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Insertion et Patrimoine RURAL 2015

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PAT R I M O I N E R U R A L 197 AU TO M N E 2 015

DOSSIER
insertion
et patrimoine
TRIMESTRIEL - SEPTEMBRE 2015 - 9 €

MPF 197 BAT.indd 1 30/07/2015 11:54


Reconnue d’utilité publique

sommaire
ADMINISTRATION DE MPF
Membres du Bureau :
Président : Bernard DUHEM
Vice-présidents :
Gilles ALGLAVE et Bernard LEBORNE numéro 197
Secrétaire général : AUTOMNE 2015
Jean HERNANDEZ
Secrétaires générales adjointes :
Denise BACCARA-LOUIS
et Florence DE GROOT

PHOTO DE COUVERTURE :
Trésorier : Jean-Paul MECKERT 1 Éditorial, par B. Duhem
Présidents d’honneur :
Restauration des terrasses au pied du donjon Georges DUMÉNIL et Michel FONTAINE 2 Les actualités
de Chaumont (Haute-Marne). Guillaume Bertrand,
hourdeur de pierre sèche, a encadré ce chantier MEMBRES FONDATEURS 5 50 ans : concours de dessins d’enfants
d’insertion organisé par le CADA (Centre d’aide aux
demandeurs d’asile) et supervisé par le CAUE 52
et ANCIENS PRÉSIDENTS 8 50 ans : concours photos
pour la ville de Chaumont. © Laurence Guillaumot Aline BAYARD
Raymond BAYARD
PUBLICATION TRIMESTRIELLE Dr Alfred CAYLA DOSSIER :
éditée par l’Association Bernard CHAMPIGNEULLE

Maisons Paysannes de France


Roger FISCHER INSERTION ET PATRIMOINE
René FONTAINE
8 passage des Deux-Sœurs, Michel MARÉCHAL
42 rue du Faubourg Montmartre Pierre MOREAU 10 Introduction
Jean MOUGIN
75009 PARIS Michel PARENT 11 Inauguration, par E. Lesure
Reconnue d’utilité publique
Henri RATOUIS
Tél. 01 44 83 63 63 - Fax 01 44 83 63 69 Jacques de SACY 12 Éloignés de l’emploi ?, par M.M. Poirier
[email protected] Jean-Louis SOUBRIER
www.maisons-paysannes.org 14 REMPART contre les exclusions, par M.M. Poirier
Ont également collaboré à ce numéro :
RÉDACTION Véronique ANTOINE 16 Le patrimoine créateur d’emploi, par E. Glandière
Hugues DUPUY
Directeur de la publication : Bernard DUHEM Pierre FORRISSIER 19 Passer par Montaigut, par V. Antoine
Rédactrice en chef : Marguerite-Marie POIRIER Estelle GLANDIÈRE
[email protected] Pierre GUERRIER
22 Saint-Marcouf, pédagogie dans les embruns,
COMITÉ DE RÉDACTION Angela HURWORTH par F. Didat
Luc BARRÉ Olivier LENOIR
Francis BLOIs Clara LETELLIER
Julien BURGHOLzER Marine MULLER
simone de BUTLER Nelly STANKO 24 Construire en terre porteuse aujourd’hui,
Bernard DUHEM Jean STANKO
Ivana RHO par I. Rho
Georges DUMÉNIL
Michel FONTAINE Arnaud TROLLÉ
Luc Van NIEUWENHUYZE
26 Les Monts du Lyonnais, par P. Guerrier,
Daniel GOUPy
Jean HERNANDEz P. Forissier, N. et J. Stanko
Pascal LIÉvAUx
Philippe MADELINE PUBLICITÉ 30 Les enduits chaux/chanvre : comment les
Tony MARCHAL [email protected]
mettre en œuvre ?, par L. Van Nieuwenhuyse
Jean PEyzIEU
IMPRESSION
Pierre THIÉBAUT
Maïté WAUQUIER-MOREUx
Imprimerie vincent 34 Heureux qui, comme Ulysse, par A. Hurworth
Réalisation graphique :
zI du Menneton ; 26, av. Ch. Bedaux
BP 4229, 37042 TOURs
36 Ces nouveaux artisans qui re-localisent
A CONsEIL, www.aconseil.fr Tél. 02 47 39 39 52 l’économie, par A.Trollé et S. Danel
Commission paritaire des publications : 0917 G 82511 38 Annonces
IssN 0542 - 1667 - Dépôt légal : 2e trimestre 2014
Prix du numéro au public : 9 € 39 Échos des départements et régions
Reproduction interdite sans accord spécial écrit 43 À lire
à demander à l’association MPF
44 Liste des représentants départementaux
L’association nationale dite « Maisons Paysannes de France » — titre qui lui
est réservé, en abrégé MPF —, fondée en 1965, a pour but : de Maisons Paysannes de France
• de sauvegarder les maisons paysannes traditionnelles et leurs annexes,
quelle que soit leur occupation actuelle, en favorisant leur entretien et leur
46 Recueils et dossiers MPF
restauration selon les conditions propres à chaque région, 48 Carnet d’adresses, Bulletin d’adhésion
• de promouvoir une architecture contemporaine de qualité, en harmonie
avec les sites,
• de protéger le cadre naturel et humain des maisons paysannes, de leurs agglo-
mérations et, d’une manière générale, de l’environnement et des paysages ruraux.
Les articles publiés dans la revue Maisons Paysannes de France
PERMANENCES engagent la seule responsabilité de leurs auteurs. Ils n’expriment pas
Tous les après-midi : téléphone ou répondeur nécessairement l’opinion de l’Association et de la Rédaction.
Ouvert le mardi et mercredi de 14 h à 17 h 30
Conseils sur rendez-vous : Patrick PETIT et Tony MARCHAL

B u M . P. F. n ° 1 9 7 - 3 T. 2 0 1 5

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Éditorial

Invitons-les tous !
Par Bernard Duhem,
président de Maisons Paysannes de France

D
epuis cinquante ans, Maisons Paysannes œuvre pour la
sauvegarde et le maintien de la « maison de pays », de son
environnement paysager et de sa proximité avec ce qui sera
le patrimoine du XXIe siècle, hélas ! en danger.

Mis en cause par le pouvoir législatif, il l’est aussi par des collectivités locales
qui oublient leurs racines : une voie romaine est ici supprimée, là, une maison
ancienne est démolie pour agrandir la place du village. Avant que soient
prises ces décisions radicales, l’ histoire et la connaissance des lieux ont-elles été
prises en compte ? Y a-t-il une étude qui montre leur intérêt ou leur non-intérêt
comme témoins ? Quand nos délégués interpellent les élus, les réponses
demeurent très floues.

Il y a comme une amnésie collective ou un refus du bien commun qu’est


notre culture.

Mais nous ne nous résignons pas à la voir disparaître, et notre


anniversaire nous donne une magnifique occasion de la célébrer :
vous trouverez dans cette édition toutes les informations pour partager
nos réjouissances de cette fin d’année festive. Les concours, l’exposition
photos, les salons, les innovations, les publications et tous les évènements
organisés dans les délégations sont, pour chacun d’entre nous, autant
d’occasions de partager notre action, nos convictions et notre passion !

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Les actualités

Incontournable
Salon du Patrimoine

© Photoproevent
Téléchargez maintenant
votre invitation sur
Véritable sommet culturel pour le grand spécifiques : la réhabilitation de lieux patri- www.patrimoineculturel.com
public et la profession, le Salon International moniaux, l’utilisation des nouvelles techno- avec le code SIPC15MPF
du Patrimoine Culturel est le rendez-vous logies et des innovations dans le secteur du
d’affaires du secteur, où près de 350 exposants patrimoine ou encore la cohabitation entre Du 5 au 8 novembre au Carrousel
se retrouvent. Artisans d’art, restaurateurs, architecture ancienne et contemporaine. du Louvre à Paris. Pour plus d’infos,
fournisseurs de patrimoine bâti, associations suivez-nous sur notre site internet :
de défense, écoles, collectivités territoriales, Une des missions de MPF www.maisons-paysannes.org
institutions… Tous les professionnels de la Dès sa création, Maisons Paysannes a ou inscrivez-vous à notre newsletter !
restauration et de la sauvegarde du patrimoine inscrit dans ses statuts la mission d’« encou-
bâti ou non bâti, matériel ou immatériel, sont rager à la création d’une architecture contem-
réunis pendant 4 jours. poraine de qualité, saine et s’intégrant avec d’une urbanisation massive. Le patrimoine
harmonie dans son environnement ». Notre rural évolue et doit s’adapter aux exigences
Patrimoine et Modernité association, qui ne regarde vers le passé que contemporaines. Maisons Paysannes de
C’est le thème de cette 21e édition, pour mieux déboucher sur l’avenir, envisage France encourage et conseille chaque jour
choisi par Serge Nicole, président d’Ateliers les nouvelles formes d’habitat en milieu pour des restaurations, des extensions et des
d’Art de France et président du salon. rural, dans les anciennes fermes, bien sûr, constructions nouvelles, éco-responsables, en
Une riche programmation illustrera mais aussi grâce à la réhabilitation dans harmonie avec le bâti existant et le paysage
ce thème d’avenir. Comme chaque année, nos campagnes de grands bâtiments libérés environnant.
films, démonstrations et remises de prix d’usages révolus… C’est tout le travail du Un thème également à l’honneur lors
alterneront avec des conférences animées GRAC que de faire vivre cette réflexion des Journées Européennes du Patrimoine
par des experts sur des problématiques plus que nécessaire aujourd’hui, à l’heure de septembre !

Le salon marquera la clôture de notre cinquantenaire


avec un programme exceptionnel :
• une conférence de Philippe Madeline, géographe spécialiste
des campagnes françaises : « Dans un monde rural en mutation,
quelle place pour les paysages hérités ? »,
• la remise des prix du concours Maisons Paysannes de France -
René Fontaine et du nouveau prix d’architecture contemporaine !
• une conférence aux côtés des associations nationales du G8 Patrimoine,
• et, bien sûr, notre stand « spécial 50 ans » sur lequel nous serons ravis de vous
recevoir et d’échanger avec vous !

Les bénévoles et les salariés de MPF qui accueillent les visiteurs au Salon du patrimoine
ont beaucoup de riches contacts et de demandes de renseignements.

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Les actualités
demandant au préfet de région de réviser le
Journée technique PPA sur ce point. La modification pourrait Maisons Paysannes
Écho-Habitat à Poitiers être effective avant l’hiver… de France a désormais
sa lettre d’info !
Abonnez-vous pour recevoir réguliè-
Rencontres Européennes rement nos actualités, nos rendez-vous
de la construction paille et bons plans, au plus près de chez vous !
Inscription avec votre email sur le site internet
de l’association www.maisons-paysannes.org
(à droite dans « Newsletter »).

Salon Ecohome
Du 23 au 26 octobre 2015, Maisons
Le 2 juillet, 150 personnes se sont Paysannes participera au salon Ecohome à
retrouvées dans l’amphi de l’ENSIP pour la Porte de la Villette. Ce salon de l’Habitat
la journée technique organisée par le Elles ont lieu tous les deux ans dans un pays
Naturel et Durable regroupera les acteurs
différent, et, après la Pologne en 2013, elles se
© Photoproevent

Cerema et le Cluster Écho-Habitat à Poi- de l’habitat écologique, de la construction


tiers. Maisons Paysannes de France y avait sont tenues cette année fin août en France, sur
saine et du bâtiment durable, des énergies
une présence active. La délégation de la le site bien connu du CNCP-Émile Feuillette
renouvelables, de l’environnement et de
Vienne présentait sur son stand notre livre à Montargis, où de nombreux visiteurs ont
l’habitat groupé…
« Un trésor est caché dedans ». Durant la assisté à un programme aussi riche pour les
pause déjeuner, de nombreuses personnes professionnels que pour les particuliers.
ont échangé avec notre délégué Raymond
Lebas. Notre président est intervenu durant
le colloque en présentant notre association,
le cinquantenaire, les dossiers Batan,
Hygroba, et notre formation ATHEBA PRO.

Les feux de cheminée


à nouveau interdits
en Île-de-France
Le 8 juillet 2015, la justice administrative
rétablit l’interdiction des feux de cheminée à
foyer ouvert en Île-de-France que la ministre
de l’Écologie, Ségolène Royal, avait fait reto- Salon Bio&Co à Strasbourg
quer en début d’année.
Le Parc des expos du Wacken à Stras-
bourg accueillera la 8e édition du salon L’occasion de découvrir ou de compléter
Bio&Co, vendredi 30 octobre, samedi votre information sur les matériaux écolo-
31 octobre, dimanche 1er novembre et lundi giques et naturels d’aujourd’hui et de demain.
2 novembre 2015, tous les jours de 10h à 19h. Les exposants vous feront partager un nouvel
Les visiteurs pourront également assister et art de vivre tenant compte de l’environnement
participer à plus de 10 ateliers, animations et du fait de devoir réduire, voire éliminer
et démonstrations. 120 conférences… et le au plus vite les éléments perturbateurs qui
stand MPF Alsace vous y attend ! nous entourent et qui « habitent » notre lieu
de vie. Vous y trouverez tout ce que vous
pouvez rechercher pour construire ou rénover
« écologique », dans une démarche globale, et
Cette mesure vise à réduire la pollution
aux particules fines. Prévue par le Plan de en intégrant les meilleures solutions actuelles
protection de l’atmosphère francilien, que en matière de construction saine.
la ministre de l’Écologie avait qualifié de Ces 4 jours accueilleront aussi confé-
« ridicule » fin 2014, elle est rétablie par le rences, cycles d’ateliers, démonstrations, avec
tribunal administratif de Paris. La ministre la participation d’architectes, de concepteurs,
ne souhaiterait pas faire appel, au risque d’être de fabricants, formateurs et spécialistes…
à nouveau désavouée, et prend la tangente en Demandez-nous vos invitations gratuites !

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Les actualités
La consultation des documents se fait justifient une mise en valeur plus presti-
MPF agréée « protection toujours sur place, au siège de l’association, gieuse qu’à l’accoutumée : le jury proclamera
de l’environnement » 8 passage des Deux-Sœurs 75009 PARIS, donc le palmarès de ces 2 prix au Salon du
le mardi et le mercredi de 14h à 17h30, ou Patrimoine, début novembre au Carrousel
sur rendez-vous. du Louvre à Paris ! Patience, donc…
Bien entendu, les abonnés à la revue
Maisons Paysannes de France disposent
toujours de la consultation de 50 ans Congrès tourangeau
d’archives en ligne. Abonnement sur : Les 1, 2 et 3 oc-
www.maisons-paysannes.org tobre, comme tous
les deux ans, les dé-
© D. Firbal

légués de Maisons
Concours Paysannes et les
MPF-René Fontaine équipes d’admi-
En 2012, une révision du Code de Nos abonnés les plus fidèles doivent nistrateurs et de salariés se rassembleront
l’environnement avait eu pour effet de s’étonner de ne voir figurer au sommaire en congrès : c’est Tours qui les accueillera,
priver Maisons Paysannes de France de de cette édition aucun article sur un lauréat autour de l’équipe de François Côme, pour
l’agrément au titre de la protection de du prix MPF-René Fontaine, relation à un « Cinquantenaire en Touraine » qui de-
l’environnement. Quelques années, une laquelle nous ne manquons jamais ! vrait combiner au mieux séances de travail
longue procédure et quelques kilos de C’est que cette année d’anniversaire est et visites préparées par la Commission du
dossiers plus tard, le tribunal administratif exceptionnelle, et que le très grand succès Cinquantenaire de Maisons Paysannes de
de Cergy-Pontoise vient d’ordonner que de cette édition 2015, ainsi que la création Touraine. Encore un temps fort de cette
cet agrément lui soit attribué, considérant d’un prix d’architecture contemporaine, riche année !
qu’elle exerce bien « des activités effectives
et publiques attestant qu’elle œuvre à titre
principal pour la protection de l’environ-
nement ». Une décision qui reconnaît la
réalité de nos actions et dont MPF se Lettre à Georges Duménil, président sortant
réjouit : elle conforte beaucoup de nos de Maisons paysannes de France
démarches et légitime notre présence dans
de nombreuses instances, notamment les Cher Georges,
commissions départementales des sites et
Notre première rencontre eut lieu lors du congrès des délégués de 2009 dans
des paysages. Un merci appuyé à notre
ton beau département de la Meuse. Tu nous as accueillis, Catherine et moi, avec ton
désormais président d’honneur Georges
« bienvenue » chaleureux. Je me souviens du barbu venant à notre rencontre avec
Duménil, qui a mené ce dossier avec son pantalon en velours noir de charpentier. J’ai gardé un excellent souvenir de
sagesse et ténacité ! ce congrès qui fut le départ de mon aventure dans Maisons Paysannes, Catherine
étant à l’époque correspondante pour les Yvelines grâce à notre ami Christian Sutter.
Durant ce congrès j’ai été surpris par ta connaissance des élus de toutes tendances,
DOMUSDOC : j’ai appris ainsi que tu avais été maire dans une vie antérieure.
un portail documentaire Par la suite nous nous sommes croisés au conseil de rédaction où tu apportais
sur l’architecture rurale ta compétence technique sur le bâti mais aussi celle de l’éditeur que tu as été.
Maisons Paysannes de France vous
En 2011 tu es devenu président et tu m’as demandé d’être vice-président avec
présente sa nouvelle base documentaire en
Jean-Marie Vincent. Durant ces quatre années nous avons travaillé ensemble en
ligne : plus de 6 000 documents constituant
confiance. C’est avec plaisir que j’ai travaillé à tes côtés, surpris par tes connais-
le centre de documentation du siège de
sances et la diversité de tes expériences, artisannales et autres…
l’association ont été référencés, et leur liste
est accessible sur DomusDoc : Avec le G8 dans lequel tu es entré avec discrétion et intelligence, tu as défendu
mpf.centredoc.fr les intérêts de Maisons Paysannes avec ardeur et ténacité. L’isolation thermique
par l’extérieur n’a pas résisté à tes arguments ! Concernant notre agrément envi-
ronnement qu’il fallait renouveler, tu as su porter « l’estocade », puisque le juge du
tribunal administratif vient de nous le rendre.

Je sais que parmi les délégués et les adhérents tu as beaucoup d’amis. Tu seras
heureux de les retrouver lors des célébrations de notre cinquantenaire puisque
tu auras la joie de les présider.

Avec mon amitié,

Bernard DUHEM, président depuis mai 2015

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concours de dessins pour les enfants de 6 à 12 ans

« La maison que j’aime »


Palmarès du concours
de dessins d’enfants
Saluons ici les 6 premiers d’une
longue liste de lauréats :

> 6-8 ans :


• Jules Defrétin, prix de la maison écologique
• Fanch Parker, prix de la maison sylvestre

> 8-10 ans :


• Egor Trofimov, prix de la maison
où il fait bon vivre
• Daniil Tomilov, prix de la maison multiple

> 10-12 ans :


• Ninon Besserre, prix de la maison aquatique
• Marc-Oulan Dupuy, prix de la maison
conviviale

Les 73 autres gagnants seront connus


le 9 septembre, lors de l’inauguration de
l’exposition du cinquantenaire de Maisons
Paysannes, à l’Orangerie du Sénat, à Paris.

Dessin de Ninon Besserr

Dessiner est tout à la fois faire appel à l’observation patiente,


à la mémoire, au souvenir, au rêve immobile, aux images des Jury et classement des dessins
autres que l’on copie… peu importe. Dessiner se fait toujours 350 enfants ont participé au jeu de « La maison que j’aime ».
seul. La main décide d’un jeu qui n’a pour règle que celle Ils ont été classés par âge : petits (6 à 8 ans), moyens (8 à 10 ans)
qu’elle se donne, et le résultat est toujours différent de ce et grands (10 à 12 ans). Parmi ces enfants, 2 écoles en France,
qu’on attendait. Couleurs, symboles, objets, matières, histoires, une école d’Irkoutzk, en Russie (50 enfants), une école de
Ouagadougou au Burkina Faso et un groupe de louveteaux
écritures, collage, tout est permis : la vraie maison est une
et jeannettes.
maison rêvée. Pour nous, les grands, ce sont des images dont
nous ne comprenons sans doute pas toute la valeur émotive. Le jury, présidé par Serge Tisseron, était composé de sept
personnes. Il a décerné 6 prix spéciaux, coups de cœur du jury,
Mais que de visions du monde !
et des prix selon les catégories suivantes :
À Maisons Paysannes de France, nous avons lancé ce concours • Créativité, imagination : 6 prix
comme un jeu. • Originalité technique : 9 prix
• Harmonie, rêve, poésie : 7 prix
Un jeu pédagogique : le programme proposait des questions/ • Humour et émotion : 7 prix
réponses sur les mots « association », « reconnue d’utilité • Sensibilisation écologie, régions, végétaux : 7 prix
publique », « patrimoine », « pourquoi dessiner ? », « la maison que • Détails, précision : 7 prix
• Environnement, rural, urbain : 9 prix
j’aime ? ». Un jeu qui fasse « parler » le cœur : un dessin ne parle
• Couleurs : 10 prix
pas, il se fait par la main.
• Mise en perspective : 5 prix
Mais dessiner « La maison que j’aime » est aussi relier la famille,
Soit un total de 73 enfants qui recevront des prix. Les autres enfants
figurer les liens avec les parents, et une manière d’aborder « graines d’artistes », recevront des sachets de graines à planter.
la relation à l’autre, l’intime et la beauté.

Suite

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Dessiner
concours de dessins

un rêve
TEXTE : SERGE TISSERON

Q
ui regarde des des- ans et ne peut pas être résolu de
sins d’enfant ressent façon satisfaisante avant l’adoles-
souvent un mélange cence, notamment du point de
d’émer veillement, vue de la perspective. De nom-
d’interrogations et breuses capacités y interviennent,
de malaise. Ils semblent à la fois à la fois motrices et cognitives,
tellement chargés de significations comme la capacité de synthèse
et si mystérieux ! Chaque dessin d’éléments disparates et l’intégra-
a d’abord un sens manifeste qui tion d’affects plus ou moins so-
s’organise à partir de l’existence cialisés. N’oublions pas non plus
quotidienne de l’enfant : vivre en que chaque culture est porteuse
France, en Russie, ou à Ouagadou- d’un mode de représentation qui
gou au Burkina Faso s’accompagne lui est propre. En Europe, c’est à la
évidemment de représentations Renaissance, à l’aube de la moder-
différentes. Les rêveries et les dé- nité, qu’ont été inventées les règles
sirs de chaque enfant autour de la de représentation du paysage qui
Dessin de Daniil Tomipov maison où il aimerait vivre consti- sont les nôtres aujourd’hui. Enfin,
tuent une seconde couche de ce tout dessin présente aussi un sens
sens manifeste : des pièces sans caché qui permet aux psycholo-
équivalent dans son environne- gues de comprendre la représenta-
ment surgissent sous son crayon, tion que l’enfant a de lui-même et
des couleurs inattendues décorent ses pensées profondes.
des murs imaginaires, des animaux Du coup, notre première pré-
qu’il aimerait voir près de lui oc- occupation, en tant que jury de ces
cupent l’espace. En même temps, dessins, a été de nous méfier d’un
l’âge détermine en grande partie jugement qui fasse intervenir un
les possibilités représentatives. seul critère. Et pour mieux nous
Dessiner un paysage, aussi étrange protéger de ce danger, nous avons
que cela puisse paraître, pose un travaillé à plusieurs. Notre jury
problème assez complexe qui n’est était constitué de sept membres
guère abordable avant sept ou huit porteurs chacun d’un regard, d’une

Dessin de Egor Trofimov

Dessin de Jules Defretin


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Dessin de Fanch Parker
Dessin de Latifatou Conseeiga

approche et d’un questionnement


différent. Certains d’entre nous
étaient plutôt enclins à privilégier
l’aspect esthétique des dessins qui
nous étaient proposés tandis que
d’autres étaient plus attentifs à
l’aspect émotionnel ou même à la
dimension spatiale et à l’expression
kinésique. Et parce que l’enfant
change beaucoup au cours de son
développement, nous avons distin-
gué trois tranches d’âge : 6 à 8 ans,
8 à 10 ans et 10 à 12 ans. Chacun
d’entre nous a regardé tous les des-
sins, leur a attribué une note, puis Dessin de
nous avons repris ensemble ceux Marc-Oulan Dupuy
qui avaient obtenu les notes les plus
élevées afin de nous mettre d’accord
sur les prix à leur décerner.
Une dernière difficulté a surgi cueilleraient des jardins potagers sur
quand il s’est agi de savoir si cer- leur terrasse, que des maisons pour- Serge Tisseron
tains enfants avaient été aidés, ou tant plantées dans le sol pourraient
au moins conseillés par un adulte. flotter et s’élever avec le niveau de a aussi été primé
Dans l’incapacité évidente de le sa- l’eau en zone inondable, ou encore à Angoulême !
voir, nous avons décidé de ne pas que la lumière du jour pourrait être
Psychiatre et psychanalyste,
tenir compte de ce paramètre bien stockée dans les murs et restituée la Serge Tisseron est depuis de
qu’il ait pu jouer un rôle non né- nuit aux habitants ? Les enfants qui longues années spécialiste des
gligeable. En tout cas, si certains imaginent aujourd’hui la maison images dans la vie des enfants :
d’entre ces dessins n’ont pas été ré- dans laquelle ils aimeraient vivre se- ses recherches ont notamment montré le rôle
alisés absolument et totalement par ront peut-être ceux qui la construi- des secrets de famille, ou celui de la violence sur
un enfant, tous témoignent de l’es- ront demain. le développement des plus jeunes, lisibles sou-
prit de l’enfance, un esprit parfois Les rêves sont les fondations de vent dans leurs dessins. À côté de ses ouvrages
décapant qui nous invite à penser nos projets les plus audacieux, et de recherche, il a lui-même beaucoup dessiné
la maison autrement. Car les mai- dessiner un rêve, c’est déjà lui don- et publié de remarquables bandes dessinées.
sons sous l’eau, les maisons dans les ner une réalité. Souhaitons que Maisons Paysannes le remercie de tout cœur
nuages, les maisons multiples ou les les nombreux prix décernés aux d’avoir présidé ce concours avec humanité,
maisons constituées de bulles mul- enfants qui ont dessiné « leur mai- talent, expertise et délicatesse !
ticolores ne sont peut-être pas seu- son » les invitent à garder vivants
lement des rêveries d’enfants. Qui leurs rêves, afin que ceux-ci nour-
aurait cru il y a seulement quinze rissent, sous de multiples formes,
ans que des immeubles de béton ac- leurs réalisations de demain.

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1 700 clichés reçus : succès exceptionnel
pour notre concours photos !

1er prixe
catégori
« adultes »

Dans le cadre de son


catégorie « adultes »
cinquantenaire, Maisons
Paysannes a organisé un 1er prix – La Chavière (commune de Termignon) Parc national de la Vanoise – Savoie, Rhônes-Alpes
grand concours photos sur le « Il s'agit d'un hameau d'estive (2 300 m) qui, à cette date, me semblait déjà désaffecté mais encore en parfait
bâti rural et les paysages, qui a état de conservation. Illuminé par un rayon de soleil, au milieu de l'alpage, ce bâtiment a tout de suite attiré
connu une superbe participation ! mon attention par la rusticité de son crépi, la patine des lauzes et sa cohérence avec le milieu montagnard. »
Photo prise par Jean-Louis Mille, président d'un club photo
Les candidats pouvaient envoyer
jusqu'à quatre photos montrant
2e prix – Irancy – Yonne, Bourgogne
la richesse de l'architecture Irancy est un village vigneron dans l’Yonne. On y produit un vin du même nom avec le cépage du pinot noir.
rurale française et de ses savoir- Le village est lové au pied des coteaux plantés de vignes. La photo est prise au mois de décembre, par -15°,
faire : bâtiments d'habitation, à la lumière rasante du soleil.
d'exploitation et dépendances Photo prise par Alexia Brochot
(fours, lavoirs, puits, etc.),
intégration du bâti dans le
catégorie « jeunes »
paysage… L'intérêt architectural
1er prix – Pigeonnier – Seuilly, Indre-et Loire, Touraine
(bâti traditionnel ou rénovation « C’est lors d’une promenade en famille en passant d’abord par la visite de la Devinière que j’ai pris cette
contemporaine), la qualité de photo. J’ai fait en sorte que les deux ombres que l’on peut voir soient symétriques. La photo a été prise
l'écriture photographique et à Seuilly près de la Devinière, la maison natale de Rabelais (Touraine). Ce pigeonnier du XVe siècle a perdu
des photos ont été des critères sa toiture et sa porte. »
déterminants du jury qui s'est Photo prise par Amélie Buisson, 13 ans

tenu au début du mois de juin.


2e prix – Maison de Renno – Corse du sud
Nous remercions chaleureusement
« Je suis parti en Corse pour les vacances, dans un village perché, au milieu des châtaigniers. À Renno, toutes
tous les participants et vous les maisons sont en pierre, et il y a des petits escaliers pour y entrer. La maison que j’ai prise en photo,
invitons, dès à présent, à c’est le Castelli, où Napoléon a dormi une nuit… C’est ce que les gens racontent… »
découvrir les tout premiers. Photo prise par Aaron Herbaut-Glandière, 10 ans

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1er prixe 2e prixe
catégori catégori
« jeunes » « jeunes »

2e prixe Une exposition


catégori
« adultes » Une exposition iti-
nérante présen-
tera une belle
sélection de ces
photos révélant
toute la variété
des paysages et
des bâtis ruraux !

Une exposition sur le patri-


moine rural pour, bien sûr, le
faire connaître et aimer, mais
surtout, pour contribuer à une
prise de conscience citoyenne de
sa valeur et de sa fragilité, donc
à sa sauvegarde.

Une campagne de financement participatif


Afin de financer au mieux ce beau projet
d’exposition, Maisons Paysannes de
France s’est lancée dans ce nouveau mode
de financement original : vous avez été
nombreux à répondre à l’appel ! Nous
remercions chaleureusement tous les
généreux contributeurs qui nous ont permis
Nous vous donnons rendez-vous
l’organisation de cette exposition dans un
du 9 au 20 septembre à l’Orangerie
lieu de prestige : nous espérons vous voir du Sénat pour découvrir cette
nombreux à l’Orangerie du Sénat ! belle exposition participative ! Elle
fera ensuite un « tour de France »
Parmi les généreux bienfaiteurs • Cau Jean-Noël • Garon Monique grâce aux délégations MPF, elle est
déjà prévue à Tours, en Saône-et-
qui ont aidé à financer notre • De Butler Bruno • Hernandez Jean
Loire, dans le Loiret, en Aveyron,
exposition photo, nous remercions • De Gorter Dominique & Francis • Lebas Raymond en Sarthe, dans la Drôme…
particulièrement : • Delage Eric • Leborne Bernard
• Barrioz Claudine & Pierre • Délégation Maisons Paysannes de l’Allier • Maire Etienne
• Berthier Bruno • Deslandes Joël • Mathieu Françoise
• Bertin-Chappuis Isabelle • Dohet Frédéric • Penchinat Camille
• Bizon Françoise • Duhem Bernard • Quélennec Agnès & Olivier
• Bourrier Jean-Luc • Duménil Georges • Roux Kévin
• Cateland Hubert & Baby • El Kherba-Oltman Majda • Thomas Patrick

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DOSSIER
Patrimoine et insertion

Le patrimoine,
magnifique support d’insertion
O fficiellement, ils sont environ 500 000, mais ce chiffre serait sous-estimé, selon
l’administration elle-même. Ce sont aux deux tiers des hommes, de tous âges, de tous
horizons. Les « publics en difficultés » forment depuis quelques décennies l’essentiel des effectifs
de l’insertion.
Il n’est pas simple de définir l’insertion. Un mot-valise, positif, qui désigne un objectif pour
des personnes de tous âges éloignées de l’emploi, et parfois-même de la société, en raison de
problèmes divers (et souvent combinés) :
- personnels, psychologiques, des soucis de santé ou d’addictions,
- liés à des ruptures familiales et sociales,
- des problèmes judiciaires,
- l’échec scolaire,
- un manque de qualification entravant l’entrée dans le monde du travail.
À première vue, Maisons Paysannes de France est peu concernée par ce secteur socio-économique.
Mais tous les adhérents ont expérimenté sur eux-mêmes les nombreux bienfaits d’une activité de
restauration : bienfaits physiques d’une activité naturelle qui occupe les muscles et l’esprit, relations
d’équipe construisant des liens d’échange et de solidarité, bonheur d’apprendre des techniques et
des savoir-faire, satisfaction de fabriquer des objets, des bâtiments et un environnement de qualité,
plaisir de s’inscrire dans une histoire, un lieu et une culture intéressants, joie de la beauté à laquelle
on redonne vie, profond contentement de faire des choses qui ont un sens !
© Mairie de Joinville (Haute-Marne)

Voilà pourquoi, tout naturellement, beaucoup d’amoureux de notre riche patrimoine ont jugé
Jeu de paume de l’ancien
utile d’inviter sur les chantiers de restauration des personnes en insertion. Gisements d’emploi,
Château-d’En-Haut à
bien sûr, tant l’artisanat du bâti ancien manque de bras. Oh ! bien sûr, toutes ne s’engageront Joinville (Haute-Marne).
pas dans les métiers du patrimoine… Mais la plupart y trouveront surtout l’opportunité de Chantier d’insertion piloté
retrouver un peu d’équilibre, de force et de sens dans leur parcours. par l’association Poinfor
(économie sociale et
Petite visite chez les acteurs du patrimoine qui œuvrent à l’insertion… solidaire) sous la conduite
de la ville de Joinville.

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© Mairie de Joinville (Haute-Marne)
Joinville (Haute-Marne) : restauration du mur qui monte au chateau

Inauguration
Fiers et justement heureux
TEXTE : ELSIRE LESURE

I
ls étaient tous là : le maire, avec ses adjoints et officiels qui les félicitent. Ils sont invités à s’exprimer :
son écharpe, le sous-préfet et le chef du Service – Alors, ces 5 mois ?
territorial de l’architecture et du patrimoine, – Ben, le chantier, c’était fatigant, mais bien : c’était
la directrice du CAUE et le vice-président du la première fois que je réussissais à faire un travail cor-
Conseil (encore) général, l’envoyé de la DRAC, les rect, et l’animateur me félicitait même quelquefois.
responsables de Pôle-emploi, de la Mission Locale, du Je n’avais pas l’habitude ! raconte la jeune fille.
chantier d’insertion, au milieu des architectes, des re- – Oui, l’équipe et les animateurs étaient sympa,
présentants en costume des entreprises mécènes, des alors on avait envie de venir travailler, on ne finis-
spécialistes du développement et ceux du tourisme, sait pas toujours à l’heure, mais personne ne protes-
des spécialistes des beaux murs droits et des spécia- tait…, sourit l’homme.
listes des vies sinueuses et difficiles… et des journa- – Moi, ce que j’espère, c’est que notre mur dure
listes, et la télévision ! encore des centaines d’années, comme ça, tout le
Au pied du rempart du XVIIe dégagé de sa gangue monde, les habitants de la ville, les touristes, le verra
de végétation, tous entouraient l’équipe du chantier en pensant à nous. Et tous ces gens importants qui
d’insertion. Après cinq mois de travaux, on inaugu- sont venus pour nous, c’est chouette, non ? Je n’aurais
© Mairie de Joinville (Haute-Marne)

rait le haut mur que les « personnes en insertion », jamais cru que je ferais un jour quelque chose qui
réputées difficilement employables, avaient restauré plairait à tout le monde. !
durant 5 mois. Explications, visite, questions, dis- Mais surtout, ce que j’adore, c’est qu’il est beau,
cours, louanges, applaudissements. Quelques bulles finalement, même si je vois des petits défauts du
d’un alcool local… début du stage, qu’on ne ferait plus aujourd’hui.
Appuyés à « leur » mur, une jeune fille et un homme Et vous, vous ne le trouvez pas beau ?
d’une quarantaine d’années semblent étonnés devant ces Si, ce mur est très beau, à plus d’un titre…

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DOSSIER
Patrimoine et insertion

Éloignés
de l’emploi ?
On ne présente plus la Fondation du patrimoine aux
lecteurs de Maisons Paysannes, qui connaissent tous son
rôle central d’accompagnement des projets patrimoniaux
de toute nature. Mais sait-on que la Fondation, aussi
soucieuse des hommes que des héritages de notre culture,
remplit également une mission de lutte pour l’insertion
des personnes en difficulté sociale et professionnelle ?
Cette structure a en effet inauguré en 2014 un « Fonds
national pour l’insertion par le patrimoine des publics
en difficulté ». Le bilan de sa première année d’action
est riche et plein d’espoir.
TEXTE : FLORE DIDAT - PHOTOS : FONDATION DU PATRIMOINE Travailleur sur chantier de la commanderie des templiers en Seine-et-Marne.

«Q
uelle variété dans tous ces projets ! néficiaires à cheminer vers une vie équilibrée et
se félicitait Georges Duménil autonome, en leur proposant de participer à de
le 17 juin dernier, en sortant de beaux chantiers et d’y acquérir des savoir-faire
réunion à la Fondation du patri- dans les métiers du bâti. Associations, com-
moine. Le toit de sagne d’une ca- munes, missions locales, CFA, qui choisissent
bane de guardian à restaurer en le patrimoine public comme support de for-
Camargue, un moulin à vent-cavier à remettre mation, peuvent donc être subventionnées, sur
Fonds national pour l’insertion en état en Pays-de-Loire, une commanderie de critères précis, pour les chantiers organisés avec
par le patrimoine Templiers à sauver en Seine-et Marne, un fort des jeunes et moins jeunes en grande difficulté.
Bilan 2014 : 48 projets à nettoyer à Marseille, des cars anciens à reta-
per en Alsace, des hortillonnages à valoriser en
aux supports variés :
Picardie, une tour gênoise à conforter en Corse, Sur de vrais et beaux chantiers
• Rural, agricole (murs et loges de
une chapelle à transformer en musée d’art pré-
vignes, calades, fermes, grotte
colombien en Martinique, des terrasses à rele- Bien sûr, s’il ne s’agit « que » d’acquérir des
dans village troglodyte, etc.) : 16
ver dans le Limousin… il y a tant de projets, compétences professionnelles, les écoles et autres
• Religieux (églises, abbayes, que chacun peut vraiment trouver un chantier centres d’apprentissage peuvent les former, di-
chapelles, calvaires) : 9 qui lui convienne et s’y investir sérieusement ! ». ra-t-on. En réalité, ces structures de passionnés
• Militaire (Fortification Vauban) : 3 C’est que le président d’honneur de Maisons se proposent de faire mieux : en proposant des
• Industriel, artisanal (véhicule ancien, Paysannes est membre du comité d’examen des chantiers réels à ces personnes qui n’ont pas for-
poterie, chantiers navals, etc) : 6 dossiers du Fonds d’insertion. Il vient d’étudier cément aimé, ni même fréquenté l’école, elles
avec ses collègues les projets de nombreuses leur permettent de développer des capacités
• Châteaux : 3
structures d’insertion qui sollicitent une aide techniques dans un cadre qui ne leur rappelle
• Autres (fontaines, lavoirs, ancien pour mettre en œuvre leurs chantiers 2015. pas leurs difficultés, mais qui leur fait découvrir
tribunal, murs de cimetières…) : 11 et valoriser leurs aptitudes. De surcroît, ce cadre
Le patrimoine comme a une histoire, une beauté, du caractère, un lien
d’utilité à la localité, des particularités de tech-
support d’insertion niques : de quoi découvrir un métier, mais dans
le plaisir de créer aussi de la beauté, de restaurer
C’est cet objectif qui est assigné au Fonds un patrimoine qui valorise l’artisan de ce re-
d’insertion par le patrimoine : appuyer les asso- nouveau autant que la collectivité dans laquelle
ciations ou structures spécialisées dans l’accom- il s’inscrit. Si, à cette fierté d’un bel ouvrage,
pagnement des personnes en grande difficulté s’ajoutent les joies d’une équipe qui fonctionne
sociale et professionnelle. Il s’agit d’aider ces bé- bien, notamment parce qu’elle est encadrée par

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des professionnels compétents et passionnés, le
stagiaire a des chances de trouver la motivation
pour une activité qu’il commence à maîtriser. Parcours d’insertion et de formation
En 2014, ce sont ainsi 650 personnes en in- aux métiers du patrimoine
sertion qui ont participé à ces projets aidés par la
Fondation du patrimoine, dont 455 demandeurs En 2014, la Fondation du patrimoine a mis en place un dispositif spécifique pour
les jeunes de 16 à 25 ans accompagnés par 10 missions locales. Son but : leur
d’emploi ou bénéficiaires du RSA, et 35 jeunes
transmettre la passion du patrimoine et leur permettre de s’orienter sur ses
sous responsabilité de la Protection judiciaire de la
métiers, les former et les aider à accéder à des emplois dans ce domaine. Budget
jeunesse, qui, avec leurs encadrants, ont travaillé
global : 1 400 000 euros sur 4 ans.
au milieu des autres. Parmi ces stagiaires, 160 ont
signé un CDD d’insertion, qui donne un cadre 5 étapes :
stable à ce redémarrage : c’est un contrat de six • Réunion de sensibilisation dans des missions locales sur la restauration du
mois, que l’on peut renouveler si l’expérience le patrimoine et ses métiers,
demande. Ce sont autant de possibles ferronniers,
maçons du bâti ancien, tailleurs de pierre, menui- • Une journée de découverte sur un lieu en cours de restauration,
siers-ébénistes, dont la vie va pouvoir se rééqui- • Stages techniques d’une semaine sur les Métiers du patrimoine (taille de pierre
librer autour d’une qualification professionnelle. et maçonnerie traditionnelle, bois et charpente, couverture, forge et ferron-
nerie, etc.),

Qualité « Fondation » • Participation à des chantiers d’insertion (de 3 à 12 mois) de restauration du


patrimoine, menés par des associations d’insertion, partenaires de la Fondation
du patrimoine,
La force de ce système est l’exigence. Dans la
sélection des projets accompagnés, la Fondation • Professionnalisation de jeunes sur les métiers du patrimoine avec :
a le souci de l’humain, car il faut avant tout aider - le financement de formations ou de bourses d’étude sur les métiers d’art,
au développement des stagiaires, mais elle porte - et l’aide à la création d’emploi d’un jeune dans une entreprise du patrimoine
aussi grande attention au support patrimonial. (la Fondation peut apporter une aide financière à une entreprise qui s’engage
Pas question d’engager des fonds dans des chan- à prendre le jeune en contrat de professionnalisation et à l’embaucher à l’issue
tiers médiocres, on s’entoure donc de l’avis d’ex- de son contrat). La Fondation peut aussi apporter un soutien à un projet de
perts incontestés et d’architectes des bâtiments création ou de reprise d’entreprise.
de France, qui visent la qualité du projet, des
travaux, des matériaux… Et par-dessus tout, on
s’assure d’un encadrement compétent : tous les
professionnels qui dirigent les chantiers sont des Un palier vers les entreprises du patrimoine
compagnons, des gens de métiers, de convic-
tion et de pédagogie. C’est dans cet esprit que Études ET Chantiers, association d’éducation populaire, organise depuis 63 ans
les chantiers aidés par la Fondation du patri- des actions pour le développement des personnes par le développement
moine rapprochent des emplois artisanaux des des territoires. Son directeur analyse l’expérience commencée en décembre
hommes et des femmes qui croyaient n’avoir au- 2014 avec la Fondation du patrimoine :
cun avenir professionnel et qui découvrent que « Nous participons avec intérêt au Parcours d’insertion et de formation aux
le patrimoine vaut d’être restauré ! métiers du patrimoine. Ces actions, initialement en direction du milieu rural,
nous ont mis en lien avec les métiers et les entreprises du patrimoine, et
cette collaboration est très intéressante. Les missions locales nous ont
confié douze jeunes, sur de beaux chantiers à Clermont-Ferrant, Ganat
(Allier) et Veyras (Ardèche). La quatrième étape de leur parcours d’insertion
(voir encadré) se terminera cet automne et six de ces jeunes semblent déjà
avoir pris goût et plaisir à travailler sur le patrimoine. Bien sûr, ces jeunes
ont des parcours difficiles et, même très motivés, ils cumulent souvent les
problèmes personnels : certains sont des habitués des stages et dispositifs
d’insertion. Ils sont parfois tentés d’abandonner le combat, surtout quand
autour d’eux, les sirènes de la facilité leur suggèrent : "Pourquoi te compli-
quer la vie ?.. Tu pourrais rester au chômage quelques mois et bénéficier
encore d’un autre stage…". Mais pour ceux qui s’accrochent à leur projet,
il y a vraiment des contrats de travail à la clé, en plus de la fierté des difficul-
tés dépassées. Et surtout, nous sommes heureux de porter cette "pédagogie
de chantier", au service de tous : les salariés, en premier lieu, qui peuvent
sortir de la "galère", les entreprises du patrimoine, qui, alors que ce n’est
pas leur métier, font l’effort d’insérer ces salariés parfois fragiles, et finale-
ment, la collectivité tout entière, qui a tout à gagner à cette réinsertion.
Ces "petits" bonheurs donnent sens à notre action associative ! »

François Ribaud,
directeur d’« Études ET Chantier » en Auvergne

Chantier à Budos en Gironde.


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DOSSIER
Patrimoine et insertion

REMPART contre les exclusions


« Empêcher la dégradation ou la disparition du patrimoine », tout le monde
connaît l’objectif de REMPART. Mais la charte écrite par ses fondateurs
précise aussi : « REMPART doit œuvrer de façon égale en faveur du patrimoine
et en faveur des individus qui sont sensibles à ses objectifs ». Et voilà affirmée
la priorité réelle de la défense du patrimoine : « un environnement humain
et matériel de qualité, favorable pour que chacun trouve sa place au sein
de la société ».
TEXTE : M.M. POIRIER - PHOTOS : REMPART

L
e bénévole sur un chantier Rempart raire, où chacun doit trouver sa place, vivre
est quasiment une image d’Épinal du et travailler ensemble, partager les tâches.
patrimoine européen. Mais sait-on Ainsi, si un jeune issu de l’expérimentation
que parmi les milliers de bénévoles de sociale, ou d’un foyer, réussit à s’épanouir
tous pays, de toutes origines, qui participent au sein d’un chantier, d’un microcosme,
à ce grand œuvre, il y en a de plus faibles, de il est certain qu’il lui sera plus facile de
plus maltraités par la vie ? Les chantiers ac- trouver sa place au sein de la « société taille
cueillent en effet aussi des jeunes déscolarisés, réelle »
des personnes en parcours d’insertion, en re- De même, une société équilibrée est un lieu
cherche ou en cours de formation. À tous, ils d’échange, pour l’enrichissement de l’esprit de
offrent des travaux de restauration du patri- chacun et l’équilibre des relations. Le travail en
moine qui sont autant d’occasions d’enrichis- commun sur le patrimoine peut participer à
sement des connaissances, de la culture, des l’éducation de tous les citoyens : par exemple,
techniques et de la vie en équipe et avec la quand un village se mobilise pour son église,
population locale. son lavoir ou son château, il fabrique un état
Et finalement, qu’est ce qu’un chantier d’esprit, de la beauté et des compétences,
de bénévoles ? Une mini-société, tempo- autant que des murs.

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Bien au-delà de l’amour de
« l’ancien pour l’ancien »
La pierre pour la pierre, cela ne peut
représenter un idéal : Rempart le sait, qui
aide les bénévoles dans leurs motivations très
diverses. Depuis 2009, des chantiers d’inser-
tion s’ajoutent aux chantiers classiques de
bénévoles : ils accueillent des jeunes des foyers,
de l’accompagnement médico-social, des
Espaces dynamiques d’insertion, des Écoles
de la deuxième chance… Comme tous les
participants, ces jeunes peuvent choisir leur
chantier en fonction de leur intérêt et s’essayer
à plusieurs techniques avec des animateurs et
des compagnons d’expérience : ici, ce sont
des initiations à la sculpture sur pierre ou à la
menuiserie, là, du dégagement archéologique
ou de la forge. De surcroît, un chantier prévoit Ouverture et découverte
souvent des activités de loisirs culturels ou de
plein air : escalade, baignade, canyoning dans « Insistons seulement sur le fait que, dans ce cadre-là, l’apprentissage d’un savoir-faire
des sites magnifiques. Pour certains de ces n’est pas le point primordial, souligne Maxime Pottier, de l’Association de
jeunes qui quittent famille et copains pour la sauvegarde du château de Calmont d’Olt (Aveyron), car on ne souhaite pas
première fois, c’est une aventure. forcément faire des jeunes gens accueillis des maçons ou des tailleurs de pierre.
Notre but, et ça a l’air de plutôt fonctionner, c’est avant tout de donner ou redonner
l’envie d’apprendre, l’ouverture à de nouveaux centres d’intérêt, le fait qu’un bout
Le livret de compétences de château peut devenir beau, la découverte de la campagne… C’est surtout l’entrée
et l’immersion sans préjugé au sein d’un groupe hétérogène, la rencontre de gens
Un chantier est donc un lieu où de mul- qui se seraient habituellement ignorés, qui contribuent à l’insertion. »
tiples expériences, riches au plan profession-
nel comme personnel, s’inscrivent positive-
ment dans la vie des personnes en difficultés. tions membres de l’Union et les structures
Rempart veut aussi aider ces stagiaires à en nationales et locales spécialisées. Il s’agit que
prendre clairement conscience : les anima- les actions soient coordonnées, réfléchies, et
teurs les encouragent donc à inscrire ces que le retour d’expérience fasse progresser
acquis dans un « livret de compétences ». l’ensemble du réseau. Au profit du collectif,
Savoir-faire et savoir être y tiennent une bonne bien sûr, mais aussi et surtout de chacune des
place. Le jeune le remplit en réfléchissant sur personnes aidées par la force même du réseau
ce qu’il a appris, et l’équipe d’animateurs y « Union Rempart ».
parle aussi de ses compétences artistiques,
culturelles, techniques, sociales, profession-
nelles. Ce livret est une sorte de bilan, person-
nel et croisé, qui pourra être utilisé dans une Grâce à la Mission locale des Ulis (91),
recherche d’emploi ou un projet personnel. Yohanna Germain a travaillé sur
le chantier du fort de l’Esseillon,
Travail bien fait en Savoie. Elle évoque le plaisir
qu’elle y a trouvé :
« Au niveau du travail sur les sites,
Tout ce travail d’attention à l’individu les formateurs transmettent leur
n’est possible que grâce à une certaine philo- enthousiasme pour leur métier
sophie de la restauration : « À Rempart, on a avec beaucoup d’énergie, et on
le temps de bien faire les choses, souligne Olivier se prend au jeu rapidement, on
Lenoir, directeur. Puisqu’il s’agit aussi de valo- reproduit des gestes ancestraux,
riser les jeunes par le résultat de leur travail, on qu’il s’agisse de la maçonnerie
recherche une belle qualité, dont ils pourront traditionnelle, de la taille de pierre,
être fiers. » ou d’autre chose, et on prend
Et puisque toute action comporte son plaisir à soigner son petit bout de
volet administratif, Rempart a pérénisé en terrain, cette pierre que l’on taille
2012 un poste dédié aux actions d’insertion. ou ce mortier que l’on fait… »
Marine Muller y travaille avec les associa-

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DOSSIER
Patrimoine et insertion

Le patrimoine
créateur d’emploi
Acta Vista, association loi 1901 fondée en 2002,
est spécialisée dans la formation professionnelle
menée sur des chantiers de restauration
de monuments historiques. Ces chantiers
sont des occasions privilégiées d’apprentissage
pour des personnes les plus éloignées de l’emploi.
TEXTE : ESTELLE GLANDIÈRE, ARCHITECTE, DÉLÉGUÉE
MPF BOUCHES-DU-RHÔNE - PHOTOS : ACTA VISTA

Pose de la charpente sur un pavillon de l’hôpital Caroline (île du Frioul).

La formule : « formation- Européenne, ce centre de formation permet


d’embaucher et de former chaque année plus
Olivier
Campistron
patrimoine-emploi » de 350 personnes. Tous les profils y sont pré-
Directeur Dans le secteur du bâtiment, certains sents : demandeurs d’emplois, bénéficiaires du
des travaux métiers sont en tension. C’est pourquoi, en RSA, titulaires d’un contrat à durée détermi-
Acta Vista. 2001, Acta Vista a commencé à constituer née d’insertion, mais aussi salariés en recon-
Ce Compagnon tailleur de pierre un vivier de tailleurs/poseurs de pierre, me- version ou volontaires de tous horizons.
a effectué son Tour de France de nuisiers, charpentiers, couvreurs/zingueurs, Cette organisation est d’autant plus attrac-
1970 à 1977. Il a enseigné pendant maçons du bâti ancien, façadiers, porté par tive qu’elle organise ses ateliers pratiques sur
15 ans pour les Compagnons les Compagnons-formateurs. Sans oublier des chantiers passionnants et souvent pres-
dans toute la France, et exercé l’éco-construction, l’utilisation de la chaux et tigieux ! Le premier, sur lequel s’appuie l’en-
comme artisan dans les Cévennes du chanvre pour l’isolation, le tri des maté- semble de la structure, qui en a fait son siège,
pendant 10 ans. Un parcours riche riaux de déconstruction, leur réutilisation, et est le fort d’Entrecasteaux.
d'expériences professionnelles la gestion environnementale du chantier.
et humaines qui fait de ce
directeur un expert et un
En 2009, Acta Vista a créé au fort d’Entre-
casteaux son pôle de formation et d’appren-
Le fort d’Entrecasteaux :
pédagogue avertis. tissage aux métiers du patrimoine bâti-ancien un pôle de formation
et de l’éco construction. Soutenu par l’Union
Au XVIIe siècle, bien que Marseille fût sous
tutelle française, elle affichait une grande indé-
pendance à l’égard du Roi Soleil. Las de la dé-
fiance ouverte de la ville, Louis XIV prit Mar-
seille par la force et ordonna la construction de
la citadelle Saint-Nicolas. Les travaux furent
achevés en 1665, avec les pierres du Cap Cou-
ronne extraites des carrières de Carry et Caro.
Suite à la Révolution française, les Mar-
seillais furieux d’avoir eu à subir cette ci-
tadelle avec ses canons pointés vers eux,
commencèrent la démolition du fort Saint
Nicolas. Mais Bonaparte fit arrêter la dé-
molition de la citadelle, et fit remonter les
remparts démolis en moellons grisâtres, qui
contrastent avec la pierre rosée de la Cou-
ronne. La partie haute de la citadelle est
nommée fort d’Entrecasteaux et la partie
Le fort d’Entrecasteaux surveillait Marseille. inférieure fort Ganteaume.

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Avant et après la recréation des portes à arcades, façade enduite à la chaux et badigeon.

Acta Vista investit le Haut-fort servi de ceinture sanitaire lors de l’épidémie de


fièvre jaune des années 1820. L’hôpital Caroline
Grâce à ses nombreux mécènes, l’association y avait été construit, entouré d’une enceinte
a mené à bien les chantiers de restauration des infranchissable. Ses douze pavillons devaient
600 mètres de remparts Est, Nord, et Ouest, de répondre à la surveillance et aux soins.
la Demi-Lune de Villeroy (poudrière), de la De-
mi-Lune Dauphine et du Bastion de Beringhen.
L’idée d’Acta Vista fut de faire du Haut-Fort Moyens contemporains…
un « Pôle Métier d’Art », un lieu constructif où
exposition, communication, formation et dé- L’un d’eux, le Pavillon du Chevalier Roze,
monstration se conjugueraient dans une même dessine une croix, dont la partie centrale est
dynamique. On y conçoit des chantiers, et les un carré aux pans coupés. Sur la partie cen-
locaux s’organisent après chaque restauration. trale repose, à plus de 10 m, une toiture de
Différents espaces du fort d’Entrecasteaux sont 200 m² et 100 m² sur chacune des ailes.
dédiés à l’apprentissage, à la formation et à la Sa restauration est un chantier d’envergure.
culture des métiers d’art. Les formations quali- La charpente est assemblée au sol et la
fiantes sur la pierre remportent un franc succès. conformité de l’ouvrage avec son plan vérifiée
au fur et à mesure de son avancement. Mais La formation « taille de pierre ».
Les chantiers-école
du patrimoine Un credo : personne
n’est inemployable
Début 2013, Acta Vista initie un nouveau
dispositif : les chantiers-école du patrimoine, car Depuis douze ans, Acta Vista déve-
on n’apprend bien qu’en pratiquant vraiment. loppe des chantiers de formation et
de qualification professionnelle aux
• Le premier chantier a été la restauration
métiers du patrimoine, dédiés à l’in-
de la Batterie de la Cride, à Sanary-sur-Mer.
sertion des personnes les plus éloi-
Douze jeunes du territoire sont formés aux
gnées de l'emploi. Cet « incubateur »
savoir-faire traditionnels du patrimoine. Et tous de l'économie sociale et solidaire s’ap-
obtiennent leur qualification ! puie sur le triptyque Emploi – Patri-
• Un second chantier-école du patrimoine moine – Compagnonnage.
à Septèmes-les-Vallons, conduit des jeunes vers
un titre professionnel de couvreur/zingueur. L’association Acta Vista se distingue par son modèle entrepreneurial qui conjugue
• La restauration de la tour pyramidale du expertise technique, insertion professionnelle, transmission des savoir-faire tra-
fort du Grand Langoustier de Porquerolles, ditionnels, formation qualifiante aux métiers du patrimoine bâti ancien, valori-
quant à elle, permet à quatre personnes de sation de monuments, reconversion des sites restaurés à vocation culturelle et
se former au métier de maçon du bâti ancien pédagogique, intérêt collectif au rayonnement de la France à l'étranger.
et aux techniques d’enduits.
Son rôle consiste à trouver les moyens à mettre en œuvre pour que les personnes
• Par ailleurs, un « Tour de France » forme
auxquelles elle s'adresse puissent être compétitives sur le marché du travail, et ce,
des jeunes au bâti ancien, à partir de la Corse
non seulement au bénéfice des personnes elles-mêmes, mais aussi à celui de la
(Bonifacio, les Tours Génoises de Girolata…). communauté.

L’« aventure magnifique » Son ambition est qualitative autant que quantitative : Acta Visa vise une qualité
de travail au moins aussi élevée que celle d'une entreprise marchande classique,
de l’hôpital Caroline tout en étant pionnière dans le domaine de l’insertion, avec des taux élevés de
sortie dynamique des personnes encadrées. Dans une structure solide, l’associa-
Les supports de formation, bâtiments en tion promeut la solidarité, l’engagement, l’excellence, le respect des femmes et
attente de restauration, ne manquent pas dans la des hommes, la performance par l'innovation et l'esprit pionnier.
région. Face à Marseille, les îles du Frioul avaient

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DOSSIER
Patrimoine et insertion

« Mon travail était visible,


ça me rendait fier »
M. Tierno, 30 ans, recruté en 2014 sur le chantier
d’insertion du fort d’Entrecasteaux.

« De nationalité sénégalaise, je suis arrivé en France


en 2013, avec des diplômes non reconnus ici. Après
des stages, du bénévolat et quelques remplace-
ments, j’ai rencontré Acta Vista. J’ai signé un contrat de travail de 6 mois renouve-
lable sans que mes diplômes entrent en ligne de compte. J’avais enfin une activité qui
me faisait prendre le rythme professionnel, qui me permettait d’ouvrir mes droits
et d’avoir un salaire fixe. Une personne était chargée de m’aider dans mon projet
professionnel.

Je ne connaissais rien au bâtiment…

… et encore moins au patrimoine ancien. J’ai vite aimé : le travail manuel, les
pierres, sur ce monument que tout le monde voit en sortant du Vieux Port. Je
voyais que mon travail était visible, ça me rendait fier. Et surtout je me suis rendu
compte qu’on pouvait faire plein de choses, même chez moi, avec ces métiers.
Apprendre à calculer, à tracer, à découper d’équerre… En plateau de formation
surtout, c’était génial, on fabriquait des murs, on posait du carrelage, ce que je
Transport de l’enrayure de la charpente
n’aurais jamais pensé faire et surtout savoir faire ! Maintenant je ne regarde plus de l’hôpital Caroline par hélicoptère.
les bâtiments anciens de la même façon.

Ils donnent envie Les techniques contemporaines fonctionnent ici


en bonne intelligence sur le bâti ancien.
Après 10 mois avec Acta Vista, j’ai un diplôme reconnu ! Je suis vraiment très
content. Ça m’a servi de tremplin très efficace et sympathique en plus, parce que
l’ambiance est très bonne sur les chantiers. On se rencontre avec des formateurs …et techniques traditionnelles
compétents qui nous donnent envie de bosser avec eux, ils mettent la main
à la pâte. Vraiment je dis merci à Acta Vista pour tout ça. Maintenant, je quitte le
chantier et je verrai toujours ce que j’ai fait sur le Fort ! Ça fait plaisir. » Le plancher traditionnel en bois est trans-
formé en plancher collaborant : la charge
supportée passe ainsi à 400 kg/m² et permet
une fois l’ouvrage terminé « j’ai demandé au à l’édifice de répondre aux normes d’établis-
Les sites restaurés visibles vous attendent charpentier ce qui se passerait si on démontait sa sement recevant du public (ERP), tout en
• Le fort d'Entrecasteaux, l'hôpital Caroline charpente pour la remonter en place, raconte Oli- conservant l’aspect traditionnel de l’ouvrage.
et le fort Saint-Jean à Marseille vier Campistron, directeur des travaux. Il m’a Enfin, des techniques reprises d’époques
• Le domaine de Saint-Pons à Gémenos affirmé que sous l’effet de la chaleur et du soleil, anciennes comme la « chèvre », associée à des
• La chapelle de Saint-Cyr à Seillans
les bois vrilleraient et que les assemblages tenons haubans et poulies, répondent aux questions
mortaises, entre autres, ne seraient plus en face. » du moment. De quoi fournir aux stagiaires
• La chapelle Saint-Erasme à Ajaccio
Devant ce constat, l’équipe décide d’employer des situations de formation variées, qui feront
• Le château de Fabrégoules le seul moyen pour ne pas avoir à démonter d’eux des professionnels maîtrisant de nom-
à Septème-les-Vallons… l’ouvrage : un hélicoptère Super Puma. Au total, breuses techniques, et adaptables à tous types
15 minutes de voyage pour notre charpente. de chantiers.

Le chantier du pavillon du Chevalier Roze à l’hôpital Caroline, avant et après couverture.

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Montaigut en 1979.

Le château dans son état actuel : restauré


© Doumé

par des décennies de travaux associant bénévoles


et salariés en insertion.

Passer par Montaigut

© L. Barré
Sud Aveyron, une région si peu dense… Depuis l’éperon rocheux de
Montaigut, on domine le « rougier », à la terre ferrugineuse, et la vallée du Dessin représentant le château
Dourdou. Dans le paysage immense, l’énorme bâtisse est menaçante sur sa dans son état du XIIe siècle.

butte. A-t-elle un avenir ? Sans intérêt pour les agriculteurs locaux, trop frustre
pour tenter un riche étranger, elle risque de s’écrouler tout à fait. Faut-il l’en Montaigut en chiffres
• 45 années de chantiers
empêcher ? En 1968, Michel Simonin crée « l’Association des amis du château
et d’accueil des visiteurs,
de Montaigut », qui l’achète pour une bouchée de pain. Ce château féodal, • 26 festivals de théâtre,
majestueux et fédérateur, riche de mille détails d’architecture, n’avait plus • Plus de 3 000 bénévoles au total,
600 salariés en insertion,
sa place au présent : il s’avère un magnifique projet d’avenir. • 35 à 40 000 visiteurs chaque année,
• 60 monuments restaurés autour
TEXTE ET PHOTOS : VÉRONIQUE ANTOINE
de Montaigut,
• Un projet d’écomusée sur l’ensemble du
site avec la Communauté de communes,

Patrimoine exceptionnel vie unique car ils se sentent libres et utiles.


• Un site ouvert toute l’année, avec des
hébergements de qualité,
et laboratoire Cette restauration est pédagogique : appro- • Des jeux pour les enfants, ateliers,
priation des murs par les bâtisseurs, et d’un sentiers de découvertes, randonnées…
Le site, inscrit à l’Inventaire supplé- espace chargé d’histoires par les visiteurs.
mentaire en 1987, est préservé de toute Dans les salles du château réaménagées et À découvrir :
construction parasite. Cette inscription meublées, ils peuvent toucher les éléments www.chateau-de-montaigut.com
ne concerne pas le monument lui-même ? architecturaux, essayer délicatement le lit
Non, par chance ! Car cette liberté contrô- de la princesse ! Dans l’esprit de la Charte
lée voit naître l’un des fleurons des chantiers de Venise, le bâtiment intègre résolument la
bénévoles REMPART. Un vrai laboratoire vie d’aujourd’hui. Il accueille des expériences
de techniques de restauration : maçonnerie culturelles multiples : expositions, festivals
de pierre, coffrages et voûtes, ceinturages, de théâtre, contes et jeux pour enfants, taille
charpentes, toitures de lauzes, etc. Des cen- de pierre, repas médiévaux… Il a permis à
taines de jeunes partagent ici un morceau de tant de personnes de se rencontrer !

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DOSSIER
Patrimoine et insertion

Un moment fort… le début d’un métier !


L’insertion en milieu rural :
« Bac en poche, grimpant sur la route de Montaigut, j’avais déjà une voûte dans les yeux : celle
beaucoup d’exigence
du Grand Palais à Paris où la veille, je m’étais inscrite en première année d’architecture. Là-haut,
de belles expériences m’attendaient. Cet été-là, à califourchon sur le tirant sud de la charpente
Le cadre juridique est très précis. Le dos-
du château, taillant au ciseau à bois l’encoche de l’arbalétrier, je ne voulais plus redescendre !
sier d’agrément permet à la structure la re-
Si heureuse et si tranquille, je venais de réaliser que mon choix c’était ça ! Concevoir, dessiner,
connaissance et les aides publiques. Il faut
construire de sa tête et ses mains, avec de beaux matériaux. J’ai adoré ensuite faire l’aller et
ensuite trouver le juste rapport entre les ob-
retour entre la planche à dessin à Paris, et la « vie de château » à Montaigut dans le froid ou
jectifs politiques et quantitatifs des institu-
la chaleur, la poussière et les ampoules, et tout ce qu’on y faisait avec l’association. Ces deux
tions, toujours plus ambitieux, et l’histoire
écoles se sont étayées et m’ont « construite » au plan professionnel comme personnel. Je dois
personnelle bien réelle de chaque salarié,
beaucoup à Montaigut, et j’espère avoir trouvé le temps de lui apporter un peu en retour. »
souvent écrite entre drames familiaux, ad-
dictions, alcool, délinquance ou errance…
Véronique Antoine sans jamais perdre de vue le cap périlleux de
l’équilibre financier ! Le travail des équipes
s’appuie sur un carnet de commandes à
Passion commune et amitié Après les pierres, les hommes remplir, d’où une présence active auprès des
L’insertion à Montaigut, c’est aussi collectivités : répondre aux appels d’offre,
l’histoire d’une collaboration dans la « Au bout de vingt ans, nous avions beau- emporter les marchés et, comme pour toute
durée entre Louis Causse, architecte coup fait pour les pierres, le château avait re- entreprise, mener et achever les travaux dans
des bâtiments de France en Aveyron et trouvé toute sa splendeur. Notre association a les délais.
Michel Simonin. Ils partagent la même donc décidé de travailler plus pour les hommes
passion, la même connaissance fine du
territoire : qu’il s’agisse de bâtiments
et en particulier pour ceux qui rencontrent
de grandes difficultés », raconte Michel Si-
Encadrement :
prestigieux comme la Tour hospitalière monin. C’est ainsi qu’en 1993 débute l’ac- collectif et personnalisé
du Viala du Pas de Jaux sur le plateau tion d’insertion, élaborée par Véronique
du Larzac, ou plus modestes, église de Castan, conseillère en économie sociale et fa- Peu à peu l’association a stabilisé son
Luzençon, four à pain, ancienne jasse, miliale, et Nicole Chaudesaygues, assistante encadrement dédié, autour de trois postes,
ou calade de village… L’un relève et sociale, chargées de l’insertion au centre mé- deux animateurs de chantiers et une conseil-
dresse les plans, l’autre met en œuvre dico-social de Saint-Affrique. lère en insertion professionnelle (CIP), qui
les équipes du chantier d’insertion. « Créer une structure d’insertion pour per- recrute puis épaule chacun. Les attentes des
Tous deux réfléchissent aux montages sonnes en grande difficulté n’est pas facile, poursuit jeunes sont identifiées, un projet personnel
techniques et financiers. De nombreux le pionnier, mais les restaurations autour du patri- de réinsertion « contractualisé ». C’est le
chantiers sont ainsi proposés aux moine constituent des actions valorisantes qui per- contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI),
communes. Cette connivence a sauvé mettent à beaucoup de retrouver confiance et dignité signé après une courte période d’essai. Ce
bien des éléments de patrimoine en pour un futur travail. » Les actions vont s’intensi- suivi personnalisé, qui exige disponibilité et
sud Aveyron. Louis Causse a récemment fier au fil des ans, si bien que la structure d’inser- doigté, est une des clés de la réussite. Puis
pris sa retraite, il faut ici lui rendre tion de Montaigut est aujourd’hui l’une des rares Brigitte Landriault démarche les entreprises
hommage, car son implication a en France à être régulièrement sollicitée pour des des différents secteurs susceptibles de re-
beaucoup servi la cause de l’insertion. monuments inscrits ou classés à l’inventaire sup- cruter les « sortants », et gère les périodes
plémentaire des Monuments Historiques. Cette d’immersion proposées avant le vrai départ.
reconnaissance conduit l’équipe sur des monu- En appui du dispositif, viennent un artisan
ments de premier plan, ce qui rend le travail gra- maçon à temps partiel et le temps consacré
tifiant et contribue à la fierté des équipes. par le président de l’association.

Réfection du chemin d’accès à la source de Fontbonne : L’équipe du chantier de la source.


un chantier récent pour aménager le site.

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sées. Il forme au maniement
Festival de théâtre : culture comprise
des outils, aux techniques de
Première quinzaine d’août : la culture
la maçonnerie, enseigne les
prend possession des lieux ! Branle-bas
règles de sécurité. « Mais où
au château, les comédiens arrivent,
est encore ton casque ? »
leur camion bloque l’accès. L’équipe
Le repas de midi, préparé
d’insertion et les bénévoles ont vissé
à tour de rôle et pris ensemble,
les derniers boulons des gradins et de
libère échanges et éclats de rire
la scène. Les renforts de l’association
autour de la table. C’est très
arrivent pour prêter la main en cuisine.
important quand on vit seul,
Monique et Odile ont rempli les
parfois depuis si longtemps !
congélateurs, préparé l’hébergement
Puis il faudra tenir tout le
des artistes. Les stagiaires, qui guident
monde au travail jusqu’à la
les nombreux visiteurs, invitent à la
fin de la journée, ranger, net-
Une échaugette en 1977… … et en 2007. prudence, « Faites le tour de la scène,
toyer le chantier, reconduire à
attention aux projecteurs ! » La nuit
Saint-Affrique. L’équipe d’en-
est venue. L’effervescence se calme.
Selon les forces de chacun cadrement s’investit pour chacun, chacune,
Emmitouflé, chacun retient son souffle,
tout en espérant qu’il ou elle… s’en aille ! C’est
prêt à savourer sous les étoiles le miracle
Sur le chantier lui-même, on imagine ai- le paradoxe du chantier d’insertion, qui doit se
reproduit chaque année au pied de la
sément combien la qualité de l’animateur est faire « passerelle » bien solide, mais légèrement
façade de pierre, si impressionnante
déterminante. Pas facile pour Denis Lamart tremplin.
sous les projecteurs ! Les trois coups,
et Jean Martell d’encadrer une équipe de 16
place au théâtre.
personnes souvent modifiée, de miser sur la
force du groupe pour refermer les fêlures de
« Construire ensemble
chacun : reprendre le rythme d’une journée pour se reconstruire soi »
de travail, s’organiser, persévérer, mais aussi
respecter les consignes et l’encadrement ! À La formule, fondatrice, trouve son sens
la clé, renouer avec le bonheur de faire en- chaque jour à Montaigut : quelques échecs
semble de belles choses. La présence de tous bien sûr, mais combien de nouveaux départs,
au rendez-vous du matin, 8h à Saint-Affrique, d’histoires personnelles « re-tricotées » autour
est une première victoire, puis la mise au tra- des pierres. Avec les mailles du lien social,
vail… selon les forces de chacun. le rythme des journées, le bon sommeil de la
« Au début je propose des tâches basiques fatigue physique, la confiance revient, et l’on Festival d’août à Montaigut : Le Cid,
aux nouveaux : porter le matériel, faire du peut quitter cette nouvelle drôle de famille… en 2013 par la compagnie Miressence.
mortier… Et puis petit à petit je demande plus serein cette fois.
des choses de plus en plus difficiles, jusqu’à la
taille de pierre. Il y a toujours quelque chose
à faire. Ce qui est gratifiant c’est qu’on voit Les salariés en insertion
nettement les progrès de chacun », témoigne
Denis. Le responsable transmet ainsi son Qui sont-ils ? En majorité des hommes mais aussi 15 à 30 % de femmes, jeunes ou moins
savoir faire, l’intérêt pour les tâches propo- jeunes, de tous âges finalement. Les moins de 26 ans sont adressés par les missions
locales, les chômeurs de longue durée par Pôle emploi, certains bénéficiaires du RSA
en grande difficulté par le conseil général, enfin les personnes souffrant de handicap
par « Cap Emploi »

Combien de temps à Montaigut ? Le contrat est de six mois, ou d’un an renouvelable.


Aujourd’hui la plupart d’entre eux s’attachent à préparer de suite leur projet
professionnel, de sorte que 45 à 50 % retrouvent un emploi stable dès la fin de
ce premier contrat. Certains resteront à Montaigut jusqu’à l’âge de la retraite.

Ce qui est difficile ? Pour d’autres, la réinsertion sera dure, quel que soit le nombre
de renouvellements du contrat. Parfois l’anxiété est forte et ils ne veulent plus partir.
Pour certains qui souffrent d’addiction ou de handicaps divers, il s’agit d’une période
d’immersion en vue d’acquérir une régularité dans le travail, sans absence, sans trouble
du comportement. Ils signent un contrat à durée déterminée d’insertion (CDDI) agréé
par Pôle emploi et rémunéré au Smic.

Que disent-ils de leur expérience ? Ils aiment la convivialité, « ambiance sympathique et


bons repas ! », se retrouver entre eux, avec un rythme de travail moins lourd : 26 heures,
soit une semaine de trois jours puis une semaine de quatre jours. Ils apprécient d’établir
des rapports différents de ce qu’ils ont connu avec leur employeur.
Un autre chantier d’insertion : la réfection complète
du dallage au château de Saint-Izaire.

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DOSSIER
Patrimoine et insertion

Saint-Marcouf,
pédagogie dans
les embruns
TEXTE : FLORE DIDAT
PHOTOS : LES AMIS DE SAINT-MARCOUF

Souvenez-vous ! Dans le numéro 188 de


notre revue, Hugues Dupuy avait raconté
l’aventure des drôles de marins tombés
amoureux d’un îlot que Napoléon avait
repris aux anglais pour y construire
une citadelle dans l’estuaire entre Manche
et Calvados. Installation d’une passerelle d’accès au chantier.

C
ette « Île du Large » portait son fort Jeunes en difficulté
abandonné comme un fardeau de
pierre, et ses digues s’effondraient En 2010, Philippe Rigault, l’artisan maçon,
dans l’indifférence, quand Hugues propose d’ouvrir les sessions à des jeunes en
Dupuy rassembla quelques « fous » autour du difficulté : lui-même a travaillé dans un Institut
projet de restauration de ce bijou de granit, et médico-éducatif, et il sait que ces chantiers sont
entama un très difficile travail de reconstruction. de formidables opportunités pédagogiques pour
Qui étaient les partenaires de cette aventure ? des jeunes qui ont besoin de se remuer et de
rencontrer d’autres jeunes dans des projets forts.
Hugues Dupuy partage cette conviction, et les
Vivre et travailler à la dure contacts sont pris avec un institut médico-péda-
gogique, puis un Établissement Public d’Inser-
À ses débuts en 2008, peu de gens croient tion de la Défense. Après démarches et formali-
en ce projet, et les premiers grognards à s’y je- tés, quatre jeunes débarquent sur l’île avec leurs
ter sont un artisan maçon et ses compagnons, encadrants, et prennent place dans une équipe,
que n’effraient ni les conditions très rudes sur où ils travaillent avec tous. Hélas ! pour des rai-
ce territoire battu par les vents, ni les tracasse- sons administratives, cette première expérience
ries administratives, ni le manque de moyens ne sera pas reconduite l’année suivante.
techniques et financiers. Des traversées cha- En 2012, ce sont des jeunes sous protection
hutées amènent sur place de petites équipes de judiciaire qui viennent travailler avec leurs res-
courageux remonteurs de digues, et le noyau ponsables, aux côtés de scouts et d’étudiants.
des vingt pionniers s’étoffe : désormais, une Les responsables apprécient cet environnement
Réfection du mur sur le môle.
centaine de bénévoles participe aux semaines sans tentation d’alcool, de drogue et de relations
de chantier, en mode spartiate. Des retraités à risques ! Cette session est particulièrement bé-
de tous bords encadrent les jeunes d’horizons néfique pour deux d’entre eux, qui se prennent
divers, certains sélectionnés par REMPART, au jeu avec une motivation remarquable :
un des fidèles partenaires de l’association, et le matin du départ, ils se lèvent plus tôt que
avec les fonds de la Fondation du patrimoine le groupe pour finir le travail avant de quitter
dédiés à l’insertion des jeunes. le chantier pour rejoindre leur centre éducatif !

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Forte de cette expérience, l’association se
tourne en 2013 vers un autre centre éducatif
pour compléter les effectifs du premier, mais
une restructuration interne au premier centre
fait annuler les sessions au dernier moment. Ce
qui perturbe les stages de cet été-là. L’association
met alors fin à sa collaboration avec les struc-
tures de protection judiciaire de la jeunesse et
cherche d’autres partenaires d’insertion. « Car
nous voulons continuer à donner à des jeunes une
expérience qui les sorte de leur vie habituelle, qui
leur donne le sens de l’aventure et de la solidarité,
soutient Hugues Dupuy, avec les chefs de chan-
tier, qui sont autant techniciens que pédagogues,
nous suivons personnellement les jeunes. » Île du large Saint-Marcouf.

Trouver la bonne formule Il semble que la bonne formule soit maintenant


trouvée : les Amis de Saint-Marcouf sauront de
En 2014, c’est vers les Orphelins Appren- mieux en mieux comment bien intégrer aux
tis d’Auteuil que se tournent les robinsons de chantiers ces jeunes en recherche d’équilibre.
Saint-Marcouf. Cette structure va leur per- Le but est toujours de proposer à des adultes en
mettre d’expérimenter un nouveau dispositif construction un projet où trouver l’amitié, l’au-
pour les années à venir. Comme ses respon- dace, l’aventure, des initiatives et des relations
sables craignent les risques du chantier sur cette de qualité, dont ils ont manqué dans leur vie
île particulièrement accidentée, on décide que mal partie. Et puis souvent, un déclic pour se
les jeunes en insertion feront pour l’association lancer dans une vie professionnelle motivante.
un projet en trois temps : d’abord, un des res-
ponsables va présenter le projet à des jeunes,
que l’échec scolaire, les difficultés familiales et Transmettre plus
sociales ont rejetés du système classique. Ceux que des savoir-faire
qui sont séduits par cette présentation, et vo-
lontaires pour participer l’été suivant, vont tra- Oh ! bien sûr, le travail avancerait plus vite
vailler dans leur centre pendant l’année sur des sans ces participants pas simples à gérer, mais Réfection des joints de la digue.
pièces nécessaires au chantier, par exemple des ces hommes solides, épris de transmission, ces
pièces d’huisseries pour fermer un bâtiment en retraités qui ont réussi leur vie et vivent mainte-
cours de restauration. Puis ils viendront en été nant leur passion, ces artisans qui sont devenus En reconnaissance de ses actions pour
passer une semaine à Carentan, où l’association éducateurs sur le tas, ces éducateurs qui se sont la réutilisation du patrimoine à des fins
a obtenu l’usage d’un local associatif sur le port. formés aux techniques de la construction, tous sociales, l’association des amis de l’île
Là, les jeunes, encadrés par des artisans, termi- considèrent qu’ils doivent partager leur chance du Large Saint-Marcouf a reçu un prix
neront les pièces qu’ils ont conçues en atelier. en tendant la main à ceux qui en ont moins. de l’Institut de France.
Et pour couronner leur travail, les plus motivés Restaurer le patrimoine peut aussi contribuer
auront le bonheur d’aller sur l’île en fin de stage. à restaurer la société.

Acheminement du sable pour la maçonnerie. Les filles se font maçonnes.

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Piliers porteurs et plancher étages.

Sarah Martin (à gauche) et Anne Lequertier


(à droite) avec Marie Meunier, au centre
Construire en terre porteuse
aujourd’hui
– maçonne elle aussi –, lors de la visite
de la maison.

Les conceptrices témoignent : Taillebois est un petit village de Normandie, de 130 habitants, dans un paysage
« Afin de réaliser les piliers d’une
traite, des coffrages bois largement
de bocages, de fermes et de petits hameaux. Deux expertes de la construction
ventilés sont érigés à l’emplacement s’y sont donné le défi de construire une maison en terre porteuse, technique
de chaque pilier. La bauge est
préparée mécaniquement en trois
inscrite dans la tradition des siècles passés, tout en respectant (et même en
fois 10 m3. Elle est mise en œuvre dépassant) les normes contemporaines de la Réglementation thermique 2012 !
manuellement au moyen d’une chaîne
humaine de quatre personnes dont une TEXTE ET PHOTOS : IVANA RHO (GRAC)
piétinant la terre dans le pilier.

A
Des levées de 1 m sont successivement
ujourd’hui, nous connaissons ou dé- accueillir le poids supplémentaire de la nou-
mises en place dans les six piliers.
couvrons le patrimoine de la construc- velle levée. Comment inscrire cette contrainte
Les piliers sont étayés dans les quatre
tion terre de nos contrées : pisé et de temps dans un petit chantier de maison
directions pour éviter toute déformation
adobe dans le sud, bauge (porteur) individuelle ? Comment la construction terre
en phase plastique. Il aura fallu vingt jours
et torchis (ossature bois porteuse) en Région répond-elle à nos besoins de confort actuel ?
à quatre personnes en moyenne pour
Centre et Normandie. Constitués de matériaux Deux ingénieures-maçonnes ont conçu
réaliser ces piliers. On note que l’ensemble
locaux, peu et localement transformés, ces ou- et fabriqué leur maison : Sarah Martin, ma-
des charges reprises par les piliers reste
vrages contribuent à un développement durable. çonne et ingénieure structure, a élaboré et cal-
largement inférieur à leur limite de
culé tout le système porteur. Anne Lequertier,
résistance (chargement total d’environ
maçonne et ingénieure thermicienne, a étudié
12 t/m² pour une résistance théorique Contraintes techniques isolation, ventilation et chauffage, pour que le
de 200 t/m² selon le laboratoire Craterre).
et réglementaires bâtiment soit conforme RT2012 (et plus…).

Comme tous les matériaux, la terre por-


teuse doit aussi s’inscrire dans une économie de
Un bâtiment écologique
marché et être conforme à la réglementation en pensé des pieds à la tête
vigueur. Bâtir en bauge, par exemple, implique
des « levées de bauge ». On monte le mur par La maison est de forme simple et compacte :
étapes, de 60 à 80 cm, entre lesquelles il faut at- base rectangulaire, un étage et un toit deux pans.
tendre que le mur ait suffisamment séché pour Le tout posé sur moellons de granit, de 80 à

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60 cm de large, jusqu’à 20 cm au-dessus du
terrain naturel. La rupture de capillarité au niveau
du mur est assurée par une plaque de liège.
La structure porteuse est constituée de quatre
poteaux en terre, aux angles, et deux poteaux
intermédiaires sur la grande longueur. Larges
de 60 cm, ces poteaux sont en bauge, un mé-
lange traditionnel terre/fibres végétales. L’inno-
vation réside dans un système de bauge ban-
chée, qui a permis de monter des poteaux de
5 mètres de haut en un mois, puis quatre mois
de séchage. Le reste des murs est rempli par de
la paille, enduite de part et d’autre. Les plan-
chers aux étages sont constitués de solives bois.
La charpente est traditionnelle, fermes et élé-
ments porteurs reposant sur les poteaux terre.
Mêmes les cloisons intérieures ont été faites
en torchis allégé (autre technique innovante,
voir anciens numéros de Maisons Paysannes).
Cela ajoute une inertie qui peut parfois man- Les murs sont remplis avec de la paille, enduite de part et d’autre.
quer aux constructions paille, pour une habi-
tation réellement pensée dans un fonctionne-
ment global et durable. Un projet-manifeste
pour la construction terre
Sobriété jusqu’au bout
La double casquette maçon-ingénieur joue
Le chauffage est assuré par un poêle en partie manifestement un rôle essentiel dans l’élabora-
centrale au rez-de-chaussée. Sa proximité avec tion de ce projet. Convaincues par la construc-
la trémie d’accès à l’étage facilite la circulation tion terre lors de séjours à l’étranger et par
de l’air chaud dans toute la maison. Le système conviction écologique, elles ont dû allier cou-
d’eau chaude est en thermosiphon, c’est-à-dire rage et intelligence pour sortir ce bâtiment…
qu’il fonctionne par gravité et ne nécessite pas de de terre. Cette maison est expérimentale.
Sarah Martin et Anne Lequertier,
circulateur (donc pas d’électricité). La plupart des constructions terre en Nor-
Les Guêpes maçonnes, 61 110 Taillebois
La ventilation est hybride, ou « naturel- mandie, maisons paysannes, sont limitées à un
www.lesguepesmaconnes.fr
lement assistée ». Les bouches d’extraction rez-de-chaussée plus combles. La construction
forment une colonne et sortent au-dessus contemporaine quant à elle confine bien trop
de toit, profitant du tirage naturel, à l’instar souvent la terre à un rôle de remplissage non
des cheminées. Une hélice permet d’assurer porteur. Or la terre recèle bien des capacités.
l’extraction de l’air les jours où le vent ou le C’est ce que souhaite montrer ce bâtiment,
gradient de température intérieur/extérieur qui réunit également composition structu-
ne parviennent pas à créer les conditions relle, recherche esthétique, et construction,
suffisantes au bon renouvellement de l’air. pour un art de bâtir complet.

Piliers, toiture, ossatures… paille. Les débords de toit protègeront l’enduit.

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Les Monts du Lyonnais
TEXTE ET PHOTOS : PIERRE GUERRIER, PIERRE FORISSIER, NELLY ET JEAN STANKO

SAÔNE
ET LOIRE
Au sud des Monts d’Or, dont nous avons admiré les « pierres dorée », dans notre
La Saône
Beaujolais
du vignoble dernière édition, s’élèvent les Monts du lyonnais, avec leurs fermes à cours fermées.
Beaujolais
AIN
Poursuivons notre visite.
Vert Nature

N
Beaujolais
Cœur de Ville
Beaujolais ous sommes en bordure du mas- fréquemment en granite, mais parfois en
des Pierres
Dorées Monts sif central, sur un socle de roches calcaire jaune, provenant de la seule carrière
d’Or
Le Rhône
dures magmatiques et métamor- de pierre dorée située au sud de l’Azergues : les
phiques : granite, basalte gneiss carrières d’Oncin à St-Germain-sur-l’Arbresle.
LYON et micaschistes. Par conséquent les sols sont Les fermes les plus anciennes sont presque
Monts peu fertiles. exclusivement construites en pierre. À partir
du Lyonnais
Les pierres des murs sont extraites de car- de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, le
LOIRE rières proches, récupérées dans des démoli- pisé apparaît quelque peu, puis il est de plus
Pilat ISÈRE
tions ou même ramassées dans les champs. en plus employé, d’abord pour les bâtiments
Les encadrements de porte et de fenêtres, d’exploitation, puis pour tous les bâtiments.
les colonnes, arcades, chaînes d’angle sont
Différents types
de constructions
L’architecture rurale en général et celle
du lyonnais qui nous occupe en particulier,
ne peut pas se lire sous les seuls aspects de la
morphologie des bâtiments.
Sans entrer dans le débat des différentes
analyses des constructions rurales, élaborées
par les géographes, ethnologues ou socio-
logues, il ne faudrait pas oublier d’intégrer
dans notre compréhension de l’architecture,
l’influence des différentes fonctions écono-
miques et des matériaux employés, de même
que la connaissance des classes sociales à
l’origine de ces choix de construction.
Ce préalable posé, Michel Rauttenberg,
Front de taille des carrières de pierre dorée de Glay à Saint-Germain-Nuelles.
ethnologue, décrit plusieurs types d’habitat.
Du XVe siècle jusqu’en 1947, elles ont essentiellement fourni, dans tout l’Ouest
du département, encadrements de portes, portails, fenêtres, chaînes d’angle,
Il les classe par époque en commençant par la
colonnes et escaliers. C’est vrai pour cette petite maison ci-dessous dont les
grange médiévale, la maison bloc à trois niveaux,
murs sont en pierre locale (gneiss et schiste). la maison à deux corps sans cour, la ferme à cour
fermée et finit par la ferme à cour en U.
Laure Noël analyse l’organisation des
fermes et du bâtiment d’habitation (façade
et plan du logis), pour conclure que « la for-
mation d’une ferme ne semble pas répondre à
d’autre constante que celle de s’organiser autour
d’une cour fermée ».
On a l’habitude de présenter les bâti-
ments de la ferme traditionnelle des Monts
du Lyonnais comme une vaste construction
à cour fermée. S’il est vrai que ce type pré-
domine, il ne peut cependant être généralisé.
On rencontre des bâtiments qui n’ont jamais
été fermés autour d’une cour. De petites
fermes, au XVIIIe siècle et au XIXe siècle,
n’avaient qu’une ou deux vaches et peu de
terrain.

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Pisé et torchis
Le département du Rhône est très riche de bâtiments ruraux et urbains, modestes ou
patrimoniaux construits en pisé, technique abandonnée depuis le début du XXe siècle,
mais qui fait l’objet d’un renouveau écologique.

Le pisé, c’est de la terre sans éléments organiques, prise sous la couche de terre arable
et seulement de la terre, tassée dans un coffrage avec l’aide d’un pisou. La terre est
composée de cailloux, gravier, sable et argile, en proportion variable suivant la géologie
locale. Une bonne terre à pisé doit contenir au moins 20 % d’argile, car celle-ci constituée
de plaquettes de moins de 2 microns retient l’eau qui sert de liant. Le pisé est un
matériau gratuit, recyclable, avec des qualités isothermiques et phoniques. Les murs en
Elévation des murs en pisé, sur un soubassement en
pierres pour éviter les remontées d’eau par capillarité. pisé sont obligatoirement élevés sur un soubassement maçonné en briques, pierres ou
galets, afin d’éviter l’action de rejaillissement des eaux de ruissellement et les remontées
d’eau par capillarité.
Les fermes dites à cour Parmi les différentes techniques d’utilisation de la terre, on signalera celles du torchis
fermée ou fermes en U et des murs appareillés.

Le mode de construction qui caractérise les Le torchis : c’est de la terre assez argileuse mêlée avec de la paille, (ou encore de la bourre
Monts du Lyonnais est le type de ferme à cour ou du crin de cheval, ou des poils de vache). Ce mélange est appliqué sur un clayonnage
fermée parce qu’il est à la fois le plus visible supporté par une structure de pans ou de poteaux en bois. Les murs appareillés utilisent
et le plus lisible. D’après Michel Rauttenberg, essentiellement de l’adobe, briques de terre crue séchées au soleil.
« Celui-ci constitue en quelque sorte un abou-
tissement dans l’évolution des constructions, qui
découle des fermes à bâtiments perpendiculaires
du XVIIe siècle et, plus loin dans le temps, des
granges médiévales. Ce type de ferme des Monts
du Lyonnais est caractérisé par quatre groupes
de traits invariables. Il comprend au moins trois
corps de bâtiments couverts disposés toujours de
la même façon autour d’une cour en pente. Les
bâtiments d’habitation et d’exploitation se font
face et sont réunis en haut de la cour par un
hangar (chapit). Les quatre côtés sont construits
à angles droits, ce qui donne à l’ensemble une
forme rectangulaire, ce qui était rare dans les
grandes fermes plus anciennes ».
En dehors de l’aspect fonctionnel, la cour
fermée protège du vent, ce qui a permis de
construire sur tous les coteaux quelle qu’en
soit l’orientation. Quand c’est possible, c’est
l’orientation nord-sud qui est privilégiée ; ain-
si les aîtres reçoivent le soleil levant et sont
protégés du vent du nord et de l’ouest.
Lorsque la ferme a conservé sa vocation Fermes dites à cour fermée des Monts du Lyonnais.
agricole, des bâtiments annexes plus fonction-
nels sont construits à proximité, stabulation
libre ou hangars à matériel. Mais beaucoup sur la façade de la maison. Dans le Beaujolais,
de ces bâtiments, souvent achetés par des dans les Monts de Tarare et le nord des Monts
non-agriculteurs, sont aujourd’hui affectés au du Lyonnais, c’est une galerie de pierre, au pre-
seul usage d’habitation mier étage, sur laquelle ouvre la pièce principale.
L’escalier et l’avant-toit sont soutenus par des
colonnes. Quand on y est, on dit « je suis sous
Particularité de ces fermes : les aîtres ».
les aîtres (ou l’être) Dans le Forez, le sud du Lyonnais, le Roannais,
c’est un balcon de bois situé au premier étage.
Comme le souligne Michel Rauttenberg, Il donne généralement accès au grenier. On y
« Selon l’Atlas linguistique et ethnographique monte par un escalier extérieur en bois. Il est
du Lyonnais, l’être est une partie extérieure située protégé par un avant-toit.

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Galerie à deux étages à Ancy. Galerie unique de la maison « Fouillat » à Affoux.

Le terme vient du latin atrium qui signifie un muret. À Ancy on observe un premier
Le poutan : Ce mot oublié pièce principale. Dans le Beaujolais, l’être est chapiteau qui reçoit la solive du poutan et
désigne le plancher ouvert nommé par des formes dérivées de « balcon » un second qui supporte la panne sablière
sur l’extérieur, au-dessus de la ou « galerie ». Dans le Lyonnais, au sud de la de l’avancée du toit. Les dalles qui couvrent
galerie, soutenu par des doubles Turdine, la forme la plus répandue est lez êtr. la galerie et le muret sont appelées « des
consoles (appelées aussi becs En gros l’aire de répartition des aîtres se termine cadettes ».
de canard). Ce plancher que l’on au Sud à la limite du département du Rhône.
atteignait par un escalier en bois L’aître n’est en aucun cas confondu avec le
à partir de la galerie ou par le seuil et est presque toujours situé au-devant de Un exemple typique
grenier servait à faire sécher la porte. Sa première fonction est de protéger de ferme à cour fermée :
les noix, les oignons, le maïs et des intempéries. La seconde est de distribuer la ferme Reverdy
aussi le linge. des espaces aux fonctions spécialisées. Il s’agit
toujours de pièces appartenant au bâtiment
d’habitation : la pièce principale ou cuisine, Située au nord des Monts du Lyonnais à
le fournil, la souillarde (ou l’évier), le grenier Saint-Julien-sur-Bibost, cette ancienne ferme
(par un escalier de bois), la cave ». est restée inchangée. Elle illustre parfaitement
Dans les deux exemples de galeries à tout ce qui a été énoncé précédemment. La
Ancy et à Affoux (photos ci-dessus), les construction telle qu’on la voit aujourd’hui
piliers qui proviennent des carrières de Glay est le résultat de transformations et agrandis-
à St-Germain-sur-l’Arbresle, reposent sur sements qui datent du début du XIXe siècle.

Plan de l’habitation
de la ferme Reverdy

La ferme Reverdy.

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À l’origine, deux exploitations se font face,
séparées par une cour et un puits commun.
Elles sont réunies par un seul propriétaire,
Antoine-Marie Reverdy qui transforme et
agrandit les bâtiments entre 1820 et 1824.
Le bâtiment de gauche devient l’habitation
(voir le plan), tandis que le bâtiment de droite
abrite étable, écurie, remise, fenil et poulailler.
La cour qui était ouverte est fermée par une
remise au nord et un chapit au sud.
Plan typique de la région : on entre dans
la ferme par un porche en calcaire jaune origi-
naire des carrières d’Oncin. L’accès dans la cour
se fait sous le chapit, couvert par un toit à deux
pans. Il abrite la soue à cochon et le clapier.
L’habitation : à partir de la galerie, une seule
porte d’entrée donne dans la cuisine dallée.
À côté de la cuisine, deux pièces exposées
au Sud sont séparées par de belles boise-
ries-placard en merisier. L’une est la grande
chambre ou salon (B) ; c’est ici que l’on reçoit
les invités. L’autre pièce (C), plus petite est la
chambre des filles. La troisième pièce (D), qui
donne sur la cuisine est celle où se trouve le
« placard de bretagne » (F. Mathieu).
La galerie ou les « aîtres ». Au premier
niveau se trouvent le fruitier et les caves à
demi-enterrées. Un escalier perpendiculaire au
bâtiment conduit au deuxième niveau, celui
de la galerie qui ouvre soit à la cuisine (pièce
principale), soit à la souillarde (à gauche) soit
au four à pain (à droite). Aux deux extrémités La galerie de la ferme Reverdy.
des aîtres se trouve une chazière suspendue à sa
potence, garde-manger que l’on expose suivant
le temps vers l’extérieur ou vers l’intérieur de la
galerie. Au troisième niveau, le grenier, auquel Bibliographie
on accède par un escalier en bois qui part de la
cuisine. Il faut donc passer par le grenier pour • Rauttenberg Michel, La maison rurale des Monts du Lyonnais.
arriver au poutan. P.U.L, 1997.
• Guerrier Pierre et Barrel Joseph, Bagnols au fil des ans, Mémoire
et Patrimoine, 1998.
• Forissier Pierre, Carrières d’Oncin ou carrières de Glay, à Saint-Germain-
sur-l’Arbresle dans le Rhône, 2001.
Bretagne : Le terme peut désigner soit la plaque • Mathieu Françoise, La ferme Reverdy à Saint-Julien-sur-Bibost.
foyère, soit la pièce (la chambre de bretagne) dans
• Houssel J.P. Les Monts du Lyonnais, Ed. La taillanderie, 2005.
laquelle se trouve le placard. On parlait de « derrière
de bretagne » (dari de la bretàni), qui désigne • Bouillot Michel, L’habitat rural en Beaujolais. Edité par Maisons
tout à la fois le placard et, par extension, la pièce Paysannes de France de Saône-et-Loire, et Maisons Paysannes
située derrière la cheminée. du Rhône, 2013.
Le placard de bretagne servait à faire sécher • Stanko Nelly, Stanko Jean et Guerrier Pierre, Trésors cachés au
les fromages frais, et entreposer les bertes pays des Pierres Dorées, les « Morguières » du sud Beaujolais.
(biches à lait), dans lesquelles on faisait cailler Maisons Paysannes de France N°193, 2014.
le lait. Ainsi le terme de bretagne aurait la même Retrouvez d’autres références bibliographiques sur :
origine que celui de berte et que le mot patois www.maisons-paysannes.org
breto qui proviendrait de la base brottiare
qui signifie que le lait va tourner, cailler. C’est
l’explication séduisante que donne Marguerite
Gonon. Ni meuble, ni plaque de cheminée,
ni pièce, la bretagne est avant tout le lieu où
on disposait les bertes afin d’obtenir du « cailli ».

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Une bonne
maîtrise des
gestes est
indispensable.

Les enduits chaux/chanvre :


comment les mettre en œuvre ?
Après avoir montré dans notre précédente édition (n°196) les intérêts de cette
technique innovante en construction durable – technique moderne que l’on
jurerait ancienne ! – notre formateur Luc Van Nieuwenhuyse vous invite
à la mettre en œuvre. Comme tous les savoir-faire du bâti ancien, sa pratique
exige un cumul d’expériences et une adaptation fine aux qualités
des composantes locales, mais aussi une maîtrise quasi professionnelle.
TEXTE ET PHOTOS : LUC VAN NIEUWENHUYZE, FORMATEUR À MAISONS PAYSANNES DE FRANCE
« Les Règles Professionnelles », ouvrage
indispensable pour les entreprises, que
l’on peut acheter sur le site de la SEBT
(pour lecteurs avertis).
Quels liants ? ciment ou les liants hydrauliques manquaient
Quels mélanges ? d’eau, la prise n’allait pas à son terme.
Le mélange avec les chaux fonctionne
mieux, mais sans garantie de prise, quelles que
Il n’y a pas si longtemps, la fibre de chanvre soient la chaux ou les conditions d’exécution.
était obtenue par rouissage : la chènevotte Dans son n° 128 (2° T. 1998), notre revue
(partie de la tige broyée, qui constitue le granu- faisait état d’une enquête auprès des utilisa-
lat que nous utilisons) se dégradait, pourrissait teurs et notait : « Dans certains cas, les moisis-
et disparaissait, non utilisée. On ne peut sures n’affectaient que certaines gâchées, dans
donc aujourd’hui s’appuyer sur une tech- d’autres presque tout le bâtiment ».
nique traditionnelle de chaux/chanvre qui n’a Les professionnels devaient avoir réglé ces
jamais existé. problèmes pour pouvoir prétendre à l’assu-
Nos vingt-cinq à trente ans d’expérience, rance décennale. La filière, prenant en compte
c’est peu, au regard de l’âge de notre bâti et les connaissances, les retours d’expérience et
de nos techniques, pour établir une pratique plusieurs études, a choisi de demander aux
avec certitude. Je m’appuierai donc sur les producteurs de liant ou aux producteurs de
règles professionnelles qui ont bénéficié d’un chanvre d’apporter la preuve de la bonne prise
important retour d’expérience et sur une en- du mélange. Ce sont eux qui ont apporté la
quête que j’ai réalisée auprès de nos délégués. garantie d’un bon matériau à l’entreprise, pas
Lors des premiers essais de mélange de chè- avec une norme mais avec des essais réalisés
nevotte avec un liant, il est vite apparu que le par des laboratoires indépendants (4 labora-
ciment ne fonctionnait pas. Le chanvre étant toires universitaires et le CSTB). Les tests sur
un granulat qui absorbe rapidement l’eau, le enduits une fois durcis demandent des indica-

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teurs d’une bonne prise, à cœur, du matériau,
avec une résistance minimale quand on com-
prime ou quand on essaie de plier.
Les liants qui répondent aux tests sont tous
à base de chaux alliant prise hydraulique et
durcissement aérien, à l’exception du ciment
prompt, ciment particulier à prise rapide, qui a
la particularité de gagner dans la course à l’eau
entre liant et plante. Aucune chaux aérienne
pure n’arrive à répondre aux exigences. Ainsi
BCB (Balthazar et Cotte, bien connu des adhé-
rents de MPF, producteur de chaux aérienne)
répond avec un liant formulé contenant de la
1
chaux aérienne, des adjuvants, des ajouts pour Préparation du chantier : protections, pose de
l’hydraulicité et un sable calcaire très fin, le l’installation électrique fixée sur le mur et boîtiers
liant Tradical PF 80 M. en saillie pour venir à fleur de l’enduit.
Les chaux hydrauliques ne fonctionnent pas
toutes de la même façon avec la chènevotte :
Saint-Astier, aussi partenaire du développement
du chanvre depuis plus de 15 ans, doit formuler
sa chaux naturellement hydrauliquepour y arri-
ver. Le liant Tradeco, de couleur blanche, est leur
réponse pour réaliser des enduits.
Les chaux hydrauliques naturelles Crua-
lys NHL2 et Nathural NHL 3.5, produites
par Lafarge, sont les seules chaux naturelles
répondant aux tests. Pourquoi ? Il faut sans
doute chercher la réponse dans la nature de la
roche et le fort taux de chaux libre (le principe
actif ) du produit.
Les autres producteurs de chaux n’ayant 2 3
pas réalisé les tests, nous manquons d’éléments Soir du 1er jour : première couche d’enduit, Soir du 2e jour : enduit fini,
de réponse. simplement jeté, non dressé. épaisseur 6 cm.
Les producteurs peuvent aussi faire tester
leur chanvre avec tel ou tel liant car la varia-
bilité du matériau issu de l’agriculture peut
influencer la prise. Certains testent leur chène-
votte avec plusieurs liants. Il n’y a pas de chaux
autre que celles citées amenant des réponses
correctes, quel que soit le chanvre utilisé.
Et les mélanges chaux hydrauliques-chaux Du côté de la recherche
aériennes ? Ils sont pratiqués sur les chantiers
Merci à Julien Burgholzer, responsable du groupe construction du CEREMA
et ateliers menés dans nos délégations. Appa-
(Centre d’études et de recherche sur les matériaux) et à ses collègues
remment les résultats sont satisfaisants. Moi
Philippe Glé et Étienne Gourlay du Centre d’études et d’expertise sur les risques,
aussi, au sein de mon entreprise, je pratiquais
l’environnement, la mobilité et l’aménagement - Direction territoriale Est /
ainsi avant l’écriture des règles profession-
Laboratoire régional de Strasbourg, de signaler que :
nelles. Nous sommes devant un problème in-
hérent à la règle actuelle : qui a intérêt à ame- • concernant les liants, il n’y a pas vraiment de réponse aux problèmes de prise
ner ces mélanges aux tests ? Quel producteur à l’heure actuelle, mais des chercheurs y travaillent (cf. thèse d’Étienne GLÉ
ira favoriser le mélange de son produit avec un et tests avec l’INRA) ;
liant produit ailleurs ? Il n’y aurait que les uti-
lisateurs puisque les producteurs de liants sont • le fabriquant VICAT propose actuellement un ciment prompt naturel qui
soit producteurs de chaux aériennes ou de semble bien répondre aux problèmes de prise ;
chaux formulées, soit producteurs de chaux
hydrauliques et aussi de chaux formulées. • les chercheurs travaillent sur le granulat de chanvre : on sait d’ores et déjà
De la même façon, Canosmose propose qu’une granulométrie plus fine du chanvre améliore légèrement la densité
depuis une vingtaine d’année des mélanges du matériau et ses propriétés mécanique et acoustique, mais dégrade
chaux aérienne, pouzzolane et plâtre. Le mé- légèrement sa conductivité thermique ; d’un point de vue hygrothermique,
lange de la chaux aérienne et de la pouzzo- une granulométrie médiane permettrait un bon compromis entre diffusion
lane donne à terme les mêmes constituants de vapeur d’eau, inertie et isolation thermique.
que les chaux hydrauliques naturelles

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mais les mécanismes et vitesses de prises sera gris. La chaux sera mobilisée pour la des-
sont différents. Cependant, cette entreprise truction de la partie grise plutôt que pour lier
ne produisant pas les matériaux, ne faisant la matière. Une chènevotte apte à la construc-
que revendre, ne fait pas tester ses mélanges tion sera une chènevotte bien dépoussiérée et
et n’apporte pas le cadre réglementaire de de couleur claire. Les règles pro ont introduit
garantie aux entreprises. un label « granulat chanvre construction »,
Des solutions faisant appel à des mélanges en plus des tests cités plus haut, qui prend en
de chaux aérienne/chaux hydraulique, ou compte le couple : un granulat donné avec un
chaux aérienne/pouzzolane, peuvent très bien liant donné.
fonctionner, même si personne n’a intérêt à À côté d’acteurs agricoles ayant investi
réaliser les tests qui les feraient rentrer dans le de gros moyens dans des unités de défibrage,
cadre de l’assurance décennale des entreprises. des filières locales se développent en visant
Cependant, il existe une chaux faiblement hy- principalement le marché de la construction.
draulique, NHL 2 (citée plus haut) dont la Des granulats de chanvre issus de ces filières
composition ressemblera à celles que vous ob- répondent déjà à ces exigences. La règlemen-
tiendrez par des mélanges sur chantier, mais tation va se simplifier dans les années à venir :
qui correspond aux règles professionnelles et les matériaux biosourcés doivent trouver leur
On peut colorer cet enduit, fonctionne avec certitude, il serait dommage place dans le bâtiment et des caractéristiques
auquel les fibres confèrent de s’en priver et de ne pas orienter les profes- minimales, communes ou adaptées à chaque
déjà un reflet doré. sionnels vers elle. usage, seront alors demandées. Les filières lo-
Pour ce qui est du plâtre ajouté dans cales ont de beaux jours devant elles, à la seule
certaines préconisations, après avoir fait deux condition que leur production permette le
expériences non concluantes (apparition de bon fonctionnement du liant.
moisissures sous forme de duvet) j’ai préféré
le bannir des mélanges dans notre zone de cli- Quel est le meilleur ?
mat océanique.
La question m’est souvent posée de savoir
si tel ou tel granulat chanvre est le meilleur ?
Quel chanvre utiliser ? Faut-il des fibres ? Des grosses particules, des
petites, un mélange de tout ? À vrai dire, je
Le chanvre a autant d’importance que le n’en sais rien et les scientifiques et chercheurs
liant pour la réaction avec les phénomènes de qui travaillent sur le matériau ne donnent pas
prise et pour les qualités du matériau durci. encore de réponse.
On sait que la chaux, comme tous les liants N’oublions pas que faire rentrer des pro-
minéraux de la construction, a un pH éle- duits agricoles dans la construction, c’est
vé (caractère basique marqué) : elle attaque faire rentrer et accepter une variabilité des
les tissus organiques animaux et végétaux. produits. Mais à l’image des constructeurs
Le chanvre ne fait pas exception en ce qui anciens qui se sont adaptés à la diversité des
concerne les particules de petites tailles (pous- pierres, roches et moellons qu’ils avaient à
sières, feuilles hachées) et les parties déjà dé- disposition, nos contemporains s’adapteront
gradées. Un chanvre qui sera resté quelques à la diversité du matériau biosourcé, sans pré-
jours sur le champ, et aura subi des pluies, tendre au summum de la performance, mais
pourra avoir subi un début de rouissage, il pour amener des réponses correctes et réalistes
à des besoins.

L’application
Appliquer manuellement un enduit
chanvre ressemble fortement à l’application
d’un enduit sable et chaux. Il faut maîtriser les
mêmes gestes. Les indications ci-dessous, non
exhaustives, présentent une pratique qui a fait
ses preuves, mise en application dans mon en-
treprise et recoupée par les témoignages reçus
lors de mon enquête.
L’enduit peut être appliqué sur la plupart
des supports anciens, éventuellement débar-
rassés de leurs enduits imperméables et ri-
gides, et des vieux enduits dégradés abimés ou
soufflés.

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Un dépoussiérage et un mouillage très lé-
ger rendront le mur apte à recevoir l’enduit.
Le gobetis1 ne sera nécessaire que dans un
petit nombre de cas : principalement sur des
parois où le relief ne permet pas l’accrochage.
Je me souviens avoir réalisé un gobetis sable et
chaux pour permettre le recouvrement d’un
vieil enduit sable et chaux en bon état, sain et
adhérent à la paroi.
Pour une épaisseur de 5 à 6 cm, l’enduit
sera appliqué en deux passes avec une nuit
d’intervalle. La première passe sera simple-
ment projetée sur le mur, pas dressée, ni ta-
lochée. Surtout ne plus toucher dès que cela
tient au mur ! En faisant ainsi, les problèmes
de décollement dus aux fortes charges dispa-
raissent. Le lendemain, la deuxième passe est
appliquée, dressée avec une règle de plâtrier,
puis talochée ou serrée à la lisseuse, selon l’ef-
fet recherché.
Dans l’entreprise, en pratiquant ainsi, le
temps de réalisation d’un enduit chaux chanvre
de 6 cm d’épaisseur était le même que le temps
de réalisation d’un enduit sables-chaux de
2,5 cm d’épaisseur : une heure et quart/m². S’il
fallait lisser ou soigner la finition, un quart ou
une demi-heure pouvait être ajouté. La finition peut laisser
les reliefs du matériau
La coloration de l’enduit se fait soit par une ment une gâchée avec un sac de liant), ce qui
ou les lisser.
eau-forte2 appliquée le jour même, dès que le permet de mélanger 100 l de chènevotte à
pinceau ne strie plus la surface, soit par un ba- chaque fois. L’idéal est l’entraînement par un
digeon coloré. Dans ce cas, il faudra attendre moteur thermique qui permet un réglage de la
que l’enduit ait évacué une partie de son eau. vitesse de rotation : celle-ci doit être ralentie.
Les bétonnières électriques n’offrent pas cette
possibilité et tournent souvent trop vite. Les
Le problème de l’eau malaxeurs planétaires ou à axe horizontal sont
préférables pour les autres applications avec
L’eau dans l’enduit est une contrainte ma- des bétons de chanvre plus secs, mais pas dans
jeure des utilisations du chanvre et plus par- le cas présent.
ticulièrement pour les enduits : de l’eau est La pratique des enduits chaux/chanvre en
nécessaire pour la plasticité, pour projeter et entreprise ou par une personne maîtrisant les
mettre en forme, plus que pour démarrer la gestes techniques de l’enduit, n’est pas très
prise du liant. Toute l’eau mise dans le mor- compliquée. Elle demande seulement une
tier mettra du temps à s’évacuer : il s’agit d’en adaptation, du bon matériel, une compré-
mettre le moins possible pour limiter le temps hension de la matière, de l’action et des effets
de séchage. Pour cela une recette a fait ses de l’eau, et le choix de produits fonctionnant
preuves : mettre d’abord l’eau et le liant dans bien ensemble. Les Règles Professionnelles
la bétonnière, puis, quand la barbotine est disent que le professionnel doit être formé, ce
homogène, incorporer doucement la chène- qui parait une évidence.
votte. L’eau sera déjà retenue pour partie par Pour restaurer et améliorer la performance
le liant et aura tendance à moins migrer dans thermique d’un bâti ancien et son confort, les
les minuscules canaux que forme la plante. enduits chaux/chanvre restent une solution
Un enduit qui sèche mal pourra favoriser à privilégier : leur compatibilité au fonction-
le développement de moisissures et une prise nement du mur ancien est exceptionnelle et
insuffisante. Il faut donc impérativement li- inégalée. Si la réalisation de ces enduits reste
miter la quantité d’eau au gâchage, aérer et abordable à un restaurateur motivé, il faut in-
ventiler le local où sont réalisés les travaux, et sister sur l’attention à porter aux conditions
même choisir la saison des conditions de sé- de séchage et sur le choix de produits fonc-
chage optimales (printemps ou été). tionnant bien entre eux.
Le mortier doit être souple, il se mélange
bien dans une bétonnière de bonne capacité 1
Gobetis : première couche d’enduit, couche d’accroche.
(environ 300l, pour pouvoir faire ordinaire- 2
Eau-forte : acide nitrique mélangé à de l’eau

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Heureux qui,
comme Ulysse…
TEXTE : ANGELA HURWORTH, MAÎTRE DE CONFÉRENCES
À LA RETRAITE. ADHÉRENTE DE MPF TOURAINE QUI A
ORGANISÉ TROIS JOURS DE RICHE VISITE DANS LE SUFFOLK
POUR MAISONS PAYSANNES DE TOURAINE, EN MAI 2015.
Hartest, la ville d’Angela.
PHOTOS : MAISONS PAYSANNES DE TOURAINE

«E
n tant qu’Anglaise, résidente la population du Suffolk est devenue trop pauvre
française depuis 27 ans, l’idée pour démolir ces bâtiments. Ainsi fut sauvé un
d’organiser un voyage en Angle- ensemble conséquent d’architecture des XIVe,
terre pour Maisons paysannes XVe et XVIe siècles, redécouvert et apprécié dans
de Touraine représentait pour moi l’occasion la seconde moitié du XIXe siècle.
de mettre en parallèle mes deux pays, mes
deux cultures, mes deux histoires. J’ai choisi
le Suffolk, région où mes parents ont pris leur Deux expériences à comparer
retraite, une retraite très heureuse à s’investir
dans la sauvegarde du patrimoine – mon père Ce paysage m’était connu, et représentait
comme guide historique et ma mère comme en quelque sorte mon expérience du patri-
restauratrice de textiles anciens. moine anglais ; ma participation aux activités
de Maisons Paysannes de Touraine et la res-
tauration de plusieurs maisons en Touraine
Les « bourgs lainiers » représentaient ma connaissance du patri-
Situation du Suffolk
moine français. Ma retraite en France était
en Grande-Bretagne.
L’histoire de cette région est particulière car les une occasion de réfléchir dans la sérénité et de
bourgs autour du chef-lieu, Bury-St-Edmunds, faire le rapprochement entre ces expériences
sont devenus très riches à la fin du Moyen ô combien riches dans les deux pays, et mes
Âge grâce à l’industrie textile, qui en a fait des deux vies : jeunesse au sein de ma famille en
« Wool Towns » (cités lainières) comme Laven- Angleterre, et vie adulte et professionnelle
ham, Clare, Cavendish, Kerseya… en France au sein de ma famille francophone.
Les marchands du Suffolk ont prospéré, Je devais faire découvrir à mes amis français,
comme en témoignent leurs magnifiques maisons qui me font découvrir les merveilles de la Tou-
de corporations ainsi que les splendides résidences raine, les richesses d’une région anglaise rela-
particulières, et leurs artisans ont pu construire tivement méconnue. Deux axes s’imposaient :
de solides maisons, le tout créant un ensemble la découverte du paysage et de l’architecture
dans un bourg comme Lavenham. Avec le déclin des bourgs lainiers du Suffolk, et la mise en
de l’industrie de la laine à partir du XVIIe siècle relation de la manière française de conserver le
– emportée par les Huguenots dans l’Essex voisin – patrimoine vernaculaire avec celle des Anglais.

Ville de Clare (2000 habitants, 183 bâtiments classés). Maison Maisons à toit de chaume (roseau). Comme dans tous les villages, le grand espace vert
datée de 1473 : façades décorées au plâtre de chaux et crin (green) servait au pâturage des moutons.
de cheval (méthode et mode décorative depuis le XVIIe siècle).

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Quelle époque d’origine ?
Pourtant, si le plan était tout tracé, la ma-
nière de présenter le paysage anglais aux Fran-
çais fut plutôt problématique. Comment pré-
senter un aperçu authentique de ce paysage,
témoin d’une « industrialisation » précoce ?
Dans le paysage anglais, on a l’impression
d’un recul dans le temps où l’on découvre
une Angleterre médiévale idyllique (toits de
chaume, maisons merveilleusement conser-
vées, villages entiers parfaits exemples d’un
Moyen Âge folklorique, bien aimé de produc-
teurs hollywoodiens).
Malheureusement cette beauté, cette re- Lavenham : Little Hall, la maison
construction parfaite, on les doit presque ex- à la poix, rajout de fenêtres ou d’étages afin d’un marchand de laine.
clusivement à la vision victorienne, c’est une d’uniformiser un ensemble, découpage d’un
représentation XIXe empreinte de nostalgie ensemble de morceaux disparates) de l’aspect
pour un monde disparu. Ces images « d’Epi- que nous croyons d’origine. Nous avons vu de
nal » (!...), on les doit en grande partie à l’« Arts très beaux exemples de structures réhabilitées,
& Crafts Movement »* de la seconde moitié en particulier la magnifique Maison des
du XIXe siècle, dont l’esprit le plus brillant Corporations à Lavenham.
fut William Morris. Artiste, artisan, peintre et Nous avons aussi bénéficié des remar-
socialiste, il prônait les valeurs d’une époque quables explications de la Suffolk Préservation
révolue, avant la révolution industrielle, où Trust (Association de préservation du Suffolk)
aurait existé un ordre social « naturel », non à Laveham, ou à Little Hall où le Président a
dénaturé par le capitalisme qui dépeuplait montré la fonctionnalité d’une superbe mai-
le paysage et entassait les classes laborieuses son, premier témoin de la richesse du bourg
dans les usines sans air ni lumière du jour, grâce au commerce de la laine.
Lavenham : Guildhall of Corpus Christi.
pour satisfaire l’avidité des bourgeois. Dans ce L’Office du tourisme nous a fourni un
Maison des corporations, gérée par le
monde rural, l’artisan fabriquait dans sa chau- guide qui a remis tout le bâti étonnant de
National Trust.
mière des objets pour soi, simples, beaux et cette ville dans le contexte de sa fonction
sans artifice. Ainsi naquit une vision utopique commerciale, tout en nous offrant une lecture
d’un passé où les demeures simples étaient le du bâti à travers les siècles. Il faut aussi dire
reflet d’une justice sociale, d’un ordre stable. que les membres du groupe ont su par eux-
Aussi envoûtante que fût la fantaisie mé- mêmes trouver et apprécier les éléments néo-
diévale de Morris, et aussi extraordinaire sa gothiques rencontrés sur leur chemin !
production en termes d’ameublement, de cé-
ramique, et de revalorisation architecturale,
la vérité fut autre, comme en témoignent les Bonheur
romans de Th. Hardy. Dans son Dorset na-
tal, agricole, les conditions de travail furent Nous avons fait un beau voyage, nous
inhumaines. Le travail dans les grandes avons vécu trois jours ensemble, et la place
fermes était harassant et la misère régnait sur manque pour tout raconter de la découverte
les campagnes. du patrimoine. Grâce à une entente très cordiale,
nous avons découvert un bout d’histoire, touché Maison néogothique à Bury-St-Edmonds.
ses vestiges, observé la façon dont les Anglais
Déjouer la vision du XIX e
maintiennent les techniques anciennes pour
faire durer leur héritage.
Mais quel rapport avec le voyage de Mai- Dans notre douceur tourangelle, nous nous Bibliographie
sons Paysannes de Touraine dans le Suffolk ? souvenons des merveilles vues, des contacts • Lavenham and the Wool Trade.
De par la thématique choisie, j’ai voulu déjouer pris et du bonheur de ce voyage ensemble. » (Office de Tourisme de Lavenham).
la représentation du XIXe et amener le regard • Bailey, Mark. Medieval Suffolk :
averti de notre groupe vers « l’authenticité ». An Economic and Social History,
En ceci, nous avions des guides avisés qui ont 1200-1500. Woodbridge,
su nous expliquer l’évolution du patrimoine * « Arts et Artisanats » est un mouvement artistique réfor-
The Boydell Press, rept. 2010.
par une lecture des bâtiments qui permet- mateur de la seconde moitié du XIXe, qui a voulu remettre
• Yorke, Trevor. The East Anglian
t
tait de distinguer les éléments XIXe (colom- à l’honneur le travail artisanal dans un monde où l’indus-
Village (ré-édit, Londres 2014)
bages au bois teint en noir par une peinture trialisation triomphait. Il est à l’origine du « Modern style ».

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Au sein du réseau « Savoir-Faire et
Découverte », Michel Fleury transmet
la technique de construction d’un four
à pain, d’abord sur maquette.

Ces nouveaux artisans


qui re-localisent l’économie
Ils étaient graphistes, architectes, animateurs… ils ont choisi le métier d’artisan.
Ils se sont engagés dans la mise en œuvre de techniques locales, patrimoniales,
écologiques. Et si ces femmes et ces hommes étaient des précurseurs de cette
nouvelle économie, plus humaine, plus respectueuse des cultures locales
et de la nature, que certains économistes appellent de leurs vœux ?
TEXTE : ARNAUD TROLLÉ ET SOPHIE DANEL - PHOTOS : LES GESTES PARTAGÉS
© Geoffroy Dardenne

l’enfance, c’est donc tout naturellement qu’il


Se reconvertir dans se met à forger et qu’il cherche à recréer des
les métiers du patrimoine techniques de coutelleries médiévales, méro-
Les couteaux de Christophe Decrand vingiennes ou vikings.
sont « increvables ». Christophe Decrand, après des études Michel Fleury était, lui, éducateur tech-
techniques, s’oriente vers une activité artis- nique : « Je travaillais sur des chantiers d’insertion
tique en autodidacte, la pub, la BD… et le en espaces verts. En fait, on me demandait surtout
design. Passionné d’histoire des techniques et de m’occuper des gamins. J’ai retapé ma maison,
d’architecture, il s’intéresse à la taille de pierre, c’est comme ça que j’ai commencé à me former, seul.
au bois, créant et restaurant des meubles en J’appréciais les vieilles pierres. À 36 ans, je passe
respectant les techniques anciennes mais mon CAP Maçonnerie ». Dix ans plus tard, il est
aussi en travaillant des matériaux contempo- lauréat du concours Les Mains d’Or.
rains. « Vers les années 2000, je me rends dans Valérie Perez, de Barradas a exercé le métier
la vieille forge « Mimi Prat », à Heyrieux. C’est d’architecte d’intérieur pendant dix ans. Spé-
là, en voyant travailler André et Bernard, que je cialisée dans les arts décoratifs, elle a toujours
prends le virus ! ». Passionné de couteaux depuis été attirée par les matières et les savoir-faire

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ancestraux. En 2008, elle décide de s’installer L’apprentissage,
à son compte, comme « peintre décorateur ma-
tiériste coloriste », dans l’Orne. Elle ne travaille
c’est par la pratique
qu’avec des matériaux naturels. Elle fabrique la
majorité de ses matières et couleurs. Ces trois Michel raconte : « Après mon CAP, j’ai
exemples sont représentatifs d’une nouvelle été embauché par Pierre Morin pour rénover
génération d’artisans, qui associe la passion, le le château d’Escolles à Verzé. C’est en fait là
patrimoine, l’écologie et l’économie. que j’ai tout appris, sur le terrain, et grâce
aussi à des spécialistes, comme Jean-Claude
Des acteurs de l’économie Misset (la Marchande de Couleurs) ». Chris-
tophe a privilégié les échanges avec des arti-
locale et écologique sans. Il a comparé les techniques et s’est ap-
puyé sur les compétences d’anciens comme
Michel Fleury, comme la grande majorité M. Busillet, de la forge de Marthod. Tous
Michel Fleury utilise les matériaux locaux.
des artisans qui lui ressemblent, travaille ont appris majoritairement sur le terrain,
dans un rayon de 30 à 40 km autour de chez grâce à des passionnés qui leur ont transmis
lui. Ses clients : ce sont essentiellement des autant les techniques que les valeurs qui les
particuliers, qui font appel à lui sur du pa- animent. C’est donc assez naturellement
trimoine vernaculaire. Peu de transport, un que certains décident de transmettre à leur
usage majoritaire de matériaux locaux (sable, tour, dans le cadre de stages et « formations
pierres, terres) ou de récupération (tuiles…), par la pratique ». Michel Fleury a choisi de
quasiment pas de déchets, l’impact sur l’en- le faire dans le cadre du réseau Savoir-Faire
vironnement de son activité est très faible. et Découverte (www.lesavoirfaire.fr) : « Les
Valérie travaille aussi pour des particuliers, particuliers n’ont pas toujours les moyens
dans l’ancien et le neuf. Elle s’approvisionne de faire appel à un artisan. S’ils font eux-
en terre locale, dans les chemins. Elle utilise mêmes, autant qu’ils fassent bien. Après une
de l’huile de lin pour créer ses peintures. Elle formation, ils seront plus exigeants, avec eux-
vient de terminer le chantier d’une maison à mêmes, mais aussi avec les artisans auxquels
colombage constituée essentiellement de tor- ils pourront faire appel plus tard. On tire
chis. Elle a ainsi restauré une pièce avec de la tout le monde vers le haut ». C’est égale-
terre mélangée avec du sable pour les enduits ment le cas de Valérie Perez de Barradas,
Valérie Perez fabrique ses matières
de rebouchage, de l’argile pure et de la paille qui souhaite, au-delà de l’apprentissage des
et couleurs.
trouvée dans la ferme voisine et du sable techniques, montrer que « ces méthodes an-
pour les enduits de finition. Bien plus qu’une ciennes peuvent répondre totalement à l’évo-
peintre, elle conçoit la décoration intérieure lution moderne de notre société et contribuer
dans sa globalité en fabriquant les matériaux à faire valoir le patrimoine et l’histoire des
colorés (enduits, peintures) à partir de terre, régions françaises ».
de chaux, d’huile caséine… et en respectant
les pratiques anciennes liées au patrimoine.
Michel poursuit la même démarche : « Nous
mettons en valeur, en utilisant les matériaux
locaux, les particularités régionales. L’indus-
triel va chercher à reproduire partout la même Les Gestes Partagés :
technique avec les mêmes matériaux. Grâce 200 expériences à vivre
aux artisans locaux comme nous, il n’y a pas Le week-end des 24 et 25 octobre,
d’uniformisation du bâti ». partout en France, 200 artisans et
Christophe, s’il a bien besoin d’énergie paysans transformateurs engagés dans
pour fabriquer ses couteaux, sait qu’ils sont une démarche écologique invitent le
increvables. Il se fournit quand il le peut en public à expérimenter leur savoir faire :
local (le cuir tanné par exemple), fabrique des ateliers en petits groupes, de 1h30
lui-même ses outils… et se chauffe au bois. à 2 heures, sont proposés gratuitement,
Même chose pour Denis, en Loire Atlantique, sur le lieu même d’activité. MPF est
maçon du bâti ancien et tailleur de pierre : « je
heureuse d’être partenaire de cette
tamise tous les vieux enduits de chaux sur mes
belle opération.
chantiers et je réutilise le sable contenu dedans ! »
Car la démarche de ces acteurs de terrain est Réservez votre expérience sur
aussi globale. Leur métier est le prolongement www.lesgestespartages.fr
de leur passion, de leur mode de vie. Ils cherchent Gratuit, sur réservation
à donner du sens à leur vie et transmettre en
héritage aux générations futures leurs métiers
et leurs réalisations.

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DANS L E S
D É P A R T E M EN T S

Ain (01) notamment celui de la mai- aux enduits de chaux, pour en Les demandes d’initiation ont
son de Madame volpicelli à montrer l’intérêt et contrer la concerné le torchis, le pisé ou
Talissieu. mode des façades à pierre vue la maçonnerie à la chaux. Qu’il
Pour visiter vongnes, célèbre jointoyées au ciment qui sévit s’agisse de la restauration
pour ses vins blancs et sur le département. d’une maison de famille ou de
rouges, AOC Bugey, une 2° Ce travail a conduit à organi- travaux à la suite d’un achat,
visite s’impose ! ser deux jours à Largentière des rendez-vous ont été pris
En 2016, avec Alain Nuguet, les 24 et 25 avril, puis deux pour des visites conseils.
découverte de la Dombes, jours à Coux les 29 et 30 mai. En cette année du Cinquan-
proche et si différente. Nous avons à chaque site eu tenaire, les Médiévales de
près de 40 participants. Bayeux ont donc été un bon cru.
Le 4 juillet, Pierre Fauconnet Nous avons à chaque fois fait Notons avec satisfaction que
et Catherine Martinet ont orga- Aisne (02) visiter le village pour y montrer l’ouvrage des 50 ans de MPF
nisé une visite en Bas-Bugey, la beauté et la diversité des « Un trésor est caché dedans »
qu’ils ont commencée par traces des anciens enduits suscite beaucoup d’intérêt.
une table bien garnie à « La pigmentés et ornés de filets
Prairie », et la découverte de de couleurs, bien plus harmo-
leur maison, ancienne ferme nieux que ces tristes façades Charente (16)
typique en pierre, avec gre- en pierre pas construites pour
nier transformé en salle de être vues.
spectacle et isolé entre les
chevrons par un mélange
chaux/chanvre. Calvados (14)
À Ceyzérieu, un passionné du Par une belle journée de prin-
patrimoine, Gilles Marjollet, temps, le samedi 18 avril,
nous initie à la taille de la plusieurs adhérents se sont
pierre et à la restauration rencontrés à l’abri de canton-
à base de chaux. Ensuite nier pour l’avant-dernière étape Saint-Simeux ou Saint-Amant-
visite guidée par Monsieur de de la restauration. La grille a été de-Boixe : démonstrations très
la Fléchère, du château de scellée, l’apparence est par- appréciées.
Montveran, propriété de sa faite ! Nous avons partagé un
famille depuis 700 ans. vue pique-nique sous les arbres, JPPM : la Charente sur deux
imprenable sur le marais de un moment de détente très Toutes générations confon- fronts
Lavours d’un coté et la mon- convivial. Le 1er juillet, 4 adhé- dues le torchis attire toujours du Le 20 juin, la commune de
tagne du Grand Colombier de rents ont ajouté de la terre sur public. saint-simeux, sur la Charente,
l’autre. le toit pour obtenir l’épaisseur soucieuse de préserver et
Puis, à Cressieu, Madame d’origine. Dernière séance le Pour la 4° année, les 4 et valoriser son patrimoine, a fait
de seyssel nous fait décou- 22 août pour apposer la plaque, 5 juillet, Maisons Paysannes appel à notre Association pour
vrir la « Maison fermière », mettre en place le mitron et du Calvados avait dressé l’organisation des animations.
magnifique maison bugiste soigner la présentation du lieu. son stand place Charles de En plus des traditionnelles
en cours de restauration, Nous avons le plaisir de vous Gaulle aux 29ᵉ Médiévales de démonstrations de savoir-
annexe du château de inviter tous à « l’inauguration » Bayeux. Un public nombreux faire proposées (préparation
Cressieu, détruit pendant la le samedi 26 septembre à 11H venu en famille a découvert et application sur du mobi-
révolution. Après le château sur place : sur la route D936 l’art de construire traditionnel lier urbain de la place du
de Musin, la visite se poursuit dans la forêt entre La-Ferté- grâce à nos démonstrations Bourg, de peintures à l’ocre,
à Pollieu, par un ensemble Milon et villers-Cotterêts. de torchis, peinture à l’huile de pose d’enduits à la chaux
maison forte/bâtiments agri- et enduit à la chaux. Les pan- avec sables régionaux de
coles très anciens. Le pro- neaux photos qui entouraient différentes couleurs sur un
priétaire, Monsieur Cavagna, Ardèche (07) le stand ont provoqué des joli mur en pierre, la pré-
nous explique comment il a questions sur la restauration. sence d’un tailleur de pierre,
reconstruit une tour démolie Nous avons enregistré les la traditionnelle vente de
à la révolution, et les aléas coordonnées d’une vingtaine livres), un rallye-patrimoine
d’un crépi à la chaux de de personnes proches de nos explorait le bourg. Nombre
toute la façade, détérioré par idées de défense et préser- de participants ont décou-
le gel avant séchage et qu’il vation du patrimoine vernacu- vert avec plaisir des termes
a fallu refaire. laire. Les 7 adhérents présents d’architecture, les éléments
Remarqués au cours de ce pendant ces deux jours ont eu d’un portail par exemple. La
périple : les « pierres plantes », le plaisir de constater qu’un participation des enfants aux
énormes pierres plates dres- public jeune se déclarait jeux sur le trajet faisait plai-
sées en clôture des proprié- Nous avons travaillé pendant proche des idées défendues sir à voir. À renouveler. Une
tés, les pignons des maisons plusieurs mois avec le CAUE par MPF. Deux adhésions ont exposition photo du patri-
anciennes en « pas de moi- et le PNR des monts d’Ardèche été faites sur place, d’autres moine local, réalisée par
neaux » et quelques toits en pour organiser des journées sont à prévoir avec inscription MPF16, s’articulait autour de
« carène de navire renversé », de sensibilisation et d’initiation à une journée de formation. l’église romane.

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D A N S LES
D ÉPARTEME N T S

Le 21, Maisons Paysannes champêtre nous sommes allés à la clairette de Die, Drôme pies concrètes par et pour les
de Charente installait ses ani- st-Jean pour la visite « Le Moyen oblige, les 50 ans de Maisons habitants pour relever le défi
mations en Angoumois dans Âge encore présent » : 3 heures Paysannes. climatique ». La présidente ira
la superbe abbaye de saint- d’histoire, visite des petites rues, au Congrès national de Tours
Amant-de-Boixe. Les démons- des monuments, d’une propriété en octobre. Le 10 octobre
trations de savoir-faire étaient avec pigeonnier, un retour en AG MPEure à Heudebouville,
accueillies dans le parc ombragé arrière pour retrouver le faste de déjeuner et visite du domaine du
de l’abbaye et du cellier. « Le st-Jean et nos racines profondes. Moulin d’Andé en bord de seine.
paysage saint-Amantois et sa Journée bien remplie pleine Le 25 octobre présence à la
valorisation au Moyen Âge » d’amitié. Merci aux bénévoles ! Fête de la Pomme à Conches-
étaient mis en valeur le long d’un Les 18 et 19 juin 2016, thème : en-Ouche. Le 5 décembre à
parcours diversifié. les métiers. Glos-la-Ferrière (61), journée
Début mai, Maisons Paysannes de l’Arbre Tétard en partenariat
de Charente proposait, au jar- Plusieurs associations locales avec MPOrne. Enfin MPEure
din du Logis du Portal (à vars) Dordogne (24) amies nous ont demandé de délègue à Henri Pradenc le suivi
une approche de la valorisa- pouvoir disposer de l’exposi- de l’élaboration du guide de
tion de l’environnement pay- tion dans leurs propres locaux, bonnes pratiques du torchis.
sager du patrimoine bâti, avec ce que nous avons accepté
fleurs et légumes. L’opération bien volontiers.
a drainé un nombreux public. Nous avons également pré- Haute-Garonne(31)
senté et vendu notre livre « Un
trésor est caché dedans » qui En lien avec MPF Aude, jour-
Charente-Maritime(17) a eu un très gros succès. née découverte du Lauragais
le 27 juin autour de st-Félix-
Lauragais et du Canal du Midi
Une équipe d’adhérents et Eure (27) au seuil-de-Naurouze. Ce
amis s’est retrouvée sur un vaste pays agricole a connu
très beau domaine récem- des siècles de prospérité depuis
ment acheté par un couple qui l’époque gallo-romaine grâce
a décidé de sauver ce patri- à la culture du blé et du pas-
moine remarquable. Le four tel. L’essor de la culture du blé
à pain effondré a été recons- au xvIIIᵉ a vu la création de
truit. vous pourrez en trou- constructions typiques comme
Promenade à La-Grève-sous- ver les étapes et photos en la borde lauragaise, reconnais-
le-Mignon le 27 septembre. consultant le nouveau blog de sable à son hangar à arches,
Promenade à Crazannes le Maisons paysannes Dordogne- Remplissage du pan de bois construite à partir du sol argi-
12/04 : site classé pierre et Périgord (http://maisons- d’un chartil Par André LANGE leux, en terre crue ou cuite. Ce
eau. Les richesses : maisons paysannes-dordogne.blogspot.fr). à la Madeleine de Nonancourt pays fertile a été admiré depuis
de carriers (1688), escaliers vont suivre les journées enduits les hauteurs de st-Félix, bastide
extérieurs, puits, maisons naturels d’intérieur, une visite Les 13 et 14 juin : stand et du xIIIᵉ représentative des villes
bourgeoises, avec linteaux, de village, des informations sur démonstration de torchis lourd nouvelles du grand sud-ouest
corniches, impostes, logis la construction paille… Et, en au Comice Agricole de Gisors, et créées dans une période de paix
avec épis de faîtage, venelles, décembre, une étape gastro- en parallèle le 14, à la voie du Lin relative pour fixer les popula-
lavoirs, château avec sculp- nomique autour de la truffe ! à Le-Troncq-près-Le-Neubourg. tions et la vie économique. Elle
tures alchimiques et musée Une plate-forme d’échanges Le 20 juin à La-Madeleine-de- abrite une collégiale de style
d’outils, musée de la pierre, bénévoles de services se met Nonancourt, stage de torchis gothique méridional dotée d’or-
circuit faunes et fleurs dans également en place. lourd dans les galandages du gues du xvIIIᵉ au buffet classé,
ces lieux sauvages. Pour tout renseignement, pignon d’un chartil. Le 21 juin admirable. Puis visite au seuil-
Le Moyen Âge encore présent à n’hésitez pas à contacter JPPM à Mesnil-sous-vienne, de-Naurouze, lieu stratégique
la MDJ le 21/06 : maison, jardin, Luc Caron - 06.26.47.43.94 - avec l’AsALF association locale, de partage des eaux vers l’At-
arbres, plantes, et véranda pavoi- luc. [email protected]. exposition « Patrimoine Rural lantique et vers la Méditerranée,
sée par les oriflammes MPF sur bâti en vallée de la Lévrière, perçu comme tel par le génial
les particularités de notre dépar- Drôme (26) entre Tradition et Modernité ». Riquet. Enfin, visite de la poterie
tement. sur la table, photos sur Le 4 juillet à Heudreville-en- Not (label « Patrimoine vivant »
différents thèmes : la vie des À l’occasion des JPPM la délé- Lieuvin, stage de torchis allégé producteur entre autres de
femmes (lessive, cuisine, habil- gation avait organisé une expo- entre pan de bois d’une grange, poteries culinaires.
lement), les métiers, les plantes, sition retraçant l’évolution du initiation à une technique Pour la qualité de leur presta-
les jardins, et 15 maisons des monde paysan et de son habi- « paysanne » d’isolation natu- tion, merci à nos guides confé-
entrées de ville. sous les arbres, tat depuis les romains, en écho relle. Le 5 septembre, CA à la renciers, auxquels nous avons
travaux pratiques avec les au thème de l’année : « Le ferme-auberge normande à la présenté MPF. Prochaine sor-
métiers de menuisier, charpentier Moyen Âge encore présent ». Croisille près de Conches avec tie : le Comminges, le 12 sep-
et maçon, les enduits, la ferron- Cette exposition a été ouverte les correspondants de pays. Le tembre, avec présentation
nerie avec force objets. Après le les 20 et 21 juin, et nous en 12 septembre à Evreux, parti- d’une maison à galerie du xvIIIᵉ
verre de l’amitié et le pique-nique avons profité pour fêter, à cipation au « Festival des uto- et visite guidée de st-Bertrand.

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DANS L E S
D É P A R T E M EN T S

Indre-et-Loire (37) journée de rencontre avec les de contacts et demandes de née consacrée aux savoir-faire
adhérents a également permis conseils auprès des béné- traditionnels et à la vie rurale
à de nombreux visiteurs de voles MPF45. d’autrefois.
découvrir notre association, • Une expérience nouvelle et Un formation « réfection de
son action locale et nationale positive : la journée de sen- joint » complètera le pro-
autour d’un parcours de la terre sibilisation au bâti ancien du gramme d’initiation de cette
crue à la terre cuite. Entre l’arti- 30 mai. Douze personnes année et un chantier partici-
san et l’artiste la limite est ténue, ont suivi le stage, avec expo- patif de maçonnerie est en
les cultures s’entremêlent, sés-diaporamas le matin, préparation.
s’entrechoquent et se font pique-nique chez la déléguée
Du 28 mai au 1er juin, un voyage grandir. Un circuit est proposé et travaux pratiques l’après-
dans le suffolk a été organisé autour de 4 lieux pour une pro- midi dans Olivet. Pyrénées-Atlantiques(64)
grâce à notre administratrice menade dominicale permettant • 7 juin : promenade dans
Angela Hurworth, originaire de réfléchir sur la fabrication Beaulieu/Loire avec les Amis
du pays. Cette sortie outre- du patrimoine. Au programme : de Beaulieu et visite de plu-
Manche, dans une région for- visite d’un atelier de potier, sieurs granges pyramidales,
tement marquée par la laine, a et réalisation, ce jour là, de la impressionnants témoignages
permis à une vingtaine d’adhé- dernière étape de rénovation d’une très ancienne forme de
rents de découvrir de superbes du four à bois monumental, granges sur poteaux, hélas !
bourgs médiévaux et habitats aperçu de curiosités d’art brut bien menacés.
ruraux pittoresques. d’un artiste vigneron, passage À venir :
Le 7 juin, la sortie à Lignières- par le chantier d’une maison • 6 sept. : stand MPF à la
de-Touraine et la Chapelle-aux- paille en auto-construction et Journée des Associations Construction d’un muret sur le
Naux, entre Azay-le-Rideau et découverte du musée de tradi- d’Orléans canal d’irrigation à Arros-Nay.
Langeais, a réuni 60 partici- tions populaires Alice Taverne. • du 17 au 19 oct. : stand au salon
pants qui ont pu décrypter des RAPPEL pour les adhérents « Terre Naturelle » d’Orléans Le canal, créé en 1863, pos-
peintures médiévales dont le qui ne reçoivent aucun mes- • 20 nov. : conférence sur sède plusieurs petites écluses
calendrier des travaux des sage : merci de transmettre les « Culs noirs » (poteries faites de labasses (pierres de
mois de l’année, grâce aux votre adresse mail au délégué : orléanaises du xIxᵉ) Labasseres). Une quittance
explications de nos adhérents [email protected] • 28 nov. : conférence à Isdes d’irrigation établissait le droit
M. et Mme Joubert. sur le bâti solognot et sa d’eau en 1941. Le lieu est pai-
Les 13-14 juin, le même restauration. sible et une borde a été restau-
weekend que les tradition- Loiret (45) rée récemment : mur en galet et
nelles Rando-Troglo de mur d’angle en pierre d’Arros.
villaines-les-Rochers, s’est Manche (50) Dans cet endroit charmant, une
tenu un stage de maçonne- douzaine de participants ont
rie et enduits à la chaux chez mis « la main aux galets » pour
des adhérents de Ballan- redonner vie à ce canal abimé
Miré. Le stage a permis à par le temps. Le propriétaire,
une douzaine de personnes vincent Petroix, ayant à cœur
d’apprendre à monter un mur de valoriser ce patrimoine, était
de moellons au mortier de heureux que MPF réponde favo-
chaux, depuis les fondations rablement à sa demande. Les
jusqu’au chaperon, et de se Météo détestable, mais 26 juillet et 4 octobre, Joël a
familiariser avec l’enduit à la ambiance conviviale pour encadré ces journées d’initiation
chaux aérienne. notre assemblée des adhé- aux savoir-faire en expliquant
rents le 29 mars à Neuvy-en- Notre ancien délégué Jean- la composition du mortier et la
sullias, avec la participation Michel Moytier revient dans mise en place du lit de pose.
Loire (42) de Bernard Duhem. Nous notre équipe comme corres- En prenant des notes, chacun
sommes passés du four pondant de pays pour le Nord a enrichi ses connaissances et
d’une ancienne briqueterie au Cotentin. découvert les mots : lit de pose,
moulin à vent de Guilly qui a L’initiation au torchis qui a eu renformi. Rejoints par un histo-
tourné pour nous : sensations lieu cette année à Moulines est rien, un photographe et un tail-
garanties… Compte-rendu toujours appréciée par de nou- leur de pierres, tous ont apprécié
d’activité et visite du château veaux participants. Ce maté- ces savoirs. saluons aussi les
de la Brosse à Neuvy ont bien riau encore très présent dans élus locaux venus inaugurer ce
occupé l’après-midi. la Manche, intéresse aussi futur site de découverte péda-
• stand MPF à la fête annuelle certains pour la construction gogique et de randonnée (un
du Ciran (Fondation sologne) neuve. chemin balisé pédestre passant
À l’occasion du cinquantenaire le 12 avril et à la Fête du Bois Le 8 août est prévue une jour- à proximité).
de MPF, la délégation de la de Combreux le 19 avril. Cette née découverte du patrimoine MPF64 a amené sa pierre à
Loire proposait le 21 juin une manifestation qui se tenait de Mortain et nous serons le l’édifice mais il en faudra bien
animation insolite et gratuite pour la 1re fois a attiré de très 16 août au Festival de saint- d’autres pour reconstruire ce
dans le cadre des JPPM. Cette nombreux visiteurs ; beaucoup Aubin-des-Bois, grande jour- canal.

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D A N S LES
D ÉPARTEME N T S

Rhône (69) son de centre-bourg sauvée ture, l’isolation, les peintures… confins du Poitou et du Berry :
d’une destruction probable, Cette présentation généraliste visite de la chapelle romane de
et une ferme d’élevage écolo- a rassuré les participants qui Plaincourault. Datant de 1120,
gique pour comprendre le lien pourront s’inscrire dans les elle faisait partie de l’ancienne
entre projet professionnel et ateliers à venir. commanderie de saint-Jean-
les phases de la restauration/ Grand succès pour la sortie de-Jérusalem. ses fresques
construction des bâtiments. manoirs du 24 mai, dans le murales peintes du xIIᵉ au xvᵉ
pays sabolien. Annick et Marin témoignent de l’évolution dans
Labbé ont conduit les 75 adhé- l’art de peindre. Dans « la
rents sur 2 sites différents à Tentation », l’arbre est traité
Auvers-le-Hamon : à Pantigné, comme un énorme champi-
un manoir à l’abandon a ému gnon. visite ensuite du prieuré
Le 6 juin, une sortie dans le les visiteurs, dans son jus, en de Puychevrier construit par
Rhône, organisée conjointe- bon état malgré le lierre, puis ordre de Grandmont à la fin
ment avec la délégation de Maupertuis qu’Anne et Pierre du xIIᵉ. L’austérité, la sobriété
saône-et-Loire, avait pour but Delaune nous ont fait visiter : mais l’élégance caractéri-
de découvrir le patrimoine des- magnifique demeure pleine saient son architecture. Ce
siné par Michel Bouillot : aména- Pique-nique du 9 mai en Brionnais de vie et admirablement res- monument fait partie des
gements pittoresques de coins taurée. visite des intérieurs rares prieurés grandmontains
de rue du bourg d’Aigueperse, Le 6 juin, la délégation 71 s’est et des jardins, où nous avons en bon état qui subsistent
fermes de hameaux construites jointe à celle du Rhône pour pique-niqué. Puis halte à en France. Ensuite, visite de
sous forme de longères, logis de découvrir des maisons du Gautret, manoir imposant qui la ville haute du Blanc : l’en-
grands domaines, ancien mou- Haut-Beaujolais que Michel surplombe l’Erve. À Asnières- trée primitive du château de
lin… Les adhérents ont retrouvé Bouillot, ancien délégué, sur-vègre, Jean Anneron cap- Naillac (xIIᵉ.), l’église saint
avec plaisir des détails dessinés avait dessinées il y a 20 ans. tive le public lors de la visite Cyran, l’hôtel Châtillon de
par Michel. L’après-midi, nous Journée passionnante pour des Claies et raconte sa pas- villemorand (xvIᵉ) et la cave
avons découvert de belles res- voir l’évolution de ces maisons sion lors de ces 20 années de Charassons (xIIIᵉ), preuve
taurations à saint-Igny-de-vers, mais aussi pour les échanges de restauration. À la « Rue », de la présence d’un vignoble
saint-Germain-la-Montagne entre les deux délégations. à Avessé, les organisateurs dans la région du Blanc
et Azolette où les propriétaires Malgré une chaleur canicu- nous accueillent dans leur jusqu’au xvIᵉ. La Grand’rue
nous ont très bien accueillis. laire, 20 adhérents ont parti- manoir en cours de restaura- de la ville haute conserve de
Le dimanche 20 septembre, à cipé le 4 juillet à un après-midi tion, occasion de nombreux superbes demeures médié-
l’occasion du cinquantenaire, sur la pierre calcaire des car- échanges et du verre de vales qui révèlent la présence
nous présenterons MPF à rières de Chateauneuf et son l’amitié. des nombreuses échoppes. La
la ferme Reverdy, avec une emploi tant pour la chaux que L’atelier « enduits à la chaux » journée s’est terminée avec la
exposition sur : « L’habitat pour la construction (superbe du 6 juin a regroupé 15 par- visite d’une ancienne échoppe
paysan, des Romains à nos église romane, château et ticipants chez Geneviève et de la fin du xvᵉ devenue la
jours », réalisé par Bernard bourg castral). Le verre de Jean-Claude Pellemoine à Maison des amis du Blanc
Leborne de la délégation de l’amitié habituel fut ce jour-là la Cour à Coudrecieux, avec et un moment de convivialité
la Drôme, une exposition de particulièrement apprécié ! théorie et pratique sur la chaux autour d’un verre.
photographies de Laurence dans les enduits intérieurs et
Chabalier sur le patrimoine extérieurs.
du Beaujolais, des démons- Sarthe (72) 20 et 21 juin, JPPM : stand Vosges (88)
trations de savoir-faire pour le chez Nathalie et Bruno Haton
bâti ancien avec Pierre-Henri au moulin de Huchepoche
Deveudeux et de nombreuses (Bouër/saint Maixant). Les
animations telles que taille de 350 visiteurs ont apprécié les
pierre, sculpture sur bois, van- lieux, les animations et les
nerie, atelier du pain, fabrica- spectacles au programme.
tion de bonbons au miel…

Vienne (86)
Saône-et-Loire(71)
11 avril : premier atelier pratique Janvier : traditionnel salon
Trois activités majeures au 2e de la saison à villaines-sous- Planète-Energie d’Epinal, où
trimestre 2015 : Lucé. Le thème « initiation à l’exposition de nos travaux
Le 9 mai, 40 adhérents ont visité la restauration » a captivité de l’année passée et le dos-
trois exemples de restauration les 16 participants venus du sier ATHEBA servent d’appui
de bâtiments en Brionnais, Loir-et-Cher et de la sarthe. aux conseils. Avec, aussi, la
dans des environnements très Alain Rocheron, proprié- marque de MPF88 sur le pan-
différents : une ancienne mai- taire des lieux, et François neau de la COP21.
son de juge de paix (xvIII°), prix Pasquier ont dispensé leurs Mars : notre AG à Tendon.
du Logis historique au concours précieux conseils en maçon- 30 personnes le 6 juin à la Encore merci à la municipa-
René Fontaine 2006, une mai- nerie, enduits à la chaux, toi- belle journée découverte aux lité ! Deux évènements ont été

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DANS L E S
D É P A R T E M EN T S

choisis pour marquer le cin- rents au bâtiment périscolaire, Circourt/Bouxières-aux-bois/ des 2 codecom concernées :
quantenaire : d’une part, une une structure en bois local saint-vallier en partenariat exposition, conférence, visite
conférence de Patrick Laurent, décrite dans la revue nationale avec la codecom de Dompaire : et table ronde avec des entre-
mycologue, directeur de la sta- MPF pour la démarche inno- exposition, conférence et visite prises locales du bâtiment pour
tion d’études mycologique des vante de sa construction. Ce vaillamment menées par Rémi
un WE « Bien vivre aujourd’hui
Hautes vosges, sur la mérule bâti contemporain a vivement Dugravot, jeune architecte
dans une maison ancienne ».
et autres champignons indési- interpelé et a suscité de riches sortant de l’ENsAM de Nancy.
rables, ouverte à tout public. échanges. Tignécourt/serécourt, en parte- L’initiation avec les plus jeunes
Images saisissantes et expli- Des actions de sensibilisation nariat avec l’Espace Info-Énergie s’effectue sur le temps sco-
cations ont captivé l’auditoire. grand public et scolaires ont et le CAUE et sous l’égide laire ou périscolaire (NAP). six
D’autre part, la visite des adhé- marqué le 1er semestre. du Conseil Départemental et classes ont été concernées.

à lire Découvrez le livre des 50 ans MPF !


« UN TRÉSOR EST CACHÉ DEDANS »
Maisons paysannes et patrimoine Ce livre qui marque le cinquante-
de pays en Deux-Sèvres naire de Maisons Paysannes est
un recueil d’informations, d’anec-
dotes, d’histoire et de réflexions
sur le patrimoine rural et ceux qui le
défendent. Il sera utile à tous ceux qui
veulent partager largement l’action et
les valeurs de MPF, car son message
d’espoir doit être relayé :

> oui, les maisons paysannes nous


apprennent le développement durable,

> oui, la défense de l’environnement


bâti et paysager peut mobiliser et
Ouvrage réalisé grâce au soutien de :
« faire société »,

> oui, un trésor est à (re)découvrir dans


Le patrimoine de pays n’est pas moins riche en
le patrimoine vernaculaire : leçon de
Deux-Sèvres que l’architecture médiévale ou
vie, de sagesse et de bonheur.
Renaissance : c’est le premier que les auteurs
de ce livre, membres très actifs de Maisons À offrir et à s’offrir !
Paysannes de France, ont voulu recenser, décrire,
célébrer dans ses détails les plus secrets et son
environnement. Au fil de ses explorations dans la Bon de commande
campagne, Madeleine Audebrand et ses illustra-
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teurs décrivent, analysent, dessinent et expliquent
le bâti rural de leur département. Les restaurateurs « Un trésor est caché dedans » ............... 30 € €
apprentis ou confirmés trouveront aussi dans ces
Frais de port inclus
pages d’utiles informations sur les techniques, les
matériaux et les connaissances nécessaires à la À retourner avec règlement par chèque à Maisons Paysannes de France,
réussite d’une bonne restauration. Notre asso- 8 Passage des Deux-sœurs 74009 PARIs
ciation est heureuse de saluer et recommander Coordonnées :
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À QUI S’ADRESSER ?
Représentants départementaux de Maisons Paysannes de France
Les noms figurant en italiques sont des points d’accueil

01 - AIN
Jean-Christophe Lefèvre,
Tél. 06 59 21 72 86
Tél. 02 48 51 91 01
[email protected] 27 - EURE Pays du Chinonnais :
Alain Massot,
Gérard Basset, [email protected] Janine Humruzian, [email protected]
La Lescherette, Tél. 02 47 65 89 02
Olivier Berthaut 18600 sAGONNE, Tél. 09 64 34 21 53 & 02 32 50 54 32
01560 CURCIAT-DONGALON
Tél. 04 74 52 92 50 11 - AUDE
Tél. 02 48 80 01 41 Anne Belhoste-Dugas,
Lieuvin : Jean-Marie Louzier
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Alain Jocteur-Monrozier,
[email protected]
Bresse : Georges Renaud,
Jean-Paul Gleizes, 19 - CORRÈZE Roumois : Valentine Goetz
Plateau de Neubourg :
Tél. 04 76 30 93 67 & 06 82 58 08 94
Impasse de la Mairie, Michelle Hougas, [email protected]
100 route de Pont de vaux 11570 CAzILHAC, Taphaleschat, Marc Camus, Tél. 02 32 35 46 30
01750 REPLONGE Est Isère : Catherine Bergiron
Tél. 04 68 79 89 75 après 19 h 19250 sAINT-sULPICE-LEs-BOIs Pays d’Ouche :
Tél. 03 85 31 02 44 Tél. 04 76 61 96 07 et 06 21 97 67 55
[email protected] Tél. 05 55 95 31 84 Dominique Le Villain
Bugey : Pierre Fauconnet, [email protected]
[email protected] Tél. 02 32 44 68 32
895 route de la Tuilière
01510 TALIssIEU
12 - AVEYRON Jean-Pierre Gaboriaux, Vexin-Ouest : François Huvé
Ouest Isère : Joël Chazal,
Tél. 04 74 84 40 67 et 06 29 84 61 86
Eric Gross, Tél. 05 55 28 69 28 Tél. 02 32 54 21 64
Tél. 04 79 87 33 22 [email protected]
Ortholes,12740 LIOUJAs [email protected] Vexin-Est : Anne Belhoste
Dombes : Alain Nuguet, Tél. 06 77 10 76 15 & 05 65 78 28 09 Nord Isère : Nicolas Claret,
Tél. 02 32 27 59 25
Chemin de la Poyat
01480 FRANs-LEs-vERNEs
[email protected] 21 - CÔTE-D’OR Pays de Madrie : Bernard Claude
Tél. 04 74 85 67 91 et 06 12 38 25 30
[email protected]
Conseiller technique : Chantal Duléry, Tél. 02 32 25 26 06
Tél. 04 74 60 73 63
Pays de Gex : David Baldry,
Jean-Louis Bringuier,
Tél. 05 65 59 10 16
Le Logis, 21310 BÉzOUOTTE,
Tél. 03 80 36 57 03
Frédéric Félix, Tél. 09 64 42 95 51
Vallée de l’Eure : Christian Sutter
39 - JURA
315 rue des Marguerons [email protected] [email protected] Thierry Salin,
01170 CEssy Tél. 02 32 36 17 83 et 01 47 88 46 35
Vallon-Bassin-Conques: Guy Bedel, (délégué adjoint) 81 chemin du Pré, 39570 MIREBEL
Tél. 04 50 41 69 63 Evrecin : Yannick Potel
Scarlett Bonhoure, Tél. 05 65 72 60 92 Tél. 03 80 72 41 58 Tél. 06 83 00 08 32
Tél. 02 32 30 29 76
02 - AISNE [email protected]
Aubrac-Viadène :
[email protected]
Bertrand Bergerot,
Camp. de St André : Hervé Barraud
[email protected]
José Faucheux, Denis et Catherine Clément, Tél. 03 80 75 96 24
Tél. 02 32 67 08 12
41 - LOIR-ET-CHER
Tél: 03 23 20 91 51
Marie Nigon-Geiger,
Tél. 03 86 20 68 32
[email protected]
Bertrand Darviot,
Tél. 03 80 21 22 83
28 - EURE-ET-LOIR Bernard Talichet,
4 rue du Port,
14 rue Principale Grands Causses : Claudia Gaspari,
Jean-Philippe Guerra, 2 impasse de la Mare Giron, 41500 COUR-sUR-LOIRE,
02400 CHARTÈvEs Pierre Barral, Tél: 05 65 62 63 53 Tél. 03 80 65 49 84 Tél. 02 54 46 86 82 & 06 50 31 41 45
Tél. 06 13 58 73 36 Pierre Citerne, Tél. 05 65 61 00 72, 28270 EsCORPAIN,
André Mercuzot, Tél. 02 37 38 18 76 & 06 71 05 02 64 [email protected]
[email protected] [email protected] Tél. 03 80 96 98 02 Vallée du Loir/Perche : Alain Rocheron,
Jeremy Pineau, Tél. 06 81 88 51 64 Anne Forissier, Tél: 05 65 71 64 33 Denis Moissenet, [email protected]
Tél. 02 43 40 95 99
03 - ALLIER Rougier de Camarès :
Martine Rouquette
Tél. 03 80 33 66 48
31 - HAUTE-GARONNE Beauce/Val de Loire est :
Daniel Perchet,
Agnès Moyer,
14 av. Molière, 03100 MONTLUÇON
Tél: 05 65 99 31 84
[email protected]
23 - CREUSE Louise Gatard,
1 rue Philippe Féral, Tél. 02 54 81 34 59
S’adresser provisoirement Vallée de la Loire ouest :
Tél. 06 80 30 28 34 et 04 70 28 31 77 à la délégation de Haute-Vienne 31000 TOULOUsE
[email protected] 13 - BOUCHES-DU-RHÔNE Tél. 05 61 52 05 69 Dominique Dulac (M.),
Jean-Pierre Moncelon, Estelle Glandière 24 - DORDOGNE Françoise Danezan, Tél. 02 54 74 35 55
La Faye, 03390 vernusse,
Tél. 06 10 80 19 77
8 rue vian, 13006 MARsEILLE,
Tél. 04 13 63 29 55 (soir)
Maïté Wauquier Moreux,
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La grande Borde
413 route d’Empeaux, 42 - LOIRE
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04 - ALPES-DE-HTE-PROVENCE bouches-du-rhone@maisons-
paysannes.org
24110 MANzAC-sUR-vERN,
Tél. 05 53 54 25 05
31470 BONREPOs-s-AUssONNELLE
Tél. 09 67 32 42 11 Chavagneux,
Cécile Enderlé-Chazalviel, Maryline Dessioux, [email protected] 42260 sT-JULIEN-D’ODDEs,
[email protected] Tél. 04 77 65 50 21
Le clos de la tuilerie saint-Grégoire, 6 rue Costarène, 13490 JOUQUEs, Luc Caron,
04210 vALENsOLE,
Tél. 04 92 76 42 23
Tél. 06 14 49 44 49 Tél. 05 53 03 54 19 32 - GERS [email protected]

[email protected]
[email protected] [email protected] Cyril Bouvier,
43 - HAUTE-LOIRE
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Rue de l’église, 04300 DAUPHIN,
14 - CALVADOS 25 - DOUBS
Fillol, 32120 sARRANT
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Tél. 04 92 79 46 05 La Brique, 14170 MITTOIs, 3 rue des Tourbières, La Pastorale 16 rue Jean solvain,
05 - HAUTES-ALPES Tél. 09 61 38 86 48
[email protected]
25560 BONNEvAUx,
Tél. 03 81 89 77 20
33 - GIRONDE 43000 LE-PUy-EN-vELAy,
Tél. 04 71 07 41 75,
François Teissier, Michel Cognie,
Henri Pradenc, [email protected] 8 rue Le Nôtre, 33320 EysINEs, [email protected]
20 rue Richer, 75009 PARIs, Tél. 06 80 17 11 45 Plateau Vivrais Lignon :
Tél. 01 47 70 38 44
«Le Maeyria», Les Meyries,
[email protected]
Ines Bernard,
26 - DRÔME Tél .05 56 28 46 62
[email protected] Serge Galy, Tél. 06 74 18 63 81
Bernard Leborne, Jean-Charles de Munain, Sud et ouest : Guy Miramand,
05350 CHÂTEAU-vILLE-vIEILLE [email protected] 40 Chemin du Grand Ferrand Tél. 04 71 09 76 71
[email protected] Lucien Bertrand, 1 Rd-Point de l’Hippodrome,
Les Mollans, 26450 ROyNAC,
06 - ALPES-MARITIMES Tél. 02 31 20 63 14
Catherine Léger,
Tél. 04 75 90 44 21
33170 GRADIGNAN,
Tél. 05 56 75 09 56 44 - LOIRE-ATLANTIQUE
[email protected] Bruno Choisel,
Gilles Reinert,
Les balcons du Paradis,
[email protected] Dominique Devaux,
34 - HÉRAULT 23 boulevard St Aignan,
La Colle Basse-Les Amignons, 15 - CANTAL Tél. 04 75 98 74 01
[email protected] Nadège Pedoux, 44100 NANTES,
[email protected]
06470 PEONE, Albert Charles, Royan-Vercors : Denis Rouget, 8 impasse de l’Union,
Tél. 04 93 02 55 28 & 06 30 71 99 46 Escladines, 34750 vILLENEUvE-LÈs-MAGUELONE,
[email protected] 15700 CHAUssENAC,
Tél. 04 75 70 00 99
Drôme des collines : Justine Mottin, Tél. 04 67 22 21 90 & 06 72 93 13 20 45 - LOIRET
Tél. 04 71 69 02 68 [email protected] Claudie Plisson,
07- ARDÈCHE et 06 81 34 91 70
Tél. 04 75 02 15 18
Sud Drôme : Catherine Feschet, Jean Peyzieu, 761 rue des Plaisses, 45160 OLIvET,
Bernard Leborne [email protected] 26790 BOUCHET L’Ostal, 210 Av. Cantagril, Tél. 02 38 63 08 12
Tel : 04 75 90 44 21 34160 sT-HILAIRE-DE-BEAUvOIR, [email protected]
[email protected] 16 - CHARENTE Tél. 04 75 04 88 88
Tél. 09 75 30 77 75 & 06 07 18 63 01
Mario Pitrat Frédéric Chauvin,
Bourdeaux-Dieulefit : Claude Dussaux,
26460 BOURDEAUx 46 - LOT
conseiller restauration
Tel : 05 75 90 44 21
Tél. 06 33 84 08 20,
[email protected]
Tél. 04 75 53 38 17 36 - INDRE Joelle Maillard,
Guy Riolet, Le mas Delord, 46250 GINDOU,
Permanence téléphonique
08 - ARDENNES du lundi au vendredi de 9 à 17 h
la Cure du Chasteau, le Bourg,
36260 sT-PIERRE-DE-JARDs,
ou 3 rue de copenhague,
75008 PARIs,
Marie-France Barbe, Tél. 05 45 69 13 04, DÉPARTEMENTs Tél. 02 54 49 21 15 Tél. 01 42 93 45 41
7 rue du Couvent des Cordeliers, [email protected] DE LA BRETAGNE [email protected] [email protected]
08160 LA-CAssINE,
Tél. 03 24 35 44 70 17 - CHARENTE-MARITIME
HIsTORIQUE :
Côtes-d’Armor, Finistère, 37 - INDRE-ET-LOIRE
M. et Mme Farges,
Tél. 01 64 10 90 72 et 06 12 22 16 51
[email protected] Maison de Jeannette,
Loire-Atlantique, François Côme (président), Causse de Gramat :
51 rue Garousserie, Les Granges,
09 - ARiÈGE 17400 sT-JEAN-D’ANGÉLy Ille-et-vilaine, Morbihan, Ferme de Fontenailles,
37370 LOUEsTAULT,
Jean-Pierre Acloque
Tél. 01 42 62 64 32 et 05 65 40 47 58
Gérard Roux, Tél/fax 05 46 32 03 20 vous pouvez aussi contacter : Tél. 06 30 20 25 30
10 place Albert Tournier,
09100 PAMIERs,
[email protected]
Les mardi, mercredi, jeudi de 9h TIEZ-BREIZ [email protected] 47 - LOT-ET-GARONNE
Tél. 06 32 19 92 70 à 12h et de 14h à 17h « Maisons et paysages Patrice Ponsard (vice-président) Christine Dauvergne,
[email protected] Jacqueline Fortin, de Bretagne», La Bouyellerie, Le Bourg La source,
76 rue Garousserie, 37330 BRAyE-sUR-MAULNE, 24130 LAvEyssIÈRE,
10 - AUBE 17400 sT-JEAN-D’ANGÉLy,
10 rue Général-Nicolet,
35200 RENNEs,
Tél. 02 47 51 00 43 Tél. 06 87 10 50 06
Jean-Louis Sauvage, Tél. 05 46 32 17 59 [email protected] [email protected]
Le Colombier, 16 rue des Bordes, Tél. 02 99 53 53 03 Jean Mercier (vice président), Rémi Castets,
10210 LANTAGES, 18 - CHER [email protected]
(Association indépendante de MPF)
34 rue principale, 37320 LOUANs, Lieu-dit Royal,
Tél. 03 25 40 37 93 Claude Tabary, Tél. 06 80 06 49 15 47250 sTE-GEMME-MARTAILLAC
[email protected] Le Briou,18120 MAssAy, [email protected] Tél : 05 53 89 26 31

44 u M . P. F. n ° 1 9 7 - 3 T. 2 0 1 5

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48 - LOZÈRE
Chantal Jeanson-Lambert
55000 sEIGNEULLEs
64 - PYRÉNÉES-ATLANTIQUES 76 - SEINE-MARITIME 86 - VIENNE
Nicole Chabannes-Confolent, Maryse Marchand, Yvon Haquet, Raymond Lebas,
Tél. 06 31 33 38 61
Le Poujol rue du Pic du Midi, La Boulangerie, Chemin des lévriers, La Gacheterie,
48400 BAssURELs
Tél. 04 66 60 38 16 & 06 78 87 32 17
56 - MORBIHAN 64420 EsLOURANTIEs-DABAN,
Tél. 05 59 04 62 94
76490 sAINT-ARNOULT,
Tél. 02 35 56 49 45,
86360 MONTAMIsÉ,
François Eeckman, Tél. 05 49 61 00 58
[email protected] [email protected] [email protected]
Daniel Goupy (délégué honoraire), 25 rue du Château, [email protected]
56330 PLUVIGNER, Pays de Bray :
65 - HAUTES-PYRÉNÉES
ventajols, 48400 FLORAC, André Prévost
Tél. 02 97 24 74 50
Tél. 04 66 45 04 14,
[email protected] [email protected] Éric Lafforgue
Tél. 02 35 94 71 06
Pays de Caux (alentours de Dieppe) :
87 - HAUTE-VIENNE
Terroir du schiste : 16 rue rabastens, Denise Baccara-Louis,
Jean-Paul Platon, 57 - MOSELLE 65500 vIC-EN-BIGORRE
François Louage
Tél. 06 89 99 99 53
32, Le Bourg,
Tél. 04 66 45 93 31 & 04 67 41 24 27 Jean-Yves Chauvet, Tél. 06 09 57 63 37 Pays de Caux (St-Aubin-sur-Mer) : La Chevêche,
[email protected] 13 square du Pontiffroy, [email protected] Giselle Genty 87400 sT-DENIs-DEs-MURs,
Terroir du granite : 57000 METz, Tél. 02 35 83 47 05 Tél. 05 55 56 10 26,
Jacques Viala,
Tél. 04 66 31 62 54
Tél. 03 87 63 89 38
[email protected]
66 - PYRÉNÉES-ORIENTALES Pays de Caux (Vallée de Seine) :
Sofie Pesqueux
Fax 05 55 56 34 50
[email protected]
[email protected] Claude Gallex,
Saulnois : Lucie Becker 22 rue du Général Derroja, Tél. 02 35 96 42 44 Jacqueline Boin,
Terroir de la Vallée du Lot : Tél. 03 87 86 87 21
Emmanuel Gauroy,
Tél. 04 66 48 10 34
Pays thionvillois : Olivier Hein 66000 PERPIGNAN,
Tél.06 88 65 76 23
77 - SEINE-ET-MARNE Grateloube,
87230CHAMPsAC,
Tél. 03 82 82 96 25 [email protected]
[email protected] Vallée de la Seille : Thomas Schuler pyrenees-orientales@ Patrice Boudignat Tél. 05 55 78 44 76
Terroir du Calcaire : Tél. 03 87 68 01 45 et 06 30 11 19 06 maisons-paysannes.org rue du Chêne Blunay
Jean-Paul Kerlau,
67 68
77171 MELz-sUR-sEINE 88 - VOSGES
Tél. 04 66 48 58 64
[email protected]
58 - NIÈVRE et - BAS-RHIN et HAUT-RHIN Tél. 01 64 00 74 43 & 06 08 06 13 38 Dominique Medy (Mme)
Bernard Saint-Arroman, Bruno de Butler [email protected] 1 Petite rue,
49 - MAINE-ET-LOIRE 4 place du Champ de Foire,
58490 sAINT-PARIzE-LE-CHÂTEL,
12, rue du Général de Gaulle
67270 sCHWINDRATzHEIM 78 - YVELINES 88270 BEGNECOURT
Guy de Bellecour-Montfort, Tél. 03 86 58 14 03 Bernard Duhem, Tél. 03 29 36 63 85
Tél. 06 71 61 15 83
l’Auberdière, 49150 BOCE, [email protected] Ferme du Buisson, [email protected]
Tél.02 41 82 72 03 [email protected]
Véronique Simon-Marienne, [email protected] 2094 rue Jules Régnier, Michel Demange (service-conseil),
[email protected] 9 bis rue du petit versailles, 78370 PLAIsIR
Saumurois : J-Pierre Bouyneau, 24 rue de Nancy, 88000 EPINAL
Tél. 02 41 50 69 07
58000 NEvERs,
Tél. 06 32 30 08 21 69 - RHÔNE Tél. 01 30 54 06 25
[email protected]
Tél. 03 29 35 20 85
Angers : Gérard Sanzay, siège et correspondance : Daniel Leroy,
Tél. 06 17 07 72 90 Jean-Claude Vernon,
Anjou : Colette Berthe 59 - NORD 20 place sapéon,
69210 L’ARBREsLE
Tél. 06 63 64 95 69
[email protected]
7 chemin des Closures,
Laménil, 88380 ARCHEs,
Tél : 02 41 86 96 27 Noël Bouteillet,
Pierre Forissier, [email protected]
[email protected]
Haut-Anjou : Luc Kerjean
52 rue de Rivoli, 59800 LILLE,
Tél. 03 20 47 80 80 Tél. 06 50 52 91 08 79 - DEUX-SÈVRES
Tél. 06 74 35 23 36 [email protected]
Félix Boutu,
Françoise Mathieu,
Tél. 04 74 70 11 87 et 04 78 64 15 40
Claude Sapkas-Keller (M.),
La Grand Maison,
89 - YONNE
[email protected] Hélène Delorme, déléguée
(association Yser Houck), La Mairie, et 06 18 66 46 39 329 rue du Bourneuf,
50 - MANCHE 59470 VOLCKERINCKHOVE, Service-conseils :
Tél. 06 50 52 91 08
79410 sAINT-GELAIs,
Tél. 06 22 37 67 67
1 rue de la Croix-saint-Germain,
89130 TOUCy,
Daniel Herbert Tél. 03 28 68 07 22
[email protected] [email protected] Annick Georgeon, Tél. 03 86 44 25 23
Tél : 02 33 59 26 34 60 - OISE Nord Isère : Nicolas Devic Beauregard, 79400 sAIvREs,
Tél. 05 49 75 07 44
[email protected]
Auxerrois : Josiane Maxel
Granville, Avranches : Permanence lundi : 14 h à 18 h - [email protected]
Florence De Groot mardi au samedi inclus : 10 h à 18 h Pierre le Nevez, 03 86 81 13 58
Tél : 06 86 98 23 07 16 rue de l’Abbé-Gellée, 70 - HAUTE-SAÔNE La Pommeraie,
1 rue du Château,
[email protected]
Nord Cotentin : Jean-Michel Moytier 60000 BEAUvAIs, Christiane Zolger, Senonais : Marcel Brouchoud
Tél : 06 76 84 94 13 Tél. 03 44 45 77 74, 79190 CLUssAIs-LA-POMMERAIE
15 rue de l’Oratoire, Tél. 03 86 97 81 18
Coutançais, marais : Laura Touvet [email protected]
Fax 03 44 45 78 42, 70110 vILLAFANs, Brienonais : François Bonnefoy
Tél : 06 86 75 86 26
Sud Manche : Daniel Herbert
[email protected]
Gilles Alglave,
Tél. 03 84 20 97 17
[email protected]
80 - SOMME Tél. 03 86 43 13 75
Tél : 02 33 59 26 34 Nicole Dupré, [email protected]
60220 sAINT-ARNOULT,
51 - MARNE
Tél. 03 44 46 07 34 71- SAÔNE-ET-LOIRE 11 rue Morsue, villers-sur-Mareuil,
80132 HUCHENNEvILLE,
Rives de l’Yonne : Marie-Jeanne Cloche
Tél. 03 86 87 27 47
Hubert Cateland,
Véronique Aviat,
40 rue de Flancourt, 61 - ORNE Le Fugaud
Jean-François Herlem,
7 rue des Déportés 1940-45
[email protected]
Jovinien : Véronique Le Lann
51300 MAIsONs-EN-CHAMPAGNE, Siège et correspondance : 71110 sEMUR-EN-BRIONNAIs 92700 COLOMBEs
Joël Deslandes Tél : 03 85 25 09 43 Tél. 06 14 35 83 47
Tél. 03 26 72 53 42 Louise Bercez,
[email protected] Le Choisel sud, [email protected] 20 Grande Rue, [email protected]
Paul Bouloré, Tél. 03 26 59 98 44 61370 ECHAUFFOUR Côte Chalonnaise : 80132 MAREUIL-CAUBERT Tonnerois : Guy Parent
Tél : 06 14 51 57 70 Elisabeth Gilbert Tél. 03 22 24 47 88 Tél. 06 87 23 42 72
52 - HAUTE-MARNE [email protected] Tél : 03 85 49 27 53 [email protected] [email protected]
Claude Roze, Pays d’Auge : Eric Benoit Charolais-Brionnais : Baby Cateland Puisaye : Lyonel Joulin
5 Grande Rue, Tél : 06 64 43 19 91 Tél : 03 85 25 09 43 81 - TARN Tél. 06 80 53 06 55
52000 vILLIERs-LE-sEC, Bocage Normand : Sylvie Leblond Autunois-Pays Minier Clarisse Canivet-Dutour [email protected]
[email protected] Tél : 02 33 66 04 28 Michel Servigne La Combe de Galan, Vézelien : Michel Barré
Tél. 03 25 32 24 13 et 06 86 94 72 77 Tél : 03 85 56 16 71 81600 GAILLAC
Pays d’Alençon : Tél. 06 70 48 39 41 Tél. 03 86 63 33 61
53 - MAYENNE Annie Benoist-Dauvergne
Tél : 02 33 26 59 46
Clunysois-Mâconnais-Tournugeois
Jean-Paul Hulin
[email protected] [email protected]
Gervais Barré,
La Gripassière, Pays d’Alençon : Guy Lequilerier
Tél : 02 33 28 02 57
Tél : 03 85 47 72 54 82 - TARN-ET-GARONNE 91 - ESSONNE
53600 sTE-GEMMEs-LE-ROBERT,
Tél. 02 43 90 63 23 Pays des plaines d’Argentan : 72 - SARTHE Marie-Claude Topenot
LEs CARLOTs 82210 sAINT-
Hubert Champetier,
4 chemin de la Tournelle,
[email protected] Marc Chalufour Patrick Dejust NICOLAs –DE-LA-GRAvE
Tél : 02 33 12 71 45 24, rue du Petit vignard Tél. 05 63 94 39 17 91890 vIDELLEs
54 - MEURTHE-ET-MOSELLE Pays du Houlme : 72190 sAINT-PAvACE
Tél : 06 31 44 89 34
[email protected] Tél. 01 64 98 31 08 et 06 08 46 29 80
[email protected]
Anthony Koenig, Marie-Laurence Mallard
50 rue des Ducs de Bar, Tél : 02 33 35 94 89 [email protected] 83 - VAR
55000 BAR-LE-DUC,
[email protected]
Pays d’Ouche : Vincent Roussel
Tél : 06 07 83 33 38
Jean-Claude Pellemoine (adjoint),
Tél. 02 43 35 79 37
Maria-Teresa Fassone,
1937 Route du Plan de la Tour,
93 - SEINE-SAINT-DENIS
Nord Sarthe : Patrick Dejust, 83310 GRIMAUD, Michel Le Bec,
Tél. 03 29 76 11 90 & 06 10 89 03 72 Passais-Domfrontais : Muriel Fry
Anne-Marie Merlin, Tél. 02 43 81 87 80 Tél/Fax 04 94 56 81 70 et 06 71 68 22 19 52 ter rue Victor Hugo,
Tél : 02 23 25 63 62 93500 PANTIN,
5 rue du Manège, 54000 NANCy, Ouest Sarthe : A. et M. Labbé, [email protected]
[email protected]
Tél. 03 83 36 50 45 et 06 41 78 32 80 62 - PAS-DE-CALAIS Tél 06 85 09 10 24
Est Sarthe : François Pasquier, 84 - VAUCLUSE
Tél. 01 48 45 24 29
[email protected]
Pays Lunévillois : Gérard Di Scala Christophe Vidor, Jean Marc Barreau
103 route de selles, Tél. 02 43 75 79 86
19, rue Mangenot Sud Sarthe : Jean Edom, Rte de Mondragon
54950 sAINT-CLEMENT 62240 BOURNONvILLE, 84500 BOLLENE
[email protected] Tél. 06 65 69 34 34 Tél. 02 43 45 27 47
Tél. 04 90 30 18 98 & 06 80 08 61 85 Départements
sans responsables :
Pays du Toulois : Daniel Debois
14 rue du Petit Rosoir
[email protected]
Marie-Christine Geib-Munier, 73 et 74 - SAVOIE / HTE-SAVOIE [email protected]
prière de s’adresser à
54200 LAGNEy 4 rue du Moulin, 62142 Le WAAsT,
Tél. 03 21 83 95 60
Claudine Barrioz,
Les Tovères 73600 HAUTECOUR
85 - VENDÉE
Tél. 06 80 30 69 87 Claudine Schnepf,
[email protected] Frédéric Evard, Tél. 04 79 24 26 44 & 06 84 83 98 57 Fief Mignoux,
Tél. 06 51 07 01 68 [email protected] 85120 sT-MAURICE-DEs-NOUEs,
55 - MEUSE [email protected] Tél. 02 51 00 81 42 8 passage des Deux-sœurs*
Georges Duménil, 63 - PUY-DE-DÔME 75 - PARIS
[email protected] 75009 Paris
Tél. 01 44 83 63 63,
29 rue des Ducs Madeleine Jaffeux, Janine Duême,
55000 BAR-LE-DUC, 13 place de Derrière-la-ville, Luc Barré, 8 rue Jean-Charron, [email protected]
Tél. 06 06 62 27 62 63112 BLANzAT, 5 impasse du Rouet, 75014 PARIs 85200 FONTENAy-LE-COMTE, www.maisons-paysannes.org
[email protected] Tél. 04 73 87 92 90 [email protected] Tél. 02 51 69 31 85 (secrétaire)

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Par régions PAys-DE-LOIRE revues mpf
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ALsACE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € Fascicules 1966 à 1969,
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AQUITAINE nos 1 à 14 ........................................................ 4,00 €
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Dordogne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € Fascicules 1970, nos 15 à 20.................. 10,00 €
POITOU-CHARENTEs . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
Gironde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
PROvENCE-CÔTE D’AzUR . . . . . . . . . 16,00 € 15,30 € 1975 à 2013, nos 42 à 190,
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RHÔNE-ALPEs (01-42-69) . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € prix au numéro ........................................... 4,50 €
Lot-et-Garonne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
RHÔNE-ALPEs (38-73-74) . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € année 2014, nos 191 à 194,
Pyrénées-Atlantiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
RHÔNE-ALPEs (07-26) . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € prix au numéro .......................................... 9,00 €
AUvERGNE
Allier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
Cantal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
Haute-Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
Par sujets Numéros manquants : 22 à 37, 40, 43, 44,
45, 50, 62, 66, 67, 70, 71, 75, 76, 80, 83, 95,
BRIQUE, CARRELAGE . . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
Puy-de-Dôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € 99, 100, 101, 102, 104, 105, 106, 110, 111,
CHARPENTE, PANs DE BOIs . . . . . . . .16,00 € 15,30 €
BOURGOGNE 113, 114, 117, 119, 120, 129, 130, 131, 132,
Bourgogne du Nord (21-58-89) . . . . . 6,00 € 5,80 € CHAUx . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
133, 134, 140, 141, 143, 151.
Bourgogne du sud (71) . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,30 € PLÂTRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
BRETAGNE CONsEILs EN vRAC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
CONsTRUIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,30 €
Les archives de la revue sont en ligne
Côtes-d’Armor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € sur notre site Internet www.maisons-
Finistère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € DEvENIR MAÎTRE D’OUvRAGE. . . . . . . 6,00 € 5,80 € paysannes.org, rubrique « Base
Ille-et-vilaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € EAU – CITERNEs, MAREs, PUITs . .11,00 € 10,50 € documentaire » (accès aux articles
Morbihan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € ÉLÉMENTs DÉCORATIFs . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € réservé aux abonnés).
CENTRE ÉTUDEs DE vILLAGEs . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
Berry (Cher, Indre) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
Touraine (Indre-et-Loire) . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
EsCALIERs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
FOURs A PAIN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
Dossiers
Beauce (28-41-45) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € Études, articles sélectionnés, documents
CHAMPAGNE-ARDENNE . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € GRANGEs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
HUMIDITÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
inédits, documents d’archives, etc.
CORsE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
FRANCHE-COMTÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € IsOLATION NATURELLE . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 € CHEMINÉEs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
ÎLE-DE-FRANCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,30 € JARDINs, HAIEs (TI & TII) . . . . . . . . . . . . .16,00 € 15,30 € GIROUETTEs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
LANGUEDOC-ROUssILLON nord . . 11,00 € 10,50 € MAIsONs PAysANNEs DU MONDE 11,00 € 10,50 € sERRURERIE-FERRONNERIE . . . . 16,00 € 15,30 €
LANGUEDOC-ROUssILLON sud . . . . 6,00 € 5,80 € MURs & MAÇONNERIEs PIERRE . . .16,00 € 15,30 € GUIDE PRATIQUE pour la sauvegarde
LIMOUsIN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € NOs MOULINs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € du patrimoine rural bâti et paysager . . . 16,00 € 15,30 €
LORRAINE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € PEINTUREs ET PIGMENTs . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € REsTAURATEURs DU BÂTI RURAL
MIDI-PyRÉNÉEs PIsÉ, BAUGE, TORCHIs . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € ANCIEN. Chaumiers, artisans terre, etc. 6,00 € 5,80 €
Aveyron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
PORTEs, FENÊTREs, vOLETs . . . . 11,00 € 10,50 €
Lot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
09-31-32-65-81-82 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € TOITUREs MINÉRALEs . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,50 € « Torchis-Bauge-Adobe-Enduits », 2 DvD, C. sutter. . 37,30 €
NORD-PAs-DE-CALAIs . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € TOITUREs vÉGÉTALEs . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,50 € prix franco de port et 35,50 € prix adhérents
NORMANDIE (BAssE-) . . . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,30 € PIGEONNIERs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € « Comment restaurer ou construire un four à pain »
NORMANDIE (HAUTE-) . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € REsTAURATIONs RÉUssIEs 1 DvD, C. sutter. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22,30 €
PICARDIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,50 € Concours MPF-Réné Fontaine . . . . . . .16,00 € 15,30 € prix franco de port, et 21,30 € prix adhérents

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2d
1d

22 € pour 4 numéros de l’année civile)


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Pour 1 personne .................................................. 52 € ...... 68 € .......................... r................€ Dans le cas d’une adhésion pour 2 personnes
Pour 2 personnes à la même adresse .................. 58 € ...... 76 € .......................... r................€ Raison sociale ou dénomination . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Personne morale ou entreprise ........................... 58 € ...... 76 € .......... r ......... r................€ Pour une personne morale ou une entreprise
• Cas particuliers Adresse postale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Adhésion simple ........................................................ ...................................................................................................

Pour 1 personne .................................................. 30 € ...... 46 € .......................... r................€ Code postal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Ville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Pays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pour 2 personnes à la même adresse ..................... 36 € ...... 54 € .......................... r................€
Personne morale ou entreprise ........................... 36 € ...... 54 € .......... r ......... r................€ Département(s) d’affiliation choisi(s) 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .....
Abonnement revue sans adhésion (TVA 2,1 %) .... 36 € ............................ r ...............................€
L’adhésion dans un 2e département permet
Port étranger pour abonnement revue (sans TVA) . 8 € ............................ r ...............................€ de soutenir ses actions, d’en être informé et de pouvoir y participer.
• Don à l’association : Informations recommandées pour faciliter la communication
Un don complémentaire permet de financer
des actions spécifiques de l’association durant l’année. Tél.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ... . . . . . . . . . . . Tél. 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pour les actions au niveau national .......................................................... 50 € r ................€ Courriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .N° d’adhérent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
...................................................................................................... 100 € r.................€
........................................................................................ Autre montant r ................€ Adresse secondaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pour les actions au niveau départemental ...........................................................................................€ Profession . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
(au 1er département sauf mention contraire) J’ai connu l’association par : r Bouche à oreille ; r Site Internet ; r Presse ;
4 8 ..........................................................................................
u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 TOTAL ...............................€ r Librairie/ouvrages ; rSalons,M foires ° 1 9 4 - 4 T. 2 0 1 4 u 4 8
. P . F; .rnAutres.
4 8 u M . P . Chèque F . n à° l’ordre 1 9 57de Maisons
- 13 TPaysannes
. 2 0 1 de 5 France joint.
Date . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Signature

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