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Morcellement Identitaire Populations Littorales Quelques Déments de L'histoire Du Peuplement

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Le morcellement identitaire

des populations littorales ;


quelques déments de l’histoire du peuplement
H S. [Link]-Anthropologue,
EHESS, CETMA, Paris.

motsclefs : HISTOIRE DU PEUPlEMENT


POPUlATlONS CÔTIÈRES MIGRATIONSBAGA
NAlUMNDUMATEMNEBUllOMDlOlABAlANT
BUAGO MNDENI
keywords: SUTEMENTHISTORYCOASTAlPEOPlE
MIGRATIONSBAGANALUMNDUMATEMNE
BUllOM DlOM BALANTBUAGOMANDENI

Cette communication concerne la dynamique du peuplement côtier de la Guinée et du nord de la Sierra


Leone. Elle fait aussi réference aux deux grandes caractéristiques des populations des Rivières du Sud
puisqu‘elle met en relief A la fois l’unité culturelle des peuples de riziculteurs côtiers’ mais aussi la diversité
des identités ethniques etle morcellement des entités socio-politiques.
Bien que l’histoire du peuplement que nous tenterons de (( retracer )) ne fait pas formellement mention
d‘habitants côtiers avant les premières vagues de peuplement nalu, landuma et baga, il est evident que les
régions côtières connurent un peuplement humain très antérieur à l’arrivée de ces groupes sur le littoral.
Malgré la rareté des recherches arch6ologiques et préhistoriqueseffectuées dans cette partie de l‘Afrique de
l’Ouest, quelques recherches attestent la pr6sence de gisements prehistoriques plus ou moins anciens.
Schnell (1945) fait mention, près de Dubréka, aux environs du mont Kakoulima, près de Conakry, de la
découverte par un planteur d‘une dizaine d‘objets lithiques composés de bifaces taillées, de haches polies
ainsi que d’autres [Link] an plus tard, le même auteur mentionne des fouilles effectuées à Ratoma. C‘est
dans la forêt sacrée localisée dans la grotte de Kakimbo (tout proche de l’actuelle route qui monte vers Kipé
dans la banlieue nord de Conakry) que de nombreux objets ont éte trouvés3. Ces très anciennes populations
qui sont attestees par I’arch6ologie ne laisserentpas de traces dans la mémoire des tenants de l’histoire écrite
ou orale. Soit elles migrèrent ailleurs d‘elles-mêmes avant l‘arrivée des populations contemporaines, soit ces
dernières les chassèrent, soit encore elles y furent assimilées comme cela est le plus probable. Quoi qu’il en
soit, ce qui retient ici notre attention, c‘est le processus historique du peuplement du littoral par les
populations que l’on y trouve aujourd’hui. On ne peut nier les similitudes importantes entre les populations

1. a Défrichements et aménagements sont au service d’une authentique civilisation du riz dont l‘empreinte est particulièrement forte en pays
diola (BasseCasamance),chez les Balanf deGuinée Bissau, encertainssecteurs du pays boga (Guinée-Conakry) ou en bordure des
estuaires du paystemne[SierraLeone).Partout,d‘évidentescorrélationsassocientlepoidsdesdensitéset la qualitédesaménagements
rizicoles :à la pression de5 premières, réFnd le nécessaire perfectionnement des seconds. (felissier, 1989 ; 3/.
2. y La diversité des objets, qui forme passage des ob’ets taillés aux objets polis, paraît indi ver qu‘il y a là plusieurs niveaux ou du moins
b
plusieurs techniques différentes du Toumbien. II est possi le qu‘il y ait eu là un atelier. (Schneg 1945 :4/.
3. a Une couche superficielle renfermait des débris de poterie, des cendres et des débris de coquilles. Un niveau plus profond se révéla riche
en objets lithiques : haches polies, haches mi-polies mijaillées, pointe, etc. Au total plus de 300 pièces furent récoltées, presque foutes de
petite taille; la plus grande hache, partiellement polie, ofteignait 15 cm. [...J Outre les haches, disques et bifaces (parfois en forme de feuille
de laurier), la grofte de Kakimbo a livré des graffoirs) des lames et [ ....] un outillage microlifhiqueen quartz. r/Schnell, I 946 :6).
132
D Y N A M l Q U E ET USAGES DE 1A MANGROVE DANS LES PAYS DES RIVIÈRES D U S U D

littorales installées sur le proche littoral depuis la Casamance jusqu'en'sierra Leone. Ces similitudes
concernent parfois les raisons de leur fuite depuis Pinterieur des terres ou les types de milieux écologiques
habites ainsi que les modes d'exploitation de ces milieux (qui prennent la forme d'une riziculture intensive).
Certaines grandes unites sociales et/ou politiques se sont d6sagrBgées et forment tout au long de la côte
desgroupeshumainstrèsmorcelés j) (Wondji, 1585 : 17) qui sont caractérisbs par (( de multiples petites

unités socio-culturelles essentiellerment organisées sur la base des lignages, des clans et des villages. D (op.
cit. : 34). A ces similitudes, il faut malgr6 tout opposer des historiques de peuplement quelque peu differents,
des dynamiques sociales qui firent qu'au cours du temps certaines de ces sociétés se renforcèrent et se
développsrent (Diola, Temne), se maintinrent (Balant, Bijago, Nalu) ou au contraire tendent de nos jours à
s'etioler en se fondant dans des groupes plus vastes et plus forts qui les ont presque totalement assimilés
(Baga, Mandeni).

DU X e au XVe siècle, le Fouta Djallon abritait de nombreuses communautés qui se caracterisaient


notamment par l'absence d'organisation socio-politique hiérarchique a l'intérieur d'[Link] et entre
[Link],Baga,Landuma, Nalu, Bassari, Koniagui, Tiapi, Tenda, et plus tard Dialonke cohabithent
pacifiquement dans le Fouta Djallons. Les anciennes populations foutaniennes partageaient cetteabsence de
structure politique centralisée et avaient en commun un sens profond de I'independance qui leur épargnait
toute velléité de pouvoir hégémonique surgissant de l'extérieur ou 21 l'intérieur d'elle-mGrne. Mais cette
caractéristique, commune à tous ces groupes, va les mettre h la merci des futurs r&fugiés/envahisseurs qui
eux avaient connu, avant leur arrivee, des chefferies sinon des empires hiérarchiquement structurés où les
conflits avaient forme ces populations auxarts de la guerre. On décrit souvent le peuplement du Fouta
durant cette periode comme un agglomerat inorganise de differentes ethnies plus ou moins apparentées entre
elles. Plus que des ethnies veritablement et prkisément constitubes, ces populations formaient plutôt (( une
poussière de clans aux contours imprecis )) (Diallo A. O. et Diallo K., 1573 : 8). Ces populations de
cultivateurs &aient organis&es autour de structures villageoises, chaque village &tant indgpendant des autres
villages voisins (Niane D. T. et al., 4984). D& le XIIe siScle, elles vont subir I'arriv6e de migrants fuyant les
conséquences des déclins des diffgrents empires de l'intérieur. Les populations de refugiés furent accueillies
par les autochtones du Foula Djallon comme de nouveaux fuyards, eux-mhes l'avaient certainement éte en
leur temps. De cet ensemble disparate compos6 de divers groupes humains qui jalousaient leur
independance et leur autonomie tant politique qu'éconornique, aucun chef de guerre, aucun personnage
charismatique ne ressort destraditions orales.
L'intérst de s'attarder sur l'histoire du peuplement littoral est d'attirer l'attention, d'une façon plus
pragmatique, sur l'avantage qu'il .y a 3 raisonner en termes de populations et de groupes sociaux plutBt que
d'utiliser trop facilement et sans la définir la notion d'ethnie qui tend à figer les composantes culturelles de
cesgroupes, 2I les rendre immuables dans le temps et dans la forme. Binet (1972) pose le problème de
I'identit6 des peuples littoraux de cette r&gisn de f q o n plus radicale :
t( Tousles peuples côtiers (Diola, Djougout, Floup,BaÏot,Bai'nouk, Mandjak, Balant, Papel, Biafade ou
Bissago) se ressemblent beaucoup. [...] Du Senégal 2I la Guinée portugaise, des estuaires aux archipels tout
proches, les Nalu, les Landouman de Boke (Guin6e) et m h e les Baga de Boffa ou Dubreka leur sont
probablement apparent& Des ethnologues font même état de traits de ressemblance avecles Coniagui et les
Bassari qui habitent les contreforts nord-ouest du Fouta Djalon. [...] Les Landouman se consid&rent comme
frères des Timn6 de Sierra Leone. Les Boulom, les Sebora ou les Krim semblent pouvoir être rapproches des

4. A ce propos Brasseur et Savonnet [ I960)nofaienf que les réfugiés de /'intérieur se caractérisaient notamment par I'absence presque
complète de structure politique cohérenteet forte et p r leur vocation neffernent agricole.
5. a le nom du Fouto-Dja/on seréfère b cesdeuxethnies : Foufa (lesPeulhs,venus du Foutu-Tor0 au Sénégal, du Macina au Mali et,
anférieurement d'ailleurs, peut-être de Nubie, orfent aussi lesnoms de Foulah, Fulani ou Fodbês) et Djo/on (de Dialonkéj. 2 [Lewin, T 984 :
[Link] / 19.58)et Germain confirment htymdogie du mot en rapport avec le Foufa sénégolois mais êvacuent /es rkférences ethniques :
a l'expression Fouta-D/al/on est rhcenfe; elle a été imoginée par les Toucouleur venus du Foufa-Sénéplois qui en souvenir de leur patrie, ont
donné au Djallon cette oppellofion de Foufa du Djallon par opposition au Foufa du Tor0 ou vrai Fouta". /Germain, 1984 :62).
133
LE MORCELLEMENT lDENTlTAlRE DES POPULATIONS LITTORALES

Kissi. On en vient à émettre l'hypothèse d'un premier peuplement de toute la région, Fouta compris, par ces
populations. U n premier refoulement aurait eu lieu vers le XV siècle avec l'installation de Koli Tenguela des
Peuls paÏens et des Dialonke. Puislapression se fit plus nette lorsque les Peuls islamisés &rasèrent les
Dialonké et les forcèrent à descendre vers la mer. On comprend alors pourquoi les peuples nalu sont séparés
des Coniagui et les Boulomdes Kissi par une intrusion de population de langue très différente.)) (Binet, 1972 :422).
U n e étude succincte du peuplement côtier n'est donc pas inutile pour comprendre la diversité des
organisations politiquesde populations qui par ailleurs sont culturellement très semblables.

LE PEUPLEMENTCÔTIER
LES NALU ET CUINÉE)
(GUINÉE-BISSAU
A l'instar du pays baga, le pays nalu est plat et marécageux, i l est propice à la culture du riz inondé6. I l
s'étend des rives du Rio Nunez au Rio Kassiny (Cacine) et se prolonge dans l'archipel des Îles Tristaoavec les
villages de Kotarack,Kapken,Katenk,Kapsine. Les Nalu peuplent aussi larégion de Bigini en Guinée-
Bissau'. En République de Guinee, le centre culturel nalu se situe à Kanfarandé.Thomas (1972) affirme,
comme il l'a fait pour les Baga, qu'il y a des Nalu en Sierra Leone Localisation des Nalu : Sierra Leone,
((

Guinée. (Thomas, 1972 : 347) alors qu'ils en sont complètement absents. Dans sa monographie historique,
))

Figarol distingue trois groupes nalu, s'exprimant théoriquement dans des dialectes diffGrents, i l précise leurs
implantations villageoises:
(( I I existe trois familleschez les Nalus, toutes apparentées.
1 ) Les Kissassi Kayes (gens de Kissassi) d'où dépendaient les villages de Kagbassa et Kankouf.
2) Les Tawoulia Kayes (partisans de Ta-Wili) d'où dépendraient les villages de Sokobouly, Caniop, Rapas,
Kram soe soe etVictoria (Kanfarande).
3 ) KalaKayes(Chef de famille issu de Yani)d'où dépendaient les villages de Katarack, Cassana et
Katonguila. (Figarol, 1912 : 93).
))

Les lieux d'origine des Nalu avant leur implantation définitive sur la côte varient selon les auteurs. Pour
Roguiatou Diallo (1974), les Nalu viendraient pour partie de Youkounkoun dans le Badiar (frontière du
S6négal) et pour u n e autre du Fouta Djallon, plus précisement de Timbo. U n e autre version, celle de
Almamy Gassimou Sonka (de Kassini), citée par A. Diallo (1980) affirme que si les Nalu sont bien originaires
du Fouta Djallon, ils sont d'abord passés par le Badiar, puis sont descendus en Guinée-Bissau avant de
gagner lentement la République de G u i d e sous lapression des Peul et des nouveaux arrivants. Figarol
(1 912) quant à lui ne nous en apprend pas plus, i l confirme que c'est sous la poussée des guerriers ((

mahométans qu'ils auraient rejoint la côte. F. Lamp (1 986) signale que les Baga décrivent les Nalu comme
))

de proches parents*. Niane et Kake (1 94), en rappelant leur origine foutanienne, précisent par ailleurs que si
les Landuma sont les voisins des Nalu, ils sont aussi leurs parents. Houis (1950) affirme que les Nalu sont
parents des Bidyagos ? des Îles Bissagos )),il ajoute G Ils formaient probablement autrefois u n même
(( ((

peuple avec les Baga et les Timéné dont les langues sont presque identiques. (Houis, 1950 : 28). II précise
))

aussi qu'il y a une forte parenté entre le vocabulaire nalu et baga fore. On sait que les Baga Fore et les Baga
Sitemu ne parlent pas la même langue. Celle des Baga Fore est semblable à celle des Nalu, celle des Baga
Sitemu ressemble fortementà celle des Temne. I I est donc fort peu probable qu'il y ait parenté des Nalu à la
fois avec les Bijago, les Baga Fore et les Temne. Toutes sources confondues, la population nalu est reconnue

6. Si les Nalu sontindéniablementreconnuspourleurmaîtrisedestechniquesrizicoles,enrevanche, la pêche n'a .amaisconstituéune


activité privilégié[Link] début du XV
P d
lI siècle, Coillé prbcise même : e Ifs mangent peu de poisson n'oyant pas /'adresse e le pkher [...] Ces
peuples font peu de commerce; ils ne vendent que du sel, qu'ils vont acheter chez les Bagas. * (Caillé [ I830], I989 :205).
7. Tardieu (I847)/es localise aussi 6 son épcque sur la rive gauche du Rio Grande en octuelle Guinée-Bissau. L'outre rive du fleuve était
occupée par /es a Siafares 3. Mais plus anciennement, Duarte Pacheco Pereira [ 1506-1508l 1 1956 : 731, sur ce mëme fleuve, note la
pré[Link] Guagualis (landurna)et de Beafada mais aucunement celle des Nalu.
8. a The Nalu to the north are described by the Baga us their cultural relatives.* /Lamp, I986 : 65).
134
D Y N A M I Q U E ET USAGES DELA M A N G R O V E D A N S IES PAYS DES RIVl€RES D U S U D

comme ayant investi la region en plusieurs vagues de peuplement. La première grande vague eut lieu bien
avant la tentative d'hegernonie peul dans le Fouta, certainement entre le XIII' et le XIV" siecle, la seconde
aurait eu lieu juste après la guerre de Talansan(1727-1 728).

LES TEMME LEONE ET EXTREME


(SIERRA SUD DE LA G U I N ~ E )
Ils furent les premiers à quitter le Fouta, ils restèrent longtemps dans l'hinterland de la Sierra Leone avant
de rejoindre la cô[Link] leur séjour au Fouta Djallon, Wondji (1 985) pense qu'ils venaient du Sénégal. En
langue temne et baga, on les appelle vternne, les vieillissants, tout comme les Baga Sitemu vtern baga ou
utem ubaka dCformé en vternui puis Sitemu par les Susu. Ils s'installerent dans le nord de la Sierra Leone et
dans les environs de Forecariah aux côtes des Mandeni. Ils furent suivis par les Bullom qui s'implantèrent
directement sur la cete. Mais l'intérêt pour le commerce de traite et les activites du trafic maritime les
attirèrent vers le littoral. Certains informateurs signalent queBaga et Temne etaient cousins dans la region de
Portoloko. Mais nous n'avons pas d'autres informations qui confirmeraient un peuplement baga en Sierra
[Link] les Baga, les Temne etaient anciennement des specialistes de la riziculture". Les Temne
forment l'un des deux plus importants groupes ethniques de Sierra Leone, ils furent très tôt en contact avec
lesEuropCensavec lesquels ils passèrentdestraites, ils laissèrentlesAnglaiss'installerFreetownen leur
concédant des terres". Les Temne marquerent très fortement les autres societés littorales où ils s'install6rent
pour pratiquer la p%cke,notamment les societes littorales guineennes.

Les Landuma sont les premiers habitants du plateau de Boke, on les retrouve sur la rive gauche du Rio
Nunez, depuis son cours moyen jusqu'a son cours supérieur (Diallo A., 1980). Le pays landuma est limite au
nord par les rCgions de Gaoual et de Telimele (qui font partie du Fouta Djallon et qui sont de nos jours
occupées par les Peul et les Toubaka). Au nord-ouest, il pénetre en Guinée-Bissau, au sud et au sud-ouest, il
est frontalier des basses plaines marecageuses qui sont le domaine des Nalu et des Baga. Dans la region de
Kade ceux qui se désignent sous le norn de Tckapis se rencontrent dans les villages de Kitckar, Kankondi,
Dombiadji, Kalatck. En dehors de ces villages, ils constituent une part tri3 importante de la population de la
ville de Boke, préfecture de la region. Par ailleurs, nous les retrouvons de l'autre côte de la frontiere guingo-
portugaise dans les villages de N'Gabou et Tchana notamment. Cornevin (4963) précise que les Mapis ou
Tchapis sont tr$s proches des Tanda et sont installés 5 la fronti6re de la Guinée-Bissau, leur langue serait
proche de celle des Tanda et desBaga. D'autre part, Cornevin les inclut dans un ensemble plus vaste
compose des Tanda, des Temne et des Baga. Les appellations devant désigner ces populations sont diverses
et multiples, les différentes variantes tendent malgre tout a avoir des consonances voisines : (( Chocholys ))
pour Duarte Pacheco Pereira (1505), (( Quoquolys 9) avec Alvares d'Almada. Cornevin (1963) les designe
sous le norn de (( Mapis ou N Tchapis )),ce qui pour Arcin (1911) correspond A un 6tat intermediaire de la
))

9. a Hisforians ore not agreed on the fime hot the Temne came fo seffle on the cmst. If would seem that at least by the close of the sixteenth
cenfury they were firmly settled in their present lands., (Buah, 1978 ; 41. Cetfe situation a cerfainement pour origine les versions divergentes
des témoignages de deux navigateurs portugais. Le premier, celui de Vulenfim Fernandes [1506-15101, relate que la Serru Lyoo (à ceffe
époque la Sierru Leone s'étendait du Rio Pongo iusqu'au cap des Pulms) est peupke p r deux peuples, les Bullom et les Temne. les premiers
. sont loca/isés fout au long du littoral et à l'intkrieur jusqu'où peuvent naviger /es pirogues. les seconds, qui parlent une outre longue, sont
insfa/lés dans l'immédiat hinterlund derrière les Bullom. Lors de lu descente des Temne sur /acôte, ils scindèrent la population bullom en deux
(Rodney, 1970). Maislu description du peuplement de cette même Sierru Leone diffère sensiblement selon Ca Du Mosto [ 1455-14.571. Ce
dernier précise que des ïles de Loos 'usqu'à la rivière de Sierra leone, ceffe côte est habitée pur les Temne. Au sud des Temne, de lu rivière
I
de Sierra Leone jusqu'au cap des Pa mes, c'est le pays des Bullom. Selon ceffe version les Temne furent donc des côtiers bien avant leXVP ou
le XVlP siècle.
7 O. Winterbottom donne quelques précisions qui pourraient expliquer cetfe assertion. En effet, cet uuteur précise ; a The Timmanees possess
the south side of the river Sierra Leone, together with ifs branches of Port Logo * ('. The river gives ifs nome fo an old town called Port logo or
Bugu Logo, situufed near 60 miles ubove Free Town)...'' {Winterbottom, 1969 : 3).
1 I . the vost majority of temne are farmers living ut subsistence level by cultivating rice, mostly dry.. (liffleiohn, 1963 ; 1). = L'êconomie est
fondée sur le riz, avec adionction d'arachide, coton et petit mil, ainsi que de p l m i e r s à huile et colatiers. L'élevage est plus dkveloppé que
chez les Mendé, de même que la pêche (poison, barrages, pièges à poisson). Les chefs sont les gordiens mais non les propriétaires de la
terre dont /'usage esf transmis héréditairement de chef de famille en chef de famille. l'escluvuge, qui distinguait entre edaves de cuse et
escbves de guerre, jouait un rôle imporfunt dons l'économie précoloniale.a (Alexandre, 1 972 :466).
12. = lt wus from the Temne that the British acquired land ta settle the freed sluves in the eighfeenth century.* (Buuh, 1 978 :4).
135
1E MORCEllEMENT lDENTlTAlRE DES POPULATlONS llTTORAlES

formation de l'ethnie landuma qu'il décrit comme ayant été une fraction de population qui avait rejoint la
troupe des guerriers de Koli Tenguela et qui prirent le nom de (( Kokoli n, Ces derniers s'allièrent ensuiteavec
leurs frères du Rio Nunez : (( les Landuma [Link] (1977 : 12) apporte une autre précision sur I'étymologie
de cet ethnonyme : (( Le terme Tchapi viendrait de l'expression Landuma "Tchap" ou "Tchapko" qui
signifierait en français coupe-le [Link] avons recueilli la même étymologie à Boke et à Silikonko. Person
(1 985)quant à lui distingue les Landuma des Tchapis dans son travail sur les peuples côtiers de cette région,
bien qu'il souligne la communauté culturelle de tous les peuples côtiers de la Guinée-Bissau à la Sierra
Leone (Person, 1985 : 337). Pour J. Le Corfec (1948)' (( Tyapi )) est un autonyme qui correspondrait à
I'hétéronyme c Landuma )) utilisé par les Susu, Baga et Nalu. Pour conclure, provisoirement, sur ce sujet
nous reprenons la version de Maurice Houis (1950) qui parait simpliste à prime abord mais ne manque pas
de bon sens. Pour cet auteur le mot Landuma viendrait de l'expression anglaise (( lands-man )),hommes
(( ))

de la terre ou des terres, sous-entendu de l'intérieur. Nous serions alorsen présence d'un hétéronyme qui ne
daterait que de l'époque de la présence anglaise sur cette partie des côtes oue~t-africaines~~. D'après Figarol
(1 9121, ils ne seraient arrivés dans la région de Boke que vers 1800, ce qui semble très tard au regard de la
prbsence antbrieurede populations mentionnées sous les noms de cocolis )) ou Tiapi, mais juste d'après la
((

chronologie des appellations reconstituée par les récits desvoyageurs où le nom Landuma n'apparait que
tardivement. La question de la différenciation Tiapi/Landuma est donc d'une certaine importance mais nous
n'avons pu y répondre. Comme c'est le cas pour nombre d'ethnies littorales telles les Nalu et les Baga, les
grands groupes de familles se sont formés à la suite des différentes vagues migratoires qui ont peuplé
l'hinterland côtier. Camara (1 977) distingue trois vagues successives de peuplement.

LESBALANT(GUINÉE-BISSAU)
Les Balant sont localisés sur le territoire de Guinée-Bissau, cependant en 1958 le Dr W. Rutz (1 959)
estimait la population balant dans la zone frontalière de la Guinée à environ 2 O00 habitants répartisen vingt
cinq villages. Ce peuplement balant aurait trouvé refuge en Guinée à la suite de la guerre en Guinée-Bissau,
et se seraient surtout installés dans les Îles aupres
des Baga Sitemu. Lors de notre séjour à Teskin, une famille
étendue vivait de longue date un peu à I'écart du village. En plus de la production de riz dont l'organisation
et le système technique sont quasi identiques à ceux des Baga, les Balant sont de grands producteurs de vin
de palme qu'ils commercialisent. Ils pratiquent la riziculture inondée avec le même instrument original que
les Baga : la grande bêche. Tout comme les Baga, ils exercent une petite pêche côtière d'autoconsommation.
Ils élèvent quelquesanimauxl4. Le système politique est très proche de celui des Baga15.

LES YOLA ou DIOLA ou JOOLA(CASAMANCE ET GUINÉE-BISSAU)


Les Yola sont plus connus sous le nom de Diola en Casamance (Sénégal). Cet ethnonyme (( est utilisé pour
la première fois au XIXe siècle par Hecquard (1853)' il serait d'origine Wolof. Ce terme générique désigne
alors toutes les populations qui habitent l'ouest de la Casamance et qui constituent un tout aux yeux des
étrangers malgr6 leur diversité x (Cormier-Salem, 1992).
En GuinBe,au début de ce siècle, Figarol (191 2) note que ces populations animistes n'ont ni bétail ni
pirogue, il faut en conclure qu'à cette 6poque ils s'étaient déjà introduits dans le commerce au long cours
bien que Figarol n'en parle pas alors qu'il note qu'ils font de nombreux voyagesen Guinée-Bissau et
reviennent dans leurs anciens villages. D'après Camara (1977 : 17)' les Yola qui se sont installés dans ce
pays seraient partis de la Casamance à la suite de conflits. Ils se sont installés sur les rives du Compony, près
des Landuma.

13. Ce qui est confirmé par I'étude des récits de voyageurs.


14. Nous avons remarqué de nombreux porcs autour des habitafions b a h . Avec la production et la consommafion, à la vue de fous, de
grandes quantités de vin de palme, l'élevage de porcins témoigne d'une cedaine indépendance des Balont au regard de précepfes de la
religion musulmane.
15. a Chez les Balanf nous trouvons une société complètement dépourvue de stratificationef où seul le Conseil des Anciens du village OU d'un
ensemble de villages, est habilité à prendre des décisions relotives b la vie de tous. Chez eux, la ferre es( la propriété du village mais chaque
famille reçoit une parcelle nécessaire b sa subsistance; les moyens, ou plutôt les instruments de production appartiennent fanfôt à la famille,
tantôt b l'individu.* /Gallois-Duqueffe, 1 979 : 75).
136
D Y N A M I Q U E E T USAGES DE 1A M A N G R O V E D A N S LES PAYSDES RIVIÈRES DU SUD

LES BIJACO (CUINÉE-BISSAU)


C. Henry (1991) cite F. Lemos de Coelho, décrivant en 1669 les Bijago comme des captifs de guerre des
Beafada ;mais elle rapporte plus loin :
A la fin duXIX" sihcle, le Pere Marcelino Marques de Barros recueillit une variante de cette tradition. Les
((

Bijago auraient éte des esclaves qui se seraient révoltés et auraient fui dans les Îles. Teixeira da Mota (1974)
formule l'hypothèse qu'une série de groupes ethniques, Coniagui, Tenda, Badiaranke, Beafada et Bijago
peuplaient la Guinée du Nord jusqu'au littoral. Les conquetes mandinguesles auraient repoussés, c'est alors
que les Bijago se seraient installésdans l'archipel. )) (Henry, 1991 : 192).
Le peuplement des îles bijagos et les origines des populations qui s'y install5rent restent pour le moment
fort mal connus. Mais, en ce qui concerne les premiers témoignages surces populations, ils mentionnent
tous la grande activité guerrière des Bijago qui effectuent des razzias contre les populations du continent.

LES MANDENI
(GUINEE LEONE)
ET SIERRA
D'apres Arcin (1 91 1 : 189), les Mandeni sont desMane16, Mande primitifs, leur langue descendrait de
celle des Baga auxquels ils sont apparentés, ces deux groupes étant originaires du Solima. Germain pense
que les Temne eurent fortement affaire aux Mane qui avaient fort mauvaise réputation". Houis (1950) quant
à lui affirme que la langue mmani est apparentée a celle des Sherbro et des Bullom de Sierra Leone, ainsi
qu'à celle des Kissi.
(( Les Mmani ont en effet coupé en deux un peuple dont une fraction s'&end en Sierra Leone (les Temne)
et l'autre vers le Rio Pongo (les Baga). La toponymie actuelle du pays Mmani estbaga; il faut remonter au
Nord, vers le mont de Benna, région occupée aujourd'hui par les Susu pour retrouver la toponymie des
Mmani. >) (Houis, 1950 : 27-28).
Les deux versions ne sontpas contradictoires. Mais si ils sont apparentés auxBaga, comme l'affirme Arcin,
la scission est tri% ancienne puisque les Mandeni n'ont pas pénétré dans le Fouta mais ont gagné les côtes
par le sud de la Guinée et le nord de la Sierra Leone apres être passés par Macenta et Gueckédou. Balandier
confirme les anciens 6tablissements mandeni 18. Arcin parle d'un empire, qui s'étendait de la Sierra Leone au
II.s'agissait certainement plus d'une aire de peuplement que d'une structure
Rio Pongo vers le XVIII' s i 8 ~ l e ' ~
politique centralis6e. Wondji (1985) reprend cette version du peuplement mandeni et nous instruit quant A
son évolution et son influence :
(< Enfin tous sont d'accord pour dire que les Mane atteignent la c8te en 1545 Cape Mount, apres avoir
suivi les rivières Mona et Moa. De Cape Mount, i l s remontèrent la côte vers le nord, écrashent les
populations autochtones de Sierra Leone, firent une incursion vers le Fouta Djallon a travers les Scarcies ;
repoussés par les Susu alliés aux Peul, ils durent retourner sur le littoral qu'ils occupFjrent du Libéria aux Îles
de Los, en fusionnant avec les premiers habitants.[...] >)
Brooks (1993 : 275) confirme I'h6gemonie des Mani en précisant que les Mandeni poursuivirent la guerre
avec les Baga jusque dans les environs du Cap Verga. Les Susu puis les Baga repousshent les Mandeni de

16. Brooks [ 1993) en parle sous le nom de * Mani-soumbo a.


17.* Ces Sumba s'appelaient entre eux 'Mone" et leur nom signifierait peut+tre anthropophages en'Temne. C'est effectivement la réputofion
qu'ils avaient d'après le témoignage de deux Portugais naufragés faits prisonniers par les Sumba et enr6lés de force dans leur armée. =
...a les Sumbo ou Mone écrment les Bodom, soumettent le5 Sape [Jemne, Baga) qui 6 cette époque sont décrits comme dégénérés, mois
ayant tenté d'envahir le Diallon seheurtent aux Foulbe, et aux Sosso de même qu'ils nepeuventréduireles fimbo. leur avant-garde qui
s'enfonce comme un coin en pays fimba serait la tribu des foko. >...c Certains ont voulu voir [cf M. Houis) dans l'invasion mane la simple
descente à la côte des Mani de /O HouteScorcie : ce serait nier les témoignages portugais sur la direction de l'invasion venant du Sud-Est.
....
C'es! après la défaite des Sape p r les Mane que les Mani seraient redescendus sur la côfe. 3 (Germain, 1984 : 66) En fait, écrit-il, les
Mane étaient plus une armée qu'un peuple, formée de captifs d'origines très diverses et mangeurs de chair humoine, commandés par une
aristocratie qui elle, ne mangeait pas de chair humaine. 3 /Germain, 1984 :67).
18. a Celles-ci ont, autrefois, accu@ la plus grande p r f i e du versant du 5. W. du Fouta Dialon et beaucoup de noms de lieu en sont les
témoignages >. [Balandier, 1952 :50).
19. = Aujourd'hui donc, il estadmisquedepuis 4 sièclesleterrifoireactuel de Forecariah éfait habité p r une population de souche
Mandenyi dont le poys d'origine se situerait aux environs de Macenta Guéckédou. Ce peuple autochtone qui a essaimé sur le ferritoire
guinéen, disposait d'un royaume quisetendait de la Sierra leone au Rio-Pongo vers le début du WIP siècle D. [Arcin, 19 I 1 : 189).
137
1 E MORCEllEMENJ lDENJlJAlRE DES POPUlATlONS llTJORAlES

plus en plus vers le sud de la Guinée, dans les Îles de Kakossa et Kaback’O ; on retrouve aussi les traces de
réfugiés mandeni dans quelques villages des Îles de Loos. De nos jours, la culture mandeni s’est
complètement fondue dans celle des populations qui dominsrent successivement la région sud de la Guinée.
Suret-Canale (1970) mentionne le décèsdesrares vieillards qui parlaient encore le Mmani dans les îles, il
précise que dans l‘ancien canton de Shama, on retrouve encore quelques tracesdeces populations. Les
Mandeni se localisent maintenant surtout en Sierra Leone où ils cultivent le riz, produisent du sel et
pratiquent la pêche.

LESBULLOM(SIERRA
LEONE)
Le royaume des Bullom est sans doute l‘une des plus anciennes entités politiques côtières de cette nature.
Dès le XVI“ siècle, l’influence de ce royaume englobait une grande partie du sud de l’actuelle Sierra Leone
(Buah, 1978 : 4). Une des versions de l‘arrivée des Temne sur la côte décrit une scission de cette population
en deux grands groupes entre lesquelsles nouveaux venus s’installèrent. Le groupe du nord garda le nom de
Bullom tandis que ceux qui furent refoulés vers le Libéria sont maintenant les Sherbro et les Krim. De plus, la
poussée des Mende de l’intérieur les oblig6rent a quitter les plateaux pour se réfugier sur la côte et les îles
(Alexandre, 1972 : 468) exacerbant le caractère littoral du peuplement de ce groupe qui l’était déja très
largement. Tout comme la plupart des autres populations littorales des Rivières du Sud, les Bullom sont A la
fois agriculteurs (manioc, riz en petite quantité et palmier), pêcheurs, producteurs de sel et commerçants
(surtout avec les populations de l‘intérieur), le sel n’étant certainement pas étranger h l’importance de cette
activité.

LESBAGA(GUINÉE)
Du point de vue géographique, l’aire de peuplement baga n’est ni continue, ni homogène, II n’y a pas
d’unité g6ographique du pays baga sinon par le fait que c’est toujours un habitat littoral ou proche de celui-
ci. Toutes les ethnies côti6res cohabitent, et on rencontre des Baga peuplant soit en presque exclusivité une
succession de villages homoghes, soit des îlots villageois isolés et dispersés dans un territoire dominé par
une autre ethnie, soit encore, peuplant des villages et des quartiers où ils tendent 3 devenir le groupe social
minoritaire. Que ce soit à partir des traditions orales ou des écrits et temoignages historiques, il est
impossible de remonter au-dela du XVI‘ ou XVII“ siècle. II est tout aussi impossible de jalonner sur une
6chelle temporelle précise les diffbentes étapes qui ont marqué la formation de ces unités sociales et leur
installation sur la côte.
II y a donc lieu de distinguer les différents groupes baga qui peuplent environ 250 km de côte entre la
frontière de Guinée-Bissau et la presqu’île de Conakry, ce sont les : 1). Baga Kaloum 2 ) . Baga Kakissa
3). Baga de Koba 4). Baga Fore 5). Baga Pukur 6). Baga Sitemu 7). Baga Mandori.
Les Baga Mandori habitent principalement dans la zone de l‘embouchure de la rivière du Cogon (sous-
préfecture de Kanfarande)et des deux côtés de la frontière qui sépare la Guinée Bissau de la République de
Guinée, mais aucune information n’a pu être obtenue quant a l’importance du groupe vivant en Guinée
Bissau. Quelques familles cohabitent avec la population hétéroghe de Kanfarande (ancienne Victoria). Les
Baga Pukur (Ubaka ukur) ou Binari Baga forment le plus petit sous-groupe bagaet ne sont présents que dans
deux villages, Binari (M’Nar en baga) et M’bottini (M’botn en baga) dans la sous-préfecture de Kamsar, au
nord du Rio Kapatchez. LesBaga Sitemu (Stemoui, Stem Baka ou Utem Ubaka) sont localisés dans la
préfecture de Bokenotamment dans les environs de Kamsar et Katako (et dans la plupart des villages côtiers),
quelques villages de Baga Sitemu sont implantés surles Îles Tristao (Teskin par exemple). Enfin, dans la
préfecture de Boffa, des villages baga sitemu sont aussi présents, il en est ainsi de Kal6ksè et Bigori (ou B‘kor)
dans la sous-préfecture de Mankountan. Les Baga de Koba et les Baga Sobane, tout comme ceux du Kaloum,
ont été culturellement assimilés aux Susu dont on ne peut maintenant les distinguer. Les Baga de Koba sont
concentrés dans les villages de Koba, Taboriah, Tatema, Bassengue et Ganblan qui se situent dans la plaine
sableuse de la rive droite de la rivi6re Ouassou. Beaucoup d’autres villages sont peuplés par ce groupe, il

20. c Kakossa mais surfouf Kabock sont les derniers lieux de refuge, en Guinée Française, des populofions Mondegny. [. , .] Kaboki, disent les
Susu. le mot est d’origine Mandegny Ka (lieu oÙJ, bèk (terrninalJ, ”Finistère” pouvonsnous traduire en bon fronçais ;la mer est là qui empêche
foufe nouvelle reculade devant les vainqueurs Susu. (Bulandier, 1952 : 52).
serait trop fastidieux de les énumerer tous". De nos jours, les Baga Kakissa ou Sobane occupent les villages
de Sobane et Dupru, ils kabitent aussi sur les Îles de l'estuaire de la Fatala dans les villages de Sakama et
Dobire. Les Baga Fore de Boffa et Monchon habitent principalement les villages de Dyogona, Buendema et
Dantema, Monchon, Kifinda, Mintani, Kaktt?, Melinsi, Tambaya, Mampom (Bongolon), Mabaso et Yarnponi.
L'arrivée des Baga dans la région du I<aloum, ne semble pas remonter au-delà du XVIIIe siècle. Les Baga du
Kaloum furent les derniers 2 venir du Fouta Djallon apr&s le jihaad lancé par les Peul. Ce groupe de réfugiés
ne fut donc pas le premier 2 s'installer dans la presqu'tle et sa région. Les Mandeni (Mane) étaient
notamment fortement implantes sur toute cette partie du littoral jusqu'en Sierra Leone. II semble parfois, dans
la tradition orale, que le premier peuplement mandeni soit largement confondu avec les premiers Baga qui
apparaissent dans certains textes comme les premiers defricheurs, les maitres du terroir. En fait, il y eut de
nombreuses alliances. A Dixinn par exemple, les liens entre Baga et Mandeni, s'ils furent toujours plus ou
moins teintés d'unecertaine mefiance, n'en furent pas moins frkquents.

Nous avons pu voir que le peuplement du littoral guinéen a commencé bien avant le jihaad de 1727, et
s'est poursuivi durant plusieurs siècles. Très tôt des groupes &aient alors installés sur la côte et les premiers
voyageurs du XV" siScle témoignent de leurs presence. Par ailleurs, l'origine antérieure des groupes
appartenant à l'ethnie baga n'est pas unique. Non seulement les origines foutaniennes sont multiples mais
des mouvements de population venant du sud (actuelle Sierra Leone) et du nord (actuelle Guin6e-Bissau) ont
convergé vers le littoral guinéen pour s'y installer. Nous avons pu voir que l'ethnie baga est constituee de
plusieurs groupes,isolCs géographiquement lesuns des autres tout au long du littoral. L'historique de
l'implantation de ces groupes et meme de chaque anc$tre fondateur des différents quartiers composant ces
villages est singulière et témoigne de la mixit6, de l'alliance, de la fusion ou de la fission de populations dont
il parair de nos jours difficile de retracer l'unité sociale passée ou la cornmunaut6 culturelle originelle. I I
n'empêche qu'il est évident aussi que la diversité des origines des défrickeurs, les fusions, les recouvrements
de populations, les alliances entre ces peuples d'origines diverses expliquent aussi une certaine continuité,
une unité de culture, de croyances de pratiques tant religieuses que techniques (riziculture). Si le littoral des
Rivières du Sud, et plus particuli5rement la partie correspondant à la Guinée-Bissau et A la République de
Guinée, se caractérise par le morcellement et la grande diversité des unités sociales et ethniques littorales,
elle présente aussi, de la Casamance jusqu'en Sierra Leone, des caracteristiques étonnamment semblables du
point de vue de l'organisation sociale (reprgsentation et mode d'exercice de l'autorité politique), des
organisations des exploitations des ressources (riziculture trt?s spécialisée, hautement cornplexe du point de
vue des techniques notamment concernant la gestion de l'eau), de l'univers cosmogonique (nom attribué au
divinité supreme : Cru, Kru, Kanu etc.) et des représentations statuaires des divinités (la croyance en un dieu
python est présente non seulement tout au long de la c6te mais aussi dans certaines sociétés de l'intérieur
comme les Dogon2').

2 I . On lesrefrouvedansSayanya, Fintina, Bolonta,n'Bendia, Dskouré, Myentin,Kabélé a, Bendifikhè,Bakiya,Karamokoya, Wondira,


l
Kounoudabè, Kassaya, Tanènè, Tatha, Banengue, Taboya, Kalep, Kitiya, Kasambeya, M' enteya, Bongouya, Yayeya.
22. Sur ce sujet nous avons tenté de faire le point sur la représentation et la croyance en cette divinité (Bouju, 1994).

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