Management
1) Quels sont les principales ruptures aux quelles sont aujourd’hui confrontées les entreprises ?
Aujourd’hui, les entreprises se confrontent à plusieurs ruptures majeures :
Technologiques : L’essor des nouvelles technologies, telles que l’intelligence artificielle, la
robotisation, et la digitalisation, redéfinit les modèles économiques traditionnels. Les entreprises
doivent s’adapter pour intégrer ces innovations afin de rester compétitives.
Environnementales : La pression écologique, avec l'urgence de la transition énergétique et la lutte
contre le changement climatique, impose aux entreprises de revoir leurs processus pour respecter
des normes plus strictes en matière de durabilité et de réduction de l'empreinte carbone.
Socio-économiques : Les attentes des consommateurs évoluent, demandant de plus en plus de
produits éthiques et responsables. De plus, les nouvelles générations de travailleurs recherchent
des conditions de travail plus flexibles et un environnement aligné avec leurs valeurs.
Géopolitiques : Les tensions internationales, les conflits géopolitiques, et les guerres commerciales
peuvent perturber les chaînes d'approvisionnement mondiales et affecter les stratégies
d’exportation des entreprises.
2) Comment définiriez-vous la théorie standard de la firme proposée par les économiques néo
classiques ?
La théorie standard de la firme, selon les économistes néo-classiques, repose sur plusieurs
hypothèses clés :
La firme est vue comme une entité qui transforme des inputs (ressources humaines, capital, etc.) en
outputs (produits ou services).
L’objectif principal de la firme est la maximisation du profit, en optimisant les coûts de production
et en répondant efficacement à la demande du marché.
Elle fonctionne sous l’hypothèse de rationalité parfaite, où tous les acteurs (producteurs et
consommateurs) prennent des décisions optimales en fonction de l'information disponible.
3) En matière de stratégie d'entreprise, quelle est l'analyse de Michael Porter ? Cette typologie vous
parait-elle toujours d’actualité ?
Michael Porter, un des grands théoriciens du management stratégique, propose trois stratégies
génériques pour qu’une entreprise obtienne un avantage compétitif durable :
1. Domination par les coûts : Cette stratégie vise à produire à moindre coût afin d’offrir les prix les
plus bas du marché, ce qui attire une large clientèle.
2. Différenciation : L’entreprise cherche à se distinguer par la qualité, l'innovation ou d’autres
caractéristiques uniques de son produit ou service, justifiant ainsi un prix plus élevé.
3. Focalisation : L’entreprise choisit de se concentrer sur un segment spécifique du marché (niche) et
applique soit une stratégie de domination par les coûts, soit de différenciation.
Cette typologie de Porter reste toujours d’actualité. Cependant, les entreprises doivent l’adapter aux
enjeux modernes, notamment ceux de la durabilité et de l'impact social, qui n’étaient pas aussi
présents lors de la formulation initiale de ces stratégies.
4) Quelle(s) différence(s) faites-vous entre la corporate strategy et la business strategy ? Donnez des
exemples
Corporate strategy : Il s'agit de la stratégie globale de l'entreprise, englobant les décisions
concernant la diversification, l’expansion internationale, les acquisitions ou les partenariats.
L’objectif est de gérer l’ensemble du portefeuille d’activités de l’entreprise.
Exemple : Le groupe LVMH qui investit dans une variété d'industries telles que le luxe, la mode,
l’alimentation, et la joaillerie pour diversifier ses sources de revenus.
Business strategy : Cette stratégie concerne les décisions prises au niveau des différentes unités
d’affaires ou des produits spécifiques. Elle cherche à atteindre un avantage compétitif dans un
secteur particulier en fonction des besoins du marché.
Exemple : Louis Vuitton, en tant qu’entité du groupe LVMH, suit une stratégie de différenciation, en
créant des produits de luxe distinctifs qui justifient des prix élevés.
5) Au sein des entreprises, comment est choisie la stratégie ? Ce choix est-il toujours rationnel et
délibéré ?
Le choix de la stratégie au sein des entreprises repose généralement sur des analyses externes et
internes :
Analyse externe : Les entreprises utilisent des outils comme le PESTEL (analyse politique,
économique, sociale, technologique, environnementale et légale) et la SWOT (forces, faiblesses,
opportunités, menaces) pour comprendre leur environnement et définir des priorités stratégiques.
Rationnel et délibéré ? Bien que les choix stratégiques soient souvent présentés comme rationnels
et délibérés, ils ne sont pas toujours entièrement planifiés. Parfois, des stratégies émergentes
prennent place en réponse à des situations inattendues, des crises ou des opportunités non
anticipées.
6) Comment définiriez-vous la structure de gouvemance d’une entreprise ? Quel est son rôle ?
Quelles sont les principales recommandations qui ont été faites en matière de gouvernance
d'entreprise ?
La structure de gouvernance d’une entreprise désigne l’ensemble des mécanismes et des processus
qui régissent les décisions au sein de l’entreprise, en particulier en ce qui concerne les relations
entre les actionnaires, le conseil d’administration et les dirigeants. Elle vise à assurer que
l'entreprise fonctionne dans l’intérêt de toutes les parties prenantes, notamment les actionnaires,
les employés et la société en général.
Rôle : Garantir la transparence, la responsabilité, et l’alignement des intérêts entre les dirigeants et
les actionnaires. Elle doit aussi veiller à la prise de décisions éthiques et à la conformité avec les
régulations.
Principales recommandations :
o Indépendance du conseil d’administration : Séparation des fonctions de président et de
directeur général pour éviter les conflits d’intérêts.
o Renforcement de la transparence : Les informations financières et stratégiques doivent être
partagées de manière claire avec les actionnaires.
o Régulation des rémunérations : Eviter les rémunérations excessives des dirigeants qui ne
sont pas liées à la performance.
7) Toujours en matière de gouvernance, quel est l'apport de la théorie de l’agence ? Pourquoi cette
théorie est-elle aujourd'hui contestée ?
La théorie de l'agence traite des relations entre les actionnaires (principaux) et les dirigeants de
l'entreprise (agents). Selon cette théorie, les dirigeants peuvent ne pas toujours agir dans l’intérêt
des actionnaires, car leurs intérêts peuvent diverger (par exemple, les dirigeants peuvent chercher à
maximiser leur propre rémunération ou leur pouvoir, au détriment des actionnaires).
Apport : La théorie met en évidence le problème d'asymétrie d'information et les coûts d’agence.
Pour aligner les intérêts, des mécanismes de contrôle (par exemple, les contrats de performance, la
supervision par le conseil d'administration) sont nécessaires.
Controverse : La théorie est contestée car elle repose sur une vision réductrice des relations
humaines, où l’on suppose que les dirigeants sont uniquement motivés par des intérêts personnels.
Elle est aussi critiquée pour ne pas prendre en compte des facteurs comme la responsabilité sociale
des entreprises (RSE), qui devient de plus en plus importante.
8) Quelle(s) différence(s) faites-vous entre le métier d'une entreprise, sa mission ou sa raison d'être
et son modèle économique ? En la matière, quelles sont les évolutions récentes introduites par le
législateur
Métier : Le métier d’une entreprise désigne son activité principale, ce qu’elle fait au quotidien pour
créer de la valeur. Par exemple, le métier de Tesla est de concevoir des voitures électriques.
Mission / raison d’être : La mission exprime la finalité de l’entreprise, ce qu’elle cherche à accomplir
sur le long terme. Par exemple, la mission de Tesla est de « contribuer à la transition énergétique
mondiale ». La raison d’être met l’accent sur l'impact social et environnemental.
Modèle économique : Il décrit comment l'entreprise crée, délivre et capture de la valeur. Il inclut la
manière dont l'entreprise génère ses revenus et gère ses coûts. Par exemple, un modèle
économique basé sur l’abonnement (comme pour Netflix).
Évolutions récentes : Le législateur a introduit des réformes pour renforcer la responsabilité
sociétale des entreprises. En France, la loi PACTE de 2019 a permis aux entreprises d'intégrer leur
raison d’être dans leurs statuts, afin de prendre en compte des enjeux sociaux et environnementaux
dans leurs stratégies.
9) A votre avis, peut-on gérer les entreprises d'aujourd’hui comme il y a cinquante ans ?
Non, la gestion des entreprises d'aujourd'hui ne peut pas se faire de la même manière qu'il y a
cinquante ans. Plusieurs facteurs expliquent ce changement :
Évolution technologique : L’essor de la digitalisation, des réseaux sociaux, et des technologies de
l’information nécessite une gestion agile et adaptative.
Environnement global : La mondialisation, les crises économiques, et la prise en compte des enjeux
environnementaux et sociaux obligent les entreprises à adopter des modèles plus flexibles et
responsables.
Changement des attentes : Les consommateurs et les employés sont désormais plus exigeants en
matière de transparence, de responsabilité sociétale et de conditions de travail.
Les principes de gestion ont donc évolué pour s’adapter à un monde de plus en plus complexe et
interconnecté.
10) Plus généralement, quels rôle(s) doivent jouer aujourd'hui les dirigeants d'entreprises ?
Aujourd’hui, les dirigeants d’entreprises ont plusieurs rôles cruciaux :
Vision stratégique : Ils doivent définir et communiquer une vision claire pour l'avenir de
l'entreprise, en anticipant les tendances du marché et en prenant des décisions audacieuses.
Responsabilité sociétale et environnementale : Ils sont responsables d’intégrer des critères sociaux
et environnementaux dans la stratégie de l’entreprise, en réponse aux attentes croissantes des
parties prenantes.
Gestion des talents et culture d'entreprise : Ils doivent veiller à la gestion des talents, promouvoir
une culture d'innovation et de responsabilité, et s’assurer de la bonne cohésion au sein de
l’entreprise.
Adaptabilité : Face aux crises et aux incertitudes, les dirigeants doivent être capables de piloter
l’entreprise de manière flexible et résiliente.
1 A quoi sert la structure de gouvernance d'une entreprise ? De quoi est-elle composée ? Donnez
des exemples de recommandations en matière de gouvernance d'entreprise.
Structure de gouvernance d'une entreprise : La gouvernance d'entreprise définit les règles et les structures
permettant de prendre des décisions et d'assurer la responsabilité des actions dans une entreprise. Elle
sert à garantir la transparence, la responsabilité et la performance. Elle est composée généralement de :
L'assemblée générale des actionnaires (décide des grandes orientations).
Le conseil d'administration (surveille la direction et valide les grandes stratégies).
La direction générale (met en œuvre les stratégies décidées). Exemple de recommandations :
adopter un conseil d'administration diversifié, garantir une séparation claire des pouvoirs entre la
gestion quotidienne (dirigeants) et la supervision (conseil d’administration).
2 Toujours en matière de gouvernance d'entreprise, quelles sont les principales caractéristiques de
la théorie de l'agence ? En quoi se distingue-t-elle de la théorie standard de la firme décrite par
les économiques néo classiques ?
Théorie de l'agence et théorie standard de la firme : La théorie de l'agence se concentre sur les conflits
d'intérêt entre les propriétaires (actionnaires) et les gestionnaires (dirigeants). Les propriétaires délèguent
la gestion à des dirigeants, mais il peut y avoir des divergences de motivation. La théorie propose des
mécanismes pour aligner les intérêts (par exemple, rémunération basée sur la performance). En revanche,
la théorie standard de la firme (néoclassique) repose sur l'idée que les entreprises maximisent leur profit,
et les agents économiques agissent de manière rationnelle pour maximiser leur utilité. Elle ne prend pas en
compte les relations d'agence et les conflits d'intérêts.
3 Que représente la « raison d'être » (ou « mission ») d'une entreprise ? Pourquoi une entreprise a-
t-elle intérêt à définir sa raison d'être ?
Raison d'être (ou mission) d'une entreprise : La raison d'être d'une entreprise définit sa finalité au-delà du
simple profit : elle clarifie pourquoi l'entreprise existe et quel impact elle souhaite avoir sur la société.
Définir une raison d’être permet à l'entreprise de se différencier, d’engager ses employés et de répondre
aux attentes des consommateurs. Exemple : L'entreprise Danone se positionne sur le bien-être des
consommateurs et la santé alimentaire, ce qui guide ses actions.
4 Quelles sont les principaux phénomènes disruptifs internes et externes auxquels sont aujourd'hui
confrontées les entreprises et leurs dirigeants ?
Phénomènes disruptifs internes et externes :
Externes : la mondialisation, les avancées technologiques rapides, la concurrence accrue, les
régulations environnementales, la crise climatique, etc.
Internes : la transformation numérique, la gestion de la diversité, la gestion des talents, les
changements dans la culture d’entreprise, la crise de leadership, etc.
5 Plus généralement, pensez-vous que l'on peut diriger aujourd'hui une entreprise comme par le
passé ?
Diriger une entreprise comme par le passé : Non, aujourd’hui, les dirigeants doivent être plus agiles,
intégrer la responsabilité sociale et environnementale dans leurs décisions, adopter une gouvernance
plus participative et gérer la transformation numérique. Les anciens modèles hiérarchiques et
centralisés sont dépassés, au profit de structures plus collaboratives.
6 En matière de stratégie d'entreprise, quelle est la valeur ajoutée de l'approche de Michael
Porter ? Donner un exemple de relation entre les parties prenantes
Valeur ajoutée de l’approche de Michael Porter : Porter propose un cadre pour définir la stratégie d'une
entreprise en fonction de sa position concurrentielle dans l'industrie (les forces concurrentielles de son
environnement). Il insiste sur l'importance de la différenciation, des coûts et des avantages compétitifs.
Un exemple de relation entre les parties prenantes : un fournisseur clé (stakeholder) qui a un pouvoir
de négociation fort peut influencer les décisions stratégiques d'une entreprise, comme le choix des
produits ou des services.
7 Quelle(s) différence(s) faites-vous entre la corporate strategy et la business strategy ? Donnez
quelques exemples.
Corporate strategy vs Business strategy :
La corporate strategy concerne les décisions globales de l'entreprise, comme la diversification ou
l’internationalisation.
La business strategy est plus axée sur la gestion d’une unité d’affaires spécifique (par exemple, la
stratégie d’une ligne de produits ou d'un marché). Exemple : Une entreprise peut avoir une stratégie
d'internationalisation (corporate strategy) tout en ayant une stratégie de différenciation pour ses
produits (business strategy).
8 Finalement, au sein des entreprises, comment est choisie la stratégie ? Ce choix est-il toujours
rationnel et délibéré ?
Choix de la stratégie : La stratégie peut être choisie de manière rationnelle et délibérée, mais
souvent elle résulte de processus opportunistes. Les dirigeants réagissent parfois aux circonstances
imprévues (ex. crise économique, changement technologique), et le choix de la stratégie peut
également être influencé par des biais cognitifs ou émotionnels.
9 Comment Jeremy Rifkin définit-il la nouvelle économie ? Cette analyse vous parait-elle
pertinente ?
Définition de la nouvelle économie par Jeremy Rifkin : Jeremy Rifkin définit la nouvelle économie
comme une économie basée sur les réseaux, les énergies renouvelables et la collaboration plutôt
que sur la concurrence pure. Il analyse aussi le passage d'une économie industrielle à une économie
plus orientée vers les services. Cette analyse semble pertinente, notamment face aux défis
environnementaux et technologiques actuels.
10 Plus généralement, quel(s) rôle(s) doivent jouer aujourd’hui les dirigeants d'entreprises et
comment celles-ci peuvent-elles être libérées ?
Rôle des dirigeants d'entreprise aujourd'hui : Les dirigeants doivent être à la fois des leaders
stratégiques, des innovateurs et des gestionnaires de parties prenantes (actionnaires, employés,
clients, environnement). Ils doivent aussi intégrer les enjeux sociaux et environnementaux dans
leurs décisions. Pour libérer les entreprises, il est important de favoriser l'innovation, la flexibilité et
de remettre en question les modèles traditionnels de gestion.