Reconstitution de la carte géologique d’une région :
Chap2 :
Les principes stratigraphiques et l’établissement de l’échelle
stratigraphique
Introduction : (p47)
L’étude (pétrographique et paléontologique) des formations sédimentaires d’une région
donnée permet de reconstituer les paysages géologiques anciens.
Cette étude permet de :
o Déterminer les relations entre les couches sédimentaires, et situer ces couches dans le
temps et dans l’espace (Datation relative)
o Mettre en évidence certains événements géologiques passés (transgression, régression,
érosion, déformations tectoniques…).
Questions :
Comment déterminer les relations entre les différentes formations géologiques d’une
région donnée ?
Quels sont les principes adoptés pour dater les formations et les événements géologiques
?
Quelles sont les bases de la subdivision du temps géologique ?
I) Les principes stratigraphiques et la datation relative des
formations géologiques :
1) Quelques notions sur la Stratigraphie :
Les roches sédimentaires sont disposées en couches superposées ou strates
(Stratification).
Une strate est une unité sédimentaire, qui se distingue par son épaisseur, sa couleur et sa
nature pétrographique (Argile ; Grés ; Calcaire…)
Chaque strate est délimitée par deux surfaces, plus ou moins parallèles appelées joints de
stratification : Le toit et le mur de la couche sédimentaire. Ces derniers correspondent à
des discontinuités ou à des changements de composition (Calcaire, Grés, Argile…).
La stratigraphie est l’étude de la succession des couches sédimentaires et les évènements
géologiques afin de reconstituer l’histoire géologique d’une région (Paléogéographie).
Cette discipline se base sur un ensemble de principes : Les principes stratigraphiques.
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2) Les principes stratigraphiques :
a) Principe de superposition (Doc1 ;2 p48)
À l'origine, les couches sédimentaires se déposent horizontalement ; mais des
mouvements tectoniques ultérieurs peuvent perturber cette disposition : Couches
horizontales, couches plissées, couches faillées…
Pour dater les couches sédimentaires qui affleurent dans une région donnée, les géologues
utilisent le principe de superposition qui stipule que : « une couche est plus récente que
celle qu'elle recouvre, et elle est plus ancienne que celle qui la recouvre ».
Exceptions au principe de superposition : (Doc2)
b) Principe de continuité : (Doc3 p50)
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Le faciès d’une roche ou d’une couche sédimentaire est l’ensemble de ses caractères
pétrographiques, minéralogiques, structuraux et paléontologiques (fossiles)
Les couches B et B’ont le même âge aux deux endroits différents (Site1et 2), car elles
ont le même faciès (Fig1). Elles constituent toutes les deux la même couche, et
chacune d’elles est la continuité de l’autre.
Les couches B et B’(Fig2) n’ont pas le même faciès (Calcaire, Sable) ; donc, elles
n’ont pas le même âge.
Le Principe de continuité : « Une même couche sédimentaire est de même âge sur
toute son étendue ».
c) Principe de recoupement et d’inclusion : (Doc4 p50)
Ordre chronologique des événements :
o Dépôt des couches sédimentaires : A > B > C
o Plissement des couches A et B et C.
o La faille (F) recoupe les strates A, B et C ; elle est donc plus récente que ces couches.
o Erosion de la couche C ; puis Inclusion du galet. Et enfin dépôt de la couche D.
Principe de recoupement : « les couches sédimentaires sont plus anciennes que les failles
ou les roches (Granite) qui les recoupent ». Tout événement géologique qui en recoupe
un autre lui est postérieur.
Principe d’inclusion : « Les débris d’une roche (Galet) inclus dans une autre couche
sont plus anciens que leur contenant (couche) » (le contenu est plus ancien que le contenant).
Ex d’application : Etablir l’ordre chronologique des couches et des évènements géologiques :
d) Principe d’identité paléontologique : (Doc 5 p52)
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Les Trilobites sont des animaux marins fossiles, ayant une grande extension
géographique. Ils ont vécu pendant toute l’ère primaire (Paléozoïque : entre - 540 MA et
- 250 MA).
Les Ammonites sont des Céphalopodes marins fossiles, ayant vécu dans les mers
épicontinentales, pendant l’ère secondaire (Jurassique et Crétacé ; entre - 250 MA et - 65
MA)
Fenestella est un animal fossile, bio constructeur des récifs coralliens. Il a vécu pendant
l’ère primaire (Paléozoïque), en milieu marin peu profond (moins de 100 m) et des eaux
limpides et tièdes (25°C à 29°C).
Les fossiles sont des restes ou empreintes d’êtres vivants conservés dans les couches
sédimentaires.
Les fossiles stratigraphiques (Trilobites, Ammonites) permettent de dater les couches
sédimentaires. Un fossile stratigraphique est caractérisé par :
o Une grande extension géographique (horizontale), ce qui permet d’établir des
corrélations stratigraphiques (entre les couches sédimentaires des régions éloignées) à
l’échelle locale et mondiale.
o Une courte durée de vie à l'échelle des temps géologiques (faible extension verticale).
Le principe d'identité paléontologique : Deux couches ayant les mêmes fossiles
stratigraphiques sont considérées comme ayant le même âge.
Les fossiles de faciès (Fenestella) permettent de se renseigner sur le milieu et les
conditions écologiques de sédimentation des roches (Profondeur, Température). Ils se
caractérisent par une extension géographique limitée et par une longue durée de vie.
II) Construction de l’échelle stratigraphique : Notion d’étage
1) Le stratotype : Une référence stratigraphique mondiale : (Doc1 p54)
En appliquant les principes stratigraphiques, les géologues ont établi des Corrélations
entre des formations sédimentaires régionales.
Ils ont utilisé des séquences sédimentaires qui affleurent dans certaines régions ; appelées
Stratotypes. Le Stratotype est caractérisé par :
o La simplicité du milieu de sédimentation (milieu marin…).
o L’absence de déformations tectoniques.
o La richesse en fossiles stratigraphiques marins.
o L’homogénéité des faciès.
o Limites faciles à distinguer (Discontinuités = Lacunes).
Le Stratotype est une série sédimentaire typique, utilisé comme référence pour la datation
relative des formations sédimentaires : Le stratotype détermine une unité de l’échelle
stratigraphique appelée Étage.
L’échelle stratigraphique est utilisée pour la datation relative des formations
sédimentaires et des événements géologiques passés. Elle est constituée d’unités
chronostratigraphiques auxquelles correspondent des unités géochronologiques :
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o L’unité chronostratigraphique est une division comprenant un ensemble de couches
Sédimentaires.
o L’unité géochronologique est une division du temps, c’est la durée correspondante au
dépôt des couches d’une unité chronostratigraphique.
L’étage est une unité chronostratigraphique auquel correspond une unité
géochronologique appelée âge, dont la durée varie entre 3MA et 10MA.
L’échelle stratigraphique comprend une succession d’étages. Chaque étage est défini à
partir d’un stratotype donné.
Le nom attribué à un étage (stratotype) dérive du lieu où il a été identifié pour la première
fois. On ajoute le suffixe -ien au nom du lieu.
Exemple : La colonne stratigraphique ci-dessous présente les caractéristiques et les
limites du Pliensbachien, il s’agit d’un stratotype qui se localise dans la région de
Pliensbach en Allemagne et qui définit un étage du même nom.
2) La lacune stratigraphique : Limites d’un Stratotype : (Doc2 p54)
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Analyse de la Fig.1 : Présence de la couche B dans la localité X et son absence dans la
localité Y. Cette absence constitue une lacune stratigraphique : Discontinuité
chronologique entre deux couches. Il s’agit de l’absence d’une ou de plusieurs couches
dans une série sédimentaire.
Une lacune stratigraphique peut s’expliquer par :
o Une interruption de la sédimentation : Une ou plusieurs couches ne se déposent pas dans
une région, qui a été émergée suite à une régression marine (Fig.2). On parle de lacune
de sédimentation.
o Une érosion : Les couches qui manquent dans une région se sont déposées puis elles ont
disparu à cause d’une érosion, puis la sédimentation a repris en laissant une lacune
(Fig.3). On parle de lacune d’érosion.
3) Notion de cycle sédimentaire : (p58)
La séquence transgressive
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La séquence régressive
Le cycle sédimentaire
Le cycle sédimentaire comprend trois phases : Transgression ; Sédimentation et
Régression. Ces phases sont marquées par des discordances ou par des discontinuités
sédimentaires.
La transgression marine :
o La transgression marine est la progression de la mer vers le continent (Fonte des glaces ;
Affaissement du continent).
o La transgression marine se manifeste par une séquence verticale des couches
sédimentaires = Séquence transgressive (Séquence positive) : Dépôt de sédiments marins
sur des sédiments continentaux (ou marins peu profonds) : Sédiments détritiques
grossiers → Sédiments détritiques fins → Sédiments carbonatés (figure 1).
La régression marine :
o La régression marine est le retrait de la mer (Causes climatiques ou tectoniques).
o La régression marine se traduit par une séquence verticale = Séquence régressive
(Séquence négative) : Dépôt de sédiments continentaux sur des sédiments marins :
Sédiments carbonatés → Sédiments détritiques fins → Sédiments détritiques grossiers.
Un cycle sédimentaire (Etage) désigne la période comprise entre une transgression
marine (séquence transgressive) et la régression marine (séquence régressive) qui la suit.
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4) Les discordances géologiques :
Les couches de la série I sont plissées alors que les couches de la série II sont
horizontales. Les couches de la série I sont plus anciennes que les couches de la série II
(principe de recoupement).
La chronologie des événements géologiques :
o e1 : Dépôt à l’horizontale des couches de la série I sur un socle ancien, dans un milieu
marin , suite à une transgression marine : A > B > C > D.
o e2 : Plissement et soulèvement des couches de la série I après une régression marine.
o e3 : Erosion des couches plissées → aplanissement des reliefs.
o e4 : dépôt des couches de la série II ( E > F) sur les couches plissées de la série I, après
une transgression marine.
o Erosion de la surface de la couche F, après une régression marine.
La surface (d.a) = Discordance géologique ; est une surface de contact entre une série de
couches horizontales (série II) et une série de couches plissées (série I).
Les limites des étages sont marquées par des discordances géologiques ; qui
correspondent à des lacunes stratigraphiques (Discontinuités sédimentaires).
III) Les grandes subdivisions de l’échelle stratigraphique : Notion
d’Erathème et de Système
1) La Biozone : Une subdivision bio stratigraphique fine du stratotype (Doc3 p
56)
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Stratotype = Toarcien (-186 MA à -179 MA) : Les espèces d’Ammonite subdivisent cet étage en 27
unités Bio stratigraphiques (Biozones)
Les fossiles sont utilisés comme "chronomètre" des couches sédimentaires.
La Biostratigraphie est l’étude de la répartition des espèces fossiles dans les strates et
donc dans les temps géologiques ;
Une Biozone est une division Bio stratigraphique fondée sur l'apparition et la disparition
des espèces.
L’étage peut être subdivisé en Biozones ; chaque Biozone est formée par des strates qui
contiennent une forme caractéristique de fossiles stratigraphiques (Ammonite…) ; ce qui
permet d’établir de fines subdivisions géochronologiques.
2) Les critères de détermination des grandes divisions géochronologiques :
a) Les critères paléontologiques : (Doc1 p 60)
Absence de fossiles dans tous les terrains antérieurs à l’étage appelé Géorgien (-570
MA). Les géologues ont divisé le temps géologique en deux grandes périodes :
Cryptozoïque et le Phanérozoïque :
o Le Cryptozoïque (ou période de la vie cachée) correspond aux terrains antérieurs au
Géorgien (-4500 MA à - 570 MA) ; qui se caractérisent par l’absence totale de fossiles.
o Le Phanérozoïque (ou période de la vie apparente), correspond aux terrains qui contiennent
des fossiles et qui se sont formés depuis le Géorgien jusqu’à nos jours (-570 MA à nos
jours).
Le Phanérozoïque contient 4 ères géologiques :
o Le Paléozoïque ou L’ère primaire : Du Géorgien (-570 MA) au Thuringien (-245 MA).
o Le Mésozoïque ou L’ère secondaire : Du Thuringien (-245 MA) jusqu’à la fin du
Maastrichtien (-65 MA).
o Le Cénozoïque ou L’ère tertiaire : Du Maastrichtien (-65 MA) jusqu’à la fin de l’étage
= Astien (-1,8 MA).
o L’ère quaternaire : Après -1,8 MA (Astien) jusqu’à nos jours.
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b) Les critères stratigraphiques et tectoniques : Les cycles orogéniques et les
discordances majeures : (Doc2 p62)
Un cycle orogénique (= cycle tectonique) est la succession des événements correspondant
à la formation, puis à la destruction d'une chaîne de montagnes.
Un cycle dure des dizaines ou des centaines de MA. Il comprend 3 phases :
o Sédimentation dans un bassin sédimentaire (souvent, un milieu marin = marge
continentale).
o Orogenèse : Plissement des sédiments accumulés dans le bassin sédimentaire et
surrection d'une chaîne de montagnes.
o Pénéplanation de la chaîne montagneuse : Aplanissement progressif de la chaîne
montagneuse par l'érosion.
On distingue en général quatre cycles orogéniques majeurs :
o Le cycle Cadomien : Précambrien (Cryptozoïque).
o Le cycle calédonien : Première partie du Paléozoïque (Cambrien-Ordovicien-silurien).
o Le cycle hercynien : Deuxième partie du Paléozoïque (Dévonien-Carbonifère-Permien).
o Le cycle alpin : s'étend du début du Mésozoïque au Quaternaire.
Chaque cycle orogénique est marqué à sa base par une discordance angulaire très
importante = Discordance majeure.
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La discordance majeure cadomienne : Sépare entre des terrains Cryptozoïques très
déformés et des couches Paléozoïques horizontales.
La discordance majeure hercynienne : Elle constitue une limite entre des terrains
Paléozoïques plissés, et des terrains mésozoïques horizontaux.
3) L’échelle stratigraphique : (p64)
En se basant sur des critères paléontologiques, stratigraphiques et tectoniques, les
géologues ont élaboré l’échelle stratigraphique. Elle comprend des unités (divisions)
chronostratigraphiques auxquelles correspondent des unités géochronologiques :
Géochronologie : Datation des formations sédimentaires et les événements géologiques
passés.
Unité Chronostratigraphique : Division comprenant un ensemble de couches
sédimentaires.
Unité Géochronologique : Durée correspondante au dépôt des couches d’une unité
Chronostratigraphique.
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