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Éditorial : Innocentia Agbe, Andréa Lawson
Fabrication : Damien Naranin
Couverture : Pierre-André Gualino
Maquette intérieure : Yves Tremblay
© Dunod, 2024
11 rue Paul Bert, 92240 Malakoff
www.dunod.com
ISBN : 978-2-10-087715-7
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Table des matières
Couverture
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Page de Copyright
Les auteurs
Remerciements
Avant-propos 833
Introduction : qu'est-ce que la stratégie d'entreprise ?
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CONCLUSION
5837
CONCLUSION
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CONCLUSION
:Non
SECTION 1 - LA GLOBALISATION
SECTION 2 - INDUSTRIES « MULTIDOMESTIQUES » ET INDUSTRIES « GLOBALES »
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LA STRATÉGIE
CONCLUSION
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Chapitre 14 - Organiser
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Les auteurs
enseigné !
Collaborations passionnantes et passionnées avec tous les auteurs qui ont
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ceux qui sont partis de la page blanche pour élaborer la première édition :
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malgré les refontes successives, leurs idées sont toujours présentes dans
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Nous voulons rendre un hommage tout aussi vibrant aux auteurs qui nous
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ont rejoints au cours des éditions successives pour apporter du sang neuf à
l’ouvrage collectif : Jean-Loup Ardoin, Erwan Barbier, Jérôme Barthélémy,
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Avant-propos
Chers lecteurs,
Nous sommes heureux de vous accueillir dans la 9e édition de
STRATEGOR !
Cette nouvelle édition est comme toujours le fruit d’une refonte complète,
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réelle.
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d’analyse stratégique, avec ses méthodes, ses outils et ses études de cas.
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Cette 9e édition propose des exemples récents issus de tous les secteurs
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de cause.
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Introduction : qu’est-ce que la stratégie
d’entreprise ?
1 Stratégie et performance
1049
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dont elle a besoin pour survivre et croître. Le profit est donc une nécessité
stratégique avant même d’être un but.
5837
les recruter et à les retenir, ce qui la met en difficulté par rapport aux autres
entreprises. Capitaux et compétences sont deux ressources dont les entreprises
1049
ne peuvent pas se passer. La concurrence fait rage pour les capter et en faire le
meilleur usage.
e:21
non lucratif comme les fondations, les associations, les coopératives, les
hôpitaux, les écoles et universités, etc. Ces organisations ont une stratégie et
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Bien qu’elle puisse sembler vague, la notion de « long terme » est importante
.123
en stratégie. Les parties prenantes sont certes intéressées par des gains
5.74
immédiats, à supposer qu’il y en ait, mais ils souhaitent avant tout que ces
6.11
gains s’inscrivent dans la durée. Certains actionnaires sont ainsi prêts à mettre
leur argent dans une entreprise qui fait des pertes, du moment que celle-ci sait
1:19
les convaincre qu’elle leur procurera des profits très élevés dans le futur.
5837
C’est ainsi qu’Amazon a levé des fonds pendant une bonne vingtaine d’années
en dépit de pertes abyssales, en faisant miroiter aux investisseurs des gains
:889
terme plutôt que les bénéfices rapides et sans lendemain. Sans eux, Amazon,
Google, Tesla, Nestlé, L’Oréal, Air Liquide, Michelin n’existeraient pas.
1049
Quand ils investissent dans l’entreprise, c’est dans l’espoir que des profits
e:21
futurs viendront rémunérer leurs apports de fonds actuels. Ils investissent donc
:Non
dans un projet, pour le moins risqué, plutôt que dans une rente stable dérivée
d’un placement sûr. De la même manière, les autres parties prenantes
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écologiques et sociétales.
6.11
contentant de lire la raison d’être qu’elle affiche sur son site Internet. En
revanche, décoder ce discours en le confrontant avec les choix concrets
5837
833
5490
:173
Exemple
.123
Fred, etc.) ;
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stratégie qui lui est propre. C’est cette stratégie que l’on nomme
6.11
business strategy.
1:19
et changement
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Le management stratégique est la fonction de la direction générale de
l’entreprise. Ce n’est pas une simple synthèse des autres fonctions telles que le
marketing, la finance, la production ou les ressources humaines. En effet, ces
différentes fonctions ont chacune leurs objectifs, leurs enjeux et leur logique.
Si la direction générale laissait chaque responsable fonctionnel prendre ses
décisions de son côté, quitte à trouver une synthèse par la suite, elle n’aurait
aucune chance d’aboutir à une stratégie cohérente. Le résultat serait soit un
inextricable tissu de contradictions, soit un compromis bancal entre différents
points de vue. En effet, le marketing ne demande qu’à multiplier gammes et
produits pour satisfaire des clients variés ; la production cherche au contraire à
rationaliser et à standardiser l’offre pour améliorer la qualité et les coûts ; les
ressources humaines se focalisent sur les rémunérations et les carrières des
employés ; la finance mesure le profit économique sans jamais rencontrer les
clients, etc.
Livrés à eux-mêmes, ces différents responsables seraient comme un équipage
de bateau sans capitaine, ou pire, un équipage où chacun se prendrait pour le
capitaine. La direction générale d’une entreprise joue le rôle de ce capitaine
833
qui incarne le leadership et dicte la stratégie. Sans leadership, personne ne suit
5490
Dès le début des années 1960, les travaux de Chandler (voir Fondements
:889
FONDEMENTS THÉORIQUES
éléments récurrents de ces quatre monographies historiques est le passage de la structure spécialisée
par fonctions (R&D, production, commercialisation), à la structure par divisions de produits ou de
:173
L’auteur montre en particulier que le passage de l’une à l’autre n’est pas dû à la croissance, mais
plutôt à l’augmentation de la diversité et de la complexité des décisions que les dirigeants doivent
5.74
prendre.
6.11
• Ainsi, DuPont adopta une structure multidivisionnelle suite à ses diversifications dans
plusieurs nouveaux domaines d’activité.
1:19
• De même, la structure de General Motors était plus décentralisée que celle de Ford parce
5837
que General Motors fabriquait et vendait plusieurs marques distinctes de véhicules alors
que Ford s’était historiquement concentré sur un modèle unique, la célèbre Ford T.
:889
• Chez Standard Oil, c’est l’internationalisation qui a poussé à se structurer par divisions
géographiques.
3958
Les recherches de Chandler montrent donc que la structure est un élément clé de la mise en œuvre
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générale est plus limité qu’on ne le croit, autant organiser la réflexion avec
5837
SWOT.
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EN PRATIQUE
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Le modèle SWOT
Le modèle SWOT (Strengths, Weaknesses, Opportunities, Threats) consiste à confronter une
analyse des opportunités et des menaces avec une analyse des forces et faiblesses de l’entreprise
pour en déduire un plan stratégique.
1. L’analyse externe examine l’environnement économique pour y déceler les opportunités
(nouveaux marchés, nouvelles technologies…) et les menaces (concurrence, changements
réglementaires…).
Cette analyse permet de repérer les facteurs clés de succès de l’activité, c’est-à-dire les règles du
jeu qui s’imposent aux entreprises et les ressources qu’il faut avoir pour être compétitif.
En pratique, la distinction entre opportunités et menaces est souvent une pure question de point
de vue. L’intelligence artificielle est-elle une opportunité ou une menace ? Les deux, n’est-ce
pas ? En fait, il s’agit de repérer les évolutions de l’environnement qui modifient ou bouleversent
les règles du jeu concurrentiel. Ces évolutions portent autant d’opportunités que de menaces,
suivant ce que l’entreprise en fait.
2. L’analyse interne consiste à diagnostiquer les forces et les faiblesses de l’entreprise, à travers
une étude de ses actions et résultats passés.
Cette démarche permet d’identifier et d’évaluer les compétences distinctives de l’entreprise,
c’est-à-dire les savoir-faire et les ressources qui la différencient de ses concurrents.
Là encore, la distinction entre forces et faiblesses est une vue de l’esprit. La qualité technique des
pneus Michelin, universellement reconnue comme excellente, est une force. Mais c’est aussi une
833
faiblesse qui fragilise la position de l’entreprise face à ses concurrents low cost, capables de
fournir des pneus de qualité acceptable à des prix beaucoup plus bas.
5490
:173
.123
indiquons les chapitres où le lecteur pourra trouver les concepts et les outils
1049
la situation à étudier. Plutôt qu’une check-list à suivre pas à pas, il s’agit d’une
:Non
trame générique dont le lecteur pourra tirer parti pour créer son propre plan
d’analyse.
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EN PRATIQUE
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L’analyse stratégique en douze étapes
Un préalable essentiel est de savoir si l’entreprise est spécialisée sur un seul métier ou si elle est
diversifiée. Dans le premier cas, on peut dérouler l’analyse de manière linéaire, de la première à
la dernière étape. Dans le second cas, la partie business strategy (étapes 1 à 5) doit être répétée
pour chaque domaine d’activité. Les étapes 6 à 9 relèvent de la corporate strategy. Les étapes 10
à 12 élargissent l’analyse aux questions de management stratégique.
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Partie
1 La business strategy
L’avantage concurrentiel
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terme de l’entreprise.
:889
l’entreprise doit être en mesure de pratiquer un prix plus élevé et/ou avoir des
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contradictoires.
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En effet, pour que les clients soient prêts à payer un prix plus élevé pour les
produits ou services de l’entreprise, ils doivent percevoir une valeur
supérieure à celle des produits ou services des concurrents de l’entreprise.
Cette valeur supérieure peut, par exemple, être obtenue par une meilleure
qualité du produit, une marque plus prestigieuse ou de meilleurs services.
Cependant, ces attributs différenciateurs tendent également à augmenter les
coûts. La question cruciale de la stratégie d’entreprise est de savoir comment
résoudre cette tension entre le coût et la valeur perçue.
La valeur perçue peut s’analyser comme une « disposition à payer »
(willingness to pay) de la part du client : cette expression rappelle que le
principal défi consiste à déclencher une décision d’achat dans l’esprit du
client. La disposition à payer du client est plus importante que le prix lui-
même. En effet, lorsqu’ils comparent des produits de prix identiques, les
clients maximiseront toujours la valeur qu’ils tirent de leur achat en
choisissant le produit pour lequel ils sont le plus disposés à payer. En fait, le
prix détermine la manière dont la valeur est partagée entre l’entreprise et le
client. La part de l’entreprise est la différence entre le prix et les coûts, c’est-à-
833
dire la marge qu’elle réalise. La part du client est la différence entre sa
5490
Résumons cette idée simple, mais fondamentale, en une phrase : pour gagner
plus d’argent que ses concurrents, une entreprise doit optimiser à la fois la
.123
profit (la différence entre le prix et le coût), en maximisant ainsi l’écart entre
6.11
entre le coût et la disposition à payer que ses concurrents les plus proches, elle
5837
à ceux de ses concurrents les plus proches, soit parce que ses marges sont plus
élevées, soit parce qu’elle attire plus de clients. Certains concurrents, comme
3958
marché plus importante et des marges plus élevées que leurs concurrents.
e:21
La structure du secteur
Les sources d’avantage concurrentiel sont spécifiques à chaque entreprise. La
manière dont une entreprise peut créer un avantage concurrentiel est
évidemment très différente selon qu’il s’agit de réservations d’hôtels en ligne,
de voyages aériens, d’extraction de charbon, de chaussures de marque ou de
grands vins. Pour formuler une business strategy efficace, il est donc essentiel
de comprendre pourquoi certaines entreprises performent plus que le marché
dans des secteurs aussi différents que l’extraction du charbon ou les
chaussures de marque. En d’autres termes, avant même de penser à ce qu’une
entreprise devrait faire en termes de business strategy, il est important de
comprendre clairement l’impact que les caractéristiques uniques d’un secteur
donné ont sur la concurrence. Dans le cas des chaussures de marque, par
exemple, le style, la mode, le prestige et même ce que certains pourraient
appeler l’attrait du snobisme, sont essentiels au succès de Louboutin ou de
833
Manolo Blahnik. Dans les mines de charbon, en revanche, il est plus difficile
5490
L’environnement est le même pour tous les concurrents : toutes les entreprises
3958
alternative.
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Dans leur quête d’un avantage concurrentiel, les entreprises font donc des
choix spécifiques. Elles peuvent cibler des clients particuliers, privilégier
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ils rester les bras croisés ? Bien sûr que non. Il est fort probable qu’ils feront
tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher que cela ne se produise. Leur
:173
survie en dépend. Elles essaieront de garder leurs clients en baissant les prix
.123
Pour que leur avantage concurrentiel perdure à long terme, les entreprises
1:19
mettront dans une position plus défavorable à long terme. Le troisième pilier
de l’avantage concurrentiel est donc l’analyse des concurrents et de la
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Plan de la partie 1
Chapitre 1 L’avantage concurrentiel
Chapitre 2 L’analyse de l’industrie
Chapitre 3 L’analyse de la stratégie de l’entreprise
Chapitre 4 Les dynamiques concurrentielles
Chapitre 5 Innovation et nouveaux business models
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Chapitre L’avantage
1 concurrentiel
Deux grands types de stratégie peuvent être envisagés pour créer un avantage
:173
concurrentiel, notamment les stratégies low cost dont la priorité est de réduire
.123
lesquelles tout est fait pour que les clients perçoivent la valeur de l’offre
6.11
des manières d’améliorer ces avantages : réduire les coûts et/ou augmenter la
:889
contradictoires.
1049
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Plan du chapitre
:Non
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SECTION 1
concurrentiel
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Il y a une trentaine d’années, la théorie dominante en business strategy était la
suivante : pour construire un avantage concurrentiel, une entreprise devait
choisir entre deux « stratégies génériques » (voir figure 1.2) : les stratégies de
coût-volume, conduisant à des coûts inférieurs à ceux de la concurrence, et les
stratégies de différenciation, conduisant à une valeur perçue supérieure.
833
5490
a. La stratégie de coût-volume
.123
augmenter constamment les volumes de production pour réduire les coûts sans
1:19
les mêmes produits et services que les concurrents à un coût inférieur. C’est
3958
d’essayer de baisser les coûts en jouant au maximum sur les effets de taille,
x.com
donc le volume, pour chercher à dégager une rentabilité supérieure à celle des
concurrents.
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5.74
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b. La stratégie de différenciation
:889
3958
l’hotellerie ou la mode, suivent cette stratégie dans tous les secteurs où elles
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opèrent.
Cette stratégie crée mécaniquement un désavantage sur les coûts par rapport à
la stratégie de volume, non seulement parce que créer une différenciation est
en soi coûteux, mais aussi parce que la prime de prix liée à la différenciation
cantonne l’entreprise à un segment de clientèle restreint et empêche alors tout
effet d’échelle. Les acteurs du luxe vont même jusqu’à entretenir
volontairement une certaine rareté sur leurs produits pour augmenter au
maximum la valeur perçue de leur offre2.
Par construction, la stratégie de différenciation ne peut donc pas prétendre aux
mêmes volumes que la stratégie de coût-volume. Même si le fait de
différencier les produits ne coûtait rien en soi, la faiblesse des volumes induite
par la différenciation entraînerait mécaniquement un désavantage de coût par
rapport aux concurrents suivant une stratégie de coût-volume. La
différenciation ne peut donc créer un avantage concurrentiel que si les gains
de valeur perçue dépassent significativement le désavantage sur les coûts.
Les deux types de stratégie ont longtemps été vus comme mutuellement
exclusifs. Si l’entreprise essayait de les mélanger, elle risquait de se retrouver
:173
concurrents plus gros ayant des coûts plus bas et des concurrents plus petits
5.74
mais proposant aux clients des produits à plus forte valeur perçue.
Cette théorie, proposée à l’origine par Michael Porter dans Competitive
6.11
Strategy3, n’a pas résisté à la déferlante des modèles low cost dans de
1:19
l’avantage de prix créé par les entreprises plus traditionnelles se reposant sur
les stratégies de coût-volume. En éliminant les produits et services annexes
:889
drastiquement la valeur perçue pour comprimer les coûts au-delà des effets de
volume, les petits compétiteurs sont parvenus à écraser encore davantage les
1049
prix4. La vue selon laquelle les entreprises devaient choisir entre les deux
e:21
d. Le double avantage
larvo
Quoi qu’il en soit, cette théorie avait toujours souffert d’une faiblesse
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fondamentale : elle ne correspondait pas aux faits observables dans certaines
industries. Porter lui-même est revenu dessus (voir la rubrique Controverse ci-
après). Dans nombre d’industries traditionnelles, les entreprises de taille
moyenne supposées stuck in the middle ne sont pas forcément moins
performantes que les autres. En outre, il arrive souvent que les entreprises les
plus performantes cumulent un avantage de coût et un avantage de
différenciation. C’est le cas pour les réseaux sociaux et les plateformes
digitales5 comme Facebook, LinkedIn, Uber, Airbnb… puisque leur valeur
perçue par chaque utilisateur augmente avec le nombre d’utilisateurs. Elles se
différencient donc à mesure qu’elles croissent, tout en diminuant leurs coûts.
Grâce aux effets de réseau, les géants du web GAFAM (Google, Apple,
Facebook, Amazon, Microsoft) cumulent un double avantage de coût et de
différenciation. Par ailleurs, ce double avantage peut aussi apparaître dans des
industries traditionnelles. Grâce à la force de leur marque, Coca-Cola ou
Nescafé sont très différenciées, peuvent afficher des prix supérieurs à ceux de
leurs concurrents tout en profitant de l’avantage des coûts grâce aux
économies d’échelle qu’elles tirent de leur position dominante en termes de
833
part de marché.
5490
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Exemple
5.74
6.11
économique.
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CONTROVERSE
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différenciation
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faible.
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coûts les plus bas, ni encore les concurrents les plus différenciés,
:Non
coût et valeur perçue par les clients. Il s’agit bien d’un arbitrage parce
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que tout progrès sur l’une des dimensions vient nécessairement en
contrepartie d’une dégradation de l’autre. Pour augmenter la valeur
perçue de son offre, l’entreprise engage nécessairement des coûts
supplémentaires. À l’inverse, chaque réduction des coûts par
l’entreprise baisse la valeur perçue du service. En d’autres termes, si
une entreprise peut faire baisser ses coûts sans détériorer la valeur
perçue par les clients, elle doit tout simplement le faire, il n’y a rien
de stratégique là-dedans. Ce sont simplement des optimisations
opérationnelles nécessaires pour préserver sa compétitivité. De
même, si elle peut augmenter la valeur perçue sans accroître ses
coûts, par exemple en changeant d’agence de publicité, il n’y a pas de
question à se poser : il faut le faire pour optimiser les ventes. Mais
ces actions ne créent pas d’avantage concurrentiel durable, car toute
l’industrie en fait autant, constamment.
moindres coûts.
.123
ont tenté de lancer une activité low cost en leur sein, comme KLM
avec Buzz, Delta avec Song ou Continental Airlines avec CAL-Lite,
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833
Exemples
5490
:173
les coûts.
3958
400 000 euros. On voit que les prix restent bien dans la
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tradition Rolls-Royce, mais l’augmentation du volume de
production a sauvé la différenciation.
Trop de low cost tue le low cost
◗ À l’opposé, l’échec de la Tata « Nano », voiture low cost par
excellence, s’explique par une valeur perçue comme
insuffisante sur le marché indien et non par des coûts de
production excessifs. Le but de Tata était de commercialiser
une automobile à moins de 100 000 roupies (1 900 euros).
Pour atteindre cet objectif, la Nano ne mesure que 3 mètres
de long pour 1,5 mètre de large, elle est équipée d’un moteur
de 600 cm3 et dépasse à peine la vitesse de 100 km/h. Ses
équipements sont réduits au strict minimum : pas de
direction assistée, de climatisation, d’autoradio, d’airbag ou
de freinage ABS, un seul essuie-glace, un seul
rétroviseur, etc. Malgré son prix défiant toute concurrence,
la Nano est un échec commercial. Le bénéfice client est trop
833
faible. Les acheteurs préfèrent se tourner vers des voitures
5490
a. La différenciation
Comme vu précédemment, l’objectif de la différenciation est de contourner la
seule concurrence sur le prix en offrant un produit ou un service qui sera perçu
comme unique par le consommateur.
833
L’entreprise arrive à différencier suffisamment son offre pour
5490
Pour obtenir un tel avantage, il faut que les coûts soient maintenus très en-
dessous de la disposition à payerdes clients cible, et donc que les volumes
5837
Exemple 6
1049
e:21
Le pari de Dyson
:Non
l’innovation.
:173
b. Le low cost
.123
l’avantage de coût-volume.
6.11
1:19
revenu).
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Exemple
Le hard discount
◗ Les chaînes de hard discount comme Action et Aldi sont
des exemples typiques de distributeurs low cost. Certaines de
ces chaînes proposent uniquement des produits de marque
distributeur. Peu de références sont proposées, la largeur de
gamme est réduite, le linéaire est très sommaire et la
décoration de leurs magasins est inexistante. On se sert
parfois à même les palettes, mais les prix sont nettement
moindres que dans les grandes surfaces traditionnelles.
dominante en parts de marché sur les vols domestiques aux États-Unis, est très
6.11
éclairant à ce sujet.
1:19
5837
ÉTUDE DE CAS
:889
3958
en volume
e:21
escale, entre tous ses aéroports. La plupart de ces vols sont des court-
.123
secondaires ont des tarifs plus bas que les grands aéroports pour
l’utilisation des portes et les frais d’atterrissage.
1049
5 000 vols par jour et une flotte homogène de 500 Boeing 737, d’une
valeur de 90 millions de dollars chacun, qui opèrent en moyenne 10
:Non
États-Unis.
Malgré sa politique implacable de réduction des coûts, Southwest est
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QUESTIONS
833
Corrigés en ligne sur dunod.com
5490
:173
un rôle ?
6.11
Southwest ?
4. Que recommanderiez-vous pour mieux intégrer l’acquisition
5837
d’AirTran ?
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3958
1049
e:21
c. Le double avantage
:Non
Les entreprises qui disposent d’un double avantage parviennent à attirer les
clients avec une offre de valeur supérieure produite à un coût inférieur. Il
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s’agit bien évidemment d’un positionnement idéal que l’on trouve chez des
larvo
traditionnels. Ainsi, Netflix peut offrir des abonnements à un coût très bas
:173
pour une offre de vidéo à la demande à forte valeur. Uber propose une offre de
.123
transport urbain individuel plus disponible et plus pratique que les taxis, à un
coût plus bas ; Airbnb fait de même pour l’hébergement.
5.74
L’amélioration marginale est très vite imitée, alors qu’une stratégie qui
concentre l’entreprise sur une offre et un segment de clientèle plus spécifiques
larvo
baisser les coûts pour vendre davantage – et réciproquement – est plus une
.123
b. Positionnement valeur-coût
6.11
concurrentiel. Tous les efforts que les entreprises font pour rattraper ou
maintenir cet écart moyen sont des efforts pour améliorer la compétitivité,
:889
Du reste, dans la plupart des secteurs, tous les concurrents se livrent sans
1049
chacun, obligeant sans cesse les entreprises à au moins baisser leurs coûts et,
si possible, à augmenter la valeur perçue de leur offre pour continuer à générer
x.com
du profit.
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Figure 1.5 Compétitivité et avantage concurrentiel
833
5490
difficile à imiter.
1:19
figure 1.5.
3958
c. Offre de référence
1049
Autrement dit, deux produits concurrents qui sont positionnés près de l’offre
de référence et qui sont vendus au même prix offrent sensiblement le même
larvo
Pour avoir une idée plus pratique de ce seuil de compétitivité, on peut le voir
.123
comme un nuage de points représentant les produits offerts par les entreprises
5.74
Dans les industries où les gammes de produits et services sont très larges
1:19
figure 1.6).
:889
3958
1049
étendus
x.com
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833
Dans les industries de commodités (ciment, énergie, utilities, matières
premières, communications téléphoniques, fournisseurs d’accès à Internet,
5490
l’industrie.
6.11
obtenir en augmentant les coûts ne sont pas infinis, de même que les
5837
réductions de coûts que l’on peut obtenir en réduisant la valeur perçue. Même
si les coûts devenaient stratosphériques, l’augmentation de la disposition à
:889
clients potentiels deviendrait trop faible pour rendre cette stratégie viable. À
l’autre extrême, même les caractéristiques des produits les plus attractifs
1049
d. Zone de survie
x.com
Les offres positionnées dans la « zone de survie » sur les figures 1.5, 1.6 et 1.7
larvo
compétitivité. Les entreprises qui parviennent à faire cela se situent donc dans
.123
le haut et pas trop vers la droite par rapport à l’offre de référence (on
6.11
À l’opposé, les stratégies low cost consistent à se déplacer autant que possible
vers la gauche et pas trop vers le bas (on diminue les coûts au prix d’une
5837
coût-volume sont des cas particuliers de stratégie low cost caractérisées par un
3958
déplacement horizontal. Les entreprises qui arrivent à faire mieux que l’offre
de référence à la fois en termes de coûts et de valeur perçue, ce qui exige
1049
Toutefois, il faut garder en tête que ces positions ne sont pas stables et les
avantages concurrentiels ainsi construits ne sont pas éternels. En termes de
:Non
833
5490
:173
.123
5.74
6.11
1:19
5837
:889
3958
1049
e:21
:Non
x.com
larvo
Exemple
L’axe « valeur perçue » des figures 1.5, 1.6 et 1.7 englobe en fait un nombre
presqu’infini de critères de différenciation possibles. Le positionnement d’une
offre dans ce schéma dépendra donc de la valeur que chaque client – ou client
potentiel – attribuera à l’offre de l’entreprise sur chacun des très nombreux
critères de différenciation possibles. Il apparaît ainsi que le positionnement
des entreprises sur l’axe « valeur perçue » est spécifique à chaque client. Pour
que l’entreprise développe un avantage concurrentiel, la taille des segments de
marché qui regroupent les clients qui perçoivent son offre comme digne
d’achat doit être suffisamment important pour que le positionnement soit
viable et très profitable.
Cette observation paraît évidente dans le cas des stratégies de différenciation,
833
mais il en va de même pour les stratégies low cost. Certains voyageurs
5490
peuvent trouver le service offert par Southwest Airlines très attractif, parce
qu’ils valorisent la fréquence, les vols directs, la ponctualité, et ne sont pas
:173
seront jamais clients de la compagnie, même à un prix très bas, parce que pour
1:19
EN PRATIQUE
:889
On peut mener plusieurs analyses complémentaires pour évaluer l’avantage concurrentiel d’une
entreprise.
e:21
de l’industrie
x.com
dira pas d’où vient l’avantage mais cette analyse permet d’en estimer l’ampleur.
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La principale difficulté est de définir les entreprises intéressantes, c’est-à-dire les concurrents
auxquels la compagnie étudiée se compare. Certaines entreprises ont des offres très étendues,
d’autres très limitées. Il est recommandé de comparer l’entreprise à la fois à l’ensemble de
l’industrie et à son groupe stratégique.
En effet, l’avantage concurrentiel est une notion relative. Selon les contours du « marché de
référence », les résultats de l’analyse peuvent être très différents : une compagnie low cost peut
avoir un avantage concurrentiel par rapport à l’ensemble de l’industrie mais s’en retrouver
dépourvue face à une autre compagnie low cost. La question du périmètre géographique peut
également poser problème. On doit comparer l’entreprise avec les concurrents présents sur le même
marché géographique, mais aussi avec des concurrents étrangers, même s’ils sont pour le moment
absents du marché national. Leur entrée pourrait en effet réduire très rapidement l’avantage de
l’entreprise considérée.
fait en effet des offres économiquement comparables pour le client, donc étroitement substituables.
Pour procéder à cette analyse, on doit se poser les questions suivantes :
:173
• Quelles sont les différences en termes de coût ? Cette question demande parfois de faire
1:19
des hypothèses sur la structure de coût du concurrent, que l’on ne connaît pas forcément.
• Au niveau de prix et de coût actuel, l’entreprise gagne-t-elle plus ou moins d’argent sur
5837
mettre sur le marché une offre dont l’écart valeur-coût est supérieur à celui de
toute autre offre concurrente. Les modalités pratiques l’analyse et l’estimation
e:21
de cet écart est plus difficile. L’avantage concurrentiel d’une entreprise est
:Non
pour se démarquer des autres offres low cost. Même une entreprise fortement
.123
différenciée, voire une marque de luxe comme Louis Vuitton, doit gérer avec
5.74
SECTION 2
5837
1 La courbe d’expérience
larvo
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a. Origine
La notion de courbe d’expérience trouve son origine dans des observations
effectuées par le ministère américain de la Défense dans les années 1930. À
l’époque, les contrats d’approvisionnement passés avec les industriels de
l’armement stipulaient que les prix étaient calculés sur la base des coûts réels
supportés par les industriels pour développer et fabriquer les produits. La mise
en place de ce système exigeait de connaître les coûts des fournisseurs et de
mesurer le temps de production et de travail, la quantité de matières premières
utilisées, etc.
Or, en contrôlant les processus productifs, on s’est aperçu que ceux-ci
baissaient constamment à mesure que la production augmentait, c’est-à-dire
quand le fabricant accumulait de l’expérience sur la fabrication d’un produit
donné. Plus précisément, l’observation empirique montrait que les industriels
qui s’y prenaient le mieux parvenaient à réduire leurs coûts unitaires d’un
pourcentage constant à chaque doublement du volume de production cumulé.
C’est ce qui a donné naissance à la loi de Wright (1936)8, qui a elle-même
833
servi d’inspiration, un demi-siècle plus tard, à la notion de courbe
d’expérience, popularisée dans les années 1970 par Bruce Henderson9, le
5490
en 1963.
.123
b. L’effet d’expérience
5.74
En théorie, l’effet de l’expérience veut que le coût unitaire total d’un produit,
6.11
c. La représentation graphique
La représentation graphique de l’effet d’expérience sur le coût total de
production prend la forme d’une courbe d’expérience. La courbe présentée en
figure 1.8 est celle que l’on observe dans le secteur de la construction
aéronautique civile.
Cette courbe décrit l’évolution à la baisse des coûts (mesurés en heures de
main-d’œuvre par livre d’avion fabriqué) en fonction de la production
cumulée de chaque modèle. Quelques modèles d’avions connus ont été situés
sur cette courbe en fonction du nombre total d’exemplaires vendus jusqu’à
fin 2018. 5490
833
:173
aéronautique civile
5.74
6.11
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5837
:889
3958
1049
e:21
:Non
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833
Si l’on représente la courbe d’expérience en coordonnées logarithmiques, elle
5490
les télécommunications
6.11
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3958
1049
e:21
:Non
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833 Source : BCG.
La « pente » de la courbe traduit l’intensité de l’effet d’expérience. Plus la
5490
courbe a une pente forte, plus l’effet d’expérience est fort. Par exemple, la
:173
de coût (transférée aux clients via une baisse continue du prix) est
considérable.
6.11
1:19
FONDEMENTS THÉORIQUES
5837
d’expérience
3958
Formule
1049
Selon la loi de la courbe d’expérience, le coût unitaire total C du produit P diminue d’un
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Ainsi log C est une fonction linéaire de log V. Autrement dit, la courbe d’expérience peut être
représentée en coordonnées log-log par une droite de pente K. Remarquons que l’on a coutume
d’appeler k la pente de la courbe d’expérience, alors qu’au sens mathématique du terme, la véritable
pente est en fait K. 833
L’équation (E) peut également s’écrire :
5490
:173
.123
5.74
Application pratique
6.11
Dans la pratique, on peut utiliser l’équation (E) pour estimer k à partir de deux points de la courbe
d’expérience. En effet, connaissant deux niveaux de coût C et C0 correspondant à des volumes V et
1:19
V0 observés historiquement pour la même entreprise, ou au même moment pour deux entreprises
5837
les baisses des coûts potentielles en fonction des différentes valeurs possibles de k. Comme k est
généralement compris entre 10 % et 30 %, une telle modélisation, très facile à effectuer sur un
1049
tableur, permet d’encadrer les coûts prévisionnels dans une fourchette relativement étroite.
e:21
On trouvera une application numérique des équations (E) et (E’) dans la rubrique Étude de cas sur
les microprocesseurs « Power PC » et Intel, ci-après.
:Non
x.com
d. Un outil de benchmarking
Il faut noter que la courbe d’expérience n’est pas propre à une entreprise, mais
larvo
l’éviter.
:173
.123
5.74
ÉTUDE DE CAS
6.11
Intel
5837
:889
Une telle décision s’explique avant tout par les positions respectives
e:21
Production cumulée
833
En 2001, la production cumulée des microprocesseurs « Power PC »
n’était, quant à elle, que de 53 millions d’unités. Sur cette base, et en
5490
« Power PC » :
5.74
6.11
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:889
3958
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:Non
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5.74
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3958
1049
Conclusion
En supposant que les fournisseurs de puces « Power PC » appliquent la
même marge qu’Intel pour fixer les prix, on peut en déduire qu’Apple
devait payer ses microprocesseurs 570 dollars alors que ses concurrents,
qui achetaient leurs microprocesseurs à Intel, ne les payaient que
182 dollars, soit trois fois moins cher. Et même si les fournisseurs de
puces « Power PC » avaient accepté de céder leurs puces à prix coûtant,
soit 286 dollars, ce prix aurait été de toute manière supérieur au prix
pratiqué par Intel.
Comme la situation ne pouvait qu’empirer au fil du temps en raison de
l’écart des parts de marché entre « Power PC » et Intel, il n’est pas
étonnant qu’Apple ait cherché, comme ses concurrents, à bénéficier de
l’expérience considérablement plus importante d’Intel. 833
5490
QUESTIONS
:173
.123
d’autres solutions ?
1049
e:21
:Non
833
5490
:173
.123
5.74
6.11
1:19
5837
:889
3958
1049
FONDEMENTS THÉORIQUES
e:21
de leurs activités1. David Ricardo2 affine cette idée en introduisant les notions de rendements
d’échelle croissants et décroissants.
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Les rendements d’échelle sont dits « croissants » lorsque la production d’une unité supplémentaire
exige un accroissement moins que proportionnel des moyens nécessaires à cette production.
Les rendements d’échelle sont dits « décroissants » lorsque, au contraire, la production d’une unité
supplémentaire exige davantage de moyens que chacune des unités produites jusque-là.
Pour Smith comme pour Ricardo, les rendements d’échelle croissants résultent d’une répartition des
coûts fixes sur des volumes plus importants et sur une plus grande productivité du travail obtenue
grâce à une division du travail et une spécialisation des tâches plus poussées. En affirmant que les
rendements d’échelle peuvent être décroissants, Ricardo a suggéré que les bénéfices de la
répartition des coûts fixes et surtout la productivité accrue obtenue de la division du travail finissent
par atteindre une limite au-delà de laquelle apparaissent des déséconomies.
Alfred Marshall3, souvent considéré comme le père de l’économie industrielle, a remis en cause
cette idée, affirmant que les rendements décroissants sont surtout observés dans les activités
agricoles où, au-delà d’un certain point, les accroissements de production exigent la mise en culture
de terres moins fertiles. Selon Marshall, les activités industrielles et de services sont susceptibles de
connaître des rendements d’échelle croissants de manière pratiquement infinie.
Au-delà du simple étalement des coûts fixes et des gains de productivité du travail, on a également
observé que l’accroissement des capacités de production n’exigeait pas un accroissement
proportionnel des moyens et investissements4.
Plus tard, d’autres économistes5 ont élargi la notion d’économies d’échelle en soulignant qu’une
5490
plus grande efficacité peut résulter non seulement de l’accroissement du volume de production d’un
bien donné, mais aussi de la production simultanée de plusieurs biens partageant des composants
:173
communs ou produits avec les mêmes moyens. C’est ce que l’on a baptisé économies de champ ou
.123
Les économies de champ apparaissent lorsque des produits finaux différents incorporent
des éléments similiaires ou sont produits avec les mêmes équipements. Il est alors moins
6.11
coûteux de produire deux biens différents ensemble au sein de la même entreprise que
séparément.
1:19
5837
Quant à l’importance variable des économies d’échelle et des économies de champ observées dans
:889
les diverses activités, les économistes les attribuent à la plus ou moins grande complexité de ces
activités : plus une activité est complexe, plus elle est susceptible de bénéficier d’économies
3958
En se référant au modèle de Cournot (1838)6, les économistes ont cependant observé, dès la fin du
:Non
xixe siècle, qu’au-delà des économies d’échelle et de champ, d’autres facteurs contribuaient à la
performance des entreprises de taille importante : le pouvoir de marché et le pouvoir de
x.com
négociation7.
Alors que les économies d’échelle représentent un véritable gain d’efficacité, le pouvoir de marché
larvo
et le pouvoir de négociation se traduisent avant tout par un transfert de rente entre les différentes
étapes dans le processus de production.
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Le pouvoir de marché peut être défini comme la capacité qu’ont les entreprises dans
certains secteurs d’activité à manipuler les mécanismes de fixation des prix en formant des
ententes, en adoptant des comportements collusifs de manière à restreindre l’offre et à
gonfler artificiellement les prix8.
La taille des entreprises joue simultanément sur le pouvoir de marché dont bénéficie le secteur et
833
sur le pouvoir de négociation propre à chaque entreprise. Cependant, si le pouvoir de marché et le
pouvoir de négociation accroissent tous deux la rentabilité des entreprises, seul le pouvoir de
5490
b. Standardisation et amélioration
1049
La boutade de Henry Ford disant que tout acheteur d’une Ford T pouvait
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choisir la couleur de sa voiture à condition qu’elle soit noire, montre bien le
côté systématique de la standardisation. Quant à la célèbre image de Charlot
essayant désespérément de rattraper la cadence de la chaîne de montage pour
visser le même boulon, elle rappelle que les effets d’apprentissage n’ont rien
de spontané et qu’ils demandent au contraire des efforts constants
d’amélioration. Évidemment, les processus de production ont bien changé
depuis, mais la volonté de traquer la moindre source de gain d’argent et de
temps n’a jamais cessé.
L’accumulation d’expérience acquise mène en outre à des améliorations plus
qualitatives qui contribuent à réduire les coûts, comme en supprimant les
éléments superflus, ou encore en utilisant des composants plus économiques.
dix ans. Cela montre que le changement a été plus progressif qu’on ne pourrait
le croire mais aussi que, même si les innovations techniques ont permis des
5.74
passés que progressivement aux clients sous l’effet de la concurrence tirant les
1:19
Exemple
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Les chaînes de restauration rapide
◗ McDonald’s s’efforce de standardiser la qualité de service
dans ses restaurants en précisant et en normalisant tous les
aspects du travail des employés, jusque dans les moindres
détails (temps de prise de commande, temps de préparation
et de cuisson…).
◗ De même, des chaînes comme Domino’s Pizza ou Pizza
Hut ont décomposé avec précision toutes les opérations
(fabrication, quantités de matières premières, gestion du
magasin et des livraisons) et ont une connaissance précise de
tous les coûts impliqués dans la production (matières
premières, installation, système d’information et gestion).
◗ Ainsi, ce qu’achète un franchisé McDonald’s ou Pizza Hut,
c’est non seulement le droit à l’utilisation d’une enseigne,
mais aussi la possibilité d’acquérir l’expérience accumulée
et formalisée par le franchiseur. Cela lui permet de posséder
833
un avantage concurrentiel en termes de coûts et de qualité
5490
microprocesseur, etc.).
e:21
:Non
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833
Exemple
5490
:173
b. La structure de coût
La figure 1.12 présente ainsi les structures de coût très contrastées d’une
activité A de nettoyage industriel, d’une activité B de fabrication
d’équipement électronique et d’une activité C de négoce.
La structure de coût de l’activité A fait apparaître le caractère dominant des
frais de personnel, qui représentent près de 90 % du coût total. Celle de
l’activité B permet d’identifier quatre éléments de coût significatifs et
833
d’importance équivalente, tandis que dans l’activité C, les éléments de coût
5490
les plus importants sont les achats de bien (75 %) et la vente (20 %).
:173
.123
5.74
Par exemple, dans la figure 1.12, on constate que pour minimiser les coûts
1:19
dans le négoce, enfin, l’achat et la vente sont les fonctions qui affecteront le
3958
Exemple
créer un avantage de coût sur des concurrents qui ne produiraient que l’un ou
l’autre des produits considérés. À cause de cela, on crée dans la plupart des
1:19
logique existe aussi dans les services. Les sociétés de conseil ont des équipes
qui conçoivent des solutions ou des modules réutilisables et recombinables,
3958
pour créer des solutions sur-mesure en fonction des besoins des clients. C’est
1049
d’expérience
larvo
Exemple
1049
e:21
833
5490
:173
.123
5.74
6.11
1:19
5837
:889
3958
1049
e:21
Exemple
.123
5.74
Retenons cependant que la courbe d’expérience peut s’avérer très utile comme
.123
SECTION 3
:889
GÉNÉRER DE LA DIFFÉRENCIATION
3958
élevé de clients attribue à son offre une valeur supérieure à celle qu’ils
attribuent à ses concurrents.
x.com
Cela lui permet soit de pratiquer des prix plus élevés (ce que l’on fait
généralement dans une stratégie de différenciation), soit d’attirer les clients au
larvo
même niveau de prix (ce qui est souvent observé dans une stratégie low cost).
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Aucune entreprise, pas même celle qui mettrait en œuvre la stratégie low cost
la plus extrême, ne peut se permettre de trop dégrader la valeur que les clients
attribuent à son offre. En effet, casser les prix, même en réduisant les coûts
jusqu’à l’os, ne donne pas l’assurance de satisfaire les clients si l’on ne leur
donne pas accès à des composantes qu’ils considèrent essentielles à l’offre.
Même des acheteurs dont la disposition à payer est très faible risquent de se
tourner vers des offres un peu plus chères si le « bénéfice client » (écart
valeur-prix) devient trop faible.
Exemple
1 La notion de différenciation
. Définition
Une fois sa stratégie clairement définie, l’entreprise a intérêt à augmenter la
valeur perçue de son offre, et donc à introduire une certaine dose de
différenciation par rapport aux offres les plus directement concurrentes. Dans
les pages qui suivent, nous utiliserons le terme de différenciation dans son
acception la plus large (voir la rubrique Fondements théoriques ci-après).
FONDEMENTS THÉORIQUES
5.74
6.11
L’une des hypothèses fondamentales du modèle de la concurrence pure et parfaite est que les biens
échangés sur le marché sont parfaitement substituables, ce qui conduit à nier toute possibilité de
5837
différenciation. Le modèle stipule en outre que les producteurs en concurrence sur le marché ont
accès aux mêmes ressources et sont tous capables de produire dans des conditions identiques les
:889
biens considérés. De ce fait, leur seule variable d’action est le volume de production.
3958
Or il existe de nombreux marchés où coexistent des offres non identiques, cependant concurrentes.
De cette constatation est née la notion de concurrence imparfaite – dite également concurrence
1049
monopolistique – proposée à l’origine par Chamberlin et Robinson1. Dans cette approche, les
firmes peuvent s’appuyer sur l’hétérogénéité des consommateurs pour différencier leurs offres et se
e:21
créer ainsi des situations de monopole partiel. La théorie économique a identifié trois modes de
:Non
différenciation possibles.
x.com
possibilités de se différencier. En effet, même dans l’hypothèse de revenus faiblement dispersés, les
consommateurs peuvent avoir des goûts différents, ce qui permet aux entreprises d’adapter leur
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offre aux diverses catégories de consommateurs. A fortiori, dans l’hypothèse de revenus très
dispersés, les firmes peuvent se spécialiser dans la production de biens ou services incorporant des
attributs supplémentaires et susceptibles d’être vendus aux consommateurs disposant de revenus
supérieurs.
De la même manière que les stratégies low cost ne peuvent pas faire fi de la
.123
valeur perçue de leur offre dans leur course à la réduction des coûts, les
5.74
dans beaucoup de figures ci-dessous sur un axe, comme pour le coût, ce qui
:Non
aux marges de leur propre activité. La valeur perçue correspond dans ce cas en
effet au plus au profit marginal généré par l’achat. Par exemple,
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l’augmentation de l’efficience énergétique d’un engin aéronautique ne vaut
que l’économie de carburant qu’elle engendre pour la compagnie aérienne.
Mais en général, la valeur perçue, qui est différente pour chaque client, reste
finalement difficilement mesurable. Modéliser la relation entre différenciation
et valeur perçue serait donc une gageure.
On peut en revanche examiner les conditions nécessaires pour qu’une offre ait
une valeur perçue significativement et durablement supérieure à celle d’une
offre concurrente (voir figure 1.14). Ces conditions sont les suivantes : la
différenciation doit être significative pour le client, économiquement viable
pour l’entreprise et durable.
833
5490
:173
.123
5.74
6.11
1:19
5837
:889
3958
1049
e:21
:Non
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833
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:173
.123
5.74
6.11
1:19
2 Différenciation significative
5837
consommateurs ciblés.
:Non
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Dans le cas d’une stratégie low cost, on a vu sur les exemples de la Tata Nano
larvo
Exemple
ressembler. Mais dans ce cas, les entreprises peuvent faire la différence sur le
niveau de service et la relation client.
1:19
5837
:889
Exemples
3958
1049
Renova se différencie
e:21
Exemple
5.74
6.11
Exemple
:889
3958
de masse.
:889
3958
1049
4 Différenciation durable
e:21
peut reposer sur des ressources stratégiques, ou sur une architecture de valeur
complexe et difficile à répliquer par les concurrents. De fait, ce qui rend la
larvo
différenciation durable c’est tout simplement que les concurrents les plus
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proches n’ont pas intérêt à imiter l’offre de l’entreprise, parce que cela les
forcerait à des arbitrages contraires à leur stratégie.
Toutefois, la différenciation, lorsqu’elle est sensée et économiquement viable,
finit généralement par s’éroder.
Exemple
prix. Les gros voyagistes ont profité de leur taille pour jouer
.123
Exemples
L’horlogerie de luxe
◗ Dans l’horlogerie de luxe, les grandes marques comme 833
Hermès, Richemont ou Swatch, possesseur de Bréguet,
5490
Exemple
Maestria sont vendues entre 400 et 600 euros et le dosage peut être
:889
« barista ».
1049
e:21
:Non
ÉTUDE DE CAS
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QUESTIONS
Une stratégie low cost peut aussi perdre de sa spécificité si des concurrents
5837
désormais les prestations en vol, rejoignant en cela les low cost. De plus en
3958
plus de compagnies font par ailleurs payer séparément les bagages enregistrés.
Cela leur permet d’abaisser le coût et le prix des billets de classe économique
1049
Exemple
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