Génie des procédés : absorption industrielle
Génie des procédés : absorption industrielle
Industries pharmaceutiques
L’opération inverse, qui consiste à faire passer un des constituants d’un mélange liquide vers un gaz,
est appelée désorption.
Dans le cas de l’absorption le transfert de matière se fait de la phase gazeuse vers la phase liquide. La
grandeur physique exploitée pour la réalisation de l’opération est la solubilité du constituant gazeux
dans le liquide solvant.
Etant donné que les deux opérations d’absorption et de désorption sont similaires nous nous
concentrerons sur l’étude de l’absorption tout en indiquant les résultats obtenus par une analyse
analogue pour le cas de la désorption.
Exemple 1 :
Les gaz du four de coke sont lavés par de l’eau (absorption) pour récupérer l’ammoniac puis par une
huile pour éliminer le benzène et le toluène (absorption). Pour recycler cette huile un lavage à la
vapeur d’eau est utilisé (désorption).
Hsorption
zZnzène
urs
ensorption
uène
peur
de
point
tillation
Benzène
le
rgée
deToluène
chargée
recyclée
Coke
dde
eau de
Benzène
7
Exemple 2 :
Dans la fabrication de l’acide sulfurique, après les caisses de catalyse, le mélange gazeux constitué de
N 2 , O2 , SO3 , Argon, ... est envoyé vers une tour d’absorption à garnissage dans le but d’absorber le
SO3 . Le liquide utilisé est de l’acide sulfurique lui-même et le produit obtenu est un acide plus
concentré.
SO
->Absorption
SO
)TG
…
O
(N
S3
2
H
°C
,70
.7
≈1
E4
%O
races
00
au
az
AZ
96de de
dilution
conversion
SO
30°C
Pression partielle ou fraction molaire
dans le gaz
4.5
10°C
8
Figure 3 Solubilité
Remarques :
La présence d’un corps non volatil dans le solvant change appréciablement la solubilité des gaz dans
le liquide (exemple : présence de sel dans l’eau).
Pi Pi 0 xi
Remarques :
9
Pour les solutions non idéales la loi rencontrée pour des concentrations de la solution assez faibles
est la loi de Henry qui s’écrit :
Pi
y mx
Pt
Un grand nombre de cas industriels tombent dans les catégories de solution idéale ou de solution
diluée. Dans le cas où ces deux hypothèses ne sont pas valables on aura recours à des modèles
thermodynamiques ou à des données directement provenant d’analyses de laboratoire.
Par contre si l’absorption a pour but d’isoler ou d’éliminer un ou plusieurs constituants d’un mélange
gazeux un choix du solvant approprié est souvent à faire si l’eau (solvant toujours souhaité) ne peut
pas convenir.
2.3.2 Volatilité
Le solvant doit avoir une basse pression de vapeur pour que les pertes par évaporation soient
négligeables.
2.3.3 Corrosivité
Le solvant ne doit pas être très corrosif pour nécessiter des matériaux de construction spéciaux et
chers.
2.3.4 Prix
Le prix du solvant ne doit pas être trop élevé et doit exister en abondance dans la nature et sur le
marché.
2.3.5 Viscosité
La viscosité du solvant doit être basse pour une absorption aisée et des pertes de charge de pompage
modérées ainsi qu’un bon transfert thermique dans le cas de dégagement ou d’absorption de
chaleur.
2.3.6 Autres
Il est préférable que le solvant soit non toxique, non inflammable, stable chimiquement et doit avoir
un point de congélation assez bas.
10
2.4 Appareillage
Comme pour la distillation on retrouve les appareils classiques suivants :
Le choix entre l’une et l’autre de ces colonnes dépend de beaucoup de facteurs et on procède
généralement à des essais sur pilote avec une comparaison technico-économique pour faire le choix
optimal (voir guide dans la partie appareillage)
Les calculs de dimensionnement de ces différents appareils se basent sur des concepts
complètement différents alors que les calculs de bilan, d’unités de transfert et de nombre de
plateaux théoriques sont similaires.
11
Considérons une colonne d’absorption à garnissage ou à contact direct (arrosage), qui permet un
contact permanent entre le liquide et le gaz que l’on schématisera comme suit :
Gaz :
y PA
Y
1 y Pt PA
G
GS G 1 y
1 Y
Liquide :
x
X
1 x
12
L
LS L 1 x
1 X
Etant donné que les flux du gaz – solvant (inerte) et du liquide solvant se trouvent presque inchangés
le long de la colonne il est préférable d’écrire le bilan matière en leur termes.
Nous avons donc sur l’enveloppe I :
GS Y1 Y LS X 1 X (M)
Remarques :
Cette relation traduit le fait que ce qui est perdu par le gaz est égal à ce que le liquide a
gagné.
Cette relation est l’équation d’une droite dite opérationnelle.
Elle a pour pente LS GS et par le bilan matière global elle passe par le point X 2 , Y2 .
Elle donne le profil des concentrations en termes de rapports molaires le long de la
colonne.
YX
Courbe
1
2
Haut
Bas
Dd’équilibre
opératoire
roite
13
O
.ED
YC
1
2
X
Haut
Bas
La ligne opératoire est droite uniquement dans le repère X , Y des rapports moléculaires. Pour les
compositions molaires elle s’écrit :
y y PA P
GS 1 GS
1 y1 1 y Pt PA Pt PA
x x
LS 1
1 x1 1 x
Cette équation est en général l’équation d’une hyperbole.
14
N
3
2
1
GS YN 1 Yi LS X N X i 1
15
1
(L2X
)Y
msente
P /G sax min
LS yN 1 y1
G
S min X N max X 0
Lorsqu’on diminue le débit du solvant, la pente de la droite opératoire diminue. Lorsqu’elle touche la
courbe d’équilibre la DDP s’annule, les conditions au bas de colonne correspondent à une sortie gaz-
liquide en équilibre, cela implique un temps de contact infini, donc une tour de hauteur infinie. Ce
correspond à LS GS qui donnerait la valeur minimale du débit du solvant ainsi que la
point
P
valeur maximale de la composition du liquide à la sortie de la colonne d’absorption. Le même
raisonnement peut être fait dans le cas de la désorption où la droite opérationnelle est située au-
dessous de la courbe d’équilibre. Parfois et pour des courbes d’équilibre particulières le débit
minimum du solvant est donné par la tangente à cette courbe.
16
3.3 Le co-courant
Pour une colonne fonctionnant à co-courant le bilan de matière conduit à l’équation suivante :
GS Y1 Y LS X X 1
LS
Y Y1 X X1
GS
Pente < 0.
Peente
1
/G
Ls
,Y(X
)limite
s
17
Le rapport LS GS dans ce cas n’a pas de limite inférieure ou minimale, mais une tour de hauteur
infinie produirait comme d’habitude une sortie de gaz et de liquide en équilibre.
Le co-courant est généralement utilisé pour éviter la construction de tour très haute et économiser
sur la tuyauterie de gaz en construisant deux sections en série une à contre-courant et l’autre à co-
courant.
LG
18
4 Colonnes à plateaux
4.1 Méthode graphique pour la détermination du N.E.T.
On considère une colonne à plateaux destinée à une opération d’absorption isotherme. Le bilan
matière du constituant absorbé entre l’entrée supérieure et l’étage i (enveloppe I ) s’écrit :
GS Yi 1 Y1 LS X i X 0
En supposant les étapes comme étant des étages théoriques (liquide sortant en équilibre avec le gaz
sortant sur chaque étage) le N.E.T. peut être déterminé par la méthode de M.Cabe Thiele (voir cours
de distillation) comme indique la figure suivante :
X
Y0N
C
4
3
2
1
DOE
Remarque :
19
Quand x et y sont très inférieurs à 1, il devient possible de supposer :
X ≃x , Y≃y ,
LS ≃ L , GS ≃ G .
Lorsque les deux courbes opératoires et d’équilibre peuvent être assimilées à des droites le calcul du
N.E.T. peut être fait analytiquement.
C’est le cas des solutions et gaz dilués. D’une part la loi d’Henry peut être appliquée et d’autre part
étant donné que la quantité absorbée est petite, les débits du gaz et du liquide peuvent être
considérées comme constant, on aura donc :
yi 1 mxi 1
L xN xi G y N 1 yi 1 L cst et G cst
A
L
pente D.O. 3
mG pente D.E.
G
xN xi yN 1 mxi 1
L
1
xN xi yN 1 mxi 1
mA
y N 1
AxN Axi xi 1
m
y N 1
xi 1 Axi AxN C
m
En appliquant cette relation successivement de l’étage 1 à l’étage i on obtient :
1 Ai
xi x0 Ai C
1 A
Avec :
y N 1
C AxN
m
Pour i N on obtient :
1 A
N
y
xN x0 A N N 1 AxN
m 1 A
y N 1
xN 1 A xN A A N 1 x0 A N 1 A 1 AN
m
20
xN 1 A N 1 x0 A N 1 A
y N 1
1 AN
m
Le bilan matière global s’écrit :
L xN x0 G y N 1 y1
xN
1
yN 1 y1 x0
mA
Par et on tire :
yN 1 y1 1 AN 1 mx0 AN 1 1 A mAx0 1 AN 1 y N 1 A 1 AN
y N 1 mx0 A AN 1
Ou encore
YN 1 Y1 AN 1 A
N 1
YN 1 mx0 A 1
Pour A 1 on obtient :
YN 1 Y1 N
YN 1 mx0 N 1
yN 1 mx0 1 1
N Log 1 LogA
y1 mx0 A A
Remarques :
Ces relations sont un cas particulier des relations dites de Kremser qui s’appliquent dans
le cas général d’un transfert d’une phase E vers une phase R ou vice versa.
Ces relations sont l’objet d’abaque que l’on retrouve dans plusieurs livres de génie
chimique et permettent une évaluation rapide.
Dans le cas où A varie légèrement prendre une moyenne géométrique entre le bas et le
haut de la colonne.
Le facteur d’absorption A est un facteur qui peut indiquer le degré de séparation ainsi
que ses limitations d’exploitation :
o Pour A Pente DO Pente CE 1
21
YX
CE
DO
Dans ce cas le degré de séparation est limité même avec une infinité d’étages
o Pour A 1
YX
CE
DO
Dans ce cas on peut atteindre tout degré de séparation il suffit de mettre le nombre d’étages
suffisant, généralement :
1.25 Aop 2
Si la colonne existe déjà et que le nombre d’étages est connu, et que l’on désire réaliser une
modélisation ou une simulation, on prendra :
N
Amoy N Ai
i 1
A i
Avec Ai la valeur de à l’étage .
22
dégagées pour que cette hypothèse ne soit plus valable. On est même obligé parfois de refroidir les
solutions à cause des effets de température. Lorsque celle-ci augmente la solubilité du gaz diminue
dans le cas d’une absorption ce qui se traduit par une diminution de la capacité de l’appareil et
l’utilisation de grande quantité de solvant ne devient même pas suffisante pour remédier à ce
problème.
L0 h0 GN 1 H N 1 LN hN G1 H1 Qt
Avec
Pour une opération adiabatique, Qt 0 , les températures des débits sortant seront généralement
plus grandes que les températures d'entrée à cause de la chaleur de solution. Cette augmentation de
température qui implique une diminution de solubilité implique un nombre de plateaux plus
important que pour une opération isotherme.
Dans ce cas le calcul se fait numériquement étage par étage en supposant des équilibres thermiques
et entre phases des courants liquide et gazeux sortant de chaque étage. Ce calcul se fait
généralement du bas vers le haut de la colonne comme suit :
23
Bilan sur l’enveloppe inférieure :
Li GN 1 LN Gi 1 B1
xi Li yi 1GN 1 xN LN yi 1Gi 1 B2
GS GN 1 1 y N 1 Gi 1 1 yi 1 B3
hi Li H N 1GN 1 hN LN H i 1Gi 1 B4
Les données du problème sont généralement les suivantes :
GN 1 , yN 1 , t N 1
L0 , x0 , t0
y f t , x) E1
Les enthalpies du liquide et du gaz en fonction de la composition et de la température :
h t, x E 2
H t, y E 3
Hypothèse : On suppose qu’il y a transfert d’un seul constituant.
L0 GN 1 LN G1 BG1
x0 L0 yi 1GN 1 xN LN y1G1 BG 2
GN 1 1 y N 1 G1 1 y1 BG3
h0 L0 H N 1GN 1 hN LN H1G1 BG 4
24
En utilisant les données on peut donc calculer :
H1 t1 , y1 H1
1ère itération
t N connue
E1 y1
xN connue
i N 1
B3 GN
B1 et B 2 LN 1 et xN 1
E 3 , t N , y N HN
B4 t N 1
i N 2
Même calcul.
25
Organigramme :
Introduire
Estimer
Obtenir
R
de
yN
iyi
stop
Oui
Non
estimée
t1
tiésoudre
onl enveloppe
t les
yNleles
etbilan
équations
données
tN
inférieure
globaldes bilans
26
5 Colonnes à contact continu
5.1 Analyse locale
Les colonnes à garnissage et plus généralement à contact direct différent principalement des
colonnes à plateaux par le fait qu'elles permettent un contact continu entre les deux phases tout le
long de la hauteur garnie.
La courbe opératoire décrit la relation qui lie les compositions des deux fluides sur n'importe quelle
section droite d'une colonne à contact continu alors que pour les colonnes à plateaux seuls les points
correspondants aux plateaux ont une signification sur cette courbe.
La distribution du liquide sur le garnissage permet d'offrir une grande surface d'échange de matière.
a 2 3
Un garnissage sera caractérisé par sa surface spécifique en m m . Dans le cas d'une colonne
non garnie cette surface peut être estimée par la surface des gouttelettes ou des bulles de gaz selon
que l'une ou l'autre des deux phases est continue ou dispersée.
A chaque niveau de la colonne la vitesse d'absorption du soluté dépend des coefficients de transfert
de matière, de la concentration des deux phases, de l'aire de l'interface et de la solubilité du gaz.
Comme les débits sont définis par unité de section droite il sera convenable de définir l’élément de
surface d’interface offerte par le garnissage comme étant :
ds a dZ
Où
s 2 2
: Surface de l’interface par unité de section droite m m
a 2 3
: Surface spécifique m m
Z : Hauteur
27
Le flux absorbé pendant la traversée de dZ est donné par :
moles de A
NA
U .surface de l'interface temps
D’où
NA
dG y 4.1
a dZ
Par analogie à la théorie de la diffusion on peut définir un coefficient local de transfert de matière
FG de telle sorte que pour le cas d’un seul produit transféré ( N B 0 et N A N A N B 1 , ce qui
correspond au cas de l’absorption d’un seul constituant) on aura :
1 yi 4.2
N A FG ln
1 y
Avec
D’où
d Gy 1 yi 4.3
NA FG ln
a dZ 1 y
y
N.B. : FG , G , et yi tous varient le long de la colonne.
Etant donné que le débit du gaz insoluble reste constant le long de la colonne et est donné par :
GS G 1 y on peut écrire :
y
dG y dGS
1 y
y
GS d
1 y
dy
GS
1 y
2
Ou
dGy
Gdy 4.4
1 y
28
En substituant 4.4 dans 4.3 et en intégrant entre le bas et le haut de la colonne on obtient la
hauteur du garnissage nécessaire sous la forme :
Zt
Z t dZ
y1 G dy 4.5
0 y2 FG a 1 y
1 y ln i
1 y
Pour pouvoir évaluer 4.5 une connaissance de yi en fonction des conditions opératoires est
n nécessaire. Pour cela nous écrivons en régime permanant l’égalité des flux en définissant comme
pour la diffusion un coefficient local FL de transfert de matière comme suit :
1 yi 1 x
N A FG ln FL ln
1 y 1 xi
De laquelle on peut déduire la forme usuelle suivante :
1 yi 1 x
FL a
FG a 4.6
1 y 1 xi
y yi 1 yi 1 y
1 y 1 yi
1 y iM
1 y
1 yi (Moyenne logarithmique)
Alors :
Z
y1 1 yi 1 y G dy
y2 1 y F a 1 y
y yi ln i G
1 y
Ou bien
29
y1 G 1 y iM
Z dy
y2 FG a 1 y y yi
H tG
G 4.7
FG a
Z H tG N tG 4.8
y1 1 y iM 4.9
N tG dy
y2
1 y y yi
L’expression du N tG 4.9 peut être simplifiée dans le cas où les moyennes logarithmique et
arithmétique ne diffèrent pas trop, à savoir :
1 yi 1 y
1 y iM ≃
2
1 y1 1 yi 1 y
2 y2 1 y y yi
N tG dy
1 y1 1 yi y yi 1 y
2 y2
dy
1 y y yi
D’où
y1 dy 1 1 y2 4.10
N tG ln
y2 y yi 2 1 y1
Et dans le cas où le gaz est dilué le second terme peut être ignoré.
Des relations analogues peuvent être obtenues en termes de variables de la phase liquide en faisant
des calculs de la même manière que précédemment et on peut écrire :
Z
x1 Ldx 4.5 '
x2 1 x
FL a ln 1 x
x xi
x1 L 1 x iM dx
x2 FL a 1 x xi x
Z H tL N tL
30
H tL
L x1 1 x iM
N tL dx
FL a
;
x2
1 x xi x
x1 dx 1 1 x1 4.10 '
N tL ln
x2 xi x 2 1 x2
Les deux situations, celle de la contre diffusion N A N B qui peut être utilisé en distillation et
celle du transfert d’un seul constituant N B 0 pour l’absorption, sont tellement importantes que
les coefficients de transfert de matière leur ont été associés de manière à écrire :
Gaz :
N A kG PA1 PA 2 k y y A1 y A 2 kC C A1 C A 2 4.11
Liquide :
N A k x x A1 x A 2 k L y A1 y A 2 kC C A1 C A 2 4.12
Ces coefficients de transfert pour chaque situation bien définie (géométrie, régime d’écoulement,
etc…) sont estimés par des corrélations adimensionnelles de la forme :
sh f E
, Sc, V
Re Sc 2 ED
Du fait qu’il y a transfert de matière d’une phase à l’autre (du gaz vers le liquide en absorption) il doit
exister un gradient de concentration entre les deux phases que l’on peut décrire comme suit (voir
figure) :
31
sfert
face
Lewis et Whitman supposent que les seules résistances diffusionnelles sont celles qui résident dans
les deux fluides par conséquent que l’interface n’admet pas de résistance propre ce qui revient à dire
que les compositions à l’interface sont en équilibre : c’est la théorie des deux résistances.
Cette théorie a été vérifiée dans plusieurs situations. Elle peut être fausse dans le cas de vitesse de
transfert trop élevée. On peut écrire lorsque des coefficients du genre k peuvent être utilisés :
N A ky y yi kx xi x
y yi k
x 4.13
x xi ky
Coefficient global :
32
En pratique il est très difficile de mesurer xi et yi à l’interface à cause du fait que la couche limite
où se passe la chute de concentration est très mince. On remplace alors xi et yi par des grandeurs
équivalentes x * et y * définis de la manière suivante :
x * est la composition de la phase liquide qui serait en équilibre avec une phase gazeuse de
composition y.
y * est la composition de la phase gazeuse qui serait en équilibre avec la phase liquide de
composition x.
x y
La connaissance de et définit uniquement x * et y * puisque la courbe d’équilibre est unique.
Il est donc possible de décrire le transfert de matière entre les deux phases par l’intermédiaire d’un
coefficient K y tel que :
N A K y y y * 4.14
Partant de la figure géométrique ci-dessus nous avons :
y y * y yi yi y *
y yi m ' xi x
D’où
33
NA NA m ' NA
K y ky kx
1 1 m'
4.15
K y k y kx
NA Kx x * x
1 1
1 4.16
K x kx m " k y
Pour un appareil de transfert de matière, il existe une infinité de points opératoires tels que celui
considéré précédemment pour la définition des coefficients de transfert de matière. En plus, à
chacun de ces points correspond un m ' et m " bien précis et diffère de celui des autres. Mais en
pratique on préfère utiliser un coefficient global moyen pour l’appareil entier.
On retiendra qu’en réalité ce coefficient global moyen n’aura de signification que dans le seul cas où
la courbe d’équilibre est une droite m ' m " cst et que les conditions hydrodynamiques sont les
mêmes le long de toute la colonne. On définit alors :
Z H .U .T .G G N .U .T .G G
Dans la littérature anglaise on les nomme H tOG et N tOG (height of an overall gas transfer unit et
number of overall gas transfer units).
Une analyse exactement similaire à celle du paragraphe 4.1 conduit à des expressions analogues qui
sont :
H .U .T .G G
G
G 4.18
FGG a K y a 1 y * M
y1 1 y * Mdy 4.19
N .U .T.G G y 2 1 y y y *
y1 dy 1 1 y2 4.20
N .U .T .G G y ln
2 y y * 2 1 y1
34
(Moyenne logarithmique ≃ moyenne arithmétique)
N.B. : y y * n’est que la distance verticale entre la courbe opératoire et la courbe d’équilibre.
De la même façon on peut définir des nombres d’unité et hauteur d’unité globaux de transfert
liquide et on aura :
Z N .U .T .L G H .U .T .L G
L L L
H .U .T .L G
FLG a K x a 1 x * M K L aC 1 x * M
Et
x1 1 x * Mdx
N .U .T .L G x 2 1 x x * x
x1 dx 1 1 x1
N .U .T .L G x ln
2 x * x 2 1 x2
(Moyenne logarithmique ≃ moyenne arithmétique)
y1 1 y * Mdy
N .U .T .G G y 2 1 y y y *
1 y 1 y *
1 y *M
1 y
ln
1 y *
1 y 1
1 y * 1
1 y *M 1
35
1 y 1 y * 1
2
En prenant donc la limite de la fonction à intégrer ou en appliquant la relation déjà obtenue lorsque
les deux moyennes arithmétique et logarithmique ne diffèrent pas on obtient :
N .U .T .G G y
y1 dy 4.21
2 y y*
y* mx r 4.22
La droite opératoire est donnée par :
yL
G
x x2 y2 4.23
D’où :
L L
y y* m x y2 x2 r
G G
Que l’on peut écrire :
y y* Cx d 4.24
D’où :
L x1 dx
N .U .T .G G x
G 2 Cx d
Et par intégration on obtient :
L Cx d 4.25
N .U .T .G G ln 1
GC Cx2 d
L y y *1 4.26
N .U .T .G G ln
GC y y *2
L
y1 y2 4.27
GC C x1 x2
36
Et par 4.24 on a donc :
L
y1 y2 4.28
GC y y *1 y y *2
N .U .T .G G
y1 y2 4.29
y y * M
Avec y y * M la moyenne logarithmique de
y y*
entre l’entrée et la sortie de la colonne.
La combinaison de 4.29 avec l’expression du H .U .T .G G équation 4.18 appliquée au cas des
solutions diluées 1 y * M
1 nous conduit à l’expression importante suivante :
G y1 y2 K G aZPt y y * M 4.30
Interprétations :
L’équation 4.30 n’est que l’expression habituelle qui dit que la quantité échangée est le produit
d’un coefficient global moyen avec une moyenne d’une différence de potentiel bien appropriée.
Et l’équation 4.29 dit que une unité de transfert global résulte lorsque le changement dans la
composition du gaz est égale à la moyenne de la différence de potentiel global.
y* mx
Avec
L
y x x2 y2
G droite opératoire
1 1
y y* 1 y mx2 y2
A A
A L
Où mG le coefficient ou facteur d’absorption, et par intégration puis réarrangement on arrive
à exprimer le N .U .T .G G sous la forme :
y mx1 1 1 4.31
ln 1 1
y2 mx2 A A
N .U .T .G G
1
1
A
37
Des relations similaires peuvent être obtenues pour la désorption. Ces relations sont l’objet
d’abaques dans la littérature et servent à faire une estimation rapide de la performance d’une
colonne à garnissage lorsque les hypothèses sont approximativement vérifiées.
Si le point M est le milieu de AB on peut considérer que le changement dans la composition du gaz
de yB et yC est dû à la d ;d ;p ; moyenne yG yH puisque GM MH par définition de la courbe.
Par conséquent le triangle ABC peut être considéré comme une unité de transfert (voir
interprétation de l’équation 4.29 ).
Le nombre d’unités de transfert peut être déterminé graphiquement en traçant des triangles tels que
ABC en commençant par le bas ou le par le haut de la colonne.
38
Problème Corrigée
39
Problème N°: 2
40
41
42
1. Le problème :
Absorptions :
-débit du gaz : Gn+1=32000ft3/h=906.139m3/h
-composition : yn+1=0.02
-récupération :95% du benzène entrant
-débit d’huile :1,5 débit minimal
-composition dans l’huile : x0=0.004
-pression de vapeur du benzène : 100mmHg à 26°C
stripping :
-vapeur pure :yn+1=0
-débit de vapeur : 1,5 débit minimal
-pression de vapeur du benzène : 2400mmHg à 122°C
43
Absorbeur :
A-Bilan de matière
phase gaz
G N+1 40,6 kmol/h
GS 39,78 kmol/h
y N+1 0,02
Y N+1 0,02040816
debit
BENZENE 0,812 kmol/h
ENTRENT
G1 39,83 kmol/h
y1 0,00105448
Y1 0,00105581
debit
BENZENE 0,042 kmol/h
non Absorbé
debit
BENZENE 0,77 kmol/h
absorbe
L’équation d’équilibre
y=Pi/Ptx =1/8*x
X
Y
on obtient donc 7X 8
La droite opératoire
Ls
Y ( X X 0 ) Y1
Gs
Ls Ls
1.5* ( ) min
Gs Gs
44
Xnmax représente l’ordonne du point d’intersection entre la droite opératoire et la courbe d’équilibre :
X
0.02
Ce qui reviens à résoudre : 7X 8
X N)max 0,19047619
LS/GS)min 0,10378818
LS/GS) 0,15568226
LS)min 4,12869363 kmol/h
Phase liquide
Phase liquide
LS 6,19304044 kmol/h
x0 0,004
X0 0,00401606
debit
BENZENE 0,77 kmol/h
absorbe
0.025
0.02
0.015
0.01
0.005
0
0 0.02 0.04 0.06 0.08 0.1 0.12 0.14 0.16 0.18 0.2
45
On obtient donc 8 plateaux théoriques
Désorption :
A-Méthode graphique (McCabe&thiele)
On as Pi=2400mmHg et Pt=760mmHg
Donc y=2400/760x=3.1579*x
Donc la courbe d’équilibre est la suivante :
Ls Y1(max) Yn 1
On determine : Gs min X0 Xn
on as Yn+1=0 X0=0,121632 Xn=0,004016
Ls
Gs 141.8716/48=2.95194
Calculons Y1
46
Ls
Yi 1 ( X i X 0 ) Y1
On as Gs
Ls
Y1 Yn 1 (Xn X0)
donc Gs = 0.347196
0.6
0.5
0.4
0.3 dop
ce
0.2
0.1
0
0 0.02 0.04 0.06 0.08 0.1 0.12 0.14
47
B-Méthode analytique Kremser :
Yn 1
X0
Log m * 1 1 1
Y
X n n 1 S S
N m
Log (S)
m=3.16
S=m*(Gs/Ls)=1.07
N =15.97042159
Dans ce cas on obtient 16 plateaux par la méthode kremser ce qui est loin du
résultat obtenu par la méthode graphique car kremser n’est valable que pour
les solutions infiniment dilué Xi et Yi sont assez grand .
48
Problème N°: 3
49
6 Les données du problème :
GAZ
pentane 0,25
méthane 0,75
GN+1 1 Kmol/min
TN+1 27 °C 300 °K
P 760 mmHg
Gs 0,75 Kmol/min
Huile
Masse molaire 200 kg/Kmol
capacité calorifique Cp 1,884 Kj/Kg °k 376,8 KJ/Kmol°K
L0 2 Kmol/min
T0 35 °C 308 °K
50
les données operatoires
Kj/Kmol
Cp(méthane) = 35,6 °k
Kj/Kmol
Cp(pentane)v = 119,8 °k
Kj/Kmol
Cp(pentane)l = 177,5 °k
chaleur latente de
vaporisation du pentane
0°C= 27820 Kj/Kmol
7
température Pi
(°C) T en °K mmHg
20 293 437
25 298 524,4
30 303 615,6
35 308 722
40 313 836
43 316 950
PSAT n pentane
1000
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
280 285 290 295 300 305 310 315 320
PSAT n pentane
51
8 Les données manquantes du problème :
Pour un taux de récupération de 98% on trouve les résultats suivants :
Composition du gaz:
on a pentane gazeux avec une fraction de composition y
et méthane gazeux avec une fraction de composition 1-y
Composition du liquide :
on pentane liquide avec une fraction de composition x
et huile liquide avec une fraction de composition de 1-x
h(x,t)=x*Cppl*(t-0)+Cphuile(1-x)*(t-0)
10
Les données d’équilibre :
11
On a un mélange idéal donc on pourra appliquer la loi de Raoult :
y= (P0/Pt) x
52
températur T en °K Pi mmHg Pi mod mm
20 293 437 440,7714
25 298 524,4 519,5768
30 303 615,6 612,4719
35 308 722 721,9757
40 313 836 851,0576
43 316 950 939,3356
1000
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
280 285 290 295 300 305 310 315 320
T en °K Pi mod mmHg
310,52 784,38
309,3024 753,582
308,4305 732,2744
308,0865 724,034
Par suite on va trouver que ces températures sont les températures d’équilibres dans les plateaux
J’estime t1 par 35 °C
Li GN 1 LN Gi 1 B1
xi Li yi 1GN 1 xN LN yi 1Gi 1 B2
GS GN 1 1 y N 1 Gi 1 1 yi 1 B3
hi Li H N 1GN 1 hN LN H i 1Gi 1 B4
53
Pour i=0
L0 GN 1 LN G1 BG1
x0 L0 yi 1GN 1 xN LN y1G1 BG 2
GN 1 1 y N 1 G1 1 y1 BG3
h0 L0 H N 1GN 1 hN LN H1G1 BG 4
En utilisant les données on peut donc calculer :
H1 t1 , y1 H1
1ère itération
t N Connue
E1 y1
xN Connue
i N 1
B3 GN
B1 et B 2 LN 1 et xN 1
E 3 , t N , y N HN
B4 t N 1
i N 2
Même calcul.
54
ESTIMATION de T1 35 °C 308 K
i=N-1
HN+1 23950 KJ/Kmol
h0 116054,4 KJ/Kmol
H1 11320,78 KJ/Kmol
Hn 110250,2 KJ/Kmol
TN 310,52 °K 37,52 °C
yN 0,112632
i=N-1
GN 0,845196 Kmol/min
LN-1 2,090196 Kmol/min
xN-1 0,043152
HN 17132,8 KJ/Kmol
hN-1 113885,1 KJ/Kmol
TN-1 309,3024 °K 36,30242 °C
yN-1 0,042788
i=N-2
GN-1 0,783525 Kmol/min
LN-2 2,028525 Kmol/min
xN-2 0,014062
HN-1 13315,85 KJ/Kmol
hN-2 115352,2
TN-2 308,4305 °K 35,43054 °C
yN-2 0,013549
i=N-3
GN-2 0,760301 Kmol/min
LN-3 2,005301 Kmol/min
xN-3 0,002644
HN-2 11708,93 KJ/Kmol
hN-3 115924,7 KJ/Kmol
TN-3 308,0865 °K 35,08654 °C
yN-3 0,002519
55
Problème N°: 4
56
2. Stripping vapeur
57
3. Description et principe de fonctionnement d’une colonne à
garnissage :
Une colonne à garnissage est une colonne qui est remplie d’éléments
permettant d’augmenter la surface de contact entre la phase gazeuse et la
phase liquide. Ce sont ces éléments qui constituent le garnissage. La colonne
contient également dans sa partie inférieure, un plateau pour supporter le
garnissage et Un injecteur de gaz. Dans sa partie supérieure, un distributeur de
liquide et parfois un dévésiculeur et parfois un redistributeur.
Dans les colonnes à garnissage, le liquide est pulvérisé sur le garnissage placé
entre des grilles. La phase liquide qui contient l’absorbant, forme un film sur les
éléments de Garnissage (zone de mouillage). Le garnissage qui créé une série
d’obstacles sur le parcours du liquide et du gaz au sein de la colonne permet :
d’augmenter la surface de contact entre les deux phases et d’augmenter le
temps de séjour des deux phases dans la colonne et Donc leur durée de contact
et de créer un régime turbulent de la phase gaz.
58
59
4. Le problème :
y1, G1
Mélange d’hydrocarbures
x1=0.04, L1
Stripping
de
Propane
60
5. Le débit minimum de vapeur nécessaire pour traiter 100 moles/h de
liquide :
LS = L1*(1-x1)=100*(1-0.04)=96mol/h
LS*(X1-X2)=GS*(Y1-Y2)
La solution liquide est très diluée.
LS*(x1-x2)=GS*(y1-y2)
On a x1=0.04 et x2=0.002 et y2=0
Le débit minimum de vapeur correspond à un rapport maximum.
y1max= 0.04*25=1
7. La courbe opératoire :
Li= Ls/(1-xi) et Gi+1=Li+Gi-Li-1
= 1 mol/h pour x=0.002
LS 24
61
x L G L/G y
0,04 25 1,951904 12,80801 0,48768
0,03 24,74227 1,694172 14,60434 0,409741
0,02 24,4898 1,4417 16,98675 0,306374
0,01 24,24242 1,194328 20,29796 0,162709
0,005 24,1206 1,072507 22,48993 0,067605
0,002 24,0481 1 24,0481 0
y=f(x)
0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035 0.04 0.045
DO
62
8. Détermination graphique du nombre d’unité de transfert coté
liquide et coté gaz:
Coté liquide :
1.2
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035 0.04 0.045
y y* ymoy
Coté gaz
1.2
0.8
0.6
0.4
0.2
0
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035 0.04 0.045
Hauteur du garnissage
63
(NUT)G=4 et (NUT)L=7
Z1=(HUTG)G*(NUT)G=4*1. 5= 6m
Et Z2=(HUTG)L*(NUT)L=7*0.8=5.6m
Donc on pendra Z= 6m
y x x* 1/(1-x)(x-x*) trapéze
0,48768 0,04 0,019507 50,83083
0,409741 0,03 0,01639 75,74584 0,632883
0,306374 0,02 0,012255 131,7501 1,03748
0,162709 0,01 0,006508 289,2916 2,105209
0,067605 0,005 0,002704 437,7668 1,817646
0 0,002 0 501,002 1,408153
(NUT)L 7,001371
x y y* 1/(1-y)(y-y*) trapéze
0,04 0,48768 1 -3,80993
0,03 0,409741 0,75 -4,97907 0,342501
0,02 0,306374 0,5 -7,44581 0,64216
0,01 0,162709 0,25 -13,6822 1,517677
0,005 0,067605 0,125 -18,6864 1,539192
0,002 0 0,05 -20 1,307698
(NUT)G 5,349227
Hauteur du garnissage
(NUT)G=5 et (NUT)L=7
Z1=(HUTG)G*(NUT)G=5*1. 5= 7.5m
Et Z2=(HUTG)L*(NUT)L=7*0.8=5.6m
Donc on pendra Z= 6m
64
Problème N°: 5
65
Le problème :
bb
x0=0.0001,L0
y1 , G1
1 atm
40°C
66
T 40 °C
P 1 atm
GAZ
yN+1 0,01
GN+1 400 Kmol/h
GS 396 Kmol/h
EAU
x0 0,0001
taux de récupération est 95%
taux 0,95
alcool entrant 4 kmol/h
alcoolabsorbé 3,8 kmol/h
alcool non
absrbe 0,2 kmol/h
y1 0,0005048 kmol/h
67
yn 1 y1 Ls y
xn ,max n 1
On a xn,max x0 Gs min et 1, 062
Ls
Alors Gs min =1,0197
Ls L
1,5* s
Gs Gs min =1,5296
0.01
0.008
0.006 dop
ce
0.004
0.002
0
0 0.001 0.002 0.003 0.004 0.005 0.006 0.007 0.008
68
2. Le taux de récupération si on utilise
un seul étage théorique :
Pour un seul étage théorique, on trouve d’après le
graphe précédent y1=0,0073
=27%
0.012
0.01
0.008
0.006
0.004
0.002
0
0 0.001 0.002 0.003 0.004 0.005 0.006 0.007 0.008
69
NUT = 7
On a: Z=(HUTG)G*(NUTG)G
(NUTG)G= Z/ (HUTG) G
(NUTG)G=5
=85%
70
71