Les DYS : comment les reconnaitre, comment les coacher ?
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Fiche 1 : Dyslexie
Définition
Difficultés sévères et durables d'acquisition du langage écrit chez des enfants d’intelligence
normale, sans troubles sensoriels ni désordres affectifs graves.
Les recherches les plus récentes font l'hypothèse de troubles cognitifs multiples à l'origine
DES troubles dyslexiques.
Un retard "simple" d'apprentissage peut s'apparenter à des troubles dyslexiques.
Signaux d’alerte
Les erreurs de lecture ne sont pas spécifiques, par contre leur fréquence et surtout leur
persistance sont caractéristiques :
Grande lenteur dans toutes les activités comprenant de l’écrit (lecture ou
écriture) d’où impossibilité de traiter un devoir en entier
Ecriture peu lisible dans son contenu et sa forme (graphisme, orthographe et
segmentation des mots)
Difficultés d’organisation, besoin de repères
Problèmes pour se situer dans le temps, pour établir une chronologie
Fatigabilité
Gêne par le bruit qui perturbe la concentration
Difficultés à lire, lenteur, erreurs sonores, paralexie (tabac/table), erreurs
visuelles (p/q…)
Orthographe très défaillante
Meilleures performances à l’oral. Compréhension supérieure lorsque l’énoncé
est oralisé
Capacités d’apprentissage normales si on passe par une autre modalité que
l’écrit
Troubles associés possibles
Retard de langage et de parole
- Troubles du regard (balayage, fixation, convergence, saccade, …)
- Troubles de discrimination phonémique (ta/da…)
- Problèmes temporo-spatiaux (ordre séquentiel, se diriger sur un plan)
- Difficultés de latéralisation.
- Agitation, inattention, renoncement, indifférence…
Ce que l'on peut faire
Lire les consignes écrites
Limiter la copie : donner plus de temps, l’aider à finir un travail écrit
Aérer les documents, grossir les caractères
Connaître précisément les difficultés de l'élève par son observation et
s'appuyer sur les bilans et les échanges avec la famille pour envisager des
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réponses pédagogiques adaptées : recourir à l'organisation d'équipes
éducatives
Proposer aux parents de continuer à lire des histoires, d'écrire sous la dictée
de l'enfant, de préserver au mieux l'aspect plaisir du contact avec l'écrit
Ne pas se décourager devant la lenteur des progrès et la durée des
rééducations
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Fiche 2 : Dysorthographie
Définition
Défaut d'assimilation important et durable des règles orthographiques (altération de
l'écriture spontanée ou de l'écriture sous dictée.)
Ceci perturbe, dans des proportions variées, la conversion phono-graphique, la
segmentation des composants de la phrase, l'application des conventions orthographiques
(règles d'usage) et enfin l'orthographe grammaticale.
Il ne s’agit pas d’un trouble des apprentissages mais d’une conséquence directement liée à
certains troubles des apprentissages : en cas d’observation de signes d’alerte, se référer
aux fiches concernant la dyslexie, la dyspraxie visuo-spatiale, les troubles de la mémoire,
l’hyperactivité, les troubles dysexécutifs.
La dysorthographie semble aussi reliée à une absence de stratégies d'anticipation et de
vérification.
Signes d'alerte
Sauts de lettres
Inversions de syllabes
Mauvaise segmentation des mots
Ecriture en phonétique
Comment s’y prendre
Ecrire grand
Travailler syllabe par syllabe
Jeux de concentration
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Fiche 3 :Dysgraphie
Définition
Troubles qui entraînent une lenteur importante dans la réalisation des productions
graphiques et écrites, ou une malformation des lettres.
Signaux d’alerte
Problèmes généraux de précision et de maladresse persistants après le CP.
Mauvaise tenue persistante des outils (ciseaux, règle, crayon)
Difficultés persistantes dans la reproduction de formes
Refus d’écrire
Fatigue, crampe lors de l’écriture, poignet rigide
Ecriture difficilement lisible : télescopages, tracé trop léger ou trop écrasé,
geste tremblé ou très mal maîtrisé, mauvaises dimensions, sens de la graphie,
travail très peu soigné; par la suite (collège) : souvent écriture scripte
Lenteur, difficulté à l’école dans les exercices réclamant un passage à l’écrit
Anxiété à l’approche de l’écriture
Troubles associés
Troubles de la motricité fine
Difficultés praxiques, visuo-attentionnelles
Anxiété
Ce qu’il faut faire
Favoriser l’oral pour vérifier les connaissances (épeler, compter …)
Continuer l’entraînement graphique (séquences courtes)
Valoriser la production orale, encourager
Aider à la tenue du cahier de textes (photocopies ou tuteur)
Ce qu’il ne faut pas faire
Donner des lignes en punition
Culpabiliser l’enfant sur ses cahiers "sales et brouillons"
Obliger l’élève à recommencer un travail écrit non-satisfaisant
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Fiche 4 :Dyscalculie
Définition
Difficultés à acquérir et maîtriser les différentes connaissances et habiletés à l’œuvre dans
les mathématiques, que ce soit dans l’accès à la numération, dans l’apprentissage des
opérations arithmétiques, la résolution de problèmes ou la géométrie.
Il s’agit d’un dysfonctionnement cognitif excluant tout trouble sensoriel et moteur, toute
maladie neurologique et anomalie psychique chez un enfant d’intelligence normale.
Les signes d’alerte
Difficulté à mémoriser et traiter des informations
Trouble du langage sur certains concepts (différence, quantité, le tout
et les parties, condition, mise en mots des hypothèses)
Difficulté à comprendre certaines formulations de problèmes
Mauvaise organisation spatio-temporelle gênant la mise en place de la
numération, des opérations mathématiques
Mauvaise habileté motrice, problèmes de latéralité entraînant des
difficultés dans les opérations géométriques (tracé, propriétés et
différenciation des figures géométriques)
Retard dans l’acquisition des opérations mentales telles que décrites
par Piaget (ex : conservation du nombre, sériation…)
Difficulté dans la planification de la tâche (créer des images mentales),
la mise en œuvre et le contrôle
Difficulté (ou incapacité) à compter spontanément sur ses doigts
Ce qu’il faut faire
Bien cerner les difficultés de l’enfant pour éviter de lui proposer des aides qui seront pour lui
des entraves (ex. les activités visuo-spatiales telles que compter sur ses doigts ou le tableau
à double entrée si une dyspraxie est associée).
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Fiche5 :Dysphasie
Définition
Trouble spécifique du développement de la parole et du langage entraînant l’échec d’une
acquisition normale du langage réceptif et/ou expressif qui ne résulte pas d’une déficience
intellectuelle, d’une déficience sensorielle ni d’un désordre affectif grave.
Marques spécifiques de déviance :
Expression
Troubles de l'élocution : peuvent être massifs
Troubles de l'évocation : cherche ses mots, périphrases
Langage non informatif : incapable de transmettre une information uniquement par
la parole
Syntaxe erronée
: style télégraphique, difficulté de formulation
Langage spontané réduit : évite de parler, de prendre la parole, réponses oui /non
Compréhension
Difficulté de compréhension : essentiellement des consignes verbales si absence de
contexte, de support concret
Tous les enfants dysphasiques ont des problèmes d'apprentissage : les troubles
dysphasiques évoluent généralement vers des troubles dyslexiques, dysorthographiques...
Troubles associés possibles
Trouble d'abstraction
Persévé
ration orale, graphique, motrice ; rigidité cognitive
Trouble de la perception du temps = difficultés à séquencer
Souvent difficultés praxiques : difficultés de perception spatiale (organisation
gestuelle, graphisme)
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Problèmes de comportement en rapport avec troubles de compréhension et
d'adaptation à une nouvelle situation
Difficultés sociales dues aux troubles du langage
Forces et habiletés
Désir de communiquer
Motivation à apprendre
Bonne réussite dans les tâches qui ne requièrent pas de langage (sauf si un trouble
praxique est associé)
Sens de l'observation aiguisé
Ce qu'il faut envisager à l'école
Essayer de comprendre l’enfant malgré ses difficultés de communication
Ne pas culpabiliser la famille, l’enseignant
Après diagnostic, le Projet Personnalisé de Scolarisation permettra de préciser les
attentes et les objectifs de travail de chacun des partenaires intervenants
(enseignants, parents, soignants), de solliciter les aides indispensables (humaines,
matérielles)
Le choix d'outils pédagogiques appropriés pourra se faire sur les conseils des
professionnels du Centre du Langage, en contactant les enseignants de la CLIS
Dysphasie à La Motte, en consultant les sites spécialisés
([Link], [Link] ... )
Rééducations indispensables
Orthophonie, psychomotricité, psychothérapie
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Fiche6 :Dyspraxie / Dyspraxie visuo-spatiale
Définition
Dyspraxie : défaut d’automatisation de la séquence gestuelle (de la bouche, des jambes,
des mains et/ou des yeux).
Dyspraxie visuo-spatiale : (trouble visuo-practo-spatial) : défaut d’automatisation du geste
+ défaut de coordination visuo-motrice + défaut de construction de composants de la
spatialisation.
Signaux d’alerte
En classe Sur les apprentissages
Dysorthographie sévère (écriture phonologique)
Dysgraphie importante : manque de fluidité (écriture très pointue, lettres pas
formées et pas sur les lignes, ratures, très grande lenteur)
Dyscalculie spatiale : n’aligne pas les chiffres, pas de représentation spatiale, pas
d’image mentale
Dans la vie scolaire
Mauvaise organisation du cahier de texte
Le cartable est en vrac (papier en accordéon), la case du bureau aussi, le classeur
n’est pas rangé
Problème de recopie : textes et schémas
Il se cogne souvent et tombe
Il ne se repère pas dans les locaux
Il demande souvent l’heure (pas de lecture sur une montre à aiguilles)
Il mange très mal à la cantine : ne sait pas couper sa viande, fait tomber son verre
souvent, mange salement….
Il ne sait pas utiliser une règle
Tous les troubles ne sont pas à intensité égale, ils ne sont pas tous présents. Souvent on
trouve une association dysorthographie avec dyscalculie spatiale, on parle alors de trouble
visuo-spatial.
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A la maison
Quand il est petit, il ne joue pas avec les cubes et les puzzles
Il ne cherche pas le papier et les crayons
"Nul" en jeux de ballons, vélo, jeux d’assemblages, faire les lacets, boutonnage,
natation, l’habillement et à table
Il ne sait pas ranger
Il n’a pas de repères dans le temps et dans l’espace …
Ce qu’il faut faire
Accepter le "handicap" à la maison comme à l’école.
En classe
Garder les cahiers aux lignes larges
Garder les repères spatiaux (gommettes, points..)
Soulager la production écrite (passer par l’oral et les photocopies)
Verbaliser le plus souvent possible (par exemple, donner une
définition à la place d’un dessin)
L’enfant parle en travaillant : ne pas lui dire de se taire mais lui
apprendre à chuchoter (mode de compensation à préserver)
La dictée : passer aussi par le verbal (épeler)
Le plus difficile pour eux : géométrie, dictée, anglais, allemand
Apprentissage de l’ordinateur et logiciels spécifiques en géométrie,
par exemple
Au collège : favoriser l’italien ou l’espagnol
A la maison
Montre digitale, scratch, verre "stable", viande coupée, aide à
l’organisation….
Ce qu’il ne faut pas faire en classe comme à la maison
Nier l’échec
Culpabiliser l’enfant en classe ou à la maison (le traiter de paresseux, lui dire que
c’est de sa faute….)
Le mettre face à son échec systématiquement
Le forcer à faire ce qu’il ne peut pas faire et ne pourra peut-être jamais faire
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Où seront-ils envoyés après diagnostic ?
Rééducation orthoptique.
Psychomotricité et /ou ergothérapie
Ce sont des enfants qui arrivent au bac. L’écriture s’améliore avec le temps. Prendre en
compte la grande fatigabilité de ces enfants. Ils ne sont pas paresseux, bien au contraire.
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Fiche 7 : Troubles de la mémoire
Définition
La mémoire est déterminante dans les processus d’apprentissage.
La mémoire est conditionnée par des données biologiques et psychologiques.
On distingue 3 types de mémoire :
- à court terme,
- de travail,
- à long terme.
Un trouble de la mémoire peut concerner les fonctions suivantes : intégration des
données, rétention des données, restitution des données (capacité à retrouver une
information en mémoire, capacité à garder cette information en mémoire et à l’utiliser
activement tout en travaillant sur un thème donné).
Signes d’alerte
A l’école
Repérage d’un oubli quasi immédiat et fréquent de la consigne de
travail
Difficulté fréquente à se rappeler un élément d’une série
Difficulté anormale à mettre en œuvre un "rituel"
En liaison école et famille : méconnaissance d’une leçon apprise la veille.
Dans la famille : fréquents oublis d’éléments de la vie quotidienne (ex : une liste simple de
courses à proximité ou bien l’enfant se rappelle que quelqu’un a appelé au téléphone mais
est dans l’incapacité de se rappeler qui et pourquoi bien qu’il s’agisse d’une personne
proche, d’un membre de la famille).
Deux tests utilisés lors de la visite médicale obligatoire des élèves de six ans (mémoire à
court terme) :
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o Difficulté à répéter une série aléatoire de deux à quatre chiffres (ex : (2,7) ;
(5,9,1,8).
La norme est la répétition d’une série de trois chiffres en MS
La norme est la répétition d’une série de quatre chiffres en GS
La norme est la répétition d’une série de cinq chiffres en CP
La norme est la répétition d’une série de cinq à sept chiffres pour les adultes
o Difficulté à retrouver un modèle donné (lettre, symbole) dans une série
constituée d’environ une vingtaine d’éléments.
Précautions méthodologiques :
Attention : le repérage d’une difficulté peut renvoyer à plusieurs troubles qui seront précisés
par un professionnel (trouble de la mémoire, mais aussi trouble de l’attention, etc.), donc ne
pas se risquer à "faire un diagnostic".
Attention encore : toujours cumuler plusieurs observations avant d’alerter et confronter les
observations de classe avec celles de la famille.
Vers qui se tourner ?
Médecin de famille
Service de Santé Scolaire (04 79 22 92 95) qui relaiera vers les
infirmières ou les médecins scolaires
R.A.S.E.D.
Le neuropsychologue pour un bilan complet.
Ce qu’il faut faire en classe et à la maison
S’assurer que l’enfant bénéficie d’une hygiène de vie correcte
(alimentation, sommeil)
Donner des aides méthodologiques : reformulation systématique de
consigne à l’oral et écriture de la consigne au tableau
Concrétiser le temps qui passe par des outils ou des repères partagés,
exemple "time timer"( minuterie visuelle)
Utiliser des repères fixes, stables répétitifs, choisis avec l’enfant en
fonction de ses intérêts, exemple utilisation d’une clochette pour
marquer la fin du temps d’accueil en maternelle
Créer des "référents" individuels ou collectifs : écrit, dessin ou
pictogramme, etc.
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Recettes mnémotechniques : exemple se souvenir de "mais ou et donc
or ni car ?"
Réactivation des connaissances acquises lors de la séquence
précédente
Projet de restitution : l’enfant doit savoir pourquoi et pour quand il
doit mémoriser
Ce qu’il ne faut pas faire en classe ou à la maison
Porter un regard "négatif" et perdre son calme (ni énervement, ni culpabilisation)
Nier l’échec
Culpabiliser l’enfant en classe ou à la maison (le traiter de paresseux, lui dire que
c’est de sa faute….)
Le mettre face à son échec systématiquement
Le forcer à faire ce qu’il ne peut pas faire.
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Fiche8 :Déficit attentionnel avec/ou sans hyperactivité
Définition
Le trouble du déficit attentionnel avec ou sans hyperactivité est une maladie neurologique,
dont le diagnostic est particulièrement difficile (bilan neurologique, bilan psychologique,
bilan psychiatrique).
Hyperactivité motrice : enfant qui bouge en permanence. C’est une manifestation non
spécifique présente dans de nombreux troubles.
Déficit de l’attention : enfant très peu attentif, distractible.
Impulsivité toujours présente. Non contrôle de soi.
Déficit de l’attention et impulsivité et/ou hyperactivité motrice doivent être observables
depuis plus de 6 mois, et présents dès la petite enfance (avant les 7 ans de l’enfant).
Signaux d’alerte
Distractibilité importante
Enfant inattentif : enfant "dans la lune", qui regarde par la fenêtre, qui s’échappe
dans ses pensées, très souvent, qui n’entend que quand on le rappelle sur terre
plusieurs fois
Enfant qui mémorise des notions, mêmes complexes, mais qui ne peut pas prioriser
ce qu’il doit mémoriser
Tous les apprentissages sont difficiles
Devoirs mal faits ou non faits
Enfant qui n’apprend pas de ses erreurs
Enfant qui oublie une part des consignes, ou oublie les consignes en cours d’exercice
Enfant impulsif, qui se bat facilement, qui coupe la parole, qui ne respecte pas les
règles de base, mais qui est profondément et sincèrement désolé de ses
débordements. Grossièretés, agressivité
Enfant qui est incapable de rester en place ou de maîtriser son agitation motrice,
quelles que soient les circonstances
Il travaille bien quand le maître reste à côté. (Voir "trouble des fonctions exécutives")
Enfant qui a des capacités physiques bonnes surtout en sport individuel mais ne sait
pas forcément faire attention aux autres surtout dans les sports collectifs
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Vers qui se tourner ?
Psychologue scolaire, service de Santé Scolaire.
Le neuropsychologue pour un bilan complet.
Ce qu’il faut faire
Décomposer la consigne (pas seulement la répéter) en plusieurs tâches simples
Faire reformuler la consigne par l’enfant
Limiter la durée des tâches
Installation près du maître, loin de la fenêtre, avec un voisin calme, en supprimant les
éléments de distraction
Introduire un code discret de rappel à la tâche en cas de distraction
Dans le cadre d’un contrat, autoriser et préciser les moments pendant lesquels
l’enfant peut bouger dans la classe
Mettre en place une fiche d’auto-évaluation du comportement
Féliciter quand c’est bien
Ce qu’il ne faut pas faire
Se culpabiliser, culpabiliser la famille, culpabiliser l’enfant : incapacité neurologique à se
maîtriser et non manque de volonté.
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Fiche 9 :Troubles des fonctions exécutives
(Le syndrome dysexécutif)
Définition
Ce sont des fonctions qui administrent, supervisent et contrôlent toutes les fonctions
spécifiques (fonctions linguistiques, mnésiques, praxiques, visuo-spatiales, gnosiques et
raisonnementales) et qui sont élaborées grâce à 4 phases :
Rôle du choix des données et de l’attention sélective Stratégie, planification de l’action,
inhibition des routines non adéquates (excès ou défaut d’inhibition) Déclenchement des
procédures adéquates Fonction d’arrêt ou mise en route d’ajustements
Signes d’alerte
En classe (après 6 ans) :
La persévération : au niveau de l’idée, du verbal, du gestuel ou du graphisme. Elle peut être
spontanée (tripotage constant sans but et sans fin, gribouillage répétitif) ou provoquée
(exercices d’algorithmes rythmiques, au niveau du sport : il fera toujours le geste à
l’identique).
Ex : verbal : dire les jours de la semaine. Il va dire jeudi vendredi, jeudi mercredi, jeudi
mercredi septembre, jeudi mercredi vendredi, jeudi septembre novembre, jeudi et c’est
l’examinateur qui doit l’arrêter (n’a pas conscience de son erreur). Graphisme : on lui
demande un A et un V, il va démarrer AV puis AAAAA
Les irruptions d’automatisme (non-inhibition)
Ex : compter à l’envers à partir de 12 : il démarre bien 12,11 puis repart 11,12, 13…
Les réponses de type "n’importe quoi"
Ex : Donne-moi le cube vert et le jaune parmi cinq et lui donnera tout.
Les diffluences et les coq-à-l’âne
Ex : raconte l’histoire du petit chaperon rouge : il la raconte en incluant des éléments
d’autres histoires
Le problème relationnel et comportemental
Ex : rit devant une situation triste et inversement (il est mal à propos). Absence d’empathie
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Anosognosie
n’a pas conscience de ses troubles.
Enfant pour qui "rien ne prend" ; ni la récompense, ni la menace.
A la maison
Incapacité à démarrer une action : ne pas ouvrir un placard pour chercher un gâteau, ne pas
mettre ses chaussures qui sont posées à côté de lui, joue seul (pas d’initiative pour aller
chercher un jeu), n’a pas de copains.
Vers qui se tourner ?
Médecin de famille, service de Santé Scolaire.
Le neuropsychologue pour un bilan complet.
Ce qu’il faut faire
L’aider à démarrer toute activité (incapacité à s’organiser et à planifier une activité pour en
trouver le bon démarrage) Utilisation d’un code qui ne l’humilie pas lorsqu’il subit son
impulsivité (claquement de doigt, signe de la main pour le ramener dans l’activité en
cours) Le canaliser : pas de distracteurs (autres codes pour éviter les répétitions gestuelles
ou orales) L’habituer à travailler en groupe
Ce qu’il ne faut pas faire en classe et à la maison
Se montrer trop exigeant Attendre un changement de comportement rapide
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FICHE 10 :Les Enfants Intellectuellement Précoces - (EIP)
Une tentative de définition s’avère difficile, même pour des professionnels, notamment
lorsque la précocité intellectuelle est associée à un trouble des apprentissages.
Signes d’alerte
- Pensée très logique, très rapide
Pensée en arborescence, pas linéaire
Intuition des résultats
Mémoire très développée
Grande curiosité dès la maternelle
Connaissances inhabituelles dans des domaines non scolaires
Difficultés à s’astreindre à un travail répétitif. (Ex. : tables de multiplication)
Signes associés
Agitation et dissipation fréquentes si l’enfant a le sentiment de
s’ennuyer
Maladresse corporelle fréquente mais pas systématique
Manque de respect des règles de parole : l’enfant essaie toujours de
négocier les règles établies
Décalage dans la relation voire marginalisation (perçu par les autres
comme fier, hautain, susceptible ; légaliste/rapporteur).
Avec les familles : Relations souvent compliquées. Décalage.
Vers qui se tourner ?
Psychologue scolaire
Orienter vers le service de Santé Scolaire
Orienter vers une association (ANPEIP)
Le neuropsychologue pour un bilan complet.
Ce qu’il faut faire
Avant que le diagnostic ne soit posé :
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Ne pas nier le problème
Ouvrir la discussion avec les parents
En parler avec les collègues
Informer le R.A.S.E.D
Quand le diagnostic est posé :
Rechercher la fréquentation de classe multi niveaux
Envisager le saut de classe, si l’équipe éducative, la famille et l’enfant
sont d’accord
Besoin accru de méthodologie : l’amener à découvrir, formuler et
appliquer des méthodes de travail
Gérer les relations du groupe en intégrant cette différence
Besoin d’approfondissement des connaissances
Approfondissement du sens des apprentissages
Il faut toujours répondre, sans céder à l’immédiateté
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FICHE11. Dépression
Attention : la dépression de l’enfant ne ressemble pas du tout à la dépression de l’adulte.
C’est un trouble grave. Elle peut être en lien avec un trouble des apprentissages. Cette
maladie peut se manifester dès la maternelle.
Signes d’alerte
Phases d’hyperactivité motrice fréquentes avec mise en
danger : grimper tout en haut des arbres, marcher sur les toits,
traverser la rue sans regarder, chutes avec blessures…
Provocations et bagarres.
Phases d’abattement rares et discrètes : pleurs qui
commencent et finissent brutalement, sans raison évidente.
Plaintes multiples, sentiment d’incompréhension,
découragement, irritabilité, voix chuchotée.
Troubles de la concentration : même avec de la bonne volonté,
l’enfant n’arrive plus à se concentrer aussi longtemps
qu’avant : il n’arrive à apprendre que les trois premières lignes
de la récitation. L’enfant abandonne vite, à la moindre
difficulté. Il détruit son matériel, détériore ses affaires, gâche
ses réalisations, voire s’auto mutile.
Plaintes somatiques (mal au ventre, mal à la tête, fatigue,
absences répétées).
Vers qui se tourner ?
Demander l’aide du psychologue scolaire et/ou du service de Santé Scolaire qui
s’associeront pour orienter vers un diagnostic (la dépression est-elle la cause ou la
conséquence d’un autre trouble instrumental, affectif, traumatique, … ?).
Conseils pédagogiques
Ne pas attendre de miracle de la prise en charge médicale : un
traitement médicamenteux n’est généralement introduit qu’à
l’adolescence.
Ne pas attendre que l’enfant aille mieux de lui-même avant de
mettre en place des stratégies.
Demander l’aide du psychologue scolaire pour des
aménagements pédagogiques.
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Ce qu’il faut faire
Rassurer l’enfant sur ses capacités, valoriser ses réussites.
Ne pas dramatiser ses échecs
Prendre en compte ses difficultés, y compris relationnelles
Lors des mises en danger ou des agressions, ne pas crier, mais
lui rappeler les règles et lui confirmer qu’il est capable de les
respecter
Favoriser l’art (musique, peinture) et la création pour
permettre d’autres moyens d’expression de la souffrance
Accepter ou tolérer l’isolement de l’enfant
Ce qu’il ne faut pas faire
Se moquer de lui quand il pleure
Minimiser son chagrin
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