Agrégation Externe 2019
Mathématiques Générales
Jérémy Le Borgne ∗
ENS Rennes
I Exercices préliminaires
1. On fixe B ∈ Z[X]. On procède par récurrence sur d = deg A (éventuellement, d = −∞
si A = 0). On suppose donc que pour pour tout polynôme P de degré ≤ d, on peut
écrire P = QB + R avec deg R < deg B (éventuellement R = 0).
Si d ≤ deg B, l’écriture A = 0 · B + A convient. Sinon, on note aX d le terme dominant
de A. On a P = A − aX d−deg B B ∈ Z[X], et deg P < d. Par hypothèse de récurrence,
il existe Q, R ∈ Z[X] avec deg R < deg B tels que P = QB + R. Mais alors on a
A = (aX d−deg B + Q)B + R, avec X d−deg B + Q ∈ Z[X] et R ∈ Z[X] de degré < deg B,
d’où le résultat.
2. L’anneau Z[j]
(a) On a j 3 = 1 donc j est algébrique de polynôme annulateur X 3 − 1. Comme j 6= 1,
X 2 + X + 1 est annulateur de j. Ce polynôme est irréductible dans Q[X] (car il
l’est dans R[X] puisque son discriminant −3 est strictement négatif). C’est donc
le polynôme minimal de j.
(b) Soit P ∈ Z[X]. D’après la question 1., il existe Q, R ∈ Z[X] avec deg R < 2 tels
que P = Q(X 2 + X + 1) + R. En particulier, si on note R = a + bX, l’évaluation
en j donne P (j) = a + bj. Ainsi, Z[j] = {a + bj, a ∈ Z, b ∈ Z}.
(c) Soit z ∈ Z[j]. On a déjà N (z) ≥ 0, il suffit donc de monter que N (z) ∈ Z. Si
z = a + bj, un calcul immédiat montre que N (z) = a2 + b2 − ab ∈ Z, donc
N (z) ∈ N.
Soit maintenant z ∈ Z[j]× . Il existe z 0 ∈ Z[j] tel que zz 0 = 1. Comme N est
multiplicative, on a N (z)N (z 0 ) = 1. Comme N (z) et N (z 0 ) sont dans N, on a
N (z) = N (z 0 ) = 1. On est donc ramené à résoudre l’équation a2 + b2 − ab = 1
avec a, b ∈ Z. Soit (a, b) ∈ Z2 un couple solution. Quitte à échanger les rôles
de a et b, on peut supposer que a ≥ b. On a alors (a − b)a + b2 = 1, donc
(a − b)a = 0 et b = ±1, ou (a − b)a = ±1 et b = 0. Dans le premier cas,
les seules solutions possibles sont : (0, −1), (1, 1) et (−1, −1). Le deuxième cas
fournit (1, 0). En échangeant les rôles de a et b, on obtient de plus (−1, 0) et
(0, 1). Ce sont donc les six solutions possibles à cette équation, qui correspondent
aux éléments de Z[j] : 1, j + 1, j, −1, −1 − j, −j, qui sont les racines sixièmes de
l’unité donc inversibles dans Z[j].
∗
Pour toute question ou remarque, [Link]@[Link]
1
(d) Il suffit de montrer que si z ∈ C, il existe q ∈ Z[j] tel que N (z −q) < 1. Soit z ∈ C.
Comme {1, j} est une base de C on peut écrire z = u+jv. Si a, b ∈ Z et q = a+jb,
on a z−q = (u−a)+(v−b)j. On a a lors N (z−q) = (u−a)2 +(v−b)2 −(u−a)(v−b).
Soit a (resp. b) l’entier le plus proche de u (resp. de v). Alors |u−a| ≤ 1/2, |v−b| ≤
1/2, et (u − a)(v − b) ≥ −1/4. Ainsi, pour ce choix de q, on a N (z − q) ≤ 1/4 < 1.
Soient maintenant x, y ∈ Z[j] avec y 6= 0. D’après ce qui précède, on peut écrire
x = qy + r avec N (r) < N (y). Cela montre que Z[j] est euclidien pour le stathme
N.
3. Polynômes cyclotomiques
(a) Soit µ une racine n-ème de l’unité. D’après le théorème de Lagrange, l’ordre de µ
divise n. Par ailleurs, µ est d’ordre d si et seulement si µ est une racine primitive
d-ème. Par unicité de l’ordre, on a donc µn = td|n µ∗d . Ainsi,
Y Y
(X − µ) = Φd (X).
µ∈µn d|n
Enfin, les racines n-èmes sont précisément les n racines de X n − 1, qui sont
distinctes car X n − 1 est premier avec son polynôme dérivé nX n−1 . Le membre
de gauche est donc égal à X n − 1, d’où le résultat.
QΦn = X − 1 ∈ Z[X]. Supposons
(b) On procède par récurrence (forte) sur n. Si n = 1,
le résultat vrai pour tout d < n. Notons B = d|n,d<n Φd . Le polynôme B est
unitaire et, par hypothèse de récurrence, B ∈ Z[X]. Par division euclidienne dans
Z, X n − 1 = QB + R avec R = 0 ou deg R < deg P . D’autre part, la division
euclidienne dans C[X] s’obtient directement vu relation précédente : X n − 1 =
Φn B. Par unicité de la division euclidienne dans C, on a donc Q = Φn et R = 0.
Cela montre en particulier que Φn ∈ Z[X].
(c) i. Comme Fp [X] est de caractéristique p, l’élévation à la puissance p y est un
morphisme d’anneaux. En particulier, (π̂(X) − π̂(1))p = π̂(X)p − π̂(1)p =
π̂(X)p − π(1). Comme π̂ est un morphisme, on a π̂(X p − 1) = π̂(X)p − 1Fp .
ii. On suppose que X p − 1 = P Q avec P, Q unitaires non constants. On a alors
π̂(P )π̂(Q) = (π̂(X) − 1Fp )p . Comme Fp [X] est factoriel, on a π̂(P ) = (π̂(X) −
1Fp )deg P et π̂(Q) = (π̂(X) − 1Fp )deg Q . En particulier, il existe F, G ∈ Z[X]
tels que P = (X − 1)deg P + pF (X) et Q = (X − 1)deg Q + pG(X). L’évaluation
en 1 montre que P (1) et Q(1) sont divisibles par p.
iii. Supposons que Φp = AB avec A, B ∈ Q[X] non constants. D’après le lemme
de Gauss, il existe r ∈ Q× tel que P = rA ∈ Z[X] et Q = r−1 B ∈ Z[X].
Enfin, comme ΦP est unitaire, on peut supposer que P et Q le sont (quitte à
multiplier P et Q par −1). On a alors X p − 1 = (X − 1)P (X) · Q(X), avec
(X − 1)P et Q unitaires non constants. Ainsi, d’après la question précédente,
p|Q(1). De même, p|P (1), d’où p2 |P (1)Q(1) = Φp (1) = p. C’est absurde,
donc Φp est irréductible dans Q[X].
iv. On a ζ p − 1 = (ζ − 1)Φp (ζ) = 0. Comme ζ 6= 1, on a Φp (ζ) = 0. Comme
Φp est irréductible, c’est le polynôme minimal de ζ sur Q. En particulier,
[Q(ζ) : Q] = deg Φp = p − 1.
4. Matrices compagnons
(a) On a pour 1 ≤ i ≤ n − 1, CP ei = ei+1 . Une récurrence immédiate montre alors
que pour 1 ≤ k 6= n − 1, on a CPk (e1 ) = ek+1 . En particulier, si Q ∈ C[X], avec
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Q = n−1
P i
Pn
i=0 λi X , on a Q(CP )(e1 ) = i=1 λi−1 ei . Comme la famille (ei ) est libre,
si Q 6= 0, alors Q(CP )(e1 ) 6= 0, et en particulier Q(CP ) 6= 0.
D’après le théorème de Cayley-Hamilton, le polynôme caractéristique de CP l’an-
nule, son polynôme minimal est donc de degré au plus n, et la discussion précé-
dente montre qu’il est de degré au moins n ; on a donc deg πCP = n.
(b) On a CPn e1 = CP en = a0 e1 + · · · + an−1 en . Ainsi, P (CP )e1 = 0. En particulier, P
doit diviser le polynôme minimal de CP . Or il est unitaire de même degré que ce
polynôme minimal. Ils sont donc égaux.
(c) Comme le polynôme minimal divise χCP (encore Cayley-Hamilton), et qu’ils sont
tous deux unitaires de degré n, on a χCP = πCP = P
(d) Comme C est algébriquement clos, χM est scindé. On sait alors que M est trigo-
nalisable : il existe U ∈ GLn (C) telle que M = U −1 T U avec T triangulaire su-
périeure. Les coefficients diagonaux de T sont alors les valeurs propres α1 , . . . , αn
de M comptées avec multiplicité (comme le montre directement le calcul du po-
lynôme caractéristique). Si Q ∈ C[X], les coefficients diagonaux de Q(T ) sont
alors Q(α1 ), . . . , Q(αn ), et Q(T ) est semblable à Q(M ). En calculant le polynôme
caractéristique, on obtient χQ(M ) = nk=1 (X − Q(αk )).
Q
(e) Considérons la matrice compagnon C QP (c’est possible car P est supposé unitaire).
D’après ce qui précède, χCP = P = nk=1 (X −αQ k ). La question précédente montre
que le polynôme caractéristique de Q(CP ) est nk=1 (X − αk ).
D’autre part, comme Q ∈ A[X] et CP ∈ Mn (A), on a Q(CP ) ∈ Mn (A). En
particulier, le polynôme caractéristique de Q(CP ) est bien à coefficients dans A.
C’est le résultat voulu.
II Nombres algébriques
1. (a) Tout nombre premier p < n est premier avec n. En particulier, ϕ(n) ≥ π(n) − 1,
où π(n) désigne le nombre de nombres premiers ≤ n. Comme il y a une infinité
de nombres premiers, ϕ(n) tend vers +∞ avec n. Ainsi, il n’y a qu’un nombre fini
de n tels que ϕ(n) ≤ d.
(b) Si K est un sous-corps de C contenant une racine primitive n-ème ζ, alors il
contient Q(ζ). Comme Φn est irréductible, c’est le polynôme minimal de ζ et donc
[Q(ζ) : Q] = deg Φn = ϕ(n). En effet, ϕ(n) est aussi le nombre d’éléments d’ordre
n dans un groupe cyclique d’ordre n, c’est donc le nombre de racines primitives
n-èmes de l’unité dans C. Par conséquent, si ζ ∈ K, alors [K : Q] ≥ ϕ(n) (on a
même ϕ(n)|[K : Q]). D’après la question précédente, il n’y a qu’un nombre fini
de tels n.
2. (a) On considère l’unique morphisme de Q-algèbres η : Q[X] → Q(α) tel que η(X) =
α. Par définition de Q(α), il est surjectif. Par définition du polynôme minimal, on a
ker η = (πα ). Ainsi, η induit un isomorphisme Q[X]/(πα ) → Q(α). En particulier,
l’idéal πα est maximal, donc πα est irréductible, et dimQ Q[X]/(πα ) = deg πα est
égal à d = [Q(α) : Q].
(b) Soit σ : K → C un morphisme de Q-algèbres. Ainsi, si P ∈ Q[X], on a σ(P (α)) =
P (σ(α)). En particulier, πα (σ(α)) = 0, donc σ(α) est un conjugué de α. Comme
πα est irréductible de degré d, il possède exactement d racines dans C (il n’a pas
de racines doubles car une telle racine devrait être annulée par son polynôme
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dérivé, non nul et de degré < d, contredisant ainsi l’irréductiblité de πα puisque
pgcd(πα , πα0 ) en serait un diviseur non trivial). Un morphisme de Q-algèbres de
K dans C est entièrement déterminé par l’image de α, il y a donc au plus d tels
morphismes.
Soient maintenant α1 , . . . , αd les d conjugués de α, dans C. Pour tout 1 ≤ i ≤ d,
il existe un unique morphisme de Q-algèbres Q[X] → C envoyant X sur αi , et ce
morphisme induit un morphisme Q[X]/(πα ) → C. En composant à la source avec
l’isomorphisme induit par η entre Q[X]/(πα ) et Q(α), on construit un morphisme
K → C envoyant α sur αi . On a donc bien construit ainsi les d morphismes
attendus.
3. (a) On a [Q(α) : Q] = d fini, donc la famille {θn | n ∈ N} d’éléments de Q(α) est
finie ou liée sur Q. Si elle est finie, alors il existe m 6= n tels que θm = θn , donc
θ est algébrique. Sinon, il existe une relation de dépendance linéaire non triviale
entre ses éléments, c’est-à-dire un polynôme annulateur de θ à coefficients dans
Q et non nul. Cela montre que θ est algébrique.
(b) Comme θ ∈ K, il existe Q ∈ Q[X] tel que θ = Q(α). Comme παQ∈ Q[X], le résultat
de I.4.(e) appliqué à P = πα et ce choix de Q montre que P̃θ = dk=1 (X −Q(αk )) ∈
Q[X]. Or pour tout 1 ≤ k ≤ d, Q(αk ) = Q(σk (α)) = σk (Q(α)) = σk (θ). On a
donc bien Pθ = P̃θ ∈ Q[X].
(c) Le polynôme Pθ est annulateur de θ et à coefficients dans Q, c’est donc un multiple
de πθ . Soit δ l’ordre de multiplicité de θ comme racine de Pθ . On a alors pour
tout k, en faisant agir σk sur les coefficients, la relation (X − σk (θ))δ |Pθ . Donc
toutes les racines de Pθ ont le même ordre de multiplicité. Comme Q πθ est à racines
simples dans C, et qu’il a tous les σk (θ) comme racines, on a πθ = t∈T (X − t) où
T = {σk (θ), 1 ≤ k ≤ d}. Enfin, pour tout t ∈ T , t est racine de Pθ de multiplicité
δ. Ainsi, Pθ = πθδ .
4. Soit α un nombre algébrique. Si πα ∈ Z[X], alors α est entier algébrique. Réciproque-
ment, supposons α entier algébrique. Soit πα ∈ Q[X] son polynôme minimal, et soit
A ∈ Z[X] unitaire annulateur de A. On écrit la division euclidienne de A par πα dans
Z[X] : A = Qπα + R avec Q, R ∈ Z[X] et R = 0 ou deg R < deg πα . Cette division
euclidienne est aussi valable dans Q[X], or dans cet anneau πα divise A, donc R = 0.
Par conséquent, A est divisible par πα dans Z[X].
5. (a) Supposons que α est un entier algébrique, et notons d le degré de son polynôme
minimal. Nous allons montrer que le groupe additif G engendré par les puissances
de α est en fait engendré par 1, α, . . . , αd−1 . Soit k ∈ N, on écrit la division
euclidienne de X k par πα dans Z[X] : X k = Ak πα + Rk . On a alors αk = Rk (α),
avec Rk ∈ Z[X] de degré < d. C’est bien le résultat voulu.
(b) Supposons G de type fini et notons g1 , . . . , gn une famille de générateurs de G.
Par hypothèse, puisque G est stable par multiplication par α, pour tout i, αgj
s’écrit comme combinaison linéaire entière des gi . On peut donc écrire
αg1 g1
.. ..
. = M . ,
αgn gn
g1
..
où M ∈ Mn (Z). On a donc det(αI − M ) = 0 puisque le vecteur . est non
gn
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nul. En particulier, χM (α) = 0, donc α est un entier algébrique.
6. Soient α, β des entiers algébriques. Il suffit de montrer que α − β et αβ sont des entiers
algébriques. Notons Z[α, β] le sous-groupe additif engendré par les éléments de la forme
αi β j . Comme β est entier algébrique, Z[αβ] est de type fini sur Z[α], et comme α est
entier algébrique, il est de type fini sur Z. En particulier, Z[α − β] et Z[αβ] sont de
type fini, donc α − β et αβ sont entiers algébriques.
7. Il est clair que tout entier est un rationnel qui est aussi un entier algébrique.
Pd Soit α =
a i
b ∈ Q un entier algébrique, avec a et b premiers entre eux. Soit P = i=0 ci X ∈ Z[X]
le polynôme minimal de α. On a alors, en multipliant par b : d
a0 bd + a1 bd−1 a + · · · + ad = 0
On en déduit immédiatement que b divise ad . Comme a et b sont premiers entre eux,
on a nécessairement b = ±1 donc α = ±a ∈ Z.
III Le corps Q(ζ) et son anneau d’entiers
1. (a) D’après II.2.(b), il suffit d’identifier les racines de πζ = Φp . Or il est clair que si
ζ est racine primitive p-ème, et 1 ≤ k ≤ p − 1, alors ζ k est aussi racine primitive
p-ème. Ces nombres complexes sont deux à deux distincts, et il existe pour tout
1 ≤ k ≤ p − 1 un unique morphisme de Q-algèbres σk : Q(ζ) → C tel que
σk (ζ) = ζ k .
p−1
(b) i. On a donc N (ζ) = ζ · ζ 2 · · · ζ p−1 = ζ p(p−1)/2 . Comme p est impair, 2 est
entier et N (ζ) = (ζ p )(p−1)/2 = 1.
p
De même, Tr(ζ) = ζ + ζ 2 + · · · + ζ p−1 = 1−ζ1−ζ − 1 = −1 car ζ 6= 1.
ii. On a σk (1−ζ) = 1−ζ k donc N (1−ζ) = (1−ζ) · · · (1−ζ p−1 ) = (−1)p−1 Φp (1) =
p car p est impair. De même, N (1 + ζ) = (−1)p−1 Φp (−1) = 1.
2. Comme ζ ∈ DK , et que DK est un anneau, le sous-anneau de C engendré par ζ est
contenu dans DK , d’où Z[ζ] ⊂ DK .
3. Remarquons préalablement que si θ ∈ Z[ζ], alors N (θ) et Tr(θ) sont des nombres en-
tiers. En effet, ce sont des entiers algébriques en tant qu’éléments de l’anneau Z[ζ] (qui
est stable par les σk ), et ce sont des rationnels car ils sont (au signe près) coefficients
de Pθ défini comme en II.2.
(a) Si z est inversible, alors il existe z 0 ∈ Z[ζ] tel que zz 0 = 1. Par multiplicativité
de N (qui découle directement de la définition adoptée), on a N (z)N (z 0 ) = 1.
Comme N (z) ∈ Z, on a N (z) ∈ Z× = {±1}. Qp−1
Réciproquement, si N (z) = ±1, alors en posant z 0 = N (z) k=2 σk (z), on a
0 0
zz = 1, et z ∈ Z[ζ] par définition des σk . Donc z ∈ Z[ζ] . ×
(b) Supposons que N (z) = ` premier. Si z s’écrit z1 z2 avec z1 , z2 ∈ Z[ζ], on a
N (z1 )N (z2 ) = ` et comme N (z1 ) et N (z2 ) sont des entiers, alors N (z1 ) = ±1
ou N (z2 ) = ±1, ce qui équivaut d’après la question précédente à z1 ou z2 inver-
sible, et donc z est bien irréductible.
4. (a) On sait par II.1 que G est fini. C’est évidemment un sous-groupe de K × . Or un
sous-groupe du groupe multiplicatif d’un corps est cyclique, d’où le résultat. Si on
veut éviter le recours à ce théorème, on peut considérer m = ppcm{ordre(g), g ∈
G}. Comme G est fini, m est bien défini, et tout élément de G est racine m-ème de
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l’unité. En particulier, G ⊂ µm , et en tant que sous-groupe d’un groupe cyclique,
G est cyclique.
(b) Comme p est supposé impair, −ζ k n’est jamais une racine p-ème de l’unité. On
en déduit que les ±ζ k forment un sous-groupe de G d’ordre 2p, car ils sont deux
à deux distincts. D’après le théorème de Lagrange, 2p divise n.
Comme ω engendre le groupe G, et que ζ est une racine de l’unité contenue dans
K, on a ζ ∈ Z[ω], donc Z[ζ] ⊂ Z[ω]. L’inclusion réciproque découle de l’hypothèse
ω ∈ Z[ζ].
(c) On a [Q(ω) : Q] = ϕ(n) et comme [Q(ζ) : Q] = p − 1, on a nécessairement
ϕ(n) = p − 1. Notons n = 2pa avec a ∈ N. Si p divise a, alors ϕ(2pa) > p − 1,
ce cas est donc exclu. Si a est pair, alors ϕ(2pa) = 2(p − 1)ϕ(a) > p − 1, qui
est donc aussi exclu. Il reste le cas a impair non divisible par p, pour lequel
ϕ(2pa) = (p − 1)ϕ(a). On a donc nécessairement ϕ(a) = 1, d’où a = 1 puisque a
est supposé impair. Ainsi, n = 2p et G est exactement constitué des éléments de
la forme annoncée.
5. (a) Soit I = Z ∩ λZ[ζ], alors I est un idéal de Z, il est donc de la forme nZ pour un
certain entier n ∈ N. Par ailleurs, p = N (λ) ∈ I car N (λ) est entier et élément de
Z[ζ]. Donc pZ ⊂ nZ. Comme pZ est maximal, on a I = pZ ou I = Z. Comme λ
n’est pas inversible, 1 ∈
/ λZ[ζ], donc I = pZ.
(b) On sait que si 1 ≤ k ≤ p − 1, N (1 − ζk ) = N (1 − ζ) (puisque ces deux éléments
1−ζ
sont conjugués). Il en résulte que N 1−ζ k = 1 pour tout 1 ≤ k ≤ p − 1. Or
1−ζ 1−ζ ×
= 1 + ζ k + · · · + ζ (p−1)k ∈ Z[ζ]. On a donc bien 1−ζ
1−ζ k k ∈ Z[ζ] .
1−ζ λ p−1
p−1 = uN (λ).
Q
Notons uk = 1−ζ k , on a alors u = 1≤k≤p−1 uk = N (λ) . Ainsi, λ
Comme u est inversible, on a bien λp−1 Z[ζ] = pZ[ζ].
(c) Par définition, P 7→ P (ζ) et z 7→ z (mod hλi) sont surjectifs, donc ψ est surjectif.
Soit P ∈ ker ψ. On a immédiatement P (X) − P (1) divisible par X − 1 dans
Z[X] par division euclidienne. En évaluant en ζ, il vient P (ζ) − P (1) ∈ λZ[ζ].
Ainsi, ψ(P ) ≡ P (1) (mod λZ[ζ]). En particulier, P ∈ ker ψ si et seulement si
P (0) ∈ λZ[ζ]. Comme P (0) ∈ Z, cette condition équivaut à P (0) ∈ pZ d’après le
(a).
(d) La discussion précédente montre que ψ est surjectif de noyau (1 − X, p), il induit
donc un isomorphisme Z[X]/(1 − X, p) ' Z[ζ]/ hλi. L’anneau de gauche est aussi
isomorphe à Fp [X]/(1 − X) ' Fp .
(e) Le quotient par hλi est un corps donc cet idéal est maximal.
Qd
6. (a) i. On peut écrire P = (X − αi ), le coefficient de X k est donc ak =
P Q i=1 d
k d
|K|=d−k,K⊂{1,...,d} i∈K αi . Ainsi, |ak | ≤ d−k 1 = k .
En particulier, il n’y a qu’un nombre fini d’entiers possibles pour le coefficient
ak , et donc qu’un nombre fini de possibilités pour P ∈ Z[X] unitaire de de-
gré d ayant toutes ses racines de module ≤ 1. Comme le polynôme minimal
d’un entier algébrique de degré d ayant tous ses conjugués de module ≤ 1, le
résultat suit.
ii. Suivant l’énoncé, on considère Pn = dk=1 (X − αkn ). D’après I.4.(e) appliqué
Q
avec P et Q = X n , on a Pn ∈ Z[X]. Comme Pn est unitaire de degré d,
c’est un élément de l’ensemble fini de polynômes considéré en (a). Ainsi, ses
racines sont dans l’ensemble (lui aussi fini) des racines de tels polynômes. En
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particulier, pour tout 1 ≤ i ≤ d, la famille {αin , n ∈ N} est finie. Ainsi, il
existe m 6= n tels que αim = αin . Il en résulte que αi est une racine de l’unité
puisque αi 6= 0.
(b) D’après II.3, les racines de πu sont les σk (u). Lorsque u = P (ζ) avec P ∈ Z[X],
on obtient que les conjugués de u sont les uk = P (ζ k ), 1 ≤ k ≤ p − 1. En outre,
comme u est inversible, il existe v ∈ Z[ζ] tel que uv = 1. On a alors uk σk (v) = 1
avec σk (v) ∈ Z[ζ]. Donc uk est inversible.
u1 σk (u1 )
(c) On a up−1 ∈ Z[ζ]× , c’est donc un entier algébrique. Ses conjugués sont les σk (up−1 ) =
uk
up−k car z (p−1)k
= ζ p−k .
Enfin, on a = ζ p−k ζ̄ k ,
donc comme P ∈ Z[X], up−k = ūk
pour tout 1 ≤ k ≤ p − 1. Ces nombres complexes ont donc le même module. Ainsi,
u1
up−1 et tous ses conjugués sont de module 1.
u1
(d) La question 6.(a) montre que up−1 est une racine de l’unité. La question III.4
montre qu’il est de la forme ±ζ k pour 1 ≤ k ≤ p − 1.
(e) i. Par définition, il existe P ∈ Z[X] tel que θ = P (ζ). D’après III.5.(c), on
a P (ζ) ≡ P (1) (mod hλi). On a bien θ ≡ a (mod hλi) avec a ∈ Z. En
particulier, si θ0 = σk (θ) est un conjugué de θ, on a θ0 − σk (a) ∈ σk (λ)Z[ζ].
Comme hσk (λ)i = hλi d’après 5.(b), et comme σk (a) = a, on a θ0 ≡ θ
(mod hλi).
ii. On a donc u1 ≡ up−1 (mod hλi), et comme up−1 est inversible, uup−1 1
≡ 1
p
(mod hλi). En particulier, uup−11
≡ 1 (mod hλi). Or (−ζ m )p = −1 car p
est impair, et −1 6= 1 dans Z[ζ]/hλi qui est de caractéristique impaire. Ainsi,
u ne peut être de la forme −ζ m , on a donc uup−1
1
= ζ m.
(f) La multiplication par 2 est bijective modulo p car p est impair. En particulier, il
existe r ∈ Z tel que 2r ≡ m (mod pZ). Soit ε = ζ −r u.
On a ζ −r u = ζ r up−1 , ce qui signifie exactement ε = ε̄ car up−1 = ū1 . Ainsi ε est
réel et u s’écrit bien ζ r ε avec ε réel et ε = ζ −r u ∈ Z[ζ]× .
7. (a) Nous l’avons déjà montré en III.3 pour les éléments de Z[ζ]. Le raisonnement
est identique : si θ ∈ DK , ses conjugués sont aussi des entiers algébriques donc
N (θ) et Tr(θ) aussi. De plus, ce sont des coefficients de Pθ défini en II.2 donc des
nombres rationnels. Ainsi, ce sont des entiers.
(b) i. On a θζ −k = p−2 j−k . Tous les ζ j−k sont de trace −1, sauf ζ 0 qui est de
P
j=0 aj ζ
trace p − 1. Ainsi, par linéarité, bk = (p − 1)ak − j6=k aj + p−1
P P
j=1 aj = pak .
−k
On sait que θ est un entier algébrique, donc θ(ζ − ζ) aussi, et donc bk est
un entier.
ii. On a pθ = p−2 k
P
k=0 bk ζ ∈ Z[ζ] = Z[λ] car λ = 1 − ζ. Il existe donc bien des
coefficients ck comme annoncé.
Par définition, ζ = 1 − λ. On a donc pθ = p−2 k
P
k=0 bk (1 − λ) . En utilisant la
formule du binôme, il vient :
p−2 k
X
k
X k j
pθ = (−1) bk λ .
j
k=0 j=0
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En réindéxant la somme, on a :
p−2 X p−2
X
(−1)k bk k λj .
pθ =
j
j=0 k=j
Un changement d’indice et l’identification des coefficients sur la base 1, λ, . . . , λp−2
de Q(ζ) donnent alors :
p−2
X
` `
ck = (−1) bl .
k
`=k
La relation formelle k ck (1 − X)k = k bk X k montre aussi que ck s’obtient
P P
à partir des bl de la même manière :
p−2
X
` `
bk = (−1) cl .
k
`=k
iii. Comme on l’a vu en III.5.(b), λp−1 et p engendrent le même idéal de Z[ζ],
donc il existe β ∈ Z[ζ]× tel que βλp−1 = p (on a même donné une valeur
explicite pour β en III.5.(b)).
En prenant la trace de la relation pθ = k ck λk , on obtient p|c0 (car la trace
P
de λk est p pour 1 ≤ k ≤ p − 2, ce qu’on voit en appliquant la formule du
binôme à (1 − ζ)k et en utilisant Tr(ζ k ) = −1).
Pp−2
On obtient donc la relation pθ = k
k=1 ck λ . En réduisant cette relation
modulo λ DK , il vient 0 ≡ λ βθ ≡ c1 λ (mod λ2 DK ). On peut donc écrire
2 p−1
c1 = λv avec v ∈ DK . En prenant la norme, on obtient cp−1 1 = N (λ)N (v) =
p−1
pN (v). On a donc p|c1 et donc p|c1 car p est premier.
Une récurrence immédiate sur k (par réductions successives modulo λk+1 )
montre que pour tout 0 ≤ k ≤ p − 2, p|ck .
La relation Z-linéaire exprimant les bk en fonction des ck montre alors que
tous les bk sont divisibles par p, et donc que θ ∈ Z[ζ].
On a donc bien montré que DK = Z[ζ].
IV Le théorème de Fermat pour p = 3
1. En vertu du théorème de Gauss, la condition 3 - xyz signifie qu’aucun de ces trois
entiers n’est divisible par 3, c’est-à-dire qu’ils sont tous inversibles modulo 9. Comme
(Z/9Z)× est d’ordre 6 et donc cyclique, les entiers x3 , y 3 , z 3 sont d’ordre divisant 2,
donc égaux à ±1 modulo 9. En particulier, les valeurs possibles pour x3 + y 3 + z 3
modulo 9 sont −3, −2, −1, 1, 2 et 3. Cela montre qu’il n’y a pas de telle solution.
2. D’après lII.5.(b), λ2 et 3 sont associés dans Z[j]. Plus précisément, on a 3 = βλ2 avec
β = 1 + j.
3. On sait que Z[j]/ hλi ' F3 . En particulier, si s ∈ Z[j], s vaut −1, 0 ou 1 modulo λ. Si
s n’est pas divisible par λ, il existe ε ∈ {±1} et a ∈ Z[j] tel que s = ε + λa. On a alors
s3 = ε3 + 3aε2 λ + 3a2 ελ2 + a3 λ3 . Par suite, s3 = ε3 + aβλ3 + a3 λ3 (mod λ4 ). Il suffit
donc de montrer que aβ + a3 ∈ λZ[j]. On a a3 = a (mod λ), donc aβ + a3 = a(β + 1)
(mod λ). Or β + 1 ∈ λZ[j] car j ≡ 1 (mod λ), donc on a bien s3 ≡ ε3 ≡ ε (mod λ4 ).
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4. D’après la question précédente, α3 et β 3 valent ±1 modulo λ4 . Les inversibles 1, 1 +
j, j, −1, −1 − j et −j sont respectivement égaux à 1, −1, 1, −1, 1 et −1 modulo λ (il
suffit de remarquer que j ≡ 1 (mod 1 − λ), ce qui est clair). Comme n ≥ 1, on voit
que ωλ3n δ 3 est égal ±1 modulo λ4 si n = 1, et 0 sinon. Comme α3 + β 3 + ωλ3n δ 3 = 0,
on a nécessairement n ≥ 2 et α3 + β 3 ≡ 0 (mod λ4 ).
5. (a) Cela résulte immédiatement de l’identité α3 + β 3 = (α + β)(α + jβ)(α + j 2 β),
qu’on obtient en évaluant X 3 − 1 = (X − 1)(X − j)(X − j 2 ) en −α/β).
(b) On sait que Z[j] est euclidien, donc factoriel. Comme λ est irréductible, il divise
l’un des facteurs. Mais α + β − (α + jβ) = λβ, α + β − (α + j 2 β) = λ(1 + j)β et
α + jβ − (α + j 2 β) = λjβ, de sorte que si λ divise l’un des trois facteurs, il doit
diviser les trois.
(c) Le calcul précédent montre que pgcd(α + β, α + jβ) = pgcd(α + β, λβ). Comme λ
est irréductible, si γ irréductible non associé à λ divise ce pgcd, alors γ divise β.
Or comme α et β sont premier entre eux, γ ne peut diviser α + β. Cela montre
bien que λ est un pgcd(α + β, α + jβ).
En particulier, λ2 ne peut diviser simultanément α + β et α + jβ. Le même
raisonnement vaut pour les autres paires de facteurs. Par ailleurs, comme n ≥ 2, λ2
doit diviser au moins l’un de ces trois facteurs, c’est donc qu’il en divise exactement
un des trois.
(d) En divisant par λ3 n, on a immédiatement −ωδ 3 = κ1 κ2 κ3 . Comme κ1 , κ2 et κ3
sont deux à deux premiers entre eux (puisque λ est un pgcd de chaque paire de
facteurs de (α + β)(α + jβ)(α + j 2 β)), et que leur produit est associé à un cube,
chacun d’entre eux est associé à un cube : pour 1 ≤ i ≤ 3, il existe γi ∈ Z[j] tel
que κi ∼ γi3 .
(e) Les relations précédentes s’écrivent
α + β = τ1 λ3n−2 γ13
α + jβ = τ2 λγ23 ,
2
α+j β = τ3 λγ33
avec τ1 , τ2 , τ3 ∈ Z[j]× . En multipliant la i-ème ligne par j i−1 , il vient
α + jα + j 2 α + β + j 2 β + jβ = τ1 λ3n−2 γ13 + jτ2 λγ23 + τ3 λγ33 ,
d’où on tire immédiatement
0 = γ23 + τ γ33 + τ 0 λ3(n−1) γ13
en divisant par τ2 λ et en posant τ = τ2−1 τ3 et τ 0 = τ2−1 τ1 .
(f) Le cas τ = 1 correspond exactement à (Pn−1 ) avec le quadruplet (γ2 , γ3 , γ1 , τ 0 ).
Le cas τ = −1 fournit également Pn−1 avec le quadruplet (γ2 , −γ3 , γ1 , τ 0 ).
(g) En réduisant la relation de IV.5.(e) modulo λ3 (étant donné que n ≥ 2), on trouve
γ13 + τ γ33 ≡ 0 (mod λ3 ). Or par définition des γi , on a λ - γ1 γ2 γ3 . D’après IV.3.,
on sait que γ1 et γ3 valent ±1 (mod λ4 ), donc τ = γ1−1 γ3 ≡ ±1 (mod λ3 ).
Or j − 1 = −λ et j + 1 ∈ Z[j]× , donc aucun des deux n’est divisible par λ3 . De
même, on vérifie que −j ± 1, j 2 ± 1 et −j 2 ± 1 sont de valuation en λ au plus 1.
Ainsi, on a nécessairement τ ∈ {±1}. Cela montre que (Pn−1 ) est vérifiée.
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6. Il suffit de montrer que (1) n’admet pas de solution (x, y, z) dans Z[j]3 avec λ|z et
λ - xy. Supposons qu’il existe une telle solution, et choisissons-en une pour laquelle
vλ (z) = n est minimale. La question 5 montre alors que Pn−1 est vérifiée, ce qui
contredit la minimalité de la solution précédente.
V Le théorème de Fermat pour p régulier et p - xyz
1. On a p−1 k p
Q
k=0 (X − ζ ) = X − 1. Comme y 6= 0, on peut évaluer cette relation en −x/y,
ce qui donne (en multipliant chacun des facteurs par −y :
p−1
Y
p
(−1) (x + ζ k y) = xp − (−y)p .
k=0
Qp−1
Comme p est impair, on en déduit − k=0 (x + ζ k y) = xp + y p = −z p . En particulier,
on a l’égalité d’idéaux annoncée.
2. (a) On a :
x + ζ ` y − (x + ζ k y) = −ζ k (1 − ζ `−k )y ∈ P.
D’après III.5.(b), comme 0 < ` − k ≤ p − 1, on sait que 1 − ζ `−k = hλi, et
comme −ζ est inversible, on a bien λy ∈ P.
(b) Si y ∈ P, alors x = (x + ζ k y) − ζ k y ∈ P et donc xZ + yZ ⊂ P. En particulier,
xZ + yZ 6= Z, sinon, Z ⊂ P donc Z[ζ] ⊂ P, ce qui contredit la primalité de P.
Par conséquent, y ∈ / P et comme P est premier, λ ∈ P, donc par maximalité de
hλi, on a hλi = P. On a alors x + y = x + ζ k y + (1 − ζ k )y ∈ hλi. Comme x + y ∈ Z,
on a bien x + y ∈ Z ∩ hλi = pZ. Mais alors p divise z p et comme p est premier, il
divise z, ce qui est contraire à l’hypothèse initiale.
3. Soit hzi = Pe11 · · · Perr la factorisation de l’idéal hzi en produit d’idéaux premiers (les
Pi sont deux à deux distincts. On a alors hz p i = Ppe 1 per
1 · · · Pr . Comme les x + ζ y
k
(0 ≤ k ≤ p − 1) sont deux à deux premiers entre eux et d’après la relation V.1, si P est
un idéal premier divisant hx + ζyi, alors P ∈ {Pi , 1 ≤ i ≤ r} et si P = Pi , alors Ppe i
i
k
divise hx + ζyi (sinon, Pi devrait contenir un x + ζ y avec k 6= Q 1, ce qui contredirait
le fait qu’ils sont premiers entre eux). En particulier, hx + ζyi = Pi |hx+ζyi Ppe i
i
= Ip
Q ei
avec I = Pi |hx+ζyi Pi .
4. Par hypothèse, p est régulier. Or l’idéal I de la question précédente vérifie que I p est
principal, donc I est principal. Notons α ∈ Z[ζ] un générateur de I, alors αp est un
générateur de I p et il existe u ∈ Z[ζ]× tel que x + ζy = uαp .
D’après III.6., l’élément inversible u s’écrit u = ζ r ε, où r ∈ Z et ε ∈ Z[ζ]× ∩ R. On a
alors bien x + ζy = ζ r εαp , avec r, ε, α de la forme annoncée.
5. L’anneau Z[ζ]/pZ[ζ] est de caractéristique p. Si on écrit α = a0 + λb avec a0 ∈ Z et
b ∈ Z[ζ], alors on a αp ≡ ap0 + λp bp (mod hpi). Comme p et λp−1 sont associés, on a
αp ≡ ap0 (mod hpi). En posant a = ap0 , on obtient le résultat.
En prenant le conjugué (au sens de la conjugaison complexe) de x + ζy, on obtient
x + ζ −1 y ≡ ζ −r εαp (mod hpi) car x, y, ε sont réels et ᾱp ≡ ā ≡ a (mod hpi).
On en déduit, comme ζ est inversible, que
ζ −r (x + ζ r y) − ζ r (x + ζ −1 y) ≡ 0 (mod hpi),
ce qui est la relation attendue.
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6. Si p divise r, alors la relation ζ r = 1 et la précédente imposent que y(ζ − ζ −1 ) =
x+yζ −x−yζ −1 ∈ pZ[ζ]. On a donc y(ζ − ζ −1 ) ⊂ pZ[ζ] donc λy ∈ pZ[ζ] = λp−1 Z[ζ].
Ainsi, y ∈ λp−2 Z[ζ] ⊂ hλi, d’où y ∈ hλi ∩ Z = pZ. Ceci est contraire à l’hypothèse
p - xyz.
7. Si r ∈ / {±(1 − r)}, comme r 6= −r (mod p) et r − 1 6= 1 − r (mod p), l’ensemble
{ζ r , ζ −r , ζ r−1 , ζ −r−1 } est constitué quatre éléments de la base {ζ, ζ 2 , . . . , ζ p−1 } de
Q(ζ)/Q. En écrivant βp sur cette base, on en déduit que les coordonnées x, y, −x, −y
sont des entiers divisibles par p, ce qui n’est pas. On doit donc avoir r ∈ {±(1 − r)},
c’est-à-dire 2r = 1 (mod p) (car le cas r = r − 1 (mod p) est exclu).
8. En multipliant l’égalité précédente par ζ r , il vient βpζ r = x + ζy − xζ − y = λ(x − y).
On a donc x−y ∈ λp−2 Z[ζ] et le même raisonnement qu’en V.6 montre que x−y ∈ pZ.
9. La symétrie de l’équation montre que x ≡ z (mod p), et donc que 0 ≡ 3xp (mod p).
Comme on a supposé que p - x, on doit avoir p|3, donc p = 3. Mais ce cas a été traité
dans la partie précédente. On en conclut que l’équation xp + y p + z p = 0 n’a pas de
solutions entières telles que p - xyz.
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