1/En cas de violation du pacte de préférence :
A/ le bénéficiaire peut engager la responsabilité extracontractuelle du promettant pour
obtenir des dommages-intérêts
B/ le bénéficiaire peut demander la nullité du contrat conclu avec le tiers
C/ le bénéficiaire peut demander au juge de remplacer le tiers dans le contrat
conclu
D/ Aucune des réponses ne convient
Réponse commentée : Les sanctions possibles en cas de violation du pacte de préférence
sont mentionnées à l’article 1123 du Code civil. Tout d’abord, si un contrat est conclu avec un
tiers en violation du pacte de préférence, le bénéficiaire peut tout d’abord engager la
responsabilité civile du promettant pour obtenir des dommages-intérêts.
Il s’agit cependant d’une responsabilité contractuelle, fondée sur les articles 1231-1 et
suivants, puisque fondée sur l’inexécution du pacte de préférence (qui est un contrat !). Par
ailleurs, le bénéficiaire peut demander la nullité du contrat conclu avec le tiers s’il parvient à
prouver que le tiers connaissait l’existence du pacte de préférence et si le tiers connaissait
l’intention du bénéficiaire de s’en prévaloir. Le bénéficiaire peut d’ailleurs – aux mêmes
conditions – demander au juge de remplacer le tiers dans le contrat conclu.
2/En cas de vice du consentement :
A/ la nullité absolue peut être prononcée
B/ toute personne intéressée peut agir
C/ le délai pour agir est de 10 ans
D/ Aucune des réponses ne convient
Réponse commentée : Ici, aucune des réponses ne convient. En effet, l’existence d’un vice du
consentement est une cause de nullité relative du contrat (art. 1131 C. civ.), ce qui implique
que seul le contractant lésé (ou son représentant) peut agir. Par ailleurs, le délai pour agir en
nullité est de 5 ans, et non 10 ans (art. 2224 C. civ.).
3/En principe, chacune des parties à un contrat à durée déterminée peut mettre fin au
contrat avant le terme.
A/ Vrai
B/ Faux
Réponse commentée : C’est faux ! Contrairement à ce qui se passe pour les contrats à durée
indéterminée, le contrat à durée déterminée doit être en principe exécuté jusqu’au bout. Cette
règle est rappelée par l’article 1212 du Code civil : « Lorsque le contrat est conclu pour une
durée déterminée, chaque partie doit l’exécuter jusqu’à son terme. »
4/A quel article le principe de force obligatoire du contrat est-il consacré ?
A/ article 1101 du Code civil
B/ article 1102 du Code civil
C/ article 1103 du Code civil
D/ article 1104 du Code civil
Réponse commentée : Le principe de force obligatoire du contrat est le principe selon lequel
les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faits, il est énoncé à
l’article 1103 du Code civil. L’article 1101 du Code civil est relatif à la définition du contrat,
l’article 1102 du Code civil porte sur le principe de liberté contractuelle, l’article 1104 du Code
civil est quant à lui relatif au principe de bonne foi.
5/En cas de non-respect d’un contrat de négociation, la responsabilité contractuelle de
la partie défaillante peut être engagée.
A/ Vrai
B/ Faux
Réponse commentée : Si l’une des parties ne respecte pas les obligations prévues dans le
contrat de négociation, l’autre partie pourra alors engager la responsabilité de la partie
défaillante. Il s’agit d’une responsabilité contractuelle puisqu’ici c’est la violation d’un
engagement contractuel (le contrat de négociation) qui est la source de la responsabilité.
6/En principe, en droit français, un contrat se forme par la rencontre d’une offre et ___
A/ d’une demande
B/ d’une validation
C/ d’une confirmation
D/ Aucune des réponses ne convient
Réponse commentée : En principe, en droit français, un contrat se forme par la rencontre
d’une offre et d’une acceptation de cette offre. Cette solution est affirmée expressément à
l’article 1113 du Code civil : « Le contrat est formé par la rencontre d’une offre et d’une
acceptation par lesquelles les parties manifestent leur volonté de s’engager. »
7/Comment s’appelle la somme d’argent généralement versée par le bénéficiaire d’une
promesse au promettant qui sert à compenser le préjudice subi par le vendeur en
raison de l’immobilisation du bien pendant le délai d’option ?
A/ Une indemnité d’éviction
B/ Une indemnité d’occupation
C/ Une indemnité d’immobilisation
D/ Une indemnité de congés payés
Réponse commentée : C’est l’indemnité d’immobilisation. Elle permet de compenser le
préjudice subi par le vendeur qui ne peut pas vendre son bien durant le délai d’option. Cette
somme d’argent est versée au moment de la conclusion de la promesse unilatérale. Si la
vente définitive est conclue, la somme vient s’imputer sur le prix final. Sinon, si la vente
définitive n’est pas conclue, le promettant conserve la somme.
8/La fixation unilatérale du prix est possible dans :
A/ les contrats à titre onéreux
B/ les contrats-cadre
C/ les contrats à exécution instantanée
D/ les contrats de prestation de services
Réponse commentée : En principe, le prix doit être déterminé ou déterminable au moment de
la conclusion du contrat. Cependant, par exception, la loi admet 2 cas dans lesquels la fixation
unilatérale du prix est possible. C’est le cas pour les contrats-cadre : « Dans les contrats
cadre, il peut être convenu que le prix sera fixé unilatéralement par l’une des parties, à charge
pour elle d’en motiver le montant en cas de contestation » (art. 1164 C. civ.).
C’est le cas aussi pour les contrats de prestation de services (ex : contrat de mandat, contrat
de construction) : « Dans les contrats de prestation de service, à défaut d’accord des parties
avant leur exécution, le prix peut être fixé par le créancier, à charge pour lui d’en motiver le
montant en cas de contestation » (art. 1165 C. civ.).
9/Quel auteur est à l’origine de la théorie moderne des nullités ?
A/ Montesquieu
B/ Portalis
C/ Carbonnier
D/ Japiot
Réponse commentée : C’est René Japiot qui, dans sa thèse de doctorat, a développé une
nouvelle théorie des nullités. Sa thèse s’intitule « Des nullités en matière d’actes juridiques.
Essai d’une théorie nouvelle » (1909).
10/L’imprévision désigne la situation dans laquelle un déséquilibre des prestations qui
existe au moment de la conclusion du contrat.
A/ Vrai
B/ Faux
Réponse commentée : Totalement faux ! Certes, l’imprévision désigne le cas dans lequel un
déséquilibre des prestations. Cependant, ce déséquilibre des prestations intervient en cours
d’exécution du contrat (il n’existe pas au moment de la conclusion du contrat).L’imprévision ne
doit donc pas être confondue avec la lésion qui, elle, correspond à un déséquilibre des
prestations au moment de la conclusion du contrat.
1/ On dit qu’une nullité est « relative » lorsque …
a/ Le ne vice ne revêt pas un degré important de gravité
b/ La condition de validité qui fait défaut vise à protéger les intérêts de l’un des contractants
seulement
c/ Il s’agit d’un contrat solennel
Il s’agit de la réponse b/
La réponse a/ donne une conception de la nullité relative qui était celle de la doctrine du XIX e siècle.
2/ Laquelle des phrases suivantes est correcte ?
a/ Les dispositions du code civil ne prévoient pas, pour chaque condition de validité, la nature (relative ou
absolue) de la nullité encourue. Il revient au juge de déterminer la nature de la nullité encourue au cas par
cas
b/ Les dispositions du code civil prévoient expressément, pour chaque condition de validité, la nature
(relative ou absolue) de la nullité encourue
c/ Les dispositions du code civil prévoient expressément, pour certaines conditions de validité,
la nature (relative ou absolue) de la nullité encourue
Nous reconnaissons que cette question n’est pas évidente. Mais il est intéressant de pouvoir répondre à ce
type de questions. Cela vous donne une vision globale de la matière et de ses sources. Une vision qui sera
très certainement appréciée et valorisée par votre correcteur.
En l’occurrence ici, le code civil ne prévoit pas expressément, pour chaque condition de validité, la nature
de la nullité encourue, mais seulement pour certaines conditions de validité. C’est le cas, par exemple,
de l’article 1131 du code civil, relatif aux vices du consentement, qui prévoit expressément que « les vices
du consentement sont une cause de nullité relative du contrat ».
3/ La violation d’une règle d’ordre public constitue une cause de nullité …
a/ … absolue
b/ … relative
c/ … Ça dépend.
La tendance serait de répondre nullité absolue. Toutefois, ça n’est pas toujours le cas ! En effet, tout
dépend de savoir si la règle violée a trait à l’ordre public de protection ou à l’ordre public de direction.
Par exemple, s’agissant d’une règle d’ordre public de protection du consommateur, il serait illogique et
contraire à l’esprit de la distinction nullité absolue / nullité relative, de permettre au professionnel
d’invoquer la nullité du contrat, pour manquement à une règle ayant vocation à protéger le
consommateur.
4/ Les vices du consentement sont toujours une cause de nullité …
a/ … absolue
b/ … relative
c/ … Ca dépend.
Relative bien sûr ! Cette règle est expressément prévue à l’article 1131 du code civil (voir ci-dessus).
5/ En cas de décès de l’un des contractants, les ayants cause à titre universel peuvent engager
une action en nullité relative.
a/ Vrai
b/ Faux
En effet, par le mécanisme de la succession ab inesta, les ayants cause à titre universel se voient
transmettre l’ensemble des droits, dettes et actions du défunt. Ils peuvent donc intenter l’action en nullité
relative à la place du défunt, car ils sont les « continuateurs » du titulaire originaire de l’action. Cette règle
est importante à savoir pour un cas pratique !
6/ En cas de cause de nullité absolue, tout tiers au contrat peut en solliciter la nullité.
a/ Vrai
b/ Faux, encore faut-il qu’il démontre un intérêt à agir, même moral
c/ Faux, encore faut-il qu’il démontre un intérêt à agir, d’ordre patrimonial
En effet, les tiers au contrat peuvent en solliciter la nullité, s’il s’agit d’une cause de nullité absolue, mais
encore faut-il démontrer un intérêt à agir d’ordre patrimonial (jurisprudence constante).
7/ Une action en nullité relative soulevée par voie d’exception est…
a/ imprescriptible
b/ soumise à une prescription de 5 ans
c/ soumises à une prescription de 5 ans ou 30 ans dans certains cas
En effet, lorsque la nullité est invoquée par voie d’action, la prescription quinquennale (5 ans) de droit
commun s’applique (article 2224 du code civil).
En revanche, par voie d’exception, la demande de nullité est perpétuelle, et ce d’après une jurisprudence
constante, faisant application de l’adage quat temporalia sunt ad agendum perpetua sunt
excipiendum (« l’action est temporaire, l’exception est perpétuelle »).
Pour rappel : la nullité est invoquée par voie d’exception lorsque le défendeur la soulève comme moyen
de défense.
Exemple : pour solliciter le débouté d’une demande d’exécution forcée du contrat, le défendeur va
invoquer devant le juge la nullité de l’acte.
Il est important de connaitre les règles en matière de prescription, pour avoir de bons réflexes lors d’un
cas pratique.
En effet, dire que « l’action en nullité est recevable » alors que d’après les faits du cas pratique, l’action
risque de se heurter à la prescription, pourra vous être lourdement sanctionné par votre correcteur. A
l’inverse, dire, pour aller plus loin, qu’ « il en serait différent si la demande de nullité était soulevée par
voie d’exception » sera très certainement récompensé !
8/ La confirmation d’un acte nul est possible dans les seules hypothèses de nullité relative du
contrat.
a/ Vrai
b/ Faux
En effet, il s’agit d’une solution jurisprudentielle, aujourd’hui prévue à l’article 1181, alinéa 2 du code civil.
Attention : la confirmation est exclue dans les cas de nullité absolue, puisque la volonté de l’un des
contractant ne peut faire échec à la mise en œuvre d’une règle imposée dans l’intérêt général. Il s’agit
d’une solution également jurisprudentielle, et aujourd’hui expressément prévue à l’article 1180, alinéa 2
du code civil.
9/ Un même contrat est subdivisé en deux « sous-contrats ». Par exemple : un contrat de
cession de parts, et un contrat de porte-fort (exemple issu du sujet du CRFPA 2019. A ce
propos, cliquez ici pour accéder au corrigé de l’épreuve de droit des obligations CRFPA 2019).
Le contrat de cession de parts est frappé de nullité pour vice du consentement.
Quel est le sort de l’engagement de porte-fort ?
a/ La nullité du contrat de cession de parts entraîne la nullité de l’engagement de porte-fort
b/ Le principe est celui de la nullité partielle. Donc l’engagement de porte-fort reste valable
c/ Il convient de se poser la question de savoir si l’engagement de porte-fort n’a pas été conclu
en considération du contrat de cession de parts, auquel cas la nullité du contrat de cession de
parts entraine la nullité de la promesse de porte-fort
En effet, la règle est posée à l’article 1184 du code civil, qui prévoit que « lorsque la cause de nullité
n’affecte qu’une ou plusieurs clauses du contrat, elle n’emporte nullité de l’acte tout entier que si cette ou
ces clauses ont constitué un élément déterminant de l’engagement des parties ou de l’une
d’elles ».
10/ La nullité entraîne par principe des obligations de restitutions réciproques. Les restitutions
sont néanmoins compliquées à mettre en œuvre pour …
a/ Les contrats réels
b/ Les contrats unilatéraux
c/ Les contrats à exécution successive
d/ Les contrats innommés
Les restitutions sont en effet difficiles à mettre en œuvre pour un contrat à exécution successive, puisque
par définition, le contrat a été « exécuté » plusieurs fois… (exemple : dans un contrat de travail).