COURS PlanExp - PH TAG
COURS PlanExp - PH TAG
I. INTRODUCTION
La recherche qualité est devenue un aspect clef de la compétitivité industrielle. Initialement basée sur les pièces finies,
le contrôle qualité s’est aujourd’hui reporté sur les réglages des procédés permettant une fabrication robuste et sans
défaut. Cette phase sera abordée dès la conception grâce à un outil permettant de mesurer l’importance de chacun
des paramètres avec une méthode expérimentale peu couteuse en nombre d’expérience.
Le plan d’expérience fut initialement utilisé par Sir Ronald Aymler FISCHER (1925) pour optimiser le rendement de la
culture de blé. Il eut l’idée d’appliquer les connaissances mathématiques sur la résolution d’équations linéaire dans
le cadre de modélisation de système. Mais cette approche limitée à deux modalités et des réponses d’ordre 1 est
complexe lorsque les facteurs influents devenaient trop nombreux. Dans les années 1960, Dr Genichi TAGUCHI
démocratisa les plans d’expériences en introduisant un nouveau modèle qui fut progressivement utilisé par les
entreprises jusqu’à devenir indispensable de nos jours. Ces deux méthodes permettent de ne pas passer par le cacul
matriciel pour la résolution.
Aujourd’hui de nombreux plans sont disponibles et plus facile à mettre en œuvre grâce à l’informatisation du calcul
matriciel. Chaque plan permet de poser les expériences optimisées pour un objectif en modélisation voulu, comme la
précision du modèle, la minimisation des expériences, …
Les plans d’expériences sont utiles aux recherches scientifiques et études industrielles. Ils sont applicables dès que
l’on recherche le lien qui existe entre une grandeur d’intérêt quantifiée (réponse Y) et des variables (facteurs ou xi) :
Y = f(xi)
1
Les plans d’expériences servent à optimiser l’organisation des essais expérimentaux pour obtenir le maximum de
renseignements avec le minimum d’expériences et la meilleure précision possible sur les réponses calculées avec le
modèle. Cet objectif est atteint si l’on suit les règles établies mathématiquement et si l’on adopte une démarche
rigoureuse. La préparation du plan et l’interprétation des résultats sont les points les plus critiques.
Les plans d’expériences permettent d’optimiser l’étude d’un problème en minimisant le nombre d’expérience pour
comprendre les effets des différents paramètres impliqués. Cette méthode d’acquisition des connaissances doit :
Après les essais, l’expérimentateur est confronté à analyser une pléthore de résultat pour proposer une conclusion.
Une bonne démarche doit fournir des résultats aisés à interpréter.
EXEMPLE : soudure par points de 2 tôles en acier, épaisseur 1.5 mm. La réponse est l’effort de rupture d’un point en
cisaillement. Les facteurs sont le temps chaud (5 à 10 périodes) et l’intensité (0.6 à 0.9 du courant maximal). On
prend la notation de YATES pour adopter un codage binaire :
On suppose des variations linéaires. On fixe sur les niveaux minimums (essais 1 à 3).
2
On remarque déjà que nous avons une répétition (Y2 et
Y4, Y3 et Y6). Les effets des facteur (E) sont :
2500+1000 2000+500
En combinant les 6 expériences : 𝐸(1) = 2
= 1750 et 𝐸(2) = 2
= 1250. D’où le graphique global
Si on veut plus de précision il faut faire un maillage du domaine de validité et faire un test par nœud de maillage.
Cette méthode a de nombreux défauts :
- Elle est longue et fastidieuse si le nombre de facteurs ou le nombre de niveaux par facteurs augmente
- Il faut refaire des essais pour estimer de nouveaux réglages machine
- Elle ne tient pas compte des effets d’interactions des facteurs
Dans le cas de k facteurs à n niveaux, il faudra donc réaliser nk essais ! Si nous avons 6 facteurs à 2 niveaux cela fera
64 essais, ce qui est trop coûteux. Nous utiliserons des outils mathématiques pour réduire le nombre d’essais.
Les plans d’expérience proposeront des nœuds du maillage qui ont la particularité « d’orthogonalité ». Les plans
d’expériences peuvent avoir deux objectifs :
3
EXEMPLE : 20 juges veulent classer 10 vins du moins amer au plus amer. La méthode traditionnelle propose le plan
d’essai suivant :
EXEMPLE : étudions la texture des galettes de sarrasin (facilité à plier la galette sans déchirure). Plusieurs variables
interviennent :
Nous avons 7 facteurs à 2 modalités. Quelles expériences réaliser sachant que chaque expérience dure ½ journée ?
On s’autorise 16 expériences.
- 1ère solution : tester toutes les combinaisons possibles => 27= 128 expériences.
- 2e solution : faire varier un facteur à la fois => impossible d’estimer les interactions
- 3e solution : faire varier tous les facteurs à la fois => la difficulté est de ne pas confondre les effets des
facteurs => on partira sur un plan L12(211).
4
III. PRINCIPES DE BASES
A. Généralités
La méthode des plans d’expérience s’appuie sur les notions d’espace expérimental et de modélisation
mathématique.
1. Terminologie
FACTEUR ou PARAMETRE = variables que l’on désire étudier. Ils peuvent être continus (par ex. : température),
discontinues non ordonnables (par ex. 3 techniciens), ou discontinues ordonnables (par ex. petit, moyen, grand).
NIVEAU ou MODALITE = valeurs prises par les paramètres. Il existe un niveau bas (-1) et un niveau haut (+1).
Le DOMAINE DE VARIATION (ou domaine du facteur ou domaine expérimental) est normalisé sur [-1 ; +1].
L’espace expérimental est un espace euclidien constitué de l’ensemble des points sur [-1 ; +1]n de coordonnées les
conditions expérimentales. Une expérience est représentée par un point expérimental ou point d’expérience. La
réunion des domaines de variation de chaque facteur constitue le domaine d’étude. Comme tous les facteurs ont la
même plage de variation (-1 à +1), les coefficients de l’équation sont comparables pour identifier les plus importants
MATRICE D’EXPERIENCE = définition des essais à réaliser. Une expérience est représentée (géométriquement) en
utilisant les niveaux xi des facteurs comme coordonnées d’un point. L’ensemble des points expérimentaux
représentent le plan d’expérience qui est délimité par le domaine d’étude (définit par la réunion des domaines de
chaque facteur).
Représentation géométrique des points expérimentaux Domaine d’étude défini par l’expérimentateur
REPONSE = grandeur mesurée à chaque expérience. Le choix de la réponse est toujours un point délicat parce que
choisir une mauvaise réponse peut induire l’échec du plan d’expérience.
5
SURFACE DE REPONSE = surface représentant la loi d’évolution entre la réponse et les facteurs. Le modèle
mathématique est un modèle a priori postulé. La réponse Y en un point de coordonnées xi est attribuée à un axe
orthogonal à l’espace expérimental.
La représentation géométrique d’un plan d’expérience et des réponses associées est un espace ayant une dimension
de plus que l’espace expérimental. Pour n facteurs, la surface de réponse est une hypersurface de dimension n dans
un espace de dimension n+1. Le choix du nombre et de l’emplacement des points d’expériences est le problème
fondamental des plans d’expériences. On cherche le minimum d’expériences tout en conservant la meilleure précision
possible sur la surface de réponse.
2. Modèle mathématique
En l’absence d’information sur la fonction qui lie la réponse aux facteurs, la formulation la plus générale est :
Cette forme est trop générale. Si on prend le développement limité de Taylor avec les dérivées considérées comme
constantes, nous obtenons un polynôme :
6
Les coefficients ai (contraste ou effet) doivent être calculés à partir des résultats des expériences. L’intérêt de
modéliser la réponse par un polynôme est de pouvoir utiliser tous les résultats de l’algèbre matricielle. Il est possible
d’utiliser d’autres fonctions mathématiques.
Le modèle choisi par l’expérimentateur avant les essais est probablement différent du modèle réel qui régit le
phénomène étudié. L’écart entre les deux modèles est le manque d’ajustement (lack of fit). De plus, si l’on mesure
plusieurs fois une réponse en un point expérimental, il y aura une dispersion des résultats (erreurs aléatoires ou
erreurs expérimentales). Ces deux écarts sont réunis en un seul écart « e » (résidu) :
L’introduction de variables mathématiques (de -1 à +1) pour remplacer les variables expérimentales (par exemple 10
à 30 °C) est appelée variables centrées réduites (v.c.r) et génère deux modifications :
- On change l’unité de mesure : on passe de [10 ; 30] °C à [-1 ;+1]. La nouvelle unité a un pas de 10°C.
- On déplace l’origine des mesures. La nouvelle origine 0 correspond anciennement à 20 °C.
Le passage des variables d’origine A aux v.c.r. xi est donné par (A0 étant la valeur centrale en unités courantes) :
L’intérêt des v.c.r. est de présenter les plans d’expériences de la même manière quelque soient les domaines
d’études et les facteurs.
3. Méthodologie
Une démarche précise est requise pour choisir la meilleure matrice d’expérience adaptée à l’étude.
a) Préparation de l’étude
- Définition de l’objectif de l’étude : souvent négligée ; il est possible d’avoir plusieurs objectifs à
condition d’être compatibles.
- Description détaillée de l’expérimentation : décrire le procédé, les outils de mesures, …
- Choix de la réponse permettant d’atteindre l’objectif : possibilité de choisir une ou plusieurs réponses
(un modèle mathématique par réponse). Il ne s’agit pas de trouver une réponse facile à mesurer mais
une réponse pertinente (par ex. trouver une réponse pour mesurer le pétillant d’une eau, le stress des
contrôleurs aériens, …). Une réponse bien choisie mais mesurée avec une méthode inadaptée (par ex :
mesurer la température avec un thermomètre à mercure plutôt qu’un thermocouple réduira la précision
des réponses et donc du modèle ; par ex. comment mesurer le stress des contrôleurs aériens ?)
- Recherche des facteurs qui pourraient être influents sur la réponse : lister dans un premier temps tous
les facteurs puis décider ceux qui seront des facteurs d’entrée et ceux qui seront des facteurs réglables.
Il existe des plans séquentiels (s’emboitant comme des poupées russes) sur lesquels nous pouvons
ajouter après la première étude quelques essais supplémentaires à ce premier plan et portant sur de
nouveaux facteurs.
- Définition des niveaux des facteurs : cela définit le domaine d’étude à l’intérieur duquel les conclusions
de l’expérimentation sont valables. Attention aux discontinuités (précipitation, changement d’état, …)
ainsi qu’à assurer la réalisation d’une réponse dans tout le domaine d’étude.
- Existence ou non d’interactions entre les facteurs : cela définira le plan. On évitera d’aliaser un
paramètre sur une interaction supposée élevée. La question est difficile à répondre avant essais.
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- Examen des contraintes possibles : certains essais ne peuvent être réalisés car les niveaux ne sont pas
atteignables ou ils sont dangereux (explosion) ou les matières premières sont en quantité limitée ou le
budget est limité ou la durée disponible est courte ou …
- Définition des moyens et objectifs : quel est le budget, la durée, les ressources humaines, et les moyens
matériels ? QUI est concerné ? De QUOI s’agit-il ? Où sont réalisés les essais ? Quand sont réalisés les
essais (planning) ? Comment sont réalisés les essais (moyens humains et matériels) ? Pourquoi faisons-
nous ces essais (attente et utilisation des résultats) ?
d) Expérimentation
- Attention à correctement ajuster la machine
- Pour évaluer l’erreur expérimentale, il faut faire de vraies répétitions, c’est-à-dire refaire l’ensemble des
manipulations que l’on réalise à chaque essai (par exemple : sur une soudeuse, il faut éteindre, dérégler,
rallumer, et régler à nouveau la machine pour la répétabilité). Il faut en effet la variance de toute la
chaine d’essai et non pas seulement de la mesure.
- Essais du plan : fiche d’essais, participer aux essais, noter tous les problèmes éventuels
- Essais de validation et calcul des résidus
- Essais de linéarité au centre du domaine
- Essais de répétitivité dans le domaine : faire un essai par an pour vérifier que le plan d’expérience est
toujours valide
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e) Analyse de la variance
La connaissance de la dispersion des résultats permet de fixer le nombre de répétitions. Cette dispersion, souvent
inconnue, peut être vérifiée en répétant un minimum 4 fois le premier essai.
On peut interpréter la variance comme la moyenne des carrés des écarts à la moyenne.
1
et l’écart type σ = √ ∑ (𝑥𝑖𝑗 − 𝑥̅ )2 (établi sur la population entière)
𝑁 𝑖𝑗
1
ou l’estimation de l’écart-type σ = √ ∑ (𝑥𝑖𝑗 − 𝑥̅ )2 (établi sur la base d’un échantillon)
𝑁−1 𝑖𝑗
σ𝑟é𝑝𝑜𝑛𝑠𝑒
Si un modèle est calculé sur n réponse, alors σ𝑚𝑜𝑑𝑒𝑙𝑒 =
√𝑛
9
4. Les principaux types de plan
Les plans sont choisis en fonction des objectifs :
- Criblage, tamisage, ou balayage : l’objectif n’est pas d’obtenir une réponse précise mais de définir les
facteurs les plus influents sur une réponse donnée.
- Modélisation : l’objectif est d’interpréter le plan par une équation de degré 1, 2, ou plus
- Plan « un facteur à la fois » : ce plan peut se révéler utile lorsqu’il y a beaucoup de facteurs et le
phénomène est compliqué. On obtient aucune interaction. Seuls les effets principaux sont connus.
- Plans factoriels fractionnaires : ces plans permettent d’étudier beaucoup de facteurs et de détecter
leurs interactions (théorie des aliases). Tous ces plans sont basés sur les matrices d’Hadamard (Une
matrice de Hadamard est une matrice carrée dont les coefficients sont tous 1 ou –1 et dont les lignes
sont toutes orthogonales entre elles.). Ils sont parmi les plus utilisés.
- Plans factoriels complets : ils sont gourmands en essais, peuvent être utilisés pour du criblage ou de la
modélisation. Ils sont utilisés surtout pour 2 à 4 facteurs. Comme il n’y a que deux niveaux par facteurs,
ils sont limités aux modèles de premier degré avec interactions. Ces plans facilitent le développement
séquentiel d’une étude : on commence par un plan factoriel, on poursuit si besoin par un plan en étoile.
On aboutit ainsi à un plan composite interprétable par un modèle du second degré.
- Plans composites : ces plans permettent une modélisation de second degré. La démarche comprend un
plan factoriel, un plan en étoile, et des points centraux.
- Plans de mélange : ces plans sont adaptés pour les facteurs dépendants comme le pourcentage des
éléments en chimie. Ils sont utilisés pour étudier l’influence des proportions des constituants d’un
produit sur une réponse donnée.
10
B. Calcul des effets par le calcul matriciel
Lorsque les facteurs sont bien fixés aux niveaux haut (+1) et bas (-1), le calcul des effets et interactions est simple :
prendre la moyenne des réponses multipliées par les signes respectifs des colonnes. Nous verrons cette méthode
plus tard avec la technique de Box Hunter. Malheureusement cette technique simple n’est pas généralisable si les
points expérimentaux ne sont pas au sommet du domaine d’étude. La généralisation du calcul est le calcul
matriciel. Longtemps évité à cause de sa complexité, les ordinateurs ont rendu ces calculs accessibles aux non-
mathématiciens.
Dans cette partie, les réponses seront considérées comme parfaitement connues et les niveaux constants durant
toute l’expérimentation. Ces hypothèses simplificatrices permettent dans un premier temps de se concentrer sur les
mécanismes du calcul matriciel.
1. Plan 2²
Un expérimentateur souhaite améliorer le rendement (en grammes) d’une réaction chimique.
a) Préparation
CHOIX DES FACTEURS :
DOMAINE D’ETUDE :
- Concentration de 40 à 80 %
- Température de 10 à 30 °C
POINTS EXPERIMENTAUX
- 4 points expérimentaux
- Points placés au sommet du domaine d’étude
CHOIX DE LA REPONSE :
c) Interprétation
Le domaine d’étude est un carré. Le modèle postulé est un modèle du premier degré par rapport à chaque facteur :
Nous remarquons que a0 correspond à la réponse au point central du domaine d’étude (x1=0 et x2=0).
Le modèle mathématique est adopté avant l’expérimentation : c’est le modèle a priori ou modèle postulé.
1
𝑎0 = ∗ (𝑌1 + 𝑌2 + 𝑌3 + 𝑌4) = 1350
4
1
𝑎1 = ∗ (−𝑌1 + 𝑌2 − 𝑌3 + 𝑌4) = 140
4
1
𝑎2 = ∗ (−𝑌1 − 𝑌2 + 𝑌3 + 𝑌4) = 35
4
1
𝑎12 = ∗ (𝑌1 − 𝑌2 − 𝑌3 + 𝑌4) = 5
4
M 1 2 12 Y (g)
1 1 -1 -1 1 1180
2 1 1 -1 -1 1450
3 1 -1 1 -1 1240
4 1 1 1 1 1530
Effet / Contraste 1350 140 35 5
Donc :
𝑌 = 1350 + 140 ∙ 𝑋1 + 35 ∙ 𝑋2 + 5 ∙ 𝑋1 ∙ 𝑋2
𝑌 − 1350 − 140 ∗ 𝑋1
𝑋2 =
35 + 5 ∗ 𝑋1
12
3. Calcul selon la méthode matricielle
𝑌1 +1−1−1+1 𝑎0
[ ] = [+1+1−1−1] [ 𝑎1 ]
𝑌2
𝑌3 +1−1+1−1 𝑎2
𝑌4 +1+1+1+1 𝑎12
𝐲=𝐗∙𝐚
𝐗 −𝟏 ∙ 𝐲 = 𝐗 −𝟏 ∙ 𝐗 ∙ 𝐚 = 𝐈 ∙ 𝐚 = 𝐚
+0.25−0.25−0.25+0.25 𝑌1 𝑎0
[ +0.25+0.25−0.25−0.25 ] [ ] = [ 𝑎1 ]
𝑌2
+0.25−0.25+0.25−0.25 𝑌3 𝑎2
+0.25+0.25+0.25+0.25 𝑌4 𝑎12
−𝟏 𝟏 𝟏
𝒂 = ( 𝒕𝑿 ∙ 𝑿) ∙ 𝒕𝑿 ∙ 𝐲 = ∙ 𝑰 ∙ 𝒕𝑿 ∙ 𝐲 = 𝒕𝑿 ∙ 𝐲
𝐧 𝟒
−1
Avec ( 𝑡𝑋 ∙ 𝑋) la variance de chaque coefficient de mon modèle
Reprenons l’exemple précédent avec un point décalé. Les points visés étaient les points au sommet mais une erreur
de manipulation a décalé le point expérimental du dernier essai.
13
Matrice d’expérience Matrice d’expérience
en unités courantes en unités centrées réduites
N° essai Concentration Température N° essai Concentration Température
1 40 10 1 -1 -1
2 80 10 2 1 -1
3 40 30 3 -1 1
4 76 30 4 0.8 1
Matrice d’expériences
Et résultats expérimentaux
1 2 Y (g)
1 -1 -1 1180
2 1 -1 1450
3 -1 1 1240
4 0.8 1 1501
𝑌1 +1 −1 −1 +1 𝑎0
[ ] = [ +1
𝑌2 +1 −1 −1] [ 𝑎1 ]
𝑌3 +1 −1 +1 −1 𝑎2
𝑌4 +1 0.8 +10.8 𝑎12
𝐗 −𝟏 ∙ 𝐲 = 𝐗 −𝟏 ∙ 𝐗 ∙ 𝐚 = 𝐈 ∙ 𝐚 = 𝐚
+0.25−0.25−0.222+0.277 𝑌1 𝑎0
[ +0.25+0.25−0.277+0.277 ] [ ] = [ 𝑎1 ]
𝑌2
+0.25−0.25+0.222+0.277 𝑌3 𝑎2
+0.25+0.25+0.277+0.277 𝑌4 𝑎12
14
Nous observons que nous obtenons des iso-courbes presque identiques à celles de l’exemple précédent, mais avec
un domaine de validité réduit (le point [+1 ; +1] n’est pas « calculable » à partir de l’équation de la réponse).
Matrice d’expérience
en unités courantes
N° essai Concentration Température
1 40 15
2 76 12
3 50 29
4 80 28
Matrice d’expérience
en unités centrées réduites
N° essai Concentration Température
1 -1 -0.5
2 +0.8 -0.8
3 -0.5 +0.9
4 +0.8 +0.8
Matrice d’expériences
Et résultats expérimentaux
1 2 Y (g)
1 -1 -0.5 1195
2 +0.8 -0.8 1430
3 -0.5 +0.9 1309
4 +0.8 +0.8 1522
15
𝑌1 +1 −1 −0.5 +0.5 𝑎0
𝑌2
[ ]=[ +1+0.8−0.8−0.64 ] [ 𝑎1 ]
𝑌3 +1−0.5+0.9−0.45 𝑎2
𝑌4 +1+0.8+0.8 0.8 𝑎12
1. Exemple
Matrice d’expérience
en unités courantes
N° essai Concentration Température
1 40 12
2 55 18
3 72 24.6
4 84 29.6
Matrice d’expérience
en unités centrées réduites
N° essai Concentration Température
1 -1 -0.8
2 -0.25 -0.2
3 +0.6 +0.48
4 +1.2 +0.96
Matrice d’expériences
16
Et résultats expérimentaux
1 2 Y (g)
1 -1 -0.8 1186
2 -0.25 -0.2 1308
3 +0.6 +0.48 1452
4 +1.2 +0.96 1557
Or ici, la colonne 2 et la colonne 1 sont multiples (x2=0.8*x1). Ces deux coordonnées n’étant plus linéairement
indépendantes, le déterminant de la matrice d’effet X est nul donc X n’est pas inversible.
Malgré la maladresse (ou l’ignorance) de l’expérimentateur, certaines informations sont récupérables à partir des
deux relations :
𝑌 = 𝑎0 + 𝑎1 ∙ 𝑋1 + 𝑎2 ∙ 𝑋2 + 𝑎12 ∙ 𝑋1 ∙ 𝑋2
𝑋2 = 0.8 ∙ 𝑋1
1186 +1 −1 +1 𝑎0
[1308] = [+1 −0.25 −0.0625] [𝑎1 + 0.8 ∗ 𝑎2]
1452 +1 +0.6 +0.36 0.8 ∗ 𝑎12
Y’ = X’ a’
En inversant on obtient
On peut en déduire a0 et a12 ; il est impossible de connaitre séparément a1 et a2 ; nous obtenons une droite
graduée
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2. Technique « un facteur à la fois »
Matrice d’expérience
en unités courantes
N° essai Concentration Température
1 40 20
2 80 20
3 60 10
4 60 30
Matrice d’expérience
en unités centrées réduites
N° essai Concentration Température
1 -1 0
2 +1 0
3 0 -1
4 0 +1
Matrice d’expériences
Et résultats expérimentaux
1 2 Y (g)
1 -1 0 1210
2 +1 0 1490
3 0 -1 1315
4 0 +1 1385
Donc :
𝑌1 +1−1 0 0 𝑎0
[ ] = [+1+1 0 0] [ 𝑎1 ]
𝑌2
𝑌3 +1 0 −1 0 𝑎2
𝑌4 +1 0 +1 0 𝑎12
La matrice X n’est pas inversible (colonne nulle) donc seuls a0, a1, et a2 sont calculables. Si l’interaction a12 est
négligeable alors ce type de plan est adapté à l’étude.
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D. Grandeurs aléatoires
Une population est une série des nombreuses valeurs des réponses obtenues par répétition des essais une infinité
de fois. Si l’expérimentateur n’effectue qu’un nombre limité de déterminations en un point expérimental, il obtient
une série de quelques valeurs de réponses (un échantillon).
1 1
- L’écart-type : 𝜎 = √𝑒̅ 2 = √𝑁 ∑𝑁 2 𝑁 2
𝑖=1 𝑒𝑖 (population complète) ou 𝜎 = √𝑁−1 ∑𝑖=1 𝑒𝑖 (échantillon)
Ces valeurs ne permettent pas d’obtenir une vue globale de la répartition des mesures. Un histogramme peut être
utilisé afin de comparer les effectifs ou fréquences de chaque classe.
Histogramme des effectifs : exemple du nombre de baguettes par classe de poids (en grammes) produites par un boulanger sur
un échantillon de 1 000 baguettes. Chaque classe a un intervalle de 8g.
a) Choix du modèle
Chaque mesure de réponse est entachée d’une incertitude appelée « erreur expérimentale » ou « erreur de
mesure » ou « erreur pure ». La modélisation des réponses d’un plan d’expérience doit prendre en compte ces
erreurs.
Le modèle mathématique est choisi pour exprimer la réponse en fonction de coefficients constants (les ai) et les
niveaux des facteurs (les xi) :
- Modèle constant : 𝑦 = 𝑎0
- Modèle du premier degré sans interaction : 𝑦 = 𝑎0 + 𝑎1 ∗ 𝑥1 + 𝑎2 ∗ 𝑥2
- Modèle du premier degré avec interactions : 𝑦 = 𝑎0 + 𝑎1 ∗ 𝑥1 + 𝑎2 ∗ 𝑥2 + 𝑎12 ∗ 𝑥1 ∗ 𝑥2
19
- Modèle du second degré avec interactions : 𝑦 = 𝑎0 + 𝑎1 ∗ 𝑥1 + 𝑎2 ∗ 𝑥2 + 𝑎12 ∗ 𝑥1 ∗ 𝑥2 + 𝑎11 ∗
𝑥12 + 𝑎22 ∗ 𝑥2²
𝑎1
- Modèle non polynomiaux : 𝑦 = 𝑥1 𝑜𝑢 𝑦 = 𝑎1 ∗ sin(𝑥1) , … Ces modèles doivent être ramenés à des
modèles linéaires (ces modèles sont intrinsèquement linéaires ou linéairement transformables). Par
exemple, si le modèle est 𝑦 = 𝑎1 ∗ 𝑥1 ∗ 𝑥22 ∗ 𝑥34 , alors une transformation logarithmique donne
ln(𝑦) = ln(𝑎1) + ln(𝑥1) + 2 ∗ ln(𝑥2) + 4 ∗ ln(𝑥3).
L’expérimentateur doit choisir le modèle le plus proche de la réalité (premier ou second degré, …). Le modèle de
l’expérimentateur choisi doit introduire un terme correctif par rapport au modèle réel de l’expérience (∆(𝑥1, 𝑥2) est
l’erreur d’ajustement ou écart d’ajustement ou « lack of fit » ; elle dépend de la position dans le domaine
expérimental). Il faut aussi introduire un terme d’erreur 𝜎𝑦 (𝑥1, 𝑥2) qui tient compte de la nature « variable
aléatoire » de la réponse :
L’erreur ei est appelée erreur résiduelle ou résidu. Elle réunit l’erreur d’ajustement et l’erreur expérimentale. Or, s’il
y a n réponses mesurées, alors le nombre d’inconnues est n+p avec n valeurs « ei » à déterminer et p coefficients (les
ai et aij). Donc n équations pour n+p inconnues : c’est impossible à résoudre. Il faut donc utiliser une régression
multilinéaire en utilisant le calcul matriciel.
b) Régression multilinéaire
Les n équations peuvent s’écrire sous la forme :
Y=X*a+e
Avec Y la liste (ou vecteur) des n réponses (matrice n,1 ), a la matrice des p coefficients (matrice p,1), X la matrice
des conditions d’expériences choisies par l’expérimentateur (matrice n,p), et e la matrice des écarts (matrice n,1).
La somme des carrés des écarts s’écrit sous forme matricielle ete. Cette somme sera minimale par rapport aux
coefficients si :
𝜕𝒆𝒕 𝐞
𝜕𝒆𝒕 𝐞 𝜕𝑎0
𝜕𝒂
= 0 = ( …𝒕 ) par définition de la dérivée matricielle
𝜕𝒆 𝐞
𝜕𝑎𝑝
Cela rajoute p inconnues donc le système de n+p équations à n+p inconnues est :
𝐘 = 𝐗 ∗ 𝐚 + 𝐞
{ 𝜕𝒆𝒕 𝐞
=0
𝜕𝒂
La solution est
̂ = (𝑿𝒕 𝑿)−𝟏 𝑿𝒕 𝒚
𝒂
20
, l’accent circonflexe signifiant que le jeu de coefficient est obtenu en faisant l’hypothèse des moindres carrés. Dans
la théorie des plans d’expérience nous avons la matrice d’information 𝑿𝒕 𝑿 et la matrice de dispersion (𝑿𝒕 𝑿)−𝟏.
Donc le modèle déduit est :
̂ = 𝑿. 𝒂
𝒚 ̂
La conséquence de la régression multilinéaire est que la moyenne des résidus est nulle.
21
IV. PLANS FACTORIELS COMPLETS A 2 NIVEAUX
Pour ces plans, le nombre de niveaux de chaque facteur est restreint à 2 et toutes les combinaisons sont effectuées
au cours de l’expérimentation. Les facteurs à 2 niveaux sont les plans les plus simples mais très utiles car ils ont de
très nombreuses applications. Un plan 22 s’écrit :
A B
+1 +1
Matrice des essais [
+1 −1]
−1 +1
−1 −1
Le modèle additif considérera un résidu r pour évaluer la réponse Y du modèle. Le modèle avec interaction
considérera une interaction AB entre les facteurs principaux pour ajuster la réponse du modèle
I A B I A B AB
+1 +1 +1 +1 +1 +1 +1
Matrice des effets 𝑋 = [+1 +1 −1]
Matrice des effets 𝑋 = [+1 +1 −1 −1]
+1 −1 +1 +1 −1 +1 −1
+1 −1 −1 +1 −1 −1 +1
4 0 0 4 0 0 0
Orthogonalité ( 𝑡𝑋 ∙ 𝑋) = (0 4 0) = 𝑛𝐼3
Orthogonalité ( 𝑋 ∙ 𝑋) = (0
𝑡 4 0 0) = 𝑛𝐼
4
0 0 4 0 0 4 0
0 0 0 4
( 𝑡𝑋 ∙ 𝑋) = 𝑛𝐼𝑑 (avec n le nombre d’expériences) est la matrice d’Hadamard. Les 0 indiquent que l’on a testé autant
de fois le niveau +1 et -1 ; la diagonale indique qu’il y a 4 expériences. Nous pouvons également vérifier l’orthogonalité
en calculant Colonne(i)*Colonne(j)=0 𝐶𝑜𝑙𝑜𝑛𝑛𝑒(𝑖) ∗ 𝐶𝑜𝑙𝑜𝑛𝑛𝑒(𝑗) = 0 ∀ (𝑖, 𝑗), 𝑖 ≠ 𝑗.
A. Plan à 2 facteurs
Le domaine d’étude est un carré. Le modèle postulé est un modèle du premier degré par rapport à chaque facteur
La représentation d’une étude se fait sous forme de tableaux (exemple pour un plan 2²) qui sont les matrices
d’expériences ou matrices d’essais.
22
Le coefficient â0 est la réponse au centre du domaine :
Le coefficient â12 est une interaction d’ordre 2 et traduit la variation de l’effet d’un facteur en fonction du niveau
d’un autre :
La détermination des effets significatifs peut se faire soit de manière arbitraire, soit, dans le cas de répétition des
̅̅̅̅
𝜎
mesures par expérience, en ne considérant que les effets supérieurs à E, où ∆𝐸 = ±2 𝑌
avec ̅̅̅
𝜎𝑌 la moyenne des
√𝑁
écart-types et N le nombres de mesures.
23
Nous avons des plans complets à 3 et 4 facteurs :
On remarque que tous ces plans sont orthogonaux, ce qui signifie que :
- L’effet de (2) n’est pas biaisé par (1) car (1) est un même nombre de fois au niveau bas et haut que (2)
- L’effet de (2) n’est pas biaisé par (12) car (12) est un même nombre de fois au niveau bas et haut que (2)
Cet avantage permet un calcul précis des effets en utilisant toutes les réponses Y de l’expérience
24
C. Plans factoriels à k facteurs
L’espace expérimental possède autant de dimensions qu’il y a de facteurs. Les coefficients du modèle sont la
réponse au centre du domaine, les effets principaux, les interactions d’ordre 2, d’ordre 3, … Un plan comportant k
facteurs à 2 niveaux est noté 2k. Pour seulement 7 facteurs, cela représente 128 essais ! Pour diminuer le nombre
des essais, en conservant la possibilité d’étudier tous les facteurs, on a introduit les plans factoriels fractionnaires à
deux niveaux.
Un plan 2k possède pour modèle un polynôme avec 1 coefficient (moyenne), k effets, et 2k-k-1 interactions.
I A B C
0.125 0 0 0
3 𝑡
Sur un plan complet 2 , ( 𝑋 ∙ 𝑋) = 8𝐼4 donc ( 𝑋 ∙ 𝑋)𝑡 −1
=( 0 0.125 0 0 ).
0 0 0.125 0
0 0 0 0.125
0.50 0.25 0.25 −0.50
= ( 0.25 0.50 0.25 −0.50)
𝑡 −1
Sur un plan fractionnaire, la variance de 4 essais choisis au hasard donnera ( 𝑋 ∙ 𝑋) −0.50
0.25 0.25 0.50
−0.50 −0.50 −0.50 1.0
0.25 0 0 0
et le plan de 4 essais bien choisis donnera( 𝑡𝑋 ∙ 𝑋)
−1
=( 0 0.25 0 0 ). Il faut donc choisir les essais pour
0 0 0.25 0
0 0 0 0.25
minimiser la diagonale et équilibrer les essais entre paramètres (valeurs 0 hors diagonale). Une diagonale de valeur
1/n indique que l’estimation des facteurs est optimale.
Le but est de minimiser la variance du plan en choisissant les essais optimums. Ceci permet d’avoir l’estimation des
effets de chaque variable al plus précise possible. La variance du plan Var(plan) est donnée par :
, avec 𝜎 2 la variance de chaque réponse. Donc, lorsque ( 𝑡𝑋. 𝑋)−1 est minimal (c-à-d une matrice d’Hadamard), la
𝜎2
variance est de 𝑛
pour chaque facteur et nulle (0. 𝜎 2 = 0) hors diagonale ce qui signifie que l’effet de chaque
facteur est indépendant de tous les autres facteurs (pas de confusions).
L’erreur (ou les variances) sur les coefficients est égal à la variance sur le résidu, r², multiplié par l’élément diagonal
de la matrice de dispersion :
Un bon plan fractionnaire est un plan qui permet d’estimer au mieux l’effet des facteurs. Il faut choisir les essais qui
permettent d’avoir une estimation des effets de chaque variable la plus précise possible. On mesure la précision
−1
d’un facteur par rapport à la variance. Pour cela il faut minimiser la variance du plan. ( 𝑡𝑋 ∙ 𝑋) dépend
uniquement du choix des expériences et 𝜎 2 est la variabilité résiduelle dépendent des résultats des expériences.
−1
Donc l’objectif des plans est de minimiser( 𝑡𝑋 ∙ 𝑋) .
Pour construire un plan 23-1, nous pouvons construire la matrice complète 23 puis choisir parmi tous ces essais
seulement 4 essais qui :
- Pour chaque facteur, il faut tester les niveaux +1 et -1 un même nombre de fois.
- Pour chaque couple de 2 facteurs, prendre autant de fois (1,1), (-1,1), (1,-1), (-1,-1).
25
Bien que faisable pour un plan 23, il est beaucoup trop compliqué de construire manuellement un plan de cette
façon quand le nombre de facteurs augmente. Nous avons besoin d’un principe mathématique de construction.
On constate qu’un plan complet permet d’estimer les effets de tous les facteurs et des interactions d’ordre 2, 3, 4, …
Comme les interactions d’ordre 3 ou plus ne nous intéresse pas en mécanique (elles ne sont pas interprétables), on
aura pour un plan 25 :
Un plan 2k-q étudie k facteurs à 2 niveaux en divisant le plan complet 2k par 2q essais.
On ne sait pas résoudre ce système (p>n). On adopte un modèle de substitution [modèle 2] ne contenant que n
inconnues, en regroupant les coefficients du modèle 1 en de nouvelles inconnues (contrastes) :
26
La matrice (n,p-n) est la matrices des aliases et permet de calculer les contrastes du modèle 2 en
fonction des coefficients du modèle 1.
L’écart-type (ou erreur de calcul sur les effets) est donné par le nombre d’essais n et l’écart type des n réponses 𝜎𝑌 :
Le modèle mathématique de la réponse d’un plan factoriel complet comporte 8 coefficients (modèle 1):
Si on effectue 4 essais :
On adopte le modèle 2 :
On décompose :
27
.
C. Calcul de Box
Le calcul de Box permet de retrouver les aliases. On attribue un chiffre gras à chaque colonne. Dans le cas 23-1 :
L’algèbre de Box est basé sur les relations suivantes : 1·1=I et 1·I=1. Pour le plan 23-1 avec le facteur 3 aliasé à la
colonne 12, nous avons pour générateur d’aliase I=123 et les confusions sont 1=23 ; 2=13 ; 3=12 ; I=123.
28
X’X=tX·X est non inversible à cause des confusions I=ABC, A=BC, … Mais si on se restreint à l’étude des effets
principaux, tX·X s’écrit simplement et est facilement inversible tX·X = n Id.
Générateur d’alias :
D = ABC => DD = ABCD => I = ABCD
ATTENTION : Nous obtenons des paquets d’effets ou interactions. Par exemple il est impossible de savoir ce qui est
dû à C, ABCD, AE, et BDE. Le nombre de générateur d’alias pour un plan fractionnaire 2n-p est égal à 2p-1.
F. Interprétation
L’interprétation nécessite des hypothèses pour créer soit même des informations supplémentaires. Les hypothèses
les plus souvent retenues sont :
29
- HYPOTHESE 2 : si un contraste est nul alors tous les effets et interactions aliasées sont nuls (le plus
probable) ou se compensent (peu probable et rarement retenue)
- HYPOTHESE 3 : 2 contrastes faibles ont une interaction faible (vraie en mécanique, attention dans le cas
de la chimie).
En résolution III les effets principaux sont confondus avec les interactions d’ordre 2. En résolution IV les effets
principaux sont confondus avec les interactions d’ordre 3, et les interactions d’ordre 2 avec d’autres interactions
d’ordre 2. En résolution V les effets principaux sont confondus avec les interactions d’ordre 4, et les interactions
d’ordre 2 avec d’autres interactions d’ordre 3.
La résolution III est souvent utilisée pour faire un balayage ou tamisage, c’est-à-dire identifier qualitativement les
facteurs les plus importants.
30
H. Exemple de dépouillement des résultats
Considérons négligeables (règles classées de la moins contraignante à la plus contraignante) :
1 – tous les termes d’un paquet lorsque le paquet est négligeable
2 – les interactions d’ordre supérieur ou égal à 3
3 – les interactions entre deux effets négligeables
4 – les interactions comprenant un effet négligeable
5 – toutes les interactions.
I. Plan séquentiel
Dans un plan séquentiel, on commence par une résolution 3 pour avoir une première approche, puis résolution 4
pour estimer plus précisément un facteur. Par exemple un plan 25-2, on part sur 8 essais. Si nous remarquons que
nous avons besoin de plus d’essais pour comprendre les effets des facteurs, on passe en résolution 4 en multipliant
tout le plan initial par -1 pour avoir le plan complémentaire.
31
J. Exemple – collage de tôles
EXEMPLE : collage tôle laminée à froid, épaisseur 1mm, Résine AW134 avec durcisseur. Quels sont les paramètres
optimaux pour la résistance en cisaillement du joint collé ? L’étude se fait avec deux niveaux pour chaque
paramètres/facteurs.
Niveau -1 Niveau +1
(1) % durcisseur 100/50 100/80
(2) épaisseur du joint de colle 0.1 mm 0.5 mm
(3) recouvrement des éprouvettes 10 mm 17 mm
(4) décapage mécanique Non décapée Décapée
(5) température d’étuvage 70 °C 120 °C
(6) temps d’étuvage 15 minutes 60 minutes
On choisit un plan fractionnaire 2(6-2) soit 16 expériences. Le facteur 5 est aliasé à 123 et le facteur 6 est aliasé à 234.
Le groupe générateur d’aliases (GGA) est composé de :
Les essais seront faits dans un ordre précis en réfléchissant aux paramètres contraignants (minimiser leur
changement entre deux essais successifs) et la répartition du bruit (ordre aléatoire).
(123) (234)
essais (1) (2) (3) (4) (12) (13) (14) (23) (24) (34) (124) (134) (1234) M Y (MPa)
(5) (6)
1 -1 -1 -1 -1 -1 -1 +1 +1 +1 +1 +1 +1 -1 -1 +1 +1 0
2 +1 -1 -1 -1 +1 -1 -1 -1 -1 +1 +1 +1 +1 +1 -1 +1 25.7
3 -1 +1 -1 -1 +1 +1 -1 +1 +1 -1 -1 +1 +1 -1 -1 +1 10
4 +1 +1 -1 -1 -1 +1 +1 -1 -1 -1 -1 +1 -1 +1 +1 +1 18.7
5 -1 -1 +1 -1 +1 +1 +1 -1 +1 -1 +1 -1 -1 +1 -1 +1 10.7
6 +1 -1 +1 -1 -1 +1 -1 +1 -1 -1 +1 -1 +1 -1 +1 +1 17
7 -1 +1 +1 -1 -1 -1 -1 -1 +1 +1 -1 -1 +1 +1 +1 +1 0
8 +1 +1 +1 -1 +1 -1 +1 +1 -1 +1 -1 -1 -1 -1 -1 +1 19.1
9 -1 -1 -1 +1 -1 +1 +1 +1 -1 +1 -1 -1 +1 +1 -1 +1 19.4
10 +1 -1 -1 +1 +1 +1 -1 -1 +1 +1 -1 -1 -1 -1 +1 +1 23.6
11 -1 +1 -1 +1 +1 -1 -1 +1 -1 -1 +1 -1 -1 +1 +1 +1 24.5
12 +1 +1 -1 +1 -1 -1 +1 -1 +1 -1 +1 -1 +1 -1 -1 +1 0
13 -1 -1 +1 +1 +1 -1 +1 -1 -1 -1 -1 +1 +1 -1 + +1 21.7
14 +1 -1 +1 +1 -1 -1 -1 +1 +1 -1 -1 +1 -1 +1 -1 +1 0
15 -1 +1 +1 +1 -1 +1 -1 -1 -1 +1 +1 +1 -1 -1 -1 +1 12.9
16 +1 +1 +1 +1 +1 +1 +1 +1 +1 1 +1 +1 +1 +1 +1 +1 16.2
contra + - - + + + - - - + - - + + +
13.71
stes 1.52 1.04 1.52 1.06 5.22 2.34 0.49 0.44 6.15 0.89 0.34 0.57 0.03 0.68 1.49
32
Problème de cette matrice :
La réponse de notre modèle fractionnaire est : Y’ = 13.71 + 5.22 (5) + 2.34 (6) – 6.15 ((14)+(56))
Afin de dissocier les effets de (14) et (56), nous utilisons un essai supplémentaire permettant de changer le signe de
(14) ou (56)
(123) (234) Y
essais (1) (2) (3) (4)
(5) (6) (MPa)
17 -1 -1 -1 -1 +1 -1 28.12
Nous obtenons 28.12 = 13.71 + 5.22 – 2.34 + X(-(56)+(14)) , soit 11.51 = X(-(56)+(14)).
D’où : {(56)+(14)}=-6.15 et {-(56)+(14)}=11.51 ; soit : Y = 13.71 + 5.22 (5) + 2.34 (6) + 2.68(14) - 8.83(56).
Les résidus sont calculés pour chaque expérience. A noter que la somme des résidus doit être égale à 0. Nous
constatons des résidus élevés (de -5.1 à +8.5) ce qui confirme que le plan d’expérience n’est pas correctement posé.
La variance résiduelle est 1.42. En aucun cas nous ne pourrons extrapoler le modèle hors de la zone de la matrice
expérimentale.
33
VI. PLANS A PLUSIEURS NIVEAUX - METHODE TAGUCHI
La méthode mise au point par Dr Genichi Taguchi permet de résoudre la plupart des problèmes industriels à partir de
tables standardisées. Nous partons d’un modèle mathématique supposé pour créer une matrice orthogonale avec le
modèle. Nous devons donc supposer quelles sont les interactions importantes et celles qui sont négligeables. Cela
requiert une connaissance a priori minimale des paramètres à étudier.
ATTENTION : la méthode Taguchi permet de fortement réduire le nombre d’essai. Mais, si la matrice expérimentale
ne valide pas les essais, il n’est pas possible de savoir quelles interactions importantes ont été négligées.
La philosophie Taguchi consiste à réduire, voire supprimer, l’impact des facteurs bruits sans s’attaquer aux causes de
ces variations (robustesse du plan par rapport au bruit). Il sera nécessaire d’identifier les facteurs importants et régler
les valeurs de façon à ce que le résultat soit le plus indépendant possible des facteurs bruits.
A. Notation
Plan complet (2)3 Plan complet (3)2 Plan complet (2)2 x (3)1
La somme des termes de chaque ligne et colonne des matrices effet est égale à 0. Cela signifie que la somme des
effets d’un même facteur à différent niveaux est nul:
34
C. Recherche des plans orthogonaux minimums (PPCM, DDL)
Pour pouvoir calculer les effets d’un facteur indépendamment des autres facteurs à partir des résultats du plan, il
faut que le plan d’expérience vérifie la propriété d’orthogonalité.
Soit le plan suivant avec le modèle Y = M + A + B. On peut établir le TABLEAU D’INCIDENCE, c.a.d. le tableau
répertoriant le nombre d’essai par combinaison des niveaux des différents facteurs.
Plan Expérimental
Tableau d’Incidence
Si nous appelons ACTION un facteur ou une interaction, alors nous avons les postulats suivants :
1 – Condition nécessaire et suffisante d’orthogonalité de 2 actions : 2 actions disjointes (ne comportant pas
de facteurs communs) sont orthogonales si, à chaque niveau de l’une, tous les niveaux de l’autre sont associés le
même nombre de fois dans le plan d’expérience.
2 – Orthogonalité d’un plan d’expérience : un plan d’expérience est orthogonal vis-à-vis d’un modèle si
toutes actions disjointes du modèle sont orthogonales dans le plan.
3 – Règle d’orthogonalité : les actions A et B sont orthogonales si le tableau d’incidence T(A,B) a tous ses
termes égaux et non nuls.
Le plan d’expérience aura comme nombre de lignes (ou essais) un multiple du nombre de cases du tableau
d’incidence. Donc, pour qu’un plan soit susceptible d’être orthogonal vis-à-vis d’un modèle, une condition
nécessaire (mais pas suffisante) sera que ce plan devra être le plus petit commun multiple (PPCM) du produit du
nombre de niveaux de toutes les actions disjointes prises 2 à 2.
Une autre condition existe sur le nombre de degrés de liberté (ddl). Le nombre de ddl nous donne le nombre de
valeurs nécessaire à calculer pour connaitre l’ensemble des coefficients du modèle. Il est nécessaire de faire au
moins autant d’essais qu’il y a de ddl dans le modèle.
EXEMPLE : plan orthogonal pour A, B, D facteurs à 3 niveaux ; C facteur à 2 niveaux ; avec modèle :
MODELE Y = M + A + B + C + D + BC + CD
NIVEAUX 3 3 2 3 6 6
DDL 1 2 2 1 2 2 2
Condition d’orthogonalité par rapport au DDL: DDL = 1 + 2 + 2 + 1 + 2 + 2 + 2 = 12. Il faut au minimum 12 essais
35
Condition d’orthogonalité par rapport au PPCM : il faut 18 essais minimum
On en conclut que : Nombre d’essais minimum = max (DDL, PPCM) = 18 essais. On choisira la L18(37x21).
Il est possible que, pour réduire le PPCM et donc le nombre d’essais, il faille ajouter un niveau supplémentaire.
Taguchi a pré-conçu des plans d’expériences sous forme de tables exploitables orthogonales, du plan complet au
plan fractionnaire, comportant un minimum d’essais.
L12 (211) = 12 expériences ; étude de 11 paramètres à 2 niveaux sans interactions. TABLE DE BALAYAGE (screening). Ce plan
répartit les bruits de manière homogène sur tous les facteurs pour pouvoir qualitativement les comparer.
L16 R4 (résolution 4) = 16 expériences ; étude de 8 paramètres à 2 niveaux avec les interactions du 1er ordre confondues
L16 R5 (résolution 5) = 16 expériences ; étude de 8 paramètres à 2 niveaux avec toutes les interactions du 1er ordre
L9 (34) ; L18 (21x37) ; L27 (313) : mêmes tables que précédemment avec des facteurs à 3 niveaux
Le graphe des interactions permet de mettre en évidence les confusions (« alias »). Le graphe des effets permet de
construire le plan selon un modèle et de donner un numéro de colonne à chaque facteur.
36
EXEMPLE : soit le modèle suivant :
MODELE Y = M + A + B + C + D + AB + AC
NIVEAUX 2 2 2 2 4 4
DDL 1 1 1 1 1 1 1
, avec A facteur difficile à modifier. Les conditions d’orthogonalité donnent un PPCM de 8 et un ddl de 7.
Le plan L8 indique de mettre (par groupe), afin d’ordonner les essais, le paramètre le plus contraignant en colonne 1,
moyennement contraignant en 2 et 3, et les facteurs non contraignants en colonnes 4 à 7. On mettra donc A en
colonne 1.
37
Les confusions ou alias sont alors :
Si les essais sont réalisés avec deux lots différents, il faudra aléariser les essais, c’est-à-dire choisir aléatoirement un
lot pour chacune des pièces utiliser lors des essais afin de rendre aléatoire le lot d’origine des pièces. L’influence du
lot ne sera plus confondue avec un facteur mais sera contenu dans le résidu des essais.
Soit le modèle 𝑌 = 29.6 + [1.8 −1.8]𝐴 + [2.1 −2.1]𝐵 + [−2.4 +2.4]𝐶 + 𝑡𝐴 [ 1.6 −1.6
] 𝐵 + 𝑡𝐵 [
1.5 −1.5
]𝐶
−1.6 1.6 −1.5 1.5
38
EXEMPLE : collage de l’éprouvette en supposant les 6 facteurs sans interactions. Le modèle sans interactions est :
MODELE Y = M + A + B + C + D + E + F
NIVEAUX 2 2 2 2 2 2
DDL 1 1 1 1 1 1 1
Niveau 1 Niveau 2
(1) % durcisseur 100/40 100/100
(2) épaisseur du joint de colle 0.1 mm 0.5 mm
(3) recouvrement des éprouvettes 12.5 mm 20 mm
(4) décapage mécanique Non décapée Décapée
(5) température d’étuvage 140 °C 180 °C
(6) temps d’étuvage 20 minutes 45 minutes
Les conditions d’orthogonalité donnent un PPCM de 4 et un ddl de 7. Nous choisissons alors le plan L8 (27). Il n’y a
aucune interaction, donc nous pouvons choisir les colonnes arbitrairement. Plaçons l’épaisseur en groupe 1, …
39
Les résidus sont très élevés. Ceci signifie que des interactions importantes ont été oubliées et sont confondues avec
les facteurs. Nous décidons alors de prendre le plan L12 pour balayer les paramètres les plus importants et pouvoir
ainsi inclure les interactions principales.
La moyenne est égale à 19.6. Nous voyons que l’épaisseur n’a peu d’importance, principalement à cause de
l’expérimentation (l’épaisseur était contrôlée à +/- 0.2 mm !). Ce plan permet de hiérarchiser les paramètres et de
rechercher un premier maximum. Il ne permet pas d’écrire un modèle (« équation »). La L12 ne permet pas de
construire un modèle mathématique sauf dans le cas où les effets d’interaction sont négligeables. La table L12 ne
possède pas de table d’interaction ni de graphe linéaire. Il n’est pas possible d’étudier les interactions entre deux
colonnes car ces interactions ne sont pas orthogonales aux facteurs principaux. La L12 est donc idéale pour la
recherche d’extremum.
Il faudrait dans un second temps retenir les 5 facteurs les plus importants et faire une L16R5 pour mettre en
évidence les interactions éventuelles importantes.
Effet d’interaction I(AB) = moyenne des réponses – moyenne générale – Effet (A) – Effet (B)
(A au niveau i) (pour A au niveau i) (A au niveau i) (B au niveau j).
(B au niveau j) (pour B au niveau j).
40
E. Bruits – Plan Produit de Taguchi
Les paramètres agissant sur un système se classent en 3 catégories : paramètres d’entrée, paramètres de pilotage, et
perturbations. L’ensemble de ces paramètres n’est malheureusement pas stable. Ces perturbations ou instabilités
sont appelées bruit. Les bruits peuvent être :
La traduction de ces bruits en terme de fonctionnement se fera sous la forme de dispersion plus ou moins grande
dans le fonctionnement du système. Un système sera d’autant plus robuste que cette dispersion de fonctionnement
est faible.
Un produit sera robuste si sa qualité n’est pas remise en question par des facteurs extérieurs non contrôlés
(température, …). Le concepteur doit fixer les facteurs du système suivant une double optimisation :
fonctionnement optimum du système et robustesse des résultats.
Pour étudier cette sensibilité aux facteurs bruits, Taguchi propose d’utiliser des plans produits dans lesquels on
distinguera les facteurs contrôlés (le plan principal) et les facteurs bruits (le plan bruit)
Facteurs principaux :
- A : matière du capuchon (matière 1 et matière 2)
- B : matière du stylo (matière 1 et matière 2)
- C : emmanchement (faible et serré)
- D : profondeur d’emmanchement (court, long)
Facteurs bruits :
- R : nombre de décapuchonnnages successifs (premier et dixième)
- S : vieillissement (neuf et vieilli)
- T : température (0°C et 35°C)
41
𝑆 𝐴𝑚𝑝𝑙𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 𝑆𝑜𝑛 2 𝑀𝑜𝑦𝑒𝑛𝑛𝑒
(𝑁 = 10 ∙ 𝑙𝑜𝑔 ((𝐴𝑚𝑝𝑙𝑖𝑡𝑢𝑑𝑒 𝑏𝑟𝑢𝑖𝑡) ) = 10 ∙ 𝑙𝑜𝑔 ((𝐸𝑐𝑎𝑟𝑡 𝑇𝑦𝑝𝑒) ²)
Modèle : Y1 = 1004 + [64 -64]A + [97 -97]B + [-298 298]C + [-209 209]D + [154 -154]R + [93 -93]S + [101 -101]T
Signal/bruit : Y(S/N) = 11.72 + [0 0]A + [1.5 -1.5]B + [-3.8 3.8]C + [-2.5 2.5]D
Or, si on veut un effort minimal de 1400 grammes de décapuchonnage, il prendre A = 2. La matière A et B seront
différente ce qui posera des problèmes.
On choisira donc B = 2 pour avoir un compromis Y1 et Y(S/N). Puis on ajuste la profondeur d’emmanchement (un
peu plus faible que le niveau 2) pour obtenir un effort de décapuchonnage de 1400 grammes.
Les essais de confirmation sont donnés ci-dessous. La valeur nominale est un peu plus élevée que 1400 grammes, ce
qui sera ajusté par la longueur de l’emmanchement.
42
VII. ANNEXES - matrices
43
44
45
46