MPF 195 Web
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DOSSIER
Diversité / banalité
TRIMESTRIEL - MARS 2015 - 9 €
Le conseiller territorial
et le patrimoine
Par Georges Duménil, président de Maisons Paysannes de France
N
ous serons prochainement appelés devant les urnes, à choisir les conseillers
territoriaux de nos départements puis, en fin d’année, les conseillers régionaux.
Si l’on peut regretter le nouveau découpage des cantons, réalisé en fonction
du seul nombre d’ habitants, mais ne tenant compte ni des bassins de vie ni des « pays »
qui sont pourtant l’essence même de la représentation géographique de notre société,
on doit se féliciter de la prise en compte de la parité qui bouleversera immanquablement
la composition de ces conseils territoriaux.
Mais quelle sera l’approche patrimoniale de ces nouveaux élus ?
« Si l’on peut regretter De quels moyens disposeront-ils ?
le nouveau découpage Lorsque l’on sait que le patrimoine n’est pas une compétence
des cantons, on doit régalienne des départements, lorsque l’on constate l’ énorme
se féliciter de la prise en diminution de leurs moyens, il est à craindre que la part destinée
à la cause que nous défendons ne puisse permettre une réelle prise
compte de la parité » en compte de ce patrimoine, pourtant ressource économique
non négligeable, en particulier dans les départements ruraux.
Les départements disposent pourtant d’un levier : lorsque les PLU (plans locaux
d’urbanisme) ou les PLUI (intercommunaux) sont établis, ils sont subventionnés par
les départements. Ces derniers devraient donc prendre l’ initiative de conditionner
ce financement à la mise en place d’un document intégrant les protections patrimoniales
autorisées par l’article 123-1 §5 du Code de l’urbanisme.
Un moyen simple et efficace qui peut trouver localement le soutien et le conseil de nos
délégations, une décision de bon sens permettant, sans coût supplémentaire, de concilier
Patrimoine et Territoire.
Encore faut-il en avoir la volonté !
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Juin
Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins les 20 et 21 juin :
de nombreuses délégations de MPF organisent des manifestations.
Demandez le programme !
Septembre
Exposition photos : en septembre, une superbe exposition de photographies
montrera ce qu’il en est de notre patrimoine aujourd’hui à travers l’œil des candidats
du concours photos. Une exposition sera d’abord présentée à Paris, puis tournera
dans toute la France afin que chacun puisse en profiter !
Novembre
Salon International du Patrimoine Culturel du 5 au 8 novembre
Événement de clôture du cinquantenaire, le salon sera l’occasion
de remettre les prix du concours Maisons Paysannes de France-René Fontaine.
Nous y proposerons également une conférence et vous accueillerons avec plaisir
sur notre stand « spécial 50 ans » ! Retenez la date et venez nombreux !
Le livre des 50 ans de Maisons Paysannes de France rassemblera de nombreux témoignages et beaucoup de
projets pour l’avenir de notre association. Nous remercions toutes les personnes qui l’ont pré-commandé, et le recevront cet été !
Le cinquantenaire c’est aussi un bouquet d’événements concoctés par nos délégations départementales :
visites-découverte, initiations aux savoir-faire, conférences, chantiers participatifs…
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Maisons de bourg
La façade après
restauration
Concours
L’auberge du Coq,
un témoin sur la place
À Baccon (Loiret), Mme et M. Dieudonné ont restauré
l’Auberge du Coq, une importante maison témoignant
de l’intense activité rurale d’autrefois dans un bourg
de Petite Beauce au nord de Meung-sur-Loire.
TEXTE : CLAUDIE PLISSON - PHOTOS : M. ET MME DIEUDONNÉ La façade avant restauration
L
es propriétaires, qui recherchaient pour Le bourg de Baccon se situait sur le « Chemin
eux-mêmes une maison ayant une âme, aux Bœufs », ce qui explique la largeur de sa rue
et des bâtiments permettant d’amé- principale et ses vastes trottoirs pavés. Ce grand
nager des gîtes, ont été séduits par cet bâtiment pouvait loger vachers et bergers condui-
ensemble comportant une très grande maison sant les troupeaux montant du Limousin vers
sur trois niveaux (outre le grenier) dont la façade Paris. Ses importants bâtiments annexes (granges,
donne sur la place de l’église avec, à l’arrière, de étable, écurie, porcherie…) et les terres attenantes
nombreux et vastes bâtiments d’exploitation en- permettaient d’accueillir les animaux.
tourant la cour. L’auberge devient une ferme au cours du
XIXe siècle. Elle le reste jusqu’en 1997, date de
Des usages variés au cours son acquisition par Mme et M. Dieudonné : ils
veulent faire retrouver son caractère au bâtiment
de l’histoire tout en lui apportant agrément et confort… C’est
par l’intermédiaire du CAUE du Loiret que les
L’ « Auberge du Coq » est la seule maison propriétaires ont été aiguillés vers la délégation de
du bourg répertoriée à l’Inventaire Régional en Maisons Paysannes et son architecte conseil.
dehors de l’église et de quelques châteaux des
environs. Elle peut être datée du XVe siècle (le
premier acte de vente mentionne 1492). Servant
Une priorité : les façades
sans doute à l’origine à entreposer le produit de la Meneaux et appui refaits
collecte des impôts en nature, elle est mentionnée Elles étaient recouvertes, comme hélas ! en calcaire de Beauce
dans un acte de vente en 1706 comme auberge. trop de maisons anciennes, d’un enduit de ci-
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Évolution visible
L’Auberge du Coq posait les problèmes de
fond de la restauration d’un bâtiment d’une
grande ancienneté mais pas suffisamment do-
cumenté pour qu’on puisse chercher à revenir à
un état premier avéré. La maison, telle qu’elle est
aujourd’hui restaurée, témoigne des transforma-
tions qu’elle a connues ; la qualité des matériaux
employés et le soin apporté à leur mise en œuvre
en font un exemple remarquable du patrimoine
Grande cheminée avec poêle et porte ancienne de la commune.
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© E. Reynard
redécouverts dans les années 1980, les
bisses du Valais – les canaux d’irrigation,
souvent à ciel ouvert, qui amènent l’eau Le Ladu, Jolital
des cours d’eau et torrents en direction
des terres agricoles, appelés Suonen dans
la partie germanophone du canton –, ont suscité un intérêt qui va grandissant
et dépasse largement le domaine de l’agriculture, pour rencontrer notamment
ceux du patrimoine et du tourisme. Cet article aborde quelques caractéristiques
de ce système d’irrigation, dont le réseau principal compte quelque 800 km et
dont certains rêvent d’une inscription au Patrimoine mondial de l’UNESCO.
© P. Varone
TEXTE : EMMANUEL REYNARD, INSTITUT DE GÉOGRAPHIE ET DURABILITÉ,
UNIVERSITÉ DE LAUSANNE - [Link]@[Link]
sèches (moins de 600 mm de pluie par année) en ment, étroites et aux parois verticales, creusées
plaine et sur les coteaux de basse altitude. Mais, par les cours d’eau après le retrait des glaciers.
paradoxalement, en raison des gradients pluvio-
métriques (augmentation des précipitations avec Le contexte économique et démogra- Reconstitution d’un bisse
l’altitude), les hautes vallées sont riches en eau, phique. Les premières mentions écrites de ca- à des fins touristiques :
en neige et en glace, faisant du Valais l’un des naux remontent à la seconde moitié du Moyen le Torrent-Neuf de Savièse
châteaux d’eau du continent européen. Il suffi- Âge (les premiers documents écrits datent du
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XIIIe siècle,mais se réfèrent souvent à des bisses duré pendant des siècles, traversant plusieurs sys-
plus anciens, dont on peut raisonnablement faire tèmes politiques, voire la période dite française du
remonter la construction à l’optimum climatique Valais, devenu un département français sous
médiéval). La majorité des grands bisses, dont la Napoléon. Ces consortages sont un des exemples
plupart fonctionnent toujours actuellement, ont de gestion communautaire des ressources natu-
été construits au XVe siècle. Les recherches histo- relles (common-pool resource institutions) concep-
riques fouillées ont démontré que ces construc- tualisée par la récipiendaire du Prix Nobel
tions résultent de la conjonction de la présence d’économie 2009, Elinor Ostrom. Conscient de
de terrains agricoles à profusion, suite à la crise la valeur patrimoniale de ces formes d’organisa-
© E. Reynard
économique et sociale du XIVe siècle (notamment tion communautaire de la société, le Valais a fait
marquée par une dépression démographique sans inscrire les consortages sur la liste du patrimoine
précédent due à la peste) et d’une augmentation immatériel de la Suisse.
Bisse Neuf, à Miège, un canal creusé de la demande en produits laitiers et carnés, liée
directement dans le versant au développement des villes tant en Italie qu’au
nord de l’Europe. Les bisses sont ainsi le résultat
Un patrimoine à valoriser
d’une volonté d’augmenter la production agri-
Bibliographie cole, à but commercial, plus qu’une unique né- Le sociologue Bernard Crettaz, fin observa-
cessité d’ordre climatique ! Une seconde vague de teur de l’évolution des sociétés alpines au cours
construction date du XIXe siècle, période durant du XXe siècle, a mis en garde contre un processus
Bisses de légende
laquelle les Alpes sont surpeuplées et l’agriculture, de folklorisation excessive du patrimoine alpin,
Gerber, J., 2008,
activité économique prédominante, doit à nou- qui voit le secteur touristique ne retenir de la vie
Sierre, Monographic,
veau augmenter sa productivité pour faire face à agricole de l’époque pré-moderne que quelques
224 p.
la croissance des besoins alimentaires. éléments emblématiques (le bisse, le raccard,
les combats de vaches) en oubliant délibéré-
Les bisses : ment les multiples peines de la vie quotidienne
et l’organisation sociale complexe de la société
Les Bisses du Valais
Gerber J.,
une infrastructure alpine. C’est là tout l’enjeu du processus actuel
Papilloud J.-H., 2013. et une organisation de patrimonialisation des bisses. Ce mouvement
Sierre, Monographic, passe certes par la reconnaissance et la récupéra-
359 p. tion par le secteur touristique – qui en fait l’un
Les bisses ne se limitent pas à aux 800 kilo- des emblèmes du tourisme estival –, des bisses
Les bisses, économie, mètres de canaux principaux. Ils regroupent toute principaux et des prouesses techniques qui ont
société, patrimoine. une série d’infrastructures hydrauliques (prises mené à leur installation et à leur maintien pen-
Actes du Colloque d’eau, canaux secondaires, bassins de stockage, dant des siècles, mais il doit également montrer
international répartiteurs, etc.), diffuses sur le territoire rural et que les bisses ne se limitent pas à ces ouvrages
Nahrath S., Papilloud J.-H., souvent largement abandonnées. Et surtout, pour spectaculaires. Ils sont bien plus que cela et les
Reynard E. (dir.), 2011, gérer ce formidable système de distribution de traces de ce formidable réseau « irriguent » de
Annales valaisannes, 564 p. l’eau, ont été développées des associations d’usa- manière fine une grande partie du territoire (les
gers – les consortages – formées de tous les ayants ouvrages secondaires) et de la société valaisanne
…et beaucoup d’autres
droit à l’eau des bisses. Ces consortages, auto- (les consortages). C’est ce à quoi s’attèlent tant
références sur notre site
organisés à l’échelle locale, créés dans le cadre l’Association des bisses du Valais que le Musée
[Link]
d’une organisation féodale de la société, ont per- valaisan des bisses, créés récemment.
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Diversité/banalité
L e sujet lancé par Didier Bouillon a
été l’occasion d’un nouvel épisode de
ce débat passionné, jamais clos. Certains
relèvent l’intérêt de la diversité, d’autres
celui de la banalité. Chacun argumente
et on a envie de donner raison à tous.
Aussi, et peut-être pour faire diversion,
avons-nous organisé ce dossier comme un
voyage. Car comment mieux parler du sujet
qu’en endossant l’habit du touriste à qui
tout est découverte, le « divers » comme le
« banal », siège vivant de notre quotidien ?
Malgré la morosité ambiante, nous vivons
une époque formidable, diverse, dont
les acteurs ne cessent de nous étonner
dans leurs tentatives de « Ré-enchanter
le monde », selon le titre de la récente
exposition à la Cité de l’Architecture
qui présentait 40 projets d’architectes
lauréats du « Global Award » pour le
Développement Durable.
Notre dossier présente quelques-uns des
multiples projets qui œuvrent dans ce
sens, dans la fragilité, souvent à contre-
courant, au profit d’une communauté
humaine apaisée, respectueuse du lieu et de
l’environnement mais aussi de la beauté, à
la recherche patiente d’un meilleur rapport
au monde.
Notre ambition est de montrer
des réalisations qui font, à l’image
des « petits chefs-d’œuvre des anciens,
de saines et joyeuses architectures »
comme le disait G.H. Pingusson.
En route…
Le vernaculaire
Vernaculaire : (du latin vernaculus)
indigène, propre à un pays et à
ses habitants. est accueillant…
L’architecture vernaculaire – notre référence à tous – a su produire dans
chaque pays, chaque région, chaque vallée ou colline, une architecture
souvent semblable et pourtant une constante diversité.
TEXTE ET PHOTOS : LUC BARRÉ, ANIMATEUR DU GROUPE DE RÉFLEXION SUR L’ARCHITECTURE
CONTEMPORAINE (GRAC) DE MPF
A
ujourd’hui, si nous voulons pré- tidien, c’est-à-dire à la matière de nos jours. », dit
server ce patrimoine, et surtout Philippe Madec, citant François Barré à propos
le garder vivant, si nous pensons du film « Habitant » en 1997.
que toute intervention doit être
conforme à des « modèles » d’architecture
vernaculaire, le risque est grand d’en faire des Développer l’entente
prescriptions qui limitent, qui cadrent pour
éviter tout débordement, pour exclure, pour La peur du simple, de l’inconnu peut-être, de
définir et fixer le « bon et le mauvais goût », ce nos archaïsmes sans doute, est-elle si dangereuse ?
goût qui intègre déjà tant de diversité, et qui « Ce dont j’ai le plus peur c’est de ma peur », dit
surtout, n’arrête pas de changer. Montaigne. Plutôt que d’avoir peur, travaillons
Or, aucune des subtiles définitions que à enseigner une modernité douce, paisible, éco-
nous pourrions trouver n’a été nécessaire pour nome, non dominante, à l’écoute, qui ne soit pas
fabriquer ce vernaculaire, issu de spontanéi- faite d’oppositions mais d’entente, de rivalité ou
tés collectives et d’un mode de vie que nous d’ego mais de dialogue. Développons une culture
n’avons plus. On en appelle à « l’unité » du commune, seul moyen de faire flotter dans le bon
vernaculaire alors que celui-ci ne se définit sens notre barque vers une évolution patrimoniale
bien que par l’imbrication de ses espaces, par vivante… et durable.
le mélange des genres et des commandes, par
l’ingérable « nécessité fait loi », par la juxtapo- Pour aller plus loin
sition de ses productions dans le temps, etc. On peut lire le petit article « Construire aujourd’hui
Trois claustras en Toscane : « C’est cette communauté de la chose vécue qui sans jeter la pierre à l’histoire », in Patrimoines en
ventiler un abri agricole est une rend l’architecture ordinaire, sereinement et avec Région, printemps 2014, article de Michèle Bouis,
question simple, à laquelle, sans grandeur. Elle la fait appartenir à ce qui nous est architecte CAUE 34.
contrainte, « chacun s’amuse »… le plus familier, le plus en commun, le plus au quo-
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L
’architecte Georges-Henri Pingusson
(1894-1978) meurt subitement à sa
table de travail un dimanche d’oc-
tobre 1978, réglant les derniers dé-
tails d’un chantier qui allait s’ouvrir pour la
construction de dix-huit logements sociaux
dans les vestiges des remparts du Vialle, un
promontoire qui domine le village de Grillon
dans le Vaucluse. Il a 85 ans.
Ce chantier est la première pierre d’un projet
plus ambitieux que l’architecte porte depuis de
nombreuses années et qui conjugue trois volets :
faire renaître un haut village abandonné dans l’en- Façade contemporaine
clave des Papes, en faire « le Saint-Paul-de-Vence des logements HLM
de la Drôme », une « acropole » habitée qui drai-
nerait un tourisme culturel susceptible de redyna-
miser toute la région de la plaine tricastine ; dans la déportation, inauguré en 1962, à la pointe
le même temps, profiter de ce terrain d’exercice de l’île de la Cité à Paris.
pour former des étudiants architectes aux logiques Pingusson, en 1972, s’affaire au chantier
de projet et de chantier, qu’ils pourraient suivre de restauration d’une vieille ferme dans la
depuis leurs prémices jusqu’à leur bon aboutis- Drôme. À quelques kilomètres, il a découvert,
sement. Un dernier versant de ce projet idéal est dominant le village de Grillon, une curiosité
d’expliciter la position d’un « moderne » face à géographique, le Vialle, un oppidum rocheux
une opération de sauvetage en milieu ancien. où les constructions ne sont plus qu’un amas
Trente années plus tard, il reste de ces am- de ruines. Il convainc les édiles locaux de les
bitions une opération tranquillement moderne, relever. Peu à peu, une opération de logement
particulièrement bien intégrée dans un vieux vil- social s’élabore avec d’autres projets de relève-
Vue Est du bourg de Grillon en 1977,
lage, lui-même restauré ultérieurement de façon ment de ruines à l’intention de particuliers. la Vialle en ruines
décevante. Il reste aussi des archives, notamment Quand Pingusson meurt, l’appel d’offres des
celles conservées par un tandem d’étudiants de logements sociaux n’est pas encore lancé.
l’époque, Philippe Alluin et Jean-Paul Mauduit, Tous les sympathisants de l’affaire s’unissent
qui ont cru en ces idéaux et ont conduit le chan- pour faire aboutir le projet. Il sera inauguré
tier avec l’architecte Jacques Small après la dispa- en 1980.
rition de leur maître.
Une architecture autre
Le décor et les acteurs
Évoquant le travail de Pingusson à Grillon,
Georges-Henri Pingusson est l’architecte Ionel Schein, architecte et critique d’archi-
d’au moins deux œuvres majeures du vingtième tecture, a parlé d’une architecture « autre » :
siècle, l’hôtel Latitude 43, réalisé à Saint-Tropez « ni pour la critique, ni pour la mode, ni pour les Cette même vue, même année, projet de
en 1932, et le Mémorial des martyrs français de médias, une architecture en tant que telle », la Vialle, croquis annoté de G.H. Pingusson
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des espaces qui ont la « modestie d’une prière place de l’ancien château. L’architecte s’ap-
À lire
poétique ». Dans sa maison des collines ou sur plique à ne pas bouleverser l’agencement sécu-
cet autre promontoire, l’architecte Pingusson laire, il « use de la valeur poétique du vestige, opte
Pingusson à Grillon s’efface devant la nécessité et se refuse à une pour le mystère, la sinuosité », en une réinterpré-
de Armelle Lavalou, quelconque mise en scène d’architecture. tation de la logique médiévale de l’espace.
Éditions du Linteau, Il envisage le site dans sa globalité, comme Une attention particulière est portée à ce
2009, 23 euros. un ensemble. Le dehors est considéré comme que chaque parcelle reconstruite bénéficie de
un dedans, le Vialle travaillé dans sa masse deux ou trois orientations et d’une vue sur
comme le serait un bâtiment unique. Le rem- l’horizon ou, au moins, sur l’espace public.
part devient la façade de l’ensemble. La méta- Pour l’architecte, l’extérieur appartient à l’in-
phore est renforcée par le fait qu’un ascenseur térieur et lui confère une partie de ses quali-
permet d’accéder au promontoire jusqu’à la tés : vue et orientation ont valeur d’usage.
Pour cette ville idéale, retirée de l’agita-
tion du monde, où seul le piéton devait avoir
droit de cité, Pingusson développe une vision
Les HLM de Pingusson écologique, prémonitoire de ce que recouvre
aujourd’hui la notion de développement du-
G.H. Pingusson, pourtant animateur de « l’Union des Artistes Modernes »
rable ; il envisage le tri des ordures, la réutili-
et défenseur du « Mouvement Moderne » appelait le projet de Grillon
sation des calories des eaux chaudes rejetées
« un rempart contre la sarcellose » (uniforme et triste, mal intégré et propice
par une usine, l’installation systématique de
à la formation de ghettos, syndrome de Sarcelles).
panneaux solaires… Seule, une pompe à cha-
Il écrit le 16 décembre 1975 : « … la réalisation de nos logements à Grillon leur sera finalement installée pour le chauffage
que l’on pourrait appeler expérimentaux car très différents de ceux qui de l’opération, ce qui reste une réelle avancée
se construisent partout, et dont on regrette l’uniformité du Nord au pour l’époque.
Sud et de l’Est à l’Ouest de l’Hexagone et la subordination aux trames
répétitives, au standard et aux types agréés. Les nôtres seraient un Un manifeste
essai d’utilisation du domaine bâti existant et inutilisé, donc économie
par ré-intégration de l’“ancien” dans le “nouveau”, et seraient ainsi
“personnalisés”, se libérant de la production en série, au surplus un Au fil des correspondances avec ses élèves
habitat qui, au lieu d’être une tache dans un paysage et d’être qui restent sur place, l’on voit s’échafauder,
ces corps étrangers enkystés dans le tissu rural, y seraient harmonisés non sans difficultés, ce que l’architecte dési-
à l’environnement, à l’ambiance… » gnait comme une « occasion d’architecture »,
occasion de sauver la valeur précieuse d’un
Le projet reçoit le prix du Palmarès National de l’Habitat en 1982. ensemble architectural, en insérant « entre
les petits chefs-d’œuvre des anciens de saines et
joyeuses architectures ».
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Ce croquis pour
la confortation
d’une pile très
penchée de
« la Maison aux
trois arches »
est l’expression
d’un savoir-faire
consciencieux de
la restauration.
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qui abrite ses biens, ses récoltes, ses outils, ses doué de vie à cause de cette familiarité, une sorte
Au cours de sa longue vie, cette
bêtes, son foyer, sa famille. La maison paysanne de créature. » (Demangeon, 1920).
structure supportera plus d’un incarne une histoire agraire singulière au regard
bardage (Maisoncelle) des campagnes britanniques qui ne montrent
que la monotonie du bocage, l’uniformité des
Comme la biodiversité
habitations en lien avec l’isolement de l’île. Pour
lui, contrairement à la maison du farmer qui est Malgré les transformations agricoles ma-
« un type de maison confortable et indépen- jeures intervenues depuis 70 ans, cette diver-
dante où l’homme a voulu se dégager de toute sité des constructions agricoles est encore bien
servitude immédiate vis-à-vis de ses bêtes [...] perceptible. L’essor de la résidence secondaire,
et qui semble répondre à un mode de civili- puis la périurbanisation, en prenant appui sur
sation agricole qui a gagné le pays tout entier », de nouveaux registres comme la distinction
© Alfred Cayla
la maison paysanne française révèle une grande sociale, ont redonné vie à ces édifices qui ont
variété régionale (Demangeon, 1920). Les di- longtemps incarné l’archaïsme. Si la diversité est
vers bâtiments qui la composent – étables, écu- aujourd’hui reconnue comme une ressource à
Septfonds (Tarn-et-Garonne)
ries, granges… – remplissent des fonctions qui mobiliser et une richesse irremplaçable – on peut
ne sont pas demandées à une simple habitation. faire le parallèle avec la diversité biologique –,
Certains abritent la production : les étables per- tout conduit à préserver les constructions agri-
mettent de poursuivre, l’hiver, l’élevage estival coles et rurales héritées, pour le maintien de la
au pré. Le four à pain, la cuve et le pressoir, diversité des paysages, si précieux dans la valori-
la laiterie, le saloir à fromage sont essentiels sation touristique des campagnes.
14 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5
produit de plus subtil : la flexibilité, qualité essentielle à toute conception. Mise au point aux États-Unis en 1833,
cette technique inaugure la construction
Un espace flexible doit être en effet relativement banal pour permettre industrialisée rapide et économique.
une bonne diversité d’usages. Le montage est réalisé par une main-
d’œuvre peu qualifiée, éventuellement
TEXTE : JEAN-JACQUES TERRIN, ARCHITECTE, DIRECTEUR DE RECHERCHES seul pour les petites sections. Seul
inconvénient : le matériau, le bois très
inflammable.
L
es maisons hollandaises, presque bitation, ils ont changé d’affectation, se Dans un deuxième temps, la technique
identiques, sont capables de sont adaptés à d’autres vies ou sont devenus est adaptée pour les constructions en
la plus grande variétéd’usages. au fil du temps salles de concert, galeries hauteur alliant la charpente squelette
Le plus démonstratif dans ce d’exposition, lieux de culte, espaces de ren- en acier, un habillage désolidarisé,
domaine est évidemment le monde rural. contre ou d’habitation… la progression par ajouts de plates-
De la grange suédoise à la case africaine, formes. La circulation entre les étages
du barn américain au hanaré japonais,
c’est leur banalité avérée, associée à leur
Accueillir le changement est rendue possible par l’invention de
l’ascenseur en 1853.
diversité d’usages, qui en facilite la flexi-
bilité. Originellement conçus comme des En réalité, la diversité architecturale peut
espaces de travail, de stockage ou d’ha- s’interpréter comme la capacité d’un espace
L’architecture en ossature
bois nord-américaine
et son caractère collaboratif
Lorsque les pionniers venus d’Europe
s’élancèrent à la conquête de l’Ouest
américain, ils avaient besoin de matériaux
simples pour construire ce qui allait devenir
leur habitat. Ces immigrés avaient des
Fin du XIXe siècle savoir-faire limités dans le domaine de la
construction. Quelques planches faciles
à stocker au fond d’un chariot et des
boîtes de clous industriels, qui venaient de
détrôner le clou forgé ancestral, leur ont
suffi pour construire les divers bâtiments
dont ils avaient besoin dans les conditions
géographiques, géologiques, climatiques
parfois difficiles. Mais ce mode constructif
leur a aussi permis d’inventer un mode de vie
communautaire, collaboratif et solidaire dont
les films hollywoodiens se sont tant inspirés
et qui reste d’actualité.
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à s’adapter aux évolutions de son cycle de vie. Et donc que la banalité, source de flexibi-
Loin d’être de la médiocrité, la banalité peut lité, peut être une valeur essentielle de la
alors être le levier de beaucoup de change- conception architecturale. Résultante d’une
ments : adaptabilité dans le temps, au jour et demande sociale, d’une exigence écono-
à la nuit, aux saisons et aux évolutions qui sur- mique et d’un contexte environnemental,
viennent tout au long de la vie généralement elle est à la fois éthique et culturelle. Prise
bien remplie d’un édifice ; diversité des sources sous cet angle, la banalité d’un espace bâti
d’énergie qui doivent évoluer ; et diversité des ne résulterait pas forcément de techniques
matériaux et techniques constructives, en fonc- constructives qui en appauvriraient formes
tion des besoins, des transformations, des inno- et modes de vie, mais refléterait plutôt
vations et parfois des modes. l’histoire de ses habitants, de leurs désirs
et plaisirs changeants. La banalité d’un lieu
L’intelligence, serait alors le fruit d’une conception assez
subtile pour permettre la créativité de ses
faculté d’adaptation, habitants, ambition qui impose d’asso-
pour les bâtiments aussi ? cier pleinement ces derniers au projet qui
les concerne au premier chef, de considé-
rer avec conviction leur expérience comme
Que tirer d’original de ce constat assez source d’inspiration, et de mettre en œuvre
banal ? Qu’il y a un lien étroit entre la flexi- des démarches de conception participatives
bilité d’un espace et l’usage qui en est fait. qui les accueillent chaleureusement.
« Chacun s’amuse »
«À l’inverse de certains architectes d’aujourd’hui
qui croient l’intelligence née avec eux, ces
architectes du passé, gens si simples, ne se doutaient
nullement de leur valeur. N’ayant aucune prétention
à l’originalité totale, la majorité se copiait les uns les
autres sans vergogne ou bien copiait ou croyait copier,
à partir du XVIe siècle, le même modèle, “l’anticque”. Et
maintenant, tous nous charment indifféremment. Tous
demeurent parfaitement de leur temps, même lorsqu’ils
s’imaginent pasticher avec la plus scrupuleuse minutie les
édifices du siècle d’Auguste. En architecture se produit le
même travail d’assimilation que dans la littérature. La
Fontaine a beau reprendre Ésope, Phèdre ou les fabliaux,
Racine a beau suivre les plus célèbres exemples de la
tragédie grecque, Molière ou Giraudoux ont beau réécrire
un énième Amphitryon, ils restent eux-mêmes et honorent
leur époque. Dans chaque construction, les matériaux,
la mise en œuvre, le style des sculptures, les programmes,
tout est si différent d’une génération à l’autre que les
résultantes sont obligatoirement très différentes elles-
mêmes des modèles initiaux. Et les nuances sont infinies
car, littéralement, chacun s’amuse… »
16 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5
Le thème est un peu freudien ! Comment être à la fois unique, et se fondre L’idée de conservation d’un patrimoine
(appartenir) à sa société, sa culture, son environnement ? dans son état d’origine est une idée
récente. Exprimée par Viollet le Duc
TEXTE : RÉMY CLADEN, ARCHITECTE, CORRESPONDANT DU GRAC, ALSACE dans son Dictionnaire Raisonné de
l’Architecture Française de 1863 :
L
« Notre temps et notre temps
e « mal-être » de la standardisation, Le syndrome du seulement a pris, face au passé, une
du manque de caractère des zones
pavillonnaires, opposé à un idéal de « Hans im Schnokeloch » attitude inusitée. Le Moyen Âge, pas
plus que l’Antiquité, n’eut le sentiment
maisons paysannes typées et uniques, des restaurations comme nous les
faisant écho à un fond identitaire : la banali- Dans cette comptine alsacienne, Jean comprenons aujourd’hui. Fallait-il, dans
sation consumériste d’aujourd’hui face à l’ar- (Hans) a tout ce qu’il veut, mais ne veut pas un édifice du XIIe siècle, remplacer un
chétype (rêvé) de la tradition… ce qu’il a et veut ce qu’il n’a pas. chapiteau brisé ? C’était un chapiteau
La réduction de l’objet à un « style » per- Cela illustre le destin du patrimoine rural du XIIIe, du XIVe ou du XVe siècle que
mettant des tours de passe-passe de l’un à alsacien. D’un côté, on observe sur des mai- l’on posait à sa place. Ce n’est qu’à partir
l’autre : maisons anciennes modernisées (à sons anciennes des tentatives de « modernisa- (de 1850) qu’on a prétendu restaurer les
toutes les époques), pavillons personnalisés tion » qui n’ont rien de fonctionnelles : il s’agit édifices d’un autre âge ; le mot et la chose
(selon la gamme des constructeurs : déco, en- avant tout d’en changer l’image. Le résultat sont modernes. »
duit…) ou maquillés pour leur « donner du est évidemment bien loin des intentions.
caractère ». En somme la personnalisation du À l’inverse, on voit des architectures ba-
banal et la banalisation du caractéristique… nales, villas ou pavillons « relookés » de ces
La notion de « patrimoine » dit à la fois mêmes références : faux colombages, encadre-
l’exceptionnel (Alberti, Victor Hugo, Méri- ments de grès ou fresque murale évoquant « le
mée, Malraux…) qui justifie la préservation, et bon vieux temps ». Celles-ci ont parfois été
l’usage quotidien, nécessaire et commun, qui construites en lieu et place d’une authentique
justifie la transmission (patrimoine agricole, fa- bâtisse ancienne…
milial, outillage, savoir-faire, etc..). Tous deux À croire que dans cette région, les gens ne
sont orientés vers l’avenir, diversement. savent pas ce qu’ils veulent !
M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 17
Enquêteurs de la diversité
Les maisons, les sites, les
cultures… et les architectes
© CAUE de Haute-Savoie
Alors qu’il est habituel d’accuser l’architecture moderne d’avoir uniformisé les
paysages, lire ces mots de l’architecte qui incarne la modernité en France peut
surprendre. Ne cherchons pas ici à faire la preuve de l’intérêt de l’architecte moderne
pour le site dans lequel il inscrit son projet. Mais face à un débat qui semble renvoyer
dos-à-dos modernité et régionalisme, attardons-nous sur une expérience qui met les
architectes face au triptyque « maisons-sites-cultures » : le Chantier intellectuel et
artistique 1425 dit « Enquête sur l’architecture rurale » (EAR) initié en 1940.
18 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5
M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 19
Un village « ordinaire »
Ce qui frappe quand on aborde le village du Chazelet (Hautes-Alpes, commune de la Grave),
c’est son aspect très regroupé qui donne une sorte d’homogénéité du bâti, avec une relative
harmonie générale, accentuée encore quand l’hiver y déploie son manteau neigeux.
TEXTE ET PHOTOS : BERNARD ROMBAUTS,
ARCHITECTE DU PNR DE DE LA HAUTE
VALLÉE CHEVREUSE, MEMBRE DU GRAC
L
e village est comme lové sur un une grande diversité de constructions et de
relief et blotti dans un paysage lieux : petits bâtiments appelés « chambres »,
dominé par les prairies. On ima- resserres ou petits greniers isolés en mélèze,
gine presque les murs qui ont pu église, presbytère, école, fontaine, cimetière,
ceindre cette petite cité. Si on y regarde de placettes, jardins, potagers, etc.
plus près, hormis l’église qui est assez soi- Les ruelles et placettes sont simplement
gnée et bien restaurée, les autres bâtiments faites d’herbe, de caillou et de rocher, parfois de
sont assez dissemblables dans les formes et bitume et de ciment. Ces espaces ont d’infinies
gabarits, les ouvertures, lucarnes, fenêtres variations dans les pentes, les alignements, les
© B. Rombauts
De plus près, les maçonneries ont de la fois terriblement complexe, jamais neutre,
Ruelles du Chazelet multiples variations en fonction des tech- elle est intimement liée à son territoire et
niques utilisées, de l’usure des enduits, de sa géographie : des enseignements à retenir
la géologie (gneiss, schiste, ardoise, tuf ), des pour construire aujourd’hui.
20 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5
Viavino
d’agglomération du Pays de Lunel
Jean-Luc Bergeon, maire de Saint-Christol
Programmiste : Dominique Imbold
Centre œnologique et touristique de Saint-Christol, Pays de Lunel (Hérault) Équipe lauréate du concours :
Philippe Madec, architecte,
Bureau d’étude : TRIBU, Alain Bornarel,
Cet ensemble de bâtiments du centre œnologique Viavino est exemplaire par la construction durable, in situ, paysagiste
qualité d’attention portée à l’environnement physique et culturel du site, et l’appétence 3B Batut, BET bois
Décembre 2005 : Label PER
des concepteurs à nourrir leur projet des référents culturels qui façonnent ce pays.
(Pôle d’excellence rurale)
Les membres de Maisons Paysannes trouveront dans cette réalisation de 1er juin 2013 : Ouverture de Viavino
nombreux ingrédients qui permettent d’articuler avec bonheur architecture Pôle composé de plusieurs unités :
contemporaine, terroir et culture locale. 7 bâtiments (1432 m²) + zones
extérieures, vigne pédagogique,
TEXTE : LAURENT VINCENT, ARCHITECTE, MEMBRE DU GRAC - PHOTOS : LUC BARRÉ théâtre de verdure, aire de jeux,
jardin (6 445 m²). Total : 2 hectares
Coût : 7 262 000 €.
L’équipe soudée Éco-responsable enfin par son intimité Principaux financeurs : Communauté
autour du projet avec le site et son milieu : les vignes, les de communes Pays de Lunel 50%,
hommes. Les concepteurs sont allés à la ren- Conseil général de l’Hérault 23%,
contre des éléments visuels du site immédiat : État 18,5%, Région 5,3%
Il s’agit bien d’une construction « éco-res- ensoleillement, vents dominants, volumétries
ponsable », car née de la volonté de créer un de la ville, avec le pic Saint-Loup au lointain,
équipement soucieux de son impact environ- la Camargue. Ils sont aussi allés interroger
nemental, tant par son bilan thermique que les éléments culturels et les signes d’apparte-
par l’empreinte énergétique et carbonée des nance d’un pays : la tauromachie, les signes Pour en savoir plus :
matériaux mis en œuvre. spécifiques du Languedoc. Les références
Eco-responsable aussi car portée par une paysagères sont collectées : églises, capitelles Viavino, modernité rurale
collaboration étroite et confiante, basée sur (cabanes), bancels (terrasses), végétation, par Dominique Gauzin-
des compétences spécifiques à un projet de ce géologie… Müller et Philippe Madec,
type, ainsi qu’une écoute qui exclut toute prise Un patio devait articuler les différents Éditions Jean-Michel Place/
de pouvoir, entre le maire de Saint-Christol, le volumes. Le concepteur a fait le choix de placer Architecture
programmiste, l’architecte et le bureau d’étude. chaque élément de programme dans des
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Priorité aux
techniques passives
Alain Bornarel est à l’origine de la dé-
marche Haute Qualité Environnementale. Il
est aujourd’hui un fervent défenseur des solu-
tions naturelles à faible technologie. Il a conçu
les réponses thermiques et énergétiques de ces
bâtiments avec des techniques de ventilation
naturelle : de grandes cheminées évacuent l’air
des salles, contrôlé par des registres pilotés par
automate selon la présence de CO2. Un réseau
de canalisations enterrées à plus de 2 mètres
dans le sol (à température constante de 13-
14°) tempère l’air neuf des salles, sur le prin-
cipe du puits provençal, en hiver comme en
été. Il est court-circuité en mi-saison. Le patio devenu « le panier » avec son ombrage de pergola ventée, et sa forme en couveuse
En été, les ventilateurs dans les salles parti-
cipent à la sensation de fraîcheur, par brassage
de l’air et évaporation de la peau, et redis- prometteuse pour que la création architectu-
tribuent l’air chaud en hiver. Les pièces sont rale d’aujourd’hui puisse s’épanouir dans un
ventilées la nuit par des ouvrants traversants souci constant de connaissance du terroir, des
qui apportent de la fraîcheur. cultures et des pratiques locales.
Les salles sont chauffées par de simples L’architecture traditionnelle, les techniques
poêles à bois Bullerjan à turbines d’air chaud et les cultures locales sont d’excellentes sources
naturelles. Mais la principale source de d’inspiration où puiser l’intelligence des sa-
chauffage est celle qu’on ne dépense pas : l’iso- voir-faire et extraire les pépites des spécificités
lation est évidemment naturelle. culturelles. Elles donnent du grain à moudre
à l’imagination des concepteurs, qui créeront
à leur tour dans le respect des pratiques et des
Ressources locales mœurs, avec leur liberté d’interprétation des
formes émouvantes du passé, dans un dialogue
Les essences de bois employés sont le mélèze respectueux et impertinent qui répond aux be- Des passages toujours agréables,
(menuiseries extérieures), le douglas (bardage soins d’aujourd’hui. Il est indispensable, pour un cheminement très fluide entre des
bâtiments et patio), le peuplier (plafond), le pin que l’invention ne soit pas bridée, que cette bâtiments différents, bois et couleur
(charpente intérieure), dont les forêts se trouvent source d’inspiration ne devienne pas un dogme
dans les Cévennes au nord du pays de Lunel. incontournable, une recette à ânonner dans les
La pierre calcaire taillée de forte épaisseur prescriptions restrictives des règles d’urbanisme.
a une grande inertie thermique : utilisée dans Puissent les membres de Maisons Paysannes
la halle et l’atelier du goût, elle est extraite y puiser des sources d’inspiration fraîches,
des carrières de Lunel, de Beaulieu et celle de s’écarter des images toutes faites et, pourquoi
Roquemalière voisine de 50 km. pas, y formuler aussi des critiques, tant il est
La halle camarguaise tient sa morphologie vrai que c’est de la discussion et du gai-savoir
de l’empilement de « palox », ces caisses de bois que vient l’appétit de trouver, chemin-chemi-
utilisées dans le pays pour la récolte des fruits. nant, les solutions les plus croustillantes, toujours
perfectibles.
Inspiration et liberté
On voit que la démarche de développe-
ment durable, associée à une volonté de tech- Site internet : [Link] En relation avec le jardin, la Halle
nologies intelligentes mais simples, est très camarguaise et le musée du Terroir
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Liberté, inventivité :
pour des proches d’abord
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Le potager occupe les plus petites parcelles Andelsbuch : Agence de communication. Le bardage bois ajouré dissimule une
devant les maisons (Schwarzenberg) partie des fenêtres du bâtiment (notamment en pignon côté rue). Panneaux
solaires sur le toit. La composition est à la fois très simple et très travaillée.
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E
Coût des travaux : 8,6 M€ HT
dont paysage 1,86 M€ HT ntre Fécamp et Dieppe, la com- n’est pas discutable. Le modèle convient
mune de Paluel, moins de 500 pour bords de mer ou avoisinants. Depuis
Le projet a obtenu le Prix national
habitants, connue pour sa centrale Biarritz jusqu’à Dunkerque…
de la construction bois 2013
nucléaire, comprend différents ha-
meaux, dont celui de Conteville, agrandi
plusieurs fois par des lotissements de quali- Dans ce pays-là
tés diverses. Le dernier en date, au nord de
l’imposante église paroissiale, est composé Dans ce contexte, il est rare de trouver une
de six grosses maisons de brique rouge avec architecture qui sorte du conventionnel. Il est
toiture d’ardoises, de belle qualité. On n’est plus rare encore de repérer, dans le paysage en-
pas loin de penser que c’est LA bonne solu- vironnant, les marques discrètes mais sûres de
tion pour un lotissement : les constructions l’ancestrale union amoureuse de l’Homme avec
s’apparentent à du bâti traditionnel avec ce pays-là. Et le passage à l’acte est encore une
comble percé de lucarnes. Le règlement autre étape : si la sensibilité et le savoir sont es-
Lotissement « traditionnel » typique, murs
de lotissement est banal mais efficace : pa- sentiels pour agir sur un territoire, la création
briques et toits ardoises, haies de tuyas, rement, toiture, pente et matériaux font le fait appel à un savoir particulier, clair dans
accès en cul-de-sac au nord de l’église décor et la densité, la maison au milieu de la les idées, simple et direct dans sa matérialisa-
du hameau. Le Clos des Fées est mitoyen parcelle et le « tour d’échelle »* sont incon- tion. L’architecture y ajoute le travail partagé
avec cet ensemble. tournables, la haie de thuyas en périphérie des hommes et la direction d’un projet.
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Éloge de la
banalité heureuse
Le cholestérol serait double : il y en aurait un mauvais,
à redouter, et un autre bon, utile à l’organisme humain.
En est-il de même pour la banalité ? En effet, la banalité
apparaît à certains comme synonyme d’« ordinaire », de
« sans caractère », de « vulgaire », et aux autres, comme
quelque chose de « simple », de « familier », d’appréciable.
Aurions-nous donc une banalité à récuser, à fuir, et une
autre, plus amicale, à cultiver et à revendiquer au nom
peut-être d’une sobriété heureuse, d’une économie de
moyen, d’une simplicité de connivence ?
TEXTE ET PHOTOS : THIERRY PAQUOT, PHILOSOPHE
L
es historiens de la maison villageoise de soi, à la différence de la prétentieuse « mai-
Le dictionnaire, au mot « banalité », (La maison rustique : logique sociale son domotique » qui fait la fière avec ses logi-
évoque un terme féodal francique et composition architecturale, de Jean ciels. Pourquoi enclencher la chaudière, mettre
qui signifie « loi », « proclamation », Cuisenier, PUF, 1991 et Maisons au four le rôti, avec un SMS ? Une maison n’est
« édit ». Il désigne « le droit du paysannes en France, de Jean-René Trochet, surtout pas un mécanisme, qui vous impose
seigneur d’assujettir ses vassaux à Créaphis, 2006) remarquent que la banalité ses normes et ses rythmes, mais une complicité
l’usage d’objets lui appartenant. » apparente d’un bâtiment dissimule souvent dans la réciprocité.
(Dictionnaire historique de la une incroyable sophistication. Celui qui ne salue pas les arbres de son jardin,
langue française, Le Robert, 1992). En fait, le banal ruse ! L’orientation d’une n’échange pas deux mots avec le puits, n’actionne
On appelle également « banalités », construction, les matériaux utilisés, la forme et pas la poignée de la porte sans penser qu’il serre
l’impôt que verse au seigneur la signification symbolique du toit, l’emplace- une main, ne caresse pas la table patinée comme
celui qui utilise un de ses biens qui ment des fenêtres, le revêtement du sol, les cou- pour lui prendre le pouls, ne peut entretenir avec
servent à tous, le pressoir, le four, leurs des murs, bref, tout élément qui participe cette maison une relation amicale. Il ignore cette
le moulin… Avant d’être dénoncés à la maison relève de cette banalité heureuse, banalité sensuelle, secrète, intime pour ne voir
lors de la nuit du 4 août 1789 qui simple, enchanteresse. Tenez, cette contre- que la banalité sans grâce, normée, qu’on trouve
abolit les privilèges des aristocrates, marche en bois peint, ce pan de mur en briques dans n’importe quelle grande surface, que tout
ces droits apparaissent comme la vernissées joint à un autre mur badigeonné à la le monde accepte comme une fatalité, qui croit
norme. Proximité entre le normal et chaux, ce placard incrusté sous l’escalier, cet es- s’adresser à tous mais ne parle à personne… Nous
le banal. Le monde rural recherchait calier en pierres qui en tournant vers le premier retrouvons là nos deux « banalités », la standardi-
l’ordinaire, dans la construction étage devient échelle en bois, voilà des banalités sée appauvrissante et la singulière enrichissante.
de sa maison, sa vaisselle, ses actives, réconfortantes et appréciables. Comme Le choix est facile, non ?
vêtements, son mobilier. ce portail démuni de serrure mais orné d’une
ficelle qui le retient à la clôture. Ou ces tuiles
posées sur un muret pour l’abriter de la pluie…
Une maison offre d’innombrables accommo-
dements qu’on ne découvre qu’en les utilisant.
C’est en poussant une chaise vers la fenêtre qu’on
comprend que celle-ci est fixée à la bonne hauteur
et cadre judicieusement un morceau du jardin
qui devient une vue, un paysage. De même, la
pierre d’évier accompagne le plan de travail qui
conduit à la cuisinière sans interruption, assurant
aux gestes domestiques leur continuité.
L’habitabilité d’une demeure se mesure sans
qu’on y prenne garde, comme une chose qui va
30 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5
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On a eu chaud !
CHRISTIAN SUTTER, DÉLÉGATION DE L’EURE, FORMATEUR TERRE CRUE ET FOURS À PAIN
U
ne visite à la crypte archéologique équipement désormais approprié ou partagé
de Notre-Dame de Paris1 offre pour leur survie alimentaire, ceci jusqu’à la
à la vue les vestiges de différents guerre de 1914, où la paysannerie est encore
fours antiques de Lutèce : les fours majoritaire dans les campagnes.
à chaleur des « sudatorium » ou des citernes Depuis les années 1970, des particuliers,
chaudes des piscines, des meules à farine, des associations du patrimoine, voire des mu-
ainsi que des fours à pain qui ressemblent à nicipalités, restaurent, pour leur redonner un
s’y méprendre à ceux que nous restaurons au- sens collectif convivial, ces vestiges du pas-
jourd’hui dans nos villages. sé, réactualisés pour un « bien s’alimenter et
La Nuit du 4 août 1789 abolit les droits bien-vivre ensemble ».
féodaux sur les fours banaux. Liberté est donc Un four à pain, tout comme un âtre tradi-
laissée aux citoyens de construire et d’user à tionnel, construit selon les « règles de l’art », est
leur convenance de leur « feu » (de leur foyer), le réceptacle d’un « feu ouvert » consumant des
32 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5
Troisième round
À l’approche de Noël 2014, le ton monte,
la presse francilienne s’émeut. L’UNC-Que
choisir ? qualifie d’étonnante et fausse l’équiva-
lence polluante des flambées de bûches avec celle
de la totalité du trafic routier en Ile-de-France. Au temps où Paris s’appelait Lutèce
M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 33
quels les normes et DTU sont obligatoires. d’humidité et la masse volumique des bottes
de paille doivent être mesurés. Pour les en-
Une palette de documents duits, ce sont la qualité de l’accroche et l’ab-
sence de fissuration de retrait, etc.
de reconnaissance Cet arsenal de règles a un fort intérêt :
Parmi les documents validés lors de leurs travaux, les maîtres d’ouvrage,
par les filières constituées : Beaucoup de structures officielles travaillent que nous sommes tous un jour ou l’autre,
• Guide de bonnes pratiques à l’élaboration de règles et de normes : guide ont toute garantie si leurs artisans utilisent les
de construction de murs de des bonnes pratiques, règles professionnelles et techniques nouvelles, les matériaux naturels
soutènement en pierre sèches recommandations techniques enrichissent et ou les anciens savoir-faire, désormais écrits
(mars 2008) CAPEB- ABPS – Murailler officialisent des pratiques anciennes réutilisées, et intégrés dans les normes officielles du
de Provence – CBPS – CMA84 – ENTPE comme les pratiques innovantes. bâtiment.
• Recommandations techniques pour Le récent programme RAGE 2012 (Règles
la construction de toitures en chaume de l’Art Grenelle Environnement), prévu de
(octobre 2012) ANCC- CAPEB. 2012 à 2016, a pour objectif d’adapter les règles
actuelles et aussi de reconnaître les solutions
techniques innovantes pour améliorer les perfor-
mances énergétiques des bâtiments : recomman-
dations professionnelles (reconnues par les assu-
reurs), guides (solutions techniques innovantes),
calepins de chantier, rapports (études, essais),
Pour aller plus loin recommandations pédagogiques (traductions
Retrouvez sur notre site internet dans les référentiels de formation)…
l’essentiel des règles professionnelles : Jusqu’alors sept recommandations sur le
[Link] bâti ont été approuvées, dont deux relatives à
l’ossature bois et deux autres sur les planchers.
34 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5
Granges du Nord :
comme une contrée à explorer
Son métier d’architecte avait fourni à Claude Dimey de nombreuses occasions d’étudier
les maisons rurales de son département du Nord, qu’il pensait bien connaître. Mais quand,
en 2003, le CAUE 59 lui demande d’étudier les possibilités d’hébergement touristique rural
de cette région, Claude ne se doute pas qu’il commence une aventure originale, passionnante
et… au très long cours. Sa mission consiste en effet à envisager le devenir des bâtiments ruraux
et il commence à parcourir les campagnes, appareil photo et carnet de notes en main.
TEXTE : M-M. POIRIER ET C. DIMEY - PHOTOS ET DESSINS : CLAUDE DIMEY
A
u cours de ses expéditions, il constate Les plus vieilles
l’importance, la beauté et la grande ont plus de 300 ans
variété des granges anciennes de ce ter-
ritoire : et de commencer à établir une
fiche très complète sur chacune d’elles, assortie Mais l’âge d’or de ces énormes bâtisses
de dessins en plan et en coupe, d’élévations et est la seconde moitié du XIXe siècle, quand
de photos de la bâtisse sous toutes ses coutures. la révolution industrielle vient bouleverser
Durant huit ans, Claude Dimey et sa collabo- les méthodes agricoles anciennes. La plupart
ratrice Cécile Pesle réalisent un véritable travail ont été construites par des paysans ambitieux
de bénédictin, et rarement l’expression « arpen- et courageux, qui s’adaptaient toujours aux
ter la campagne » a pris un si juste sens. Quand besoins des nouveaux temps, et on y lit les
enfin il remet au CAUE l’étude commandée, traces des techniques de construction qui
il ne peut se résoudre à « décrocher ». C’est qu’il ont eu cours durant leur longue vie.
reste encore beaucoup de granges non visitées Et puis, Claude rencontre les proprié-
ou étudiées, et ce qu’avait commandé l’activité taires occupants, exploitants ou non, les
professionnelle, la passion va le poursuivre. écoute raconter leur grange, ses transforma-
Chaque dimanche et pendant ses temps tions, ses avatars… Beaucoup les utilisent
libres, Claude parcourt des kilomètres en encore pour abriter récoltes ou engins. Tous
voiture et à pied : découvertes fortuites ou demi- sont étonnés mais touchés, surpris de la curio-
surprises « flairées » par une longue observation sité et de l’intérêt que suscite la grange de
des constructions du Nord, il accumule les in- leur patrimoine. Dans les nombreux cartons,
formations pour mieux comprendre ces basi- chacune a sa place, avec relevés et photos,
liques paysannes, et coucher sur le papier leurs complétés des informations historiques re-
mille particularités et dispositions construc- cueillies. C’est là un trésor de passionné, une
tives. Chaque lit de briques ou de pierre est leçon de patrimoine et d’études rurales, qui
mesuré, dessiné, chaque pan de bois relevé, mériterait d’être mis en valeur, n’est-ce pas ?
et surtout, l’œil de l’architecte saisit les détails En attendant, pourquoi pas ? une publica-
originaux des maçonneries et charpentes. tion, Claude nous ouvre quelques cartons…
M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 35
Au cœur du Cambresis, Esnes (700 subsiste une petite partie encore en eau. maçonnerie alternant régulièrement
habitants) se niche dans une vallée en- Outre le logis principal et ceux 4 lits de briques (25 cm de hauteur)
caissée entre deux grands plateaux, au des ouvriers, on y trouve toutes les dé- et un lit de pierre calcaire blanche de
sud-est de Cambrai. Le petit village, pendances d’une ferme dont bergerie, même hauteur, y compris les contre-
aujourd’hui identifié à son château, étables, écuries… mais pas de grange. forts de sections rectangulaires (63 x
est « traversé par l’importante route C’est en effet la grange dimière du 51 cm), au nombre de neuf par mur
menant de Cambrai à Guise où le XVIIe, qui remplit cet office au XIXe : gouttereau (à l’exception du 1° et du
seigneur d’Esnes prélevait un droit de elle est située hors de l’enceinte, à 20 m 9° dont la section est de 75 x 51) et
péage supprimé en 1741 ». de la « grosse tour » du XIVe du château. les deux contreforts de section carrée
Le château médiéval a été rebâti au (95 x 95cm) par mur pignon.
XVIe. Après occupation « par les Autri- La grange aujourd’hui On observe dans chacun des deux
chiens en 1793, le château est transfor- Isolée, elle présente d’emblée aux pignons la position dissymétrique de
mé en exploitation agricole au XIXe ». regards deux caractéristiques de forme ces deux contreforts, dont l’un semble
Il a gardé les traces topographiques de et de couleur qui ensemble la rendent avoir été raccourci, ainsi qu’une porte
son origine : un bâti presque continu très singulière. charretière sous un arc segmentaire
sur les quatre côtés d’une large cour En effet, les murs périphériques en claveaux de pierre surmonté d’une
(50 x 42 m environ), protégé à l’exté- (50 cm d’épaisseur en murs goutte- fenêtre ou porte gerbière bouchée par
rieur par un anneau de douves dont reaux et 63 en pignon) sont réalisés en une maçonnerie de briques.
À HON-HERGIES :
AU PAYS DES LOUPS
36 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5
M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 37
38 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5
À Coutances (Manche)
M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 39
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42 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5
Notez d’ores et déjà la date limite pour vos envois « échos des départements » du mois de juin: nous les attendons
pour le 10 avril au plus tard. Cette édition sera la dernière dans la forme actuelle. En effet, selon le vœu général, nous allons
rénover cette rubrique, et les délégations et régions seront invitées à y contribuer de façon plus vivante et variée, dans un espace
agrandi et enrichi. Chaque délégation recevra bientôt les explications nécessaires!
couper ou copier
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Adhésion
8 passage des Deux-Sœurs
Informations obligatoires
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en
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Nom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prénom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Nom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Prénom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
2d
1d
Pour 1 personne .................................................. 52 € ...... 68 € .......................... ❒................€ Dans le cas d’une adhésion pour 2 personnes
Pour 2 personnes à la même adresse .................. 58 € ...... 76 € .......................... ❒................€ Raison sociale ou dénomination . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Personne morale ou entreprise ........................... 58 € ...... 76 € .......... ❒ ......... ❒................€ Pour une personne morale ou une entreprise
• Cas particuliers Adresse postale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Adhésion simple ........................................................ ...................................................................................................
Pour 1 personne .................................................. 30 € ...... 46 € .......................... ❒................€ Code postal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Ville . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .Pays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pour 2 personnes à la même adresse ..................... 36 € ...... 54 € .......................... ❒................€
Personne morale ou entreprise ........................... 36 € ...... 54 € .......... ❒ ......... ❒................€ Département(s) d’affiliation choisi(s) 1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .....
Abonnement revue sans adhésion (TVA 2,1 %) .... 36 € ............................ ❒ ...............................€
L’adhésion dans un 2e département permet
Port étranger pour abonnement revue (sans TVA) . 8 € ............................ ❒ ...............................€ de soutenir ses actions, d’en être informé et de pouvoir y participer.
• Don à l’association : Informations recommandées pour faciliter la communication
Un don complémentaire permet de financer
des actions spécifiques de l’association durant l’année. Tél.1 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ... . . . . . . . . . . . Tél. 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pour les actions au niveau national .......................................................... 50 € ❒................€ Courriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .N° d’adhérent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
...................................................................................................... 100 € ❒ ................€
........................................................................................ Autre montant ❒ ................€ Adresse secondaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pour les actions au niveau départemental ...........................................................................................€ Profession . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
(au 1er département sauf mention contraire) J’ai connu l’association par : ❒ Bouche à oreille ; ❒ Site Internet ; ❒ Presse ;
.......................................................................................... TOTAL ...............................€ ❒ Librairie/ouvrages ; ❒Salons,M foires ° 1 9 4 - 4 T. 2 0 1 4 ◆ 4 3
. P . F; .❒nAutres.
Chèque à l’ordre de Maisons Paysannes de France joint.
Date . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Signature
◆ 43
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– à l’exception de la France. Merci. Total €
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44 u M . P. F. n ° 1 9 5
q Facture demandée
M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 45
50 - MANCHE
Tél. 03 20 47 80 80
nord@[Link]
Tél. 04 74 70 11 87 et 04 78 64 15 40
et 06 18 66 46 39
79 - DEUX-SÈVRES 89 - YONNE
Claude Sapkas-Keller (M.),
Daniel Herbert Félix Boutu, Service-conseils : Hélène Delorme, déléguée
La Grand Maison,
manche@[Link] (association Yser Houck), La Mairie, Tél. 06 50 52 91 08 1 rue de la Croix-Saint-Germain,
59470 VOLCKERINCKHOVE, 329 rue du Bourneuf,
Tél : 02 33 59 26 34 rhone@[Link] 89130 TOUCy,
Tél. 03 28 68 07 22 79410 SAINT-GELAIS,
Granville, Avranches : Nord Isère : Nicolas Devic
Florence De Groot Tél. 06 22 37 67 67 Tél. 03 86 44 25 23
nicdevic@[Link]
Tél : 06 86 98 23 07 60 - OISE
Annick Georgeon, yonne@[Link]
Nord Cotentin : Christine Bernard
Coutançais, marais : Laura Touvet
Permanence lundi : 14 h à 18 h - 70 - HAUTE-SAÔNE Beauregard, 79400 SAIVRES,
Tél. 05 49 75 07 44
Auxerrois : Josiane Maxel
03 86 81 13 58
mardi au samedi inclus : 10 h à 18 h Christiane Zolger,
Tél : 06 86 75 86 26 16 rue de l’Abbé-Gellée, Pierre le Nevez, josianemaxel@[Link]
15 rue de l’Oratoire, La Pommeraie,
Le Plain Cotentin : Philippe Busserolles 60000 BEAUVAIS, 70110 VILLAFANS, Senonais : Marcel Brouchoud
Tél : 06 27 96 71 44 Tél. 03 44 45 77 74, 1 rue du Château,
Tél. 03 84 20 97 17 79190 CLUSSAIS-LA-POMMERAIE Tél. 03 86 97 81 18
& Humber Syargala Fax 03 44 45 78 42, haute-saone@[Link]
Tél : 06 63 59 70 75 deux-sevres@[Link] Brienonais : François Bonnefoy
oise@[Link]
Sud Manche : Daniel Herbert
Tél : 02 33 59 26 34
Gilles Alglave, 71 - SAÔNE-ET-LOIRE 80 - SOMME
Tél. 03 86 43 13 75
francois.bonnefoy0502@[Link]
60220 SAINT-ARNOULT, Hubert Cateland, Nicole Dupré, Rives de l’Yonne : Marie-Jeanne Cloche
51 - MARNE
Tél. 03 44 46 07 34 Le Fugaud
71110 SEMUR-EN-BRIONNAIS
11 rue Morsue, Villers-sur-Mareuil, Tél. 03 86 87 27 47
Véronique Aviat,
40 rue de Flancourt, 61 - ORNE Tél : 03 85 25 09 43
80132 HUCHENNEVILLE,
Jean-Pierre Bourgois
Mija-cloche@[Link]
Jovinien : Véronique Le Lann
51300 MAISONS-EN-CHAMPAGNE, Siège et correspondance : saone-et-loire@[Link]
Tél. 09 53 07 23 50 Tél. 06 14 35 83 47
Tél. 03 26 72 53 42 Joël Deslandes Côte Chalonnaise :
Louise Bercez,
marne@[Link] Le Choisel Sud, Elisabeth Gilbert vlelann@[Link]
Tél : 03 85 49 27 53 20 Grande Rue,
Paul Bouloré, Tél. 03 26 59 98 44 61370 ECHAUFFOUR 80132 MAREUIL-CAUBERT Tonnerois : Guy Parent
Tél : 06 14 51 57 70 Charolais-Brionnais : Baby Cateland Tél. 06 87 23 42 72
52 - HAUTE-MARNE orne@[Link] Tél : 03 85 25 09 43 somme@[Link]
[Link]@[Link]
Claude Roze,
5 Grande Rue,
Pays d’Auge : Eric Benoit
Autunois-Pays Minier
Michel Servigne 81 - TARN Puisaye : Lyonel Joulin
Tél : 06 64 43 19 91 Clarisse Canivet-Dutour Tél. 06 80 53 06 55
52000 VILLIERS-LE-SEC, Tél : 03 85 56 16 71
Bocage Normand : Sylvie Leblond Clunysois-Mâconnais-Tournugeois La Combe de Galan, [Link]@[Link]
haute-marne@[Link] Tél : 02 33 66 04 28 81600 GAILLAC Vézelien : Michel Barré
Tél. 03 25 32 24 13 et 06 86 94 72 77 Jean-Paul Hulin
Pays d’Alençon : Tél : 03 85 47 72 54 Tél. 06 70 48 39 41 Tél. 03 86 63 33 61
53 - MAYENNE Annie Benoist-Dauvergne tarn@[Link] [Link]@[Link]
Gervais Barré, Tél : 02 33 26 59 46 72 - SARTHE 82 - TARN-ET-GARONNE
La Gripassière,
53600 STE-GEMMES-LE-ROBERT,
Pays d’Alençon : Guy Lequilerier
Tél : 02 33 28 02 57
Patrick Dejust
24, rue du Petit Vignard Marie-Claude Topenot 91 - ESSONNE
72190 SAINT-PAVACE LES CARLOTS 82210 SAINT- Hubert Champetier,
Tél. 02 43 90 63 23 Pays des plaines d’Argentan :
mayenne@[Link] Marc Chalufour Tél : 06 31 44 89 34 NICOLAS –DE-LA-GRAVE 4 chemin de la Tournelle,
Tél : 02 33 12 71 45 sarthe@[Link] Tél. 05 63 94 39 17 91890 VIDELLES
54 - MEURTHE-ET-MOSELLE Pays du Houlme : Jean-Claude Pellemoine (adjoint), tarnetgaronne@[Link] Tél. 01 64 98 31 08 et 06 08 46 29 80
Anthony Koenig,
50 rue des Ducs de Bar,
Marie-Laurence Mallard
Tél : 02 33 35 94 89
Tél. 02 43 35 79 37
Nord Sarthe : Patrick Dejust, 83 - VAR essonne@[Link]
Maria-Teresa Fassone,
55000 BAR-LE-DUC,
meurthe-et-moselle@[Link]
Pays d’Ouche : Vincent Roussel
Tél : 06 07 83 33 38
Tél. 02 43 81 87 80
Ouest Sarthe : A. et M. Labbé, 1937 Route du Plan de la Tour, 93 - SEINE-SAINT-DENIS
Tél 06 85 09 10 24 83310 GRIMAUD, Michel Le Bec,
Tél. 03 29 76 11 90 & 06 10 89 03 72 Passais-Domfrontais : Muriel Fry
Anne-Marie Merlin, Est Sarthe : François Pasquier, Tél/Fax 04 94 56 81 70 et 06 71 68 22 19 52 ter rue Victor Hugo,
Tél : 02 23 25 63 62 Tél. 02 43 75 79 86 var@[Link] 93500 PANTIN,
5 rue du Manège, 54000 NANCy,
Sud Sarthe : Jean Edom,
anne-marie.merlin702@[Link]
Tél. 03 83 36 50 45 et 06 41 78 32 80 62 - PAS-DE-CALAIS Tél. 02 43 45 27 47 84 - VAUCLUSE Tél. 01 48 45 24 29
seine-saint-denis@[Link]
Pays Lunévillois : Gérard Di Scala Christophe Vidor, Jean Marc Barreau
19, rue Mangenot 103 route de Selles, 73 et 74 - SAVOIE / HTE-SAVOIE Rte de Mondragon
54950 SAINT-CLEMENT 62240 BOURNONVILLE, Claudine Barrioz, 84500 BOLLENE
gerarddi-scala@[Link] Tél. 06 65 69 34 34 Les Tovères 73600 HAUTECOUR Tél. 04 90 30 18 98 & 06 80 08 61 85 Départements
Pays du Toulois : Daniel Debois pas-de-calais@[Link] Tél. 04 79 24 26 44 & 06 84 83 98 57 vaucluse@[Link] sans responsables :
14 rue du Petit Rosoir Marie-Christine Geib-Munier, savoie@[Link] prière de s’adresser à
54200 LAGNEy 4 rue du Moulin, 62142 Le WAAST, haute-savoie@[Link] 85 - VENDÉE
Tél. 06 80 30 69 87 Tél. 03 21 83 95 60 Sylvie Cervellin, Claudine Schnepf,
[Link]@[Link] Frédéric Evard, 1, avenue du Bois de Verrières Fief Mignoux,
Tél. 06 51 07 01 68 92290 CHATENAy-MALABRy 85120 ST-MAURICE-DES-NOUES,
55 - MEUSE Tél. 01 55 52 03 31 & 06 28 34 04 82 Tél. 02 51 00 81 42 8 passage des Deux-Sœurs*
Georges Duménil, 63 - PUY-DE-DÔME vendee@[Link] 75009 Paris
1 rue Félix Raugel, Madeleine Jaffeux, 75 - PARIS Janine Duême, Tél. 01 44 83 63 63,
55000 HAIRONVILLE, 13 place de Derrière-la-Ville, Luc Barré, 8 rue Jean-Charron, contact@[Link]
Tél.03 29 71 34 77 63112 BLANzAT, 5 impasse du Rouet, 75014 PARIS 85200 FONTENAy-LE-COMTE, [Link]
meuse@[Link] Tél. 04 73 87 92 90 paris@[Link] Tél. 02 51 69 31 85 (Secrétaire)
46 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5
M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5 u 47
48 u M . P. F. n ° 1 9 5 - 1 T. 2 0 1 5