Sommaire Chapitre
1.1 L’ensemble Q des nombres rationnels
1.2 L’ensemble R des nombres réels
1
1.3 Propriétés des nombres réels
1.4 Notion de partie entière
1.5 La valeur absolue
1.6 Intervalles de R
1.7 Exercices
1.8 Corrections
Les Nombres Réels
l’instar de tous les grands savants, la mémoire collective a associé une phrase, une
fable transformant le découvreur en héros mythique : à Isaac Newton est associée la
pomme, à Louis Pasteur le petit Joseph Meister (la rage), à Albert Einstein la
formule E = mc2 .
Pour Archimède, ce sera le mot Eurêka ! (en grec ancien heúrêka signifiant ” J’ai
trouvé !”) prononcé en courant nu à travers les rues de la ville.
À.
Archimède de Syracuse
n mathématiques, un nombre réel x est un nombre qui peut être représenté par
E une partie entière n et une liste finie ou infinie de décimales d 1 d 2 d 3 ..., c’est à
dire x = n + 0, d1 d2 d3 .... Cette définition s’applique aussi aux nombres rationnels,
dont les décimales se répètent de façon périodique p à partir d’un certain rang, mais
aussi à d’autres nombres dits irrationnels, tels que 2, π et e.
Il existe différentes définitions de l’ensemble des nombres réels, noté R. La définition
axiomatique est donnée par : R est l’unique corps totalement ordonné qui soit à la
fois archimédien « c’est à dire : ∀ x ∈ R, ∃ n ∈ N : n > x »et complet « C’est-à-dire
que dans R, toute suite de Cauchy est converge ».
Mais on trouve aussi d’autres définitions axiomatiques qui lui sont équivalentes.
Ainsi : R est l’unique corps totalement ordonné qui satisfait l’axiome de la borne
supérieure. On y montre de plus que ce corps est nécessairement commutatif, et
que le sous-corps des rationnels Q y est dense « c’est à dire entre deux réels distincts
il existe toujours un rationnel ».
1
2 Les Nombres Réels
1.1 L’ensemble Q des nombres rationnels
1.1.1 Rappel
N = {0, 1, 2, 3, · · · } est l’ensemble des entiers naturels.
Dès que l’on fait des soustractions; on rencontre des problèmes, pour les résoudre,
on ajoute à N de nouveaux éléments, les entiers négatifs (−n). De ce fait, on obtient :
1 Z = {· · · , −2, −1, 0, 1, 2, 3, · · · } est l’ensemble des entiers relatifs.
On rencontre de nouveau des problèmes lorsqu’on essaye de diviser les entiers rela-
tifs. On ajoute de nouveaux éléments représentés par ( p/ q) tels que p ∈ Z et q ∈ Z∗ ,
de ce fait, l’ensemble de toutes les fractions sera noté :
Q = { p/ q : p ∈ Z, q ∈ Z∗ } est l’ensemble des nombres rationnels.
Dans Q, on peut effectuer toutes les opérations algébriques de base (addition, sous-
traction, multiplication et division) sans rencontrer de problèmes, mais par contre,
l’équation x2 = 2 n’admet pas de solution dans Q.
Problème 1.1
Montrer qu’aucun nombre rationnel ne vérifie l’équation x2 = 2 ?
Démonstration. Preuve par l’absurde : on suppose que x = qp avec p ∈ Z et q ∈ Z∗
est un nombre rationnel dont le carré est 2, la règle de simplification des fractions
2
montre que l’on peut toujours supposer que p ou q est impair. Comme x2 = qp2 =
2 ⇒ p2 = 2 q2 , p2 est pair donc p est pair. Alors, il s’écrit p = 2 p0 , p0 ∈ Z.
D’où 2 p02 = q2 , donc q2 est pair donc q est pair. Contradiction avec l’hypothèse.
On conclut que x2 = 2 n’admet pas de solution dans Q.
Cependant, il existe un nombre dont le carré est 2, après tout, le graphe de la fonc-
tion f : x 7→ x2 − 2 coupe bien l’axe des x!!!
La construction des nombres réels vise donc à ajouter de nouveaux nombres à
l’ensemble Q de telle sorte que les équations de ce type possèdent des solutions.
Problème 1.2
Avec quoi faut il compléter Q pour obtenir l’ensemble des nombres réels ?
1.2 L’ensemble R des nombres réels
De la même manière qu’on a construit Z et Q, on construit l’ensemble R. l’ensemble
initial nous permet pas d’effectuer certaines opérations, on lui rajoute certains élé-
ments en vue d’obtenir un ensemble plus grand dans lequel on peut effectuer ces
opérations, tout en gardant les propriétés de l’ensemble de départ.
En étudiant la fonction f : x 7→ x2 − 2, on remarque que sa courbe possède une partie
sous l’axe des x (les nombres de carré 6 2) et une partiepau dessus de l’axe des x
(les nombres de carré > 2). IL est évident que le nombre 2 que l’on veut rajouter
doit être le plus grand des éléments de l’ensemble des nombres de carré 6 2. Pour
faciliter la compréhension de cette expression, on introduit les notions suivantes :
SM
1.2 L’ensemble R des nombres réels 3
1.2.1 Majorants, Minorants
Définition 1.1
Soit A une partie non vide de R, on dit que A est :
– majorée s’il ∃ M ∈ R, ∀ x ∈ A : x 6 M ; alors M est un un majorant de A .
– minorée s’il ∃ m ∈ R, ∀ x ∈ A : x > m; alors m est un un minorant de A .
– bornée si elle est à la fois majorée et minorée 1
Exemple 1.1
À faire ?
1. l’ensemble Z n’a ni majorant ni minorant. l’ensemble N n’a pas de majo-
rant mais il est minoré par 0.
2. Toute partie finie non vide est bornée.
3. Soit a < b, montrer que l’ensemble des majorants pour chaque intervalles
[a, b], ]a, b[, [a, b[ et ]a, b] de Q est E M = { M ∈ Q / M > b}
4. La partie A = { x ∈ Q : x2 < 2} de Q est majorée par 2. Montrer que l’en-
semble des majorants est Y = { M ∈ Q / M > 0, M 2 > 2}
1.2.2 Maximum, Minimum
Définition 1.2
Soit A une partie non vide de R, on dit que :
– Le réel α est le plus grand élément (ou maximum ) de A si α ∈ A et α
est un majorant de A . Et, on note max( A ) = α.
– Le réel β est le plus petit élément (ou minimum) de A si β ∈ A et β est
un minorant de A . Et, on note min( A ) = β.
Proposition 1.1
Les majorants et les minorants se sont pas en général uniques, par contre un
plus grand élément et un plus petit élément s’ils existent sont uniques.
Démonstration. Soient M et M 0 deux plus grands éléments d’une partie A . Comme
M ∈ A et M 0 est un majorant de A alors M 0 > M ; inversement, M 0 ∈ A et M est un
majorant de A alors M > M 0 . Donc M = M 0 . De même, pour le min.
Exemple 1.2
À faire ?
1. l’ensemble Z n’a ni plus petit, ni plus grand élément. 0 est le plus petit
élément de N.
2. Toute partie finie non vide a un plus petit et un plus grand élément.
SM
4 Les Nombres Réels
3. La partie A = { x ∈ Q / x2 < 2} de Q n’a pas de plus grand élément.
1.2.3 Borne supérieure, Borne inférieure
Définition 1.3
Soit A une partie non vide de R, on dit que A admet :
1 – une borne supérieure s’il existe un plus petit majorant de A , c’est à dire
si l’ensemble des majorants est non vide et admet un plus petit élément et
on le note sup( A ).
– une borne inférieure s’il existe un plus grand minorant de A , c’est à dire
si l’ensemble des minorants est non vide et admet un plus grand élément et
on le note inf( A ).
Proposition 1.2
Soit A une partie non vide de R, on a :
∀x ∈ A : x 6 M
• M = sup( A ) ⇔ et
∀ε > 0, ∃ x ∈ A : M − ε < x 6 M
∀x ∈ A : m 6 x
• m = inf( A ) ⇔ et
∀ε > 0, ∃ x ∈ A : m 6 x < m + ε
Démonstration. Les équivalence sont évidentes, leurs seconds membres expriment
d’une part le fait que M est un majorant (respectivement m est un minorant) et
d’autre part, que M est le plus petit des majorants (resp. m le plus grand des
minorants).
Remarque 1.1
1. sup( A ) et inf( A ) peuvent ne pas appartenir à A
2. sup( A ) et inf( A ) s’ils existent, ils sont uniques.
Exemple 1.3
1. Pour a < b, dans Q les intervalles [a, b], [a, b[, ]a, b] et ]a, b[ ont b comme
borne supérieure et a comme borne inférieure.
2. Dans Q, X = { n1 / n ∈ N∗ } admet le rationnel 0 comme borne inférieure
3. La partie A = { x ∈ Q / x2 < 2} de Q n’a pas de borne supérieure dans Q.
Démonstration. On raisonne par absurde.
On suppose qu’il existe une borne supérieure a de A , donc a2 > 2 comme
2
a ∈ Q et aucun rationnel n’est de carré 2, donc a2 > 2. On pose ε = a2a−2 ,
on a ε > 0 et
(a − ε)2 = a2 − 2aε + ε2 > a2 − 2aε = 2
Le rationnel a − ε est un majorant de A , contradiction a n’est pas le plus
SM
1.3 Propriétés des nombres réels 5
petit des majorants.
1.3 Propriétés des nombres réels
p
L’idée principale est de définir 2 comme étant la borne supérieure de A . Avant tout,
elle doit exister. C’est justement cette propriété d’existence de la borne supérieure
que R doit satisfaire. 1
1.3.1 Propriétés structurelles de R
Propriété 1.1
(R, +, ×) est un corps commutatif
On étend l’addition " + " et la multiplication " × " usuelles à R, de telle sorte que
R muni de ces deux lois a une structure de corps, c’est-à-dire vérifiant :
1. + est une loi de composition interne : ∀( x, y) ∈ R2 : x + y ∈ R
2. + est associative : ∀( x, y, z) ∈ R3 : x + ( y + z) = ( x + y) + z
3. + admet un élément neutre (unique) : ∀ x ∈ R : x + 0 = 0 + x = x
4. Tout élément de R admet un symétrique : ∀ x ∈ R, ∃ x0 ∈ R : x + x0 = x0 + x = 0
Le symétrique de la loi + est appelé opposé, on le note : − x.
5. + est commutative : ∀( x, y) ∈ R2 : x + y = y + x
6. × est une loi de composition interne : ∀( x, y) ∈ R2 : x × y ∈ R
7. × est associative : ∀( x, y, z) ∈ R3 : x × ( y × z) = ( x × y) × z
8. × admet un élément neutre (unique) : ∀ x ∈ R : x × 1 = 1 × x = x
9. Tout élément de R∗ a un symétrique : ∀ x ∈ R∗ , ∃ x0 ∈ R : x × x0 = x0 × x = 1
Le symétrique de la loi × est appelé inverse, on le note : x−1 = 1/ x.
10. × est commutative : ∀( x, y) ∈ R2 : x × y = y × x
11. × est distributive par rapport à +:∀( x, y, z) ∈ R3 : x × ( y + z) = ( x × y) + ( x × z)
Propriété 1.2
R est un corps totalement ordonné
La relation 6 sur R est une relation d’ordre, et de plus, elle est totale.
1. La relation 6 est réflexive : ∀ x ∈ R : x 6 x
2. La relation 6 est antisymétrique : ∀( x, y) ∈ R2 : ( x 6 y) et ( y 6 x) ⇒ x = y
3. La relation 6 est transitive : ∀( x, y, z) ∈ R3 : ( x 6 y) et ( y 6 z) ⇒ x 6 y
4. La relation 6 est d’ordre total : ∀( x, y) ∈ R2 : ( x 6 y) ou ( y 6 x)
5. ∀( x1 , x2 , y1 , y2 ) ∈ R4 : ( x1 6 y1 ) et ( x2 6 y2 ) ⇒ x1 + x2 6 y1 + y2
6. ∀( x, y) ∈ R2 : (0 6 x) et (0 6 y) ⇒ 0 6 x × y
L’ensemble des nombres rationnels Q est un corps commutatif totalement ordonné,
il vérifie les propriétés ci dessus, ce qui le distingue de R c’est l’axiome de la borne
supérieure suivant.
SM
6 Les Nombres Réels
1.3.2 Axiome de la borne supérieure
Définition 1.4
Toute partie non vide majorée de R admet une borne supérieure
1 Proposition 1.3
Toute partie non vide et minorée de R admet une borne inférieure.
Démonstration. Soit A 0 = {−a|a ∈ A }; A est minorée, alors il ∃ m ∈ A, ∀ x ∈ A : m 6
x ⇒ − x 6 − m, donc − m est un majorant de A 0 ; A 6= φ ⇒ A 0 6= φ.
A 0 est une partie non vide et majorée de R, alors sup( A 0 ) existe.
D’autre part, inf(− A ) = − sup( A )! En effet, si m = sup( A ) ⇒ −m = in f ( A 0 ), c’est à
dire inf(− A ) = − sup( A ), et donc inf( A ) = − sup(− A ) = − sup( A 0 ) qui existe.
Théorème 1.1
R est archimédien, c’est à dire : ∀ x ∈ R, ∃ n ∈ N : n > x
Où, d’une façon équivalente : ∀ x ∈ R, ∀a ∈ R∗+ , ∃ n ∈ N : na > x
Démonstration. Par absurde, on suppose qu’il ∃ x ∈ R, ∀n ∈ N : n 6 x, donc x est un
majorant de N. N est une partie non vide majorée de R , d’après la propriété de
la borne supérieure, N admet une borne supérieure, soit M = sup(N). Donc, ∀ε >
0, ∃ p ∈ N : M − ε < p 6 M .
On pose ε = 1/2, alors M − 1/2 < p ⇒ M + 1/2 < p + 1 ⇒ M < p + 1 avec p + 1 ∈ N,
contradiction car sup(N) = M .
1.4 Notion de partie entière
Définition 1.5
La partie entière d’un réel x est le plus grand entier inférieur ou égal à x.
Et, on note E ( x), ou [ x], ou b xc.
Par définition, il existe un unique entier relatif n ∈ Z tel que :
n = E ( x) 6 x < E ( x + 1) = E ( x) + 1 = n + 1
Exemple 1.4
1. Représentation graphique de la fonction E : x 7→ E ( x)
SM
1.5 La valeur absolue 7
2. Montrer que : ∀( x, y) ∈ R2 : E ( x) + E ( y) 6 E ( x + y) 6 E ( x) + E ( y) + 1
Théorème 1.2
Q est dense dans R
Il s’agit de démontrer qu’entre deux réels distincts il existe toujours un rationnel,
c’est à dire : ∀(a, b) ∈ R2 , a < b, ∃ r ∈ Q : a < r < b
Démonstration. On a : a < b ⇒ b − a > 0 ⇒ 1/(b − a) > 0.
Comme R est archimédien : ∃ n ∈ N tel que n > b−1 a , alors n1 < b − a
On pose p = E (na) ⇒ p 6 na < p + 1 ⇒ np 6 a < pn+1
D’ou a < pn+1 = np + n1 6 a + n1 < a + b − a = b, c’est à dire : a < pn+1 < b.
On voit bien que pn+1 est un nombre rationnel strictement compris entre a et b.
Propriété 1.3
Un nombre réel est la borne supérieure des nombres rationnels qui lui sont
inférieurs strictement.
1.5 La valeur absolue
Définition 1.6
On appelle valeur absolue, l’application définie par :
| . | : R → R+
½
x si x > 0
x 7→ | x| =
− x si x 6 0
En d’autres termes : ∀ x ∈ R : | x| = max( x, − x)
SM
8 Les Nombres Réels
Propriété 1.4
1. ∀ x ∈ R : | x| = 0 ⇔ x = 0
2. ∀ x, y ∈ R : | x.y| = | x|.| y|
3. ∀ x, y ∈ R : | x + y| 6 | x| + | y| (inégalité triangulaire)
4. ∀ x ∈ R, ∀a ∈ R+ : | x| 6 a ⇔ −a 6 x 6 +a
1 5. ∀ x, y ∈ R : || x| − | y|| 6 | x − y|
6. ∀ x ∈ R, ∀a ∈ R+ : | x| > a ⇔ ( x > a) ou ( x 6 −a)
p
7. ∀ x ∈ R : x2 = | x| et | x|2 = x2
Démonstration. On démontre la cinquième propriété, les autres sont évidentes.
On a ½ ½
| x| = | x − y + y| 6 | x − y| + | y| | x| − | y| 6 | x − y|, (1)
⇒
| y| = | y − x + x| 6 | y − x| + | x| | x| − | y| > −| x − y|, (2)
(1) et (2) ⇔ −| x − y| 6 | x| − | y| 6 | x − y| ⇔ || x| − | y|| 6 | x − y|, en utilisant 4.
1.6 Intervalles de R
R n’est pas un ensemble dénombrable.
Définition 1.7
Soient a, b ∈ R tels que a 6 b.
X On appelle segment d’extrémités a et b, que l’on note [a, b], l’ensemble des
nombres réels x tels que a 6 x 6 b.
X On dit qu’une partie I de R est un intervalle si ∀a, b ∈ I : a 6 b ⇒ [a, b] ⊂ I
1.6.1 les types d’intervalles
Soit I un intervalle de R, I de l’un des types suivants :
X Un segment [a, b] = { x ∈ R : a 6 x 6 b} intervalle fermé (compact)
X Un intervalle ouvert borné ]a, b[= { x ∈ R : a < x < b}
X Un intervalle semi-ouvert borné :
[a, b[= { x ∈ R : a 6 x < b} ou ]a, b] = { x ∈ R : a < x 6 b}
X Un intervalle minoré non majoré :
Ouvert ]a, +∞[= { x ∈ R : x > a} ou fermé [a, +∞[= { x ∈ R : x > a}
X Un intervalle majoré non minoré :
Ouvert ] − ∞, b[= { x ∈ R : x < b} ou fermé ] − ∞, b] = { x ∈ R : x 6 b}
X Un intervalle ni majoré ni minoré : ] − ∞, +∞[= R
SM
1.6 Intervalles de R 9
Exemple 1.5
[1, 3] ∪ [5, 8] n’est pas un intervalle.
Théorème 1.3
Principe de Cantor des intervalles emboı̂tés
Soit In = [a n , b n ], n ∈ N des intervalles fermés de R tels que ∀n ∈ N : In+1 ⊂ In 1
alors : ∞
In 6= ;
\
n=0
Démonstration. On considère les ensembles A = {a 0 , a 1 , a 2 , · · · } et B = {b0 , b1 , b2 , · · · },
du moment que ∀n ∈ N : In+1 ⊂ In alors chaque a n ∈ A est un minorant de B et chaque
b n ∈ B est un majorant de A .
A est une partie non vide majorée de R donc sup( A ) existe et B est une partie
non vide minorée de R donc inf(B) existe de telle sorte que : a n 6 sup( A ) 6 inf(B) 6
b n , ∀ n ∈ N. Alors ∀ n ∈ N : [sup( A ), inf(B)] ⊂ In , c’est à dire : [sup( A ), inf(B)] ⊂ ∞n=0 I n
T
( qui se réduit à un seul élément si sup( A ) = inf(B)).
1.6.2 Voisinage d’un point de R
Définition 1.8
Une partie V de R est un voisinage d’un point x0 ∈ R si et seulement si il existe
un intervalle ouvert de centre x0 inclus dans V , et on note Vx0 l’ensemble des
voisinages de x0 .
Exemple 1.6
[1, 3] ∈ V2 mais [1, 3] ∉ V1
SM
10 Les Nombres Réels
1.7 Exercices
Exercice 1.1. Bornes supérieures et bornes inférieures
Soient A et B deux parties non vides bornées de R. Montrer que :
1. Si A ⊂ B ⇒ sup A 6 sup B et inf B 6 inf A .
2. sup( A ∪ B) = max(sup A, sup B) et inf( A ∪ B) = min(inf A, inf B)
1
Exercice 1.2. Propriétés de la valeur absolue
Pour tout x, y ∈ R, montrer les inégalités suivantes
1. Première inégalité triangulaire
| x + y| 6 | x| + | y|
2. Seconde inégalité triangulaire
¯ ¯
¯| x| − | y|¯ 6 | x − y|
Exercice 1.3. Fonction Partie entière
Soit E la fonction partie entière sur R
p
1. Donner E (1, 2), E (−4), E ( 8), E (−4π)
2. Démontrer les résultats suivants :
– ∀ x, y ∈ R, x 6 y ⇒ E ( x) 6 E ( y)
µ y ∈ R, ¶E ( x + y) − E ( x) − E ( y) ∈ {0, 1}
– ∀ x,
E ( nx)
– E = E ( x), ∀ x ∈ R, n ∈ N∗ .
n
SM
1.8 Corrections 11
1.8 Corrections
Correction de l’exercice 1.1
Si A et B sont deux parties non vides et majorées de R, alors d’après l’axiome de la
borne supérieure, ils existent sup A et sup B, de même A et B sont deux parties non
vides et minorées de R, donc inf A et inf B existent.
Si A et B sont deux parties non vides et bornées de R, alors A ∪ B est une partie non
vide et bornée de R et il s’ensuit que sup(A ∪ B) et inf(A ∪ B) existent . 1
1. Du fait que A ⊂ B alors pour tout x ∈ A , on a x ∈ B, donc x 6 sup B alors sup B
majore A et sup A est le plus petit des majorants de A donc :
sup A 6 sup B
De même, pour tout x ∈ A , on a x ∈ B du fait que A ⊂ B, donc x > inf B alors
inf B minore A et inf A est le plus grand des minorants de A donc :
inf A > inf B
2. D’une part, pour tout x ∈ (A ∪B) on a x 6 max(sup A, sup B) donc max(sup A, sup B)
majore (A ∪ B) et sup(A ∪ B) est le plus petit des majorants, Alors
sup(A ∪ B) 6 max(sup A, sup B) (1.8.1)
D’autre part, puisque A, B ⊆ (A ∪B) d’après la question précédente sup A, sup B 6
sup(A ∪ B), donc
max(sup A, sup B) 6 sup(A ∪ B) (1.8.2)
Des inéquations (1.8.1) et (1.8.2), on déduit l’égalité.
sup(A ∪ B) = max(sup A, sup B)
Le même raisonnement pour montrer que :
inf(A ∪ B) = min(inf A, inf B)
Correction de l’exercice 1.2. Démonstration des inégalités triangulaires
1. On a par définition de la valeur absolue : −| x| 6 x 6 | x| et −| y| 6 y 6 | y|.
En additionnant membre à membre − (| x| + | y|) 6 x + y 6 | x| + | y|, donc
| x + y| 6 | x | + | y|
2. Puisque¯ ¯ y) + y, on a d’après la première inégalité triangulaire :
x = (x −
| x| = ¯(x − y) + y¯ =6 | x − y| + | y|, donc | x| − | y| 6 | x − y|.
En intervertissant les rôles de x et y, on a aussi | y| − | x| 6 | y − x|. Comme
| y − x| = | x − y|, donc
¯ ¯
¯| x| − | y|¯ 6 | x − y|
SM
12 Les Nombres Réels
Correction de l’exercice 1.3
p
1. On a : E(−1, 2) = −2, E(−4) = −4, E( 8) = 2, E(−4π) = −13
2. On a :
– Sachant que la fonction partie entière E est une fonction croissante sur R
donc
∀ x, y ∈ R si x 6 y alors E(x) 6 E(y)
1 En effet, si x, y ∈ [n, n + 1[, n ∈ Z telle que x 6 y alors E(x) = E(y).
Si x ∈ [n, n + 1[ et y ∈ [m, m + 1[ avec n, m ∈ Z et n < m alors
x < y ⇒ E(x) = n < m = E(y)
.
– ∀ x, y ∈ R, on a les inégalités :
x − 1 < E(x) 6 x − x 6 −E(x) < − x + 1
y − 1 < E(y) 6 y ⇒ − y 6 −E(y) < − y + 1
x + y − 1 < E(x + y) 6 x + y x + y − 1 < E(x + y) 6 x + y
En sommant, on déduit :
−1 < E(x + y) − E(x) − E(y) < +2
E(x + y) − E(x) − E(y) ∈ Z, donc :
E(x + y) − E(x) − E(y) ∈ {0, 1}
E(nx)
µ ¶
– E = E(x), ∀ x ∈ R, n ∈ N∗ .
n
D’une part on a
E(nx)
E(nx) 6 nx ⇒ 6x
n
La fonction partie entière est croissante, alors :
E(nx)
µ ¶
E 6 E(x) (1.8.3)
n
D’autre part, on a :
E(x) 6 x ⇒ nE(x) 6 nx ⇒ E (nE(x)) 6 E(nx).
E(nx)
nE(x) est un entier, donc E(nE(x)) = nE(x) ⇒ E(x) 6 .
n
La fonction partie entière est croissante, alors
E(nx)
µ ¶
E(x) 6 E (1.8.4)
n
De (1.8.3) et (1.8.4), on obtient l’égalité cherchée :
E(nx)
µ ¶
E = E(x), ∀ x ∈ R, n ∈ N∗ .
n
SM