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Evolution des prix intérieurs et de l’activité économique en République

Démocratique du Congo (RDC) de 1990 à 2023 : analyse descriptive,


corrélation, causalité et politiques économiques mises en place

NGOMBA KAYEMBE Jordy⁕

Résumé : Le présent article a pour objectif d’analyser les relations entre le taux d’inflation et
la croissance économique dans le contexte congolais, et d’en déterminer les implications en
termes de politique économique. L’approche adoptée combine des analyses descriptives et
économétriques, couvrant la période 1990-2023. Il en découle, d’une part, qu’il existe une
relation négative, bien que non significative mais modérée dans toutes les phases de l’évolution
économique. De plus, l’étude souligne une non causalité unidirectionnelle entre le taux de
croissance économique et le taux d’inflation. Il est recommandé d’établir des mécanismes pour
renforcer et consolider le cadre macroéconomique, en mettant en œuvre des politiques
conjoncturelles restrictives et incitatives qui favorisent les investissement publics et privés,
mais aussi des réformes structurelles pour diminuer la dépendance de l’économie vers le reste
du monde. C’est par cette approche que la croissance du produit intérieur brut de la RDC
pourra s’accélérer et se maintenir sur le long terme, tout en veillant à une variation modérée
ou maîtrisée des prix intérieurs.

Mots – clés : Inflation, Croissance économique, Phases de l’économie, Corrélation, Causalité


de Granger, République Démocratique du Congo, Politiques économiques
Abstract. The purpose of this article is to analyze the relationship between the inflation rate
and economic growth in the Congolese context, and to determine the implications in terms of
economic policy. The approach adopted combines descriptive and econometric analyses,
covering the period 1990-2023. It follows, on the one hand, that there is a negative, albeit not
significant but moderate relationship in all phases of economic development. In addition, the
study highlights a unidirectional non-causality between the rate of economic growth and the
rate of inflation. It is recommended that mechanisms be established to strengthen and
consolidate the macroeconomic framework, by implementing restrictive and incentive policies
that promote public and private investment, as well as structural reforms to reduce the
economy's dependence on the rest of the world. It is through this approach that the growth of
the DRC's gross domestic product can accelerate and be sustained over the long term, while
ensuring moderate or controlled variation in domestic prices.

Classification JEL : E31, O55, O47


Etudiant en Master en Economie Quantitative, licencié en Economie et développement et chercheur
indépendant. Email : jordykayembe2025@[Link]

1
1. Introduction
Toutes les économies, qu’elles soient développées ou en développement, cherchent à maintenir
la stabilité des prix intérieurs et à accroitre la richesse nationale afin d’assurer le bien-être
général. La stabilité des prix se réfère à une augmentation modérée des prix qui n’affecte pas
de manière significative les décisions des acteurs économiques.
Selon l’approche monétariste, représentée par Milton Friedman, l’inflation est causée par une
augmentation de l’offre de monnaie et de sa vélocité, croissant plus rapidement que l’économie.
Autrement dit, la véritable cause de l’inflation est une expansion excessive de la masse
monétaire par rapport à la production réelle.
Cela suggère qu’il existe un lien direct entre l’inflation et l’offre de monnaie, ainsi qu’entre les
variations des prix et l’activité économique. Les décideurs économiques d’un pays suivent de
près ces indicateurs clés dans le cadre du carré magique de Kaldor. En l’absence de politiques
adéquates, l’instabilité monétaire et les récessions peuvent entrainer des conséquences
politiques graves, y compris la chute des gouvernements.
Concernant spécifiquement la République Démocratique du Congo, une analyse de son
évolution économique révèle que la création des richesses a globalement été faible entre 1990
et 2000 en raison de la crise économique, de la guerre et l’hyperinflation. En 1990, l’activité
économique observé en 1988 s’est davantage accentué avec un taux de croissance économique
de -6,6 % en raison de la baisse d’activité dans les industries d’extraction minière, et le taux
d’inflation a été de 233,2 % suite à un ralentissement sensible du rythme de leur accroissement
au terme de l’année 1989 a la suite de l’application par le Gouvernement d’une politique
monétaire et budgétaire destinée à atténuer les effets pervers de fortes tensions ayant marqué
l’année 1988.
L’inflation élevée dans les années 90 est directement liée à la contraction économique
(récession), ce qui crée une spirale inflationniste difficile à maitriser, elle devient
progressivement plus modérée 13,7 % en 1998, 15,8 % en 2002 et 9,96 % en 2006 en cohérence
avec la reprise économique, même si elle reste relativement en hausse.
Bien que la croissance économique ait montré une reprise après la crise de 2008, la pandémie
de COVID -19, la guerre russo-ukrainienne et ses conséquences économiques ont perturbé cette
dynamique, entrainant des hausses d’inflation liées à des déséquilibres dans l’offre et la
demande. Cela se traduit par une inflation instable tout en sachant que le RDC est un pays
extraverti, les mouvements économiques mondial ont affecté le cadre macroéconomique de la
RDC à travers les fluctuations des prix extérieur affectant négativement la croissance
économique dans certaines années.
Sur ce, cette analyse s’intéresse à la relation entre l’inflation et la croissance économique, en
explorant les fluctuations des prix, leur impact sur l’activité économique, ainsi que les réponses
politiques adoptées par les autorités congolaises pour mieux comprendre les mécanismes
économiques et d’évaluer l’efficacité des politiques économiques mises en œuvre.

2
2. Revue de la littérature
Le caractère strictement monétaire de l’inflation a toujours suscité des débats parmi les
économistes. Selon les monétaristes, l’inflation est un phénomène essentiellement monétaire,
tant dans sa propagation, et elle n’a pas d’impact direct sur le niveau de l’activité économique.
Pour eux, la gestion de l’inflation relève uniquement de la responsabilité de la banque centrale.
En revanche, d’autres économistes estiment que, bien que l’inflation ait une dimension
monétaire, l’inflation peut aussi être causée par d’autres facteurs, notamment liés à la
production.
2.1 Offre de monnaie, inflation et croissance économique
L’idée selon laquelle l’inflation est exclusivement monétaire repose sur l’équation quantitative
de la monnaie de Fisher. En effet, cette équation montre que, toutes choses égales par ailleurs,
une augmentation de la masse monétaire conduit nécessairement a une hausse du niveau général
des prix.
Cette équation se présente comme suit :
𝑀𝑉 = 𝑃𝑇 (1)

Où : M = la quantité nominale de monnaie dans un pays ;

V = la vitesse de circulation de la monnaie dans le pays ;

P = niveau général des prix (le déflateur du PIB) dans le pays ;

T = le volume des transactions à assurer dans le pays.

L’utilisation la fonction logarithmique donne :

𝐿𝑜𝑔(𝑃) = 𝑙𝑜𝑔(𝑀) + 𝑙𝑜𝑔(𝑉) − 𝑙𝑜𝑔(𝑇) (2)

La différenciation de l’équation (2) donne :

∆𝑙𝑜𝑔(𝑃) = ∆𝑙𝑜𝑔(𝑀) + ∆𝑙𝑜𝑔(𝑉) − ∆𝑙𝑜𝑔(𝑇) (3)

La vitesse de circulation de la monnaie V et le volume des transactions à assurer T sont


constants alors ∆𝑙𝑜𝑔(𝑉) = ∆𝑙𝑜𝑔(𝑇) = 0 Ainsi, l’équation (3) devient :

∆𝑙𝑜𝑔(𝑃) = ∆𝑙𝑜𝑔(𝑀) (4)

Cette équation signifie que l’inflation est toujours monétaire et provient d’un simple
accroissement exogène de la masse monétaire.

3
Krugman et Wells (2013) démontrent que cette affirmation est valide dans un contexte
d’inflation très élevée, car celle-ci est généralement liée à des augmentations rapides de l’offre
de monnaie. Toutefois, les niveaux d’inflation, qu’ils soient modérés ou non, peuvent avoir des
causes variées, telles que l’augmentation de l’activité économique, la hausse des couts de
production ou des déséquilibres sur le marché des changes dans une économie ouverte. Cela
souligne l’importance de distinguer les analyses à court terme et à long terme concernant le
niveau général des prix.1
Selon le modèle classique du niveau des prix, à court terme, une variation (qu’elle soit à la
hausse ou à la baisse) de l’offre de monnaie influence directement le PIB réel. Ainsi, une
diminution de l’offre monnaie entraine une baisse du PIB réel, car la réduction du taux d’intérêt
stimule l’investissement et la consommation. En revanche, une augmentation de l’offre de
monnaie conduit à une hausse du PIB réel, puisque l’élévation du taux d’intérêt décourage
l’investissement et la consommation.
Cependant, à long terme, alors que les salaires nominaux et les autres prix s’ajustent, le PIB
réel tend à revenir à son niveau initial. Cela s’explique par le fait que la quantité réelle de
monnaie se stabilise à son équilibre de long terme. Par exemple si la Banque centrale du Congo
décide d’augmenter la masse monétaire pour stimuler l’économie à court terme, les prix des
biens et services augmenteront rapidement. Mais à mesure que les salaires et autres coûts de
production s’ajustent, la production réelle ne changera pas de manière significative à long
terme. Selon la loi de l’offre, une hausse des prix des biens et services incite les producteurs à
augmenter leur production, en supposant que toutes les autres conditions restent constantes. Par
exemple l’augmentation du prix de pétrole, les producteurs seront incités à extraire plus de
pétrole pour profiter des prix plus élevés. Cette dynamique est essentielle dans le
fonctionnement des marchés, car elle permet d’équilibrer l’offre et la demande à court terme,
les variations des prix nominaux peuvent créer des disparités dans la rémunération de certains
facteurs de production. Par exemple nous savons tous que les salaires peuvent ne pas s’ajuster
immédiatement à la hausse des prix, ce qui entraine des effets temporaires sur le pouvoir d’achat
des travailleurs, si l’inflation augmente soudainement de 6 %, un travailleur peut constater que
les prix des biens de consommation, comme les aliments et logement, augmentent, mais son
salaire n’a pas encore été ajusté pour compenser cette hausse.
Toutefois, à long terme, tous les facteurs de production verront leur rémunération nominale
s’ajuster, tandis que la rémunération réelle, qui tient compte de l’inflation restera stable. Cela
signifie qu’à long terme, les ajustements de l’offre de monnaie n’affecteront pas le PIB réel,
mais se traduiront plutôt par des variations du niveau général des prix. Si par exemple la masse
monétaire augmente de 15 %, les prix augmenteront aussi d’environ 15 %, mais le pouvoir
d’achat des travailleurs restera inchangé, car leurs salaires augmenteront proportionnellement
à l’inflation. En d’autres termes, une augmentation de l’offre de monnaie résulte en une hausse
proportionnelle des prix de tous les biens et services, ainsi que des salaires nominaux et des
prix des biens intermédiaires.
Ce phénomène est souvent décrit par la théorie quantitative de la monnaie, qui postule que la
vitesse de circulation de la monnaie et le niveau des prix sont directement liés à la quantité de
monnaie en circulation. Finalement, ce modèle suggère que l’activité économique n’a pas
d’impact sur le niveau des prix, et inversement, le niveau des prix n’influence pas l’activité

1
Krugman, P. et Wells, R. (2013). Macroéconomie. 2ed. Bruxelles : De Boeck

4
économique. Ainsi, il n’existe pas de lien direct entre l’offre de monnaie et la croissance
économique, ni entre l’inflation et l’activité économique, ce qui souligne l’importance de
considérer les dynamiques à long terme dans l’analyse économique. Par exemple, une économie
peut connaitre une inflation élevée sans pourtant connaitre une croissance économique
soutenue, ou encore la réduction de l’inflation ne garantit pas nécessairement une augmentation
de la croissance économique.
2.2 Inflation et croissance économique
Contrairement à la perspective monétariste, les économistes keynésiens soutiennent que
l’augmentation de la masse monétaire peut avoir des effets stimulants sur l’activité économique
à court terme, principalement par l’élévation du niveau des prix. Selon leur approche, l’inflation
est perçue comme un phénomène global, englobant la production, le revenu et la dépense, et la
politique monétaire peut être un instrument efficace de relance conjoncturelle. Cette vision a
été renforcée par les travaux de Phillips, dont la courbe illustre une relation inverse entre la
variation du production et l’évolution de l’inflation sur le long terme. C’est dans les années
1960 et 1970 que cette approche a dominait, un gouvernement pouvait réduire le sous-emploi
en acceptant un certain niveau d’inflation supplémentaire, ou, inversement, mener une politique
monétaire restrictive pour maitriser l’inflation au prix d’une hausse du chômage.
Néanmoins, nous devons souligner que, selon l’excès de la demande par rapport à l’offre,
l’inflation peut avoir des effets ambivalents sur la croissance économique, en influençant des
variables telles que les taux d’intérêt, l’accumulation du capital, l’investissement et les
exportations. 2
3. Matériel et méthode
3.1 Outils d’analyse et sources des données
Pour capter les différentes relations empiriques entre la croissance et l’inflation suivant les
grandes phases de l’histoire économique de la RDC (1990 à 1999, 2000 à 2007, 2008 à 2023),
ce travail combine une analyse en termes de corrélation et de causalité.
Les données utilisées proviennent des différentes rapport annuels, bulletins et condensé
d’informations statistiques de la Banque Centrale du Congo. Elles sont annuelles et couvrent la
période allant de 1990 à 2023, soit 33 ans.
3.2 Analyse normalité – corrélation
Le coefficient de corrélation quantifie l’intensité et la direction de la relation entre deux ou
plusieurs variables, qu’elles soient quantitatives ou qualitatives. Il permet également de tester
la significativité de cette relation. Si le coefficient est significatif et positif, cela indique que les
deux variables évoluent dans le même sens. Inversement, si le coefficient est significatif et
négatif, les deux variables présentent une relation inverse.
Il est important de préciser que le coefficient de corrélation ne permet pas d’établir une relation
causale entre les variables. Un coefficient de corrélation élevé ne traduit pas nécessairement un
lien de cause à effet, mais plutôt une interdépendance entre les deux variables.

2
Bofoya, Komba, B. (2013). Economie politique, Paris : L’Harmattan.

5
Dans le cadre de la présente analyse, l’évaluation du coefficient de corrélation servira à mesurer
l’intensité de la relation entre la croissance économique et l’inflation. Le signe de ce coefficient
constituera le premier indicateur de la nature de cette corrélation linéaire.

3.3 Analyse de la causalité de Granger


La notion de causalité désigne la relation de cause à effet entre deux variables. Une relation de
causalité existe lorsqu’une variation induit directement une variation de l’autre. Ainsi, la
causalité établit si une variable influence ou détermine l’évolution d’une autre. Dans le cadre
de cette analyse, le test de Granger sera employé pour déterminer la relation de causalité entre
la croissance économique et l’inflation.
4. Relation entre inflation et croissance économique : Phases de l’économie congolaise
L’étude de la relation entre l’inflation et croissance économique revêt une importance
particulière pour comprendre les dynamiques économiques de la RDC, qui a été marquée par
des fluctuations significatives, influencées par divers facteurs internes et externes.
Tableau 1. Principales évolutions économique de la RDC depuis 1990
Période Années Caractéristiques
1 1990-1999 Hyperinflation et crise
économique
2 2000-2007 Transition vers une inflation
contrôlée et croissance
soutenue
3 2008-2023 Pressions post-crise,
volatilité et croissance
modérée
Source : l’auteur à travers ses analyses dans les rapports annuels de la BCC
4.1 Première période : 1990 – 1999
Cette première période, de 9ans est caractérisé par de contraction économique profonde,
marquée par des crises financières, la guerre au pays, une instabilité politique et des ajustements
structurels difficiles. Mais aussi, il est important de souligné que cette phase couvre la période
de récession et de crise économique marquée par des baisses importantes du PIB. Entre 1990
et 1995, le pays a connu des contractions économiques sévères, de -6.6 % à -10.5 % en 1992,
avec une faible reprise partielle de -3.5 % en 1994, mais des chiffres encore négatifs dans les
années suivantes. Concernant l’inflation, cette phase est marquée par une inflation extrêmement
élevée et parfois bien au-dessus des niveaux acceptables. L’hyperinflation a caractérisé le plus
cette phase au début des années 1990 avec un taux d’inflation supérieurs à 2000 % en 1991 et
1992 en raison des plusieurs facteurs tant qu’économique que politique, notamment la réforme
monétaire ratée, une perte de confiance de la monnaie, mais aussi la contraction économique
(récession) ce qui crée une spirale inflationniste difficile à maitriser conséquence de politiques
monétaires déstabilisantes ou d’une crise macroéconomique prolongée.

6
Graphique 1. Evolution de la croissance économique et de l’inflation (en %) : 1990-1999
10,000

8,000

6,000

4,000

2,000

-2,000
90 91 92 93 94 95 96 97 98 99

PIB INFLATION

Source : Réalisé à partir des données de la BCC


4.2 Deuxième période : 2000-2007
Au cours de cette période de 8 ans, l’économie est caractérisée par la reprise qui se fait
sentir, culminant dans des taux de croissance particulièrement élevés de 3.5 % à 7,8 % en 2005,
avec des années de croissance robuste qui s’entend jusqu’en 2007. Phase de forte reprise
économique, marquée par la poursuite des reformes amorcées dans le cadre du Programme
Economique du Gouvernement après plusieurs décennies de recul, et la décélération du rythme
de formation des prix intérieurs

Malgré les effets d’hystérèse de l’année 2000 et 2001, la situation économique en 2002
a été caractérisée par la reprise de la croissance, le taux de croissance économique a été de 3,5%
et le taux d’inflation de 15,8%, les industries d’extraction, l’agriculture, etc… ont contribuée à
l’amélioration de la croissance. En 2003 l’inflation a fléchi à 4,4% à la suite de l’appréciation
du franc congolais par rapport au dollar américain, mais aussi le taux de croissance du PIB s’est
situé à 5,8%, cette croissance a été impulsée principalement par les branches telles que :
extraction minière et industries métallurgique, le bâtiment et travaux publics, le transport et
communication, le commerce de gros et de détail, l’agriculture, sylviculture, élevage, pèche et
chasse. En 2004, la monnaie nationale s’est dépréciée de 16,1% par rapport au dollar américain,
en raison de l’augmentation plus importante de la demande de devises par rapport à celle de

7
l’offre d’une année à l’autre. En indicatif le taux de change s’est situé à 444,1 CDF le dollar
contre 372,5 CDF à fin décembre 2003. Sur le marché parallèle, le franc congolais a connu une
dépréciation de 17,7% passant de 372,8 CDF le dollar en 2003 et 453,1 CDF à fin 2004.

En 2007 on observe la stabilisation macroéconomique, la baisse de l’inflation intérieur,


la maitrise du taux de change. Le taux d’inflation s’est établi à 9,9% contre 18,2% en 2006, le
taux de change est passé de 503 CDF dollar américain 2006 à 502,9 en 2007…

Graphique 2. Evolution de la croissance économique et de l’inflation (en %) : 2000-2007


600

500

400

300

200

100

-100
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007

PIB INFLATION

Source : Réalisé à partir des données de la BCC


4.3 Troisième période : 2008-2023
Cette phase est marquée par la crise financière mondiale de 2008 et la reprise lente qui s’en est
suivie, avec des années de croissance plus modérée mais globalement positive. Le taux de
croissance du PIB varie de 6,2 % à 8,9 % entre 2007 et 2009 suivis par une chute en 2020 (-6,2
%) et une reprise en 2001-2023 avec une croissance modérée mais plus mesurée, avec des
périodes de faiblesse durant la pandémie de COVID-19 et de la Guerre Russo-ukrainienne.
Concernant l’inflation, nous constatons une forte volatilité accrue avec des pics importants à la
suite de crises économiques mondiales. La situation économique de la RDC à travers sa
croissance économique s’est nettement améliorée en 2010, se situant à 7,2% contre 2,8%, cette
accélération de la croissance a été rendue possible grâce principalement au dynamisme affiché
par les industries extractives. Concernant l’inflation, l’évolution du niveau général des prix a
été marquée globalement par une tendance désinflationniste au cours de l’année 2010. En effet,
le taux d’inflation annuel s’est situé à 9,8 % contre une cible de 9,9 %. S’agissant du rythme de
formation des prix intérieurs sur le marché des biens et services, l’année 2011 a connu une
inflation de 15,4 % contre 9,8 % en 2010 et une cible annuelle de 17,0 % dans le cadre du
Programme Economique du Gouvernement (PEG II). L’accélération de l’inflation enregistrée
en 2011 est due essentiellement aux chocs extérieurs liés à l’envolée des prix mondiaux des
produits alimentaires et énergétiques. Concernant l’activité économique intérieure est demeurée
vigoureuse en 2011, en dépit de son léger ralentissement par rapport à l’année 2010. En effet,
8
le taux de croissance du PIB réel s’est établi à 6,9 % contre 7,1 % une année avant, stimulé
essentiellement par le regain dans les secteurs des mines, de la construction, de l’agriculture
ainsi que du commerce de gros et de détail.
En 2015, l’inflation calculée par la BCC est demeurée sous contrôle, s’établissant à 1,60 %
contre 1,26 % en 2014 et un niveau programmé de 3,5 %. Cette situation tient principalement
de la faiblesse de l’inflation importée, couplée à la stabilité du taux de change.
En 2018 l’activité économique a poursuivi son trend haussier, après la reprise observée l’année
précédente. En effet, l’économie congolaise a enregistré une croissance de 5,8% due
essentiellement au bon comportement affiché par le secteur primaire et à l’amélioration de la
demande extérieure nette. L’inflation en cette période s’est traduite par un ralentissement
sensible du rythme de formation des prix intérieurs, en dépit de différentes modifications des
prix de carburant à la pompe. Ainsi, le taux d’inflation est descendu à 7,23%, grâce notamment
d’une part, à la stabilité du taux de change et, d’autre part, au renforcement de la coordination
des politiques budgétaire et monétaire. De lors, en 2019 intervient ainsi la première apparition
des chocs exogènes se traduisant par un ralentissement de la croissance économique, expliqué
par la morosité de l’environnement économique international, attestée notamment par la
faiblesse du commerce international. Le taux de croissance économique a donc chuté à 4,4%
après s’être situé à 5,8% l’année d’avant. Une poursuite de la baisse de l’inflation s’est
manifestée, et le taux d’inflation a baissé à 4,59% contre 7,23% en 2018. Cette décélération du
niveau général des prix est expliquée notamment par la bonne coordination des politiques
monétaire et budgétaire, la stabilité du taux de change et l’amélioration de l’offre des biens et
services.
L’activité économique en 2020 a été marquée par le ralentissement de la croissance
économique, expliqué principalement par les effets étouffants de la propagation de la pandémie
de covid-19. Ainsi, après un taux de croissance de 4,4% réalisé en 2019, le PIB réel n’a
progressé que de 1,7% en 2020.
En outre, le rythme de formation des prix a connu une accélération situant l’inflation à 15,76%.
Cette accélération a concerné toutes les fonctions de consommation, et en particulier celle des
produits alimentaires et boissons non alcoolisées, en raison de la désarticulation des chaînes
d’approvisionnement, qui a réduit l’offre des biens et services sur le marché, et de la
dépréciation du Franc Congolais face aux principales devises étrangères dans un contexte
marqué par la pandémie de Covid-19.
En 2022, bien que l’économie congolaise ait affiché une progression de l’activité économique,
situant ainsi son taux de croissance à 8,9%, elle a également été marqué par un troisième choc
exogène causant ainsi la réapparition des pressions inflationnistes expliquées par une inflation
importée. Comme toujours, la croissance du PIB réel a été porté par l’impulsion du secteur
extractif, dans un contexte extérieur marqué par une demande soutenue des principaux métaux
et le rythme de formation des prix a été marqué par des fortes tensions inflationnistes émanant
de la guerre Russo-ukrainienne qui a débuté le 24 février. En effet, l’inflation calculée par la
BCC s’est établie à 13,1%, étant principalement d’origine externe et occasionnée par le
renchérissement des prix des produits alimentaires et pétroliers, induit par la perturbation des

9
canaux d’approvisionnement provoquée par la crise Russo-ukrainienne et en 2023, l’économie
s’est ressentie des effets du ralentissement de l’économie mondiale. La croissance économique
s’est située à 8,6 % venant de 8,9 % l’année précédente, en raison de faibles performances de
la demande mondiale des produits miniers. Le taux d’inflation, sous l’effet des chocs tant
internes qu’externes, s’est établi à 23,8 % contre 13,1 % une année plus tôt.

Graphique 3. Evolution de la croissance économique et de l’inflation (en %) : 2008-2023

60

50

40

30

20

10

0
2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022

PIB INFLATION

Source : Réalisé à partir des données de la BCC

5. Résultats de l’analyse de corrélation et discussion

Les résultats des données sur la normalité (annexe 2) avec le test de Jarque Bera avec la variable
PIB montre une distribution proche de la normal, tandis que l’inflation présente une forte
déviation de la normalité. L’inflation en RDC par ses résultats, semble avoir des valeurs
extrêmes fréquentes, probablement en raison de crises économiques, de dévaluations
monétaires ou d’autres chocs économiques. Le PIB présente une légère asymétrie à gauche,
tandis que l’inflation est fortement asymétrique à droite. L’inflation est caractérisée par des pics
élevés qui se produisent moins fréquemment, mais qui sont significativement plus importants
que la moyenne. Concernant le Kurtosis, le PIB est plus aplati, indiquant une distribution avec
peu de valeurs extrêmes, tandis que l’inflation a une forte concentration de données près de la
moyenne, mais aussi une plus grande présence de valeurs extrêmes.

L’analyse des données (annexe 3) montre une corrélation négative de -0,5437, ce qui indique
que l’inflation et la croissance économique en RDC sont liées de manière inverse, cela suggère

10
que, l’augmentation de l’inflation est associée à une diminution de la croissance économique et
une baisse de l’inflation à une croissance économique plus forte. Cette relation modérée est
influencée par les nombreux défis économiques, politiques et sociaux que traverse la RDC,
notamment la volatilité des prix des matières premières, du pétrole et des facteurs externes tels
que les crises mondiales.

Les résultats du test de Granger (annexe 5) suggèrent qu’il n’existe pas de relation de cause à
effet significative entre l’inflation et la croissance économique en RDC pendant la période de
crise économique de 1990-1999, car la p-value élevée pour la première hypothèse montre qu’il
n’y a pas de relation de cause à effet entre les deux variables, mais aussi la p-value pour la
seconde hypothèse est légèrement significative, mais reste au-dessus du seuil traditionnel de
5%, ce qui signifie que la causalité directe entre deux variables n’est pas prouvée de manière
concluante.

Pour la deuxième période (annexe 6) et la troisième période (annexe 7), les résultats du test de
causalité montrent qu’il n’y a pas de relation de causalité significative entre l’inflation et la
croissance économique. La deuxième période a été marquée par une relative stabilité
économique, où l’inflation a été maitrisée grâce à des réformes et des politiques économiques
appropriées, et la troisième période, bien que l’économie ait connu des fluctuations et une
croissance modérée, elle n’a pas eu un impact direct sur l’inflation, et l’inflation, à son tour, n’a
pas affecté la croissance économique. Ces résultats suggèrent que les facteurs externes et la
volatilité économique ont joué un rôle plus important que les relations directes entre ces deux
variables pendant cette période.

6. Enseignements tirés et perspectives de politiques économiques

L’analyse du comportement des indicateurs clés de l’étude, couvrant la période de


1990 à 2023, a révélé trois phases distinctes : (i) la première (1990-1999), marquée par
l’hyperinflation et crise économique à la suite par des crises financières, la guerre au pays, une
instabilité politique et des ajustements structurels difficiles ; (ii) la deuxième (2000-2007),
dominée par une transition vers une inflation contrôlée et croissance soutenue grâce à la
poursuite des reformes amorcées dans le cadre du Programme Economique du Gouvernement
après plusieurs décennies de recul, et la décélération du rythme de formation des prix intérieurs ;
(iii) la dernière (2008-2023) qui consacre une période de pressions post-crise, volatilité et
croissance modérée.

11
Cette évolution permet de prendre des décisions suivantes pour la RDC :

- La dépendance de l’économie congolaise aux fluctuations des prix des matières


premières, du pétrolé et autres biens des consommations constitue une vulnérabilité
significative ;
- L’amélioration des infrastructures routières pour soutenir la croissance économique en
réduisant les coûts, en facilitant les échanges commerciaux, et en favorisant
l’investissement et l’emploi ;
- L’instabilité politique amplifie les incertitudes, aggravant ainsi cette instabilité ;
- Les injections de liquidités par le financement direct des déficits étatiques par la Banque
Centrale sont une source majeure d’instabilité macroéconomique en RDC ;
- Le respect des règles budgétaires est essentiel pour garantir une gestion saine des
finances publiques.

Synthèse finale

Cet article vise à examiner les relations entre la croissance économique et l’inflation au cours
des principales phases d’évolution économique de la République Démocratique du Congo
(RDC). Plus spécifiquement, il s’agit d’identifier les différentes interactions qui peuvent exister
entre ces deux indicateurs économiques cruciaux et d’analyser leurs implications pour la
politique économique de la RDC.

Les résultats obtenus révèlent, entre la croissance économique et l’inflation, l’existence d’une
liaison non significativement négative dans toutes les périodes de l’étude. Cette tendance
inverse entre les deux variables soutient l’idée que l’inflation et la croissance économique
évoluent en opposition lors de fluctuations significatives des prix et d’un déclin constant de
l’activité économique. En effet, cette relation négativement non significative entre ces deux
phénomènes en République Démocratique du Congo résulte de la coexistence de niveaux
d’activité économique faibles face à des augmentations marquées des prix, entrainant ainsi des
écarts considérables entre les deux taux.

L’absence d’une relation de cause à effet entre la croissance économique et l’inflation dans
toutes les phases montre la complexité de la détermination du lien entre les deux variables pris
d’une manière isolée. D’où il est donc essentiel d’élargir l’analyse à d’autres paramètres.

12
De plus, dans le cadre de futures études, il serait pertinent d’explorer la détermination du seuil
à partir duquel l’effet de la formation des prix intérieurs sur la croissance devient négatif, ainsi
que d’évaluer l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat en RDC.

Ainsi, cette étude a démontré que les décideurs économiques en République Démocratique du
Congo doivent s’assurer que la variation du niveau général des prix reste inférieure à
l’augmentation de l’activité économique. Cela ne peut être réalisé qu’en renforçant et en
consolidant le cadre macroéconomique, notamment par l’application de politiques
conjoncturelles restrictives et la mise en œuvre de réformes structurelles ambitieuses et
incitatives en matière production locale et d’investissements, afin d’accélérer une croissance
économique plus au moins robuste qu’élevé.

13
Références bibliographiques

Bofaya, Komba, B. (2013). Economie politique, Paris : L’Harmattan

Bourbonnais, R. (2003). Econométrie. 5ème édition. Paris : Dunod.

Fischer, F. et al (2013). Vers une politique monétaire plus efficace : Cas de la RDC. Kinshasa
: Editions FMI

Goux, J.F. (1998). Inflation, désinflation, déflation. Paris : Dunod.

Krugman, P. et Wells, R. (2013). Macroéconomie. 2éd. Bruxelles : De Boeck

Mankiw, G. N. (2000). Macroéconomie. 2ème édition. Bruxelles : De Boeck Université

Ngonga Nzinga, V. (2011). Boite A Outils de la politique Monétaire de la Banque Centrale du


Congo. Kinshasa : Editions de la BCC.

Ngonga Nzinga, V. et Tombola, M.C. (2015). « Vulnérabilité économique et résilience :


comment la RDC résiste ». Revue congolaise de politique économique, 1(1), 47-70

14
Annexe 1. Base des données

Année PIB INFLATION


1990 -6,6 233,2
1991 -7,5 3641,9
1992 -10,5 2989,6
1993 -13,5 4651,7
1994 -3,9 9796,9
1995 0,7 370,3
1996 -1,1 693
1997 -5,4 13,7
1998 -1,7 134,8
1999 -4,3 483,7
2000 -6,9 511,2
2001 -2,1 135,1
2002 3,5 15,8
2003 5,8 4,4
2004 6,7 9,2
2005 7,8 21,3
2006 5,6 18,2
2007 6,3 9,96
2008 6,2 27,57
2009 2,8 53,4
2010 7,2 9,8
2011 6,9 15,4
2012 7,2 2,72
2013 8,5 1,08
2014 9,5 1,26
2015 6,9 1,6
2016 2,4 23,6
2017 3,7 54,71
2018 5,8 7,23
2019 4,4 4,59
2020 1,7 15,7
2021 6,2 5,3
2022 8,9 13,1
2023 8,6 23,8

15
Annexe 2. Caractéristique des variables : Test de Jarque –Bera

12
Series: PIB
Sample 1990 2023
10
Observations 34

8
Mean 2.052941
Median 4.050000
6 Maximum 9.500000
Minimum -13.50000
4 Std. Dev. 6.193312
Skewness -0.848600
2 Kurtosis 2.645910

0 Jarque-Bera 4.258316
-15 -10 -5 0 5 10 Probability 0.118937

Annexe 3. Corrélation entre inflation et la croissance économique

PIB INFLATION
PIB 1 -0.5436879...
INFLAT... -0.5436879... 1

Annexe 4. Corrélation linéaire par période

CORRELATION LINEAIRE PAR


PHASE
1990-1999 2000-2007 2008-2023
Inflation Inflation Inflation
PIB -0,329952 -0,911381 -0,532616

Annexe 5. Test par phase de causalité de Granger phase de l’Hyperinflation et crise


économique

Pairwise Granger Causality Tests


Date: 12/25/24 Time: 21:54
Sample: 1990 1999
Lags: 2

Null Hypothesis: Obs F-Statistic Prob.

INFLATION does not Granger Cause PIB 8 0.05414 0.9482


PIB does not Granger Cause INFLATION 8.33687 0.0595

16
Annexe 6. Test par phase de causalité de Granger phase de Transition vers une inflation
contrôlée et croissance soutenue

Pairwise Granger Causality Tests


Date: 12/25/24 Time: 21:59
Sample: 2000 2007
Lags: 2

Null Hypothesis: Obs F-Statistic Prob.

INFLATION does not Granger Cause PIB 6 0.35763 0.7635


PIB does not Granger Cause INFLATION 0.20743 0.8407

Annexe 7. Test par phase de causalité de Granger phase de pressions post-crise, volatilité
et croissance modérée
Pairwise Granger Causality Tests
Date: 12/25/24 Time: 22:02
Sample: 2008 2023
Lags: 2

Null Hypothesis: Obs F-Statistic Prob.

INFLATION does not Granger Cause PIB 14 1.16248 0.3556


PIB does not Granger Cause INFLATION 0.57068 0.5843

Annexe 8. Test général de causalité de Granger


Pairwise Granger Causality Tests
Date: 12/25/24 Time: 21:25
Sample: 1990 2023
Lags: 2

Null Hypothesis: Obs F-Statistic Prob.

PIB does not Granger Cause INFLATION 32 7.48111 0.0026


INFLATION does not Granger Cause PIB 0.32558 0.7249

17
Annexe 9. Test de stationnarité ADF PIB
Null Hypothesis: D(PIB) has a unit root
Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 1 (Automatic - based on SIC, maxlag=8)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -5.936135 0.0002


Test critical values: 1% level -4.284580
5% level -3.562882
10% level -3.215267

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(PIB,2)
Method: Least Squares
Date: 12/26/24 Time: 23:25
Sample (adjusted): 1993 2023
Included observations: 31 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

D(PIB(-1)) -1.379064 0.232317 -5.936135 0.0000


D(PIB(-1),2) 0.434576 0.169442 2.564751 0.0162
C 1.762654 1.270516 1.387353 0.1767
@TREND("1990") -0.055359 0.062638 -0.883780 0.3846

R-squared 0.596318 Mean dependent var 0.087097


Adjusted R-squared 0.551465 S.D. dependent var 4.643256
S.E. of regression 3.109718 Akaike info criterion 5.226855
Sum squared resid 261.0993 Schwarz criterion 5.411886
Log likelihood -77.01626 Hannan-Quinn criter. 5.287171
F-statistic 13.29479 Durbin-Watson stat 2.098162
Prob(F-statistic) 0.000016

18
Annexe 10. Test de stationnarité ADF INFLATION
Null Hypothesis: INFLATION has a unit root
Exogenous: Constant, Linear Trend
Lag Length: 5 (Automatic - based on SIC, maxlag=8)

t-Statistic Prob.*

Augmented Dickey-Fuller test statistic -17.78383 0.0000


Test critical values: 1% level -4.323979
5% level -3.580622
10% level -3.225334

*MacKinnon (1996) one-sided p-values.

Augmented Dickey-Fuller Test Equation


Dependent Variable: D(INFLATION)
Method: Least Squares
Date: 12/26/24 Time: 23:42
Sample (adjusted): 1996 2023
Included observations: 28 after adjustments

Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.

INFLATION(-1) -0.763316 0.042922 -17.78383 0.0000


D(INFLATION(-1)) -0.102798 0.005403 -19.02785 0.0000
D(INFLATION(-2)) -0.029964 0.004577 -6.546925 0.0000
D(INFLATION(-3)) -0.057331 0.003310 -17.32092 0.0000
D(INFLATION(-4)) -0.074531 0.003105 -24.00390 0.0000
D(INFLATION(-5)) -0.044973 0.003030 -14.84023 0.0000
C -18.37500 17.51513 -1.049093 0.3066
@TREND("1990") 1.098800 0.727956 1.509432 0.1468

R-squared 0.990214 Mean dependent var -12.37500


Adjusted R-squared 0.986789 S.D. dependent var 178.6474
S.E. of regression 20.53369 Akaike info criterion 9.116967
Sum squared resid 8432.649 Schwarz criterion 9.497597
Log likelihood -119.6375 Hannan-Quinn criter. 9.233330
F-statistic 289.1041 Durbin-Watson stat 1.919402
Prob(F-statistic) 0.000000

Annexe 11. Corrélation après stationnarité


D(INFLATION) D(PIB)
D(INF... 1 -0.0053810...
D(PIB) -0.0053810... 1

19

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