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Rôle de l’érosion ravinaire dans

l’envasement des retenues collinaires dans


la Dorsale tunisienne et le Cap Bon

Présenté par :

Abir BEN SLIMANE


Thèse, présentée au Centre International d’études supérieures en Sciences
Agronomiques, Montpellier SupAgro
Ecole doctorale : SIBAGHE
Discipline : Eaux Continentales et Société.

Et à l’Institut National Agronomique de Tunisie (INAT).


Discipline : Production végétale

Par : Abir BEN SLIMANE

Pour obtenir le grade de

Docteur du Centre International d’études supérieures en Sciences Agronomiques,


Montpellier SupAgro

Et Docteur de l’Institut National Agronomique de Tunisie (INAT)

Rôle de l’érosion ravinaire dans l’envasement des retenues


collinaires dans la Dorsale Tunisienne et le Cap Bon.

Thèse soutenue le 25 Mars 2013, devant un jury composé de :

M. Yves LE BISSONNAIS Codirecteur de thèse INRA (Montpellier)


M. Sylvain HUON Rapporteur UPMC (Paris)
M. Dennis FOX Rapporteur UNICE (Nice)
M. Christian LEDUC Examinateur IRD (Montpellier)
M. Olivier CERDAN Examinateur BRGM (Orléans)
M. Mustapha SANAA Codirecteur de thèse INAT (Tunis)
M. Damien RACLOT Encadrant IRD (Montpellier)

ii
Avant-propos

Ce travail de doctorat s’est inscrit dans le cadre d'une cotutelle entre Montpellier SupAgro via
l'école doctorale SIBAGHE et l'Institut National Agronomique de Tunisie (INAT).
La direction de thèse a été assurée par Yves Le Bissonnais (Directeur de recherches INRA,
UMR LISAH) en France et Mustapha Sanaa (Maître de Conférence, INAT) en Tunisie. Ce
travail a été également encadré par Damien Raclot (chargé de recherches IRD, UMR LISAH).
Il été en partie financé par le Service de Coopération et d'Actions Culturelles de l'Ambassade
de France en Tunisie, pour les séjours en France, et par une bourse IRD-DSF, pour les séjours
en Tunisie. Il a bénéficié aussi d’une bourse d’échange CNRS/DGRS pour les séjours
d’analyses de radionucléides au laboratoire LSCE à Gif-Sur-Yvette.
Ce projet de thèse s'inscrit dans les priorités du partenariat entre l'INAT et l'UMR LISAH,
partenariat structuré et formalisé à travers une convention bilatérale de recherche entre l'IRD
et l'INAT. Il s'est appuyé sur la Dorsale tunisienne et le Cap Bon, terrain d'études privilégié de
ces deux organismes, et a bénéficié du cadre favorable offert par l'Observatoire OMERE.

iii
Remerciements

Ces trois années et demie furent pour moi une réelle expérience scientifique,
professionnelle et humaine. Je remercie toutes les personnes qui ont contribué de près ou de
loin à la réalisation de ce travail. Je tiens tout d’abord à exprimer ma profonde reconnaissance
à Yves Le Bissonnais qui a bien voulu diriger cette thèse, qui m’a fait confiance et qui a
toujours été attentif au bon déroulement de ce travail. A son implication, tant au travers de ses
compétences scientifiques qui m'ont aidée à progresser dans ma réflexion, que de ses qualités
humaines. Mes remerciements vont aussi à Mustapha Sanaa, qui a accepté de codiriger ce
travail de thèse. Il n’a cessé de m’encourager et de me soutenir tout au long de ce travail avec
ses conseils avisés et en me facilitant l’accès au laboratoire de sciences du sol à l’INAT.

Je tiens aussi à exprimer ma très grande gratitude à mon encadrant Damien Raclot, à
l’origine de ce travail ; il a suivi son évolution pendant ces années avec beaucoup de patience
et de disponibilité. C’est grâce à ses compétences scientifiques, avec lesquelles il a toujours su
répondre à toutes mes questions et mes demandes, son efficacité, son sens critique et son
esprit de motivation que ce travail a pu être entrepris et achevé.

Je remercie également les membres du jury. Merci à mes deux rapporteurs, Sylvain
Huon et Dennis Fox qui ont accepté d'évaluer, mon rapport écrit. Merci à Christian Leduc et
Olivier Cerdan d’avoir bien voulu juger ce travail.

Cette thèse n’aurait pu se faire sans la collaboration d’Olivier Evrard et d’Irène


Lefèvre que je tiens à remercie tout particulièrement pour leur accueil, leur motivation et
l’aide essentielle qu’ils m’ont accordés. Je remercie aussi Olivier Planchon, Frédéric
Bouchette, Laurent Dezileau, Cornelia Rumpel et Mouna Tounsi pour leur collaboration et
leur aide précieuse.

J'ai aussi eu la chance de soutirer un maximum d'informations au cours de discussions


plus ou moins informelles avec différents chercheurs croisés au cours de cette thèse. Un très
grand merci à Stéphane Follain, Jérôme Molénat, Philippe Lagacherie et Cécile Gomez.

Pour la réalisation des expérimentations et les prélèvements terrain, j’ai eu la chance


de bénéficier des compétences agrémentées de bonne humeur de : Radhouane Hamdi,
Sandrine Negro, Chantal Geniez et Jean Luc Belloti, que je remercie profondément. Un
remerciement tout particulier à la famille Jemaa Filani qui m’a accueillie chaleureusement
chez eux à Kamech au cours de ma découverte du terrain.

iv
Mes remerciements s’adressent aussi à l’ensemble des personnes de l’UMR-LISAH,
de l’INAT et de l’IRD Tunis qui m'ont aidée à un moment ou un autre, pour leur accueil
aimable et leur disponibilité sans limite. Ils m’ont permis d’effecteur mon travail dans les
meilleures conditions matérielles, scientifiques et techniques.

Merci à mon amie et ma collègue du bureau Houda Rebai, avec qui j’ai partagé en
plus des sorties terrain, des moments agréables et des discussions scientifiques constructives.

J’adresse aussi ma profonde sympathie à tous mes amies et tout particulièrement à


Laura, Aziza, Marwa, Nosra, Amira, Walid, Cristelle, Mylène, Sylvie, Silvio et Amine pour
leur soutien continu et pour les moments agréables passés ensemble. Je remercie aussi
Martine et Sabiha pour l’aide incontournable pour me faciliter les démarches administratives.

Merci à ma famille et ma belle-famille en Tunisie, qui m’ont toujours encouragée. Une


gratitude particulière à mes parents pour leur soutien sans faille, pour leur présence à mes
côtés tout au long de ce parcours. A ma sœur et mon frère qui m’ont toujours soutenue.

Merci à Mon Mari qui a toujours été à mes côtés, qui a bien supporté mon manque de
disponibilité et qui m’a donné la force d’aller au bout de ce travail.

Enfin je dédie ce travail à mon petit bout de chou, Mohamed Youssef.

Et que ceux qui seraient victimes d’un oubli veuillent bien me pardonner et se sentent
inclus dans mes remerciements collectifs.

v
Résumé

L'érosion hydrique touche près de 3 millions d’hectares des sols agricoles en Tunisie, et
constitue une menace pour la durabilité des retenues collinaires destinées à mobiliser les eaux
de surface. La très forte densité des systèmes ravinaires en Tunisie, comme dans bon nombre
de régions méditerranéennes, pose la question de leur rôle dans le comblement des retenues.
Dans ce contexte, l'objectif général de ce travail de thèse est de proposer une méthodologie
qui permette d'évaluer la contribution relative de l'érosion ravinaire (ravines/oued) et de
l'érosion de surface (diffuse/ rigoles) dans les flux de sédiments à l'exutoire des petits bassins
versants (0,1-10 km²) sur des périodes d'observations suffisamment longues (une quinzaine
d’années). La démarche proposée s'appuie sur la méthode de traçage des sources de sédiments
développée par Walling (1999), et consiste à exploiter le caractère stable de certains éléments
pour discriminer les sources de sédiments accumulés dans les retenues collinaires. Les
différentes étapes de cette approche consistent en : i) l'identification des traceurs potentiels; ii)
l'analyse de ces traceurs dans les échantillons «source» et dans les carottes prélevées dans les
sédiments de la retenue; iii) l'application d‘un modèle de mélange associé à un modèle de
Monte Carlo. Les résultats de cette méthode de traçage testée prioritairement sur un bassin
versant expérimental (Kamech) ont été par la suite validés par deux approches indépendantes
d’estimation des volumes de terres érodés. Sur Kamech, les résultats montrent la
prédominance de l’érosion de surface qui représente près de 80% de l’érosion totale dont le
taux moyen atteint 15 t/ha/an. Cette application a également permis de dégager des
recommandations concernant la stratégie d’échantillonnage des carottes au sein des sédiments
piégés dans les retenues collinaires pour limiter les incertitudes. La méthode a ensuite été
appliquée à quatre autres bassins versants choisis pour représenter au mieux la diversité des
paysages de la Dorsale Tunisienne et du Cap Bon. La comparaison des résultats pour les cinq
bassins versants étudiés montre une large variabilité des comportements érosifs : trois bassins
montrent une prédominance de l’érosion de surface et nécessitent la mise en place de
pratiques culturales protectrices de la ressource en sol alors que les deux autres bassins sont
dominés par l'érosion ravinaire et nécessitent de recourir prioritairement à des mesures
structurelles telles que des aménagements de ravines. Ces différences de comportements
érosifs entre bassins ont été confrontées aux caractéristiques des sites en vue de fournir des
clés de prédiction.

Mots clefs : Erosion ravinaire. Erosion de surface. Bassins versants. Retenues collinaires.
Traçage des sources de sédiments. Télédétection. Tunisie.

vi
Role of gully erosion in reservoir siltation in the
Tunisian Dorsal and Cape Bon.

Abstract
Water erosion affects nearly 3 million hectares of agricultural soil in Tunisia, and presents a
threat to the sustainability of reservoirs to store surface waters. The high density of gully
systems in Tunisia, like in many Mediterranean regions, raises the question of their role in the
siltation of reservoirs. In this context, the objective of this thesis is to propose a methodology
for evaluating the relative contribution of gully erosion (gullies/channel) compared to surface
erosion (rill and interrill) in sediment fluxes at the outlet of small catchments (0.1-10 km ²),
for pluri-annual periods (about 15 years). The proposed approach is based on the method of
fingerprinting sediment sources developed by Walling et al. (1999), and takes advantage of
the stable nature of certain elements to discriminate the origin of sediment trapped in
reservoirs. The different steps of this approach consist in i) the identification of potential
tracers adapted to the objectives of the study, ii) the quantification of these tracers in sources
samples and in sediment cores, iii) the application of a mixing model combined with a Monte
Carlo model. The results of this fingerprinting approach primarily tested on the Kamech
experimental catchment were subsequently validated using eroded soil volumes estimated by
two independent approaches. The results for this catchment show the dominance of surface
erosion which represents nearly 80% of the 15 t/ha/year of total erosion. In addition,
guidelines for method application have been proposed, including the implementation of a core
sampling strategy which limits the level of uncertainty to less than 10%. The method was then
applied to four other catchments representative of the diversity of the Tunisian Dorsal and
Cape Bon landscapes. The comparison of the results for the five studied catchments shows a
wide variability of erosion behaviour. Surface erosion is the dominant process in three
catchments which require the establishment of protective cultivation of the soil resource. The
two other catchments are dominated by gully erosion and require the priority use of structural
measures such as improvements of gullies and bank channel protection. These differences
between catchments have been related to the characteristics of the sites in order to identify
predictive factors.

Keywords: Gully Erosion. Rill and Interrill Erosion. Catchments. Reservoirs. Sediment
Fingerprinting. Remote Sensing. Tunisia.

vii
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Table des matières

Introduction Générale ..................................................................................... 1


A) Contexte et problématique ......................................................................................... 1
B) Objectifs ....................................................................................................................... 2
C) Démarche générale ...................................................................................................... 3
D) Plan de la thèse ............................................................................................................ 4

Partie I. Bibliographie......................................................................................... 7

Introduction de la partie I ............................................................................... 9

Chapitre 1.Analyse bibliographique sur la part relative des processus


d’érosion.......................................................................................................... 11
1.1. Processus de l’érosion hydrique et agents érosifs ................................................. 12
1.1.1. Processus d’érosion .......................................................................................... 12
1.1.1.1. Le détachement .......................................................................................... 12
1.1.1.2. Le transport ............................................................................................... 14
1.1.1.3. La sédimentation ....................................................................................... 15
1.1.2. Facteurs de l’érosion ........................................................................................ 15
1.1.2.1. Le climat ..................................................................................................... 15
1.1.2.2. La topographie........................................................................................... 16
1.1.2.3. La lithologie ............................................................................................... 16
1.1.2.4. Le couvert végétal...................................................................................... 16
1.1.2.5. Le facteur anthropique ............................................................................. 17
1.2. Conséquences de l’érosion et rôle des ravines ...................................................... 18
1.2.1. Conséquences de l’érosion hydrique .............................................................. 18
1.2.2. Rôle des ravines ................................................................................................ 18
1.3. Approches et méthodes de quantification de l’érosion hydrique du sol............. 19
1.3.1. Mesures de terrain ........................................................................................... 19
1.3.2. La télédétection pour suivre l’évolution morphologique des ravines et les
volumes de terre produits .......................................................................................... 20
1.3.3. La modélisation ................................................................................................ 21
1.3.4. Traçage des sources de sédiments ................................................................... 24
1.4. Synthèse générale .................................................................................................... 26

Partie II. Matériel et Méthode ......................................................................... 27

Introduction de la Partie II ........................................................................... 29

Chapitre 2. Présentation des sites d’études ................................................. 31


ix
2.1. La Dorsale tunisienne et le Cap Bon...................................................................... 32
2.2. Les retenues collinaires dans la Dorsale tunisienne et le Cap Bon ..................... 35
2.2.1. Définition et enjeux des retenues collinaires .................................................. 35
2.2.2. Stratégies Nationales d’implantation des retenues collinaires en Tunisie .. 35
2.2.3. Réseau de surveillance des retenues collinaires en Tunisie .......................... 36
2.2.4. Quelques constats concernant les retenues collinaires................................. 36
2.3. Bassins versants sélectionnés .................................................................................. 37

Chapitre 3. Fingerprinting sediment sources in the outlet reservoir of a


hilly cultivated catchment of Tunisia ........................................................... 41
3.1. Introduction ............................................................................................................. 42
3.2. Materials and methods............................................................................................ 44
3.2.1 Study site ............................................................................................................ 44
3.2.2 Soil and sediment sampling .............................................................................. 46
3.2.3 Representativeness of the cores in terms of sediment volume ...................... 48
3.2.4 Choice of the fingerprinting properties ........................................................... 48
3.2.5 Soil and sediment analysis ................................................................................ 49
3.2.6 Sediment fingerprinting using a mixing model .............................................. 50
3.3 Results ....................................................................................................................... 51
3.3.1 Grain-size distribution of the Kamech sources and reservoir deposits........ 51
3.3.2. Fingerprinting properties of potential soil sources and sediment core
samples ........................................................................................................................ 53
3.3.3 The optimal combination of fingerprinting properties and uncertainty
assessment ................................................................................................................... 54
3.3.4 Fingerprinting sediment sources in cores C2 and C9 .................................... 55
3.3.5 Fingerprinting sediment sources in the 13 composite core samples ............. 56
3.4. Discussion ................................................................................................................. 58
3.4.1 Spatial variability and core sampling optimisation ....................................... 58
3.4.2 On the ability to use TOC as tracer in recent North African reservoirs ..... 61
3.4.3 Erosion processes and sediment source hierarchy at the catchment scale .. 62
3.5 Conclusions ............................................................................................................... 63

Conclusion de la partie II .............................................................................. 65

Partie III. Validation ......................................................................................... 67

Introduction de la partie III .......................................................................... 69

Chapitre 4. Confrontation à des mesures directes de terrain ................... 71


4.1. Introduction ............................................................................................................. 72
4.2. Méthodologie............................................................................................................ 73
4.2.1. Le site d’étude ................................................................................................... 73
4.2.2. Données ............................................................................................................. 75
4.2.3. Analyses de données ......................................................................................... 76
4.3. Résultats ................................................................................................................... 77

x
4.3.1. Comportement ruisselant des sites au cours de l’année hydrologique ........ 77
4.3.2. Relations entre les variables de pluies de ruissellement, d’érosion et d’états
de surface .................................................................................................................... 77
4.3.2.1. Relations avec les variables de ruissellement .......................................... 77
4.3.2.2. Relations avec les variables d’érosion ..................................................... 78
4.3.2.3. Relations inter-échelles des variables de ruissellement ......................... 79
4.3.2.4. Reconstitution et comparaison des bilans érosifs ................................... 80
4.4. Conclusions .............................................................................................................. 81

Chapitre 5. Confrontation à des estimations dérivées de télédétection .... 83


5.1. Introduction ............................................................................................................. 84
5.2. Matériel et méthode................................................................................................. 84
5.2.1. Données disponibles ......................................................................................... 85
5.2.1.1. Données « images » .................................................................................... 85
5.2.1.2. Les relevés de terrain ............................................................................... 85
5.2.2. Pré-traitement des clichés de 1962 ................................................................. 86
5.2.3. Évolution du réseau de drainage de Kamech entre 1962 et l’état actuel .... 87
5.2.4. Calcul du volume de terre générée par érosion ravinaire ............................ 88
5.2.5. Utilisation d’un taux d’érosion ravinaire de référence ................................. 88
5.3. Résultats ................................................................................................................... 89
5.3.1. Evolution du réseau de drainage..................................................................... 89
5.3.2. Evaluation des paramètres géométriques des ravines (sections). ................ 93
5.3.2.1. Paramètres géométriques des ravines apparues .................................... 94
5.3.2.2. Paramètres géométriques des tronçons de ravines maintenues
(communs aux deux dates) .................................................................................... 94
5.3.2.3. Estimation des volumes générés par érosion ravinaire sur Kamech .... 96
5.3.3. Résultats de l’utilisation d’un taux d’érosion ravinaire de référence ......... 96
5.4. Discussion ................................................................................................................. 99
5.4.1. Evolutions du réseau de drainage depuis 1962 .............................................. 99
5.4.1.1. Déplacement des têtes de ravines ............................................................. 99
5.4.1.2. Activité et continuité du réseau de drainage ........................................... 99
5.4.1.3. Les Formes des ravines apparues et maintenues.................................... 99
5.4.1.4. Estimation de la contribution de l’érosion ravinaire à l’échelle du
bassin versant........................................................................................................ 100
5.4.2. Difficultés et perspectives .............................................................................. 100
5.5. Conclusion .............................................................................................................. 101

Conclusion de la partie III .......................................................................... 103

Partie IV. Application de la méthode de traçage des sources de sédiments à


5 retenues collinaires de la dorsale tunisienne et du Cap Bon .................... 105

Introduction de la partie IV ........................................................................ 107

Chapitre 6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants


........................................................................................................................ 109

xi
6.1. Introduction ........................................................................................................... 110
6.2. Materials and methods.......................................................................................... 112
6.2.1. Study sites........................................................................................................ 112
6.2.2. Fingerprinting main steps ............................................................................. 115
6.2.3. Field sampling and laboratory analysis ....................................................... 115
6.2.3.1. Field sampling .......................................................................................... 115
6.2.3.2. Sampling, preparation and analysis of Radionucleides and organic
Matter .................................................................................................................... 116
6.2.4. Analysis of the relationships between erosive catchment behaviour and
factors. ....................................................................................................................... 116
6.3. Results .................................................................................................................... 117
6.3.1. Quantification of the relative contribution of surface and subsurface
erosion within the five catchments .......................................................................... 117
6.3.2. Surface, subsurface and total erosion rates ................................................. 119
6.3.3. Relationships between erosion rates and factors ......................................... 120
6.4. Discussion ............................................................................................................... 123
6.4.1. Explanatory factors of erosion behaviour .................................................... 123
6.4.2. Outreach of the fingerprinting approach..................................................... 124
6.4.3. Operational consequences ............................................................................. 125
6.5. Conclusions ............................................................................................................ 125

Conclusion générale et perspectives ........................................................... 129

A) Conclusion Générale ............................................................................................... 129


B) Perspectives .............................................................................................................. 130

Références ........................................................................................................ 133

Annexes

xii
Liste des Figures

Figure 1 : Schéma synthétique du plan de la thèse. ................................................................... 5

Figure 2 : Rejaillissement du sol et de l’eau suite à l’impact d’une goutte d’eau, ou effet
splash ........................................................................................................................................ 13

Figure 3 : Relations entre échelles de temps et d’espace dans la modélisation de l’érosion ... 23

Figure 4 : Exemple de résultat issus du traçage des sources à partir d'analyse de matières en
suspension prélevées dans la rivière Torridge, Royaume-Uni ................................................. 25

Figure 5 : Localisation de la dorsale Tunisienne et du Cap Bon .............................................. 32

Figure 6 : Carte bioclimatique de la Tunisie ............................................................................ 33

Figure 7 : Coupe géologique schématique dans l’anticlinal du Cap Bon ................................ 34

Figure 8 : Localisation des sites d’étude .................................................................................. 37

Figure 9 : Exemples de ravines sur le bassin versant de Kamech ............................................ 38

Figure 10 : Location and aerial view of the Kamech catchment. ............................................. 45

Figure 11 : Core sampling locations within the Kamech reservoir and Thiessen polygons
outlines based on the cores C1 to C13 (a); and the AA’ longitudinal section view of the
sediment deposit depths with the locations of the13 associated cores (b). .............................. 47

Figure 12 : Downcore variations in the specific surface area and selected fingerprint
properties for cores C2 and core C9 ......................................................................................... 53

Figure 13 : Surface topsoil apportionment derived using the mixing model — either with the
combination of caesium and carbon or with caesium only — for the sequences of the two
cores C2 and C9 collected in the Kamech reservoir. The value derived from the composite
core sample is also presented. Note that the complementary contribution of surface topsoil
erosion is provided by gully or channel-bank erosion. ............................................................ 56

Figure 14 : Surface topsoil apportionment in the Kamech catchment according to the core
location along the AA’ transect. The weighted average for the 13 composite core samples is
also represented. Note that the complementary contribution of surface topsoil erosion is
provided by gully or channel-bank erosion. ............................................................................. 57

Figure 15 : Sensitivity of the surface source derived from fingerprinting results to the
exponent value in the grain-size correction function. The result without any grain-size
correction is also depicted. ....................................................................................................... 59

xiii
Figure 16 : Kerogen type and evolution paths (arrows) in the van Krevelen diagram of HI vs.
OI. Kerogen types I, II, and III correspond to waxy organic matter, algal organic matter and
vascular plant organic matter, respectively. ............................................................................. 62

Figure 17 : Les dispositifs de mesures sur Kamech ................................................................ 74

Figure18 : Le micro bassin versant expérimental en rive droite de l’oued Kamech ............... 75

Figure 19 : Présentation des corrélations multi-échelle des lames ruisselées pour les 77 crues
multi-échelles ........................................................................................................................... 79

Figure 20 : Présentation des corrélations multi-échelles des débits maximaux pour les 77 crues
multi-échelles ........................................................................................................................... 80

Figure 21 : Présentation des corrélations multi-échelles des masses érodées sur les 84 crues
(les croix représentent les valeurs mesurées aux 2 stations comparées et les cercles
correspondent aux valeurs reconstituées sur au moins l’une des stations comparées). ........... 80

Figure 22. Exemples de profils transversaux et des vues schématiques de dessus des sections
moyennes, en forme de V et en trapèze. L’emplacement des points de mesure de la
profondeur, la largeur, ainsi que les extrémités du tronçon de ravine sont aussi repérés par
GPS (les nombres apparaissant sur les schémas correspondent à ces points gps). .................. 86

Figure 23. Digitalisation du réseau du réseau de drainage sur le bassin versant de Kamech
pour 1962 et l’état actuel. ......................................................................................................... 90

Figure 24. Suivi de l’évolution du réseau de drainage à l’échelle du bassin versant de Kamech
.................................................................................................................................................. 91

Figure 25. Comparaison de l’évolution morphologique d’une partie d’une ravine entre 1962 et
l’état actuel. .............................................................................................................................. 93

Figure 26. Illustration du bruit dans le MNT calculé à partir des clichés de 1962. ................. 95

Figure 27. Délimitation des surfaces totales du réseau de drainage incisé (actif) à l’échelle du
bassin versant de Kamech ........................................................................................................ 97

Figure 28 : Délimitation des surfaces totales des ravines apparues à l’échelle du bassin versant
de Kamech ................................................................................................................................ 98

Figure 29 : Localisation of the studied catchments. ............................................................... 113

Figure 30 : Relative Source contribution in sediment samples collected from the five studied
catchments .............................................................................................................................. 119

Figure 31 : Total, surface and subsurface Erosion rates of the five studied catchments........ 120

Figure 32 : Relationships between total, surface contribution, surface and subsurface erosion
rates within study sites and the tested factors ........................................................................ 122

xiv
Liste des Tableaux

Tableau 1 : Caractéristiques des retenues collinaires ............................................................... 39

Tableau 2 : Caractéristiques des bassins versants sélectionnés dans cette étude ..................... 40

Tableau 3 : Average and standard deviation concentrations/activities of textural and potential


fingerprinting properties measured in the soil sources and sediment core samples collected in
the Kamech catchment and in its reservoir. ............................................................................. 52

Table 4 : Results of the Kruskal-Wallis H-test applied to the eleven potential fingerprint
properties measured for the source soils collected in the Kamech catchment ......................... 54

Table 5 : Results of the stepwise discriminate function analysis use to identify the optimum
fingerprint property combination ............................................................................................. 55

Table 6 : Basic statistics on the absolute errors in the source contribution evaluation for the
three core sampling strategies. ................................................................................................. 60

Tableau 7 : Nombre de crues utilisées pour les différentes analyses (l’analyse multi-échelle
identifie les crues pour lesquelles les données sont disponibles simultanément aux trois
stations) .................................................................................................................................... 76

Tableau 8 : R² des régressions linéaires des variables de ruissellement en fonction de la


variable de pluie la plus corrélée .............................................................................................. 78

Tableau 9 : R² des régressions linéaires des variables d’érosion en fonction de la variable de


pluie ou de ruissellement la plus corrélée (statistiques calculée sans les 4 crues
exceptionnelles ayant générés des rigoles). .............................................................................. 78

Tableau 10 : Caractérisation du réseau de drainage à l’échelle du bassin versant pour les deux
dates d’études ........................................................................................................................... 89

Tableau 11 : Comparaison de l’évolution morphologique du réseau de drainage à l’échelle du


bassin versant de Kamech entre les deux dates d’études. ........................................................ 92

Tableau 12 : Paramètres géométriques des ravines apparues mesurés sur terrain ................... 94

Tableau 13 : Paramètres géométriques mesurés à l’état actuel des ravines maintenues .......... 95

Tableau 14 : Volume et paramètres géométriques des ravines apparues ................................. 96

Table 15 : Characteristics of the five studied catchments in 2010 ......................................... 114

Table 16 : Raw data of the fingerprinting properties of potential sediment sources samples and
cores collected in the five studied catchments and their corresponding SSA ........................ 118

Table 17 : Coefficient of determination (R2 ) of the tested linear relationships ..................... 123

xv
Introduction Générale

A) Contexte et problématique

L’érosion des sols est un phénomène naturel qui résulte de l’altération et la redistribution des
produits de décomposition et de dégradation des roches, qui peut être accéléré par l'activité
anthropique et en particulier par la mise en culture des sols. Sous l’action associée de la pluie
et du ruissellement et en entraînant parfois une perte irréversible du sol, l’érosion hydrique est
considérée comme l’une des principales causes de la dégradation de cette ressource dans le
monde. Dans la littérature on fait souvent la différence entre l'érosion diffuse liée à un
ruissellement en nappe et l'érosion linéaire là où le ruissellement est concentré. L'érosion
diffuse, dont l’un des principaux facteurs déterminants est l'impact des gouttes de pluie en
présence d’une lame d’eau ruisselante (Cerdan, 2001a), affecte de grandes superficies et tout
particulièrement la partie superficielle la plus fertile du sol. A l’inverse, l’érosion linéaire,
dont le moteur est la puissance du ruissellement (Leguédois, 2003), se manifeste par des
incisions localisées sur des chemins de concentration du ruissellement. Selon la taille de
l'incision, on parle de griffes ou rigoles d'érosion, s’il s’agit d’incisions, respectivement
discontinues ou continues, de quelques décimètres de largeur et de profondeur, et on parle de
ravins ou ravines au-delà (Roose et al., 1994 ; Soil Science Society of America, 2001 ;
Raharinaivo, 2008).

Dans ce document, nous utiliserons le terme d’érosion de surface pour regrouper les
processus d’érosion diffuse (parfois appelée érosion en nappe ou « interrill erosion » en
anglais) et érosion en rigoles (« rill erosion » en anglais), et le terme d’érosion ravinaire pour
les processus d’érosion linéaire se manifestant par des incisions profondes générés par
ravinement et érosion de berges (« gully and bank erosion » en anglais). L’érosion de surface
correspond donc aux processus mobilisant la partie superficielle du sol (30 premières
centimètres) ; et l’érosion ravinaire aux processus mobilisant la partie profonde du sol dans
les ravines ou l’oued principal.

De par ses conditions physiques, géomorphologiques et hydroclimatiques, la Tunisie est le


siège d'une dégradation importante de ses sols par l'érosion hydrique. Celle-ci touche près de
3 millions d’hectares des sols agricoles du pays, soit plus de la moitié de la surface agricole
utile (Ministère de l’Agriculture Tunisien, 2003), et affecte la capacité de production de
l’agriculture tunisienne dans un contexte de hausse du prix des denrées alimentaires. Des
vestiges de lutte contre l'érosion remontant à l’époque de l'occupation de l’empire romain
témoignent de l’ancienneté de ce problème (Jebari et al., 2012). Depuis l’indépendance, des
mesures de lutte contre cette dégradation ont été mises en place et progressivement
intensifiées. Dans les années 90, une stratégie nationale de conservation des eaux et des sols a
vu le jour. Elle a conduit à l’édification de nouveaux lacs et barrages collinaires sur le
territoire et la réalisation de nombreux travaux de conservation des eaux et des sols sur les

1
versants (banquettes, aménagements agro-pastoraux...). L'envasement accéléré de certaines
retenues (Hentati et al. 2010) (ex : Saadine, Arara, Jannet avec des durées de vie inférieures à
10 ans) constitue une menace pour la durabilité de ces aménagements et révèle des lacunes
concernant la compréhension et la prédiction des manifestations d'érosion. De ce fait un
intérêt croissant est porté par les structures de recherche et les services techniques du
ministère de l’agriculture sur l’étude des phénomènes érosifs et la nécessité de (mieux)
adapter les actions anti-érosives en fonction des caractéristiques des bassins versants.

Une des questions les plus cruciales, à la fois sur le plan des connaissances et vis-à-vis de
l’efficacité de la lutte contre l’érosion hydrique, est de déterminer quelle est la part relative de
l’érosion de surface et de l’érosion ravinaire dans ce milieu méditerranéen.
En effet, la Dorsale Tunisienne et le Cap Bon se caractérisent par une très forte densité de
ravines, qui pose ainsi la problématique du rôle de ces systèmes ravinaires dans le
comblement des retenues. Collinet & Zante (2005) ont par exemple montré que le ravinement
pouvait mobiliser dans des cas extrêmes dix à cinquante fois plus de terre que l'érosion diffuse
au niveau du versant. En Algérie, Roose et al. (2000) ont démontré que le ravinement pouvait
produire dix à cent fois plus de terre que l’érosion en nappe. Dans d'autres pays des études ont
mis en évidence le rôle important des ravines pour expliquer l'envasement des retenues
comme en Belgique (Vanwalleghem et al., 2005), en Espagne (De Vente et al., 2008) et en
Italie (De Vente et al., 2006). L’hypothèse proposée par ces auteurs est que les ravines
joueraient à la fois le rôle de source de sédiments et celui d'éléments de connectivité,
augmentant ainsi l'efficacité du transfert depuis les parcelles agricoles vers les retenues de
sédiments (Poesen et al., 2003).
Pour autant l’hypothèse que les ravines jouent un rôle primordial dans les flux de sédiments à
l’exutoire des petits bassins versants manque encore de preuves issues de l’observation et les
quelques études existantes, souvent restreintes à des cas isolés de ravines, sont clairement
insuffisantes pour apporter une réponse à l’échelle du bassin versant et sur une large gamme
de contextes géographiques. La question de la contribution relative entre l’érosion de surface
et l’érosion ravinaire reste donc largement ouverte.

B) Objectifs

Pour mieux comprendre les phénomènes érosifs et aider à la définition de stratégies efficaces
de lutte contre l’érosion, ce travail de thèse se fixe comme objectif général d’apporter des
connaissances quantitatives sur la contribution de l’érosion ravinaire dans le flux de sédiments
à l’exutoire des petits bassins versants méditerranéens (0,1-10 km²). Il se décline en trois
sous-objectifs. Le premier concerne la proposition d’une méthode de caractérisation, rapide et
à moindre investissement, du comportement érosif moyen des petits bassins versants sur les
dernières décennies, c’est à dire une quantification des contributions relatives et absolues des
processus d’érosion de surface et des processus d’érosion ravinaire. Le second vise à dégager
la variabilité du comportement érosif de bassins versants de la dorsale tunisienne et du Cap
Bon. Le dernier consiste à explorer les facteurs de l’environnement et les facteurs humains
susceptibles d’expliquer les différences de comportement entre les bassins.

2
En améliorant la prévision des comportements érosifs des bassins en fonction du contexte de
la zone, les objectifs finalisés de cette étude sont multiples. Le premier porte tout d’abord sur
l’aide à la localisation des 700 nouveaux lacs et barrages collinaires que la Tunisie veut
construire pour la période 2010-2020. Le second objectif opérationnel concerne l'optimisation
des stratégies d'actions anti-érosives par un recours équilibré entre pratiques agricoles, petits
aménagements des versants, petits aménagements des ravines et ouvrages plus importants.
Enfin le dernier objectif vise à mieux cerner les secteurs sur lesquels les modèles d’érosion
actuels, qui généralement prennent peu ou mal en compte l’érosion ravinaire (Vanmaercke et
al., 2012a), peuvent être utilisés et ceux pour lesquels un développement de modèles d'érosion
intégrant effectivement les processus d’érosion ravinaire ainsi que leurs interactions avec les
processus de surface, est nécessaire.

C) Démarche générale

Une spécificité de notre démarche générale est de valoriser l’information contenue dans les
sédiments piégés par les nombreuses retenues collinaires construites sur le pourtour
méditerranéen. En piégeant les sédiments, ces retenues constituent en effet une formidable
archive des flux de sédiments transitant à l’exutoire des bassins versants et offrent la
possibilité unique d’analyser le comportement érosif d’un bassin depuis la création de la
retenue, et donc sur plusieurs décennies. La première étape de notre démarche consiste alors à
adapter une technique de traçage des sources aux sédiments piégés dans les retenues des petits
bassins versants pour quantifier le pourcentage de terres provenant de la partie superficielle
des sols (les 30 premiers centimètres) et celui provenant d’horizons plus profonds. Comme il
existe un lien direct entre la source de sédiments et les processus d’érosion mis en jeu, cette
quantification permet de révéler l'importance relative de l’érosion ravinaire par rapport à
l'érosion de surface et ce depuis la construction des retenues (environ 15 ans). Cette première
étape comporte le prélèvement de carottes de sédiments dans les dépôts de la retenue et
d’échantillons de sols au sein du bassin versant, l’identification de traceurs potentiels et leurs
analyses au sein des échantillons et carottes, et enfin l’application d’une méthode de traçage
des sources de sédiments initialement proposée par Walling (1999) pour quantifier la part des
sédiments des carottes provenant de l’érosion de surface et celle provenant de l’érosion
ravinaire. Une attention particulière est portée à l’impact du nombre et de l’emplacement des
carottes prélevées sur la fiabilité des résultats. Cette première étape est déployée sur le bassin
versant test de Kamech situé au Cap Bon, Tunisie.

Les résultats de cette méthode de traçage sont ensuite confrontés aux résultats obtenus par
deux approches complètement indépendantes d’estimation des flux d’érosion ravinaire à
l’exutoire de Kamech. La première repose sur une analyse de données expérimentales
recueillies à l’exutoire d’une parcelle expérimentale, d’une ravine alimentée par un
impluvium identique à la parcelle expérimentale, et d’un micro-bassin englobant les deux
exutoires précédents. La seconde se propose d’extrapoler à l’ensemble du réseau de drainage
(ravines et oued) un taux d’érosion ravinaire mesuré sur 7 ans sur une ravine du bassin versant
(El Khalili, à paraître), et d’explorer la possibilité de combiner la photo-interprétation,
l'analyse photogrammétrique de photographies anciennes et des mesures in situ sur la

3
morphologie actuelle du réseau de drainage pour essayer d’évaluer un taux d’érosion ravinaire
moyen sur une longue période. Au final, la convergence de ces approches indépendantes sur
Kamech permet d’estimer la confiance que l’on peut avoir dans les résultats de la technique
de traçage sur les sédiments piégés dans les retenues et constitue donc une forme de
validation.

Une application de la méthode de traçage sur quatre autres bassins versants de la dorsale
tunisienne et du cap Bon (El Hnach, El Melah, Fidh Ali et Sbaihia) permet alors de dégager
la variabilité du comportement érosif des petits bassins versants sur une large gamme de
conditions pédo-morpho-climatiques en Tunisie. Une analyse des facteurs impliqués dans ces
comportements est enfin réalisée afin de contribuer à la prise de décision quant à l’installation
des moyens de lutte antiérosifs adéquats en fonction des conditions du bassin à aménager.

D) Plan de la thèse

La mémoire de la thèse se subdivise en quatre parties (Fig. 1) et comporte 6 chapitres.

La partie I est consacrée à l’analyse bibliographique sur les différents processus d’érosion
hydrique. Elle présente les conséquences de ces différents processus et le rôle des ravines
dans la production et le transfert des sédiments, ainsi qu’une synthèse des approches
utilisées à ce jour pour comprendre et évaluer l’importance relative de ces différents
processus d’érosion à l’échelle mondiale.

La partie II présente le matériel et les méthodes utilisés dans ce travail de thèse et comprend
deux chapitres. Le chapitre 2 présente le milieu d’étude en mettant l’accent sur les bassins
versants retenus et leurs caractéristiques. Le chapitre 3 (sous forme d’article) expose, à
travers une application sur un bassin versant cultivé du nord de la Tunisie (Kamech),
l’adaptation de la méthode de traçage des sources de sédiments aux sédiments piégés
dans les retenues collinaires construites après 1980. Cette application a également permis
de dégager des informations importantes sur le choix des traceurs adaptés et sur la
stratégie d’échantillonnage spatial des carottes au sein des dépôts du lac, afin de faciliter
son application à d’autres bassins.

La partie III est consacrée à la validation des résultats de traçage par confrontation à des
évaluations indépendantes de la contribution de l’érosion ravinaire dérivées de mesures
de terrain et d’approches de télédétection. La quantification des terres érodées par érosion
ravinaire est faite d’une part par analyse de données expérimentales des flux de sédiments
sur trois stations au sein d’un versant de Kamech (chapitre 4, sous forme d’article), et
d’autre part par recours à un taux d’érosion mesuré sur une ravine de Kamech pendant 7
ans complété par une analyse de l’évolution morphologique de l’ensemble des ravines à
l’échelle du bassin versant sur près de 50 ans (chapitre 5).

La dernière partie IV (chapitre 6, sous forme d’article) consiste à mettre en évidence la


variabilité des comportements érosifs des bassins versants, et à en rechercher les
4
principaux facteurs explicatifs grâce à l’application de la méthode de traçage sur 5
bassins versants représentant une large gamme de conditions observées dans la dorsale
Tunisienne et le Cap Bon.

Figure 1. Schéma synthétique du plan de la thèse.

Figure 1. Schéma synthétique du plan de la thèse.

5
6
Partie I

Bibliographie

7
8
Introduction de la partie I

L’érosion hydrique des sols est un phénomène naturel qui conduit à l’ablation des sols, sous
l’action de l’eau. L’érosion va s’attaquer tout d’abord à l’horizon superficiel, lieu du
développement du couvert végétal, en provoquant une perte de la couche arable la plus riche
en matière organique et en nutriments, on parle ainsi d’érosion de surface. La perte de cette
couche fertile va entraîner une baisse de la productivité des terres agricoles et un déficit pour
subvenir aux besoins nutritionnels, ainsi que des problèmes d’ordre économique et social.
Quand l’érosion hydrique se manifeste par des incisions plus profondes générées par le
ruissellement concentré, on parle d’érosion linéaire ou ravinaire. Le ravinement est considéré
comme la forme d’érosion linéaire la plus importante, causant des pertes en sols très
significatives qui affectent les horizons profonds.
Dans cette première partie du travail de thèse nous allons identifier les différents processus
qui gouvernent l’érosion hydrique, à savoir le détachement des particules du sol, leur transport
et enfin leur sédimentation. Les facteurs de ces différents processus d’érosion peuvent être
regroupés sous 4 volets : le climat, la lithologie, la topographie et l’occupation des sols. Les
actions anthropiques peuvent aussi être considérées comme des agents érosifs.
En Méditerranée, l’érosion hydrique des sols est un phénomène largement répandu du fait de
conditions climatiques et topographique sévères qui règnent dans cette région et de pratiques
agricoles parfois inadéquates. La forte concentration des ravines dans la région de la Dorsale
Tunisienne et du Cap Bon pose la question de leur rôle dans l’envasement des retenues
collinaires fréquemment observé ces dernières années. Ce rôle sera exposé dans ce chapitre de
bibliographie.
Un inventaire des différentes méthodes utilisées pour la quantification des pertes en sol est
également présenté. L’analyse des avantages et des limites de ces approches a guidé notre
choix vers les approches les mieux adaptées à nos objectifs de travail.

9
10
Chapitre 1.

Analyse bibliographique sur la part relative des


processus d’érosion

L’érosion hydrique correspond au


détachement, au transport et à la
sédimentation des particules du sol, sous
l’action associée de la pluie et du
ruissellement. Alors que l'érosion linéaire,
et plus spécifiquement l’érosion ravinaire,
mobilise localement la partie profonde du
sol, l'érosion de surface décape quant à elle
la partie superficielle la plus fertile du sol.
Pouvoir distinguer ces deux processus et
quantifier leur contribution respective
représente un enjeu majeur. La
télédétection est une source de données de
plus en plus utilisée pour reconnaître et
caractériser les manifestations de l'érosion
(Vrieling, 2006). Si les méthodes mises en
œuvre sont multiples, la photo-
interprétation, souvent associée à des
mesures de terrains, reste la plus répandue.
Cependant, des techniques de «traçage des
sources de sédiments» développées ces
dernières années semblent très
prometteuses pour permettre de quantifier
l'importance relative des différents processus érosifs à
l’échelle des bassins versants.

11
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

1.1. Processus de l’érosion hydrique et agents érosifs

L’érosion des sols est un phénomène naturel qui désigne le processus de détachement et de
transport de particules solides (Le Bissonnais et al., 2002).

La formation de rigoles ou de ravines est un signe révélateur de l’érosion hydrique. Elles sont
liées à la concentration du ruissellement qui permet à l’écoulement d’acquérir une capacité
érosive qui entraîne les fragments de sol. On parle d’érosion concentrée. Cependant, quand le
ruissellement n’est pas suffisamment concentré pour générer des rigoles, il se produit quand
même un transfert et une exportation de terre sous l’impact des gouttes de pluie. Comme elle
est répartie sur l’ensemble de la surface, on parle d’érosion diffuse, ou en nappe ou encore
« sheet erosion ». Elle est moins visible et semble générer moins de pertes en terre mais du
fait qu’elle décape la couche superficielle, elle est susceptible d’exporter de fortes quantités
de nutriments et de produits phytosanitaires présents à la surface du sol et donc de polluer les
ressources en eau (Leguédois, 2003).

Dans certaines zones de la Méditerranée, la perte du sol est devenue irréversible et l’érosion
du sol a même cessé à certains endroits où une roche mère dure a été mise à nu.

En Tunisie ce sont les étages bioclimatiques humides, sub-humides et semi arides qui sont les
plus affectés par l’érosion hydrique. Les données générales sur l’érosion dérivent des cartes
réalisées en 1980 (Echelle : 1/1 200 000). La stratégie nationale de la Conservation des Eaux
et des Sols (CES) (1990-2000) indiquait que 3 millions d’ha étaient soumis à l’érosion
hydrique dont la moitié est fortement menacée. Selon la Direction Générale de
l'Aménagement et de la Conservation des Terres Agricoles (DGACTA), les estimations
actuelles des superficies menacées par l’érosion s’élèvent à 3,54 millions d’ha (CNEA, 2007).

1.1.1. Processus d’érosion

L’érosion hydrique des sols résultent de la conjugaison de trois mécanismes : le détachement


des particules de sol, leur transport et leur sédimentation.

1.1.1.1. Le détachement

Le détachement des particules de sol se fait sous l’impact de deux agents érosifs :

* La pluie, qui est reconnue depuis longtemps comme un agent essentiel de l’érosion des sols
(Ellison, 1944 ; Ekern, 1950). L’impact des gouttes de pluies sur la surface de sol provoque
le détachement des particules de sol.

12
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

Plusieurs mécanismes, qui diffèrent par la nature des forces qu’ils mettent en jeu, sont à
l’origine de la désagrégation par l’action de l’eau. Quatre principaux mécanismes ont étés
identifiés (Emerson, 1967 ; Boiffin, 1984 ; Le Bissonnais, 1988 ; Emerson & Greenland, 1990
; Le Bissonnais & Le Souder, 1995 ; Le Bissonnais, 1996) :
– L’éclatement, lié à la compression de l’air piégé lors de l’humectation. Les sols argileux
sont moins affectés par l'éclatement que les sols limoneux ou sableux, à cause de leur porosité
réduite et de leur importante capacité de rétention de l’eau (Le Bissonnais, 1990).
– La désagrégation mécanique due à l’énergie dissipée lors de l’impact des gouttes de pluie.
Cette énergie se transforme en force de cisaillement qui provoque le détachement des
particules de sol et l’effet « splash » (Fig. 2).
– La microfissuration produite par le gonflement différentiel des argiles. Le gonflement et le
retrait de ces argiles provoquent des microfissures des agrégats.
– La dispersion physico-chimique résulte de la réduction des forces d’attraction entre les
particules colloïdales composant le sol. Elle dépend de la taille et de la valence des cations
présents qui peuvent former des ponts entre les particules chargées négativement.

Suite à l’impact d’une goutte de pluie, des gouttelettes d’eau et des fragments de sol sont
éjectés de la surface et transportés radialement autour du point d’impact, avant de se déposer à
la surface. Ce rejaillissement d’eau et de sol est communément désigné par le terme de splash
(Fig.2).

Figure 2: Rejaillissement du sol et de l’eau suite à l’impact d’une goutte d’eau, ou effet
splash d’après Leguédois (2003).
Photos : Pierre-Olivier Cochard

* Le ruissellement, dont l’impact dépend de la force de cisaillement (vitesse d’écoulement) et


de la résistance du sol, qui peut détacher des particules de sol à son passage.
La stabilité structurale est une propriété qui rend compte de la sensibilité d’un sol à la
désagrégation par l’eau, estimé par les tests de stabilité structurale des sols. De très nombreux
13
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

facteurs intrinsèques comme la texture, la teneur en matière organique ou en cations


échangeables agissent sur la stabilité structurale d’un sol (Amézketa, 1999).
La mise en mouvement des fragments de terre par le ruissellement (parfois désignée par le
terme entraînement) est généralement liée à des conditions de ruissellement concentré. Tout
comme pour l’impact des gouttes de pluie, la susceptibilité du sol face au détachement par
une lame d’eau ruisselante est dépendante de sa cohésion interne. La résistance au
cisaillement du sol est donc une variable souvent utilisée pour caractériser le matériau soumis
à l’érosion (Torri & Borselli, 1991 ; Sharma, 1996).

1.1.1.2. Le transport

Une fois que les particules de sol sont détachées, elles sont transportées sur des distances plus
ou moins importantes.

En plus de son action sur la désagrégation et le détachement, l'impact des gouttes de pluie
peut être à l'origine d'un déplacement des particules et fragments issus de la désagrégation à la
surface du sol « le splash » (Cerdan, 2001a). Ce dernier constitue le principal moteur de
l'évolution structurale et du déplacement latéral des particules de sol avant le démarrage du
ruissellement.

Le ruissellement est l’agent principal du transport des fragments de sol mis en mouvement sur
une surface. Dans la lame d’eau peu épaisse qui s’écoule à la surface lors d’un événement
érosif, les fragments de sol sont transportés par suspension, saltation et traction (Moss et al.,
1980).

Deux types de ruissellement existent : le ruissellement de sub-surface (ou hypodermique) dû à


la présence d’un horizon imperméable sous la surface du sol, et le ruissellement de surface.
Ce dernier résulte soit d’un refus d’infiltration de surface du sol dû à une pluie dont l’intensité
est supérieure à la capacité d’infiltration de la surface du sol (mécanisme de Horton) et qui est
souvent conséquence de la formation de la croûte de battance, soit d’un dépassement de
capacité de stockage du sol ( ruissellement par saturation ) (Joannon, 2004).

Quand la charge en sédiments est inférieure à la capacité de transport de l’écoulement, les


particules de sol peuvent être ainsi transportées. Quand la charge est supérieure à la capacité
de transport, les sédiments en excès se déposent. L’exportation des sédiments par le
ruissellement est grandement influencée par le fait que la lame d’eau soit soumise ou non à
l’impact des gouttes de pluie. Pour un écoulement en nappe peu épais (érosion diffuse), la
pluie tend à augmenter la concentration et la granulométrie de la charge solide exportée
(Chaplot & Le Bissonnais, 2000 ; Beuselinck et al., 2002).

Ce déplacement des particules de sol est favorisé par plusieurs autres facteurs moins
importants, tels que la gravité, le labour et le vent.
14
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

1.1.1.3. La sédimentation

La sédimentation est le mécanisme qui contrôle et peut limiter la quantité de sédiments


exportés. Elle se produit quand la capacité de transport de l’écoulement est dépassée. Cette
troisième phase du processus d’érosion hydrique apparaît donc par exemple lors du
ralentissement du ruissellement. Les particules les plus grossières sont les premières à
sédimenter, les plus fines étant transportées plus loin. On parle de tri granulométrique
(Kaurak Leite 1990).

1.1.2. Facteurs de l’érosion

Deux principaux types de facteurs de l’érosion sont évoqués dans la littérature : les facteurs
naturels regroupés sous quatre grandes familles ; à savoir : le climat, la topographie, la
lithologie et le couvert végétal; et les facteurs anthropiques relatifs aux activités humaines.

L’érosion en milieu méditerranéen est directement commandée par la vulnérabilité d’une


topographie exposée à un climat très agressif, facteur accentué par les travaux de l’homme
fragilisant le couvert végétal et déstructurant les sols (Temple-Boyer et al., 2007).

1.1.2.1. Le climat

La fréquence et l'intensité des précipitations sont les deux caractéristiques importantes du


facteur climatique de l'érosion hydrique des sols. Ces caractéristiques sont à l’origine de la
formation du ruissellement quand la quantité des pluies dépasse la capacité d’absorption de
l’eau par le sol.

Le climat méditerranéen est caractérisé par des précipitations limitées et irrégulières et des
orages violents de courte durée et de forte intensité.

Le potentiel érosif de la pluie est désigné par le terme général d’érosivité (Bergsma et al.,
1996). Ce paramètre est lié à l’intensité des averses et aux caractéristiques des gouttes de
pluie (taille, vitesse, forme, angle d’impact) qui déterminent leur énergie cinétique (Riezebos
et Epema, 1985).

La violence du vent intervient dans l’augmentation de l’énergie cinétique des gouttes de pluie.
L’efficacité d’une pluie fine qui tombe pendant trois jours est plus faible qu'une pluie d'une
heure à grosses gouttes affectées par un vent d’une vitesse de 50 km/heure (Poesen, 1985).

15
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

1.1.2.2. La topographie

La topographie fait avant tout référence à la pente des terres: la pente accélère l'érosion car
elle augmente la vitesse d'écoulement de l'eau (CNEA, 2007). La pente intervient dans les
phénomènes d'érosion en fonction de sa forme, de son inclinaison et de sa longueur (Roose,
1994 ; Fox & Bryan, 1999)).

En effet, plusieurs études ont montrés que l’énergie cinétique du ruissellement et le pouvoir
érosif croissent avec la longueur de la pente. Par ailleurs, des mesures réalisées sous pluies
naturelles et simulées à l’échelle du mètre carré montrent que l’érosion diffuse augmente
significativement lorsque la pente passe de 2 à 8 % (Chaplot & Le Bissonnais, 1999).

1.1.2.3. La lithologie

L’érodibilité du sol désigne sa susceptibilité face aux processus d’érosion. Elle est fonction
des propriétés physico-chimiques du sol (texture, profondeur, pierrosité, teneur en matière
organique…) et de la cohésion qui existe entre ces particules. Une faible cohésion va entraîner
une forte érodibilité (Govers, 1987; Poesen & Govers, 1990).

Il y a moins d'érosion dans les sols sablonneux parce que l'eau est absorbée facilement en
raison de sa perméabilité élevée, par contre en cas de ruissellement ils peuvent être très
érodibles. Une forte teneur en matière organique dans le sol améliore la structure granulaire et
la capacité de rétention d'eau. Plus la matière organique diminue, plus l’érodibilité du sol
augmente.

Les sols dans le pourtour méditerranéen sont pauvres en matière organique à cause de la faible
productivité végétale, des températures élevées et du manque d’eau. Ces conditions accélèrent
la minéralisation des matières organiques du sol et les rendent fragiles, faiblement structurés
et prédisposés au tassement et à la formation de croûtes de battance. En conséquence ces sols
sont en général très sensibles à l’érosion (Al Ali, 2007).

1.1.2.4. Le couvert végétal

Il s'agit du facteur primordial de protection du sol contre l'érosion.

La présence de la couverture végétale, sa nature et son étendue, jouent un rôle important dans
l'interception et le retard de la chute des gouttes des pluies sur la surface du sol permettant
ainsi la dissipation de son énergie cinétique, ce qui diminue dans une large mesure l'effet
"splash". Elle favorise également l’infiltration de l’eau et le maintien du sol grâce à son
système radiculaire, et son développement en surface freine le ruissellement.

16
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

Roose (1994) constate que l'érosion est fonction non seulement du couvert végétal, mais
également de sa hauteur au-dessus du sol. Plus la hauteur est réduite plus la protection est
importante et donc l’érosion est minimale.

Les forêts et surtout les couvertures herbacées sont plus efficaces pour fournir une protection
du sol qu’une couverture de plantes cultivées ou une jachère. C'est le manque de végétation
qui crée la condition permettant l'érosion. L’existence d’une litière protège également les sols
de l'érosion.

La dynamique de la croissance du couvert végétal est très variable en fonction du type de


plante mais aussi des techniques culturales (densité et date de plantation, fertilisation) et du
climat (précipitations et éclairement). La combinaison entre cette dynamique de croissance et
la dynamique des pluies va donc déterminer l’importance des risques d’érosion.

1.1.2.5. Le facteur anthropique

Certaines activités humaines accélèrent l’action de l’érosion. Les pratiques qui favorisent
l’érosion sont principalement :
*Le surpâturage qui provoque le tassement des sols, diminue sa perméabilité et favorise le
ruissellement de l’eau.
*L’intensification de l’agriculture.
*La déforestation favorisant l’écoulement d’eau. Selon la FAO le taux moyen de déforestation
des 10 dernières années dans le sud et l’est du bassin méditerranéen est de l’ordre de 1,1 %
contre 0,8 % pour la forêt tropicale mondiale (PNUE- plan bleu, 97).
*La croissance démographique et l’urbanisation.

En Tunisie, les activités humaines (défrichement, surexploitation des forêts et parcours,


pratiques culturales impropres) ont augmenté au cours de dernier siècle, en particulier du fait
de la croissance démographique : 2 millions d’habitants et 1,2 millions d’ha cultivés en 1920
contre 9,9 millions d’habitants et 4,7 millions d’ha cultivés actuellement (CNEA, 2007).

Cependant, de nombreuses autres actions menées par l’homme permettent de lutter contre
l’érosion hydrique et protéger la ressource sol. En effet, depuis 7.000 ans, l’homme a
accumulé les traces de sa lutte contre l’érosion et la dégradation des sols en vue d’améliorer la
gestion de l’eau et la fertilité des sols (Lowdermilk , 1953 cité par Roose, 1994). Les
aménagements ainsi développés peuvent être scindés en deux catégories. La première
catégorie représente les aménagements biologiques qui intègrent le reboisement et la re-
végétalisation de terres nues, le recouvrement continu des sols soit par les cultures en bandes
alternées soit par l’utilisation des plantations pérennes, et l’installation des haies pour
délimiter et protéger les parcelles contre l’érosion. La deuxième catégorie comporte les
aménagements dites de génie rural avec différentes techniques de stockage d’eau et de
freinage du ruissellement, comme la construction des banquettes, des terrasses, des seuils, des
gabions, des jessours…

17
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

En Tunisie par exemple 2,4 millions d’hectares de terres ont été protégés contre l’érosion
durant les trois dernières décennies du vingtième siècle (Al Ali, 2007).

1.2. Conséquences de l’érosion et rôle des ravines


1.2.1. Conséquences de l’érosion hydrique

L'érosion des sols est à l'origine de deux familles de problèmes :

Les conséquences dans la zone de départ des sédiments (on-site effects). Elles sont relatives à
la perte de la couche arable ainsi que des semences, ce qui réduit la fertilité du sol et la
productivité des cultures. Sachant que la régénération d'un centimètre sol à partir d'un
matériau d'origine peut prendre des milliers d'années, le processus peut être considéré comme
quasi irréversible à l'échelle de générations humaines.

Les conséquences sur les lieux de dépôt (off-site effects) sont plus nombreuses.
Les engrais et pesticides épandus dans une parcelle agricole peuvent être transportés dans les
eaux de ruissellement sous forme dissoute ou par adsorption sur les sédiments. Ce transport
peut avoir des effets toxiques sur la qualité de l’eau (potable et d’irrigation) et peut provoquer
une eutrophisation (prolifération des plantes aquatiques et perte d'oxygène dissout) des
milieux aquatiques. On peut aussi assister à la destruction des infrastructures et le
recouvrement de fossés et routes.
Une autre conséquence importante est l’envasement des barrages et des retenues en aval ce
qui affecte leur capacité à mobiliser les eaux de surface dans un but d’irrigation ou
d’alimentation en eau potable par exemple. Les écosystèmes, les productions et la sécurité
alimentaire sont alors sévèrement affectés.

1.2.2. Rôle des ravines

Le ravinement constitue un stade avancé de l’érosion hydrique des sols. Les ravines peuvent
atteindre des dimensions considérables, avec des profondeurs qui peuvent varier de 0,5 à 25-
30 mètres (Soil Science Society of America, 2001). La densité des ravines est fonction
essentiellement de la pente et de l’épaisseur du sol (Slimi, 2008). Le ravinement est le plus
souvent provoqué ou accéléré par la conjonction d’une utilisation inappropriée des terres et
d’épisodes de précipitations extrêmes (Valentin et al., 2005).

Les informations collectées à travers le monde montrent que les taux de pertes en sol par
érosion ravinaire, représentent une proportion variant de 10% à 94% de la production totale
des sédiments causée par l’érosion hydrique (Poesen et al. 2003). Cette forme d’érosion peut
charrier de grandes quantités de terre et être à l’origine de coulées de boue importantes

18
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

(Khentouche, 2005), causant ainsi une perte en sol plus importante que celles dues à l’érosion
en surface (nappe + rigoles) (Poesen et al., 2006).

Une autre étude réalisée par Poesen et al., en 2002 sur quelques bassins versants
méditerranéens, montre que la présence de ravines actives dans ces sites semble être un bon
indicateur de l’importance de la production de sédiments à travers ces bassins. En d’autres
termes, les ravines constituent des éléments de connectivité qui facilité le transfert des
sédiments dans le paysage. Les ravines peuvent donc être responsables, avec l’oued, du
détachement et du transport d’un volume important de sédiments des horizons profonds aux
réservoirs (Poesen et al., 2003).

Les ravines peuvent avoir aussi un rôle secondaire dans l’infiltration de l’eau dans le sol. En
effet, une fois que les ravines sont développées, sur des horizons perméables du sol, le taux
d’infiltration d’eau à travers leur lit peut être significativement plus important que celle au
niveau des surfaces inter-ravinaires (Poesen et al., 2003).

Bien que de nombreuses stratégies pour prévenir et combattre le ravinement se sont révélées
être efficaces, elles sont rarement adoptées par les agriculteurs sur le long terme et à grande
échelle (Valentin et al., 2005).

1.3. Approches et méthodes de quantification de l’érosion hydrique du sol


Les méthodes utilisées dans la quantification de l’érosion varient en fonction des objectifs,
des moyens et des échelles d’étude.

1.3.1. Mesures de terrain


La quantification des pertes de terres peut se faire par mesures directes sur le terrain grâce à
l’installation d’une station de jaugeage ou station hydrologique à l’exutoire de la surface
d’étude permettant de suivre les flux d’eau et de matières solides associées. Chaque station
hydrologique peut par exemple être équipée de capteurs de hauteur d’eau qui permettent de
mesurer le débit en continu au droit de déversoirs (pour les faibles débits) et de canaux
rectangulaires en béton (pour les forts débits). Le transport solide peut être estimé à partir de
mesures de concentration des eaux en matières en suspension (MES) grâce à des préleveurs
automatiques asservis aux débits (Ben Slimane, 2008 ; Sauvadet et al., 2012). Dans ce cas, la
masse érodée est calculée en intégrant les concentrations obtenues par rapport aux volumes
écoulés. Et les bilans annuels moyens de l’érosion sont déduits en intégrant les masses
érodées obtenues par rapport à la période et la surface d’étude. Des mesures en continu de la
turbidité peuvent aider à l’intégration des concentrations par rapport aux volumes écoulés.

La simulation de pluie constitue l’une des méthodes les plus fréquemment utilisée sur terrain
pour déterminer, à une petite échelle correspondant à la surface élémentaire représentative
19
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

d’une parcelle cultivée et sous diverses conditions de pluie et de sol, certaines caractéristiques
hydrodynamiques des sols, et mesurer le ruissellement et les pertes en sol induites. Plusieurs
types de simulateur de pluie existent et peuvent arroser des surfaces allant de un mètre carré à une
cinquantaine de mètres carré (Benkhelil et al., 2004). Ces simulateurs de pluie présentent
l’avantage d’être des dispositifs mobiles, d’avoir la capacité de produire des averses avec les
fréquences, les intensités et les quantités de pluies semblables à des pluies naturelles ou à des
évènements rares.
Le simulateur de pluie est constitué d’un système d’arrosage fixé au sommet d’une tour
pyramidale. L’aspersion est assurée par gicleur calibré monté sur un bras mobile. L’angle de
balancement de ce bras permet d’ajuster l’intensité de pluie nécessaire tombant sur la parcelle
d’étude (Bufalou & Elleuch, 1987). La parcelle étudiée est limitée par un cadre enfoncé dans le
sol et équipé d’un canal collecteur pour récupérer l’eau ruisselée ainsi que les particules de sol
associées.

L’estimation de la quantité des terres érodées peut aussi se faire par mesure de la
sédimentation dans les retenues. Cette évaluation dépend de la densité et du volume des
sédiments dans la retenue. L’épaisseur des sédiments est déterminée par bathymétrie, alors
que leur densité varie en fonction de la texture, de l’épaisseur des dépôts, de la minéralogie,
du niveau de l’eau dans la retenue et de l’âge des dépôts (Strand and Pemberton, 1982).

Il existe aussi des mesures topographiques qui permettent d’évaluer la quantité de sol perdue
après chaque évènement pluvieux, en suivant l’évolution topographique (hauteur) de la
surface du sol et les sections des ravines par rapport à un plan et une date de référence.

1.3.2. La télédétection pour suivre l’évolution morphologique des ravines et les


volumes de terre produits

La télédétection est une source de données de plus en plus utilisée pour reconnaître et
caractériser les manifestations de l'érosion (Vrieling, 2006) et permettre une identification de
plus en plus fine des formes d’érosion, de leur dynamique, leur évolution, et leur prévision,
surtout pour les formes linéaires et en particulier les systèmes ravinaires. Cette reconnaissance
est possible sur des gammes très larges de temps (plusieurs années en utilisant des archives) et
d’espace (de la parcelle au versant pouvant atteindre plusieurs milliers de km2). Elle
représente la méthode de régionalisation et de mise à jour la plus rapide et la moins coûteuse,
même si la qualité d’identification diminue généralement lorsque la surface étudiée augmente.

Plusieurs papiers passent en revue les méthodes de télédétection pour cartographier et suivre
l’évolution des éléments d’érosion linéaires tels que les ravines (Desprats et al., 2013 par
exemple).

Les méthodes mises en œuvre sont multiples, bien que l’on constate une préférence pour la
photo-interprétation (Ries & Marzolff, 2003 ; Parkner et al., 2006 ; ; Vrieling et al., 2008 ;
Bouchnak et al, 2009) et l'analyse photogrammétrique (Draba et al., 2003; Schieffer &
Gilbert, 2007) ou une combinaison de ces deux approches (Nachtergaele & Poesen, 1999). La

20
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

technique de photo-interprétation peut être associée avec d’autres moyens de traitement et


d’acquisition des données tels que les modèles de prédiction d’érosion (Desmet, 1999 ; Bou
Kheir, 2008), l’analyse morphologique par des modèles numériques de terrain (DEM)
(Martinez Casanovas, 2003) et des systèmes d’information géographique (SIG). Dans tous les
cas des mesures de terrains sont utiles pour la validation des résultats (Zucca et al. 2006 ; Bou
Kheir et al. 2008). Grâce à une analyse diachronique d’images de télédétection, on peut
accéder à l'évolution morphologique (longueur, largueur, profondeur…) des ravines et donc
en déduire des quantités de terres produites par les ravines entre deux dates d'observation. Il a
été démontré que la combinaison de la photo-interprétation avec les expertises de terrain
constitue un outil de valeur pour déterminer les taux volumétriques de retrait des têtes de
ravines (Vandekerckhove et al., 2003), pour estimer les volumes érodés et les pertes en sol
(Nachtergaele & Poesen, 1999), ou encore pour cartographier et évaluer la relation
longueur/volume des ravins (Zucca et al., 2006).

En résumé, la télédétection constitue une ressource d’information intéressante pour la


cartographie et la classification du risque d’érosion linéaire, pour l’identification des surfaces
susceptibles à l’érosion, pour l’évaluation des volumes érodés et pour l’étude de l’évolution
morphologique des systèmes et des surfaces ravinaires, permettant ainsi une analyse
qualitative et quantitative de l’érosion hydrique.

1.3.3. La modélisation

Les phénomènes d’érosion sont le résultat d’interactions complexes et variables. Le recours à


la modélisation peut aider dans la prise de décision pour la conservation des ressources en
sols, par l’établissement des schémas d’aménagements et par l’évaluation des risques
d’érosion.
Il existe deux catégories de modèles. Les premiers sont les modèles empiriques qui se basent
sur l’équation universelle de WISCHMEIER (USLE). Cette équation universelle des pertes en
sol regroupe toutes les variables sous six facteurs majeurs (Wischmeier & Smith, 1965). Elle
prédit les pertes moyennes de sol qui sont occasionnées par l’érosion de surface. Le principe
de cette équation est de comparer l'érosion d'un site quelconque à celle d'une parcelle de
référence.
Ce modèle empirique s’exprime selon la formule suivante :

A=K*R*L*S*C*P
Avec :
A est la perte annuelle moyenne du sol due à l'érosion (t ha-1 an-1) ; K le facteur qui caractérise
l'érodabilité du sol (t ha-1MJ-1 mm-1 ha h) ; R est appelé facteur pluie ou indice d'érosivité (MJ mm
ha-1 h-1 an-1) ; L*S est le facteur topographique. Il tient compte de la longueur de la pente (L) et de
son inclinaison (S) ; C Le facteur de couverture végétale, incluant la régie des cultures et des sols et
les pratiques culturales ; P le facteur des pratiques de soutien (ou pratiques culturales anti-érosives).

21
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

Plusieurs tableaux de données et des graphes ont rendu l’utilisation de l’équation universelle
plus facile après sa réactualisation en 1978. Ces données sont obtenues grâce à des mesures et
des statistiques réalisées sur un grand nombre de parcelles standardisées de dimensions
réduites tout au long de plusieurs années.
Les limites de cette équation universelle sont qu’elle n’évalue que les pertes moyennes à long
terme causées par l’érosion de surface, sans tenir compte du ravinement. Elle est incapable
d’estimer les pertes en terre pour une saison ou un épisode pluvieux isolé, ou en dehors des
champs en question. Selon Auzet (1987), la principale critique à faire à cette équation est
qu'elle ne tient pas compte des interactions entre facteurs.

Il a été démontré (Van der Knijff et al. 2000 ; Van Rompaey et al. 2003 ; Grimm et al. 2003)
la difficulté de prévoir de manière fiable le risque érosif à travers cette équation, sans mesures
directes in situ. Néanmoins elle reste un outil intéressant utilisable avec précaution sous
certaines conditions et sans possibilité d’extrapolation.

La deuxième catégorie de modèles concerne les modèles déterministes (physiques), qui


cherchent à quantifier et à cartographier l’érosion en se basant sur la description des processus
physiques de l’érosion. Le principe de cette modélisation à base physique est de décrire
l’érosion au travers de représentations mathématiques des processus hydrologiques et érosifs
fondamentaux, à savoir : le détachement par les gouttes de pluie et/ou par le ruissellement, le
transport par les gouttes de pluie, le transport par le ruissellement, et le dépôt par le
ruissellement (Foster, 1990). Une séparation entre les processus de rigoles et inter-rigoles, a
été même proposée.

Dans les années 1940, Horton (1938) et Ellison (1947) ont fourni les principes fondamentaux
de la modélisation à base physique, mais leurs utilisation n’a été mise en valeur qu’après les
années 1970, durant lesquelles ont été développés les modèles CREAMS (Knisel, 1980) et
ANSWERS (Beasley et al., 1980). Le modèle WEPP (Etats-Unis), ainsi que les modèles
EUROSEM, (Morgan et al., 1998) ou LISEM (De Roo et al., 1996a, b) en Europe, ont été
créés afin de faciliter l’utilisation des modèles à base physique.

De Vente et Poesen (2005) ont toutefois montré que les modèles d'érosion développés à une
échelle donnée ne sont pas forcément applicables à une autre échelle. En effet, comme pour
beaucoup de modèles, le choix du modèle et des mécanismes décrits varie en fonction des
différentes échelles de temps et d’espace (Fig. 3).

22
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

Figure 3 : Relation entre échelles de temps et d’espace dans la modélisation de l’érosion


(Le Bissonnais, 2008).

Il apparaît que les modèles à base physique sont plus adéquats pour décrire et prévoir la
réponse d’un système à échelle de temps et d’espace réduits, de manière à prendre en compte
la complexité des processus. A l’inverse, les modèles empiriques sont mieux adaptés aux
estimations de l'érosion à l'échelle régionale.

Dans la plupart des publications récentes, des doutes apparaissent sur l’utilisation de ces
modèles à base physique pour la prédiction de l’érosion (Nearing & Nicks, 1998 ; Favis-
Mortlock, 1998 ; Boardman & Favis-Mortlock, 1998 ; Takken et al., 1999 ; Folly et al., 1999;
Jetten et al., 1999), et les résultats obtenus à ce jour en terme de prédiction de l’érosion ne
sont pas très concluants. Et comme le déclare Bryan (2000) : « Il n’est pas du tout évident que
tous les processus et interactions impliqués dans l’érodibilité des sols puissent un jour être
modélisés physiquement ». Certes, les modèles à base physique permettent d’améliorer nos
connaissances des mécanismes de l’érosion, mais il n’est peut-être pas réaliste de vouloir les
utiliser comme outil de prédiction de l’érosion des sols (Parsons et al. 1997). D’autant plus
que ces modèles nécessitent une phase importante de calibration remettant en cause leur
capacité prédictive (De Roo, 1993 ; 1998), et une demande abondante en données.

En résumé, on peut dire que l’érosion ravinaire est souvent mal, voire non prise en compte
dans ces modèles (empiriques et physiques) et les interactions entre érosion ravinaire et
érosion de surface encore moins (Vanmaercke et al., 2012b). Donc à ce jour la modélisation
ne permet pas de reproduire avec assez de fiabilité les processus d’érosion et elle semble peu
opérationnelle pour quantifier l’érosion hydrique des sols à l’échelle des bassins versants qui
ne sont pas instrumentés. Ainsi cette approche ne sera pas privilégiée dans ce travail de thèse.

23
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

1.3.4. Traçage des sources de sédiments

Le constat de départ est que les dépôts de sédiments constituent une mémoire précieuse des
processus ayant eu lieu en amont du dépôt (Collins & Walling, 2004). Par ailleurs, les
techniques de « traçage des sources » utilisant des « empreintes digitales » des sédiments,
s'avèrent être aujourd'hui des techniques efficaces pour établir l'importance relative des
différents processus érosifs et sources de sédiments (Walling, 2005).

Une définition d'un traceur pédologique a été proposée par Mourier (2008) : "empreintes
caractéristiques des sols suffisamment conservatrices et stables pouvant être reconnues dans
des écosystèmes adjacents au sol". Différents traceurs ont prouvé leur efficacité pour
déterminer les sources de sédiments au sein d'un bassin versant et en déduire les processus
dominants. Aux traceurs peu coûteux utilisés quasiment systématiquement (la texture, l’azote
total, le phosphore total, le carbone organique total), des traceurs complémentaires comme
l'activité des radionucléides (Césium 137, Plomb 210, Béryllium 7…) (Walling et al., 1999 ;
Li. Et al., 2003 ; Belyaev et al., 2005 ; Foster et al., 2007 ; Bennett et al., 2007 ; Devereux et
al., 2010 ;Kato et al., 2010), des propriétés magnétiques des minéraux (Gruszowski et al.,
2003) ou d’autres signatures isotopiques (Douglas et al., 2003 ; Fox et al., 2007 , 2008 ), ont
été plus récemment utilisés. Des exemples d'utilisation de ces traceurs sont proposés par
Walling (2005) dans une revue bibliographique des travaux dans ce domaine au Royaume-uni.

Alors que certaines études se sont limitées à une exploitation qualitative de ces traceurs,
Walling (2005) synthétise également les différentes techniques mathématiques permettant de
quantifier les différentes sources de sédiments et ainsi dépasser la simple évaluation
qualitative de la dominance d'un processus par rapport à l'autre. Ces techniques, empruntées à
la « déconvolution du signal », sont basées sur l'utilisation combinée de plusieurs traceurs et
ont été développées sur des prélèvements effectués en rivière.
La figure 4 illustre le résultat d'une telle approche quantitative pour 16 événements sur la
rivière Torridge (Royaume Uni). Dans ce cas, la contribution de l'érosion linéaire (bank
channel) a été différencié de celle de l'érosion diffuse ou en rigoles (Woodland + Cultivated +
Pasture). Le nombre de traceurs utilisés dans ces techniques dépend de la précision recherchée
et surtout du nombre de sources que l'on cherche à identifier. La multiplication des traceurs
permet également de s'affranchir partiellement du fait que les traceurs ne sont pas toujours
conservatifs entre la source de sédiments et la zone de son dépôt (Motha et al., 2002).

Les facteurs mis en cause dans le caractère non conservatif des sédiments sont essentiellement
la granulométrie (He & Walling, 1996 ; Collins et al., 1997) et la matière organique dont la
distribution et la teneur sont différentes du sol (source) au sédiment déposé. Pour les traceurs
qui sont le plus sensible à ces différences des corrections ont été proposées.

24
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

Les développements méthodologiques réalisés pour analyser la source des sédiments prélevés
en rivière ont été récemment appliqués avec succès à des sédiments accumulés dans des lacs
ou barrages. Juracek & Ziegler (2009) ont par exemple mis en œuvre cette démarche sur 6
bassins aux États-Unis en analysant la partie superficielle des dépôts (quelques décimètres)
afin d'accéder à une connaissance des processus actuellement actif sur ces bassins, alors que
Mourrier (2008) a analysé des carottes entières de sédiments déposés dans des lacs de
montagne pour reconstituer l'histoire des bassins versants sur 4000 et 11000 années.

En Tunisie, des carottes de sédiments ont été prélevées dans les retenues collinaires dans
l'objectif de quantifier la perte de carbone par érosion dans les bassins versants (Albergel et al,
2004a). Une rapide ré-analyse des résultats montre que la matière organique semble être un
traceur prometteur pour différencier l'origine des sédiments entre sédiments arrachés en
surface du sol et sédiments arrachés en profondeur.

Figure 4. Exemple de résultat issus du traçage des sources à partir d'analyse de matières en suspension
prélevées dans la rivière Torridge, Royaume-Uni (travaux de thèse de Nicholls, 2001 repris par Walling, 2005)

25
1. Analyse bibliographique sur la part relative des processus d’érosion.

1.4. Synthèse générale

Ce premier chapitre nous a permis, à partir d’une analyse bibliographique, de recenser les
différents processus d’érosion hydrique, d’identifier les facteurs intervenants et de présenter
les impacts résultants. Une attention particulière a été portée au rôle de l’érosion ravinaire à
l’échelle du bassin versant, en montrant que l’érosion ravinaire est un processus significatif de
dégradation du sol et que les ravines peuvent jouer à la fois le rôle de source de sédiments
et/ou d’éléments facilitant le transport de sédiments (connectivité).

Plusieurs méthodes existent pour la quantification des pertes en sol. L’identification des
principaux avantages et inconvénients relatifs à chacune de ces approches a été exposée. Il
apparaît ainsi que des difficultés liées à l’estimation de la part relative de chaque type
d’érosion dans les flux de sédiments à l’exutoire des bassins versants subsistent. Ces
difficultés s’expliquent par la forte variabilité spatiale et temporelle des phénomènes érosifs
en lien avec la forte complexité des manifestations et des interactions des facteurs qui les
induisent (le climat, la topographie, la lithologie, la végétation, les actions anthropiques…).

Le choix d'une méthode à appliquer est fonction des objectifs scientifiques, de l’échelle
d’étude et des moyens techniques et financiers disponibles. En effet, les méthodes de
télédétection sont reconnues par leurs capacités d’analyser et d’évaluer différentes
manifestations d’érosion à des échelles de temps et d’espace considérables avec des gains de
temps remarquables mais un niveau de précision qui reste parfois insuffisant au plan
quantitatif. A l’inverse, les mesures de terrain se caractérisent généralement par une précision
des mesures des pertes en sol très bonne mais présentent des limitations en termes d’étendues
spatiales et temporelles.
Par ailleurs, ces approches sont généralement incapables de distinguer la part relative de
l’érosion de surface par rapport à celle ravinaire dans les flux de sédiments arrivant à
l’exutoire des bassins versants, distinction qui s’avère pourtant fondamentale pour
l’orientation de la lutte anti-érosive.

Le recours à la méthode de traçage des sources de sédiments a montré, à travers plusieurs


applications, sa capacité à évaluer la contribution relative de chaque type d’érosion à l’échelle
de petits bassins versants. L’application de cette technique aux sédiments piégés dans les
retenues collinaires semble très prometteuse pour accéder à une estimation rapide et fiable de
la part relative des processus d’érosion à des échelles de temps et d’espace très étendues.
C’est donc cette méthode que nous avons retenue et appliquée sur cinq petits bassins versants
tunisiens.

26
Partie II

Matériel et Méthode

27
28
Introduction de la Partie II

Au travers de l’étude bibliographique, nous avons pu nous rendre compte des difficultés pour
mesurer et évaluer la contribution de chaque processus érosif dans le flux de sédiments
transitant à l’exutoire des bassins versants. Il apparaît en effet que l’estimation de la part
relative de chaque type d’érosion n’est pas une tâche facile du fait de la variabilité spatiale et
temporelle de manifestations des processus hydrologiques et érosifs qui est liée en partie à la
variabilité des différents facteurs qui régissent ces processus; à savoir principalement le
climat, la topographie, le couvert végétal, les aménagements… L’apparition de l’un des
processus au détriment de l’autre est également fonction de l’échelle d’étude considérée. Cette
évaluation des processus érosifs dominants est cependant très importante, dans la mesure où
elle seule permet d’orienter les actions correctives permettant de réduire efficacement les
impacts néfastes de l’érosion aussi bien sur les zones de départs de terre (« on-site effects »)
que sur les zones de dépôts à l’aval (« off-site effects »).

Au vu des difficultés citées ci-dessus, la méthode de traçage des sédiments apparaît comme
une voie prometteuse permettant de séparer la part relative de chaque processus d’érosion et
dissocier la contribution des sédiments provenant de la surface du sol (0-30 cm) mobilisés
principalement par les processus d’érosion de surface de celle des sédiments provenant de la
profondeur mobilisés majoritairement par les processus d’érosion ravinaire.

Après avoir présenté les différents sites d’étude retenus pour ce travail de thèse (chapitre 2),
cette partie expose dans le chapitre 3 le test et l’adaptation de la technique de traçage des
sources de sédiments à des sédiments piégés dans les retenues collinaires. La très forte
présence de retenues collinaires en région méditerranéenne, et notamment au Maghreb,
fournit une opportunité unique d’avoir accès à une archive extrêmement précieuse des flux de
sédiments à l’exutoire d’un bassin versant depuis la mise en place des retenues. L’application
de la technique de traçage des sédiments aux sédiments piégés dans ces retenues offre donc la
possibilité d’accéder rapidement à la part relative des différents processus érosifs sur une
longue période à l’échelle du bassin versant. Dans ce chapitre, la technique de traçage est
appliquée à un petit bassin versant cultivé du nord de la Tunisie. Les traceurs utilisés sont
essentiellement le Césium 137 et le carbone organique total. Grâce à une exploration de la
variabilité de la nature des sédiments au sein de la retenue, des préconisations sur
l’échantillonnage spatial des carottes au sein des retenues sont également dégagées.

29
30
Chapitre 2.

Présentation des sites d’études

En Tunisie, et particulièrement dans la


Dorsale Tunisienne et le Cap Bon, la très
forte densité de ravines pose la question du
rôle de l’érosion ravinaire (ravines + oued)
par rapport à l’érosion de surface (diffuse
+rigoles). L’existence d'un réseau pilote,
géré conjointement par la DG ACTA-CES et
l'IRD, bien documenté d’une trentaine de
retenues collinaires réparties sur l'ensemble
de cette zone nous a facilité la sélection de
bassins versants représentatifs de la diversité
des contextes et des comportements érosifs
dans cette zone. Ce chapitre retrace
rapidement la démarche de sélection et les
principales caractéristiques des cinq bassins
versants sur lesquels notre démarche sera
mise en œuvre.

31
2. Présentation des sites d’études.

2.1. La Dorsale Tunisienne et le Cap Bon

La Dorsale Tunisienne correspond au prolongement oriental de l’Atlas saharien, qui s’étire


selon une direction SO-NE de la frontière algérienne, large de près de 40 km, jusqu’à la
péninsule du Cap-Bon avec moins de 10 km de largeur. Elle est composée d’une chaîne de
hautes crêtes qui diminuent en altitude en allant dans le même sens (SO-NE), en partant du
djebel Châambi (1544 m) le point le plus culminant de la Tunisie, près de la frontière
algérienne, jusqu’au djebel Bou Khornine (576 m). Le Cap Bon avec son djebel
Abderrahmane (637 m) s’inscrit dans l’alignement de la Dorsale tunisienne qui passe par des
dépressions transversales allongées NO-SE. L’ensemble est aligné sur un accident structural
qui est la faille de Zagouan (Fig. 5). Le Cap Bon mesure 80 kilomètres de long sur à peu près
50 kilomètres de large, couvrant le territoire du gouvernorat de Nabeul. Cette zone fertile est
caractérisée par un relief de plaine à l'est et sur le littoral, et de montagne à l'ouest avec
l'aboutissement de la chaîne de la Dorsale Tunisienne (Fig. 5).

Figure 5. Localisation de la dorsale Tunisienne et du Cap Bon


Faille de Zagouan
(Temple-Boyer et al., 2007)

32
2. Présentation des sites d’études.

Le climat dans cette région varie de l’étage méditerranéen sub-humide au niveau de


l’extrémité NE du Cap Bon, avec une pluviométrie comprise entre plus de 700 mm au
piedmont de djebel Abderrahmane, à l’étage semi-aride inférieur à l’extrémité SO de la
Dorsale Tunisienne, avec moins de 200 mm à la frontière algérienne (Fig. 6).

Figure 6 : carte bioclimatique de la Tunisie


(CNEA, 2007)

La zone semi-aride de la Dorsale Tunisienne se caractérise par de forts à très forts déficits
hydriques, une forte évaporation potentielle et des averses rares et violentes survenant
principalement en automne et au printemps. Les matériaux dans cette zone sont généralement
meubles, parfois riches en argiles gonflantes. Lorsque des encroûtements calcaires sont

33
2. Présentation des sites d’études.

présents, une forte érosion différentielle se manifeste. Les températures de cette zone sont
fortement continentales et à grande amplitude moyenne annuelle (18 à 20° C).

Au Cap Bon, le bilan hydrique est par contre peu déficitaire. Les paysages très cultivés
subissent plus d’événements pluvieux avec des intensités maximales généralement plus
faibles que dans la Dorsale. Les températures quant à elles varient entre une moyenne
maximale de 26°C et une moyenne minimale de 11 °C, soit avec une amplitude moyenne
annuelle de 15° C.

Le Cap Bon est constitué par une masse sédimentaire de plus de 7000 m d’épaisseur,
constituée essentiellement de marnes et de grés (Fig. 7). L’affleurement de couches aussi
importantes est rendu possible par la structure plissée responsable de la topographie de la
région. La mise en place de cette structure a pris fin au Pliocène (Castany A., 1953). Des
dépôts sédimentaires issus de la transgression Astienne en recouvrent certains secteurs.

Figure 7. Coupe géologique schématique dans l’anticlinal du Cap Bon


(IRD/UMR-LISAH, 2008) .

Cette variabilité hydrologique et géo-pédologique à l’échelle de la Dorsale Tunisienne et du


Cap Bon offre des paysages originaux et contrastés.

34
2. Présentation des sites d’études.

2.2. Les retenues collinaires dans la Dorsale tunisienne et le Cap Bon


2.2.1. Définition et enjeux des retenues collinaires

Les retenues collinaires sont des ouvrages de stockage de l'eau. Elles peuvent être assimilées
à des petits barrages. L’ouvrage, constitué d’une digue en terre, permet de retenir l’eau dans
une cuvette et de stocker des eaux excédentaires durant la période hivernale, afin de les
utiliser en été pour l’irrigation pour compenser le déficit hydrique des cultures.

En Tunisie, on admet que la construction de retenues de 100 000 à 500 000 m3 de capacité et
collectant les eaux de bassins versants de 2 à 10 km2 est rentable si l’on est assuré d’une durée
de vie minimale de 25 à 30 ans (Collinet & Zante, 2005).

Implantés dans des environnements fragiles et à faible activité économique, les retenues
collinaires apparaissent comme des aménagements susceptibles d’améliorer les facteurs
traditionnels de la production agricole en augmentant la disponibilité d’une ressource
naturelle, renouvelable, rare et vitale : l’eau (Albergel, 2004b). Elles contribuent donc au
développement de l’espace rural et au maintien des populations en place. Ces petits barrages
jouent également le rôle de protection de l’environnement, notamment des grands barrages,
par laminage des crues et piégeage des sédiments (Talineau et al., 1993).

2.2.2. Stratégies nationales d’implantation des retenues collinaires en Tunisie

Historiquement, les premières retenues collinaires apparaissent en Tunisie vers la fin des
années 60 à l’occasion d’une opération d’aménagement du haut bassin du Merguellil. Ce n’est
que dans les années 80 que cette technique de contrôle des eaux à été reprise, en privilégiant
encore les hautes vallées du Merguellil, avec une nouvelle procédure de construction
impliquant la mise en place d’un appel d’offre et l’établissement d’un cahier des charges. Par
la suite, l’opération « retenue collinaire » prend toute son ampleur à partir de 1990 avec
l’adoption du programme triennal 1992-94, où il a été décidé la construction de 243 ouvrages
se répartissant sur l’ensemble des gouvernorats de la zone semi-aride avec des moyens
financiers permettant d’envisager des retenues de plus grande taille avec une capacité
moyenne théorique de l’ordre de 100,000 m3. Les gouvernorats les mieux dotés par ce type
d’infrastructure sont, dans l’ordre, ceux de Siliana et Zaghouan (32 lacs chacun) puis Le Kef
(24), Bizerte (22), Kairouan et Kasserine (20).

Dans la stratégie décennale (1990-2000) du programme de Conservation des Eaux et des Sols
tunisien, l’opération « retenue collinaire » apparaît comme une composante majeure avec la
réalisation de plus de 500 retenues collinaires.
Cette stratégie a été renforcée pour la période (2001-2011) avec une prévision de réalisation
de nouveaux ouvrages pour un montant global évalué à 780 millions de dinars. On cite
notamment: 500 nouvelles retenues collinaires pour la protection et la recharge des nappes,
permettant de stocker environ 50,000 m3 pour un montant global de 25 millions de dinars, 500

35
2. Présentation des sites d’études.

retenues collinaires pour l’usage agricole à raison de 50 retenues par an et 1500 unités
d’épandage des eaux, etc…(Hamza, 2006).
La Tunisie s'est fixée ensuite comme objectif pour la période 2010-2020 la construction de
700 nouvelles retenues collinaires.
Consciente de toutes ces incertitudes et risques, la direction de CES a mobilisé un effort de
recherche sur le sujet en engageant une action de partenariat avec L’ORSTOM (Camus et al.,
1993). Les domaines relatifs à cette recherche concernent l’étude des changements hydriques
causés par l’implantation des retenues collinaires, ainsi que leurs impacts sur le
fonctionnement des activités agricoles et du comportement socio-économique de la région vis
à vis de cette implantation.
Concernant le choix d’implantations des retenues, il est souligné l’importance de la qualité
des études préliminaires qui doivent combiner des facteurs d’ordre topographique,
géologique, géotechnique, hydrologique et enfin économique (doc. SORGEM, 1992).

2.2.3. Réseau de surveillance des retenues collinaires en Tunisie

En 1993, un réseau d'observation et de surveillance d’une trentaine de retenues collinaires et


de leurs bassins versants, situées dans la dorsale tunisienne et dans le Cap Bon, a été créé pour
constituer une base de données hydrologiques et un référentiel de leur évolution. Ce réseau a
été ensuite intégré dans un réseau méditerranéen plus vaste allant de l’Afrique du Nord au
Proche Orient (programme Hydromed).
Les impluviums de ces retenues sont très diversifiés, allant d'un milieu exclusivement agricole
à un milieu semi-forestier plus ou moins anthropisé, sur des superficies variant de quelques
centaines d'hectares à quelques dizaines de km2. Le gradient pluviométrique annuel est
représentatif de la zone semi-aride (de 250 mm à 650 mm).

Une banque de données géo-référencées est développée au niveau de ces retenues en


contenant des informations concernant le bassin versant, la retenue et la station de mesures
hydrologiques. Les principales caractéristiques mesurées dans ces sites sont : la pluviométrie,
l’évaporation, les débits, la bathymétrie, l’occupation du sol….
La bathymétrie de chaque retenue est effectuée régulièrement. Elle est rapportée au
nivellement du site et permet d'apprécier le taux d'envasement de la retenue et d'établir les
courbes « hauteur/volume et hauteur/surface» (Pépin et al., 2001).

2.2.4. Quelques constats concernant les retenues collinaires

Le réseau de surveillance des retenues collinaires a permis de mettre en évidence la très forte
variabilité des taux d’érosion en Tunisie à l’échelle des petits bassins versants puisque ceux-ci
varient de 2 à 40 t/ha/an (Jebari et al., 2010) avec un taux de piégeage > 90% (Albergel et al.,
1998).

36
2. Présentation des sites d’études.

Il a également permis de montrer que certains ouvrages s’étaient comblés en quelques années
seulement (Hentati, 2010). Le réseau de surveillance a donc révélé le non-respect des
recommandations réclamées pour la mise en place de ces ouvrages et le caractère peu fiable
des études préalables.

Il subsiste encore un certain nombre d’interrogations autour de l’impact réel de ces


aménagements auprès des populations rurales, du degré d’appropriation de ces ouvrages, de
leurs usages et des changements positifs dans les modes de vie de ces mêmes populations.

2.3. Bassins versants sélectionnés

Pour intégrer la variabilité des comportements érosifs des petits bassins versants de la Dorsale
et du Cap Bon, nous avons sélectionné, au sein du réseau de surveillance, quelques bassins
versants représentatifs de la diversité existante dans cette zone. Ce choix s’est appuyé sur une
typologie réalisée par Khébour et al. (2002) sur l’ensemble des bassins versants constituant le
réseau d’observation. Cinq bassins versants de la Dorsale Tunisienne et du Cap Bon ont été
retenus, ce sont : Kamech, El Hnach, El Melah, Fidh Ali et Sbaihia (Fig. 8 et Tableau 1).

21

17 20

1 4

Figure 8. Localisation des sites d’étude

37
2. Présentation des sites d’études.

Une comparaison des caractéristiques de ces cinq bassins versants retenus (tableau 2) montre
une variabilité de l’ensemble des facteurs de l’érosion : climat, topographie, lithologie,
occupation du sol, aménagements….avec des taux d’érosion totale et des densités de
ravinement également très variables. Des exemples de systèmes ravinaires présents sur le
bassin versant de Kamech sont présentés dans la figure 9.

Trois de ces cinq bassins (El Hnach, El Melah et Fidh Ali) présentent aujourd’hui des
retenues collinaires complètement comblées par les sédiments qui proviennent de l’amont du
bassin. En revanche les retenues de Kamech et Sbaihia sont toujours remplies d’eau et
présentent une bonne capacité de stockage (annexe 1).

0 50 m

0 50 m
0 50 m

Figure 9. Exemples de ravines sur le bassin versant de Kamech

Photos de O.Planchon (22/09/2011) et D. Feurer (12/12/2012)

38
2. Présentation des sites d’études.

Le recueil des données et la réalisation des échantillonnages et des prélèvements ont été
effectués entre 2009-2010, soit pour un age des retenues collinaires qui varie de 18 ans pour
les plus anciennes (Fidh Ali et El Melah) à 15 ans pour la plus récente (Kamech).

Tableau 1. Caractéristiques des retenues collinaires

Retenue collinaire Année de mise en eau Volume initial (103 m3)


El Hnach 1992 77,4
El Melah 1991 15,3
Fidh Ali 1991 134,7
Kamech 1994 142,5
Sbaihia 1993 135,5

39
2. Présentation des sites d’études.

Tableau 2. Caractéristiques des bassins versants sélectionnés dans cette étude

Erosion Topographie
Localisation Climat Lithologie Aménagement du bassin Cultures Densité
Indice Indice de Occupation Surface non de
Taux Pluie Formation aménagées drainage
Bassin Superficie Etage d’Erosivité pente du sol (%) totale
d’Erosion annuelle Composition lithologique Type
versant Gouvernorat (km2) bioclimatique (MJ*mm/ globale Altitudes aménagée (%) (m/ha)
(t/ha/an) (mm) lithologique tendre (%) d’aménagement
ha/h/an) (m/km) (%)
46,8 % :
banquettes+
culture
seuils de pierres
3,7 Semi-aride 25% calcaire Max:745 53,2 % : sol
El Hnach Siliana 14 436 600,8 75 104 sèches+ cordons 32 20,7 97,3
supérieur , 75% marnes Min:500 nu, zone
pierreux+
inculte et
plantations
parcours
58,4 % :
0,85 13 Semi-aride 50% marnes Max:190 culture
El Melah 450 1306,1 Non aménagé 0 58,4 48,2
Nabeul supérieur 50% grés 50 36 Min:90 41,6 % :
garrigue

35 % :
85% marne Max:460
Semi-aride culture seuils de pierres
Fid ali Kairouan 2,4 40 285 542,2 gypseuse, 5% 85 38 6 35 158,3
inférieur Min:360 65 % : sèches
calcaire
parcours
70% :
2,63 80% marnes, Max:203 culture
Kamech Nabeul 15 Sub-humide 650 997,2 80 40 Non aménagé 0 70 79
20% grés Min:95 30% :
parcours
49,2 % :
culture
Semi-aride 70% marnes, Max:480
Sbaihia Zaghouan 3,5 11 450 945,4 70 77 47,3 % : forêt banquette 41,3 7,8 53,3
supérieur 30% calcaire Min:200
3,5 % : zone
inculte

40
Chapitre 3.

Fingerprinting sediment sources in the outlet


reservoir of a hilly cultivated catchment of
Tunisia
Traçage des sources de sédiments à partir des sédiments piégés
dans la retenue collinaire d’un bassin versant cultivé en
Tunisie

L’envasement des retenues collinaires est


l’une des principales manifestations de
l’érosion hydrique qui affecte gravement les
sols agricoles en Tunisie. L’objectif de ce
chapitre est de proposer une méthodologie
basée sur l’approche de traçage des sources
de sédiments afin de pouvoir estimer la
contribution relative de l’érosion ravinaire
(ravines/oued) par rapport à l’érosion de
surface (diffuse/rigoles) à l’échelle des petits
bassins versants agricoles. L’application de
cette approche sur les flux de sédiments à
l’exutoire du bassin versant test de Kamech
(Cap Bon, Tunisie, montre une dominance
de l’érosion de surface. Des
recommandations concernant, d’une part
l’analyse d’un seul échantillon moyen
composite par carotte, et d’autre part le
nombre et la localisation des carottes à
échantillonner, sont également établies pour
obtenir des informations fiables de l’origine
des sédiments et du processus d’érosion
prédominant. Des exemples de photos de
carottes et les résultats de l’ensemble des analyses sont
présentés dans les annexes 2 et 3.

41
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

Fingerprinting sediment sources in the outlet reservoir of a hilly cultivated


catchment of Tunisia

Ben Slimane A., Raclot D., Evrard O., Sanaa M., Lefèvre I., Ahmadi M., Tounsi M., Rumpel
C., Ben Mammou A. and Le Bissonnais Y. (Published in Journal of Soil and Sediment).
DOI: 10.1007/s11368-012-0642-6

Abstract

Approximately 74% of Tunisian agricultural soils are affected by water erosion, leading to the
siltation of numerous man-made reservoirs and therefore a loss of water storage capacity. The
objective of this paper is to propose a methodology for estimating the relative contributions of
gully/channel bank erosion and surface topsoil erosion to the sediment accumulated in small
reservoirs. We tested an approach based on the sediment fingerprinting technique for
sediments collected in a reservoir installed in 1994 at the outlet of a pilot catchment (Kamech,
2.63 km²). Sampling efforts were concentrated on the soil surface (in both cropland and
grassland), gullies and channel banks. A total of 17 sediment cores were collected along a
longitudinal transect of the Kamech reservoir to investigate the sediment origin throughout
the reservoir. Radionuclides (particularly caesium-137) and nutrients (organic matter, total
phosphorous and total nitrogen) were analysed as potential tracers. The applications of the
mixing model with caesium-137 alone or caesium-137 and total organic carbon provided very
similar results: the dominant source of sediment was surface erosion, which was responsible
for 80% of the total erosion within the Kamech catchment. Additionally, we showed that the
analysis of a single composite core sample provided information on the sediment origin that
was consistent with the analysis of all successive sediment layers observed in the core. We
demonstrated the importance of the core sampling location within the reservoir for obtaining
reliable information regarding sediment sources and the dominant erosion processes. The
dominance of surface erosion processes indicates that conservation farming practices are
required to mitigate erosion in the Kamech agricultural catchment. Based on the results from
17 sediment cores, guidelines regarding the number and location of sampling cores to be
collected for fingerprinting purposes are proposed. We showed that the collection of two
cores limited the sediment source apportionment uncertainty due to the core sampling scheme
to less than 10%.

3.1. Introduction

Soil erosion is a major environmental problem that threatens agricultural sustainability and
productivity (Pimentel et al. 1995; EEA 2000). This process disturbs downstream ecosystems
by transferring contaminants and nutrients associated with fine-grained sediment from
croplands to rivers (Owens et al. 2005). Mediterranean countries are commonly reported to be
severely affected by soil erosion due to their climatic instability, poor soil properties, and the

42
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

occasional use of inappropriate farming practices (e.g., Mougou et al., 2006; Lesschen et al.
2008; Cantón et al. 2011). Moreover, climate change projections outline an increase in
rainfall intensities, leading to an increased vulnerability of Mediterranean ecosystems. In
North African countries, and Tunisia in particular, numerous reservoirs have been constructed
in hilly environments in recent decades to provide water for agriculture through surface water
mobilisation (Albergel et al. 2005a). However, the siltation of these artificial reservoirs due to
soil erosion is a major problem, and several existing reservoirs in Tunisia have been
completely filled with sediment in less than 10 years (Hentati et al. 2010). Numerous studies
have been conducted to quantify erosion rates in Tunisian agricultural regions. Several
investigations have used models, such as the Universal Soil Loss Equation (Ben Cheikha &
Gueddari 2008 ; Albergel et al. 1998) or the Water Erosion Prediction Project erosion model
(Raclot & Albergel, 2006) to estimate or predict the volume of accumulated sediment in
catchment reservoirs over several decades. Other studies have focused on the quantification of
the gully erosion process using aerial and satellite imagery (Bouchnak et al. 2009; Desprats et
al. 2013) or topographic surveys of individual gullies (Collinet & Zante 2005). The majority
of these studies implicated gully erosion as the main source of sediment in the Mediterranean
region (e.g., Roose et al. 2000; Poesen et al. 2003; de Vente et al. 2006, 2008; Vanmaercke et
al. 2012b). Only one recent study, conducted in 28 catchments of Tunisia suggested the
dominance of surface (rill/interrill) erosion (Jebari et al. 2010). This result was obtained
through an analysis of correspondence between rainfall intensities and dominant erosion
processes. However, additional knowledge regarding the sources of sediment (i.e., subsoil
exported by gully and channel bank erosion vs. the superficial part of the soil exported by
surface erosion) is necessary prior to defining appropriate management strategies to limit
erosion at the catchment scale and to increase the reservoir lifetime (Haregeweyn et al. 2012;
Vanmaercke et al. 2012a).

During the last few decades, fingerprinting techniques have been successfully applied to
outline the sources of suspended sediments in rivers or the origin of riverbed, floodplain, and
reservoir deposits in several regions of the world (e.g., Walling 2005; Wasson et al. 2010;
Collins et al. 2010; Evrard et al. 2011). This technique is often used to identify the
contribution of different land use types (Nicholls 2001), lithologies (Russell et al. 2001) or
subcatchments (Walling 2005) to the sediment supply at the catchment scale. An overview of
the diversity of potential tracing capabilities of various fields of applications with respect to
the timescale, spatial scale and grain size is provided by D’Haen et al. (2012). The use of
fingerprinting techniques based on radionuclides (137Cs in particular) alone or in combination
with other tracers has proven to be effective in discriminating between subsoil and topsoil
sources (e.g., Owens 1999; Juracek & Ziegler 2009; Smith et al. 2012). For example, Zhang
& Walling (2005) showed that the magnitude of the 137Cs activity detected within the upper
section of a sediment core collected in a lake or a reservoir can provide information on the
relative contribution of surface and subsurface sources. Due to the lack of 137Cs fallout during
the post-Chernobyl period, 137Cs is an appropriate tracer for investigating the origin of
sediment accumulated in a reservoir after 1986.

43
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

This discrimination between surface and subsurface sources provides important quantitative
information on the contribution of various processes that deliver sediment within a catchment.
Surface sources can be associated with interrill or rill erosion, whereas subsurface sources are
mobilised by gully or channel erosion processes.

The presence of fallout radionuclides in significant and measurable quantities in the soils of
this region (e.g., Baggoura et al. 1998) enables the use of the fingerprinting technique to
quantify the contribution of dominant erosion processes to reservoir deposits and their
evolution since the reservoir installation. Organic constituents (e.g., organic carbon) can also
be evaluated as potential fingerprints. For example, Albergel et al. (2006) demonstrated that
the majority of the organic matter found at two Tunisian dams (El Gouazine and Fidh Ali)
originated from upstream soil sources, and this organic matter was not transformed in the
recently accumulated sediment (approximately 10 years old in their studies).

In addition, although cores collected from natural lakes or artificial reservoirs have been
previously analysed using fingerprinting techniques to identify sediment sources (i.e., Zhang
et al. 1997; Foster et al. 2007; He et al. 1996), the influence of the number and location of
cores collected within this type of deposition area remains to be further investigated.

The objectives of this study are as follows: i) to apply the fingerprinting technique to
determine the origin of the sediment and assess the contribution of various erosion processes
at the scale of a cultivated catchment in Northern Tunisia, and ii) to provide guidelines that
define the number and location of cores to be collected within small reservoirs by exploring
the vertical and spatial variability of sediment deposits within an artificial reservoir.

3.2. Materials and methods


3.2.1 Study site

The Kamech catchment (2.63 km2) is located in a hilly agricultural region of the Northern
Cape Bon, Tunisia (36.88° N, 10.88° E, Fig.10). A small reservoir with an initial capacity of
140,000 m3 was built at the catchment outlet in 1993 and has been in operation since 1994.
Kamech is an experimental catchment and lacks any erosion mitigation measures. The
Kamech catchment is a part of the OMERE long-term hydro-meteorological observation
programme (http://www.umr-lisah.fr/omere).

The mean interannual precipitation in the catchment is 650 mm, and the mean interannual
evapotranspiration ranges up to 1400 mm. Annually ploughed croplands occupy 70% of the
catchment area and mainly occur on slopes of < 15%. Cereals (wheat, barley, and oats) are the
dominant crops and are cultivated in rotation with leguminous crops (chickpeas and beans).
The remaining 30% of the catchment area consists of dwellings, gully and channels features,
and Mediterranean scrublands. Two main areas of scrubland are present in the catchment. The
first area corresponds to outcrops of sandstone bars locally covered by very shallow soils. Soil

44
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

export from this area can therefore be neglected. The second scrubland area corresponds to
non-cultivated steep slopes located in the vicinity of gullies or channels. It covers
approximately 10% of the catchment area and may be prone to soil export because of
occasional overgrazing. Therefore, only this second scrubland area was considered as a
potential sediment source and was sampled in the framework of this study.

Figure 10. Location and aerial view of the Kamech catchment.


The source sampling sites are shown.

The mean field size is relatively small (0.5 ha), with 40% of the fields having a surface area
between 0.2 and 0.3 ha. According to the FAO classification (2006), the soil types observed
within the catchment are Calcic Cambisols (63.5%), Regosols (25.5%), Eutric Regosols
(9.6%) and Chromic Vertisols (1.4%). Cropland predominantly covers Calcil Cambisols
whereas gully and channel features predominantly cover Regosols. The majority of these soils
are characterised by a high clay content (between 25 and 45% when using laser analysis and
between 30 and 70% when using the pipette sampling method) and a low stoniness (less than
10%). The bedrock mainly consists of marls and sandstone bars oriented in a southwest to
northeast direction. The morphology and soil type in the catchment are the result of the
geological setting such that the soils predominantly vary in a direction perpendicular to the

45
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

sandstone bar outcrops (i.e., the SE-NW direction). Detailed maps showing the topography
and soil types in Kamech are shown in Raclot & Albergel (2006).
The outlet reservoir has an elongated shape with a single major water supply that drains more
than 90% of the catchment area. A scour valve for sediment flushing from the reservoir was
not constructed, and because overflows are negligible, almost all of the sediment originating
from the catchment is trapped within the reservoir. The drainage network has intermittent
flow discharge and water in the lake is clear during inter-storm periods.

During the period 1994-2008, the estimated mean annual sediment yield based on several lake
sedimentation surveys was approximately 15 t.ha-1.year-1; and 11 significant runoff events
(runoff > 1 mm) occurred each year on average, among which only two events exceeded 10
mm. The accumulated length of the gully and channel features was approximately 20 km in
2010 with an estimated annual linear progression of less than 0.2% between 1974 and 2010
based on aerial photography

3.2.2 Soil and sediment sampling

Soil samples representative of the potential sediment source areas were collected in the
catchment in September of 2009. All individual samples of source material corresponded to a
composite of at least five subsamples collected within an approximate 5 m radius around the
sampling point to increase the representativeness of the individual samples. The sampling
efforts were concentrated in two areas: (i) the field surface (both croplands and scrublands)
and (ii) gullies and channel banks. Areas showing evidence of erosion were given special
consideration. For gully and channel sources, sampling was restricted to freshly cut sections
in the bottom or the banks (when the features were deeper than 40 cm). The sampling depth
was 0-10 cm in croplands and 0-2 cm in scrubland environments. In total, 17 samples
representative of the two source types were collected, i.e., between 3 and 4 samples km-2 for
each source. This sampling density is greater than in the majority fingerprinting studies (e.g.,
Collins & Walling 2002; Owens & Walling 2002; Juracek & Ziegler 2009; Collins et al.
2010; Wasson et al. 2010) and was considered to be sufficient within the context of highly
homogeneous soils. In addition, 2 reference samples were collected in areas without soil
erosion or deposition, i.e., in flat scrubland areas enclosed within stone walls prior to 1990.

Care was taken to ensure that the spatial coverage of all potential sources along the SE-NW
direction was representative of the entire range of morphological and pedological conditions
observed in the catchment (Fig.9). At the end, 6 gully/channel samples came from Regosols
and 3 from Calcic Cambisols. For the field surface samples, 5 came from cropland on Calcil
Cambisols, 1 from cropland on Eutric Regosols and 2 from scrubland on Regosols.

Furthermore, 17 sediment cores were collected from a boat during the same period (2009-
2010) within the reservoir (Fig.11a). Each core corresponded to the entire layer of lake
sediment at the sampling locations. This completeness was confirmed by the presence of a

46
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

more compact soil layer at the base of the core; in addition the core depths were consistent
with data provided by topographical surveys conducted immediately after the reservoir
construction. 13 of these cores (C1 to C13) were located along a downstream-to-upstream
transect to capture the influence of the longitudinal core location within the sediment
deposition area. Four additional cores were collected to verify that the transversal variability
of the sediment core texture and composition was negligible compared to the longitudinal
variability. This core sampling strategy was defined based on the concept that reservoir
deposits are generally organised according to a longitudinal pattern resulting from both runoff
inflow and density current effects (Remini & Remini 2003).

Figure 11. Core sampling locations within the Kamech reservoir and Thiessen polygons
outlines based on the cores C1 to C13 (a); and the AA’ longitudinal section view of the
sediment deposit depths with the locations of the13 associated cores (b).

A single composite sample was prepared for each core to verify whether it could provide
reliable and global information regarding the origin of the entire sediment sequence. The
composite sample was prepared by extracting the central part of the core along its entire
length. Subsamples corresponding to the sediment deposit sequences of the entire core were
also prepared for cores C2 and C9. These cores were first divided into couplets using a
complete stratigraphic description as reported by Ambers (2001). The couplets corresponded
to single flood events, and the texture and thickness varied depending on the magnitude and
the duration of the floods (Ambers 2001). The thicker couplets corresponding to single large
flood event were readily identified and individually sampled. In contrast, the thinnest couplets
composed of fairly homogeneous fine sediment corresponding to successive low flood events
were difficult to isolate and thus regrouped before sampling. As a result, cores C2 and C9

47
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

were respectively divided into 20 and 11 continuous subsamples that were representative of a
large range of flood conditions.

3.2.3 Representativeness of the cores in terms of sediment volume

The volume of sediment accumulated in a reservoir that can be associated with each core can
be highly variable as a consequence of the variations in both the sediment thickness and core
location patterns within a reservoir.

To determine the extent to which each core was representative of the sediment deposits, we
employed both initial (1994) and recent (2009) bathymetric surveys using a GIS database.
Thiessen polygons were constructed to interpolate between the cores (Fig.11a).
The representativeness of each core in terms of the sediment volume was then derived by
calculating the difference between both bathymetric surfaces within each Thiessen polygon
and dividing these volumes by the total deposit volume in the Kamech reservoir (Tab3.).

Figure 11b illustrates that sediment accumulation depth is thicker close to the dam than in the
upstream part of the reservoir.

3.2.4 Choice of the fingerprinting properties

Two types of fingerprint properties that are commonly considered to be the best tracers to
differentiate surface from subsurface soil sources (e.g., Walling 2005) were analysed: (i)
radionuclides and (ii) organic constituents.

The fallout radionuclide 137Cs is particularly appropriate because it can be considered


spatially homogeneous within small catchments, and it is typically characterised by a
maximum concentration at the soil surface and a rapid decrease with depth (Wallbrink et al.
1999). Consequently, the 137Cs activity in gully or channel-bank material tends to be
substantially lower than in surface soils. Moreover, 137Cs has been shown to behave
conservatively throughout the sediment generation process (Motha 2002). In the context of
sediments trapped in reservoirs built after 1990, 137Cs is likely to be the most reliable fallout
radionuclide tracer because caesium fallout has been virtually null in North African countries
since the Chernobyl accident in 1986. The burial process has no specific effect on caesium
activity, and the direct comparison of its activity between sediment in the reservoir and
material sources in the catchment area is feasible.

Organic constituents are also often used as tracers although their conservativeness during
erosion and sediment delivery processes is less clear than for 137Cs (Collins et al. 1997;
Motha et al. 2002; Walling 2005). The magnitude of oxidation of eroded material during
transport and after deposition may depend on the composition of particulate organic material
(Lal 2006), as degradation rates ranging from 0 % (Smith et al. 2001) to 100% (Schlesinger

48
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

1995 in Lal 2006) have been reported. An analysis of recently accumulated sediments
(approximately 10 years old) in two small reservoirs in Tunisia indicated that organic matter
was not transformed during this period (Albergel et al. 2006). This finding justifies the use of
organic carbon as a potential tracer in this region.

3.2.5 Soil and sediment analysis

All soil and sediment samples were first described and then air-dried, hand-disaggregated and
sieved through a 2-mm mesh.
For the radionuclide measurements of each sample, a small quantity of soil (~80 g) was
placed in a counting box. The radionuclide concentrations (210Pb-xs, 210Pb, 234Th, 226Ra, 228Ra,
228
Th, 40K and 137Cs) were determined by gamma-spectrometry using low-background coaxial
N- and P-type GeHP detectors (Canberra / Ortec) at the Laboratoire des Sciences du Climat et
de l'Environnement (Gif-sur-Yvette, France). The efficiencies and background levels of the
detectors were periodically controlled using internal and International Atomic Energy Agency
(IAEA) soil and sediment standards (Evrard et al. 2010). All results were decay-corrected to
the day of sampling. The uncertainty associated with radionuclide measurements was less
than 5%.

The total nitrogen (TN) and total organic carbon (TOC) contents of the soil and sediment
were determined at the Laboratoire Bioemco (Paris, France) using the HCl-fumigation
method and an ANCA-GSL CN analyser (PDZ Europa Ltd., Sandbach, UK) according to the
method described by Harris et al. (2001). The analytical uncertainty of these measurements
was less than 0.006% (Wilson & Fisher 2011). Stable isotope values of bulk carbon (δ13C)
were also determined using the ANCA-GSL CN analyser coupled to an isotope ratio mass
spectrometer (VG Sira 10, Fisons Instruments, VG Isotech, Middlewich, UK).

The phosphorous contents (P2O5) were measured at the Laboratoire d’Analyses des Sols
d’Arras (Arras, France). For the P2O5 analyses, samples were dissolved using fluorhydric and
perchloric acids (HF - HClO4) and analysed according to the method described by Ciesielski
et al. (1997). Samples of approximately 0.250 g of soil sieved to 250 µm were dosed by
plasma emissions in photonic mode (ICP-Atomic Emission Spectroscopy).

After the preliminary destruction of organic matter and dispersion of soil particles, the grain-
size distribution was determined based on the principle of laser diffraction using a Beckman
Coulter LS 13320 particle size analyser at the Laboratoire Géosciences Montpellier
(Montpellier, France). This device is equipped with an agitator and adjustable ultrasonicator
to maintain uniform suspensions, which enables the analysis of particles with diameters
between 0.375 and 2000 µm. Typical grain-size fractions (clay < 2 µm, 2 µm < silt < 50 µm
and 50 µm < sand < 2 mm) and the specific surface area (SSA, m²/m3) were derived from the
obtained laser diffraction data.

49
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

Rock-Eval analyses were performed on six sediment samples corresponding to different depth
layers of core C2 at the Département de Géologie of the Faculty of Sciences of Tunis
(Tunisia). Rock-Eval analyses allow for the detection of the type, thus the origin, of organic
carbon (terrestrial source vs. reservoir source). Approximately 100 mg of the sediment core
sample was placed in a Rock-Eval 6 analyser, and the results were interpreted based on a
Van-Krevelen-type diagram (Espitalié et al. 1985).

3.2.6 Sediment fingerprinting using a mixing model

Differences in the particle size compositions between sediment core and source material were
corrected to avoid potential variations that could have affected the fingerprint properties
during sediment delivery due to the grain-size selectivity of sediment mobilisation, transport
and deposition processes (Collins et al. 1997). He and Walling (1996) tested the particle size
effects on the adsorption of 137Cs on soils and sediments and showed that 137Cs content can be
closely represented by a power function of the specific surface areas of the samples with
exponent values varying between 0.6 and 0.8. In our study, the correction was performed
using this power function with an exponent value of 0.7. Each soil source (i.e., surface topsoil
and gully/channel bank) was subsequently characterised by its mean concentration/activity
and the standard deviation of each of its fingerprint properties.

The ability of each potential fingerprinting property to discriminate between the potential soil
sources was investigated by conducting a non-parametric Kruskal-Wallis H-test. The null
hypothesis stating that measurements of fingerprint properties exhibit no significant
differences between source categories was rejected as soon as the H-test statistics reached the
fixed critical threshold (typically 0.05).

A selection procedure using a stepwise discriminant function analysis (SDFA) was performed
to identify the optimal combination of fingerprint properties based on the set of discriminating
properties that successfully passed the Kruskal-Wallis H-test. As suggested by Collins and
Walling (2002), the minimisation of Wilks’ lambda was used as a stepwise selection
algorithm to identify the set of parameters that, once combined, were able to correctly and
optimally distinguish 100% of the source samples. Wilks’ lambda is equal to one when all of
the group means are equal. Fingerprinting properties providing a good discrimination of
different sources are associated with low lambda values.

All tracer properties suspected of non-conservativeness during the erosion process or after
deposition were removed from further analysis. 210Pb-xs was also removed because the 210Pb-
xs activity in the lake sediments could not be associated with the 210Pb-xs content of the
source material alone because the direct fallout to the lake surface with rainfall is continuous.

A multivariate Monte Carlo mixing model was then used to account for the actual variability
of the fingerprinting properties measured in each source. By assuming a normal distribution
for each fingerprinting property and source, a series of 10,000 random positive numbers was

50
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

generated from these distributions and used to estimate the relative contribution of the
potential sources in the sediment samples. Such a procedure allowed for the calculation of
95% confidence intervals. A detailed description of this procedure is provided by Evrard et
al. (2011).

Because the conservativeness of organic constituents is not absolutely certain, we chose to


derive source apportionment based on radionuclides only and used organic constituents as
complementary tracers in a second step to test whether the addition of those tracers confirmed
the results of the first step.

3.3 Results
3.3.1 Grain-size distribution of the Kamech sources and reservoir deposits

Textural information for both the source material and reservoir deposit samples is provided in
Table 3. The grain-size fraction shows very small differences between the two potential
sources as well as within each source. This result confirms that soils are highly homogeneous
within the studied catchment.

In contrast, the textural analysis of all cores revealed a grain-size distribution gradient in the
reservoir with an increasing proportion of finer sediment fractions in the cores with
decreasing distance to the dam (Tab.3). Sand particles were only found in the reservoir
deposits near the stream outlet, whereas the cores collected in the vicinity of the dam were
exclusively composed of clay and silt particles. This deposition pattern was consistent with
the fact that sediment tends to become finer grained when being deposited further
downstream in a reservoir (Morris & Fan 1997).

Two deposition areas were delineated within the reservoir based on the textural analysis. The
first deposition area corresponds to the downstream region of the reservoir (e.g., close to the
dam) and includes cores C1 to C5. This area is characterised by a homogeneous textural
composition comprising very fine particles and a negligible sand fraction. This area contains
approximately 75% of the total volume of sediment deposits in the reservoir as deduced from
the estimated representativeness of the individual cores (C1 to C5, see Tab.3). The second
deposition area corresponds to the upstream region of the reservoir and includes cores C6 to
C13. The contribution of the sand fraction in this region varies from 5 to 35% and increases
with increasing distance to the dam. This less homogeneous area contains 25% of the total
volume of the sediment deposits.

51
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

Table 3 Average and standard deviation concentrations/activities of textural and potential fingerprinting properties measured in the soil sources
and sediment core samples collected in the Kamech catchment and in its reservoir.

Representativeness of each core in terms of sediment deposit volume in Kamech reservoir is also mentioned.
sand 210 210 234 226 228 228 137
Number of Clay silt Pb-xs Pb Th Ra Ra Th K Cs TOC TN P_P2O5 Core distance to Core representa-
Fingerprint Properties [50-2000
samples [0-2 µm] [2-50 µm] (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (%) (Bq/Kg) (%) (%) (%) the dam (m) tiveness (%)
µm]
30.2 67.7 2.1 44.3 59.9 18.9 15.7 22.9 22 1 7.1 1.6 0.16 0.07
References 2 ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± - -
1.2 1.4 2.6 37.1 44.9 10.5 7.8 12.3 11 0.3 0.4 0.6 0 0
36.3 62.8 0.9 6.1 29.3 28.1 23.3 39.8 38.5 1.4 3.7 1.1 0.15 0.15
Surface
8 ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± - -
topsoil
6 5.9 0.6 6.1 4.1 7.1 5.8 10.6 10.2 0.3 1.5 0.1 0 0
Sources
Gully or 27.4 71.8 0.8 0.3 26.9 32.6 29.1 47.1 46.5 1.7 0.2 0.5 0.11 0.16
channel 9 ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± ± - -
bank 2.3 3.2 1 0.9 2.4 2.2 2.3 3.8 3.6 0.2 0.4 0.1 0 0
C1 1* 34.3 65.5 0.2 24 51.3 37.6 27.5 52.2 53.6 1.9 3.4 0.89 0.16 0.17 63 30
C2 1* 33.3 64.8 2 10.7 40 36.6 29.4 47.6 48.4 1.7 3 0.99 0.14 0.15 100 15.6
C3 1* 30.3 68.2 1.4 10.9 37.3 35.4 26.5 49.1 49.9 1.7 3 1.1 0.16 0.16 137 10.7
C4 1* 35.1 64.5 0.5 17.2 45.2 34 28.1 50.5 48.7 1.8 3.9 0.94 0.18 0.17 180 11.5
C5 1* 29.6 69.2 1.2 9.8 37.2 35.8 27.5 47.8 47.8 1.7 2.9 1.21 0.16 0.15 220 8.3
C6 1* 17.6 71.9 10.5 7.4 33.8 37.6 26.5 46.4 45.3 1.7 1.9 0.58 0.1 0.16 255 6.5
Cores C7 1* 18.6 66.9 14.5 7.6 35.5 32.7 28 45.6 44.4 1.5 1.6 0.84 0.12 0.14 275 4.1
C8 1* 18.6 62.5 18.9 0 28.2 30.5 28.6 43.1 42.6 1.5 1.8 0.85 0.12 0.13 293 1.6
C9 1* 18.2 74.4 7.4 3.3 26.2 26.6 22.9 39.9 39.6 1.4 1.2 0.61 0.1 0.15 304 4
C10 1* 21 70.4 8.6 0 28.6 32.3 27.5 41 41.3 1.5 1.1 0.56 0.09 0.14 312 2.6
C11 1* 17.4 71.8 10.9 3.7 28.5 34.1 24.9 42.5 42.6 1.5 0.9 0.52 0.09 0.16 332 1.4
C12 1* 15.5 69.1 15.4 0 29.8 30.7 28.2 42.2 42 1.5 1.2 0.8 0.11 0.15 385 1
C13 1* 10.8 55.8 33.4 0 31.2 33.9 29.8 45.2 46.1 1.6 1.1 1.1 0.14 0.16 449 2.7

* composite sediment sample

52
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

3.3.2. Fingerprinting properties of potential soil sources and sediment core samples

The profile variations of the specific surface area and main fingerprint properties (prior to
grain-size correction) were determined for cores C2 and C9 as shown in Figure 12. A similar
trend in the concentrations of the different fingerprint properties was observed in each core.
Overall, the fingerprint properties were less variable in core C2 than in core C9, in which the
concentrations of both 137Cs and TOC were observed to decrease with depth. The diminution
of this property decrease for C9 will not be mitigated by a grain-size correction because the
specific surface area did not show a decreasing trend.
Scrubland (restricted to areas showing evidence of erosion) and cropland topsoil samples
were considered to be one distinct source of surface sediment because they showed similar
fingerprinting properties values. The qualitative analysis of the fingerprinting properties
measured in the different soil sources and in the composite sediment core samples collected in
the reservoir deposits (Tab.3) provided general insight into the origin of the sediment at the
outlet of the Kamech catchment.

Figure 12. Downcore variations in the specific surface area and selected fingerprint
properties for cores C2 and core C9

53
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

As expected, 137Cs provided a good level of discrimination between the surface topsoil
material (with activities systematically greater than 2.2 Bq.kg-1) and the deep soil material
originating from gullies and channel banks (< 0.8 Bq.kg-1). In the core samples, the 137Cs
concentrations ranged between 0.9 and 3.9 Bq.kg-1 (Tab.3). A simple analysis using the raw
data showed that the bulk of the core sediment was supplied by soil surface erosion in the
cores located near the dam, whereas the contribution of topsoil and subsoil sources was more
balanced for the upstream cores. TOC analyses corroborated these findings.

3.3.3 The optimal combination of fingerprinting properties and uncertainty


assessment

Although five radionuclides passed the Kruskal-Wallis test (Tab.4), four of them were
rejected due to evidence of non-conservative behaviour, i.e., their concentrations were higher
in sediment than in both sources. Finally, only 137Cs was retained as a tracer. TOC was also
identified as a potentially discriminant property, and therefore, its use was tested in
association with 137Cs in the mixing model (Tab.5) in a second phase of the analysis.

The outputs of the Monte Carlo mixing model based on 10,000 simulations consistently
showed a standard deviation of ± 2%. Therefore, we present only the mean values provided
by this model in the remaining sections.

Table 4. Results of the Kruskal-Wallis H-test applied to the eleven potential fingerprint
properties measured for the source soils collected in the Kamech catchment

Potential fingerprint H-value


210
Pb-xs (Bq.Kg-1) 5.79
210
Pb (Bq.Kg-1) 0.75
234
Th (Bq.Kg-1) 8.33 *
226
Ra (Bq.Kg-1) 12.00 *
228
Ra (Bq.Kg-1) 8.33 *
228
Th (Bq.Kg-1) 9.48 *
K (%) 6.50
137
Cs (Bq.Kg-1) 12.00 *
TOC (%) 11.34 *
TN (%) 5.56
P2O5 (%) 3.89

* difference significant at p=0.05

54
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

Table 5. Results of the stepwise discriminate function analysis use to identify the optimum
fingerprint property combination

Fingerprint property Wilk’s Cumulative % of samples classified


added lambda correctly
137
Cs (Bq.Kg-1) 0.2247 77.53
C (%) 0.1123 100

3.3.4 Fingerprinting sediment sources in cores C2 and C9

The sediment sources were derived for both composite core samples, and a sequence of
subsamples collected at small vertical intervals within cores C2 and C9. These subsamples
corresponded to the succession of one or more storm events since the creation of the artificial
reservoir. The mixing models using 137Cs only or 137Cs in association with TOC showed very
similar results (Fig.13). Differences in the sediment source apportionment were not
significant and were consistently less than 2% for all subsamples, i.e., on the same order of
magnitude as the precision of the mean value calculated by the Monte-Carlo procedure.

The results showed that the origin of the sediment estimated from the composite sample was
consistent with the origin estimated for the entire sequence of subsamples. Therefore, the
composite sample was shown to provide reliable information, which remains valid for the
entire core, on the origin of sediment and associated erosion processes.

The subsample analysis of the sequence of sediment deposits within the cores (e.g., 20
sequences for 15 years in core C2) showed that the temporal variability in the sediment
sources was low in each core. These results confirm the relevance of analysing a single
composite sample for each core to obtain global information regarding the dominant erosion
sources and processes that occurred within the catchment over several decades. The mixing
model results showed a clear predominance of the surface topsoil source for core C2 (> 80%),
whereas sediment in core C9 was supplied by a more even combination of surface and
subsurface/bank sources.

55
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

Figure 13. Surface topsoil apportionment derived using the mixing model — either with the
combination of caesium and carbon or with caesium only — for the sequences of the two
cores C2 and C9 collected in the Kamech reservoir. The value derived from the composite
core sample is also presented. Note that the complementary contribution of surface topsoil
erosion is provided by gully or channel-bank erosion.

3.3.5 Fingerprinting sediment sources in the 13 composite core samples

Source sediment apportionments for the 13 composite core samples taken along the AA’
transect were also evaluated using either 137Cs only or 137Cs in association with TOC as
fingerprint properties. The differences between both types of results were again < 2% for all
composite core samples with the exception of C13, in which difference was 6% (Fig.14).

56
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

These results demonstrate the major effect of the location of the core sampling site within the
reservoir deposit area. Similar results were obtained for cores C1 to C5 with a clear
predominance of the surface topsoil contribution (between 80 and 100%). For cores C6 to
C13, which were more distant from the dam, the mixing model shows that a larger proportion
of sediment was supplied by the gully-channel bank source (between 30 and 75%). The
variability of sediment sources is thus higher in the upstream area of the reservoir deposits
than in the area closer to the dam, with a trend towards a higher gully-channel bank
contribution with increasing distance from the dam.

A global fingerprinting result for all the sediment deposits was established by calculating a
weighted average of the source contribution derived from the 13 composite core samples with
the representative sediment volume of each core as weighted value (see Tab.3). Based on this
calculation, we obtained a global picture of the sources delivering sediment to the reservoir at
the outlet of the Kamech catchment. This global value for the reservoir clearly demonstrated
that the surface topsoil is the dominant source of sediment within the Kamech catchment and
supplied 80% of the sediment to the outlet reservoir.

Figure 14. Surface topsoil apportionment in the Kamech catchment according to the core
location along the AA’ transect. The weighted average for the 13 composite core samples is
also represented. Note that the complementary contribution of surface topsoil erosion is
provided by gully or channel-bank erosion.

57
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

3.4. Discussion
3.4.1 Spatial variability and core sampling optimisation

The spatial variability of the sediment texture within the reservoir trends in an upstream-
downstream direction (Tab.3). This result is in agreement with transport sedimentation
selection processes, i.e., the sedimentation of suspended fine particles occur by vertical silting
in the quiescent downstream region of the reservoir. In contrast, the upstream part of the
reservoir is characterised by a higher velocity, and the runoff inflow and deposition mainly
affects the coarser grain-size particles by both vertical silting and bedload processes.

The 137Cs and TOC contents were also affected by the contrasting sedimentation processes in
these two sedimentation areas (Tab.3). This result is consistent with a study conducted on
sediments of the Yesa reservoir in the Spanish Pyrenees showing that the distribution of
radionuclides along a transect of bottom reservoir sediments from the delta to the dam was
influenced by the sediment dynamics and flood events (Navas et al. 2011).

More surprisingly, the results of the mixing model (Figure 14) for the different cores proved
to be dependent on their location in the reservoir . However, it is unlikely that the source of
the deposited sediment changes across the reservoir, as both potential sources are not
characterised by clearly distinct particle size distributions. The most convincing explanation is
that the standard particle size correction factor based on the SSA derived from laser
measurements failed to fully address this problem. Preliminary investigations on the effect of
the exponent value on the grain-size correction function were conducted by testing values in
the range [0.5; 1]. The global fingerprinting result for the entire reservoir was only slightly
impacted by the exponent value, as the contribution of the surface source varied only from
78.9 to 83.9%. Similarly, Figure 15 shows that the fingerprinting results for the cores located
in the downstream part of the reservoir were not significantly affected. In contrast, cores
collected in the upstream part of the reservoir were significantly affected.

An exponent value of 1 provided slightly less pronounced differences between the


downstream and upstream areas, although these differences remained excessively high for the
correction to be consider satisfactory. The choice of the exponent value was clearly not the
main reason for this failure, and the function itself should be questioned. SSA may fail
because the assumption of spherical particles is clearly not systematically valid, and
adsorption behaviour may be highly dependent on the nature of the minerals — especially in
the finer fraction — and not only on their grain size. Additional research on the grain-size
correction factor is required to improve the reliability of the fingerprinting technique using
this type of tracers.

Zonation induced by transport sedimentation processes finally proved to be a key element for
the interpretation of mixing model results and for establishing a core sampling strategy when
using the standard particle size correction factor.

58
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

A comparison of the mixing model estimation derived from a weighted average of the 13
composite cores (reference value) and the results obtained for each core provides a
mechanism for evaluating the relevance of the reservoir coring strategy and deriving
important guidelines (location and number) for future core sampling optimisation. We
calculated the absolute errors in the source apportionment for the following three core
sampling strategies (Tab.6): sampling of a single core in the downstream reservoir area,
sampling of a single core in the upstream reservoir area, and sampling of two cores (one in
each area).

Figure 15. Sensitivity of the surface source derived from fingerprinting results to the exponent
value in the grain-size correction function. The result without any grain-size correction is
also depicted.

This calculation shows that the sampling of a single core in the downstream reservoir area
will lead to a mean absolute error of approximately 7.5% (in this case, generating an
overestimation of the surface topsoil contribution), whereas the sampling of a single core in
the upstream reservoir area will lead to a larger error of approximately 25% (i.e., an
underestimation of the surface contribution) (see Tab.6). For the core sampling strategy based
on two cores — one in the downstream reservoir area and the other in the upstream reservoir
area — we applied a weight equal to 75% for the core collected in the downstream area and a
weight of 25% for the core collected in the upstream area to account for the volumetric
representation of both deposition areas. This strategy provided a means of decreasing the

59
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

absolute mean error to less than 4% and the maximum error to less than 10% in the studied
catchment.
Based on this assessment, an optimised core sampling strategy for the Kamech reservoir
deposits can be based on the collection of a single core in the downstream reservoir deposit
area if a maximal source estimation error of 15% can be accepted. Otherwise, a maximal
source estimation error of 10% can be obtained if we conduct a dual-core sampling strategy.

We believe that such a result may be generalised to other small reservoirs in Tunisia even if
the 75%-25% apportionment between fine sediment in the downstream part of the reservoir
and coarse deposits in the upstream part of the reservoir found in Kamech remains to be
verified in other reservoirs characterised by a different shape, for example. We also believe
that a core sampling scheme that combines the collection of cores in both upstream and
downstream parts of the deposits will provide small errors in the results, independent of the
number of potential sediment sources. In the case of reservoirs characterised by multiple
tributaries, we suggest that the analysis of a core in the downstream part of the reservoir be
combined with that of one core for each upstream area influenced by each tributary.

Finally, we also determined the relevance of analysing a single composite sample for each
core to obtain synthetic information on the main erosion sources and processes that occurred
within the catchment over several decades. This result has important practical and financial
implications for the future application of this method in a similar context (e.g., sediment
deposits in small-catchment reservoirs built during the 1990s in Maghreb) because it
simplifies the core sampling process due to a lower diameter requirement and permits cost-
savings, as only one sample must to be analysed for each core.

Table 6. Basic statistics on the absolute errors in the source contribution evaluation for the
three core sampling strategies.
Core sampling strategy Absolute error (%)
Mean Standard deviation Minimum Maximum
One core in downstream reservoir area
7.3 4.8 2.7 15.3
(N = 5)
One core in upstream reservoir area
26.1 16.1 6.8 47.9
(N = 8)
Two cores: one in downstream reservoir
area with a 75% weighting and one in
4.1 3.1 0.2 9.9
upstream reservoir area with a 25%
weighting (N = 40)
* The absolute error is evaluated relative to the source apportionment for the entire reservoir as
derived from the combined 13 cores with a weighting proportional to their representativeness in terms
of sediment volume. The absolute error is calculated for each core as the absolute difference between
surface contribution derived from the core and the one derived from the combined 13cores.

60
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

3.4.2 On the ability to use TOC as tracer in recent North African reservoirs

The use of multiple tracers in a mixing model allows for more reliable source apportionment
than the use of only one tracer (Martinez-Carreras et al. 2008; Small et al. 2002; Walling et
al. 1993). In this study, TOC was tested as a tracer in addition to fallout radionuclides. The
combined use of 137Cs and TOC provided results similar to those obtained using 137Cs alone.

This ability of TOC to be used as an additional tracer in this study can be explained by the
specific context of recently built North African reservoirs (less than 20 years old). First, the
autochthonous source of organic constituents was found to be negligible in a series of more
than 20 modern reservoirs where very low values of dissolved P and N have been measured
(Rahaingomanana 1998). Recent complementary analyses confirmed that the Kamech
reservoir is characterised by low levels of dissolved N and P. The terrestrial origin of TOC
was also verified for the Kamech reservoir using Rock-Eval analysis conducted on upper,
middle and bottom subsamples of core C2 (Fig.16). This result was also corroborated by δ13C
measurements conducted for all the C2 and C9 subsamples and the surface topsoil samples, as
all of the values of δ13C ranged from -27 to -26‰ which is indicative of the contribution of C3
photosynthetic pathway plants (i.e., wheat crop residues in this case).

Moreover, terrestrial organic residues probably did not experience major changes via bacterial
alteration during their settling and incorporation into the sediment because terrestrial higher
plant debris had already been submitted to strong biotic as well as abiotic degradation under
oxic conditions in soils (Vandenbroucke & Largeau 2007). In our study area, degradation
during mobilisation and transport is also limited due to the very short sediment transport
distances within the 2.63 km² Kamech catchment.

Degradation during the sediment storage period was also proved to be limited as noclear
downcore decrease in the evolution of TOC was observed within the C2 core. This result is
consistent with other observations from oligotrophic lacustrine environments such as the Lac
du Bouchet (France), for which Patience et al. (1995) reported a first-order kinetics of TOC
degradation of 2.2 10-3 y-1. A similar degradation rate within a 15-years-old reservoir such as
Kamech would generate a relative decrease in the TOC concentration of less than 2.5%. This
low degradation rate is likely not valid for upstream deposits because C9 core showed a
downcore trend of decreasing TOC values.

61
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

Figure 16. Kerogen type and evolution paths (arrows) in the van Krevelen diagram of HI vs.
OI. Kerogen types I, II, and III correspond to waxy organic matter, algal organic matter and
vascular plant organic matter, respectively.

3.4.3 Erosion processes and sediment source hierarchy at the catchment scale

The determination of the sediment sources in the core samples collected in the Kamech
catchment reservoir (Cape Bon, Tunisia) using a fingerprinting method showed that the
surface topsoil delivered approximately 80% of the sediment to the Kamech catchment outlet
over a period of 15 years. This result implies that surface erosion processes, including rill and
interrill erosion, are the dominant processes at the catchment scale. This result is consistent
with the rather low annual gully length progression observed in the catchment. It is also in
agreement with the results obtained by Jebari et al. (2010), who calculated that interrill
processes produced 83% of the erosion within the Kamech catchment based on a rainfall
erosivity analysis. However, the results present here differ from the conclusions of several
other erosion studies conducted in the Mediterranean region that indicate a predominance of
gully erosion. One explanation for this difference may be that the low rates of sheet and rill
erosion and the relatively large importance of gully erosion in the Mediterranean region have

62
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

often been attributed to the high extent of stoniness and shallow depth of many Mediterranean
soils (e.g. Poesen & Hooke 1997), which is not the case in the studied catchment.

The potential surface sediment sources in Kamech catchment include both cropland and
scrubland except in the sandstone bar outcrops. However, there are several indications that
topsoil in the cropland area is by far the most important sediment source. First, the scrubland
area covers only 10% of the catchment surface, whereas the cropland area represents 70% of
the catchment area. Second, all of the cropland areas are likely to provide sediment, whereas
only very limited scrubland areas suffering from over-grazing must be considered as sediment
sources. Finally, the continuous multi-scale monitoring of erosion over a 4-year period
showed that the sediment yield measured at the outlet of a 0.15 km2 subcatchment in Kamech
reached 22 t.ha-1.year-1, 80% of this material was supplied by cropland and 20% by gully
banks, and the contribution of scrubland source remained negligible (Sauvadet et al., 2012).
These measurements strongly supported the results derived in this study from the mixing
models.

We also observed a low variability in 137Cs and TOC in the different couplets of core C2 and
C9, although those couplets could be related to a large range of flood event conditions. This
result suggests that flood conditions over the 15-year existence of the reservoir did not
strongly affect the sediment origin in the Kamech catchment. I.e., no exceptional flood event
during which gully/channel erosion processes would have become a predominant source
could be identified in the Kamech catchment.

3.5 Conclusions

This study demonstrated the viability of the fingerprinting method for tracing sediment
sources in recent (i.e. post-Chernobyl) small artificial reservoir deposits using both 137Cs and
TOC. Therefore, this method can be used to quantify the relative importance of hillslope
surfaces versus gully-channel bank erosion processes in North African environments.

Several other radionuclides or nutrients were also tested as potential tracers of sediment
sources but they did not deliver good results. The explanation is either their non
conservativeness during the transport and deposition processes or their poor efficiency in
discriminating between subsoil and topsoil sources.

The determination of the sediment origin in the core samples collected in the Kamech
catchment reservoir (Cape Bon, Tunisia) revealed surface soil erosion as the dominant source
of deposited material. These results differ from the conclusions of most erosion studies
conducted in the Mediterranean region that show a predominance of gully erosion.

63
3. Traçage des sources de sédiments. Application sur Kamech

This finding has important management implications because the implementation of


conservation farming practices would be more efficient than gully treatment for erosion
mitigation in agricultural catchments similar to the Kamech study site.

The predominance of one source of erosion in a catchment may, however, depend on specific
conditions that are not yet fully understood. The strategy applied here of collecting a series of
sediment cores along a longitudinal transect within the outlet reservoir provided a means of
investigating the potential representativeness of a single sediment core collected within the
reservoir.

Practical guidelines for conducting core sampling in small reservoirs were derived as follows:
i) a composite core sample provides a good representation of the entire core length according
to the homogeneity observed in the two sediment cores that were analysed in greater detail; ii)
a two-core sampling strategy allows for the evaluation of source contributions with an error of
less than 10% for the studied catchment. We also suggest adjusting the number of cores as a
function of the number of main tributaries that supply material to the studied reservoir.

This strategy developed and tested in the Kamech catchment can now be applied to the
numerous existing reservoirs located in the Tunisian Ridge and Cape Bon areas.

This region is affected by severe erosion, and it is crucial to determine the relative
contributions of surface erosion and gully erosion in various contrasting catchments to
address the controversial issue of outlining the dominant erosion process that deliver the bulk
of sediment in this type of Mediterranean environment. This determination of the dominant
erosion process should allow to propose management guidelines that are adapted for each
catchment to control erosion.

64
Conclusion de la partie II

Le chapitre 2 a permis de présenter et justifier le choix des différents sites d’études qui sont
analysés dans ce travail. Cinq bassins versants ont été retenus pour refléter la diversité, au
sein de la Dorsale Tunisienne et du Cap Bon, des principaux facteurs intervenants dans les
processus d’érosion à l’échelle des bassins versants. Parmi ces bassins, le bassin versant de
Kamech a été privilégié pour tester et adapter la technique de traçage aux sédiments piégés
dans les retenues collinaires de la Tunisie. Ce choix a été guidé par le fait que c’est le bassin
sur lequel les processus d’érosion sont le mieux étudiés et connus, ce qui facilitera la
validation de l’approche.

Le chapitre 3 a ensuite permis de montrer la faisabilité et la pertinence de la technique de


traçage des sources de sédiment appliquée aux dépôts des retenues collinaires pour quantifier
la contribution relative des différents processus d’érosion à l’échelle du bassin versant. Cette
technique s’appuie sur une utilisation conjointe du césium 137 et du carbone organique total
comme traceur permettant de différencier les sédiments provenant des horizons de surface,
qui sont mobilisés par des processus d’érosion diffuse et en rigoles, de ceux provenant des
horizons plus profonds, directement mobilisés par des processus d’érosion ravinaire et de
berges de l’oued. Les résultats de l’application de cette technique au bassin versant de
Kamech (Cap Bon, Tunisie) ont montré une nette prédominance de l’érosion de surface
(diffuse + en rigoles) pour ce bassin, résultat qui vient questionner l’idée reçue que l’érosion
ravinaire constitue souvent le processus prépondérant de la mobilisation des sédiments sur le
pourtour méditerranéen et principalement en Tunisie. Concernant l’échantillonnage des
carottes au sein des dépôts des retenues, nous avons pu montrer que l’analyse d’un seul
échantillon composite par carotte était pertinent pour la détermination de l’origine des
sédiments sur l’ensemble de la durée de vie de la retenue et qu’une stratégie
d’échantillonnage alliant une carotte dans la zone aval des dépôts à une carotte dans la zone
amont des dépôts pour chaque affluent majeur permettait de limiter à 10% les erreurs liées à
la stratégie d’échantillonnage sur l’estimation des contribution relatives.

65
66
Partie III

Validation

67
68
Introduction de la partie III

Cette partie du travail de thèse s’attache à tester la validité des résultats issus de la technique
de traçage des sources de sédiments sur le site de Kamech. Cette validation est délicate car
nous avons vu dans la partie bibliographique que les méthodes d’évaluation des taux
d’érosion nécessitaient des moyens qu’il est souvent très difficile de réunir. Notre démarche a
consisté à déployer deux approches indépendantes de la méthode de traçage, choisies parmi
les deux grandes familles d’approches à notre disposition, à savoir une approche basée sur le
suivi des flux érosifs par des mesures in-situ et une approche basée sur l’exploitation
d’images de télédétection via une analyse diachronique.

L’approche basée sur le suivi des flux érosifs par des mesures in-situ (chapitre 4) s’appuie sur
l’analyse de données expérimentales des flux d’eau et de sédiments. Ces données concernent
4 années hydrologiques (2005-2009) au niveau de trois stations de contrôle des flux installées
au sein d’un versant de Kamech: une parcelle, une ravine et son impluvium et un micro-bassin
englobant les deux premières stations. Nous avons d’abord évalué les flux globaux à chaque
station en reconstituant les données manquantes grâce à l’analyse des facteurs déterminants
du ruissellement et l’érosion aux différentes stations et la comparaison des flux entre stations.
Le suivi précis de la morphologie de la ravine étudiée par des mesures denses et répétées de
terrain a permis de quantifier la production de terre par la ravine elle-même et ainsi de
différencier la part relative de l’érosion de surface et de l’érosion ravinaire à l’exutoire de la
ravine et du micro-bassin versant.
L’approche basée sur l’exploitation d’images de télédétection via une analyse diachronique
(chapitre 5) repose sur l’utilisation combinée de la photo-interprétation, de l'analyse
photogrammétrique et de mesures de terrain pour estimer le volume de terre générée par les
ravines entre les deux dates sur l’ensemble du bassin versant. Cette analyse diachronique de
l’évolution morphologique des ravines a ainsi été menée entre 1962 et 2012. Elle a tout
d’abord consisté à analyser l’évolution du réseau de drainage (ravines et oued) entre ces deux
dates en distinguant les tronçons de réseau communs aux deux dates, de ceux apparus et
disparus. Pour l’état actuel, le calcul des volumes des ravines est rendu possible grâce à une
caractérisation géométrique de ces éléments réalisée par des mesures sur le terrain. Pour
l’année 1962, des mesures de largeur de ravine ont été menées par photo-interprétation et une
approche photogrammétrique a été mise en œuvre pour tenter de reconstituer les profils en
travers mesurés sur le terrain pour l’état actuel pour arriver à une évaluation globale des
volumes de sédiments produits sur l’ensemble du bassin versant de Kamech.

69
70
Chapitre 4.

Confrontation à des mesures directes de terrain

Dans le but de comprendre les


mécanismes qui régissent le phénomène
de l’érosion hydrique, des mesures des
flux d’eau et de sédiments ont étés
réalisées au niveau de trois stations de
mesures situées sur le bassin versant de
Kamech (Cap Bon, Tunisie) et mises en
relation avec les caractéristiques de leur
impluvium. La première station se situe à
l’exutoire d’une parcelle agricole, la
deuxième est localisée à l’exutoire d’une
ravine et la troisième au niveau de
l’exutoire d’un micro-bassin les
englobant. Les principaux facteurs
déterminants du ruissellement et de
l’érosion ont été analysés pour chaque
station et des relations entre les réponses
des différentes stations ont été établies.
Ces connaissances ont permis de
reconstituer la totalité des flux sur les 4
ans et de quantifier la contribution de
l’érosion ravinaire à l’exutoire de la
ravine et du microbassin.

71
4. Confrontation à des mesures directes de terrain

Déterminisme du ruissellement et de l’érosion hydrique de la parcelle au


versant en milieu Méditerranéen Marneux

Sauvadet M., Raclot D., Ben Slimane A. et Le Bissonnais Y.

(Article publié dans la Revue Marocaine des Sciences Agronomiques et Vétérinaires et


disponible sur http://www.agrimaroc.org/index.php/Actes_IAVH2/article/view/282/248)

Résumé

La lutte contre l'érosion hydrique passe par une meilleure compréhension et modélisation des
mécanismes en jeu depuis les zones « source » jusqu'aux zones de dépôt des sédiments. Ce
papier présente et analyse 4 années de mesures du ruissellement et de l’érosion au niveau de
trois stations de mesures construites sur le bassin versant de Kamech (Cap Bon, Tunisie) à
l’exutoire d’une parcelle agricole (1,32 ha), d’une ravine (1,37 ha) et du micro-bassin (15,2
ha) englobant la parcelle et la ravine. L’objectif de ce papier est de tester les facteurs
déterminants du ruissellement et de l’érosion sur chaque site et de comparer le
fonctionnement hydro-érosif entre les trois stations. Les résultats montrent un comportement
hydrologique et érosif très similaire aux trois échelles. Le ruissellement apparaît
principalement guidé par la dynamique de fermeture des très nombreuses fentes de retrait qui
apparaissent chaque été sur le bassin. De bonnes corrélations linéaires entre pluie et lame
ruisselée ont pu être établies sur les trois stations en différenciant les périodes avant et après le
cumul de pluie de 250 mm. Les masses érodées présentent de bonnes corrélations avec les
débits maximaux (R² entre 0,64 et 0,97) et avec les masses érodées aux autres stations (R² de
0,88 à 0,96). Grâce à ces relations, les masses érodées ont pu être reconstituées pour les
événements ruisselants sans données d'érosion mesurées, ces événements contribuant à moins
de 20% des bilans érosifs. Sur les 4 années de mesure, les taux d’érosion atteignent 29,2
t/ha/an pour la parcelle, 38,4 t/ha/an pour la ravine et 22,1 t/ha/an pour le microbassin. Les
différences de taux d’érosion s’expliquent principalement par i) la contribution des flancs de
la ravine mesurée par des suivis topographiques, ii) la présence au sein du microbassin de
zones de parcours (3,6 ha) peu productrices de sédiments.

4.1. Introduction

Les forts bouleversements qu’a connus la Tunisie au cours de ce siècle (accroissement


démographique considérable, multiplication par 4 des surfaces cultivées entre 1920 et 1990
par des campagnes de défrichement massif) ont fortement aggravé le phénomène d’érosion
hydrique qui touche plus de 3 millions d’hectares alors que ce pays ne compte que 4,5
millions d’hectares réellement cultivables (Achouri, 1995). Il est primordial pour ce pays
d’accroître ses connaissances sur ce phénomène afin d’enrayer l’envasement des centaines de
72
4. Confrontation à des mesures directes de terrain

grands barrages tunisiens, piliers du développement socio-économique du pays (Albergel et


al., 2005b). Mise en eau en 1994 pour une capacité initiale de 142 000 m3, la retenue de
Kamech fait partie d’un réseau de 11 lacs collinaires construits en amont du grand barrage du
Lebna (achevé en 1986 pour une capacité initiale de 30 millions de m3) pour mobiliser les
eaux de surface et intercepter les sédiments produits par le bassin versant (ORE OMERE,
2010). Dès sa mise en eau, Kamech a été intégré à un réseau pilote d’une trentaine de retenues
faisant l’objet d’un suivi en terme de bilan hydrologique et de risque d’envasement dans le
cadre d’une convention entre la DG ACTA-CES et l’IRD Tunis. Depuis 2002, la retenue fait
partie d’un Observatoire de Recherche en Environnement (ORE) nommé OMERE
(Observatoire de Recherches de l’Environnement Rural et de l’Eau, http://www.umr-
lisah.fr/omere).

Dans ce papier, nous étudions les phénomènes de ruissellement et d’érosion sur trois sites du
bassin versant : une parcelle cultivée (1,32 ha), une ravine (1,37 ha) et le microbassin qui
intègre ces deux unités (15,2 ha). Les données étudiées ont été récoltées sur quatre années, de
septembre 2005 à septembre 2009. L’objectif de ce papier est de déterminer les facteurs du
ruissellement et de l’érosion à chaque station et de comparer le fonctionnement hydro-érosif
entre les trois stations. Pour cela les relations entre pluie, ruissellement et érosion ont été
établies aux trois stations à l’échelle de l’événement, et les données mesurées à chaque station
ont été comparées et discutées sur une base événementielle et annuelle.

4.2. Méthodologie
4.2.1. Le site d’étude

Le bassin versant de Kamech (2,63 km²) est situé dans une région agricole du Nord de la
péninsule du Cap Bon, à l’Est de la Tunisie. Le climat est méditerranéen semi-aride à sub-
humide avec une saison sèche qui dure d’avril à septembre. La pluviométrie annuelle
moyenne est de 650 mm, avec une forte variabilité inter-annuelle, pour une évapotranspiration
potentielle moyenne de 1500 mm. Les formations géologiques du bassin versant sont
essentiellement constituées de marnes et d'argilites associées à de minces bancs gréseux
ferruginisés avec des pendages monoclinaux Sud-Est de 20 à 50°.

Les sols de l’impluvium cultivé des trois sites sont des sols calcimagnésiques, carbonatés,
bruns calcaires à nodules calcaires sur marnes, vertiques et hydromorphes (Zante et al., 2005).
Ce sont des sols très lourds (composition granulométrique à 65% d’argile) qui sont parcourus
de fentes de retraits très profondes (jusqu’à 1 m) au sortir de la saison sèche.
La pente moyenne sur les trois sites est très proche de 10 %. Tous les espaces arables du
bassin versant sont mis en culture (Jenhaoui et al., 2008), soit près de 70 % de la superficie du
site, dont 85% sont exploités en cultures annuelles (céréales et légumineuses).
73
4. Confrontation à des mesures directes de terrain

Dans ce papier trois stations de mesure situées sur un versant de Kamech sont considérées
(Figure 17 et 18) : une parcelle agronomique de 1,32 ha, une ravine de 1,37 ha et un
microbassin qui englobe ces deux échelles de 15,2 ha. La station de la ravine contrôle une
ravine de 1700 m² et un impluvium cultivé de 1,2 ha. Le microbassin quant à lui est composé
de parcelles cultivées (10,9 ha), de zones de parcours (3,6 ha) et de ravines (0,7 ha).

Figure 17. Les dispositifs de mesures sur Kamech

74
4. Confrontation à des mesures directes de terrain

Figure18. Le micro bassin versant expérimental en rive droite de l’oued Kamech


(photo : D. Raclot, 18/11/2005)

4.2.2. Données

Les pluies sont suivies par un réseau de pluviomètres et trois pluviographes à augets
basculeurs (0,5 mm) répartis sur le bassin versant. Chaque station hydrologique est équipée de
deux capteurs de hauteurs d’eau qui permettent de mesurer le débit en continu au droit de
déversoirs (pour les faibles débits) et de canaux rectangulaires en béton (pour les forts débits).
Le transport solide est estimé à partir de mesures de concentration des eaux en matières en
suspension grâce à des préleveurs automatiques 24 flacons (type SIGMA 900) asservis aux
débits. La masse érodée est calculée en intégrant les concentrations obtenues par rapport aux
volumes écoulés.
Un suivi des états de surfaces est réalisé selon le protocole de Andrieux (2007) une à deux fois
par mois sur la totalité des parcelles cultivées de l’impluvium du microbassin. Ces relevés
concernent notamment les principales caractéristiques liées à la couverture du sol (cailloux,
végétation), sa rugosité, et son faciès (présence de fentes de retrait, présence de croûte de
battance ou d’érosion…).

75
4. Confrontation à des mesures directes de terrain

4.2.3. Analyses de données

L’analyse porte sur les crues survenues entre les années hydrologiques 2005-2006 et 2008-
2009 (l’année hydrologique commençant le 1er septembre). Le début de la crue est fixé au
début de la pluie génératrice, elle est terminée lorsqu’il ne subsiste plus qu’un écoulement
résiduel d’origine hypodermique. 84 crues ont ainsi été identifiées au cours de ces 4 années
(Tableau 7). Les caractéristiques des pluies et du ruissellement ont été enregistrées pour
pratiquement toutes les crues. En revanche les préleveurs automatiques ont été calibrés pour
suivre de manière précise les crues les plus érosives au détriment des crues les moins
importantes : le nombre de crues avec des informations sur l’érosion est relativement faible
(20 à 40% des crues selon les stations) mais représentent plus de 80% du bilan érosif de ces 4
années.

Tableau 7. Nombre de crues utilisées pour les différentes analyses (l’analyse multi-échelle
identifie les crues pour lesquelles les données sont disponibles simultanément aux trois
stations)
Nombre de Nombre de crues avec des données sur le Nombre de crues avec des données sur
crues ruissellement l'érosion
délimitées
Analyse Analyse
entre 2005 Parcelle Ravine Microbassin Parcelle Ravine Microbassin
multi-échelle multi-échelle
et 2008
84 83 82 80 77 35 23 29 17

Les crues ont été décrites par les variables suivantes : (i) la hauteur de pluie précipitée (en
mm); (ii) le cumul de pluie depuis le début de l’année hydrologique (Pcum en mm); (iii)
l’intensité maximale de pluie sur une période de 5 minutes (I5max en mm/h); (iv) la lame
ruisselée (en mm); (v) le coefficient de ruissellement (en %); (vi) le débit maximal spécifique
(en l/s/ha); (vii) la concentration moyenne en sédiments (en g/l); (viii) la masse érodée
spécifique (en t/ha).
Les observations des états de surface sont synthétisées en un indice d’infiltrabilité selon les
méthodes développées par Cerdan et al. (2001b) et en un indice de couvert qui prend en
compte le pourcentage de surface sous couvert (culture, litière, chaumes, pierrosité…).
Les relations entre les variables ont été analysées en utilisant les méthodes classiques
d’analyse statistique (régression linéaire, corrélations de Pearson…). Les données ont dans un
premier temps été étudiées station par station, puis comparées entre les sites et reconstituées
pour les évènements non mesurés aux stations hydrologiques.

76
4. Confrontation à des mesures directes de terrain

4.3. Résultats
4.3.1. Comportement ruisselant des sites au cours de l’année hydrologique

L’analyse du ruissellement a révélé deux comportements très hétérogènes au cours de l’année


hydrologique. Les crues se produisant avant un cumul de pluie de 250 mm ruissellent très peu
(lame ruisselée inférieure à 8 mm) aux trois stations quelles que soient les caractéristiques des
pluies (intensités, hauteurs…) ou les états de surfaces (sols fraîchement labourés, surfaces
fermées sans fente de retrait visible en surface…), alors qu’en seconde période les lames
peuvent être très élevées (jusqu’à 80 mm). Une telle transition correspondrait au moment où
le taux de saturation du sol atteint 50% (Mekki, 2003). Cette capacité de rétention d’eau dans
les substrat argilo-calcaire a déjà été identifiée dans le Nord ouest de la Tunisie sous climat
humide par Ibiza (1982) avec une valeur de rétention de 170 mm. Plus généralement, les
fentes de retrait s’estompent en surface pour un cumul de pluie d’environ 200 mm
(HYDROMED, 2001).
Il nous a donc paru nécessaire de séparer l’analyse du ruissellement et de l'érosion en deux
groupes : les crues survenues avant et après le cumul des pluies de 250 mm, qui se situe vers
les mois de décembre-janvier. Les 84 crues mesurées se divisent en 28 crues qui surviennent à
un cumul de pluie inférieur à 250 mm et 56 crues avec un cumul de pluie supérieur à cette
valeur. La moyenne des intensités de pluies en première période est deux fois plus élevée pour
une durée moyenne deux fois plus courte ; les moyennes des hauteurs précipitées sont les
mêmes au cours de ces deux périodes.
Les lames ruisselées sont en moyenne 6 à 10 fois plus élevées selon les stations après le
cumul des pluies de 250 mm et les coefficients de ruissellement 4 à 8 fois plus. En revanche,
les débits maximaux sont équivalents pour les deux périodes car les facteurs favorables aux
fortes vitesses d’écoulement se compensent (intensités de pluie plus fortes en début d’année et
infiltrabilité plus faible en fin d’année).

4.3.2. Relations entre les variables de pluies de ruissellement, d’érosion et d’états de


surface

4.3.2.1. Relations avec les variables de ruissellement

Le tableau 8 présente les coefficients de détermination pour les meilleures relations linéaires
simples entre les différentes variables décrivant le ruissellement (lame ruisselée et débit
maximum) et les variables de pluie. On constate que les lames ruisselées sont bien corrélées
avec les hauteurs précipitées (surtout pour les cumuls de pluies supérieurs à 250 mm) et que
les débits maximaux spécifiques sont moyennement corrélés avec l'intensité de pluie
maximale en 5 minutes.

77
4. Confrontation à des mesures directes de terrain

Tableau 8. R² des régressions linéaires des variables de ruissellement en fonction de la


variable de pluie la plus corrélée

Lame ruisselée = f(hauteur précipitée) Débit max spécifique = f(I5max)


Pcum < 250 mm Pcum > 250 mm Pcum < 250 mm Pcum > 250 mm
Parcelle 0,04 0,82** 0,39** 0,37**
Ravine 0,57** 0,76** 0,61** 0,41**
Microbassin 0,44** 0,86** 0,55** 0,45**
**: Corrélation significative à 99%

4.3.2.2. Relations avec les variables d’érosion

Quatre crues (en réalité 2 séries de 2 crues séparées de moins de 24h00) se différencient très
nettement des autres par leurs volumes d'érosion ou leur concentration. Ces crues, qui font
suite à des orages violents et intenses survenus sur des sols non couverts et récemment
labourés, se distinguent des autres par le fait qu'elles ont générées un réseau dense de rigoles.
L'apparition de ces rigoles ayant fortement influencé les relations entre érosion, ruissellement
et précipitations, il a été choisi de les exclure de l’analyse statistique pour vérifier l’hypothèse
d’homoscédasticité des échantillons et ne pas augmenter artificiellement les corrélations.
On constate (Tableau 9) que les relations entre concentration moyenne en sédiments et les
intensités de pluies maximales sur 5 minutes sont plus fortement conditionnées par l’indice de
couvert que par le cumul des pluies ; les variables sont cependant parfois faiblement liées. La
masse érodée est en revanche conditionnée avant tout par la transition des 250 mm de pluie
cumulée et toujours bien corrélée avec le débit maximal spécifique. Cette corrélation est
légèrement plus faible pour la station de la ravine, certainement du fait d'un possible
stockage/déstockage de sédiments au sein de la ravine.

Tableau 9. R² des régressions linéaires des variables d’érosion en fonction de la variable de


pluie ou de ruissellement la plus corrélée (statistiques calculée sans les 4 crues
exceptionnelles ayant généré des rigoles.

Concentration moyenne en Masse érodée spécifique = f (Débit max


sédiments = f(I5 max) spécifique)
Couvert < 30 % Couvert > 30 % Pcum < 250 mm Pcum > 250 mm
Parcelle 0,62** 0,36* 0,87** 0,74**
Ravine 0,32 0,72** 0,64** 0,66**
Microbassin 0,95** 0,3* 0,97** 0,78**
** : relation significative à 99%; * : relation significative à 95%

78
4. Confrontation à des mesures directes de terrain

L’influence du couvert sur la masse érodée est peu discernable sur le groupe de crues étudiées
car les crues sous couvert sont générées par des pluies de faible intensité et ont des lames
ruisselées et débits maximaux très faibles.

4.3.2.3. Relations inter-échelles des variables de ruissellement

Les lames ruisselées sont fortement corrélées d’une station à l’autre (Figure 19). La parcelle
semble ruisseler légèrement moins que les deux autres sites, ce qui est confirmé par la
comparaison des lames ruisselées sur les 84 crues après reconstitution pour les évènements
manquants : 120,2 mm/an à la parcelle, 134,8 mm/an à la ravine et 148,5 mm/an au
microbassin pour une pluie de 650,3 mm/an. Ces écarts peuvent être expliqués d’une part par
la présence de voies de circulation préférentielle des eaux aux autres échelles (ravine, piste
tassée…) et par des états de surface globalement plus favorables à l’infiltration à la parcelle
au moment de quelques crues majeures.
Les débits maximaux spécifiques sont également fortement corrélés d'une station à l'autre
(Figure 20). On constate par contre des débits maximaux significativement supérieurs pour le
microbassin. Ce surplus peut être expliqué d’une part par la présence d’une piste qui
constitue une surface très tassée et donc très peu perméable, et d’autre part par des points de
résurgences d’écoulement hypodermique en bas de versant (zones très souvent saturées) qui
accroissent le ruissellement et donc le débit.

Figure 19. Présentation des corrélations multi-échelle des lames ruisselées pour les 77 crues
multi-échelles

79
4. Confrontation à des mesures directes de terrain

Figure 20. Présentation des corrélations multi-échelles des débits maximaux pour les 77
crues multi-échelles

4.3.2.4. Reconstitution et comparaison des bilans érosifs

La figure 21 présente la comparaison des masses érodées d'une station à l'autre sur les 84
crues en différenciant les crues mesurées des crues reconstituées. La reconstitution des masses
érodées a été réalisée à partir des débits maximaux pour la parcelle et le microbassin et
déduites de la masse érodée au microbassin pour la ravine. Au final, les masses érodées
reconstituées représentent 8 à 18% du bilan érosif des 4 années et n’impliquent donc que peu
d’erreurs d’analyse.

Figure 21. Présentation des corrélations multi-échelles des masses érodées sur les 84 crues
(les croix représentent les valeurs mesurées aux 2 stations comparées et les cercles
correspondent aux valeurs reconstituées sur au moins l’une des stations comparées).

80
4. Confrontation à des mesures directes de terrain

On constate également que les forts coefficients de détermination sont principalement dus à
une crue exceptionnelle (la crue du 16/12/2006) qui contribue à elle seule à 31% des volumes
érodés à la parcelle ; 39% à la ravine et 43% au microbassin alors qu’elle ne représente que
12% à la parcelle et 14% aux autres stations des flux ruisselés en 4 ans.
Les bilans annuels moyens sont de 29,2 t/ha/an pour la parcelle, 38,4 t/ha/an pour la ravine et
22,1 t/ha/an pour le microbassin. La ravine érode donc en moyenne 1,3 fois plus par unité de
surface que la parcelle qui érode en moyenne 1,3 fois plus que le microbassin. En dépassant
les 20 t/ha/an, les taux d’érosion sur Kamech sont nettement supérieurs aux observations
réalisées en milieu cultivé argilo-calcaire sur des parcelles de 100 m² en Algérie qui
indiquaient des taux d’érosion entre 0,1 et 3 t/ha/an sous un climat semi-aride (Roose et al.,
1993).
Un suivi fin de l’évolution de la morphologie de la ravine entre 2002 et 2009 a montré que les
flancs de la ravine avaient produit environ 51 m3 de sédiments (El Khalili et al., à paraitre),
soit un taux d’érosion d’environ 6,1 mm/an, ce qui constitue environ 32 m3 ou 51 t sur les 4
années de mesure. Le surplus d’érosion mesuré à la ravine par rapport à la parcelle (environ
56 t sur les 4 ans) est donc principalement issu de l’érosion de ses flancs. On s’aperçoit que la
contribution de l’érosion ravinaire à l’échelle de la station « ravine » n’est que de l’ordre de
25 % sur les 4 années de mesure, et ce malgré la présence d’événements ruisselants intenses
dont un au moins de période de retour estimée entre 10 et 15 ans.
La production en sédiments des 10,9 ha cultivés sur le microbassin (grossièrement évaluée en
transposant les taux d’érosion obtenus à la parcelle) ajoutée à la production de sédiments des
0,7 ha des flancs de ravines (obtenue en appliquant le taux d’érosion de 6,1 mm/an des flancs
la ravine étudiée) donne une valeur approximative de 936 m3 de sédiments produits en 4 ans
pour les 840 m3 du bilan érosif mesuré et reconstitué à partir des débits à l’exutoire du
microbassin. L’écart entre les deux valeurs (15%) est dans l’ordre de grandeur des erreurs de
mesures. Le taux d’érosion moyen plus faible au microbassin proviendrait donc d’une
répartition surfacique différente des zones sources d’érosion et de la présence de zones peu
productrices en sédiments (les parcours). A l'échelle du microbassin, la présence de dépôts ne
semble donc pas significative et la contribution des flancs de ravines au bilan érosif n’est plus
que de l’ordre de 20%.

4.4. Conclusions

Le suivi sur quatre années du ruissellement et de l’érosion des trois sites a permis de couvrir
un large panel de situations en terme de pluies et d’états de surface et de mieux apprécier
l’influence des ravines en fonction de l’échelle étudiée.
Les fentes de retrait jouent un rôle très important au niveau du comportement ruisselant de
Kamech : les écoulements de surface sont très faibles jusqu’à un cumul de pluie de près de
250 mm. Cela permet de distinguer trois périodes en termes de comportement érosifs. Avant
un cumul de pluie de 250 mm, les sols sont nus et de très fortes concentrations en sédiments
peuvent être observées (jusqu'à 300 g/l à la parcelle) mais les volumes érosifs restent modérés

81
4. Confrontation à des mesures directes de terrain

du fait de volumes écoulés faibles. La période la plus critique se situe lorsque le cumul de
pluie de 250 mm est atteint et que les sols sont encore peu couverts (inf. 30 %), de fortes
concentrations en sédiments associées à de forts volumes ruisselés sont alors observés. Une
fois le sol couvert à au moins 30 % (situés après le cumul de 250 mm), les concentrations en
sédiments chutent très fortement. Cette baisse est en partie due à des intensités de pluie
beaucoup plus faibles à cette période de l’année (2 fois plus faible environ qu’en début
d’année).
Le ruissellement moyen ramené aux unités de surface est globalement le même aux trois
stations même si la parcelle semble ruisseler légèrement moins. Sur le microbassin, les débits
maximaux sont faiblement supérieurs, certainement du fait de la présence d’une piste très peu
perméable et de zones très fréquemment saturées juste à l’amont de la station de mesure.
Les bilans érosifs sont par contre significativement différents sur les trois sites : la ravine
érode en moyenne par unité de surface 1,3 fois plus que la parcelle qui érode 1,3 fois plus que
le microbassin. En s’appuyant sur les valeurs de sédiments produits par la ravine et évalués
grâce à un suivi morphologique fin de celle-ci (El Khalili et al., à paraitre), nous constatons
que la contribution de la ravine dans l’érosion à la station ravine n’est que de 25 % environ, et
que cette contribution explique bien le surplus observées à la station de la ravine par rapport à
celle de la parcelle.
Les écarts observés entre le microbassin et les deux autres stations peuvent eux aussi être
expliqués par la répartition surfacique des zones productrices de sédiments (parcelles
cultivées et flancs de ravines) et par la présence de zones non productrices de sédiments
(parcours). Les phénomènes de sédimentation ne semblent donc pas significatifs à cette
échelle.

82
Chapitre 5.

Confrontation à des estimations dérivées de


télédétection

L’estimation des volumes de terre produits


par érosion ravinaire (ravines/oued) a
également été menée à l’échelle du bassin
versant de Kamech grâce à un suivi de
l’évolution morphologique de la totalité des
ravines et de l’oued sur Kamech entrel’état
actuel et 1962. Ce suivi combine la photo-
interprétation, la photogrammétrie et le
suivi terrain pour délimiter le réseau de
drainage et son évolution entre les deux
dates.L’activité des ravines en tant que
source de sédiment ou en tant qu’élément de
transfert, semble être en diminution ces
dernières 50 années. Des changements de
fonctions de certains tronçons ont également
été observés. L’analyse photogrammétrique
pour 1962 n’a cependant pas permis de
quantifier la géométrie des ravines en 1962
(profondeur notamment) avec une précision
suffisante pour permettre une analyse
quantitative de l’évolution de la géométrie
interne des ravines. L’estimation des
volumes de terre générés par érosion
ravinaire à l’échelle de Kamech s’est finalement appuyée sur une
extrapolation d’un taux d’érosion mesuré sur une ravine du bassin

83
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

5.1. Introduction

Dans la littérature, la télédétection est fréquemment utilisée pour le suivi de l’évolution de la


longueur, de la forme et de la superficie des ravines, et indirectement pour l’estimation du
volume ravinaire par analyse diachronique. Les techniques de photo-interprétation et de
photogrammétrie sont le plus souvent mobilisées. Elles peuvent permettre l’identification des
processus et des formes d’érosion impliqués, d’évaluer le degré de retrait des ravines, et la
délimitation des différentes aires ravinaires actives afin de cartographier les zones à risque
d’érosion (Vrieling et al., 2006 ; Parkner et al., 2007; Vrieling et al., 2008 ; Marzolff &
Poesen, 2009).

Une méthode semi-automatique pour extraire l’ensemble des ravines sur la région de Kamech
a été testée au cours de ma thèse (Desprats et al. 2013, annexe 4). L’objectif de cette analyse
était de caractériser l'érosion linéaire à partir de l’utilisation de trois types d’images avec une
résolution spatiale croissante (10,5 à 0,61 m). La méthodologie appliquée consiste à extraire
dans un premier temps tous les éléments linéaires visibles sur l'image satellite, et dans un
deuxième temps de filtrer ces éléments linéaires en fonction de critères géométriques
(orientation par rapport à la pente, sinuosité, la position dans le paysage, etc…) de manière à
ne conserver que ceux relatifs à l'érosion linéaire (ravines). Les résultats ainsi obtenus
montrent que respectivement 22 %, 37 % et 73% des caractéristiques de l’érosion linéaire sur
le site, avec des largeurs respectives moyennes de 2,8 , 3,0 et 2,2 m, sont détectables sur les
images à haute résolution (10,5 et 0,61 m). Toutefois, cette précision n’étant pas suffisante
pour notre objectif de validation des taux d’érosion sur Kamech, nous avons procédé à une
analyse diachronique de photos aériennes à haute résolution combinée à des mesures de
terrain pour caractériser les ravines et évaluer leur volume de terre érodé.

Ce chapitre repose donc sur l’étude des paramètres géométriques des ravines et de l’oued
entre 1962 et 2012 et vise à estimer les volumes de terre produits par érosion ravinaire
(ravines/oued) à l’échelle du bassin versant de Kamech entre ces deux dates en combinant la
photo-interprétation, la photogrammétrie et le suivi terrain.

5.2. Matériel et méthode

Dans ce travail de thèse nous considérons que le réseau de drainage est constitué de tronçons
d’éléments de ravines ou d’oued. Ce réseau commence au niveau des incisions des ravines
(têtes de ravines) et converge dans le lac situé à l’exutoire du bassin versant de Kamech. Il est
majoritairement constitué d’éléments ayant incisé le terrain environnant. Il peut cependant
comporter des portions correspondants à des chenaux de concentration de l’eau et des
sédiments clairement marqués dans le paysage mais ne présentant pas des marques d’incision.

84
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

Ce réseau sera interrompu dès qu’une discontinuité du réseau de plus de 5 à 10 mètres,


correspondant à une rupture de connectivité hydrologique liée à une zone d’épandage diffus
des eaux, est clairement identifiée.

La démarche entreprise et présentée dans ce chapitre se décompose en trois phases : 1/ la


caractérisation, par photo-interprétation et levés terrain, du réseau de drainage à l’état actuel et
à une date ancienne pour laquelle on dispose de clichés photographiques puis l’analyse, par
confrontation spatiale, des évolutions entre les deux configurations de réseau de drainage ; 2/
l’évaluation, par recours à des paramètres morphologiques des ravines mesurés ou
reconstitués par photogrammétrie, des volumes de terre correspondants à l’évolution du
réseau ; 3/ la quantification, par recours à un taux d’érosion de référence unique pour
l’ensemble des ravines de Kamech, des volumes de terre ainsi générés par érosion ravinaire.

5.2.1. Données disponibles


5.2.1.1. Données « images »

Un recensement des photographies disponibles sur le bassin versant de Kamech a permis


d’identifier 6 jeux de photographies aux dates suivantes : 1948, 1962, 1974, 1985, 1989 et
2000. Tous ces jeux sont panchromatiques (en noir et blanc).
Le choix de la date ancienne s’est porté sur 1962 car les photographies aériennes
correspondantes ont à la fois une bonne qualité radiométrique et la plus grande échelle
(1/12500 contre 1/20000 ou 1/25000 pour les autres jeux). Ce choix permet d’analyser
l’évolution morphologique des ravines à l’échelle du bassin versant de Kamech sur une
période longue couvrant près de 50 ans.
Pour l’état actuel nous disposons de plusieurs images : une image quickbird multispectrale
(taille de pixel de 0,61 m) datant du 8 janvier 2004 issue d’une fusion d’une image
panchromatique et d’une image multi-spectrale, et d’images plus récentes accessibles via
google earth (McInnes et al., 2011) pour les années 2009, 2010, 2011 et 2012.

5.2.1.2. Les relevés de terrain

Des relevés de terrain ont été réalisés entre 2009 et 2010 sur l’ensemble des grandes ravines et
sur l’oued afin de caractériser le réseau de drainage du bassin versant de Kamech.
Des fiches de terrain ont été spécialement établies pour cette étude. Ces fiches ont été conçues
pour décrire 4 niveaux d'observations : le bassin versant, les différentes ravines étudiées au
sein de ce bassin versant, les différents tronçons « homogènes » pour chaque ravine étudiée et
pour l’oued principal. Un exemple de ces fiches terrain pour chaque niveau est présenté en
annexe 5. La description est à la fois qualitative (lithologie/géologie, forme, profil, occupation
du sol, aménagement, forme d’érosion active et localisation) et quantitative (longueur,

85
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

largeur, profondeur et pente). Une attention particulière est portée à l’identification des zones
de discontinuités du réseau de drainage.
Les critères pour différencier deux tronçons d’un même élément de ravine ou d’oued sont
l’existence d’une ramification (confluence) ou d’un changement significatif de la section en
travers. Pour chaque tronçon délimité, la longueur est mesurée et une section moyenne
transversale représentative du tronçon est repérée, localisée par GPS. Chaque section en
travers est décrite géométriquement selon un profil en V ou en trapèze à l’aide de la largeur au
niveau correspondant à la surface du sol (au sommet) et de la profondeur comme l’illustre la
figure 22 suivante.

Profil Longitudinal Vue Schématique de dessus Profil Longitudinal Vue Schématique de dessus

a. Forme en V b. Forme en Trapèze

Figure 22. Exemples de profils transversaux et des vues schématiques de dessus des sections
moyennes, en forme de V et en trapèze. L’emplacement des points de mesure de la
profondeur, la largeur, ainsi que les extrémités du tronçon de ravine sont aussi repérés par
GPS (les nombres apparaissant sur les schémas correspondent à ces points gps).

Seule la largeur « en surface » a été repérée car les premiers levés de terrain ont montré que
les pentes de ravins pour la forme en trapèze étaient généralement très proches de 45°.

5.2.2. Pré-traitement des clichés de 1962

Un traitement photogrammétrique de huit clichés de 1962 a été conduit avec l’appui d’Olivier
Planchon (chercheur de l’UMR LISAH). Ce traitement vise à 1/ la création d’un modèle

86
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

numérique de terrain (MNT), représentation numérique du relief, afin d’accéder à des


caractéristiques géométriques des tronçons de ravine en 1962 (largeur, profondeur) ; 2/ la
création d’une orthophotographie pour permettre une interprétation des clichés dans une
géométrie cartographique commune aux levés de terrain.
Les clichés intéressants pour Kamech ont été scannés à 1200 dpi avec 256 niveaux de gris.
Comme chaque point du bassin versant de Kamech est présent sur au minimum deux clichés,
la création du MNT est alors possible grâce à la vision stéréoscopique offerte par les
photographies.
Le traitement photogrammétrique retenu utilise l’algorithme de mise en correspondance
automatique, implémenté dans le logiciel MicMac développé à l’IGN par Marc Pierrot
Deseilligny (http://www.micmac.ign.fr/). Des points d’appui connus en coordonnées
cartographiques lambert tunisien ont été utilisés pour basculer de l’orientation relative à une
orientation externe des images. Le résultat est la création d’un MNT sur une grille régulière
avec une taille de pixel de 0,54 m. Connaissant l’orientation externe de chaque photographie,
il est alors très aisé de corriger les déformations liées au relief et à la prise de vue conique de
chaque image et de les assembler en une orthophotographie, vue continue du bassin dans le
système cartographique qui nous intéresse (ici le lambert tunisien).

5.2.3. Évolution du réseau de drainage de Kamech entre 1962 et l’état actuel

Le réseau de drainage pour l’état actuel a été digitalisé sous SIG en recourant à des
reconnaissances de terrain. Pour faciliter cette digitalisation, des points GPS ont été collectés
à chaque début, milieu et fin de tronçons de ravines ou d’oued. Pour 1962, le réseau de
drainage a été digitalisé par photo-interprétation de l’orthophotographie de 1962. Pour les
deux dates, des tronçons incisés et des tronçons non incisés ont été différenciés au sein du
réseau de drainage.
La digitalisation du réseau de drainage à l’échelle du bassin versant Kamech sous SIG dans
un même système cartographique a permis de superposer les réseaux à chaque date (1962 et
actuel) et analyser ainsi son évolution sur une durée de près de 50 ans. Une cartographie des
tronçons présents sur les deux réseaux, des tronçons apparus et disparus entre 1962 et l’état
actuel peut alors être produite et analysée en terme de longueur.

Grâce à la vision 3D offerte par le traitement photogrammétrique des images de 1962, une
reconstitution des volumes de ravines pour 1962 peut être tentée dans l’objectif de dépasser
l’analyse de l’évolution des longueurs de ravines pour approcher l’évolution de leurs
volumes. La démarche a consisté à reconstituer pour 1962 les profils en travers relevés sur le
terrain en 2009-2010, c’est à dire la forme des profils, leur largeur en surface et leur
profondeur.

87
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

5.2.4. Calcul du volume de terre générée par érosion ravinaire

Une fois les paramètres géométriques déterminés pour les deux dates sur les sections en
travers représentatives de chaque tronçon de ravine ou d’oued, le calcul des volumes de terre
produits par érosion ravinaire entre les dates considérées est rendu possible. L’obtention du
volume total de chaque tronçon est réalisée par multiplication de la longueur de chaque
segment par l’aire de sa section moyenne.
Pour une forme de profil en Trapèze, le calcul du volume se fait selon la formule suivante :
Volume (m3) = ((l- P)*P)*L en m3
Pour une forme de profil en V, le calcul se fait de la façon suivante :
Volume (m3) = ((P*l)/2)* L en m3
Avec : P est la profondeur de la section, l est la largeur de la section et L est la longueur du
tronçon en question.
Toute augmentation du volume d’un tronçon, synonyme d’une progression en longueur et/ou
en section en travers du tronçon, sera imputée au volume de terre généré par érosion ravinaire
entre les deux dates.

5.2.5. Utilisation d’un taux d’érosion ravinaire de référence

Une approche consistant à mobiliser les données recueillies par El Khalili (à paraître) sur une
ravine du bassin a également été conduite pour évaluer les volumes de terre générés par le
réseau de drainage. Cette approche repose sur l’hypothèse que tous les flancs des ravines
fonctionnent en premier ordre comme ceux de la ravine suivie pendant 7 années, et qu’il est
ainsi possible d’accéder aux volumes de terre générés par érosion ravinaire en extrapolant le
taux d’érosion de référence mesuré sur une ravine. Cette hypothèse se justifie par le fait que la
majorité des ravines du bassin de Kamech ont des caractéristiques très similaires à la ravine
de référence étudiée et que son fonctionnement peut être considéré comme représentatif de la
majorité des processus ravinaires agissant sur ce bassin versant (El Khalili, à paraître).
La première étape consiste à évaluer la surface actuelle des flancs du réseau de drainage à
partir des images récentes et des levés de terrain. Pour les tronçons du réseau apparus entre
1962 et 2012, le volume du tronçon mesuré sur le terrain est considéré, alors que pour
l’ensemble des autres ravines et pour l’oued, le calcul des volumes de terre est évalué par
simple multiplication de la surface de leur flanc par le taux d’érosion de référence des flancs
de ravine.

88
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

5.3. Résultats
5.3.1. Evolution du réseau de drainage

La digitalisation du réseau de drainage à l’échelle du bassin versant de Kamech pour les deux
dates d’études 1962 et 2012 est représentée dans la figure 23. Ce résultat nous permet
d’apprécier l’évolution morphologique et la variation de la longueur des ravines et de l’oued
au cours du temps.
Pour bien visualiser l’évolution morphologique du réseau de drainage tout au long de la
période d’étude, nous avons rassemblé sur une même figure (Fig.24) les deux réseaux
correspondants aux deux dates analysées, tout en différentiant entre réseau principal inchangé
(maintenu), la partie du réseau ayant disparu depuis 1962, et celle apparue depuis cette date.
On remarque à partir de cette figure que le réseau de drainage est globalement stable. Les
principales évolutions entre 1962 et 2012 se situent au niveau des têtes de ravines qui
semblent s’être déplacées vers l’aval. Ce raccourcissement de la longueur des ravines s’est
accompagné d’une apparition d’un nombre significatif de petites ramifications latérales.
Un ensemble de données relatives à la caractérisation qualitative et quantitative du réseau de
drainage ainsi que son évolution ont pu être dérivées (tableau 10 et 11).
Le tableau 10 suivant présente la longueur totale du réseau de drainage pour les deux dates
d’études, ainsi que leurs parts incisées et non incisées, et la densité de drainage.

Tableau 10. Caractérisation du réseau de drainage à l’échelle du bassin versant pour les
deux dates d’études

Année d’étude 1962 2012


Longueur totale réseau de drainage (m) 23 781 20 837
Réseau incisé (%) 84,5 78,8
Réseau non incisé (%) 15,5 21,2
Densité de drainage (m/ha) 90 79

89
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

Etat actuel
1962

Figure 23. Digitalisation du réseau du réseau de drainage sur le bassin versant de Kamech pour 1962 et l’état actuel.

90
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

Figure 24. Suivi de l’évolution du réseau de drainage à l’échelle du bassin versant de Kamech

91
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

D’après ce tableau 10 on remarque que le réseau de drainage, composé essentiellement de


ravines, est plus développé en 1962 qu’actuellement. Par ailleurs, on observe aussi que le
pourcentage de réseau incisé diminue également, ce qui semble indiquer une baisse de
l’activité ravinaire sur le bassin.
La longueur totale des ravines non incisées (non actives) à l’échelle du bassin versant de
Kamech a progressé, passant de 3694 mètres en 1962 à 4417 mètres à l’état actuel. Ces
ravines sont considérées comme des ravines de connexion servant au transport des sédiments.
Si on considère la figure 24 et le tableau 11, on peut facilement comparer l’évolution du
réseau de drainage entre les deux dates d’étude. Le réseau commun aux deux dates s’étale sur
près de 19,4 km. Celui de 1962 a perdu 4,4 km de longueur, contre une apparition de l’ordre
de 1,5 km par rapport à l’état actuel. D’après la figure 24, ces pertes sont surtout localisées, au
niveau des têtes des ravines tandis que les apparitions sont surtout sous forme de ramifications
latérales des deux côtés du réseau.

Tableau 11. Comparaison de l’évolution morphologique du réseau de drainage à l’échelle du


bassin versant de Kamech entre les deux dates d’études.

Période 1962 – 2012


Réseau inchangé (m) 19380
Réseau apparu (m) 1457
Réseau disparu (m) 4402
Taux de retrait (m/ha/an) 0,22

D’autre part, on compte 2124 mètres de ravines maintenues qui sont passées depuis 1962
d’une fonction productive de sédiment à une fonction de connexion. Et à l’inverse, près de
1274 mètres de ravines maintenues sont passées d’un état non incisé à un état de production.

Un exemple de cette évolution morphologique des ravines tout au long de 50 années de


dynamique, est présenté dans la figure 25 suivante. Elle illustre, pour une même portion d’une
ravine, la confrontation entre l’état en 1962 et l’état actuel à travers l’identification des parties
inchangées, disparues ou apparues entre les deux dates.

92
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

a. Année 1962 b. état actuel c. comparaison des deux dates

Parties maintenues

Parties apparues

Parties disparues

Figure 25. Comparaison de l’évolution morphologique d’une partie d’une ravine entre 1962
et l’état actuel.

5.3.2. Evaluation des paramètres géométriques des ravines (sections).

Les données de terrains utilisées dans cette partie du travail concernent la description et la
mesure de 147 tronçons de ravines (139 maintenus et 8 apparus).Le volume de terres généré
par un tronçon de ravine « apparu » correspond au volume total du tronçon de ravine alors
que celui généré par un tronçon de ravine « maintenu » correspond à l’évolution du volume
du tronçon entre les deux dates.

93
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

5.3.2.1. Paramètres géométriques des ravines apparues


Nous possédons des paramètres géométriques mesurés pour 8 tronçons de ravines apparus.
Pour cet échantillon, nous avons pu ainsi identifier les formes de ravines prépondérantes, et
calculer la longueur et la profondeur moyennes (tableau 12).

Tableau 12. Paramètres géométriques des ravines apparues mesurés sur terrain

Nombre tronçons mesurés 8


Forme V (selon nombre de tronçons) 75%
Forme \_/ (selon nombre de tronçons) 25%
Forme V (selon longueur des tronçons) 65%
Forme \_/ (selon longueur des tronçons) 35%
Largeur moyenne en V (m) 5,8
largeur moyenne en \_/ (m) 5,4
profondeur moyenne en V (m) 1,7
profondeur moyenne en\_/ (m) 1,3

D’après ce tableau on remarque que la forme la plus observée dans ces ravines est la forme en
V. Vu que l’échantillon de tronçons mesurés sur terrain est réduit en nombre et limité aux
tronçons liés aux plus grandes ravines, nous avons recalculé la largeur de toutes les ravines
apparues à partir des photos actuelles. Cette évaluation est importante dans la mesure où elle
va être utilisée ultérieurement dans l’estimation des volumes de terres érodés par les ravines
apparues. La largeur moyenne ainsi obtenue pour l’ensemble des ravines apparues est de 2,9
m.

5.3.2.2. Paramètres géométriques des tronçons de ravines maintenues (communs aux deux
dates)

L’analyse des données de terrain nous permet d’avoir les paramètres géométriques des ravines
à l’état actuel (Tableau 13) ainsi que des statistiques relatives à la longueur et la largeur
moyenne en fonction des formes des profils (en V ou en trapèze) des 139 tronçons mesurés
pour les ravines maintenues (hors oued).
Pour 1962, le traitement photogrammétrique réalisé sur les clichés a permis de construire un
Modèle Numérique de Terrain (MNT). Une analyse préalable de ce MNT fait apparaître un
bruit important dans la reconstitution du relief (figure 26). Ce bruit, de l’ordre de +/- 0,5 à 1
m, rend la démarche inappropriée pour évaluer des évolutions de morphologie de la majorité
des ravines. Des pistes pour réduire le bruit dans le MNT et rendre la démarche d’analyse
diachronique plus appropriée à l’analyse des volumes de terre générés par les ravines seront
discutées plus loin dans ce document.

94
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

La figure 26 illustre, sur l’exemple de deux coupes au niveau d’une parcelle plane sans ravine,
le bruit du MNT calculé pour 1962 dans les deux sens d’orientation.

Tableau 13. Paramètres géométriques mesurés à l’état actuel des ravines maintenues

Nombre tronçons 139

Forme V (selon nombre de tronçons) 47,5%

Forme \_/ (selon nombre de tronçons) 52,5%

Forme V (selon longueur des tronçons) 33,3%

Forme \_/ (selon longueur des tronçons) 66,7%

largeur moyenne en V (m) 7

largeur moyenne en \_/ (m) 11,8

profondeur moyenne en V (m) 2,2

profondeur moyenne en \_/ (m) 1,15

Emplacement de la coupe Emplacement de la coupe

Figure 26. Illustration du bruit dans le MNT calculé à partir des clichés de 1962.

95
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

5.3.2.3. Estimation des volumes générés par érosion ravinaire sur Kamech

Du fait du trop fort bruit constaté dans le MNT de 1962, l’estimation des volumes de terre
générés par érosion ravinaire sur les tronçons « maintenus » n’a pas été possible par
confrontation des morphologies de ces ravines entre l’état actuel et l’état de 1962. Il sera donc
évalué par recours à un taux d’érosion ravinaire de référence. Nous avons par contre pu
estimer le volume total de terres érodées produit par les ravines apparues à partir de la
combinaison entre données de terrain et photo-interprétation des images de télédétection.

Le tableau 14 présente un récapitulatif des données utilisées ainsi que le volume estimé de la
totalité des ravines apparues depuis 1962 sur le bassin versant de Kamech. Les valeurs de
forme et de profondeur moyenne sont issues de mesures sur le terrain, alors que les valeurs de
longueur totale et de largeur moyenne ont été obtenues par digitalisation sur les images
actuelles.

Tableau 14. Volume et paramètres géométriques des ravines apparues

Forme V (selon longueur des tronçons) 65 %


Forme \_/ (selon longueur des tronçons) 35 %
profondeur moyenne en V (m) 1,7
profondeur moyenne en \_/ (m) 1,3
Largeur moyenne 2,9
longueur totale (m) 1457
Volume estimé total (m3) 3395,2

Le volume total de terre correspondant aux tronçons de ravines « apparues » est donc estimé à
près de 3500 m3 sur une période de 50 ans. Comme la retenue de Kamech a été créée en 1994,
nous pouvons estimer, au prorata de la période concernée, que le volume de terres généré par
la création de nouvelles ravines et piégé par la retenue est inférieur à 1500 m3.

5.3.3. Résultats de l’utilisation d’un taux d’érosion ravinaire de référence

Les résultats obtenus par El Khalili et al. (à paraitre) ont démontré que les flancs d’une
ravine de Kamech suivie sur près de 7 ans (2002 et 2009) avaient produit un taux d’érosion
d’environ 6,1 mm/an.

La figure 27 délimite l’ensemble des secteurs de Kamech que l’on a associés à des zones de
ravines actives sur lesquelles nous avons supposé un comportement érosif similaire à celui de
la ravine suivie par El Khalili. La surface totale correspondante est de l’ordre de 130 000 m2,
126 000 m² si l’on excepte les secteurs associés aux tronçons de ravines apparus sur les 50
dernières années (Figure 28).

96
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

Figure 27. Délimitation des surfaces totales du réseau de drainage incisé (actif) à l’échelle du bassin versant de Kamech

97
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

Figure 28. Délimitation des surfaces totales des ravines apparues à l’échelle du bassin versant de Kamech

98
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

En appliquant un taux d’érosion de 6.1 mm/an sur les 126 000 m² de ravines maintenues
(oued compris) entre 1994 et 2009-2010 et en ajoutant le volume des ravines apparues estimé
à 1500 m3, le volume de terre produit par le réseau de drainage depuis la création de la retenue
atteint 13 000 m3.

5.4. Discussion
5.4.1. Evolutions du réseau de drainage depuis 1962
5.4.1.1. Déplacement des têtes de ravines

L’évolution du réseau de drainage au cours des 50 dernières années a consisté en un


déplacement des têtes de ravines vers l’aval induisant une réduction des longueurs de ravines.
L’examen des localisations des têtes de ravines montre que l’activité agricole est le principal
facteur explicatif de ce déplacement, les agriculteurs cherchant à regagner, par le travail du
sol, du terrain sur les portions amont des ravines et en déviant les zones de concentration des
eaux afin de stabiliser les terres « reconquises » sur les ravines. Nous avons également
constaté un changement très net dans la couverture végétale des flancs et du lit des ravines, le
taux de couverture étant significatif actuellement alors qu’il était quasiment nul en 1962.
L’hypothèse la plus probable pour expliquer ce changement est une baisse de la pression de
pâturage sur ces secteurs.
Si l’on excepte la zone aval du bassin versant recouverte par le lac collinaire, le tracé et la
longueur de l’oued principal sont restés stables, sans aucun développement amont.

5.4.1.2. Activité et continuité du réseau de drainage

Une régression de la longueur de réseau incisé depuis 1962 tend à montrer une diminution de
l’activité des ravines. Cette baisse d’activité est en partie liée au comblement anthropique
effectué par les agriculteurs pour favoriser l’expansion des parcelles agricoles, mais nous
avons également constaté que des tronçons non terminaux de ravines étaient passés d’un état
incisé à un état non incisé. Plusieurs petits tronçons intermédiaires de ravines ne sont même
plus le siège d’écoulements concentrés ce qui conduit à diminuer légèrement la connectivité
hydrologique et sédimentaire du réseau de drainage.

5.4.1.3. Les Formes des ravines apparues et maintenues

La forme la plus fréquente des ravines, déterminée en fonction de la longueur des ravines
mesurées sur terrain, est la forme en V pour les ravines apparues (avec près de 65%) alors que
c’est la forme en trapèze pour les ravines maintenues (67%).
Cette variation de la forme s’explique tout d’abord par le processus de creusement par
ruissellement concentré qui provoque la création des ravines en forme de V tant que le

99
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

matériel est homogène et qui tend à évoluer vers une forme en trapèze dès qu’un horizon plus
dur, générant l’ablation des flancs et le développement latéral (horizontal) des ravines avec
l’élargissement de son lit, est touché (Roose, 1994).

5.4.1.4. Estimation de la contribution de l’érosion ravinaire à l’échelle du bassin versant

L’analyse des bathymétries montre que le volume des sédiments piégés dans la retenue
collinaire du bassin versant de Kamech entre 1994 et septembre 2009, date d’échantillonnage
des carottes, est de l’ordre de 50 000 m3, soit une un taux d’érosion de l’ordre de 15 t/ha/an si
l’on considère une densité apparente de 1,2 t/m3 (Raclot & Albergel, 2006).
Si on suppose que toute particule de sol arrachée des ravines incisées et de l’oued a atteint la
retenue collinaire, alors le volume total d’ablation des sédiments par le réseau de drainage
(13 000 m3) calculé précédemment représente le volume des sédiments produits par érosion
linéaire sur le bassin versant de Kamech depuis la création de sa retenue. On en déduit donc
que la contribution de l’érosion ravinaire au volume total des sédiments piégés dans le
réservoir de Kamech est de 26%.

5.4.2. Difficultés et perspectives

Plusieurs difficultés sont apparues lors de la mise en œuvre de cette approche d’estimation des
volumes de terre générés par le réseau de drainage.
La première difficulté est relative aux mesures de terrain. Il s’est avéré très long de décrire
l’ensemble des ravines d’un bassin versant de 263 ha, et près de 30 % de tronçons non liées
aux ravines principales n’ont pas été pris en compte.
La seconde difficulté a résidé dans la qualité de restitution du relief à partir de photographies
anciennes. Les méthodes photogrammétriques actuelles montrent qu’il est possible de
restituer une altimétrie avec une précision de l’ordre du pixel, voire du demi pixel (Jacome et
al., 2008). Dans notre cas, le bruit s’est avéré plus important que prévu, de l’ordre de 2 pixels,
ce qui générait trop d’incertitude sur l’évaluation des volumes des ravines en 1962. Nous
pensons cependant qu’une telle approche peut apporter des informations suffisamment
précises si l’on se place dans des conditions plus favorables : un support papier des
photographie en meilleur état, voire le recours au positif des clichés ; l’utilisation d’un
scanner photogrammétrique qui limite et calibre les déformations géométriques, la
disponibilité de la fiche de calibration de la caméra.
L’hypothèse d’un taux d’érosion ravinaire de référence dérivé du suivi d’une seule ravine est
également discutable et génère une incertitude assez forte sur le résultat de la démarche. Le
seul moyen pour réduire cette incertitude nécessite malheureusement un investissement très
long et très coûteux car il consisterait à étendre le dispositif de suivi mis en place par El
Khalili et al (à paraitre) à plusieurs ravines au sein du bassin versant.

100
5. Confrontation à des estimations dérivées de Télédétection

5.5. Conclusion

D’après cette analyse de l’évolution morphologique et quantitative des ravines, on peut


conclure que l’activité des ravines ces dernières 50 années semble être en régression
(diminution), avec des apparitions de tronçons de ravines moins importantes que les
disparitions. Des changements de fonctions de certains tronçons de ravines de la production
de sédiment vers le simple transfert de sédiments, voire d’un transfert bien canalisé à un
transfert plus diffus, ont également été constatés. Le rôle des ravines en tant que source de
sédiment, mais aussi en tant qu’éléments de transfert des sédiments, semble donc avoir été
réduit au cours des cinquante dernières années.
La démarche d’analyse diachronique par recours à la photogrammétrie n’a malheureusement
pas permis d’accéder à une estimation assez fiable de l’évolution des volumes de ravines sur
50 ans. Par contre l’extrapolation à l’ensemble du réseau de drainage actif du taux d’ablation
mesuré sur les flancs d’une ravine du bassin a permis d’approcher le volume de terre produit
par le réseau de drainage depuis la création de la retenue collinaire à 13000 m3, soit environ
26 % du total des sédiments stockés dans la retenue.

101
102
Conclusion de la partie III

Le suivi du ruissellement et de l’érosion sur quatre années d’étude au niveau de trois stations
de mesures appartenant au bassin versant de Kamech montre une variation du comportement
érosif, avec des bilans érosifs évalués à 38,4 t/ha/an pour la ravine, 29,2 t/ha/an pour la
parcelle et 22,1 t/ha/an pour le micro-bassin. La présence de dépôts à l'échelle de ce micro-
bassin ne semble pas significative (936 m3) et la contribution relative de l’érosion ravinaire au
bilan érosif à cette échelle est évaluée à environ 20%.
La deuxième approche utilisée pour la validation des résultats de traçage des sources de
sédiments à l’échelle du bassin versant de Kamech fait appel à la combinaison entre les
mesures de terrain sur les ravines et les moyens de télédétection (photo-interprétation et
photogrammétrie). L’analyse de l’évolution morphologique des ravines entre 1962 et l’état
actuel permet d’identifier une baisse globale de l’éctivité du réseau de drainage. En
s’appuyant sur les mesures de terrain et la photo-interprétation d’images de télédétection
récentes, le volume de terre généré par l’apparition de ravines a été estimé à 1500 m3. Ce
volume s’ajoute au 11500 m3 généré par l’évolution des ravines « maintenues » (oued
compris) calculée en se basant sur le taux d’érosion d’une ravine évalué par El Khalili et al. (à
paraitre) sur près de 7 ans. Le taux de contribution total du réseau de drainage ainsi calculé
s’élève donc à 26 % du volume total des dépôts de la retenue collinaire de Kamech.
Les résultats ainsi obtenus par les deux approches de validation montrent une convergence sur
l’estimation de la contribution relative de l’érosion ravinaire, évaluée, d’une part, à l’échelle
du microbassin à partir de mesures directes en continu sur 4 ans (20%) et d’autre part, à
l’échelle du bassin versant en combinant télédétection et mesure de terrain sur les ravines
(26%).
Si l’on confronte ces chiffres à celui issu du traçage, qui donne 20% pour la contribution
relative de l’érosion ravinaire, on observe une convergence de ces 3 approches, ce qui
constitue une forme de validation indirecte de la valeur obtenue par ces trois approches. Ce
résultat permet d’envisager l’utilisation de la méthode de traçage, beaucoup plus rapide et
plus souple que les deux autres approches, aux autres retenues collinaires récentes (post 1980)
en zone méditerranéenne. C’est ce qui sera réalisé dans la partie suivante où la méthode est
déployée sur cinq bassins versants différents (dont celui de Kamech) appartenant à la dorsale
tunisienne et au Cap Bon.

103
104
Partie IV

Application de la méthode de
traçage des sources de
sédiments à 5 retenues
collinaires de la dorsale
tunisienne et du Cap Bon

105
106
Introduction de la partie IV

Les parties II et III de ce travail de thèse ont montré la pertinence de la méthode de traçage
des sources de sédiments pour identifier la contribution relative de l’érosion de surface et de
l’érosion ravinaire dans le flux de sédiments piégés au sein de retenues collinaire récentes
(post 1980) en zone méditerranéennes. L’exploration sur le bassin test de Kamech et la
confrontation avec des approches s’appuyant sur des mesures de terrain et des images de
télédétection ont permis de valider cette approche mais également de produire un certain
nombre de recommandations sur l’utilisation de cette technique.

L’objectif de cette partie est d’appliquer cette technique de traçage des sources de sédiments
sur cinq retenues collinaires afin d’analyser la variabilité des réponses et des comportements
érosifs sur des bassins versants couvrant une large gamme de conditions rencontrées au sein
de la Dorsale Tunisienne et du Cap bon.

Notre choix s’est porté sur cinq bassins versants représentatifs de la diversité observée dans
cette zone de la Tunisie. Ces bassins versants sont, outre Kamech sur lequel la méthode a été
testée : El Hnach, El Melah, Fidh Ali, et Sbaihia.

Les résultats obtenus sont exprimés à travers un taux d’érosion global pour le bassin mais
également en terme de processus contribuant aux flux de sédiments à l’exutoire des petits
bassins versants grâce à la différenciation entre la part relative des terres mobilisées par
érosion de surface et celle mobilisée par érosion ravinaire. L’exploration de corrélations
linéaires simples avec des facteurs classiquement impliqués dans la mobilisation des terres
(climat, lithologie, topographie, couverture végétale, aménagement) est réalisée pour tenter
d’expliquer la variabilité observée des réponses et comportements érosifs.

107
108
Chapitre 6.

Variabilité du comportement érosif sur cinq


bassins versants

L’application de la technique de traçage de


sources de sédiments sur un ensemble de
cinq bassins versants (El Hnach, El Melah,
Fidh Ali, Kamech, et Sbaihia) représentatifs
de la diversité de la dorsale Tunisienne et du
Cap Bon montre une variabilité des
réponses en terme de contribution de
l’érosion de surface par rapport à l’érosion
ravinaire, mais aussi en terme de taux
d’érosion .Une explication de la variabilité
de ce comportement érosif est recherchée à
travers des corrélations linéaires avec les
différents facteurs intervenant dans la
production des flux de sédiments arrivant à
l’exutoire de ces bassins versants. Les
informations ainsi obtenues pourront être
utiles pour le choix de l’emplacement de
futures implantations de retenues collinaires
ou pour le choix de moyens de lutte
antiérosive adaptés à chaque zone d’étude.

109
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

Variability of surface and subsurface erosion rates and their relative


contribution at the catchment scale in Tunisia

Ben Slimane A., Raclot D., Evrard O., Sanaa M., Lefèvre I., Le Bissonnais Y.

(Article en cours de rédaction pour une soumission à ‘Agriculture, Ecosystem, Environment)

6.1. Introduction

Water erosion is considered as one of the main causes of land degradation and presented as a
major threat to soil worldwide. The Mediterranean region is particularly prone to erosion as
basin sediment yield in these environments is higher than in many other environments
worldwide (Woodward, 1995) due to its contrasting climatic influences, its steep topography,
its poor soil properties and to some inappropriate farming practices and land use. Moreover,
in the semi-arid areas of the Mediterranean the off-site effects, such as floods and reservoir
sedimentation, are acute problems that result in the decline of agricultural development and
reduce the lifetime of hydraulic structures (De Vente & Poesen, 2005).

Identification and quantification of the dominant sediment sources are therefore crucial for
our understanding about human impacts on catchment sediment yield and for the
developpment of management to reduce sediment yield at the catchment scale (Vanmaercke et
al., 2012b). They are also crucial to point out areas on which current models aiming at
predicting sediment yield at the catchment scale may not perform well as most models focuse
on sheet and rill erosion processes only (De Vente & Poesen, 2005).

The dominance of gully erosion as the main source of sediment in the Mediterranean
environment is underlined by many authors. Studies at local scale such in Algeria (e.g. Roose
et al., 2000) showed that gully erosion could produce ten to one hundred times more sediment
than sheet erosion. Studies at catchment scale have highlighted the important role of gullies to
explain the reservoir siltation in Spain (De Vente et al., 2008) and in Italy (De Vente et al.,
2006). In a review on gully erosion contribution at catchment scale (Poesen et al., 2003),
gully erosion appeared as the dominant source of sediment in all catchment located in the
Mediterranean areas. For example, in Spanish reservoirs, gully erosion represented 83%
(Poesen et al., 1996) of the sediment source compared to rill and inter-rill erosion.

In Tunisia, and particularly in the Tunisian Dorsal and Cape Bon, a rapid siltation of many
reservoirs was observed (Hentati et al, 2010). The very high density of gullies, so raises the
question of the contribution of these gully systems to both on-site and off-site impacts,
especially the siltation of small reservoirs and the loss of their water storage capacity. The
evaluation of the gully erosion contribution -compared to the surface erosion contribution

110
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

which exported fertile superficial layer of the ground- will provide valuable information to
propose anti-erosive measures adapted to catchment characteristics.

However, gully erosion contribution is still badly known in this area. Most of the studies
conducted in this zone are restricted to the analysis of some local gullies, like the study of
Collinet & Zante (2005) which estimated that in extreme cases, gullies can generate ten to
fifty times more sediment than sheet erosion at the side scale in two semi-arid small reservoir
catchments in Tunisia. At catchment scale, a first estimation on the apportionment between
surface and subsurface erosion processes was undertaken by Jebari et al. (2010) on 28 small
Tunisian reservoirs. In that study they assumed a rough direct relationship between rainfall
characteristics (maximum 15-min duration rainfall intensity) and the soil erosion types (inter-
rill, rill, and gully erosion). Their results shows that inter-rill erosion was largely the dominant
process in the major part of Tunisian Dorsal as gully erosion contribution exceeded 20% for 5
of the 28 studied catchments only and 50 % for 1 of the 28 catchments only. The main limit of
this study is the use of a direct relationship between rainfall characteristics and the soil
erosion types, whereas it is well-known that other factors as climate, soil properties, slope,
land cover may affect the erosion rates and processes.

In this context, reliable references estimating the relative contribution of the rill/interrill and
the gully erosion at catchment scale and over a long period are crucial to better understand the
factors explaining the differences in behavior between different catchments.

The fingerprinting approach is an appropriate technique to quantify the contribution of each


erosion process at catchment scale or to identify the origin of sediment. This method has been
successfully applied on floodplain deposits samples in Australia (Wilkinson et al., 2009;
Wasson et al, 2010) and in UK (Collins et al., 2010); in suspended sediments especially in
USA (Nagle et al., 2007;Mukundan et al, 2010; Devereux et al. ,2010) and in UK (Collins et
al., 1998; Walling, 2005), in top-core reservoir sample (e.g. Juracek & Ziegler, 2009) or
throughout the sequence of sediments cores sampled in mountainous lake to allow the
reconstruction of the history of catchments erosive behaviour (Mourrier, 2008).

A recent study conducted by Ben Slimane et al. (2013) in a post-Chernobyl small Tunisian
artificial reservoir deposits (Kamech catchment) has demonstrated the feasibility of the
fingerprinting method for tracing sediment sources using 137Cs and Total Organic Carbone
(TOC). The main results of this study were that 1) TOC can be used in assosciation to 137Cs as
tracers for recently built North African reservoirs (less than 20 years); 2) a single composite
sample for each core gave similar results than the entire sequence of subsamples; 3) a
sampling strategy based on one core for every tributary in the upstream part of the reservoir
and only one core in downstream part was a good compromise between cost analyses
requirements and precision; 4) a weighting of 25% for the cores extracted from the usptream
area and of 75% for the core extracted in the downstream area provided the better result; 5)
surface erosion contributed to 80% of sediment yield for the period between 1994 and 2009
for the Kamech catchment.
111
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

The objective of this study are 1/ to quantify the relative contribution of surface (rill / inter-
rill) and gully/channel bank erosion processes at the outlet of five small Mediterranean
catchments localised throughout the Tunisian Dorsal and Cape Bon over 15 years using the
fingerprinting method; 2/ to identify the main factors involved in the variability of erosion
rates and sources contributions in order to integrate these findings into decision-making
regarding the implementation of anti-erosion measures.

6.2. Materials and methods


6.2.1. Study sites

Five catchments, located along the Tunisian Dorsal and its North East extension, the Cap-
Bon, were selected among a pilot network of more than 30 small hillside catchments (0-10
km2) spread over the entire area (Figure 29). They were chosen because they have very
contrasted landscape characteristics and they have been regularly monitored (since 1994) by
the Tunisian Direction of Soil and Water Conservation (DGACTA-CES) and the French
Research Institute for Development, France (IRD).

The information collected via this network are instantaneous rainfall, runoff and measures of
dams siltation through several bathymetric surveys made to establish curves "height / volume
and height / area" needed to get the water balance of reservoirs, and to measure the volume of
sediment trapped by the reservoir. Assuming a sediment trapping close to 100% and a density
of sediment of 1.2 it is possible to deduce a specific erosion rates in theses catchments for the
period between two successive bathymetric measurements (Raclot & Albergel, 2006).

The five catchments selected to represent the diversity of landscape of the Tunisian Dorsal
and Cape Bon are namely: El Hnach, El Melah, Fidh Ali, Kamech, and Sbaihia (Figure 29).
The surface areas of these catchments are ranged from 0.85 to 3.67 km2. They are delimited
by a reservoir built between 1991 and 1994, thus representing now more than 15 years of
sediment flux, with an initial storage capacity ranging from 15 000 to 150 000 m3.

The main characteristics concerning climate, lithology, topography, land cover and anti-
erosive management of the studied catchments are presented in the table 15.

The catchments are located along the rainfall gradient of 285 to 650 mm of annual rainfall.
The Bioclimatic zones come from the bioclimatic map of Tunisia (CNEA, 2007). The Rain
Erosivity index (MJ*mm/ha/h/an) was calculated using the Wischmeier & Smith formula
(1958).
The lithology mainly consists of marls, sandstone and limestone, but their contribution varied
from one basin to another. One particular catchment (Fidh Ali) has high level of gypsum
marl.

112
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

A pilot network of small catchments


Kamech

Sbaihia

El Hnach El Melah

Fidh Ali

Figure 29. Localisation of the studied catchments.

The lithology formation was classified into tender formation including essentially marly
environment, and hard formation which mainly regroups sandstone and limestone.

The global slope index (m/km) is defined by the formula: , where D expressed in
meters is the difference in height between altitudes of approximately 5% and 95% of the
catchment surface above them and L expressed in kilometers corresponds to the length of the
equivalent rectangle.

Cropland occupies 10 to 70% of total surface according to the catchment. Other land covers
are mainly scrubland, forest and badlands.

The total area with anti-erosive treatments varied in theses catchments from 0% to about 50%.
This treatment consists in contour bench terraces, tree planting, small contour stone bunds for
hillside conditions and small stone check dams for gully and wadi conditions. The percentage
of cropland without any anti-erosive treatment is also provided.

Finally the Drainage Density (m/ha) incorporated all the water system (channels) and gullies
network existing on the catchment (Rebai et al., 2011).

113
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

Table 15. Characteristics of the five studied catchments in 2010

Erosion
Description Characteristics / Factors
measurement

Reservoir Climate Lithology Topography Catchment Management


Catchments Non
Drainage
Area Erosion rate Mean Erosivity Tender Land cover Total managed
Global Density
(km2) Creation Initial (t/ha/an) Bioclimatic Annual index Lithology Lithology (%) Type of managed cropland
volume slope (m/ha)
year Floor Rainfall (MJ*mm composition formation Altitudes management area (%)
(m3) index
(mm) /ha/h/an) (%) (m/km) ( %)
contour bench
Cropland
terraces + small
:46.8
25% stone check
Higher Semi Max::745 Bare soil,
El Hnach 3.7 1992 77 400 14 436 600.8 limestone, 75 104 dams+ small 32 20.7 97.3
arid Min:500 Badlands and
75% Marls contour stone
Scrubland:
bunds + tree
53.2
planting
Cropland
Max:190 :58.4 Without
Higher Semi 50% Marls 36 0
El Melah 0.85 1991 15 300 13 450 1306.1 50 management 58.4 48.2
arid 50% sandstone Min:90 Scrubland:41.
6

85% gypsum Max:460 Cropland :35 Small weir dry


Lower semi- 85
Fid ali 2.4 1991 134 700 40 285 542.2 marl, 15% 38 6 35 158.3
arid Min:360 Scrubland: 65 stone
limestone

80% Marls, Max:203 Without


Kamech 2.63 1994 142 500 15 Sub-humid 650 997.2 40 Cropland: 70 0 70 79
20% sandstone 80 Min:95 management
Scrubland:30
Cropland
Higher Semi 70% Marls, Max:480 :49.2 contour bench
Sbaihia 3.5 1993 135 500 11 450 945.4 77 41.3 7.8 53.3
arid 30% limestone 70 Min:200 Forest : 47.3 terraces
Badlands: 3.5

114
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

6.2.2. Fingerprinting main steps

In this paper, the fingerprinting approach is applied on sediment trapped in small catchment
reservoirs to discriminate the different erosion processes by quantifying the percentage of
sediment from subsurface, revealing the importance of gully/channel bank erosion, compared
to these from surface, revealing the importance of sheet and rill erosion, since the construction
of the dams (about 15 years). A detailed description of the fingerprinting approach used in
this study is provided by Ben Slimane et al. (2013).

The ability of the two potential fingerprinting properties to discriminate between the potential
soil sources was investigated by conducting a non-parametric Kruskal-Wallis H-test. As
suggested by Collins & Walling (2002), the minimisation of Wilks’ lambda was used to show
that, once the two tracers are combined, they were able to correctly and optimally distinguish
100% of the source samples. A multivariate Monte Carlo mixing model was then used to
account for the actual variability of the fingerprinting properties measured in each source. A
series of 10,000 random positive numbers was generated from these distributions and used to
estimate the relative contribution of the potential sources in the sediment samples. Such a
procedure allowed for the calculation of 95% confidence interval (Evrard et al., 2011).

All fingerprinting properties are first corrected in order to take into account the particle size
effects on the adsorption of 137Cs on soils and sediments. This is done thanks to the specific
surface areas of the samples with an exponent power function value of 0.7, as evaluated by He
& Walling (1996).

6.2.3. Field sampling and laboratory analysis

6.2.3.1. Field sampling

A sampling of representative source materials within each of the five catchments was
conducted during 2009-2010. Gully and channel sources sampling was restricted to freshly
cut sections in the bottom or the banks (when the features were deeper than 40 cm), and the
sampling depth was 0-10 cm in croplands and grassland, and 0-2 cm in scrubland
environments (Ben Slimane et al., 2013). In total, between 10 and 17 samples representative
of the two source types were collected within each study site (Table 16). Care was taken to
ensure that the entire range of morphological and pedological conditions observed in the
catchments was sampled.

Two to four sediment cores were also collected at the same period in the downstream and
upstream parts of the reservoir area for each study site depending of the number of main
tributaries. Cores were then described in wet and dry conditions. A mean composite sample of

115
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

each core was then prepared by extracting the central part of the core along its entire length
and analysed.

6.2.3.2. Sampling, preparation and analysis of Radionucleides and organic Matter

Chemical and radionuclide analysis were conducted on all samples to provide potential
fingerprinting properties values. Samples were described, air-dried, hand-disaggregated and
sieved through a 2-mm mesh at Environmental and Soil Science Laboratory (INAT, Tunisia).
Radionuclide concentrations of 137Cs were quantified by gamma-spectrometry using the very
low-background coaxial N- and P-types GeHP detectors (Canberra / Ortec) available at the
Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement (Gif-sur-Yvette, France). The
detectors were periodically controlled with internal and IAEA soil and sediment standards and
the decay of radionuclide activities was systematically corrected according to the sampling
period (Evrard et al., 2010).

Total Organic Carbon (TOC) was measured at the Bioemco Laboratory (Paris, France) for the
Kamech catchment, and the ARRAS Analysis soil Laboratory (France) for the rest of study
sites.

6.2.4. Analysis of the relationships between erosive catchment behaviour and


factors.

The application of the fingerprinting technique on each catchment provides the apportionment
of sediment between surface and subsurface sources. Surface and subsurface erosion rates can
then be deduced from the total erosion rates values derived for each catchment from
bathymetric surveys.

The relationships between erosive catchment behaviour and the factors described in Table 15
are then evaluated through linear regression to try to identify the factors involved in the
variability of the erosive behaviour at catchments scale.

The erosive catchment behaviour refers to surface, subsurface, total erosion rates and their
relative proportions. The basic factors tested are: area, mean annual rainfall, erosivity index,
% of tender lithology formation, global slope index, % of Cropland, and % of total managed
area. Two combined factors were also tested: the % of non-managed cropland and the
drainage density.

116
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

6.3. Results
6.3.1. Quantification of the relative contribution of surface and subsurface erosion
within the five catchments

Raw fingerprinting properties values for both the source material and the composite sediment
core samples collected in the different study sites are presented in Table 16.
The mean 137Cs value at the topsoil varies from 3.5% to 10.07% and subsurface varies from
0% to 0.71% depending on catchment. Important values of 137Cs at the topsoil indicates that
there has been significant fallout of cesium on Tunisian Dorsal and Cap Bon. This confirmed
previous 137Cs measurements made in the Maghreb area (Faleh et al., 2005; Damnati et al.,
2012).
The mean TOC value at the surface topsoil varies from 0.54% to 2.5% depending on
catchment, and represents well the range of TOC values usually found in the Tunisian soils
located in the same bioclimatic zone of our study sites. Indeed, a recent study of thirty-five
tunisian soils (25 cultivated soils and 10 forest soils) showed that the organic carbon content
of the soils ranged from 0.8 to 3.2% with a median TOC of 2.4 % for forest soils and 1.4 %
for cultivated soils (Annabi et al., 2009). These quite low values can be explained by the low
precipitation amounts and high temperatures characterizing this region, which are favorable to
C mineralization. Water erosion can also be responsible for physically removing of organic
material from soils, because it is concentrated in the top 30 cm which is the layer that is
normally removed first. For the five studied catchment, both El Melah and Fidh Ali have
TOC values inferior to 1% which is a sign of poor soil quality, particularly in Mediterranean
areas (Jones et al., 2004). The very low TOC values in the topsoil of theses two catchments
are related to coarser textured soils (i.e., lower SSA values in Table 16) that are known to be
less effective to store soil organic carbon (Meersmans et al., 2012). In contrast, the high TOC
value of Sbaihia catchment can be related to its important part of forest land cover.

This quantitative analysis of the raw data of the fingerprinting properties showed a difference
between the two potential sources for all study catchments, with generally higher values for
the surface source compared to the subsurface source for the two tested tracers. This confirms
the ability of 137Cs and TOC to differentiate between surface and subsurface sources for the
sediment deposits in a reservoir at the outlet of small Tunisian catchments.

117
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

Table 16. Raw data of the fingerprinting properties of potential sediment sources samples and
cores collected in the five studied catchments and their corresponding SSA

Number of 137
Locations Cs (Bq/kg) TOC (%) SSA ( m-1)
samples and cores
Soil Surface 6 7.8 ± 10.34 1.2± 0.41 25822.8 ± 5360.2
Soil Subsurface 5 0 ± 0.06 0.5 ± 0.1 24252.7 ± 2945.3

El_Hnach Upstream reservoir area 2 1.4 ± 0.1 0.7 ± 0. 27 17034.95 ± 845.6

Downstream reservoir 1 2.3 0.76 29328.9


area
Soil Surface 7 3.9 ± 2.46 0.7 ± 0.25 13083.5 ± 6782.6
Soil Subsurface 4 0.0 ± 0 0.4 ± 0. 09 13925.1 ± 8075.6

El_Melah Upstream reservoir area 3 4.9 ± 2.7 1.5± 0.12 18981.93 ± 6361.8

Downstream reservoir 1 5.7 1.17 23875.9


area
Soil Surface 6 3.5± 2.82 0.54 ± 0.09 12065.2 ± 3513.2
Soil Subsurface 4 0.12 ± 0.23 0.28 ± 0.04 15289.8 ± 3457.6
Fidh_Ali
Upstream reservoir area 1 2.1 0.7 11443.1

Downstream reservoir 1 3.08 0.54 14880.4


area
Soil Surface 8 3.7 ± 1.47 1.06 ± 0.12 29042.8 ± 3920.8
Soil Subsurface 9 0.23 ± 0.35 0.5 ± 0.14 23539.6 ± 2146.3
Kamech Upstream reservoir area
8 1.4 ± 0.36 0.7 ± 0.2 15695.3 ± 2607.5

Downstream reservoir 5 3.1 ± 0.56 1 ± 0.13 26252.7 ± 1724.6


area
Soil Surface 6 10,07 ± 4.2 2.5 ± 0.96 25968 ± 4483.7
Soil Subsurface 6 0.71 ± 0.96 0.88± 0.8 25713 ± 3392

Sbaihia Upstream reservoir area 1 2.23 0.83 20338.12

Downstream reservoir 1 2.9 0.83 26136.63


area

Not surprisingly, the two selected tracers (137Cs and TOC) so passed the Kruskal-Wallis and
the Wilk’s Lambda tests for all the study catchments. The Optimal combination of
fingerprinting properties showed a more important cumulative percentage of samples
correctly classified related to 137Cs (65.6 -77.9 %) compared to TOC (22.1- 34.4%) for the
five studied catchments.

118
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

Figure 30 showed the results of the fingerprinting method for each site. It reveals a contrasted
erosive behaviour among the five catchments, as the surface topsoil source ranged from 20 %
to 80 %. More precisely, the surface topsoil is the dominant source of sediment for Kamech,
Fidh Ali and El Melah whereas subsurface soil is the dominant source of sediment for El
Hnach and Sbaihia.

100
90
80
contribution (%)

70
60
50
40
30
20
10
0
Kamech Fidh Ali EL Melah El Hnach Sbaihia
study catchments

Surface subsurface

Figure 30. Relative Source contribution in sediment samples collected from the five studied
catchments

6.3.2. Surface, subsurface and total erosion rates

Total erosion rates derived from bathymetric surveys showed that Fidh Ali catchment has the
most important production of sediments (40 t/ha/yr), while Sbaihia catchment produce the
lowest total quantity of sediment with 11 t/ha/yr (Fig 31). The variability in terms of total
erosion so ranged from 1 to 4. Kamech catchment ranked just after Fidh Ali in term of total
erosion rate, followed closely by El Hnach catchment and by El Melah catchment.

Surface erosion rates varied from 28 t/ha/yr for Fidh Ali catchment to 2.4 t/ha/yr for Sbaihia
catchment, i.e. a ratio ranging from 1 to 12 which were by far larger than the variation of the
total erosion rates. In terms of surface erosion rates, the ranking shows a first place occupied
by Fidh Ali catchment followed by Kamech catchment, then El Melah and El Hnach
catchment, before finishing with Sbaihia catchment.

119
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

Considering subsurface erosion rates, values are varying from 12 t/ha/yr for Fidh Ali to 3
t/ha/yr for Kamech, i.e. a ratio ranging from 1 to 4. The first rank is again occupied by Fidh
Ali catchment followed by El Hnach catchment, then Sbaihia and El Melah catchments, with
Kamech catchment showing the lowest subsurface erosion rate.
Fidh Ali catchment has the highest total, surface or subsurface erosion rates compared to the
others catchments. For the four other catchments the ranking is changing depending of
considered erosion rates. For example, Kamech catchment has the second most important
surface and total erosion rates, but occupies the last rank if we consider the subsurface erosion
rate.
The Fidh Ali catchment behavior is atypical, which will bring us to treat it separately in this
study.

45

40
Total Erosion rate ( t/ha/year)

35 12
30

25

20

15 28
3
10 4,2
9
12 8,6
5 8,8
2,4 5
0
Kamech EL Melah Sbaihia El Hnach Fidh Ali

Study Catchments
Surface Subsurface

Figure 31. Total, surface and subsurface Erosion rates of the five studied catchments

6.3.3. Relationships between erosion rates and factors

According to precedent results, we note that there is a high variability in terms of erosion
rates. Moreover, the ranking of the studied catchments changed depending on the erosion type
considered.
Moreover, Fidh Ali appeared as a particular case because of the presence of a high percentage
of marly gypsum in its lithological composition which is a very favorable substrate for the
development of erosion. For this catchment, lithology directly appears as the first-order factor
involved in the high erosion rates. To not distort the correlation between erosion rates and
others quantitative factors, we decided that Fidh Ali catchment will be plotted on the figures
showing the relationship between erosive behaviour and factors (Fig 32) but not used in the
linear regression analysis.

120
45 100 30 14

surface erosion rate ( t/ha/yr)


40 90
total erosion rate ( t/ha/yr)

subsurface erosion rate (t/ha/yr)


12

surface contribution (%)


25
35
30
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants 80
70 10
20
60
25 8
50 15
20
6
40
15 10
30 4
10
20
5
5 10
2

0 0 0 0
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4
Area (km2) Area (km2) Area (km2)
Area (km2)
45 100 30 14

subsurface erosion rate (t/ha/yr)


surface contribution (%)
40 90

surface erosion rate ( t/ha/yr)


total erosion rate ( t/ha/yr)

25 12
35 80

30 70 10
20
25
60
8
50 15
20
40 6
15 10
30
10 4
20
5
5 10 2

0 0 0 0
0 100 200 300 400 500 600 700 0 100 200 300 400 500 600 700 0 100 200 300 400 500 600 700 0 100 200 300 400 500 600 700
Mean annual rainfall (mm) Mean annual rainfall (mm) Mean annual rainfall (mm) Mean Annual Rainfull(mm)

surface erosion rate (t/ha/yr)


45 90 30 14

subsurface erosion rate(t/ha/yr)


total erosion rate (t/ha/yr)

surface contribution (%)

40 80 12
25
35 70
10
30 60 20
25 8
50
15
20 40 6
15 30 10 4
10 20
5 2
5 10
0 0 0 0
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 0 200 400 600 800 1000 1200 1400
0 200 400 600 800 1000 1200 1400 0 200 400 600 800 1000 1200 1400
Erosivity index (MJ*mm/ha/h/an) Erosivity index (MJ*mm/ha/h/an)
45
Erosivity index (MJ*mm/ha/h/an) Erosivity index (MJ*mm/ha/h/an)
90 30

subsurface erosion rate (t/ha/yr)


14

surface erosion rate ( t/ha/yr)


40 80
surface contribution (%)
Total erosion rate (t/ha/yr)

35
25 12
70
30 60 20 10

25 50 8
15
20 40 6
15 30 10
4
10 20
5 2
5 10

0 0 0
0
0 20 40 60 80 100 120 0 20 40 60 80 100 120
0 20 40 60 80 100 120 0 20 40 60 80 100 120
Global slope index (m/km) Global slope index (m/km) Global slope index (m/km) Global slope index (m/km)
45 100 30
Total erosion rate (t/ha/yr)

14
S urface C ontribution (% )

surface erosion rate (t/ha/yr)

40 90

subsurface erosion rate (t/ha/yr)


25 12
35 80

30 70
20 10
60
25
50 8
20 15
40
15 6

10
30
20
10
4
121
5 10 5
2
0 0
0
0 20 40 60 80 100 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
Tender lithology formation (%) Tender lithology formation (%) 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
Tender lithology formation (% ) Tender lithology formation (%)
50 100 30 14

subsurface erosion rate (t/ha/yr)


Total erosion rate ( t/ha/yr)

6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

surface erosion rate ( t/ha/yr)


45

Surface contribution (%)


90
12
25
40 80
35 70 10
20
30 60 8
25 50 15
20 6
40
15 10
30 4
10 20
5
5 2
10
0 0 0 0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 0 10 20 30 40 50 60 70 80 0 10 20 30 40 50 60 70 80 0 10 20 30 40 50 60 70 80
% cropland % cropland
% cropland % Cropland
45 100 30 14
T o ta l e ro s io n ra te ( t/h a /y r)

surface erosion rate ( t/ha/yr)


40 90

subsurface erosion rate (t/ha/yr)


S u r fa c e C o n tr ib u tio n (% )
25 12
35 80
70 10
30 20
60
25 8
50 15
20
6
c 40
15 10
30 4
10
20
5
5 2
10
0 0 0 0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
total managed area (%) total managed area (%) total managed area (% ) total managed area(%)
45 100 30 14
Total erosion rate (T/ha/yr)

S urface C ontribution (% )

subsurface erosion rate (t/ha/yr)


90

surface erosion rate ( t/ha/yr)


40 12
80 25
35
70 10
30 20
60
25 8
50 15
20 6
40
15 10
30 4
10
20
5 5 2
10
0
0 0 0
0
Total erosion 10 (t/ha/yr)
rate 20 30 40 50 60 70 80 0 10 20 30 40 50 60 70 80 0 10 20 30 40 50 60 70 80 0 10 20 30 40 50 60 70 80
Surface contribution (%) no managed cropland (% ) no managed cropland (%) non amenaged cropland (% )
no managed cropland (% )
45 30 14

subsurface erosion rate (t/ha/yr)


90

40

surface erosion rate (t/ha/yr)


80 12
25
35 70
10
30 60 20
8
25 50
15
20 40 6
15 30 10
4
10 20
5 2
5 10

0 0 0 0
0 50 100 150 200 0 50 100 150 200 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180 0 20 40 60 80 100 120 140 160 180
Drainage density (m/ha)
Drainage density (m/ha) Drainage density (m/ha)
Drainage density (m/ha)

Figure 32. Relationships between total, surface contribution, surface and subsurface erosion rates within study sites and the tested factors
( Fidh Ali)

122
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

The following table 17 presents the coefficient of determination of each relationship and
mentions the correlations that are significant at the 0.05 level (R2> 0.90).

Table 17. Coefficient of determination (R2 ) of the tested linear relationships

Total Surface Surface Subsurface


Variables
erosion contribution erosion erosion
Factors
rate rate rate
Area (Km2) <0.01 0.47 0.34 0.53

Mean annual rainfall (mm) 0.42 0.52 0.63 0.53


Erosivity index
0.03 0.33 0.21 0.52
(Mj*mm/ha/h/an)
Global slope index (m/km) 0.04 0.71 0.61 0.90*

Tender lithology formation (%) 0.15 0.01 <0.01 0.04

Cropland (%) 0.36 0.86 0.90* 0.91*

Total managed area (%) 0.40 0.96* 0.90* 0.90*

No managed cropland (%) 0.48 0.99* 0.98* 0.92*

Drainage density (m/ha) 0.45 <0.01 <0.01 0.07


*Correlation is significant at the 0.05 level.

6.4. Discussion
6.4.1. Explanatory factors of erosion behaviour

The distinctive erosive behaviour of Fidh Ali was explained by the massive presence of
gypsum which is a primary factor for erosion in all its forms (Sfar Felfoul et al., 1996, 1999).
The investigation of others primary factors were thus conducted without considering this
catchment.

We observed that the relationship of most of the tested factors with surface erosion rates were
opposite to that with subsurface erosion rates (Figure 32). For example surface erosion rates
tend to increase with area whereas subsurface erosion rates tend to decrease. Considering
different erosion processes allowed to describe a higher variability of erosion behaviour than
when considering total erosion only. The distinction between subsurface erosion and surface
erosion processes appeared therefore as very helpful compared to considering total erosion as
a whole. For most of the tested factors, we effectively observed that the correlation with

123
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

surface erosion rates or subsurface erosion rates were higher than with total erosion. As a
result, considering different erosion process allowed to underline factors that are correlated
with the two different processes but not with the sum of them.

Among the tested factors, none was found to be highly correlated with the total erosion rates.
The significant correlations established in this study all concerned individual processes. The
factors significantly correlated with subsurface erosion rates and surface erosion rates are the
percentage of cropland, the percentage of total managed area and the percentage of no
managed cropland. The relationship between surface erosion and percentage of cropland is
positive, indicating that surface erosion rate is increasing when more land is cultivated. This
can be explained by the presence of bare soil during automn when the higher rainfall
intensities generally occurred in the Dorsal and the Cape Bon (Jebari et al., 2008) and by soil
disturbance due to tillage that facilitates the movement of particles with water. However, the
subsurface erosion rate decreases with the increase of cropland percentage. This can be
related to the fact that the power of runoff, which is the driver of subsurface erosion process,
decreases as tillage operations increases infiltration rates. Finally the percentage of cropland
without anti-erosive treatment appeared as the factor best correlated with individual erosion
processes. This means that anthropogenic activity through agriculture and soil protection is
with lithology a first order factor of the catchment erosive behaviour in the Tunisian Dorsal
and the Cape Bon.

The global slope index has also a significant positive correlation with subsurface erosion rates
(R² = 0.9). This is quite logical as the power of runoff is mainly driven by slope. The
intermediate and negative relationship between this factor and surface erosion (R² = 0.61) can
be explained by the fact that catchment with steep slopes are less cultivated and have more
anti-erosive treatment. As a result, this factor is not linked with total erosion (R² = 0.04).

In addition, no significant linear correlation was observed between the erosive behaviour of
the catchments and the percentage of tender lithology formation, the area, the mean annual
rainfall and the erosivity index, even if the correlations were generally higher for individual
processes than for total erosion. Finally, the drainage density is the unique factor for which
the correlation with total erosion rates is higher than from the individual erosion processes.
This may outline the two complimentary roles played by the drainage network: (i) as
subsurface soil sources and, (ii) as elements that facilitates the transfer of sediment from the
upstream surface soil sources to the catchment outlet (Poesen et al., 2003, 2006).

6.4.2. Outreach of the fingerprinting approach

The study of Jebari et al., (2010) which included our study sites, indicated for all of them a
very important relative surface contribution (rill/interrill) to total erosion with values between
about 82% and 90%. However, the application of the fingerprinting approach showed that
while three catchments out of the five studied were dominated by surface erosion, the

124
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

subsurface erosion prevailed for the two other sites. This result indicates that the
fingerprinting approach is able to discriminate between catchment erosive processes more
precisely than Jebari et al. (2010) approach which systematically under-estimated subsurface
erosion.
Our explanation is that the characteristics of the rainfall are not sufficient to explain the
erosive behavior of a catchment and that the inclusion of the human activity by the cultivation
or the resources protection (soil management) is fundamental to understanding the erosive
behavior of a catchment.

6.4.3. Operational consequences

The impacts of erosion (total, surface, subsurface erosion rates and relative contribution of
erosion processes) concern mainly the loss of the fertile soil layer in the upstream area, and
water pollution, sediment deposits and reservoirs filling in the downstream area.

Our results allow the quantification of the relative contribution of surface and subsurface
erosion processes and the identification of the main factors involved in the erosive catchment
behavior variability. They may therefore be used to drive anti-erosive management, and select
the most efficient management strategy for each specific situation. The implementation of
conservation farming practices should be encouraged on Kamech, Fidh Ali and El Melah
catchments whereas gully and wadi treatments should be favoured on El Hnach and Sbaihia
catchments. Countour bench terraces must absolutely be avoided on areas containing huge
quantity of gypsum clay -as in Fidh Ali- as gypsum pose serious problems in bench terraces
stability (Baccari et al., 2008) and generally lead to gullying (Sfar Felfoul et al., 1999).

6.5. Conclusions

The results of this work confirm that the fingerprinting method is a valuable technique to
estimate the relative contribution of erosion processes in catchment scale and over more than
15 years.

From the five studied catchments, three are characterized by predominant surface erosion,
while the subsurface erosion prevails for the two other sites. A large range of erosive
behaviour so occurs at catchments scale in the Tunisian Dorsal and the Cape Bon even if the
total erosion rates are not so different.

Thereby orientation and decision on how anti–erosive managements have to be used to fight
against this erosion has to be different from one site to another.

A surface management policy should be applied for the catchments of Kamech, Fidh Ali and
El Melah to protect surface soil. The implementation of contour bench terraces and small

125
6. Variabilité du comportement érosif sur cinq bassins versants

contour stone bunds or more permanent plant coverage to protect soil against particle
detachment by water drops and to intercept runoff may be planned.
For El Hnach and Sbaihia catchment a technics which reduce the development of gullies such
as small stone check dams may be implemented.

Moreover, it is interesting to note that considering total erosion as a whole did not allow the
identification of correlations that exist between individual erosion processes and factors. For
the tested catchment, factors related to lithology and human activity were identified as the
most problable drivers of this behavior variability, leading to a better understanding of the
link between predominant erosion processes and the catchment environment. Although theses
first result have to be confirm on a wider number of catchments, they already may help to
guide the decision on the most adapted managements measures to use in order to protect
natural resources and to fight against erosion across each catchment.

126
Conclusion de la partie IV

L’analyse sur les cinq bassins versant a permis de montrer la faisabilité de la méthode de
traçage des sources de sédiments sur les retenues tunisiennes. Elle a permis de mettre en avant
les fortes différences de comportements érosifs d’un bassin à l’autre, même pour des bassins
ayant des taux d’érosion globale similaires. Ainsi trois de ces sites se caractérisent par une
prédominance de l’érosion de surface, alors que la contribution de l’érosion ravinaire est
dominante pour les deux autres. Les différences de comportement se manifestent également à
travers le classement très variable de ces bassins versants en fonction des différents variables
d’érosion analysées, à savoir : le taux d’érosion totale, le taux d’érosion de surface, le taux
d’érosion linéaire et la contribution de surface. C’est le cas par exemple du bassin versant de
Kamech, qui occupe la deuxième place si on considère le taux d’érosion de surface, alors qu’il
se situe à la dernière place pour le taux d’érosion ravinaire.

Le bassin de Fidh Ali est considéré comme un cas particulier, caractérisé par une érosion très
importantes pour tous les processus, occupant à chaque fois la tête du classement par rapport
aux autres bassins versant. Ceci est dû à sa lithologie riche en marne gypseuse, très favorable
au développement de l’érosion.

L’analyse de ces variations de comportements des différents bassins versants étudiés en


fonction d’une multitude de facteurs simples et combinés liés au climat, à la topographie, à la
lithologie, à l’occupation du sol et aux actions anthropiques, nous a permis de mieux
comprendre les relations qui existent entre ces facteurs et les différents variables
d’érosion analysées. Elle montre l’importance de facteurs liés à la lithologie à travers la
présence de gypse et à l’activité anthropique à travers la mise en culture ou la protection via
des aménagements anti-érosifs.

Si ces résultats se confirment sur d’autres bassins versants, cette capacité de relier le
comportement érosif en distinguant la contribution relative entre érosion de surface et érosion
de profondeur à des facteurs contextuels nous permet d’envisager une aide dans la prise de
décision quant à l’installation des moyens de lutte antiérosive adaptés aux caractéristiques de
chaque site d’étude.

Il faut maintenant étendre cette technique à un nombre plus important de bassins pour
conforter et affiner ces premières conclusions.

127
128
Conclusion générale et perspectives

A) Conclusion Générale

Nous avons pu voir à travers ce travail de thèse que bien que l’érosion ravinaire (ravines
/oued) soit généralement considérée comme étant le principal processus d’érosion des sols en
milieu méditerranéen, l’érosion diffuse peut dans certains cas représenter jusqu’à 80% de
l’érosion totale. Dans ce cas, les ravines existantes peuvent également jouer le rôle d’éléments
de connectivité facilitant le transport vers l’aval des sédiments issus de l’érosion de surface
plus en amont.

La méthode de traçage des sources de sédiment constitue une solution appropriée pour
aboutir, grâce au recours aux sédiments piégés dans des retenues collinaires, à une estimation
rapide et fiable de la contribution relative de chaque type d’érosion sur plusieurs dizaines
d’années à l’exutoire de petit bassin versant. La faisabilité et la pertinence de cette approche a
d’abord été vérifiée sur les dépôts de la retenue collinaire du bassin versant Kamech (Cap
Bon, Tunisie). La méthode repose sur l’utilisation conjointe du césium 137 et du carbone
organique total comme traceurs permettant de différencier les sédiments provenant de la
surface du sol (érosion diffuse et en rigoles) de ceux provenant de la profondeur du sol
mobilisés par des processus d’érosion ravinaire (ravines/berges de l’oued). Une nette
prédominance de l’érosion de surface (80%) a été trouvée sur ce site d’étude. Des
recommandations concernant le nombre et l’emplacement des prélèvements ont été aussi
déduites. En effet, d’après les résultats obtenus au cours de ce travail, la stratégie
d’échantillonnage peut se baser sur le prélèvement d’un seul échantillon composite par
carotte, qui donne des résultats similaires à ceux obtenus par l’analyse de l’ensemble des
séquences composants la totalité de la carotte. D’autre part une stratégie basée sur le
prélèvement d’une seule carotte par tributaire dans la partie amont du réservoir et d’une autre
dans la partie aval est un bon compromis entre la précision des résultats et le coût de mise en
oeuvre de la méthode. Une pondération de 75% pour la carotte extraite dans la partie aval de
la retenue et 25% pour les carottes prélevées dans la partie amont a permis de ramener
l’incertitude des résultats de la méthode liée à l’échantillonnage spatial des carottes à moins
de 10%.

La validation de la technique de traçage des sources de sédiments sur le site de Kamech


repose sur l’utilisation de deux approches indépendantes de la méthode de traçage. La
première approche est basée sur le suivi des flux érosifs par des mesures in-situ et la
deuxième par recours à la télédétection via une analyse diachronique d’images de
télédétection combinées avec des mesures de terrain. Les résultats de cette validation

129
montrent une évolution morphologique et du comportement érosif des ravines qui se
caractérise par des disparitions et des apparitions de ravines selon les secteurs, avec un bilan
correspondant à une baisse moyenne du linéaire de ravine égal à 0,22 m/ha/an. On observe
également un changement de fonctionnement de certains tronçons de ravines entre un rôle de
production et/ou de transfert. Une bonne convergence de l’estimation de la part relative de
l’érosion ravinaire (ravines/oued) par rapport à l’érosion totale évaluée à l’échelle du micro-
bassin d’une part (20%), à l’échelle du bassin versant d’autre part (26%) et par la méthode de
traçage (20 %) est observée.

Dans l’étape suivante, l’application de la méthode de traçage des sources de sédiments sur
cinq bassins versants (dont Kamech) retenus pour refléter la diversité au sein de la Dorsale
Tunisienne et du Cap Bon permet de mettre en évidence la variabilité du comportement érosif
d’un bassin à un autre. L’analyse des résultats montre en effet des différences significatives
en termes de prédominance d’un processus ou de l’autre malgré des taux d’érosion totaux
sensiblement identiques. La prédominance de l’érosion de surface sur trois des cinq bassins
vient interroger l’idée reçue que l’érosion ravinaire constitue généralement le processus
dominant de la production des sédiments dans la région méditerranéenne. La mise en relation
sur les bassins étudiés de ces différences concernant la nature de processus mobilisés avec
différents facteurs explicatifs permet de mettre en évidence l’importance de facteurs liés à la
lithologie dans la cas où le gypse est fortement présent dans le sol, et de facteurs liés à
l’activité anthropique à travers la mise en culture ou l’aménagement des terres agricoles dans
les autres cas. Cette avancée est significative dans le sens où la recherche des facteurs
expliquant la seule érosion totale a été peu fructueuse jusqu’à présent. Cette analyse permet
alors de mieux intégrer ces informations dans la prise de décision quant au choix des moyens
de lutte antiérosive à privilégier dans chaque zone d’étude en fonction de ses caractéristiques

B) Perspectives

Les résultats acquis dans ce travail, ainsi que les problèmes rencontrés, nous permettent de
proposer des perspectives de recherche, à savoir :

• La méthodologie développée dans ce travail de thèse pourrait être utilement appliquée


sur d’autres bassins versants, en Tunisie et au-delà, afin de mieux cerner les processus
érosifs dominants et pouvoir ainsi lutter efficacement contre l’érosion hydrique. En
effet, la méthode de traçage de sources de sédiments appliquée aux sédiments piégés
dans les retenues collinaires, qui est valide dans tout le Maghreb où il y a beaucoup de
retenues collinaires, apparaît beaucoup plus rapide et plus souple que les autres
approches. Le retour d’expérience sur une large gamme de bassins versants pourrait
aider à mieux comprendre les relations entre facteurs explicatifs et comportement
érosif des bassins et ainsi affiner notre capacité prédictive sur les bassins versants non
équipés de retenues collinaires.

130
• Avant toute implantation de moyens de lutte anti-érosive sur un bassin versant
délimité par une retenue collinaire en Tunisie, nous suggérons d’intégrer l’approche de
traçage de source de sédiments comme une étape préliminaire. Décidé par exemple
dans le cadre de la stratégie nationale de conservation des ressources en eau et en sol,
cela permettrait de bien orienter les aménagements et de constituer ce retour
d’expérience qui devrait, à terme, permettre de prédire le fonctionnement érosif sur
tout bassin.

• La perspective d’une bonne connaissance de la nature de processus dominants et de


leurs déterminants est également fondamentale pour la modélisation de l’érosion
lorsque l’on sait que les modèles actuels se limitent généralement à décrire l’un ou
l’autre des processus dominants. En effet les modèles actuels traitent rarement
simultanément érosion de surface et érosion ravinaire. La connaissance des processus
dominants dérivée de l’approche proposée dans cette thèse doit permettre a minima de
bien orienter le choix du modèle à utiliser selon le site d’étude. Elle doit également
permettre de justifier l’intérêt de soutenir le développement de modèles alliant les
deux processus ainsi que leurs interactions.

• Dans ce travail, l’approche méthodologique consistant en un analyse diachronique par


recours à la photogrammétrie sur des photographies anciennes n’a pas permis
d’apporter des informations suffisamment précises sur les taux d’érosion ravinaires à
l’échelle du bassin versant afin de valider les résultats de l’approche par traçage. Les
conditions plus favorables pour espérer que la démarche aboutisse dans ce type de
milieu concernent essentiellement la qualité des clichés (échelle, recours au positif non
déformé), la qualité du scanner (résolution et précision géométrique), la disponibilité
de la fiche d’étalonnage de la caméra ayant pris les clichés.

• Bien que le dispositif mis en place par El Khalili et al. (à paraitre) soit très long et
exigeant en termes de moyens humains et financiers à maintenir, ce dernier paraît
indispensable à appliquer sur plusieurs autres ravines au sein du bassin versant « test »
de Kamech afin de réduire l’incertitude liée à l’utilisation d’un taux de référence de
l’ablation des flancs des ravines pour l’estimation du volume de terre érodée à
l’échelle de tout le bassin versant.

• Une piste de recherche complémentaire à ce travail consiste à mieux comprendre le


déterminisme du comportement des ravines. En effet celles-ci jouent parfois le rôle de
source de sédiments, et parfois le rôle de simple élément du réseau de drainage qui
facilite le transfert des particules de terres détachées en amont. Une méthode
permettant de prédire le type d’activité des ravines constituerait certainement un
facteur explicatif du comportement érosif d’un bassin versant.

131
132
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146
Annexe 1

Présentation des 5 bassins versants


étudiés

147
148
1. Le bassin versant d’El Hnach :

3
2

1
Lat : 36.070000°
Long : 9.446391°

1. 2. 3.

4. 5. 6.

149
2. Le bassin versant d’EL Melah :

5
4
2 3
1

Lat : 36.464385°
Long : 10.653412°

1. 2. 3.

4. 5. 6.

150
3. Le bassin versant de Fidh Ali :

5
Lat : 34.708225°
Long : 9.590601°
6 3

1
2

1. 2. 3.

4. 5. 6.

151
4.Le bassin versant de Kamech :

5
3 4
1

2
Lat : 36.871308°
Long : 10.868912°

1. 2. 3.

4. 5. 6.

152
5. Le bassin versant de Sbaihia :

3 1
2
Lat : 36.495010°
Long : 10.208624°

1. 2. 3.

4. 5. 6.

153
154
Annexe 2

Exemples de carottes

155
156
Carotte C2
Etat Humide Etat Sec

157
Carotte C9
Etat Humide Etat Sec

158
Annexe 3

Tableaux des résultats bruts

159
160
Tableau : résultats des analyses des échantillons sources sur le bassin versant de Kamech

Number sand 210 210 234 226 228 228 137


Fingerprint Clay silt Pb-xs Pb Th Ra Ra Th K Cs TOC TN P_P2O5
of [50-2000 δ13C C/N SSA
Properties [0-2 µm] [2-50 µm] (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (%) (Bq/Kg) (%) (%) (%)
samples µm]
29.4 66.8 3.9 70.5 91.6 26.3 21.2 31.6 29.8 1.2 7.3 2.01 0.19 0.06 -27.5 10.8 24281.7
References 2
31.1 68.7 0.2 18.1 28.1 11.5 10.1 14.2 14.2 0.8 6.8 1.10 0.12 0.07 -26.9 9.3 25102.3
33.8 64.2 1.9 5.2 28.0 29.2 22.8 43.7 40.0 1.4 3.0 0.97 0.15 0.17 -26.6 6.6 27237.0
40.1 59.6 0.3 6.5 27.7 31.8 21.2 42.3 41.0 1.4 3.1 0.87 0.14 0.16 -26.7 6.2 31740.4
31.2 67.3 1.5 4.1 29.6 33.1 25.5 45.7 45.4 1.6 2.5 0.98 0.16 0.18 -26.6 6.1 25655.1
Surface 35.9 63.4 0.7 11.3 38.1 31.0 26.8 42.8 41.5 1.5 4.5 1.17 0.16 0.18 -27.1 7.1 29061.4
topsoil 8 45.9 53.2 0.8 0.0 24.4 26.0 26.6 41.5 40.5 1.4 2.2 1.19 0.17 0.13 -26.5 7.2 35128.3
43.1 56.6 0.3 3.3 31.6 29.4 28.3 40.1 39.0 1.3 3.8 1.17 0.15 0.11 -26.7 7.6 33269.4
31 68.8 0.2 18 28.3 11.3 10 14.3 14.1 0.8 6.7 1.5 0.12 0.07 -26.9 12.6 25100.3
29.6 69.6 0.8 0.0 27.2 32.5 25.3 47.6 46.7 1.8 3.8 1.02 0.18 0.18 -26.4 5.7 25151.3
Sources 25.7 72.3 2.0 0.0 29.4 33.6 28.4 51.1 49.2 1.8 0.6 0.75 0.14 0.19 -26.0 5.2 22449.8
24.7 74.6 0.6 0.0 26.0 35.0 30.7 51.6 51.4 1.8 0.0 0.42 0.11 0.20 -23.7 3.7 21724.7
30.0 70.0 0.0 0.0 24.4 33.9 30.9 49.3 48.7 1.8 0.8 0.62 0.13 0.17 -25.7 4.8 25636.2
Gully or 26.8 72.7 0.6 0.0 23.0 31.9 29.0 48.4 48.0 1.8 0.0 0.37 0.11 0.19 -24.3 3.5 23246
9
channel 25.7 71.7 2.6 0.0 26.0 34.0 25.8 46.9 43.3 1.8 0.0 0.40 0.11 0.17 -25.3 3.8 22170.1
bank 24.8 75.2 0.0 0.0 29.7 32.1 31.4 47.6 47.5 1.5 0.0 0.34 0.09 0.18 -24.4 3.9 21873.2
25.2 74.8 0.0 0.0 29.4 34.5 30.3 47.1 47.3 1.5 0.0 0.41 0.09 0.15 -24.8 4.6 22271.2
28.8 69.4 1.7 2.7 27.9 28.5 25.2 40.8 40.9 1.5 0.7 0.63 0.10 0.13 -25.2 6.1 24370.2
34.59 65.23 0.18 0.0 26.0 29.8 30.5 41.2 41.8 1.4 0.0 0.54 0.10 0.11 -24.6 5.6 28115.4

161
Tableau : résultats des analyses des échantillons séquentiels des carottes C2 et C9 sur le bassin versant de Kamech
sand
210 210 234 226 228 228 137
Fingerprint Clay silt [50- Pb-xs Pb Th Ra Ra Th K Cs TOC TN P_P2O5
Depth δ13C C/N SSA
Properties [0-2 µm] [2-50 µm] 2000 (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (Bq/Kg) (%) (Bq/Kg) (%) (%) (%)
µm]
0-14cm 32.3 50.9 16.8 23.0 52.3 38.5 29.3 53.3 53.8 1.9 2.94 1.05 0.19 0.18 -26.2 5.4 25294.4
14-26 cm 34.3 48.2 17.5 20.8 48.1 32.1 27.3 51.1 51.9 1.8 3.10 0.98 0.18 0.17 -26.2 5.5 26459.7
26-35 cm 38.3 59.1 2.6 15.6 44.8 38.3 29.3 54.6 54.1 1.8 3.48 0.92 0.17 0.17 -26.0 5.4 29981.5
35-52 cm 36.1 63.7 0.2 14.3 41.3 35.0 27.0 53.0 53.4 1.8 3.24 0.94 0.17 0.16 -26.2 5.6 28641.7
52-60 cm 34.6 62.1 3.3 11.0 42.9 38.5 31.9 48.4 49.8 1.7 2.70 1.03 0.17 0.16 -27.0 6.0 27331.9
60-70 cm 28.1 47.8 24.1 21.7 48.6 39.1 27.0 52.3 52.0 1.8 3.28 1.08 0.19 0.17 -26.6 5.8 22081.1
70-88cm 21.7 76.8 1.5 16.4 48.7 39.4 32.4 53.0 52.7 1.9 3.14 1.05 0.19 0.17 -26.7 5.5 19304.8
88-98 cm 34.3 54.7 11.0 10.3 44.8 42.0 34.5 52.8 52.5 1.8 2.73 0.92 0.17 0.17 -26.4 5.3 26562.5
98-106 cm 38.9 58.5 2.6 17.0 48.9 38.4 31.9 53.6 54.5 1.9 3.46 1.02 0.19 0.18 -26.4 5.5 30265.6
106-114 cm 41.4 55.8 2.8 15.2 46.4 29.3 31.3 54.7 53.9 1.8 3.51 0.93 0.18 0.18 -26.2 5.2 31663.6
Core C2
114-122.4cm 34.3 59.6 6.1 13.3 47.2 35.3 33.9 52.2 54.3 1.8 2.91 0.92 0.17 0.18 -26.2 5.4 27075.7
122.4-130.4 cm 34.4 64.0 1.6 11.4 46.9 33.9 35.5 54.8 55.2 1.9 2.96 0.99 0.18 0.17 -26.9 5.4 27870.5
130.4-138 cm 32.9 65.8 1.3 11.4 47.4 34.3 36.0 55.3 54.5 1.8 3.00 0.82 0.16 0.16 -26.2 5.0 26388.9
138-144.4cm 31.1 57.8 11.1 5.5 38.1 37.7 32.6 50.1 51.0 1.8 3.01 0.93 0.16 0.15 -26.5 5.7 24729.2
144.4-157.4 cm 32.1 66.9 1.0 13.9 42.7 36.7 28.9 54.2 52.7 1.8 3.38 0.90 0.17 0.16 -26.0 5.3 26475.2
157.4-168.8 cm 31.4 64.6 4.0 0.0 31.8 33.1 33.3 47.2 47.3 1.6 2.60 0.87 0.14 0.14 -26.9 6.2 25366.3
168.8-180.4 cm 33.8 66.0 0.2 11.1 39.1 38.7 28.1 51.1 52.5 1.8 3.27 0.95 0.16 0.16 -26.5 5.8 27084.2
180.4-194 cm 37.8 62.2 0.0 6.8 38.6 32.5 31.8 49.1 49.1 1.8 3.00 0.76 0.14 0.16 -26.5 5.5 29879.05
194-203 cm 39.7 58.8 1.6 15.4 46.4 34.5 31.1 53.2 53.0 1.8 3.35 0.88 0.16 0.16 -26.4 5.5 30463.6
203-212 cm 36.6 63.1 0.2 0.0 33.9 33.6 33.9 49.9 49.6 1.8 3.46 0.92 0.15 0.15 -26.2 6.0 29246.2
0-8 cm 23.2 65.5 11.3 11.4 38.9 38.9 27.5 48.9 49.5 1.8 1.6 0.80 0.14 0.18 -26.4 5.9 20197.9
8-17 cm 28.0 69.9 2.1 0.0 32.1 28.1 28.9 42.1 43.5 1.5 1.5 0.71 0.13 0.16 -26.0 5.6 23720.3
17-32 cm 28.7 70.2 1.1 0.0 28.1 34.8 26.9 44.8 46.3 1.7 1.2 0.73 0.13 0.17 -26.4 5.7 24258
32-38 cm 30.6 69.4 0.0 14.4 39.7 36.6 25.4 43.8 45.1 1.6 1.5 0.60 0.10 0.14 -26.7 5.7 25605
38-44 cm 26.3 69.9 3.9 0.0 30.8 39.1 29.5 42.1 43.5 1.6 1.2 0.51 0.10 0.17 -26.4 5.3 22909.2
Core C9 44 -57 cm 25.1 73.1 1.8 0.0 29.7 24.4 26.9 42.1 43.0 1.6 1.2 0.59 0.11 0.16 -26.4 5.2 21799
57- 62 cm 21.8 74.7 3.5 0.0 33.0 29.2 28.3 42.3 44.3 1.6 1.3 0.60 0.11 0.17 -26.6 5.2 19375.8
62- 75 cm 29.5 69.6 0.9 6.4 36.0 38.5 29.6 46.3 45.8 1.6 2.0 0.65 0.12 0.15 -26.3 5.4 24780.7
75 -86 cm 26.1 73.2 0.7 0.0 18.6 28.1 22.8 42.3 41.7 1.4 0.9 0.49 0.10 0.14 -26.5 4.7 23039.2
86- 95 cm 28.6 70.2 1.2 0.0 29.2 30.9 30.4 45.0 44.8 1.6 1.3 0.59 0.11 0.14 -26.4 5.3 24233.3
95-114 cm 30.3 69.7 0.0 0.0 25.1 27.2 23.9 39.6 38.9 1.4 0.7 0.31 0.08 0.12 -26.3 3.9 25958.4

162
Annexe 4

MAPPING LINEAR EROSION FEATURES USING HIGH AND VERY


HIGH RESOLUTION SATELLITE IMAGERY

J.F. DESPRATS, D. RACLOT, M. ROUSSEAU, O. CERDAN, M. GARCIN, Y. LE


BISSONNAIS, A. BEN SLIMANE, J. FOUCHE AND D. MONFORT-CLIMENT

Land Degrad. Develop. 24: 22–32 (2013)

Published online 3 February 2011 in Wiley Online Library (wileyonlinelibrary.com)


DOI: 10.1002/ldr.1094

163
164
INTRODUCTION

Identifying potential erodible areas is a major objective when planning protection measures
(Alatorre and Beguerı´a, 2008). Remote sensing is a favoured method for mapping such areas,
either through direct detection (Vrieling, 2006), or through providing elements to validate
erosion models (King et al., 2005a, 2005b; Bou Kheir et al., 2006, 2007). Whereas field
investigations can be used to validate erosion models at the local scale with small catchments
(Quinton, 1994; De Roo and Jetten, 1999; Cerdan et al., 2002; Raclot and Albergel 2006),
validating water erosion maps becomes more difficult at the regional to multi-regional scale,
such as at European scale (Boix-Fayos et al., 2006; Bou Kheir et al., 2006; Dianhui et al.,
2007; Cerdan et al., 2010). Modelling at the regional scale is also an issue for informing and
orienting global policies, and in particular for taking the possible effects of climate change
into account (Kirkby et al., 2008). Two main categories of erosion that are commonly
discriminated in the literature are ‘interrill’ erosion and ‘linear’ erosion (rill and gully). Linear
erosion is considered as the most destructive form of erosion, destroying soil, undermining
infrastructures, damaging agricultural land, altering transportation corridors, and lowering
water tables (Valentin et al., 2005; Perroy et al., 2010). Linear erosion also affects flow
regimes, sediment budgets and deposition rates (Costa and Bacellar 2007). In the
Mediterranean area, linear erosion is seen as a major source of transported sediment, its
contribution being in some circumstances about 10- to 50-times greater than that of interrill
erosion (Roose, 1996; Collinet and Zante 2005). A review carried out by Poesen et al. (2005)
showed the contribution of gully erosion to total soil loss for semi-arid areas to be between 50
per cent and 90 per cent at the catchment scale. Linear erosion is therefore often considered to
be the major factor responsible for the silting up of reservoirs (Verstraeten et al., 2003), either
as a source of sediment or as an element connecting interrill areas to the reservoir (Poesen et
al., 2005).
Three main types of linear erosion feature (LEF) can be discriminated (Agassi, 1995; Figure
1):
1. Rill: Rill erosion occurs when runoff begins to form small concentrated channels. It leads
to a dramatic increase in erosion rates as a result of the concentrated higher velocity flows.
Rilling can be repaired by tilling or disking, and this should be done as soon as possible so as
to prevent gullies from forming.
2. Gully: Gully erosion results from water moving in rills that become concentrated into
larger channels. When rill erosion can no longer be repaired by merely tilling or disking, it is
defined as gully erosion. To repair gullies typically requires the use of earthmoving
equipment. Gully erosion can be prevented by quickly repairing rill erosion and addressing
the cause of the rill erosion.
3. Stream-channel: Stream-channel erosion consists of both stream-bed and stream-bank
erosion. Stream-bed erosion occurs when flows cut into the bottom of the channel, making it
deeper; this process will continue until the channel reaches a stable slope, which is dependent
on the channel materials and flow properties. As the stream-bed erodes and the channel

165
deepens, the sides of the channel become unstable and slough off, resulting in stream-bank
erosion.

Figure 1. Main LEFs observed in the field (Lebna catchment). This figure is available in
colour online at wileyonlinelibrary.com

Stream-bank erosion can also occur as soft materials are eroded from the stream-bank or at
bends in the channel. The mapping and monitoring of LEFs over large areas is thus a major
issue, particularly in Mediterranean semi-arid areas. The literature reveals two main
approaches.
The first is based on the use of topographic datasets, typically digital elevation models
(DEMs), and aims at defining the morphological characteristics of the detected LEFs (width,
depth, etc.). It is used, for example, for volumetric gully monitoring. However, because the
limited spatial extent of the gully renders it undetectable in most generally available
topographic datasets (Perroy et al., 2010), this approach requires a specific generation of very
high resolution DEMs. Very high DEMS can be derived from field investigation with a total
station (Martinez-Casasnovas et al., 2002; Collinet and Zante, 2005), aerial photographs using
photogrammetric techniques (Betts and De Rose, 1999; Daba et al., 2003; Martinez-
Casasnovas et al., 2004; Raclot et al., 2005; Schiefer and Gilbert, 2007), or more recently
from ground-based or airborne LIDAR surveys enabling to detect gullies below forest cover
(Parkner et al., 2007). Because of the cost and the very large quantity of data to be computed
all the techniques used to produce these very high resolution topographic datasets have still
serious limitations regarding the size of the investigation area.
The second widespread method of LEF mapping and monitoring is based on spectral
detection through remotesensing imagery. This has been used for limited surveys, such as
detecting and documenting gully head changes using aerial photographs taken from a blimp
platform (Ries and Marzloff, 2003) or from a plane (Bouchnak et al., 2009).
When considering large areas, however, satellite imagery is more interesting because a single
image covers an area of more than 100 km2. The use of satellite images to map individual
LEFs, however, has so far been very limited because the spatial resolution offered by Landsat
and SPOT imagery could at best only be applied for identifying large and medium-size
individual gullies (Vrieling, 2006). Instead of being used to detect individual LEFs, therefore,

166
satellite data have been more widely applied for assessing eroded areas through visual
interpretation (Sujatha et al., 2000) or automatic images classification (Servenay and Prat,
2003; Lo Curzio and Magliulo, 2009). When large areas are studied using such methods, the
results give global information about land degradation but no information about the relative
importance of the ‘interrill’ versus ‘linear’ erosion processes. As mentioned by Vrieling
(2006), ‘With the current availability of high-resolution satellites such as Ikonos and
QuickBird, options for detecting and monitoring individual small-scale features have
increased, although not yet reported in literature’. A method capable of automatically
extracting these features from very high resolution remote-sensing images is still lacking. In
this context, the aims of the present article are to (1) evaluate the capacity of high spatial
resolution (HSR) to very high spatial resolution (VHSR) satellite images for identifying LEFs
in terms of the spatial resolution and the LEF characteristics, and (2) propose a method based
on QuickBird images for extracting LEFs at the regional scale in the Mediterranean area.

MATERIALS AND METHODS

The Lebna Catchment

The study area (Figure 2), located within the agricultural region of northern Cape Bon,
Tunisia (lat 36.88N, long 10.88E), is centred on the 210 km2 Lebna catchment lying upstream
of a reservoir built in 1986 with an initial storage capacity of 30mm3. It includes the Kamech
catchment (2.63 km2) with its long-term environmental research observatory OMERE
(http://www.umr-lisah.fr/omere).

Figure 2. Localisation of the Kamech sub catchment and the Lebna catchment (Cap Bon
Province, North of Tunisia) with the seven selected test areas – background SPOT Panchro
on the Lebna.
167
The catchment is mainly rural (>90 per cent) and includes a large variety of landscapes
ranging from mountain to littoral plain. It is delimited to the west by Djebel Abderrahmane,
which culminates at 637m and is covered mainly by low open scrub. The altitude decreases
rapidly to about 100m in the central part of the catchment, and then more gently toward the
coast in the eastern part of the catchment. The central and eastern parts are mainly farmland
with annual cereal and leguminous crops and orchards. The agricultural fields are relatively
small, averaging 0.5 ha.
The presence of the NE-SW-trending Djebel Abderrahmane in the western part of the
catchment forms a barrier to the dominant north-westerly winds. This results in a foe¨hn
effect, giving humid conditions with higher precipitation in the mountains, drier conditions in
the flat area, and semi-arid
conditions near the coast. Interannual precipitation in the central part of the catchment is
about 650mm with an interannual potential evapotranspiration of some 1500 mm. The
drainage network has an intermittent flow discharge.
According to the USDA classification, the main soil classes in the study area are Alfisols,
Entisols, Inceptisols and Vertisols. The Alfisols are developed mainly on the sandstone
substratum at the crest of Djebel Abderrahmane and are characterised by intense leaching due
to the high precipitation. The Vertisols are found in the depression and the Inceptisols,
overlying marl with vertic characteristics, are located in the central part of the catchment. The
Entisols occur throughout the catchment, especially as skeletal soils on the sandstone
outcrops.
The mean annual erosion rate on the catchment between 1986 and 2003 has been evaluated at
about 20 t ha_1y_1 (Ben Mammou and Louati, 2007), indicating that erosion processes are
particularly active in the area. A similar erosion rate was measured between 1992 and 2002 at
the outlet of a 2.5 km2 catchment contained within the study area (Raclot and Albergel,
2006). Both interill and linear (rill and gully) erosion are identified as a problem, with the
LEFs generally having a limited width of between a few centimetres and a few metres.
Because of the large variability in soil type, bioclimate and morphology, the study area is a
suitable ‘proof of concept’ zone for the digital detection of erosion features located in the
Mediterranean area. Seven 3x2-km test areas were therefore selected within the agricultural
part of the Lebna catchment (Figure 2) where linear water erosion is mainly observable on
crop land. One of these is the Kamech catchment (test area no. 1).

Field and Image Database

An intensive field-data acquisition campaign in the Lebna catchment in December 2007 led to
the mapping and description of 41 gullies. Located by GPS, these erosion features were
described with parameters such as length, shape and width (Table I). Volume is calculated
taking into account the shape. For ‘U’ shape, volume will be calculated as the multiplication
of Length with average width and average depth. For ‘V’ shape, the former calculation is
divided by 2.

168
Table I. Examples of entries for gully characterisation (14 out of 41) during the field-data
acquisition campaign

VHSR and HSR satellite images were also acquired for the Lebna catchment (Table II) with
spatial resolutions ranging from <1m (QuickBird) to 5m (SPOT panchromatic mode) and 10m
(SPOT multispectral mode). In addition, a DEM with a 4m spatial resolution was derived
from digitising contours at 1:25,000 scale, to be adapted for the small plot size of our study
area. In the absence of such a data source, it is possible to use SRTM (Shuttle Radar
Topography Mission) data, although the 90m resolution is not particularly precise for
analysing flows in small plots.
Typology of the Landscape’s Linear Features Many linear features of the agricultural
landscape, both anthropogenic and natural, will give rise to visible pixel alignments and thus
be detectable in satellite images. We have grouped these into seven categories, of which the
first four are of anthropogenic origin and the last three are of natural origin, consisting mainly
of the LEFs that we are trying to detect and differentiate from the anthropogenic features: 1.
Plot boundaries; 2. Roads and tracks; 3. Trees and bush shapes; 4. Ploughing lanes; 5.
Channels; 6. Interplot gullies (commonly permanent); 7. Intraplot gullies or rills (commonly
ephemeral).

169
Table II. Satellite image characteristics

METHODS

The ability to detect LEFs on satellite images is clearly related to the combined characteristics
of the LEF itself and the image.We sought first to better define this relationship as an aid to
selecting the resolution required for a given detection objective. We then developed and
implemented a semi-automatic method for identifying LEFs in an agricultural environment
from VHSR images. This method, to be as automatic as possible, comprises two main stages:
automatic extraction of the linear structures on the QuickBird VHSR image, followed by
identification of the LEFs by filtering the detected linear features via a decision tree.

Selecting Image Resolution According to Detection Objectives

To help the user select the type of image required for detecting LEFs (i.e. the desired
percentage of detection according to the target LEF characteristics) we first undertook a visual
interpretation of the LEFs of the seven test areas for each SPOT and QuickBird image.
Comparing the extractions with the field data allowed us to determine, for the three image
resolutions being tested (10, 5 and 0.61 m), the level of detection in relation to the LEF
geometry – we assessed this in terms of LEF length.

Automatic Extraction of the Linear Structures on the VHSR QuickBird image

By showing up objects that we do not normally notice, the VHSR images have led to the
development of new image processing platforms with new VHSR-dedicated algorithms (e.g.
http://www.orfeo-toolbox.org/). Testing the automatic extraction of linear features in the
present case corresponded to the use of a Prewitt type convolution filter (Prewitt, 1970). This
is a well-proved reference contour-detection technique (Gonzalez and Woods, 1992) that is
used extensively in a large amount of commercial software. For the present study we used the

170
commercial Erdas Imagine1 software and applied the Prewitt filter to each of the three
QuickBird image channels with a 3_3 size window.We then created a binary plane by
applying a threshold to the mean of the three planes obtained using the filter.With the adopted
assessment criterion being length, automatic vectorisation of the binary plane results is not
suitable because it gives polygonal units rather than lines. We thus decided on manual
vectorisation for the present study, even though skeletonisation techniques (Loncaric, 1998)
should be able to carry out this step automatically.

LEF Identification by Filtering the Detected Linear Features

At this level, the detected linear features could correspond to any one of the seven identified
categories (see earlier). Consequently these features need to be filtered via a decision tree so
as to retain only those corresponding to the LEFs. For this we used road, plot-boundary and
stream-system data obtained from subsidiary databases and/or from interpreting the
QuickBird image. We then called upon expert knowledge to separate the ploughing lanes
from the LEFs, the former generally being oriented parallel to the long axis of the plot
whereas the latter generally follow the line of greatest slope. The expert rules are based
mainly on criteria of shape, slope and orientation (Figure 3).

• Interplot gullies are linear features that will intersect plot boundaries. They cannot be
roads, tracks or wadis, as these elements have already been identified through visual
interpretation from the high or very high-resolution images or from external databases.
• Intraplot gullies correspond to linear features within the plot trending close to the
direction of water flow and without parallel equidistant segments in the same plot. In
addition, these linear features can be sinuous (sinuosity criterion >1.01)
• Ploughing lanes are segments of two or more parallel lines that are generally parallel
to the long axis of the plot (almost in the study area, if plot is rectangular) and that are
generally orthogonal to the slope when this is relatively steep (threshold fixed at 6 per
cent). They are assumed to be rectilinear (criterion of sinuosity <1.01).
Segments that do not meet the above conditions are classified as ‘undefined’. For example, in
the case of ploughing lanes parallel to the slope, the furrows could provide preferential
flowpaths and thus become transformed to intraplot gullies.
The intermediate layers are thus slope, orientation and flow direction computed from the
DEM. These parameters are included with the plot shapes so that each plot is assigned an
average slope, main orientation, and long-axis azimuth. It is preferable to have a DEM that is
sufficiently accurate to be adapted to smallplot size (minimum of 20 to 30 m) in order to
obtain significant zonal statistics on the plot shapes. Figure 3 outlines the method used for
identifying the LEFs from among all the linear features detected on the images.

171
Figure 3. Methodological flowchart for classifying LEFs. This figure is available in colour
online at wileyonlinelibrary.com

RESULTS

Selection of Image Resolution in Terms of Target Objective

The choice of which spatial image resolution to use is crucial. It depends on the geometric
characteristics of the LEFs that one is hoping to detect and the desired level of detection. To
help the user, we carried out photointerpretations of the LEFs in the seven test areas at scales
ranging from 1:1000 for the QuickBird data to 1:5000 for the SPOT data. The results of these
photo-interpretations were then compared with the 41 LEFs recorded in the field.

172
Table III gives the number of gullies correctly interpreted from the images, along with
information on the correctly determined gully lengths and widths, and information concerning
the undetected gullies.
Comparison of the determined gully lengths clearly shows that the QuickBird images enable a
better identification of agricultural erosion features. Out of the 41 gullies described in the
field, only 9 (22 per cent in terms of numbers, 30.5 per cent in terms of cumulated length)
were perceptible with the 10m SPOT XS resolution, whereas 30 were identifiable with 0.61m
QuickBird resolution (73 per cent in terms of numbers, 86.1 per cent in terms of cumulated
length; Figure 4).
The level of perception is quite logically dependent on the level of resolution. With SPOT XS
(10 m), the nine recognised gullies have an average length of 230m for an average width of
2.8m(median of 3.0 m). Conversely, the 30 gullies determined from the QuickBird image
have an average length of 195m for an average width of 2.2m (median of only 0.5 m). In
passing from SPOT XS (10 m), to SPOT P (5 m) then QuickBird (0.61 m), the median width
of the detected gullies decreases from 3m (SPOT XS) to 1.5m (SPOT P) to 0.5m (QuickBird).
This clearly shows the advantage of using very high-resolution imagery for a visual
perception of the LEFs (Figure 5). Of course one can see that analysis is done between Spot
acquired in July and Quickbird acquired in January. However most of erosion damages occur
before January, with winter rains, when crop protection is still low. Gullies will be still seen
in July, because ploughing is in September, before new planting.
In addition, the 11 gullies that were not detected on the QuickBird image are much smaller
with an average length of 162m and, in particular, a median of 54 m. Their average width is
1.2 m, almost half that of the image-detected gullies.
Analysis of the LEF typology, whether or not detected by SPOT and/or QuickBird, reveals no
predominance for a single gully type such as intraplot.

Table III. Satellite sensor perception of the gullies observed in the field

173
Figure 4. Percentage of field gullies (in terms of length) recognised from satellite images.
This figure is available in colour online at wileyonlinelibrary.com

As mentioned by Vrieling (2006), the contribution of VHSR would appear to be highly


significant for detecting LEFs. Nevertheless, we still need to define an automatic detection
method that will perform such extractions from this type of image – this is the subject of the
next part of the article.

Figure 5. Satellite resolutions versus gully width.

174
Automatic Extraction of Linear Structures from the VHSR QuickBird Image

The different steps for processing the QuickBird image are shown on Figure 6. The Prewitt
filter makes it possible to identify the radiometric contrasts, which is the step prior to
extracting the most contrasted zones assumed, in part, to be indicator elements of gully
erosion.

Figure 6. Extraction of linear features from a QuickBird VHR image. This figure is available
in colour online at wileyonlinelibrary.com

LEF Identification Through Filtering the Detected Linear Features

As shown by Figure 3, the detected lineaments are first purged of the lines corresponding to
plot boundaries, roads and tracks that had been digitised from the QuickBird image. A 2m
buffer zone was then defined around these lines and any lineament totally contained within
the buffer zone was interpreted as being not a LEF. The next step was to apply the decision
tree (Figure 3) to the remaining lineaments in order to separate the LEFs from the ploughing
lanes. The threshold values given in this diagram come from a calibration based on an
interpretation of the QuickBird image of the Kamech catchment (test area no. 1) so as to
provide an independent assessment of the calibration of the six other test areas. The average
sinuosities in the Kamech test area (No. 1) are 1.00 for ploughing lanes, 1.03 for intraplot
gullies and 1.06 for interplot gullies. Thus intraplot, and in particular interplot, gullies are
more curved than ploughing lanes, which generally follow the long axis of the plot.
Analysis of the line and flow directions observed on the plots of this test area no. 1 shows an
average angle of 57 degrees for ploughing lanes as against 31 degrees for the intraplot gullies,
which are generally more-or-less in the flow direction.
The results of the analyses for the seven test areas (one for calibration and six for validation)
are available in both statistical (Table IV) and map form (Figure 7 for test area no. 6) so as to
be able to provide elements for establishing or validating erosion sensitivity maps.

175
Table IV. Characteristics of linear features automatically extracted and identified on the
seven test areas

The pertinence of the parameters chosen for the decision tree can be determined by analysing
the relative percentages of ploughing lanes, gullies and non-classified linear features in terms
of the total length. The purged-line file contains 6052 elements for the seven test areas with a
combined length of 208.5 km. The ploughing lanes represent the largest part, making up_49
per cent in terms of total number and total length (Table IV); their average length is 34 m.
This high proportion of ploughing lanes confirms the visual impression of the QuickBird
images with white lines representing recent ploughs, and is quite normal for the January
acquisition date. Obviously, the relative importance of the ploughing lanes will change during
the year, decreasing strongly after several rain events on the ploughed plots and above all with
plant growth.
The interplot gullies are assumed to be the longest, which is confirmed by the analysis; they
number 344 (5.7 per cent of the total) with a cumulative length of 19.6 km (9.4 per cent of the
total and an average of 57m per gully). The intraplot gullies, numbering 1517 (25.1 per cent
of the total), total 43.9 km (21.1 per cent) to give an average length of 29 m. This result is
again consistent with the field and QuickBird image observations, where most of the gullies
are seen to be quite short, and may even disappear within the same plot on reaching a flat area
and depositing their sediment.
According to the analysis, 80 per cent of the linear features can be classified according to the
initially defined typology (20.1 per cent of the lines could not be classified).
Figure 7 shows the result for test area No. 6 after classifying the different linear features
extracted from the VHR image.

176
Figure 7. Classification results for test area No. 6. This figure is available in colour online at
wileyonlinelibrary.com

Using the Methodology to Draw-Up an Erosion Level Indicator Map

Integrating very high resolution spatial imagery in the approach enables one to differentiate a
large amount (80 per cent) of anthropogenic structural elements in the landscape, such as plot
boundaries, roads, tracks and ploughing lanes, from the effects of linear erosion (intra- and
interplot gullies). The elements characterising erosion fall into two categories closely
correlated with their size; i.e. intra- and interplot gullies. Smaller elements (rills), indicated in
the field by narrow shallow furrows generally in the uphill part of the plot, have a resolution
that is smaller than the QuickBird spatial image resolution (61 cm) and are consequently
unmappable. Thus this approach does not represent an exhaustive mapping of the linear
features due to erosion, but it nevertheless marks a significant advance in enabling one to
differentiate areas of differing LEF density. Lineaments extracted by the proposed
methodology can then be analysed in terms of indicators, to consider a validation of maps of
soil erosion at different scales, from catchment to regional level. It will of course be important
to consider the possible obliteration of small gullies by tillage, and thus take into account the
dates of satellite images acquisition and its position in the cultural calendar of the study area.
The proposed approach thus enables one to assign a given area with an index of gully density
(in km x km-2) that can be used when mapping soil sensitivity to erosion at regional scales
where systematic field surveys are out of the question.

177
DISCUSSION

LEF Size

The spatial resolution of the interpreted image has a strong influence on the size of LEF that
can be detected. It would appear that the detection level is good for LEFs whose width is
equal to or greater than the image resolution, but that it drops rapidly for LEFs with a smaller
width. The median width of the gullies detected with QuickBird imagery is 60 cm, i.e. the
resolution of the sensor. The resolution level does not, however, necessarily represent a lower
limit of detection, because both pixel alignment and radiometric contrast between a
vegetation-free gully and its environment enable one to identify thinner gullies, although with
an identification percentage that drops of with size.
The error matrix (Table V) shows a good overall accuracy with 73 per cent of detected LEFs.
This proportion increases logically with the size of LEF; from 64 per cent for narrow features
(<50 cm) to 75 per cent for wider elements.
In conclusion, we consider the use of VHR imagery (resolution<1 m) to be essential for
identifying indicators of gully erosion, which is the main cause of soil loss in agricultural
areas and consequently of the silting up of hill dams and reservoirs. It is the main cartographic
method for validating soil erosion maps, and complements validation by an analysis of dam
silting-up rates, which is not always available and difficult to acquire.

Table V. LEFs error matrix

LEF Identification Period

One of the main limitations of this approach is the time factor available for the analysis. The
gullies that can be determined from satellite images represent a certain amount of erosion. The
small LEFs, possibly observable despite their size when conditions are optimal, could have
been erased by tillage operations. The field observations clearly reveal that any rill or gully of
limited depth (<30 cm) and narrower than 80–100 cm will be ploughed, rendering it invisible
after the plough has passed over it. Before ploughing, such a gully may have drained large

178
amounts of sediment downslope of the plot. The acquisition date of the VHR image is thus
primordial; it must be after the period of heavy rains and before ploughing, and also be
outside the main period of plant growth. The acquisition date of the QuickBird image for the
Lebna catchment (8 January) is an excellent compromise: (i) the ground was ploughed in the
autumn, the period most favourable for heavy rain; tillage operations can definitively erase
indicators of erosion (albeit erosion took place and the agricultural plots lost sediment which
would have ended up in one of the many hillside reservoirs), and (ii) the partly formed LEFs
are not yet hidden by the height of the wheat. Cereals being the main crop of the Lebna
catchment, they will hide the less developed gullies once their growth gives sufficient cover
(about 60 per cent).

The acquisition of satellite images and aerial photographs must therefore take account of this
temporal parameter and target an acquisition window:
• in the 2 months after planting, but before crop development, i.e. between December
and February, or
• after the harvest but before ploughing, i.e. between July and September.

This second temporal window will be interesting if no image is available between December
and February, the most favourable period for the appearance of gullies. Indeed, the gullies
appear in winter, but may partially disappear before summer. The growth of cereal crops
beneath orchards, such as olive groves, can occur in the Cap Bon region. In this case gullies
are difficult to discern, and so will not be included in the assessment. In addition, the
difficulty in mapping and identifying small to very small LEFs, which nevertheless have a
very important role in sediment transfer and soil loss, is the first limitation of only using
spatial imagery as a validation tool for erosion models. In the same way, the cyclic
obliteration of these small gullies limits an exhaustive perception.

Using the Method to Validate Regional Erosion-Hazard Models

Although the strictly quantitative approach based on a count of the lineaments due to gully
erosion appears difficult to apply, it does enable one to identify and rank the intensity of
erosion in the various landscapes, thus providing a link with model-derived erosion mapping.
Mapping the LEFs, in addition to allowing one to rank and assess of the level of soil erosion,
enables one to characterize the overall regime of the landscape within the catchment, to
determine the flow and pollutant connectivity and transfer processes, and to assess the dam
sedimentation risk.
Assessing soil and water-resource degradation is a necessary preliminary to establishing
protection measures, which could have a major economic impact (crop yields, capacity for
irrigation, etc.).
The study results also indicate that the proposed methodology for mapping LEFs could be
used to assess erosion modelling at the regional scale as is done in Europe with Mesales (Le
Bissonnais et al., 2002) and Pesera (Kirkby et al., 2008). MESALES (Regional Modelling
ofSoil Erosion Risk) is an expert model, which applies a hierarchical multifactorial
classification (Le Bissonnaiset al., 1998; 2002). It was already applied in many

179
previousstudies from the county scale (i.e 1:25,000 to 1:250,000 scale) to the European scale.
(Le Bissonnais et al., 2002). PESERA (Pan-European Soil Erosion Risk Assessment) is a
simplified process-based model already used for the soil erosion risk mapping for the
European Union (Kirkby et al., 2008).
Very high-resolution images (QuickBird, Ikonos, etc.) are increasingly available. A possible
methodology could be based on the random extraction of ‘snapshots’. Each could be
classified into one of three categories such as ‘Erosion’/ ‘No Erosion’/‘No opinion’ – a simple
classification that would enable a rapid expert assessment of current threatened areas. The
representative size of the ‘snapshots’ could be 1000x1000 m, the resolution of the available
input datasets at the continental scale. At the same time this scale enables erosion features
such as rills or interrill erosion marks to be recognised. A specific number of these samples
would be necessary to be representative of the area size and resolution depending on the
existing variability in terms of land use and soil typology.

CONCLUSION

Very high-resolution imagery of the QuickBird type is a valuable tool from which one can
extract the consequences of linear erosion, such as gullies and rills. LEF identification attains
an interesting threshold at this level of resolution, whereas it had remained fairly insignificant
with high resolution imagery of the SPOT type. The methodology that we have presented
demonstrates the potential for extracting lineaments from the imagery, but more importantly it
discusses a GIS analysis that can identify elements with soil erosion traits from among all the
linear features – i.e. mediumsize (intraplot) gullies and large-size (interplot) gullies. Note that
gully density is logically higher on cropland because this land-use class is the most sensitive
to erosion.
Several major points, however, still need to be resolved before using the proposed
methodology at large scale. The first is the mandatory use of high-performance software that
can extract raster features without any discontinuity. This is an important step in order to
avoid visual digitisation of the Prewitt-filtered QuickBird image, which would be very costly
in terms of time taken.
The second point is a necessary analysis of the VHR image-acquisition period in terms of the
agricultural calendar, i.e. relative to the ploughing and crop development dates. If the images
are acquired just after ploughing, the ploughing lanes will be very important and narrow with
no deep rills, and any gullies will have disappeared. It is just after heavy rains on bare soil that
a minimum of ploughing lanes and a maximum of LEFs will be observed.

ACKNOWLEDGEMENTS

This work was carried out within the framework of the MESOEROS21 project supported by
the ANR VMC programme. The authors wish to thank Catherine Ottle´ for her advice on the
use of very high-resolution imagery for linear features detection.

180
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183
184
Annexes 5

Fiches terrain

185
186
Fiche bassin versant (exemple Kamech)
Date : 2009-2010
Opérateur :

187
188
Fiche ravin
Bassin versant : Kamech
Date : 25/05/2009
1- Données sur le ravin

N° du ravin : 3
Rive: droite

Description globale du ravin

Profil de ravin Nature du Horizons


Type de ravin Affleurement observations
(longitudinal) modelé du sol
(transversal) lithologique
Axe central environnant attaqués

Dissymétrique
Irrégulier Marne Versant
(V. U)

Schématisation du ravin + localisation tronçons Photo N°

De 1 à 109

189
Couvert végétal
Existence/ Type (naturel Taux de
absence /reboisement) recouvrement ≈ %

existence Naturel 70%

Schématisation de la connectivité amont et aval de l’entrée d’eau Photo N°

190
Fiche tronçon de ravin

Bassin versant : Kamech N° de ravin : 3


Date : 25 /05/2009
Longueur par rapport à la tête : 68 m
Tronçon N° : 4

Point GPS : Amont : 326


Aval : 324
Berge droite : 327
Berge gauche : 325

Valeur de la pente : lit : 29%


BG : 23%
BD : 27%

Description du profil transversal de la section moyenne

Berge Taux de
Forme lithologie de la section
Largeur végétalisé recouvrement
(en V. U. Profondeur
du lit Affleurement au Affleurement au
Complexe
niveau de la berge niveau du lit BD : 80%
Oui BG : 75%
V 4.1 11.7 Marne Marne Lit : 60%

Schématisation de la section du ravin


Photo N°
Profil transversal Vue schématique de dessus

De 49 à74

191
Formes d'érosion dans la section moyenne

Localisation sur les Localisation sur photo


Type Symbole Intensité Photo N°
berges de la section aérienne (symbole)

Surtout tout au long de


Effondrement Forte 54-55-56
la berge gauche

Recul de tête Tête de ravin 60-61-62

Les aménagements dans la section moyenne

Longueur par rapport à la


Type Efficacité Entretien Observations
tête
- - - - -

- - - - -

Schématisation

192
Fiche occupation du sol autour du ravin

Bassin versant : Kamech ravin N°: 3


Date : 25/05/2009

Berge du Localisation sur Type de Irrigué / Sens et type Taux de Photo


Observations
ravin le schéma (N°) culture Pluvial de labour recouvrement N°
Jachère
P
1 70 %
Berge droite

2 Céréales P 85 %

1 Jachère P 70 %
Berge gauche

Sens
3 Labour contraire à 2%
la pente

Schématisation

193
194

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