre de l’entreprise se trouve confronté à un double
commandement exercé par un responsable fonctionnel et par un responsable de
produit.
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5. Organisation comptable
La production des états financiers nécessite la mise en place d’une organisation
cohérente et rigoureuse du point de vue tant fonctionnel que matériel appelé
organisation comptable.
Nous entendons par organisation comptable ou d'un service de la comptabilité, c'est la
manière dont les hommes, les moyens et les tâches sont répartis en vue d'exécuter les
travaux comptables de façon harmonieuse.
L'organisation comptable se définit aussi comme étant l'ensemble des méthodes, des
principes, des règles, des techniques et systèmes mis en œuvre à la saisie des faits
comptables résultant des opérations économiques pour le contrôle et l'exploitation
rationnelle de l'entreprise en vue de permettre une bonne prise de décision sur l'activité
de l'entreprise.
L'organisation comptable peut être définie également comme un ensemble des méthodes
et des systèmes destinés à la saisie des informations issues des opérations
économiques dans le but de faciliter la meilleure compréhension du déroulement des
activités de l'entreprise et cela à travers les données comptables en interaction avec les
autres opérations économiques.
L'organisation comptable provient de l'organisation scientifique du travail, qui est une
notion globale. Cette dernière comprend le choix du matériel, de l'emplacement du local,
du personnel et le problème de la hiérarchie.
Cette organisation comptable a pour objectif de faciliter la collecte des données, la
saisie d’opérations comptables dans un dispositif matériel légal efficace en vue de
produire des informations financières fiables, homogènes et facilement contrôlables.
Pour y arriver, l’organisation comptable doit remplir un certain nombre d’obligations
légales parmi lesquelles :
- L’enregistrement chronologique, au jour le jour, de toutes les opérations
devant aboutir à la production de documents tels que le grand livre, la balance
etc. en vue d’assurer la transparence et la fiabilité des états financiers ;
- La description du système comptable et des procédures qui sous-tendent
l’établissement des documents de synthèse.
Sur le plan matériel, l’organisation comptable repose sur un certain nombre de
supports parmi lesquels :
- Un manuel d’organisation comptable : un document qui reprend toutes les
règles et procédures à respecter en vue de la compréhension comptable ;
- Un plan de comptes adapté à la spécificité de l’entreprise ;
- Le livre-journal, le grand livre, la balance des comptes, les livres d’inventaires,
etc. qui constituent des documents comptables utiles pour la traçabilité, la
fiabilité et le contrôle des informations comptables saisies, enregistrées et
synthétisées.
L’enregistrement en comptabilité des opérations affectant l’entreprise se fait sur un
document appelé journal. On dira que l’on passe les écritures au journal. Une
écriture ne pourra être passée en comptabilité que s’il existe un document
appelé pièce comptable (une facture, un relevé de banque, une fiche de paie, etc.).
Les écritures sont enregistrées chronologiquement, ce qui permet de suivre
facilement les mouvements qui ont affecté l’entreprise.
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5.1. Rôle de l’organisation comptable
Une comptabilité régulière ne peut être construite que dans le bon ordre
organisationnel.
Le rôle de l’organisation comptable consiste à :
- Observer le mouvement des opérations comptables de l’entreprise ;
- Analyser et enregistrer les opérations effectuées par l’entreprise ;
- Classer les documents comptables ;
- Synthétiser l’information financière et comptable et la mettre à la
disposition des dirigeants de l’entreprise ainsi qu’à tous les différents
utilisateurs.
5.2. Objectif de l’organisation comptable
L’objectif de l’organisation comptable est d’avoir un vrai concepteur et praticien qui
doit avoir comme rôle de vulgariser les techniques de mise en place d’un service
comptable pour la meilleure réalisation des objectifs de l’entreprise, tout en
déterminant le résultat. Elle permet d’offrir un ensemble d’informations à ses
partenaires à travers ses techniques et méthodes.
5.3. Le plan comptable
Le plan comptable est un document sur lequel figure tous les numéros de comptes
de l’entreprise ; définit leur contenu et précise les règles particulières de leur
fonctionnement.
Aussi, le plan des comptes de chaque entreprise doit-il être suffisamment détaillé afin
de faciliter l’enregistrement, procède à la subdivision des comptes nécessaires pour
ses activités et qui puissent permettre l’établissement normal des états financiers et
leur contrôle.
5. 4. Types d’organisations comptables
5.4.1. L’organisation matérielle
Pour l’entreprise, l’organisation matérielle se concrétise par :
- L’adoption d’un plan comptable de l’entreprise établi par référence à celui
du plan comptable général ;
- Le choix du support de la comptabilité, c’est-à-dire les documents, les
livres et d’une manière générale tout ce qui permet, dans les conditions
des conservations prescrites, d’enregistrer des données de base et de
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prendre connaissance des informations ;
C’est le cas des ordinateurs, imprimantes, machines à calculer, machines à compter,
fournitures de bureau.
- Le choix des procédures et traitement, c’est-à-dire le choix des méthodes
et des moyens qui seront utilisés par l’entreprise pour les opérations nécessaires à la
tenue de la comptabilité et à l’obtention des états financiers prévus ou requis soient
effectués dans les meilleures conditions d’efficacité et au moindre coût sans pour
autant faire obstacle au respect par l’entreprise de ses obligations légales et
réglementaires.
[Link]. Le manuel d’organisation comptable
Le manuel de procédures est un document qui, sous la forme d’instructions claires et
précises contient l’ensemble des opérations courantes de l’organisation. Il constitue
pour elle, le concentré de son organisation, sa mémoire capitalisant les savoir-faire
individuels et collectifs. C’est un référentiel à usage commun pour tous les acteurs au
sein de l’organisation. Le manuel de procédures indique le circuit de traitement des
opérations tout en spécifiant :
La tâche à faire (quoi ?) ;
Le niveau de responsabilité (qui ?) ;
Les différentes étapes de traitement (quand ?) ;
Les lieux de réalisation (où ?) ;
Le mode d’exécution (comment ?).
L’objet principal du manuel consiste à expliciter dans un langage directement
accessible qui fait quoi, où, comment, quand et à quelle finalité?
Les objectifs généraux du manuel de procédures restent dans le cadre de ceux du
contrôle interne, entre autres assurer la pérennité de l’organisation.
Il permet :
. Expliquer les modalités d’application des différentes procédures suivant les
activités de l’organisation ;
. Sauvegarder les actifs de l’entreprise par des procédures de contrôle interne
permanent ;
. Favoriser l’harmonisation des modes d’exécution des tâches en les formalisant.
Ce qui exclut les disparités dans la manière de traiter les opérations qui en l’absence
de manuel dépendant le plus souvent du style, de l’expression personnelle déjà
acquise mais aussi de la nature des opérations ;
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. Former le personnel ;
. Favoriser l’assimilation rapide des opérations spécifiques de l’organisation pour le
personnel nouvellement affecté à un poste de travail.
[Link]. Objectifs du manuel de procédures
Fournir un cadre formel d’exécution des activités à caractère administratif,
comptable ;
Garantir la continuité des méthodes de travail, malgré les mutations et
réorganisations du personnel ;
Garantir un contrôle interne fiable ;
Accroître la productivité du personnel (par l’optimisation des volumes
d’informations à traiter, l’optimisation des circuits de traitement des
informations et une automatisation des circuits de traitements manuels) ;
Rendre l’entreprise plus compétitive et pérenne.
[Link]. Les fonctions du manuel de procédures
Les fonctions assignées au manuel de procédures sont énumérées comme suit :
- Outil de gestion
Ce manuel des procédures définit les modalités d’exécution des activités en codifiant
les actes et les tâches de chaque intervenant aux procédures. Il aide à la
compréhension et l’interprétation des procédures de contrôle concernées dans
l’élaboration du budget et l’utilisation des fonds et des biens inscrits au patrimoine de
l’entreprise.
- Outil de planification
Ce manuel des procédures donne les normes de planification de l’utilisation et de
l’affectation des biens mis à la disposition des services. Ces normes de planification
sont exploitées dans l’élaboration du budget et sa répartition en programme
d’activités annuelles.
- Outil de formation
Ce manuel est un outil de formation, notamment pour les personnes nouvellement
recrutées ou promues tout comme les intérimaires ; qui y trouvent les réponses aux
questions qu’ils se posent et peuvent facilement s’imprégner de leurs nouvelles
responsabilités. Ce qui constitue un gain de temps énorme dans la réalisation
efficace des objectifs de l’entreprise et la continuité dans l’application des
procédures.
- Outil d’information de gestion
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Ce manuel est un outil d’information de gestion car il permet aux directeurs et
responsables de services de mieux analyser les informations et les résultats qui leur
sont soumis sous des formats standardisés.
[Link]. Description du contenu du manuel
Dans ce manuel, l’ensemble des opérations traitées dans l’entreprise est découpé de
la façon suivante :
- Cycle : qui correspond aux activités. Chaque cycle comprend les objectifs
du cycle, les objectifs du contrôle interne et le sommaire du cycle ;
- Sous-cycle : qui correspond aux sous activités. Chaque sous cycle peut
comprendre les objectifs du sous cycle, les objectifs du contrôle interne et
le sommaire du sous cycle ;
- Procédures : décrivent l’ensemble des opérations qui sont traitées dans un
cycle et sous cycle ;
- Opérations : elles sont numérotées de 1 à N selon leur nature pour chaque
procédure ;
- Cartouche : reprend les informations de base caractéristique de la
procédure.
Le cartouche présente les informations suivantes :
Le nom de l’entité, le nom du cycle, le code du cycle, la date de mise à jour, le
numéro de la page de la procédure étudiée et le nombre total de pages de
cette procédure ;
La désignation de la procédure, tâche à exécuter et contrôle à effectuer, le
numéro de classement de la procédure, la version ;
Les procédures sont codifiées en fonction : de leur nature, de leur cycle de
rattachement, de leur ordre de traitement défini dans le sommaire des
procédures ;
Les intervenants ou acteurs de la procédure ;
La liste des documents utilisés comme support.
Le système de codification se présente comme suit :
1er terme, donne l’aspect de la nature de la procédure, on utilisera :
- « PRCA » pour procédure administrative
- « PRCO » pour procédure opérationnelle
- « PRCC » pour procédure comptable.
2ème terme, le cycle de rattachement : x
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3ème terme, l’ordre de classement des sous cycles : xx
4ème terme, l’ordre de classement des sous sous cycles : xxx.
La description détaillée de la procédure apporte les précisions suivantes pour
chaque étape de la procédure :
- le poste qui traite l’étape ;
- la nature des travaux et des contrôles réalisés par chaque intervenant, la
description détaillée des procédures effectuées, la composition précise des dossiers
envoyés à l’intervenant suivant la procédure, le classement et la ventilation des
documents supports.
Le diagramme de flux reprend schématiquement les étapes de la procédure. Il donne
une vue d’ensemble de la circulation de l’information et des documents entre les
acteurs qui participent à la réalisation des procédures.
Le manuel de procédures est un document susceptible d’être modifié et mis à jour
au fur et à mesure de l’évolution constatée dans l’entité, de ses activités et des
meilleures pratiques tant nationales qu’internationales.
5.4.2. L’organisation humaine de la structure de la comptabilité
Nous y trouvons les personnes qui ne peuvent pas échapper à une bonne
organisation comptable humaine (selon la nature et la taille ainsi que les besoins de
l’entité):
- Le chef comptable : il conçoit le système et assure la répartition et la
coordination des tâches à exécuter ;
- Le comptable : il analyse les pièces d’origine, prépare les documents
d’imputation et traduit en écriture toutes les opérations et pièces comptables ;
- L’aide comptable : il enregistre les pièces comptables sur le livre comptable, il
collecte et classe les documents comptables. Il établit les balances et contrôle la
concordance des journaux et des comptes aux documents d’origine externe ;
- L’expert-comptable : il s’occupe de feed back, contrôle l’exactitude des
écritures et la conformité des procédures ;
- L’analyste financier : son rôle est de faire, sur base des états financiers, le
diagnostic de la santé financière de l’entreprise ;
- Le caissier : il procède au payement et aux encaissements sur présentation
des pièces justificatives ;
- Le secrétaire : il est chargé de l’organisation administrative de la fonction
comptable ;
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- L’huissier : chargé de petits travaux et course.
5.4.3. L’organisation temporelle
L’organisation temporelle de la comptabilité se distingue en différentes étapes
successives :
[Link]. Les travaux quotidiens :
Les travaux quotidiens sont relatifs aux opérations réalisées avec les clients et les
fournisseurs. Ils concernent en premier lieu les factures et les règlements reçus, et
en second lieu les factures et les règlements émis. Ces quatre opérations constituent
l’essentiel du travail comptable journalier et sont enregistrées (manuellement ou
informatiquement) dans le journal puis dans le grand livre à partir des pièces
justificatives datées fiables (Factures, bon de commande, chèques, bulletins de
paie…).
[Link]. Les travaux mensuels
Ces travaux sont relatifs à la comptabilisation et au règlement des salaires et de la
T.V.A, ainsi qu’à l’établissement de la balance de vérification.
[Link]. Les travaux annuels
Ces travaux visent à clôturer et à certifier toutes les opérations survenues durant
l’exercice comptable. Ils sont généralement organisés suivant le contrôle des
comptes, les écritures d’inventaire et l’élaboration des états financiers.
5.4.4. L’organisation fonctionnelle
Cette organisation comprend deux parties :
- Organisation externe : elle s’intéresse à la structure organique de
l’entreprise ;
- Organisation interne : elle s’intéresse à la structure interne du service
comptable.
[Link]. L’organisation externe
Le rôle du service comptable, d’après Pierre GARNIER (comptabilité commerciale,
p.38), est d’être un témoin chiffré de la vie de l’entreprise : il observe l’action des
autres, analyse et enregistre les faits qu’il constate, les classes et périodiquement en
fait la synthèse sous forme des tableaux qu’il présente au chef d’entreprise pour le
renseigner.
Pour remplir tous ces objectifs, le service comptable est appelé à entrer plus ou
moins en relation avec tous les services de l’entreprise.
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L’organisation externe permet d’assurer la coordination entre, d’une part, le service
comptable et d’autre part, les trois principaux services de l’entreprise (le service
commercial, le service administratif et le service technique).
[Link]. L’organisation interne
Cette organisation s’attache à la structure interne du service comptable qui peut
comprendre en son sein :
- La comptabilité générale centrale ; - La comptabilité fournisseurs ;
- La comptabilité clients ; - La comptabilité magasin ;
- La comptabilité analytique ; - La caisse ; - La trésorerie ;…
CHAPITRE II. LA GESTION COMPTABLE
I. Relations des services comptables avec les autres services
Le rôle du service comptable, d'après Pierre GARNIER (comptabilité commerciale,
p.38), est d'être un témoin de la vie de l'entreprise : II observe l'action des autres,
analyse et enregistre les faits qu'il constate, classe ces faits, et périodiquement en
fait la synthèse sous forme des tableaux qu'il présente au chef d'entreprise pour le
renseigner.
Pour remplir tous ces objectifs, le service comptable est appelé à entrer plus ou
moins en relations avec tous les services de l'entreprise.
L'organisation de l'entreprise implique obligatoirement la suppression des cloisons
étanches qui ont toujours tendance à s'élever entre services. Ces cloisonnements
ne tiennent pas essentiellement aux difficultés pratiques qu'implique la liaison
entre les divers services, mais plutôt souvent suite aux différences de vue
existant entre les chefs de service intéressés. La liaison entre les services
dépend en premier lieu de l'état d'esprit des chefs de service. La méthode la plus
efficace pour améliorer les relations entre les divers chefs de service consiste à les
réunir périodiquement en présence du directeur.
La fonction comptable est ainsi le système nerveux de l'entreprise ; il renseigne le
cerveau (fonction administrative) sur le fonctionnement des organes et l'action des
membres (fonctions restantes).
Le service de comptabilité est donc un service névralgique de l'entreprise.
A DETOEUF cité par CHARDONNET estime « qu'on travaille mal dans une usine où
l'on ne voit pas clair et pour qu'on y voie clair, il faut un bon éclairage et une bonne
comptabilité. La paralysie du service de comptabilité coupe le bon contact financier
rationnel entre la direction générale de l'entreprise et ses services techniques et
spécialisés.
Le service de comptabilité doit à tout moment garder des relations très suivies avec
tous les services organisés dans l'entreprise.
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CHARDONNET L. et les autres disent à ce propos que : pour réunir les éléments
d'information qui lui sont nécessaires pour remplir ces deux objectifs (ceux d'enregistrer
et de tirer des renseignements sur tous les éléments susceptibles de permettre le
contrôle du fonctionnement de l'entreprise et d'orienter son activité future).
Le service de comptabilité est appelé à entrer plus ou moins en relation avec tous les
services de l'entreprise à un double titre :
- comme demandeur de données ;
- comme fournisseur d'informations à l'issue de ses travaux.
C'est dire que son organisation propre implique, à travers l'analyse de ces relations de
fréquentes incursions dans les autres services.
Ces auteurs donnent le diagramme suivant pour visualiser les relations du service
comptable avec les autres services commerciaux et administratifs en ce qui concerne la
circulation des documents.
Liaison des services comptables avec les services commerciaux et administratifs
(circulaires des documents) :
Source : Léo CHARDONNET et Raymond GANDRIAULT, organisation, gestion,
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Service des
Service des
SERVICES
Service des COMPTABLES
expéditions
Service de
Marketing et
[Link]é
Service Social
II. Organisation des services comptables
1. Choix et éducation du personnel
L'application des méthodes modernes de travail, la complexité des problèmes
d'organisation et de comptabilité qui se posent au personnel exigent de plus en plus
une sélection soignée des employés et des cadres qui constituent les différents services
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commerciaux, administratifs ou comptables d'une entreprise. La sélection
professionnelle peut s'effectuer :
par les examens professionnels, sanctionnés par des diplômes attestant
l'étendue des connaissances théoriques possédées par les postulats
(certificats, brevets d'aptitudes professionnelles) ;
Par des méthodes dites « psycho - techniques » (les tests), qui ont pour objet
d'apprendre à connaître les qualités physiques ou psychiques, acquises ou
perceptibles, des travailleurs, et qui recherchent leurs meilleures conditions de
travail ;
En raison de l'expérience pratique des travailleurs et de la connaissance
personnelle réciproque des chefs et des employés.
La formation initiale du personnel nouveau incombe soit à l'organisateur, soit au chef
direct de l'employé. En général, l'employé nouveau commence par un stage rémunéré
de quelques semaines ou de quelques mois, sous la Direction d'un parrain ; la mission
de ce parrain devrait consister à familiariser l'arrivant avec l'esprit de l'entreprise, les
méthodes de travail et le personnel au contact duquel, il se trouvera.
2. La structure des services comptables
L’exécution de différents travaux comptables est, dans les grandes entreprises, confiée
à des bureaux distincts, possédant des comptables et aides-comptables spécialisés, et
dont l'ensemble constitue les services comptables. L'activité de ces bureaux est dirigée,
coordonnée et contrôlée par un chef de service, qui porte, suivant les cas et
l'importance de l'entreprise, le titre de chef comptable, de Directeur de division ou de
Directeur de comptabilité.
En général, la répartition des tâches entre les bureaux s'effectue de la manière
suivante :
1. Un service de la comptabilité auxiliaire : qui porte les opérations purement
auxiliaires et plus spécialement de la comptabilité « clients » et de la comptabilité
« fournisseurs ».
2. Un bureau des salaires : II est chargé de l'établissement des documents relatifs à
la paie des employés et de la main - d'œuvre (livre de paie, bulletin de paie, etc.)
et du calcul des salaires et des charges sociales.
3. Un service de caisse et banque : II est responsable des mouvements sur des
valeurs monétaires et enregistre ces mouvements sur des livres spéciaux (livres
de caisse, de banque...). Ce service peut également tenir la comptabilité des
titres et effets de commerce en portefeuille (échéancier notamment).
4. Un bureau de comptabilité analytique : II est chargé de la comptabilité
analytique, son activité porte sur la détermination des coûts et coût de revient
ainsi que des résultats analytiques d'exploitation.
5. Un bureau des services sociaux : II est fréquemment rattaché aux services
comptables en vue de suivre avec le maximum de renseignement la marche de
certaines institutions destinées à améliorer la condition sociale des employés
(cantines, associations sportives, etc.).
6. Un service des immobilisations
Pour les entreprises ayant des immobilisations assez importantes, ce service est chargé
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de suivre tous les mouvements des immobilisations : en cours, en service, en
commande, en désaffectation...
7. Un bureau de la comptabilité générale ou centralisation
Elle coordonne et centralise les travaux et les services précédents. Il tient notamment le
journal centralisateur, le grand livre général, effectue l'inventaire comptable et établit les
états financiers (ou états de synthèse) : bilan, compte de résultat, tableau de
financement, etc. et s'il n’y a pas dans l'entreprise un bureau des questions fiscales,
établit les différentes déclarations.
8. Un bureau de statistiques : II reprend les données fournies par les différents
services ci-dessus, en vue de les présenter sous forme de tableaux statistiques à
l'usage des chefs de service et de la Direction.
Il faut noter que cette subdivision des services comptables est purement indicative ; en
effet, d'une part, certains services cités plus haut peuvent posséder, par rapport à la
comptabilité proprement dite une autonomie plus ou moins grande et même être dirigé
par des chefs de service ayant le même rang hiérarchique que le chef comptable ; c'est
notamment le cas des services sociaux et du bureau de statistiques. D'autre part,
certains services normalement autonomes peuvent être rattachés aux services
comptables et soumis hiérarchiquement aux services à l'autorité du Directeur de la
comptabilité ; c'est le cas en particulier du service financier, trésorerie, budget.... Il est,
par conséquent, difficile de dresser un tableau type de la structure des services
comptables et des fonctions qu'ils assument.
3. Analyse des circuits des documents
L'organisateur n'a pas seulement la tâche d'analyser les différentes phases du travail
comptable, pour éventuellement déceler des changements qui pourraient être
profitables, il doit également étudier soigneusement le circuit des documents. En effet,
dans les services comptables en particulier, un grand nombre des opérations à
effectuer dépend de l'arrivée de divers documents. Le premier réflexe d'un employé
dont le travail est en retard est d'accuser tel ou tel service de ne pas lui avoir transmis
à temps les pièces justificatives sans lesquelles il ne peut pas effectuer son travail.
Pour contrôler le circuit des documents, le procédé le plus utilisé est celui qui consiste à
apposer sur le document dont on veut contrôler l'acheminement un sceau comportant un
certain nombre de cases dont chacune sert à enregistrer la date et l'heure d'arrivée et
de départ du document.
4. L’établissement d’un plan comptable
En attendant la mise sur pied des plans comptables professionnels ou sectoriels, le plan
comptable OHADA ne constitue qu'un cadre général ; ainsi seule le cadre des comptes
principaux (à 2 chiffres) est obligatoire, tandis que les comptes divisionnaires sont
donnés à titre purement indicatif. Il serait par conséquent souhaitable que le
responsable de l'organisation, lorsqu'il y en a, et le chef comptable essaient d'adapter
le plan comptable à l'entreprise et à ses besoins propres.
Exercice : Dresser la liste des comptes pour une entité (de choix avec la promotion).
III. Fonctionnement des services comptables
1. Enregistrement des opérations dans les journaux et report dans les comptes
individuels
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1.1. Contrôle, enregistrement et vérification
Quelle que soit l'opération à enregistrer, on distingue généralement trois phases :
a) Contrôle des pièces : Si l'on respecte la division du travail, il n'incombe pas au
comptable chargé de l'enregistrement des opérations d'effectuer la préparation de la
pièce comptable. Cette pièce lui est transmise généralement déjà vérifiée. Avant de
passer l'écriture, il doit cependant s'assurer du sens à lui donner, grâce notamment au
libellé qui devrait être clair et précis.
Lorsque le libellé n'est pas clair, la comptabilité autorise l'utilisation des comptes
d'attente qui devront être très rapidement extournés pour une imputation définitive.
b) Enregistrement : Une fois le contrôle de la pièce comptable terminée,
l'enregistrement de ses éléments ne pose pas en principe de difficultés, même s'il
doit être fait avec ordre et méthode.
Notamment, il faut éviter toute rature et grattage, les chiffres doivent être bien formés
et parfaitement alignés, (des chiffres mal faits, des points ou virgules mal placés sont
souvent à l'origine d'erreurs désastreuses, surtout si les chiffres sont repris à
l'occasion d'un autre travail par une personne différente de celle qui a passé
l'écriture).
Dans la comptabilité manuelle, il faut effectuer avec soin les additions aux bas de pages,
les reports ainsi que les reprises d'anciens soldes.
c) Vérification du compte : L'écriture étant passée, il est bon de s'assurer qu'elle l'a été
d'une façon correcte dans son interprétation, que la colonne utilisée est celle qui
convenait, que le solde apparaissant en fin d'opération ne présente rien d'anormal.
EX : un compte de caisse présentant un solde créditeur devrait inciter le comptable à
rechercher une erreur ou une omission.
1.2. Les livres comptables:
L’article 19 de l’Acte Uniforme OHADA rend obligatoire la tenue de certains livres et
supports comptables. Il s’agit du livre journal, du grand livre, de la balance générale
et du livre d’inventaire. L’article 24 précise que les livres comptables ou les
documents qui en tiennent lieu que les pièces justificatives doivent être conservées
pendant dix ans.
a)Le livre journal : est un document (registre) dans lequel sont enregistrées
quotidiennement et chronologiquement les opérations sans blanc, sans surcharge,
sans altération d’aucune sorte. C’est l’enregistrement quotidien des opérations. La
tenue du journal permet de :
Répondre à une exigence légale ;
Faire l’analyse comptable de l’opération en indiquant le ou les comptes
débités, le ou les comptes crédités ;
Eviter les erreurs et les fraudes ;
Vérifier le respect du principe de la partie double.
b) Le grand livre : est l’ensemble de tous les comptes ouverts dans l’entreprise. On
n’y reporte les différents mouvements de l’exercice à partir des enregistrements faits
au journal. C’est le solde des comptes. Il est présenté dans l’ordre croissant des
numéros de comptes. Les écritures du livre-journal sont portées sur le grand livre,
ventilées selon le plan de comptes de l’entité.
c) La balance : c’est un tableau récapitulatif, à un moment donné, de tous les
comptes de l’entreprise, de leurs mouvements débit et crédit depuis le début de la
période, de leur solde au moment de l’établissement de cette balance.
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La balance a pour but de :
Vérifier que toutes les sommes figurant au journal ont été reportées sans
erreur dans les comptes du grand livre ;
Donner, à intervalles réguliers, la situation générale de l’entreprise.
d) Le livre d’inventaire : c’est un document sur lequel sont transcrits le bilan et le
compte de résultat de chaque exercice ainsi que le résumé de l’opération
d’inventaire. C’est le relevé de tous les éléments d’actif et de passif.
1.3. Les pièces comptables :
C’est un moyen de preuve, d’existence d’un fait comptable. Tout enregistrement
comptable précise l’origine, le contenu et l’imputation de chaque donnée ainsi que
les références de la pièce justificative qui l’appuient.
a. Nature des pièces justificatives : Elles peuvent être de nature :
- Externe : les factures reçues des fournisseurs, relevés des comptes bancaires ;
- Interne à usage interne : tableaux d’amortissement des immobilisations, livre de
caisse, fiche d’inventaire des stocks ;
- Interne à usage externe : factures envoyées aux clients, bulletins de paie, etc.
b. Délai de conservation des pièces justificatives : Les pièces justificatives doivent
être conservées pendant 10 ans.
c. Forme de conservation des pièces justificatives : Les pièces justificatives sont
établies sur papier ou sur un support assurant la fiabilité, la conservation et la
restitution en clair de son contenu pendant le délai requis.
d. Cas d’insuffisance des pièces justificatives : L’absence ou l’insuffisance des pièces
justificatives peut mettre en doute la valeur probante de la comptabilité et entraîner le
rejet de celle-ci.
Il faut noter qu’en dépit de l’exactitude de la balance de vérification aucune certitude
ne peut être maintenue au sujet de l’exactitude de la comptabilité car la balance de
vérification ne peut contrôler que les erreurs arithmétiques. Ainsi les erreurs des
natures suivantes peuvent persister :
- Omissions d’écriture d’une ou plusieurs opérations ;
- Erreurs dans les pièces justificatives : factures et reçus par exemple ;
- Erreurs d’imputation : débiter un compte X au lieu de débiter un compte Y ;
- Erreurs de compensation : addition ou report ;
- Erreurs d’inversion de chiffres : écrire 970 au lieu de 790,…
1.3.1. Correction d’erreurs :
La balance ne décèle pas toutes les erreurs. L’inventaire peut permettre de
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découvrir les erreurs ayant échappé à la comptabilité.
Pour les erreurs commises et découvertes sur l’exercice en cours, sont corrigées par
l’inscription en négatif des éléments erronés et l’enregistrement exact est ensuite
opéré.
Pour les erreurs commises au cours des exercices précédents :
- Pour les erreurs significatives : ajustement des capitaux propres d’ouverture (report
à nouveau) ;
- Pour les erreurs non significatives : on procède à l’imputation aux comptes de bilan
ou de gestion de l’exercice en cours.
Toutefois, les professionnels de la comptabilité utilisent en pratique, la contre
passation (extourne et correction).
1.3.2. Correction d’erreur au journal :
Toute correction d’erreur s’effectue exclusivement par inscription en négatif des
éléments erronés : l’enregistrement exact est ensuite opéré.
2. La centralisation, l’établissement des balances générales, du bilan et du
compte de résultat
D'après le système centralisateur, qui est le plus utilisé de nos jours, l'ensemble des
opérations de même nature d'une période (ventes, achats, dépenses de caisse, etc.)
se traduit par une seule inscription au journal. Le choix d'une période est fonction
essentiellement du nombre d'opérations et de la fréquence suivant laquelle la
comptabilité doit fournir si pas un bilan, tout au moins une situation provisoire.
La plupart des entreprises se contentent d'une situation mensuelle, complétée chaque
jour par un état faisant ressortir les chiffres des comptes plus particulièrement la
trésorière, les stocks, les créances et la dette commerciale etc. Un tel procédé
représente des avantages importants :
- Les chiffres du service comptable sont toujours d'actualité et directement
utilisables ;
- Il constitue une préparation systématique de la clôture mensuelle ;
- Il permet de signaler au jour le jour les faits anormaux : grossièrement des impayés,
augmentation de certains frais, difficultés de trésorerie, etc.
En dehors de cette balance quotidienne encore peu répandue, du moins pour les
entreprises ne disposant pas d'un ordinateur, les travaux essentiels que fournit la
comptabilité sont :
Une situation mensuelle, le bilan de fin d'exercice et les autres états de
synthèse.
3. Contrôle des inscriptions comptables
Le contrôle comptable proprement dit relève de l'Expertise comptable ;
on peut cependant distinguer :
a)Le contrôle interne : C'est un contrôle permanent, arithmétique et technique,
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effectué par les services comptables eux -mêmes. Son but est double : Déceler les
erreurs et éviter les fraudes. La répartition des travaux comptables entre les divers
exécutants doit être réalisée de telle sorte qu'une erreur ou une falsification d'un
employé soit automatiquement décelée par un ou plusieurs autres employés, ce qui
rend la fraude beaucoup plus difficile :
D'une part parce que l'employé mal honnête est obligé de s'assurer de la
comptabilité d'un de ses collègues,
D'autre part parce que la division même du travail ne lui permet pas toujours de
savoir quelles répercussions exactes auront ses malversations.
b) Le contrôle externe : C'est un contrôle périodique par un expert-
comptable indépendant de l'entreprise ou par un cabinet d'audit.
4. Choix de la (des) méthode(s) comptable (s), du (des) système (s)
comptable (s) et du (des) procédé (s) comptable (s)
L'organisation d'un service comptable à l'instar de tout autre service, doit
examiner toutes les questions rappelées plus haut, mais elles relèvent davantage des
principes d'organisation scientifique du travail ; c'est pourquoi dans le chapitre suivant
nous nous occuperons de l'organisation de la comptabilité elle -même, qui comporte
trois aspects :
1° Les méthodes comptables : II faut entendre par là toute combinaison d'écritures
permettant de représenter les faits comptables : méthodes de la permanence de
l'inventaire, méthode de l'intermittence de l'inventaire (ou méthode usuelle), méthode
de calcul d’amortissement, méthode de la comptabilité articulée des prix de revient,
méthodes des prix standards, méthodes du contrôle comptable de l'exécution du
budget, etc., ces méthodes sont caractérisées par les écritures.
2° Les systèmes comptables : de manière restrictive, le système comptable est un
ensemble organisé qui englobe tous les moyens et procédures de saisie, de recherche
et de traitement d’information permettant d’atteindre les objectifs fixés par la
comptabilité. Il revêt deux caractéristiques majeures qui le distinguent des autres
systèmes d’information :
Il ne peut rendre compte que des transactions de l’entité capable de se traduire et
de s’exprimer en unités monétaires ;
La comptabilité occupe une fonction de support et se situe en aval de toutes les
autres fonctions de l’entreprise.
3° Les procédés comptables : II faut entendre par là le ou les moyens matériels
d'exécution du travail comptable : procédé manuscrit, procédés mécanographiques,
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informatisé, etc. Ainsi, une fois la méthode choisie, il faut rechercher le système
comptable qui permet, d'après la nature et l'importance de l'entreprise, une bonne
organisation. La méthode et le système étant choisis, il faut trouver le procédé comptable
qui va s'y plier le mieux.
5. Les principes comptables
Le bilan et le compte de résultat constituent une modélisation de l’entreprise. Comme
tout modèle, ils reposent sur des hypothèses et des conventions
appelés « principes ». Ils sont définis dans le code de commerce et le Plan
Comptable Général. Pour enregistrer les écritures comptables, le comptable doit
suivre les principes.
1. Les principes relatifs à la délimitation du domaine observé :
a) Le principe de l’entité : il faut considérer l’entreprise comme une entité
autonome. Il n’y a pas de problème si l’entreprise est juridiquement indépendante.
Mais si l’entreprise est individuelle, il faut séparer le patrimoine de l’entreprise et
celui du propriétaire. Si c’est un groupe d’entreprises, il est nécessaire de définir le
périmètre du groupe.
b) Le principe de périodicité (12 mois) : on ne peut attendre la mort de l’entreprise
pour avoir des informations, il faut donc enregistrer les comptes régulièrement et
clôturer les exercices tous les 12 mois.
c) Le principe de séparation des exercices : il faut rattacher chaque opération à
l’exercice qui la concerne tout particulièrement les charges et les produits.
d) Le principe de continuité d’exploitation (Going concern) : on suppose que
l’entreprise continuera à exercer dans les prochaines années et on évalue les biens
en ayant l’assurance raisonnable que l’entreprise va survivre. Ceci peut avoir une
influence sur l’évaluation dans la mesure où la valeur des biens pour l’entreprise
peut être spécifique à celle-ci. Si ce principe ne peut plus s’appliquer, les règles
d’évaluation sont différentes.
2. Les principes relatifs à la valorisation des opérations observées :
Il s’agit des principes qui guident le choix des événements à représenter et les
modalités d’évaluation de différentes composantes du patrimoine de l’entité.
a) Le principe de l’unité de mesure monétaire (money measurement) : Selon ce
principe, la comptabilité doit être tenue en une unité monétaire de référence pour
permettre la quantification des éléments différents sur une base commune.
Généralement, on retient l’unité monétaire du pays où est établi le siège social de la
firme.
b) Le principe du coût historique : est de valoriser au coût d’achat ou de
production par l’entreprise. A leur date d’entrée dans le patrimoine de l’entreprise,
les biens acquis à titre onéreux sont enregistrés à leur coût d’acquisition, les biens
acquis à titre gratuit à leur valeur estimée et les biens produits à leur coût de
production.
c) Le principe de prudence : il complète le principe du coût historique. Selon ce
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principe, un produit n’est enregistré que lorsqu’il est certain, alors qu’une charge
même probable doit être comptabilisée. Ce principe implique donc que la situation
financière d’une entreprise ne peut pas être présentée de façon plus favorable
qu’elle ne l’est en réalité. Ainsi, selon ce principe, il est souhaitable de tenir compte
des charges probables ou latentes mais de ne pas en faire autant pour les produits
probables ou latents. Bref, il faut une comptabilité par pessimisme et non par
optimisme.
d) Le principe de la partie double : la technique d’enregistrement des opérations
dans le journal veut que lorsqu'un compte (ou plusieurs comptes) est (ou sont)
débité(s), un (ou plusieurs autres comptes) doit (vent) être crédité(s) pour le même
montant.
e) Le principe de non-compensation : les éléments d’actif et de passif doivent être
évalués séparément. Aucune compensation ne peut être opérée entre les postes
d’actif et de passif du bilan ou entre les postes de charges et de produits du compte
de résultat, sauf dans des cas exceptionnels prévus par un règlement de l’Autorité
des normes comptables
f) Le principe de permanence des méthodes : la cohérence des informations
comptables au cours des périodes successives implique la permanence dans
l’application des règles et procédures.
g) Le principe de l’importance relative : on peut d’ailleurs rapprocher le principe
d’importance relative avec la règle essentielle qui régit l’annexe et consiste à
indiquer »toutes les informations d’importance significative.
3. Les principes relatifs à la construction de la représentation :
Ils ont pour but d’assurer la cohérence et la comparabilité dans le temps des états
financiers afin d’en faciliter la compréhension.
a) Le principe de l’intangibilité des bilans ou la correspondance bilan de
clôture et bilan d’ouverture : le bilan d’ouverture de l’exercice n+1 doit
correspondre au bilan de clôture n. C’est une conséquence du principe de
permanence et du principe de spécialisation des exercices.
b) Le principe de fixité du capital :
Le capital d’une entreprise sera et restera fixe tant qu’aucun acte juridique nouveau
de l’entreprise ne viendra le modifier.
c) Le principe de prééminence de la réalité sur l’apparence : du fait de la
difficulté liée à la transaction juridique, difficulté de faire apparaître la réalité
financière, le principe veut que les transactions soient comptabilisées et présentées
conformément à leur nature et à la réalité financière et économique sans s’en tenir
forcément à leur apparence juridique. C’est le cas du personnel intérimaire et des
biens détenus en location-financement.
4. Les principes relatifs à la déontologie du comptable
a) Le principe de la sincérité, de régularité, exhaustivité et de fiabilité :
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Les états financiers doivent être sincères. Le principe de la sincérité réclame la
bonne foi dans l’application des règles et procédures. Ceci conduit à ce que la
comptabilité ne doit pas viser à induire les lecteurs en erreur.
La régularité est la conformité aux règles et procédures préconisées par l’Acte
Uniforme.
La fiabilité exige que la comptabilité ne soit pas entachée d’erreur ni de biais
importants et qu’elle représente l’image fidèle du patrimoine de l’entreprise dans une
parfaite neutralité.
L’exhaustivité exige par contre que l’information contenue dans les états soit la plus
complète possible.
b) Le principe de la vérification et obligation de contrôle :
Ce principe exige :
- Chaque écriture doit être appuyée d’une pièce justificative authentique faisant
foi ;
- La pièce justificative doit être écrite en clair et être parfaitement
compréhensible par toute personne normalement douée pour la lecture ;
- Les pièces justificatives sont classées dans l’ordre des écritures passées soit
à un journal auxiliaire, soit au journal spécifique à chacun des comptes ;
- Un système de contrôle interne à l’entreprise peut substituer à une liasse de
pièces justificatives intéressant un ensemble d’écritures analogues une seule
pièce récapitulative ;
- Un système de références permettra de passer sans ambiguïté de la pièce à
l’écriture et de l’écriture à la pièce.
c) Le principe de révélation des faits importants :
Afin d’aider les lecteurs à mieux comprendre les états financiers, la pratique
comptable a adopté le principe de la révélation des faits inhabituels. Les méthodes
de révélation les plus utilisées sont :
- La présentation de tous les comptes avec un solde ou annexe ;
- Les explications mises entre parenthèses ;
- Les apostilles ou explications en bas de page.
Note importante :
1) De façon générale, la comptabilité doit respecter l’objectif d’une image fidèle en
étant régulière (c’est-à-dire en respectant les règles) et sincère (c’est-à-dire en
fonction des éléments connus). On parle bien d’ « une image fidèle » et non de
« l’image fidèle ». Il n’y a pas une image fidèle unique, il y en a plusieurs, toutes
fidèles;
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2) La comptabilité est une comptabilité d’engagement. C’est-à-dire que la
comptabilité d’engagement suit la règle du droit réel : tous les éléments du
patrimoine (bilan) et de son évolution (résultat) sont enregistrés, y compris les
créances et les dettes qui n’ont pas encore été encaissées ou payées. Les
recettes et les dépenses sont comptabilisées dès qu’elles sont gagnées ou
engagées.
CHAPITRE III. LES METHODES COMPTABLES
Préambule
La comptabilité par Recettes et Dépenses ou comptabilité de caisse a été connue de
toute antiquité. Encore aujourd'hui, les particuliers en ont rarement une autre. La
comptabilité de caisse a pour objet l'enregistrement des seuls mouvements d'espèces,
la comptabilité de caisse se résume en fait à un seul compte, le compte de caisse.
Vers le 12ème siècle apparurent la comptabilité par « Débit » et celle par « Crédit »
qui ne comportaient que les comptes de créances et de dettes, c'est-à-dire les comptes
de clients, de fournisseurs et de banquiers.
De telles comptabilités ignoraient les comptes de valeurs réelles comme
marchandises, immobilisés, etc. qui n'apparurent que vers le début du 16 e siècle. Ces
comptes de tiers étaient tenus concomitamment à une comptabilité de caisse
indépendante. Avec l'introduction des comptes de valeurs réelles, les mots « débit » et «
crédit » perdirent leur signification ethnologique, pour être utilisé pour tous les comptes.
Ces comptabilités permettent déjà la détermination du résultat seulement par différence
entre actif et passif. Il s'agissait de comptabilité à partie simple.
Tenir une comptabilité en partie simple consiste à ouvrir des comptes uniquement aux
personnes vis-à-vis desquelles nous avons des dettes ou des créances.
Trois registres suffisent :
Le registre Caisse comptait l’argent présent ;
Le registre Clients comptait les créances ;
Le registre Fournisseurs les dettes.
Ces registres enregistraient les six opérations identifiées à l’époque :
1. Les recettes immédiates suite à une vente ;
2. Les dépenses immédiates suite à un achat ;
3. Les créances à recevoir, suite à une vente non encore réglée ;
4. Les paiements de ces créances ou recettes différées dans le temps ;
5. Les dettes à payer, suite à un achat non encore payé, ou à un emprunt ;
6. Les paiements de dettes ou dépenses différées dans le temps.
Le but de la comptabilité en partie simple est de permettre au commerçant de
connaître sa situation :
Le comptable peut à tout moment additionner les dépenses et les recettes du
registre Caisse et savoir ce qu’il a comme argent en faisant simplement la
différence des deux (100 de recettes et 60 de dépenses donne en caisse 40) ;
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En appliquant la même démarche sur les registres clients et fournisseurs, il peut
savoir ce qu’il va recevoir d’argent et combien il doit payer.
L'apparition au 13e siècle et 14e du compte « Pro e dano » (profits et pertes) donne
naissance à la partie double avec sa double détermination du résultat, par différence
entre actif et passif (résultat de situation) et par différence entre produits et charges
(résultat de gestion).
L’expression « comptabilité à partie double » est utilisée depuis environ 5 siècles ;
plusieurs personnes l'emploient souvent soit sans ce qu'elle représente réellement, soit
en lui attribuant un sens qui n'est pas exact.
Au cours de l'histoire, plusieurs définitions de l'expression partie double ont été
données :
1. TAGLIENNE qui écrivait en 1525 estime que la méthode de la
comptabilisation à partie double consiste en ce que chaque fait comptable est
inscrit une première fois chronologiquement au journal, puis au Grand livre.
Une telle définition n'a pas d'intérêt car d'une part, certaines comptabilités
anciennes étaient à partie double, pour qu'elles utilisent deux journaux, tandis
qu'une comptabilité actuelle tenue d'après le système américain par exemple ne
serait pas à partie double, car n'utilisent qu'un seul journal.
2. D’autres auteurs considèrent une comptabilité à partie double comme étant
celle qui utilise des comptes divisés en deux parties, débit et Crédit. Encore une
fois, d'après une telle définition, presque toutes les comptabilités anciennes étaient
à partie double. En fait, le compte en T n'est que l'application d'un usage
arithmétique constant, consistant en ce que pour faire une somme de termes
positifs et négatifs, on les totalise séparément, ensuite on fait la différence des
totaux.
3. La comptabilité à partie double, celle où la somme des débits de tous les
jours égale à celle des crédits.
Nous pourrons donner la définition ci-après : la comptabilité à partie double est
celle dont chaque opération commerciale ou industrielle est portée à la fois et pour
un montant égal au débit d’un ou plusieurs comptes et au crédit d’un ou plusieurs
autres comptes.
I. METHODES D’INVENTAIRE
1. Inventaire permanent
L'inventaire comptable permanent est une organisation des comptes de stocks
qui, par l'enregistrement des mouvements, permet de connaître de façon
constante, en cours d’exercice, les existants chiffrés en quantités et en valeur.
L’inventaire permanent quantitatif : il est fondé sur le comptage des entrées
et des sorties ainsi que sur le stock de début de période. Le stock de fin de
période est donc obtenu par la formule suivante :
STOCK FINAL= (Stock Initial + Entrées de la période) – Sorties de la période.
En vertu du principe de justification, tout mouvement de marchandises ou de
matières premières doit être accompagné d’un document. Ces documents sont :
- Pour les entrées normales venant des fournisseurs, le bon de réception ;
- Pour les sorties normales, le bon de sortie ;
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- Pour les retours d’articles refusés, le bon de retour ;
- Pour les retours d’articles non utilisés, le bon de réintégration.
L’ensemble de mouvements quantitatifs peut être repris dans un document
appelé « fiche de stock » dont voici le modèle :
Désignation : Farine de froment Emplacement : Aile droite
Rayon A4
Dates Entrées Sorties Stocks
N° de Quan N° de Quanti
bon tité bon té
1/10/2017 148
5/10/2017 3891 31 117
16/10/2018 3807 90 27
28/10/2018 197 100 127
L’inventaire permanent en valeur : il se retrouve dans des comptes de stock
dont on peut faire le tracé suivant :
Débit = Entrées COMPTE DE STOCK….. Crédit =
Sorties
Da Libe Q C.U Tot Da Libe Q C. Tot
te llé . te llé U.
2. Inventaire intermittent
L'inventaire intermittent permet l'enregistrement de tous les faits de l'exercice, à
l'exception des mouvements du stock, entrées et sorties. Aucun mouvement de
stock n’est opéré en cours d’exercice. C’est à la fin de l’année qu’on annule le
stock initial et qu’on enregistre le stock final.
Cependant, dans quelques cas heureux, cette connaissance est possible sans trop
de difficultés et des frais. L'application de l'une des méthodes de permanence de
l'inventaire au prix d'achat est possible. Ces méthodes permettent à la fois un
contrôle efficace du stock, qui, sans elles, fait défaut, et une surveillance mieux
informée des résultats de l'entreprise.
Même lorsque le prix coûtant ne peut être connu à l'instant de la vente, la comptabilité,
par la méthode de la permanence au prix de vente, permet d'obtenir à peu près les
mêmes renseignements.
Supposons qu'on puisse connaître sans difficulté le prix coûtant de chaque produit à
l'instant de la vente.
D'après l'inventaire intermittent, on a besoin des comptes suivants :
31/32/33Mses/Mat 1ères/Autresappr. 603 Variation de stocks
Stock initial Stock intial Achats période Stock final
Stock final intial Solde = Marge
Brute
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601 Achats de Mses 701/ Ventes de Mses
Achats Solde Marge Solde Ventes
Période Brute
Le compte Marchandise reste sans mouvement durant l'exercice.
Le compte « variation de stocks » indique par différence entre Débit et
Crédit le prix de revient de Marchandise achetées.
Le compte « Achats » enregistre tous les achats de marchandises,
matières et fournitures et autres approvisionnements.
Par contre, la méthode de l'intermittence de l'inventaire ne permet pas de
connaître dans le courant de l'exercice :
La valeur des marchandises en stock ;
Le résultat sur marchandises, qui n'est connu qu'en fin d'exercice.
Ces deux inconvénients sont supprimés dans la méthode de la permanence de
l'inventaire, comme le montre le schéma des comptes suivant :
31 Marchandises 603 Variation de Stocks
Stock initial Coût des Mses Coût des Mses Solde Marge Brute
Achats de la vendues (facture) (facturation)
période
601 Achats 132 Marge Brute
Achats (valeur des Achats à Vente
Stocks à regrouper ou effectuer
En attente)
Le solde du compte « Marchandise » permet à tout moment de connaître la valeur des
marchandises se trouvant encore en stock.
Le solde du compte «variation de stocks » indique à tout moment le prix de
revient des marchandises vendues.
Le solde du compte « Ventes des marchandises » indique le chiffre
d'affaires.
La différence entre les deux soldes précédents indique le résultat brut sur
marchandises.
[Link] D’EVALUATION DES STOCKS
On distingue généralement trois phases de stockage qu’on peut
schématiquement représenter comme suit :
Stock
Phase 1 : Phase 2 : Phase 3 :
Approvisionnement Production Distribution
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Marchandises Produits semi-finis Produits finis
M.P. et fournitures Produits intermédiaires
Emballages
La valorisation des stocks concerne aussi bien les entrées que les sorties de
stocks.
Valorisation des entrées :
Pour les marchandises, les matières, les emballages : coût d’achat ;
Pour les produits fabriqués : coût de production.
Valorisation des sorties :
L’évaluation des sorties peut se faire selon différentes méthodes, on retiendra :
1) Méthode du coût moyen unitaire pondéré (CMUP):
Le CMUP peut être calculé soit en fin de période, soit après chaque entrée.
a) Méthode du coût moyen unitaire pondéré en fin de période :
Les sorties sont évaluées au coût moyen pondéré (CMP) des entrées, stock
initial inclus. La formule de calcul est la suivante :
Valeur des entrées + Valeurs du stock initial
CMP = ----------------------------------------------------------------
Quantités des entrées + Quantité du stock initial
Il faut pour cela tenir pour chaque catégorie de marchandise une fiche en quantité et en
valeur.
Cette méthode est la plus couramment employée. Son principal avantage est que, si les
cours oscillent autour d'une moyenne, il se produit une compensation des écarts qui
tend à atténuer les oscillations. Enfin, si les entrées de marchandises sont fréquentes,
cette modalité devient lourde, en raison du nombre élevé de calculs qu'elle exige alors.
Exemple :
Date Libellé Q C.U. Tot Date Libellé Q C.U.
¼ SI 700 48 33.60
8/4 B.R 200 48,99 0
n°1 9.798 10/4 B.S n°1 500 49.5
BS n°2
15/4 100 49,5
BS n°3
21/ BR 600 51,42 SF
4 n°2 30.85 25/4 300 49,5
2
30/4 600 49,5
1.500 49,5 74.25 1.50 49,5
0 0
Le calcul de valorisation des sorties s’est effectué en fin de mois de 74.250/1.500
= 49,5FC.
b) Méthode du coût moyen unitaire pondéré après chaque entrée :
On calcule le coût moyen pondéré après chaque entrée, et les sorties sont
évaluées au dernier CMUP calculé. Par exemple, si la première sortie a lieu
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après quatre entrées, c’est au coût moyen de ces quatre entrées et du stock initial
qu’elle sera évaluée.
D’après l’exemple précédent, les modifications porteraient :
1) Sur les sorties du10/4 et du 15/4 qui seraient évaluées à 48,22FC
(33.600+9.798)/900 ;
2) Sur la sortie du 25/4 qui serait évaluée à 50,353FC (33.600+9.798-
28.932+30.852)/900.
NB : 28.932 = (500+100)*48,22.
2) Méthode du coût moyen des entrées sans stock initial :
La valorisation des sorties du mois se fait sur base d’une moyenne, calculée sur
toutes les entrées du mois à l’exception du stock initial.
D’après l’exemple de base, les sorties du mois seraient évaluées à :
(9.798+30.852) / (200+600) = 50,8125FC.
3) Méthode du premier entré premier sorti (PEPS) ou First in first out (FIFO) : les
sorties sont considérées comme s’effectuant dans l’ordre des entrées. Elles sont
valorisées au coût de l’article le plus ancien en stock. En conséquence, le stock
final est valorisé aux derniers coûts d’acquisition. Un article déterminé a été
acheté plusieurs fois par le commerçant à des prix différents et il existe
constamment dans le magasin, un certain nombre d'objets identiques achetés à
ces différents prix. Chaque achat constitue un lot et on admet dans cette méthode
que chaque objet vendu provient du lot le plus ancien dont il existe encore des
exemplaires. La méthode est complexe ; il faut identifier, en comptabilité tout au
moins, les lots pour suivre leur épuisement excessif et savoir quel prix coûtant
attribuer aux objets vendus.
Cette méthode présente encore d'autres inconvénients. Si les cours subissent des
fluctuations importantes, ou bien les prix de vente sont établis d'après les prix de
revient, ou si les prix sans rapport avec les réalités économiques au moment de la vente
et seront trop faibles ou trop forts.
Aussi cette méthode est celle très peu employée surtout en périodes d'instabilité des
prix.
4) Méthode du dernier entré premier sorti (DEPS) ou Last in first out (LIFO) : les sorties
sont valorisées au prix de l’article entré le plus récemment en stock. Le stock final est
donc valorisé au prix des articles les plus anciens.
Cette méthode présente l'avantage sur la précédente de tenir compte de cours récents
d'achats pour les comparer aux prix de vente actuels. Par contre, le stock dans sa
masse stable, demeure évalué à des prix de plus en plus anciens et sans rapport avec
les cours actuels. Cette méthode est utilisée mais difficilement car elle exige aussi une
certaine stabilité des cours. Mais elle présente le risque de sous-évaluation des stocks
en cas de hausse des prix durant la période envisagée.
5) Méthodes des prix standards
Elle consiste à enregistrer les entrées et les sorties à un prix théorique ou prix standard
choisi de façon à représenter la moyenne des cours. C'est un prix préétabli sur base
des normes reconnues, de l'environnement économique et même concurrentiel. C'est
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un prix de référence.
La différence entre le prix standard et le prix réel d'entrée en magasin est débité ou
crédité à un compte appelé « différence des cours ». Cette méthode aussi n'est pas
appropriée en période d'instabilité des prix.
6) Méthodes des coûts approchés :
Les coûts approchés sont des coûts voisins des coûts réels, utilisés simplement pour
des raisons de commodité. Cette méthode permet de valoriser les sorties alors que les
factures des fournisseurs ne sont pas parvenues en temps opportun. En fin de période,
il faut évidemment rectifier les erreurs dues à l’approximation, de façon à rétablir
l’évaluation en coûts réels.
Remarque :
Parmi ces différentes méthodes, le système comptable OHADA a retenu les méthodes
suivantes :
1. Méthode du coût moyen qui comprend deux variantes :
Coût moyen après chaque entrée (utilisé en inventaire permanent) ;
Coût moyen pondéré calculé sur la durée moyenne de stockage (utilisé en
inventaire intermittent).
1.1. Coût moyen après chaque entrée :
Coût moyen = Stock en magasin en valeur avant la date d’entrée + Valeur de l’entrée
Quantité en magasin avant la date d’entrée + Quantité de l’entrée
1.2. Coût moyen pondéré calculé sur la durée moyenne de stockage
La valorisation du stock final est effectuée par le coût moyen des entrées de la
dernière période de l’exercice correspondant à la durée moyenne de stockage.
2. Méthode de l’épuisement du stock (PEPS ou FIFO)
Les sorties sont présumées prélevées par priorité sur les biens les plus anciens, c’est-
à-dire le premier entré est le premier sorti.
III. METHODES D’AMORTISSEMENT
L’amortissement est la constatation comptable périodique de l’amoindrissement de la
valeur des immobilisations qui se déprécient, de façon certaine et irréversible, avec le
temps, l’usage ou en raison du changement de techniques, de l’évolution des marchés
ou de toute autre cause. Il consiste à répartir le coût du bien sur la durée probable
d’utilisation selon un plan prédéfini.
Les amortissements sont donc les montants pris en charge par le compte de résultats
relatifs aux immobilisations corporelles et incorporelles dont l’utilisation est limitée
dans le temps, en vue :
- Soit, de répartir le coût d’acquisition, éventuellement réévalué de ces
immobilisations sur leur durée d’utilité économique ou d’utilisation probable ;
- Soit, de prendre en charge ces coûts au moment où ils sont exposés.
L’amortissement est en principe déterminé ou calculé selon les usages de la profession,
de manière à amortir chaque catégorie d’immobilisations sur la durée normale
d’utilisation prévue. Toutefois, les annuités d’amortissement peuvent être adaptées aux
conditions d’exploitation (calcul sur la base d’unités de mesure de l’utilisation, tonnage,
cubage, heures de fonctionnement…).
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La base de calcul des amortissements correspond à la valeur d’origine pour laquelle
les immobilisations sont enregistrées au bilan. Cette base d’amortissement
correspond :
Au coût d’acquisition ; c’est-à-dire, au prix d’achat majoré des frais accessoires
engagés en vue de la mise en état d’utilisation du bien, pour les immobilisations
acquises, à titre onéreux ;
A la valeur vénale ; pour les immobilisations acquises à titre gratuit ;
A la valeur d’apport ; pour les immobilisations apportées à l’entreprise par des
tiers ;
Au coût de production ; pour les immobilisations créées par l’entité. Ce coût de
production comprend les matières premières et fournitures consommées,
augmentées de toutes les charges directes et indirectes de production, à
l’exclusion des frais financiers notamment les coûts d’emprunts directement
attribuables à la production de l’actif concerné.
4.1. Amortissement constant ou linéaire :
Les annuités d’amortissements sont constantes jusqu’à la fin de la durée de vie de l’actif
fixe mis en service. Dans cette méthode, on impute une même dotation aux
amortissements à chaque exercice et sur toute la durée de vie prévue.
L’annuité constante est déterminée en divisant la valeur d’origine (valeur d’acquisition)
de l’équipement par la durée d’utilisation prévue. Elle correspond aussi à la valeur brute
ou à la valeur d’origine réévaluée multipliée par le taux d’amortissement constant.
a1=a2=a3=a4=a5…=an
Valeur d’acquisition(Vo)
Annuité= ---------------------------------
Durée d’usage(n)
C’est la méthode d’amortissement préconisée par le Système Comptable OHADA et
par la Direction générale des impôts en RDC. Toutefois, pour l’OHADA, les dotations
aux amortissements sont déterminées selon une approche économique et comptable.
4.2. Amortissement progressif ou croissant
Les annuités des premières années de mise en service sont très atténuées. Ce
système d’amortissement est surtout utilisé dans les entreprises naissantes ou en
création pour éviter l’alourdissement du coût de revient des biens économiques
obtenus. Ce qui permet de les écouler à des prix compétitifs sur un marché très
concurrentiel.
Les annuités sont en progression arithmétique croissante avec comme premier terme
(a1) égal à la raison(r).
Pour déterminer le premier terme de la progression d’amortissement (a 1 ou t1), on
applique la formule suivante :
2Vo
a1= ----------- et a1=r
n (n+1)
Ce système n’est pas préconisé par le Système Comptable OHADA et ne peut être
utilisé que pour des besoins internes d’analyse.
4.3. Amortissement proportionnel ou variable :
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Ce système est très utilisé pour calculer la dépréciation des actifs immobilisés
utilitaires comme les véhicules, les machines de production et les aéronefs (avions).
Ici, l’amortissement varie proportionnellement au degré réel d’utilisation de
l’équipement mis en service.
Pour les machines de production :
V.o. * Nombre de bonnes pièces produites
Amortissement = -----------------------------------------------------
Nombre de bonnes pièces prévues
V.o. * Temps effectif de travail
Amortissement = -------------------------------------------
Temps de fonctionnement prévu
Pour les véhicules :
V.o. * Km parcourus
Amortissement = ---------------------------------------------------
Km prévus pour toute la durée d’usage
Cette méthode d’amortissement variable, à tendance dégressive, est appelée
« Amortissement capacitaire ». Elle s’applique principalement à des actifs utilisés
directement dans le cadre de la production et d’une valeur significative.
4.4. Amortissement dégressif ou décroissant
Pour des entreprises existant depuis plusieurs années et connaissant une certaine
rentabilité économique, il est facile de supporter des charges d’amortissement
beaucoup plus significatives les premières années de mise en service des
équipements. Ces entreprises, pour des raisons de politique d’autofinancement
minimum de maintien, optent d’appliquer le système d’amortissement dégressif.
Le système d’amortissement dégressif comprend trois variantes :
1. La méthode dégressive de la somme des années (système ou méthode SOFTY) ;
2. La méthode dégressive du % fixe sur la valeur nette comptable ou méthode du
taux double ;
3. L’amortissement dégressif exceptionnel (dite parfois méthode mixte).
4.4.1. Méthode de la somme des années (Méthode SOFTY)
Cette variante s’articule fondamentalement sur la somme des années. La somme des
années est donc considérée comme l’élément de base de la répartition de la valeur
d’origine de l’outil de production en différentes annuités.
Selon cette méthode, le taux annuel d’amortissement est obtenu par une fraction de la
valeur à amortir, fraction dont le numérateur correspond au nombre de dotations aux
amortissements restant à effectuer et dont le dénominateur correspond à la somme
équivalente au nombre d’années d’utilisation probable.
Par exemple, pour un véhicule, dont la durée de vie prévue est de 3ans, la somme
équivalente au nombre d’années d’utilisation est égal à : 1+2+3 = 6.
Ce faisant, le taux d’amortissement sera égal à :
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3/6=50% la première année ;
2/6=33,33% la deuxième année ;
1/6=16,66% la troisième année.
La base de répartition se calcule en appliquant la formule suivante :
n (n-1)
Base = -----------
2
En principe, cette variante est l’inverse de la méthode d’amortissement progressif dans
la mesure où les annuités sont en progression arithmétique décroissante, avec comme
premier terme d’annuité :
Vo * n
(a1) = -----------
Base
4.4.2. Amortissement dégressif du pourcentage fixe sur la valeur nette
comptable :
Ce système d’amortissement dégressif n’est applicable qu’aux biens neufs, acquis ou
créés par l’entreprise. Le point de départ de l’amortissement dégressif est la date de
mise en service des immobilisations.
Par exemple, une machine de production, achetée en janvier 2010, à 480.000 u.c. doit
être utilisée pendant 5ans.
Vo=480.000u.c n=5ans
100
Taux linéaire = ------ = 20
5
Comme la durée est de 5ans, le coefficient multiplicateur appliqué correspond à 2,5%.
D’où, taux dégressif appliqué = 20% * 2,5 =50%
Vo * taux dégressif 480 000 * 50
a1= -------------------------- = ------------------- = 240 000 u.c.
100 100
Valeur nette comptable fin 2010 = 480 000 – 240 000 = 240 000u.c.
V.N.C.F1 * 50 240 000 * 50
a2= --------------------- = ---------------------- = 120 000 u.c.
100 100
V.N.C.F2 * 50 120 000 * 50
a3= -------------------- = ------------------ = 60 000 u.c.
100 100
4.4.3. Amortissement dégressif exceptionnel
Ce système d’amortissement dégressif est autorisé par la Direction Générale des
Impôts, c’est-à-dire, l’Administration fiscale en RDC.
Sont soumises à pratiquer l’amortissement dégressif exceptionnel, les entreprises
soumises à un régime réel d’imposition à l’impôt professionnel sur les bénéfices,
hormis celles soumises à l’impôt sur les profits des professions libérales et au régime
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d’imposition forfaitaire.
Le taux dégressif appliqué correspond à celui de l’amortissement linéaire multiplié par
un coefficient déterminé sur base de la durée de vie prévue.
Les coefficients se rapportant aux durées de vie ci-après sont utilisés :
Durée de vie Coefficient multiplicateur
Si n = 4ans Coefficient = 2
Si n = 5 à 6 ans Coefficient = 2,5
Si n est supérieur à 6ans Coefficient = 3
Pour déterminer l’amortissement de la première année, on applique un taux de 60% sur
la valeur d’origine de l’actif immobilisé mis en service.
Les annuités d’amortissements se rapportant aux années suivantes sont déterminées
en appliquant le taux dégressif correspondant sur les valeurs nettes comptables
successives.
Exemple : En janvier 2009, l’entreprise industrielle et forestière, la SIFORCO, acquiert
une scie industrielle, utilisable pendant 8 ans, au coût de 1 200 000u.c.
100
Taux constant = ------- = 12,5%
8
Taux dégressif appliqué : 12,5% * 3 = 37,5%
Vo = 1 200 000 u.c. n = 8 ans
Vo * 60 1 200 000 * 60
a1 = ----------- = --------------------- = 720 000 u.c.
100 100
Pour calculer a2, on détermine d’abord la valeur nette comptable : 1 200 000 –
720 000 ; valeur résiduelle = 480 000 u.c.
V.N.C.I * Taux dégressif 480 000 * 37,5
a2 = -------------------------------- = --------------------- = 180 000 u.c.
100 100
Pour la 3ème année :
- Total amortissement : a1 + a2 = 720 000 + 180 000 = 900 000 u.c.
- Valeur nette comptable initiale : Vo – Total amortissements = 1 200 000 – 900 000 =
300 000 u.c.
V.N.C.I. * Taux dégressif 300 000 * 37,5
a3 = -------------------------------- = --------------------- = 112 500 u.c.
100 100
Ainsi de suite pour a4, a5, a6, a7 et a8.
IV. METHODE PAR REFLEXION
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Les éléments constitutifs du coût de revient sont en fait la somme des charges et frais
tels qu'ils ont été enregistrés en comptabilité générale. La méthode de réflexion a pour
objet d'injecter et de créer une autre comptabilité classique qui reçoit les éléments de
manière à ce que l'on soit assuré de la totalité des mêmes faits sans que la comptabilité
générale en soit modifiée.
La réflexion donc, consiste à traduire par destination en comptabilité analytique
l'ensemble des charges enregistrées par nature.
La classe 9 du cadre de comptes est réservée uniquement à la comptabilité analytique
de gestion (voir le cours de CAG).
CHAPITRE IV. LES SYSTEMES COMPTABLES
II faut entendre par système comptable tout ensemble organisé de registres ou
documents permettant l'inscription chronologique, analytique et synthétique des faits
dès que la comptabilité en a eu connaissance. Les systèmes comptables
usuellement appliqués se distinguent en fait les uns des autres par l'importance
accordée respectivement à chacune de ces trois inscriptions :
- Inscription chronologique : se fait dans un document appelé « Journal » qui
permet de retrouver les opérations dans l'ordre où elles se sont produites.
- Inscription analytique : se fait dans des comptes particuliers qui servent à détailler
certains comptes collectifs du grand livre (Clients, Fournisseurs, Banques).
- Inscription synthétique : se fait dans les comptes du grand livre.
I. Système classique dit « comptabilité italienne »
Le système classique est adapté aux entreprises de petite taille ou de taille moyenne
et consiste en la tenue d’un journal où l’on enregistre les opérations au jour le jour à
partir des documents de base appelés pièces comptables. Ensuite, ces opérations
sont reportées, de manière périodique, dans les comptes dont l’ensemble forme le
grand livre. La balance générale périodique et les états financiers sont établis à partir
des informations tirées du grand livre.
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Pièces
comptables
P
(Factures, Etats de
chèques, Balance
Comp- Grand synthèse
relevé de Journal
banque…)
tabilisa- Reports Livre
tion
Tableaux de
synthèse
Travail comptable quotidien Travail périodique
II. Système du « journal-grand livre » dit comptabilité américaine
Ce système consiste à tenir en lieux et place du journal et du grand livre un seul
registre, appelé à tort « journal américain » car ce système fut décrit déjà à la fin du 18ème
siècle par un comptable Français « DESGRANGES ».
Modèle d'un journal Américain
Date Compte à Compte à Libellé Somme Caisse Débiteurs Banque Fournisseurs Divers
débiter créditer
1) Avantages du journal américain
Le report dans les comptes du Grand livre est fait immédiatement sur la
même ligne que l'écriture du journal. En outre les additions au bas de chaque
page donnent un contrôle permanent entre le journal et le grand livre. En
outre, la position débitrice et créditrice de chaque compte fournit
constamment la situation de l'entreprise.
2) Inconvénients du journal américain
- Il nécessite l'usage des registres de très grand format comportant
normalement d'autant plus de colonnes que le plan comptable comprend
davantage de comptes. En pratique, on est obligé de procéder à des
regroupements de comptes afin d'éviter qu'il n’y ait plus de place.
- Les additions de bas de page sont nombreuses, absorbent beaucoup de temps et
nécessitent de minutieux reports qui constituent beaucoup de sources d'erreurs.
3) Utilisation pratique du journal
Le journal Américain peut être utile dans les entreprises dont la comptabilité n'exige que
l'emploi d'un nombre réduit de comptes et dont les opérations sont peu nombreuses. Il
est alors simple et clair. Ce système convient notamment à des comptabilités
d'association ou pour établir, sur la base de livres auxiliaires, le Grand livre récapitulatif
d'un petit commerce. C'est par conséquent, surtout comme journal - Grand livre
centralisateur qu'il est appelé à rendre, dans la pratique, d'importants services. Le
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journal Grand livre remplace ainsi le journal Général et le Grand livre général et donne
immédiatement par sa présentation synthétique, une situation d'ensemble de
l'entreprise et de multiples contrôles internes.
III. Système centralisateur
Dans les entreprises connaissant un certain développement, le système classique et le
système du journal Américain deviennent pratiquement insuffisants. En effet, le nombre
des clients et des fournisseurs peut être considérable et rend alors très laborieuse,
sinon impossible, la rédaction quotidienne du journal et le report au grand livre. Par
ailleurs, la recherche des erreurs devient difficile, suite au grand nombre d'opérations
enregistrées, le système centralisateur permet d'éviter ces inconvénients.
Dans ce système, les opérations sont triées, classées et regroupées par nature et
enregistrées dans des journaux auxiliaires ou divisionnaires au jour le jour. Par
période, l’entreprise procède à la centralisation, c’est-à-dire au versement des
écritures figurant dans les journaux auxiliaires dans un journal appelé journal général,
avant le report dans le grand livre général. Dans tous les cas, ce système utilise les
mêmes supports comptables.
Le système centralisateur consiste dans le remplacement du journal unique par un
certain nombre des journaux divisionnaires (ou originaires) à colonnes d'analyse où tous
les faits sont enregistrés, puis récapitulés périodiquement par compte (en général
mensuellement), les totaux seuls de ces récapitulations étant reportés à la fin de
chaque période sur un journal Général ou journal central, ensuite au grand livre.
Les journaux originaires les plus utilisés sont :
Le journal de caisse ;
Le journal de banque ;
Le journal d’achats ;
Le journal de ventes ;
Le journal des effets à recevoir ;
Le journal des effets à payer ;
Le journal des opérations diverses (toutes autres opérations quelconques).
Bien entendu, le nombre de ces journaux varie selon le besoin et la nature des
entreprises.
Pièces Justificatives
Journal Journal Journal Journal
des
divisionnaire divisionnair divisionnaire opération Etc.
e s
des ventes de trésorerie
des achats diverses
Grand livre Grand livre
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auxiliaire auxiliaire
43
clients fournisseurs JOURNAL GENERAL
ETATS DE SYNTHESE
GRANDBALANCE
LIVRE GENERAL
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1) Avantages et inconvénients du système centralisateur
- Certains reprochent à ce système le fait que les débits et crédits qui sont reportés du
journal général au grand livre général ne représentent plus des faits comptables, mais
des totalisations mensuelles de faits par comptes. Ceci ne constitue pas un
inconvénient ; bien au contraire, car ainsi les comptes du grand livre, plus synthétiques,
permettant des comparaisons plus aisées d'un mois à l'autre.
- Ce système permet la répartition des tâches entre plusieurs comptables chargés de
la tenue des journaux originaires, ce qui permet un gain considérable de qualité et de
rendement.
2) Journaux auxiliaires
Les opérations commerciales sont quotidiennement et définitivement enregistrées, par
nature, dans les différents journaux auxiliaires. Ces écritures sont directement
reportées aux comptes personnels des tiers, notamment le grand livre auxiliaire des
clients et celui des fournisseurs.
On peut concevoir plusieurs modèles de tracés de ces journaux auxiliaires avant toute
centralisation cependant, chaque journal auxiliaire donne lieu à l'établissement d'une
feuille de Dépouillement (appelée dans les entreprises bordereau ou grille), qui permet
de rédiger facilement les articles récapitulatifs au journal général.
3) Les comptes de liaison
II arrive qu'une opération, par nature, doive être inscrite simultanément dans deux
journaux, ce qui produirait un double emploi soit l'exemple de fonds retirés de la caisse
et déposés en Banque.
EX : Compte 18
1. Journal Auxiliaire de caisse – Paiements
Dates N°des Libellés Sommes Comptes à débiter
pièces
comptables
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Mses Banques Divers
10/01 81 Versement 50.000 50.000
espèces en
Banques
11/01 82 Achat de 10.000 10.000
Mses
2. Journal Auxiliaire de Banques (Débit)
Dates N°des Libellés Sommes Comptes à débiter
pièces
comptables
Caisse Clients Divers
10/01 80 Versement 50.000 50.000
espèces
3. Journal Auxiliaire des achats de Marchandises
Dates N°des Libellés Sommes Comptes à débiter
pièces
comptables
Caisse Clients Divers
10/01 81 Achats de 10.000 10.000
Marchandises
La centralisation de ces journaux auxiliaires donnerait lieu aux écritures suivantes au
journal Général :
(1) Journal de caisse
Caisse 60.000
à Banque
Marchandise
50.000
10.000
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(2) Journal de Banque
Banque 50.000
à Caisse 50.000
(3) Journal des achats de Marchandises
Marchandises 10.000
10.000
à Caisse
Si les trois écritures précédentes des journaux auxiliaires étaient centralisées au journal
Général dans l'ordre, on voit bien que les écritures (2) et (3) ne doivent pas être retenues
car elles feraient double emploi avec l'écriture (1). Pour éviter ce risque de double
emploi, on utilise les sous comptes éventuels de Virement internes ou ce compte lui-
même. Les journaux de caisse, banques, achats comptants, ventes comptant, Effets
négociés, etc.
Ainsi pour les 3 opérations précédentes, la centralisation se fera de la façon
suivante:
(1) Journal de caisse
Caisse 60.000
à Virements internes 50.000
(ou virement de fonds)
Compte d'attente 10.000
(ou achat comptant de Marchandises)
(2) Journal de Banque
Banque 50.000
à Virement interne
50.000
(ou Virement de fonds)
(3) Journal d'achats de Marchandise
Marchandise 10.000
à Compte d'attente
10.000
(ou Achat comptant de Marchandises)
Normalement le (ou les) compte(s) de liaison sont instantanément soldé(s).
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Il se peut cependant, que les deux parties de l'opération ne peuvent pas être
enregistrées simultanément. Ainsi, un virement de fonds le jour où le commerçant
donne l'ordre de virement, alors que le montant du virement ne sera inscrit au journal
originaire de Banque que le jour de la réception de l'avis de crédit.
Le solde du compte de liaison représente dès lors des « écritures en cours », il peut être
débiteur ou créditeur selon les cas.
4) Comptes collectifs et comptes individuels
Un compte collectif est un compte ouvert au grand livre général et qui a pour objet
de grouper des comptes de même nature ouverts individuellement dans un Grand
livre Auxiliaire. C'est le cas notamment des comptes collectifs « Clients,
fournisseurs, Débiteurs divers, créditeurs, divers », etc. Soit l'exemple simple
suivant :
Kitoko Facture 107 Kitoko 2.104
2.104 230
74
SD1.800
Esther Facture 108 Esther 789
789 500
SD289
Kazadi Facture 109 Kazadi 1.803
1.803 1.850
SC 47
Mputu Facture 110 Mputu 718
718 718
Kibulu Facture 111 Kibulu 1.075
1.075 1.075
Balance Auxiliaire Clients
Noms/Clients Débit Crédit Débit Crédit
Kitoko 2.014 304 1.800
Esther 789 500 289
Kazadi 1.803 1.850 47
Mputu 718 718
Kibulu 1.075 1.075
Totaux 6.489 4.447 2.089 47
Journal Général :
16/10
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Clients 6.489
A Ventes 6.489
………………………… ……………………………..
18/10
Ventes de Marchandises 230
Réductions sur ventes 74
A Clients 304
(Retour de Kitoko 230 ; Rabais à Kitoko 74)
……………………….. ………………………….
Caisse 1.218
A Clients 1.218
(Esther, accepte 500 ; Mputu, règlement pour soldes 718)
……………………….. …………………………...
20/10
Banque 1.075
Effets à recevoir 1.850
A Caisse 2.925
(Kazadi, s/chèque 1.850, Traite sur Kibulu)
…………………………. ………………………….
28/10
Solde Débiteur Général 2.042
…………………………. ………………………….
IV. Le traitement comptable informatisé :
A l’aide d’un logiciel comptable (soft) et d’un ordinateur (hard), on procède au
traitement informatique des informations comptables. A partir des pièces
justificatives, des données (informations) sont saisies et stockées pour un traitement
informatisé devant permettre la production des journaux auxiliaires, des grands livres
auxiliaires, du journal centralisateur, du grand livre général, de la balance et des
états financiers de synthèse.
1. Pièces justificatives
2. Saisie de pièces justificatives
4. Traitement comptable informatisé 3. Stockage des données
5. Journaux Grand-livre Balance Etats financiers de synthèse
V. Application du système centralisateur à l'organisation d'une Comptabilité
simplifiée pour petits et moyens commerçants, Artisans, Membres des
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professions libérales, Particuliers, Petites associations.
Beaucoup de petits ou moyens commerçants travaillant presque uniquement au
comptant désirent cependant tenir une comptabilité régulière de leur commerce.
Cette comptabilité qu'ils veulent très simple et très claire peut être tenue à l'aide de deux
journaux :
Le journal des Recettes pour enregistrer toutes les recettes réglées par caisse
en les ventilant par nature dans les colonnes prévues à cet effet.
Le journal des paiements pour enregistrer tous les paiements réglés par caisse,
Banque ou autres institutions financières avec imputation par nature dans les
colonnes annexes.
Ces deux journaux sont complétés par les dossiers des Factures à encaisser et des «
Factures à payer ». Ces dossiers remplacent respectivement les grands livres Clients et
Fournisseurs.
Par exemple, les factures dues aux Fournisseurs sont classées dans le dossier «
Factures à payer » et ne sont enregistrées au « journal des Paiements » qu'au moment
de leur paiement. Elles sont alors extraites du dossier pour être classées aux archives.
Ces factures peuvent être classées par fournisseurs, ou par ordre chronologique. Il est
important après paiement qu'il y soit inscrit les références et modes de paiement.
Exemple : OP n° 1244/04/CPT ou Chèque n°KL2597823 du 20 novembre 2023.
Cette comptabilité est appelée Comptabilité des professions libérales, ou comptabilité
privée ou comptabilité de petits groupements ou associations. En fin de période,
pratiquement fin de semaine et le plus souvent fin du mois, on arrête les journaux des
recettes et Paiements qui donnent alors clairement le chiffre d'affaires, les espèces
disponibles en caisse, Banque et autres, ainsi que le détail des paiements.
VI. Le journal centralisateur
Dans le système Centralisateur, le travail de la comptabilité générale comporte
périodiquement :
La centralisation des journaux auxiliaires au journal Général ; le report au
Grand livre Général ; l'établissement de la Balance générale.
Dans certains cas, on peut supprimer les écritures usuelles au journal Général,
sans inconvénient, et les remplacer par un seul registre appelé journal
Centralisateur, qui permet de présenter à la fois le journal Général, le grand livre et
la balance.
Ce système présente l'avantage d'une importante simplification des écritures, d'une
économie de temps et d'une bonne présentation synthétique. Par contre, on lui
reproche le fait que les reports des sommes d'un folio à l'autre peuvent parfois
constituer des sources d'erreurs. En outre, la suppression du grand livre ne permet plus
d'obtenir immédiatement la situation détaillée des comptes généraux.
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VII. Journal grand livre centralisateur
Ceci constitue une variante du système du journal - Grand livre ; chaque
colonne du grand livre est affectée soit à un compte général, soit à un compte
collectif.
Le journal Grand livre remplace ainsi le journal et le grand livre général et donne
immédiatement par sa présentation synthétique, une situation de l'ensemble de
l'entreprise.
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CHAPITRE V. LES PROCEDES COMPTABLES
De même que le système du journal unique a cédé le pas aux divers systèmes
modernes notamment centralisateur, de même l'enregistrement manuscrit des
opérations sur les comptes a complètement disparu dans les pays développés et
émergents, tandis qu'elle tend à se poursuivre et à disparaître dans les pays du tiers
monde.
I. Les conséquences de l’introduction des procédés dans une entreprise :
Les divers procédés modernes veulent en fait atteindre des objectifs variés :
Diminuer la durée du travail,
Augmenter la sécurité en évitant des erreurs de report ou d'addition,
Rendre les documents plus lisibles,
Faciliter l'exploitation des renseignements comptables.
Si tous ces procédés sont précieux, car c'est grâce au développement des machines
comptables que la plupart de ces procédés ont vu le jour. Ils ont leurs caractéristiques
propres, leurs avantages et leurs inconvénients. C'est pourquoi, il serait bon que
chaque entreprise, souhaitant faire l'acquisition d'une nouvelle machine comptable,
d'un ordinateur ou des logiciels de traitement de la comptabilité, s'informe d'abord, sur
la gamme de matériel disponible sur le marché et choisisse ensuite celui qui répond le
mieux aux besoins de l'entreprise. Il ne faut pas cependant oublier qu'il faut d'abord
organiser, rédiger le cahier des charges et ensuite seulement mécaniser, informatiser ;
en effet, introduire une nouvelle machine dans une comptabilité mal organisée
représente un coût élevé, des charges afférentes importantes et certainement une
augmentation du désordre. Sans s'étendre sur les objectifs des divers procédés
comptables modernes, on peut dire que les principales conséquences de leur
introduction dans une entreprise sont les suivantes :
1. Economie du temps
L'économie du temps peut être réalisée par l'exécution simultanée de plusieurs travaux :
Journal et compte établis simultanément par décalque au premier carbone, le
compte étant changé à chaque ligne.
Journal de paie, bulletin de salaire et compte de l'ouvrier établis simultanément.
Compte client et relevé établis simultanément avec quelque fois en plus un
journal des ventes.
Une centralisation d'écritures par interfaces.
Une saisie, une imputation en temps réel.
Une correction facile des rebuts.
Une économie de temps et en outre par l'emploi de comptes sur fichiers plutôt que
tenus dans de gros livres difficiles à manipuler.
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D'une façon générale, la tendance actuelle est de réduire les journaux « bordereaux »
par une saisie rapide à partir de la pièce justificative et une consultation aisée et
sélectionnée des comptes dans les meilleures conditions de temps et de rendement ; la
vérification des imputations et la sommation des lignes étant directement faites par
l'ordinateur.
2. Economie de Personnel
L'économie est moins certaine ; en effet, si l'on admet que le service comptable, avant
l'informatisation, était bien organisée, avec le minimum de personnel ; probablement
que les employés auront moins de travail, mais il n'est pas sûr qu'il sera évident de
supprimer un poste de travail, sauf si le service comptable est très important. La
conception de l'écriture étant d'abord une question d'homme et de rationalité.
3. Economie de délai
Ici l'économie est plus certaine ; si l'organisation est bonne, un procédé moderne devra
permettre d'obtenir les renseignements comptables plus rapidement, à condition bien
entendue que l'informatisation n'aie pas eu pour but unique le « rendement », c'est-à-
dire l'économie de temps, car alors les délais peuvent s'en trouver allongés.
4. Sécurité
Les procédés modernes apportent en général une plus grande sécurité ; en effet, il y a
beaucoup d'opérations qui sont faites simultanément et automatiquement.
Par ailleurs, les additions sont faites automatiquement au cours du travail de
transcription, et la machine fournit les taux désirés sans opérations supplémentaires en
fin de travail.
Il serait faux cependant de croire que ces procédés modernes sont exempts de toute
erreur et qu'ils dispensent de tout contrôle.
Par ailleurs, il ne suffit pas que le comptable puisse se contrôler lui-même, il faut que
l'organisation comptable se prête à contrôler ultérieurement par d'autres personnes :
auditeurs internes, auditeurs externes, commissaires aux comptes, inspecteurs des
impôts, experts comptables, etc.
II. La comptabilité par décalque
L'exécutant du travail comptable comporte 3 phases successives :
- L'enregistrement des opérations au journal ;
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- Le report des articles sur les comptes du Grand livre ;
- L'établissement de la balance.
Les comptables ont toujours cherché à diminuer la quantité de travail exigée par ces 3
phases, en les regroupant diversement.
- DESGRANGES a imaginé la solution du journal Grand livre.
- Le système centralisateur, outre ses autres avantages, diminue
considérablement les reports au Grand livre puisque seuls des totaux
mensuels y sont reportés.
- Le système du journal centralisateur offre une solution plus radicale.
Une autre solution est constituée par le décalque ; la comptabilité par décalque est un
procédé matériel permettant d'effectuer simultanément l'enregistrement d'une écriture
au journal et le report au grand livre, et éventuellement à d'autres éléments
comptables, grâce à l'interposition d'une ou plusieurs feuilles de papier « carbone ».
1. Principe
Soit à comptabiliser : le 12 Mai 2023 un achat de marchandise à crédit à
François pour 2 000 000.
Journal
Dates Libellés Débit Crédit Comptes débités
ou
crédités
1 2 3 4 5
12 Mai 2023 Sa facture 2 000 000 François
12 Mai 2023 Achat à François 2 000 000 Achats
François N°5461
Dates 1 Libellés 2 Débit 3 Crédit 4
12 Mai 2023 Sa facture 2 000 000
Achats N°102
Dates Libellés Débit Crédit
1 2 3 4
12 Mai 2023 Achat à François 2 000 000 1
On place convenablement le compte François sur le journal en y intercalant un carbone
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et on y inscrit la 1ere ligne ; une fois terminé, on déplace le compte François ; pour le
remplacer par le compte Achat et on enregistre la 2eme ligne.
2. Avantages
- Economie de temps par la suppression des reports et pointages ;
- Impossibilité d'erreurs de reports du journal au grand livre ;
- Etablissement automatique des relevés de factures, relevés de commission, etc.,
confectionnés en même temps que les comptes ;
- Balance permanente des comptes clients et Fournisseurs.
3. Inconvénients
- Possibilité d'égarer les feuillets mobiles du journal et du Grand livre ;
- Nécessité d'une exécution parfaite du travail matériel afin d'obtenir des décalques et
alignements impeccables.
4. Application pratique
La comptabilité par décalque s'applique le mieux :
à la comptabilité des comptes de tiers (clients, fournisseurs, représentants,...)
à la comptabilité des salaires où les documents suivants peuvent être obtenus :
journal de paie, bulletin de paie du salarié, éventuellement compte fiscal de
l'ouvrier.
5. Réalisations :
La comptabilité par décalque peut être effectuée :
- Sous forme manuscrite à l'aide d'appareils permettant une superposition et un
alignement parfait des documents entre eux ;
- A l'aide de machine à écrire spécialement transformées ;
- A l'aide de machines comptables.
III. La comptabilité sur ordinateur
D'une façon générale, l'entreprise confie d'abord à son ordinateur des applications
indépendantes choisies pour l'importance des travaux administratifs qu'elles
entraînent : prise en charge de la facturation, de la paie, du suivi des
approvisionnements et des mouvements matières et produits en cours de
fabrication. En outre la facturation fournit le journal des ventes, l'analyse des ventes
par région et par produit, le décompte des taxes et impôts éventuels, les débits
clients, la sortie en stock des produits vendus.
En plus les bulletins de paie donnent par interface le journal des salaires, calcule les
charges sur salaires, fournit des informations concernant la gestion du personnel.
Quelques calculs, tenant notamment compte de la structure de l'entreprise, peuvent
permettre d'imputer le montant des salaires et des charges aux différents services via la
Comptabilité analytique.
Il en est de même d'une interface des comptes auxiliaires (fournisseurs et clients) et les
approvisionnements (stocks) qui peuvent être gérés dans des applications autonomes
et centralisées par interface.
L'étape suivante consiste à coordonner ces informations éparses pour aboutir à une
information de gestion plus complète.
Enfin, les applications de comptabilité par ordinateur, après paramétrage des opérations
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de clôture, extraient la balance finale et établissent les états de synthèse : bilan, compte
de résultat et dans une certaine mesure le tableau de financement qui ne pourront
qu'être vérifiés tant par le comptable que par les auditeurs et commissaires aux
comptes.
CONCLUSION
Organiser une activité donnée, c'est la pourvoir de tous les éléments nécessaires
à son fonctionnement, de telle sorte que le rendement puisse être optimum aussi
bien sur le plan technique que sur le plan humain.
Pour pourvoir, l'organisateur est sensé connaître la politique générale de l'entreprise,
telle qu'elle est définie par la Direction. A l'égard du service comptable, la politique de
l'entreprise consistera à définir la nature, l'importance, la périodicité des
renseignements qui, au-delà des exigences légales, doivent être fournies aux
responsables d'entreprise.
Le rôle du service comptable est d'être un témoin de la vie de l'entreprise : II observe
l'action des autres ; analyse, enregistre, classe les faits qu'il constate, et
périodiquement en établit la synthèse sous forme des tableaux qu'il présente au chef
d'entreprise pour le renseigner.
La fonction comptable est ainsi le système nerveux de l'entreprise ; il renseigne le
cerveau (fonction administrative) sur le fonctionnement des organes et l'action des
membres (fonctions restantes).
Le service de comptabilité est donc un service névralgique de l'entreprise.
On travaille mal dans une usine où l'on ne voit pas clair et pour qu'on y voie clair, il faut
un bon éclairage et une bonne comptabilité. La paralysie du service de comptabilité
coupe le bon contact financier rationnel entre la direction générale de l'entreprise et ses
services techniques et spécialisés.
Le service de comptabilité doit à tout moment garder des relations très suivies avec
tous les services organisés dans l'entreprise à un double titre : comme demandeur de
données et comme fournisseur d'informations à l'issue de ses travaux.
Le service de comptabilité réunit les éléments d'information qui lui sont nécessaires pour
remplir ses deux objectifs : l’objectif d'enregistrer et de tirer des renseignements sur
tous les éléments susceptibles de permettre le contrôle du fonctionnement de
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l'entreprise et d'orienter son activité future.
Ainsi donc, l’objectif général de ce cours est de permettre à l’étudiant régulier de mettre en
place une organisation comptable ou un service de comptabilité dans n’importe quelle
organisation : Entreprise, Marché, Eglise, Office, ONG, PME ou PMI, etc.
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