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Vulnérabilités des réseaux électriques à Lubumbashi

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CHAPITRE II.

PRÉSENTATION DE LA ZONE D’ÉTUDE ET


VULNÉRABILITÉS DES RÉSEAUX ÉLECTRIQUELES
FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES

II.1 Introduction
Les changements climatiques, tels que l’augmentation des températures, les précipitations
irrégulières et les événements extrêmes, posent des défis majeurs aux réseaux électriques.

Dans ce chapitre, nous présenterons la zone d’étude, Lubumbashi, et en particulier la sous


station CRAA et ses infrastructures, où nos études seront beaucoup plus approfondies en
rapport avec notre travail et analyserons comment les conditions climatiques locales affectent
les infrastructures électriques. En nous appuyant sur les caractéristiques géographiques,
climatiques et techniques de la région, nous identifierons les vulnérabilités des lignes
aériennes, des transformateurs et autres composants critiques face aux aléas climatiques. Cette
analyse servira de base pour évaluer les risques et proposer des solutions dans les chapitres
suivants.

II.2 Présentation de la ville de Lubumbashi et ses infrastructures


Les changements climatiques, tels que l’augmentation des températures, les précipitations
irrégulières et les événements extrêmes, posent des défis majeurs aux réseaux électriques.
Dans ce chapitre, nous présenterons la zone d’étude, Lubumbashi, et en particulier la sous
station CRAA et ses infrastructures, où nos études seront beaucoup plus approfondies en
rapport avec notre travail et analyserons comment les conditions climatiques locales affectent
les infrastructures électriques. En nous appuyant sur les caractéristiques géographiques,
climatiques et techniques de la région, nous identifierons les vulnérabilités des lignes
aériennes, des transformateurs et autres composants critiques face aux aléas climatiques. Cette
analyse servira de base pour évaluer les risques et proposer des solutions dans les chapitres
suivants.

II.2.1 Localisation Géographique


La ville de Lubumbashi se trouve dans le sud de la République démocratique du Congo,
précisément dans la zone du deuxième parallèle sud de l’équateur, au 27 e méridien. Elle est
localisée à 11° 39’ 57’’ de latitude sud et 27° 28’ 25’’ de longitude est, au cœur de la sous-
région du Haut-Katanga. Bien qu’elle soit au centre du continent africain, Lubumbashi est
facilement accessible par route, chemin de fer ou avion. Elle se situe à environ 1 570
kilomètres de Kinshasa et à 1 720 kilomètres de Matadi. Établie à une altitude de 1 250
mètres, la ville couvre une superficie de 747 km², s’étendant sur un plateau légèrement
ondulé. Le climat est marqué par des températures oscillant entre 13°C à l’ombre pendant la
saison sèche et pouvant atteindre jusqu’à 30°C lors des années les plus chaudes.

 Au nord, la limite correspond au domaine de l’aéroport et aux quartiers de la


commune annexe qui forment une ceinture autour de la ville.
 Au sud, elle s’étend à partir du confluent des rivières Masimba et Kafubu vers
l’amont, jusqu’à la limite de l’ancienne route Munama, en passant par le point de
rencontre entre la rivière kavubu et la rivière Lubumbashi canalisée.
 À l’est, la limite part du nord-est du domaine de l’aéroport, formant une ligne droite
jusqu’au confluent de la rivière Kafubu, en suivant la vallée de celle-ci.
 À l’ouest, elle englobe les quartiers et les fermes ceinturant la ville en direction de
Kipushi. L’ensemble couvre une superficie d’environ 747 km².

La figure II.1 illustre les données cartographiques de la ville de Lubumbashi et ses


infrastructures.

Figure II.1. Données cartographiques de la ville de Lubumbashi


II.2.2 Caractéristiques géographiques et environnementales (relief,
végétation, etc.).
La périphérie de la ville de Lubumbashi est principalement couverte de savane boisée,
ponctuée de quelques galeries forestières dans sa partie nord. Le relief de la région se
distingue par :

 Un plateau légèrement incliné du nord vers le sud-est


 De nombreuses vallées accueillant des fermes agropastorales et agricoles
 Un sol composé de sable, d’argile et de limon argileux.

II.2.3 Climat de la Région


La ville de Lubumbashi bénéficie d’un climat tropical marqué par l’alternance de deux
saisons :

 La saison sèche
 La saison de pluies.

a. La saison de pluies

La saison pluvieuse à Lubumbashi s’étend sur environ sept mois, allant de fin octobre à mai.
Cette période est marquée par une forte humidité relative et des précipitations abondantes. Le
mois de décembre enregistre généralement le maximum des précipitations, atteignant en
moyenne 224 mm, ce qui correspond à des orages fréquents accompagnés parfois de vents
violents.

Pendant cette saison, les températures restent élevées, avec des moyennes oscillant entre 25°C
et 30°C pendant la journée, bien que les nuits soient légèrement plus fraîches. Cette période
est cruciale pour l’agriculture et le remplissage des réservoirs hydroélectriques tels que ceux
de Mwadingusha et Nzilo, qui alimentent les infrastructures énergétiques localr.

b. Saison sèche

La saison sèche, qui dure environ cinq mois (de juin à octobre), est marquée par une absence
quasi-totale de précipitations. Cette période se caractérise par un air sec et des températures
modérées en journée, mais les nuits peuvent être particulièrement froides. Le mois de juillet
est le plus froid, avec des températures minimales atteignant parfois 18,5°C ou moins.
Les vents alizés dominent cette saison, contribuant à la dispersion de l’humidité et à un ciel
dégagé, favorisant une perte thermique accrue des sols et des structures comme les lignes
électriques. Ces variations saisonnières influencent directement la gestion et la maintenance
des réseaux électriques locaux, notamment en raison de l’impact de la sécheresse sur les
barrages et de la dilatation thermique des conducteurs.

II.2.4 Données climatiques historiques et projections futures


Les données météorologiques sur les cinquante dernières années, fournies par l’Institut
National de la Météorologie, révèlent une tendance progressive à la hausse des températures
moyennes dans la région. En effet, depuis les années 1980, la température moyenne annuelle a
augmenté d’environ 0,5 à 1°C. Ce phénomène est attribué au réchauffement climatique
global, qui affecte également Lubumbashi. De plus, une variabilité accrue des précipitations a
été observée, avec une répartition plus irrégulière des pluies au cours des dernières décennies.
Les périodes de sécheresse prolongée sont devenues plus fréquentes, alternant avec des
épisodes de pluies intenses qui augmentent le risque d’inondations. Les projections
climatiques pour les prochaines décennies, basées sur les modèles du Groupe d’experts
intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), indiquent que Lubumbashi pourrait
connaître une hausse des températures moyennes de 1,5 à 3°C d’ici la fin du 21 ème siècle,
selon les scénarios d’émissions de gaz à effet de serre. Cette augmentation des températures
pourrait exacerber les conditions de chaleur extrême, particulièrement en saison sèche, avec
des conséquences notables sur la performance des infrastructures électriques. (Rapport de
synthèse du GIEC, 2023).

En parallèle, les projections prévoient également une intensification des épisodes pluvieux,
avec une augmentation des précipitations totales annuelles, mais concentrées sur une période
plus courte. Ce changement dans la répartition des pluies pourrait poser des défis importants
pour la gestion des infrastructures, notamment en termes de résistance aux inondations et à
l’érosion des sols. Les vents violents associés à ces événements climatiques extrêmes
représentent également une menace pour la stabilité des lignes électriques et des pylônes.
Ainsi, les changements climatiques attendus dans la région de Lubumbashi, qu’il s’agisse de
l’augmentation des températures ou des précipitations plus intenses et irrégulières, rendent les
infrastructures électriques particulièrement vulnérables. Il devient donc impératif d’anticiper
ces évolutions climatiques pour adapter et renforcer le réseau électrique local, afin de garantir
une résilience face aux défis à venir.
II.2.5 Infrastructures Électriques de Lubumbashi
Le réseau électrique de Lubumbashi est majoritairement alimenté par la Société Nationale
d’Électricité (SNEL). Cette entreprise gère la production, le transport et la distribution de
l’électricité. Le réseau comprend des lignes à haute tension qui transportent l’électricité
produite dans différentes centrales électriques, puis la distribuent aux postes de transformation
pour un usage industriel, commercial et domestique.

Figure II.2, illustre un schéma général de répartition électrique de la ville de Lubumbashi.

Figure II.2. Schéma général de répartition d’électricité de la ville de Lubumbashi


II.2.5.1 La production
La ville de Lubumbashi dépend principalement de l’électricité produite par les barrages
hydroélectriques de Mwadingusha et de Nzilo, situés dans la province du Haut-Katanga. Ces
infrastructures jouent un rôle crucial dans l’approvisionnement énergétique de la région, en
répondant partiellement à la demande croissante en électricité. Cependant, ces barrages, bien
qu’importants, font face à des défis considérables tels que l’usure des équipements, la
diminution de la capacité des réservoirs en raison de l’envasement, et des périodes prolongées
de réhabilitation. Ces problèmes réduisent leur efficacité, entraînant des pénuries d’électricité
chroniques et de fréquents délestages.
De plus, la dépendance de la ville à ces infrastructures met en évidence l’absence d’une
diversification énergétique adéquate. La production d’électricité, largement insuffisante pour
répondre aux besoins industriels, domestiques et commerciaux de la ville, est souvent
perturbée par des facteurs environnementaux et techniques. La SNEL, en tant qu’opérateur
principal, est confrontée à d’importants défis de gestion et d’entretien, aggravant ainsi les
interruptions dans la fourniture d’électricité.

La figure II.3, illustre la centrale de production hydroélectrique de Inga I.

Figure II.3. Centrale hydroélectrique électrique de Inga I

II.2.5.2 Le transport
L’électricité produite est acheminée via un réseau de lignes haute tension, qui constitue la
colonne vertébrale du système électrique régional. Ces lignes relient les barrages aux postes
de transformation situés dans et autour de Lubumbashi. Parmi les lignes les plus notables se
trouve la ligne Inga-Shaba, un réseau de courant continu haute tension (HVDC) considéré
comme l’une des plus longues et des plus importantes infrastructures de transport électrique
en Afrique. Cette ligne de 1 700 km, construite dans les années 1980, relie le barrage d’Inga,
situé dans l’ouest du pays, aux régions minières du Katanga, dont Lubumbashi.

Cependant, les lignes de transport sont souvent confrontées à des défis tels que la surcharge,
les pertes électriques liées aux longues distances, ainsi que des dommages causés par des
facteurs climatiques (vents violents, précipitations intenses) ou humains (vandalisme, vol de
câbles). Ces défis nécessitent des interventions régulières pour maintenir la fiabilité du réseau.

La figure II.5, donne une présentation de la ligne Inga.


Figure II.4. Lignes Inga
II.2.5.3 La distribution
Le réseau de distribution d’électricité à Lubumbashi comprend des lignes à moyenne et basse
tension, conçues pour desservir les zones industrielles, résidentielles et commerciales. Ce
réseau est vital pour alimenter les grandes industries minières de la région, ainsi que les
quartiers urbains et périphériques. Cependant, les infrastructures de distribution, largement
vieillissantes, sont marquées par une série de problèmes :

 Fréquentes pannes électriques dues à un entretien insuffisant et à la surcharge du


réseau.
 Vols de câbles, un problème récurrent affectant particulièrement les zones moins
sécurisées.
 Surcharge des transformateurs, qui ne peuvent plus répondre efficacement à la
demande croissante.

Le réseau électrique urbain de Lubumbashi est reparti sur différents niveaux de tension,
structurés comme suit :

 La haute tension
 La moyenne tension
 La basse tension

II.[Link] La haute tension


La haute tension (HT) regroupe les tensions élevées, principalement à 120 kV et 220 kV,
utilisées pour le transport d’électricité sur de longues distances. Ces niveaux sont nécessaires
pour :

 Minimiser les pertes d’énergie dues à l’effet Joule (proportionnel à l’intensité du


courant).

Les pertes d’énergie dues à l’effet joules sont données par la relation suivante :
2
P=I × R(T ) (II-
1)
Avec :

- P : la puissance dissipée sous forme de chaleur en Watts ;


- I : le courant traversant le conducteur en Ampères ;
- R la résistance électrique du conducteur en Ohm.
 Relier les sources de production (barrages hydroélectriques, centrales thermiques) aux
postes de transformation urbains comme le poste de Karavia de Lubumbashi.
 Permettre une intégration efficace des infrastructures de production comme les
barrages réhabilités de Mwadingusha et de Nzilo.

II.[Link] La moyenne tension


La moyenne tension (MT), définie par des niveaux de 6,6 kV, 15 kV et 50 kV, sert
principalement à la distribution locale. Elle constitue une étape intermédiaire entre la haute
tension et la basse tension.

Son application est essentielle pour diverses raisons, tels que :

 Alimentation des industries

Ces tensions sont adaptées aux grandes installations industrielles nécessitant des puissances
importantes.

 Distribution commerciale

Elles servent à alimenter les centres commerciaux et autres infrastructures de services.

 Réseau interconnecté

La moyenne tension assure une connexion fiable entre les postes haute tension et les
transformateurs de quartier.

II.[Link] La basse tension


La basse tension (BT), comprise entre 0,23 kV et 0,5 kV, est destinée à l’alimentation directe
des consommateurs finaux, notamment :

 Les foyers résidentiels.


 Les commerces et petites entreprises.
II.2.6 Description des lignes électriques
Ce sont des lignes haute tension.

En effet, le réseau urbain de Lubumbashi est alimenté par deux arrivées à savoir :

 Arrivée Poste KARAVIA où nous avons deux lignes de 220kV ;


 Arrivée MWADINGUSHA via SHILATEMBO où nous n’avons qu’une seule ligne de
120kV.

II.2.6.1 Ligne de 220 kV


La ligne de 220 kV alimente le jeu de barres à 220 kV, à partir duquel trois lignes principales
sont dérivées. Deux de ces lignes sont connectées à un poste de transformation qui abaisse la
tension de 220 kV à 120 kV, puis à 15 kV pour alimenter divers réseaux locaux. Ce poste
utilise deux transformateurs interconnectés, dont les secondaires se connectent au jeu de
barres de 120 kV de l’arrivée de Mwadingusha, tandis que le tertiaire du premier
transformateur est relié à un jeu de barres séparé via un autotransformateur. La troisième ligne
à 220 kV dessert le poste STL, un poste de grande importance pour la stabilité du réseau.

II.2.6.2 Ligne de 120 kV


Cette ligne provenant directement de la centrale hydroélectrique de Mwadingusha alimente le
poste ZIL (120/15 kV) ainsi que le complexe industriel CHEMAF. À partir de cette ligne, un
point de jonction permet de créer une ligne secondaire se connectant au jeu de barres 120 kV,
renforçant la capacité de distribution. Plusieurs lignes sont ensuite dérivées de ce jeu de
barres, notamment vers Kipushi et SNCC, où des transformateurs 120/25 kV assurent
l’alimentation des équipements ferroviaires (caténaire). Les lignes restantes desservent deux
autres postes interconnectés, qui abaissent la tension à des niveaux de 50 kV et 6,6 kV pour
alimenter des quartiers résidentiels et industriels, comme celui de GECAMINES.

Enfin, le jeu de barres 50 kV se prolonge vers l’université de Lubumbashi (UNILU), où


l’électricité est abaissée à 15 kV pour alimenter divers secteurs de la ville.

II.2.6.3 Les cabines


Ces différents niveaux de tension sont choisis pour optimiser le coût global du réseau, en
équilibrant les coûts d’installation des infrastructures avec les pertes énergétiques qui
surviennent lors du transport de l’électricité. Les cabines du réseau électrique urbain de
Lubumbashi sont approvisionnées à partir de divers points clés, incluant à la fois les anciens
et nouveaux répartiteurs, ainsi que plusieurs postes et sous-stations.
L’ancien répartiteur, la sous-station de LUKAFU, la sous-station de LUBUMBASHI, et deux
Boosters du nouveau répartiteur sont interconnectés pour assurer l’alimentation des cabines et
des postes montés sur poteaux dans la commune de Lubumbashi. Ces infrastructures
permettent de garantir une distribution fiable de l’électricité en fonction des caractéristiques
de chaque zone desservie.

Les différentes cabines du réseau sont à l’origine de plusieurs départs qui alimentent divers
consommateurs en électricité. La longueur de ces départs est déterminée par l’intensité de
courant et les limites de chute de tension admissibles pour assurer une distribution efficace.

Selon les données statistiques du rapport de la Commission Nationale de l’Énergie du


Katanga en 2005, la longueur totale des lignes de distribution en basse tension à Lubumbashi
s’élève à 960 km, répartis entre 514 km de lignes aériennes et 446 km de câbles souterrains.
Le branchement en basse tension est constitué de l’ouvrage reliant le réseau basse tension
jusqu’à l’installation intérieure du consommateur. Ces branchements sont principalement
réalisés en triphasé, avec quelques exceptions en monophasé.

Au point de raccordement des branchements au réseau basse tension, aucun dispositif de


coupure n’est prévu. Toutefois, en cas d’interruption nécessaire, l’opération est effectuée par
la SNEL, le point de coupure se situant généralement à la limite de la propriété du
consommateur. Ce point est souvent composé de fusibles placés en amont du compteur,
assurant ainsi la protection du circuit électrique.

La puissance maximale disponible dans le réseau de distribution moyenne tension de


Lubumbashi est principalement déterminée par un point de jonction clé, doté des
caractéristiques suivantes : un poste de transformation 220/120/15 kV, équipé de deux
transformateurs de 50 MVA chacun, offrant ainsi une capacité totale de 100 MVA. À cela
s’ajoutent les puissances spécifiques des différents postes de transformation répartis dans la
Ville.

Ces postes permettent de garantir une distribution suffisante d’énergie à travers le réseau.

II.2.6.4 Postes de Transformation


Les postes de transformation sont des nœuds critiques dans l’infrastructure électrique de
Lubumbashi. Ils permettent de transformer la haute tension en moyenne ou basse tension, afin
de rendre l’électricité utilisable pour les consommateurs finaux.

La figure II.6 illustre un détail d’un poste de transformation de craa.


Figure II.5. Poste de transformation de Craa

II.3 Présentation de la zone d’étude

II.3.1 Historique de la sous-station craa


La sous-station CRAA ou le NRK (Centre de Répartition et d’Achèvement des Appels) a été
mise en service dans les années 1960. Elle a été conçue pour soutenir la croissance rapide de
la demande en électricité dans la région de Lubumbashi, qui est un centre industriel et minier
majeur de la République Démocratique du Congo (RDC). La sous-station a été développée
par la Société Nationale d’Électricité (SNEL), pour interconnecter plusieurs lignes de
transport et garantir une distribution fiable de l’électricité aux consommateurs, notamment
aux mines, aux industries et aux ménages.

La figure I.7, illustre une présentation de la sous-station craa.

Figure II.6. Données cartographie de la sous station CRAA


II.3.2 Localisation
La sous-station CRAA (Centre de Répartition et d’Approvisionnement de l’Alimentation) de
Lubumbashi est située dans la zone industrielle de Lubumbashi, une région stratégique pour le
réseau électrique en raison de sa proximité avec de nombreuses installations industrielles.

 Adresse

La sous-station CRAA se trouve à proximité de l’avenue Likasi, un axe majeur de


Lubumbashi qui relie plusieurs zones industrielles.

 Coordonnées géographiques approximative

Latitude -11.6870,

Longitude 27.4794.

La sous-station est accessible par des routes pavées principales, facilitant l’intervention rapide
des équipes techniques pour la maintenance et les réparations.

II.3.3 Description de la sous station


La sous station CRAA sert de point de distribution clé dans le réseau de haute tension,
alimentant de nombreux quartiers de Lubumbashi et soutenant des installations industrielles
importantes.

La sous-station CRAA joue un rôle crucial dans le réseau électrique de Lubumbashi


notamment :

 Réduction des Pertes Énergétiques

La sous-station contribue à minimiser les pertes d’énergie en optimisant le transport de


l’électricité.

 Soutien aux Industries Locales

En fournissant une alimentation électrique stable, la sous-station CRAA joue un rôle crucial
dans le soutien des activités industrielles de Lubumbashi, qui est un centre névralgique pour
l’extraction minière et d’autres industries. Une alimentation électrique fiable est essentielle
pour le fonctionnement continu de ces entreprises.

 Amélioration de la Fiabilité du Réseau


Grâce à ses installations modernes et ses systèmes de contrôle avancés, la sous-station CRAA
permet d’améliorer la fiabilité du réseau électrique. Cela inclut la gestion proactive des
pannes et la possibilité de rediriger l’énergie en cas de problème sur certaines lignes.

 Capacité d’Adaptation

La sous-station est également conçue pour s’adapter à l’augmentation de la demande


électrique, que ce soit en raison de la croissance démographique ou de l’expansion
industrielle. Des projets de mise à niveau et d’extension des infrastructures sont en cours pour
s’assurer qu’elle peut continuer à répondre efficacement aux besoins futurs.

II.3.4 Infrastructure de la sous-station


La sous-station est équipée de transformateurs de puissants et de dispositifs de contrôle qui
permettent de gérer efficacement l’alimentation électrique. Des investissements récents ont
été réalisés pour moderniser les équipements, augmentant ainsi la capacité de la sous-station à
répondre à la demande croissante d’électricité, particulièrement dans le contexte des projets
de développement urbain et industriel dans la région.

II.3.4.1 Transformateurs
La sous-station CRAA est équipée de transformateurs de puissance capables de gérer des
tensions élevées, généralement entre 220 kV et 500 kV, afin de convertir l’électricité Pour des
niveaux de tension plus bas pour la distribution locale. Ces équipements sont conçus pour
supporter des charges industrielles lourdes, notamment dans le secteur minier.

II.3.4.2 Caractéristiques des conducteurs

Les conducteurs sont des composants essentiels des réseaux électriques, utilisés pour
transporter le courant électrique sur des longues distances. La sous station CRAA qui traite de
l’électricité à haute tension, les caractéristiques techniques des conducteurs jouent un rôle
crucial pour garantir une transmission Capacité thermique.

La sous-station CRAA est un élément central de l’infrastructure électrique de Lubumbashi,


jouant un rôle vital dans la distribution et la régulation de l’électricité pour la ville et ses
industries. Sa réhabilitation continue est essentielle pour répondre aux défis actuels et futurs,
tant en termes de demande croissante que d’adaptation aux impacts du changement
climatique. Les câbles couramment utilisés sont souvent de type ACSR (Aluminium
Conductor Steel Reinforced) pour les lignes de transport haute tension.
La figure II.8, illustre de manière détaillée les caractéristiques d’un conducteur ACSR.

Figure II.7. Caractéristiques d’un conducteur ACSR.


Il s’agit d’un type de conducteur électrique utilisé principalement pour les lignes de
transmission d’électricité à haute tension. Le conducteur est composé de plusieurs brins
d’aluminium pour la conductivité électrique, entourés d’une ou plusieurs couches de fils
d’acier qui renforcent le conducteur et lui confèrent une résistance mécanique accrue. Cette
conception permet de combiner la légèreté et la bonne conductivité de l’aluminium avec la
résistance à la traction de l’acier, ce qui est particulièrement utile dans les applications où les
conducteurs doivent supporter des tensions élevées et des charges mécaniques importantes,
comme dans les lignes aériennes.

Toutes les caractéristiques de la sous-station Craa, sont illustrées dans le tableau II.1.

Tableau II-1. Caractéristiques de la sous station

Niveau de tension Type des Section en (mm²) Capacité des


conducteurs transformateurs
en( kVA)
Haute tension (HT) Aluminium de 300–400 50/15 kVA
ACSR(Aluminium
Conductor Steel
Reinforced)

 Caractéristiques des matériaux conducteurs (Aluminium et Cuivre)

Le cuivre et l’aluminium sont couramment utilisés pour les câbles électriques en raison de
leur faible résistance et bonne conductivité. Ces métaux possèdent une grande ductilité et une
bonne résistance à la corrosion, mais diffèrent en termes de performance. Le cuivre, plus
conducteur que l’aluminium, est devancé seulement par l’argent en conductivité, mais reste
plus solide et moins coûteux que ce dernier, ce qui le rend plus adapté pour les applications
nécessitant une transmission efficace de courant. L’aluminium, quant à lui, est privilégié pour
son poids léger et son coût plus faible.

Ce tableau II.2 met en évidence les différences entre les deux matériaux en termes de
performance thermique et de coût.

Tableau II-2. Caractéristiques des matériaux conducteurs

Matériau Résistivité Densité Température Avantages Inconvénients


conducteurs (¶/m) à 20° (kg/m³) ambiante
maximale
(°C)
Aluminium 2,82 ×10-⁸ 2700 90–100 Il est en effet L’aluminium est
plus léger et plus sujet à la
moins cher corrosion,
que le particulièrement
cuivre, ce lorsqu’il est en
qui est un contact avec
avantage l’air, surtout
pour les dans les
longues environnements
distances et marins.
les lignes de
transmission
aériennes
Cuivre 1,68 × 10-⁸ 8690 105–110 Le cuivre a Par contre, il est
une plus cher et plus
meilleure lourd, ce qui
conductivité, peut poser des
une plus contraintes
grande logistiques
résistance
mécanique et
une
meilleure
résistance à
la corrosion.

II.4 Analyses des vulnérabilités des infrastructures électriques sous l’effet


des conditions météorologiques
L’un des défis majeurs auxquels sont confrontés les réseaux électriques aujourd’hui est leur
vulnérabilité face aux changements climatiques. Ces changements, tels que l’augmentation
progressive des températures, la variabilité accrue des précipitations et les événements
météorologiques extrêmes, affectent la stabilité et la performance des infrastructures
électriques à travers le monde. À Lubumbashi, une région déjà sujette à des températures
élevées, ces phénomènes posent un risque important pour le fonctionnement continu et fiable
des réseaux électriques.

Le tableau ci-dessous présente un aperçu des principales variables climatiques et de leurs


effets sur les infrastructures électriques.

Tableau II-3. Résumé des principaux facteurs climatiques

Risque climatique Principaux impacts


Élévation des températures Efficacité de production
atmosphériques. inférieure, Diminution de
l'efficacité de la
conversion du charbon
au gaz, Diminution de
l'efficacité des turbines à
gaz à cycle
Diminution de l'efficacité du
solaire photovoltaïque,
Augmentation des pertes
dans les lignes et les
transformateurs,
Augmentation de la
demande de pointe et de la
demande totale d'énergie
pour le refroidissement,
Efficacité de combustion
réduite en raison de la teneur
en humidité accrue du
charbon.
Augmentation des Lignes électriques
précipitations endommagées par la neige et
la glace, Inondation des
infrastructures souterraines,
Tours endommagées par
l’érosion
Diminution des Diminution de la
précipitations disponibilité de l'eau douce
pour le refroidissement
thermique
Élévation du niveau de la Inondations/dommages
mer/augmentation des ondes aux infrastructures
de tempête lors des ouragans côtières/de basse altitude
et des tempêtes
tropicales/augmentation des
inondations nuisibles lors
des marées hautes

II.4.1 Rappel de l’hypothèse


Dans le cadre de ce travail, l’hypothèse principale repose sur l’impact de l’augmentation
progressive de la température ambiante sur les infrastructures électriques, plus
particulièrement sur les conducteurs aériens, dans la région de Lubumbashi. Le changement
climatique, avec ses effets directs sur la température, est susceptible de modifier les
performances des réseaux électriques de manière significative. Ainsi, il devient impératif
d’étudier ces effets afin de mieux comprendre les vulnérabilités des infrastructures et de
proposer des solutions de renforcement adaptées.
L’hypothèse se résume comme suite : « si la température ambiante maximale augmentait de
1°C, puis de 2°C, 3°C, et ainsi de suite jusqu’à X°C, quelles seraient les conséquences sur les
réseaux électriques, en particulier sur les conducteurs en termes de flèche et de tension ? »

Nous incluions également l’analyse de l’impact de la hausse des températures sur les
transformateurs, dont la performance et la capacité de dissipation thermique sont cruciales
pour assurer la stabilité et la longévité des infrastructures électriques.

II.5 Méthodologies d’analyses


L’analyse des vulnérabilités des infrastructures électriques face aux conditions climatiques
nécessite des approches quantitatives et qualitatives. Cette section présente les méthodes
utilisées pour évaluer l’impact de l’augmentation des températures sur les conducteurs aériens
et les transformateurs, en particulier dans la région de Lubumbashi. Nous nous basons sur des
calculs thermiques, ainsi que des modèles de simulation pour étudier ces analyses.

II.5.1 Modèle thermique sur les lignes aériennes


Le modèle thermique des conducteurs est essentiel pour analyser leur comportement sous
l’effet de la température, surtout dans les réseaux électriques où les conducteurs sont soumis à
des contraintes thermiques importantes. Cette analyse vise à comprendre comment la
température ambiante influence la capacité des conducteurs à transporter le courant et leur
stabilité mécanique, en prenant en compte la dilatation thermique, la capacité thermique et les
périphériques d’évacuation de la chaleur.

II.5.2 Capacité thermique


La capacité thermique d’un conducteur est une caractéristique clé. Elle indique la quantité de
courant qu’un conducteur peut transporter sans dépasser une certaine température limite, ce
qui pourrait entraîner la dilatation des conducteurs et affecter la distance de sécurité entre les
lignes et le sol (relation flèche-tension).

L’équation de la capacité thermique de transport du courant est donnée par cette relation :

qc+ qr +qs (II-


Imax= 2)
RT
Avec :

- I capacité maximale de transport du courant (ampères) ;


- qc puissance dissipée par convection (W/m) ;
- qr puissance dissipée par rayonnement (W/m) ;
- qs Puissance absorbée par rayonnement solaire (W/m) ;
- R(T) résistance linéique du conducteur en fonction de la température (/m).

II.5.2.1 Calcul de la puissance dissipée par convection qc


La dissipation thermique par convection(qc) est fonction de la température de l’air ambiant et
de la température de surface du conducteur. Elle dépend également de la vitesse du vent et des
caractéristiques du matériau.

Elle est donnée par la relation suivante :

(II-
qc=hc × Ac (Tc−Tamb) 3)

Avec :

- hc coefficient de transfert thermique par convection en (W/m²× K),


- Ac surface externe du conducteur (m²),
- Tc température du conducteur (K),
- Tamb température ambiante (K).

La valeur de hc est obtenue à une valeurs standard de vitesse V = 3m/s, nous avons la valeur
de hc.

hc = 10 W/m²

La valeur de la température du conducteur Tc typiquement en aluminium est donnée dans le


tableau ( II.2).

Tc = 100°C.

Nous trouvons la valeur de Tc en Kelvin (K) :

Tc = 373,5 K.

Pour des conducteurs composés de plusieurs torons (type ACSR), inclut l’effet des espaces
entre les torons. Dans ce cas, Ac peut être approximé en utilisant des tables spécifiques ou
mesuré expérimentalement, mais pour une approximation simple :

Ac=π × Dext (II-


4)
Avec :
- Dext diamètre extérieur du conducteur en (mm²), π constante mathématique π =
3,1416

Nous déterminons le diamètre du conducteur par cette relation :

Dext =2× √ S /π (II-


5)
En se référant au tableau (II.1), nous prenons la valeur de la section du conducteur.

S = 300 mm².

Nous pouvons à présent déterminer la valeur du diamètre, après calculs nous trouvons :

Dext = 19,54 mm

L’équation (II.4), devient finalement :

Ac = 61,54 m²

Nous prenons pour valeur de la température ambiante Tamb, dans les conditions normales,
nous avons comme valeur :

Tamb = 25°C.

Nous trouvons cette valeur en Kelvin (K), nous obtenons :

Tamb = 298,5 K.

La puissance dissipée par convection qc donnée au point (II.3) devient alors :

qc= 46155 W/m.

a. Calcul de la puissance dissipée par rayonnement qr

Le rayonnement (qr) dépend de la différence entre la température du conducteur et celle de


l’environnement. On peut utiliser la loi de Stefan-Boltzmann pour estimer cette dissipation,
donnée par cette relation :

4 4 (II-
qr =ɛ σ Ac(Tc −Tamb ) 6)
Où :

emissivité de la surface du conducteur (sans unité), constante de Stefan-Boltzmann ().

σ = 5,67 ×10-⁸ W/m² K⁴


b.1 Valeurs typique de la constante d’Emissivité ()

La constante d’émissivité () représente la capacité d’une surface à émettre de l’énergie


thermique par rayonnement par rapport à un corps noir parfait (). Cette valeur dépend des
propriétés physiques et chimiques de la surface du matériau, comme sa composition, sa
finition (polie, oxydée), et sa température.

Les valeurs typiques de la constante d’Emissivité sont données dans le tableau (II.3).

Tableau II.3 : Valeurs typique de la constante d’Emissivité

Tableau II-4. Valeurs typique de la constante d’Emissivité

Caractéristiques du Valeurs du constante


conducteur d’Emissivité
Aluminium nu : surface 0,2 à 0,4 jusqu’à 0,6
propre et polie) ; surface
oxydée ou ternie.
Pour un conducteur en 0,5
aluminium nu, vieillissant
sous des conditions
extérieures normales

En se référant au tableau (II.3), nous prenons comme valeur de la constante d’Emissivité sous
les conditions extérieures normalement.

ɛ = 0,5.

En se référant au point (II.), et aux valeurs de x et y, nous déterminons la valeur de la


puissance dissipée par rayonnement, donné au point (II.6) ; nous trouvons :

qr= 0,1305 W/m

b. Calcul de la puissance absorbée par rayonnement solaire qs

L’absorption solaire (qs) c’est l’apport d’énergie solaire sur la ligne, qui dépend de
l’irradiance solaire et des propriétés de la surface du conducteur.

Nous pouvons la déterminer par cette relation :


qs=σs x G x D (II-
7)

Avec : facteur d’absorption solaire (propriété de la surface, généralement entre 0,2 et 0,9), G
intensité du rayonnement solaire en (W/m²), Ac surface du conducteur exposée au
rayonnement solaire en (W/m²).

c.1 Valeurs typiques de facteur d’absorption solaire (αs)

Le facteur d’absorption solaire, ou coefficient d’absorption solaire, désigne la fraction du


rayonnement solaire incident qu’un matériau ou une surface absorbe. Ce facteur est essentiel
dans les analyses thermiques des conducteurs électriques exposés au soleil, car il détermine
combien d’énergie solaire est convertie en chaleur par la surface du conducteur.

Les valeurs du facteur d’absorption solaire sont données dans le tableau (II.4)

Tableau II-5. Valeurs typiques du facteur de l’absorption solaire

Caractéristiques du Valeurs du facteur


conducteur d’absorption solaire (αs)
Aluminium poli (neuf) 0,2 à 0,4
Aluminium oxydé (vieilli) 0,5 à 0,6

Le rayonnement solaire moyen (G) , à Lubumbashi, en fonction de la saison (sèche ou


humide), l’intensité solaire moyenne peut varier de 900 à 1 200 selon les données
météorologiques locales.

En se référant au tableau (II.4), nous valeur du facteur d’absorption solaire 0,5.

G = 900, et D = 19,54mm.

L’équation (II.7) devient alors :

qs = 8793 W/m

c. Calcul de la résistance du conducteur

La résistance (RT) du conducteur augmente avec la température, et elle est donnée par :

(II-
R ( T )=R0 [ 1+ σ ( Tc−¿ ) ] 8)

Avec :
- R(T) : résistance à la température ;
- R0 : résistance à la température de référence (, souvent 20°C), coefficient de
température du matériau ;
- T température ambiante ;
- T0 température de référence à 20°C.

Le coefficient de température du matériau, typiquement pour l’aluminium est :

σ = 0,00403 K-¹

Nous pouvons déterminer la résistance à la température R0, par la loi d’Ohm généralisée :

×L (II-
Ro = 9)
S
R0 =  × L/S (II.9)

Où la résistivité du matériau, typiquement pour l’aluminium, L la longueur du conducteur en


(m), S la section du conducteur en (mm)

Dans nos études, la longueur du câble entre les deux pylônes est :

L= 200m

En se référant au tableau (II.2), nous prenons pour valeur de la résistivité du conducteur :

= 2,82 × 10-⁸ /m

L’équation (II9) devient :

R0 = 0,0188

II.5.2.2 Dilatation thermique


La dilatation thermique joue un rôle important dans les calculs des conducteurs électriques,
car la longueur du conducteur et, dans certains cas, sa section transversale peut varier en
fonction de la température. Cela affecte indirectement la résistance et les autres propriétés
électriques.

La variation de longueur d’un conducteur sous l’effet d’un changement de température peut
être exprimée par la formule :

(II-1
¿=Lo [ 1+ σL(T −¿) ] 0)

Avec :
- LT longueur finale à la température en (m) ;
- L0 longueur initiale à la température de référence en (m),
- σL coefficient de dilatation thermique linéaire (K-¹), ( T-T0)Températures finale et de
référence en (°C ).

Le coefficient de dilatation thermique, pour l’aluminium est :

= 23 × 10-⁸ K-¹

Nous allons considérer l’hypothèse principale, c’est-à-dire à chaque variation de la


température ambiante, nous montrerons comment la température impact les lignes aériennes
et les déforment sous l’effet de la chaleur.

II.5.2.3 Effet Joule et pertes thermiques des lignes aériennes


Le phénomène d’échauffement par effet Joule est un autre aspect critique du modèle
thermique. Lorsque le courant traverse le conducteur, une partie de l’énergie est dissipée sous
forme de chaleur en raison de la résistance du matériau. La puissance thermique dissipée est
donnée au point (II.1).

En remplacement le point (II.8), dans (II.1), nous obtenons la nouvelle relation de la


puissance thermique de dissipation donnée par :

(II-1
P ( T ) =I × R ( T )=I × Ro [ 1+σ ( ∆T ) ]
2 2
1)

II.5.2.4 La flèche-tension et ses principes de base


La flèche d’un conducteur aérien suspendu entre deux pylônes correspond à la déflexion
maximale du conducteur sous l’effet de son propre poids et des forces externes. Elle se situe
généralement au point milieu du conducteur (si les pylônes sont à la même hauteur) et dépend
de la tension mécanique qui s’applique à chaque extrémité.

La relation flèche-tension pour une ligne sans vent et sans variation de température, est
donnée par l’équation :

f=

Avec : F flèche du conducteur en (m ), W poids linéaire du conducteur (N/m), L Portée entre


supports (m), T tension dans le conducteur (Newton).
II.[Link] Calcul du poids du conducteur

Le poids linéaire () d’un conducteur, souvent exprimé en N/m, est déterminé par sa masse
volumique et ses dimensions géométriques. Voici les étapes pour calculer :

W =ρ × S × g (II-1
2)
Où :

- ρ : masse volumique du matériau (kg/m³),


- S : section transversale du conducteur (mm),
- g : accélération due à la gravité ( g = 9,81 m/s²).

II.5.2.5 Calcul de la tension dans le conducteur T


Nous nous basons sur la formule de module d’élasticité et de la déformation des matériaux
pour déterminer T.

E ×∆ L (II-1
T= 3)
Lo× S
Avec :

- E module de Yang en ( E= 70 ×10⁹pa),


- ∆L variation de température en (°C),
- L0 longueur initiale du conducteur en (m),
- S la section du conducteur en (mm).

II.5.2.6 Effets des vents Violents sur les lignes aériennes


Les lignes aériennes de transport d’électricité sont particulièrement sensibles aux vents
violents, qui exercent une pression mécanique considérable sur les câbles, les isolateurs et les
supports. Cette pression peut causer plusieurs phénomènes physiques indésirables, notamment
des oscillations, des augmentations de flèche (sag), et des risques accrus de contact avec la
végétation ou d’autres structures. L’impact des vents violents sur les lignes aériennes peut se
décomposer en plusieurs sous-effets.

II.5.2.7 Calcul de la Force de Vent


Les vents violents exercent une pression perpendiculaire à la surface des conducteurs, ce qui
génère une force de vent sur le câble. Cette force est donnée par la formule suivante :

2 (II-1
Fω=0 ,5 ×Cd × ρ ×V ω × D 4)
Avec :

- Fw : la force de vent par unité de longueur (N/m),


- Cd : le coefficient de traînée du conducteur, typiquement autour de 1,2 pour des
formes cylindriques,
- ρ : la densité de l’air,( environ 1.225 kg/m³ à température ambiante normale),
- V : la vitesse du vent en ( m/s),
- D : le diamètre du conducteur en (m).

L’effet des vents violents augmente de façon quadratique avec la vitesse du vent Vw . Par
conséquent, une légère augmentation de la vitesse du vent se traduit par une augmentation
significative de la force de vent. Cette force peut générer des vibrations sur les lignes,
augmentant la fatigue mécanique des câbles et pouvant même conduire à la rupture en cas de
vent extrême.

II.[Link] Calcul de la flèche des lignes aériennes sous l’effet de des vents

Sous l’effet du vent, la flèche augmente en raison de la force latérale exercée. En prenant en
compte la composante horizontale de la force de vent et la composante verticale due au poids
du conducteur , la flèche résultante peut être exprimée en utilisant le théorème de Pythagore
pour les charges combinées :

(II-1
f ' ' '=√ ¿ ¿ ¿ 5)

Avec :

f’’’ : la nouvelle flèche en présence du vent

II.5.2.8 Oscillations Induites par le Vent : Vibrations Éoliennes et Galloping


Les lignes aériennes sont sujettes à des oscillations provoquées par le vent, qui peuvent être
de deux types principaux :

 Vibrations éoliennes
 Galloping

II.5.2.9 Vibrations Éolienne


Ces vibrations, de haute fréquence mais faible amplitude, sont causées par des vents de 5 à 15
m/s qui provoquent des tourbillons alternés autour du câble. Ces oscillations peuvent
provoquer une fatigue mécanique des câbles et des équipements de support.
II.5.2.10 Galloping
Ce phénomène correspond à des oscillations de faible fréquence mais d’amplitude élevée,
provoquées par des vents forts (généralement supérieurs à 20 m/s) et des conducteurs givrés
ou humides. Le galloping peut entraîner un balancement important des conducteurs, ce qui
augmente considérablement le risque de défaillance.

Ces oscillations sont particulièrement problématiques en raison de l’usure par fatigue qu’elles
entraînent, ce qui peut endommager les conducteurs et leurs équipements de support
(isolateurs, armatures, etc.).

II.5.2.11 Modèle thermique sur les transformateurs


Les précipitations intenses et les orages sont deux phénomènes climatiques susceptibles
d’affecter significativement les transformateurs. En plus de provoquer des surtensions
transitoires, les fortes pluies augmentent l’humidité autour des composants, compromettant
leur isolation. Les surtensions dues aux éclairs peuvent induire des tensions élevées et des
courants transitoires dans les transformateurs, ce qui augmente le risque de défaillance.

II.[Link] Impact Thermique des précipitations sur l’isolation des transformateurs


a. Introduction aux transformateurs et à leur isolation

Les transformateurs dans les réseaux électriques nécessitent une isolation robuste pour
empêcher les courts-circuits et éviter que l’humidité ne pénètre dans leurs composants
sensibles. Cette isolation doit résister aux conditions météorologiques, notamment aux
précipitations qui peuvent altérer sa performance, surtout dans les zones sujettes à de fortes
pluies.

a.1 Effet des précipitations sur l’isolation des transformateurs

Les précipitations augmentent l’humidité relative autour des transformateurs, ce qui peut se
traduire par plusieurs phénomènes de dégradation. Intégrons ici des éléments plus quantitatifs
pour analyser cette dégradation.

Calcul de la résistance d’isolement en fonction de l’humidité

Un calcul standard pour évaluer la résistance d’isolement (R) en fonction de l’humidité est se
baser sur la relation :

HK (II-1
R=Ro × e 6)
Avec :
- R0 est la résistance d’isolement initiale sans humidité en (),
- H le pourcentage d’humidité dans l’environnement,
- K est une constante déterminée expérimentalement, qui dépend du matériau isolant.

a.2 Effet de la diminution de la résistance sur la probabilité de défaillance

Une faible résistance d’isolement augmente la probabilité de défaillance, car elle favorise les
courants de fuite susceptibles de générer des décharges électriques dangereuses. La
probabilité de défaillance peut être modélisée comme suit

− λ(Ro−R ) (II-1
Pd=1−e 7)
Où est facteur d’impact de l’humidité sur le taux de défaillance,

II.5.2.12 Impact thermique des courants de fuite dus à l’humidité


Lorsque la résistance d’isolement diminue, des courants de fuite peuvent apparaître à travers
l’isolant, provoquant une dissipation thermique supplémentaire. Cette chaleur accélère la
dégradation de l’isolation et peut entraîner des pannes.

La chaleur produite par ces courants de fuite, on utilise la relation suivante :

2 (II-1
Q=I × R
8)
Avec :

- I : le courant de fuite,
- R : la résistance de l’isolant.

L’impact des précipitations et de l’humidité sur l’isolation des transformateurs démontre la


nécessité de prévoir des stratégies de prévention pour maintenir la fiabilité et la sécurité de ces
équipements. En intégrant des systèmes de contrôle de l’humidité et des revêtements
hydrophobes, il est possible de réduire les risques de défaillance et de prolonger la durée de
vie des transformateurs dans des environnements à forte humidité.

II.5.3 Méthodes d’analyses par les équations de Hook


II.5.3.1 Concept théorique
Dans le cadre de l’analyse des vulnérabilités des infrastructures électriques, notamment des
lignes aériennes et des transformateurs, il est essentiel de comprendre les concepts théoriques
qui sous-tendent le comportement des matériaux sous différentes conditions. L’une des
méthodes les plus pertinentes pour évaluer ce comportement est l’application des équations de
Hook. Cette section explore ces équations et leur application aux infrastructures électriques,
en mettant l’accent sur les concepts de déformation, de contrainte, et d’élasticité des
matériaux.

II.5.3.2 Les équations de Hook


Les équations de Hook décrivent la relation entre la force appliquée à un matériau et sa
déformation. Elles sont basées sur le principe que, dans une certaine limite, la déformation
d’un matériau est proportionnelle à la contrainte qui lui est appliquée. Cela est représenté par
l’équation suivante :

F=K × X (II-1
9)
Avec :

- F : la force appliquée (en Newtons en (N),


- k la constante de raideur du matériau (N/m),
- x la déformation (en mètres, m).

Cette relation est valide tant que le matériau reste dans sa limite élastique, c’est-à-dire tant
qu’il ne subit pas de déformation permanente.

II.5.3.3 Déformation et Contrainte de déformation (x)


La déformation est une mesure de la modification de la forme ou de la taille d’un matériau
lorsqu’une force est appliquée. Elle peut être exprimée en pourcentage de la longueur
originale ou en unité de longueur. La déformation est généralement considérée comme :

∆L (II-2
x= 0)
Lo
Où :

- ∆L changement de longueur (en m), L0 la longueur originale (en m).

II.5.3.4 Détermination de la Contrainte (σ)


La contrainte est définie comme la force appliquée par unité de surface. Elle est calculée par
l’équation suivante :

F (II-2
σ= 1)
A
Avec :

- σ la contrainte (en Pascals, Pa),


- F la force appliquée (en N),
- A la surface sur laquelle la force est appliquée (en m²).

La contrainte est un facteur clé pour déterminer si un matériau subira des déformations
permanentes ou se déformera de manière réversible.

II.5.3.5 Élasticité des Matériaux


L’élasticité d’un matériau fait référence à sa capacité à retrouver sa forme originale après
avoir été soumis à une contrainte. Le module d’élasticité (E), qui est une propriété
fondamentale des matériaux, est défini comme le rapport entre la contrainte et la déformation
dans la région élastique :

σ (II-2
E= 2)
ε
Avec :

- E : le module d’élasticité (en Pa),


- σ : la contrainte (en Pa),
- ε : la déformation unitaire (sans dimension), définie comme :

x (II-2
ε= 3)
Lo
Le module d’élasticité varie en fonction du matériau. Les matériaux ayant un module élevé
(comme l’acier) sont moins susceptibles de se déformer sous contrainte, tandis que ceux ayant
un module faible (comme le caoutchouc) se déformeront plus facilement.

II.5.3.6 Application des équations de Hook aux infrastructures électriques


L’application des équations de Hook aux infrastructures électriques, telles que les lignes
aériennes et les transformateurs, est cruciale pour comprendre comment ces structures
réagissent sous différentes conditions de charge. En utilisant ces équations, nous pouvons
modéliser les déformations, les contraintes et le comportement général des matériaux, ce qui
est essentiel pour évaluer la résistance et la fiabilité des infrastructures face aux conditions
météorologiques extrêmes.

II.5.3.7 Déformation des Lignes Aériennes


Les lignes aériennes, qui transportent l’électricité sur de longues distances, sont souvent
soumises à des forces externes, notamment celles générées par des vents violents.
L’application des équations de Hook nous permet de quantifier la déformation des lignes sous
l’effet de ces forces.

La déformation (x) d’une ligne aérienne peut être calculée à l’aide de l’équation de Hook
suivante :

F (II-2
x= 4)
k
Avec :

- F : la force exercée sur la ligne (en Newtons, N),


- k : la constante de raideur du matériau (en N/m),
- X la déformation résultante (en mètres, m).

II.6 Conclusion partielle


Ce chapitre a permis de mettre en lumière les impacts directs et indirects des changements
climatiques sur les réseaux électriques de Lubumbashi, en s'appuyant sur l'exemple de la sous-
station CRAA. L’augmentation des températures, les vents violents et les précipitations
irrégulières influent sur la performance des infrastructures, notamment les conducteurs et les
transformateurs, en augmentant leur vulnérabilité.

Ces constats confirment la nécessité de repenser et de renforcer les réseaux électriques pour
mieux répondre aux défis climatiques. Les analyses et solutions présentées dans les chapitres
suivants viseront à proposer des mesures concrètes pour améliorer la résilience et la durabilité
de ces infrastructures critiques.

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