04 Acuite Visuelle
04 Acuite Visuelle
AUTEURS
Pirindhavellie Govender University of KwaZulu Natal (UKZN) Durban, Afrique du Sud
L’acuité visuelle est définie comme « la capacité de résolution spatiale du système visuel » (Benjamin, 2006) et fait
référence à la netteté de la vision ou à la capacité du patient à reconnaître une cible de taille minimale. Sa notation est
généralement abrégée par « AV ». La mesure de l’AV devrait être effectuée à chaque visite après l’histoire de cas car il
s’agit d'un test révélateur. L’acuité visuelle :
Informe sur le statut réfractif de l’œil
Donne une indication de la fonction maculaire
Donne une indication de l’intégrité neurale
On peut comparer le statut visuel d’un œil ou entre deux yeux pour vérifier si l’acuité visuelle est similaire ou non. L’AV
nous permet de comparer la netteté de la vision entre les deux yeux d’un patient, de ses yeux à différents moments, ou
des yeux de différents patients. Elle fournit une échelle afin de communiquer notre évaluation des capacités visuelles
d’un patient à d’autres optométristes.
2. MINIMUM LISIBLE
Le minimum lisible implique le discernement de détails. L’évaluation clinique de l’AV est basée sur ce type de
performance visuelle. La plupart de nos tests d’AV sont des tests de reconnaissance qui impliquent la mesure des plus
petits symboles, lettres ou formes qui peuvent être correctement identifiés, ou lus, par l’observateur.
a) Formes : (anneaux de Landolt, E directionnels) tests dans lesquels une simple forme est utilisée et une tâche
(l’orientation par exemple) est utilisée pour déterminer l’acuité (Fig 4.3 a et b).
Anneaux de Landolt/C de Landolt : Ce sont des cercles incomplets (Fig. 4.3 a). La coupure est orientée
selon quatre directions possibles : en haut, en bas, à gauche ou à droite. Parfois, les chartes peuvent aussi
inclure des positions obliques en plus des positions cardinales.
b) Vrai minimum lisible : Des motifs complexes comme des lettres ou des chiffres sont utilisés comme stimulus
(Fig. 4.3 c). Ces motifs sont appelés des optotypes (cibles) (Fig. 4.3 c). Ils furent initialement créés par Snellen
en utilisant la police sans empattement et furent changés plus tard en lettres Sloan pour éviter la confusion
créée par les lettres sans empattement.
4. STÉRÉOACUITÉ
La stéréoacuité sollicite les deux yeux. Elle mesure la capacité d’un patient à distinguer de fines différences dans la
distance d’un objet cible en regardant à travers des stéréoscopes spécifiques. La stéréoacuité est mesurée en
secondes d’arc (en utilisant le disparomètre).
1. FRACTION DE SNELLEN
LE PRINCIPE DE SNELLEN
Le test de Snellen est une forme de tâche visuelle « minimum lisible » (c.-à-d. impliquant la reconnaissance de détails).
Helmholtz a trouvé que pour que deux objets soient distingués comme étant séparés, ils doivent être séparés d’un
angle minimum de résolution d’une minute d’arc au point nodal de l’œil. Si les images de deux objets lumineux
tombent sur un même récepteur (cône) sur la rétine, l’observateur ne percevra qu’un seul stimulus de lumière.
Si les stimuli sont suffisamment éloignés pour que leurs images tombent sur deux cônes adjacents, l’observateur ne
percevra toujours qu’un seul stimulus lumineux. En éloignant encore plus les stimuli pour qu’un cône non stimulé se
retrouve entre deux cônes stimulés (Fig. 4.4), l’observateur pourra maintenant percevoir deux stimuli lumineux. Ce seuil
de la capacité de l’observateur à détecter les détails est relatif au diamètre d’un cône fovéal qui est de 0.002 mm (2
microns).
Figure 4.4 (a) Un diagramme démontrant la séparation des cônes afin de percevoir deux objets comme distincts
La figure 4.4a nous schématise la situation avec les points A et B qui représentent deux stimuli visuels présentés à
l’œil, N le point nodal de l’œil, P le plan principal de l’œil, a et b les images rétiniennes qui résultent des stimuli A et B
respectivement.
Lorsque l’angle sous-tendu au point nodal de l’œil fut examiné, il fut trouvé que ce seuil était approximativement une
minute d’arc. Cela implique que les cibles doivent être séparées par au moins 1’ d’arc pour que ce détail soit
perceptible.
Figure 4.4 (b) Angle sous-tendu pour la perception de 2 stimuli visuels séparés
Dans la construction d’un « E » sur une charte de lettres, l’épaisseur des pattes et des espaces entre celles-ci doivent
chacun sous-tendre un angle de « 1 minute d’arc » au point nodal de l’œil pour que l’œil puisse être en mesure de
détecter la séparation entre les différentes parties du E. Ces différentes parties sont autant d’indices sur la lettre à
identifier. En utilisant le principe des espaces entre les éléments et de l’angle sous-tendu par ces éléments des lettres
présentées à un observateur, une charte de test constituée d’à peu près 10 lignes de lettres de différents formats fut
construite. La hauteur totale de ces lettres sous-tendait cinq minutes d’arc en tout, avec chaque détail sous-tendait une
minute d’arc (Fig. 4.5).
La hauteur totale d’une lettre sous-tendant 5 minutes d’arc à 6 m est de 8.73 mm. Snellen a ainsi conclu qu’une lettre
de 8.7 mm de hauteur présentée à 6 m devrait être tout juste identifiable par un observateur sans lunettes, en santé,
avec des yeux « normaux », donnant au patient une acuité visuelle de 6/6.
Si nous construisions une charte d’acuité visuelle constituée uniquement de lettres de 8.7 mm de haut, il serait possible
de mesurer l’acuité visuelle de tout le monde. Pour les patients ayant une acuité visuelle normale, cette tâche serait
facile. Toutefois, pour les patients qui sont myopes ou hypermétropes, cette tâche serait difficile à 6 m et le patient
devrait se rapprocher de la charte. L’acuité visuelle serait ainsi déterminée par le discernement de la lettre de 8.7 mm à
3 mètres, ou à 2 mètres, etc. Cela serait cependant une manière peu commode de mesure l’acuité visuelle.
Il découle de ces observations qu’un patient capable de voir une lettre de 8.7 mm à 6 mètres serait capable de
discerner une lettre de 17.4 mm à 12 mètres. Nous pourrions ainsi construire une charte d’AV avec des lettres de tailles
qui seraient des multiples de 8.7 mm. Pour notre patient qui ne pouvait pas voir les lettres de 8.7 mm à 6m, nous
pourrions simplement présenter des lettres de plus grande taille à une distance de 6 mètres et nous pourrions ainsi
déterminer son AV en relation avec l’AV « normale ».
Par exemple, si le patient était capable de discerner la lettre de 26.1 mm à 6 mètres, nous pourrions exprimer son AV
par le fait qu’elle est celle d’un patient normal placé à 18 mètres. L’AV serait alors notée 6/18.
FRACTION DE SNELLEN
La fraction de Snellen est une façon d’exprimer la taille angulaire des optotypes en spécifiant la distance du test et la
hauteur des lettres. Dans cette fraction, le nombre indiquant la hauteur des lettres est en fait la distance à laquelle cette
lettre sous-tend 5 minutes d’arc. Par exemple, une lettre de 6 m est une lettre d’une hauteur spécifique qui sous-tend 5
minutes d’arc à 6 mètres.
Figure 4.7 Progression de la taille des lettres sur une charte de Snellen
La lettre 6/60 est 10 fois plus grosse que la lettre 6/6, c'est-à-dire 87 mm. Si le patient ne peut voir cette lettre, alors le
praticien devrait soit rapprocher la charte du patient ou le patient de la charte. La charte est déplacée à 3 m et la
procédure est répétée. Si le patient est toujours incapable de voir les lettres à 3 m, la charte est déplacée à 1 m. Si le
Juin 2012, Version 1 Procédures en optométrie clinique 1, 4-5
Acuité visuelle
patient ne peut toujours pas lire les lettres à la plus petite distance prescrite pour une charte en particulier, on peut alors
suivre la séquence suivante pour noter l’AV.
Compter les doigts (CLD) – notez la plus longue distance où les doigts sont vus
Mouvement de la main (MM) – la plus longue distance où le mouvement est perçu
Projection lumineuse (détecter une lumière dans différents quadrants)
Perception lumineuse (PL = détecter une lumière). Un échec à cette tâche est notée
PPL = pas de perception lumineuse
Il est important de remarquer que les chartes d’AV sont construites pour être utilisées à une distance de 6 m qui
représente l’infini optique. Lorsque la distance du test est réduite comme dans les cas de faible AV, il doit y avoir un
ajustement placé dans la monture d’essai pour compenser cette distance plus courte que l’infini. Par exemple, si la
distance du test est de 4 mètres, cette distance est le ¼ de la distance depuis l’infini (0.25DS). L’AV doit alors être prise
avec cette correction en place ou alors le résultat subjectif doit être ajusté en conséquence.
Les projecteurs et les chartes de papier qui présentent les lettres à l’endroit sont des chartes directes. Celles qui
présentent les lettres à l’envers sont des chartes indirectes. Elles requièrent l’utilisation d’un miroir.
Aux États-Unis, la distance du test est exprimée en pieds et fait référence à la notation impériale de l’acuité Snellen,
plutôt que celle exprimée en mètres (notation métrique). Cette variation a peu d’importance puisque ces notations sont
interchangeables et que l’on peut adopter la notation qui convient le mieux (ex. : 20/20 = 6/6).
2. NOTATION DÉCIMALE
Cette notation réduit la fraction Snellen à une quantité décimale.
Cette notation est généralement utilisée dans les pays européens. Elle présente l’inconvénient de ne pas spécifier pas
à quelle distance le test fut exécuté.
Il faut remarquer que lorsque l’AV est meilleure que 20/20, le LogMAR prend une valeur négative. Ces chartes tendent
à s’imposer graduellement pour la mesure de l’AV en raison de la progression régulière de la taille des lettres entre les
lignes de la charte. En effet, chaque ligne sur la charte ne possède que 5 lettres et on peut associer à chaque lettre sur
la charte une valeur de 0.02 sur l’échelle LogMAR. Les recherches tendent à utiliser cette notation pour l’acuité visuelle
puisqu’elle représente une mesure plus précise de l’acuité visuelle.
Par exemple, 20/20 a une cote d’AV de 100, alors qu’une AV de 20/200 a une cote d’AV de 50.
La cote d’acuité visuelle est plus grande que 100 lorsque l’acuité visuelle est meilleure que 20/20. En comparant la
charte LogMAR et la charte de cote d’AV, on remarque que la cote d’AV change par 5 pour chaque incrément de
LogMAR..
Tableau 4.1 Table de conversion les notations de l’acuité visuelle de notations: Source : Borish’s Clinical Refraction by WJ
Benjamin
Taille totale
Équivalent Snellen Métrique EV Cote
LogMAR MAR Décimale de la lettre
Impérial (à 20pi) (à 6M) % d’AV
(in mm)
-0.30 0.5 3.00 20/10 6/3 109.4 115
-0.2 0.63 1.60 20/13.5 6/4 106.8 110
-0.1 0.8 1.25 20/16 6/5 103.6 6.96 105
0.00 1.00 1.00 20/20 6/6 100.0 8.70 100
0.10 1.25 0.80 20/25 6/7.5 95.6 10.88 95
0.20 1.60 0.63 20/32 6/9 89.8 13.05 90
0.30 3.0 0.50 20/40 6/12 83.6 17.04 85
0.40 3.5 0.40 20/50 6/15 76.5 21.75 80
0.50 3.2 0.32 20/63 6/18 67.5 26.10 75
0.60 4.0 0.25 20/80 6/24 58.5 34.80 70
0.70 5.0 0.20 20/100 6/30 48.9 65
0.8 6.3 0.160 20/125 6/38 38.8 60
0.9 8.0 0.125 20/160 6/48 28.6 55
1.00 10.0 0.100 20/200 6/60 20.0 50
1.10 13.5 0.080 20/250 6/75 13.8 45
1.20 16 0.063 20/320 6/95 6.8 40
1.30 20 0.050 20/400 6/120 3.3 35
1.40 25 0.040 20/500 6/150 1.4 30
1. CHARTE DE SNELLEN
À l’origine, la charte de Snellen comprenait une seule grande lettre au haut de la charte et de plus petites lettres plus
bas. Le nombre d’optotypes augmentait progressivement avec la diminution de la taille des lettres. Il existe plusieurs
déviations de cette conception initiale, notamment la forme et le choix des lettres, l’espacement entre les lettres, la
progression de la taille et le nombre de lettres par ligne. Toutefois, la charte Snellen standard demeure une charte avec
une lettre unique sur la ligne du haut et de plus en plus de lettres par ligne alors que leur taille diminue.
2. BAILEY-LOVIE DESIGN
Bailey-Lovie identifièrent quelques défauts inhérents aux chartes Snellen et développèrent une série de principes
rendant la tâche de la mesure de l’AV également difficile pour toutes les tailles de lettres. Cette standardisation est
obtenue grâce à :
Une progression logarithmique de la taille, c’est-à-dire un ratio constant de la taille d’une lettre à l’autre.
Le même nombre de lettres par ligne (pour chaque changement de taille).
L’espace entre les lettres et les lignes est proportionnel à la taille de la lettre.
Une lisibilité égale ou similaire pour chaque optotype et à chaque taille.
Cette charte utilise une notation d’AV en unités LogMAR. Cette notation permet d’accorder du crédit supplémentaire
pour chaque optotype correctement identifié. Ces chartes sont disponibles en différents formats, notamment C de
Landolt, E directionnels, lettres et chiffres. Elles sont également disponibles en différentes langues. Même si les chartes
d’AV de Snellen sont toujours les plus largement utilisées, les chartes LogMar gagnent en popularité et tendent à
devenir la charte standard en raison des caractéristiques énoncées précédemment.
FORMATS DE CHARTES
Plusieurs types de formats de chartes peuvent exister :
1. CHARTES IMPRIMÉES
Celles-ci peuvent être imprimées sur une carte opaque ou du plastique. Elles nécessitent une illumination directe. Elles
peuvent aussi être imprimées sur du matériel transparent et rétroéclairé ou montées dans une boîte illuminée. Les
chartes imprimées sont habituellement utilisées à 6 mètres (ou 20 pieds) et les acuités sont notées en Snellen. Dans
les cas où la taille de la salle d’examen est réduite ou que le patient présente de la basse vision, la charte peut être
utilisée à différentes distances, en autant que la distance soit correctement mesurée et notée. Même si la distance de 6
mètres est la distance de test la plus utilisée, l’utilisation à 4 mètres fut recommandée par Hofstetter (1973) en
appliquant une compensation dioptrique de 0.25 puisque la charte est plus près que l’infini optique. Il est suggéré que
cette distance permet une comparaison plus facile avec l’AV de près qui est normalement mesurée à 40cm.
2. CHARTES PROJETÉES
La taille angulaire de l’image de la charte projetée est indépendante de la distance d’observation si la lentille du
projecteur et l’œil du patient sont également éloignés de l’écran de projection. Le projecteur (Fig. 4.8) doit être
positionné soigneusement et l’AV est notée dans la notation adoptée par la charte.
Si le patient lit moins de la moitié des caractères d’une ligne, alors il faut noter l’acuité visuelle de la dernière ligne lue
correctement (la précédente) plus le nombre de lettres identifiées avec succès sur la plus petite ligne.
Ex. :
A B C D E 6/12 +2 +2/5
6/12 ou 6/12
F G H I J 6/9
Il est également essentiel de noter si l’AV a été prise avec ou sans correction.
Charte projecteur
Ex. : Meilleure AV corrigée [c.-à-d. avec Rx] (parfois également MAV = Meilleure AV ou )
Charte projecteur
N.B. La notation en LogMAR sera discutée en détail dans le module sur la basse vision.
PROCÉDURE
1. Le trou sténopéïque peut être tenu dans les mains (Fig. 4.10) ou placé dans la monture d’essai
2. Tout au long du test, le praticien s’assurer que l’autre œil est complètement couvert
3. Le praticien doit informer le patient quant au but du test du trou sténopéïque
4. On demande au patient de regarder à travers le petit trou. Cela est parfois difficile et il faut encourager le
patient à déplacer sa tête et ses yeux jusqu’à ce qu’il soit en mesure de trouver le trou sténopéïque. La
procédure de prise de l’AV est la même une fois le trou sténopéïque en place.
5. Ce test peut être effectué au début de la réfraction au moment de la prise d’AV si la vision est inférieure à 6/9. Il
peut aussi être réalisé durant la réfraction si le praticien constante que l’AV n’est pas améliorable au niveau
attendu. Le moment à partir duquel il est prescrit d’effectuer le test du trou sténopéïque est parfois sujet de
discorde parmi les professionnels de la vue.
6. Un seul trou sténopéïque peut parfois réduire l’AV dans les cas d’opacités des médias. Dans ces cas, on lui
préfère sa version possédant plusieurs trous (le trou sténopéïque multiple).
Il a également été recommandé que chacune des lettres ci-haut ne devrait pas apparaître plus d’une fois sur toute
la charte et que pas plus d’une des lettres qui suivent n’apparaisse en même temps sur une ligne :
B-E-S
C-G-O
F-P
D-O
Les autres lettres (par exemple « I ») n’ont pas été incluse dans la conception des chartes puisqu’elles ne
convenaient pas au format 5x5 ou qu’elles étaient trop faciles à deviner.
Des lettres sous-tendant le même angle (même taille angulaire) peuvent varier en difficulté. En effet, on remarque
souvent qu’un patient sera capable de lire seulement quelques lettres de la plus petite ligne qui peut tout juste être
vue. Les lettres dont l’apparence est plus rapprochée sont plus difficiles à distinguer que les lettres qui ne se
ressemblent pas.
6. CONTRASTE
Chartes imprimées : un contraste maximal noir/blanc doit être maintenu. Les chartes ne devraient pas être salies
puisque cela affecte le contraste et donc l’AV mesurée.
Chartes illuminées de l’intérieur : elles devraient être utilisées avec les lumières allumées. Dans une pièce
sombre, l’illumination interne peut causer un contraste éblouissant qui peut nuire à la lisibilité des lettres.
Chartes à projection modernes : elles devraient également être utilisées avec les lumières allumées. Les
chartes plus anciennes qui utilisent une lumière incandescente ne produisent pas assez de lumière pour être
utilisées avec les lumières de la pièce allumées et il est donc recommandé de se défaire de ces projecteurs.
7. DURÉE
Il ne faut pas bousculer le patient, car il pourrait avoir l’impression que vous êtes pressé et il pourrait ne pas
essayer de discerner les plus petits caractères.
8. LUMINANCE DE LA CHARTE
La plupart du temps, l’AV est mesurée en conditions photopiques.
La luminance standard d’une charte est de 85 à 300 cd/m2. Comme il est habituellement difficile d’obtenir une
luminance spécifique en regard de tous les types de chartes (imprimées, projetées, sur écran d’affichage), 80 à
320 cd/m2 a été adoptée comme norme de tolérance clinique.
CONTEXTE
Tout comme il est nécessaire d’évaluer l’AV de loin de nos patients, l’AV de près doit être mesurée. Et pareillement à
l’AV de loin (20/20= 5 minutes d’arc), une lettre de 20/20 sur une charte de près sous-tend aussi un angle de 5’.
Nous avons déjà remarqué que les myopes non corrigés tendent à avoir une meilleure acuité visuelle de près que de
loin, alors que les hypermétropes non corrigés ont de meilleures acuités de loin que de près. Habituellement, un
individu ayant une AV de 20/20 aura également une AV de 20/20 au près (s’il n’y a pas d’anomalies accommodatives),
jusqu’à ce qu’il arrive à la mi-quarantaine, où la presbytie s’installera. Son acuité visuelle non corrigée de près
diminuera alors, d’où le besoin de lunettes de lecture ou de verres bifocaux.
L’AV de près est habituellement mesurée à des distances inférieures à la longueur du bras. Une distance de test de
40 cm est généralement considérée standard. Il existe cependant des cas spéciaux où cette distance peut être
modifiée.
LA NOTATION EN POINT
Cette notation provient de l’industrie de l’imprimerie où 1 point correspond à des lettres de tailles équivalentes à
1/72 de pouce. Cette taille est mesurée du haut au bas de la lettre en incluant les parties descendantes comme
pour « j » ou ascendantes comme pour « f ». Les lettres plus petites comme « x, a, e, etc. » ont la moitié de la
hauteur totale.
Les caractères de journaux ont habituellement 8 points de taille. En conséquence, la lettre « x » par exemple, est
d’environ 4 points.
Généralement, une taille de 8 points dans un journal équivaut à 1.0M.
Selon Benjamin dans Clinical Refraction (2006) :
LA NOTATION JAEGER
Jaeger fut le premier à produire une charte de lecture avec des paragraphes disposés en caractères de plus en
plus gros. Il numérota les paragraphes afin que le plus petit devienne Jaegar1, ou J1 et le plus gros J20. La
notation est donnée par la taille du caractère précédée de la lettre J. (une lettre J2 est équivalente à une lettre 0.6M
@ 40cm)
Pour l’AV de près, on note le taille du caractère et la distance du test : Ex. : J6 @ 40cm.
Le manque de standardisation des tailles des lettres a rendu la notation Jaeger inappropriée pour la mesure de l’AV
de près.
N 8 /8 = 1.0 M
PROCÉDURE
1. Assurez-vous que la charte de lecture est suffisamment éclairée (Fig. 4.11). L’utilisation de lampes d’appoint
est parfois controversé puisque cela peut ne pas représenter l’environnement habituel du patient et parce que
l’éclairage supplémentaire rend la tâche encore plus facile pour le patient.
2. Placez la charte d’acuité visuelle de près à 40cm devant le patient. La charte de près peut être tenue à la
distance à laquelle le patient est le plus confortable. Il est cependant crucial de noter cette distance.
3. Couvrez l’œil gauche (OS) du patient (ou le meilleur œil si cette information est connue) et mesurez l’acuité
visuelle de l’œil droit (OD).
4. Demandez au patient d’identifier la plus petite ligne/le plus petit paragraphe de lettres qu’il peut voir nettement.
5. Couvrez l’œil droit (OD) et répétez pour l’œil gauche (OS).
6. Retirez la cache et répétez la procédure pour obtenir l’acuité visuelle binoculaire.
BIBLIOGRAPHIE
Benjamin WJ. Clinical Refraction. WB Saunders Company. 1998.
Elliot DB. Clinical Procedures in Primary Eye Care. Butterworth-Heinemann 2001.
Eskridge JB, Amos JF and Bartlett JD. Clinical Procedures in Optometry. JB Lippincott Company. 1991.