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La Punition Du Lie Vre Contes - D - Indiens - D - Amerique

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CE2 Contes des Indiens d’Amérique

Lecture suivie
La Punition du lièvre
Un jour il se mit à faire chaud, très chaud. Si chaud que la terre craqua de toutes parts
et que l’herbe commença à jaunir.
Les jours suivants, la chaleur était toujours là. Et cela dura longtemps. Bientôt, il n’y eut
plus une seule touffe d’herbe verte dans la grande prairie.
Les ruisseaux, les lacs et les rivières n’avaient plus d’eau. Et le soleil chauffait. La lune
maî[Link]

avait beau s’arrondir, se rétrécir, s’arrondir à nouveau, il ne pleuvait toujours pas. Et le soleil
chauffait.
Seul un trou étroit mais assez profond contenant encore un peu d’eau. Les animaux
décidèrent de se réunir en conseil pour organiser la distribution de l’eau qui restait.
Il fut décidé que chaque animal pourrait, une fois dans la journée, se rendre au trou
d’eau, pour y puiser une unique ration, toute petite. Ainsi, chacun aurait une part qui lui
permettrait de ne pas mourir de soif.
Seulement voilà, les jours passaient et la ration quotidienne était si petite que les animaux
se mirent à maigrir. Les pelages devenaient gris et cassants. Les plumes perdaient leur bel
éclat. Quelle tristesse !
Seul le lièvre se pavanait et faisait le fier ! Il dressait les oreilles, faisait des galipettes :
en avant, en arrière, en avant, en arrière. Bref, le lièvre était en pleine forme. Les autres
animaux, eux, n’avaient plus le cœur à gambader. Ils avaient faim et soif. Ils finirent par se
demander comment le lièvre pouvait garder l’œil aussi vif et le poil aussi brillant. Un doute
terrible s’insinua dans leur esprit : se pouvait-il que le lièvre triche, qu’il se rende au trou
plusieurs fois par jour, de façon à y engloutir non pas une, mais plusieurs rations ?
Les animaux décidèrent d’en avoir le cœur net.
Le hyène eut une idée.
- Le loup est le pire ennemi du lièvre ! Avec de la terre bien noire, mélangée à de la
glu, fabriquons une statue en forme de loup. Nous l’installerons au bord du trou. La
statue montera la garde et, au besoin, elle fonctionnera comme un piège.
Aussitôt, les animaux se mirent à l’ouvrage. Ils confectionnèrent une statue en forme de
loup qu’ils installèrent au bord du trou d’eau. Puis chacun fila se cacher derrière des buissons
de broussailles sèches pour voir ce qui allait se passer. Ils restèrent là, un jour entier, à
attendre.
Pendant ce temps, le lièvre se pavanait, faisant le fier, cabriolant de-ci, de-là, poils brillants
et oreilles dressées.
C’est seulement lorsque la nuit fut tout à fait tombée qu’il se dirigea vers le trou d’eau.
Les autres animaux avaient raison : le lièvre trichait. Une fois dans la grande prairie endormie,
il se glissait jusqu’au trou d’au pour y boire tout son saoul. Il s’y glissait en cachette et il
avait bien garde alors de baisser ses longues oreilles afin que personne ne puisse les voir.
Or, ce soir-là, il ne se doutait pas de ce qui allait se passer. Il arriva près du trou d’eau en
rampant doucement pour ne pas faire craquer les broussailles. Son cœur battait à grands
coups, quand soudain il aperçut une forme noire, penchée au-dessus du trou d’eau. Le lièvre
hésita puis il finit par demander d’une voix tremblante.
- Qui est là?
CE2 Contes des Indiens d’Amérique
Lecture suivie
La Punition du lièvre (2)

Personne ne répondit. Le lièvre s’approcha un peu plus. Il fit encore quelques pas. Il crut
reconnaître, dans l’obscurité, la forme noire du loup. Ainsi le loup trichait lui aussi. Comme le
lièvre, le loup venait boire au trou d’eau, dans la nuit, sans rien dire à personne. C’est du moins
ce que le lièvre pensa.
Le lièvre ne bougeait plus. Il ne savait que faire. Un moment, il imagina repartir dans la
maî[Link]

grande prairie, sans faire de bruit, comme il était venu. Mais il avait soif, très soif. Et puis, il ne
pourrait pas raconter aux autres animaux ce qu’il avait vu, car alors, on lui demanderait ce
qu’il faisait, lui, la nuit, près du trou d’eau.
Le lièvre réfléchit et il décida que puisqu’il avait soif, il boirait lui aussi !
Il s’approcha du trou d’eau. Cette fois-ci, il ne fit pas attention au bruit, au contraire. Les
broussailles pouvaient craquer, le lièvre les remuait avec plaisir, s’attendant à ce que le loup
réagisse.
Mais la forme noire restait immobile, tête penchée au-dessus du trou d’eau.
Le lièvre rassembla tout son courage et demanda à haute voix :
- Que fais-tu ici, Frère Loup?
Mais le loup ne répondit pas.
- Si tu continues à boire comme ça, il n’en restera pas pour moi ! lança le lièvre
exaspéré.
Mais le loup ne réagit pas. Alors le lièvre cria :
- Hé ! Loup ! Tu n’entends rien ou quoi ? Je t’ai demandé ce que tu faisais ici !
À ce moment-là, la lune, entre deux nuages, éclaira le dos de la forme noire et le lièvre eut
l’impression que la forme bougeait ; comme si elle était secouée d’un éclat de rire moqueur.
Le lièvre entra alors dans une colère terrible. Il oublia même qu’il n’était qu’un lièvre et
bondit vers le loup en hurlant de fureur :
- Fiche le camp d’ici, sale animal, tu as assez bu à présent !
Mais bien sûr, le loup ne bougea pas.
Le lièvre s’approcha si près de Loup qu’il lui donne un coup de patte. La glu se colla
immédiatement à la patte du lièvre. Mais le lièvre, emporté par la colère, ne s’aperçut de rien.
Il hurla encore plus fort :
- Je vais te ratatiner !
Et, en disant cela, il se jeta de toutes ses forces contre le loup, pattes en avant. C’est alors
qu’il se sentit complètement englué. Mais plus il essayait de se décoller du loup, plus il se
mettait de la glu partout. Il essaya de rouler dans l’herbe pour se dégager mais il entraîna
avec lui la forme noire qui se mit à rouler, elle aussi.
Bientôt, tous deux ne formèrent plus qu’une seule grosse boule collante et poisseuse.
C’est alors que les autres animaux sortirent de leur cachette. Ils dégagèrent le lièvre,
l’aidèrent à se nettoyer, sans dire un mot. Bien sûr, le lièvre comprit ce que les autres
pensaient de lui. Il en eut tellement honte qu’il creusa un trou et s’y cacha. Il espérait que,
s’il ne se montrait pas trop, les autres animaux finiraient pas oublier ce qu’il avait fait.
Et c’est depuis ce jour que les lièvres creusent des terriers pour y vivre et qu’ils en sortent
le moins souvent possible.

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