Introduction à la physique quantique
Introduction à la physique quantique
Thierry Gousset
Septembre 2024
ii
Notations
Les vecteurs des bases orthonormées de l’espace ordinaire sont notées (~ux , ~uy , ~uz ) en
cartésien et (~ur , ~uθ , ~uφ ) en sphérique.
Pour un vecteur ~v donné, v̂ désigne le vecteur unitaire de même direction et de même
sens que ~v .
Pour z ∈ C, on note z ∗ son complexe conjugué.
Pour deux quantités a et b a ∝ b signifie a proportionnel à b.
Domination. Soit deux fonctions f et g définies autour d’un point x0 , on dit que f
est dominée par g en x0 , si il existe un réel strictement positif α et un intervalle ouvert
comprenant x0 dans lequel
|f (x)| ≤ α |g(x)|.
On note f = O(g) (notation de Landau) ou f . g (notation de Hardy), sous entendu en
x0 .
Similitude. Lorsque f = O(g) et g = O(f ), on dit que les deux fonctions sont sembla-
bles en x0 .
Prépondérance. Soit deux fonctions f et g définies autour d’un point x0 , on dit que
f est négligeable devant g en x0 , ou que g est prépondérante devant f en x0 , si f (x) =
ε(x) g(x) avec ε(x) une fonction telle que
lim ε(x) = 0.
x→x0
Equivalence. Etant données deux fonctions f et g définies autour d’un point x0 , on dit
que f est équivalente à g en x0 , et on note f ∼ g, sous entendu en x0 , si
f
lim = 1.
x→x0 g
En physique, on a tendance à étendre la signification de ces notions aux ordres
de grandeur de quantités physiques, sans que nécessairement il s’agisse de fonctions
iii
iv
Rappels
1
Chapitre 1
Formalisme
Observable. Une grandeur physique mesurable est décrite par une observable, A, un
opérateur linéaire hermitique de E → E . Lors d’une mesure de cette grandeur, le résultat
appartient au spectre de A, l’ensemble des valeurs propres de A.
Probabilité d’une mesure. Lors d’une mesure de la grandeur décrite par l’observable
A effectuée sur le système dans l’état normé |ψi, la probabilité d’obtenir la valeur an ,
valeur propre non dégénérée et discrète du spectre de A, est
Si par contre la valeur propre est non dégénérée mais appartient à une portion continue
du spectre de A, la probabilité d’observation est décrite par la densité de probabilité
3
4 CHAPITRE 1. FORMALISME
On rappelle qu’à un vecteur |χi de E on peut associer une forme linéaire vχ telle que
et que l’ensemble des formes linéaires sur E est appelé l’espace dual de E et noté E ∗ . La
notation de Dirac suggère de noté vχ = hχ| et les éléments de E ∗ sont appelés bras. Par
la suite, on dira que hχ| est le bra conjugué du ket |χi.
AB|ψi = A(B|ψi),
[A, B] = AB − BA,
Pψ = |ψihψ|,
pour |ψi normé. Ce projecteur projette sur la droite vectorielle Eψ . Plus généralement le
projecteur sur un sous-espace En s’écrit
n
X
Pn = |φi ihφi |,
i=1
(hχ|A)|ψi = hχ|A|ψi.
On a
(A† )† = A, (λ A)† = λ∗ A† , (A + B)† = A† + B † , (AB)† = B † A† .
L’adjoint d’un opérateur s’appelle aussi son conjugué hermitique et le conjugué d’un ket
est aussi appelé son conjugué hermitique. Dans une expression contenant des nombres
6 CHAPITRE 1. FORMALISME
complexes, des kets, des bras et des opérateurs, l’opération de conjugaison hermitique
consiste à changer chaque élément en son conjugué (pour le nombre complexe, on prend
le complexe conjugué) et à renverser l’ordre de tous les éléments, la position du nombre
complexe étant sans importance.
Un opérateur est dit hermitique s’il est égal à son adjoint.
1.2.4 Représentation
On appelle représentation la donnée d’une base orthonormée de l’espace des états.
Dans cette base les vecteurs et les opérateurs sont représentés par des nombres, leurs
éléments de matrice dans la base considérée, c’est-dire leurs composantes pour les vecteurs
ou les formes linéaires.
Un système discret {|ui i} de vecteurs d’état est orthonormé si
où δij est le symbole de Kronecker. Pour un ensemble continu {|wα i} la relation d’orthonor-
malisation devient
hwα |wβ i = δ(α − β),
avec δ la distribution de Dirac. hwα |wβ i est indéfini pour α = β, ce qui montre que de
tels vecteurs ne peuvent pas être normés et par conséquent n’appartiennent pas à l’espace
des états. On les considère quand même mais au titre de kets généralisés, utiles pour
décomposer les kets ordinaires de l’espace des états.
Un système {|ui i} ou {|wα i} est une base si n’importe quel vecteur d’état admet une
décomposition unique
X Z
|ψi = ci |ui i, |ψi = dα c(α)|wα i.
i
A|ψi = λ|ψi, λ ∈ C.
λ est la valeur propre associée à ψ. L’ensemble des valeurs propres de A est le spectre de
A. L’ensemble des vecteurs propres associés à λ, Eλ , forme un sous espace vectoriel de E .
Sa dimension est appelée dégénérescence de la valeur propre λ et est notée gλ . Lorsque
gλ = 1, la valeur propre est non dégénérée ou simple.
1.3. REPRÉSENTATIONS |Xi ET |P i 7
Si A est hermitique, ses valeurs propres sont réelles et deux vecteurs propres associés
à deux valeurs propres distinctes d’un opérateur hermitique sont nécessairement orthogo-
naux. Lorsque E est de dimension finie, on peut former une base de vecteurs propres de
A. Par définition, un opérateur hermitique A est une observable si on peut former une
base de vecteurs propres de A.
Si deux opérateurs A et B commutent et si |ψi est un vecteur propre de A alors
B|ψi est aussi vecteur propre de A avec la même valeur propre. Si A et B sont deux
observables qui commutent et si |ψ1 i et |ψ2 i sont deux vecteurs propres de A avec des
valeurs propres distinctes alors hψ1 |B|ψ2 i = 0. Dans les mêmes conditions, on peut former
une base orthonormée de E constituée par des vecteurs propres communs à A et B.
Un ensemble d’observables est appelé ECOC, ensemble complet d’observables qui com-
mutent, lorsque (i) toutes les observables de l’ensemble commutent deux à deux et (ii) la
donnée des valeurs propres de tous les opérateurs suffit à déterminer une droite vectorielle
unique de E .
E F
|ψi ψ(~r)
|~r0 i δ (3) (~r − ~r0 )
la fonction d’onde est la composante du ket |ψi dans la base {|~ri}, ce qui est exprimé
également dans Z
|ψi = d3~r ψ(~r)|~ri.
8 CHAPITRE 1. FORMALISME
On déduit Z
hχ|X|ψi = d3~r χ∗ (~r)xψ(~r).
En manipulant cette expression, on vérifie, d’une part, que X † = X et, d’autre part, que
~
soit que |~r0 i est vecteur propre de X avec la valeur propre x0 . Les vecteurs propres de R
sont |~ri avec la valeur propre ~r. Du fait de la relation de fermeture
Z
d3~r |~rih~r| = I,
Cherchons maintenant les vecteurs propres de P~ , que l’on note tout de suite |~pi. En
représentation position
~ ∂
h~r|Px |~pi = h~r|~pi = px h~r|~pi,
i ∂x
1.3. REPRÉSENTATIONS |Xi ET |P i 9
1.4 Exercices
1.4.1 |ψihχ|
a) Montrer que |ψihχ| est un opérateur linéaire.
b) Montrer que |ψihχ|† = |χihψ|.
Montrer que cn,i (t) = cn,i (0) e−iEn t/~ , puis écrire |ψ(0)i et |ψ(t)i dans la base des |n, ii.
Oscillateur harmonique
2.1 Théorie
Le hamiltonien est
P2 1
H= + mω02 X 2 .
2m 2
tels que
1
ĥ = (p̂2 + x̂2 ).
2
Cela « ressemble » au développement de x̂ − ip̂ multiplié par x̂ + ip̂. Précisément, posons :
1 1
a = √ (x̂ + ip̂), a† = √ (x̂ − ip̂),
2 2
et calculons
1
a† a = (x̂2 + ix̂p̂ − ip̂x̂ + p̂2 ),
2
qui avec [x̂, p̂] = i I permet de déduire
1
ĥ = a† a + I, [a, a† ] = I.
2
Ainsi reformulé la détermination du spectre de H devient très simple...
11
12 CHAPITRE 2. OSCILLATEUR HARMONIQUE
2.1.2 Spectre de H
On définit l’observable N = a† a. On va utiliser les deux relations de commutation
a) Les valeurs propres de N sont positives ou nulles. En effet, soit ν une valeur propre de
N et |νi un vecteur propre associé. La norme de a|νi doit être positive ou nulle ce qui
entraine
hν|a† a|νi = ν hν|νi ≥ 0.
b) Le vecteur a|νi est soit nul, si ν = 0, soit un vecteur propre de N avec la valeur propre
ν − 1. Si ν = 0, la nullité de a|νi résulte de l’égalité précédente. Si ν 6= 0, on a
qui est bien de carré sommable. L’état fondamental de N existe et est non dégénéré.
On peut construire une base orthonormée de vecteurs propres par récurrence en partant
de |0i normé (défini à une phase près) et en définissant
1
|n + 1i = √ a† |ni,
n+1
2.2. EXERCICES 13
2.2 Exercices
2.2.1 Questions de cours
a) Donner l’expression du hamiltonien de l’oscillateur harmonique en fonction des opéra-
teurs position, X, et impulsion, P , ainsi que des paramètres de masse, m, et de raideur,
k.
b) Définir la pulsation propre, ω0 , et l’exprimer en fonction des paramètres de l’oscillateur.
c) Puisque ~ω0 représente une énergie, montrer que l’on peut écrire
H 1 1 P X
= p̂2 + x̂2 , p̂ = , x̂ = ,
~ω0 2 2 p0 x0
1
a = √ (x̂ + ip̂),
2
et N = a† a. On rappelle que [X, P ] = i~. Calculer les commutateurs : [x̂, p̂], [a, a† ],
[N, a] et [N, a† ].
e) Ecrire H en fonction de N .
Rappels de cours
On montre que le spectre de N est N et qu’il est non dégénéré. L’état fondamental
de H est noté |0i (normalisé). On pose
a† n
|ni = √ |0i.
n!
A l’aide des relations de commutation 2.2.1d), on montre que :
√ √
hm|ni = δmn , N |ni = n|ni, a|ni = n|n − 1i, a† |ni = n + 1|n + 1i.
14 CHAPITRE 2. OSCILLATEUR HARMONIQUE
2.2.3 X 3 et X 4
a) Pour quelles valeurs de n′ les éléments de matrice hn′ |X 3 |ni sont-ils non nuls ? Que
valent-ils ?
On donne
4 x40 4
X = a + 2(2N + 3) a2 + 3(2N 2 + 2N + 1) + 2(2N − 1) a† 2 + a† 4 .
4
b) A quelle condition un élément de matrice dans la base (|ni) est-il non nul ?
c) Calculer hX 4 in .
Moment cinétique
15
16 CHAPITRE 3. MOMENT CINÉTIQUE
Comme exemple explicite de cette construction, mentionnons l’espace des états d’une
particule se déplaçant dans un plan (O, x, y) qui est l’espace vectoriel des fonctions des
deux variables réelles x et y à valeurs complexes de carré sommable, Fxy . Cet espace est le
produit tensoriel Fx ⊗Fy des espaces des états des fonctions d’onde selon x et selon y. Cela
signifie qu’à chaque instant la fonction d’onde de la particule, ψ(x, y), est une combinaison
linéaire de fonctions d’onde selon x, ϕ(x), et de fonctions d’onde selon y, χ(y). L’espace
des états résultant comprend non seulement les produits simples φ(x) × χ(y), mais aussi,
puisque Fx ⊗ Fy est un espace vectoriel, n’importe quelles combinaisons linéaires de tels
produits. De façon générale, un état n’est pas un simple produit, on dit que les degrés de
liberté sont intriqués.
~ avec celles
que l’on montre à partir des relations de commutation des composantes de R
de P~ .
~ 2 = L2 + L2 + L2 est telle que
L’observable L x y z
~ 2 , Li ] = 0,
[L ∀ i.
3.2.2 Représentation x
En représentation de position on a
~ ~~
h~r|L|ψi = ~r ∧ ∇(ψ(~
r)).
i
3.3. GÉNÉRALISATION 17
3.2.4 Spin 1
A titre d’exemple, on donne
r r
3 3
Y1±1 (θ, φ) =∓ sin θ e±iφ , Y10 (θ, φ) = cos θ.
8π 4π
La plupart du temps, ce n’est l’expression explicite des Yℓm qui est utile mais seulement
~2
les relations algébriques qu’elles satisfont en tant que vecteurs propres des observables L
et Lz .
3.3 Généralisation
De façon générale, une observable vectorielle J~ = (Jx , Jy , Jz ) est un moment cinétique
si ses composantes satisfont les relations de commutation vues pour L, ~ soit
[J~2 , Ji ] = 0, ∀ i,
et l’on va encore choisir de former une base de vecteurs propres communs à J~2 et Jz . J~2 est
un opérateur positif, donc ses valeurs propres sont positives. Par commodité, on choisit
de les écrire sous la forme j (j + 1)~2 avec j ≥ 0. On note m~ les valeurs propres (réelles)
18 CHAPITRE 3. MOMENT CINÉTIQUE
Les valeurs permises de j sont entières ou demi-entières et celles de m, j étant fixé, sont
toutes les valeurs allant de −j à j par pas d’une unité. On a dim Ej = 2 j + 1.
Pour démontrer ces résultats, on introduit les opérateurs
J± = Jx ± iJy .
Cette relation permet de montrer, d’une part, que −j ≤ m ≤ j et, d’autre part, que J± |j, ±ji = 0. La
satisfaction conjointe de (3.3) et (3.4) entraine que 2 j ∈ N et que m varie de −j à j par pas entier.
J−
0
0 m
−j 0 j
J+
Figure 3.1 – Représentation graphique des conséquences des équations (3.3) et (3.4) sur
le spectre des valeurs de m : d’un côté, −j ≤ m ≤ j et de l’autre, partant d’une valeur
possible de m 6= ±j, toutes les valeurs écartées d’un nombre entier d’unités existent aussi.
Cela entraine que de deux choses l’une, soit m = 0 existe et j est entier, soit m = 12 existe
et j est demi-entier.
correspondant respectivement à l’état spin up et spin down. Dans cette base la représenta-
tion des observables associées à J~ est
! ! ! !
2
~ 1 0 ~ 0 1 ~ 0 −i 3~ 1 0
Jz = , Jx = , Jy = , J~2 = .
2 0 −1 2 1 0 2 i 0 4 0 1
3.4.1 Formalisme
Considérons les espaces des états E1 , sur lequel agit l’observable moment cinétique J~1 ,
et E2 , sur lequel agit l’observable moment cinétique J~2 . Le moment cinétique total que
l’on cherche à définir agit sur E = E1 ⊗ E2 .
Déjà, l’extension de J~1 à E est l’observable J~1 ⊗ I2 . De la même manière, on introduit
I1 ⊗ J~2 . De manière générale un opérateur de la forme A1 ⊗ B2 agit sur un état |ϕi1 ⊗ |χi2
selon la règle de calcul
Dans la seconde expression, on a noté J~1 l’extension de J~1 à E , afin d’alléger la notation.
C’est ce que l’on fera le plus souvent par la suite.
A partir des règles de commutation satisfaites par les composantes des moments
cinétiques dans leur espace des états respectif, on vérifie que J~ est un moment cinétique.
On montre par ailleurs que chacune des deux observables J~12 et J~22 commutent avec J~2 et Jz .
On peut donc diagonaliser simultanément ces 4 observables. Le problème de l’addition des
20 CHAPITRE 3. MOMENT CINÉTIQUE
moments cinétiques à résoudre est alors celui du passage de la base des |j1 , m1 i ⊗ |j2 , m2 i
à celle standard pour le moment cinétique total.
Compte-tenu du fait que J~12 et J~22 sont diagonaux dans les deux bases on peut se
restreindre à l’étude de la situation où E1 = Ej1 (dim Ej1 = 2 j1 + 1) et E2 = Ej2 (dim Ej2 =
2 j2 + 1). Avec cette restriction, on peut utiliser les notations plus légères
On a XX
|J, M i = hj1 , j2 ; m1 , m2 |J, M i|j1 , j2 ; m1 , m2 i.
m1 m2
Les composantes du vecteur |J, M i dans la base |j1 , j2 ; m1 , m2 i sont appelés coefficients
de Clebsch-Gordan. Ils satisfont les règles de sélection suivantes
M = m1 + m2 , |j1 − j2 | ≤ J ≤ j1 + j2 .
3.4.2 Exemples
1/2 + 1/2. Avec j1 = j2 = 1/2, on peut former J = 1
1
|1, 1i = |+, +i, |1, 0i = √ (|+, −i + |−, +i), |1, −1i = |−, −i,
2
et J = 0
1
|0, 0i = √ (|+, −i − |−, +i).
2
On a E1/2 ⊗E1/2 = E0 ⊕E1 . On détermine les vecteurs |J, M i en commençant par J = j1 +j2
et M = j1 +j2 . On a forcément |J, Ji = |j1 , j2 i. On applique ensuite l’opérateur J− = J1− +
J2− aux deux membres de l’équation précédente pour former |J, J − 1i, et ainsi de suite,
afin d’obtenir tous les vecteurs de Ej1 +j2 . On passe ensuite à J = j1 +j2 −1 en commençant
par M = j1 + j2 − 1. Ce vecteur doit être orthogonal au vecteur |j1 + j2 , j1 + j2 − 1i obtenu
auparavant. On poursuit par application de J− et ainsi de suite jusqu’à J = |j1 − j2 |.
Cette méthode fonctionne. Elle est seulement laborieuse. Du coup, sauf pour les cas les
plus simples, on utilise des tables qui rassemblent les coefficients de Clebsch-Gordan.
ℓ + 1/2. Cette situation est celle de l’addition du moment orbital avec le moment
intrinsèque pour une particule de spin 1/2. Le cas ℓ = 0 est sans intérêt. On examine
donc le cas ℓ ≥ 1. Il y a deux valeurs possibles de J, J = ℓ + 21 , gJ = 2 ℓ + 2, et
J = ℓ − 21 , gJ = 2 ℓ. Les valeurs de M vont de −ℓ − 12 à ℓ + 21 et sont toutes deux fois
dégénérées sauf pour les deux extrêmes. On vérifie que le nombre de vecteurs de base est
(2 ℓ+1)×2 = 2 ℓ+2+2 ℓ = 1+2×(2 ℓ+2−2)+1. On peut retenir Eℓ ⊗E1/2 = Eℓ−1/2 ⊕Eℓ+1/2
pour ℓ ≥ 1.
3.5. EXERCICES 21
3.5 Exercices
On fera en priorité : 1 [1/2 h], 5 [10 min], 9 [10 min] et 10 [10 min], puis si possible : 6
[1/4 h], 8 [20 min], 4 [1/4 h], et enfin, s’il reste du temps : 2, 3, 7, dans un ordre indifférent.
Montrer que la somme sur k comprend au plus un terme non nul. Du coup, on omettra
le signe somme par la suite.
c) Montrer que
[Li , Rj ] = i~εijk Rk , [Li , Pj ] = i~εijk Pk .
~ P~ ou L)
Ces relations sont en fait générales pour un opérateur vectoriel (R, ~ du fait
~ sont les générateurs infinitésimaux des rotations.
que les trois composantes de L/~
2
1×1 2 2 1
1 1 1 1 1
J J ···
j1 × j2 M M ···
1 0 1/2 1/2 2 1 0
0 1 1/2 -1/2 0 0 0
m1 m2
m1 m2 1 -1 1/6 1/2 1/3
. . Coefficients 0 0 2/3 0 -1/3 2 1
. .
. . -1 1 1/6 -1/2 1/3 -1 -1
0 -1 1/2 1/2 2
-1 0 1/2 -1/2 -2
-1 -1 1
Atome d’hydrogène
On rassemble ici les éléments nécessaires pour comprendre les nombres quantiques
qui caractérisent les états stationnaires d’énergie négative, c’est-à-dire les états liés, de
l’atome d’hydrogène. La plupart des résultats sont admis et seront discutés en détail dans
le cours de physique atomique.
23
24 CHAPITRE 4. ATOME D’HYDROGÈNE
1 2 ~ℓO 2
mṙ + Veff (r, ℓO ) = E, Veff (r, ℓO ) = V (r) + ,
2 2mr2
qui se lit comme une équation pour l’énergie mécanique pour une particule astreinte
à se déplacer à une dimension avec l’énergie potentielle effective Veff (r, ℓO ). On note la
correspondance entre les versions quantique et classique de l’énergie potentielle effective.
constant non nul. On remarque que le comportement à petite distance est en rℓ qui signale
l’influence du terme centrifuge, alors qu’à grande distance il est dicté par une décroissance
exponentielle qui est le comportement générique pour une fonction d’onde dans une région
de l’espace où le mouvement classique est interdit. Enfin, l’orthonormalité des ψn,ℓ,m (~r)
impose pour les parties radiales, sachant qu’elles sont réelles,
Z ∞
r2 Rn,ℓ (r) Rn′ ,ℓ (r) dr = δnn′ .
0
continuum
0
n =3 3s 3p 3d
n =2 2s 2p
−13,6 eV 1s
l =0 l =1 l =2
On a ignoré le fait que l’électron porte un spin car ce dernier ne joue aucun rôle
dans la situation étudiée. Néanmoins l’espace de Hilbert est E ⊗ E1/2 avec E l’espace
de Hilbert envisagé jusqu’à présent. Il faut donc adjoindre le nombre quantique de spin,
ms , et un état quantique du système est finalement |n, ℓ, m, ms i. En prenant compte le
spin la dégénérescence du niveau n est gn = 2n2 . Le spin joue un rôle dans de nombreuses
situations : d’une part, quand il y a plusieurs particules identiques, et, d’autre part, quand
des interactions de type magnétique entrent en jeu. Dans un souci de complétude, signalons
que le proton porte aussi un spin ce qui étend encore l’espace des états ; les conséquences
sont faibles au niveau de l’atome, et peuvent la plupart du temps être ignorées, mais elles
sont importantes pour la physique du noyau.
4.3 Exercices
4.3.1 Niveaux 1 et 2
a) En prenant en compte le spin combien y-a-t-il d’états aux niveaux 1 et 2 ?
b) Ecrire les fonctions d’onde ψn,ℓ,m (r, θ, φ) des états 1s, 2s et 2p.
c) Former la densité de probabilité de présence radiale pour chaque état.
Cours et TD
27
Chapitre 5
Une expérience de diffusion est une expérience lors de laquelle on envoie des particules
vers un centre diffuseur et on compte combien sont déviées dans telle ou telle directions.
L’interaction entre la particule et le centre diffuseur est représentée par le potentiel V (~r).
Dans ce cours, on se donne V pour en déduire le résultat d’une telle expérience. Mais on
peut renverser le sens du raisonnement : le résultat de l’expérience peut être utilisé pour
déduire le comportement d’une interaction mal connue ou pour étudier un arrangement
complexe de centres diffuseurs.
Le plan du chapitre est le suivant : on commence par définir les quantités nécessaires
pour formaliser la description de l’expérience de diffusion, densité de courant de probabili-
té, section efficace et amplitude de diffusion ; ensuite, on expose une méthode pour déter-
miner la section efficace de diffusion de manière approchée et en arriver à l’approximation
de Born ; la méthode et l’approximation s’appliquent lorsque le potentiel est « faible »,
dans un sens qui sera précisé ; on termine en examinant quelques applications, l’expression
de l’approximation de Born dans le cas d’un potentiel central et le calcul de la section
efficace pour deux exemples de potentiel central.
5.1 Définitions
5.1.1 Densité de courant de probabilité
Etant donnée la fonction d’onde d’une particule ψ(~r, t) on introduit la densité de
courant
~ ~
~ = Re −iψ ∗ ∇(ψ) .
m
Posant ρ = ψ ∗ ψ, on montre à partir de l’équation de Schrödinger que
∂ρ ~
+ ∇ · ~ = 0. (5.1)
∂t
En utilisant
~ · ψ ∗ ∇(ψ)
∇ ~ ~ ∗ ) · ∇(ψ)
= ∇(ψ ~ + ψ ∗ ∆ψ,
29
30 CHAPITRE 5. DIFFUSION PAR UN POTENTIEL
j diff
O
j inc
dn = Fi × σ(θ, φ) × dΩ,
où σ(θ, φ) est la section efficace différentielle de diffusion. C’est la quantité qui caractérise
l’interaction entre la particule et le centre diffuseur et que l’on veut finalement calculer.
dΩ
θ
O z
Cette fonction d’onde est perturbée par la présence du potentiel exercé par le centre
diffuseur. On ne s’intéresse qu’à la forme de la fonction d’onde diffusée à grande distance,
r → ∞, du centre diffuseur. On postule une onde diffusée de forme sphérique
eikr −iEt/~
ψdiff (~r, t) ∼ fk (θ, φ) e ,
r
avec une amplitude, fk (θ, φ), appelée amplitude de diffusion. Section efficace et amplitude
de diffusion sont liées par la relation
~k
~inc = ~uz .
m
soit
~k |fk |2
~diff = 2
~ur + O(1/r3 ),
m r
où l’on n’a explicité que le terme en 1/r2 , le seul qui contribue au résultat final. Le flux
incident pour cette situation est Fi = ~inc · ~uz et le nombre de particules diffusées par
−
→ −
→
unité de temps dans l’angle solide dΩ est dn = ~diff · dS, avec dS = r2 dΩ ~ur ,
dn ~k
= |fk |2 ,
dΩ |{z}
m
Fi
5.2 Formalisme
Le hamiltonien est de la forme H = H0 + V avec H0 , le hamiltonien libre. On est
intéressé par les solutions stationnaires
~2
V = U,
2m
(∆ + k 2 ) ϕ = U ϕ. (5.3)
Cette équation n’admet de solution exacte que pour quelques potentiels particuliers, par
exemple le potentiel coulombien, mais la plupart du temps on doit se contenter de solutions
approchées. Par ailleurs, on a déjà dit que ce qui nous intéresse est seulement l’amplitude
de diffusion, c’est-à-dire le comportement lorsque r → ∞ de la fonction d’onde
eikr
ϕ(~r) ≡ ϕk (~r) ∼ eikz + fk (θ, φ) .
r
~
ϕk (~r) = eiki ·~r + ϕd (~r).
puisque l’onde plane est solution de l’équation sans second membre. Lorsque U = 0, la
~
solution de l’équation (5.3) pour l’onde plane incidente eiki ·~r est l’onde plane incidente
elle-même, ϕd = 0. Si maintenant on ajoute un « petit » potentiel alors ϕd sera une petite
correction par rapport à l’onde plane incidente. On la néglige dans le membre de droite
de l’équation (5.3), qui devient dès lors
~
(∆ + k 2 ) ϕd = U eiki ·~r .
Le problème à résoudre est plus simple puisque la fonction recherchée n’apparaît pas dans
le membre de droite. On sait résoudre ce type d’équations aux dérivées partielles par la
méthode des fonctions de Green.
5.2. FORMALISME 33
Les fonctions de Green, G, sont les solutions de cette nouvelle équation. Si on les connaît,
alors les fonctions Z
g(~r) = G(~r − ~r′ ) f (~r′ ) d3 r′ ,
eikr
G(~r) ≡ G+ (~r) = − ,
4πr
qui permet d’engendrer l’onde sphérique sortante attendue pour l’onde diffusée. On vérifie-
ra en TD que G+ est bien solution de l’équation (5.4).
On obtient que l’amplitude de diffusion est, dans cette approximation, simplement propor-
tionnelle à la transformée de Fourier de l’énergie potentielle, évaluée pour le vecteur d’onde
~q avec ~~q qui représente la quantité de mouvement transférée au projectile lors de la
diffusion. Ce résultat précise quelle « image » on a de l’interaction dans une expérience de
diffusion. Les mots sont choisis à dessein car le résultat est à rapprocher de celui obtenu
dans la théorie de la diffraction de Fraunhoffer où l’on obtient que l’amplitude diffusée
(on dit diffractée dans ce contexte) est proportionnelle à la transformée de Fourier de la
transparence de la pupille diffractante.
34 CHAPITRE 5. DIFFUSION PAR UN POTENTIEL
|ϕd (~r)| ≪ 1, r . r0 .
5.3 Applications
5.3.1 Potentiel central
On examine la situation où le potentiel ne dépend que de la distance r à l’origine
et pas de l’orientation de ~r. Dans ce cas, on peut évaluer les intégrales angulaires qui
interviennent lorsqu’on écrit la transformée de Fourier en coordonnées sphériques.
En effet, choisissant ~q comme axe polaire et notant θ′ et φ′ les angles sphériques de
~r′ par rapport à cet axe polaire (attention à ne pas confondre avec θ et φ les angles
sphériques de ~r par rapport à l’axe polaire engendré par ~ki ), on calcule directement
Z Z ∞ Z π
′ −i~ r′ 3 ′
q ·~ ′ ′ −iq r ′ cos θ ′
V (r ) e d r = 2π V (r ) sin θ e dθ r′2 dr′ ,
′
0 0
5.3. APPLICATIONS 35
La section efficace différentielle est représentée sur la figure 5.3 pour k r0 = 10. On observe
une figure de diffraction qui met en relief l’aspect ondulatoire du phénomène étudié.
Comme en optique, ce qui gouverne la figure de diffraction est le rapport de la dimension
de l’obstacle à la longueur d’onde de la sonde. Si la longueur d’onde est trop grande,
l’obstacle n’est pas résolu et la figure de diffraction ne montre plus de structure.
σ(θ)
σ(0)
1.0
0.8
0.6
0.4
0.2
θ
0.0 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0
Figure 5.3 – Allure de la section efficace différentielle pour le puits sphérique lorsque
k r0 = 10. La courbe orange montre la fonction multipliée par 100.
On a représenté V (r)/|C| pour le cas attractif (C < 0) sur la figure 5.4 à gauche, ainsi
que le cas du potentiel coulombien qui correspond à la limite r0 → ∞.
σ(θ)
V σ(0)
C 1.
0 r
0.5 1 1.5
0.8
0.6
-5 0.4
0.2
θ
-10 0 1 2 3
Figure 5.4 – Gauche : potentiels de Yukawa (r0 = 1) et Coulomb pour le cas attractif.
Droite : allure des sections efficaces différentielles pour Ẽ = 0.5 (courbe bleue) et 2
(orange).
On calcule
(B) 2m Cr02
fk (θ) = − .
~2 (1 + q 2 r02 )
En posant C = V0 r0 , l’amplitude en θ = 0 vaut
(B) V0
fk (0) = −2r0 ,
~ /(mr02 )
2
| {z }
Ṽ0
qui fait intervenir le facteur Ṽ0 déjà rencontré comme représentant l’ordre de grandeur
de |ϕd (0)| lorsqu’on a discuté la condition de validité de l’approximation de Born. On
(B)
observe que fk (0) ne dépend pas de k. La section efficace différentielle s’écrit
σ(0) E
σ (B) (θ) = 2 , Ẽ = .
2
1 + 8Ẽ sin (θ/2) ~2 /(mr02 )
L’allure de la section efficace est donnée sur la figure 5.4 à droite pour deux valeurs de
l’énergie incidente. Comme pour le puits sphérique, la section efficace différentielle devient
constante dans le régime Ẽ ≪ 1, c’est-à-dire à basse énergie où la sonde ne résoud pas le
potentiel. L’isotropie de la section efficace différentielle à basse énergie est une propriété
générale des potentiels dont la portée est finie.
On peut calculer la section efficace totale
Z
σtot = σ(θ) dΩ.
R π
R
Le plus simple est d’intégrer sur q en utilisant dΩ = k2
2q dq qui conduit à
On note les deux faits que (i) à basse énergie, la section efficace dépend très peu de E et
(B)
(ii) à haute énergie σtot décroît en 1/E.
Cette condition indique que la méthode des déphasages est avant tout utilisable à basse
énergie.
5.5. EXERCICES 39
5.5 Exercices
5.5.1 Puits sphérique à basse énergie
On considère le puits « sphérique », V (r) = −V0 avec V0 > 0 pour r ≤ r0 et V (r) = 0
pour r > r0 . On peut calculer l’amplitude de diffusion dans l’approximation de Born et
l’on trouve
Ṽ0 V0
fk (θ) = 2r0 sin(qr 0 ) − qr 0 cos(qr 0 ) , q = 2k sin(θ/2), Ṽ0 = .
(qr0 )3 ~ /(mr02 )
2
eikr
G+ (~r) = − ,
4πr
est solution de l’équation aux dérivées partielles
2. On rappelle que
~ )· ∇(g),
~ ~ (r)) = f ′ (r) ~ur , 1
∆(f ×g) = f ∆g +g∆f +2∇(f ∇(f ∆(f (r)) = (r ×f (r))′′ .
r
Vérifier l’équation (5.5).
a) Montrer que Z ∞ √
2 2 /4
e−(x/r0 ) e−ikx dx = π r0 e−(kr0 ) .
−∞
6.1 Formalisme
6.1.1 Démarche de résolution
On veut étudier le hamiltonien H = H0 + W dans la situation où le spectre de H0
est connu, valeurs propres {Ep0 } et vecteurs propres {|ϕip i}, et où W peut être envisagé
comme un terme correctif à H0 . Pour cela, on pose W = λ Ŵ avec λ ∈ R+ qui va permettre
comme on va le voir de préciser l’ordre auquel on effectue l’approximation.
On veut résoudre le problème
On admet que pour chaque état propre E(λ) et |ψ(λ)i admettent des développements en
série entière
E(λ) = ε0 + λ ε1 + · · · , |ψ(λ)i = |0i + λ |1i + · · ·
Pour trouver les inconnues ε0 , ε1 , . . . , |0i, |1i, . . . , on écrit l’équation (6.1)
! ! !
X X X
H0 + λŴ λq |qi = λq εq λq |qi (6.2)
q q q
41
42 CHAPITRE 6. PERTURBATIONS STATIONNAIRES
Reste à trouver hϕn |1i pour obtenir la décomposition de |1i sur la base des vecteurs
propres de H0 . Pour ceci, on utilise le fait que h0|0i = 1 et que l’on cherche |ψ(λ)i normé.
Alors
hψ(λ)|ψ(λ)i = 1 = h0|0i +λ (h1|0i + h0|1i) +O(λ2 ),
| {z } | {z }
=1 =0
et, en choisissant h0|1i = hϕn |1i réel, on obtient hϕn |1i = 0. Finalement,
gp
XX hϕip |Ŵ |ϕn i
|1i = |ϕip i ,
p6=n i=1
En0 − Ep0
et on retient
gp
XX hϕip |W |ϕn i
|ψn (λ)i = |ϕn i + |ϕip i + O(λ2 )
p6=n i=1
En0 − Ep0
pour obtenir
ε2 = hϕn |Ŵ |1i,
et en remplaçant l’expression obtenue auparavant pour |1i
gp
XX |hϕip |Ŵ |ϕn i|2
ε2 = ,
p6=n i=1
En0 − Ep0
finalement
gp
XX |hϕip |W |ϕn i|2
En (λ) = En0 + hϕn |W |ϕn i + + O(λ3 )
p6=n i=1
En0 − Ep0
6.2. APPLICATION : STRUCTURE FINE DE L’ATOME D’HYDROGÈNE 43
puis on utilise la relation de fermeture dans le sous-espace des états associés à En0 , En0 :
gn
X
hϕin |Ŵ |ϕjn i cjn = ε1 cin .
j=1
C’est l’équation qu’il faut résoudre pour trouver les corrections aux valeurs de l’énergie
au premier ordre de la théorie des perturbations. Cette équation se présente comme une
équation aux valeurs propres pour la restriction de Ŵ à En0 , Ŵn = Pn Ŵ Pn , où Pn est le
projecteur sur En0 . La résolution passe par la diagonalisation de Ŵn qui doit permettre
de calculer les gn valeurs propres ε1 , avec d’éventuelles dégénérescences résiduelles. 1 La
diagonalisation conduit aussi à l’identification des vecteurs propres « |0i » associés aux
ε1 .
∆En (λ) = valeurs propres de Pn W Pn + O(λ2 )
P~ 2 e2
H0 = + V (R), V (R) = − .
2me 4πǫ0 R
1
|ϕin i = |n, ℓ, mℓ , ms i, n ∈ N∗ , 0 ≤ ℓ ≤ n − 1, −ℓ ≤ mℓ ≤ ℓ, ms = ± ,
2
avec gn = 2 n2 .
On revient à l’approximation mp → ∞, mais on veut prendre en compte la relativité
restreinte. Pour résoudre ce problème, il faut passer de la mécanique quantique avec son
1. Si Ŵn commute avec les observables de l’ECOC choisi pour construire {|ϕin i} alors Ŵn est déjà
diagonal et tous les états sont déplacés de la même quantité
P~ 4 V ′ (R) ~ ~ ~2
H = H0 + Wm + Wso + WD , Wm = − , Wso = L · S, WD = ∆V,
8 m3e c2 2 m2e c2 R 8 m2e c2
p~2 1 p~4
E ≈ me c2 + − ,
2 me 8 m3e c2
et l’on reconnaît bien Wm . Pour estimer l’ordre de grandeur de cette correction, on se
rappelle que p ∼ α me c pour l’atome d’hydrogène, qui permet de retrouver p~2 /(2me ) ∼
α2 me c2 (∼ H0 ), ce qui conduit à Wm ∼ α4 me c2 , soit une correction relative d’ordre
α2 (∼ v 2 /c2 ) ∼ 10−4 .
Wso vient de l’interaction magnétique entre le proton et le moment magnétique de
l’électron qui émerge de l’équation de Dirac : M ~ e = γe S
~e avec γe = ge qe /(2me ). γe est
le facteur gyromagnétique de l’électron, S~e est l’observable spin et ge est le facteur de
Landé, dont l’équation de Dirac prédit qu’il vaut 2. Pour expliquer la forme de Wso ,
on se place dans le référentiel de l’électron R ′ et on considère l’interaction magnétique
Wmag = −M ~e·B ~ ′ avec B~ ′ le champ magnétique engendré par le déplacement du proton
dans R ′ . On peut déterminer B ~ ′ à partir de E
~ dans R par changement de référentiel : B ~′ =
~ avec ~v = ~vR ′ /R ≡ ~ve . Comme qe E
−(1/c2 )~v ∧ E ~ = −V ′ (r)~ur , qe B
~ ′ = 1 2 (me~v ∧ ~r) V ′ (r)/r
me c | {z }
−~
ℓO
V ′ (r)/r ~ ~
Wmag = L · S.
m2e c2
On obtient au facteur 1/2 près Wso . Le facteur 1/2 est dû à la précession de Thomas qui
intervient quand on analyse plus rigoureusement l’interaction spin-orbite. Pour former
l’ordre de grandeur on utilise V ′ (r)/r = e2 /(4πǫ0 )/r3 et r ∼ a0 = ~/(αme c), ainsi que
L ∼ S ∼ ~ pour obtenir Wso ∼ α4 me c2 , comme pour la correction précédente.
WD provient de la prise en compte du caractère non instantanné de l’interaction
proton-électron. Avec ∆(1/r) = −4πδ (3) (~r), on a
4π~2 e2 (3)
WD = δ (~r).
8m2e c2 4πǫ0
6.2.4 Synthèse
On rassemble
(m) α2 R 1 3 α2 R j(j + 1) − ℓ(ℓ + 1) − 43
ℓ6=0
∆E = − 3 1 − , ∆E (so) = ,
n ℓ+ 2
4n n3 ℓ(ℓ + 1)(2ℓ + 1)
ℓ=0 α2 R α2 R 1 3
∆E (D) = , ∆E (tot) = ∆E (m)
+ ∆E (so)
+ ∆E (D)
=− 3 − .
n3 n j + 21 4n
Avec j = ℓ ± 12 , on forme le tableau 6.1 des résultats pour les deux premiers niveaux, puis,
avec 12 α4 me c2 = α2 R = 724 µeV, le diagramme de ces niveaux donné sur la figure 6.1.
Table 6.1 – ∆E (i) /(α2 R). La coïncidence entre ∆E (tot) pour 2s1/2 et 2p1/2 n’est pas
fortuite mais est due au fait que ∆E ne dépend que de n et j, pas de ℓ.
E
n= 2
1 11 µeV
64
2 p 3/2
1
45 µeV
16
2s 2p
1/2 1/2
3
10,2 eV
4
n= 1
1
180 µ eV
4
H0 H 0+W
6.3 Exercices
E± = E0 ± ∆.
W = −d~ · E~ = −eE Z.
Comme W n’agit pas sur le moment cinétique intrinsèque, on peut ignorer le nombre
quantique ms .
On donne l’identité
m
cos θ × Yℓm (θ, φ) = C+ (ℓ, m) Yℓ+1 m
(θ, φ) + C− (ℓ, m) Yℓ−1 (θ, φ),
√
et les deux valeurs C+ (0, 0) = C− (1, 0) = 1/ 3, ainsi que les fonctions radiales
2 r 1 r
R2,0 (r) = 3/2
1− e−r/(2a0 ) , R2,1 (r) = 3/2
√ e−r/(2a0 ) .
(2a0 ) 2a0 (2a0 ) 3a0
a) Dans quelle gamme de E, le champ est-il à la fois suffisamment faible pour que la théorie
des perturbations puisse s’appliquer et suffisamment intense pour que la structure fine
puisse être ignorée ?
On se place dans cette gamme par la suite.
b) Montrer que ∆E1 est quadratique en E.
c) Examiner l’effet du champ électrique sur le niveau n = 2 au premier ordre de la théorie
des perturbations.
Chapitre 7
7.1 Formalisme
7.1.1 Position du problème
On considère un système dont le hamiltonien H0 est perturbé par un terme W variant
dans le temps
H(t) = H0 + W (t).
H0 est, comme dans le chapitre précédent dont on reprend les notations, un hamiltonien
dont on connaît le spectre. La perturbation est absente dans le passé et dans cette partie
on va considérer que W (t) ∝ θ(t), avec θ(t) = 0 pour t < 0 et θ(t) = 1 pour t ≥ 0. La
probabilité d’observer le système dans l’état f , |ϕf i, à t > 0 sachant qu’à t = 0 il est dans
l’état i, |ϕi i, est
Pif (t) = |hϕf |ψ(t)i|2 ,
avec |ψ(t)i la solution de l’équation de Schrödinger pour le hamiltonien H(t) avec la
condition initiale |ψ(0)i = |ϕi i. Le problème que l’on veut résoudre et celui d’exprimer
Pif (t) en fonction de W . Comme dans les deux chapitres précédents, il n’existe pas de
solution exacte, sauf pour des perturbations « simples », et l’on propose une démarche
systématique pour trouver une solution approximative.
49
50 CHAPITRE 7. PERTURBATIONS DÉPENDANTES DU TEMPS
où l’on utilise la même notation qu’au chapitre précédent W = λ Ŵ pour faire apparaître
un paramètre de développement perturbatif, λ. Pour λ = 0, les solutions sont
c(λ=0)
n (t) = bn e−iEn t/~ ,
X En − Ek
i~b′n (t) = λŴnk (t)eiωnk t bk (t), . (7.2)
k
~
(0) (0)
On remplace dans (7.2) : bn ′ (t) = 0 ⇒ bn (t) = const., et
X (r−1)
r≥1 : i~bn(r) ′ (t) = Ŵnk (t) eiωnk t bk (t).
k
(0) (r)
A l’ordre r = 1, considérant bn (t) ≡ bn (0) = δni (et ∀ r ≥ 1, bn (0) = 0),
Z t
1
i~b(1) ′
n (t) =e iωni t
Ŵni (t) ⇒ b(1)
n (t) = Ŵni (t1 ) eiωni t1 dt1 .
i~ 0
On obtient finalement
(1)
Pif (t) = |cf (t)|2 = |bf (t)|2 , avec bf (t) = δf i + λ bf (t) + O(λ2 ),
Z t 2
1
(f 6= i) Pif (t) = 2 Wf i (t1 ) eiωf i t1 dt1 .
~ 0
cos(ωt) (+)
Wf i (t) = θ(t) Wf i ×
sin(ωt) (−)
où, en adoptant la forme d’Euler des fonctions trigonométriques, on va examiner ensemble
les cas cosinus (+) et sinus (−). On évalue
Z t
eiωt1 ei(ωf i +ω)t/2
eiωf i t1 dt1 = f (t, ωf i + ω),
0 2 2
avec à nouveau l’intervention de la fonction f définie eq. (7.3). On obtient alors
|Wf i |2
Pif (t) = |A+ (t) ± A− (t)|2 , A± (t) = ei(ωf i ±ω)t/2 f (t, ωf i ± ω).
4~2
Le signe ± entre les deux amplitudes est + pour le cas cosinus et − pour le cas sinus.
t étant fixé, par la durée de l’expérience ou celle de l’exposition à la perturbation, et
choisissant le cas ωf i > 0, donc Ef > Ei situation d’une excitation du système, l’amplitude
A− (t) passe par un maximum pour ω = ωf i , on dit que l’amplitude est résonante. A la
résonance
1
A− (t) = t, |A+ (t)| ≤ ≪ |A− (t)|
|ωf i |
pourvu que t ≫ |ω1f i | , ce qui correspond à la situation où la perturbation sinusoïdale
effectue de nombreuses oscillations sur la durée de l’expérience. Dans ce cas et au voisinage
de la résonance
|Wf i |2 t2 2 ω − ωf i
Pif (t) ≈ sinc t .
4~2 2
52 CHAPITRE 7. PERTURBATIONS DÉPENDANTES DU TEMPS
X X |Wf i |2
Pif (t) = f 2 (t, ωf i ),
f 6=i f 6=i
~2
de sorte que c’est la fonction f 2 qui « sélectionne » les états atteints et ceci d’autant plus
que t est grand. La fonction f 2 est représentée sur la figure 7.1 pour t fixé en fonction de
ω. On voit que la fonction est piquée autour de 0 avec un pic de hauteur t2 et de largeur
∝ 1/t.
f 2 (t,ω)
1000
800
600
400
200
ω
-1.0 -0.5 0.0 0.5 1.0
Figure 7.1 – f 2 (t, ω) en fonction de ω = E/~ pour t = 30. La hauteur du pic est t2 et
la largeur ∝ 1/t.
Précisément, la fonction
f 2 (t, E/~)
δ (t) (E) = ,
2π~t
est une fonction piquée en 0 et dont l’intégrale vaut 1. Elle approche la distribution δ(E)
lorsque t → +∞. On a donc
X 2π t X
Pif (t) = |Wf i |2 δ (t) (Ef − Ei ).
f 6=i
~ f 6=i
7.1. FORMALISME 53
est maintenant une densité de probabilité de transition et la somme sur f devient une
intégrale sur p et Ω
X Z
Pif (t) → Pi→Df (t) = |h~p|ψ(t)i|2 p2 dpdΩ,
f 6=i Df
2π
w(|ϕi i → |Ef , Ωf i) = |hEf = Ei , Ωf |W |ϕi i|2 ρ(Ef = Ei ),
~
Pour une expérience où on envoie une seule particule cette quantité est le taux de
probabilité de transition wif discuté ci-dessus.
Comparons dès lors le résultat déterminé dans ce chapitre avec celui qui a été obtenu
au chapitre 5. Pour ceci, on prend en compte le fait que dans l’expérience de diffusion
|ϕi i ≡ |~pi i et on insère la relation de fermeture de la représentation |~ri pour former
Z
h~pf |W |~pi i = h~pf |~r′ ih~r′ |W |~rih~r|~pi i d~r′ d~r.
c’est-à-dire, le taux de transition obtenu via la règle d’or de Fermi donne, au facteur
de flux, Fi , près, la section efficace différentielle dans l’approximation de Born. Avec la
démarche suivie dans le présent chapitre, on constate donc que l’approximation de Born
développée au chapitre 5 correspond au premier ordre d’un développement perturbatif.
~ B)
avec E, l’éclairement, en W/m2 . Ce champ (E, ~ dérive de
~ E
P ∼ et |q|A ∼ e ,
a0 ω
or on est intéressé par des ondes telles que ~ω ∼ 1 eV alors que e E a0 ∼ 1 µeV,
pour un champ électrique de 10 kV/m (correspondant à un éclairement intense de
105 W/m2 ).
— Hmag est aussi négligeable. En effet
e E e E
Hmag ∼ ~ vs W ∼ P ,
me c me ω
q E
W ≈ WDE (t) = Pz sin(ωt).
me ω
C’est l’approximation dipolaire électrique pour laquelle le champ de l’onde est considéré
homogène sur l’étendue de l’atome.
Reste à évaluer hPz if i ≡ hϕf |Pz |ϕi i. De [Z, Pz ] = i~, on déduit [Z, Pz2 ] = 2i~Pz , on a
donc Pz = −ime [Z, H0 ]/~, soit
Ef − Ei ωf i
hPz if i = ime hZif i , hWDE (t)if i = iq E sin(ωt) hZif i .
~ }
| {z ω
ωf i
Pour une onde polarisée selon x ou y, on aurait la même règle pour ℓ, mais mf = mi ± 1.
Les transitions interdites peuvent ne l’être que dans l’approximation dipolaire. Des
termes négligés dans cette approximation peuvent les rendre possibles, mais comme ces
termes sont petits cela veut dire que les probabilités de transition correspondantes sont
beaucoup plus petites que les transitions permises dans l’approximation considérée.
q2 ω 2
fi
dPif (t) = E ω dω |hZif i |2 f 2 (t, ωf i ± ω),
2ǫ0 c~2 ω
puis on intégre sur ω. Les probabilités s’ajoutent effectivement car le rayonnement considé-
R
ré est incohérent : Pif = dPif . La largeur spectrale de la lumière étant large par rapport
à ~/t, la largeur de f 2 , on se retrouve dans les conditions d’application de la règle d’or de
Fermi f 2 (t, ωf i ±ω) → 2π t δ(ω±ωf i ). Il y a deux possibilités. Soit Ei < Ef , ωf i > 0 et c’est
δ(ω − ωf i ) qui intervient, l’atome est excité et le phénomène est celui d’absorption. Soit
Ei > Ef , ωf i < 0 et c’est δ(ω + ωf i ) qui intervient, l’atome est désexcité et le phénomène
est celui d’émission induite. On trouve la même probabilité de transition pour les deux
phénomènes
πq 2
Pif (t) = 2
Eω (|ωf i |) |hZif i |2 t,
ǫ c~
| 0{z }
4π 2 α/~
Pif (t) 4π 2 α
wif = = Cif Eω (|ωf i |), Cif = |hZif i |2 .
t ~
7.3. CHARGE ÉLECTRIQUE DANS UN CHAMP ÉLECTROMAGNÉTIQUE 57
on obtient
∂ ∂ ∂ ∂ ∂ ∂
mẍ = −q Ax + U +q ẏ Ay − Ax +q ż Az − Ax ,
∂t ∂x ∂x ∂y ∂x ∂z
| {z } | {z } | {z }
−Ex Bz −By
~ + ~v ∧ B),
qui est la première composante de m~a = q(E ~ avec la force de Lorentz comme il
se doit.
Formons le hamiltonien correspondant
∂L
H(~r, p~, t) = p~ · ~v − L(~r, ~v , t), pi ≡ = mvi + qAi ,
∂ ṙi
~
soit, en remplaçant ~v = (~p − q A)/m,
~ 2
(~p − q A)
H= + q U.
2m
58 CHAPITRE 7. PERTURBATIONS DÉPENDANTES DU TEMPS
7.4 Exercices
7.4.1 Oscillateur soumis à un champ électrique transitoire
On considère un oscillateur harmonique 1D, chargé, de pulsation ω0 , initialement dans
l’état fondamental.
1. Il est soumis à la perturbation
b) En déduire que la quantité de mouvement fournie par cette impusion à l’atome entre
les instants −∞ et +∞ vaut |∆p| = A.
c) Calculer la probabilité que l’atome soit dans un état 2p quand t → ∞ et discuter le
résultat obtenu.
On se souviendra de l’analyse menée lors de l’exercice 6.3.3 et on utilisera 1
215 2
|h2, 1, 0|Z|1, 0, 0i|2 = a.
310 0
1. On peut calculer cet élément de matrice avec les fonctions d’onde données au chapitre 4.
60 CHAPITRE 7. PERTURBATIONS DÉPENDANTES DU TEMPS
Troisième partie
Compléments
61
Chapitre 8
ψr (x, t) = R × A e−iωt−ikx ,
~k
~i = ~ux |A|2 .
m |{z}
ρi
63
64 CHAPITRE 8. DIFFUSION À UNE DIMENSION
On note la ressemblance avec une densité de courant de particules classiques ~i = ρi ~vi .
Pour |A|2 = 1 particule/m et ~k/m = 1 m/s, l’expérience consiste à envoyer une particule
par seconde depuis la gauche sur la barrière. On détermine aussi
~k ~k
~r = − ~ux |R|2 |A|2 , ~t = ~ux |T |2 |A|2 ,
m m
et la grandeur d’intérêt est finalement le coefficient de transmision en intensité, |T |2 (et
|R|2 = 1 − |T |2 ), que l’on appelle transparence dans la suite.
Le point remarquable est que la traversée de la barrière est possible bien que E < V0 , on
parle d’effet tunnel.
q La transparence
√
de la barrière dépend de qa et du rapport E/V0 . En exprimant qa =
E
1 − V0 × 2mV0 a/~, on fait apparaître une variable qui dépend de l’énergie incidente
√
rapportée à V0 et l’autre qui ne dépend que du potentiel, 2mV0 a/~. On montre sur la
figure 8.1 la transparence en fonction de chacune des deux variables.
T2
1.0 T2
1
0.8
0.100
0.6
0.010
0.4
0.2 0.001
√
Figure 8.1 – Transparence en fonction de E/V0 pour différentes valeurs de 2mV0 a/~,
√
à gauche, et en fonction de 2mV0 a/~ pour différents E/V0 , à droite.
On voit sur la figure de droite que l’intensité du phénomène est contrôlée par sh2 (qa).
Si qa ≫ 1 (barrière « épaisse »)
V(r)
Vmax
E
V(r)
r
R r+
Vérifions que nous sommes bien dans la situation de la barrière épaisse. Pour un noyau
de Z = 102 , R ≈ 10 fm et on obtient pour la hauteur de la barrière Vmax ≈ 30 MeV. On
en déduit r+ = R Vmax /E ≈ 60 fm pour E = 5 MeV et on estime E/Vmax ≈ 1/6 et
√
2mVmax × (r+ − R)/~ ∼ 102 , une valeur immense. La transparence est extrêmement
petite.
Compte-tenu de cette estimation, on va se contenter d’évaluer
Z r+
2 −2G 1 p
|T | ∼ e , G(E) = 2m(V (r) − E) dr.
~ R
66 CHAPITRE 8. DIFFUSION À UNE DIMENSION
La fonction γ(ǫ) est représentée sur la figure 8.3a. Pour des valeurs modérées de ǫ, la
fonction est voisine de l’unité. On utilisera γ(1/6) = 0, 78.
1.5
1.0
0.5
ϵ
0.2 0.4 0.6 0.8 1.0
Figure 8.3 – (a) A gauche : γ(ǫ). (b) A droite : Demi-vies en fonction de l’énergie
cinétique de la particule α pour différentes valeurs de Z.
C’est finalement le facteur numérique devant γ(ǫ) qui contribue de façon essentielle à
la grande valeur de G. Il vaut
√ r
2mVmax Rr+ 2mc2
= 2Zα ,
~ E
soit plusieurs dizaines pour les valeurs de E et Z à prendre en compte. A partir de la
transparence, on forme la durée de vie en affirmant que c’est le temps au bout duquel la
probabilité de désintégration approche l’unité. La particule α est piégée dans le noyau,
ce que l’on se représente en disant qu’elle rebondit sur la barrière tous les intervalles de
temps 2R/v. A chaque rebond, elle a une chance |T |2 de franchir la barrière, donc 1/|T |2
représente le nombre d’essais à effectuer pour avoir une chance appréciable de réussite.
Finalement, on estime
2R 2G
τ= e .
v
Avec les mêmes valeurs qu’utilisées auparavant (R = 10 fm, Z = 100 et E = 5 MeV), on
trouve 2R/v ≈ 10−21 s et e2G ∼ e88 ∼ 1038 . On obtient τ ∼ 1017 s ≈ 3 109 ans. On forme
aussi la loi de Geiger-Nutall qui est observée expérimentalement,
Z
ln τ = A + B √ .
E
Une compilation des demi-vies, t1/2 = τ ln 2, est donnée sur la figure 8.3b.
8.2. EXERCICES 67
8.2 Exercices
8.2.1 Marche de potentiel
On considère une marche d’énergie potentielle située en x = 0. Pour x < 0, région I,
V (x) = 0 et pour x > 0, région II, V (x) = V0 > 0. L’expérience consiste à envoyer des
particules depuis la gauche et à examiner la diffusion sur la marche.
1. Solution stationnaire telle que E > V0 .
On pose
ϕI (x) = Ieikx + Re−ikx , ϕII (x) = T eiκx + T ′ e−iκx .
a) Calculer les valeurs algébriques ji , jr et jt et justifier que les solutions telles que
T ′ = 0 correspondent à l’expérience menée.
b) Calculer k et κ, ainsi que le coefficient de réflexion |jr |/ji et celui de transmission
jt /ji .
c) Pourquoi le fait que jr 6= 0 est-il remarquable ?
d) Vérifier que la probabilité est conservée.
2. Solution E < V0 .
Les solutions précédentes s’appliquent encore pourvu de remplacer κ par iq avec q ∈
R+∗ .
a) Vérifier cette affirmation et discuter les coefficients de réflexion et de transmission
pour cette situation.
b) Calculer la densité de probabilité de présence |ψ(x, t)|2 dans la région II et discuter
le résultat obtenu.
Montrer que
√ iΓn /2
T ≈ Tn = (−1)n e−i 2mEn a/~
,
(E − En ) + iΓn /2
avec Γn une quantité à déterminer.
d) En déduire |Tn |2 et interprêter la quantité Γn en calculant le coefficient de transmis-
sion en E = En ± Γn /2.
Les figures suivantes montrent le coefficient de transmission |T |2 pour E ≥ V0 avec
des paramètre m et a choisis tels que
~2 π 2
E 1 − V0 = = 0, 01 × V0 .
2ma2
On voit à gauche des pics successifs et à droite l’approximation discutée dans l’exercice
autour des valeurs E1 , E2 et E3 .
T2
1.0 T2
1.0
0.8
0.8
0.6
0.6
0.4
0.4
0.2 0.2
E E
1.0 1.1 1.2 1.3 1.4 1.5 V0 1.05 1.10 1.15 1.20 V0
Chapitre 9
Exercice
On sait que les corrections relativistes entrainent une levée de dégénérescence partielle
des niveaux de l’atome d’hydrogène, exhibant une structure fine avec des corrections
∼ α2 R, avec α la constante de structure fine et R = 12 α2 me c2 .
Le niveau 1s1/2 reste dégénéré en dépit de ces corrections. En fait la dégénérescence
est levée à un niveau beaucoup plus faible, on parle de structure hyperfine, par une
autre correction relativiste quand on prend en compte le moment magnétique du proton.
Cette structure a une importance considérable pour l’observation des spectres des nuages
d’hydrogène atomique en astrophysique.
Le hamiltonien hyperfin prend pour les états s la forme
(s) 2 ~e · S
~p δ(~r),
Whf = − µ0 γe γp S
3
qe qp
avec les facteurs gyromagnétiques γe = ge , ge = 2, et γp = gp , gp = 5, 59.
2me 2mp
a) Comparer l’ordre de grandeur de Whf obtenu en remplaçant δ(~r) ∼ 1/a30 avec a0 =
~/(αme c) avec celui de la structure fine de l’atome d’hydrogène.
b) On donne la fonction d’onde orbitale
pour l’état 1s :
2 1
R1,0 (r) = 3/2
e−r/a0 , Y00 (θ, φ) = √ .
a0 4π
Vérifier que la fonction d’onde est correctement normalisée, puis calculer l’élément de
matrice
hδ(~r)i1s = h1s|δ(~r)|1si.
69
70 CHAPITRE 9. STRUCTURE HYPERFINE DE L’ATOME D’HYDROGÈNE
c) Exprimer O = S ~e · S
~p en fonction de S
~e2 , S
~p2 et S
~ 2 , où S
~=S
~e + S
~p est le spin total de
la paire proton-électron. Donner les vecteurs et valeurs propres de O.
d) Donner le schéma des niveaux issus du niveau 1s1/2 engendrés par la présence de Whf
à l’ordre 1 de la théorie des perturbations. Calculer les variations d’énergie ainsi que la
longueur d’onde de la transition entre les deux sous-niveaux. Dans quel domaine des
ondes électromagnétiques se situe-t-on ?
Bibliographie
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