2023
Chapitre II
Récupération Secondaire
BAZZINE ZINEB
3eme Annee Production Professionnelle
Chapitre II Récupération Secondaire
Récupération assistée
Généralité
Dans la majorité des cas, les mécanismes de récupération primaire ne permettent pas d'extraire des
volumes économiquement suffisants de pétrole. C'est pourquoi, il est souvent intéressant de mettre
en œuvre des méthodes de récupération assistée, au bout d’un temps d'exploitation variable.
On distingue traditionnellement la récupération secondaire et la récupération tertiaire ou
améliorée, en ce sens que :
La récupération secondaire correspond à un maintien de la pression de gisement, tandis que la
récupération améliorée regroupe les méthodes avancées qui améliorent le déplacement de l'huile.
Récupération Assistée
Récupération Assistée Classique Conventionnelle Récupération Assistée Améliorée
Sécondaire Tertiaire
Cyclage De Thermiques Chimiques
Injection Injection
De Gaz Gaz Huiles Lourdes Polyméres
D'eau Miscibles
Non Gisement De Vapeur Micro-
Combustion In émulsions CO2 CH4
Miscible Gaz A
Situ
Condensat
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Chapitre II Récupération Secondaire
I. Récupération Secondaire
1. Introduction
La récupération secondaire correspond à un maintien de la pression de gisement. Elle comprend
l'injection d'eau et l'injection de gaz.
L’injection d'eau est la plus largement utilisée. Elle consiste à forer des puits injecteurs ou convertir
des puits producteurs en injecteurs.
D'une part, l'eau contribue à maintenir la pression de gisement en remplaçant l'huile déjà produite
dans les pores de la roche-réservoir, et d'autre part, elle balaye la formation productrice, ce qui
déplace l'huile vers les puits producteurs.
L'injection de gaz non miscible repose sur le même principe, le fluide injecté dans le réservoir
étant, dans ce cas, typiquement du gaz naturel.
L'injection de gaz nécessite de forer moins de puits que l'injection d'eau, mais elle nécessite des
équipements de compression lourds.
L'injection d'eau ou de gaz non miscible dans un gisement d'huile conduit à des taux de
récupération importants (de 40 à 60 %) mais limités, en raison du balayage incomplet de l'espace
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Chapitre II Récupération Secondaire
du réservoir (piégeage macroscopique) et du piégeage par capillarité d'huile résiduelle dans les
zones balayées (piégeage microscopique).
2. Facteurs influent sur la récupération
Les divers types de récupération secondaire font apparaître que tous ces procédés de drainage de
l'huile se présentent sous l'aspect d'un balayage du réservoir entre puits d'injection et puits de
production.
Il s'agit toujours d'un écoulement de fluides et, de ce fait, il existe un certain nombre de
caractéristiques de la roche réservoir dont l'influence sur la récupération est importante, de même
que la nature des fluides en place est injectée.
2.1.Caractéristiques du réservoir et des fluides
Parmi les caractéristiques on peut citer :
❑ La profondeur moyenne
❑ La forme structurale et en particulier le pendage de la couche constituant le réservoir
❑ Le degré d'homogénéité
❑ Les caractéristiques pétrophisiques
A. Géologie du réservoir
Comme le drainage résulte d’écoulement entre puits d’injection et de production, l’une des
conditions de réussite est qu’aucune barrière imperméable ne s’oppose à cette circulation.
Ces obstacles éventuels peuvent être de nature tectonique (failles ou fracture) ou stratigraphiques
(variation des faciès).
Il peut également arriver qu'une petite faille difficilement repérable empêche tout drainage dans
une zone locale.
Des cheminement préférentiels (réseaux de failles et fissures strates plus perméables) permettant
au fluide déplaçant de s'écouler sans drainer une bonne part de l'huile en place.
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Chapitre II Récupération Secondaire
L'étude des carottes et des diagraphies ainsi que des tests d'interférence, seront essentiels à la
connaissance des communications inter puits.
La profondeur d’un gisement est une donnée qui a des effets techniques et économiques. Si la
profondeur est faible on est limites on ce qui concerne les pressions à mettre en œuvre.
Sur le plan économique le coût est étroitement lié à la profondeur, que ce soit le prix des puits
supplémentaires à forer ou la puissance des compresseurs.
B. Les caractéristiques pétrophysiques
Porosité, perméabilité, valeurs des perméabilités relatives en fonction des saturations, pression
capillaire et mouillabilité sont des caractéristiques à prendre en considération dans l'étude d'un
projet de récupération secondaire.
Plus la porosité est grande et plus la saturation résiduelle en huile Sor en fin de phase primaire
représente un grand volume d'huile qu'il est
intéressant d'essayer de récupérer.
La perméabilité intervient par sa valeur
moyenne à l'échelle du champ et par sa
distribution. Pour la récupération secondaire
comme pour la récupération primaire, une forte
perméabilité est un facteur favorable. La
distribution des perméabilités dans le gisement dépend du degré d'homogénéité.
Une bonne perméabilité est favorable pour les raisons suivantes :
• D'une part, elle traduit l'existence de pores de grands diamètres, dans lesquels la saturation
en huile initiale est importante.
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Chapitre II Récupération Secondaire
• D'autre part, une bonne perméabilité permettra un débit important, ce qui augmente
l'espacement des puits et diminue la pression d'injection nécessaire.
C. Viscosité des Fluides / Rapport de Mobilité
La caractéristique essentielle des fluides dont on doit tenir compte dans l'établissement d'un projet
de récupération assistée est la viscosité.
La loi de Darcy montre, en monophasique, que le débit d'huile est plus faible et donc la
récupération économiquement moins intéressante pour les huiles visqueuses.
De plus, pour un pourcentage d'eau (ou un GOR donné), la saturation moyenne de fluide injecté
derrière le front est plus faible, donc l'huile piégée plus importante pour une huile plus visqueuse.
Les viscosités interviennent sur l'efficacité de balayage en écoulement multidimensionnel par
l'intermédiaire du rapport des mobilités.
Le rapport de mobilité est favorable (M < 1) seulement lorsqu'il s'agit de gaz ou d'huile légère
déplacés par de l'eau. L'on remarquera que le déplacement par le gaz donne toujours un rapport de
mobilité M > 1, défavorable (la viscosité du gaz étant très faible).
Krw (Swm): La perméabilité relative à l'eau correspond à la saturation moyenne derrière le front
(Swm).
Kro (Swi): la perméabilité relative à l’huile qui correspond à la saturation initiale en eau
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µo :la viscosité de l'huile (cond. de fond) [cp].
µw : la viscosité de l'eau (cond. de fond) [cp].
En résumé
Influence des caractéristiques du réservoir et des fluides sur la récupération : elle sera plus élevée
si :
❑ Peu ou pas de barrières
❑ K bonne sinon élevée
❑ Hétérogénéités pas trop importantes
❑ Pendage élevé
❑ Viscosité faible : huile légère
❑ Viscosité élevée du fluide injecté (net avantage de l'eau sur le gaz).
2.2.Caractéristiques de l’injection
A. Volume de fluide
L’efficacité de l’injection sera d’autant meilleure que celle-ci est mieux répartie et balaye le
maximum d’huile, et sera donc fonction aussi du nombre de puits.
• L’optimum technico-économique nous fournira le nombre de puits à foré
B. Type de fluide
L’injection est plus efficace si le fluide injecté est plus visqueux et donc le rapport de mobilité M
est plus faible. L’eau sera un bon vecteur pour les huiles légères, moins bon pour les huiles plus
visqueuses. Le gaz injecte balaiera mal l’huile en place, si sa viscosité étant très faible.
C. Différentes configurations d’injection
L'une des premières étapes dans la conception d'un projet d'injection d'eau consiste à sélectionner
le schéma d'injection approprié. Cette sélection peut être réalisée en
(1) convertissant les puits de production existants en puits d'injection
(2) en forant de nouveaux puits d’injection.
La disposition relative des puits d’injection et de production dépend de l’aspect géologique du
réservoir, de son contenu fluide et de l’importance du volume de roche imprégnée qu’il faut
balayer. On distingue deux schémas d’injection :
i. L’injection groupée
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ii. L’injection dispersée
i. L’injection groupée ou périphérique (Peripheral Injection Patterns)
Dans un réservoir avec une certaine pente, on cherchera à disposer les puits d’injection de façon
telle que la pesanteur rend le déplacement assez régulier que possible
Dans les cas notamment ou un gisement présente un gas-cap ou un aquifère, il est intéressant
d’injecter soit du gaz dans le gas-cap, soit de l’eau dans l’aquifère au voisinage de l’interface huile-
eau.
ii. Crestal and Basal Injection Patterns
Dans le schéma d'injection Crestal , comme son nom l'indique, l'injection se fait à travers des puits
situés au sommet de la structure. Les projets d'injection de gaz utilisent généralement un schéma
d'injection au sommet.
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Chapitre II Récupération Secondaire
Dans le schéma d'injection Basal, le fluide est injecté au bas de la structure. Des nombreux projets
d'injection d'eau utilisent des schémas d'injection à la base.
iii. L’injection dispersée
Ce type d’injection correspond au réservoir à faible pendage, étend, et a perméabilité médiocre.
Les puits producteur et injecteurs sont alors répartis suivants un schéma assez régulier : il s’agit
d’injection dispersée ou répartie `dans la zone à huile.
Différentes configurations sont employées : les puits sont implantés en ligne directe, ou décalés
avec en particulier des schémas à 5 puits (Five spot) ,7 puits (seven spot) ou 9puit (nine spot).
3. Théorie Du Déplacement Frontal Notion De Front
L'écoulement de deux fluides, non miscibles, dans un milieu de grande dimension peut s'étudier
de façon assez simple lorsqu'il est unidirectionnel, c'est-à-dire lorsque les différentes grandeurs
telles que les pressions, les saturations, les vitesses des fluides, etc. ne varient que dans une seule
direction d'espace correspondant à la direction du déplacement. Un tel déplacement peut par
exemple correspondre au déplacement en cours de déplétion d'une interface G/H ou H/E, ou peut
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avoir lieu entre deux lignes de puits de production et d'injection, assez loin des puits, pour un
réservoir mince.
Considérons le déplacement d'un fluide 2 (de l'huile par exemple) par un fluide 1 (de l'eau par
exemple). Le profil des saturations en fluide 1, à un moment donné, aura l'allure représentée sur la
figure ci-contre en fonction de la direction de déplacement x. De l'amont vers l'aval, on peut
distinguer quatre zones.
Zone I: qui n'a pas été atteinte par le fluide déplaçant seule l'huile se déplace.
Zone II: dans laquelle Sw croit brusquement; c'est le <front».
Zone III: où Sw varie progressivement, derrière le front.
Zone IV: envahie par l'eau, et où il reste une saturation en huile résiduelle Sor: seule l'eau
se déplace.
Nous allons faire le calcul de l'arrivée du front aux puits producteurs, appelée (percée
(breakthrough), et du pourcentage d'eau croissant dans la production. Nous aurons alors répondu
à la question : quelle est l'évolution du débit d'huile en fonction du temps ?
▪ Deplacement Unidirectionnel (Capillarité Négligée).
▪ Théorie De Buckley-Leverett
On peut calculer de façon assez simple l'avancée du front et l'évaluation du pourcentage d'eau, par
exemple dans une section, si l'on est en mouvement permanent, en négligeant les forces capillaires
et de gravité dans le cas d'un déplacement unidirectionnel : c'est le cas par exemple d'un
écoulement horizontal et où les forces de viscosité sont prépondérantes (vitesse assez élevée).
Reprenons les équations de Darcy pour l'eau et l'huile et définissons le débit fractionnaire (water-
cut) fw:
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Chapitre II Récupération Secondaire
Ou :
fw est donc uniquement une fonction de la saturation Sw par l'intermédiaire des perméabilités
relatives ; µ。et µw ont une valeur donnée pour la pression moyenne considérée.
Si en prenant en compte aussi les forces de gravité, on montre qu'on obtient alors pour un
écoulement non horizontal :
En unités pratiques (mètres carrés, millidarcys, grammes par centimètre cube, mètres cubes par
jour, centipoises) .
Avec :
QT = débit total (constant par hypothèse)
A= aire de passage du fluide
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α = angle de l'écoulement avec l'horizontale
fw est alors fonction de Sw, mais aussi du débit, de ko, de la pente de l'écoulement.
Buckley et Leverett (1942) ont publié une idée clé pour comprendre le déplacement eau-huile
unidimensionnel. Ils ont montré que la vitesse-saturation à travers un milieu poreux lors d'une
injection d'eau est proportionnelle à la pente de la courbe de débit fractionnaire.
Dix ans plus tard, Welge (1952) a publié une méthode utilisant les courbes de débit fractionnaire
pour prédire les résultats des injections d'eau dans les réservoirs de pétrole.
La méthode de Welge commencer de l'idée de saturation-vitesse de Buckley et Leverett.
La vitesse d'avancement du front s'obtient ainsi en calculant dfw/dSw à partir de fw. Le calcul de
la pente de la tangente de Welge donne :
(dfw/dSw)SwF = 1/(Swm - Swi)
On montre que Swm est la valeur de la saturation moyenne derrière le front.
D'où la deuxième application de la tangente de Welge: la valeur de la saturation moyenne derrière
le front Swm s'obtient par l'intersection de la tangente avec fw = 1.
D'où la relation :
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Chapitre II Récupération Secondaire
Avec VF = vitesse au front.
4. Étude des efficacités
L'efficacité globale est le facteur de récupération (pour la zone soumise à injection) en conditions
NpBo
de fond : E =
Vo Soi
Avec Soi au démarrage de l'injection.
L'efficacité globale E d'une injection peut être définie comme étant le produit des trois efficacités
suivantes : E = Es Ev ED
• Es efficacité superficielle (vue dans le plan de couche)
• Ev efficacité verticale (vue en tranche verticale)
• ED efficacité de déplacement, à l'échelle des pores (efficacité microscopique).
• Efficacité superficielle Es
𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑏𝑎𝑙𝑎𝑦é𝑒 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑒𝑓𝑟𝑜𝑛𝑡
Es: efficacité superficielle = ( )
𝑠𝑢𝑟𝑓𝑎𝑐𝑒 𝑡𝑜𝑡𝑎𝑙𝑒
Les surfaces étant vues dans un plan horizontal (ou de la couche).
Dans le cas d'un five spot par exemple, les figures ci-dessous représentent le <front> à trois
époques, pour un milieu homogène et soutirages aux quatre puits égaux :
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Chapitre II Récupération Secondaire
• Efficacité verticale Ev
On définit également une efficacité dans le sens vertical des couches balayées. Nous avons vu, que
le front pouvait se déformer (et présenter des digitations lorsque M > 1). Les hétérogénéités du
réservoir (perméabilités différentes, strates, drains, fissures) gêneront considérablement la
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Chapitre II Récupération Secondaire
régularité de l'avancée du front et nuiront au balayage. Cette efficacité verticale se définit comme
le rapport de l'aire balayée sur l'aire totale, pour une tranche verticale.
• Efficacité de déplacement ED
Cette efficacité Ed est définie par :
SDm. Saturation moyenne en fluide déplaçant derrière le front, est déterminée par la tangente de
Welge. Dans la simplification, SDm est remplacée par (1- Sor), valeur à laquelle on peut approximer
la SDm finale en fin de balayage. Bien entendu, cette efficacité Ed augmente en fonction du temps
(volume injecté), mais elle ne dépend pas du rapport de mobilité M. Elle est régie essentiellement
par les saturations irréductibles en eau et en huile (ou gaz):
Le produit de ces deux efficacités Es. Ev est appelé efficacité de balayage (ou volumétrique).
5. L’injection d’eau
5.1.Généralité
L’injection d’eau, qui est le procédé le plus ancien de récupération secondaire, reste le plus
employé (80%de l’huile produit aux Etats –Unis en 1970 l’a été par injection d’eau).
Elle permet :
• D’augmenter la récupération d’huile par une amélioration du coefficient de balayage
ou de déplacement ;
• D’accélérer la production ou plus précisément de diminuer son déclin.
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Chapitre II Récupération Secondaire
Le moyen utilisé est souvent un maintien de pression.
Procédé de récupération assistée le plus important dans le monde, l’injection d’eau est l’une des
préoccupations les plus importantes des exploitants.
Mais, en dehors de l’objectif de récupération secondaire, l’injection d’eau peut être
employer pour :
1. Maintenir la pression du gisement si l’expansion de l’aquifère (ou de gas-cap) ne fournit
pas suffisamment d’énergie.
2. Eliminer éventuellement l’eau salée contenue dans la production si sa décharge en surface
pose des problèmes particuliers.
5.2.Cas d’application
La mise en œuvre d’une injection d’eau sera le plus souvent décidée dans les cas suivants :
◘ Gisement d’huile à faible énergie naturelle
◘ Huile sous saturée.
◘ Aquifère peu actif ou de volume négligeable.
◘ Gisement d’huile peu perméable ou de grande dimension.
Dans ce cas, les écarts de pression entre les puits producteurs et l’aquifère ou le gaz peuvent
être trop important.
◘ Gisements d’huile dont les configurations spatiales sont telles que les entrées naturelles
d’eau ou de gaz laissent des zones importantes non balayé.
5.3.Mise en œuvre
Pour réaliser une injection d’eau dans un gisement il faut :
❑ Une bonne connaissance du réservoir.
❑ S'assurer un approvisionnement en eau suffisant, en quantité, qualité et régularité.
❑ Avoir un équipement convenable des puits d’injection et une amélioration éventuelle de
l'indice d'injectivité
❑ Il faut parfois fermer les zones les plus perméables afin d'éviter l'arrivée précoce de l'eau au
puits producteurs.
❑ Avoir des installations de pompage si nécessaire.
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❑ La réalisation des installations de surface nécessaires au traitement d’eau (oxygène, prévention
de l'incompatibilité avec l'eau de gisement, avec la roche, filtration ,élimination des bactéries),
à sa distribution et son injection.
❑ Contrôler le dispositif d'injection et le balayage traceurs radioactifs.
5.4.Choix de l'injection d'eau comme mode de récupération secondaire
Lorsque les mécanismes naturels sont jugés insuffisants, il s'agit de choisir le procédé de
récupération secondaire a employer. Ce choix se fait en fonction de deux sortes de critères :
• Aspect technique
• Aspect économique
Si plusieurs procédées sont techniquement possible, on fait pour chacun d’eux le bilan
économique en comparant l'accroissement des rendements et les dépenses nécessaires et on
choisit le procède qui donne le meilleur profit.
• Aspect technique de l’injection d’eau
Le grand concurrent de l'eau comme fluide d'injection dans un gisement d'huile est le gaz et on
peut se poser la question : faut-il mieux injecter de l'eau ou du gaz ?
L'injection du gaz se présente sous deux aspects - Injection de gaz miscible avec l'huile et
- injection de gaz non miscible avec l'huile.
En ce qui concerne l'injection de gaz non miscible on doit faire les remarques suivantes :
1) L'eau doit être préférée dans tous les cas où son injection est réalisable sans difficultés
particulières, en raison du rapport plus favorable de mobilités. Avec une injection d’eau, le
rapport de mobilité M est souvent favorable pour une huile légère (viscosité de l’huile
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Chapitre II Récupération Secondaire
faible) et pas trop défavorable pour une huile plus lourde. L’efficacité, c'est-à-dire la
récupération, sera donc élevée ou moyenne.
2) Dans les gisements fortement sous-saturés, l'injection d'eau est d'autant plus ravissante.
3) Dans les gisements d'huile saturée où un maintien de pression doit être effectué, l'eau est
préférable dans la mesure où elle est injectable, c'est-à-dire où la perméabilité de la roche
est suffisante et comptabilité avec l’eau de gisement.
4) Dans les gisements hétérogènes et dont la roche réservoir est mouillable à l'eau, l'injection
d'eau est préférable à l'injection de gaz en raison de l'imbibition qui se produit
spontanément et qui n'a pas lieu avec le gaz.
• Aspect économique de l’injection d’eau
Les dépenses à envisager pour une injection d'eau sont :
• Les frais d'étude et de laboratoire
• Les frais de forage de puits supplémentaire
• Les frais de conversion des puits de production en injecteurs
• Les frais d'investissement et d'exploitation des installations de surface: compresseurs,
conduites, bacs de décantation, etc.
Les investissements sont en générale plus élèves pour l’injection d’eau que pour l’injection de gaz
: en effet,
• Le nombre des puits injecteurs d’eau est plus grand que pour du gaz, la mobilité de l’eau
et donc l’injectivité étant plus faible.
• Mais le débit est aussi fonction de la pression d’injection : le coût du mètre cube d'eau
injecté augmente avec a pression d’injection.
• Usuellement les pressions d'injection sont maintenues au-dessous de la pression de
fracturation des terrains (en moyenne 0, 2 bar/mètre).
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Chapitre II Récupération Secondaire
5.5.Traitement de l’eau injecter
La nécessité de mélanger des eaux différentes exige que soit bien connue la composition de
chacune d'elles. Une attention spéciale doit être apportée à la mise en présence des ions suivants
d'où peut résulter la formation de précipités :
❖ Baryum et sulfate
❖ Calcium et sulfate
❖ Calcium et carbonate
❖ Fer et sulfure
❖ Fer et oxygene
❖ Les précipités de sulfates sont les plus dangereux car ils ne sont pas attaquables par les
solvants ni par les acides ; l'utilisation de polyphosphates permet d'empêcher de telles
précipitations dans le réservoir.
5.6.Objectifs du traitement
Les buts du traitement des eaux sont :
• Éviter le colmatage du réservoir
• Éviter la corrosion de l'équipement d'injection (réseau de surface et puits)
• Éviter le gonflement des argiles.
1. Colmatage
Il peut être dû :
• À la corrosion
• Aux bactéries (les plus dangereuses sont les bactéries sulfato-réductrices)
• À l'incompatibilité des mélanges.
2. Corrosion
• Elle est à combattre d'une part afin de protéger l'équipement métallique de l'installation.
• Elle est essentiellement due à la présence dans l'eau des gaz: H2S, CO₂ et oxygène, et à
l'action des bactéries.
3. Gonflement des argiles
L'introduction d'une eau étrangère dans un réservoir argileux peut entraîner le gonflement des
argiles bentonitiques par échange d'ions entre l'eau et l'argile; il en résulte une réduction de la
perméabilité de la roche.
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Chapitre II Récupération Secondaire
Cet effet est sensible au PH du milieu. Une eau acide entraînerait au contraire une contraction de
ces argiles. Une telle eau serait malheureusement fortement corrosive,
Les risques de colmatage les plus grands se situent aux abords du puits d'injection. Un traitement
a été expérimenté avec succès, qui consiste à injecter un volume important d'acide chlorhydrique
dans la formation avant de commencer l'injection d'eau et à l'y laisser plusieurs heures.
Dans la zone considérée, ce traitement protège les argiles d'un gonflement ultérieur sous l'effet de
l'eau injecté.
5.7.Modes de traitement
On distingue les traitements physiques, chimiques et biologiques.
• Les traitements physiques: comprennent la filtration, la séparation huile-eau, la
décantation et le dégazage (élimination des gas dissous (O2, H2S et CO2).
• Les traitements chimiques: comportent l'addition de tensioactifs, d'inhibiteurs de
corrosion,
• Traitement biologique: l'emploi des bactéricides, bactériostatiques, algicides.
6. L’injection Du gaz Non miscible (gas injection )
L’injection de gaz de production est presque aussi ancienne que celle de l’eau, elle a connu une
certain faveur notamment aux U.S.A. pour des gisement peu profonds (1000 à 2000 m ) qui
nécessitent des frais de recompressions du gaz peu élevée.
L'utilisation de l'injection de gaz est désormais plus limitée car les gaz extrait des gisements son
valorisés et trouvent d'autres utilisations que l'injection, sauf dans les zones désertiques ou
Éloignées (et parfois en offshore).
L’efficacité de balayage est généralement très inférieur à celle de l’eau (car M›1).l’injection se fait
soit dans le dôme de gaz ,soit directement dans l’huile.
• Aspect technique
Le gaz injecté est presque toujours constitué d’hydrocarbures : gaz de production du gisement dans
le cas très fréquent où il n’y a pas de source de gaz extérieure.
L'injection d’air a parfois été essayée, mais elle présente des nombreux inconvénients (corrosion
des puits, oxydation de l’huile, risques d’explosion).
L’injection de gaz est cependant intéressante par rapport à l’eau :
❑ Quand il y a un dôme de gaz.
❑ Quand l’huile est légère (le GOR de dissolution est grand et la viscosité de l’huile est
faible).
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❑ Quand la perméabilité est élevée.
Dans ces conditions, il y aura un bon balayage vertical de l’huile par le gas-cap, et la récupération
sera bonne. En outre, le gaz injecté dans un gisement d’huile peut être récupéré par la suite (GOR
de production) après percée.
• Aspect Economique
L’accroissement de récupération faible ne permettant généralement pas de forer de nombreux
nouveaux puits, on reconvertit souvent des puits de production (sous réserve de modification des
perforations pour l’injection dans un dôme de gaz).
6.1.Mise en œuvre
• Nettoyage de puits, contrôle de l’ etat du tubage; ne pas choisir un puits produisant de
l’eau (il est inutile d’injecter du gaz dans l’eau)
• Essais d’injectivité des puits.
• Fermeture des zones de cheminement préférentiel.
• Traitement du gaz : pour en tirer H2S, CO2, O2 , et H2O.
• Corrosion et risque de précipités (hydrates) pouvant colmater les canalisations.
• Contrôle : utilisation de marqueurs radioactifs.
• compression: pour des raisons de souplesse, on préfère installer plusieurs compresseurs
de petite taille plutôt qu’un gros.
6.2.Traitement du Gaz
Le gaz d'injection (gaz de séparateur, gaz d'un gisement voisin, gaz inerte ou gaz de combustion)
peut contenir les impuretés suivantes : - hydrogène sulfuré - gaz carbonique - oxygène - vapeur
d'eau. H2S, CO2 et O2 risquent de corroder le réseau de surface et l'équipement des puits d'injection,
en particulier s'il y a présence de traces d'eau.
1) Désulfuration: Le gaz est envoyé dans des tours d'absorption, où il est en contact intime
avec une solution chimique capable d'être ensuite régénérée.
Reactifs employés : solution de carbonate de sodium - phénolate de sodium -amines.
2) Déshydratation : On fait appel à des produits desséchants, soit solides (gel de silice,
alumine activée, sulfate de calcium, anhydre, florite, etc.), soit liquides (glycols).
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3) Filtration : Le gaz d'injection doit être exempt de poussières et de liquides en suspension.
Pour cela, on installe sur le réseau d'injection des scrubbers et des filtres aptes à arrêter toute
particule dont la taille excède quelques microns.
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