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PAT R I M O I N E R U R A L 195 PR I N T E M P S 2 015

DOSSIER
Diversité / banalité
TRIMESTRIEL - MARS 2015 - 9 €

MPF 195 indesign [Link] 1 09/02/2015 11:23


Reconnue d’utilité publique
sommaire
numéro 195
ADMINISTRATION DE MPF PRINTEMPS 2015
Membres du Bureau :
Président : Georges DUMÉNIL
Vice-président : 1 Éditorial, par G. Duménil
Bernard DUHEM
Secrétaire général :
2 Les actualités
Jean HERNANDEZ 5 Concours mpf René Fontaine 2013,
Secrétaire général adjoint :
Denise BACCARA L’auberge du Coq
Trésorier : Jean-Paul MECKERT
Président d’honneur :
7 Les bisses du Valais, par E. Reynard
Michel FONTAINE
PHOTO DE COUVERTURE :
MEMBRES FONDATEURS
DOSSIER :
Sur la place de Viavino, à l’intérieur du « panier »
(Saint-Christol, Hérault) © Luc Barré et ANCIENS PRÉSIDENTS DIVERSITÉ/BANALITÉ
Aline BAYARD
PUBLICATION TRIMESTRIELLE Raymond BAYARD
Dr Alfred CAYLA
9 Introduction
éditée par l’Association
Bernard CHAMPIGNEULLE 10 Le vernaculaire est accueillant…, par L. Barré
Maisons Paysannes Roger FISCHER
11 Une diversité apaisée entre vieux et neuf,
de France René FONTAINE
Michel MARéCHAL par A. Lavalou
8, passage des Deux-Sœurs, Pierre MOREAU
75009 PARIS Jean MOUGIN 14 La diversité des maisons rurales :
Reconnue d’utilité publique Michel PARENT
Tél. 01 44 83 63 63 Henri RATOUIS une richesse à préserver, par P. Madeline
Fax 01 44 83 63 69 Jacques de SACY
Jean-Louis SOUBRIER
15 Banalité, source de flexibilité,
contact@[Link]
par Jean-Jacques Terrin
[Link] Ont également collaboré à ce numéro :
Anne BELHOSTE 16 « Chacun s’amuse », par A. Laprade
RÉDACTION Rémy CLADEN
Directeur de la publication : Claude DIMEY 17 Le semblable et le différent, par R. Claden
Georges DUMÉNIL Jean-Paul GLEIZES
Armelle LAVALOU
18 Enquêteurs de la diversité, par C. Rosset
Rédactrice en chef :
Marguerite-Marie POIRIER Thierry PAQUOT 20 Un village « ordinaire », par B. Rombauts
Claudie PLISSON
publications@[Link]
Emmanuel REYNARD 21 Une modernité rurale : Viavino, par L. Vincent
COMITÉ DE RÉDACTION
Luc BARRÉ
Bernard ROMBAUTS
Claire ROSSET
24 Vorarlberg : petit pays, grande créativité
Francis BLOIS Christian SUTTER par L. Barré
Julien BURGHOLzER Jean-Jacques TERRIN
Simone de BUTLER Laurent VINCENT 28 Le Clos des Fées, une alternative
Bernard DUHEM Cyrille VÉRAN
Michel FONTAINE
au lotissement ?, par L. Barré
Daniel GOUPy 30 Éloge de la banalité heureuse, par T. Paquot
Jean HERNANDEz PUBLICITÉ
Pascal LIÉVAUx publications@[Link]
Philippe MADELINE 31 Four à pain sauvé : ceinturé comme un
Tony MARCHAL IMPRESSION
Jean PEyzIEU Imprimerie Vincent tonneau !, par C. Sutter
Pierre THIÉBAUT
Maïté WAUQUIER-MOREUx
zI du Menneton ; 26, av. Ch. Bedaux
BP 4229, 37042 TOURS
32 Fours à pain de toujours et bois de chauffe
Tél. 02 47 39 39 52 On a eu chaud !, par C. Sutter
Réalisation graphique :
A CONSEIL, [Link] 34 Pourquoi des « Règles Professionnelles » ?,
Commission paritaire des publications : 0917 G 82511 par J. Gleizes
ISSN 0542 - 1667 - Dépôt légal : 2e trimestre 2014
Prix du numéro au public : 9 €
35 Granges du Nord : comme une contrée
Reproduction interdite sans accord spécial écrit à explorer, par M-M. Poirier et C. Dimey
à demander à l’association MPF 38 Projet de loi « transition énergétique
L’association nationale dite « Maisons Paysannes de France » — titre qui lui pour une croissance verte » : ne pas sacrifier
est réservé, en abrégé MPF —, fondée en 1965, a pour but :
• de sauvegarder les maisons paysannes traditionnelles et leurs annexes, le patrimoine !, par G. Duménil
quelle que soit leur occupation actuelle, en favorisant leur entretien et leur 40 Bât’Innov en Languedoc-Roussillon,
restauration selon les conditions propres à chaque région,
• de promouvoir une architecture contemporaine de qualité, en harmonie par J. Peyzieu
avec les sites,
• de protéger le cadre naturel et humain des maisons paysannes, de leurs agglo-
41 Échos des départements et régions
mérations et, d’une manière générale, de l’environnement et des paysages ruraux. 43 Bulletin d’adhésion
PERMANENCES 44 Recueils et dossiers MPF
Tous les après-midi : téléphone ou répondeur 45 Liste des représentants départementaux
Ouvert le mardi et mercredi de 14 h à 17 h 30
Conseils sur rendez-vous : Patrick PETIT de Maisons Paysannes de France
47 À lire
48 Annonces, carnet d’adresses

Les articles publiés dans la revue Maisons Paysannes de France engagent


B u M . P. F. n ° 1 9 4 - 4 T. 2 0 1 4 la seule responsabilité de leurs auteurs. Ils n’expriment pas nécessairement
l’opinion de l’Association et de la Rédaction.

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Éditorial

Le conseiller territorial
et le patrimoine
Par Georges Duménil, président de Maisons Paysannes de France

N
ous serons prochainement appelés devant les urnes, à choisir les conseillers
territoriaux de nos départements puis, en fin d’année, les conseillers régionaux.
Si l’on peut regretter le nouveau découpage des cantons, réalisé en fonction
du seul nombre d’ habitants, mais ne tenant compte ni des bassins de vie ni des « pays »
qui sont pourtant l’essence même de la représentation géographique de notre société,
on doit se féliciter de la prise en compte de la parité qui bouleversera immanquablement
la composition de ces conseils territoriaux.
Mais quelle sera l’approche patrimoniale de ces nouveaux élus ?
« Si l’on peut regretter De quels moyens disposeront-ils ?
le nouveau découpage Lorsque l’on sait que le patrimoine n’est pas une compétence
des cantons, on doit régalienne des départements, lorsque l’on constate l’ énorme
se féliciter de la prise en diminution de leurs moyens, il est à craindre que la part destinée
à la cause que nous défendons ne puisse permettre une réelle prise
compte de la parité » en compte de ce patrimoine, pourtant ressource économique
non négligeable, en particulier dans les départements ruraux.
Les départements disposent pourtant d’un levier : lorsque les PLU (plans locaux
d’urbanisme) ou les PLUI (intercommunaux) sont établis, ils sont subventionnés par
les départements. Ces derniers devraient donc prendre l’ initiative de conditionner
ce financement à la mise en place d’un document intégrant les protections patrimoniales
autorisées par l’article 123-1 §5 du Code de l’urbanisme.
Un moyen simple et efficace qui peut trouver localement le soutien et le conseil de nos
délégations, une décision de bon sens permettant, sans coût supplémentaire, de concilier
Patrimoine et Territoire.
Encore faut-il en avoir la volonté !

M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 1

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Les actualités
le 10 avril intitulé « La cathédrale
À propos de moulins… De brique et de bois : Saint-Julien : princes d’Église et lieux
construction plus écologique symboliques » : les cardinaux Philippe
Colloque sur les moulins à eau de Luxembourg et Jean du Bellay mis à
Une séance spéciale du séminaire Plus de deux ans après la mise en l’honneur ainsi que les projets de restau-
du Pôle Rural de l’Université de Caen route de la RT 2012, ces deux matériaux ration de la cathédrale tels que le Porche
Basse-Normandie, en partenariat avec le ont vu leur part de marché augmenter Royal, les stalles…
Pôle maritime, aura pour thème « moulins signif icativement, alors que le par- Renseignements : 02 43 47 40 30
à eau, production et paysage », le 12 mai paing béton est en nette baisse. Dans [Link]
prochain (Le Molay-Littry, Calvados). Pour la construction de maisons comme
assister à cette journée d’étude scientifique en logement collectif, brique et bois
(Le Molay-Littry, Calvados), toutes les sont de plus en plus demandés, même
informations sont sur le site : dans le contexte actuel de baisse des
Journées Européennes
[Link]/socrurales mises en chantier, en raison de leurs
des Métiers d’Art
performances techniques de plus en
Moulins et patrimoine meulier Du 27 au 29
plus appréciées.
Les Journées Européennes des Moulins mars, l’Institut
et du Patrimoine Meulier auront lieu les National des
16 et 17 mai : elles concernent tous les Métiers d’Art or-
types de moulins et embrassent les activités
périphériques, les carrières de meules, les
Journées Mans’Art, ganise la 9e édi-
vitrine du savoir-faire tion sur le thème :
réhabilitations… Informations et/ou parti- « Territoires de
cipation : Fédération des moulins de France et du patrimoine
l’innovation ».
[Link] • Tél. 09 63 27 96 60 Plus de 5 000
La Cité Plantagenêt, cœur historique
ateliers organisent plus de 500 événements et
Journées du Patrimoine de Pays du Mans, ville d’art et d’histoire, est le
manifestations très variées : il y en a forcément
et des Moulins cadre de la 4e édition, les 11 et 12 avril 2015.
près de chez vous ! Tout le programme sur :
Des lieux exceptionnels, la Cité et la
[Link]
cathédrale Saint-Julien, accueilleront
plus de 130 exposants des métiers du
patrimoine et des savoir-faire de tradition :
artisans restaurateurs de mobilier, d’objets Pardonnez-nous nos oublis
d’art ou du bâti ancien, associations et
institutions, pays d’art et d’histoire et Dans le dossier de notre dernière
pays touristiques. édition, un tableau listait des organismes
Et à proximité, le cadre unique engagés en « écoconstruction – écores-
de l’abbaye Saint-Vincent reçoit le tauration », pour aider nos adhérents
3 e salon du livre ancien : une vingtaine à s’y retrouver dans les nombreuses
de libraires venus de toute la France, structures concernées. Il était très dense,
exposition « Jules Verne » et présentation mais nous n’avons pas évité le piège de
l’incomplétude. Nous avons par exemple
d’ouvrages exceptionnels.
oublié l’historique et importante Fédé-
Cette 18e édition mettra à l’honneur, les 20 et ration Française des Professionnels
21 juin, les techniques du Moyen Âge encore de la Pierre Sèche, qui fait un travail
présentes dans nos usages actuels : 2 jours pour remarquable et essentiel pour promou-
montrer que le patrimoine est partout, pas voir ce matériau dans la construction
seulement dans les plus beaux monuments. contemporaine comme dans le patri-
Chaque année, ces journées réunissent moine. Cette omission est d’autant plus
passionnés d’architecture, d’histoire, de impardonnable que MPF connaît bien
patrimoine, petits et grands, professionnels et apprécie sa grande expertise, et que
et amateurs, autour des richesses de notre beaucoup de nos adhérents participent
patrimoine, avec plus de 1 500 animations ! à son combat. Que nos amis de la FFPS
Associations, particuliers, artisans, musées, nous pardonnent et nous gardent leur
OT, collectivités, vos maisons, vos fours, confiance !
lavoirs, fontaines, ponts et autres merveilles
qui vous entourent chaque jour méritent NB : les associations qui auraient
qu’on les admire ! Valorisez votre patri- Conseils, animations, démonstra- été oubliées peuvent se faire connaître :
moine et inscrivez votre animation avant tions, dégustations, achats d’ouvrages nous les intégrerons dans le tableau qui
le 31 mars. Renseignements : anciens, café-archi, expositions, ate- figure désormais sur notre site, ce qui
[Link] liers enfants. Mais aussi un colloque le rend… évolutif !

2 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5

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Les actualités de l’association
- les différents articles relatifs aux
Maisons Paysannes de implantations d’éoliennes dénaturant les Notre assemblée générale
France collabore avec le paysages ou les périmètres de protection
Parlement sur le texte du ont fait l’objet de vives discussions. Les
projet de loi “transitions sénateurs ont pris note de nos propositions
énergétique pour une et vont tenter de convaincre leurs collègues.
croissance verte” (voir p.38/39)

Le 14 janvier avec trois de ses collègues


du G7 patrimoine, votre président a été reçu
par la commission de la culture du Sénat,
présidée par le rapporteur de cette loi, Fran-
çoise Férat. Fin 2013, nous avions déjà fait
valoir nos positions auprès de la commission L’AG de Maisons Paysannes de
des affaires économique du Sénat. France se déroulera le samedi 25 avril
Deux points importants ont été à la mairie du 9e arrondissement de
discutés : Paris, 6 rue Drouot.
- l’article 5 du titre II, qui obligera les Le 15 janvier, Georges Duménil a été Selon nos statuts, le conseil d’ad-
propriétaires à isoler par l’extérieur lors reçu par le député Chanteguet, président ministration devra être renouvelé par
d’un ravalement de façade. Les sénateurs de la commission du développement du- moitié, cette année. La liste des candi-
ont compris notre argumentation précisant rable à l’Assemblée nationale, et exprimé dats figurera sur les convocations que
que les murs des maisons anciennes ne ses inquiétudes à propos de ce texte déjà vous allez recevoir.
nécessitaient pas d’ITE et proposeront un voté par l’Assemblée (mais qui reviendra La fonction d’administrateur néces-
amendement dans ce sens. en deuxième lecture). Le député a été très site une présence et une participation
à l’écoute de notre message et fera en sorte active aux tâches de l’association, c’est
de modifier le texte afin que le bâti ancien un engagement fort qu’il convient de
ne soit pas concerné. bien mesurer par rapport à son emploi du
temps, sa disponibilité, ses compétences
Nous avions, par ailleurs, proposé afin d’équilibrer les missions de chacun.
nos services à Madame la Ministre pour Je vous remercie de tenir compte de
l’élaboration des décrets d’application, qui ces paramètres lors de votre décision.
seront très techniques, mais il semble que
nous n’ayons pas été entendus. Le président

Et pour les plus


3 concours pour petits : un concours de
tous les goûts dessins !
Sur le thème « La mai-
À vos appareils photos pour le concours son que j’aime », tous les
« Bâti rural et paysages en France » ! enfants de 6 à 12 ans sont
Vous avez jusqu’au 30 avril pour nous invités à dessiner, avec la
montrer votre patrimoine adoré. 4 prix à gagner ! technique de leur choix :
Et une catégorie « moins de 16 ans ». rayons NB ou couleur,
Les photos fe- feutres, gouaches, aqua-
ront l’objet d’une relles, collages, décou-
exposition : d’abord pages… Ils doivent nous
fixe, en septembre envoyer leurs œuvres par courrier avant le
à l’Orangerie Et vos travaux ? Pensez à les valoriser 31 mai. De chouettes lots à gagner : entrées
des jardins du en participant au grand concours de pour des musées, fournitures de beaux-arts,
Luxembourg, puis restaurations et d’extensions Maisons livres de dessins, matériel de jardinage, etc. !
itinérante pour sen- Paysannes de France - René Fontaine.
sibiliser à la richesse Vos dossiers doivent nous parvenir avant En savoir plus sur les concours sur notre
et à la beauté du le 1er mai. site internet :
patrimoine bâti Cette année, les lauréats recevront leurs [Link]
et paysager en prix au Salon International du Patrimoine à la rubrique « Actions » (règlements
France. Culturel en novembre ! et bulletins d’inscriptions à télécharger)

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L’agenda du cinquantenaire
Avril
Assemblée générale de MPF à Paris le 25 avril.
Concours dessins jeunes : à rendre avant le 31 mai.

Juin
Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins les 20 et 21 juin :
de nombreuses délégations de MPF organisent des manifestations.
Demandez le programme !

Septembre
Exposition photos : en septembre, une superbe exposition de photographies
montrera ce qu’il en est de notre patrimoine aujourd’hui à travers l’œil des candidats
du concours photos. Une exposition sera d’abord présentée à Paris, puis tournera
dans toute la France afin que chacun puisse en profiter !

La remise des prix du concours photos aura lieu lors du vernissage


de l’exposition.

Journées Européennes du Patrimoine : les 19 & 20 septembre.


Comme chaque année, les délégations de Maisons Paysannes de France
vous proposeront de partir à la découverte des richesses de leur région
lors de cet incontournable rendez-vous des amoureux du patrimoine !

Novembre
Salon International du Patrimoine Culturel du 5 au 8 novembre
Événement de clôture du cinquantenaire, le salon sera l’occasion
de remettre les prix du concours Maisons Paysannes de France-René Fontaine.
Nous y proposerons également une conférence et vous accueillerons avec plaisir
sur notre stand « spécial 50 ans » ! Retenez la date et venez nombreux !

Le livre des 50 ans de Maisons Paysannes de France rassemblera de nombreux témoignages et beaucoup de
projets pour l’avenir de notre association. Nous remercions toutes les personnes qui l’ont pré-commandé, et le recevront cet été !

Le cinquantenaire c’est aussi un bouquet d’événements concoctés par nos délégations départementales :
visites-découverte, initiations aux savoir-faire, conférences, chantiers participatifs…

Consultez notre rubrique « Agenda » sur [Link] pour ne rien manquer !

4 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5

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Concours
mpf
René Fontaine
2013

Maisons de bourg

La façade après
restauration

Vue générale de la place sur


une carte postale ancienne

Concours

L’auberge du Coq,
un témoin sur la place
À Baccon (Loiret), Mme et M. Dieudonné ont restauré
l’Auberge du Coq, une importante maison témoignant
de l’intense activité rurale d’autrefois dans un bourg
de Petite Beauce au nord de Meung-sur-Loire.
TEXTE : CLAUDIE PLISSON - PHOTOS : M. ET MME DIEUDONNÉ La façade avant restauration

L
es propriétaires, qui recherchaient pour Le bourg de Baccon se situait sur le « Chemin
eux-mêmes une maison ayant une âme, aux Bœufs », ce qui explique la largeur de sa rue
et des bâtiments permettant d’amé- principale et ses vastes trottoirs pavés. Ce grand
nager des gîtes, ont été séduits par cet bâtiment pouvait loger vachers et bergers condui-
ensemble comportant une très grande maison sant les troupeaux montant du Limousin vers
sur trois niveaux (outre le grenier) dont la façade Paris. Ses importants bâtiments annexes (granges,
donne sur la place de l’église avec, à l’arrière, de étable, écurie, porcherie…) et les terres attenantes
nombreux et vastes bâtiments d’exploitation en- permettaient d’accueillir les animaux.
tourant la cour. L’auberge devient une ferme au cours du
XIXe siècle. Elle le reste jusqu’en 1997, date de
Des usages variés au cours son acquisition par Mme et M. Dieudonné : ils
veulent faire retrouver son caractère au bâtiment
de l’histoire tout en lui apportant agrément et confort… C’est
par l’intermédiaire du CAUE du Loiret que les
L’ « Auberge du Coq » est la seule maison propriétaires ont été aiguillés vers la délégation de
du bourg répertoriée à l’Inventaire Régional en Maisons Paysannes et son architecte conseil.
dehors de l’église et de quelques châteaux des
environs. Elle peut être datée du XVe siècle (le
premier acte de vente mentionne 1492). Servant
Une priorité : les façades
sans doute à l’origine à entreposer le produit de la Meneaux et appui refaits
collecte des impôts en nature, elle est mentionnée Elles étaient recouvertes, comme hélas ! en calcaire de Beauce
dans un acte de vente en 1706 comme auberge. trop de maisons anciennes, d’un enduit de ci-

M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 5

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ment, blanc pour la façade avant et gris sur la de la charpente imposait un matériau de
façade sur cour… Il fallait également refaire les couverture homogène ; des raisons de budget
meneaux des deux grandes fenêtres de l’étage ont fait pencher la balance vers l’ardoise, qui
(il n’en restait que les encadrements moulurés se justifiait aussi par le statut de la maison.
et les traces d’implantation des croisées), répa- Il faut remarquer le travail du couvreur qui
rer des pierres d’encadrement en bas des deux a su respecter la forme particulière du toit du
portes en arc à l’avant et à l’arrière et rempla- bâtiment situé à droite du bâtiment principal.
cer les appuis de fenêtres en ciment du rez- Il forme en effet, avec celui-ci et le bâtiment
de-chaussée. En l’absence de documents sur du four à pain qui le prolonge, une courbe qui
les ouvertures d’origine, le parti a été pris de rend les toitures asymétriques.
restaurer les fenêtres à meneaux de l’étage, de
garder, bien sûr, la porte en arc et de conserver
telles quelles les autres ouvertures, c’est-à-dire
Menuiseries d’artisan
la deuxième porte jouxtant la porte cintrée et la
grande fenêtre du rez-de-chaussée, même si on Le même parti a été pris pour les fenêtres
peut penser qu’elles résultent de remaniements du rez-de-chaussée que pour les fenêtres à me-
datant sans doute du XIXe. neaux, où ce choix s’imposait évidemment : pas
Un tailleur de pierre de Mardié a refait les de contrevents, mais des menuiseries à triple
Pans de bois intérieurs
pièces manquantes ou abîmées en calcaire de vitrage (anti-effraction) sur mesure. C’est un
Beauce ; la mise en place des meneaux par les ma- menuisier de Baccon qui a réalisé la porte
çons a d’ailleurs été compliquée par le faux équer- d’entrée principale cintrée en chêne. Pour la
rage des baies (affaissement de la maçonnerie ?) couleur des menuiseries, un bleu soutenu a
Après piochage du ciment, les enduits ont été choisi de préférence au gris ou blanc cassé,
Artisans été refaits à la chaux hydraulique naturelle pour animer la façade.
Maçon : Entreprise Sailleau, Mardié (45) (NHL 3,5) et au sable de Loire.
Couverture-charpente : Entreprise Grassin, Conserver cheminées et
Epieds-en-Beauce (45) Tuiles ou ardoises ? pans de bois intérieurs
Menuisier : Gilles Benier (Baccon)
Taille de pierre : M. Drey, Atelier
On trouve en Val de Loire et Petite Beauce Les propriétaires tenaient à conserver la
de la Petite Levée (Mardié)
les deux types de couverture, l’ardoise étant grande cheminée de la salle principale, typique
plus fréquente dans les bourgs et marquant du Val de Loire, c’est-à-dire très peu profonde
un souci de distinction sociale. Une carte et sans surélévation du foyer. Malheureusement,
postale fin XIXe montre la maison couverte les petites briques disposées en fougère qui en
en tuiles plates ; en 1997, le versant côté cour constituaient le fond se sont révélées irrécupé-
était couvert en tuiles, l’autre, sur la place, rables car en partie désagrégées par le ciment qui
en ardoise. Le souci de préserver l’équilibre avait été appliqué. Aussi, le choix a-t-il été fait de
réaliser un doublage de briques enduit et d’ins-
taller un poêle à bois dans la cheminée, dont les
autres éléments, jambages de pierre, corbeaux et
linteau, sont restés tels quels. Une cheminée plus
petite qui communiquait avec un four à pain at-
tenant (mais qui avait été détruit) a également
été conservée dans la cuisine.
Les cloisons intérieures en pans de bois ont
été maintenues au rez-de-chaussée et à l’étage. Les
carreaux de terre cuite des étages, en bon état, ont
été déposés et reposés au rez-de-chaussée.

Évolution visible
L’Auberge du Coq posait les problèmes de
fond de la restauration d’un bâtiment d’une
grande ancienneté mais pas suffisamment do-
cumenté pour qu’on puisse chercher à revenir à
un état premier avéré. La maison, telle qu’elle est
aujourd’hui restaurée, témoigne des transforma-
tions qu’elle a connues ; la qualité des matériaux
employés et le soin apporté à leur mise en œuvre
en font un exemple remarquable du patrimoine
Grande cheminée avec poêle et porte ancienne de la commune.
6 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5

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Les bisses du Valais,
un réseau pluri-centenaire
d’irrigation de montagne
Depuis qu’ils ont été en quelque sorte

© E. Reynard
redécouverts dans les années 1980, les
bisses du Valais – les canaux d’irrigation,
souvent à ciel ouvert, qui amènent l’eau Le Ladu, Jolital
des cours d’eau et torrents en direction
des terres agricoles, appelés Suonen dans
la partie germanophone du canton –, ont suscité un intérêt qui va grandissant
et dépasse largement le domaine de l’agriculture, pour rencontrer notamment
ceux du patrimoine et du tourisme. Cet article aborde quelques caractéristiques
de ce système d’irrigation, dont le réseau principal compte quelque 800 km et
dont certains rêvent d’une inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO.
© P. Varone
TEXTE : EMMANUEL REYNARD, INSTITUT DE GÉOGRAPHIE ET DURABILITÉ,
UNIVERSITÉ DE LAUSANNE - [Link]@[Link]

La paroi des Branlires : vestiges du


Torrent-Neuf de Savièse permettant
Une origine climatique, sait ainsi de construire un réseau de canalisations de traverser une barre calcaire
économique et pour amener l’eau des hautes vallées en direction
des zones cultivables trop sèches.
géomorphologique
La géomorphologie. L’effet du relief est
Plusieurs raisons peuvent être invoquées moins connu. Ce qui fait la particularité des
pour expliquer la présence, les caractéristiques bisses valaisans, en comparaison avec d’autres
et le développement des bisses du Valais. Nous systèmes d’irrigation européens (les rus du val
en dénombrons trois. d’Aoste, les canaux du Briançonnais ou les
Waale de la vallée de l’Adige), c’est l’utilisa-
Le climat. C’est la raison première de l’exis- tion du bois pour la construction de canaux
tence de ces canaux. La vallée du Rhône, entre suspendus aux parois. Il s’agit là d’une tech-
Brigue et Martigny, est en position d’abri, entre nique quasi unique au monde et qui pourrait
deux chaînes de montagnes : les Alpes valaisannes justifier une inscription au Patrimoine mon-
au sud (dont les sommets atteignent plus de dial, dont il reste encore quelques vestiges sur
4 000 m), qui protègent la vallée du Rhône des plusieurs canaux. La présence de ces canaux
dépressions méditerranéennes, et les Alpes ber- en bois est expliquée par la nécessité de tra-
noises au nord (culminant à plus de 3 000 m), verser des parois rocheuses, afin de relier les
qui protègent des dépressions atlantiques. Ce vallées glaciaires suspendues et les zones d’ir-
double effet d’abri explique la présence de zones rigation en traversant les gorges de raccorde-
© P. Varone

sèches (moins de 600 mm de pluie par année) en ment, étroites et aux parois verticales, creusées
plaine et sur les coteaux de basse altitude. Mais, par les cours d’eau après le retrait des glaciers.
paradoxalement, en raison des gradients pluvio-
métriques (augmentation des précipitations avec Le contexte économique et démogra- Reconstitution d’un bisse
l’altitude), les hautes vallées sont riches en eau, phique. Les premières mentions écrites de ca- à des fins touristiques :
en neige et en glace, faisant du Valais l’un des naux remontent à la seconde moitié du Moyen le Torrent-Neuf de Savièse
châteaux d’eau du continent européen. Il suffi- Âge (les premiers documents écrits datent du

M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 7

MPF 195 indesign [Link] 7 09/02/2015 11:23


© E. Reynard
Sites internet

Association des bisses du Valais :


[Link]

Musée valaisan des bisses :


[Link]

Les bisses du Valais :


[Link]

Page bisse sur le site internet de


l’Institut de géographie et durabilité:
[Link]/igul/home/menuinst/
la-recherche/eau-et-geopatrimoine/
[Link]

Ouvrages d’art sur


le Bisse de Saxon

XIIIe siècle,mais se réfèrent souvent à des bisses duré pendant des siècles, traversant plusieurs sys-
plus anciens, dont on peut raisonnablement faire tèmes politiques, voire la période dite française du
remonter la construction à l’optimum climatique Valais, devenu un département français sous
médiéval). La majorité des grands bisses, dont la Napoléon. Ces consortages sont un des exemples
plupart fonctionnent toujours actuellement, ont de gestion communautaire des ressources natu-
été construits au XVe siècle. Les recherches histo- relles (common-pool resource institutions) concep-
riques fouillées ont démontré que ces construc- tualisée par la récipiendaire du Prix Nobel
tions résultent de la conjonction de la présence d’économie 2009, Elinor Ostrom. Conscient de
de terrains agricoles à profusion, suite à la crise la valeur patrimoniale de ces formes d’organisa-
© E. Reynard

économique et sociale du XIVe siècle (notamment tion communautaire de la société, le Valais a fait
marquée par une dépression démographique sans inscrire les consortages sur la liste du patrimoine
précédent due à la peste) et d’une augmentation immatériel de la Suisse.
Bisse Neuf, à Miège, un canal creusé de la demande en produits laitiers et carnés, liée
directement dans le versant au développement des villes tant en Italie qu’au
nord de l’Europe. Les bisses sont ainsi le résultat
Un patrimoine à valoriser
d’une volonté d’augmenter la production agri-
Bibliographie cole, à but commercial, plus qu’une unique né- Le sociologue Bernard Crettaz, fin observa-
cessité d’ordre climatique ! Une seconde vague de teur de l’évolution des sociétés alpines au cours
construction date du XIXe siècle, période durant du XXe siècle, a mis en garde contre un processus
Bisses de légende
laquelle les Alpes sont surpeuplées et l’agriculture, de folklorisation excessive du patrimoine alpin,
Gerber, J., 2008,
activité économique prédominante, doit à nou- qui voit le secteur touristique ne retenir de la vie
Sierre, Monographic,
veau augmenter sa productivité pour faire face à agricole de l’époque pré-moderne que quelques
224 p.
la croissance des besoins alimentaires. éléments emblématiques (le bisse, le raccard,
les combats de vaches) en oubliant délibéré-
Les bisses : ment les multiples peines de la vie quotidienne
et l’organisation sociale complexe de la société
Les Bisses du Valais
Gerber J.,
une infrastructure alpine. C’est là tout l’enjeu du processus actuel
Papilloud J.-H., 2013. et une organisation de patrimonialisation des bisses. Ce mouvement
Sierre, Monographic, passe certes par la reconnaissance et la récupéra-
359 p. tion par le secteur touristique – qui en fait l’un
Les bisses ne se limitent pas à aux 800 kilo- des emblèmes du tourisme estival –, des bisses
Les bisses, économie, mètres de canaux principaux. Ils regroupent toute principaux et des prouesses techniques qui ont
société, patrimoine. une série d’infrastructures hydrauliques (prises mené à leur installation et à leur maintien pen-
Actes du Colloque d’eau, canaux secondaires, bassins de stockage, dant des siècles, mais il doit également montrer
international répartiteurs, etc.), diffuses sur le territoire rural et que les bisses ne se limitent pas à ces ouvrages
Nahrath S., Papilloud J.-H., souvent largement abandonnées. Et surtout, pour spectaculaires. Ils sont bien plus que cela et les
Reynard E. (dir.), 2011, gérer ce formidable système de distribution de traces de ce formidable réseau « irriguent » de
Annales valaisannes, 564 p. l’eau, ont été développées des associations d’usa- manière fine une grande partie du territoire (les
gers – les consortages – formées de tous les ayants ouvrages secondaires) et de la société valaisanne
…et beaucoup d’autres
droit à l’eau des bisses. Ces consortages, auto- (les consortages). C’est ce à quoi s’attèlent tant
références sur notre site
organisés à l’échelle locale, créés dans le cadre l’Association des bisses du Valais que le Musée
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d’une organisation féodale de la société, ont per- valaisan des bisses, créés récemment.

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DOSSIER

Diversité/banalité
L e sujet lancé par Didier Bouillon a
été l’occasion d’un nouvel épisode de
ce débat passionné, jamais clos. Certains
relèvent l’intérêt de la diversité, d’autres
celui de la banalité. Chacun argumente
et on a envie de donner raison à tous.
Aussi, et peut-être pour faire diversion,
avons-nous organisé ce dossier comme un
voyage. Car comment mieux parler du sujet
qu’en endossant l’habit du touriste à qui
tout est découverte, le « divers » comme le
« banal », siège vivant de notre quotidien ?
Malgré la morosité ambiante, nous vivons
une époque formidable, diverse, dont
les acteurs ne cessent de nous étonner
dans leurs tentatives de « Ré-enchanter
le monde », selon le titre de la récente
exposition à la Cité de l’Architecture
qui présentait 40 projets d’architectes
lauréats du « Global Award » pour le
Développement Durable.
Notre dossier présente quelques-uns des
multiples projets qui œuvrent dans ce
sens, dans la fragilité, souvent à contre-
courant, au profit d’une communauté
humaine apaisée, respectueuse du lieu et de
l’environnement mais aussi de la beauté, à
la recherche patiente d’un meilleur rapport
au monde.
Notre ambition est de montrer
des réalisations qui font, à l’image
des « petits chefs-d’œuvre des anciens,
de saines et joyeuses architectures »
comme le disait G.H. Pingusson.
En route…

Fresque de Piero della Francesca à Arezzo


« La reine de Saba adorant la Croix » M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 9

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DOSSIER
Diversité/banalité

Le vernaculaire
Vernaculaire : (du latin vernaculus)
indigène, propre à un pays et à
ses habitants. est accueillant…
L’architecture vernaculaire – notre référence à tous – a su produire dans
chaque pays, chaque région, chaque vallée ou colline, une architecture
souvent semblable et pourtant une constante diversité.
TEXTE ET PHOTOS : LUC BARRÉ, ANIMATEUR DU GROUPE DE RÉFLEXION SUR L’ARCHITECTURE
CONTEMPORAINE (GRAC) DE MPF

A
ujourd’hui, si nous voulons pré- tidien, c’est-à-dire à la matière de nos jours. », dit
server ce patrimoine, et surtout Philippe Madec, citant François Barré à propos
le garder vivant, si nous pensons du film « Habitant » en 1997.
que toute intervention doit être
conforme à des « modèles » d’architecture
vernaculaire, le risque est grand d’en faire des Développer l’entente
prescriptions qui limitent, qui cadrent pour
éviter tout débordement, pour exclure, pour La peur du simple, de l’inconnu peut-être, de
définir et fixer le « bon et le mauvais goût », ce nos archaïsmes sans doute, est-elle si dangereuse ?
goût qui intègre déjà tant de diversité, et qui « Ce dont j’ai le plus peur c’est de ma peur », dit
surtout, n’arrête pas de changer. Montaigne. Plutôt que d’avoir peur, travaillons
Or, aucune des subtiles définitions que à enseigner une modernité douce, paisible, éco-
nous pourrions trouver n’a été nécessaire pour nome, non dominante, à l’écoute, qui ne soit pas
fabriquer ce vernaculaire, issu de spontanéi- faite d’oppositions mais d’entente, de rivalité ou
tés collectives et d’un mode de vie que nous d’ego mais de dialogue. Développons une culture
n’avons plus. On en appelle à « l’unité » du commune, seul moyen de faire flotter dans le bon
vernaculaire alors que celui-ci ne se définit sens notre barque vers une évolution patrimoniale
bien que par l’imbrication de ses espaces, par vivante… et durable.
le mélange des genres et des commandes, par
l’ingérable « nécessité fait loi », par la juxtapo- Pour aller plus loin
sition de ses productions dans le temps, etc. On peut lire le petit article « Construire aujourd’hui
Trois claustras en Toscane : « C’est cette communauté de la chose vécue qui sans jeter la pierre à l’histoire », in Patrimoines en
ventiler un abri agricole est une rend l’architecture ordinaire, sereinement et avec Région, printemps 2014, article de Michèle Bouis,
question simple, à laquelle, sans grandeur. Elle la fait appartenir à ce qui nous est architecte CAUE 34.
contrainte, « chacun s’amuse »… le plus familier, le plus en commun, le plus au quo-

Gien reconstruite : le pont et les


îlots en bord de Loire ont été « … débarrassons le vernaculaire des
détruits en 1940. La reconstruction
veut redonner aux quais leur clichés touristiques et du pittoresque qui
composante « vernaculaire ». l’entourent. Est « vernaculaire » […] ce qui
On jugera de cette tradition est engendré par et dans la maison, donc
ré-interprétée en béton, où le style
est affirmé comme d’imitation, absolument territorialisé et faiblement
utilisant le parement comme décor. lié à l’espace marchand. […] Il prône
l’économie de la ressource, la parcimonie
des gestes, l’autonomie du collectif,
Une modernité incrustée dans un
bâtiment agricole, près de Rodez la frugalité, la modestie. »
(Aveyron) : la qualité du volume
a été préservée, mais le jeu Patrick Pérez, enseignant à l’ENSA de Toulouse
des ouvertures, antinomique et l’ISST (CNRS, EHESS) in « Matière Grise » catalogue
avec les règles de l’art, est
de l’exposition (2014) Ed. du Pavillon de l’Arsenal
surprenant, voire surréaliste
dans cette composition.

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Une diversité
apaisée entre
vieux et neuf
Rendre vivant un centre bourg par construction
de HLM dans un château féodal en ruines,
à Grillon (Vaucluse), 1975 - 1980.
TEXTE : ARMELLE LAVALOU

L
’architecte Georges-Henri Pingusson
(1894-1978) meurt subitement à sa
table de travail un dimanche d’oc-
tobre 1978, réglant les derniers dé-
tails d’un chantier qui allait s’ouvrir pour la
construction de dix-huit logements sociaux
dans les vestiges des remparts du Vialle, un
promontoire qui domine le village de Grillon
dans le Vaucluse. Il a 85 ans.
Ce chantier est la première pierre d’un projet
plus ambitieux que l’architecte porte depuis de
nombreuses années et qui conjugue trois volets :
faire renaître un haut village abandonné dans l’en- Façade contemporaine
clave des Papes, en faire « le Saint-Paul-de-Vence des logements HLM
de la Drôme », une « acropole » habitée qui drai-
nerait un tourisme culturel susceptible de redyna-
miser toute la région de la plaine tricastine ; dans la déportation, inauguré en 1962, à la pointe
le même temps, profiter de ce terrain d’exercice de l’île de la Cité à Paris.
pour former des étudiants architectes aux logiques Pingusson, en 1972, s’affaire au chantier
de projet et de chantier, qu’ils pourraient suivre de restauration d’une vieille ferme dans la
depuis leurs prémices jusqu’à leur bon aboutis- Drôme. À quelques kilomètres, il a découvert,
sement. Un dernier versant de ce projet idéal est dominant le village de Grillon, une curiosité
d’expliciter la position d’un « moderne » face à géographique, le Vialle, un oppidum rocheux
une opération de sauvetage en milieu ancien. où les constructions ne sont plus qu’un amas
Trente années plus tard, il reste de ces am- de ruines. Il convainc les édiles locaux de les
bitions une opération tranquillement moderne, relever. Peu à peu, une opération de logement
particulièrement bien intégrée dans un vieux vil- social s’élabore avec d’autres projets de relève-
Vue Est du bourg de Grillon en 1977,
lage, lui-même restauré ultérieurement de façon ment de ruines à l’intention de particuliers. la Vialle en ruines
décevante. Il reste aussi des archives, notamment Quand Pingusson meurt, l’appel d’offres des
celles conservées par un tandem d’étudiants de logements sociaux n’est pas encore lancé.
l’époque, Philippe Alluin et Jean-Paul Mauduit, Tous les sympathisants de l’affaire s’unissent
qui ont cru en ces idéaux et ont conduit le chan- pour faire aboutir le projet. Il sera inauguré
tier avec l’architecte Jacques Small après la dispa- en 1980.
rition de leur maître.
Une architecture autre
Le décor et les acteurs
Évoquant le travail de Pingusson à Grillon,
Georges-Henri Pingusson est l’architecte Ionel Schein, architecte et critique d’archi-
d’au moins deux œuvres majeures du vingtième tecture, a parlé d’une architecture « autre » :
siècle, l’hôtel Latitude 43, réalisé à Saint-Tropez « ni pour la critique, ni pour la mode, ni pour les Cette même vue, même année, projet de
en 1932, et le Mémorial des martyrs français de médias, une architecture en tant que telle », la Vialle, croquis annoté de G.H. Pingusson

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DOSSIER
Diversité/banalité

Autre vue de la façade contemporaine


des logements HLM

des espaces qui ont la « modestie d’une prière place de l’ancien château. L’architecte s’ap-
À lire
poétique ». Dans sa maison des collines ou sur plique à ne pas bouleverser l’agencement sécu-
cet autre promontoire, l’architecte Pingusson laire, il « use de la valeur poétique du vestige, opte
Pingusson à Grillon s’efface devant la nécessité et se refuse à une pour le mystère, la sinuosité », en une réinterpré-
de Armelle Lavalou, quelconque mise en scène d’architecture. tation de la logique médiévale de l’espace.
Éditions du Linteau, Il envisage le site dans sa globalité, comme Une attention particulière est portée à ce
2009, 23 euros. un ensemble. Le dehors est considéré comme que chaque parcelle reconstruite bénéficie de
un dedans, le Vialle travaillé dans sa masse deux ou trois orientations et d’une vue sur
comme le serait un bâtiment unique. Le rem- l’horizon ou, au moins, sur l’espace public.
part devient la façade de l’ensemble. La méta- Pour l’architecte, l’extérieur appartient à l’in-
phore est renforcée par le fait qu’un ascenseur térieur et lui confère une partie de ses quali-
permet d’accéder au promontoire jusqu’à la tés : vue et orientation ont valeur d’usage.
Pour cette ville idéale, retirée de l’agita-
tion du monde, où seul le piéton devait avoir
droit de cité, Pingusson développe une vision
Les HLM de Pingusson écologique, prémonitoire de ce que recouvre
aujourd’hui la notion de développement du-
G.H. Pingusson, pourtant animateur de « l’Union des Artistes Modernes »
rable ; il envisage le tri des ordures, la réutili-
et défenseur du « Mouvement Moderne » appelait le projet de Grillon
sation des calories des eaux chaudes rejetées
« un rempart contre la sarcellose » (uniforme et triste, mal intégré et propice
par une usine, l’installation systématique de
à la formation de ghettos, syndrome de Sarcelles).
panneaux solaires… Seule, une pompe à cha-
Il écrit le 16 décembre 1975 : « … la réalisation de nos logements à Grillon leur sera finalement installée pour le chauffage
que l’on pourrait appeler expérimentaux car très différents de ceux qui de l’opération, ce qui reste une réelle avancée
se construisent partout, et dont on regrette l’uniformité du Nord au pour l’époque.
Sud et de l’Est à l’Ouest de l’Hexagone et la subordination aux trames
répétitives, au standard et aux types agréés. Les nôtres seraient un Un manifeste
essai d’utilisation du domaine bâti existant et inutilisé, donc économie
par ré-intégration de l’“ancien” dans le “nouveau”, et seraient ainsi
“personnalisés”, se libérant de la production en série, au surplus un Au fil des correspondances avec ses élèves
habitat qui, au lieu d’être une tache dans un paysage et d’être qui restent sur place, l’on voit s’échafauder,
ces corps étrangers enkystés dans le tissu rural, y seraient harmonisés non sans difficultés, ce que l’architecte dési-
à l’environnement, à l’ambiance… » gnait comme une « occasion d’architecture »,
occasion de sauver la valeur précieuse d’un
Le projet reçoit le prix du Palmarès National de l’Habitat en 1982. ensemble architectural, en insérant « entre
les petits chefs-d’œuvre des anciens de saines et
joyeuses architectures ».

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Cette entreprise fut saluée en son temps
dans de nombreuses publications. Néan-
moins, la réception de l’opération est restée
mitigée. Elle a déconcerté autant les milieux
des conservateurs du patrimoine par sa « désin-
volture » et le traitement libre des ouvertures
dans la masse du rempart, que les modernes,
critiques au contraire du relatif effacement de
l’intervention dans son contexte. Ici, rien de
bouleversant, rien de sensationnel, comme le
revendique Pingusson dans un de ses cour-
riers, une architecture « autre » en effet. Peu
comprennent à l’époque que cette opération
annonce une attitude nouvelle, plus nuancée,
face à la conservation et à la reconstruction
en milieu sauvegardé, celle qui prédomine ces
dernières années, et dont il écrit dès 1976 :
« Le rôle de l’architecte n’est pas nécessairement
lié à la création de nouvelles formes plus ou
moins recherchées dans des performances
techniques ou plastiques où l’originalité et
Vue du chemin d’accès à la Vialle. Petit escalier latéral conduisant aux logements
l’insolite sont recherchées et non pas reçues ».
avec marches et rampes en « béton cyclopéen » ocre.
Autant, pense-t-il, il faut s’interdire d’ima-
giner ce qu’aurait fait l’ancien et de le faire
à sa place en inventant un pastiche, autant
lorsque l’on sait ce qui était construit, il
est légitime de le rétablir. Mais conclut-il
« Faire du neuf dans du vieux suppose que
le neuf soit du vrai, utilisant certains maté-
riaux modernes ou des techniques modernes
ou même inédites… » Un manifeste.

Cet article a pu être écrit grâce à Anne Belhoste-


Dugas, architecte, déléguée MPF de l’Eure,
dont le mari, Olivier, fut le chef d’agence de
G.H. Pingusson, ainsi qu’à Laurent Vincent,
architecte participant au GRAC, qui fut un des
premiers élèves à travailler sur Grillon. Les dessins
sont prêtés par l’auteur, et les photographies
sont soit de l’auteur, soit de Luc Barré.
« La Maison aux trois arches », de style Renaissance avec de très beaux restes anciens.

Ce croquis pour
la confortation
d’une pile très
penchée de
« la Maison aux
trois arches »
est l’expression
d’un savoir-faire
consciencieux de
la restauration.

Vue Est du bourg de Grillon

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DOSSIER
Diversité/banalité

La diversité des maisons rurales :


une richesse à préserver
Pourquoi l’attachement à la maison paysanne et plus encore
à la diversité de ces édifices trouvent-ils encore un écho en
© Alfred Cayla ce début du XXIe siècle ?
TEXTE : PHILIPPE MADELINE, GÉOGRAPHE À L’UNIVERSITÉ DE CAEN
BASSE-NORMANDIE, UMR ESO, PÔLE RURAL DE CAEN
Ferme du Rhône : les bâtiments se
sont adaptés aux besoins successifs

Pas de thèses de géographie à la transformation. Et d’autres bâtiments


sans étude des maisons rurales accueillent les stocks indispensables : granges,
greniers, bûchers, celliers, remise à outils…

Face à la banalité d’une construction in-


dustrialisée, la diversité des maisons paysannes
« Maison-créature »
© Alfred Cayla

a longtemps accaparé le regard des géographes.


Des années 1920 aux années 1960, la réalisation La maison paysanne est l’expression d’une
d’une thèse de géographie régionale n’était pas spécialisation, de l’orientation agricole locale et
Cette bergerie, photographiée il y a 40 ans concevable sans l’étude de l’habitat. Pour com- des choix des agriculteurs ; la taille des bâtiments
à Sainte-Énimie (Lozère), par Alfred Cayla, prendre la construction des paysages agraires, on et le volume de production de la hiérarchie so-
est-elle encore debout ? ne pouvait ignorer les éléments d’explication de ciale entre agriculteurs. Cette maison, outil de
la genèse du peuplement, de l’implantation et de travail et atelier, constitue une forme d’adapta-
la morphologie des villages et des divers types de tion de l’homme au milieu. Elle est centrale dans
constructions. le paysage : « De tous les éléments qui composent
ce paysage artificiel, il n’en est pas de plus vivant
Veaux, vaches, cochons… que l’habitation du paysan ; elle représente ce
qu’il y a de plus permanent et de personnel dans
l’établissement de l’homme ; […] l’ayant conçue
Depuis Albert Demangeon, initiateur des pour son usage quotidien, il l’a façonnée selon
études sur l’habitat rural, existe une certitude : ses goûts et ses besoins ; c’est un ouvrage sorti de
l’extraordinaire diversité de la maison du paysan, ses mains, adapté à toute son existence, presque
© DR

qui abrite ses biens, ses récoltes, ses outils, ses doué de vie à cause de cette familiarité, une sorte
Au cours de sa longue vie, cette
bêtes, son foyer, sa famille. La maison paysanne de créature. » (Demangeon, 1920).
structure supportera plus d’un incarne une histoire agraire singulière au regard
bardage (Maisoncelle) des campagnes britanniques qui ne montrent
que la monotonie du bocage, l’uniformité des
Comme la biodiversité
habitations en lien avec l’isolement de l’île. Pour
lui, contrairement à la maison du farmer qui est Malgré les transformations agricoles ma-
« un type de maison confortable et indépen- jeures intervenues depuis 70 ans, cette diver-
dante où l’homme a voulu se dégager de toute sité des constructions agricoles est encore bien
servitude immédiate vis-à-vis de ses bêtes [...] perceptible. L’essor de la résidence secondaire,
et qui semble répondre à un mode de civili- puis la périurbanisation, en prenant appui sur
sation agricole qui a gagné le pays tout entier », de nouveaux registres comme la distinction
© Alfred Cayla

la maison paysanne française révèle une grande sociale, ont redonné vie à ces édifices qui ont
variété régionale (Demangeon, 1920). Les di- longtemps incarné l’archaïsme. Si la diversité est
vers bâtiments qui la composent – étables, écu- aujourd’hui reconnue comme une ressource à
Septfonds (Tarn-et-Garonne)
ries, granges… – remplissent des fonctions qui mobiliser et une richesse irremplaçable – on peut
ne sont pas demandées à une simple habitation. faire le parallèle avec la diversité biologique –,
Certains abritent la production : les étables per- tout conduit à préserver les constructions agri-
mettent de poursuivre, l’hiver, l’élevage estival coles et rurales héritées, pour le maintien de la
au pré. Le four à pain, la cuve et le pressoir, diversité des paysages, si précieux dans la valori-
la laiterie, le saloir à fromage sont essentiels sation touristique des campagnes.

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Banalité, source de flexibilité
Pourquoi confronter banalité et diversité architecturale, comme si l’une
excluait l’autre ? Ce couple, apparemment antinomique, représente au La technique de charpente ballon
contraire une fusion de ce que la pensée architecturale universelle a (de l’expression « ballon frame »)

produit de plus subtil : la flexibilité, qualité essentielle à toute conception. Mise au point aux États-Unis en 1833,
cette technique inaugure la construction
Un espace flexible doit être en effet relativement banal pour permettre industrialisée rapide et économique.
une bonne diversité d’usages. Le montage est réalisé par une main-
d’œuvre peu qualifiée, éventuellement
TEXTE : JEAN-JACQUES TERRIN, ARCHITECTE, DIRECTEUR DE RECHERCHES seul pour les petites sections. Seul
inconvénient : le matériau, le bois très
inflammable.

L
es maisons hollandaises, presque bitation, ils ont changé d’affectation, se Dans un deuxième temps, la technique
identiques, sont capables de sont adaptés à d’autres vies ou sont devenus est adaptée pour les constructions en
la plus grande variétéd’usages. au fil du temps salles de concert, galeries hauteur alliant la charpente squelette
Le plus démonstratif dans ce d’exposition, lieux de culte, espaces de ren- en acier, un habillage désolidarisé,
domaine est évidemment le monde rural. contre ou d’habitation… la progression par ajouts de plates-
De la grange suédoise à la case africaine, formes. La circulation entre les étages
du barn américain au hanaré japonais,
c’est leur banalité avérée, associée à leur
Accueillir le changement est rendue possible par l’invention de
l’ascenseur en 1853.
diversité d’usages, qui en facilite la flexi-
bilité. Originellement conçus comme des En réalité, la diversité architecturale peut
espaces de travail, de stockage ou d’ha- s’interpréter comme la capacité d’un espace

L’architecture en ossature
bois nord-américaine
et son caractère collaboratif
Lorsque les pionniers venus d’Europe
s’élancèrent à la conquête de l’Ouest
américain, ils avaient besoin de matériaux
simples pour construire ce qui allait devenir
leur habitat. Ces immigrés avaient des
Fin du XIXe siècle savoir-faire limités dans le domaine de la
construction. Quelques planches faciles
à stocker au fond d’un chariot et des
boîtes de clous industriels, qui venaient de
détrôner le clou forgé ancestral, leur ont
suffi pour construire les divers bâtiments
dont ils avaient besoin dans les conditions
géographiques, géologiques, climatiques
parfois difficiles. Mais ce mode constructif
leur a aussi permis d’inventer un mode de vie
communautaire, collaboratif et solidaire dont
les films hollywoodiens se sont tant inspirés
et qui reste d’actualité.

Milieu du XXe siècle

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DOSSIER
Diversité/banalité

à s’adapter aux évolutions de son cycle de vie. Et donc que la banalité, source de flexibi-
Loin d’être de la médiocrité, la banalité peut lité, peut être une valeur essentielle de la
alors être le levier de beaucoup de change- conception architecturale. Résultante d’une
ments : adaptabilité dans le temps, au jour et demande sociale, d’une exigence écono-
à la nuit, aux saisons et aux évolutions qui sur- mique et d’un contexte environnemental,
viennent tout au long de la vie généralement elle est à la fois éthique et culturelle. Prise
bien remplie d’un édifice ; diversité des sources sous cet angle, la banalité d’un espace bâti
d’énergie qui doivent évoluer ; et diversité des ne résulterait pas forcément de techniques
matériaux et techniques constructives, en fonc- constructives qui en appauvriraient formes
tion des besoins, des transformations, des inno- et modes de vie, mais refléterait plutôt
vations et parfois des modes. l’histoire de ses habitants, de leurs désirs
et plaisirs changeants. La banalité d’un lieu
L’intelligence, serait alors le fruit d’une conception assez
subtile pour permettre la créativité de ses
faculté d’adaptation, habitants, ambition qui impose d’asso-
pour les bâtiments aussi ? cier pleinement ces derniers au projet qui
les concerne au premier chef, de considé-
rer avec conviction leur expérience comme
Que tirer d’original de ce constat assez source d’inspiration, et de mettre en œuvre
banal ? Qu’il y a un lien étroit entre la flexi- des démarches de conception participatives
bilité d’un espace et l’usage qui en est fait. qui les accueillent chaleureusement.

« Chacun s’amuse »
«À l’inverse de certains architectes d’aujourd’hui
qui croient l’intelligence née avec eux, ces
architectes du passé, gens si simples, ne se doutaient
nullement de leur valeur. N’ayant aucune prétention
à l’originalité totale, la majorité se copiait les uns les
autres sans vergogne ou bien copiait ou croyait copier,
à partir du XVIe siècle, le même modèle, “l’anticque”. Et
maintenant, tous nous charment indifféremment. Tous
demeurent parfaitement de leur temps, même lorsqu’ils
s’imaginent pasticher avec la plus scrupuleuse minutie les
édifices du siècle d’Auguste. En architecture se produit le
même travail d’assimilation que dans la littérature. La
Fontaine a beau reprendre Ésope, Phèdre ou les fabliaux,
Racine a beau suivre les plus célèbres exemples de la
tragédie grecque, Molière ou Giraudoux ont beau réécrire
un énième Amphitryon, ils restent eux-mêmes et honorent
leur époque. Dans chaque construction, les matériaux,
la mise en œuvre, le style des sculptures, les programmes,
tout est si différent d’une génération à l’autre que les
résultantes sont obligatoirement très différentes elles-
mêmes des modèles initiaux. Et les nuances sont infinies
car, littéralement, chacun s’amuse… »

Albert Laprade. Extrait de l’Introduction au


2e carnet de croquis - 1948 - Editions Vincent Fréal

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Le semblable et le différent

Illustrations de la comptine alsacienne « Hans im Schnokeloch »

Le thème est un peu freudien ! Comment être à la fois unique, et se fondre L’idée de conservation d’un patrimoine
(appartenir) à sa société, sa culture, son environnement ? dans son état d’origine est une idée
récente. Exprimée par Viollet le Duc
TEXTE : RÉMY CLADEN, ARCHITECTE, CORRESPONDANT DU GRAC, ALSACE dans son Dictionnaire Raisonné de
l’Architecture Française de 1863 :

L
« Notre temps et notre temps
e « mal-être » de la standardisation, Le syndrome du seulement a pris, face au passé, une
du manque de caractère des zones
pavillonnaires, opposé à un idéal de « Hans im Schnokeloch » attitude inusitée. Le Moyen Âge, pas
plus que l’Antiquité, n’eut le sentiment
maisons paysannes typées et uniques, des restaurations comme nous les
faisant écho à un fond identitaire : la banali- Dans cette comptine alsacienne, Jean comprenons aujourd’hui. Fallait-il, dans
sation consumériste d’aujourd’hui face à l’ar- (Hans) a tout ce qu’il veut, mais ne veut pas un édifice du XIIe siècle, remplacer un
chétype (rêvé) de la tradition… ce qu’il a et veut ce qu’il n’a pas. chapiteau brisé ? C’était un chapiteau
La réduction de l’objet à un « style » per- Cela illustre le destin du patrimoine rural du XIIIe, du XIVe ou du XVe siècle que
mettant des tours de passe-passe de l’un à alsacien. D’un côté, on observe sur des mai- l’on posait à sa place. Ce n’est qu’à partir
l’autre : maisons anciennes modernisées (à sons anciennes des tentatives de « modernisa- (de 1850) qu’on a prétendu restaurer les
toutes les époques), pavillons personnalisés tion » qui n’ont rien de fonctionnelles : il s’agit édifices d’un autre âge ; le mot et la chose
(selon la gamme des constructeurs : déco, en- avant tout d’en changer l’image. Le résultat sont modernes. »
duit…) ou maquillés pour leur « donner du est évidemment bien loin des intentions.
caractère ». En somme la personnalisation du À l’inverse, on voit des architectures ba-
banal et la banalisation du caractéristique… nales, villas ou pavillons « relookés » de ces
La notion de « patrimoine » dit à la fois mêmes références : faux colombages, encadre-
l’exceptionnel (Alberti, Victor Hugo, Méri- ments de grès ou fresque murale évoquant « le
mée, Malraux…) qui justifie la préservation, et bon vieux temps ». Celles-ci ont parfois été
l’usage quotidien, nécessaire et commun, qui construites en lieu et place d’une authentique
justifie la transmission (patrimoine agricole, fa- bâtisse ancienne…
milial, outillage, savoir-faire, etc..). Tous deux À croire que dans cette région, les gens ne
sont orientés vers l’avenir, diversement. savent pas ce qu’ils veulent !

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DOSSIER
Trois maisons individuelles en bois (2005),
Peter Zumthor architecte, Leis (Canton des
Diversité/banalité
Grisons, Suisse) : une volonté de construire
un projet répondant aux besoins
d’aujourd’hui en montagne en puisant
dans la culture locale.
© CAUE de Haute-Savoie

Enquêteurs de la diversité
Les maisons, les sites, les
cultures… et les architectes
© CAUE de Haute-Savoie

TEXTE : CLAIRE ROSSET, DOCTORANTE EN ARCHITECTURE, CAUE DE HAUTE-SAVOIE / ENSAG

« La maison fait le paysage. Il y a là comme une vérité éternelle.


Autre point de vue sur les bâtiments
de Peter Zumthor Une maison se dresse exacte, comme la marée qui monte est exacte.
Les maisons, les sites, les cultures sont un, comme la tête et le corps. »
Le Corbusier, Almanach d’architecture moderne, 1926

Alors qu’il est habituel d’accuser l’architecture moderne d’avoir uniformisé les
paysages, lire ces mots de l’architecte qui incarne la modernité en France peut
surprendre. Ne cherchons pas ici à faire la preuve de l’intérêt de l’architecte moderne
pour le site dans lequel il inscrit son projet. Mais face à un débat qui semble renvoyer
dos-à-dos modernité et régionalisme, attardons-nous sur une expérience qui met les
architectes face au triptyque « maisons-sites-cultures » : le Chantier intellectuel et
artistique 1425 dit « Enquête sur l’architecture rurale » (EAR) initié en 1940.

gionale semble soumise à la question du caractère


La maison, architecture de l’habitat. Mais on ne peut pas la dissocier des
de la modernité multiples études folkloriques, géographiques ou
ethnographiques sur le monde rural développées
Les reconstructions rendues nécessaires par dans la première moitié du XXe siècle. Bien au-delà
les dévastations de la Première Guerre mon- de la forme, les architectes s’intéresseront à la mai-
diale, demandent aux architectes une produc- son, à l’habitation comme manifestation humaine.
tion de grande ampleur, non seulement d’équi-
pements publics, mais d’habitations. Dans ce
contexte, la maison, et plus particulièrement
L’EAR, enquête
le toit, vont rapidement caricaturer les débats sur la diversité
Source : RAULIN Henri, L’architecture rurale entre modernité et régionalisme, opposant les
française. Savoie, Paris, France, Berger- toits plats aux toits « de chez nous » 1. Mobilisant une cinquantaine d’archi-
Levrault, 1977 / ©CAUE de Haute-Savoie La rencontre de l’architecte et de la maison ré- tectes ainsi soustraits au STO, l’EAR est une

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des campagnes d’étude la plus exhaustive sur non seulement à l’échelle de l’édifice mais dans Un « Centre Régional des Provinces
les constructions rurales dans une vingtaine un lieu déterminé par des facteurs physiques et de France » a été construit pour
de régions françaises2. Sous la direction de culturels, qui évoluent dans le temps. La com- L’Exposition Universelle de 1937
Georges-Henri Rivière, les architectes pro- préhension des cultures locales et la sensibilité
duisent une documentation illustrée d’édi- au « genius loci » permettent à l’architecte du
fices ruraux qu’ils jugent significatifs. début du XXe siècle de penser une architecture
En 1943, la revue d’architecture Tech- « très régionale, à la fois simple et moderne » 5.
niques et architecture tire les premiers bilans. La « leçon pour l’avenir » que les architectes
L’EAR apparaît comme une nouvelle base de cherchaient dans l’EAR, et plus largement dans
travail permettant de montrer : l’architecture rurale, devait leur permettre de dé-
− la diversité des techniques locales et leur passer l’enseignement classique de l’architecture
répartition géographique, pour répondre à leur société en transformation.
− la multiplicité des facteurs physiques Aujourd’hui encore, l’étude des territoires ruraux
(matériaux et climat) et humains (usages, et des savoir-faire locaux doit aider les architectes Une des voies principales au départ
coutumes locales, savoir-faire) à l’origine dans la fabrique du cadre de vie et dans l’adap- de la Grand’Place. À droite : Massif Central,
de ces techniques, tation de l’habitat au milieu et aux enjeux no- Bourbonnais, Velay, Auvergne – À gauche :
− l’évolution dans le temps des types d’habitation. tamment climatiques. Il est important que les Champagne. Au premier plan (non visible
L’architecte appréhende ainsi la diversité architectes s’engagent à savoir lire les spécificités sur l’image) : la terrasse de l’Alsace. Dans
du monde bâti rural pour une connaissance et les exigences contemporaines du lieu dans le- cette Exposition Universelle de 1937,
scientifique, mais également pour servir de ré- quel s’inscrit le projet d’architecture. Car comme chaque bâtiment est un concentré du
férences lors de la reconstruction : « Donnant le rappelle Le Corbusier : « un site standart [sic] style de la dite Province, un décor de
luxe, une façade imaginaire. Pour cette
une vison plus claire du passé, cette documen- séculaire meurt et un nouveau site se forme, meurt et
exposition provisoire, chaque bâtiment
tation permettra, nous l’espérons, d’en tirer une renaît comme la maison elle-même »6. est un concentré du style des architectes
saine leçon pour l’avenir » 3. en vogue et la mode du temps.
Contrairement à d’autres enquêtes folklo- 1
Letrosne Charles, Murs et toits pour les pays de chez-nous,
riques initiées sous le régime de Vichy, elle a été Paris, Niestlé, 1923
reconduite durant l’année 1946, s’élargissant 2
Ces enquêtes du Musée des Arts et Traditions Popu-
aux équipements collectifs et bâtiments com- laires, reprises dans les années 70 sous la direction de
munaux. Cependant, les transformations de la Jean Cuisenier, font l’objet de publications qui font
société après la Seconde Guerre mondiale ont aujourd’hui encore références : la série L’Architecture
conduit à d’autres choix en matière de poli- rurale française aux éditions Berger-Levrault.
tiques d’habitations, et l’EAR n’aura finalement 3
H. A., « Techniques locales », Techniques et architecture,
eu que peu de résonnances sur la rénovation 1943, no 11-12
et la transformation des maisons rurales. Mais 4
Pison Guy, « L’enquête d’architecture rurale du chantier
l’apport majeur de cette enquête, notamment 1425 », Techniques et architecture, 1943, no 11-12
Pavillon de la Savoie. Henry Jacques
grâce à Georges-Henri Rivière, demeure dans la 5
C’est ainsi que l’architecte Albert Laprade qualifiait la produc-
Le Même, architecte.
conscience et les actes de conservation de l’habi- tion d’Henry Jacques Le Même. (Laprade Albert, « L’Architec-
tat rural. Les « musées en plein air » (ou écomu- ture dans nos provinces françaises. L’œuvre de M. Le Même,
sées) et la reprise de l’enquête par Jean Cuisenier à Megève (Haute-Savoie) », L’Architecture, 1933, no 2)
en 1968 attestent l’importance de cette source 6
Le Corbusier, Almanach d’architecture moderne, Paris,
scientifique de connaissances visant à replacer la éd. G. Crès, 1925
maison dans son contexte humain.

Les maisons, les sites,


les cultures : un triptyque
pour penser le lieu ?
L’intérêt architectural pour les construc-
tions rurales n’apparaît pas comme contra-
dictoire avec la modernisation. Guy Pison va
jusqu’à affirmer : « Mais nous savons déjà, nous
autres gens de cette enquête, qu’il n’y a pas lieu,
© CAUE de Haute-Savoie

alors qu’il s’agit de faire neuf, de se tourner vers


un passé qui meurt » 4.
Et c’est bien là l’héritage de l’EAR ! Grâce
à une analyse du bâti qui dépasse la définition
d’un style régional, l’enquête met en évidence
l’importance d’une lecture fine des modes de
vie sur un territoire. Ainsi, l’habitat se pense Maison-atelier (1928-1929) d’Henry Jacques Le Même, à Megève (74)

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DOSSIER
Diversité/banalité

Un village « ordinaire »
Ce qui frappe quand on aborde le village du Chazelet (Hautes-Alpes, commune de la Grave),
c’est son aspect très regroupé qui donne une sorte d’homogénéité du bâti, avec une relative
harmonie générale, accentuée encore quand l’hiver y déploie son manteau neigeux.
TEXTE ET PHOTOS : BERNARD ROMBAUTS,
ARCHITECTE DU PNR DE DE LA HAUTE
VALLÉE CHEVREUSE, MEMBRE DU GRAC

reprises modernes (parpaing, ciment), etc.


De même, les débords de toit, cheminées,
gouttières, linteaux et mille autres détails
sont d’une grande hétérogénéité.

Les usages font les


distinctions
Les maisons-fermes du Chazelet répondent
à un programme rigoureux avec une étable et
une ou plusieurs pièces d’habitation au niveau
bas et la grange au niveau supérieur, dans le
volume du comble, ces deux niveaux devant
être accessibles depuis les rues en exploitant
la pente du terrain. Malgré cette contrainte
© O. Morice

forte dans l’organisation de l’espace, on


constate une multiplicité dans la forme des
bâtiments qui est particulièrement visible en
Vue générale du village du Chazelet
vue aérienne. Chaque maison est différente et
pourtant ressemblante. Ce village recèle aussi

L
e village est comme lové sur un une grande diversité de constructions et de
relief et blotti dans un paysage lieux : petits bâtiments appelés « chambres »,
dominé par les prairies. On ima- resserres ou petits greniers isolés en mélèze,
gine presque les murs qui ont pu église, presbytère, école, fontaine, cimetière,
ceindre cette petite cité. Si on y regarde de placettes, jardins, potagers, etc.
plus près, hormis l’église qui est assez soi- Les ruelles et placettes sont simplement
gnée et bien restaurée, les autres bâtiments faites d’herbe, de caillou et de rocher, parfois de
sont assez dissemblables dans les formes et bitume et de ciment. Ces espaces ont d’infinies
gabarits, les ouvertures, lucarnes, fenêtres variations dans les pentes, les alignements, les
© B. Rombauts

de toit, balcons, etc. angles, etc. La répétition n’existe pas.


En résumé, on peut dire que cette archi-
tecture rurale montagnarde s’est constituée
Harmonie et différences par de lentes accumulations, modifications
et suppressions qui constituent un mélange
Cependant, des ressemblances sont frap- étonnant d’ordinaire et de diversité, de banal
pantes. Par exemple, les toits en tôle d’acier et de singulier. L’ensemble de ces variations
et les murs sont de différentes époques mais produit finalement un effet d’unité, une
avec une certaine harmonie de couleurs et d’as- ambiance forte, une richesse, autrement dit
pect allant du gris clair au beige, parfois teinte une qualité architecturale simple et efficace,
rouille. Finalement, c’est l’ardoise de l’église comme l’est la vie dans ces montagnes de
qui se détache le plus. l’Oisans. Cette architecture est rustique et à
© DR

De plus près, les maçonneries ont de la fois terriblement complexe, jamais neutre,
Ruelles du Chazelet multiples variations en fonction des tech- elle est intimement liée à son territoire et
niques utilisées, de l’usure des enduits, de sa géographie : des enseignements à retenir
la géologie (gneiss, schiste, ardoise, tuf ), des pour construire aujourd’hui.

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Une modernité rurale : Les intervenants et le contexte du projet
Maître d’ouvrage : Communauté

Viavino
d’agglomération du Pays de Lunel
Jean-Luc Bergeon, maire de Saint-Christol
Programmiste : Dominique Imbold

Centre œnologique et touristique de Saint-Christol, Pays de Lunel (Hérault) Équipe lauréate du concours :
Philippe Madec, architecte,
Bureau d’étude : TRIBU, Alain Bornarel,
Cet ensemble de bâtiments du centre œnologique Viavino est exemplaire par la construction durable, in situ, paysagiste
qualité d’attention portée à l’environnement physique et culturel du site, et l’appétence 3B Batut, BET bois
Décembre 2005 : Label PER
des concepteurs à nourrir leur projet des référents culturels qui façonnent ce pays.
(Pôle d’excellence rurale)
Les membres de Maisons Paysannes trouveront dans cette réalisation de 1er juin 2013 : Ouverture de Viavino
nombreux ingrédients qui permettent d’articuler avec bonheur architecture Pôle composé de plusieurs unités :
contemporaine, terroir et culture locale. 7 bâtiments (1432 m²) + zones
extérieures, vigne pédagogique,
TEXTE : LAURENT VINCENT, ARCHITECTE, MEMBRE DU GRAC - PHOTOS : LUC BARRÉ théâtre de verdure, aire de jeux,
jardin (6 445 m²). Total : 2 hectares
Coût : 7 262 000 €.
L’équipe soudée Éco-responsable enfin par son intimité Principaux financeurs : Communauté
autour du projet avec le site et son milieu : les vignes, les de communes Pays de Lunel 50%,
hommes. Les concepteurs sont allés à la ren- Conseil général de l’Hérault 23%,
contre des éléments visuels du site immédiat : État 18,5%, Région 5,3%
Il s’agit bien d’une construction « éco-res- ensoleillement, vents dominants, volumétries
ponsable », car née de la volonté de créer un de la ville, avec le pic Saint-Loup au lointain,
équipement soucieux de son impact environ- la Camargue. Ils sont aussi allés interroger
nemental, tant par son bilan thermique que les éléments culturels et les signes d’apparte-
par l’empreinte énergétique et carbonée des nance d’un pays : la tauromachie, les signes Pour en savoir plus :
matériaux mis en œuvre. spécifiques du Languedoc. Les références
Eco-responsable aussi car portée par une paysagères sont collectées : églises, capitelles Viavino, modernité rurale
collaboration étroite et confiante, basée sur (cabanes), bancels (terrasses), végétation, par Dominique Gauzin-
des compétences spécifiques à un projet de ce géologie… Müller et Philippe Madec,
type, ainsi qu’une écoute qui exclut toute prise Un patio devait articuler les différents Éditions Jean-Michel Place/
de pouvoir, entre le maire de Saint-Christol, le volumes. Le concepteur a fait le choix de placer Architecture
programmiste, l’architecte et le bureau d’étude. chaque élément de programme dans des

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DOSSIER
Diversité/banalité

bâtiments distincts, créant une morphologie


proche de l’existant à l’entour :
- le bâtiment d’accueil et d’administration,
- l’atelier du goût,
- le musée du terroir,
- le restaurant (tenu par un grand chef par la
volonté du maire),
- la halle camarguaise qui est louée aux asso-
ciations et aux entreprises.
Du coup, le patio est devenu un bâtiment au-
tonome, une sorte d’arène protégée du soleil par
une coupole de bois tressé, traversée par le vent.

L’urbanité des volumes


Depuis l’entrée, ces formes inattendues.
Minimale mais variée, l’architecture ne cesse de nous surprendre
dans le bourg
Les bâtiments sont disposés en alignement
brisé ou en travers déhanché pour s’adapter
au terrain et répondre à la structure médié-
vale de la ville. Ils s’ouvrent sur des lieux ex-
térieurs constitués : une grande place plantée
(les arbres pousseront…), une place d’accueil
plus calme, et une composition en maillage de
jardins et de vignes.
Le plan de masse reprend les volumétries
du bourg et expose les bâtiments à la vue du
coteau et au soleil à son sud, masqués à la ville
par des groupes d’arbres à son nord. Les
volumes protègent du vent dominant, tout en
laissant passer entre les bâtiments le rafraîchis-
sant zéphyr estival.
Les bâtiments rappellent la morphologie
et l’échelle de ceux du bourg, mais ils s’en dis-
tinguent radicalement par l’usage des matériaux.
Atelier du goût : charpente apparente, éclairage haut
Cette tension dialectique est une composante
forte de l’identité du lieu : il ne s’agit pas de
refaire à l’identique alors que les besoins se sont
radicalement transformés.
L’art de la simplicité
Le GRAC, attaché à approfondir une connaissance « in-situ » de lieux remar- Une approche holistique
quables contemporains, a invité Alain Bornarel, fondateur du bureau d’études
TRIBU, pionnier de la conception éco-responsable, pour présenter le « Dévelop-
d’arbitrage
pement Durable » appliqué au site de Viavino, réalisé par l’architecte Philippe
Madec. Sa réputation d’exigence en matière environnementale l’a fait connaître Le programme exigeait une construction
des plus grands architectes soucieux de ces problèmes. L’exposé d’Alain Bornarel durable, notamment le bon comportement
– résumé par Laurent Vincent – était « clair et bonheur », merci Alain ! thermique des bâtiments été comme hiver,
sans climatisation ni ventilation mécanique
La visite du site apporte encore autre chose : une perception sensible, que les double-flux dans des bâtiments contraints à
mots et les images peinent à rendre. Absence de prétention du projet, échelle l’hermétisme.
très humaine, familiarité avec le village, cheminements doux dans une architec- Puisque la première préoccupation dans
ture inattendue, qui se préoccupe du corps et de son bien-être… cette région va devenir la protection contre
les chaleurs d’été, les bâtiments sont équipés
Des bâtiments, on peut dire que leur typologie est « vernaculaire ». Chacun est trai-
té d’une manière qui lui est propre. Dissemblables, ils dialoguent. Matériaux, cou-
de protections solaires :
leurs, assemblages… sont re-considérés pour ce à quoi ils doivent servir, de manière
- L’arène, en bois tressé qui filtre les rayonne-
économe, dans un contemporain qui ne rivalise pas avec l’ancien mais lui parle d’au-
ments directs, est traversée par le vent.
jourd’hui. On est ici assez proche de la « sobriété heureuse » de Pierre Rabhi. - Les baies, largement ouvertes au sud et à la vue,
sont protégées par de profonds auvents, ou
Tout est simple. Mais comme on sait, il est extrêmement difficile d’être simple… des pergolas en terrasse de restaurant.
- Les bâtiments s’adossent au nord et pro-
Luc Barré, animateur du GRAC tègent du Mistral et de la Tramontane, mais
entre eux circule le vent d’été.
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L’arbitrage été/hiver impose une approche
multi-critères. Alors que la démarche ra-
tionnelle classique consiste à hiérarchiser les
problèmes, la démarche ici est holistique : il
s’agit d’examiner l’ensemble des problèmes en
même temps, comme doit le faire l’architecte
dans sa synthèse des solutions à un faisceau de
contraintes parfois contradictoires.

Priorité aux
techniques passives
Alain Bornarel est à l’origine de la dé-
marche Haute Qualité Environnementale. Il
est aujourd’hui un fervent défenseur des solu-
tions naturelles à faible technologie. Il a conçu
les réponses thermiques et énergétiques de ces
bâtiments avec des techniques de ventilation
naturelle : de grandes cheminées évacuent l’air
des salles, contrôlé par des registres pilotés par
automate selon la présence de CO2. Un réseau
de canalisations enterrées à plus de 2 mètres
dans le sol (à température constante de 13-
14°) tempère l’air neuf des salles, sur le prin-
cipe du puits provençal, en hiver comme en
été. Il est court-circuité en mi-saison. Le patio devenu « le panier » avec son ombrage de pergola ventée, et sa forme en couveuse
En été, les ventilateurs dans les salles parti-
cipent à la sensation de fraîcheur, par brassage
de l’air et évaporation de la peau, et redis- prometteuse pour que la création architectu-
tribuent l’air chaud en hiver. Les pièces sont rale d’aujourd’hui puisse s’épanouir dans un
ventilées la nuit par des ouvrants traversants souci constant de connaissance du terroir, des
qui apportent de la fraîcheur. cultures et des pratiques locales.
Les salles sont chauffées par de simples L’architecture traditionnelle, les techniques
poêles à bois Bullerjan à turbines d’air chaud et les cultures locales sont d’excellentes sources
naturelles. Mais la principale source de d’inspiration où puiser l’intelligence des sa-
chauffage est celle qu’on ne dépense pas : l’iso- voir-faire et extraire les pépites des spécificités
lation est évidemment naturelle. culturelles. Elles donnent du grain à moudre
à l’imagination des concepteurs, qui créeront
à leur tour dans le respect des pratiques et des
Ressources locales mœurs, avec leur liberté d’interprétation des
formes émouvantes du passé, dans un dialogue
Les essences de bois employés sont le mélèze respectueux et impertinent qui répond aux be- Des passages toujours agréables,
(menuiseries extérieures), le douglas (bardage soins d’aujourd’hui. Il est indispensable, pour un cheminement très fluide entre des
bâtiments et patio), le peuplier (plafond), le pin que l’invention ne soit pas bridée, que cette bâtiments différents, bois et couleur
(charpente intérieure), dont les forêts se trouvent source d’inspiration ne devienne pas un dogme
dans les Cévennes au nord du pays de Lunel. incontournable, une recette à ânonner dans les
La pierre calcaire taillée de forte épaisseur prescriptions restrictives des règles d’urbanisme.
a une grande inertie thermique : utilisée dans Puissent les membres de Maisons Paysannes
la halle et l’atelier du goût, elle est extraite y puiser des sources d’inspiration fraîches,
des carrières de Lunel, de Beaulieu et celle de s’écarter des images toutes faites et, pourquoi
Roquemalière voisine de 50 km. pas, y formuler aussi des critiques, tant il est
La halle camarguaise tient sa morphologie vrai que c’est de la discussion et du gai-savoir
de l’empilement de « palox », ces caisses de bois que vient l’appétit de trouver, chemin-chemi-
utilisées dans le pays pour la récolte des fruits. nant, les solutions les plus croustillantes, toujours
perfectibles.
Inspiration et liberté
On voit que la démarche de développe-
ment durable, associée à une volonté de tech- Site internet : [Link] En relation avec le jardin, la Halle
nologies intelligentes mais simples, est très camarguaise et le musée du Terroir
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DOSSIER
Diversité/banalité

Vorarlberg : petit pays,


grande créativité
Depuis le début des années 2000, un grand nombre d’organismes intéressés
par le bâtiment, le bois et les énergies renouvelables (CAUE 38, 74, 78, 91,
Parcs Régionaux, professionnels du bois…) font visiter un tout petit pays alpin,
le Vorarlberg, dont le paysage montagneux est très préservé et où l’on ne construit
Comme toujours, pour l’architecture,
rien ne vaut la visite sur place. Notre
aujourd’hui QUE « contemporain » dans un milieu traditionnel pourtant très
corps physique quand il déambule, marqué. Qu’est-ce qui fait que plus de 4 000 architectes par an – pour ne compter
« prend » tout. Il éprouve, touche (forme,
qu’eux – visitent aujourd’hui ce petit pays ? Comment s’explique son attractivité ?
matériau), voit (du détail à la perspective,
à la vue lointaine), aime (attirance ou
TEXTE ET PHOTOS : LUC BARRÉ
rejet spontanés), éprouve (un contexte,
une « atmosphère », dirait Arletty), sent
(fraîcheur, vent, odeur), mémorise, et
le souvenir second n’est pas toujours
Un petit pays, entre Feldkirch, les principales), et de nombreux pe-
d’accord avec le spontané, etc. Dans tradition et innovation tits villages disséminés dans les vallées alpines.
En le parcourant, on est surpris par un mode
cette immersion, notre corps est loin du
« point de vue », de la « parole-papier », de vie qui valorise « la proximité » plutôt que les
tous deux ne disant qu’imparfaitement Le Vorarlberg est le « Land » (Région) le grosses activités et la distance. Les supermarchés
l’expérience intime, malaisée à exprimer. plus à l’Ouest de l’Autriche. Petit en surface (la ne sont pas hypers. On y trouve principalement
Écrivant, je suis dans cette contradic- moitié d’un département français, 100 km du des produits locaux. Les activités urbaines et ru-
tion : pour partager l’information, je nord au sud), il compte 380 000 habitants. Ce rales, de petite taille, se jouxtent agréablement :
me livre à l’exercice… Mais vous m’avez pays de montagne a une longue tradition d’ar- la vache dans le pré, le tracteur, côtoient l’archi-
compris, allez voir ! chitecture bois, sur des terrains parfois difficiles, tecte ou l’avocat, le B&B et la maison de retraite
à la recherche d’une autonomie énergétique. Le voisinent avec la scierie. Des étables modernes
climat et l’isolement y ont aussi généré une tra- pour la traite des vaches se construisent dans les
dition d’entraide, une culture participative et un villages, les maisons alternent avec les vergers et
respect du bien commun, de l’intérêt partagé, les immeubles. Peu de clôtures, des pommes aux
très sensibles sur place. pommiers, des petits potagers autour des mai-
sons, et sur toutes les bandes de terre qui longent
les allées : rhubarbes et capucines, choux, poi-
Ruralité très urbaine reaux et phlox. Le reste est fauché, à la faux.
ou urbanisme très rural ? La nature est très présente ; dans tous les
immeubles collectifs, chaque appartement a une
vaste loggia ou terrasse, beaucoup de vitrages,
Le pays comprend quelques villes (dont parfois sans rideaux, comme dans les pays du
Bregenz sur le lac de Constance, Dornbin et Nord. Les immeubles ne sont jamais hauts
(R+3 en moyenne), tous sont accessibles, très
ouverts sur l’extérieur. Les lieux désaffectés sont
réemployés, reconstruits autour des structures
conservées, ou déconstruits. Les besoins nou-
veaux (garages, agrandissements) se concrétisent
à côté de l’existant, de manière vernaculaire et
franche. L’éclairage des villages est minimum : la
nuit, une petite lanterne tous les 100 m. On est
à la fois économe… et généreux. L’espace public
n’est pas le résidu du privé : il est même aménagé
avec un soin particulier par des professionnels
À Andelsbuch,
de qualité, mais sans ostentation. C’est simple,
la caserne des lisible, attentionné, procédant d’une compé-
pompiers est tence évidente, dans la conception comme dans
en bois la réalisation, jusque dans le détail.

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Tous ces bâtiments sont modernes (à Bludenz)

Liberté, inventivité :
pour des proches d’abord

Dans les années 1960, alors que le pays se


dépeuple de sa jeunesse et que le travail manque,
de jeunes concepteurs de la région, se fondant sur
une tradition locale, proposent d’associer l’arti-
sanat et l’industrie, dans une optique écologique,
pour le bâtiment. Ils s’inspirent du Bauhaus des
années 1920 pour la complémentarité des com-
pétences, manuelles, intellectuelles et artistiques,
le savoir-faire, et la recherche d’un style adapté
aux besoins et à la modernité. Leurs premières
constructions en bois sont les commandes d’un
public familial, au budget modeste, favorable
à l’innovation dans le domaine énergétique et
intéressé par l’objectif social participatif. Discu-
tées, améliorées, toujours plus nombreuses, ces
constructions expérimentales commencent à se
faire connaître par leur qualité, leur efficience
énergétique, ainsi que par la synergie collective
qui en émane. L’Ordre des architectes, s’inquié-
tant de ce que ces bâtiments ne sont pas l’œuvre
d’architectes diplômés, intente un procès à ces
charpentiers, qui se regroupent sous le nom de
Baukunstler (artistes du bâtiment). Le conflit
participe à faire connaître le mouvement et à lui
accorder la sympathie du public : il aboutit… à
débouter l’Ordre des architectes !

Les médias participent


Dans ce temps de débat, Roland Gnaiger, un
des leaders du mouvement, anime une émission
à la télévision locale, « Plus-Minus », montrant
les bons et mauvais exemples d’architecture, La vie collective – participative – est très marquée (Bludenz)

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DOSSIER
Diversité/banalité

discutant des matériaux, de développement du-


rable, d’exploitation locale, d’énergie renouvelable,
Ecopass
de participation et d’aménagement du territoire. En 1989, le Vorarlberg se dote d’un « Insti-
tut de l’Energie » qui met au point une grille dite
Commandes publiques « Ecopass », pour accorder des subventions et des
crédits à faible taux à des projets d’habitat éco-
logique, sur critères listés, analysés et notés sur
La recherche d’une maison ne consommant un total de 300 points : organisation de l’espace,
pas d’énergie aboutit dans les années 1980 au implantation et fonctionnalité du plan, mode
Label de la « Maison Passive » (Passivhaus). Le constructif, choix des matériaux, besoins en éner-
Land, mais surtout les communes du Vorarlberg gie (pas seulement en chauffage), qualité de l’air,
soutiennent ce mouvement, et les Baukunstler etc. Une classification « öko 1, 2, 3 » apprécie les
accèdent à des opérations importantes : équipe- économies de chauffage (qui doit consommer
« Le secret du succès des charpentiers ments scolaires et sportifs, centres de secours, moins de 15 kW/m3/an). Les baies, souvent fixes,
du Vorarlberg est la symbiose entre une logements collectifs… Formation, information, comportent triples ou 2x doubles vitrages, la ven-
architecture en constant développement, partage des connaissances dans la complicité, tilation est double flux, l’air préchauffé ou refroidi
des artisans du bois qui se forment en créent une architecture « éco-responsable » et (hiver/été) par puits canadien.
permanence et une approche écologique pédagogique. Le retour sur expérience entraîne
de nouveaux projets, forge de nouvelles ma-
globale » (cité par DGM)
nières de mettre en œuvre. Bois : le bon sens
« Et si vous demandez à un concepteur du
Vorarlberg de vous parler de son dernier projet, Le PVC est totalement interdit, et le bois
il n’est pas rare qu’il préfère vanter les mérites obligatoirement issu de forêts locales, ou
de celui d’un confrère. Chez les Baukunstler, éco-certifié s’il provient de forêts primaires.
l’émulation remplace la concurrence. » dit Le principe d’une mise en rapport étroit entre
Dominique Gauzin Muller*. les charpentiers-architectes et l’ensemble de la

Maisons individuelles dans le paysage (environ de Dornbin)

Le potager occupe les plus petites parcelles Andelsbuch : Agence de communication. Le bardage bois ajouré dissimule une
devant les maisons (Schwarzenberg) partie des fenêtres du bâtiment (notamment en pignon côté rue). Panneaux
solaires sur le toit. La composition est à la fois très simple et très travaillée.

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filière bois suscite un palmarès régional de la
construction bois : un Cercle de qualité, dit
« Holzbaukunst » naît en 1996. Un ancien
de la chambre des métiers en a la charge, et il
profite de ses contacts avec les écologistes, po-
litiques, financiers et industriels pour lancer un
vaste projet de filière bois, de la forêt jusqu’à
l’objet fini : exploitation (à la bonne lune),
bucheronnage et débardage, sciage, charpen-
terie, menuiserie, mais aussi enseignants et
concepteurs… En six ans, la part du bois dans
la construction passe de 5 % à 9 %.
En 2004, 60 bâtiments publics ont été
construits, majoritairement en bois, et 20 %
des maisons neuves sont construites en bois,
de même que l’emblématique Hotel Martins-
park de Dornbin.
Andelsbuch : greffe d’un local professionnel sur un pavillon, ce dernier dans un style traditionnel
très vitré, avec panneaux solaires thermiques en allège et photovoltaïques en toiture
Formation et collégialité
tion du travail en commun exige une pédago-
Le programme de formation lancé en gie du partage. Cela s’apprend et ces initiateurs
1997 pour les artisans, le « Holzbau-Zukunft » du Vorarlberg l’ont bien compris.
(l’avenir de la construction bois), comprend L’autre versant de cette mise en commun est
plusieurs modules : apprentis, compagnons que les économies de la construction profitent à la
ou maîtres charpentiers. Il valorise à la fois le collectivité (ou aux particuliers qui font construire
développement de la personnalité et le travail pour eux-mêmes) et non à des promoteurs pour
en équipe : « la charpente a beaucoup de points lesquels le bâtiment n’est qu’un produit.
communs avec l’escalade. La pose d’une panne
faîtière sur un nouveau comble est comparable
avec la montée vers le sommet d’une mon-
La richesse est dans
tagne », dit un apprenti (cité par DGM) les grands arbres
En 1999, le « Werkraum Bregenzer Wald »,
(modèle pour un nouvel artisanat) est lancé à Retenons enfin le rôle des politiques : le Land
l’image des Arts and Crafts du XIXe siècle (Mac In- du Vorarlberg, et en particulier ses responsables,
toch à Glasgow). La philosophie consiste à propo- travaillent avec des entrepreneurs (artisans, in-
ser de nouveaux objets ou produits sains et raffi- dustriels…). Ils savent l’investissement et la dé- Depuis 2007, le Label « Passivhaus »,
nés, toujours dans une esthétique contemporaine termination que représente un projet. Ils savent est imposé à tous les bâtiments neufs
du Vorarlberg.
basée sur la simplicité, afin de lutter contre la ce que l’on gagne à miser sur l’enthousiasme et
banalité de la production industrielle dominante. ils ont compris que ce projet était sur du long
terme. Est-ce leur fréquentation des forêts ? (Un
arbre pousse en 40 ans, 100 ans pour certains).
Utopie réalisée Ils tiennent le cap depuis 50 ans ! À une époque
où les choix politiques ne font qu’arbrisseaux, les
Première leçon : ce projet éco-responsable est grands arbres qui font les hautes futaies valent
une réelle création, née chez des utopistes qui particulièrement d’être salués !
avaient les pieds sur terre. Loin de dénigrer le pa-
trimoine, ils l’ont valorisé en fouillant sa raison En 2012, la ville de Dornbin a construit le
d’être, pour le prolonger avec un regard contem- Mélange intime premier immeuble grande hauteur en
porain. Et s’il y a eu effectivement apparition bois : 7 étages de bureaux sur RDC.
d’un « style architectural » que certains appellent On aura perçu à quel point la foi en
« minimaliste », c’est que cette recherche « d’éco- l’homme et en son « éco-responsabilité »
nomie » dans tous les sens du terme (énergie, met hors jeu l’opposition stérile « ancien/
matériaux, mise en œuvre, coût…) ne pouvait se contemporain ». Les deux ont à vivre en-
faire que dans cette simplicité-là ! semble. Prenons sur le Vorarlberg l’exemple
de la réconciliation.
Bénéfices partagés * Cet article a beaucoup emprunté au livre de Dominique
Gauzin Muller : « L’architecture du Vorarlberg, un modèle
La seconde leçon, participative : « l’émula- social, culturel, écologique, et économique » - Éditions du
tion plutôt que la concurrence ». La valorisa- Moniteur, paru en 2008. Ce livre n’a pas pris une ride.

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DOSSIER
Diversité/banalité

Le Clos des Fées,


une alternative au lotissement ?
Commune de Paluel (Seine-Maritime)
TEXTE : LUC BARRÉ - PHOTOS : LUC BOEGLY – AVEC DES EMPRUNTS À L’ARTICLE DU MONITEUR DU 7/10/2013 ÉCRIT PAR CYRILLE VÉRAN,
ET LA DOCUMENTATION DE L’AGENCE COBE

Vue depuis le Sud, avec les garages en bois en avancée


© Luc Boegly

Vue plongeante sur Le Clos des Fées,


la place, la Maison Commune et les
premières « chaumières » au premier plan.

Maîtrise d’ouvrage : Commune de Paluel


L’architecture vernaculaire – notre référence à tous – a su produire dans
Maîtrise d’œuvre : CoBe Architectes chaque pays, chaque région, chaque vallée ou colline, une architecture
– Mutabilis paysagistes souvent semblable et pourtant une constante diversité.
Autres intervenants : Berim BET

E
Coût des travaux : 8,6 M€ HT
dont paysage 1,86 M€ HT ntre Fécamp et Dieppe, la com- n’est pas discutable. Le modèle convient
mune de Paluel, moins de 500 pour bords de mer ou avoisinants. Depuis
Le projet a obtenu le Prix national
habitants, connue pour sa centrale Biarritz jusqu’à Dunkerque…
de la construction bois 2013
nucléaire, comprend différents ha-
meaux, dont celui de Conteville, agrandi
plusieurs fois par des lotissements de quali- Dans ce pays-là
tés diverses. Le dernier en date, au nord de
l’imposante église paroissiale, est composé Dans ce contexte, il est rare de trouver une
de six grosses maisons de brique rouge avec architecture qui sorte du conventionnel. Il est
toiture d’ardoises, de belle qualité. On n’est plus rare encore de repérer, dans le paysage en-
pas loin de penser que c’est LA bonne solu- vironnant, les marques discrètes mais sûres de
tion pour un lotissement : les constructions l’ancestrale union amoureuse de l’Homme avec
s’apparentent à du bâti traditionnel avec ce pays-là. Et le passage à l’acte est encore une
comble percé de lucarnes. Le règlement autre étape : si la sensibilité et le savoir sont es-
Lotissement « traditionnel » typique, murs
de lotissement est banal mais efficace : pa- sentiels pour agir sur un territoire, la création
briques et toits ardoises, haies de tuyas, rement, toiture, pente et matériaux font le fait appel à un savoir particulier, clair dans
accès en cul-de-sac au nord de l’église décor et la densité, la maison au milieu de la les idées, simple et direct dans sa matérialisa-
du hameau. Le Clos des Fées est mitoyen parcelle et le « tour d’échelle »* sont incon- tion. L’architecture y ajoute le travail partagé
avec cet ensemble. tournables, la haie de thuyas en périphérie des hommes et la direction d’un projet.

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Un long processus de projet Simple, utile, naturellement
Dans un projet comme celui du Clos La démarche est généreuse, l’espace l’est aus-
des Fées, il faut en effet parler d’abord de la si : terre rase, eau, vent, le site est proche du ciel.
manière dont le projet s’est monté. Au dé- Mais dans le « Clos », tout de suite une in-
part, un projet de village pour seniors avec timité : les cheminements en terre battue, en
thalassothérapie. Après huit ans, de multi- dalles calcaires espacées (plutôt que « pas ja-
ples explications sur la démarche, de nom- ponais » on pourrait dire « pas de fées »), des
breux allers-retours avec les architectes, le galets en bas des façades en guise de chéneau,
choix du social et de l’écologie privilégiant les circulations et stationnements végétalisés,
les produits locaux, le projet est devenu un l’absence de clôtures remplacées par des talus
petit quartier intergénérationnel avec diffé- ou des noues, les joncs, les grandes ombellifères
rentes affectations : 18 maisons, dites « chau- et acanthes près des maisons, les noisetiers, les
mières » avec jardins, une maison commune, arbres à haute tige et un verger de fruitiers,
2 gîtes communaux, 3 ateliers d’artistes, le pommiers, poiriers, pruniers. Des murets com-
tout dans un parc paysager. Une satisfaction, posites de galets et gros béton dans lesquels on
reconnaît le maire, Bernard Piednoël. Une trouve des incrustations irrégulières de tuiles
Détail bardage, bandeau zinc
« petite utopie » conviennent les architectes, plates, des lames inox ou plexi, ou encore de
et toit de chaume
mais parfaitement reproductible. petites œuvres qui font fenêtres. Des cloisonne-
ments accompagnent le cheminement ou le vé-
Des modèles locaux gétal, figurant d’anciens pans de bois dégarnis
de leur torchis, ou plessis de châtaignier.
et le choix du durable Et l’eau ! Une éolienne agricole grince douce-
ment. À la fois signal et puisage d’une eau qui ali-
L’image du « clos masure » n’est pas loin : mente et recycle naturellement les bassins, irrigue
pour couper le vent, des talus de terre lon- le potager collectif et restitue l’eau à la terre.
gilignes, des fossés (les « noues »), des joncs Et aussi une maison du « rempotage »,
et plantations de haies, des murets et des des serres basses, des cabanes de jardin pour
constructions basses : aucun étage. Le bâti, apprendre le jardinage. Un terrain d’aventure
inspiré des typologies traditionnelles locales, pour les enfants. Trois ateliers d’artistes un peu
combine les parements bois (verticaux avec distants, comme une grange dans les fruitiers.
couvre-joints), les toits à double et faible Tout est composé de manière simple et, rap-
pente. Les maisons dites « chaumières » sont pelant le Clos Masure, on a envie de dire « utile ».
des longères en forme de L, orientées est/
ouest, séparées et protégées du vent du nord
par des talus, assemblées de manière presque Choix de vie
répétitive, et ce « presque » n’est pas banal.
Les toitures sont en chaume ou en zinc au La mairie a embauché une directrice pour
sud, ce qui permet l’installation de panneaux animer le lieu et gérer la Maison Commune
solaires thermiques couvrant 45 % des besoins qui se veut un lieu fédérateur du quartier :
en ECS. salle des fêtes, mariages, séminaires (EDF
Les garages-appentis ouverts en avancée n’est pas loin), marchés, et des animations
sont différenciés par l’usage : souvent du bois- venant d’ailleurs. Elle a aussi recruté un jar-
bûche pour alimenter le poêle. dinier formé par les paysagistes. Sur le règle-
Petites parcelles, grands espaces habitables ment du lotissement figure la palette végétale
Généralement, les parcelles de lotisse- dans laquelle les locataires pourront puiser
ments ont une surface de 1 000 à 1 500 m2, pour jardiner. « Nous proposons un mode de
jamais moins de 600 m2. Ici, chaque maison vie, des attentions au paysage, une dimen-
est implantée sur 350 m2. sion culturelle et artistique pour ce lieu, dit
La surface des logements est supérieure Alexandre Jonvel, un des architectes du projet.
aux normes habituelles : T4 de 140 m2, T3 de Il faut que les résidents et usagers aient envie
120 m2, T2 de 94 m2. Le loyer reste modéré d’y adhérer ».
pour des prestations de qualité : menuiseries
mixtes alu-bois, poêle bois, séjour double chauffage au bois pour
hauteur, garage abri, jardin privatif. volumes confortables
Et devant la Maison Commune, salle * « Tour d’échelle » : droit donné à votre voisin d’entrer
des fêtes ouverte aux activités associatives, temporairement sur votre propriété pour y faire, sur ses
communales ou autres, une halle ouverte bâtiments mitoyens des vôtres, des travaux qu’il ne peut
composée de trois nefs irrégulières à char- faire de chez lui. Ce droit n’existe pas pour les constructions
pente bois, vitrée en couverture, avec sol en neuves, qui doivent prendre les mesures nécessaires à l’inté-
calade calcaire. rieur de la parcelle construite.

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DOSSIER
Diversité/banalité

Éloge de la
banalité heureuse
Le cholestérol serait double : il y en aurait un mauvais,
à redouter, et un autre bon, utile à l’organisme humain.
En est-il de même pour la banalité ? En effet, la banalité
apparaît à certains comme synonyme d’« ordinaire », de
« sans caractère », de « vulgaire », et aux autres, comme
quelque chose de « simple », de « familier », d’appréciable.
Aurions-nous donc une banalité à récuser, à fuir, et une
autre, plus amicale, à cultiver et à revendiquer au nom
peut-être d’une sobriété heureuse, d’une économie de
moyen, d’une simplicité de connivence ?
TEXTE ET PHOTOS : THIERRY PAQUOT, PHILOSOPHE

L
es historiens de la maison villageoise de soi, à la différence de la prétentieuse « mai-
Le dictionnaire, au mot « banalité », (La maison rustique : logique sociale son domotique » qui fait la fière avec ses logi-
évoque un terme féodal francique et composition architecturale, de Jean ciels. Pourquoi enclencher la chaudière, mettre
qui signifie « loi », « proclamation », Cuisenier, PUF, 1991 et Maisons au four le rôti, avec un SMS ? Une maison n’est
« édit ». Il désigne « le droit du paysannes en France, de Jean-René Trochet, surtout pas un mécanisme, qui vous impose
seigneur d’assujettir ses vassaux à Créaphis, 2006) remarquent que la banalité ses normes et ses rythmes, mais une complicité
l’usage d’objets lui appartenant. » apparente d’un bâtiment dissimule souvent dans la réciprocité.
(Dictionnaire historique de la une incroyable sophistication. Celui qui ne salue pas les arbres de son jardin,
langue française, Le Robert, 1992). En fait, le banal ruse ! L’orientation d’une n’échange pas deux mots avec le puits, n’actionne
On appelle également « banalités », construction, les matériaux utilisés, la forme et pas la poignée de la porte sans penser qu’il serre
l’impôt que verse au seigneur la signification symbolique du toit, l’emplace- une main, ne caresse pas la table patinée comme
celui qui utilise un de ses biens qui ment des fenêtres, le revêtement du sol, les cou- pour lui prendre le pouls, ne peut entretenir avec
servent à tous, le pressoir, le four, leurs des murs, bref, tout élément qui participe cette maison une relation amicale. Il ignore cette
le moulin… Avant d’être dénoncés à la maison relève de cette banalité heureuse, banalité sensuelle, secrète, intime pour ne voir
lors de la nuit du 4 août 1789 qui simple, enchanteresse. Tenez, cette contre- que la banalité sans grâce, normée, qu’on trouve
abolit les privilèges des aristocrates, marche en bois peint, ce pan de mur en briques dans n’importe quelle grande surface, que tout
ces droits apparaissent comme la vernissées joint à un autre mur badigeonné à la le monde accepte comme une fatalité, qui croit
norme. Proximité entre le normal et chaux, ce placard incrusté sous l’escalier, cet es- s’adresser à tous mais ne parle à personne… Nous
le banal. Le monde rural recherchait calier en pierres qui en tournant vers le premier retrouvons là nos deux « banalités », la standardi-
l’ordinaire, dans la construction étage devient échelle en bois, voilà des banalités sée appauvrissante et la singulière enrichissante.
de sa maison, sa vaisselle, ses actives, réconfortantes et appréciables. Comme Le choix est facile, non ?
vêtements, son mobilier. ce portail démuni de serrure mais orné d’une
ficelle qui le retient à la clôture. Ou ces tuiles
posées sur un muret pour l’abriter de la pluie…
Une maison offre d’innombrables accommo-
dements qu’on ne découvre qu’en les utilisant.
C’est en poussant une chaise vers la fenêtre qu’on
comprend que celle-ci est fixée à la bonne hauteur
et cadre judicieusement un morceau du jardin
qui devient une vue, un paysage. De même, la
pierre d’évier accompagne le plan de travail qui
conduit à la cuisinière sans interruption, assurant
aux gestes domestiques leur continuité.
L’habitabilité d’une demeure se mesure sans
qu’on y prenne garde, comme une chose qui va

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Four à pain sauvé :
ceinturé comme
un tonneau !
Ce four à pain, utilisé par une association à but social et solidaire, avait été déjà
reconstruit en 2000 en partenariat avec la délégation MPF de l’Eure. Depuis
quinze ans, de nombreuses fournées ont attiré devant le four un public désireux
de retrouver le bon pain traditionnel, fabriqué par des bénévoles qui s’activent
pour la mise à feu, le pétrissage, le façonnage des miches et des petits pains.
TEXTE ET PHOTOS : CHRISTIAN SUTTER, FORMATEUR FOURS À PAIN

Beaucoup de dégradations de l’Eure pour confronter les solutions possibles.


C’est le bon sens et l’analogie concrète
Ce four, enclavé dans un mur de briques avec la résistance aux pressions internes inven- Le feuillard d’acier, d’environ 10 cm de large,
donnant sur la rue principale de village, est en tée par « nos ancêtres les gaulois », qui imagi- encercle les flans du four. Au dos, 2 cornières
permanence soumis à des vibrations dues au nèrent le cerclage, comme celui des douelles perforées sont serrables par des tiges filetées
passage d’engins agricoles et de camions, sans des tonneaux, finalement adopté.
parler des tranchées de travaux d’adduction Un feuillard3 de métal ferreux assorti
au pied de ce mur support, occasionnant des de boulons de serrage (photo ci-contre)
mouvements de terrain. a donc été posé pour cercler et maintenir 1
Dérhumage : première mise en chauffe
En outre, pour qui ne connaît pas bien le pro- les parois verticales du dôme qui com- progressive d’un four à pain. L’humidité
cessus de dérhumage1 d’un four froid, sa mise à mençaient à se fissurer, sous la pression du encore présente dans l’argile ne doit
feu tardive, souvent forcée par excès de chauffe, poids de la calotte, affaiblie par la morsure pas être «forcée» par un feu intense qui
peut entraîner des condensations humides et des chaleurs excessives endurées par les tui- risque de porter à ébullition (et non à
des dilatations non homogènes des matériaux, leaux et les poteries centrales : en s’aplatis- évaporation) l’eau résiduelle. Lors de
propices à des fissurations incontrôlables. À telle sant, elle écartait ces parois verticales.) l’inauguration ou de la remise en service
enseigne : des joints de mortier de terre des tui- Ce cerclage, avec le serrage des boulons d’un four, il faut, soit glisser un petit
leaux supérieurs juste derrière la gueule du four, du feuillard, a tout de suite stabilisé le lent radiateur électrique soufflant sous la voûte
ainsi que les demi-tuileaux et les poteries gigognes écartement des parois verticales et permis de du four, soit allumer des petites flambées
formant la « clé » centrale de la voûte étaient rosis rejointoyer les briques verticales du corps in- successives jusqu’à séchage complet.
comme des briques saint-Jean2 trop cuites, preuve férieur du four, avec un mortier de chaux hy- 2
Brique saint-Jean : terme générique pour
qu’une température de près de 1 000 °C avait sur- draulique naturelle (NHL 3,5) et de sablon,
désigner la brique artisanale cuite au feu
chauffé ce foyer. choix validé par le chef de produits de CESA.
de bois, de couleur rose. Microporeuse
La cuisson du pain se faisant à moins de
et gélive, elle résiste mal aux intempéries
300 °C, ces températures indues avaient fragilisé
la structure et la répartition des charges d’un four …et reconstruire dans les bas des murs. Mais elle donne
un cachet remarquable d’authenticité
déjà de forme initiale particulière, plus proche
à une restauration ou à une extension.
d’un « pot de chambre » retourné que d’un igloo Restait à refaire le « cerveau du four »,
Les gueules et les autels des fours à pain
(et reconstruit scrupuleusement à l’identique en c’est-à-dire la clé de voûte centrale de la par-
«paysans» sont souvent construits avec ce
l’an 2000) : le rayon de courbure de la voûte était tie haute, qui avait été finalisée en 2000 par
matériau traditionnel. Depuis le XIXe, les
donc assez faible, ce qui tendait à écarter ses flancs. une masse de pots de fleur gigognes en terre
briques de construction sont fabriquées
cuite, progressivement rongés depuis par les
dans des fours au charbon ou au gaz.
Deuxième sauvetage : chocs thermiques excessifs : au contact du
feu vif, ils s’étaient délités, s’émiettant sur le 3
Feuillard : à l’origine, la tige de coudrier
cercler… pain à chaque fournée… fendue en longueur qui cerclait un
Décision radicale : les extraire par le haut, tonneau, puis la bande d’acier qui l’a
Au premier trimestre 2013, son responsable après avoir étayé la calotte par un montage remplacée.
actuel est revenu consulter Maisons Paysannes provisoire de contre-plaqué souple épousant

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la légère courbure de la voûte et reposant sur
Pour en savoir plus : la sole, avec un calage de planchettes et de
Bernard Blaise, réalisateur du cerclage solides parpaings (photo ci-contre).
du four, contact@[Link] Une grosse borne de grès se trouvant non
Christian Sutter, formateur construction loin de là a été retenue pour être taillée à la
fours, christian.sutter314@[Link] dimension tronc-cônique du trou laissé par
DVD « Four à pain : le restaurer, le réaliser, l’extraction des poteries gigognes : un mou-
le mettre en chauffe » 1h54, en vente à lage préalable en plâtre a permis de tailler dans
MPF, 22,30€ franco de port (21,30€ prix le grès une copie précise du volume à combler
adhérents) dans l’espace de la clé de voûte circulaire.
précises de gestion des procédures de mise en
Et surtout : chauffe sont élaborées et transmises à tous les
bénévoles. Un « maître du pain » surveille les
savoir conduire le four flambées et la montée des températures propice
à une cuisson équilibrée. Ce four est mainte-
Après sa seconde restauration, ce four à nant apte à cuire le bon pain et à rendre fiers
pain ne tolérera plus l’erreur : des consignes ceux qui le conduisent, expérience faite.

Coupe horizontale du four Coupe verticale au centre du four

Fours à pain de toujours et bois de chauffe

On a eu chaud !
CHRISTIAN SUTTER, DÉLÉGATION DE L’EURE, FORMATEUR TERRE CRUE ET FOURS À PAIN

U
ne visite à la crypte archéologique équipement désormais approprié ou partagé
de Notre-Dame de Paris1 offre pour leur survie alimentaire, ceci jusqu’à la
à la vue les vestiges de différents guerre de 1914, où la paysannerie est encore
fours antiques de Lutèce : les fours majoritaire dans les campagnes.
à chaleur des « sudatorium » ou des citernes Depuis les années 1970, des particuliers,
chaudes des piscines, des meules à farine, des associations du patrimoine, voire des mu-
ainsi que des fours à pain qui ressemblent à nicipalités, restaurent, pour leur redonner un
s’y méprendre à ceux que nous restaurons au- sens collectif convivial, ces vestiges du pas-
jourd’hui dans nos villages. sé, réactualisés pour un « bien s’alimenter et
La Nuit du 4 août 1789 abolit les droits bien-vivre ensemble ».
féodaux sur les fours banaux. Liberté est donc Un four à pain, tout comme un âtre tradi-
laissée aux citoyens de construire et d’user à tionnel, construit selon les « règles de l’art », est
leur convenance de leur « feu » (de leur foyer), le réceptacle d’un « feu ouvert » consumant des

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bûches de bois de plus de deux ans de séchage, L’information est si renversante qu’AIR-
dégageant des fumées blanches légères et resti- PARIF corrige le tir : « La combustion du bois
tuant des cendres blanches volatiles. ne contribue qu’à hauteur de 4 % à l’émission de
micro-particules dans l’atmosphère, soit dix fois
moins que la circulation routière ». La DRIEE
Premières alertes s’est lourdement trompée ! Ambiance…
Le 16 décembre, Mme Ségolène ROYAL,
Mais voilà quelques années déjà, des scruta- ministre de l’Écologie, du Développement
teurs des causes de « l’effet de serre » accusaient Durable et de l’Énergie, s’exprime sur de nom-
ces flambées de dégager du CO² (gaz carbo- breuses chaînes d’information :
nique ou dioxyde de carbone), qui, dilué dans la « Cette mesure prise par le Préfet de Région
haute atmosphère, aggraverait le réchauffement n’a aucun sens, j’ai décidé d’invalider ce décret.
climatique. Heureusement, d’autres études plus Il faut arrêter d’embêter les gens (sic), et leur laisser
poussées affirmaient, au contraire, que la totalité plus de liberté : laissons-les se réunir autour
de ce carbone était réincorporé par la photosyn- d’une flambée, surtout en cette période de Noël,
thèse des feuilles, dans les parties ligneuses des ajoute-t-elle, pour conclure : Je vais favoriser le
bois en croissance, avec un bilan carbonique développement de la filière bois et de la biomasse
final neutre. Va donc pour le chauffage au bois en général »
et la cuisson du pain…
Fin… provisoire ? Les cheminées anciennes, bientôt

Deuxième interpellation uniquement décoratives ?

« Royalement » parlé, commentait-on au


Mais voilà que l’OMS, le ministère de la Café du Commerce, mais aussi dans les ré-
Santé et la « sécu » s’émeuvent. Certains jours unions d’associations, provisoirement rassu-
de brouillard ou de forte chaleur, les météoro- rées. Car en décembre 2015, c’est la France
logies régionales et « AIRPARIF », conformé- qui organisera et recevra à Paris la Conférence
ment aux Plans de protection de l’atmosphère Internationale sur le Climat, COP 21, dont
(PPA) des grandes agglomérations2, signalent l’enjeu est d’aboutir à une limitation en deçà
l’accumulation de microparticules M 2,5 et de 2°C du réchauffement climatique. On n’a
M 10, très nocives parce que minuscules, dans donc pas fini de reparler de pollution…
l’air vicié que nous respirons : en Ile-de-France, Le dernier carré de « gaulois de Lutèce »
12 millions de citoyens sont exposés aux crises résistera-t-il encore une fois à l’emprise bu-
d’asthme, toux, broncho-pneumopathies chro- reaucratique de l’Empire romain ? En atten-
niques. Cancers et affections pulmonaires vont dant, préparons une nouvelle fournée de cet
écourter notre espérance de vie… excellent pain au levain ! La cuisson à l’âtre du savoureux
La puissance publique réagit : l’arrêté du « gigot à la ficelle » sera-t-elle
12 mars 2013, signé par le Préfet de Région 1
[Link] désormais interdite ?
Ile-de-France (soit Paris et les six départements 2
à Lyon : [Link]
des petite et grande Couronnes) interdit, à
compter du 1er janvier 2015, toute combustion
de bûches dans les cheminées à foyer ouvert, y
compris à Paris les fourneaux et poêles à bois.
435 communes sur 1281 sont concernées en
Ile-de-France : stupeur et consternation.
Un vif débat s’engage dans les médias,
virulent au 4e trimestre 2014. On va jusqu’à
imprimer : « Parcourir 3 500 km en diesel n’émet
pas plus de particules fines, qu’une demi-journée
de chauffage au bois dans une cheminée à foyer
ouvert, ou de cuisson d’une seule fournée de pain
dans un four traditionnel. » !

Troisième round
À l’approche de Noël 2014, le ton monte,
la presse francilienne s’émeut. L’UNC-Que
choisir ? qualifie d’étonnante et fausse l’équiva-
lence polluante des flambées de bûches avec celle
de la totalité du trafic routier en Ile-de-France. Au temps où Paris s’appelait Lutèce

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Pourquoi des « Règles
Professionnelles » ?
ÀE
Les règles professionnelles (RP) qui ont donné lieu aux
documents techniques unifiés (DTU) reviennent au
goût du jour. Établies par consensus des professionnels
et des experts du domaine, elles sont les réponses les
plus abouties pour la reconnaissance des « nouveaux »
savoir-faire de l’écoconstruction.
©Bâtipôle

TEXTE : JEAN-PAUL GLEIZES, DÉLÉGUÉ DE L’AUDE - PHOTOS : BÂTIPÔLE

La nécessité de savoir-faire Dispositions rigoureuses :


connus et reconnus artisanat revalorisé
Si par le passé les savoir-faire étaient transmis Au-delà de l’agrément des metteurs en
oralement (compagnonnage, apprentissage), au- œuvre, chaque chantier doit réaliser des auto-
jourd’hui la formation, via des structures spéci- contrôles formalisés et les communiquer.
fiques, utilise la forme écrite et publique. Par exemple pour les RP de la construc-
Par ailleurs, le règlement d’éventuels litiges tion en paille : des fiches de contrôle-qualité
relatifs à des désordres constructifs requiert de des matériaux et de leur mise en œuvre sont à
disposer de normes. Les assurances les solli- renseigner durant le chantier et à envoyer au
citent, comme les marchés publics pour les- RFCP et au maître d’ouvrage. Ainsi, le taux
©Bâtipôle

quels les normes et DTU sont obligatoires. d’humidité et la masse volumique des bottes
de paille doivent être mesurés. Pour les en-
Une palette de documents duits, ce sont la qualité de l’accroche et l’ab-
sence de fissuration de retrait, etc.
de reconnaissance Cet arsenal de règles a un fort intérêt :
Parmi les documents validés lors de leurs travaux, les maîtres d’ouvrage,
par les filières constituées : Beaucoup de structures officielles travaillent que nous sommes tous un jour ou l’autre,
• Guide de bonnes pratiques à l’élaboration de règles et de normes : guide ont toute garantie si leurs artisans utilisent les
de construction de murs de des bonnes pratiques, règles professionnelles et techniques nouvelles, les matériaux naturels
soutènement en pierre sèches recommandations techniques enrichissent et ou les anciens savoir-faire, désormais écrits
(mars 2008) CAPEB- ABPS – Murailler officialisent des pratiques anciennes réutilisées, et intégrés dans les normes officielles du
de Provence – CBPS – CMA84 – ENTPE comme les pratiques innovantes. bâtiment.
• Recommandations techniques pour Le récent programme RAGE 2012 (Règles
la construction de toitures en chaume de l’Art Grenelle Environnement), prévu de
(octobre 2012) ANCC- CAPEB. 2012 à 2016, a pour objectif d’adapter les règles
actuelles et aussi de reconnaître les solutions
techniques innovantes pour améliorer les perfor-
mances énergétiques des bâtiments : recomman-
dations professionnelles (reconnues par les assu-
reurs), guides (solutions techniques innovantes),
calepins de chantier, rapports (études, essais),
Pour aller plus loin recommandations pédagogiques (traductions
Retrouvez sur notre site internet dans les référentiels de formation)…
l’essentiel des règles professionnelles : Jusqu’alors sept recommandations sur le
[Link] bâti ont été approuvées, dont deux relatives à
l’ossature bois et deux autres sur les planchers.

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À Esnes (59) À Hon-Hergies

Granges du Nord :
comme une contrée à explorer
Son métier d’architecte avait fourni à Claude Dimey de nombreuses occasions d’étudier
les maisons rurales de son département du Nord, qu’il pensait bien connaître. Mais quand,
en 2003, le CAUE 59 lui demande d’étudier les possibilités d’hébergement touristique rural
de cette région, Claude ne se doute pas qu’il commence une aventure originale, passionnante
et… au très long cours. Sa mission consiste en effet à envisager le devenir des bâtiments ruraux
et il commence à parcourir les campagnes, appareil photo et carnet de notes en main.
TEXTE : M-M. POIRIER ET C. DIMEY - PHOTOS ET DESSINS : CLAUDE DIMEY

A
u cours de ses expéditions, il constate Les plus vieilles
l’importance, la beauté et la grande ont plus de 300 ans
variété des granges anciennes de ce ter-
ritoire : et de commencer à établir une
fiche très complète sur chacune d’elles, assortie Mais l’âge d’or de ces énormes bâtisses
de dessins en plan et en coupe, d’élévations et est la seconde moitié du XIXe siècle, quand
de photos de la bâtisse sous toutes ses coutures. la révolution industrielle vient bouleverser
Durant huit ans, Claude Dimey et sa collabo- les méthodes agricoles anciennes. La plupart
ratrice Cécile Pesle réalisent un véritable travail ont été construites par des paysans ambitieux
de bénédictin, et rarement l’expression « arpen- et courageux, qui s’adaptaient toujours aux
ter la campagne » a pris un si juste sens. Quand besoins des nouveaux temps, et on y lit les
enfin il remet au CAUE l’étude commandée, traces des techniques de construction qui
il ne peut se résoudre à « décrocher ». C’est qu’il ont eu cours durant leur longue vie.
reste encore beaucoup de granges non visitées Et puis, Claude rencontre les proprié-
ou étudiées, et ce qu’avait commandé l’activité taires occupants, exploitants ou non, les
professionnelle, la passion va le poursuivre. écoute raconter leur grange, ses transforma-
Chaque dimanche et pendant ses temps tions, ses avatars… Beaucoup les utilisent
libres, Claude parcourt des kilomètres en encore pour abriter récoltes ou engins. Tous
voiture et à pied : découvertes fortuites ou demi- sont étonnés mais touchés, surpris de la curio-
surprises « flairées » par une longue observation sité et de l’intérêt que suscite la grange de
des constructions du Nord, il accumule les in- leur patrimoine. Dans les nombreux cartons,
formations pour mieux comprendre ces basi- chacune a sa place, avec relevés et photos,
liques paysannes, et coucher sur le papier leurs complétés des informations historiques re-
mille particularités et dispositions construc- cueillies. C’est là un trésor de passionné, une
tives. Chaque lit de briques ou de pierre est leçon de patrimoine et d’études rurales, qui
mesuré, dessiné, chaque pan de bois relevé, mériterait d’être mis en valeur, n’est-ce pas ?
et surtout, l’œil de l’architecte saisit les détails En attendant, pourquoi pas ? une publica-
originaux des maçonneries et charpentes. tion, Claude nous ouvre quelques cartons…

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À ESNES : DIMIÈRE ET PARÉE DE ROUGES BARRES

Au cœur du Cambresis, Esnes (700 subsiste une petite partie encore en eau. maçonnerie alternant régulièrement
habitants) se niche dans une vallée en- Outre le logis principal et ceux 4 lits de briques (25 cm de hauteur)
caissée entre deux grands plateaux, au des ouvriers, on y trouve toutes les dé- et un lit de pierre calcaire blanche de
sud-est de Cambrai. Le petit village, pendances d’une ferme dont bergerie, même hauteur, y compris les contre-
aujourd’hui identifié à son château, étables, écuries… mais pas de grange. forts de sections rectangulaires (63 x
est « traversé par l’importante route C’est en effet la grange dimière du 51 cm), au nombre de neuf par mur
menant de Cambrai à Guise où le XVIIe, qui remplit cet office au XIXe : gouttereau (à l’exception du 1° et du
seigneur d’Esnes prélevait un droit de elle est située hors de l’enceinte, à 20 m 9° dont la section est de 75 x 51) et
péage supprimé en 1741 ». de la « grosse tour » du XIVe du château. les deux contreforts de section carrée
Le château médiéval a été rebâti au (95 x 95cm) par mur pignon.
XVIe. Après occupation « par les Autri- La grange aujourd’hui On observe dans chacun des deux
chiens en 1793, le château est transfor- Isolée, elle présente d’emblée aux pignons la position dissymétrique de
mé en exploitation agricole au XIXe ». regards deux caractéristiques de forme ces deux contreforts, dont l’un semble
Il a gardé les traces topographiques de et de couleur qui ensemble la rendent avoir été raccourci, ainsi qu’une porte
son origine : un bâti presque continu très singulière. charretière sous un arc segmentaire
sur les quatre côtés d’une large cour En effet, les murs périphériques en claveaux de pierre surmonté d’une
(50 x 42 m environ), protégé à l’exté- (50 cm d’épaisseur en murs goutte- fenêtre ou porte gerbière bouchée par
rieur par un anneau de douves dont reaux et 63 en pignon) sont réalisés en une maçonnerie de briques.

À HON-HERGIES :
AU PAYS DES LOUPS

Distants de 1 600 m, les petits villages


de Hon et Hergies fusionnent en 1790
pour former la commune de Hon-Hergies,
bordée par la « Chaussée du Bois » et
la frontière franco-belge. Elle compte
aujourd’hui 800 habitants.
La ferme de la Louvière se niche à
1500 m de cette frontière, au bout du
Chemin de la Louvière et au début du
Chemin de la Buse. Mentionnée dans
le cadastre napoléonien de 1825 (mais
depuis quand existait-elle ?), elle est
organisée sur le pourtour polygonal
d’une cour fermée à l’origine, d’en-
viron 60 sur 30 m. Une bonne partie
du corps de bâtiment fermant la cour
vers l’est a disparu, de même qu’un pe-
tit ensemble de 10 x 8,50 m au milieu
de la cour. À ces différences près (et à
la greffe malheureuse de deux hangars

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À MARESCHES : BÂTIE QUAND LOUIS XIV AVAIT 20 ANS

À 8 km au sud-est de Valenciennes, fermé de moindre profondeur (0,72 m


Maresches compte 950 âmes. Au cœur au lieu de 2,32), entre deux contre-
du village se situe une très ancienne forts comparables à ceux qui subsistent
ferme désaffectée dont une partie du encore en murs gouttereaux. Ces
bâti d’origine a disparu. Seuls sub- contreforts sont censés s’opposer aux
sistent un long corps de logis parallèle poussées des fermes correspondantes
à la rue et une grange du XVIIe comme de brique des murs gouttereaux de
en atteste une pierre de façade millési- 45 cm d’épaisseur : en effet, la ruine de
mée 1663. six d’entre eux (sur douze) n’a pas
généré de désordre dans la maçonne-
Une grange « en large double » rie de brique des murs gouttereaux de
Elle est traversée par deux passages 45 cm d’épaisseur.
charretiers transversaux dissemblables, Les contreforts correspondent aux
exception rarissime. plans verticaux et transversaux de cha-
- Le plus large (3,90 m) est consti- cune des huit fermes « à la Palladio »,
tué de deux porches fermés de 3,85 x caractérisées par la position de deux
2,32 m chacun, couverts en appentis jambes de force verticale aux points de
et adossés à chacun des murs gout- concours du faux entrait avec les deux
tereaux avec porte charretière à deux arbalétriers.
vantaux ouvrant à la française avec À noter, une disposition construc-
débattement le long des murs laté- tive étonnante : les extrémités des
raux du porche. Mais, plus étonnant, entraits, d’une portée de 8,40 m, tra-
la baie libre entre le mur gouttereau versent la maçonnerie de briques des
et l’appentis du porche est surmontée murs gouttereaux pour apparaître en
d’une voussure avec arc brisé appa- façade, avec une légère entaille d’assem-
reillé en rouleau de briques. blage avec une lisse, elle-même entaillée,
- Le moins large (3m) ne présente courante et apparente le long du mur,
plus aujourd’hui qu’un seul porche du moins là où elle n’a pas disparu.

modernes adossés à l’extérieur), l’en- « allège » haute de 4 m à compter du sol),


semble immobilier d’origine a conservé • et par une porte piétonne à chaque extrémité
toutes les qualités d’une architecture ver- de la grange. Les deux nefs communiquent
naculaire préservée. ainsi par 8 ouvertures/passages au travers de
C’est en particulier le cas de la grange, cet énorme mur central.
étonnante et remarquable à plus d’un titre.

Une grange « en long »


On constate que le passage charretier
longitudinal le long d’un mur gouttereau, ca-
ractéristique de cette typologie, est séparé de
la zone d’engrangement proprement dite par
un mur massif en maçonnerie de brique de
86 cm d’épaisseur, à l’instar des murs goutte-
reaux et pignons.
Elle est donc constituée de deux nefs. La
plus étroite (3,69 m de large), dévolue au
passage charretier, communique avec la plus
grande (8,88 m) par :
• 3 grandes baies libres, de 2,10 m de large et
hautes de 7 m sous un arc en plein cintre à
compter du sol,
• 3 petites baies libres, de 1,60 m de large et
hautes de 4 m (ou 2,50 m à compter d’une

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Projet de loi « transition
énergétique pour une
croissance verte » :
ne pas sacrifier le patrimoine !
Comme je l’ai évoqué dans l’éditorial du dernier numéro, notre association craint
les conséquences du projet de loi que l’Assemblée Nationale a déjà adoptée.
En préalable, précisons que les adhérents de Maisons Paysannes de France ont une
forte sensibilité écologique. Nos maisons ne le sont-elles pas, par essence même ?
Loin de nous l’intention de vouloir « torpiller » un projet de loi qui comporte de
nombreux éléments positifs pour la sauvegarde de notre planète (encore faudrait-il
que les autres nations nous imitent car les gaz à effet de serre et le CO2 n’ont pas
de frontières, tout comme les particules radioactives de Tchernobyl…).
TEXTE : GEORGES DUMÉNIL, PHOTOS PRISES PAR LA SOCIÉTÉ POUR LA PROTECTION DES PAYSAGES ET
DE L’ESTHÉTIQUE DE LA FRANCE, ET PAR NOS ADHÉRENTS RÉPROBATEURS (VOUS POUVEZ CONTINUER
À NOUS ENVOYER VOS CLICHÉS !)

Maison en Haute-Saône avant…et après ITE


Nous savons, à Maisons Paysannes, que
Qu’est-ce qui nous tout le bâti dit des « Trente Glorieuses » est
préoccupe réellement ? particulièrement consommateur d’énergie
et que son architecture, souvent médiocre,
Deux points essentiels : l’un concernant pourra trouver des effets positifs à sa rénova-
l’isolation par l’extérieur, dite ITE, et l’autre tion. Mais surtout, nous savons que les murs
l’anarchie des implantations d’éoliennes. du bâti ancien n’en ont nullement besoin et
que les conséquences de tels procédés seront
Isoler les maisons particulièrement préjudiciables à la pérennité
des maisons anciennes (voir les résultats de
par l’extérieur ? l’opération BATAN).

Les articles 3 et 5 du titre II du projet de loi


précisent qu’une isolation par l’extérieur sera Que faire ?
obligatoire lorsque des travaux de ravalement
de façade seront entrepris. Le texte précise tou- 1948 est la date arrêtée par le ministère
tefois qu’il ne s’appliquera pas si les conditions de l’Environnement pour déterminer le bâti
techniques juridiques ne sont pas remplies ou s’il ancien. Certes, avant cette date, il existe des
Maison à Hurtigheim (Alsace)
existe une disproportion manifeste entre ses avan- bâtiments énergivores, et après, des édifices
tages et ses inconvénients de nature technique, construits traditionnellement, qui se com-
économique ou architecturale. Mais ce texte ne portent comme le bâti ancien. Cependant,
précise nullement qui seront les arbitres de ces nous avons proposé que le Bâti d’avant 1948
appréciations. Les entreprises attendent la pro- soit exclu de ce dispositif.
mulgation de cette loi pour conquérir des mar- Il s’agit donc essentiellement d’un pro-
chés importants, et rares seront celles qui feront blème de matériaux. Maisons Paysannes de
la différence entre une façade qui le nécessite et France est favorable aux travaux assurant des
une autre pour laquelle l’intervention sera néfaste. économies d’énergie utilisant techniques et

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Chapelle dans la Loire : avant… …et après ITE !

matériaux ayant fait leurs preuves au cours


des siècles (chaux, chanvre, paille…). C’est
Des sites à épargner
pourquoi nous avons également proposé la
rédaction d’un décret d’application qui stipu- L’amendement propose également que ces
lerait : « les dispositions du présent article ne installations ne soient pas réalisables dans les
s’appliquent pas au bâti d’avant 1948 et aux sites inscrits ou classés, dans les ZPPAUP ou
murs dont les caractéristiques architecturales AVAP, les Parcs naturels régionaux et les Parcs
sont telles qu’ils doivent conserver visibles les nationaux, les zones littorales définies par
éléments des matériaux constitutifs : modé- l’article L 321-2 du même code, les zones de
natures, pierre de taille, terre, colombages, montagne régies par les articles 3 et 5 de la loi
briques, enduits à la chaux ». du 9 janvier 1985 relative au développement
et à la protection de la montagne, et enfin
dans les zones inscrites sur la liste du Patri-
Éoliennes et patrimoine ? moine Mondial de l’Unesco.
En 2012, lors de l’établissement des
Par ailleurs, ce projet de loi ne tenant schémas régionaux éoliens (SRE), les
pas suffisamment compte de l’environne- DRAC, STAP et DREAL avaient fourni,
ment dans les implantations d’éoliennes, sur demande du gouvernement, un travail
qui risquent de détériorer de nombreux remarquable identifiant les zones délimi-
sites, plusieurs associations du G7 Patri- tant ces implantations. Ce travail a tout
moine ont proposé les amendements sui- simplement été ignoré et les préfets de ré-
vants : « les installations terrestres de produc- gion ont pris des arrêtés incluant des zones
tion d’électricité utilisant l’énergie mécanique très fragiles en matière d’environnement.
du vent, lorsqu’elles sont visibles depuis un Les installateurs étaient alors plutôt satis-
immeuble classé ou inscrit au titre des monu- faits de ce projet de dispositif leur permet-
ments historiques ou visibles en même temps tant de savoir clairement où ils pouvaient
que lui et situées dans un périmètre déterminé installer les aérogénérateurs, alors qu’ils
par une distance de 10 000 mètres de l’im- sont confrontés aujourd’hui à de multiples
meuble concerné, ne peuvent être implantées procédures.
Maison en Haute-Saône avant… et après ITE
que sur avis de l’architecte des bâtiments de Maisons Paysannes de France ne se posi-
France rendu dans les conditions de l’article tionne donc pas comme « anti isolation » ni
L.621-32 I du Code du patrimoine. » « anti éolien » mais n’accepte pas n’importe
quoi dans n’importe
quelles conditions.
Elle poursuivra ses
démarches pour faire
valoir le respect des
patrimoines !

À Coutances (Manche)
M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 39

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Bonnes
pistes
Bât’Innov
Maisons Paysannes en Languedoc-Roussillon
s’engage dans la Charte régionale
de développement de l’éco-construction
Entre 2013 et 2014, le Conseil régional Languedoc-Roussillon
a créé un Comité de la construction durable afin d’encourager
l’emploi des matériaux naturels et les filières locales qui les mettent
en œuvre, qu’il s’agisse de construction ou de rénovation. Une
Charte, intitulée Bât’Innov, rassemble les engagements que les
signataires sont invités à prendre pour promouvoir des bâtiments
éco-conçus et innovants visant à maîtriser les consommations
d’énergie et à répondre aux exigences de confort et de santé des
occupants. Une trentaine d’organismes, dont l’association
Maisons Paysannes Languedoc-Roussillon, ont signé cette Charte.
TEXTE : JEAN PEYZIEU - PHOTOS : BÂTIPOLE
MPF connaît et fait connaître la terre crue

15 engagements cipé aux expérimentations sur la pierre sèche


et obtenu des pouvoirs publics que soit délivré
Ils sont rassemblés en quatre axes straté- un agrément, le CQP (Certificat de qualifica-
giques (mutualisation des connaissances, soutien tion professionnelle), permettant à des jeunes
de l’innovation, développement des savoir-faire d’être opérationnels dans la nouvelle filière.
locaux, accompagnement de la maîtrise d’ou-
vrage). Un Guide décline en détail ces quinze
engagements, dont certains nous sont déjà fami- Innover
liers. Notre association en a choisi trois.
Dans l’engagement 14, qui vise à encou-
rager la réalisation de bâtiments innovants
Formation « Ouvrier Professionnel Partager nos connaissances et reproductibles, nous donnons comme
Restauration du Patrimoine » exemples les voyages d’étude sur la pierre dans
construction de mur en pierre sèche Dans l’engagement 1, nous rappelons notre la construction contemporaine, que nous
participation à plusieurs groupes de travail organisons depuis cinq ans dans le Gard et
où nous partageons nos connaissances sur la l’Hérault. C’est l’occasion pour les profession-
terre crue et la pierre naturelle à la fois pour nels, les personnels des administrations, et les
la sauvegarde du bâti ancien et pour l’emploi maîtres d’ouvrage de découvrir ou redécouvrir
de matériaux bio-sourcés dans la construction l’emploi d’un matériau longtemps délaissé en
contemporaine. raison d’une image qu’on accole à celle des mo-
numents historiques et du passé.
La signature de la Charte Bât’Innov, en
Former tout cas, aura permis à notre association d’être
reconnue, certes comme toujours soucieuse de
Nous nous inscrivons naturellement dans protéger le patrimoine ancien, mais pouvant
OPRP Limousinerie de pierre l’engagement 11, tourné vers la formation et mettre son expérience des éco-matériaux au
(restauration d’un aqueduc) l’apprentissage, notamment pour avoir parti- service des Français du XXIe siècle.

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DANS L E S
D É P A R T E M EN T S

Aisne reconstitution a eu le souci de Surpris et amusés, de nom-


respecter les spécificités de breux visiteurs, guidés par de
MP Aisne a participé à une jour- chaque « pays » du départe- sibyllines énigmes, n’hésitèrent
née le 4 octobre à Etréaupont ment, mais d’y aménager, par pas à sillonner les rues de la
avec l’association « Le Pied exemple, des baies plus larges commune. Autre animation,
de la lettre » qui avait pour but et d’y ajouter une salle d’eau. pour la première fois, un conteur
de sensibiliser les habitants À la fin de chaque sortie, autour donna du relief à la truculence
de la Thiérache aux matériaux du verre de cidre, les nom- de textes de Rabelais en vieux
naturels dans la construction breux participants ont renou- François, par une interprétation
et l’isolation de leurs maisons, velé leurs remerciements pour Le 4e prix à Laurence et Bruno originale.
dans le cadre des « Semaines la qualité de l’organisation, l’ori- Berthier pour la réhabilitation Soutenu par la Région Poitou-
de l’environnement ». Une ginalité des thèmes et la culture de leur maison de Pasques qui Charentes, Les Services du
petite trentaine de personnes des intervenants. avait subi des modifications de Patrimoine, le Pays Entre-
y assistaient, dont plusieurs façades désastreuses au siècle Touvre et Charente, la
adhérents de MPA. Globe 21, dernier. La restauration de la Communauté de Communes
qui ne pouvait assister à cette Bourgogne tour complète ce bel ensemble. et la Commune de Balzac,
manifestation, avait mis à dis- notre Salon a permis de dif-
position son expo itinérante. Le Le Conseil régional de fuser les valeurs de Maisons
Président de MP Aisne a donné Bourgogne a remis les Prix Paysannes de France.
une conférence et illustré son du patrimoine le 17 décembre Un coup de chapeau particu-
propos avec une projection 2014. Une très belle exposition lier à la mairie de Balzac et
de nos photos, en invitant les de photos de ces bâtiments est M. René Bujon pour leur pré-
auditeurs à participer. Le film visible dans la Galerie François cieux soutien logistique.
« Dessine-moi une maison » Mitterand au Conseil régional.
a été projeté. Nos dépliants Maisons Paysannes de Côte
et infos ont été distribués et d’Or est bien à l’honneur puisque Côte d’Or
quelques brochures vendues. 3 prix sur 4 ont été décernés à La passion pour l’architecture
Cette année, notre Assemblée des adhérents actifs ! a animé tous ces proprié- Le 28 septembre, la délégation
Générale aura lieu le dimanche taires. Qu’ils soient félicités et a eu le plaisir de découvrir diffé-
29 mars dans la région de remerciés ! rentes facettes de la vallée de la
Chauny. Vingeanne, à l’est de Dijon :

Charente Deux sites d’artisan :


Ardennes • une ancienne scierie à Licey-
sur-Vingeanne alimentée par la
force motrice de la rivière. Le
propriétaire a conservé tous les
outils et elle est en état de fonc-
Le 1er prix à Eliane et Jean- tionnement, même si, hélas !
Philippe Guerra pour la res- elle n’est plus aux normes,
tauration de leur maison forte • la menuiserie Boucard à
de Gurgy-la-Ville. Des travaux Binges qui, mise aux normes,
importants ont été menés pour Public très attentif lors d’une peut produire des fenêtres et
rétablir murs, toitures et derniè- animation. portes accessibles au crédit
Centenaire de la Grande rement pour relever le nymphée d’impôt et parfaitement adap-
Guerre oblige, notre départe- du jardin. Maisons Paysannes de tables aux maisons anciennes.
ment étant le seul à avoir été Charente a choisi le der-
occupé totalement pendant nier week-end du mois de Deux lieux remarquables :
quatre ans, nos sorties ont eu novembre pour organiser l’une Dans le parc d’Etrabonne à
pour thème la reconstitution des des animations phares de l’As- Champagne-sur-Vingeanne où
villages après 1919 : le 3 août, à sociation : le Salon du Livre, M. Wolf, de la Société astro-
Gué d’Hossus, village frontalier qui a eu lieu à Balzac, com- nomique de France, section
de la Belgique, incendié par mune qui accueillit la première cadrans solaires, et M. Lornet
les Allemands à leur entrée en édition, il y a sept ans déjà. nous ont expliqué les calculs
France ; le 5 octobre, dans la Le Salon présenta l’intérêt sup- et les contraintes relatives au
région de Le Thour détruite au plémentaire d’être couplé à la cadran solaire en restauration.
moment de la Hunding Stellung Le 2e prix à Michèle et André Biennale de la Lecture initiée par Cette leçon scientifique a été
(1918). Dans cette région de la Mercuzot pour le sauvetage de la Région Poitou-Charentes : suivie par la visite du parc et du
craie, nous avons eu le loisir la maison médiévale de Gissey auteurs, éditeurs et public s’ac- château du xVe siècle.
d’observer sur le bâti, mairie, (xIVe et xVe siècles). En ruine, cordèrent à le reconnaître. Enfin, nous avons visité le très
église, maisons, fermes, une cette petite maison a retrouvé Un jeu-rallye avec questions beau parc du château de Talmay,
bichromie blanche et rouge qui son toit de laves de remploi, sur parchemin accompagna un jardin à la française, régulier (ver-
donne aux bourgs, un aspect son plancher, sa cheminée, son public curieux à la découverte ger, jardin secret, théâtre de ver-
d’ensemble harmonieux. La escalier de pierre, etc. du patrimoine environnant. dure et bois structuré), dessiné

M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 41

MPF 195 indesign [Link] 41 09/02/2015 11:24


D A N S LES
D ÉPARTEME N T S
avant la construction du château Le 12 décembre au Neubourg, à chantier école (réalisation d’un
au xVIIIe siècle. Autant de parti- l’invitation du CAUE 27 : définition sol en plâtre).
cularités de cette vallée riche en des matériaux locaux, utilisation • Octobre, à Monestier-de-
architecture et en art. du chanvre, réglementations, Clermont : journée « l’isolation
formation des artisans ; la réno- extérieure en question », visite
Roger Lang nous a quittés vation du patrimoine local est de réalisations, rencontre avec
La délégation de Côte d’Or présentée par Bernard Duhem,
des artisans et architectes.
a l’immense regret d’annon- vice-président de MPF, et l’asso- La disparition brutale le
cer le décès de Roger Lang. ciation par Anne Belhoste. 20 octobre 2014 de notre
Très actif dans l’équipe, il Visite du malaxeur de terre crue
Loiret
ami Gérard Charbonnel,
nous était précieux par ses avec Julien Meslin et du Teillage architecte conseil de la délé-
grandes connaissances tant de lin du Neubourg avec son Nos activités du dernier trimestre
gation du Loiret, nous a boule-
en littérature qu’en architec- directeur Bertrand Coulier. 2014 : versés. Depuis 30 ans, Gérard
ture. Collectionneur d’objets Propositions de nombreux • Du 18 au 20/10 : stand MPF agissait pour la défense du
anciens, il nous a fait décou- stages de Pomologie. au Salon Terre Naturelle d’Or- patrimoine rural bâti de notre
vrir nombre d’outils et objets léans, avec taille de pierre, département. Il avait mis sa
vernaculaires. Il a passé Isère animations peinture naturelle compétence et son savoir au
une grande partie de sa vie et conférence sur les ouver- service de notre association,
à restaurer des maisons, 26 adultes et 2 enfants, adhé- tures. Beaucoup d’échanges son association, Maisons
l’une à Flavigny, la dernière, rents et sympathisants, ont Paysannes de France, sans
et conseils avec les visiteurs,
superbe, à Bussy : des participé le 28 septembre à épargner ni son temps ni son
et plusieurs adhésions.
exemples qui enrichissent le une belle journée autour de
• 25/11 : Rendez-vous du Val de énergie. Nous avons tous,
patrimoine qu’il aimait tant et St-Geoire-en-Valdaine, au pied
Loire à Tours, avec MPF37 et adhérents en quête de rensei-
qu’il a su nous faire partager. du massif de la Chartreuse.
MPF41 avec stand et panneau gnements ou animateurs de
Le matin, visite du château de l’association, toujours trouvé
Longpra, avec les transforma- de MPF Région.
Eure auprès de lui les meilleurs
tions et aménagements du bâti. • 13 déc : à la demande d’un
conseils. Nous avons tous en
L’après-midi, visite de l’énorme conseil de quartier d’Ingré, pré-
tête ses commentaires et ses
chantier de Jean-Louis Vallet, sentation avec une vingtaine de analyses lorsqu’il conduisait
qui, depuis 15 ans restaure personnes d’un élément original les promenades découvertes
une ancienne maison-forte… de la commune, les lucarnes ou les conférences que nous
Le 18 décembre, notre réunion décorées. Les 5 panneaux réa- organisions ensemble. Nous
départementale prépare le pro- lisés sont exposés au Centre avons tous apprécié la façon
gramme 2015 :
culturel d’Ingré en janvier. dont il savait communiquer sa
Le stand MPE à la Fête de la • Le 31 janvier : Autour de Cras
• 19/1/2015 : à la demande de connaissance du bâti ancien.
Pomme. et Tullins, avec l’association
l’UTL d’Orléans, promenade La délégation du Loiret perd un
Aplomb qui forme à la restaura-
tion du bâti ancien : visite du lieu dans Darvoy, Jargeau et envi- ami et un animateur précieux.
En octobre, 30 000 visiteurs
à la 5° édition de la Fête de de formation et d’autres mai- rons. Deux bénévoles MPF et
la Pomme à l’Arboretum de sons en chantier. Discussion un historien commentent les
Conches (véritable conser- sur l’organisation d’un stage éléments remarquables du
Meurthe-et-Moselle
vatoire de pommiers avec 92 chantier école sur les enduits bâti pour 50 personnes fort
variétés anciennes). Notre stand chaux au printemps. Pour commencer une année
intéressées.
MPE était situé dans le quartier • Mars, en Trièves : visite de la 2015 qui s’annonce très riche
À venir :
des artisans d’Art. Marc Camus distillerie de whisky « Domaine en activités, les adhérents se
• Assemblée des adhérents
et Hervé Bertonchini ont attiré des Hautes Glaces », installée sont retrouvés le 17 janvier à
de MPF45 le 29 mars à Pont-à-Mousson pour la désor-
les curieux avec des démonstra- dans une belle vieille ferme +
Neuvy-en-Sullias. mais traditionnelle Assemblée
tions de torchis. Notre présidente visite de 2 autres maisons en
• Participation à la fête annuelle Générale. Après un bilan 2014
Anne Belhoste a été interviewée chantier, ou récemment termi-
par Radio France Bleue. nées (accueil par l’association du Ciran (Fondation Sologne) le et une première présentation du
Le 8 novembre à Damville, PBA). 12 avril et à la Fête du Bois de programme 2015, nous avons
Conférence de Gérard Battais, • Début mai : Le Merger, à Revel Combreux le 19 avril. eu la chance d’être accueillis
ingénieur électromécanicien, (massif de Belledonne), visite • Journée de sensibilisation au par Christine Guth, au Musée
instigateur de cette manifesta- d’une fabrique de glace artisa- bâti ancien pour nos adhérents « Au Fil du Papier » dont elle
tion : « Comment augmenter la nale à partir de fruits du verger, le 30 mai. est la directrice. Collection de
sensation de bien-être dans votre installée dans une vieille ferme, • Journée dans le Pays Fort à la meubles en papier mâché et
maison », diminuer le stress des et des autres bâtiments de l’ex- découverte des granges pyra- histoire de la ville : la visite gui-
micro vibrations acoustiques, ploitation. Visite d’une autre midales le 7 juin 2015. dée fut riche en découvertes et
des résonances et des réverbé- maison rénovée. augure bien des prochaines qui
rations. Interventions de yoanna • Juin, dans le Nord-Isère à se dérouleront en plein air.
Mansvelt sur l’isolation et la Panossas : visite de maisons
gestion de la vapeur d’eau puis et chantier, rencontre avec des Nièvre
de Prune Guichard « Comment artisans…
économiser 8 % d’énergie » et • Septembre, en Matheysine- C’est La Maison de la Nature
Philippe Housset « La flore sau- Valbonnais : Visite de maisons et de la Faune Sauvage à
vage de nos campagnes ». restaurées + demi-journée de Sauvigny-les-Bois qui accueil-

42 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5

MPF 195 indesign [Link] 42 09/02/2015 11:24


DANS L E S
D É P A R T E M EN T S
lait généreusement, les 25 et bois intérieurs et les cheminées sur la restauration des fenêtres des activités de l’année, accom-
26 octobre 2014, notre stage monumentales. Un grand merci avec un homme de l’art, Olivier pagné d’une projection de
« isolation du bâti ancien » à tous ceux qui ont permis le bon Pasqua, de l’entreprise spécia- photos, et présenté les projets
animé par Marc Ferry. déroulement de ces deux jour- lisée « Les métiers du bois », 2015, l’après-midi fut consa-
nées riches et réussies. accompagné par un repré- cré à la visite du doyenné de
sentant de la verrerie de Saint Mazille, ancien domaine agri-
Rambert. C’est à la fin de notre cole clunisien, à l’architecture
Rhône réunion que nous soufflerons, impressionnante et originale.
sur un gâteau d’anniversaire, Programme 2015 (détaillé sur
les 40 bougies représentant les le site de MP71).
40 ans de Maisons Paysannes • Stage d’initiation à l’isola-
Une vraie réussite aux dires de du Rhône, puis les 50 bougies tion intérieure avec un artisan
tous les stagiaires. Marc Ferry, représentant les 50 ans de éco-constructeur.
thermicien, a su mettre toute sa Maisons Paysannes de France. • Découverte d’une ancienne
science à la portée des partici- Les prochaines démonstrations carrière de pierre et de ses
pants (15 le premier jour et 17 le de savoir-faire porteront sur les
second). Les échanges furent de fours à chaux à St Maurice-
La fin de l’année 2014 a été applications chaux-chanvre, le lès-Chateauneuf ainsi que le
qualité et quatre professionnels : 11 avril et la peinture sur bois
architecte, stucatrice, couvreur marquée par trois activités : le château et l’église romane de
magnifique voyage de trois jours le 9 mai. Toutes les précisions Chateauneuf, construits avec
et maçon ont permis d’approfon- figurent sur le site internet.
dir de nombreuses questions. dans le Cantal préparé par Albert la pierre locale.
En début de stage avaient été Charles et la famille Sabatier ; • Visite de maisons restaurées
distribuées les fiches ATHEBA la restauration de la chapelle en Brionnais.
du manoir de Charfetain sous
Saône-et-Loire • Initiation à l’architecture
et Nièvre Eco-Matériaux avait
gracieusement fourni des la conduite de Pierre-Henri contemporaine dans le paysage
échantillons d’isolants naturels. Devedeu et la visite d’un chan- (2e session).
Le dimanche matin fut consacré tier à Vaugneray présenté par • Visite en Bresse de maisons et
à la visite de la propriété d’un Thierry Legrand, architecte. d’églises remarquables.
adhérent : vieille demeure pay- Début 2015, nous démarre- • 6 juin : visites de maisons du
sanne des XVe-XVIe siècles mar- rons l’année avec la visite d’un Haut-Beaujolais avec MP69 à la
quée par son pigeonnier porche autre chantier à Bully, dans le suite de la publication du livre de
et ses tours. Nous étions alors Beaujolais, puis c’est au cours Michel Bouillot sur le Beaujolais.
dans notre élément : commen- de notre assemblée générale, Notre réunion annuelle s’est • Réunion annuelle à Berzé-
taires sur la chaux, les sables de prévue le 28 mars à Messimy, tenue à Mazille le 8 novembre la-Ville et visite de sa carrière
terre, les badigeons, les pans de qu’aura lieu une conférence 2014. Après avoir fait le bilan de plâtre.

Notez d’ores et déjà la date limite pour vos envois « échos des départements » du mois de juin: nous les attendons
pour le 10 avril au plus tard. Cette édition sera la dernière dans la forme actuelle. En effet, selon le vœu général, nous allons
rénover cette rubrique, et les délégations et régions seront invitées à y contribuer de façon plus vivante et variée, dans un espace
agrandi et enrichi. Chaque délégation recevra bientôt les explications nécessaires!

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2d
1d

22 € pour 4 numéros de l’année civile)


Re
Fa

Pour 1 personne .................................................. 52 € ...... 68 € .......................... ❒................€ Dans le cas d’une adhésion pour 2 personnes
Pour 2 personnes à la même adresse .................. 58 € ...... 76 € .......................... ❒................€ Raison sociale ou dénomination . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Personne morale ou entreprise ........................... 58 € ...... 76 € .......... ❒ ......... ❒................€ Pour une personne morale ou une entreprise
• Cas particuliers Adresse postale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Adhésion simple ........................................................ ...................................................................................................

Pour 1 personne .................................................. 30 € ...... 46 € .......................... ❒................€ Code postal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Ville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Pays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pour 2 personnes à la même adresse ..................... 36 € ...... 54 € .......................... ❒................€
Personne morale ou entreprise ........................... 36 € ...... 54 € .......... ❒ ......... ❒................€ Département(s) d’affiliation choisi(s) 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .....
Abonnement revue sans adhésion (TVA 2,1 %) .... 36 € ............................ ❒ ...............................€
L’adhésion dans un 2e département permet
Port étranger pour abonnement revue (sans TVA) . 8 € ............................ ❒ ...............................€ de soutenir ses actions, d’en être informé et de pouvoir y participer.
• Don à l’association : Informations recommandées pour faciliter la communication
Un don complémentaire permet de financer
des actions spécifiques de l’association durant l’année. Tél.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ... . . . . . . . . . . . Tél. 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pour les actions au niveau national .......................................................... 50 € ❒................€ Courriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .N° d’adhérent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
...................................................................................................... 100 € ❒ ................€
........................................................................................ Autre montant ❒ ................€ Adresse secondaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pour les actions au niveau départemental ...........................................................................................€ Profession . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
(au 1er département sauf mention contraire) J’ai connu l’association par : ❒ Bouche à oreille ; ❒ Site Internet ; ❒ Presse ;
.......................................................................................... TOTAL ...............................€ ❒ Librairie/ouvrages ; ❒Salons,M foires ° 1 9 4 - 4 T. 2 0 1 4 ◆ 4 3
. P . F; .❒nAutres.
Chèque à l’ordre de Maisons Paysannes de France joint.
Date . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Signature
◆ 43

MPF 195 indesign [Link] 43 11/02/2015 15:30


RECUEILS ET DOSSIERS MPF
Tarifs 2015
Recueils d’articles MPF
Reproduction des articles parus dans la revue MPF depuis 1966 Les anciennes
Par régions PAyS-DE-LOIRE revues mpf
Loire-Atlantique, Maine-et-Loire . . . . 6,00 € 5,80 €
ALSACE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € Fascicules 1966 à 1969,
Mayenne, Sarthe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
AQUITAINE nos 1 à 14 ........................................................ 4,00 €
Vendée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
Dordogne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € Fascicules 1970, nos 15 à 20.................. 10,00 €
POITOU-CHARENTES . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
Gironde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
PROVENCE-CÔTE D’AzUR . . . . . . . . . 16,00 € 15,30 € 1975 à 2012, nos 42 à 186,
Landes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
RHÔNE-ALPES (01-42-69) . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € prix au numéro ........................................... 4,50 €
Lot-et-Garonne. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
RHÔNE-ALPES (38-73-74) . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € année 2013, nos 187 à 190,
Pyrénées-Atlantiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
RHÔNE-ALPES (07-26) . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € prix au numéro .......................................... 9,00 €
AUVERGNE
Allier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
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Haute-Loire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
Par sujets Numéros manquants : 22 à 37, 40, 43, 44,
45, 50, 62, 66, 67, 70, 71, 75, 76, 80, 83, 95,
BRIQUE, CARRELAGE . . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
Puy-de-Dôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € 99, 100, 101, 102, 104, 105, 106, 110, 111,
CHARPENTE, PANS DE BOIS . . . . . . . .16,00 € 15,30 €
BOURGOGNE 113, 114, 117, 119, 120, 129, 130, 131, 132,
Bourgogne du Nord (21-58-89) . . . . . 6,00 € 5,80 € CHAUx . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
133, 134, 140, 141, 143, 151.
Bourgogne du Sud (71) . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,30 € PLÂTRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
BRETAGNE CONSEILS EN VRAC . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
CONSTRUIRE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,30 €
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Côtes-d’Armor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € sur notre site Internet [Link]-
Finistère . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € DEVENIR MAÎTRE D’OUVRAGE. . . . . . . 6,00 € 5,80 € [Link], rubrique « Base
Ille-et-Vilaine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € EAU – CITERNES, MARES, PUITS . .11,00 € 10,50 € documentaire » (accès aux articles
Morbihan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € ÉLÉMENTS DÉCORATIFS . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € réservé aux abonnés).
CENTRE ÉTUDES DE VILLAGES . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
Berry (Cher, Indre) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
Touraine (Indre-et-Loire) . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
ESCALIERS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
FOURS A PAIN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
Dossiers
Beauce (28-41-45) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € Études, articles sélectionnés, documents
CHAMPAGNE-ARDENNE . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € GRANGES. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
HUMIDITÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
inédits, documents d’archives, etc.
CORSE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
FRANCHE-COMTÉ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € ISOLATION NATURELLE . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 € CHEMINÉES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
ÎLE-DE-FRANCE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,30 € JARDINS, HAIES (TI & TII) . . . . . . . . . . . . .16,00 € 15,30 € GIROUETTES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 €
LANGUEDOC-ROUSSILLON nord . . 11,00 € 10,50 € MAISONS PAySANNES DU MONDE 11,00 € 10,50 € SERRURERIE-FERRONNERIE . . . . 16,00 € 15,30 €
LANGUEDOC-ROUSSILLON sud . . . . 6,00 € 5,80 € MURS & MAÇONNERIES PIERRE . . .16,00 € 15,30 € GUIDE PRATIQUE pour la sauvegarde
LIMOUSIN . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € NOS MOULINS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € du patrimoine rural bâti et paysager . . . 16,00 € 15,30 €
LORRAINE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € PEINTURES ET PIGMENTS . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € RESTAURATEURS DU BÂTI RURAL
MIDI-PyRÉNÉES PISÉ, BAUGE, TORCHIS . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € ANCIEN. Chaumiers, artisans terre, etc. 6,00 € 5,80 €
Aveyron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .11,00 € 10,50 €
PORTES, FENÊTRES, VOLETS . . . . 11,00 € 10,50 €
Lot . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 €
09-31-32-65-81-82 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € TOITURES MINÉRALES . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,50 € « Torchis-Bauge-Adobe-Enduits », 2 DVD, C. Sutter. . 37,30 €
NORD-PAS-DE-CALAIS . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € TOITURES VÉGÉTALES . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,50 € prix franco de port et 35,50 € prix adhérents
NORMANDIE (BASSE-) . . . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,30 € PIGEONNIERS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6,00 € 5,80 € « Comment restaurer ou construire un four à pain »
NORMANDIE (HAUTE-) . . . . . . . . . . . . . . . 11,00 € 10,50 € RESTAURATIONS RÉUSSIES 1 DVD, C. Sutter. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22,30 €
PICARDIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16,00 € 15,50 € Concours MPF-Réné Fontaine . . . . . . .16,00 € 15,30 € prix franco de port, et 21,30 € prix adhérents

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à adresser à Maisons Paysannes de France, 8 passage des Deux-Sœurs, 75009 Paris

Veuillez expédier à l’adresse ci-contre : Chèque à l’ordre de :


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le tarif normal Ci-joint la somme de € Maisons Paysannes
Libellé ou le tarif adhérents de France
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .............................................. €

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .............................................. € ÉCRIRE EN CAPITALES


. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .............................................. €
NOM ____________________________________________
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .............................................. €

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .............................................. € ADRESSE ________________________________________


. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .............................................. €
_________________________________________________
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .............................................. €

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .............................................. € _________________________________________________
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .............................................. €
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– à l’exception de la France. Merci. Total €
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44 u M . P. F. n ° 1 9 5
q Facture demandée

MPF 195 indesign [Link] 44 09/02/2015 11:24


À QUI S’ADRESSER ?
Représentants départementaux de Maisons Paysannes de France
Les noms figurant en italiques sont des points d’accueil

01 - AIN 11 - AUDE 19 - CORRÈZE Lieuvin : Jean-Marie Louzier


Tél. 02 32 57 51 64 38 - ISÈRE
Gérard Basset, Jean-Paul Gleizes, Michelle Hougas, Roumois : Valentine Goetz Alain Jocteur-Monrozier,
La Lescherette, Impasse de la Mairie, Taphaleschat, Tél. 02 32 42 65 88 Tél. 04 76 30 93 67 & 06 82 58 08 94
01560 CURCIAT-DONGALON 11570 CAzILHAC, 19250 SAINT-SULPICE-LES-BOIS isere@[Link]
Tél. 04 74 52 92 50 Tél. 04 68 79 89 75 après 19 h Tél. 05 55 95 31 84 Plateau de Neubourg : Est Isère : Catherine Bergiron
ain@[Link] aude@[Link] correze@[Link] Marc Camus, Tél. 02 32 35 46 30 Tél. 04 76 61 96 07 et 06 21 97 67 55
Bresse : Georges Renaud, Jean-Pierre Gaboriaux,
100 route de Pont de Vaux 12 - AVEYRON Tél. 05 55 28 69 28
Antoine Goulard
& Geneviève Martigny
cbergiron@[Link]
Ouest Isère : Joël Chazal,
01750 REPLONGE Eric Gross, [Link]@[Link] Tél. 02 32 35 35 79
Tél. 03 85 31 02 44 Ortholes,12740 LIOUJAS Tél. 04 74 84 40 67 et 06 29 84 61 86
Bugey : Pierre Fauconnet, Tél. 06 77 10 76 15 & 05 65 78 28 09 21 - CÔTE-D’OR Pays d’Ouche :
Dominique Le Villain
chazaljoel@[Link]
Nord Isère : Nicolas Claret,
895 route de la Tuilière aveyron@[Link] Chantal Duléry, Tél. 02 32 44 68 32
01510 TALISSIEU Conseiller technique : Le Logis, 21310 BÉzOUOTTE, Vexin-Ouest : François Huvé Tél. 04 74 85 67 91 et 06 12 38 25 30
Tél. 04 79 87 33 22 Jean-Louis Bringuier, Tél. 03 80 36 57 03 Tél. 02 32 54 21 64 nicolasclaret@[Link]
Dombes : Alain Nuguet, Tél. 05 65 59 10 16 cote-dor@[Link]
Chemin de la Poyat [Link]@[Link]
Vallon-Bassin-Conques:
Guy Bedel, (délégué adjoint)
Tél. 03 80 72 41 58
Vexin-Est : Anne Belhoste
Tél. 02 32 27 59 25 39 - JURA
01480 FRANS-LES-VERNES Pays de Madrie : Bernard Claude Thierry Salin,
Tél. 04 74 60 73 63 Scarlett Bonhoure, Tél. 05 65 72 60 92 [Link]@[Link] Tél. 02 32 25 26 06 81 chemin du Pré, 39570 MIREBEL
Pays de Gex : David Baldry, scarlettbonhoure@[Link] Bertrand Bergerot, Frédéric Félix, Tél. 09 64 42 95 51 Tél. 06 83 00 08 32
315 rue des Marguerons Aubrac-Viadène : Tél. 03 80 75 96 24 Vallée de l’Eure : Christian Sutter
Denis et Catherine Clément, jura@[Link]
01170 CESSy Bertrand Darviot, Tél. 02 32 36 17 83 et 01 47 88 46 35
Tél. 04 50 41 69 63 Tél. 03 86 20 68 32
[Link]@[Link]
Tél. 03 80 21 22 83
Jean-Philippe Guerra,
Evrecin : Yannick Potel
Tél. 02 32 30 29 76
41 - LOIR-ET-CHER
02 - AISNE Grands Causses :
Pierre Barral, Tél: 05 65 62 63 53
Tél. 03 80 65 49 84
André Mercuzot,
Camp. de St André : Hervé Barraud
Bernard Talichet,
4 rue du Port,
José Faucheux, Tél. 02 32 67 08 12
Tél: 03 23 20 91 51 Pierre Citerne, Tél. 05 65 61 00 72, Tél. 03 80 96 98 02 41500 COUR-SUR-LOIRE,
Marie Nigon-Geiger, [Link]@[Link]
Anne Forissier, Tél: 05 65 71 64 33
Denis Moissenet,
Tél. 03 80 33 66 48
28 - EURE-ET-LOIR Tél. 02 54 46 86 82 & 06 50 31 41 45
loir-et-cher@[Link]
14 rue Principale Claudia Gaspari,
Rougier de Camarès : Vallée du Loir/Perche : Alain Rocheron,
02400 CHARTÈVES
Tél. 06 13 58 73 36 Martine Rouquette 23 - CREUSE 2 impasse de la Mare Giron,
28270 ESCORPAIN, Tél. 02 43 40 95 99
aisne@[Link] Tél: 05 65 99 31 84 S’adresser provisoirement Tél. 02 37 38 18 76 & 06 71 05 02 64 Beauce/Val de Loire est :
Jeremy Pineau, Tél. 06 81 88 51 64 martinerouquette@[Link] à la délégation de Haute-Vienne eure-et-loir@[Link] Daniel Perchet,
03 - ALLIER 13 - BOUCHES-DU-RHÔNE 24 - DORDOGNE 31 - HAUTE-GARONNE
Tél. 02 54 81 34 59
Vallée de la Loire ouest :
Agnès Moyer, Estelle Glandière Maïté Wauquier Moreux, Louise Gatard,
8 rue Vian, 13006 MARSEILLE, La Saunerie, Dominique Dulac (M.),
14 av. Molière, 03100 MONTLUÇON 1 rue Philippe Féral,
Tél. 04 13 63 29 55 (soir) 24110 MANzAC-SUR-VERN, 31000 TOULOUSE Tél. 02 54 74 35 55
Tél. 06 80 30 28 34 et 04 70 28 31 77
bouches-du-rhone@maisons- Tél. 05 53 54 25 05
allier@[Link]
Jean-Pierre Moncelon, [Link] dordogne@[Link]
Tél. 05 61 52 05 69
Françoise Danezan, 42 - LOIRE
La Faye, 03390 Vernusse, Maryline Dessioux, Luc Caron, La grande Borde Robert Maréchal,
Tél. 06 10 80 19 77 6 rue Costarène, 13490 JOUQUES, Tél. 05 53 03 54 19 413 route d’Empeaux, Chavagneux,
Tél. 06 14 49 44 49 luc.caron0424@[Link] 31470 BONREPOS-S-AUSSONNELLE 42260 ST-JULIEN-D’ODDES,
04 - ALPES-DE-HTE-PROVENCE [Link]@[Link]
25 - DOUBS Tél. 09 67 32 42 11 Tél. 04 77 65 50 21
Cécile Enderlé-Chazalviel,
14 - CALVADOS Jean-Paul Lonchampt,
haute-garonne@[Link] loire@[Link]
Le clos de la tuilerie Saint-Grégoire,
04210 VALENSOLE, Gwenaëlle Petit Cochin,
La Brique, 14170 MITTOIS,
3 rue des Tourbières, La Pastorale 32 - GERS 43 - HAUTE-LOIRE
Tél. 04 92 76 42 23 25560 BONNEVAUx, Cyril Bouvier,
Tél. 09 61 38 86 48 Tél. 03 81 89 77 20 Daniel CRISON,
alpes-hauteprovence@[Link] Fillol, 32120 SARRANT
calvados@[Link] doubs@[Link] Tél. 06 78 94 45 98 CAUE de Haute-Loire,
Claire Driesch, Henri Pradenc, 16 rue Jean Solvain,
gers@[Link]
Rue de l’église, 04300 DAUPHIN, Tél. 06 80 17 11 45 26 - DRÔME 43000 LE-PUy-EN-VELAy,
Tél. 04 92 79 46 05 henripradenc@[Link] Bernard Leborne, 33 - GIRONDE Tél. 04 71 07 41 75,
05 - HAUTES-ALPES Ines Bernard,
ines-bernard@[Link]
40 Chemin du Grand Ferrand
Les Mollans, 26450 ROyNAC,
Michel Cognie,
8 rue Le Nôtre, 33320 EySINES,
haute-loire@[Link]
Plateau Vivrais Lignon :
François Teissier, Lucien Bertrand,
20 rue Richer, 75009 PARIS, Tél. 04 75 90 44 21 Tél .05 56 28 46 62 Serge Galy, Tél. 06 74 18 63 81
Tél. 02 31 20 63 14 drome@[Link] gironde@[Link] Sud et ouest : Guy Miramand,
Tél. 01 47 70 38 44 Catherine Léger,
«Le Maeyria», Les Meyries, Dominique Devaux, Jean-Charles de Munain, Tél. 04 71 09 76 71
cathleger6@[Link] Tél. 04 75 98 74 01 1 Rd-Point de l’Hippodrome,
05350 CHÂTEAU-VILLE-VIEILLE
hautes-alpes@[Link] 15 - CANTAL
[Link]@[Link]
Royan-Vercors : Denis Rouget,
33170 GRADIGNAN,
Tél. 05 56 75 09 56
44 - LOIRE-ATLANTIQUE
Bruno Choisel,
06 - ALPES-MARITIMES Albert Charles,
Escladines,
Tél. 04 75 70 00 99
Drôme des collines : Justine Mottin, 34 - HÉRAULT 23 boulevard St Aignan,
Gilles Reinert, 15700 CHAUSSENAC, 44100 NANTES,
Les balcons du Paradis, Tél. 04 75 02 15 18 Nadège Pedoux,
Tél. 04 71 69 02 68 Sud Drôme : Catherine Feschet, 8 impasse de l’Union, loire-atlantique@[Link]
La Colle Basse-Les Amignons, et 06 81 34 91 70 34750 VILLENEUVE-LÈS-MAGUELONE,
26790 BOUCHET
06470 PEONE,
Tél. 04 93 02 55 28 & 06 30 71 99 46
cantal@[Link] Tél. 04 75 04 88 88
Bourdeaux-Dieulefit : Claude Dussaux,
Tél. 04 67 22 21 90 & 06 72 93 13 20 45 - LOIRET
16 - CHARENTE
herault@[Link]
alpes-maritimes@[Link] Jean Peyzieu, Claudie Plisson,
26460 BOURDEAUx
761 rue des Plaisses, 45160 OLIVET,
07- ARDÈCHE Frédéric Chauvin,
Tél. 06 33 84 08 20,
Tél. 04 75 53 38 17 L’Ostal, 210 Av. Cantagril,
34160 ST-HILAIRE-DE-BEAUVOIR, Tél. 02 38 63 08 12
Bernard Leborne
Tel : 04 75 90 44 21
[Link]@[Link]
Permanence téléphonique
27 - EURE Tél. 09 75 30 77 75 & 06 07 18 63 01 loiret@[Link]
Anne Belhoste-Dugas,
ardeche@[Link]
Mario Pitrat
du lundi au vendredi de 9 à 17 h Tél. 02 32 27 59 25 36 - INDRE 46 - LOT
Tél. 05 45 69 13 04, eure@[Link] Guy Riolet, Joelle Maillard,
conseiller restauration charente@[Link] Accueil : 02 32 44 68 32 la Cure du Chasteau, le Bourg, Le mas Delord, 46250 GINDOU,
Tel : 05 75 90 44 21 36260 ST-PIERRE-DE-JARDS,
08 - ARDENNES 17 - CHARENTE-MARITIME Tél. 02 54 49 21 15
ou 3 rue de copenhague,
75008 PARIS,
Maison de Jeannette, indre@[Link]
Marie-France Barbe, Tél. 01 42 93 45 41
51 rue Garousserie, Les Granges, DÉPARTEMENTS
7 rue du Couvent des Cordeliers,
08160 LA-CASSINE,
17400 ST-JEAN-D’ANGÉLy DE LA BRETAGNE 37 - INDRE-ET-LOIRE lot@[Link]
M. et Mme Farges,
Tél/fax 05 46 32 03 20 HISTORIQUE : François Côme (président),
Tél. 03 24 35 44 70 charente-maritime@[Link] Ferme de Fontenailles, Tél. 01 64 10 90 72 et 06 12 22 16 51
ardennes@[Link] Les mardi, mercredi, jeudi de 9h Côtes-d’Armor, Finistère, 37370 LOUESTAULT, Causse de Gramat :
à 12h et de 14h à 17h Loire-Atlantique, Jean-Pierre Acloque
09 - ARiÈGE Jacqueline Fortin, Ille-et-Vilaine, Morbihan,
Tél. 06 30 20 25 30
indre-et-loire@[Link] Tél. 01 42 62 64 32 et 05 65 40 47 58
Gérard Roux, 76 rue Garousserie, vous pouvez aussi contacter : Patrice Ponsard (vice-président)
10 place Albert Tournier,
09100 PAMIERS,
17400 ST-JEAN-D’ANGÉLy,
Tél. 05 46 32 17 59 TIEZ-BREIZ
La Bouyellerie,
37330 BRAyE-SUR-MAULNE,
47 - LOT-ET-GARONNE
Christine Dauvergne,
Tél. 06 32 19 92 70 « Maisons et paysages
ariege@[Link] 18 - CHER de Bretagne»,
Tél. 02 47 51 00 43
patrice@[Link]
Le Bourg La Source,
24130 LAVEySSIÈRE,
Claude Tabary, Jean Mercier (vice président),
10 - AUBE Le Briou,18120 MASSAy,
10 rue Général-Nicolet,
35200 RENNES, 34 rue principale, 37320 LOUANS, Tél. 06 87 10 50 06
lot-et-garonne@[Link]
Jean-Louis Sauvage, Tél. 02 48 51 91 01 Tél. 06 80 06 49 15
Le Colombier, 16 rue des Bordes, cher@[Link] Tél. 02 99 53 53 03 mercier-jean@[Link] Rémi Castets,
10210 LANTAGES, Janine Humruzian, Contacts@[Link] Pays du Chinonnais : Lieu-dit Royal,
Tél. 03 25 40 37 93 18600 SAGONNE, (Association indépendante de MPF) Alain Massot, 47250 STE-GEMME-MARTAILLAC
aube@[Link] Tél. 02 48 80 01 41 Tél. 02 47 65 89 02 Tél : 05 53 89 26 31

M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 45

MPF 195 indesign [Link] 45 09/02/2015 11:24


48 - LOZÈRE
Chantal Jeanson-Lambert
55000 SEIGNEULLES
64 - PYRÉNÉES-ATLANTIQUES 76 - SEINE-MARITIME 86 - VIENNE
Nicole Chabannes-Confolent, Maryse Marchand, Yvon Haquet, Raymond Lebas,
Tél. 06 31 33 38 61
Le Poujol rue du Pic du Midi, La Boulangerie, Chemin des lévriers, La Gacheterie,
48400 BASSURELS
Tél. 04 66 60 38 16 & 06 78 87 32 17
56 - MORBIHAN 64420 ESLOURANTIES-DABAN,
Tél. 05 59 04 62 94
76490 SAINT-ARNOULT,
Tél. 02 35 56 49 45,
86360 MONTAMISÉ,
François Eeckman, Tél. 05 49 61 00 58
lozere@[Link] pyrenees-atlantiques@[Link] seine-maritime@[Link]
Daniel Goupy (délégué honoraire), 25 rue du Château, vienne@[Link]
56330 PLUVIGNER, Pays de Bray :
Ventajols, 48400 FLORAC,
Tél. 02 97 24 74 50 65 - HAUTES-PYRÉNÉES André Prévost
Tél. 04 66 45 04 14,
[Link]@[Link] morbihan@[Link] Éric Lafforgue Tél. 02 35 94 71 06 87 - HAUTE-VIENNE
16 rue rabastens, Pays de Caux (alentours de Dieppe) : Denise Baccara-Louis,
Terroir du schiste :
Jean-Paul Platon, 57 - MOSELLE 65500 VIC-EN-BIGORRE
Tél. 06 09 57 63 37
François Louage
Tél. 06 89 99 99 53
32, Le Bourg,
Tél. 04 66 45 93 31 & 04 67 41 24 27 Jean-Yves Chauvet, La Chevêche,
hautes-pyrenees@[Link] Pays de Caux (St-Aubin-sur-Mer) :
[Link]@[Link] 13 square du Pontiffroy, 87400 ST-DENIS-DES-MURS,
Giselle Genty
Terroir du granite : 57000 METz, Tél. 05 55 56 10 26,
Jacques Viala, Tél. 03 87 63 89 38 66 - PYRÉNÉES-ORIENTALES Tél. 02 35 83 47 05
Pays de Caux (Vallée de Seine) : Fax 05 55 56 34 50
Tél. 04 66 31 62 54 moselle@[Link] Claude Gallex, haute-vienne@[Link]
[Link]@[Link] 22 rue du Général Derroja, Sofie Pesqueux
Saulnois : Lucie Becker Tél. 02 35 96 42 44 Jacqueline Boin,
Terroir de la Vallée du Lot : Tél. 03 87 86 87 21 66000 PERPIGNAN,
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Tél. 04 66 48 10 34
Pays thionvillois : Olivier Hein
Tél. 03 82 82 96 25
Tél.06 88 65 76 23
pyrenees-orientales@ 77 - SEINE-ET-MARNE 87230CHAMPSAC,
[Link]@[Link] [Link] seine-et-marne@[Link] Tél. 05 55 78 44 76
Vallée de la Seille : Thomas Schuler
Terroir du Calcaire : Tél. 03 87 68 01 45 et 06 30 11 19 06 Patrice Boudignat
Jean-Paul Kerlau, 67 68et - BAS-RHIN et HAUT-RHIN
rue du Chêne Blunay
88 - VOSGES
Tél. 04 66 48 58 64
[Link]@[Link]
58 - NIÈVRE Bruno de Butler
77171 MELz-SUR-SEINE
Tél. 01 64 00 74 43 & 06 08 06 13 38 Dominique Medy (Mme)
Bernard Saint-Arroman, 12, rue du Général de Gaulle 1 Petite rue,
Seine-et-marne@[Link]
49 - MAINE-ET-LOIRE 4 place du Champ de Foire, 67270 SCHWINDRATzHEIM
88270 BEGNECOURT
Guy de Bellecour-Montfort,
58490 SAINT-PARIzE-LE-CHÂTEL,
Tél. 03 86 58 14 03
Tél. 06 71 61 15 83
bas-rhin@[Link]
78 - YVELINES Tél. 03 29 36 63 85
l’Auberdière, 49150 BOCE, nievre@[Link] Bernard Duhem, vosges@[Link]
Tél.02 41 82 72 03 haut-rhin@[Link] Ferme du Buisson,
Véronique Simon-Marienne, Michel Demange (service-conseil),
maine-et-loire@[Link]
Saumurois : J-Pierre Bouyneau,
9 bis rue du petit Versailles,
58000 NEVERS,
69 - RHÔNE 2094 rue Jules Régnier,
78370 PLAISIR 24 rue de Nancy, 88000 EPINAL
Tél. 02 41 50 69 07 Siège et correspondance : Tél. 01 30 54 06 25 Tél. 03 29 35 20 85
Tél. 06 32 30 08 21 20 place Sapéon,
Angers : Gérard Sanzay, yvelines@[Link] Daniel Leroy,
Tél. 06 17 07 72 90 69210 L’ARBRESLE
Anjou : Colette Berthe 59 - NORD Pierre Forissier,
Jean-Claude Vernon,
Tél. 06 63 64 95 69
7 chemin des Closures,
Laménil, 88380 ARCHES,
Tél : 02 41 86 96 27 Noël Bouteillet, Tél. 06 50 52 91 08 jeanclaudevernon@[Link]
52 rue de Rivoli, 59800 LILLE, [Link]@[Link]
[Link]@[Link] Françoise Mathieu,

50 - MANCHE
Tél. 03 20 47 80 80
nord@[Link]
Tél. 04 74 70 11 87 et 04 78 64 15 40
et 06 18 66 46 39
79 - DEUX-SÈVRES 89 - YONNE
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La Grand Maison,
manche@[Link] (association Yser Houck), La Mairie, Tél. 06 50 52 91 08 1 rue de la Croix-Saint-Germain,
59470 VOLCKERINCKHOVE, 329 rue du Bourneuf,
Tél : 02 33 59 26 34 rhone@[Link] 89130 TOUCy,
Tél. 03 28 68 07 22 79410 SAINT-GELAIS,
Granville, Avranches : Nord Isère : Nicolas Devic
Florence De Groot Tél. 06 22 37 67 67 Tél. 03 86 44 25 23
nicdevic@[Link]
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Tél. 05 49 75 07 44
Auxerrois : Josiane Maxel
03 86 81 13 58
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Tél : 06 86 75 86 26 16 rue de l’Abbé-Gellée, Pierre le Nevez, josianemaxel@[Link]
15 rue de l’Oratoire, La Pommeraie,
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Tél : 02 33 59 26 34
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40 rue de Flancourt, 61 - ORNE Tél : 03 85 25 09 43
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Nord Sarthe : Patrick Dejust, 83 - VAR essonne@[Link]
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Pays d’Ouche : Vincent Roussel
Tél : 06 07 83 33 38
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Ouest Sarthe : A. et M. Labbé, 1937 Route du Plan de la Tour, 93 - SEINE-SAINT-DENIS
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Tél. 03 29 76 11 90 & 06 10 89 03 72 Passais-Domfrontais : Muriel Fry
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Tél : 02 23 25 63 62 Tél. 02 43 75 79 86 var@[Link] 93500 PANTIN,
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qui passent de nombreuses types de campagne et de la caractéristiques du bâti local
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leurs ustensiles, leurs outils, des maîtres d’ouvrage publics avec ses activités, mais aussi tations, qui sont collectées et
leurs instruments… et privés veut aider les por- ses nouveaux ancrages et ses mises à disposition des pro-
Dispersés dans des centaines teurs de projet à intégrer dans « paradis verts ». On y étudie priétaires restaurateurs. C’est
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