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Polycopié Embryologie Spéciale 23 24

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UNIVERSITE DE BANGUI UNIVERSITE DES SCIENCES DE LA SANTE

FACULTE DES SCIENCES


DE LA SANTE SCIENTIA ET MEDICINA
UNIVERSUM SUNT

*******
FACULTE DE MEDECINE
DEPARTEMENTDES
SCIENCES BIOMEDICALES

SYLLABUS
Unité d’Enseignement (UE12) : Histologie – Embryologie 2
Crédits affectés à l’UE : 6
Sous Unité) : Embryologie 2
Crédit affecté à la SUE: 3

Cible : Licence Médecine (FM /USS) 2ème année, Semestre 3


Enseignants : Prof. Boniface KOFFI, Professeur Titulaire d’Anatomie pathologique
Dr Barbara Esther OUANSABA, Maître-Assistante(CAMES) en Anatomie Pathologique
Dr Eva Elémence TAPANDE épse MAKA Assistante

Année universitaire 2023-2024

Polycopié d’embryologie spéciale, FACSS Université de Bangui 1


Table des matières
I- Développement de l’appareil cardio-vasculaire.......................................................................... 3

II- Développement de l’appareil respiratoire ............................................................................. ….13

III- Appareil digestif .............................................................................................................................19

IV- Appareil urinaire.............................................................................................................................27

V- Appareils génitaux .........................................................................................................................32

VI- Tête et cou ......................................................................................................................................40

VII- Développement des membres .....................................................................................................50

VIII- Développement du système nerveux .......................................................................................57

IX- Développement des yeux, des oreilles et de la peau ...............................................................68

Polycopié d’embryologie spéciale, FACSS Université de Bangui 2


Objectifs du cours :
A la fin de ce cours, l’étudiant en LSMG 2 doit être capable de
• Situer la période de début de développement des organes
• Décrire les étapes de développement des différents organes
• Citer deux exemples de malformations liées à une anomalie de développement des
organes

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I. L'APPAREIL CARDIO-VASCULAIRE
Plan :
Introduction
1. Cardiogenèse
2. Vasculogenèse
3. Hématopoièse
4. Lymphopoièse
5. Malformations congénitales
Conclusion

Introduction
Le cœur et les vaisseaux sont des dérivés du mésoderme. Le développement du cœur est caractérisé par une
organisation séquentielle et le cloisonnement des cavités et des orifices. Très tôt, chez l’embryon, au cours de
la troisième semaine, apparaissent l’ébauche du cœur, un réseau vasculaire intra- embryonnaire et un réseau
vasculaire extra-embryonnaire. Les agressions survenant au cours de la troisième semaine, peuvent être
responsables d’une malformation cardiaque.

1. CARDIOGÉNÈSE
Comme chez les autres vertébrés, le cœur est l’organe qui se forme en premier au cours de l’embryogénèse
humaine. Cette cardiogenèse implique de nombreux gènes tels que les gènes de facteurs de transcription
NKX2.5 et NF-ATc. Des cellules épiblastiques migrent rostralement et latéralement, de chaque côté du disque
embryonnaire, pour finalement fusionner sur la ligne médiane, en avant de la membrane pharyngienne et y
former l’aire cardiogène. L’induction de la cardiogenèse se fait sous l’action de l’endoderme viscéral. La
cardiogenèse se déroule en plusieurs étapes ci-dessous.

1.1. Apparition des deux tubes endocardiques


Les premiers îlots vasculo-sanguins primitifs apparaissent au 19ème jour (J 19) du développement, sous forme
d’amas cellulaires dans la splanchnopleure, de la région céphalique de l’embryon. Ces amas qui sont répartis
symétriquement à droite et à gauche, en avant de la membrane pharyngée et de la plaque neurale confluent et
se creusent pour former les tubes endocardiques droit et gauche.

1.2. Formation du tube cardiaque primitif, impair et médian


Lors de la délimitation, les deux tubes endocardiques basculent à la face ventrale puis fusionnent dans le
sens crânio-caudal, formant le tube cardiaque primitif (TCP), impair et médian.
En même temps, les deux feuillets limitant le cœlome intra-embryonnaire (somatopleure et splanchnopleure)
se moulent sur la face ventrale du TCP, formant le péricarde.
Le mésenchyme splanchnopleural entourant la région des futurs ventricules formera le myocarde.
Les cellules mésenchymateuses bordant la cavité du TCP donneront l’endocarde. Cette évolution se déroule
de J19 à J23 et aboutit à l’apparition des premières contractions cardiaques.
Le TCP, a disposition longitudinale céphalo-caudale comprend de l’extrémité caudale vers l’extrémité
céphalique, cinq renflements successifs :
✓ le sinus veineux (sinus venosus) dans lequel se jettent les canaux de Cuvier (réunion des veines cardinales
antérieures et postérieures), les veines ombilicales et les veines vitellines ;
✓ l'oreillette primitive (ou atrium) ;
✓ le ventricule primitif, séparé de l’oreillette primitive par le canal atrio- ventriculaire ;
✓ le bulbus cordis (ou bulbe du cœur)
✓ le truncus arteriosus (ou cono- truncus), d’où naissent les deux aortes ventrales.

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Figures C1 : Formation du TCP : Coupes transversales passant par la région précordiale, à la fin de la
délimitation, c) coupe longitudinale

1.3. Formation du cœur à 4 cavités :


Le TCP subit deux processus morphogénétiques simultanés, la plicature et la septation.
1.3.1. Plicature du tube cardiaque
La croissance asymétrique du TCP l’amène à se couder en « S ». Cette croissance, asymétrique différente à
droite et à gauche, se fait essentiellement au niveau de la paroi droite du ventricule primitif (VP) et de la paroi
gauche de l’oreillette primitive (OP). Il s’en suit une double plicature du TCP. Ainsi, le VP vient se placer en
avant de l’OP; le sinus veineux (SV) est incorporé progressivement à la partie droite de l’OP. L’inflexion du
TCP s’achève vers J28.

Figures C2 : Schéma de l’évolution de la plicaturation du TCP (Dubreuii, 1929)

1.3.2. Septation du tube cardiaque


C’est un processus tardif de la phylogénèse (histoire évolutive d’une espèce ou groupe d’espèce) qui dépend
étroitement de l’anatomie du système respiratoire (poumons) et de l’apparition de la grande et de la petite
circulation.
✓ Cloisonnement du canal atrio-ventriculaire
Des bourrelets endocardiques se différencient au niveau du canal atrio-ventriculaire (CAV) et seront à
l’origine des septums et valves cardiaques. Leur fusion partielle divise le CAV en une portion gauche (où se
formera la valvule mitrale) et une portion droite (où se formera la valvule tricuspide).
Le gène NF-ATc identifié chez la souris en serait le responsable.

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Figures C2’: Processus de cloisonnement des oreillettes. (d'après A. NITENBERG)

✓ Cloisonnement auriculaire
Des septums divisent l’OP en oreillettes gauche(OG) et droite(OD), qui communiqueront jusqu’à la naissance.
De la face postérieure de l’OP se développe vers l’avant le septum primum dont la croissance incomplète
ménage en bas l’ostium primum. La résorption de la partie moyenne du septum primum forme l’ostium
secundum.
Du toit de l’OP et à droite du septum primum, se développe ensuite le septum secundum qui vient recouvrir
l’ostium secundum et descend en direction du septum intermedium, sans l’atteindre, ce qui permet le passage
du sang en chicane de l’OD vers l’OG chez le fœtus à travers ce trou (de Botal ou foramen ovale). A la
naissance, l’établissement de la circulation pulmonaire élève les pressions dans l’OG et les deux septums
s’appliquent l’un contre l’autre, empêchant ainsi le passage du sang entre les oreillettes.

Figures C3: Processus de cloisonnement des oreillettes. (d'après A. NITENBERG)

✓ À droite, le canal de Cuvier et la veine cardinale antérieure donnent la veine cave supérieure; la veine
cardinale postérieure donne la veine azygos; la veine ombilicale disparaît et la veine vitelline devient la veine
cave inférieure.
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✓ À gauche, le canal de Cuvier devient le sinus coronaire; la veine cardinale antérieure s'atrophie et
devient la veine de Marschall ; les veines ombilicales et vitellines disparaissent.
De la partie gauche de l'OP naît une évagination pariétale qui forme la veine pulmonaire primitive (VPP).
Celle-ci rejoint les ébauches veineuses pulmonaires périphériques venues des plexus splanchniques. Cette
VPP s'incorpore progressivement à l'OG dont elle constituera la paroi postérieure et dans laquelle s'abouche-
ront les quatre veines pulmonaires définitives par quatre orifices séparés.

Figures C4: Devenir des veines chez le fœtus

✓ Cloisonnement ventriculaire
Le cloisonnement ventriculaire débute vers la fin du 1er mois et s’achève au début de 8ème semaine.
Les bourrelets endocardiques se rejoignent sur la ligne médiane pour former le septum intermedium. Celui-ci
envoie des expansions membraneuses: une vers le haut qui rejoint le septum primum inter-auriculaire et
contribue à fermer l’ostium primum; une vers le bas en direction du septum inferius qui s’élève de la paroi
postéro-inférieure du ventricule primitif. La partie postérieure du septum inferius se place en regard du milieu
de l’orifice auriculo-ventriculaire, son bord supérieur limite le foramen interventriculaire. Les cellules qui
assurent la fermeture du foramen interventriculaire proviennent du mésectoderme issu des crêtes neurales
rhombencéphaliques.
✓ Cloisonnement aortico-pulmonaire
Des cellules provenant des crêtes neurales donnent naissance au septum inter- aortico-pulmonaire et à une
partie des valvules semi-lunaires. Ce cloisonnement de la région la plus crâniale du TCP (bulbus cordis et
cono-truncus) se fait suivant une surface hélicoïdale séparant le tronc de l’aorte (issue du ventricule gauche
dont elle sera séparée par les valvules sigmoïdes) et celui de l’artère pulmonaire (issue du ventricule droit dont
elle sera séparée par les valvules semi-lunaires).

Figures C5: cloisonnement des gros vaisseaux

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2. DÉVELOPPEMENT DES VAISSEAUX

2.1. Définitions : Angiogenèse et vasculogenèse


La formation de vaisseaux sanguins est un processus primordial au cours du développement de l’embryon. Ce
processus se présente sous deux formes : la vasculogénèse est la formation de vaisseaux à partir de cellules
souches, tandis que l’angiogénèse est la formation de vaisseaux à partir de vaisseaux préexistants.

2.2. La vasculogénèse
Elle débute avec l’apparition des îlots vasculo-sanguins autour du sac vitellin vers la fin de la 3ème semaine.
Ces ilôts sont constitués de cellule dénommées hémangioblastes, qui vont donner naissance aux cellules
hématopoïetiques d’une part et aux angioblastes, précurseurs des cellules endothéliales d’autre part.
On connaît deux types de vasculogénèse induites par un double système d’induction : VEGF et FGF.
• la vasculogénèse de type 1 correspond à un assemblage d’angioblastes sur le lieu de leur naissance,
• la vasculogénèse de type 2 correspond à une naissance d’angioblastes qui migrent avant de s’assembler en
un vaisseau.
Cellules hématopoiétiques

Angioblastes
Figure C6 : La vasculogénèse. : Différenciation des hémangioblastes en deux types de cellules

2.3. L'angiogénèse
L’angiogénèse est une pousse de vaisseaux à partir de vaisseaux préexistants. On distingue deux types
morphologiques d’angiogénèse :
• par bourgeonnement à partir d’un vaisseau préexistant,
• par intussusception : un vaisseau se partitionne en deux vaisseaux par apposition progressive de la
région médiane des cellules endothéliales.
Lorsqu’un vaisseau est soumis à un stimulus angiogénique, les cellules endothéliales se détachent du vaisseau
préexistant pour proliférer. Ceci est réalisé grâce à la molécule angiopoïétine 2 qui inhibe le récepteur Tie-2,
ce qui permet aux cellules péri-endothéliales de se dissocier de l’endothélium et de rendre ces dernières
cellules accessibles au facteur de croissance. En présence de VEGF, les cellules endothéliales prolifèrent,
constituent une population cellulaire endothéliales qui va recruter les cellules mésenchymateuses à l’entour.
Ces cellules produisent le facteur angiopoïétine 1 qui active le récepteur Tie-2 et permet la stabilisation de
l’endothélium et de l’espace péri-endothélial. En cas d’absence de VEGF, les cellules endothéliales exposées
meurent par apoptose.
Le recrutement de cellules mésenchymateuses par les cellules endothéliales fait aussi intervenir le système du
PDGF BB et de son récepteur bêta. Le couple cellules endothéliales et cellules mésenchymateuses interagit
pour produire les molécules de la matrice extra-cellulaire (MEC) qui permettront l’adhérence aux vaisseaux
préexistants et la pousse d’un nouveau vaisseau. Cette stabilisation définitive du vaisseau est obtenue grâce au
TGF-bêta et à son récepteur.
Les cellules endothéliales artérielles et veineuses diffèrent par l’expression de leur molécule de surface de la
famille EPH-éphrine.
Polycopié d’embryologie spéciale, FACSS Université de Bangui 8
Par ailleurs, les vaisseaux lymphatiques réagissent à des processus de régulation différents. Ils font intervenir
en effet, le VEGFC et son récepteur. Ainsi, le mécanisme de production des vaisseaux de l’organisme diffère
selon leur nature ultérieure. La diversité des vaisseaux est d’emblée notable lors de leur développement.

2.4. Les réseaux vasculaires primitifs (RVP)


Les RVP, au nombre de trois (intra-embryonnaire, vitellin et ombilico-allantoïdien) comportent chacun, un
versant artériel et un versant veineux. Ils se mettent en place à partir des îlots vasculo-sanguins primitifs
apparus dès la 3ème semaine dans le MEE (splanchnopleure, lame choriale et pédicule embryonnaire) puis dans
le MIE dans la région crâniale
Les cellules disposées en périphérie des îlots vasculo-sanguins bientôt creusés d’une lumière s’aplatissent et
donnent l’endothélium des vaisseaux qui, au début, ont tous l’aspect morphologique de capillaires. Les
cellules situées au centre se différencient en cellules sanguines primitives. Par la suite, croissance et courants
hémodynamiques préférentiels aboutissent à la confluence des capillaires primitifs. Le mésoderme avoisinant
donne les éléments musculaires et conjonctifs des tuniques vasculaires.

2.4.1. Le réseau intra-embryonnaire


Les premières artères sont les aortes ventrales et dorsales d’emblée mises en continuité dans la région
antérieure par les arcs aortiques qui cravatent l’intestin pharyngien. Dans la région moyenne et postérieure de
l’embryon s’étendent les aortes dorsales, destinées à fusionner. Elles émettent trois séries d’artères
segmentaires : une série dorsale vascularisant le tube neural, une série ventrale enserrant l’intestin primitif
(certaines branches font jonction avec le système vitellin et ombilical) ; une série latérale vascularisant le futur
appareil uro-génital.
Les veines qui apparaissent un peu plus tard que les artères, sont les veines cardinales antérieures et
postérieures. À la partie crâniale de l’embryon, elles confluent pour donner les canaux de Cuvier qui se jettent
dans le sinus veineux du TCP.

Figure C7 : Schéma de la circulation embryonnaire

2.4.2. Le réseau vitellin


Les deux artères vitellines font jonction avec les artères omphalo-mésentériques elles-mêmes branches de
l’aorte dorsale. Les veines vitellines au nombre de deux ; provenant de la vésicule vitelline, circulent
ventralement dans l’embryon et vont se jeter dans le sinus veineux.
2.4.3. Le réseau ombilico-allantoïdien
Les deux artères ombilicales prolongent les deux artères segmentaires nées de l’aorte dorsale et se dirigent
vers le placenta. En retour, les veines ombilicales initialement au nombre de deux véhiculent le sang oxygéné
provenant du placenta et se jettent dans le sinus veineux. Ultérieurement, la veine ombilicale droite
disparaîtra.
2.5. L'évolution de la vascularisation
2.5.1. Le système artériel
2.5.1.1. Dans la région céphalique
L’évolution des arcs aortiques, des aortes ventrales et de la portion initiale des aortes dorsales est complexe et
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aboutit à la mise en place de la crosse de l’aorte et des gros vaisseaux du cou qui en naissent ainsi que de
l’artère pulmonaire.
La vascularisation de l’encéphale, avec la mise en place du polygone de Willis alimenté par les deux carotides
internes et le tronc basilaire formé par la réunion des deux artères vertébrales, débute à la 4ème semaine et sera
achevée avant la 8ème.
La vascularisation fonctionnelle des poumons est assurée par l’artère pulmonaire se divisant en
deux branches droite et gauche. La partie proximale des 6èmes arcs droit et gauche donne respectivement
l’artère pulmonaire droite et l’artère pulmonaire gauche. La partie distale du 6ème arc gauche donne le canal
artériel.
Une perturbation peut intervenir dans la régression de certains segments ou dans le développement de certains
autres telles que des trajets anormaux des gros vaisseaux.
2.5.1.2. Dans la région moyenne
Le fait capital est la soudure des aortes dorsales vers le milieu de la 4ème semaine. Les artères segmentaires
ventrales, paires, se rapprochent deux à deux de la ligne médiane, et certaines fusionnent en un vaisseau
médian. Ainsi naissent les trois systèmes artériels viscéraux : tronc cœliaque, artère mésentérique supérieure,
artère mésentérique inférieure. Les artères segmentaires dorsales restent paires et vascularisent la moelle
épinière et les espaces intercostaux. Les artères segmentaires latérales irriguent le mésonéphros et les gonades.
2.5.1.3. Dans la région caudale
Les artères ombilicales restent paires après la soudure des aortes dorsales. À la naissance, leur partie distale
s’oblitère tandis que la partie proximale, restée perméable, forme les artères hypogastriques.

2.5.2. Le système veineux


Dès la 4ème semaine, le système veineux de l’embryon comporte les veines vitellines, les veines ombilicales
(VO). La VO droite disparaît, tandis que la VO gauche et la veine cave inférieure établissent une anastomose,
le canal veineux d’Arantius qui, avec le réseau systémique dorsal formé par les veines cardinales antérieures et
postérieures, ramènent tout le sang intra-embryonnaire vers le sinus veineux par l’intermédiaire des canaux de
Cuvier.
a) Le système porte dérive des veines vitellines qui fusionnent au-dessous du foie, donnant le tronc porte.
b) Le système cave inférieur a une évolution complexe du fait que plusieurs réseaux successifs
participent à sa constitution :
• le système sous-cardinal qui apparait à la 4ème semaine du fait du développement du mésonéphros, donnera
les veines rénales et le segment para-rénal de la veine cave inférieure;
• le système supra-cardinal apparu à la 6-7ème semaine donnera le système des azygos et la portion
intra-rénale de la veine cave inférieure.
c) Le système cave supérieur apparaît à la 8ème semaine. Le tronc veineux brachiocéphalique est une
volumineuse anastomose entre les veines cardinales antérieures droite et gauche. La veine supérieure se forme
aux dépens de la veine cardinale commune et du segment proximal de la veine cardinale antérieure droite.

2.5.3. Le système lymphatique


Au début de la 6ème semaine, apparaissent dans le mésenchyme, des fentes au pourtour desquelles les cellules
mésenchymateuses s’aplatissent. Ces fentes se réunissent pour former un réseau lymphatique d’abord dans la
région jugulaire, puis lombaire. Apparaissent ensuite des dilatations localisées dans les canaux lymphatiques.
Il se forme ainsi un lac lymphatique jugulaire en rapport étroit avec la veine jugulaire, un lac lymphatique
iliaque en rapport avec la veine iliaque primitive et un lac lymphatique rétro-péritonéal : la grande citerne
lymphatique. Le bourgeonnement des vaisseaux lymphatiques aboutit à la formation d’un vaisseau
longitudinal: le canal thoracique. Celui-ci met en communication les lacs lymphatiques cervicaux et
abdominaux et se jette dans la veine jugulaire interne gauche. Les ganglions lymphatiques apparaissent au
cours du 3ème mois du développement aux dépens du mésenchyme.

2.6. LA CIRCULATION DU SANG ET SES MODIFICATIONS


2.6.1. La circulation embryonnaire
La circulation s’établit quand les vaisseaux extra-embryonnaires et intra-embryonnaires font jonction, vers
J21. Le sang propulsé par le TCP dans les aortes ventrales gagne successivement les arcs aortiques, les aortes
dorsales puis le corps de l’embryon ainsi que la vésicule vitelline (artères vitellines) et le placenta (artères
ombilicales). Les canaux de Cuvier, les veines vitellines et les veines ombilicales ramènent le sang au sinus
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veineux du tube cardiaque primitif.
2.6.2. La circulation fœtale
Les structures destinées à assurer après la naissance la grande et la petite circulations sont en place mais cette
dernière n’est pas fonctionnelle car le poumon n’est pas fonctionnel. Le sang venant du placenta par la veine
ombilicale, passe par le canal d’Arantius et les sinusoïdes hépatiques pour atteindre la veine cave inférieure
puis l’oreillette droite où il est rejoint par le sang veineux dé-saturé du fœtus. Du ventricule droit, le sang passe
en grande partie dans la grande circulation par deux shunts : le foramen ovale reliant les deux oreillettes et le
canal artériel reliant l’artère pulmonaire à l’aorte. Ainsi la circulation pulmonaire, mise en place au 2ème
mois, est réduite au minimum. Au total :
• Le cœur est cloisonné en quatre cavités ;
• La circulation vitelline se modifie avec la mise en place de l’intestin primitif ;
• La circulation est modifiée avec le dévelippement du foieet des anastomoses ;
• La circulation artérielle est modifiée avec le développement des arcs aortiques ;
• La circulation ombilicale est fonctionnelle ;
• La circulation pulmonaire n’est pas fonctionnelle, celle-ci est court circuitée par le canal artériel ;
• Cœur droit et cœur gauche sont anastomosés (communication inter auriculaire).

2.6.3. La circulation néo-natale


À la naissance, la ligature du cordon ombilical interrompt brutalement la circulation placentaire. Les poumons
sont ventilés, le canal artériel se ferme et le débit sanguin s’accroît dans les vaisseaux pulmonaires. Par
contrecoup, la pression augmente dans l’oreillette gauche alors qu’elle baisse dans l’oreillette droite. Le
foramen ovale se ferme physiologiquement. Par ailleurs, les artères ombilicales s’oblitèrent ainsi que la veine
ombilicale et le canal veineux d’Arantius. La circulation pulmonaire est fonctionnelle et la double circulation
définitivement établie.

3. L'HÉMATOPOÏÈSE
L’hématopoïèse est le processus qui aboutit à la formation des cellules sanguines. Chez l’embryon, il existe
plusieurs foyers d’hématopoïèse successifs qui prendront en charge cette fonction au cours du temps.
• Les premiers foyers d’hématopoïèse chez les vertébrés apparaissent au niveau du mésenchyme du sac
vitellin sous la forme d’îlots angio- formateurs peu après la gastrulation. Elle donne naissance à une première
vague hématopoïétique éphémère constituée d’érythrocytes primitifs nucléés et production d’hémoglobine
embryonnaire.
• Les cellules hématopoïétiques définitives proviennent de foyers situés au niveau de la partie ventrale de
l’aorte embryonnaire. Chez les mammifères, il a été démontré que ces cellules embryonnaires ont un potentiel
hématopoïétique justifiant le fait que l’hématopoïèse définitive a bien une origine intra-embryonnaire et non
pas vitelline.
Chez l’homme, entre le 27e et le 47e jour de gestation, à partir de ces foyers aortiques, ces précurseurs
hématopoïétiques vont disséminer pour coloniser les organes hématopoïétiques fœtaux. Le foie est colonisé
dès la 7ème semaine de gestation avec une prise en charge de l’hématopoïèse qui devient majoritaire entre la
9ème et la 10ème semaine de gestation.
• La moelle osseuse se peuple de colonies hématopoïétiques dès la 10ème semaine et demie de gestation
et elle deviendra parfaitement fonctionnelle avant la 20ème semaine. D’autres structures sont colonisées
secondairement. C’est le cas du thymus qui commence à être colonisé dès la huitième semaine. Cette ébauche
thymique va progressivement mûrir pour devenir fonctionnelle en cours de gestation.
• A la fin de la gestation chez l’être humain, le foie continue d’avoir une activité hématopoïétique
restreinte, la moelle osseuse est hématogène.
Le modèle actuel suppose qu’il existe un précurseur bi-potent, l’hémangioblaste, capable de donner naissance
d’une part aux cellules hématopoïétiques et, d’autre part aux angioblastes précurseurs des cellules
endothéliales. Bien qu’hautement probable, l’existence d’un tel précurseur n’a toutefois jamais été
formellement démontrée.

4. LYMPHOPOÏÈSE
Le système lymphatique est responsable des défenses de l'organisme contre les infections. C'est le «
micro-environnement » du thymus pour les lymphocytes T (immunité à médiation cellulaire), et de la moelle

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osseuse pour les lymphocytes B (immunité à médiation humorale), qui est responsable de l'acquisition de la
compétence immunitaire. Suite à leur maturation, les cellules lymphatiques migrent dans les organes
lymphatiques secondaires, parmi lesquels on compte les follicules lymphatiques des muqueuses, les ganglions
lymphatiques et la pulpe blanche de la rate.
La rate nait dans la paroi du mésogastre postérieur avant d’être fixée à gauche après rotation de l’estomac.
C’est un organe essentiellement hématopoïétique jusqu’à la 14ème semaine avant d’être colonisé par les
lymphocytes vers la 23è semaine.

5. LES CARDIOPATHIES CONGÉNITALES


La fréquence des cardiopathies congénitales est de 7 à 8 pour 1 000 naissances. Une étiologie n’est retrouvée
que dans environ 15 % des cas.
Les facteurs génétiques (8 à 10 % des cas) : trisomie 21, trisomie 18, syndrome de Turner, diverses affections
géniques comme la maladie de Marfan.
La rubéole vient en tête des causes infectieuses. Parmi les médicaments les plus dangereux, se placent les
antibiotiques, les cytostatiques, les anticonvulsivants et les tranquillisants (Thalidomide).
Facteurs métaboliques tel que le diabète.
5.1. Les cardiopathies avec shunt gauche-droite (50 % des cas)
Les pressions et les résistances dans la grande circulation étant beaucoup plus élevées que dans la petite
circulation, l’existence d’une communication anormale entre ces deux circulations constitue la condition
nécessaire et suffisante pour qu’apparaisse un shunt gauche-droite; la conséquence principale qui en résulte
est l’hypervascularisation pulmonaire. Ce sont des cardiopathies non-cyanogènes dont la cure chirurgicale est
en règle simple.
5.1.1. Communication interventriculaire (25 %)
La déhiscence du septum interventriculaire siège le plus souvent au niveau du septum membraneux, plus
rarement du septum musculaire. La symptomatologie est variable selon les cas. Certaines communications
interventriculaires (CIV) se ferment spontanément, d’autres évoluent et entraînent une insuffisance cardiaque.
La cure chirurgicale consiste en la fermeture de la déhiscence par un patch.
5.1.2. Persistance du canal artériel (10 à 15 %)
La cure chirurgicale de cette malformation fréquente est habituellement simple et consiste à ligaturer le canal
artériel.
5.1.3. Communication interauriculaire (CIA) (5 à 10 %)
Deux fois plus fréquente dans le sexe féminin, la CIA correspond à un défaut de développement du septum
interauriculaire.
La CIA de type ostium secundum résulte de la non-fermeture du trou de Botal. C’est une des cardiopathies
congénitales les mieux tolérées; elle permet habituellement une vie normale jusqu’à un âge avancé. La cure
chirurgicale doit être envisagée si le débit est important et pour éviter les complications cardiaques qui ne
surviennent le plus souvent que vers l’âge de 40-50 ans.
La déhiscence à la partie basse du septum est plus rare (CIA de type ostium primum).
5.1.4. Canal atrio-ventriculaire (2,5 %)
Dû à un défaut de croissance des bourrelets endocardiques antérieur et postérieur entraînant l’absence de
septum intermedium, le canal atrio- ventriculaire associe une communication interauriculaire basse de type
ostium primum, une communication interventriculaire et des anomalies des valves mitrale et tricuspide. Cette
cardiopathie s’observe fréquemment dans la trisomie 21. La cure chirurgicale est difficile.

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Figure C8 : Malformations cardiaques intéressant les gros vaisseaux

5.2. Les cardiopathies avec shunt droite-gauche (20 % des cas)


Elles comportent à la fois une communication anormale et un obstacle à l’éjection du ventricule
droit. Cet obstacle, en élevant les pressions dans la petite circulation, provoque le passage du sang de la petite
vers la grande circulation. Ce sont donc des cardiopathies cyanogènes. Du sang désaturé en oxygène
contamine le sang artériel ; il en résulte une désaturation périphérique expliquant la cyanose.
5.2.1. Tétralogie de Fallot (10 % des cas)
Cette malformation associe une CIV, une sténose de l’artère pulmonaire et une dextroposition de l’aorte ainsi
qu’une hypertrophie ventriculaire droite conséquence de l’obstacle à l’éjection. L’évolution spontanée est
grave et mène très rarement à l’âge adulte. Le traitement est chirurgical.
5.2.2. Transposition des gros vaisseaux (9 % des cas)
L’aorte naît du ventricule droit et l’artère pulmonaire du ventricule gauche. Elle se révèle chez le nouveau-né,
dans les tous premiers jours de la vie, par une cyanose intense. La chirurgie s’impose.
5.3. Les cardiopathies par obstacle (20-25 %)
Ce sont des cardiopathies par obstacle isolé à l’éjection ventriculaire. La conséquence principale en est
l’hypertrophie du ventricule en aval duquel se situe l’obstacle.
5.3.1. L'obstacle sur la voie gauche
■ La coarctation aortique (10 % des cas) est la sténose de la partie initiale de l’aorte descendante. Les pouls
fémoraux sont peu ou non perçus, alors qu’il existe une hypertension artérielle aux membres supérieurs. La
sanction chirurgicale est impérative.
■ Le rétrécissement (ou sténose) aortique (5 % des cas) siège à l’origine de l’aorte. Dans les formes sévères, le
pronostic est dominé par le risque d’insuffisance cardiaque et de mort subite.
5.3.2. L'obstacle sur la voie droite
est le rétrécissement (ou sténose) pulmonaire (5 à 10 % des cas) qui siège le plus souvent à l'origine de l'artère
pulmonaire.
5.4. Autres anomalies
Parmi les multiples autres cardiopathies congénitales, citons les malpositions cardiaques, les hypoplasies du
cœur gauche et les anomalies des coronaire.

CONCLUSION
L’importance de l’appareil cardiovasculaire et du sang dans le développement embryo-fœtal rend compte de
la mise en place très tôt du cœur primitif et des vaisseaux au cour du premier mois. Il s’agit de processus
complexes dont la moindre perturbation met en jeu le pronostic vital ou fonctionnel du produit de conception.
Les malformations cardiaques souvent observées justifient la nécessité d’un suivi attentif et rigoureux de la
grossesse.

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II. DEVELOPPEMENT DE L'APPAREIL RESPIRATOIRE
Plan :
Introduction
1. Développement de l'appareil broncho-pulmonaire
2 .Formation des vaisseaux sanguins
3 .Formation de la plèvre
4 Malformations
conclusion

Conclusion

Introduction :
Les poumons sont des organes phylogénétiquement très anciens, déjà présents chez les premiers poissons, ce
qui suggère que les mécanismes régulant leur morphogénèse sont conservés entre les espèces.
Le poumon est l’organe dont la mise en fonction à la naissance est la plus spectaculaire. En quelques secondes,
il remplace le placenta dans sa fonction d’hématose. Contrairement aux autres organes, les poumons
n'assurent leur fonction d’échanges gazeux qu'au moment de la naissance. Ils jouent toutefois un rôle
important en tant qu'organe producteur du liquide amniotique. Ainsi, les futurs espaces aériens sont donc
remplis de liquide amniotique qui sera remplacé lors des premiers mouvements respiratoires de manière
abrupte par de l'air. La vascularisation change quant à elle radicalement au moment de la naissance avec la
fermeture du canal artérielle.

1. Développement de l'appareil broncho-pulmonaire


L’appareil broncho-pulmonaire dérive de la portion crâniale de l’intestin primitif, l’intestin pharyngienne,
dont la paroi comporte l’endoderme entouré par la splanchnopleure.

1.1. Intestin pharyngien,


L’intestin pharyngien, constitue l’appareil branchial, à l’origine de nombreux organes. Les dérivés de
l’endoderme de l’appareil branchial sont : l’épithélium de l’oreille moyenne, de la trompe d’Eustache,
l’épithélium des amygdales palatines, les cellules glandulaires parathyroïdiennes, les cellules épithéliales du
thymus, les thyréocytes, l’épithélium et les glandes de la langue, l’épithélium du larynx, de la trachée et de
l’appareil broncho-pulmonaire ainsi que les glandes qui y sont annexées.

1.2. Etapes de Développement des voies aériennes


1.2.1. Apparition et croissance des bourgeons trachéo-bronchiques
Au début de la 4ème semaine (J22) du développement, une évagination en forme de gouttière sagittale apparaît
sur la face antérieure de l’intestin antérieur au niveau de la portion caudale de l’intestin pharyngien.

Figure R1 : Mise en place des bourgeons pulmonaires. a) Intestin primitif (6ème semaine) ; b) cloison oeso-trachéale et
1ères divisions bronchiques.
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Ce bourgeon endodermique se divise en deux branches situées quasiment à l’origine du bourgeon. Ces
branches donnent naissance aux bronches et à l’arbre pulmonaire alors que le bourgeon initial subit des
mouvements morpho-génétiques complexes avec formation d’un septum qui le sépare de l’intestin antérieur
qui est situé dorsalement (voir schéma ci-haut). Ainsi se forment le larynx et la trachée. L’initiation de la
pousse du bourgeon trachéo-bronchique est due à l’action de FGF 10, produit par les cellules
mésenchymateuses, et qui agit sur des récepteurs FGFR2 portés par les cellules endodermiques.

1.2.2. Croissance et division dichotomique des bourgeons trachéo-bronchiques

1.2.2.1. Polarisation proximo-distale de la croissance


Les cellules endodermiques proximales ne prolifèrent pas ou peu, à l’inverse des cellules distales qui
prolifèrent vite. Le mécanisme de polarisation de la croissance selon l’axe proximo-distal fait intervenir le sys-
tème des ligands du récepteur de l’EGF. Parmi ces principaux ligands (EGF, TGF-alpha, amphiréguline,
bêta-celluline. HB-EGF (EGF lié à l’héparine), EGF et amphiréguline sont essentiellement sécrétés par les
cellules mésenchymateuses du poumon alors que le récepteur EGF-R est présent à la fois sur les cellules
épithéliales et mésenchymateuses, aussi bien au niveau proximal que distal. Ainsi, l’amphiréguline n’exerce
son action qu’au niveau distal, du fait de la présence de certaines molécules de la matrice extra-cellulaire
(MEC), notamment le protéoglycane et héparane-sulfate. Au niveau proximal, les cellules épithéliales sont
séparées de la MEC par une lame basale, alors qu’au niveau distal les cellules épithéliales reposent
directement sur la MEC, ce qui permet à l’amphiréguline d’exercer son action et d’entraîner la prolifération
épithéliale distale alors que le contingent proximal reste quiescent.
1.2.2.2. Divisions dichotomiques des bourgeons bronchiques
Des divisions dichotomiques successives se produisent surtout au niveau de l’extrémité caudale du diverticule
respiratoire, conduisant à la formation des bronches souches, lobaires, segmentaires et sous-segmentaires
jusqu’aux canaux alvéolaires et alvéoles (plus tardivement).
Pour que les bronches se divisent, il faut que la région la plus distale de la bronche en croissance cesse de
croître au profit des régions immédiatement sus-jacentes, ce qui entraîne la formation de deux bourgeons,
ébauches de la division future. Le FGF 10, sécrété par les cellules mésenchymateuses, induit la prolifération
épithéliale, mais aussi l’expression et la sécrétion de facteurs tels que BMP 4 par les cellules épithéliales les
plus distales. BMP4 inhibe la prolifération épithéliale, si bien que la partie la plus distale de l’épithélium
bronchique cesse de proliférer alors que les cellules des segments immédiatement sus-jacents, qui ne sécrètent
pas BMP 4, continuent de se diviser sous l’action de FGF 10. Il s’ensuit une division dichotomique et le
processus se poursuit et se reproduit de façon cyclique dès que la concentration de BMP 4 est suffisante pour
inhiber la croissance la plus distale.
1.2.2.3. Génération de la diversité cellulaire du poumon
Les mécanismes moléculaires qui contrôlent le développement des différents lignages cellulaires du poumon
sont encore peu inconnus. Le gène Nkx 2.1 est indispensable à la formation des structures respiratoires
distales. L’hyper expression du facteur de transcription HNF 3-ß entraîne le blocage de la différenciation de
l’épithélium pulmonaire. La formation des septa alvéolaires est bloquée chez les souris ayant une double
mutation des récepteurs FGFR3 et 4. Les myofibroblastes septaux ne se forment pas en l’absence de PDGF
(Platelet Derived Growth Factor). Enfin, les cellules neuro- endocrines du poumon ne se forment pas en
l’absence du facteur de transcription MASH 1.
Ces données devraient permettre de proposer une éventuelle thérapie cellulaire.

1.3. Différenciation et maturation du parenchyme pulmonaire


La maturation des cellules du poumon est un phénomène progressif.
Le parenchyme pulmonaire se constitue progressivement autour des voies aériennes, ce qui conduit à décrire
cinq périodes successives qui se chevauchent selon le stade de développement et l’aspect histologique.

1.3.1. La période embryonnaire (3-7 semaines)


Il correspond à l'émergence du bourgeon trachéo-bronchique et aux premières divisions (jusqu'à l'apparition
des bronches lobaires et segmentaires à la 7ème semaine). Ainsi un embryon à ce stade ne possède que des
bronches mais pas de canaux alvéolaires et pas d'alvéoles car il n'a pas fini sa division.

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1.3.2. La période pseudo-glandulaire (5-17 semaines)
La période pseudo-glandulaire correspond à la formation des voies aériennes jusqu’aux bronchioles (de la 5ème
à la 17ème semaine). Celles-ci sont bordées par un épithélium cubique avec, au niveau des bronchioles dites
respiratoires, de rares alvéoles.
1.3.3. La période canalaire (16- 26 semaines)
La période canalaire correspond à l’apparition des canaux alvéolaires (de la 16ème à la 26ème semaine) : les
nombreux alvéoles circonscrivent le canal dont la lumière est bordée d’un épithélium aplati au niveau des
minces cloisons inter-alvéolaires.
1.3.4. La période du « sac terminal » (24 - 36 semaines)
La période du "sac terminal" correspond à la formation des premiers sacs alvéolaires constitués d’alvéoles
juxtaposés (la bordure bronchique n’est plus présente). Cette période commence vers la 24ème semaine au
cours de laquelle apparaît la sécrétion de surfactant par les cellules alvéolaires (pneumocytes de type II). Le
nombre d’alvéoles et la maturation du produit sécrété autorise la survie d’un prématuré à partir de la 26ème
semaine.
1.3.5. La période alvéolaire (36 semaines- 8 ans)
La période alvéolaire correspond à la fin de la grossesse et continue au-delà de la naissance. Elle se caractérise
par la constitution des sacs alvéolaires définitifs et l’augmentation progressive du volume pulmonaire.
Les espaces très réduits restant entre les alvéoles sont occupés par les restes du mésenchyme qui va donner un
tissu conjonctif fin, l’interstitium, où cheminent les vaisseaux sanguins.
En cas d’accouchement trop prématuré, le système respiratoire n’est pas fonctionnel et ne permet pas
d’assurer une fonction d’hématose correcte. Cette complication redoutable autrefois est maintenant traitée
grâce à l’utilisation de surfactant, produit tensio-actif sécrété par les cellules distales de l’arbre respiratoire.

Figures R2 : Période pseudo-glandulaire Période canalaire Période du sacculaire

1.4. Sécrétions pulmonaires


1.4.1. Le liquide pulmonaire :
Il Provient d’une sécrétion active du poumon foetal dont l’origine exacte est inconnue, le liquide se forme par
transfert d’eau et d’électrolytes à travers l’endothélium des capillaires et l’épithélium des espaces aériens, Il
est soit dégluti soit rejeté dans la cavité amniotique. Ce liquide représente 20 à 30% du volume du liquide
amniotique. La sécrétion continue du liquide pulmonaire assure le maintien d’une pression positive (2 à 3mm
Hg) à l’intérieur du parenchyme pulmonaire et dans l’amincissement des parois. A la naissance, la présence du
liquide des voies aériennes faciliterait l’aération du poumon à la première respiration.
1.4.2. Le surfactant
Le surfactant est une lipoprotéine empêchant l’affaissement des alvéoles à l’expiration. Sa biosynthèse a lieu
dans les pneumocytes II à partir de la 20ème semaine.
-Jusqu’à 34-35ème semaines, produit en faible quantité, et la majorité des phospholipides restent intra-
cellulaire. La composition en acides gras du surfactant se modifie en fin de grossesse et reflète la maturation
pulmonaire. Différentes hormones stimulent la synthèse du surfactant en particulier les glucocorticoïdes et
thyroxine.
1.5. Barrière alvéolo-capillaire
La différenciation du parenchyme respiratoire met en place une barrière de diffusion entre l'air et le sang
(barrière alvéolo-capillaire) extrêmement fine, de l'ordre de 0.05-0.25mm aux endroits le plus minces. La
différenciation suffisamment précoce des pneumocytes de type II, produisant le surfactant, est également
d'une importance fonctionnelle cruciale.
La maturation du parenchyme pulmonaire s’accélère vers la fin de la grossesse et se traduit par un
amincissement de la barrière alvéolo-capillaire et l’augmentation de la surface des alvéoles.
Ainsi, les enfants nés avant 26-28 semaines ont peu de chance de survie à cause de l’immaturité des alvéoles et
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l’absence de surfactant tandis que ceux nés au-delà ont plus de chance de survie.

2. FORMATION DES VAISSEAUX SANGUINS


2.1. Les vaisseaux avant le deuxième mois
Au moment de l’individualisation du diverticule respiratoire, sa vascularisation dépend de celle de l’intestin primitif
antérieur dont il dérive. Il s’agit d’un plexus afférent venant des branches ventrales des aortes dorsales et d’un réseau
efférent drainé par les branches des veines cardinales antérieures. Ces réseaux se ramifient dans les travées de
mésenchyme au cours de la ramification des voies aériennes et de l’organisation du parenchyme.
2.2. Au cours du deuxième mois
Les vaisseaux afférents et efférents se modifient
• La segmentation du cono-truncus aboutit à la constitution du tronc de l’artère pulmonaire qui entre en
communication avec la partie proximale du sixième arc aortique gauche. Ce nouveau trajet afférent s’abouche au plexus
initial du diverticule respiratoire dont il devient la source dominante constituant le trajet des artères pulmonaires. Les
branches afférentes les plus crâniales des aortes dorsales deviennent les artères bronchiques.
• La paroi dorsale de l’oreillette donne naissance à quatre évaginations (deux à droite et deux à gauche) qui entrent
en connexion avec le réseau efférent de l’ébauche pulmonaire. Ces évaginations correspondent aux veines pulmonaires
qui drainent de façon préférentielle la circulation efférente vers l’oreillette gauche. Quelques veines primitives de
l’ébauche persistent et deviennent les veines bronchiques qui s’abouchent dans la veine cave supérieure.
Dès lors l’ébauche de l’appareil respiratoire est le siège d’une double circulation l’une passant par les vaisseaux
pulmonaires, l’autre par les vaisseaux bronchiques. Pendant le reste de la grossesse cette circulation reste uniquement
nourricière, les échanges gazeux se font au niveau du placenta.

2.3. A la naissance
Les premiers cris et mouvements respiratoires du nouveau-né entraînent le gonflement et le déplissement des
alvéoles, ce qui met en contact les pneumocytes qui bordent leur lumière avec les parois des capillaires situés
dans l’interstitium et autorise les échanges respiratoires. La circulation pulmonaire devient fonctionnelle et
draine le sang oxygéné vers le coeur, la circulation bronchique aura seulement un rôle nourricier.

Figure R3 : Chronologie de la différenciation et maturation pulmonaire

3. FORMATION DE LA PLEVRE
La plèvre enveloppe le poumon :
• Feuillet viscéral (collé contre le poumon) = origine splanchnopleurale.
• Feuillet pariétal (collé contre la cage thoracique) = origine somatopleurale.

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- Ces deux feuillets sont côte à côte sans espace entre les deux, seulement un peu de liquide lubrifiant pour le
glissement lors des mouvements de respiration.

4. LES MALFORMATIONS
4.1. Les malformations secondaires à une anomalie de l’arbre respiratoire
a) Anomalies de division de l’arbre bronchique :
• Agénésie totale ou unilatérale (par arrêt du processus de division dichotomique), très rare, le plus
souvent associé à une diminution de volume du liquide amniotique(oligo-hydramnios).
• Anomalies de la segmentation, le plus souvent sans conséquence fonctionnelle.

b) dilatation kystique des extrémités bronchiques au moment de la formation des bronchioles


respiratoires et du déplissement alvéolaire. Elles sont souvent en rapport avec une anomalie génétique.

4.2. Les malformations secondaires à une anomalie de l’individualisation du bourgeon respiratoire


• Les malformations les plus sévères sont les atrésies de l’oesophage le plus souvent avec fistule
oeso-trachéale qui peuvent présenter divers aspects anatomiques mais ont toutes pour conséquence le passage
de fluides dans les poumons et s’accompagnent en règle d’un excès de liquide amniotique (hydramnios).
• Les réductions de calibre de la trachée ou sténoses sans modification anatomique du trajet
oesophagien.

4.3. l’hypoplasie pulmonaire secondaire à une hernie diaphragmatique :


C’est la malformation la plus fréquente (1/2500 naissances). Il s’agit d’une diminution notable de volume du
poumon secondaire à la saillie des viscères abdominaux dans la cage thoracique à travers le diaphragme.
L’appareil respiratoire n’est pas malformé et l’anomalie diaphragmatique peut bénéficier d’un traitement
chirurgical.

Conclusion : L’appareil pulmonaire dérive de la partie antérieure de l’intestin primitif qui est délimité par
l’endoderme et la splanchnopleure. Son développement qui est progressif et se termine dans l’enfance est le
résultat d’un dialogue permanent entre l’endoderme et le mésoderme. Tout dysfonctionnement de la mise en
place des structures peut entrainer des malformations dont certaines mortelles.

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III. DEVELOPPEMENT DE L'APPAREIL DIGESTIF
Plan :
Introduction
1 Mise en place de l'intestin primitif
2 Intestin antérieur
3 Intestin moyen
4 Intestin postérieur
Conclusion

INTRODUCTION
L’appareil digestif se développe essentiellement à partir de l’intestin primitif dont la mise en place s’est faite
au cours de la délimitation, processus ayant débuté dès la troisième semaine. Celui-ci est bordé par
l’endoderme et la splanchnopleure, puis extérieurement par la paroi du cœlome intra embryonnaire.

1. MISE EN PLACE DE L'INTESTIN PRIMITIF


1.1. Processus normal
Pendant la délimitation, la partie dorsale de la vésicule vitelline 2aire (VVS) s’invagine à l’intérieur du futur
embryon et prend le nom d’intestin primitif. Celui-ci est relié par le canal vitellin (omphalo-mésentérique)
situé dans le futur cordon ombilical, à la vésicule ombilicale au contact du placenta.
L’intestin primitif comprend l’intestin antérieur (portion crâniale, borgne, fermée en avant par la membrane
pharyngée), l’intestin postérieur (portion caudale, fermée par la membrane cloacale) et l’intestin moyen
(portion intermédiaire qui communique largement avec la vésicule ombilicale par le canal vitellin).
1.1.1. L’endoderme définitif
• Il donne naissance aux tissus épithéliaux du tube digestif et à ses glandes annexes, au système res-
piratoire, aux cavités de l’oreille moyenne et à plusieurs organes comme le thymus et diverses glandes
(thyroïde, parathyroïdes).
Peu après la formation du tube digestif, le début de l’organogénèse se manifeste par le gonflement, le
bourgeonnement et la torsion de certaines régions spécifiques.
• Un dialogue moléculaire prolongé entre mésoderme et endoderme de l’intestin primitif conduit
progressivement (par des signaux permissifs, instructifs et/ou répressifs) à la détermination de certaines
cellules vers une spécialisation spécifique (cellules endocrines du tube digestif, pancréas, foie, etc.).
• De nombreuses molécules sont impliquées, notamment des FGFs et FGF-Rs, et de nombreux gènes
interviennent, parmi lesquels les gènes Hox, Pdxl, Nkx2.P, Ttf2, Shh, GU2, GH 3. Ainsi, à titre d’exemple,
une mutation de Nkx2.1 entraîne une agénésie de la thyroïde et une absence de cloisonnement entre la trachée
et l’œsophage. L’inactivation du gène Pax9 (normalement exprimé l’endoderme des poches branchiales)
entraîne chez la souris l’absence de formation du thymus, des parathyroïdes et du corps ultimobranchial.
• Dans la formation des glandes digestives, les mécanismes d’adhérence et de mobilité cellulaires font
intervenir des molécules d’adhérence (cadhérines) ainsi que des métalloprotéinases matricielles, dont
l’expression est sous la dépendance de nombreux autres gènes.
1.1.2. Le mésoderme
Le mésoderme forme le tissu conjonctif et les éventuelles tuniques musculaires des différents organes
concernés. Le gène Sonic hedgehog (Shh), exprimé dans l’épithélium du tube digestif, est nécessaire à la
différenciation musculaire.

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A - fin de la 4e semaine(S4) du développement C - fin de la S6 (le foie n'est pas représenté)
B - fin de la S5 du développement D- fin du 2è mois du développement (le foie n'est pas représenté)

Figures D1: L'évolution de l'intestin primitif

1.2. Malformations liées au processus de délimitation


Ces malformations ne sont pas, au sens propre, des malformations du tube digestif, mais les problèmes de
chirurgie digestive qu'elles posent autorisent à les en rapprocher.
1.2.1. Omphalocèle (1/ 4 000 à 5 000 naissances)
Elle réalise une poche translucide, à contenu variable (intestin, foie..), et sur le versant inférieur de laquelle
s’implante le cordon ombilical. Son revêtement est identique à celui du cordon: amnios tapissé intérieurement
par le mésenchyme indifférencié (gelée de Wharton), sans revêtement péritonéal sous-jacent.
Elle serait due à un défaut de réintégration dans l’abdomen des anses intestinales physiologiquement herniées
dans le cordon ombilical (de la 6ème à la 10ème semaine du développement).
Dans plus de la moitié des cas, l’omphalocèle est associée à d’autres malformations diverses telle que le diver-
ticule de Meckel. Quand le diamètre du collet est inférieur à deux centimètres, il s’agit de la hernie dans le
cordon d’une anse intestinale.
1.2.2. Laparoschisis (1/15 000 naissances)
Le laparoschisis (gastroschisis des anglo-saxons) est une véritable éventration congénitale, caractérisée par un
défect pariétal para-ombilical ; le cordon est normalement inséré mais les viscères herniés, extériorisés hors de
l’abdomen, sans couverture amniotique, baignent dans le liquide amniotique. Habituellement, la totalité de
l’anse intestinale primitive est extériorisée. Les malformations associées sont très rares.
La détermination de cette malformation est plus tardive que celle des omphalocèles. Elle serait due à une
perturbation de la différenciation de la somatopleure, privant ainsi l’ectoderme de surface de son support
conjonctif, et il s’ensuit un défect localisé de la paroi abdominale latérale, permettant l’issue des anses
intestinales déjà réintégrées. Un mécanisme vasculaire a été proposé, d’autant qu’il semble que le risque de
laparoschisis soit accru lorsque la mère a fait usage de médicaments vasoconstricteurs.
Comme pour l’omphalocèle, le diagnostic, généralement fait par l’échographie anté-natale.
1.2.3. Persistance totale du canal vitellin
Cette malformation détermine une fistule entéro- ombilicale au niveau d’un cordon ombilical dilaté sur
plusieurs centimètres. Elle est due à la non-involution du canal vitellin.
1.2.4. Hernie diaphragmatique congénitale
La hernie diaphragmatique congénitale du nouveau-né ou hernie de la coupole diaphragmatique ou hernie de
Bochdalek (1/2000 à 1/3000 naissances) résulte d’une aplasie du diaphragme, localisée le plus souvent à
gauche. Dans ce cas, les viscères abdominaux envahissent la cavité pleurale, compriment les poumons et
entraînent une hypoplasie pulmonaire. Le diagnostic est habituellement posé avant la naissance par l’écho-
graphie. Il existe un risque majeur de détresse respiratoire sévère à la naissance. Le traitement chirurgical
permet de réintégrer les viscères dans la cavité abdominale. Le pronostic est sévère.

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Figures D2: Schémas de malformations de la région ombilicale. Omphalocèle (gauche)et laparoschisis

2. L'INTESTIN ANTÉRIEUR
2.1. La portion crâniale ou l'intestin pharyngien,
Il constitue le revêtement endodermique, de l’appareil branchial. Ses dérivés sont l’épithélium de l’oreille
moyenne et de la trompe d’Eustache, l’épithélium des amygdales palatines, les cellules glandulaires des pa-
rathyroïdes, les cellules du thymus, les cellules folliculaires de la thyroïde, l’épithélium et les glandes de la
langue. L’endoderme de l’intestin pharyngien donne naissance à l’épithélium du larynx, de la trachée et de
l’appareil broncho-pulmonaire ainsi qu’aux glandes qui y sont annexées.
2.2. La portion caudale de l'intestin antérieur
2.2.1. Développement normal
a) Œsophage
Il se développe à partir de la portion allant de l’origine du diverticule respiratoire à la dilatation fusiforme de
l’estomac. La formation du cou et la migration descendante du cœur et des poumons déterminent un
allongement rapide de l’œsophage.
Le gène Shh est nécessaire à la croissance et à la différenciation de l’œsophage, la trachée et des poumons.
b) Estomac
L’estomac apparaît initialement comme une dilatation fusiforme de l’intestin antérieur; celle-ci se développe
inégalement avec une grande courbure dorsale et une petite courbure ventrale. Puis, il subit une double
rotation :
- de 90° dans le sens des aiguilles d’une montre autour de l’axe longitudinal, amenant la petite courbure à
droite et la grande courbure à gauche ;
- autour de l’axe antéro-postérieur, entraînant la région pylorique en haut et à droite et la région cardiale en
bas et à gauche.
Une condensation mésenchymateuse dans le mésogastre dorsal reliant l’estomac aux plans postérieurs,
donnera ultérieurement la rate.
c) Duodénum
La rotation de l’estomac et celle de l’intestin moyen entraînent l’application de la première portion du
duodénum contre la paroi abdominale postérieure. Ensuite, le mésentère dorsal de ce segment du duodénum
fusionne avec le péritoine pariétal postérieur de telle sorte que le duodénum devienne rétropéritonéal.
d) Foie et voies biliaires
Le bourgeon hépatique apparaît sous forme d’un épaississement de l’endoderme du plancher du duodénum,
juste avant le début de l’intestin moyen. Puis le sommet du bourgeon hépatique se bifurque en Y. La partie
proximale de l’ « Y » donnera le canal cholédoque, sa branche crâniale, le foie et les canaux hépatiques, et sa
branche caudale, la vésicule biliaire et le canal cystique.
L’induction du foie fait intervenir les FGFs sécrétés par le mésoderme cardiaque situé à proximité et les BMPs
sécrétés par le mésenchyme du septum transversum.

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Figures D3 : A) Rotation de l’estomac ; B) Développement de l’intestin antérieur (foie et pancréas).
e) Pancréas
Le pancréas est formé par fusion de deux bourgeons endodermiques initialement séparés: le bourgeon
pancréatique dorsal et le bourgeon pancréatique ventral, qui naît du plancher du duodénum juste en arrière de
l’origine du bourgeon hépatique. La rotation de l’estomac et les déplacements du duodénum entraînent la
réunion des deux bourgeons pancréatiques au niveau de la face gauche du duodénum. Ainsi, le pancréas
devient rétro péritonéal avec le segment duodénal adjacent. Le bourgeon pancréatique ventral donnera la
partie caudale de la tête du pancréas et son canal (de Wirsung) deviendra le segment terminal du canal
pancréatique définitif s’abouchant dans le cholédoque. Le bourgeon dorsal donnera la partie crâniale de la tête
du pancréas, ainsi que le corps et la queue du pancréas. Son canal (de Santorini) sera dévié vers le canal de
Wirsung dans lequel il se déversera. Le canal de Santorini peut parfois conserver un abouchement séparé dans
le duodénum. Les cellules endocrines des îlots de Langerhans, les acinus exocrines et le système canalaire du
pancréas dérivent tous de l’épithélium endodermique, grâce à une série d’interactions inductives avec les
tissus avoisinants.
La différenciation hépatique et du bourgeon pancréatique ventral se fait sous l’effet inducteur des FGFs venus
du mésoderme cardiaque et des BMPs sécrétés par le septum transversum. De même, la différenciation du
bourgeon pancréatique dorsal au niveau de l’endoderme dorsal de l’intestin antérieur est induite par les
molécules sécrétées par des structures mésodermiques voisines : FGF2 et activine B de la notochorde, FGF
des aortes dorsales.
2.2.2. Malformations de l’intestin antérieur
a) Malformations de l’œsophage
• Les atrésies de l'œsophage sont les malformations les plus fréquentes. Il s’agit d’une interruption
complète de la lumière œsophagienne sur une certaine longueur.
Elles sont classées en cinq types selon les relations anormales entre l’œsophage avec la trachée : le type III,
définit par l’interruption totale du bout supérieur de l’œsophage et l’existence d’une fistule reliant la trachée à
l’extrémité inférieur de l’œsophage est de loin le plus fréquent (85 % des cas).
Ces atrésies œsophagiennes avec fistules résultent d’une anomalie de développement des crêtes de division
trachéo-œsophagiennes. Celles-ci se développant de façon excessive en direction dorsale entraînent une
occlusion de l’œsophage et corrélativement, une aplasie dans la région sous-jacente qui provoque la fistule.
Leur fréquence élevée et le dépistage anténatal difficile, justifient l’exploration systématique de la
perméabilité œsophagienne du nouveau-né à l’aide d’une sonde gastrique dans les minutes qui suivent la
naissance. En cas d’atrésie, la sonde bute à dix ou douze centimètres des arcades dentaires.
L’atrésie œsophagienne avec fistule œso- trachéale peut s’associer à d’autres malformations : vertébrales,
vasculaires, anorectales, cardiaques, rénales, des membres…..
Chez la souris, des mutations du gène Shh, ainsi que des gènes codant les facteurs de transcription Gli,
entraînent des anomalies de développement de l’intestin antérieur et du cloisonnement œso-trachéal.

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Figures D4 : Atrésie de l’œsophage et ses variétés

• Autres malformations œsophagiennes : sont rares ou exceptionnelles :


-Fistule œsotrachéale congénitale : Passage étroit reliant l’œsophage et la trachée normalement constitués,
(fistule dite en « H »).
- méga-œsophage congénital de l’enfant : dilatation et allongement de l’œsophage, souvent en rapport avec
un trouble de l’innervation intrinsèque de l’œsophage.
- sténose congénitale de l'œsophage ;
- diverticules congénitaux (le plus souvent au niveau de la jonction pharyngo-cesophagienne).

b) Sténose du pylore du nourrisson


La sténose du pylore est observée dans 1 à 3 % des naissances ; cinq fois plus fréquente chez le garçon. Elle est
due à une hypertrophie de la musculaire interne du pylore, avec réaction inflammatoire de la sous-muqueuse,
conduisant à un rétrécissement progressif du canal pylorique. Elle se révèle en général deux à trois semaines
après la naissance par des vomissements alimentaires après les repas. A l’échographie le pylore hypertrophié
en forme d’olive pylore. Son traitement relève d’une chirurgie simple (pylorotomie extra-muqueuse) avec des
résultats excellents.
c) Atrésies et sténoses duodénales
Qu’il s’agisse de compressions extrinsèques (malrotations, pancréas annulaire) ou intrinsèques (atrésies
complètes, sténoses intrinsèques), ces malformations peuvent être à l’origine d’occlusions intestinales
néo-natales.
d) Atrésies de la vésicule et des voies biliaires : Elles entraînent un ictère obstructif d’évolution
progressive.

2.3. L'INTESTIN MOYEN


2.3.1. Développement normal
Le développement de l’intestin moyen comporte cinq processus fondamentaux.
a) Allongement rapide
L’allongement rapide de l’intestin moyen conduit à la formation de l’anse intestinale primitive dont le sommet
est en communication avec la vésicule ombilicale par le canal vitellin. Celui-ci marque la limite entre la
branche crâniale (portion distale du duodénum, le jéjunum et une partie de l’iléon) et la branche caudale (reste
de l’iléon, cæcum, appendice, côlon ascendant et les deux premiers tiers du côlon transverse.
b) Hernie physiologique dans le cordon ombilical
Du fait de l’allongement considérable de l’intestin moyen et la cavité abdominale trop petite pour le contenir,
l’anse intestinale primitive fait hernie dans le cordon ombilical entre S6ème et S10ème du développement.
c) Rotation
L’anse intestinale primitive commence sa rotation autour de l’axe de l’artère mésentérique supérieure, 270°
dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, vu par en avant.
d) Réintégration dans l'abdomen
L’intestin moyen réintègre l’abdomen à S10ème et prend alors son emplacement définif.
e) Fixation

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Certaines parties s’accolements au péritoine, alors que le cæcum occupe sa position définitive.

Figures D5 : Evolution de l’intestin moyen

2.3.2. Malformations

a) Diverticule de Meckel (Johann Friedrich Meckel, 1781-1833) :


Il provient de l'oblitération incomplète du canal vitellin survenant chez environ 1 à 3 % de la population
générale. Il est asymptomatique dans un tiers des cas et se complique d’hémorragies, d’infection, de
perforation ou d’occlusion dans deux tiers des cas. Sa muqueuse peut être de type gastrique plutôt
qu'intestinal; Il est implanté sur l’iléon à 80 cm environ de la valvule iléo-cæcale.

Figure D6: Diverticule de Meckel (flèche).

b) La mucoviscidose (ou fibrose kystique du pancréas)


C’est une affection monogénique transmise sur le mode autosomique récessif (4 % de population porteurs
sains hétérozygotes) du gène muté. Un enfant sur quatre de parents tous deux porteurs du gène défectueux,
sera atteint par la maladie. Le gène situé sur le bras long du chromosome 7, code une protéine
transmembranaire appelée CFTR (Cystic Fibrosis Transmembrane Conductance Regulator), formant un canal
chlore dans la membrane plasmique des cellules épithéliales de l'arbre respiratoire, de l'intestin, du foie, du
pancréas et des glandes sudoripares. Le défaut moléculaire causal le plus fréquent est la mutation AF508 (50
% des patients), correspond à la perte d'un résidu phénylalanine en position 508.
L'absence des enzymes pancréatiques et le caractère anormal du mucus du tube digestif font que le méconium
est d'une viscosité extrême (aspect de mastic ou chewing-gum) et qu'il adhère à la muqueuse intestinale. Il finit
par s'accumuler dans les anses intestinales et par occlure leur lumière (iléus méconial). Les complications sont
les infections respiratoires, l'insuffisance pancréatique exocrine, complications hépatiques, stérilités

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masculines (10% des stérilités masculines).

2.4. L'INTESTIN POSTÉRIEUR


2.4.1. Développement normal
L’intestin postérieur est à l’origine de la portion allant du tiers distal du côlon transverse, aux 2/3 supérieurs du
canal anal. De plus, il participe à la formation du sinus uro-génital. Sa partie terminale débouche dans le
cloaque qui reçoit également le diverticule allantoïdien. A son extrémité caudale, le cloaque est prolongé par
l’intestin caudal (ou post-anal). A sa face ventrale, l’endoderme qui tapisse le cloaque est en contact direct
avec l’ectoderme, formant la membrane cloacale.
a) Formation du périnée primaire
A la 4ème semaine (S4), le mésoderme provenant de l’extrémité postérieure de la ligne primitive entoure la
membrane cloacale et donne naissance à une prolifération mésodermique qui forme le périnée primaire.
Celui-ci constitue en profondeur le sphincter cloacal d'où dérivent les muscles du périnée et en surface les
deux bourrelets cloacaux soulevant l’ectoderme de chaque côté de la membrane cloacale.
b) Formation du périnée secondaire et cloisonnement du cloaque
À la fin du 2ème mois (S8), l’appendice caudal (contenant l’intestin post-anal), et dont le développement
maximal a été atteint à S6 régresse. Le cloisonnement du cloaque et la formation du périnée secondaire
résultent d’une part de la descente du septum uro-rectal (éperon périnéal de Tourneux) et surtout de la poussée
mésenchymateuse venue des somites caudaux. Ce mésoderme comble d’abord l’intestin post-anal jusqu’à
l’aplomb du bord postérieur de la membrane cloacale, puis migre sur les faces latérales du cloaque et
s’infléchit vers la ligne médiane pour former les replis uro-rectaux qui vont contribuer par leur rapprochement
et leur fusion sur la ligne médiane à cloisonner le cloaque en sinus uro-génital en avant et canal ano-rectal en
arrière. La partie basse de la cloison uro-rectale s’épaissit ensuite dans le plan antéro-postérieur pour former le
noyau central du périnée, qui divise la membrane cloacale en membrane uro-génitale en avant et membrane
anale en arrière.

Figures D7: Développement du périnée primaire : (les flèches indiquent la direction de la poussée
mésenchymateuse venue des somites caudaux)

2.4.2. Malformations ano-rectales (1/5 000 naissances)


a) Les malformations ano-rectales
Couramment appelées imperforations anales, elles sont en rapport avec des anomalies de mésenchymation du
périnée en profondeur ou en surface et se traduisent par l’absence d’un anus normal en position normale.
L’examen systématique de la région périnéale à la naissance permet d’en faire le diagnostic.
Il existe de nombreuses formes anatomiques, principalement selon la distance entre le cul-de- sac rectal et le
plancher pelvien, ainsi que selon l’existence ou non d’une fistule avec la peau ou les voies uro-génitales.
L’URSMS (UroRectal Septum Malformation Séquence) est caractérisée par l’absence d’ouverture des
orifices anal et/ou périnéaux associée à différentes anomalies génito-urinaires. Des mutations du gène
HLXB9, impliqué dans le développement normal du mésoderme caudal, sont mises en cause.
b) Maladie de Hirschprung (Harald Hirshprung, 1830-1916)
La maladie de Hirschsprung (ou mégacôlon congénital) est liée à l’absence de neurones des plexus de
Meissner et d’Auerbach au niveau de la paroi du côlon terminal. Les principaux gènes impliqués dans ce
défaut de développement du système nerveux entérique sont ceux codant GDNF et ET-3. L’absence de péri-
staltisme de ce segment du tube digestif entraîne une hypertrophie de lutte du côlon gauche et du côlon
sigmoïde sus-jacent et une occlusion par les fécalomes produits par la stagnation des matières. La radiographie

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de l’abdomen, après lavement opaque, permet le diagnostic. L’intervention chirurgicale consiste en l’ablation
de la zone dépourvue de neurones et l’abaissement à l’anus d’un côlon normalement innervé.

CONCLUSION
Bien qu’impliquant les trois feuillets embryonnaires, le système digestif dérive principalement de
l’endoderme définitif entouré de la splanchnopleure, Il partage cette origine avec l’appareil respiratoire,
tandisque dans sa partie caudale il son développement est associé à celui de l’allantoïde. Ses malformations
sont multiples et font l’objet d’un dépistage systématique.

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IV. DEVELOPPEMENT DE L'APPAREIL URINAIRE
Plan :
Introduction
1) Cordon néphrogène
2) Mésonéphros
3) Appareil urinaire définitif
4) Malformations de l'appareil urinaire
Conclusion

INTRODUCTION :
Au cours de la troisième semaine du développement, le mésoderme se divise en trois zones : le mésoderme
para-axial qui se segmentera en somites, le mésoderme latéral au sein duquel apparaîtra le cœlome intra-
embryonnaire, et entre les deux le mésoderme intermédiaire ou cordon néphrogène. Le développement de
l’appareil urinaire se fait principalement aux dépens du mésoderme intermédiaire mais implique également
d’autres structure embryonnaires, notamment l’allantoïde.

1. LE CORDON NÉPHROGÈNE
1.1. Au niveau cervical
Au niveau cervical, le cordon néphrogène est rudimentaire et se métamérise rapidement en quelques petites
masses cellulaires pleines qui disparaissent presque aussitôt. Ils correspondent au pronéphros présent dans les
espèces inférieures.
1.2. Au niveau thoracique et lombaire haut
Le cordon néphrogène se métamérise et se différencie pour former le mésonéphros (corps de Wolff), qui
constitue un rein transitoire qui disparaît ultérieurement (à l’exception des portions qui participent aux voies
génitales mâles).
1.3. Au niveau lombaire bas et sacré
Le cordon néphrogène forme une masse cellulaire dense non métamérisée (blastème métanéphrogène) qui
contribue à former, au moment de la régression du mésonéphros, le métanéphros ou rein définitif.

2. MÉSONÉPHROS
2.1. Constitution du mésonéphros (ou corps de Wolff)
Au début de S4ème du développement, le mésonéphros se métamérise pour donner de petites masses cellulaires
pleines (néphrotomes pleins) qui se creusent en vésicules mésonéphriques (ou mésonéphrotiques). Celles-ci
s’allongent et forment les tubes mésonéphrotiques. De chaque côté de la ligne médiane, le tubule
mésonéphrotique le plus crânial s’allonge et descend parallèlement au mésonéphros pour former le canal
mésonéphrotique (canal de Wolff) qui va se jeter dans le cloaque. Quant aux autres tubules mésonéphrotiques,
leur extrémité interne se renfle et s’organise en chambre glomérulaire autour d’un peloton capillaire développé
sur une artériole venue de l’aorte tandis que leur extrémité externe s’ouvre dans le canal de Wolff qui draine
ainsi tous les tubules mésonéphrotiques.

Figures U1 : Evolution du mésonéphos; A gauche ; coupe transversale, à droite, coupe sagittale

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2.2. Devenir du mésonéphros
Dès la fin du 2ème mois, le mésonéphros commence à régresser.
• Chez la femelle, les tubules mésonéphrotiques et le canal de Wolff disparaissent complètement, à
l’exception de quelques reliquats embryonnaires.
• Chez le mâle, quelques tubules mésonéphrotiques persistent et sont captés par la gonade pour former
les canaux efférents assurant la jonction entre le testicule et le canal épididymaire ; le canal de Wolff donne le
canal épididymaire, le canal déférent, les vésicules séminales et le canal éjaculateur.
• Dans les deux sexes, la portion caudale du canal de Wolff donne naissance au bourgeon urétéral qui se
dirige vers le blastème métanéphrogène. C’est de la rencontre de ces deux ébauches que naissent le rein et le
haut-appareil.

3. L'APPAREIL URINAIRE DÉFINITIF


3.1. Le rein et le haut-appareil
3.1.1. Le système des conduits excréteurs
Le bourgeon urétéral, né de la partie caudale du canal de Wolff, se dirige en haut et en arrière vers le blastème
métanéphrogène et son extrémité crâniale élargie se divise en deux branches (futurs grands calices). Par
bifurcations successives, celles-ci vont donner une douzaine de générations de tubes dont les premières,
incorporées par les grands calices, vont former les petits calices tandis que les autres donneront les tubes
collecteurs du rein. Ainsi, le bourgeon urétéral donne naissance aux voies excrétrices de l’urine: uretère,
bassinet, grands calices, petits calices et tubes collecteurs du rein.
3.1.2. Le système sécréteur: les néphrons
Au fur et à mesure qu’ils pénètrent le blastème métanéphrogène, les tubes issus du bourgeon urétéral se
recouvrent à leur extrémité distale d’une coiffe de cellules métanéphrogènes. Lorsque le tube présente une
nouvelle division, la coiffe se scinde en deux masses latérales qui évoluent sur place, de part et d’autre de la
branche urétrale, pour donner chacune les différents segments d’un néphron proprement dit. Chacune de ces
masses cellulaires pleines se creuse et donne une vésicule métanéphrotique. Celle-ci se différencie, s’allonge
et se contourne pour former un néphron. Ainsi, l’extrémité distale devient la chambre glomérulaire dans la
concavité de laquelle se différencient les capillaires glomérulaires; l’extrémité proximale s’abouche dans le
tube collecteur d’origine urétérale ; et entre ces deux extrémités se différencient le tube contourné proximal,
l’anse de Henlé et le tube contourné distal.
3.1.3. Les mécanismes moléculaires
La formation du mésenchyme métanéphrogène à partir du mésoderme intermédiaire dépend de l’action de
facteurs de transcription tels que Lim-1, Pax-2, Pax-8, Eya-1 et Foxc-1.
Le développement du rein est la conséquence d’interactions réciproques entre l’épithélium du bourgeon
urétéral et le métanéphros.
• Les cellules mésenchymateuses du métanephros, en sécrétant GDNF (Glial cell-line Derived
Neurotrophic Factor) induisent la formation et le bourgeonnement dichotomique du bourgeon urétéral dont les
cellules épithéliales portent les récepteurs c-ret (récepteurs membranaires tyrosine-kinase) eux-mêmes
stimulés par l’acide rétinoïque (dérivé de vitamine A) agissant sur des récepteurs situés sur ces mêmes cellules
épithéliales.
• En retour, les cellules épithéliales du bourgeon urétéral sécrètent des molécules de la famille Wnt qui
induisent la condensation et l’agrégation péri tubulaire des cellules mésenchymateuses. Le mésenchyme
régule chaque nouveau branchement dichotomique du bourgeon urétéral qui, à son tour, induit la condensation
et l’organisation péri tubulaire du mésenchyme.
• Plusieurs gènes interviennent dans l’embryogenèse de l’appareil urinaire.
• Normalement, les cellules mésenchymateuses du métanéphros qui ne se différencient pas disparaissent
par apoptose. Certaines peuvent cependant persister anormalement et sont susceptibles de modifications
génétiques ou épigénétiques conduisant à des tumeurs telles que le nephroblastome par mutation du gène WIT
ou WT-1.
3.1.4. L'ascension du rein
Primitivement situé dans la région caudale de l’embryon, le métanéphros se déplace ensuite vers le haut dans
la région lombaire, derrière le péritoine pariétal. Le rein devient fonctionnel à la fin de la grossesse.

3.2. Le bas-appareil
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La formation du périnée secondaire amène la division du cloaque en deux parties entièrement distinctes: le
canal ano-rectal en arrière, fermé par la membrane anale, et le sinus uro-génital en avant, fermé par la
membrane uro-génitale.
Le sinus uro-génital comprend deux zones: la zone urinaire (supérieure) et la zone génitale (inférieure). La
limite entre ces deux zones est donnée par l’abouchement des canaux de Wolff dans la paroi postérieure du
sinus uro-génital.
Au cours du développement, la partie distale des canaux de Wolff s’incorpore progressivement dans la paroi
du sinus uro-génital, de telle sorte que les uretères qui étaient initialement des diverticules des canaux de
Wolff vont maintenant se jeter directement dans le sinus, au-dessus de l’abouchement des canaux de Wolff. Le
trigone vésical (triangle délimité par l’abouchement des canaux de Wolff et les deux orifices urétéraux) est
donc d’origine wolffienne. En définitive :
• La zone urinaire du sinus uro-génital donne la vessie ainsi que le début de l’urètre prostatique chez
l’homme et la totalité de l’urètre chez la femme. Le canal de l’ouraque, dérivé du diverticule allantoïdien et
reliant le cloaque à l’ombilic, s’oblitère et constitue le ligament ombilico- vésical.
• La zone génitale du sinus uro-génital forme chez la femme le vestibule vulvaire et le vagin tandis que
chez l’homme elle donne la fin de l’urètre prostatique, l’urètre membraneux, l’urètre pénien et la prostate.

Figure U2 : Bas appareil urinaire dans les deux sexes

4. MALFORMATIONS DE L'APPAREIL URINAIRE


Les malformations de l’appareil urinaire sont les plus fréquentes de tous les défauts de naissance. Leur
diagnostic anté-natal par l’échographie permet de mettre en œuvre une prise en charge adaptée dès la
naissance et d’éviter ainsi des complications infectieuses parfois dramatiques.

4.1. Les uropathies obstructives

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L’obstacle à l’écoulement de l’urine peut siéger à n’importe quel niveau des voies urinaires. On distingue les
anomalies du haut et du bas-appareil.
4.1.1. Les malformations obstructives du haut-appareil
L’obstruction de l’uretère peut être un rétrécissement anatomique, un obstacle fonctionnel ou un reflux.
a) Le reflux vésico-rénal primitif est la plus fréquente des uropathies malformatives,
C’est une incontinence des uretères terminaux, incapables d’empêcher l’irruption d’urines dans l’uretère à
contre-courant. Il est dû à une hypoplasie du muscle trigonal. L’uretère terminal ayant un trajet intramural trop
bref ne peut plus jouer son rôle de valvule anti-reflux.
b) Les anomalies de la jonction pyélo-urétérale : sont les principales causes des dilatations
pyélo-calicielles. La nature de l’obstacle à l’écoulement des urines est variable: sténose de l’uretère, insertion
non déclive de l’uretère, compression urétérale par un vaisseau sanguin anormal, obstacle fonctionnel (non
propagation du péristaltisme).
c) Les anomalies de l’uretère au cours de son trajet
• L’uretère rétro-cave
L’uretère passe derrière la veine cave, contourne son flanc gauche, passe entre l’aorte et la veine cave et
croise cette dernière en avant. Cette anomalie de trajet, non constamment obstructive, n’est en règle reconnue
que chez l’adulte jeune, exceptionnellement chez l’enfant (où son pouvoir obstructif n’a pas eu le temps de se
manifester). En présence d’un obstacle serré, le traitement sera chirurgical.
• Les duplicités urétérales : Le rein est unique, mais il existe deux pyélons et deux uretères avec un ou
deux méats urétéraux. Le traitement chirurgical n’est indiqué que si cette duplicité urétérale entraîne des
complications (reflux, infections).
• Le diverticule congénital primitif de la vessie : peut comprimer l’uretère pelvien et dévier son trajet.
• Le méga-uretère primitif obstructif : il est liée à une anomalie de la musculature termino-urétérale
rendant inefficaces les contractions péristaltiques de l’uretère. Il s’ensuit une dilatation urétérale d’amont. Des
formes très obstructives sont une indication au traitement chirurgical.
d) Les abouchements urétéraux anormaux
• Chez la fille, ces abouchements peuvent se faire dans l’urètre, la cloison vaginale, la vulve,
exceptionnellement au niveau du col ou du corps utérin.
• Chez le garçon, l’uretère ectopique s’abouche, en règle générale, dans les voies génitales profondes
(surtout les vésicules séminales).
NB : Ces abouchements anormaux peuvent donner de fausses incontinences et de fausses énurésies.
4.1.2. Les malformations obstructives du bas-appareil
• Les valvules de l’urètre postérieur en sont les plus fréquentes. Elles ne concernent que les garçons et se
présentent sous forme de valvules en nid de pigeon siégeant au pôle inférieur du veru montanum. Par obstacle à
l’émission d’urines, elles sont responsables d’une rétro dilatation des voies urinaires. Le traitement est chirurgical.
• Les autres malformations obstructives du bas-appareil sont plus rares.

4.2. Les anomalies rénales


4.2.1. Les anomalies de nombre
Les anomalies de nombre des reins (rein surnuméraire, agénésie uni ou bilatérale) s’accompagnent toujours
d’anomalies urétérales du même côté. Ainsi, à un rein surnuméraire correspond toujours un uretère ectopique.
Toute agénésie rénale s’assortit d’une agénésie urétérale.
4.2.2. Les anomalies de position
L’absence de migration rénale vers la région lombaire est responsable d’ectopie pelvienne du rein qui est
arrêté au voisinage de la bifurcation aortique.
4.2.3. Les symphyses rénales
Par fusion anormale des deux blastèmes méta- néphrogènes au cours du deuxième mois de la vie
embryonnaire, on peut observer plusieurs types d’anomalies. La plus fréquente est le rein en fer à cheval qui
est bloqué dans son ascension par l’artère mésentérique inférieure et demeure en position lombaire basse.
4.2.4. Les anomalies vasculaires du rein : (1/3 des reins
Les artères rénales peuvent présenter des anomalies d’origine, de longueur, de calibre, de nombre et de
division. Parmi celles-ci, on peut citer les artères polaires anormales, supérieure ou inférieure, et les atrésies de
l’artère rénale qui peuvent être responsables d’un syndrome hypertensif.

4.2.5. Le rein polykystique

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Il résulte de l’absence de jonction entre les éléments sécréteurs provenant du blastème métanéphrogène et les
éléments excréteurs provenant du bourgeon urétéral. Les glomérules non drainés sécrètent et l’urine
s’accumule, entraînant la formation de cavités kystiques multiples. Celles-ci peuvent, par leur nombre et leur
taille, étouffer progressivement le parenchyme rénal avoisinant qui perd toute valeur fonctionnelle.
• La dysplasie multikystique est unilatérale et son évolution est en général favorable.
• Les polykystoses rénales génétiques, autosomiques dominantes ou récessives, présentent des aspects
différents; elles sont toujours bilatérales et évoluent plus ou moins rapidement vers l’insuffisance rénale.
4.3. L'exstrophie vésicale
La cause en est un défaut de mésenchymation de la paroi abdominale antérieure sous-ombilicale. Celle-ci
n’est constituée que par l’adossement de l’ectoderme et de l’endoderme et se résorbe au cours de la vie in-
tra-utérine. Il en résulte que la muqueuse de la face postérieure de la vessie, où apparaissent les
orifices urétéraux et celui de l’urètre, est directement exposée à l’extérieur. La correction chirurgicale de cette
malformation est complexe et des séquelles (incontinence urinaire, anomalies de la verge) sont à craindre.
épispadias chez le garçon et, chez la fille, la bipartition clitoridienne relèvent du même mécanisme.
4.4. Les anomalies de l'ouraque
La pathologie de l’ouraque relève de l’absence d’oblitération du canal allantoïdien. La persistance de la
lumière du canal de l’ouraque peut s’observer à différents niveaux: sur toute la longueur du canal (du fait de
cette fistule de l’ouraque, l’urine s’écoule alors par l’ombilic) ou sur une partie seulement du canal réalisant
une fistule borgne interne (diverticule supérieur de la vessie), une fistule borgne externe (ouverte à l’ombilic,
mais sans communication avec la vessie) ou un kyste de l’ouraque (siégeant en un point quelconque du trajet,
pouvant communiquer avec l’ombilic, ou la vessie, ou les deux, ou être totalement isolé).

Conclusion :
Le développement de l’appareil urinaire est complexe et fait intervenir le mésoblaste intermédiaire, également
à l’origine des gonades, et l’aorte. Les différents mouvements cellulaires observés au cours de ce processus,
particulièrement au cours de la néphrogenèse justifient les nombreuses malformations qui en résultent.

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V. DEVELOPPEMENT DES APPAREILS GENITAUX
Plan :
Introduction
1)L'appareil génital indifférencié
2)La différenciation sexuelle féminine
3)La différenciation sexuelle masculine
4)Le déterminisme de la différenciation sexuelle
5)Malformations
Conclusion

Introduction
La mise en place des organes génitaux se fait principalement à partir du mésoderme intermédiaire. Ce
processus se déroule en deux phases, la phase indifférenciée qui se déroule jusqu’à la deuxième moitié du
deuxième mois, la phase de différenciation qui permet de distinguer les deux sexes sur le plan phénotypique.

1. L'APPAREIL GÉNITAL INDIFFÉRENCIÉ

Jusqu’à la 2ème moitié du 2ème mois, le développement de l’appareil génital est identique quelque soit le sexe
génétique. A cette date se mettent en place les ébauches des gonades, des voies génitales et des organes gé-
nitaux externes indifférenciés qui ultérieurement se différencient dans le sens masculin ou féminin.
1.1. La gonade indifférenciée
1.1.1. Apparition des gonocytes primordiaux
Au cours de la 3ème semaine du développement, les gonocytes primordiaux, induites dans l’épiblaste par les
BMPs, apparaissent dans le mésoderme extra-embryonnaire (MEE) tapissant la paroi postérieure de la
vésicule vitelline, près du diverticule allantoïdien.
1.1.2. Apparition des crêtes génitales
A la fin de la 4ème semaine apparaît, de chaque côté de la ligne médiane entre le mésonéphros et la racine du
mésentère dorsal, une crête longitudinale. Ces crêtes génitales sont dues à la prolifération de l’épithélium
cœlomique et du mésoderme sous-jacent (l’ensemble de cette ébauche mésodermique constituant le blastème
somatique commun).
1.1.3. Migration des gonocytes primordiaux
A la 5 semaine, les gonocytes primordiaux commencent à migrer le long du mésentère dorsal de l’intestin
ème

postérieur en direction des crêtes génitales qu’ils colonisent à la 6ème semaine.

Figures G1: Apparition (A) et migration (B) des gonocytes primordiaux jusqu’aux gonades indifférenciés(C)

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1.1.4. Constitution de la gonade indifférenciée
Simultanément à l’arrivée des gonocytes primordiaux dans les crêtes génitales, le blastème somatique
commun prolifère activement et forme des cordons qui entourent progressivement les gonocytes primordiaux.
À ce stade, il est impossible de distinguer la gonade mâle de la gonade femelle: c’est le stade de gonade
indifférenciée.

1.2. Les voies génitales indifférenciées


A la 6ème semaine du développement, les embryons possèdent, deux systèmes pairs de conduits génitaux.
• Les canaux de Wolff (canaux mésonéphrotiques ou mésonéphriques) s’abouchent à la partie du cloaque
destinée à devenir le sinus uro-génital. Les tabules mésonéphrotiques se jettent dans leur partie supérieure.
• Les canaux de Müller : naissent d’une invagination longitudinale de l’épithélium cœlomique, et
descendent en dehors du canal de Wolff homolatéral, le croise en avant et s’accole sur la ligne médiane avec le
canal de Müller controlatéral. Les deux canaux de Müller accolés sont d’abord séparés par le septum
utéro-vaginal puis ils fusionnent entièrement pour constituer un unique canal utéro-vaginal dont l’extrémité
caudale fermée atteint le tubercule de Müller situé à la face postérieure du sinus uro-génital entre les orifices
d’abouchement des canaux de Wolff.

1.3. Les organes génitaux externes indifférenciés

A la 4ème semaine, du mésoderme provenant de l’extrémité caudale de la ligne primitive vient soulever
l’ectoderme de surface circonscrivant la membrane cloacale et constituer les deux bourrelets cloacaux latéraux
réunis en avant au niveau du tubercule génital.
Dans la 2ème moitié du 2ème mois, le cloisonnement du cloaque et la formation du périnée secondaire entraînent
la division de la membrane cloacale en membrane anale en arrière et membrane uro-génitale en avant. A son
niveau, les bourrelets cloacaux deviennent alors les bourrelets génitaux. Lors de la disparition de la membrane
uro-génitale, les bords de la fente uro-génitale ainsi ouverte à l’extérieur constituent les replis génitaux, situés
en dedans des bourrelets génitaux.

Figures G2 : Voies génitales indifférenciées hautes(A), et indifférenciées basses (B. Région cloacale indifférenciée (C)

2. LA DIFFÉRENCIATION SEXUELLE FÉMININE


2.1. Les ovaires

Les gonocytes se multiplient dans la partie corticale de la gonade. Les gonocytes se transforment en ovogonies
et pénètrent à l’intérieur des cordons du blastème somatique commun. Chaque ovogonie s’entoure d’une
couche de cellules folliculaires issues du blastème somatique commun. Les autres cellules blastémiques

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donneront des cellules interstitielles et les cellules du stroma ovarien. Au 7ème mois, presque toutes les
ovogonies se sont transformées en ovocytes de 1er ordre qui, entourés de cellules folliculaires, forment les fol-
licules primordiaux.
Situé primitivement dans la région lombaire, l’ovaire migre secondairement vers le petit bassin.

Figures G3 : Développement de l’ovaire primitif à partir de la crête génitale indifférenciée

2.2. Les voies génitales féminines

Les canaux de Wolff disparaissent, laissant quelques reliquats embryonnaires de peu d’importance. Les tubes
mésonéphrotiques connectant l’ovaire et les conduits génitaux disparaissent aussi
Les canaux de Müller forment les trompes et l’utérus; leur partie crâniale, ouverte dans la cavité cœlomique,
forme le pavillon; leur partie moyenne constitue le reste de la trompe ; leur partie caudale, située au-dessous de
leur croisement avec le ligament inguinal (futur ligament rond), a fusionné sur la ligne médiane formant
l’utérus.
Du sinus uro-génital, monte un massif épithélial plein formé au début de deux colonnes épithéliales, qui vient
à la rencontre de l’extrémité caudale des canaux de Müller fusionnés. Cette ébauche épithéliale se creuse
secondairement et constitue le vagin dans lequel s’abouche l’orifice du col de l’utérus.
La tunellisation du vagin, laisse persister une cloison transversale, mince et perforée, l’hymen. Seul
l’épithélium de l’utérus et du vagin dérive de la formation précédemment décrite. Les composantes
musculaires et conjonctives de leur paroi proviennent du mésoderme environnant.

Figure G4 : Développement des voies génitales et organes génitaux externes féminins

2.3. Les organes génitaux externes féminins

Après la disparition de la membrane uro-génitale, la fente uro-génitale reste ouverte. Ainsi la partie inférieure

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du sinus uro-génital devient le vestibule vulvaire et les replis génitaux qui en constituent la limite de chaque
côté deviennent les petites lèvres. Le tubercule génital s’allonge peu et donne le clitoris. Les bourrelets
génitaux restent séparés et donnent les grandes lèvres.

3. LA DIFFÉRENCIATION SEXUELLE MASCULINE


3.1. Les testicules

Les cordons du blastème somatique s’individualisent en cordons testiculaires dans lesquels pénètrent les
gonocytes primordiaux. Au voisinage du hile et de la gonade, les cordons testiculaires forment un fin réseau de
petits canaux qui donneront plus tard le rete testis. Parallèlement, une couche épaisse de tissu fibreux dense,
l’albuginée, se forme en surface. Pendant la vie fœtale, les cordons testiculaires sont pleins et le restent jusqu’à
la puberté où ils se creusent d’une lumière et formant alors les tubes séminifères. Ceux-ci communiquent avec
le rete testis, lui-même en continuité avec les cônes efférents formés à partir des tubes sécrétoires mésoné-
phrotiques. Ces cônes efférents sont drainés par le canal de Wolff qui donnera le canal déférent. Quant aux
cellules interstitielles de Leydig, elles se développent à partir des cellules du blastème somatique commun
entourant les tubes séminifères.
Vers la fin du 3ème mois, le testicule commence à migrer dans l’espace rétro-péritonéal, en direction caudale. A
la fin du cinquième mois, il se trouve à l’orifice inguinal, continue sa descente, franchit par en haut le rebord
osseux du pubis et pénètre dans le scrotum où on le retrouve à la naissance. Il entraîne avec lui un repli
péritonéal, le processus vaginal, qui le coiffe et qui s’isole du péritoine pelvien par oblitération du canal
péritonéo-vaginal.

Figures G5 : Développement du testicule primitif à partir de la crête génitale indifférenciée

3.2. Les voies génitales masculines


Les canaux de Muller disparaissent et ne laissent que quelques reliquats embryonnaires dont l’hydatide sessile
développée aux dépens de leur extrémité crâniale. Les tubes mésonéphrotiques situés dans la région
gonadique donnent les canaux efférents, assurant la jonction entre rete testis et canal de Wolff. Les canaux de
Wolff forment les canaux épididymaires, les canaux déférents, les vésicules séminales et les canaux
éjaculateurs. Ces derniers, constitués par l’extrémité caudale des canaux de Wolff, s’abouchent donc dans le
sinus uro-génital.
La paroi postérieure du sinus uro-génital prolifère autour de l’abouchement des canaux de Wolff et donne la
prostate

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Figure G6 : Développement des voies génitales masculines

3.3. Les organes génitaux externes masculins

Le tubercule génital s’allonge considérablement pour former le pénis et entraîne à sa surface inférieure
l’extrémité antérieure de la fente uro-génitale (ouverte à l’extérieur après la disparition de la membrane
uro-génitale). Puis les replis génitaux qui en constituent la limite de chaque côté fusionnent sur la ligne
médiane, réalisant ainsi la formation de l’urètre membraneux et de l’urètre pénien. La trace de cette fusion se
retrouve chez l’adulte sous forme du raphé médian visible à la face inférieure du pénis. Un massif épithélial
recouvre l’extrémité du gland. En se creusant au centre, il donne l’urètre bala- nique et en se creusant en
périphérie il permet la formation du prépuce. Les bourrelets génitaux se soudent eux aussi sur la ligne médiane
(raphé scrotal) et donnent le scrotum qui logera les testicules.

Figure G7 : Développement des organes génitaux externes masculins

4. LE DÉTERMINISME DE LA DIFFÉRENCIATION SEXUELLE

La détermination génétique du sexe est un fait de hasard. Le sexe génétique est définitivement établi dès le
stade initial d’œuf fécondé: 46, XX ou 46, XY. C’est la présence ou l’absence du chromosome Y, et non le
nombre de chromosomes X, qui détermine le sexe d’un individu.
Suite à la détermination génétique du sexe, la différenciation sexuelle recouvre l’ensemble des phénomènes
qui concourent à la réalisation des différences somatiques entre les deux sexes. Normalement, le sexe
phénotypique est en harmonie avec le sexe génétique.
Isolé en 1990, le gène SRY (Sex-determining Région of the Y) est conservé chez tous les mammifères. Il est
situé sur le bras court du chromosome Y. Ce gène code un facteur de transcription (SRY) de la famille des
protéines à boîte HMG. Les trois conséquences principales de l’expression du gène sont:
• d’entraîner l’expansion de la population cellulaire du blastème gonadique et de l’épithélium cœlomique,
pour former des cordons cellulaires qui s’organisent autour des gonocytes; les cellules se différencient ensuite
en cellules myoïdes (des cordons testiculaires), en cellules de Sertoli (à l’intérieur des cordons) et en cellules
de Leydig (dans le compartiment interstitiel);
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• de permettre l’expression de l’hormone anti-müllérienne (AMH), protéine de la famille des TGF- B,
sécrétée par les cellules de Sertoli et permettant la disparition des canaux de Müller chez l’homme;
• de permettre l’expression des enzymes de la voie de synthèse des stéroïdes dans les cellules de Leydig et
donc la synthèse de testostérone qui présidera à la persistance des canaux de Wolff.

Chez la femme, en l’absence de SRY, l’AMH et la testostérone ne sont pas sécrétées ; de ce fait, les canaux de
Wolff disparaissent et les canaux de Müller persistent. Le chromosome X est porteur d’un gène DAX-1 (an-
ciennement DSS) dont le rôle est d’inactiver SF-1, qui représente le chaînon crucial pour activer les gènes de
la différenciation masculine.
Chez l’homme, SRY aurait comme fonction d’inactiver le gène DAX-1 et donc d’empêcher l’inactivation par
celui-ci de SF-1. NB : SF-1 est un activateur des gènes de la différenciation masculine.
À l’inverse, chez la femme, l’absence d’inactivation de DAX-1 entraine l’inactivation de SF-1, fermant ainsi
la voie de l’activation des gènes de différenciation masculine.
De nombreux gènes sont exprimés au cours du développement de l’appareil génital, en particulier SOX-3,
SOX-8, SOX-9 (SRY-related genes), HOX D2, D3, D4, FAX 2, LIM-1, WT-1, SF-1 (Steroidogenic Factor-1)
membre de la superfamille des gènes codant pour les récepteurs aux hormones stéroïdes. L’invalidation
génique de SF-1 entraîne une agénésie complète des surrénales et des gonades chez les souris des 2 sexes.

Tableau : Diagramme de différenciation sexuelle

5. LES PRINCIPALES MALFORMATIONS DE L'APPAREIL GÉNITAL


5.1. Les malformations à caryotype anormal
5.1.1. Dysgénésies gonadiques
Elles sont dues à un vice de disjonction des chromosomes sexuels au cours de la gamétogenèse chez un des
parents,.
• Syndrome de Turner : formule chromosomique 45, X
En l’absence du chromosome Y, il n’y a pas de testicule ni de sécrétion androgénique: l’évolution du
tractus génital s’effectue dans le sens féminin. Les ovaires sont rudimentaires et les follicules ne se
développent pas. Le tractus génital reste infantile après l’âge de la puberté. Des malformations somatiques
associées sont constantes.
• Syndrome de Klinefelter : formule chromosomique 47, XXY
Les testicules sont hypotrophiques et les tubes séminifères hyalinisés ne contiennent pas la lignée
germinale. Mais le tissu interstitiel est présent. Le tractus génital est de type masculin mais infantile.
5.1.2. Hermaphrodismes vrais
Ils se caractérisent par la coexistence chez un même sujet de tissu gonadique mâle et de tissu gonadique
femelle. Selon le cas, on aura un ovaire d’un côté et un testicule de l’autre, un ovo-testis (gonade mixte) de
chaque côté ou un ovo-testis d’un côté et une gonade normale de l’autre. La nature des conduits génitaux
internes et l’aspect des organes génitaux externes sont variables d’un cas à l’autre; tous les intermédiaires sont
possibles entre le type masculin et le type féminin.

5.2. Les malformations à caryotype normal


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5.2.1. Pseudo-hermaphrodismes
Le sexe phénotypique est ici en contradiction avec le sexe génétique, mais contrairement aux
hermaphrodismes vrais, chaque individu ne possède qu’un seul type de tissu gonadique: testicules si le
caryotype est 46, XY, ovaires si le caryotype est 46, XX.
5.2.2. « Testicule féminisant »
Le phénotype féminin contraste avec le sexe chromosomique 46, XY masculin. Il n’y a pas d’ovaires, d’utérus
ni de trompes et les gonades présentes sont des testicules. Cette affection est due à une mutation dans le gène
codant le récepteur aux androgènes. Ainsi, le sujet atteint est insensible à ces hormones et la masculinisation
des voies génitales ne peut avoir lieu.
5.2.3. Hyperplasie corticosurrénale
Il s’agit d’une maladie métabolique par déficit enzymatique, frappant des sujets féminins à caryotype normal
(46, XX). Durant la vie fœtale et après la naissance, les glandes cortico-surrénales sécrètent une quantité
anormale d’androgènes responsables d’une masculinisation des organes génitaux externes. Le diagnostic
précoce permet un traitement médical qui peut faire régresser ou stopper le processus de masculinisation.

5.3. Les malformations isolées de l'appareil génital


5.3.1. Chez l'homme
• Agénésie des canaux déférents, uni ou bilatérale, par défaut de développement des canaux de Wolff.
• Troubles de la migration testiculaire : Normalement, à la naissance, les deux testicules sont en place
dans les bourses. Parfois la descente n’est pas terminée à la naissance et peut se poursuivre jusque vers l’âge de
deux ans. La migration du testicule peut s’arrêter en un point quelconque de son trajet normal (cryptorchidie)
ou s’effectuer selon un trajet anormal (ectopie testiculaire). Quel que soit le type le testicule n’est jamais
histologiquement normal.
• Troubles de la fermeture du canal péritonéo-vaginal : Le canal péritonéo-vaginal peut être par-
tiellement perméable (cause de hernies inguinales congénitales) ou n’être oblitéré qu’à sa partie supérieure
(hydrocèles congénitales). Si le défaut d’oblitération du canal se situe dans sa partie intermédiaire, il s’agira
d’un kyste du cordon.
Ces anomalies peuvent s’associer à un défaut de migration testiculaire.
• Hypospadias : La fermeture incomplète de la fente uro-génitale entraîne un abouchement anormal de
l’urètre à la face inférieure du pénis.

NB : Les pesticides pourraient entraver le déroulement de la différenciation sexuelle masculine et augmenter


le risque de malformations génitales chez le garçon (hypospadias, micro pénis, cryptorchidie).

5.3.2. Chez la femme


• Malformations de l’utérus et du vagin : L’édification de l’utérus et du vagin se fait en trois phases:
les canaux de Müller progressent vers l’ébauche vaginale venue du sinus. Puis les deux canaux fusionnent
pour donner les trompes et l’utérus. Enfin, la cloison médiane disparaît donnant une cavité unique. Chacun de
ces temps : développement des canaux, fusion, résorption, peut être perturbé et l’on peut observer des agé-
nésies bilatérales (absence congénitale de vagin et d’utérus) ou unilatérales (utérus unicorne), des défauts de
fusion réalisant des types variés d’hémi-utérus, des défauts de résorption de la cloison réalisant les utérus
cloisonnés. Ces malformations sont responsables de stérilité, d’interruption de grossesse à répétition et de
troubles de la menstruation. Des malformations urinaires sont fréquemment associées.
• Malformation de l’hymen : C’est l’imperforation hyménéale responsable de la rétention du sang
menstruel à la puberté. La vérification de la perméabilité hyménéale doit faire partie de l’examen de la petite
fille à la naissance.
• Hernie inguinale congénitale : Comme chez le garçon, un défaut d’oblitération du canal
péritonéo-vaginal peut donner chez la fille une hernie inguinale. Le diverticule péritonéal peut contenir de
l’intestin, mais aussi l’ovaire et la trompe. Le diagnostic clinique est facile devant une petite masse ferme,
visible et palpable, au-dessus et un peu en dehors de la grande lèvre. Le risque est l’étranglement herniaire. Le
traitement est chirurgical.

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Figures G7 : différentes malformations issues du développement et migration du testicule :

Figures G8: Anomalie de développement des voies génitales basses

Conclusion :

Le développement des organes génitaux, qu’il soit externes ou interne est un processus complexe qui, bien que
déterminé à la fécondation ne devient effectif que vers le deuxième mois. Les facteurs environnementaux tels
que les hormones y jouent un rôle important, avec cependant des risque d’anomalies malformatives ; d’où
l’intérêt d’en tenir compte au cours du suivi de la gestation.

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VI. DEVELOPPEMENT DE LA TETE ET DU COU
Plan :
Introduction
1) Appareil branchial (Appareil pharyngien)
2) Developpement de la face et du crâne
3) Développement des dents
4) Malformations
Conclusion

INTRODUCTION :
Le développement de la tête et du cou sont deux processus extrêmement liés et impliquant les trois feuillets
fondamentaux, mis en place au cours de la période embryonnaire. Le développement de l’appareil branchial
occupe une place importance dans le développement de la tête ainsi que des structures sous-jacentes. La
multitude de mouvements cellulaires lors de la mise en place des différents constituants de la tête et du cou a
pour conséquence la survenue de nombreuses malformations dans ces territoires.

1. L'APPAREIL BRANCHIAL (Appareil pharyngien)


Après la résorption de la membrane pharyngienne au niveau du stomodeum (espace séparant le massif facial
du reste de l'embryon), la partie céphalique de l'intestin antérieur (intestin pharyngien), en forme d’entonnoir,
communique par son extrémité large avec la cavité amniotique
Cet ensemble qui sera à l’origine de la cavité bucco-nasale se développe à la 4ème semaine par métamérisation
entre la tête et le cou et porte le nom d’appareil branchial, ainsi dénommée car il rappelle les fentes branchiales
des poissons et des amphibiens. Toutefois, les arcs branchiaux des mammifères, contrairement à ceux des
poissons et des amphibiens, ne forment jamais de véritables fentes.
Dans l’espèce humaine, la formation des arcs branchiaux se fait selon un gradient rostro-caudal qui permet
d’individualiser extérieurement quatre arcs branchiaux numérotés de 1 à 4 (le 4ème étant la fusion des deux
dernières 4 et 6, le 5ème axe n’existerait pas). L’analyse morphologique d’un embryon humain montre que les
trois premiers arcs sont faciles à identifier, tandis que les arcs caudaux sont extrêmement difficiles à séparer;
de ce fait, il nous paraît plus rationnel de décrire l’arc caudal comme l’arc 4-6.
1.1. Mise en place de la région branchiale
Les arcs branchiaux commencent à s’individualiser vers le 30ème jour (stade de 21 somites).
• La paroi de chaque arc branchial, comprend les trois feuillets primordiaux de dedans en dehors :
l’endoderme, le mésoderme et l’ectoderme de surface. Les cellules mésenchymateuses ont une double origine,
certaines proviennent des crêtes neurales (mésectoderme), d’autres du mésoderme céphalique ;
• les arcs sont séparés les uns des autres par la
membrane obturatrice, constituée par l’apposition
directe d’ectoderme de surface et d’endoderme sans
interposition de mésenchyme ;
• chaque arc branchial est centré par un gros
vaisseau qui est un des arcs aortiques ;
• vue de l’extérieur, chaque arc branchial est séparé
des arcs adjacents par une dépression (fente)
ectodermique, au nombre de trois ;
• au niveau endodermique, la limite est marquée par
une poche endodermique au nombre de cinq ;
• il est impossible de suivre avec certitude le de-
venir de chacun des arcs branchiaux.

Figure TC1 : coupe frontale de la région cervicale

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1.1.1. Les dérivés des poches branchiales (endodermiques)
Les poches endobranchiales sont à l'origine des formations lymphoïdes et de glandes endocrines.
• La 1ère poche se creuse, s'allonge et donne le récessus tubo-tympanique, à l'origine de la trompe
d'Eustache et de la caisse du tympan. Son extrémité rejoint le fond du 1er sillon branchial externe qui devient le
conduit auditif externe. Le tympan est une membrane résultant de l'accolement des feuillets endodermique et
ectodermique séparés par une fine couche de tissu conjonctif d'origine mésenchymateuse.
• La 2ème poche, peu profonde, donne un bourgeon qui s'enfonce et sera colonisé ultérieurement par des
cellules immunitaires, constituant de chaque côté, l'ébauche de l'amygdale palatine.
• La 3ème poche donne 2 bourgeons distincts: le bourgeon volumineux en avant, constitue l'ébauche
principale du thymus, qui se déplace vers la ligne médiane et le bas en direction caudale, pour rejoindre le
bourgeon controlatéral ; en arrière, le bourgeon plus petit, donnera l’ébauche parathyroïdienne inférieure.
• La 4ème poche donne 2 bourgeons : en arrière, l'ébauche de la parathyroïde supérieure, en avant
l'ébauche accessoire du thymus. Les ébauches du thymus se rejoignent sur la ligne médiane tout en migrant
caudalement vers la localisation définitive du thymus. La migration des ébauches thymiques entraînent celle
des ébauches parathyroïdiennes :
-celles de la 3ème poche se placent à la partie inférieure de la thyroïde
-celles de la 4ème poche se fixent à la partie supérieure de la thyroïde.
• La 5ème poche est rudimentaire, sans dérivés ultérieurs

1.1.2. Les dérivés des cellules du mésoderme céphalique


Ces cellules du mésoderme céphalique donnent naissance à des rhabdomyocytes. Chaque compartiment
innervé par un nerf crânien correspond à un compartiment embryologique :
• le 1er arc donne les muscles masticateurs (temporal, masséter, ptérygoïdien), le mylo-hyoidien, le
ventre antérieur du digastrique, le tensor palatini et tympani et le muscle du malléus. Le 1er arc est innervé par
la branche mandibulaire du trijumeau (V3).
• le 2ème arc branchial donnera les muscles de la mimique, le ventre postérieur du digastrique, muscle
stylo-hyoïdien, muscle de l'étrier ;
• le 3ème arc, innervé par le nerf glosso-pharyngien donnera le muscle stylo-pharyngien.
• le 4ème arc est à l'origine des muscles constricteurs du pharynx, le muscle élévateur du voile et le
muscle crico-thyroïdien. L'innervation est assurée par la branche laryngée supérieure du nerf vague (X) ;
• par ailleurs, les cellules mésodermiques des arcs branchiaux donnent naissance aux cellules
endothéliales des artères des arcs aortiques.
Tableau I : Artères dérivées des arcs aortiques
Arc aortique Dérivées
1er arc aortique Une partie de l’artère maxillaire
2ème arc aortique Artère stapédienne
3ème arc aortique artère carotide interne et artère carotide commune
4ème arc aortique à gauche à une portion de l’aorte thoracique
à droite à une portion de l’artère sous-clavière
5ème arc aortique canal artériel

1.1.3. Les dérivés des cellules issues de la crête neurale


• les cellules de Schwann, les neurones ganglionnaires crâniens, les neurones et cellules de la glie du
système entérique, et les mélanocytes,
1.1.4. Les dérivés des cellules de l'ectoderme de surface
Elles donnent naissance aux kératinocytes de la peau du cou.
Le 2ème arc branchial se développe considérablement au cours de l’embryogénèse et recouvre les arcs suivants
formant transitoirement un sinus épithélial qui est destiné à se combler. La persistance de ce sinus peut donner
naissance à des kystes congénitaux du cou.
1.1.5. La langue
La langue dérive de plusieurs bourgeons développés aux dépens de l’endoderme et le mésenchyme du plan-
cher des 4 arcs branchiaux.

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Les extrémités antérieures des arcs se développent vers l'avant et le bas et viennent à la rencontre d'une zone
triangulaire à base inférieure, le « champ mésobranchial ». Les extrémités ventrales des arcs, en s'accroissant
et en se rapprochant de la ligne médiane, le réduisent à une rainure en forme de « Y » renversé.
Les 2ème et 3ème arcs fusionnent sur la ligne médiane, en avant de l'orifice glottique.
Le plancher pharyngien bourgeonne et vers l'avant, apparaissent 2 saillies médianes, tuberculum impar en
avant et copula en arrière, ainsi que 2 bourgeons latéraux. Les bourgeons linguaux latéraux et le tuberculum
impar fusionnent pour former le corps de la langue.
Vers l'arrière, entre le tuberculum impar et la copula, le plancher pharyngien s'invagine et forme l'ébauche
thyroïde qui s'enfonce dans le mésenchyme, laissant une fossette, le foramen caecum.
La racine de la langue (la base) est à ce stade représentée par de petits tubercules saillant dans le plancher
postérieur du stomodéum au niveau des 3ème et 4ème arcs ; ils croissent rapidement et deviennent l’éminence
hypobranchiale.
Les différentes ébauches fusionnent vers le 40 ème jour dans le plancher stomodéal non encore cloisonné par le
palais secondaire. La fin de l'organogenèse de la langue a lieu vers le 50 ème jour. La langue emplit alors le
volume de la cavité stomodéale fermée en avant par le palais primaire.

Figures TC2 : Développement de la langue, coupe frontale, vue dorsale.


A partir de la fin du développement lingual, les afférences sensorielles de la totalité de la sphère orale débutent
leur colonisation centripète vers le tronc cérébral (jonctions axonales que contractent les fibres nerveuses des
ganglions crâniens avec les récepteurs tégumentaires).
Ce phénomène est conjointement associé au développement centrifuge des efférences motrices des nerfs
trijumeau, facial, glossopharyngien et pneumogastrique et de celles de la partie haute du rachis cervical qui
aboutissent à l'établissement d'une jonction myoneuronale dans la langue, les muscles masticateurs, les
muscles pharyngés et les muscles du cou.
Vers le 60ème jour embryonnaire, c'est au niveau de la sphère orale que les premières séquences motrices de
l'embryon sont visibles.
1.1.6. La thyroïde
La thyroïde naît à partir d’une invagination endodermique qui se développe caudalement par rapport au
tuberculum impar. Le développement embryologique de la glande thyroïde est initialement lié à celui du
massif lingual. Au 60ème jour, le foramen caecum correspond à l'ébauche épithéliale endodermique de la
glande thyroïde, à la jonction ectoderme-endoderme du futur «V lingual».
Au cours du 3ème mois, l'ébauche thyroïdienne s'invagine en profondeur et migre en laissant le canal
thyréo-glosse de Bochdalek, vestige de cette invagination qui, par apoptose, disparaît vers le 4ème mois.
L'ébauche thyroïdienne croise le mésenchyme chondrogénique de l'os hyoïde, puis passe devant les cartilages
thyroïde et cricoïde, et se stabilise sous forme d'une glande bilobulée réunie par un isthme à la hauteur des
2ème, 3ème et 4ème anneaux trachéaux. La persistance du reliquat embryonnaire du canal d'invagination
thyroïdien, peut être à l’origine de formations kystiques (du tractus thyréoglosse) ou des thyroïdes ectopiques.
Contrairement aux cellules folliculaires thyroïdiennes, les cellules C proviennent de la crête neurale.

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1.2. Contrôle moléculaire du développement des arcs branchiaux
Cette question a reçu de très nombreuses réponses ces dernières années. Quelques aspects de cette régulation
moléculaire sont décrits ci-dessous.
1.2.1. Les gènes Hox et le contrôle positionnel selon l'axe antéropostérieur
Les gènes Hox, homologues des gènes homéotiques de la drosophile, sont exprimés de façon différentielle par
les différents arcs branchiaux. L’identité positionnelle des cellules de la crête neurale qui forment ces
structures est acquise au cours de leur migration ce qui signifie qu’elle n’est donc pas déterminée lors de leur
formation dans le tube neural. On suggère donc qu’il existe des interactions entre les cellules migrantes de la
crête neurale et l’environnement non mésectodermique des arcs branchiaux. La nature de ces interactions reste
encore à définir.
1.2.2. Interactions tissulaires
Parmi les systèmes impliqués dans les interactions entre les différentes cellules qui peuplent les arcs
branchiaux, le système de l’endothéline et son récepteur sont impliqués dans le contrôle de la prolifération des
cellules de la crête neurale par l’environnement dans lequel ces cellules migrent.
1.2.3. Rôle du signal FGF8 dans la morphogénèse du premier arc branchial
Chez la souris, FGF8 est exprimé de façon dynamique au cours du développement du 1er arc branchial.
D’abord, il est exprimé à faible niveau de façon diffuse par l’ectoderme de surface ; puis, son expression
s’amplifie et se restreint à l’ectoderme rostral ; enfin, lorsque le 1er arc branchial donne naissance aux bour-
geons mandibulaire et maxillaire, FGF8 est exprimé par l’ectoderme de la cavité orale. L’invalidation du gène
codant FGF8 entraîne un défaut de gastrulation et une léthalité précoce. On peut donc subdiviser le 1er arc
branchial en une région dont le développement dépend de FGF8 et une région indépendante de FGF8.
1.2.4. Acquisition de la polarité proximo-distale du 1er arc branchial
Les dents se développent sous l’action d’interactions croisées complexes entre l’ectoderme de surface et le
mésectoderme. Le mésectoderme qui est à l’origine de la formation des molaires exprime le gène Barxl alors
que celui qui est à l’origine des incisives exprime Msxl. Il existe un contrôle génétique très précis des polarités
proximo-distales qui est variable selon la région de l’arc branchial.

2. DEVELOPPEMENT DE LA FACE ET DU CRÂNE


La face et le crâne forment un ensemble embryologique qui peut être subdivisé en deux grands secteurs:
• le neuro-crâne, subdivisé en : voûte du crâne (dermato-crâne) et base du crâne (chondro-crâne).
• le viscéro-crâne (ou splanchno-crâne)
Ces trois composants élémentaires représentent de véritables unités dont les régulations cellulaires et
moléculaires diffèrent.
2.1. Mise en place précoce de la région crânio-faciale
a) Origine des cellules constituant la région cranio faciale :
Ces cellules dérivent de plusieurs foyers embryonnaires :
• l’ectoderme de surface à l’origine de l’épiderme ;
• le mésoderme para axial à l’origine du tissu conjonctif, des rhabdomyocytes et cellules endothéliales
• la plaque pré-chordale, qui peut donner les rhabdomyocytes
• la crête neurale céphalique à l’origine des cellules mésectodermiques.
b) Trajet de migration des cellules
Les cellules de la crête neurale migrent dans la matrice extra-cellulaire (MEC) de l’embryon ; leur arrêt dans
un territoire dépend d’un mécanisme encore inconnu au plan moléculaire. Une fois à destination, les cellules
interagissent avec les tissus avoisinants et se différencient en cellules adéquates.
On décrit plusieurs courants migratoires : .
• un courant caudal qui migre vers la région du 1er arc branchial formant des dérivés de cette région.
• d’autres migrent et forment un feuillet intermédiaire entre l’ectoderme de surface et le neurectoderme du
tube neural (TN).
• Après avoir recouvert l’extrémité rostrale du TN, les cellules se divisent en deux courants passant en
avant et en arrière de la vésicule optique qui est issue du diencéphale.
• Les deux courants rostraux droit et gauches se rejoignent et forment le bourgeon naso-frontal qui
progresse vers l’avant pour se partitionner du fait de la présence de placodes olfactives formant ainsi, un
courant nasal interne et un courant nasal externe. (voir schéma)

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2.2. Développement du neuro-crâne
2.2.1. Le dermato-crâne ou voûte du crâne
La voûte du crâne est formée d’os superficiels qui s’ossifient directement à partir d’un tissu mésenchymateux ;
on parle d’ossification endoconjonctive ou endomembraneuse. Les cellules dérivent de la crête neurale (CN)
et du mésoderme (cas de l’os pariétal). Les structures osseuses de cette région sont donc induites par le TN et
l’ectoderme de surface. Les centres d’ossification se forment et restent séparés les uns des autres par des zones
mésenchymateuses dont les cellules sont hautement prolifératives. Ces zones constituent les sutures. Les
récepteurs des FGF jouent un rôle majeur dans ce processus d’ossification.
2.2.2. Le chondro-crâne
Le chondro-crâne constitue la base du crâne qui se met en place sous forme d’une ébauche cartilagineuse qui
s’ossifiera secondairement. La base du crâne contient de nombreux os dont la partie sous-tentorielle de l’os
occipital. Au contraire, la partie sus-tentorielle de l’os occipital (appelé aussi os interpariétal) fait partie de la
voûte du crâne.
Le chondro-crâne peut être subdivisé en deux régions selon ses rapports avec la notochorde. La notochorde se
termine au niveau de la selle turcique, dans laquelle est logée l’hypophyse. La région du chondro-crâne située
en avant de la notochorde forme la partie achordale de la base du crâne qui dérive des cellules de la CN.
La partie en rapport avec la notochorde forme le squelette chordal du chondro-crâne. Le centre organisateur et
inducteur de la partie achordale est représenté par la plaque pré- chordale, alors que la notochorde représente
la région organisatrice de la partie chordale.

2.3. Développement de la face


La face forme le viscéro-crâne dont les rapports avec l’appareil viscéral sont primordiaux. Les structures
osseuses de la face proviennent quasi-exclusivement de la CN. Il existe des interactions très importantes entre
les tissus faciaux, si bien que les os se développent en se moulant sur les structures déjà existantes. Ainsi, la
cavité orbitaire se forme par induction à partir du globe oculaire. De même, la capsule otique se forme par
induction à partir de la vésicule otique. Cette induction est assurée par la molécule sécrétée BMP4. Le
squelette facial dérive des courants migratoires formant cinq bourgeons:
a) Le bourgeon frontal, impair et médian, est soulevé par l’extrémité céphalique du TN avec le
neuropore antérieur en cours de fermeture, il constitue le plafond du stomodéum et présente de chaque
côté, la placode olfactive, qui se développe pendant la 4ème semaine.
b) Les deux bourgeons mandibulaires, qui prolongent les extrémités ventrales des 1er arcs branchiaux de
chaque côté, se rejoignent sur la ligne médiane et fusionnent sur la ligne médiane: ils seront à l'origine du
menton dont la saillie s’accentue progressivement, de la lèvre inférieure et de la partie inférieure des joues. Ils
constituent le plancher du stomodéum.
c) Les deux bourgeons maxillaires correspondent aux processus maxillaires, issus des extrémités
dorsales du 1er arc branchial de chaque côté; ils limitent latéralement le stomodéum et s’insèrent
entre le bourgeon frontal et les bourgeons mandibulaires. Ces bourgeons confluent pour former la future face.
Une absence de fusion des bourgeons conduit à la présence d’une fente séparant les deux ébauches. Le
maxillaire supérieur provient de la fusion du bourgeon naso-frontal qui forme le philtrum médian et des
bourgeons maxillaires issus du 1er arc branchial.

Figure TC3 : schémas de développement de la face (Hamilton, Boyd et Mossman)

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Figure TC4 : développement de la face (Hamilton, Boyd et Mossman)

Ces bourgeons faciaux sont séparés les uns des autres par des sillons faciaux.

2.4. Modelage externe de la face


2.4.1. Disparition des sillons faciaux
Les sillons faciaux disparaissent grâce à deux phénomènes :
• en surface, la soudure des épithéliums des bourgeons qui s'affrontent;
• en profondeur, la confluence des masses mésoblastiques qui fusionnent.
2.4.2. Formation du nez
Au début de la 5ème semaine, les placodes olfactives apparues auparavant, s’invaginent en cupules olfactives
puis en gouttières olfactives. A ce stade, le stomadeum (bouche primitive) devient la cavité bucco-nasale. Au
fur et à mesure de la formation des gouttières olfactives, le mésoblaste de ces gouttières prolifère pour former
4 bourgeons faciaux secondaires (2 bourgeons nasaux internes et 2 bourgeons nasaux externes) et 4 sillons
faciaux secondaires :
- 2 sillons oro-nasaux entre les bourgeons maxillaires supérieurs et les bourgeons nasaux internes
- 2 sillons orbito-nasaux entre les bourgeons maxillaires superieurs et les bourgeons nasaux externes.
Lors de la formation du nez, les bourgeons nasaux internes prolifèrent dans un plan médian et se soudent pour
former un massif plein, le massif médian. Les bourgeons nasaux externes prolifèrent et s’unissent avec les
bourgeons maxillaires supérieurs pour former deux massifs externes. Par la suite, les massifs externes et le
massif médian fusionnent pour créer le seuil narinaire.

2.5. Modelage interne de la face


2.5.1. Formation du palais
La formation de la voûte palatine a une importance considérable dans l'évolution. A l'origine, chez les
vertébrés, l'olfaction était localisée dans des "sacs olfactifs" indépendants des voies respiratoire et digestive.
Puis, une communication -le "choane primitif"- est apparue entre les sacs olfactifs et l'oro-pharynx, ce qui a
permis chez les 1ers quadrupèdes, dès leur sortie de l'eau, à la voie respiratoire de se séparer de la voie
digestive.
Chez l’humain, le palais est constitué de 2 parties : le palais primaire dans la partie antérieure, et le palais
secondaire dans la partie postérieure.
• Le palais primaire ou processus incisif, est de forme triangulaire à base antérieure. Il s’agit de la
composante profonde du massif médian.
• Le palais secondaire se forme à partir de trois ébauches :
- une ébauche sagittale provenant du bourgeon frontal et qui va former le septum nasal séparant les deux
fosses nasales.
- Deux ébauches latérales provenant des bourgeons maxillaires supérieurs et correspondent aux processus
palatins.
Les processus palatins prolifèrent dans un plan horizontal et se rejoignent sur la ligne médiane au cours des
8ème et 9ème semaines du développement. Leurs bords antérieurs fusionnent en avant avec le bord postérieur du

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palais primaire, entrainant la séparation entre fosses nasales et cavité buccale. Il persiste un orifice provisoire
de communication, le canal palatin antérieur, à la jonction entre les processus palatins et le palais primaire.

Figure TC5 : Schémas de développement du palais.


2.5.2. Le développement du cou
Il est dépendant de l’évolution des poches endobranchiales.
• La 1ère poche se creuse, s'allonge et donne le récessus tubo-tympanique, à l'origine de la trompe
d'Eustache et de la caisse du tympan. Son extrémité rejoint le fond du 1er sillon branchial externe qui devient
le conduit auditif externe. Le tympan est une membrane résultant de l'accolement des feuillets endodermique
et ectodermique séparés par une fine couche de tissu conjonctif d'origine mésenchymateuse.
• La 2ème poche, peu profonde, donne un bourgeonnement qui s'enfonce dans la profondeur ;
ultérieurement, ce bourgeon sera colonisé par des cellules immunitaires, constituant de chaque côté, l'ébauche
de l'amygdale palatine.
• La 3ème poche donne 2 bourgeons : en avant, le bourgeon volumineux ➔ l'ébauche principale du
thymus, qui migre vers la ligne médiane et le bas en direction caudale, pour rejoindre le bourgeon
controlatéral ; en arrière, le bourgeon plus petit ➔ ébauche parathyroïdienne inférieure.
• La 4ème poche donne 2 bourgeons : en arrière, l'ébauche parathyroïde supérieure, en avant l'ébauche
accessoire du thymus.
• La 5ème poche est rudimentaire, sans dérivés ultérieurs

NB : Les ébauches du thymus se rejoignent progressivement sur la ligne médiane tout en migrant caudalement
pour atteindre la partie supérieure du thorax, localisation définitive du thymus.
La migration des ébauches thymiques entraînent celle des ébauches parathyroïdiennes :
-celles de la 3ème poche se placent à la partie inférieure de la thyroïde
-celles de la 4ème poche se fixent à la partie supérieure de la thyroïde.

3. DÉVELOPPEMENT DE LA DENT
3.1. Mise en place des ébauches dentaires :
• 6ème semaine : Une crête épidermique en forme de « U »appelé lame dentaire apparait au niveau des
machoires superieure et inferieure ;
• 7ème mois, les lames dentaires se fragmentent en une dizaine de centres de prolifération ectodermiques
séparé les uns des autres qui s’enfoncent en profondeur dans le mésoderme.
Le mésectoderme sous-jacent se condense au contact de chaque centre de prolifération, formant avec celui-ci
le bourgeon dentaire ;
3.2. Stade de Chape :
8ème semaine, des influences issues de l’épiderme ordonnent à la condensation mésenchymateuse
d’envahir la base de l’excroissance de la lame dentaire, donnant naissance à un petit relief mamelonné du
mésenchyme, la papille dentaire : c’est le stade de chape et la partie de la lame dentaire en forme de coiffe
se condense pour former le sac dentaire.

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Figure TC6 : Mise en place des bourgeons dentaires

3.3. Stade de cloche


• A la 10ème semaines, la papille s’est invaginé profondément dans la lame dentaire, réalisant le stade de la
cloche (la lame dentaire ressemble à une cloche posée sur la papille).
la lame dentaire, superficiellement à chaque bourgeon dentaire, produit un petit diverticule qui migre vers
la base du bourgeon de dent primaire pour devenir celui de la dent secondaire (permanente).
Par ailleurs, les cellules les plus externes de la papille dentaire s’organisent en odontoblastes qui forment
une couche adjacente à l’épithélium adamantin interne.
• Au cours du 7ème mois, ces odontoblastes commencent à élaborer la pré-dentine, qui se calcifie
progressivement par la suite pour devenir la dentine. Le dépôt de pré-dentine débute à la jonction avec
l'épithélium adamantin interne et se poursuit vers l’intérieur, au fur et à mesure que la dentine se constitue,
mais les odontoblastes laissent derrière eux de longs prolongements (les processus odontoblastiques) qui
s’étendent sur toute l’épaisseur de la dentine. Le mésenchyme intérieur de la papille devient la pulpe de la
dent.
• La lame dentaire se différencie pour donner l’organe de l’émail (organe adamantin), contitué de trois
couches, avec un épithélium adamantin interne, recouvrant la papille dentaire, une couche moyenne ou
réticulum étoilé qui a des cellules d'aspect étoilé, dispersées dans une MEC, et un épithélium adamantin
externe. Dès que la dentine minéralisée est formée, les cellules de l’épithélium adamantin interne se
différencient en adamantoblastes qui débutent la sécrétion, entre eux et la dentine, de prismes d’émail en
forme de bâtonnets. Il est admis que la production de dentine minéralisée est nécessaire à la sécrétion d’émail
par les adamantoblastes.
NB : Les bourgeons des molaires permanentes, qui n’ont pas de précurseurs dans la dentition de lait,
apparaissent pendant la vie postnatale, à partir d’une extension, en forme de crayon, de la lame dentaire qui se
creuse vers l’arrière, dans la partie postérieure de la mâchoire, à partir des bourgeons dentaires primaires les
plus postérieurs.

Figure TC7 : Stade de cloche

3.4. Dents de lait et dents permanentes


• Les vingt bourgeons dentaires donnent directement les premières dents (déciduales ou de lait) qui
comprennent, dans chaque demi mâchoire, deux incisives, une canine et deux prémolaires.

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La dentition complète de l’homme comprend 32 dents, avec les trois molaires, mais la troisième de celles-ci
(dent de sagesse) peut souvent être absente ou ne pas faire éruption.
• Les racines des dents commencent à se former à la fin de la vie fœtale et peu après la naissance. À la
base de la couronne, la confluence des épithéliums adamantins externe et interne s’allonge pour constituer le
manchon épithélial de la racine. À l’intérieur de celui-ci, le mésenchyme se différencie en odontoblastes
producteurs de dentine. Chaque racine contient un canal étroit rempli de pulpe dentaire, par lequel les nerfs
ainsi que les vaisseaux sanguins entrent dans la racine.
Les racines des dents sont contenues dans des extensions du sac dentaire mésenchymateux. Les cellules
internes de cette portion du sac dentaire se différencient en cémentoblastes qui déposent une couche de cément
; celui-ci recouvre la dentine de la racine. Au niveau du collet de la dent, le cément rencontre l’émail en une
jonction émail-cément. Les cellules les plus externes du sac dentaire participent à la formation du tissu osseux
lorsque les mâchoires s’ossifient ; elles forment également le ligament périodontique qui attache la dent à
l’alvéole.

Figures TC8 et T9 : Eruption dentaire

L’éruption des dents de lait, qui commence environ six mois après la naissance, est due à l’allongement
des racines. Les dents mandibulaires apparaissent généralement avant les correspondantes du maxillaire. La
dentition primaire est habituellement complète à deux ans. Aux environs de 6 à 8 ans, les dents de lait
commencent à tomber et à être remplacées par les dents permanentes.
3.5. Facteurs favorisant le développement des dents
Des études expérimentales suggèrent que la formation des dents de lait est favorisée par la vitamine D3 et que
la morphologie spécifique de chaque couronne dentaire est contrôlée par des interactions avec le mésenchyme
environnant.
3.6. Anomalies de développement des dents
La formation de l’émail ou de la dentine peut être perturbée par un certain nombre d’affections congénitales
comme l’amélogenèse imparfaite et la dentinogenèse imparfaite. Des travaux ont montré que ces troubles sont
le résultat de mutations dans les gènes régulateurs ou structuraux impliqués dans la synthèse de l’émail ou de
la dentine. Une combinaison d’études génétiques, moléculaires et développementales promet d’apporter de
rapides progrès dans le diagnostic et le traitement de ces états.

4. MALFORMATIONS
4.1. Les malformations de la face
Elles sont plus fréquentes et sont secondaires à un défaut de coalescence des bourgeons (environ 1/1000
naissances)
• fente labiale ou « bec de lièvre » uni ou bilatérale n’atteignant que la lèvre supérieure
• fente labio-alvéolaire (jusqu'au canal palatin antérieur) portant aussi sur l’arcade dentaire
• fente palatine : absence de fusion des processus palatins
• fente labio-alvéolo-palatine (association des malformations précédentes)
• colobome : fente persistante allant de l’orbite à la région nasale
Ces malformations peuvent être isolées mais il est important de rechercher des malformations et/ou des
anomalies chromosomiques associées

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Figures TC 10 : Variétés de fentes labio-palatines

4.2. Les malformations du crâne


Les plus fréquentes sont les craniosténoses (1/ 2000 naissances) fusion prématurée des sutures souvent
associée à une atrophie cérébrale et à des déformations du crâne secondaires à un asynchronisme de
l’ossification des sutures. Elles peuvent être isolées ou associées à des malformations de la face et des
extrémités (facteurs génétiques).

4.3. Les autres malformations sont plus rares


(souvent liées à des anomalies du développement du système nerveux central)
• agénésie du bourgeon frontal plus ou moins sévèrecyclopie (un seul globe oculaire et une seule cavité
orbitaire sur l’axe médiane
• arhinencéphalie (absence de développement du lobe olfactif)
• agénésie du septum nasal
• cyclopie (un seul globe oculaire et une seule cavité orbitaire sur l’axe médiane
• arhinencéphalie (absence de développement du lobe olfactif)
• agénésie du septum nasal
• syndrome du premier arc branchial : malformations complexes résultant d'une évolution anormale
des dérivés du premier arc dont l'expression la plus commune est l'hypoplasie mandibulaire associée parfois
des malformations de l'œil et de l'oreille externe.

Conclusion :
Le développement de la tête et du cou est un processus complexe impliquant les trois feuillets embryonnaires.
Il met en jeu des interaction tissulaires, des mouvements cellulaires une fusion d’ébauches tissulaires et
d’apoptose. Il en résulte des conséquences parmi lesquelles les nombreuses malformations.

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VII. DEVELOPPEMENT DES MEMBRES
Plan :
Introduction
1) Origine embryologique des tissus constituant le membre
2) Processus de développement des membres
3) Malformations des membres
Conclusion

Introduction :
Chez les tétrapodes, les membres se forment selon une séquence rostro-caudale. Ainsi chez l’être humain, les
premiers bourgeons de membre à se développer sont ceux des membres supérieurs. au 24ème jour de gestation,
alors que les bourgeons des membres inférieurs commencent à apparaître au 25ème jour.

1. ORIGINE EMBRYOLOGIQUE DES TISSUS CONSTITUANT LE MEMBRE


Le membre est embryologiquement complexe car les tissus dérivent de plusieurs feuillets embryonnaires.
• L’épiderme dérive de l’ectoderme de surface;
• les mélanocytes cutanés ainsi que les cellules de Merkel proviennent des cellules de la crête neurale ;
• les cellules de Langerhans cutanées proviennent des foyers hématopoïétiques ;
• Les somites donnent les cellules endothéliales des vaisseaux, les cellules osseuses et cartilagineuses et les
rhabdomyocytes ;
• les autres tissus conjonctifs du membre proviennent de la somatopleure ;
• l’innervation est assurée par les cellules de la crête neurale pour les éléments sensoriels et par les axones
des motoneurones pour les éléments moteurs.

2. PROCESSUS DE DÉVELOPPEMENT DES MEMBRES


2.1 Induction de la formation du membre
Le premier temps est l’induction par les cellules mésodermiques d’une spécialisation ectodermique appelée
bourrelet ectodermique apical dont les cellules constituent un véritable centre organisateur de la pousse du
membre. Ses cellules sont reliées entre elles par des jonctions communicantes.
Le mécanisme est peu connu ; sous l’action du facteur WNT, le mésenchyme en regard du futur membre
sécrète le FGF 10 ; celui-ci agit sur l’ectoderme indirectement pour entraîner l’expression de FGF8 par les
cellules du futur bourrelet.
2.2 Croissance proximo-distale du membre
• La croissance proximo-distale du membre est assurée par le bourrelet ectodermique apical. Les éléments
proximaux sont mis en place avant les éléments distaux. Ainsi, une excision du bourrelet ectodermique apical,
entraine un arrêt croissance du membre qui se développe de façon tronquée. De plus, lorsque la distance entre
les cellules mésenchymateuses et le bourrelet ectodermique apical augmente, ces cellules mésenchymateuses
ne sont plus sous l’influence de FGF8 produit par le bourrelet. La taille de la zone de progression serait de
l’ordre de 300 micromètres.
• Les gènes homéotiques jouent un rôle majeur dans ce contrôle. Les résultats les plus récents montrent que
les paralogues 9, 10, 11 et 13 des gènes OXE jouent un rôle dans le contrôle de l’identité proximo-distale. Les
paralogues 9 et 10 jouent un rôle dans le contrôle de l’humérus. Les paralogues 10 interviennent dans celui de
la mise en place du fémur. Les paralogues 11, dans celui de la mise en place des segments intermédiaires
(respectivement avant-bras et jambe). Enfin, les paralogues du complexe 13 contrôlent la mise en place des
mains et des pieds.
2.3 Développement de l'axe rostro-caudal
Des expériences ont montré qu’il existe une zone capable de polariser le membre selon l’axe rostro-caudal.
Cette zone est dite à activité polarisante; elle sécrète le morphogène sonic hedgehog. Sonic hedgehog (est le
produit du gène SHH) qui est exprimé dans le mésenchyme postérieur et dorsal. Ainsi, la zone d’activité
polarisante produit le morphogène sonic hedgehog qui diffuse, créant un gradient de concentration à partir de
cette zone d’activité polarisante. Plus, une cellule est proche de la zone d’activité polarisante, plus la
concentration de sonic hedgehog est élevée. Dans ces conditions, le développement conduira à la formation
d’une structure caudale (par exemple le cinquième doigt).
En réalité, de nombreuses molécules coopèrent avec sonic hedgehog pour conduire à la mise en place de l’axe
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antéro-postérieur dans le membre.
Ainsi, sonic hedgehog joue un rôle au sein d’un véritable réseau moléculaire contenant les BMPs, les
anti-BMPs, les FGF, etc.
2.4 L'axe ventro-dorsal
Une fois la pousse du bourgeon de membre effectuée, c’est l’ectoderme de surface qui conduit à la polarisation
ventro-dorsale du mésenchyme. En effet, si l’on inverse la polarité ventro-dorsale de l’ectoderme, on inverse
la polarité du mésenchyme. Cette polarisation peut être mise en évidence par une expression asymétrique par
l’ectoderme des molécules WNT7a et EN1. WNT7a est exprimé par l’ectoderme dorsal alors que EN1 est
exprimé par l’ectoderme ventral. L’action de WNT7a sur le mésenchyme sous-jacent est d’induire
l’expression de LmxlB, facteur dorsalisant du mésenchyme. De plus, WNT7a agit sur la sécrétion de sonie
hedgehog, la limitant dans la partie dorsale du domaine caudal.
Tout récemment, il a été montré que la polarisation ventro-dorsale de l’ectoderme était sous la dépendance
initiale du mésoderme sous-jacent. Ainsi, le somite induit une dorsalisation alors que les lames latérales et la
pièce intermédiaire induisent une ventralisation.
2.5 Morphogenèse des membres
La morphogenèse des membres supérieurs se déroule de la 4e à la 8e semaine de développement. C’est au
cours de ces étapes que se met rapidement en place leur anatomie.
Au 33e jour, la palette de la main est formée par un renflement mésenchymateux à l’extrémité du bourgeon (a).
Au cours des quatre semaines suivantes, l’anatomie du membre se mettra intégralement en place, avec une
main achevée à la 8e semaine.
Au 33e jour, le bourgeon du membre s’est allongé dans un plan frontal. À son extrémité, la palette de la
main est formée. Elle apparaît sous la forme d’une condensation aplatie et évasée. L’avant-bras, le bras et
l’épaule sont également reconnaissables.
Au 38e jour, cette palette s’organise en une région carpienne et une plaque digitale où les rayons digitaux
coalescents apparaissent sous forme d’épaississements radiaires.
Au cours de la 5e semaine, un processus d’apoptose va progressivement sculpter les espaces
interdigitaux au sein de zones radiaires. Ainsi s’individualisent les métacarpiens et les phalanges. Cette
apoptose est induite par des molécules de la famille BMP en coopération avec des molécules de la famille
FGF, TGFß et l’acide rétinoïque. En l’absence d’apoptose, les doigts restent reliés entre eux par une structure
membraneuse réalisant une syndactylie.
Au 47ème jour, la racine du bourgeon du membre subit une flexion horizontale qui le réoriente d’une
position initiale frontale vers un plan para-sagittal. Les membres subissent alors un mécanisme de torsion
externe accompagnant la migration caudale de la ceinture scapulaire, de sorte que la face ventrale initiale du
bourgeon devient sa face crâniale. Le coude qui fléchit progressivement fait alors saillie en direction caudale.
Cette rotation, moins marquée qu’au niveau des membres inférieurs, a pour conséquence de tordre, en spirale,
le plan de segmentation de l’innervation sensitive
Des mécanismes de torsion axiale externe de la racine du membre supérieur (et de torsion médiale du
membre inférieur), prenant place au cours de la 6e semaine, s’accompagnent de la torsion des plans de
segmentation de l’innervation sensitive. Ces mouvements permettent également de placer le pouce en dehors
et le pli de flexion du coude en avant, alors qu’au membre inférieur, la torsion médiale place le pli de flexion
du genou en arrière.
Toutefois, la mise en place des patrons musculaires et osseux complexes qui existent au niveau du membre
n’est pas parfaitement expliquée. Il reste de nombreuses données fondamentales à trouver.

Figure DM 1 : rotation des membres au cours du développement

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3 DEVELOPPEMENT DU SQUELETTE ET DES MUSCLES DES MEMBRES

3.1 Développement des os et articulations des membres


3.1.1 Les deux types d’ossification
On distingue deux types d’ossification. L’ossification à partir du tissu conjonctif commun immature appelée
ossification de membrane ou ossification endoconjonctive qui concerne essentiellement la clavicule ;
l’ossification à partir d’une ébauche cartilagineuse, appelée ossification endochondrale. Cette dernière
concerne tous les os des membres et des ceintures (squelette appendiculaire).
3.1.2 Etapes d’ossification endochondrale :
3.1.2.1 Chondrification

Vers la cinquième semaine, le long du grand axe du bourgeon de membre le mésenchyme (somatopleure) se
condense sous forme d’un bâton. En réponse à des facteurs de croissance, les chondrocytes (cellules du
cartilage) se différencient à l’intérieur du mésenchyme et commencent à sécréter des molécules de matrice
extracellulaire du cartilage (collagène, protéoglycanes).
Dans les membres en croissance, la phase initiale de la chondrification consiste en un dépôt de cartilage autour
de l’ensemble de la condensation mésenchymateuse axiale. Cette enveloppe cartilagineuse est appelée
périchondre.
La chondrification ultérieure se limite aux sites des futurs os où elle est responsable de l’apparition d’un
modèle (ébauche) de chaque os constitué essentiellement de cartilage hyalin non vascularisé.
Dans les interzones correspondant aux futures articulations — le mésenchyme se différencie en tissu fibreux.

Figure DM 2 : Chondrification

3.1.2.2 Ossification primaire


a) Le processus d’ossification primaire débute dans une région appelée centre d’ossification primaire
(COP). Normalement non vascularisé, c’est la pénétration d’un vaisseau sanguin dans l’ébauche osseuse qui
déclenche l’apparition du COP. Tout d’abord, les cellules mésenchymateuses du périchondre se différencient
en ostéoblastes (cellules osseuses), en réponse à des facteurs de croissance du type TGF- p. Ces cellules
sécrètent la matrice osseuse minéralisable par des sels calcaires et forment une virole osseuse primaire autour
de la circonférence de l’os. Cette virole s’épaissit lorsque les ostéoblastes se différencient à partir des couches
de plus en plus périphériques du périchondre. Des cellules, appelées ostéoclastes, qui détruisent l’os déposé
antérieurement, font également leur apparition en vue de remodeler l’os en croissance. Ce remaniement
osseux est continuel pendant la période de croissance et au cours de la vie adulte. L’ossification s’étend
également, depuis le COP vers les extrémités de l’ébauche, et le noyau cartilagineux inclus dans la virole
osseuse primaire commence également à se transformer pour constituer un réseau trabéculaire osseux.
Peu après le début de l’ossification, l’os en formation est envahi par de nombreux vaisseaux qui se
raccordent au réseau du membre. L’un d’eux devient par la suite prépondérant ; c’est l’artère nourricière de
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l’os.
b) À la naissance, les diaphyses ou fûts des os des membres (comprenant une virole osseuse et un centre
trabéculaire) sont complètement ossifiées alors que les extrémités des os, les épiphyses, sont encore
cartilagineuses.
c) Après la naissance, des centres d’ossification secondaires (CAS) se développent dans les épiphyses
qui s’ossifient progressivement à leur tour. Cependant, une bande de cartilage, le cartilage de croissance,
persiste entre l’épiphyse et l’extrémité en croissance de la diaphyse (métaphyse). La prolifération continue des
chondrocytes dans cette plaque cartilagineuse permet à la diaphyse de s’allonger.
d) Finalement, lorsque la croissance du corps est achevée, vers l’âge de 20 ans, les épiphyses et les
diaphyses fusionnent.

La plupart des os des membres se forment entre la cinquième et la douzième semaine


• Le mésenchyme axial des bourgeons des membres commence par se condenser au cours de la
cinquième semaine..
• À la fin de la cinquième semaine, la portion condensée du mésenchyme axial, à l’origine du squelette
proximal du membre (la scapula et l’humérus, dans le membre supérieur ; les os de la ceinture pelvienne et le
fémur, dans le membre inférieur) est bien isolée.
• Au début de la sixième semaine, le précurseur mésenchymateux du squelette distal est individualisé
dans les membres supérieurs et inférieurs et la chondrification s’installe au niveau de l’humérus, de l’ulna et
du radius.
• À la fin de la sixième semaine, le carpe et les métacarpiens commencent également leur
chondrification. Dans le membre inférieur, le fémur le tibia et, dans une moindre mesure, la fîbula, subissent la
chondrification vers le milieu de la sixième semaine ; le tarse et les métatarsiens font de même vers la fin de la
même semaine.
Au début de la septième semaine, tous les os du membre supérieur, à l’exception des phalanges dis tales des
doigts deux à cinq, sont en voie de chondrification. À la fin de la septième semaine, les phalanges distales
subissent également la chondrification comme c’est le cas de tous les os du membre inférieur sauf pour les
phalanges de la rangée distale. Celles-ci ne seront pas mises en place avant la huitième semaine.
• Les COP de la plupart des os des membres apparaissent entre la septième et la douzième semaine. Au
début de la septième semaine, l’ossification a commencé dans la clavicule ; elle entreprend ensuite l’humérus,
puis le radius et l’ulna, à la fin de la septième semaine. Elle débute dans le fémur et le tibia au cours de la
huitième semaine. Dans le courant de la neuvième semaine, la scapula et l’ilium commencent à s’ossifier ;
dans les trois semaines suivantes, c’est le cas des métacarpiens, des métatarsiens, des phalanges distales, des
phalanges proximales et, enfin, des phalanges moyennes. L’ischium et le pubis débutent leur ossification,
respectivement, au cours de la quinzième et de la vingtième semaine alors que le calcanéus n’est entrepris
qu’aux environs de la seizième semaine. Certains os du carpe et du tarse ne s’ossifient pas avant la jeune
enfance.
3.1.2.3 L’ossification secondaire
C’est un processus d’ossification aboutissant au remplacement de l’os primaire par un tissu osseux lamellaire
plus solide, mieux organisé, appelé os Haversien. Ce processus qui survient plutard après la naissance ne sera
pas abordé dans ce cours.

3.1.3 Développement des articulations


Les articulations des membres se forment à partir des interzones mésenchymateuses. Le mésenchyme des
interzones entre les ébauches osseuses en voie de chondrification se différencient en tissu fibroblastique (tissu
conjonctif indifférencié).
Ce tissu se partage ensuite en trois couches : un enduit cartilagineux sur chacune des extrémités de la future
articulation, uni aux ébauches osseuses adjacentes, et une couche centrale de tissu conjonctif dense, à l’origine
des éléments internes de l’articulation.

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Figure DM 2 : Développement des articulations de type diarthrose.

Cette dernière couche se condense, sur les versants proximal et distal, pour donner naissance au tissu synovial
qui bordera la future articulation. Sa portion centrale donne les ménisques et les ligaments intra-articulaires,
comme les ligaments croisés du genou. Des vacuoles apparaissent dans ce tissu et confluent pour former la
cavité synoviale. La capsule articulaire provient de l’enveloppe mésenchymateuse qui entoure toute
l’interzone.
Les jointures cartilagineuses, comme celles qui unissent les os du bassin, se forment également à partir
d’interzones au niveau desquelles la différenciation se réduit à la production d’une couche de fibrocartilage.
3.1.4 Ossification endoconjonctive
Dans ce type d’ossification, il n’y a pas de chondrification initiale mais une condensation mésenchymateuse
qui forme l’ébauche du futur os et dans laquelle les cellules fibroblastiques se différencient en ostéoblastes
producteurs de matrice osseuse. Les ostéoclasctes interviennent en creusant les cavités dans l’axe de l’os à
l’origine des sinus médullaires. Ce type d’ossification concerne les os plats certains os courts et en ce qui
concerne les membres, la clavicule.

3.2 Développement de la musculature et de l’innervation des membres


3.2.1 Musculature
La musculature se développe à partir des condensations ventrale et dorsale du mésoderme somitique.
Au cours de la cinquième semaine, le mésoderme somitique envahit le bourgeon de membre et produit deux
grandes condensations, une dorsale à l’axe mésenchymateux et une ventrale par rapport à celui-ci. Ces
condensations constituent les ébauches des muscles (Fig. DM3). Les cellules de ces condensations se
différenciant en myoblastes (précurseurs des cellules musculaires). Les myoblastes prolifèrent et fusionnent
pour donner naissance à des myocytes multinucléés (appelés syncytium). Les noyaux du syncytium ne savent
plus synthétiser de F ADN. Les myocytes grandissent en produisant des myofïbrilles. Le nombre de noyaux,
dans un syncytium, est un facteur qui limite sa croissance ; lorsque cette limite est atteinte l’addition de
noyaux myoblastiques par fusion est requise. Chez l’adulte, il y a une réserve de cellules, dites satellites, qui
peuvent proliférer et fusionner avec le syncytium pour assurer la poursuite de la croissance.

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Figure DM3 : Développement des ébauches des muscles

En général, la masse musculaire dorsale produit les extenseurs et les supinateurs du membre supérieur
ainsi que les extenseurs et les abducteurs du membre inférieur alors que la masse ventrale fournit les
fléchisseurs et les pronateurs du membre supérieur, les fléchisseurs et les adducteurs du membre inférieur.
Cette règle n’est cependant pas absolue. Quelques muscles migrent de leur site d’origine et acquièrent de
nouvelles fonctions.

3.2.2 Processus d’innervation des membres


Les axones des nerfs spinaux innervent les structures spécifiques du membre par un processus de guidage à
plusieurs étapes.
Peu après avoir quitté la moelle épinière, chaque nerf spinal se partage en deux branches primaires, une
dorsale et une ventrale. Les muscles des membres sont innervés par des collatérales des branches ventrales
primaires des nerfs spinaux C5 à Tl (pour le membre supérieur) et L4 à S3 (pour le membre inférieur). Les
muscles provenant de la masse dorsale reçoivent des collatérales dorsales des branches ventrales primaires
alors que les muscles dérivés de la masse ventrale sont sous la dépendance des collatérales ventrales de ces
mêmes branches. Par conséquent, l’innervation d’un muscle indique s’il provient de la masse musculaire
ventrale ou de la dorsale.
Une fois que les axones ont quitté le plexus, les cônes de croissance se continuent dans le bourgeon du membre
en cheminant, probablement, le long de chemins permis qui mènent dans la direction générale du
compartiment musculaire approprié. Les axones des divisions dorsales des plexus ont tendance à se rendre au
côté dorsal du bourgeon de membre et à innerver, par conséquent, de préférence les extenseurs, les supinateurs
et les abducteurs. Les axones des divisions ventrales du plexus grandissent en direction du versant ventral du
bourgeon de membre et innervent ainsi, préférentiellement, les fléchisseurs, les pronateurs et les adducteurs.
Sur la dernière partie du trajet d’un axone, depuis le point où il quitte le tronc principal jusqu’à celui où il
innerve un muscle précis, le chemin est probablement dicté par des ordres émis par le muscle lui-même

Figure DM 5 : Croissance et répartition des axones dans les muscles

4 MALFORMATIONS DES MEMBRES


Les malformations des membres sont très fréquentes dans l’espèce humaine. Certaines malformations ont reçu
des explications génétiques par homologie avec des résultats de phénotypes obtenus chez des mutants. Ce fait
plaide pour la grande conservation des mécanismes du développement des membres entre les différentes
espèces, avec cependant des différences interspécifiques.
Dans l’espèce humaine, outre les phocomélies dues à la thalidomide, les anomalies des doigts, la luxation
congénitale de hanche et le pied-bot varus équin sont particulièrement fréquents.

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4.1 Mécanismes en cause :
a) Arrêt du développement (absence de développement des constituants) exemple les méromélie
b) Défaut de différenciation des constituants primordiaux
c) Duplication des constituants ;
d) Excès de croissance hypertrophie et hyperplasie
e) Insuffisance de croissance (hypoplasie ) ;
f) Défectuosité locales ex dans les brides, anomalies générale du squelette
4.2 Quelques exemples d’anomalies de membres
4.2.1 Les anomalies des doigts
- Anomalies de nombre (doigts surnuméraires ou polydactylie - notamment 6ème doigt ou hexadactylie,
-Soudure de plusieurs doigts ou syndactylie ;
• - Anomalie de taille (doigts courts ou brachydactylie) ou de forme (incurvations).

Figure DM6: Amputation. Figure DM7: Syndactylie : Figure DM8: Hexadactylie.

4.2.2 La luxation congénitale de hanche


Elle survient dans 6 à 20 cas pour 1 000 naissances. Dans la très grande majorité des cas, elle est secondaire à
des anomalies de posture du fœtus dans l’utérus (présentations du siège). Elle est plus fréquente dans certaines
régions géographiques et dans certaines familles.
L’examen clinique à la naissance et dans les premiers mois de la vie est la meilleure méthode de dépistage:
l’instabilité de la hanche, recherchée par différentes manœuvres, est le signe caractéristique. Le traitement,
allant de la simple mise en abduction des membres inférieurs à des traitements orthopédiques ou chirurgicaux
plus complexes, assure habituellement une guérison parfaite.
4.2.3 Le pied-bot varus équin
Moins fréquent (1 à 2 cas pour 1 000 naissances), le pied-bot varus équin consiste en une fixation des pieds en
adduction, supination et varus, dans une orientation similaire à celle des mains. Il peut être reconnu à
l’échographie à partir de 16 semaines guérison parfaite.
d’aménorrhée. Certains cas sont secondaires à
diverses maladies neuromusculaires ou font partie
d’un syndrome polymalformatif, mais le pied-bot
peut également être isolé, idiopathique, et sa
survenue est souvent attribuée à une cause
posturale (compression in utero). Cette
malformation nécessite un traitement rapide, qui ne
permet malheureusement pas toujours une
Figure DM7 : Aspect macroscopique d’un fœtus fixé
au formol. Aspect de pied-bot bilatéral
Conclusion :
Le membre est embryologiquement complexe car les tissus dérivent de plusieurs feuillets embryonnaires.
Son développement débute avec l’induction par les cellules mésodermiques du bourrelet ectodermique apical
dont les cellules constituent un véritable centre organisateur de la pousse du membre. L’inter action
mésoderme-ectoderme est déterminant dans la croissance proximo-distale du membre. Les malformations des
membres très fréquentes dans l’espèce humaine traduisent la complexité de leur développement.

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VIII. DEVELOPPEMENT DU SYSTEME NERVEUX

INTRODUCTION
Le système nerveux consiste en un réseau complexe de neurones qui transporte l’information, depuis
les récepteurs sensitifs vers le système nerveux central (SNC), l’intègre, la traite, la stocke et envoie en
retour des influx moteurs vers différents organes effecteurs du corps. Le système nerveux périphérique
(SNP) et ses voies centrales sont traditionnellement divisés en deux parties. Le système nerveux
somatique, responsable du transport des informations conscientes ainsi que de l’innervation des
muscles volontaires (striés) et le système nerveux autonome, strictement moteur, qui contrôle la
plupart, des activités involontaires, végétatives, du corps. Ce dernier comporte, à son tour, deux
constituants : le système parasympathique qui, en général, stimule les activités viscérales
caractéristiques des périodes de paix et de relaxation, et le système orthosympathique qui contrôle les
activités invonlotaires propres aux conditions d’agression, de « combat ou de fuite ».
Le développement du SN débute avec l’apparition de la plaque neurale qui se transforme en tube
neurale à la fin de la délimitation. Les nombreux mouvements cellulaires, les fusions cellulaires et la
prolifération cellulaire peuvent être perturbées par différents phénomènes tératogènes

1. DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME NERVEUX CENTRAL À PARTIR DU TN


1.1. L'évolution du tube neural: stades à 3 puis 5 vésicules
La neurulation, entraine la formation du TN qui présente déjà une polarisation selon l’axe
antéro-postérieur (rostro-caudal). L’extrémité rostrale du TN se développe et forme trois vésicules :
d’avant en arrière, le prosencéphale, le mésencéphale et le rhombencéphale. La pratique des
cartographies chez les vertébrés supérieurs a montré que les limites entre ces vésicules ne
correspondent pas forcément aux limites anatomiques strictes de l’adulte.
A la 5ème semaine,
• le prosencéphe se subdivise en deux vésicules : le télencéphale, plus antérieur, et le
diencéphéphale ;
• le mésencéphale reste inchangé tandis que
• le rhombencéphale donne deux vésicules : le métencéphale en avant et le myélencéphale en
arrière.
Le rhombencéphale se métamérise en 8 rhombomères. Chaque rhombomère constitue un com-
partiment de développement tant sur le plan cellulaire que moléculaire, dont les cellules ne se
mélangent pas aux rhombomères sus- et sous- jacents. La mise en place de ces limites inter-
rhombomériques est finement régulée sur le plan génétique. Il faut noter que les rhombomères impairs
et les rhombomères pairs diffèrent et que c’est la juxtaposition d’un rhombomère pair avec un impair
qui crée cette limite inter-rhombomérique. De plus, la limite d’expression de certains gènes tels que les
gènes homéotiques (gènes architectes responsables de l’organisation architecturale des êtres humains)
correspondent exactement à la limite inter-rhombomérique.

Figures N1 : Evolution du tube neural de la région céphalique

1.2. La polarisation du TN :
1.2.1. Polarisation antéro-postérieure
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La création des vésicules rostrales reflète un processus de polarisation antéro-postérieure du TN grâce
à l’expression de gènes codant des facteurs de transcription. Ainsi, chaque rhombomère est défini par
une expression de facteurs de transcription différente de celle des rhombomères sus-et sous-jacents.
On peut ainsi distinguer différentes régions du TN selon l’axe antéro-postérieur, appelées neuromères.
Toutefois, le rôle de ces gènes dans le contrôle de la différenciation, de la spécification ou de la
détermination de ces régions du TN n’est pas si évident.
a) Le plus souvent, l’absence d’un de ces gènes ne conduit pas nécessairement à une
transformation d’un neuromère en un autre neuromère. Ce qui traduit l’existence probable des phé-
nomènes de redondance génique permettant à certains gènes d’assurer les fonctions d’autres gènes.
b) Par ailleurs, il existe au sein du TN des régions qui expriment certains gènes codant des facteurs
de croissance et qui agissent sur les régions sus et sous-jacentes pour modifier leur devenir.
• C’est le cas de l’isthme, (situé entre les vésicules mésencéphalique et métencéphalique) dont les
cellules produisent le FGF-8. Ce facteur agit au niveau du mésencéphale en induisant la formation du
toit optique et au niveau du métencéphale pour induire la formation du cervelet. Ainsi, l’isthme est un
véritable centre inducteur du TN, qui va modifier le devenir des régions adjacentes.
• C’est le cas des tissus périneuraux (somites et mésoderme para-axial céphalique) qui produisent
l’acide rétinoïque responsable de la l’induction de la caudalisation du rhombencéphale. En absence
d’acide rétinoïque, les rhombomères caudaux prennent une identité plus rostrale.
c) Un même facteur sécrété peut jouer des rôles différents selon le niveau du TN intéressé. Ainsi,
FGF-8 est aussi produit dans la région la plus antérieure de la plaque neurale et joue un rôle important
dans l’induction du système des bulbes olfactifs. La différence s’explique par le statut génétique du TN
au contact de la source du facteur sécrété. Ainsi, selon les gènes exprimés, la réponse sera différente.
1.2.2. Polarisation ventro-dorsale
Concomitamment, le TN subit aussi une polarisation ventro-dorsale.
• La ventralisation est assurée par la notochorde et le plancher du TN. Ces structures produisent
des facteurs dont Sonic hedgehog, qui agissent sur des cellules du TN. Sonic hedgehog diffuse dans la
paroi du TN, générant un gradient de concentration selon l’axe ventro-dorsal. Sous l’influence de
Sonic hedgehog, le TN exprime des facteurs de transcription de classe 2 et réprime des facteurs de
transcription de classe 1. Ainsi, il est possible en utilisant ces facteurs de transcription comme
marqueurs, de délimiter des régions selon l’axe ventro-dorsal. La plaque basale est subdivisée en
sous-domaines: p3, pMN, p2, pl et pO. Chacun de ces domaines donne naissance à des types
neuronaux différents : le domaine p3 donne naissance aux inter-neurones V3, le domaine pMN aux
motoneurones, le domaine p2 aux inter-neurones V2, le domaine pl aux inter-neurones VI, enfin, le
domaine pO aux inter-neurones VO.
• La dorsalisation du TN dépend de l’influence de facteurs sécrétés par le toit du TN et par
l’ectoderme de surface. Les gènes BMP et WNT sont impliquées dans ces processus. Les molécules
sécrétées agissent de la même manière que Sonic hedgehog. Ainsi, la plaque alaire (dorsale) sera donc
subdivisée de la même façon que la plaque basale. Chacun de ces sous-domaines dorsaux est
caractérisé par une combinaison d’expression de facteurs de transcription et donne naissance à des
inter-neurones dorsaux spécifiques.
Le système est encore plus complexe du fait de la synthèse par la notochorde et le plancher du TN de
molécules telles loggin ou chordine qui sont capables de se lier aux BMPs et d’empêcher leur action
sur le récepteur.

1.3. La neurogénèse
Les cellules du TN sises au niveau ventriculaire subissent de grands cycles de mouvements qui
conduisent à une translocation périodique de leur noyau vers la région ventriculaire (caryocinèse).
Elles divisent par une mitose asymétrique, générant une cellule qui continue de se diviser et un
neuroblaste qui sort du cycle cellulaire. L’un des systèmes qui contrôle la spécification des
neuroblastes est le système Notch-Delta. Ces deux protéines sont des protéines transmembranaires

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capables de se lier entre elles. Quand une cellule exprime un taux très élevé de Delta, elle enclenche un
programme génétique de spécification neuronale et elle donne un signal inhibiteur qui maintient les
cellules voisines à l’état de progéniteur mitotiquemcnt actif. De la sorte, la génération successive de
neurones est assurée par l’épithélium ventriculaire contenant les précurseurs neuronaux. Le
neuroblaste, une fois produit, migre vers la périphérie et se loge dans la région du manteau.

Figure N2 : Schéma de l’évolution de la neurogenèse : cytodifférenciation du néocortex cérébral

1.4. Mouvements morphogénétiques du TN


1.4.1. Au niveau spinal
Les grands rapports ventro-dorsaux du TN qui donnent naissance à la moelle épinière restent
conservés lors des processus de neurogénèse : les neurones des cornes ventrales proviennent de la
plaque basale, alors que les neurones des cornes dorsales proviennent de la plaque alaire.
1.4.2. Au niveau du rhombencéphale
Le segment rhombencéphalique subit des mouvements morphogénétiques complexes.
Schématiquement, les cellules issues des régions dorsales (alaire) migrent latéralement puis vers la
région ventrale qu’elles recouvrent. C’est ainsi que chez l’adulte, les neurones les plus ventraux de ces
régions dérivent de la plaque alaire. La particularité de ces mouvements morphogénétiques explique la
forme du 4ème ventricule dont le toit forme un voile extrêmement fin.
1.4.3. Cas particulier du cervelet
L’ébauche embryonnaire du cervelet naît des plaques alaires du rhombomère 1. Deux ébauches se
forment de part et d’autre du toit du rhombomère 1, puis se réunissent et fusionnent au niveau de la
ligne médio-dorsale, donnant naissance au primordium cérébelleux unique. La neurogénèse au niveau
du cervelet est assez complexe et comporte deux zones prolifératives :
• la zone ventriculaire donne naissance aux cellules de Purkinje, aux cellules de Golgi et aux
neurones de la couche moléculaire ;
• d’autres progéniteurs migrent superficiellement dans la région située sous la pie-mère et
constituent une couche de petites cellules mitotiquement actives, formant la couche granulaire externe
du cervelet. Ces cellules prolifèrent et donnent des neuroblastes qui migrent de la superficie vers la
profondeur pour former la couche des grains internes.
La croissance volumétrique du cervelet le conduit à un recouvrement progressif du 4ème ventricule.
Ainsi, bien que d’origine très rostrale, le cervelet occupe toute la région dorsale de la fosse postérieure.
1.4.4. Le mésencéphale
La région alaire de la vésicule mésencéphalique donne naissance aux tubercules quadrijumeaux
(colliculus supérieurs et inférieurs). Ces structures occupent une position dorsale. La région basale du
mésencéphale donne naissance au tegmentum mésencéphalique. Ainsi, la mise en place du

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mésencéphale rappelle celle de la moelle épinière.
1.4.5. Le diencéphale
Le diencéphale correspond à une région où le tube neural est dilaté, formant le 3ème ventricule. Les
lames fondamentales font défaut.
A l’inverse, les lames alaires forment trois renflements embryonnaires, le thalamus, l’hypothalamus et
l’épithalamus. Le thalamus et l’hypothalamus se différencient pour constituer des complexes de
noyaux aux fonctions multiples.
Le thalamus agit en premier lieu comme centre relais du cortex cérébral : il reçoit toute l’information
(sensitive et autre) se projetant sur le cortex cérébral à partir des structures su corticales ; il la traite si
nécessaire et la relaie vers la ou les aires corticales appropriées.
L’hypothalamus régit l’activité endocrine de la glande pituitaire ainsi que de nombreuses réponses
autonomes. Il Contrôle l’émotion et coordonne l’état émotionnel, il joue aussi un rôle dans niveau
d’éveil du cerveau
A S5, les renflements du Thalamus et hypothalamus sont visibles, tandis que l’épithalamus apparait
vers la 6ème semaine bord dorsal et dans le toit
A S7 les Thalamus croissent et peuvent adhérer sur ligne médiane, comblant en partie le 3è ventricule ;
L’Évagination du toit diencéphalique donne l’épiphyse, le trigone habenulaire, et les commissures
postérieures.
Rostralement à l’épithalamus, le toit se différencie avec la pie-mère qui le recouvre pour former les
plexus choroïdes du 3ème ventricule.
Par ailleurs dans celui-ci, l’épendyme forme les organes circumventriculaires
A S3, la glande pituitaire se forme à partir de deux tissus différents
- Le plancher du 3ème ventricule s’invagination pour former l’infundibulum qui s’enfonce en
direction du stomodeum, à la rencontre d’une évagination du toit du stomodeum (poche de Rathke).
- Les deux ébauches fusionnent, la poche de Rathke formant l’adénohypophyse et l’infundibulum
formant la neurohypophyse. La lumière de l’infundibulum va disparaitre, laissant persister un
récessus au plancher du 3ème ventricule.

1.4.6. Le télencéphale
Au niveau du télencéphale, deux vésicules latérales apparaissent vers la 6ème semaine. Leur paroi qui
correspond à celle des ventricules latéraux est constituée de trois couches : la bordure ventriculaire, le
manteau et la zone marginale ; ces vésicules donneront les hémisphères cérébraux.
Au cours du 2ème mois, la zone du manteau située en avant du diencéphale prolifère et donne le corps
strié qui fait saillie dans le ventricule latéral.
Le reste de la paroi dorsale des vésicules qui constitue le pallium bordé par les trois couches va former
le cortex cérébral par migration radiaire et tangentielle des différents types neuronaux qui le
constituent. Cette différenciation cellulaire se déroule durant les deux 1ers trimestres de
développement.
La croissance rapide de la couche corticale conduit au plissement de la surface et la formation des
sillons et circonvolutions.
Au fur et à mesure de leur différenciation, les neurones corticaux émettent des prolongements
efférents et entrent en contact ceux des centres sous-jacents. Le passage des fibres afférentes et
efférentes va segmenter le corps strié, d’abord en deux zones (le noyau caudé et le noyau lenticulaire)
puis le noyau lenticulaire donnera lui-même une partie latérale, le putamen et une partie médiane, le
globus pallidus. La maturation du cortex se poursuit après la naissance avec les remaniements
cellulaires et l’achèvement de la myélinisation.
Il était classique de subdiviser le télencéphale embryonnaire en une région dorsale à l’origine du
cortex cérébral et une région ventrale qui donne naissance au striatum et au globus pallidus. Mais en
fait, il semble que chez l’homme, l’origine des neurones GABAergiques soit double : provenant de la
région ventriculaire du télencéphale ventral, mais aussi de la région ventriculaire du télencéphale

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dorsal. Les neurones pyramidaux du cortex proviennent exclusivement de la région ventriculaire du
télencéphale dorsal. Les neuroblastes qui se différencient en neurones du cortex cérébral doivent subir
un long trajet migratoire avant de former la plaque corticale, précurseur du cortex cérébral.

2. DÉVELOPPEMENT DU SYSTÈME NERVEUX PÉRIPHÉRIQUE

Le système nerveux périphérique comprend les neurones ganglionnaires, les nerfs qui contiennent les
prolongements nerveux y compris ceux de neurones du SNC et les récepteurs nerveux. Ainsi trois
tissus embryonnaires interviennent dans son développement, le neuro-épithélium bordant le canal
neural, la crête neurale et dans le cas de certains ganglions des nerfs crâniens) des placodes

ectodermiques. Figure N3 : Devenir


des cellules de la crête neurale

2.1. Ganglions nerveux :


Les cellules de la crête neurale en migration dans les ganglions périphériques post-crâniens, donneront
les neurones ganglionnaires et les cellules satellites. Ces ganglions sont de trois types :
• les ganglions sensitifs des racines dorsales, qui se condensent près de la ME, en rapport avec
chaque paire de somites, abritent les cellules sensitives qui relayent l’information depuis les récepteurs
du corps vers le SNC ;
• la chaîne ganglionnaire sympathique, qui longe aussi la ME, et les ganglions pré vertébraux qui
se forment à côté des branches de l’aorte abdominale, contiennent les éléments périphériques de la
voie sympathique à deux neurones ;
• Enfin, les ganglions parasympathiques, situés dans la paroi des viscères, logent les neurones
périphériques du système parasympathique, également à deux neurones.

2.2. Prolongements axonaux :


• des neurones moteurs somatiques
En même temps que les ganglions nerveux se forment, les axones des neurones moteurs somatiques
sont les premiers à émerger des lames basales de la corne antérieure de la ME et à former une paire de
racines ventrales, à hauteur de chaque somite. Ces fibres motrices somatiques seront rejointes
ultérieurement, par des fibres motrices autonomes issues des cellules des colonnes
intermédio-latérales. Les fibres motrices somatiques se rendent dans les myotomes où elles vont donc
innerver les muscles volontaires ; tandis que les fibres végétatives, au contraire, se terminent dans les
ganglions autonomes où elles font synapse avec les neurones périphériques qui innervent les organes
appropriés.

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• des neurones centraux du système sympathique se développent dans les colonnes cellulaires
intermédio-latérales de la ME thoraco-lombaire (de T1 à L2). Leurs axones quittent la ME par la racine
ventrale mais abandonnent celle-ci immédiatement pour constituer un rameau communicant blanc qui
entre dans la chaîne ganglionnaire correspondante. Certaines de ces fibres font synapse avec les
neurones sympathiques périphériques de la chaîne ganglionnaire ; d’autres font synapse plus loin, dans
un autre ganglion de la chaîne ou dans un ganglion pré vertébral. Les axones postganglionnaires de la
chaîne sympathique retournent sur le nerf spinal en formant un rameau communicant gris.

Figure N4 : Formation de la racine antérieure Figure N5 : Ganglion rachidien et tronc nerveux

Figure N6 : Ganglions sympathique et ses connexions


• Les neurones centraux de la voie parasympathique sont localisés dans le tronc cérébral et
dans les segments 2 à 4 de la ME sacrale. Ce système parasympathique est dit, de ce fait, crânio-sacral.
Les fibres parasympathiques du rhombencéphale se distribuent aux ganglions parasympathiques des
viscères du cou et du tronc par le nerf vague (X) alors que les fibres parasympathiques sacrales
innervent les ganglions des viscères pelviens et de l’intestin postérieur par l’intermédiaire des nerfs
splanchniques pelviens. Ainsi, des ganglions parasympathiques sont situés près ou dans la paroi des
organes cibles. Les prolongements préganglionnaires sont plus longs que les post ganglionnaires.

2.3. Processus de développement des axones:


• Les axones sont guidés vers leurs cibles par les cônes de croissance
Avec le développement et l’inter connexion des neurones moteurs et sensitifs du cerveau en modèles
fonctionnels, les axones s’allongent et sortent du SNC et des ganglions en direction des organes

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terminaux du corps. grâce au mouvement actif d’une formation apicale appelée cône de croissance. Le
cône de croissance, qui semble se mouvoir à l’aide de filopodes, guide l’axone vers sa destination
guidée par des marqueurs moléculaires qui indiquent la voie correcte. Cette activité du cône de
croissance est dite « de pionnier ». Une fois que le cône de croissance a atteint sa cible, il s’arrête et
forme une synapse.
• Les fibres somatiques motrices et sensitives font directement synapse avec leurs organes
terminaux.
En revanche, les axones des neurones autonomes centraux se terminent dans les ganglions autonomes
périphériques où ils font synapse avec le neurone périphérique de la voie à deux neurones.
• De nombreux mécanismes ont été proposés pour rendre compte de l’habilité des neurones à
établir des connexions correctes entre eux ou avec les organes terminaux.
- La plupart suggère qu’un cône de croissance est guidé depuis son origine jusqu’à sa
destination périphérique grâce à une sécrétion de l’organe terminal telle que la nétrine-1 et la
nétrine-2 ; le brain-derived neurotrophic growth factor (BNGF), l’insulin-like growth factor
(IGF) et le c-kit ligand ;
- d’autres théories suggèrent que le cône de croissance est guidé en adhérant à molécules spé-
ciales de la MEC.
- Il est également probable que les premiers cônes de croissance à traverser une route établissent
une voie utilisée ultérieurement par les autres axones en croissance. Ce mécanisme pourrait rendre
compte de la formation des nerfs contenant plusieurs axones. Le phénomène de repérage axonal de la
voie à suivre est un domaine très actif de la recherche avec des implications évidentes dans le
processus de régénération d’un nerf, après traumatisme.

2.4. Processus de constitution des nerfs


2.4.1. Les racines ventrales de la ME
Les premiers axones qui émergent de la ME sont ceux des motoneurones somatiques des colonnes
grises ventrales. Ils sont visibles dans la région cervicale vers le 30ème jour et se développent suivant
une onde crânio-caudale.
Les axones moteurs ventraux quittent initialement la ME sous forme d’une large bande continue.
Cependant, en s’allongeant en direction des sclérotomes, ils se ramifient en petits nerfs segmentaires.
Bien que ces axones puissent par la suite faire synapse avec les muscles dérivés des myotomes en voie
de développement, leur guidage initial dépend, en apparence, uniquement des sclérotomes et non des
éléments myotomiaux ou dermatomiaux du somite. Ces axones de la colonne ventrale préfèrent migrer
dans la portion crâniale de chaque sclérotome et passent ainsi, à chaque niveau, près du ganglion de la
racine dorsale.
Les axones pionniers sont bientôt rejoints par d’autres, moteurs, issus de la colonne ventrale qui
constituent un faisceau appelé racine ventrale.
Aux niveaux de Tl à L2, la racine ventrale est également renforcée par les axones des neurones
moteurs sympathiques qui se développent aux mêmes niveaux, dans les colonnes intermédio-latérales.
2.4.2. Constitution des racines dorsales et des nerfs spinaux
• Racines dorsales
Lorsque le bout de chaque racine ventrale s’approche du ganglion de la racine dorsale correspondante,
les neurones de ce ganglion commencent à émettre leurs axones. Chacun de ces neurones a une
branche qui grandit médialement, en direction de la colonne dorsale de la ME et une branche qui
rejoint la racine ventrale en croissance en direction de la périphérie. Le ganglion de la racine dorsale et
les rameaux (branches) qui établissent la connexion avec la ME, d’une part, la racine ventrale, d’autre
part, sont appelés racine dorsale. Les fibres de la racine dorsale qui croissent pour pénétrer dans la
colonne dorsale de la ME font synapse avec les neurones d’association en voie de développement. Ces
neurones d’association s’articulent, à leur tour, avec les neurones moteurs autonomes des colonnes
intermédio-latérales ou avec les neurones moteurs somatiques des colonnes ventrales ou encore

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suivent un trajet ascendant, sous la forme d’un tractus, pour gagner des niveaux supérieurs de la ME.
Les axones de certains neurones d’association font synapse avec les neurones moteurs du côté
ipsilatéral alors que d’autres croisent la ligne médiane pour faire de même avec ceux du côté
controlatéral (opposé).
• Le tronc mixte, sensitif et moteur, constitué à chaque niveau par la réunion des racines
dorsales et ventrales s’appelle un nerf spinal. Les fibres sympathiques, émergeant par les racines ven-
trales aux niveaux Tl -L2, se détachent rapidement du nerf spinal pour se porter ventralement et entrer
dans le ganglion correspondant de la chaîne sympathique. Cette branche constitue un rameau
communicant blanc. Certaines fibres contenues dans celui-ci font directement synapse avec un
neurone dudit ganglion ; lequel représente le second neurone (périphérique) de la voie sympathique à
deux neurones et dont l’axone grandit pour aller innerver l’organe terminal approprié. Du fait de la
présence des neurones autonomes périphériques dans les ganglions, les axones des neurones
sympathiques centraux sont appelés fibres préganglionnaires alors que les axones des neurones
sympathiques périphériques constituent les fibres postganglionnaires. (terminologie utilisée aussi bien
pour le système sympathique que parasympathique.)
Les autres fibres du rameau blanc traversent le ganglion sans faire synapse s’articulent dans un
ganglion situé plus crânialement ou plus caudalement.
Les fibres postganglionnaires qui naissent de chaque ganglion de la chaîne forment une petite branche,
appelée rameau communicant gris, qui s’accroît en direction dorsale pour rejoindre le nerf spinal.
Ainsi, le nerf spinal contient désormais des fibres sensitives, des fibres motrices somatiques et des
fibres motrices sympathiques postganglionnaires.
2.4.3. Croissance et connexions des axones des nerfs spinaux avec les sites spécifiques
Très rapidement, après avoir quitté la colonne spinale, chaque axone commence par choisir une des
deux voies, en s’étendant soit dorsalement vers l’épimère, soit ventralement vers l’hypomère. En
conséquence, le nerf spinal se divise en deux branches primaires. Les axones qui se portent vers
l’épimère forment la branche dorsale primaire et les fibres qui gagnent l’hypomère, la branche ventrale
primaire. La présence de l’épimère est nécessaire pour que se constitue la branche dorsale primaire.
• Les axones des fibres motrices somatiques des branches dorsales et ventrales primaires
cherchent des muscles spécifiques ou des faisceaux de muscles et font synapse avec des fibres
musculaires striées squelettiques alors que
• les fibres motrices postganglionnaires sympathiques innervent la musculature lisse des
vaisseaux sanguins, les glandes sudoripares et les muscles érecteurs des poils de la peau ;
• les axones sensitifs croissent moins vite que les axones moteurs ; ils suivent généralement les
voies établies par les fibres motrices somatiques ou sympathiques ; mais, ils peuvent par la suite
constituer des ramifications des nerfs mixtes et recueillir l’innervation sensitive issue des organes
terminaux tels les fuseaux neuro-musculaires, les récepteurs tactiles et thermiques du derme cutané ou
les barorécepteurs et les chémo-récepteurs de l’arbre vasculaire en voie de développement.

Figure N7 : Croissance des axones vers les sites spécifiques

2.5. Distribution de l’innervation

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2.5.1. Distribution segmentaire de l’innervation sensitive et motrice
Les nerfs moteurs et les nerfs sensitifs se
distribuent dans la paroi du corps et dans les
membres suivant un schéma basé sur
l’organisation segmentaire établie par les
somites. Par exemple, les muscles intercostaux
situés entre une paire quelconque de côtes sont
innervés par le nerf spinal passant au même
niveau. L’innervation sensitive de la peau est
aussi fondamentalement segmentaire. Chaque
dermatome est innervé par le nerf spinal
cheminant au même niveau. Cependant, la Fig. N8 : Distribution de l’innervation
composante sensitive de chaque nerf spinal sensitive dans les dermatomes. Superposition
peut s’étendre quelque peu dans les au niveau des dermatomes adjacents.
dermatomes adjacents de sorte qu’il y a une
certaine superposition dans l’innervation des
dermatomes (figure N8).
2.5.2. Distribution non segmentaire de l’innervation sympathique
Les fibres sympathiques qui cheminent dans les nerfs spinaux partagent la distribution segmentaire des
fibres sensitives et somatiques motrices. De ce fait, les segments du corps et des membres qui se déve-
loppent aux niveaux compris entre Tl et L2 sont innervés par les fibres postganglionnaires issues des
ganglions de la chaîne correspondants aux mêmes étages de la ME.
Au-delà de T1-L2, un autre schéma de distribution est requis pour assurer l’innervation sympathique.
En effet, la chaîne ganglionnaire s’étend aussi dans les régions cervicale, lombaire basse, sacrale et
coccygienne ; ainsi certaines fibres pré ganglionnaires qui pénètrent dans la chaîne entre les niveaux Tl
et L2 peuvent se poursuivre crânialement ou caudalement avant de faire synapse. Quelques-unes de
ces fibres ascendantes ou descendantes alimentent la chaîne ganglionnaire en dehors des niveaux
T1-L2.
Les fibres postganglionnaires de chaque ganglion de la chaîne rejoint le nerf spinal correspondant
par l’intermédiaire d’un rameau communicant gris. Il en résulte que les nerfs spinaux entre les niveaux
Tl et L2 ont, à la fois, des rameaux blancs et des rameaux gris, alors que tous les autres nerfs spinaux
n’ont que des rameaux gris. Les fibres qui relient les ganglions de la chaîne entre eux sont donc
exclusivement pré ganglionnaires sympathiques. Ces fibres, avec les ganglions eux-mêmes,
constituent le tronc sympathique.

2.5.3. Distribution de l’innervation sympathique de la tête, et des viscères


intra-thoraciques
La tête reçoit son innervation sympathique par la chaîne ganglionnaire cervicale alors que le cœur, la
trachée et les poumons sont innervés par les chaînes sympathiques cervicale et thoracique

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Fig. N9 : Les fibres préganglionnaires issues
des cellules de la colonne intermédio-latérale
peuvent faire synapse avec les neurones du
ganglion de la chaîne situé à leur niveau, plus
bas ou plus haut.

3. MALFORMATIONS DU SYSTÈME NERVEUX


Ces malformations sont fréquentes et complexes ; mais pour des raisons didactiques, elles sont
regroupées dans des cadres nosologiques plus généraux.
3.1. Troubles de la fermeture de la gouttière neurale (états dysraphiques)
Un trouble de la fermeture de la gouttière neurale entraine, selon la localisation, l’étendue et
l’importance du défaut de fermeture, diverses malformations nerveuses, accompagnées à un degré
variable d’un défaut de développement des plans sus-jacents (méninges, arc postérieur des vertèbres,
derme, crâne) normalement induits par le tube neural.
3.1.1. Au niveau de la moelle
Ces malformations le plus souvent localisées dans la région lombaire ou lombo-sacrée, sont
généralement décrites sous le terme de spina-bifida.
a) Spina-bifida aperta (myélo-araphie) : C’est la forme majeure. La gouttière neurale est
directement exposée à l’extérieur, ses bords étant en continuité avec l’ectoderme de surface voisin. La
non-fermeture de la gouttière neurale a empêché la formation des lepto-méninges, la fermeture de l’arc
postérieur des vertèbres et le développement de la peau en regard.
b) Autres formes :
• Myélo-méningocèle : Dans cette forme moins complète, le TN s’est fermé mais pas l’arc postérieur
des vertèbres ;c’est ainsi que les méninges font saillie directement sous la peau dont le derme est
anormal. Des éléments nerveux, moelle ou racines, sont contenus dans cette poche pleine de liquide
cérébro-spinal et sont attachés à sa paroi. Assez fréquemment, la myélo-méningocèle est associée à
une hydrocéphalie.
Cette malformation, très fréquente, est habituellement de découverte fortuite.
La supplémentation des femmes en acide folique dans le mois précédent la grossesse et dans les deux
premiers mois de celle-ci diminuerait l'incidence des défauts de fermeture du tube neural. Cette
supplémentation péri conceptionnelle nécessite que toutes les femmes en âge d'avoir des enfants
absorbent quotidiennement 400 pg d'acide folique. Les difficultés d'observance de ce traitement
préventif font envisager l'enrichissement systématique en acide folique des céréales.
• Méningocèle : Il s’agit d’une poche méningée, remplie de liquide cérébro-spinal, faisant saillie
sous la peau à travers un orifice osseux vertébral. La moelle est dans la colonne vertébrale.
• Sinus dermique congénital : Un fin conduit, passant à travers l’arc vertébral postérieur non
fermé, relie les leptoméninges à l’ectoderme de surface.
• Spina-bifida occulta :’absence de fermeture de l’arc postérieur des vertèbres, avec parfois de
discrètes modifications de la peau en regard (petite touffe de poils, par exemple).

3.1.2. Au niveau de l'encéphale


• Anencéphalie (ou encéphalo-araphie) : Elle est due à l’absence de fermeture de la gouttière

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neurale au niveau de l’encéphale. Les méninges, la voûte crânienne et la peau ne se forment pas et le
système nerveux « ouvert » est ainsi exposé à l’extérieur. Cette malformation est mortelle dans les
heures qui suivent la naissance.
• Encéphalocèle : C’est une saillie d’un territoire limité de l’encéphale à travers la voute du
crâne dans une poche méningée (les méninges sont sous la peau).
• Méningocèle : malformation de même type que la précédente, mais la poche ne contient pas
d’éléments nerveux. Il s’agit d’une poche méningée, remplie de liquide cérébro-spinal, faisant saillie
sous la peau à travers un orifice osseux de la voûte du crâne.
3.2. Autres malformations :
3.2.1. Holoprosencéphalies
Ce groupe de malformations résulte d’une anomalie partielle ou complète de la formation de la fissure
inter-hémisphérique. Ainsi, il existe des formes dans lesquelles le télencéphale ne forme qu’un seul
hémisphère et des formes partielles pour lesquelles la fusion ne concerne qu’une partie du
télencéphale.
Des malformations faciales sont fréquemment associées (cyclopie, agénésie du prémaxillaire...).
3.2.2. Le cas particulier de l’arhinencéphalie
Elle se caractérise par un défaut du développement des placodes olfactives, des fibres du nerf olfactif
et, de ce fait, le défaut de développement des bulbes olfactifs et du rhinencéphale. Sa position
nosologique fait encore l’objet de discussions. Certains la considèrent comme une forme fruste
d’holoprosencéphalie alors que d’autres en font deux entités bien distinctes.
3.2.3. Les destructions du parenchyme cérébral
Durant la vie intra-utérine, des affections peuvent entraîner une destruction du tissu nerveux en
développement, générant des malformations très variées. C’est le cas de la porencéphalie.
La porencéphalie est une cavitation cérébrale due à une destruction localisée du manteau cortical,
entraînant la constitution d’une cavité plus ou moins étendue.
3.2.4. Agénésies et malformations commissurales
Elles peuvent toucher le septum lucidum (agénésie septale ; kyste du septum) ou le corps calleux
(agénésie totale ou partielle).
3.2.5. Agénésies et dysgénésies
• Microencéphalie (encéphale de volume très réduit)
• Mégalencéphalie (augmentation de volume de l’encéphale)
• Dysplasie corticale (anomalie du développement qui peut être plus ou moins étendue). Dans sa
forme majeure, cette dysplasie atteint l’ensemble des hémisphères (par exemple dans le cas des
lissencéphalies).
3.2.6. Hydrocéphalie
L’hydrocéphalie est une dilatation ventriculaire liée à un obstacle à l’écoulement du liquide cé-
rébro-spinal. Souvent d’autres malformations nerveuses sont associées à l’hydrocéphalie.
De très nombreuses autres malformations peuvent toucher le système nerveux. Elles sont souvent
exceptionnelles et font partie du domaine des spécialistes.

Conclusion :
Le développement du système nerveux est un processus complexe qui débute au troisième trimestre in
utéro et s’achève par la maturation du SN après la naissance. Elle va de paires avec les autres tissu qui
seront innervés.

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IX. DEVELOPPEMENT DES YEUX ET OREILLES ET LA PEAU

1. DÉVELOPPEMENT DES YEUX


Les yeux constituent un système complexe dont une partie, la rétine, dérive du tube neural (TN), tandis
que le reste du globe oculaire provient des différents tissus qui composent la face, c’est-à-dire la plaque
pré-chordale, les cellules de la crête neurale et le mésoderme céphalique.

1.1. Développement des champs rétiniens


L’ébauche rétinienne est située dans la partie antérieure de la plaque neurale au niveau de la région
diencéphalique. Cette ébauche est d’abord unique et médiane. C’est l’invagination de la plaque
pré-chordale lors de la gastrulation qui induit au niveau de la plaque neurale une séparation des deux
champs rétiniens. En l’absence de cette induction, le champ rétinien reste unique et médian et donne
naissance à une cyclopie. La plaque pré-chordale joue donc un rôle très important dans la partition des
champs rétiniens mais aussi dans le développement du prosencéphale. Ainsi, la cyclopie est souvent
associée à une holoprosencéphalie, anomalie de partition du prosencéphale,.
1.2. Développement de la vésicule optique et de la placode cristallinienne
Avec la fermeture du TN et du neuropore antérieur, le TN correspondant aux champs rétiniens,
s’évagine pour former les vésicules optiques (VO). La cavité de la VO est en continuité avec le
neurocèle du TN. Lors de leur croissance, la forme des VO se modifie avec développement de la tige
optique (partie effilée et proximale) et de la vésicule optique proprement dite (partie renflée et distale).
Ces vésicules induisent la formation d’un épaississement au niveau de l’ectoderme de surface qui les
recouvre, la placode cristallinienne. Celle-ci s’invagine pour donner naissance au cristallin. Par la
suite, la VO subit des modifications très importantes qui la transforme en cupule, réduisant ainsi le
volume de sa cavité centrale en un fente semi circulaire. Ainsi se forme la cupule optique (CO). Tou-
tefois, la dépression n’est pas centrale mais excentrée et plus importante dans la région caudale de
l’ébauche rétinienne.

Figure 1 : Mise en place de la cupule optique et de la placode cristallinienne

La cavité centrale devient progressivement virtuelle entraînant l’accotement de deux feuillets de la


vésicule optique (feuillets distal et proximal).

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Figure 2 : Evolution de la cupule optique et de la placode cristallinienne

Au niveau de la région caudale où la dépression est plus importante, une fente se développe tant dans la
région distale que proximale. Cette fente colobomique est 1e siège de l’artère hyaloïdienne qui
vascularise la cupule optique. La fente colobomique se ferme progressivement. La non-fermeture
conduit à la formation d’un colobome dont la gravité est variable selon son étendue. Le feuillet le plus
interne de la cupule optique donne naissance à la rétine neuro-sensorielle, alors que le feuillet externe
donne naissance à la rétine pigmentaire. La formation de ces deux dérivés rétiniens dépend d’une
induction due aux tissus voisins. Ainsi, 1e mésenchyme qui entoure la vésicule optique, induit
l’expression du gène MITF par les cellules du TN. C’est un des gènes majeurs qui contrôlent la
mélanogénèse. De ce fait, les cellules induites par le mésenchyme produisent des pigments mélaniques
et donnent naissance à la rétine pigmentaire. Au contraire, le feuillet interne est au contact du cristallin
qui a été précédemment induit. Le tissu cristallinien agit à son tour sur le feuillet interne de la VO, en
induisant l’expression de marqueurs proneuraux comme c’est 1e cas du gène CHX10.
La cavité virtuelle de la CO occupe l’interface entre les rétines neuro-sensorielle et pigmentaire qui ne
sont donc pas solidaires. Cette particularité embryologique rend compte de la possibilité de
décollement de la rétine.

Figure O1: La formation de la fente colobomique (d'après Hamilton et al).

1.3. Neurogénèse dans la rétine


La neurogénèse se déroule dans le feuillet interne de la vésicule optique. La cavité primitive de la VO
représente le ventricule primordial. C’est à son contact que se situent les précurseurs mitogènes qui
vont donner naissance aux cellules neuro-sensorielles. Par division asymétrique, un précurseur donne
naissance à une cellule post-mitotique qui migre vers l’extérieur. Ainsi, les premières couches
rétiniennes à se former sont les couches des cellules ganglionnaires, puis la couche granulaire interne,
enfin la couche granulaire externe. On commence à connaître des gènes impliqués dans la
détermination dans chacune des classes des cellules neuro-sensorielles qui composent la rétine. Par
ailleurs, ces précurseurs donnent naissance à des cellules de soutien analogues aux cellules gliales du

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système nerveux central ou cellules de Müller.
1.4. Développement du cristallin
Ces vésicules induisent la formation d’un épaississement au niveau de l’ectoderme de surface qui
les recouvre, la placode cristallinienne s’invagine pour donner naissance au cristallin. L'ébauche
cristallinienne résulte d'un épaississement de l'ectoderme de surface, la « placode optique » ou
cristallinienne, qui apparaît en regard de la vésicule optique à la fin de la quatrième semaine.
Rapidement cette placode s'invagine et s'isole de l'épiblaste pour former la vésicule cristallinienne qui
vient se placer dans la concavité de la cupule optique. La paroi de la vésicule cristallinienne est faite
d'une seule couche de cellules, puis, vers le quarantième jour, les cellules du versant interne se
développent, s'allongent et forment des cellules fibres qui comblent la cavité de la vésicule et viennent
s'appliquer contre les cellules du versant externe. La croissance du cristallin continuera jusqu'à l'âge de
vingt ans par apposition de cellules-fibres supplémentaires qui naissent à la jonction feuillet
interne-feuillet externe.

1.5. Evolution du mésenchyme de l’ébauche oculaire :

Le mésenchyme situé dans la région où se développent ces deux ébauches va donner les autres
éléments du globe oculaire.
a) Le mésenchyme situé dans la fente colobomique et dans l'espace compris entre la vésicule
cristallinienne et la vésicule optique constitue le corps vitré primaire, tissu conjonctif fin
irrigué par l'artère hyaloïdienne.
Ainsi, vers la septième semaine, la fente colobomique se ferme du fait du développement de la
vésicule optique. L'artère hyaloïdienne intra-vésiculaire régresse tandis que sa partie
intra-pédonculaire donne l'artère centrale de la rétine. Le tissu du corps vitré primaire se
transforme en une gelée acellulaire située en arrière du cristallin, le corps vitré secondaire.
b) Le mésenchyme situé autour de la cupule optique (CO) va se différencier au contact de la CO et
donner les tuniques protectrices :
• Au contact de la rétine, une première enveloppe très vascularisée, l’uvée, est l'équivalent de la
pie-mère. Elle présente deux zones distinctes : l'une, adhérente à la rétine visuelle, est la choroïde ;
l'autre, qui double en avant la rétine aveugle est faite d'une partie épaisse, les corps ciliaires, et
d'une partie mince, le stroma de l'iris.
• A l'extérieur, une seconde enveloppe, la sclérotique, qui est l'équivalent de la dure-mère, se continue
en arrière avec la gaine du nerf optique.
• En avant, au niveau de l’axe optique, le mésenchyme situé entre le cristallin et l'ectoderme de
surface, en continuité avec la sclérotique, va constituer le tissu propre cornéen (sa différenciation
particulière le rendra transparent). Il sera recouvert d'un feuillet ectodermique de telle sorte que la
cornée sera constituée de dehors en dedans d'un épithélium d'origine ectodermique, du tissu propre
et d'une couche de cellules aplaties d'origine mésenchymateuse.

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Entre cornée et iris, l'espace qui persiste constitue la chambre antérieure de l'œil.
c) Les muscles moteurs du globe oculaire dérivent également du mésenchyme ainsi que les
muscles ciliaires (par contre, les éléments contractiles de l'iris dérivent de la rétine — couche pig-
mentaire).

1.6. Les annexes oculaires :


Les paupières sont des replis cutanés dont le développement est indépendant de celui de l'œil.
Primitivement soudées, elles se séparent vers le septième mois du développement (formation de la
fente palpébrale)”.
La conjonctive recouvre la face interne des paupières et la face antérieure du globe oculaire jusqu'à
l'épithélium cornéen avec lequel elle se continue :
- la couche épithéliale dérive de l’épiblaste (sac conjonctival)
- le chorion provient du mésenchyme sous-jacent
1.7. Anomalies du développement des yeux
Elles peuvent être isolées ou entrer dans le cadre de syndromes malformatifs graves du système
nerveux central et de la face.
• La cyclocéphalie associe la présence d'une trompe à la place du nez et d'une cyclopie (un seul globe
oculaire médian au niveau du front)
• L'arhinencéphalie associe aux malformations précédentes une agénésie du rhinencéphale et du
cerveau antérieur et des anomalies du massif facial.
• Autres anomalies de l'appareil de la vision :
✓ anophtalmie
✓ microphtalmie
✓ cataracte congénitale

2. DÉVELOPPEMENT DES OREILLES


Les oreilles constituent une entité anatomique triple : oreilles externe, moyenne et interne. D’un point
de vue embryologique, il s’agit en fait d’une entité double. En effet, les oreilles externe et moyenne
sont associées à l’appareil branchial alors que l’oreille interne dérive de la placode otique.
2.1. Développement de l'oreille externe
Chez l’humain, l’oreille externe est composée du pavillon et du conduit auditif externe (CAE) encore
appelé méat acoustique externe).
2.1.1. Développement du pavillon
• Le pavillon de l’oreille externe provient de la différenciation de la partie proximale des 1er et
2ème arcs branchiaux. Il se forme trois voussures appelées colliculi, situées de part et d’autre de la fente
ectodermique séparant les deux arcs branchiaux. La croissance de ces colliculi conduit à la formation
du pavillon qui a une morphologie très complexe. Actuellement, on ne dispose d’aucune donnée fiable
permettant d’assigner à chaque colliculi un devenir précis au niveau du pavillon.
• L’histogénèse du pavillon de l’oreille entraîne la formation d’un cartilage gardant une très forte
densité cellulaire. Secondairement, ces chondrocytes produisent des fibres élastiques rendant compte
des propriétés très particulières de ce cartilage.
• Les malformations observées à ce niveau sont nombreuses :
• malformations majeures (aplasie majeure ou absence complète du pavillon de l’oreille)
• anomalies de forme du pavillon : très fréquentes (cas du tubercule de Darwin).
2.1.2. Développement du conduit auditif externe (CAE)
• Le CAE est considéré comme le résidu ou la marque de la fente ectodermique séparant le 1er du
ème
2 arc branchial. Une prolifération ectodermique croît vers la profondeur pour rejoindre la caisse du
tympan.
L’anneau tympanique qui est l’ébauche du futur os tympan et du rocher est formé par des cellules de la

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crête neurale. Ces cellules subissent une ossification membraneuse et forment l’anneau tympanique.
• L’induction du CAE se fait sous l’action l’anneau tympanique. En l’absence de l’anneau
tympanique, le conduit auditif externe ne se forme pas. Par ailleurs, le CAE est capable d’induire à son
tour, la formation du manche du marteau (maleus), un des osselets de l’oreille moyenne. Ainsi, une
absence d’anneau tympanique conduit à une agénésie du CAE et du manche du marteau. Cette
anomalie ossiculaire est secondaire à un défaut d’induction et n’est pas une malformation associée.
• Du fait de son origine branchiale, une anomalie de l’oreille externe doit faire rechercher des
anomalies associées dans le territoire dérivé de ces deux premiers arcs branchiaux. À l’extrême, il
s’agit d’une agénésie de la mandibule avec des oreilles externes localisées au niveau du cou formant
une otocéphalie. Cette malformation est fréquemment associée à une holoprosencéphalie.

Figure O2 : l’oreille et ses origines embryonnaire


2.1.3. Développement de l'oreille moyenne
• Chez l’adulte, l’oreille moyenne forme une cavité tapissée par un épithélium et contenant trois
osselets: le marteau (mallcus), l’enclume (incus) et l’étrier (stapes). Par ailleurs, il existe deux muscles
permettant la mise en tension de ce système ossiculaire: les muscles du marteau et de l’étrier. Les
fibres musculaires striées de ces muscles proviennent du mésoderme céphalique. Pour les autres tissus
conjonctifs y compris les tissus formant les osselets, leurs cellules proviennent de la crête neurale.
• L’épithélium de l’oreille moyenne se forme à partir d’un diverticule développé aux dépens de
l’endoderme de la 1ère poche endobronchiale. Ce diverticule s’allonge, donnant naissance et récessus
tubo-tympanique qui va progressivement se dilater au niveau du cul de sac pour former la caisse du
tympan ; Sa partie initiale effilée formera la trompe d’Eustache qui met en communication la caisse du
tympan et le pharynx. L’endoderme recouvre ainsi la face interne du tympan.
• Le tympan est revêtu superficiellement par un épithélium dérivé de l’ectoderme, en profondeur
par un épithélium d’origine endodermique. Les deux épithéliums, sont séparés par une couche de tissu

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conjonctif.
Ainsi, les tissus qui forment l’oreille moyenne proviennent des mêmes structures embryonnaires que
celles qui forment l’oreille externe.
• Dès la 7ème semaine, les précurseurs cartilagineux des trois osselets de l’oreille se condensent
dans le mésenchyme des 1ers et 2ème arc pharyngiens, près de la caisse du tympan. Vers le 9ème mois, la
caisse qui a grandi va englober les osselets ainsi que leurs muscles tenseurs apparus entre temps dans le
mésenchyme. De ce fait, les osselets se retrouveront entourés par l’endoderme.
La forme de ces osselets dépend aussi de facteurs extrinsèques. Ainsi, le manche du marteau ne se
forme pas en cas d’agénésie du CAE. De même, les branches de l’étrier se forment autour de l’artère
stapédienne, artère issue des arcs aortiques et qui régresse au cours du développement. Ainsi, si l’artère
stapédienne ne se forme pas, l’étrier a une forme anormale avec des branches qui se joignent sur la
ligne médiane.
• L’origine diverse des constituants explique la fréquence des associations de malformations de
l’oreille externe et de l’oreille moyenne ; devant toute malformation visible de l’oreille externe, il
convient de rechercher des malformations associées de l’oreille moyenne.
2.1.4. Le développement de l'oreille interne
• L’oreille interne dérive de l’ectoderme de surface qui s’épaissit focalement formant ainsi la
placode otique sous l’induction des molécules de la famille des FGF sécrétées par le tube neural
rhombencéphalique. la placode otique s’invagine progressivement dans le mésoderme sous-jacent et
finit par former la vésicule otique constituée d’un épithélium simple. Des cellules issues de la vésicule
otique quittent cet épithélium pour former les neurones sensoriels du nerf VIII (nerf acoustique et nerf
vestibulaire).
• Le reste de la vésicule otique subit des mouvements morphogénétiques complexes qui
entraînent la formation de l’épithélium du labyrinthe. Ce labyrinthe, dit membraneux, forme les
systèmes vestibulaire et cochléaire. Le système vestibulaire est formé des trois canaux
semi-circulaires, de l’utricule et du saccule. Le système cochléaire est représenté par la cochlée. Il
existe un gradient de différenciation, si bien que la partie vestibulaire se forme avant la partie
cochléaire.
L’épithélium de la vésicule otique donnera naissance aux cellules sensorielles sensibles à la position et
à la vitesse de rotation de la tête et du cou, ainsi qu’aux cellules auditives.
Le labyrinthe membraneux induit, par le biais d’une sécrétion de BMP4, les cellules
mésenchymateuses situées au voisinage à formelle labyrinthe osseux qui contient l’appareil sensitif.
• L’origine différente de l’oreille interne et des deux autres oreilles externe et moyenne, rend
compte de la rareté d’association des malformations de l’oreille interne avec celles des deux autres
composants. Par contre, une malformation de l’oreille interne est plus fréquemment associée à des
anomalies du système nerveux.

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Figures O3 ; Structures dérivées de l’ectoderme de surface, à l’origine de l’oreille interne

2.2. Anomalies de l’appareil auditif


• surdité par lésion de l'organe de Corti (oreille interne) ou des osselets (oreille moyenne)
• malformations de l'oreille externe souvent associées à d'autres malformations de la face ou à des
anomalies chromosomiques.
La responsabilité fréquente du virus de la rubéole et du toxoplasme dans la survenue de ces anomalies
est à souligner.

3. DÉVELOPPEMENT DU TÉGUMENT ET DE SES DÉRIVÉS


Le tégument (enveloppe du corps) est constitué par la peau et ses annexes. Ses multiples fonctions
(protection, régulation thermique, réception sensorielle) dépendent de ses éléments constitutifs. Les
éléments dérivés de l’ectoderme de surface se développent également pendant la vie fœtale: les uns
(les glandes cutanées) restent intra-cutanés tandis que les autres (les phanères), sont apparents et
caractérisés, comme l'épiderme par un processus de kératinisation.

3.1. Développement de la peau


Dès la délimitation de l’embryon, à la 4° semaine du développement, l’ectoderme de surface,
issue de l’ectoderme primitif se détache du tube neural et de la crête neurale, circonscrit complètement
l’embryon et se transforme en épiderme. Au cours du développement les couches sous-jascentes
(derme et hypoderme) se différencient à partir des éléments mésenchymateux provenant du
mésoblaste.

3.1.1. L'épiderme
• Au cours du 2ème mois du développement,
l’ectoderme de surface est un épithélium simple qui est le siège de nombreuses mitoses, aboutissant
vers la 9° semaine à la formation d’un épithélium bistratifié, l’une profonde germinative, l’autre,
superficielle faite de cellules aplaties, le périderme.
• Au cours du 3ème mois
les cellules de la couche germinative donnent naissance à des cellules polygonales qui s’intercalent
entre les deux couches primitives pour constituer une couche intermédiaire. A ce stade, l’ébauche de
l’épiderme va être colonisée par : des cellules migrant de la crête neurale qui se transforment en
mélanoblastes; ainsi que des cellules provenant de la moelle osseuse qui donneront les cellules de
Langerhans.
• Au cours du 5ème mois :
- Les cellules de la couche intermédiaire se différencient en kératinocytes dont la stratification et
l’évolution en plusieurs types cellulaires témoins de la kératinisation se précise pendant le dernier
trimestre du développement.
- Au niveau des extrémités des membres (plante des pieds et pulpe des orteils. surtout paume de la
main et pulpe des doigts) la surface de l’épiderme présente de fins bourrelets séparés de sillons qui
dessinent des boucles, des arches et des volutes.
Ces modifications qui définissent les empreintes (dermatoglyphes) sont spécifiques pour chaque
individu et dépendent de facteurs génétiques et mécaniques. Elles sont fixées définitivement à partir
de la fin du 5° mois de développement et présentent un intérêt clinique (parfois associées à certains
syndromes dysmorphiques) et médico-légal.
• Jusqu’à la naissance.
- les cellules de la couche superficielle de l’épiderme (couche cornée) desquament en surface et
constituent avec la sécrétion des glandes cutanées et les cellules amniotiques, un dépôt, le vernix

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caseosa, qui assure la protection du fœtus contre la macération.
- Ultérieurement le renouvellement de l’épiderme est assuré par le maintien de l’activité mitotique de
la couche basale (stratum germinativum). Ce processus perdure après la naissance et peut
s’intensifier en cas de destruction cutanée ou de processus inflammatoire local.

3.1.2. Le derme
Les cellules provenant du mésoblaste latéral somatique et des dermotomes (somitiques) se
développent au contact de l’épiderme pour former un tissu mésenchymateux (tissu conjonctif
immature).
• Au 3° mois du développement
la ligne de jonction dermo-épidermique devient sinueuse avec la formation des papilles dermiques
qui croissent vers la surface de la peau et séparent les zones profondes de l’épiderme (crêtes
épidermiques). Ce tissu conjonctif est dense, riche en fibres collagène et en fibres élastiques dans le
derme papillaire, plus lâche en profondeur (derme réticulaire).
Le derme est colonisé au cours de la vie fœtale par les mélanocytes migrant vers l’épiderme, par les
vaisseaux et par les fibres nerveuses du tact. L’arrêt de migration des mélanocytes dans le derme au
explique les nævi cutanés.
• A partir du 4° mois du développement.
Les cellules épidermiques profondes prolifèrent, bourgeonnent et s’enfoncent dans le derme pour
former les ébauches des poils et des glandes sudoripares.

3.1.3. L'hypoderme
Ce nom désigne la couche la plus profonde du derme, caractérisée par sa richesse en lobules graisseux.
Ce tissu très souple permet le glissement de la peau sur les plans profonds.
Des anomalies mineures du développement de la peau peuvent se révéler à la naissance en particulier
les variations des plis palmaires et des dermatoglyphes (parfois associées à des dysmorphies) ou les
anomalies de la pigmentation. Les autres anomalies, plus sévères, n’apparaîtront qu’au cours de
l’enfance telles les dyskératoses.

3.2. Développement des phanères


3.2.1. Les poils, les cils et les cheveux
Ces annexes se constituent à partir d’épaississements de la couche germinative de l’ectoderme qui
bourgeonnent au cours du 3° mois du développement pour donner les bourgeons pileux.
a) Formation des bulbes pileux
Chaque bourgeon s’enfonce obliquement dans le derme sous-jacent sous la forme d’un cordon
cellulaire plein dont l’extrémité est renflée constituant le bulbe pileux. Le derme situé à son contact
présente une zone de prolifération, qui se développe et s’invagine à l’intérieur du bulbe pileux pour
former la papille.
Au contact de la papille, les cellules ectodermiques voisines, dérivées du bulbe, réagissent et vont
constituer la matrice du poil, zone de prolifération située au centre de l’ébauche, qui se développe en
direction de la surface de l’épiderme en transformant les cellules dérivées du cordon initial en gaine
épithéliale externe. Les cellules dérivées de la matrice sont le siège d’une kératinisation particulière et
constituent la gaine épithéliale interne.
b) Formation du poil et de ses annexes
A partir du 4° mois,
• l’extrémité de l’ébauche du poil fait saillie à l’extérieur. Dès lors, la zone intra-épidermique
devient la racine du poil tandis que le segment externe forme la tige du poil.
• la gaine épithéliale externe est à l’origine d’un bourgeon secondaire qui s’enfonce dans le derme
pour constituer une glande sébacée dont la sécrétion participe pendant la vie fœtale à la formation du
vernix caseosa.
• une zone de différenciation apparaît au niveau du derme sous-jascent à cette ébauche glandulaire
où les cellules mésenchymateuses se transforment en myoblastes pour constituer le muscle érecteur du
poil.
c) Développement des poils
Les premières poussées pileuses donnent le lanugo qui est tris fin. Ceux-ci sont remplacés à la
naissance par le duvet, plus épais mais souple et peu colorés. Les poils définitifs, plus durs (riche en
kératine) et colorés apparaissent à la puberté. Leur pousse et leur renouvellement sont conditionnées
par une réactivation de la matrice et varient selon la localisation (cuir chevelu, face, aisselles, pubis) et
l’imprégnation hormonale.

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3.2.2. Les ongles
Ils apparaissent à la face dorsale de l’extrémité des doigts et des orteils vers la 10° semaine du
développement sous la forme d’une zone épaissie quadrangulaire de l’épiderme constituant le lit
primitif de l’ongle.
a) La matrice de l'ongle
La matrice de l’ongle se constitue au cours du 3° mois. Elle provient d’un repli de l’épiderme au niveau
de la zone proximale du lit primitif qui s’invagine obliquement vers l’ébauche osseuse de la phalange
distale.
b) L'ébauche de l'ongle
Elle résulte d'un double processus de kératinisation:
• l’une située au niveau du centre du lit primitif aboutit à la formation de cellules cornées dont
l’accolement forme la plaque unguéale bien visible au 5° mois du développement,
• l’autre située au niveau de la matrice élabore des fibres cornées accolées dont les couches
poussent la plaque unguéale vers l’extrémité du doigt ou de l’orteil.
c) La croissance des ongles
La croissance des ongles continuera au cours du dernier trimestre de la grossesse et après la
naissance selon les mêmes modalités : kératinisation molle au niveau du lit de l’ongle, kératinisation
dure au niveau de la matrice.
Les anomalies du développement des ongles sont rares et observées dans le cadre d’anomalies
chromosomiques ou de dysplasies ectodermiques touchant d’autres dérivés de l’ectoderme. Les
variations de taille et de forme, sans caractère pathologique, sont le plus souvent le reflet de la forme
des phalanges sous-jascentes.

3.3. Développement des glandes cutanées


Situées dans le derme et l’hypoderme, ces glandes dérivent d’une invagination de l’épiderme dans le
derme.
Ce sont les glandes sudoripares, les glandes sébacées et les glandes mammaires qui sont considérées
comme des glandes sudoripares particulières issues des crêtes mammaires.

3.3.1. Les glandes sébacées


Elles naissent à partir d’un bourgeon secondaire de bourgeons pileux (glandes annexées aux poils) ou à
partir d’un bourgeon épidermique (glandes non annexées aux poils).
• Dans le premiers cas : un bourgeon secondaire de la gaine épithéliale externe de l’ébauche du
poil s’enfonce dans le derme au 4° mois du développement. Ce bourgeon secondaire initial se
démultiplie rapidement formant des alvéoles séparées par des cloisons. Les cellules dérivées de la
couche basale prolifèrent et repoussent les plus anciennes vers le centre de l’ébauche glandulaire où
s’accumulent les débris cellulaires et la sécrétion graisseuse des cellules plus jeunes. Ce mélange
appelé sébum est évacué vers l’extérieur par le canal excréteur et la gaine du poil à partir du 6°mois du
développement.
• Dans le deuxième cas, un petit nombre de glandes sébacées naissent plus tardivement à partir
de bourgeons épidermiques indépendants des poils, leur structure et leur évolution sont identiques aux
précédentes.
Quelques glandes sébacées sont particulières en raison de leur localisation (paupières, organes
génitaux externes) et de leur fonction.

3.3.2. Les glandes sudoripares eccrines


Elles proviennent d’invaginations de l’épiderme qui apparaissent au 4° mois du développement sur
toute la surface de la peau en particulier la paume des mains et la plante des pieds. Ces invaginations
plongent en profondeur jusqu’au niveau de l’hypoderme où elles forment un peloton à l’origine de
l’unité glandulaire.
Les cellules sécrétrices, cubiques, disposées sur une seule couche, sont entourées par des cellules
contractiles (myo-épithéliales). La portion rectiligne initiale deviendra le canal excréteur ; celui-ci
s’ouvrira à l’extérieur par un conduit spiralé bordé par les cellules épidermiques, après la naissance, au
début de la sécrétion sudorale.

3.3.3. Les glandes sudoripares apocrines


Elles proviennent d’un bourgeon secondaire de l’ébauche pileuse, comme les glandes sébacées. Le
peloton glandulaire est souvent situé plus en profondeur que celui des glandes sudoripares eccrines ; le

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canal excréteur s’ouvre dans le canal pilo-sébacée. Elles siègent dans les régions ano-génitales, les plis
inguinaux, les creux axillaires, l’aréole de la glande mammaire. Elles se développent la naissance et ne
deviennent fonctionnelles qu’à partir de la puberté. Quelques glandes sudoripares apocrines
particulières siègent au niveau du bord des paupières (glandes de Moll) et du méat acoustique externe
(glandes cérumineuses).
3.3.4. Les glandes mammaires
Elles ressemblent aux glandes sudoripares apocrines par leurs modalités de développement et leur structure
histologique
a) Développement des glandes mammaires
• A partir de la 4ème semaine, des lignes d’épaississement de l’épiderme appelées crêtes mammaires
apparaissent de chaque côté de la ligne médiane, dessinant une courbe allant de la région axillaire à la région
inguinale.
• A partir de la 5° semaine, le bourgeon primaire nait de la crête mammaire, s’invagine et s’enfonce
dans le derme sous-jascent puis se divise en bourgeons secondaires. Les cellules situées à l’extrémité des
bourgeons secondaires s’organisent en acinus sécrétoires tandis que la partie proximale du bourgeon est à
l’origine d’un canal galactophore qui se creuse progressivement au cours du dernier trimestre de la grossesse.
• Au cours de la période post-natale, les hormones maternelles peuvent entrainer une stimulation des
cellules glandulaires avec une sécrétion transitoire.
• Au cours de l’enfance, la glande mammaire reste au repos.
• A la puberté, chez la jeune fille, le développement des unités glandulaires et des canaux galactophores
reprend associé à celui du tissu conjonctif de voisinage (fibres collagène et lobules d’adipocytes); l’ensemble
constitue la mamelle dont la pointe forme un relief, le mamelon (où s’ouvrent les canaux galactophores)
entouré d’une zone pigmentée de l’épiderme, l’aréole.
• A l’âge adulte, chez la femme, la glande mammaire se modifiera au cours du cycle menstruel et surtout
au cours de la grossesse et de la lactation où elle atteindra son développement maximum.
b) Les anomalies du développement des glandes mammaires
ont souvent peu de conséquences : des mamelons ombiliqués ou très écartés peuvent être observés dans
certaines anomalies chromosomiques, un mamelon surnuméraire peut persister sur le trajet des crêtes
mammaires, il s’accompagne rarement d’une glande mammaire surnuméraire.
Les amasties sont rares.

Conclusion :
Le développement des annexes présente des similitudes, et font intervenir l’ectoderme de surface et le
tube neural et ou les cellules de la crête neurale. La complexité des mécanismes mis en jeu justifie les
différentes malformations rencontrées et leurs associations. Certaines de ces malformations sont
isolées, d’autres sont associées.

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