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Commercant Et Entreprenant

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SEANCE IV- L’accès à la profession commerciale et le statut de l’entreprenant

SOUS THEME I : les acteurs


Exercice 1 dissertation : le commerçant et l’entreprenant

Le législateur OHADA, prenant en compte la réalité des économies des Etats membres caractérisée
par l’informel, a organisé un nouveau statut applicable à certains acteurs de la vie des affaires de
son espace, élargissant ainsi la catégorie des personnes physiques qui participent au même titre
que les personnes morales à la vie des affaires. Ce droit d’exception qu’est le droit commercial
n’est apparu que pour répondre aux exigences du commerce et pour régir les relations
qu’entretiennent ceux qui le pratiquaient. On comprend alors qu’il est nécessaire pour étudier le
droit commercial de découvrir qui sont les commerçants auxquels ce droit est destiné. A côté des
personnes physiques traditionnellement considérées comme commerçantes, le législateur a
adjoint un nouvel acteur dénommé entreprenant .
Aux termes de l’article 2 de l’AUDCG le commerçant est défini comme << celui qui fait de
l’accomplissement d’actes de commerce par nature sa profession>> alors que l’entreprenant est
celui qui vient de commencer une initiative : ouverture d’un fonds de commerce, d’un fonds civil
ou artisanal ; bref, une activité économique de quelque nature que ce soit. La définition juridique
que l’AUDCG nous propose de la notion de l’entreprenant ne s’écarte pas de cette explication
littéraire. En effet, l’article 30 de ce texte dispose: « l’entreprenant est un entrepreneur individuel,
personne physique qui, sur simple déclaration prévue dans le présent acte uniforme, exerce une
activité civile, commerciale, artisanale ou agricole »
Le problème juridique qui se pose est celui de savoir : Quelles sont les caractéristiques distinctives
de l'entrepreneur et du commerçant ?
Ce sujet revet un intérêt pratique dans la mesure ou comprendre la distinction entre l'entrepreneur et
le commerçant permet aux acteurs économiques de déterminer leur statut juridique et les obligations
qui en découlent, ce qui est essentiel pour assurer la conformité légale de leurs activités.
Pour mieux appréhender ce sujet il sera nécessaire de voir dans une première partie les similitudes
ou points communs entre les deux notions (I) et puis dans une seconde partie nous tenterons de
déceler les différences qui entourent ces deux notions (II) .

I- Points communs entre les deux notions


Le commerçant et l’entreprenant relativement a leur statut se rapprochent aussi bien pour la
prescription (A) que pour la preuve (B)

A- La prescription
La prescription est une technique justifiée par la sécurité juridique. En effet, cette dernière se
concilie difficilement avec la possibilité de pouvoir remettre en cause sans cesse les situations
juridiques. En d’autres termes, il faut que « l’ordre etabli ne puisse pas etre sans cesse remise en
cause et que les situations juridiques ou de fait acquièrent au bout d’un certain temps une stabilité
suffisante ». Les droits reconnus doivent alors etre encadrés par rapport au temps. C’est le régime
de la prescription.
En effet les obligations nées à l’occasion de leur commerce entre commerçants, ou entre
commerçants et non commerçants, se prescrivent par cinq (05) ans si elles ne sont pas soumises à
des prescriptions plus courtes. La renonciation à la prescription est possible uniquement pour une
prescription déjà acquise, et elle peut être expresse ou tacite. Les entrepreneurs sont principalement
régis par l'AUDCG et bénéficient de la prescription courte propre au droit commercial, qui est
également de cinq ans dans la plupart des cas.

B- La preuve
Celui qui réclame l'exécution d'une obligation doit en prouver l'existence. Les règles de preuve
varient selon qu'il s'agit d'opérations entre commerçants ou avec un non commerç[Link]
commerçants, la règle est la liberté de preuve. Les actes de commerce se prouvent par tous moyens
à l'égard des commerçants. Les seuls moyens de preuve retenus par la loi sont:l’écrit, le
témoignage, la présomption du fait de l’homme, l’aveu judiciaire et le serment.
D’autre part le non commeçant prouve à l’égard du commerçant par tous moyens. Le commerçant
qui prouve contre un non commerçant doit respecter les règles de la preuve édictées dans le COCC.
Cette liberté de preuve se justifie par la rapidité et la répétition des transactions commerciales, mais
aussi par le fait que les commerçants sont assujettis à une comptabilité rigoureuse qui exclut toute
incertitude quant à leurs dettes et créances. Cette liberté de preuve telle que évoquée à l’article 5
AUDCG profite aussi à l’entreprenant qui en sus des facilités fiscales que chaque Etat-membre se
doit de lui accorder, bénéficie également d’une dispense des frais de déclaration de son activité au
registre de commerce et de crédit mobilier.
Bien qu’il y’ait des similitudes vis à vis de ces deux notions, elles restent cepedant sous le couvert
d’un certain nombre de différences

II- Les différences entourant les deux notions


Les différences principales entre le commerçant et l’entreprenant tournent autour de leurs droits(A)
et surtout en ce qui concerne leurs obligations(B) .

A- Différences en termes de droits


Bien que l’entreprenant bénéficie en termes de droits des memes modalitées de preuves que le
commerçant à savoir la liberté de la preuve, cependant il en est autrement pour ce qui est est du
droit au renouvellement au bail. L'article 104 de l'Acte uniforme relatif au droit commercial général
offre aux parties au contrat de bail à usage professionnel, la liberté de fixer la durée de celui-ci. Le
bail à usage professionnel peut donc être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée.
Par ailleurs, le preneur dispose du droit de demander le renouvellement du bail à durée déterminée
après l'expiration du terme initial. Il s'agit là d'un droit subjectif et strictement personnel au preneur.
L'Acte uniforme relatif au droit commercial général réglemente néanmoins strictement les
conditions et procédure de ce renouvellement. Les personnes qui, exerçant une activité
commerciale, ont opté pour le statut d’entreprenant bénéficient des dispositions relatives au bail à
usage professionnel mais n’ont ni le droit de renouvellement du bail ni le droit de fixation judiciaire
du montant du loyer. Tel semble etre un inconvénient au statut de l’entreprenant. Le fonds de
commerce peut être exploité directement ou en exécution d’un contrat de location-gérance. La
location-gérance est une convention par laquelle le propriétaire du fonds de commerce, personne
physique ou morale, en concède la location, en qualité de bailleur, à une personne physique ou
morale, locataire-gérant, qui l’exploite à ses risques et périls.
La personne qui, exerçant une activité commerciale, a opté pour le statut d’entreprenant peut
exploiter directement un fonds de commerce mais ne peut contrairement à celle qui a opté pour le
statut du commerçant être partie à un contrat de location-gérance. Outre cet inconvénient, selon
l’article 65 de l’AUDCG, l’entreprenant ne bénéficie que des dispositions relatives à la preuve, à la
prescription et au bail à usage professionnel. Il ne bénéficie pas des dispositions relatives à la vente
commerciale.
B- Différences en termes d’obligations
Le commerçant supporte 3 obligations : s’immatriculer au RCCM, tenir une comptabilité et
informer les clients. Ainsi le commerçant doit dans le premier mois de l’exercice de son activité,
demander au greffe de la juridiction compétente, dans le ressort de laquelle son activité se déroule,
son immatriculation au RCCM. L’entreprenant quant à lui bénéficie d’une dispense pour
l’immatriculation au RCCM. Cependant il est tenu de déclarer son activité au niveau de la gerffe de
la juridiction compétente. Outre l’identification personnelle, la déclaration déclaration doit contenir
une description de l’activité. Une autre différence s’observe au regard de leurs obligations
comptables car le commerçant doit mettre en place une comptabilité destinée à l’information extere
comme à son propre usage. Ainsi la comptabilité doit satisfaire aux exigences de régularité, de
sincérité et de transparence inhérentes à la tenue, au contrôle, à la présentation et à la
communication des informations qu’elles a traitées. De l’autre coté l’entreprenant dans le cadre de
son activité est tenu d’établir au jour le jour un livre mentionnant chronologiquement l’origine et le
montant de ses ressources.

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