Les calculatrices, téléphones, tablettes, ordinateurs et autres appareils électroniques similaires,
ainsi que les documents sont interdits.
La qualité de la rédaction sera un facteur important d’appréciation des copies. On invite donc les
candidats à produire des raisonnements clairs, complets et concis.
Les candidats peuvent utiliser les résultats énoncés dans les questions ou parties précédentes, en
veillant dans ce cas à préciser la référence du résultat utilisé.
Notations
— Toutes les C-algèbres considérées dans ce problème seront unitaires et l’on conviendra que les
morphismes de C-algèbres respecteront les éléments unités. La C-algèbre des polynômes à co-
efficients complexes en une indéterminée X sera notée C[X]. Le sous-espace vectoriel de C[X]
formé des polynômes P de degré deg P ≤ n sera noté Cn [X].
— On notera Mn,p (C) l’espace vectoriel des matrices complexes à n lignes et p colonnes, Mn (C)
l’algèbre Mn,n (C) et GLn (C) le groupe linéaire (groupe des matrices inversibles de Mn (C)). Pour
toute matrice A ∈ Mn (C), on notera C[A] := {P(A) | P ∈ C[X]} la sous-algèbre de Mn (C) engen-
drée par A.
— Le polynôme caractéristique de A ∈ Mn (C) sera noté χA (X) := det(XIn − A) et son spectre
Sp A. Ce dernier sera le plus souvent considéré comme un multiensemble, c’est-à-dire que ses
éléments peuvent avoir des multiplicités. Par exemple, le spectre de la matrice identité In est
Sp In = {{1, 1, . . . , 1}} (n fois). Pour une matrice nilpotente N ∈ Mn (C) (c’est-à-dire telle qu’une
puissance de N soit nulle), on a donc Sp N = {{0, 0, . . . , 0}} ; et pour une matrice unipotente
U ∈ Mn (C) (c’est-à-dire telle que U − In soit nilpotente), Sp U = {{1, 1, . . . , 1}}.
— On notera [A, B] := AB − BA le commutateur de A, B ∈ Mn (C) (l’application (A, B) 7→ [A, B]
est donc bilinéaire sur Mn (C)). On notera Diag(α1 , . . . , αn ) ∈ Mn (C) la matrice diagonale dont
les coefficients diagonaux sont les αi ∈ C ; de même, si Ai ∈ Mri (C) pour i = 1, . . . , k, avec
r1 + · · · + rk = n, on écrira Diag(A1 , . . . , Ak ) ∈ Mn (C), la matrice diagonale par blocs correspon-
dante.
— On rappelle le théorème suivant (décomposition de D UNFORD d’une matrice, respectivement
d’un endomorphisme) :
• Pour tout A ∈ Mn (C), il existe un unique couple (S, N) ∈ Mn (C)2 de matrices telles que
A = S +N, [S, N] = 0, S est diagonalisable et N est nilpotente. On a alors : χA = χS et Sp A = Sp S.
De plus, S, N ∈ C[A], autrement dit, on peut écrire S = P(A) et N = Q(A) avec P, Q ∈ C[X].
• Soit V un C-espace vectoriel de dimension finie. Pour tout endomorphisme φ de V , il existe un
unique couple (φs , φn ) d’endomorphismes de V tels que φ = φs + φn , [φs , φn ] = 0, φs est diagona-
lisable et φn est nilpotent. On a alors : χφ = χφs et Sp φ = Sp φs . De plus, φs , φn ∈ C[φ], autrement
dit, on peut écrire φs = P(φ) et φn = Q(φ) avec P, Q ∈ C[X].
1
— On rappelle que l’exponentielle de matrices est l’application exp : Mn (C) → GLn (C) définie par
la formule :
1
exp A := ∑ Ak ,
k≥0 k!
et que c’est une application C ∞ de l’espace vectoriel normé Mn (C) dans lui-même, telle que, si
[A, B] = 0, on ait exp(A + B) = (exp A)(exp B).
— On pourra noter |||A||| la norme matricielle subordonnée à une norme ||·|| quelconque sur Cn :
on a donc |||In ||| = 1 et, pour tous A, B ∈ Mn (C) et Y ∈ Cn , ||AY || ≤ |||A||| ||Y || et |||AB||| ≤
|||A||| |||B|||.
Dans le problème, les textes placés entre les symboles ... précisent des notations et définitions
qui sont utilisées dans la suite de l’énoncé.
2
I Exercices préliminaires
1 1
1. Donner une décomposition de D UNFORD de la matrice A := ∈ M2 (C) (on discutera en
0 a
fonction de a ∈ C).
2. Justifier la relation exp(PAP−1 ) = P(exp A)P−1 , où A ∈ Mn (C) et P ∈ GLn (C).
3. Soient n un entier, n ≥ 1 et a1 , . . . , an ∈ C des complexes. Déterminer le noyau de l’application
linéaire P 7→ (P(a1 ), . . . , P(an )) de Cn−1 [X] dans Cn et en déduire que, si les ai sont deux à deux
distincts :
∀(b1 , . . . , bn ) ∈ Cn , ∃!P ∈ Cn−1 [X] : P(a1 ) = b1 , . . . , P(an ) = bn .
On ne cherchera pas à donner une forme explicite au polynôme d’interpolation P.
4. Montrer que toute représentation ρ : Z → GLn (C) est de la forme k 7→ M k pour une certaine
matrice M ∈ GLn (C). À quelles conditions deux telles représentations sont-elles équivalentes ?
5. Soit G un groupe abélien noté additivement. On note G b l’ensemble des morphismes de G dans
le groupe multiplicatif C , i.e. des applications f : G → C∗ telles que ∀x, y ∈ G , f (x + y) =
∗
b2 , on note f1 f2 : G → C∗ l’application x 7→ f1 (x) f2 (x). Montrer
f (x) f (y). Pour tout ( f1 , f2 ) ∈ G
qu’on munit ainsi G b d’une structure de groupe abélien.
II La décomposition de D UNFORD
Dans toute cette partie, n désigne un entier fixé avec n ≥ 2.
1. Soient A1 = S1 + N1 , A2 = S2 + N2 deux décompositions de D UNFORD. Démontrer l’équivalence
logique :
[S1 , S2 ] = [S1 , N2 ] = [N1 , S2 ] = [N1 , N2 ] = 0 ⇐⇒ [A1 , A2 ] = 0.
[Indication : on pourra, pour l’implication directe, utiliser la bilinéarité du commutateur ; pour
l’implication réciproque, le fait que Si , Ni ∈ C[Ai ].]
2. (a) Soit A ∈ Mn (C) une matrice triangulaire supérieure. On note S ∈ Mn (C) sa partie diagonale
(obtenue en remplaçant par 0 tous les coefficients au dessus de la diagonale) et N ∈ Mn (C)
sa partie triangulaire supérieure stricte (obtenue en remplaçant par 0 tous les coefficients
diagonaux), de sorte que A = S + N. À quelles conditions est-ce une décomposition de D UN -
FORD ?
(b) On suppose de plus que S est de la forme Diag(α1 Ir1 , . . . , αk Irk ), où r1 + · · · + rk = n et où
α1 , . . . , αk ∈ C sont deux à deux distincts. Que deviennent les conditions ci-dessus ?
[Indication : on exprimera N sous forme de matrice par blocs de tailles ri × r j .]
3. (a) Soit B ∈ GLn (C). Démontrer l’existence d’un unique couple (T,U) ∈ GLn (C)2 de matrices
telles que B = TU, [T,U] = 0, T est diagonalisable et U est unipotente.
(b) Vérifier que l’on a alors les propriétés suivantes : χB = χT , Sp B = Sp T et T,U ∈ C[B].
(c) Soient B1 = T1U1 , B2 = T2U2 deux telles décompositions. Démontrer l’équivalence logique :
[B1 , B2 ] = 0 ⇐⇒ [T1 , T2 ] = [T1 ,U2 ] = [U1 , T2 ] = [U1 ,U2 ] = 0.
4. (a) Soit S ∈ Mn (C). On suppose que S = PDP−1 = P0 D0 P0 −1 , où P, P0 ∈ GLn (C) et où D =
Diag(α1 , . . . , αn ), D0 = Diag(α01 , . . . , α0n ), de sorte que :
Sp S = {{α1 , . . . , αn }} = {{α01 , . . . , α0n }}.
3
(On rappelle que, dans cette notation de multiensembles, les éléments sont présents avec une
multiplicité.) Soient Ω un sous-ensemble de C contenant Sp S et f une application définie sur
Ω et à valeurs dans C. Démontrer l’égalité :
−1
PDiag( f (α1 ), . . . , f (αn ))P−1 = P0 Diag( f (α01 ), . . . , f (α0n ))P0 .
[Indication : on pourra introduire un polynôme F ∈ C[X] interpolant f sur Sp S et calculer
F(S) de deux manières différentes.]
(b) Dans le cas où f : C → C est la fonction définie par la série entière de rayon de convergence
infini ∑ ak zk , vérifier que la matrice ci-dessus est égale à ∑ ak Sk . On précisera soigneuse-
k≥0 k≥0
ment le sens donné à cette somme infinie de matrices.
Indépendamment de la nature de f , la matrice PDiag( f (α1 ), . . . , f (αn ))P−1 sera dorénavant notée
f (S). D’après la question ci-dessus, dans le cas de la fonction exponentielle f = exp, cette notation est
cohérente avec la définition de l’exponentielle de matrices rappelée en introduction.
III L’exponentielle exp : Mn (C) → GLn (C) est surjective
1. (a) Soient β1 , . . . , βn ∈ C∗ des complexes non nuls. Soient α1 , . . . , αn ∈ C tels que, pour tout
i ∈ {1, . . . , n}, exp(αi ) = βi . Soit enfin P ∈ GLn (C). Notant T := PDiag(β1 , . . . , βn )P−1 et
S := PDiag(α1 , . . . , αn )P−1 , vérifier que exp S = T .
(b) On suppose de plus que, pour tous i, j ∈ {1, . . . , n}, on ait βi = β j ⇒ αi = α j . Montrer que
S ∈ C[T ].
[Indication : on pourra utiliser un polynôme F ∈ C[X] tel que ∀i ∈ {1, . . . , n} , F(βi ) = αi .]
(c) Montrer que, si T , P et les βi sont donnés, on peut toujours choisir des αi de sorte que soit
vérifiée l’hypothèse de la question précédente.
(d) Montrer que, si l’on ne fait pas cette hypothèse sur les αi , la conclusion S ∈ C[T ] peut être en
défaut.
[Indication : on pourra prendre T = P = I2 .]
2. Pour tout entier naturel non nul n, on définit les polynômes suivants dans C[X] :
n−1 n−1
1 (−1)k−1
En (X) := ∑ k! X k et Ln (X) := ∑ k
(X − 1)k .
k=0 k=1
Par convention, L1 (X) = 0. Soient P, Q, R ∈ C[X] ; on notera P ≡ Q (mod R) la congruence mo-
dulo R dans l’anneau C[X].
(a) Montrer que Ln ◦ En ≡ X (mod X n ) et En ◦ Ln ≡ X (mod (X − 1)n ).
[Indication : on pourra utiliser les développements de TAYLOR des fonctions usuelles x 7→
exp x en 0 et x 7→ ln(x) en 1.]
(b) À l’aide de ces formules, justifier très soigneusement le fait que les applications N 7→ exp N
et U 7→ Ln (U) sont des bijections réciproques l’une de l’autre entre l’ensemble des matrices
nilpotentes et l’ensemble des matrices unipotentes de Mn (C).
3. Déduire des questions précédentes que l’application exp : Mn (C) → GLn (C) est surjective.
4
IV La fonction matricielle zA et sa monodromie
On note O la C-algèbre des fonctions holomorphes sur l’ouvert connexe Ω := C \ R− ⊂ C∗ (où R−
désigne la demi-droite réelle ] − ∞, 0]) ; cet anneau est commutatif et intègre.
On rappelle qu’il existe une unique fonction continue log sur Ω (détermination principale du logarithme
sur Ω) telle que, notant IdΩ la fonction identité de Ω :
exp ◦ log = IdΩ et log 1 = 0;
de plus, log ∈ O, et la restriction de log à R∗+ =]0, +∞[ est le logarithme népérien. Pour tout α ∈ C, on
note :
zα := exp(α log z).
Pour α ∈ Z, on retrouve les puissances usuelles. Plus généralement, on a zα+β = zα zβ . On s’autorise
l’abus usuel de notation qui permet de noter zα l’application z 7→ zα . Avec cette convention, zα ∈ O.
df
On note δ : f 7→ z la « dérivation d’E ULER » ; c’est une application C-linéaire de O dans lui-même
dz
vérifiant la règle de L EIBNIZ :
δ( f g) = f δ(g) + δ( f )g.
1. Calculer δ(log) et, pour tout α ∈ C, δ(zα ).
2. Vérifier que les déterminations du logarithme sur Ω (i.e. les fonctions continues f : Ω → C telles
que exp ◦ f = IdΩ ) sont les fonctions Log(k) : z 7→ log z + 2kiπ avec k ∈ Z.
Pour toute matrice A ∈ Mn (C) et tout z ∈ Ω, on pose zA := exp((log z)A).
3. (a) Soit A = S +N une décomposition de D UNFORD, avec S = PDiag(α1 , . . . , αn )P−1 . Démontrer
les égalités :
n−1
1
zS = PDiag(zα1 , . . . , zαn )P−1 , zN = ∑ k! (log z)k N k et zA = zS zN = zN zS .
k=0
(b) Calculer le déterminant de zA .
Les matrices dont les coefficients sont des fonctions sur Ω seront dénotées par des majuscules “script”
X , Y ,... On identifiera une telle matrice X = ( fi, j ) 1≤i≤m ∈ Mm,n (O) à la fonction à valeurs matricielles
1≤ j≤n
de Ω dans Mm,n (C) qui, à z ∈ Ω, associe X (z) := ( fi, j (z)) 1≤i≤m .
1≤ j≤n
4. Montrer que les coefficients de la fonction matricielle z 7→ zA sont des combinaisons linéaires de
fonctions zα (log z)k , où α ∈ Sp A et où k ∈ N, k < d, l’entier d désignant l’ordre de nilpotence de
N.
On notera abusivement zA la fonction z 7→ zA . On a donc zA ∈ Mn (O).
L’application δ s’étend naturellement aux matrices de fonctions : si X = ( fi, j ) 1≤i≤m , alors on pose :
1≤ j≤n
δ(X ) := (δ( fi, j )) 1≤i≤m . Ce prolongement est C-linéaire et vérifie encore la règle de L EIBNIZ pour le
1≤ j≤n
produit matriciel usuel :
δ(X Y ) = X δ(Y ) + δ(X )Y .
5
5. Soient f ∈ O et A ∈ Mn (C). Calculer δ(exp( f (z)A)). Vérifier en particulier que :
δ(zA ) = AzA = zA A.
6. Soient X ∈ Mn,p (O) une matrice de fonctions holomorphes sur Ω et A ∈ Mn (C). On suppose
que δ(X ) = AX . Montrer qu’il existe une matrice constante C ∈ Mn,p (C) telle que X = zAC.
[Indication : on commencera par montrer qu’il existe un tel C ∈ Mn,p (O), puis que δ(C) = 0.]
7. On introduit d’autres « déterminations de zA » en posant, pour tout k ∈ Z (avec la notation intro-
duite question 2) :
z k := exp(Log(k) (z)A).
A
(a) À l’aide de la question 5, montrer que δ zA k = A zA k = zA k A et en déduire, à l’aide de la
question 6, l’existence d’une unique matrice Mk ∈ GLn (C) telle que zA k = zA Mk .
(b) Calculer Mk et montrer que l’application k 7→ Mk est une représentation de Z dans GLn (C).
On notera ρA : Z → GLn (C) cette représentation.
8. Que peut-on déduire de l’exercice préliminaire no 4 à propos des représentations introduites ci-
dessus ?
V Algèbres différentielles et automorphismes différentiels
Dans cette partie et la suivante, on fixe une matrice A ∈ Mn (C) et l’on note α1 , . . . , αn ∈ C ses valeurs
propres (non nécessairement distinctes) : on a donc Sp A = {{α1 , . . . , αn }}. On note A := C[zα1 , . . . , zαn ]
la sous C-algèbre de O engendrée par les fonctions zα1 , . . . , zαn et l’on pose :
L := {m1 α1 + · · · + mn αn | m1 , . . . , mn ∈ N}.
1. (a) Vérifier que le C-espace vectoriel A est engendré par la famille des fonctions zl avec l ∈ L,
autrement dit :
A = ∑ Czl .
l∈L
(b) Montrer que A est stable par la dérivation δ.
(c) Montrer que les fonctions zl avec l ∈ L, forment une base du C-espace vectoriel A .
k
[Indication : soit ∑ λi zli = 0 une relation linéaire entre des éléments de la famille des zl ,
i=1
l ∈ L, les li ∈ L étant distincts ; on pourra appliquer itérativement δ à cette relation.]
(d) Soient l ∈ L et u, v ∈ A tels que δv = lv et δu − lu = v. Montrer que v = 0 et u ∈ Czl .
On note A 0 := A [log] = C[zα1 , . . . , zαn , log] la sous C-algèbre de O engendrée par A et par la fonction log.
k k
2. (a) On note la fonction z 7→ (log z) . Montrer que
log la puissance k-ème de la fonction log, i.e.
A0 = ∑ fk logk | les fk ∈ A étant presque tous nuls .
k≥0
(b) Montrer que A 0 est stable par la dérivation δ. Pour cela, on explicitera des gk ∈ A tels que
δ(∑ fk logk ) = ∑ gk logk .
3. On pourra admettre les résultats de cette question dans un premier temps.
6
(a) Soient u, v ∈ A tels que u + v log = 0. Montrer que u = v = 0.
[Indication : par l’absurde, choisir u et v tels que l’écriture v = λ1 zl1 + · · · + λ p zl p avec
λ1 , . . . , λ p ∈ C∗ et l1 , . . . , l p ∈ L deux à deux distincts ait une « longueur »p minimale et géné-
raliser les techniques développées à la question 1.]
(b) Montrer que l’écriture ∑ fk logk d’un élément de A 0 est unique.
p
[Indication : d’une relation ∑ fk logk = 0 avec f p 6= 0 et p minimal, déduire par application
k=0
de δ une relation plus courte donc triviale, puis que δ( f p−1 / f p ) = −p, et se ramener à la
question précédente.]
Pour toute sous-C-algèbre B de O, on note Aut(B ) le groupe des automorphismes de C-algèbre de
B (la loi interne sur Aut(B ) étant la composition). Si de plus B est stable par δ, on note :
AutPV (B ) := {σ ∈ Aut(B ) | σ ◦ δ = δ ◦ σ}.
4. Soit B une sous C-algèbre de O stable par δ. Vérifier que AutPV (B ) est un sous-groupe de
Aut(B ).
Pour tout σ ∈ Aut(B ), on étend son action aux matrices sur B en posant :
pour tout X := (mi, j ) 1≤i≤n ∈ Mn,p (B ) , σ(X ) := (σ(mi, j )) 1≤i≤n ∈ Mn,p (B ).
1≤ j≤p 1≤ j≤p
On a alors les règles suivantes, que l’on admet : l’action de σ est C-linéaire et σ(X Y ) = σ(X )σ(Y ).
5. (a) Montrer que les coefficients de la matrice zA ∈ Mn (O) sont éléments de A 0 .
(b) Soit σ ∈ AutPV (A 0 ) et notons X := σ(zA ). Vérifier que δX = AX et en déduire l’existence
d’une unique matrice Mσ ∈ GLn (C) telle que X = zA Mσ .
(c) Montrer que σ 7→ Mσ est une représentation du groupe AutPV (A 0 ) dans GLn (C).
Cette représentation sera notée ρ0A .
VI Groupes et représentations de P ICARD -V ESSIOT
Les notations A, α1 , . . . , αn , A , A 0 et L de la partie précédente restent en vigueur dans cette partie.
1. Soit σ ∈ AutPV (A 0 ).
(a) Montrer qu’il existe un unique λ ∈ C tel que σ(log) = log +λ. On le notera λσ .
(b) Montrer que, pour tout l ∈ L, il existe un unique cl ∈ C∗ tel que σ(zl ) = cl zl . Vérifier que,
pour tous l, l 0 ∈ L, on a cl+l 0 = cl cl 0 .
(c) Montrer que A est stable par σ et que la restriction σ|A appartient à AutPV (A ).
2. (a) Avec les notations de la question précédente, montrer que l’application ψ : σ 7→ (σ|A , λσ ) est
un morphisme de groupes injectif de AutPV (A 0 ) dans le groupe AutPV (A ) × C, produit direct
du groupe AutPV (A ) et du groupe additif C.
(b) Soient σ0 ∈ AutPV (A ) et λ ∈ C. À l’aide de la question 3 de la partie V, montrer qu’il existe
un unique automorphisme σ de la C-algèbre A 0 tel que σ|A = σ0 et σ(log) = log +λ.
7
(c) Montrer que σ ∈ AutPV (A 0 ) et en déduire que le morphisme de la question 2(a) est un iso-
morphisme.
On note G le sous-groupe du groupe additif C engendré par α1 , . . . , αn . On a donc (et on l’admet) :
G = Zα1 + · · · + Zαn = {m1 α1 + · · · + mn αn | m1 , . . . , mn ∈ Z} et G = L − L = {l1 − l2 | l1 , l2 ∈ L}.
b le groupe des morphismes du groupe G dans le groupe multiplicatif C∗ (exercice préliminaire
On note G
o
n 5).
b ' (C∗ )m .
3. Démontrer qu’il existe m ∈ {1, . . . , n} tel que G ' Zm et en déduire que G
b Montrer l’existence d’un unique σ f ∈ AutPV (A ) tel que :
4. (a) Soit f ∈ G.
∀l ∈ L , σ f (zl ) = f (l)zl .
[Indication : on pourra commencer par définir un automorphisme d’espace vectoriel puis
démontrer qu’il respecte la multiplication et l’unité et qu’il commute avec δ.]
(b) Montrer que l’application f 7→ σ f est un isomorphisme du groupe G b sur le groupe AutPV (A ).
b × C sur le groupe
Des questions 2 et 4, on déduit l’existence d’un isomorphisme du groupe produit G
AutPV (A 0 ), que l’on notera φA : ( f , λ) 7→ σ f ,λ .
5. Décrire explicitement la représentation ρ00A := ρ0A ◦ φA de G
b × C dans GLn (C) (la représentation
0
ρA a été définie à la fin de la partie V).
6. Définir un morphisme de groupes ϕ : Z → G b × C tel que ρ00 ◦ ϕ = ρA (la représentation ρA a été
A
définie à la question 7 de la partie IV).