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Électrolyse : Fonctionnement et Applications

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Électrolyse et générateurs électrochimiques

Introduction :

Il est vrai que les chimistes se sont intéressé·es dans un premier temps
aux réactions spontanées pour en tirer profit. Cependant, certaines
réactions non spontanées, c’est-à-dire n’ayant pas lieu naturellement,
peuvent avoir un grand intérêt pour la recherche ou l’industrie. Bien qu’il
en existe de nombreuses, une des réactions non spontanées présentant
un atout majeur pour les chimistes est l’électrolyse.

Ce cours présente dans une première partie le dispositif et le


fonctionnement d’un électrolyseur avant de développer dans une
seconde partie des exemples d’utilisation. Pour finalement, traiter les
dispositifs capables de stocker l’énergie.

1 Électrolyseur

a. Constitution et fonctionnement

Une pile est un dispositif capable de transformer l’énergie chimique en


énergie électrique, en mettant en jeu une transformation chimique
spontanée. Mais il existe un dispositif capable de transformer de l’énergie
électrique en énergie chimique : un électrolyseur.

Définition

Électrolyseur :

Un électrolyseur est un dispositif physique auquel de l’énergie électrique


est fournie pour réaliser une transformation chimique non spontanée
(forcée), c’est-à-dire pour effectuer une électrolyse.

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 Une électrolyse est une méthode permettant de convertir l’énergie
électrique en énergie chimique. Des réactions chimiques sont donc activées
grâce à l’apport d’un courant électrique.

À retenir

Le principe de fonctionnement d’une électrolyse repose sur des


réactions d’oxydoréductions non spontanées.

Pour cela, un générateur de courant continu fournit des électrons qui


forceront la réaction chimique à avoir lieu dans le sens opposé à celui
observé lors d’une réaction chimique spontanée. Le générateur est relié au
circuit par deux électrodes plongées dans une solution électrolytique
(c’est-à-dire contenant des ions).

b. Transfert des électrons

L’anode est l’électrode sur laquelle se déroule une oxydation : les électrons
provenant de cette électrode se dirigent vers la borne positive du générateur.
L’équation est la suivante :

red1 → ox 1 + n1 e−
​ ​ ​

La cathode est l’électrode sur laquelle se déroule une réduction : les électrons
proviennent de la borne négative du générateur. L’équation est la suivante :

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ox 2 + n2 e− → red2
​ ​ ​

 Ainsi, l’équation de cette oxydoréduction est :

n1 ox 2 + n2 red1 → n1 red2 + n2 ox 1
​ ​ ​ ​ ​ ​ ​ ​

À retenir

L’équation de la réaction support de l’électrolyse est une réaction


d’oxydoréduction non spontanée. Le courant électrique, qui se trouve
être en sens opposé, est fourni par un générateur extérieur. De plus, ce
courant électrique est dû aux électrons qui sortent de la borne négative
du générateur.

c. Charge électrique mise en jeu lors d’une électrolyse

Nous savons que le générateur de l’électrolyseur délivre un courant continu


d’intensité I . Ainsi, nous pouvons quantifier la charge électrique Q qui
circule dans le circuit électrique pendant une durée Δt :

Q = I Δt ​

Avec :

I l’intensité constante en ampère (A) ;

Δt la durée en seconde (s) ;

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Q la charge électrique en coulomb (C), ou en ampèreseconde (As) ou encore
en ampèreheure (Ah).

Astuce

L’expression de la charge électrique Q d’un électrolyseur est semblable à


la formule de la charge maximale Qmax d’une pile. ​

À retenir

Lors d’une électrolyse, la réaction chimique met en jeu n électrons


circulant dans le circuit, ainsi la charge électrique Q est proportionnelle
au nombre d’électrons échangés aux électrodes soit :

Q = n × NA × e ​

= n×F
​ ​

Avec :

n la quantité de matière en mole d’éléctrons (mol) ;

NA la constante d’Avogadro égale à 6, 02 × 1023 mol−1 ;


e la charge élémentaire environ égale à 1, 60 × 10−19 C ;

F la constante de Faraday environ égale à 96 500 C ⋅ mol−1 .

2 Des réactions d’électrolyse

a. L’électrolyse du bromure de cuivre

Nous voulons récupérer du cuivre solide à partir des ions Cu2+ par la
réaction suivante :

2Br− ​
2+


(aq) + Cu(aq) → Cu(s) + Br 2,(aq) ​ ​

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Cependant cette réaction a une constante d’équilibre K = 8, 3 × 10−26 ,
elle n’est donc ni favorable ni spontanée.

 Pour pouvoir mener cette réaction d’oxydoréduction à bien, il faut la forcer


dans le sens direct.

Pour cela, nous mettons au point un protocole d’électrolyse où un


générateur est relié à deux électrodes de graphite plongées dans un
électrolyte de bromure de cuivre (Cu2+
(aq)
+ 2Br−
(aq)
). ​ ​

En additionnant la demi-équation d’oxydation qui se produit à l’anode et la


demi-équation de réduction qui se produit à la cathode, nous obtenons
l’équation de réaction suivante :

À l’anode : 2Br−
(aq) → Br2,(aq) + 2e


À la cathode : Cu2+ −
(aq) + 2e → Cu(s)
​ ​

 Équation : 2Br−(aq) + Cu2+


(aq) ⇋ Cu(s) + Br2,(aq)
​ ​ ​ ​

Exemple

L’électrolyse du bromure de cuivre est effectuée pendant 2 heures avec


une intensité constante I = 1 A fournie par le générateur.

Calculer la quantité de matière de cuivre solide (Cu(s) ) que ​

cette électrolyse a formé

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Pour cela, nous devons calculer la quantité d’électricité qui a traversé
l’électrolyseur :

Q = I Δt
= 1×2

= 2 Ah ​

= 2 × 3 600
= 7 200 C ​

Ainsi, la quantité de matière d’électrons qui a circulé durant cette


électrolyse est :

Q = n × e × NA ​

= n×F
​ ​

Donc,

Q
n=
F

7 200

= ​

96 485

= 7, 5 × 10−2 mol

Or selon la demi-équation : Cu2+ −


(aq) + 2e → Cu(s) , nous pouvons dire que
​ ​

lorsque n moles d’électrons sont échangés, il y a 2n moles de cuivre


formé soit : n = 2nCu,formeˊ .​

Alors,
n
nCu,formeˊ =
2
​ ​

7, 5 × 10−2

= ​

2

= 3, 7 × 10−2 mol

Ainsi, au cours de l’électrolyse du bromure de cuivre, 3, 7 × 10−2 mol de


cuivre solide ont été formées.

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b. L’électrolyse de l’eau

La décomposition de l’eau est une réaction très intéressante et a plusieurs


applications. Elle se fait selon l’équation de réaction suivante :

2H2 O (ℓ) → 2H2,(g) + O 2,(g)


​ ​ ​ ​

Cette réaction est non spontanée, elle n’a donc pas lieu que dans un
électrolyseur et met en jeu les deux couples redox suivants : H+ /H2 et ​

O 2 /H2 O .
​ ​

À l’anode, l’oxydation des ions H + a lieu selon la demi-équation (1) suivante :

2H+ −
(aq) + 2e → H2,(g) (1)
​ ​

À la cathode, la réduction des molécules d’eau a lieu selon la demi-équation


(2) suivante :

2H2 O (ℓ) → O 2,(g) + 4H+


​ ​ ​

(aq) + 4e (2) ​

Pour additionner deux demi-équations redox et en déduire l’équation de la


réaction, le nombre d’électrons échangés doit être le même. Ainsi la demi-
équation d’oxydation est multipliée par 2 et ajoutée à la demi-équation (2).

 Après élimination des électrons et protons présents, l’équation de réaction


de l’électrolyse de l’eau est donc :

2H2 O (ℓ) ⇋ 2H2,(g) + O 2,(g)


​ ​ ​ ​ ​

Exemple

L’électrolyse de l’eau est par exemple employée comme source


d’oxygène dans les sous-marins. Ils utilisent l’eau de mer et une fois
cette eau distillée, une partie va permettre d’obtenir de l’eau potable par
ajouts de minéraux et une autre partie va être utilisée dans une
électrolyse, afin de produire de l’oxygène suivant la réaction ci-dessus.

3 Stockage et conversion de l’énergie chimique

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a. Stockage d’énergie chimique

Le bon fonctionnent de notre société et de nos équipements est basé sur


l’énergie électrique.

 Les ressources renouvelables d’énergie sont préférables aux ressources fossiles


pour minimiser l’impact écologique.

Cependant, les ressources renouvelables présentent une limite


importante : elles ne sont disponibles que lorsque certaines conditions sont
réunies, ce qui peut nous limiter dans leur utilisation.

Exemple

Par exemple, l’énergie solaire peut être transformée en énergie


électrique par les cellules photovoltaïques, mais le rayonnement solaire
n’est pas homogène à la surface de la Terre et son intensité varie en
fonction des saisons et des conditions météorologiques.

Il en est de même pour le fonctionnent des éoliennes qui nécessitent


beaucoup de vent. Mais le vent n’est pas un phénomène permanent et
dépend de nombreux paramètres sur lesquels nous n’avons aucun
contrôle.

Pour pouvoir suivre la révolution qui s’opère dans le monde des énergies
renouvelables, nous devons aussi mettre en place un moyen de stocker
cette énergie lorsqu’elle est disponible, afin de pouvoir la réutiliser au
besoin, même au moment où les conditions ne sont plus réunies.

Rappel

Les piles sont des dispositifs capables de transformer une énergie


chimique, obtenue suite à une réaction spontanée, en énergie
électrique. Ces dispositifs permettent de stocker l’énergie.

Il est possible d’additionner le fonctionnement d’une pile comme


générateur électrique, délivrant de l’énergie électrique, et celui d’un
électrolyseur comme récepteur d’énergie électrique, stockant de l’énergie
électrique en énergie chimique, dans un seul dispositif.
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 Cela permet de mettre au point des systèmes capables de stocker de l’énergie
et de la refournir au besoin. On les appelle les accumulateurs .

b. Stockage de l’énergie électrique : accumulateur

Définition

Accumulateur :

Un accumulateur est un système de stockage de l’énergie électrique. Il


fonctionne comme un générateur d’énergie chimique quand sa réaction
se fait dans le sens spontané, et fonctionne comme un récepteur
d’énergie électrique quand sa réaction se fait dans le sens opposé, c’est-
à-dire non spontané.

 Un accumulateur se distingue d’une pile grâce à son aptitude à la recharge.

Le mode de fonctionnement d’un accumulateur se base sur deux phases,


pour les développer nous allons prendre l’exemple de l’accumulateur au
plomb.

1 Une phase de charge où l’accumulateur reçoit de l’énergie électrique d’un


générateur. Cette énergie électrique est transformée en énergie chimique grâce
à une réaction non spontanée.

À l’anode s’effectue une oxydation, suivant l’équation suivante :

Pb2+ ​ ​ ​
+
(aq) + 2H2 O (ℓ) → PbO 2,(aq) + 4H(aq) + 2e

​ ​

À la cathode s’effectue une réduction, suivant l’équation suivante :

Pb2+ −
(aq) + 2e → Pb(s)
​ ​

Équation de réaction de la charge :

2Pb2+ ​ ​
+
(aq) + 2H2 O (ℓ) → PbO 2,(aq) + Pb(s) + 4H(aq)
​ ​ ​ ​

2 Une phase de décharge où l’accumulateur fournit de l’énergie chimique au


circuit électrique. Cette énergie électrique est issue de l’énergie chimique

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produite au cours d’une réaction spontanée.

À l’anode s’effectue une oxydation, suivant l’équation suivante :

Pb(s) → Pb2+
(aq) + 2e


À la cathode s’effectue une réduction, suivant l’équation suivante :

PbO 2,(aq) + 4H+


(aq)
​ + 2e− → Pb2+
(aq) + 2H2 O (ℓ)
​ ​ ​ ​

Équation de réaction de la charge :

PbO 2,(aq) + Pb(s) + 4H+


​ ​
2+
(aq) → 2Pb(aq) + 2H2 O (ℓ)
​ ​ ​ ​

c. Stockage de l’énergie chimique : organisme chlorophyllien

Les feuilles des plantes ont la capacité à photosynthétiser ainsi elles


peuvent stocker de l’énergie chimique.
En effet, les feuilles sont capables d’effectuer deux réactions
d’oxydoréduction inverses, une spontanée et une non spontanée selon
leur environnement.

En journée (phase claire), les plantes consomment du dioxyde de carbone


(CO2 ) et de l’eau (H 2 O) pour produire du dioxygène (O2 ) et du glucose
​ ​ ​

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(C6 H 12 O6 ) : c’est la photosynthèse chlorophyllienne.
​ ​ ​

6CO2,(g) + 6H 2 O(ℓ) → C6 H 12 O6,(aq) + 6O2,(g)


​ ​ ​ ​ ​ ​ ​

L’énergie reçue par les plantes dans ce cas est une énergie lumineuse
provenant du Soleil.

La nuit (phase sombre), en l’absence de cette énergie lumineuse, les plantes


consomment le dioxygène et le glucose pour rejeter du dioxyde de carbone et
de l’eau : c’est le phénomène de respiration.

C6 H 12 O6,(aq) + 6O2,(g) → 6CO2,(g) + 6H 2 O(ℓ)


​ ​ ​ ​ ​ ​ ​

À retenir

L’énergie lumineuse solaire a été convertit en énergie chimique.

Conclusion :

L’électrolyse est une réaction d’oxydoréduction non spontanée par


apport d’énergie électrique. Grâce à ce principe, nous pouvons contrôler
et produire des réactions qui ne se produirait pas naturellement. Étant
donné que l’énergie électrique est une ressource importante au bon
fonctionnement de notre société, des dispositifs se basant sur
l’électrolyse et la pile ont été mis en place pour la stocker et sont
développés continuellement. D’autant plus que nos appareils et nos
besoins en énergie électrique ne cessent de croitre.

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