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Ouarzedine Randa F4

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République Algérienne Démocratique Populaire

‫وزارة التعليــم العالــي والبحـث العلمــي‬


Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique
‫قالمــــة‬1945 ‫ مــاي‬8 ‫جامعـــة‬
Université 8 Mai 1945 Guelma
Faculté des Sciences de la Nature et de la Vie et Sciences de la Terre et de l'Univers

Mémoire de Master
Domaine : Sciences de la Nature et de la Vie
Filière : Sciences Biologiques
Spécialité : Microbiologie Appliquée
Département de Ecologie et Génie de l’Environnement

THÉME :
LES AGENTS RESPONSABLE DE LA BIOREMÉDIATION DE
L’ENVIRONNEMENT

Présenté par :
 ABDURRAMANE RAHMATA CÁSSIMO
 LABIOD IDRIS
 OUARZEDINE RANDA
 MELIANI KARIMA

 Devant le jury composée de :


Président : Mr. MOKHTARI Abdelhamid MCB Université de Guelma
Examinateur : Mr. ROUABHIA Kamel MAA Université de Guelma
Encadreur : Mr. MERZOUG Abdelghani MCB Université de Guelma

Juin 2022
Remerciements
Au terme de ce travail, on tient à remercier DIEU le tout puissant de nous
avoir donné la santé, la force, le courage, et la volonté pour achever ce travail.

Nous tenons à remercier les membres de jury :

Monsieur MOKHTARI Abdelhamid Maître de conférences dans notre


Faculté, pour nous avoir fait l’honneur d’accepter la présidence du jury.

Monsieur ROUABHIA Kamel Maître assistant dans notre Faculté, pour


avoir voulu examiner notre travail.

Nous exprimons aussi nos profonds remerciements à notre fiertés, notre


exemplaires, notre encadreur Dr. MERZOUG Abdelghani pour avoir proposé
et dirigé ce travail, ses conseils, ses orientation et qui a été la source généreuse
de l'aide tous en long de ce travail.

Enfin, notre remerciement va également à l'encontre de toutes personnes


qui ont participé de près ou de loin, directement ou indirectement à la
réalisation de ce travail.

Merci...
Listes des Abréviations

- ADEME : Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie


- AS : Aérobies Strictes
- BAAF : Bactéries Aérobie-Anaérobies Facultatives
- BRGM : Bureau de Recherches Géologiques et Minières
- BTEX : Benzène, Toluène, Éthylbenzène et Xylène
- CO₂ : Dioxyde de carbone
- COV : Composés Organiques Volatils
- EPA : Américaine de Protection de l'Environnement
- HPAs: Hydrocarbures Polycycliques Aromatiques (HPAs)
- MO : Matière Organique
- PCB : Polychlorobiphényles
- QSP : Société québécoise de phytotechnologie.
- USEPA : United States Environnemental Protection Agency L’Agence
Liste des figures

Figure 1: Schéma d’une station industrielle ............................................................................. 5

Figure 2: Cycle de la pollution urbaine .................................................................................... 6

Figure 3: Schéma de Principe général de techniques de traitement in situ ............................. 16

Figure 4: Schéma de principe général de techniques de traitement sur site ou hors site ........ 16

Figure 5: Concept de biodisponibilité ..................................................................................... 19

Figure 6: Schéma de principe du bioventing et du biosparging .............................................. 22

Figure 7: Pompage-traitement (BRGM 2010) ........................................................................ 25

Figure 8: Oxydation chimique in situ (BRGM 2010) ............................................................. 29

Figure 9: Schéma de principe de la vitrification thermique in situ (BRGM 2010) ................. 30

Figure 10: Chromatogrammes d'un extrait de feuilles de maïs .............................................. 34

Figure 11 : Chromatogrammes d'un extrait de feuilles de maïs après 1 mois de culture en


solution hydroponique en présence de phénanthrène marqué au deutérium ............................ 38

Figure 12: Schéma général définissant la disponibilité Dynamique des HAP dans le sol ...... 43

Figure 13: Mécanismes d’interaction des contaminants organiques avec le sol ..................... 44

Figure 14: Représentation d’une algue verte Selanastum capricornutum .............................. 45

Figure 15: Étapes initiales de l’oxydation des hydrocarbures polycycliques aromatiques .... 46

Figure 16: Dégradation d’un hydrocarbure en milieu aérobie ............................................... 48

Figure 17: Dégradation d’un hydrocarbure en milieu anaérobie ............................................ 49

Figure 18: Représentation schématique de l’espèce que appartenant à zygomycetes .......... 51

Figure 19: Principaux processus dans la rhizosphère.............................................................53

Figure 20: Schéma représentatif des espèces végétal utilise dans la phytovolatilisation ....... 55

Figure 21: Processus de la rizhodegration ...............................................................................57

Figure 22 : Exemples d’espèces utilisées dans la Rhizodégradation ...................................... 58

Figure 23: Exemples d’espèces de la famille Brassicaceae utilisées dans la phytoextration 59

Figure 24: Mécanisme processus de phytoextration ................................................................ 60

Figure 25: Illustration des espèces utilisées dans le processus de phytovolatilisation ............61
Figure 26: Représentation du processus de la phytovolatilisation .......................................... 62

Figure 27: Processus de détoxification des xénobiotique dans la cellule végétale ................. 63

Figure 28: Formule chimique de l’acide éllagique .................................................................. 64

Figure 29: Processus de la phytodégradation ......................................................................... 64


Liste des Tableaux
Tableaux Titre Pages
1 Techniques les plus courantes actuellement retenues 11
2 Les différentes méthodes de bioremédiation pour la traitabilité du sol 19

3 Rôle, nature et type de couches utilisées dans le recouvrement de surface 27


Répartition de la radioactivité dans les différents compartiments du système
au cours de la croissance des plantules de maïs en présence de phénanthrène
4 32
marqué au (Carbone -14) Résultats exprimés en % de la radioactivité
introduite
Teneur en produits radioactifs dans les différentes parties des plantules demaïs
ayant poussé en présence de phénanthrène marqué au (Carbone-14) dans la
5 solution nutritive (n=4). Résultats exprimés en /J.g équivalent phénanthrène 33
g-l MS

Répartition de la radioactivité dans les différents compartiments du système


au cours de la croissance des plantules de maïs en présence de phénanthrène
6 36
marqué au (Carbono-14) Résultats exprimés en % de la radioactivité
introduite
Teneur en produits radioactifs dans les différentes parties des plantules de
7 maïs ayant poussé en présence de phénanthrène marqué au (Carbone-14) 37
dans la solution nutritive (n=4).
Formule chimique et masse moléculaire des 16 HAP sélectionnés par
8 l'Agence américaine de Protection de l'Environnement (EPA) comme 42
polluants prioritaires pour leur étude et leur élimination de l'environnement
9 Principaux genre bactériens dégradantes isolées à partir des sols 46
10 Exemples des bactéries responsables de la bioremédiation du sol 47
exemple des champignons ligninolitiques la classe des (basidiomycètes) de
11 50
la voie des enzymes ligninolitiques.
Procédés de phytoremédiation et principaux polluants pour lesquels Ils ont
12 53
été employés ou testés.
Estimations des coûts de procédés de remédiations physico-chimiques et de
13 56
phytoremédiation de sols en France et aux États-Unis
Exemples d’études sur la rhizodégradation d’HAP ou d’hydrocarbures de
14 sols contaminés 57
Table des matières
Liste des figures
Liste des tableaux
Liste des abréviations

Introduction 1

Chapitre I. Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions 3

1. Généralité 3
2. Définition 3
3. Classification et type de pollution 4
3.1. Pollution physique 4
3.2. Pollution Chimique 4
3.3 Pollution Biologique 4
4. Origine et source de pollution 4
4.1 Pollution Industrielle 4
4.2. Pollution Urbaine 5
4.3. Pollution Biologique 6
4.4 Pollution Agricole 6
4.5 Pollution par déchets solide 7
5. Milieux pollués 7
5.1. Air 7
5.2. Sol et sous-sols 7
5.3. Eau 8
6. Caracterisques des polluants 8
6.1. Les micro- polluants 8
6.2. Les macros -polluants 9
7. Dépollution 9
7.1. Technique de dépollution 01
7.2. Classification de différentes techniques 10
7.3. Dépollution des eaux contaminées 01
7.3.1. Procédés biologiques 01
7.3.2. Procédés physico-chimiques 14
7.3.3. Procédés physique 14

Chapitre II. Traitement biologique du sol 15

1. Définition 05
2. Technique de traitement 05
2.1. Technique in situ 05
2.2. Technique sur site et hors site 15
2.3. Technique de séparation 17
2.3.1 Les principes de procédés physiques et chimiques 17
2.3.2 Paramètre principaux 07
3. Méthode biologique 18
3.1. Bioremediation : principes et processus 18
3.1.1. Le métabolisme 08
3.1.2. Le co-métabolisme 08
3.2. Les différentes méthodes de bioremediation 09
3.3 Les principaux facteurs influençant la biodégradabilité 21
4. Bioremediation in situ : le bioventing 10
4.1. Variant de traitement par bioventing 11
4.2. Caractéristique de la zone à traiter 23
4.3 Perméabilité de gaz dans le sol 11
4.4. Rayon d’influence de l’aération à partir du puits d’injection 14
4.5. Vitesse de consommation d’oxygène 14
4.6. Vitesse de dégradation 14
5. Méthode physique 15
5.1. Evacuation du polluant 15
5.2. Piégeage de la pollution 16
6. Méthode chimique 28
7. Méthode thermique 19
8. Remediation de sol par la plante le maïs (Zea mays) 30
8.1. Méthodologie 11
8.1.1. Transfert de HAPs 31
8.1.2 Transfert de phénanthrène 31
8.2. Résultats 31
Analyse de la radioactivité présente dans les différents compartiments
8.2.1. 11
végétaux
8.2.2. Quantités de phénanthrène transférées 33
8.2.3. Transfert de phénanthrène marqué au deutérium 13
8.3. Discussions 35
Transfert de HAPs à partir de solutions nutritives vers les parties
8.3.1. 35
aériennes de plants de maïs
[Link]. Transfert de phénanthrène 35
8.3.2. Analyse de la radioactivité présente dans les différents compartiments 35
végétaux
8.3.3. Quantités de phénanthrène transférées 37
8.3.4. Transfert de phénanthrène marqué au deutérium 37
8.4. Conclusions 39

Chapitre III Bioremediation du sol : cas des HAPs 40

1. Introduction générale 40
Définition et origine des Hydrocarbures Aromatique Polycycliques
2. 40
(HAPs)
3. Propriétés physico-chimiques 41
4. Toxicité des HAPs 41
5. Dynamique des HAPs dans le sol 43
5.1. Principaux mécanismes réactionnels 43
6. Facteurs influençant la biodégradation des HAPs 44
7. Bioremediation du sol 45
7.1. La dégradation des HAPs par les algues et les cyanobactéries 45
7.1.1. Diversité et dynamique des populations dégradantes 46
7.1.2. Voies de dégradation selon le milieu 48
7.2. Dégradation des HAPs par les champignons 49
7.2.1. Voies métabolique des HPAs chez les champignons. 49
7.2.2. La voie des enzymes ligninolitiques 49
7.2.3. La voie des monoxygènase à cytochrome P450 50
8. La phytoremediation 51
8.1. Définition 51
8.1.1. Principes de la phytoremédiation 51
9. Phytostabilisation 53
9.1 Domaine d’application 53
9.1.1. Amendements apportés au sol 54
9.1.2. Types de végétation 55
[Link]. Les espèces utilisées en phytostabilisation sont diverses 55
10. Rhizodégradation 56
10.1. Domaine d’application 56
10.1.1 Végétaux utilisés 56
11. Phytoextraction 58
11.1. Domaine d’application 58
11.1.1. Principe de la phytoextraction 59
11.1.2 Végétaux utilisés 59
12. Phytovolatilisation 60
12.1. Principe 60
12.1.1. Domaine d’application 60
12.1.2. Végétaux utilisé 61
13. Phytodégradation 62
14. Avantages et limites de la phytoremédiation 64
14.1 Avantages 64
14.1.1. Limites 65

Conclusion

Références bibliographique

Résumé

Sommary
‫الملخص‬
INTRODUCTION
Introduction

Introduction

Depuis toujours l’homme agit plus ou moins directement sur l’environnement. Cette
action a pris plus d’ampleur au cours des siècles derniers avec l’apogée de l’industrie et les
progrès dans les sciences et techniques qu'elles soient industrielles, agricoles ou domestiques.
(Marie-Paule, 2007).

Ainsi, pendant de nombreuses années, les activités humaines ont contribué à dégrader
les écosystèmes en rejetant des quantités croissantes de substances polluantes ou de déchets.
La diversité des produits d’origine industrielle conduit à une augmentation considérable du
nombre de substances totalement étrangères au monde vivant, dites xénobiotiques que sont
très persistante dans l’environnement et s’accumulent inévitablement. Ils peuvent migrer vers
les eaux de surface ou souterraines ou pénétrer la chaîne alimentaire via les végétaux pour se
retrouver dans les animaux et éventuellement dans l’homme.

Cette pollution active ou inactive présente des risques pour la santé humaine par
l’exposition directe avec les polluants ou indirecte via l’eau, l’air, les sédiments et le sol. La
prise de conscience de ces risques conduit à la nécessité d’établir des diagnostics de la
pollution et de mettre en œuvre des moyens pour y remédier. De nombreux sols contaminés
présentent une contamination multiple, à la fois organique et métallique, ce qui rend plus
complexe encore le diagnostic et le traitement de la contamination.

Toutefois les contraintes d’utilisation de la rhizodégradation (c’est une technique de


remediation des sols contaminées) soulèvent alors des questions sur les interactions entre les
plantes et les HAPs dans le sol : à quel niveau la plante peut-elle accumuler les HAPs ?
Comment la plante réagi-t-elle en présence de ce polluant?. Comment se passe le mécanisme
de détoxifications des HAPs dans la cellule végétale ?...etc. Des questions, que nous avons
essayés de les résoudre dans ce document en se basant sur des travaux d’autres chercheurs
dans le monde.

L’objective de notre étude est d’envisager la nécessité de dépolluer les sites


contaminés par des nouvelles technologies pour détruire les composés xénobiotiques plutôt
que de les accumuler dans les décharges. La bioremédiation est une option qui offre la
possibilité de détruire ou de rendre moins toxiques les polluant, en utilisant des activités
biologiques naturelles.

1
Introduction

A cet effet, ce mémoire est structuré comme suit :

Le premier chapitre décrit d’une façon générale la pollution et la technique de


dépollution de l’environnement. Les techniques de dépollution sont nombreuses et variées
mais peuvent être catégorisées en méthodes ex situ ou in situ.

Le chapitre II, propose une synthèse des informations disponibles ainsi qu'une vue
d'ensemble des recherches et modèles d'analyse du traitement biologique, thermique et
physique. En décrit les principaux de même que les méthodes d'évaluation et d'intervention
utilisables. Et présente aussi les matériels et méthode d’expérimental de transfert de
phénanthrène et benzo[a]pyrène marqué d'une solution nutritive vers les plants de maïs,
l’identification et quantification de phénanthrène marque au deutérium dans la partie aérienne
du maïs.

Le chapitre III, a pour but (i) décrire les paramètres physico-chimiques des HAPs, (ii)
la façon dont les HAPs interagissent avec la matrice solide du sol (on parle alors de la
disponibilité) et (iii) la biodégradation.

De manière précise, détailler l’intervention des agents responsables de la


bioremédiation de l’environnement afin d’avoir un environnement sain, on utilisant des
techniques de phytoremédiation que sont utiles dans ces circonstances, à cause des plantes
que ont la capacité d’accumuler des composé organiques ou minéraux dans la partie aérienne
que sont ensuite récolté pour l’enlèvement ou bien usage industrielle. Et en fin décrit les
avantages et les limites de la phytoremédiation.

2
CHAPITRE I

GÉNÉRALITÉ DE LA POLLUTION ET DEPOLUTION


Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollution

1. Généralité

La pollution est la dégradation d’un écosystème par l’introduction, généralement


humaine, de substances ou de radiations altérant de manière plus ou moins importante le
fonctionnement de cet écosystème (OCDE, 1974). Elle correspond également à une
contamination plusou moins durable (selon le type de polluant, dégradable, biodégradable ou
non biodégradable) des compartiments des écosystèmes que sont l’air, l’eau, le sol ou le
réseau trophique ou de l’être humain. Elle se quantifie souvent par rapport à un seuil ou
à une norme, développe des impacts négatifs sur tout ou partie d’un écosystème ou de
l’environnement en général. La pollution a des effets cruciaux sur la santé et la biosphère,
comme en témoigne l’exposition aux polluants et le réchauffement climatique qui transforme
le climat de la terre et son écosystème, en entraînant l’apparition de maladies inconnues
jusqu’alors dans certaines zones géographiques, des migrations de certaines espèces, voire
leur extinction si elles ne peuvent s’adapter à leur nouvel environnement biophysique.

Le polluant est défini comme un altéragène biologique, physique ou chimique. Il


existe plusieurs sortes de pollutions, les plus importantes sont : la pollution de l’air, la
pollution del’eau et la pollution du sol.

2. Définition

On appelle pollution toute modification anthropogénique d’un écosystème par


diffusion directe ou indirecte de substances chimiques, physiques ou biologiques altérant en
conséquence la composition des constituants naturels de l’environnement et qui sont
potentiellement toxiques pour les organismes vivants. L’introduction de telles substances dans
la biosphère ou encore d’espèces exotiques dans une biocénose naturelle, perturbe le flux de
l’énergie, l’intensité des rayonnements, la circulation de la matière, susceptibles de porter
atteinte à la santé humaine, la qualité des écosystèmes aquatiques et des écosystèmes
terrestres. La pollution atteint notre environnement à plusieurs niveaux en général, c’est le
sous-produit à part entière, de l’activité humaine.

3
Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

3. Classification et type de pollutions

Les pollutions sont dressées à partir de nombreux critères : selon la nature de l’agent
polluant, l’aspect écologique (compartiment affecté : l’air, l’eau et le sol) et toxicologique.

3.1. Pollutions physiques

Elle correspond aux rayonnements ionisants, réchauffement artificiel du milieu


ambiant dû à une source de chaleur technologique, à l’exposition excessive, ou chronique,
d’êtres vivants, ou d’appareils, à des champs électromagnétiques soupçonnés d’affecter leur
santé.

3.2. Pollutions chimiques

Elle est caractérisée par la présence dans l’environnement de substances chimiques


(minérales, organiques abiotiques ou encore de nature biochimique) qui, normalement, sont
absentes ou s’y trouvent en très faible quantité.

3.3. Pollutions biologique

L’existence des microorganismes pathogènes accentuée par l’apport artificiel de plus en


plus par l’homme d’espèces exogènes ou d’organismes génétiquement modifiés dans un
milieu, ainsi que les modifications environnementales qui aboutissent à une modification des
peuplements.

4. Origines et sources de pollution

Tous les secteurs d’activité humaine sont susceptibles d’émettre des polluants de
différents origines (industrielle, urbaine, biologique, agricole et pollution par les déchets
solides).

4.1. Pollution industrielle


Ce sont les petites et les grandes usines qui sont le plus à l’origine des déchets industriels
déversés dans la nature, engendrant divers types de pollution. On distingue [4] :
 Les fumées rejetées par les usines contiennent des gaz acides toxiques (SO2) qui
retombent avec la pluie. On parle alors de pluies acides qui sont néfastes pour la
végétation et les êtres vivants. À cela s’ajoutent les émissions de CO2 et de CO très
toxique.

4
Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

 L’air doit être filtré avant d’être rejeté à l’extérieur, tout comme celui des
gaines de ventilation ou de conditionnement sous haute température car les usines
utilisent très fréquemment des systèmes d’aspiration de poussières dans leur processus
defabrication.

 L’eau utilisée, puis rejetée doit être équipée d’une station d’épuration (STEP).
Un traitement primaire élimine les matières en suspension (résidus de lavage, corps
gras, huile), puis un traitement secondaire élimine les matières en solution (produits
chimiques,métaux lourds). En réalité, seulement 65% des eaux usées passent en station
d’épurationet le traitement secondaire n’est généralement pas mis en application bien
souvent pour des raisons de coût.

 Les déchets contenant des éléments nocifs doivent être récupérés et traités par
des sociétés spécialisées (huiles, solvants, acides, piles, composants électroniques,
tubes néon, e t c ...). Une usine doit aussi trier ses déchets et favoriser le recyclage.

Figure 1. Schéma d’une station industrielle [1]


4.2. Pollution urbaine
Quatre types de pollutions peuvent être distingués [5]:
 Les gaz d’échappement contiennent des éléments toxiques : oxydes de carbone
CO et CO2, oxydes d’azote (NO, NO2). Ce sont des gaz à effet de serre. L’utilisation
de pots catalytiques permet de réduire ces émissions.

 Les eaux usées transportent des corps en suspension et des corps en solution
(produits ménagers). Les phosphates sont à l’origine de déséquilibres des écosystèmes
en favorisant par excès le développement de certains végétaux indésirables. Ces
végétaux provoquent le phénomène d’eutrophisation (Vass et al., 1996).
5
Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

 Les infiltrations qui ont pour origine essentiellement le ruissellement des eaux
de pluie,entraînent vers les nappes phréatiques tous les produits tombés ou jetés sur le
sol
: huiles devidange, acides de batteries, métaux lourds (piles, échappements) et autres
produits chimiques.

 Les déchets solides sont en quantité croissante et les centres d’enfouissement


sont de plus en plus saturés. Certains déchets sont dangereux (piles, solvants...) et pas
toujours réutilisables par recyclage.

Figure 2. : Cycle de la pollution urbaine [2]


4.3. Pollution biologique

Par définition, une pollution biologique est issue du milieu lui-même. C’est par le
surdéveloppement de micro-organismes ou de végétaux micro ou macroscopiques qu’un
déséquilibre du milieu environnant peut entraîner une mortalité élevée chez les autres
organismes présents. Ce surdéveloppement est généralement la conséquence d’une action
humaine. Cela peut se produire suite à des rejets excessifs de composés azotés ou phosphorés
(Smith 2003 ; Carey et Migliaccio, 2009).

4.4. Pollution agricole


L’agriculture est une activité complexe dans laquelle la croissance des cultures et du bétail
doit être parfaitement équilibrée. Le processus de pollution agricole découle des nombreuses
étapes de sa croissance [6] :
 Les engrais apportent aux végétaux cultivés les nutriments nécessaires à leur
[Link] trois principaux sont : l’azote, le phosphore et le potassium (Houot et
al., 2016)
6
Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

 Les pesticides sont des produits chimiques destinés à détruire les champignons
(fongicides), les mauvaises herbes (herbicides), les vers de terre (nématicides) et
insectes (insecticides) qui parasitent les cultures (Cruz, 2015)

 Le ruissellement des eaux de pluie ou d’arrosage drainent le sol et


transportent vers les cours d’eau les produits de traitement des cultures (engrais et
pesticides) (Barriuso et al., 1996) ;

 Les infiltrations d’eau, de pluie ou d’arrosage, entraînent vers les nappes


phréatiques les mêmes produits de traitement des cultures (engrais et pesticides)
(Lennartz et al., 1997 ; Louchard et al., 2001).

4.5. Pollution par les déchets solides

Les déchets solides sont divers dans leur type que dans leur origine parmi eux, ceux
liés à laconsommation domestique : papier, carton, plastique, pneus, verre (Kalloum, 2012).

5. Milieux pollués
5.1. Air

L’air que nous respirons peut être contaminé par différents types de polluants (gaz,
particules, produits chimiques...) (Koller, 2009).

Les gaz d’échappement libérés par les véhicules, les fumées noires des cheminées
sortant des usines industrielles ou encore le smog, sont des polluants dits atmosphériques sont
souvent diffus et sont plus délicats à réglementer efficacement (Brunekreef et Holgate,
2002 ; Kunzli et al., 2000).

La présence de ces impuretés dans l’air peut provoquer une gêne notable pour les
personnes et un dommage aux biens. La pollution atmosphérique est donc fortement
influencée par le climat et tout particulièrement par le vent, la température, l’humidité et la
pression atmosphérique (Fortin, 2001).

5.2. Sols et sous-sols

Les sols sont indispensables au développement de la vie et à la production de


nourriture. Ilstransforment et stockent tout ce qui s’y infiltre, ils sont donc très sensibles à la
pollution. La pollution du sol peut être diffuse ou locale, d’origine industrielle (comme des

7
Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

métaux lourdsprovenant de déchets d’usine), agricole (suite à l’utilisation massive d’engrais


ou de pesticides) et urbaine. Les résidus s’infiltrent dans le sol et le sous-sol, atteignant les
nappesd’eau souterraine qui est employée pour l’usage domestique. [3].

5.3. Eau

L’eau est le meilleur allié du corps humain, composant 60% de sa masse. Comme
l’eau est essentielle à la vie, il est important qu’elle soit la plus propre possible.

On appelle pollution de l’eau toute dégradation physique, chimique, biologique ou


bactériologique de ses qualités naturelles, qui rend son utilisation dangereuse et (ou) perturbe
les conditions de vie de la flore et de la faune aquatiques. (Bliefert et Perraud, 2001)

Elle compromet les utilisations de l’eau et l’équilibre du milieu naturel. Elle peut
concerner les eaux superficielles (rivières, plans d’eau) et/ou les eaux souterraines.

Le milieu aquatique, dans son ensemble, est un système très complexe constituant le
siège d’un grand nombre de réactions chimiques, physiques et biologiques.

Ce système est, de manière générale une combinaison relationnelle avec l’ensemble


des autres compartiments constituant le milieu naturel. À cause du cycle de l’eau, les
écosystèmes aquatiques sont susceptibles d’être contaminés par des pollutions accidentelles
ou chroniques (Chouteau, 2004).

Le milieu aquatique est donc, la cible de contamination par le rejet des effluents
pollués (activités humaines, industrielles, urbaines ou agricoles), induisant différentes formes
de pollution : pollution physique, chimique et biologique.

6. Caractéristiques des polluants

Ce sont l’effet, la cible et la dose qui déterminent la typologie d’un polluant, autant
que la nature de la substance en cause. Parmi tous les polluants qui sont à l’origine d’une
altération de la qualité du milieu, il faut annoter que certains d’entre eux sont beaucoup plus
nocifs qued’autres.

Selon la taille ou l’importance de la dose posant problème on distingue :

8
Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

6.1. Les micropolluants


Les micropolluants sont des substances naturelles ou de synthèses, composés
organiques ou métalliques, susceptibles d’entrainer des effets toxiques sur les organismes
vivants et/ou les organismes aquatiques, même à des concentrations très faibles (de l’ordre du
μg/l ou du ng/l), en raison de leur persistance et de leur bioaccumulation (Schenk et al.,
2006). On y trouve aussi bien des métaux, métalloïdes et éléments radioactifs (plomb,
cadmium, mercure, arsenic, radon, uranium…) que des polluants organiques (pesticides,
hydrocarbures, solvants, détergents, cosmétiques, etc.) ou des produits pharmaceutiques et
perturbateurs endocriniens (bêtabloquants, antidépresseurs, analgésiques, antibiotiques,
hormones…) (Heitz et al., 2017). Chez l’homme, les micropolluants peuvent provoquer des
troubles respiratoires ou digestifs, des baisse de fertilité, des troubles hormonaux, des
perturbations neurologiques, des affaiblissementsde l’immunité et cancérogénèse chimique ;
6.2. Les macropolluants
Les macropolluants sont des substances ou molécules de grande taille. Ils peuvent être
présents naturellement dans l’environnement mais les activités humaines en accroissent les
concentrations. Ils comprennent les matières en suspension, les matières organiques et les
nutriments, comme l’azote et le phosphore.

Contrairement aux micropolluants, toxiques à très faibles doses, l’impact des


macropolluants est visible à des concentrations significatives (de l’ordre du mg/L ou dug/L),
ils présentent des effets néfastes que lorsque leur concentration dépasse le seuil d’acceptation
du milieu récepteur.

7. Dépollution

La dépollution consiste principalement à atténuer la concentration en polluants au


niveau d’un seuil ne représentant ni un risque pour la santé humaine ni un danger
environnemental.

La dépollution des sites est délicate puisque chaque site est spécifique.

En effet, chaque site est une combinaison unique de caractéristiques


environnementales, depolluants et d’usages présents ou futurs.

Il conviendra donc, si nécessaire, de valider les options choisies par des essais
d’orientation et d’évaluation ainsi que des études de dimensionnement plus détaillées. Par
9
Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

ailleurs, le traitement mis en œuvre est souvent une combinaison de temps, de coûts,
d’efficacité et d’espace (Guelton, 1999).

7.1. Techniques de dépollution

De façon générale, les techniques de dépollution sont nombreuses et variées mais


peuvent être catégorisées en méthodes ex situ ou in situ. La stratégie de dépollution d’un site
doit permettre et privilégier en première approche, la maitrise de la source de pollution puis le
transfert de pollution, traiter un maximum de substances et de diminuer au maximum les
risques résiduels (Bardos, 2014).

En complément, les techniques de traitement utilisent des méthodes physiques,


chimiques et/ou biologiques visant à concentrer, transformer voire éliminerles contaminants.
(Gan et al., 2009)

L’application de ces techniques dépend principalement du type de pollution (organique


et/ouminérale) et des caractéristiques du polluant (accessibilité, biodégradabilité, persistance).
Le choix du procédé de traitement dépend aussi des paramètres intrinsèques des techniques
(spécificités de mise en œuvre, coût, rendement de dépollution) et des contraintes spécifiques au
site à traiter. (Colombano et al., 2010)

Il existe plusieurs types de techniques de dépollution et leur classement en fonction de


leurs mises en œuvre :

 Le traitement hors site (ex situ) consiste à excaver ou à extraire le milieu


pollué(déchet, sol, eau) et à l’évacuer vers un centre de traitement adapté ;

 Le traitement sur site (on site) consiste à excaver puis à traiter sur site, le
milieupollué ;

 Le traitement en place (in situ) consiste à dégrader, fixer ou extraire le polluant


du milieu sans excavation ;

 Le confinement (in situ) consiste à empêcher ou à limiter la migration des


polluants.

10
Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

7.2. Classification des différentes techniques

Les techniques de dépollution peuvent être classées en fonction de :

La nature des procédés employés, à savoir : les procédés physiques, biologiques,


thermiques et/ou chimiques ;

Lieu de traitement, dont on distingue : traitements ex situ, traitements on site, in


situ (ou en place) et confinement qui consiste à empêcher ou limiter la migration des polluants
;

Devenir des polluants, reposant sur deux possibilités :

(i) l’immobilisation qui conduit à la modification du comportement et la toxicité du


polluant;
(ii) la destruction (totale ou partielle) par les procédés chimiques, thermiques,
physiques et biologiques précédemment cités;

Le choix de la technique repose sur la capacité, à traiter la source de pollution, à


maîtriser les impacts et à protéger les cibles.

Le (Tab. 1), ci-dessous synthétise les techniques les plus souvent utilisées. (Edwards
et al., 2005).

Tableau [Link] les plus courantes actuellement retenues (Edwards et al., 2005).

Techniques In situ Ex situ ou on site


 Ventilation de la zone non saturée
Méthodes  Extraction double phase
 Excavation des sols
physiquespar  Barbotage in situ (ou injection et
 Tri granulométrique
évacuation de bullaged’air in situ)
 Lavage à l’eau
lapollution  Pompage et traitement
 Pompage/écrémage
Méthodes  Confinement par couverture  Encapsulation on site et
physiquespar etétanchéification élimination encentres destockage
piégeage de  Confinement vertical des déchets
la pollution  Piège hydraulique ou confinement  Solidification/stabilisation

11
Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

hydraulique
 Solidification/stabilisation in situ
Suite de Tableau 01
 Lavage in situ  Mise en solution et extraction
Méthodes
 Oxydation chimique in situ chimiques
chimiques
 Réduction chimique in situ  Oxydation et réduction chimiques
 Incinération
Méthodes  Vitrification  Désorption thermique
chimiques  Désorption thermique in situ  Vitrification
 Pyrolyse
 Biodégradation in situ dynamisée
 Bioréacteur
 Bioventing
Méthodes  Biotertre
 Biosparging
biologiques  Compostage
 Atténuation naturelle contrôlée
 Landfarming
 Phytoremédiation
 Barrières perméables réactives
Autres
 Electroremédiation

 Récupération des produits purs


 Prétraitement des eaux
souterraines
 Stripping à l’air
 Photo-oxydation sous UV
 Adsorption
Traitement
 Bioréacteur (procédés intensifs)
des rejets 
 Bioréacteurs (procédés extensifs)
aqueux
 Séparation par membrane
 Oxydoréduction
 Echange d’ions
 Précipitation, coagulation-
floculation, décantation
Filtration

12
Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

Suite de Tableau 01
 Adsorption
 Absorption (ou lavage)
 Condensation
Traitement des
 Procédés d’oxydation thermique
rejets 
 Photo-oxydation
atmosphériques
 Réduction thermique
 Bioréacteurs
 Méthodes de dépoussiérage

7.3. Dépollution des eaux contaminées

Étant donné le caractère hétérogène de la composition des rejets industriels en polluants, une
chaine de traitement qui garantit l’élimination de polluants par étapes successives est
nécessaire.

En fonction de leur principe d’élimination, ces techniques peuvent être classées en


trois principales familles : procédés physiques, procédés biologiques et procédés physico-
chimiques.

7.3.1. Procédés biologiques

Ces procédés mettent à profit l’activité de certaines bactéries afin d’éliminer les
polluants des eaux résiduaires. Ces microorganismes ne seront capables de dégrader les
polluants organiques en composés moins toxiques ou de les minéraliser que lorsque ces
molécules présentent un minimum de biodégradabilité et une faible toxicité. Les procédés
biologiquesdiffèrent en fonction de la présence (aérobiose) ou de l’absence (anaérobiose) de
l’oxygène. Le procédé le plus courant utilise les boues activées. Ce procédé est limité par le
coût élevé de traitement de boue et son inefficacité vis-à-vis des effluents concentrés ou
contenant dessubstances bio-résistantes.

13
Chapitre I : Généralité sur la pollution et techniques de dépollutions

7.3.2. Procédés physico-chimiques

Il existe plusieurs procédés chimiques qui sont appliqués dans le traitement des eaux
usé[Link] procédés peuvent à priori être classés en deux catégories :

- Les procédés basés sur des réactions physico-chimiques telles que la coagulation (Verma et
al., 2012 ; Ciabatti et al., 2010), la précipitation et la complexassions (Dhankhar et Hooda,
2011).

- Les procédés basés sur des réactions chimiques notamment la chloration (Kim et al., 2003),
l’ozonation (Xu et al., 2002) et l’incinération. (Knox, 2000)

7.3.3. Procédés physiques

Dans le domaine de traitement des eaux ou d’élimination des polluants, plusieurs


procédés physiques sont largement employés. Ces procédés sont basés sur la séparation d’un
ou plusieurs composés de l’effluent et sont le plus souvent utilisés en tant que pré ou post-
traitement .Il est à noter que dans cette séparation, le polluant passe d’une phase à une autre
phase. Ces procédés incluent : la filtration sur membrane (Chang et Kim, 2005). le stripping
(Tsai et al., 1981 ; Huang et al., 2006) coagulation-floculation (Papic et al., 2000), et
l’adsorption (Baup et al., 2000 ; Namasivayam et Kavitha, 2004).

Toutefois, l’application de l’adsorption, au cours des dernières décennies, a


progressivement fait sa preuve dans l’élimination des polluants métalliques puisque, la
convergence vers l’amélioration des capacités d’adsorption de supports solides, a dopé un
grand nombre de travaux de recherche. C’est une méthode rapide pour tous types de
traitements des eaux usées, car dans ce processus, l’adsorbant peut être réutilisé et la
récupération des métaux est possible (Barakat 2011 ; Fu et Wang, 2 0 1 1 )

14
CHAPITRE II

TRAITEMENT BIOLOGIQUE DU SOL


Chapitre II : Traitement biologique du sol

Chapitre II: Traitement biologique du sol

1. Définition

La définition du traitement biologique selon le dictionnaire de l’environnement et


développement durable est un procédé de transformation contrôlée de matières
fermentescibles produisant un résidu organique plus stable susceptible d'être utilisé en tant
qu'amendement organique ou support de culture. Les traitements biologiques utilisent et
stimulent les capacités qu’ont les micro-organismes à utiliser divers types de composés
organiques et minéraux pour leur croissance, leurs besoins en énergie et leur maintien en vie.
[7]

2. Techniques de traitement

On distingue les techniques de traitement des terres excavées, dites « ex situ » (par
évacuation en centre de traitement/décharge agréés ou par traitement sur le site même, en
surface) et les techniques d'assainissement du sol en place, c'est-à-dire non excavé.

Pour chaque technique, un schéma de principe est présenté selon l'un des deux
modèles suivants selon le mode de mise en œuvre de la technique, peuvent être ex situ et hors
situ (Nadine D. et Frédérique C. 2008)

2.1. Techniques in situ

Les procédés de traitement du sol in situ (Fig. 03) offrent l’avantage que le volume de
sol à décontaminer reste en place et que donc une excavation, et donc la remis de cette terre,
n’est pas nécessaire. Le polluant est soit extrait et traité en surface, soit dégradé dans le sol,
soit fixé dans le sol. (Emilian, 2002).

2.2. Techniques sur site et hors site

Ce type de traitement, (Fig. 04) applicable à toutes les pollutions, consiste à extraire le
polluant du milieu ou le polluant et son milieu (excavation et évacuation du sol contaminé)
avant de les traiter sur site ou hors site. Avec un coute parfois élevé, l’élimination des
polluants est totale, mais les résidus concentrés en polluants à éliminer. Cette façon de
procéder, qui renvoie à la problématique de la gestion des déchets, présente un risque

15
Chapitre II : Traitement biologique du sol

potentiel de Transfer de la existante du sol a l’air. (Emilian, 2002).

Figure 03 : Schéma de principe général de techniques de traitement in situ

(1) Application d'un vide partiel: Élévation de la température; semence de


végétaux, mise en contact d'agents chimiques avec le sol; apport d'oxygène.
(2) Aspiration de la phase gazeuse du sol : désorption de la phase gazeuse du sol;
transfert des métaux dans les végétaux ; immobilisation des polluants; dégradation des
polluants.
(3) Captage et traitement des gaz extraits; récolte et traitement des végétaux.

Figure 04 : Schéma de principe général de techniques de traitement sur site ou hors site

(1) Application de principes physiques de séparation; mise en contact d'agents


chimiques en solution avec le sol; mise en contact d'agents tensio-actifs en solution
avec le sol : élévation de la température du sol : activation du métabolisme de
microorganismes en contact avec le sol en solution.
(2) Séparation de la fraction de sol la plus riche en polluants; solubilisation des
polluants; désorption de la phase gazeuse du sol; immobilisation des polluants;
dégradation des polluants.
(3) Élimination de la fraction enrichie du sol; séparation de la phase liquide;
traitement des effluents liquides: recyclage de l'agent chimique, recyclage du tensio-
actif: captage et traitement des gaz extraits; surveillance du comportement du sol
traité.

16
Chapitre II : Traitement biologique du sol

2.3. Techniques de séparation

2.3.1. Les principes des procédés physiques et chimiques :

Les principes des procédés de traitement physiques ou physico-chimique sont pour


cible les contaminations liées aux constituants solides du sol. Ils ne s’adressent pas aux
pollutions des phases gazeuses ou dissoutes.

L'objectif des traitements par tri est de réduire la masse de matériaux contaminés en
séparant les particules contaminants des particules « propres ». Cela permet, à partir des sols
initiaux, d'obtenir deux matériaux distincts :

 D'un côté, un produit correspond à une part importante des solides du sol, ne contenant
plus qu'une infime proportion des contaminants présents au départ,

 D'un autre côté, un résidu, de volume réduit, renfermant la quasi-totalité des polluants.
Le confinement ou l'inertage ne porte alors que sur cette fraction résiduelle, d'où une
réduction importante des coûts. Ces techniques peuvent s'utiliser pour une large
gamme de contaminants pollutions métalliques, organiques ou mixtes (organiques et
métalliques) ou même radioactives; des contaminants organiques (naphtalène, etc.) ou
des pollutions mixtes ont été traités. Les techniques de tri physiques et physico-
chimiques sont employées dans de nombreux procédés de traitement de sols ou de
sédiments, à une échelle industrielle.

Outre les techniques, ces procédés comportent généralement des opérations complémentaires
de préparation mécanique (attrition, débourbage) et/ou de traitement des rejets (Séparation
solide-liquide) (Clozel et al., 2002).

2.3.2. Paramètres principaux

Les paramètres principaux qui ont une influence sur les performances de dépollution sont :

- La nature et la concentration des polluants.


- La granulométrie du sol.
- La répartition chimique des contaminants en fonction de la granulométrie.
- L'existence et l'amplitude de critères discriminants entre les porteurs de polluants et les
autres constituants du sol : densité, susceptibilité magnétique, hydrophobie, chimie de
surface. (Clozel et al., 2002)

17
Chapitre II : Traitement biologique du sol

3. Méthode biologique

3.1. Bioremédiation : principe et processus

La majorité des traitements biologiques in situ mettent en jeu des microorganismes,


principalement des bactéries, afin de dégrader totalement ou partiellement les polluants
quelques dépollutions ont été réalisées à l'aide de champignons. Deux types de processus sont
en jeu : le métabolisme et le co-métabolisme.

3.1.1. Le métabolisme

Les polluants sont utilisés par les microorganismes pour la production d'énergie (les
polluants sont métabolisés). Le métabolisme se divise :

a) Catabolisme: qui met en jeu des réactions d'oxydoréduction, ces réactions ayant pour
but de produire de l'énergie stockée par les microorganismes.

b) Anabolisme : qui se sert de cette énergie pour le maintien et la reproduction cellulaire.

On distingue deux sortes de dégradations biologiques suivant le type d'accepteur


d'électrons :

- Dégradations aérobies l'accepteur final d'électron est l'oxygène

- Dégradations anaérobies: l'accepteur final d'électron est un composé autre que


l'oxygène nitrates (NO2), manganèse (Mn (IV)), fer ferrique (Fe (III)), sulfates (SO),
dioxyde de carbone (CO2).

3.1.2. Le co-métabolisme

Lors du co-métabolisme, le polluant n'est pas utilisé pour la croissance bactérienne mais
est dégradé du fait de l'activité métabolique avec une autre molécule, dénommée inducteur
Co-métabolique. Les enzymes synthétisées pour cette autre molécule dégradent donc en
parallèle le polluant. Le microorganisme ne tire pas de bénéfice de cette dégradation.
(Colombano S. et al., 2008).

La (Fig. 05) décrit le concept de la biodisponibilité des polluants et l’intervention de l’activité


des micro-organismes pour la dégradation de cette dernière.

18
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Biotransformati
on des polluants
Microorganisme
Polluants

Biotraitabilitéé
Comportement
Activité physico-
microbienne dans Sol
chimique des
le sol polluants dans le
sol
Figure 05 : Concept de biodisponibilité

3.2. Les différentes méthodes de bio-remédiation

Tableau 02 : Les différentes méthodes de bioremédiation pour la traitabilité du sol.


(Nadine D. et Frédérique C. 2008)

Technique Description Avantages Inconvénients


Perméabilité du
Évite le rejet des terrain
Biosparging en zone substances volatiles nécessaire.
Bioventing
non saturée en eau. en surface. Processus
difficile à
contrôler
Excavation du
sol.
Nécessite de
grandes
Mise en œuvre surfaces
Traitement du sol en
simple coût limité d'épandage.
couche <10cm
Durée longue
d'épaisseur sur
>1an.
membrane étanche.
Retournement régulier,
Landfarming
arrosage et apport de
nutriments (utilisé par
Total pour traiter les
boues de forage de la
plate-forme pétrolière)

19
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Suite de Tableau 02

Traitement du sol en Mise en œuvre Excavation du


andain et ajout de simple coût limité sol
Durée longue 1
copeaux de bois ou de
à 3ans.
Compostage paille pour améliorer la
Emission
texture, l'aération et la
possible de
teneur en matière
polluants
organique.
volatils

Traitement sur surface Contrôle de


imperméable et paramètres de
Excavation du
couverture étanche. dégradation. sol.
Technique lente
Contrôle de l'humidité, Nécessite de moins
et faible
Biotertre (Biopile) oxygénation, apports de grandes surfaces que rendement pour
certains
nutriments, le landfarming.
composés.
concentration en Récupération des
microorganismes et lixiviats
Températures.
Accélération des
Traitement du sol dans
processus et de
des réacteurs avec
l'accessibilité des Excavation des
optimisation et contrôle sols.
polluants.
Efficacité limité
des conditions (pH,
Permet de traiter des par accessibilité
nutriments, T°, O2) et des polluants.
composés peu
Bioréacteur des populations
biodégradables et des
microbiennes.
sols argileux
Ajout de nutriments.

20
Chapitre II : Traitement biologique du sol

3.3. Principaux facteurs influençant la biodégradabilité

Plus que tout autre traitement, les traitements biologiques doivent faire l'objet de test
de faisabilité (biodégradabilité) permettant d'appréhender le type de dégradation le plus
approprié, les rendements et les durées associées (et par conséquent les coûts), ce qui
correspond à aborder les point suivants :

 Cas du métabolisme détermination des accepteurs et donneurs d'électrons donnant les


meilleurs résultats ainsi que leurs concentrations optimale,
 Cas du Co-métabolisme détermination de l'inducteur métabolique ainsi que de sa
concentration optimale.
 Présence de microorganismes indigènes compétents.
 Présence de nutriments en concentrations et proportions suffisantes.
 Présence de polluants à des concentrations inférieures aux seuils d'inhibition.
 Bio augmentation: type d'organismes et conditions associées. (Colombano et al.,
2010)

4. Bioremédiation in situ : le Bioventing

Dans le cas du Bioventing, il s'agit d'accélérer la biodégradation des polluants par les
microorganismes indigènes, en induisant une circulation d'air à faible débit dans la zone
polluée (insaturée) afin de limiter l'élimination des polluants par volatilisation (par exemple,
pas d'émissions observées d'hydrocarbures supérieures à 2,5 mg/jour /m²).

C'est une différence avec le Venting qui emploie des débits très forts d'où des coûts
plus élevés (coût de l'aération + coût de traitement des polluants extraits du sol).

On utilise cette technique pour des sites fortement pollués par des hydrocarbures
rapidement biodégradables.

Deux techniques existent :

Par injection d'air à partir de puits situés dans la zone polluée, là où les besoins en
oxygène sont élevés pour favoriser la dégradation microbienne des polluants, et par
extraction des polluants résiduels à partir de puits situés à la périphérie de la zone
(Fig. 06)

Par dépression en utilisant uniquement les puits d'extraction.

21
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Les puits d'injection d'air font 30 cm de diamètre maxi où sont introduits des tuyaux
PVC de 10 cm de diamètre crépines sur toute la hauteur de la zone polluée dans le but de
distribuer l'oxygène.

Figure: 06: Schéma de principe du Bioventing et du Biosparging. [8]

4.1. Variant du traitement Bioventing

Lors d’une opération de Venting, les composes volatils du sol sont mise en
mouvement, ce qui favorise la volatilisation, par une injection d’air ou par extraction de l’air
du sol.

Bioventing avec réinjection des effluents gazeux dans les sols : on réinjecte les
effluents gazeux dans des portions de sol non contaminé pour les dégrader,
Biosparging qui consiste à injecter de l'air dans la zone saturée pour, d'une part,
stimuler la biodégradation des polluants en milieu liquide et d'autre part vaporiser les
contaminants dissous dans la nappe, qui seront ensuite biodégradés dans la zone
insaturée (plus riche en microorganismes) (Tab. 02)

Pour dimensionner l'installation (emplacement, nombre et géométrie des puits


d'injection et d'extraction), il faut comporte généralement un puits d’extraction, un réservoir
tampon, un filtre pour air, une soufflante, une unité de traitement de la vapeur et divers
appareils de mesure contrôle (débitmètre, vanne de régulation, etc…).

22
Chapitre II : Traitement biologique du sol

4.2. Caractéristiques de la zone à traiter

Avant d'étudier un site, nous devons étudier la nature du sol qu'il contient afin de
connaître la bonne façon de le traiter et d'assurer de meilleurs résultats avec cela. Les zones à
traiter ils doivent respecter les paramètres lors d’une opération de bioventing sont :

 Texture : on peut utiliser le bioventing pour des sols sableux et limoneux mais pas
pour des sols trop argileux ;

 Taux d'humidité : ne doit pas être trop élevé (optimum = 10%) pour ne pas gêner le
transfert d'O2, ni trop faible, quoique des activités microbiennes aient été observées
dans des zone semi-arides avec 3 à 5% d'humidité ;

 Teneurs en azote et en phosphore : > 20 mg/kg de sol pour N et 3 mg/kg pour P

 Température : bien que ce soit un facteur important, des activités biologiques


s'observent à 0°C.

4.3. Perméabilité de gaz dans le sol

La connaissance de K (perméabilité en Darcy) donne une idée de la facilité de


dépollution du sol. Les sols avec une perméabilité à l'air élevée seront les plus facilement
dépollués (cas des sols sableux).

D'où :
- K : (perméabilité en Darcy ou en m2 (avec 1 darcy = 0,97 10-12 m2)
- Q : Débit de gaz (apporté dans le puits d'injection en m3/s)
- µ : Viscosité de l'air (0,078 centipoise ou P.A.S.)
- H : Épaisseur du sol traité ou hauteur crépinée (en m)
- A = dP/dt (A, déterminé lorsque valeurs stables de pression ; avec P, pression en Pa)

A différentes distances autour du puits d'injection de l'air, et à différentes profondeurs,


des sondes capables de mesurer de faibles dépressions sont mises en places pour mesurer A.
Q est déterminé en sortie de ventilateur ce qui permet de déterminer K.

La pression d'injection d'air ne doit pas dépasser 0,4 bar afin d'éviter la création de
chemins préférentiels qui perturberaient la distribution uniforme de l'O2 - les performances de

23
Chapitre II : Traitement biologique du sol

dépollution diminuent lorsque le sol est hétérogène et contient des zones de fracture. La
distribution de l'O2 est généralement uniforme lorsque la perméabilité >0,1 Darcy.

L'aération peut entraîner un assèchement du sol. Il faut donc contrôler l'humidité du


sol (>5%).

4.4. Rayon d'influence de l'aération à partir du puits d'injection

Il s'agit de la distance maxi à partir du puits d'aspiration ou d'injection d'air pour


laquelle l'apport d'O2 est encore suffisant pour le métabolisme microbien. En pratique, il s'agit
de la distance maximale (pour un débit constant) pour laquelle la dépression mesurée (après
stabilisation) dans des puits de contrôle est supérieure à une colonne d'eau de 2,5 mm (3 10-3
bar). La valeur du rayon, variable selon les propriétés du sol, permet d'optimiser le nombre et
l'emplacement des puits d'injection. Pour étendre le rayon d'influence de l'aération autour du
puits, notamment pour des zones polluées de faible profondeur (1 à 3 m), il est recommandé
de rendre imperméable la surface du sol (mise en place d'une bâche).

4.5. Vitesse de consommation d'oxygène

Elle sert d'indicateur de l'activité microbiologique. Elle est calculée de manière théorique
exercice sur le volume d'air à apporter pour dégrader des HAP) ou à partir d'un test de
respiration in situ. On peut alors calculer le débit minimum d'aération pour maintenir une
atmosphère aérobie avec une teneur minimum en O2 de 3-4% (en volume).

4.6. Vitesse de dégradation

A partir de la vitesse de la consommation d'oxygène, on en déduit celle du polluant.

CH = C0Vdτ

D'où :
- CH = exprimé en mg polluant/kg sol/jour ;

- C0 = O2 consommé /jour (en mg/l/jour) ;


- V = volume d'air (litres)/kg sol ;
- d = densité de l'oxygène ;
- τ (cas d'hydrocarbures) = masse d'hydrocarbures minéralisés/masse d'oxygène
consommé = 0,3.

24
Chapitre II : Traitement biologique du sol

En moyenne, CH = 0,89 C0 avec un sol de porosité de 30% et une densité de 1,45.

De façon générale, il est admis qu'une opération de bioventing n'est pas à


recommander lorsque les valeurs de CH ≤ 1,5 mg/kg sol/jour.

Un inconvénient majeur est la durée du traitement (plusieurs années parfois) alors


qu'économiquement, le bioventing est moins coûteux que le venting. Tel est l'exemple du
traitement des hydrocarbures, sans traitement des effluents gazeux pour :

1. Un sol argileux contaminé par des essences vieillies : 17 mg/kg sol/jour avec
Bioventing et 3900 mg/kg sol/jour avec Venting;

2. Sol sableux avec peu d'argiles : 14 mg/kg sol/jour avec bioventing et 85500
mg/kg sol/jour avec v.

5. Méthode physique

5.1 Évacuation du polluant

Une partie des composés volatils déversés sur le sol s'évapore jusqu'à saturation de sa
porosité L'autre partie contamine l'eau et la dernière se sorbe sur les particules de sol. A
l'équilibre, les composés se partagent entre les phases gazeuse, liquide et solide en fonction
des caractéristiques des composés (solubilité, constante de Henry, pression de vapeur, point
d'ébullition, coefficients de partition air/eau/sol, localisation et concentration des composés.
Cette technique traite le panache plutôt que la source de pollution.

Figure 07 : Pompage-traitement (BRGM, 2010)

25
Chapitre II : Traitement biologique du sol

La circulation d'eau polluée dans la porosité du sol de la zone saturée est induite par le
pompage et permet de la remplacer progressivement par de l'eau « propre » (Fig. 07).
(Emilian, 2002).

En raison de la modification des équilibres chimiques (même principe que le venting)


dus à la circulation d'une eau de moins en moins polluée, les polluants sous forme gazeuse ou
sorbés sur la phase solide enrichissent l'eau pompée. Les eaux pompées sont le plus souvent
rejetées dans des réseaux d'eau pluviale ou d'eaux usées en raison des volumes importants et
des faibles concentrations en polluants. Dans le cas de rejets faibles et concentrés, les eaux
sont expédiées en centres d'élimination agréés.

Cette méthode, qui s'applique aux polluants organiques ou minéraux dissous de la zone
saturée du sol, consiste à extraire les eaux souterraines (nappes) polluées et à traiter la
pollution sur site avant rejet (ou élimination en centre agréé). Elle s'applique aux polluants
dans des aquifères perméables (sablo-limoneux à graveleux) et homogènes. Le rendement de
dépolon plutieut atteindre 50-60%. [17]

5.2. Piégeage de la pollution

Cette méthode consiste à empêcher l'écoulement des eaux hors du lieu contaminé.
Elle comporte trois phases :

1) Isolement des contaminants manière durable, contrôle de la pérennité de l'isolement,


suivi de l'efficacité des mesures.

Il s'agit d'une part de confiner les sols pollués par la mise en place /d'une isolation de
surface imperméable ou semi-perméable afin d'empêcher (ou de limiter) la percolation des
eaux de pluie à travers la zone non saturée, puis l'infiltration des eaux souillées vers les
eaux superficielles et souterraines,

2) D'une barrière entre la source de pollution et l'homme, la faune, la flore,

3) D'une barrière au-dessus de la source de pollution pour éviter l'envol de poussières.


(Nadine D. et Frédérique C. 2009).

Le (Tab. 03) décrit la nature des couches classiquement utilisées.

26
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Tableau 03 : Rôle, nature et type de couches utilisées dans le recouvrement de surface


(Nadine D. et Frédérique C. 1999)

Type de Objectifs Nature


couche
-Séparation physique du sol pollué
des animaux, des plantes et des
humains
-Terre végétale / géosynthétique
-Séparation des couches sous-
jacentes de l'atmosphère (prévention de phénomène d'érosion)
Couche de
-Diminution de l'influence de la
surface -Graviers et galets
température et des précipitations
-Matériaux de pavage, béton
extrêmes
bitumineux, pavage
-En cas de végétalisation, support
aux plantes (et favorise le
ruissellement t l'évaporation)
-Séparation physique du sol pollué
des animaux, des plantes et des
humains
-Minimisation des risques de
destruction accidentelle du -Matériaux locaux (sols, remblais et
confinement
déblais sains)
Couche de -Protection des couches sous-
protection jacentes de cycles -Matériaux granulaires (afin d'éviter
hydratation/sécheresse, gel/dégel
les intrusions animales)
(provoquant des fissures et des
crevasses)
-Emmagasinement de l'eau qui se
trouve dans les sols et favorisation
de l'évapotranspiration

-Réduction du volume d'eau


susceptible d'atteindre la structure
-Structure simple ou composite (non
d'étanchéité
agressive physiquement et
-Drainage de la couche de
chimiquement vis-à-vis de la couche
protection où l'eau de pluie
d'étanchéité)
s'accumule
Couche de -Sable ou gravier + filtre naturel (sable
-Réduction de la charge
drainage très fin) ou géotextile filtrant
hydraulique dans la couverture (ce
-Géotextile possédant le double
qui engendre des instabilités et des
capacité de filtration et de drainage
tassements différentiels)
-Composite géotextile-géoespaceur
-Séparation physique du sol pollué
(fonction drainante et filtrante)
des animaux, des plantes et des
humains

27
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Suite de Tableau 03
-Argile compactée seule
-Géomembrane seule
-Géocomposite bentonitique seul
-Géomembrane + argile compactée
-Géomembrane + géocomposite
bentonitique
Couche -Diminution du volume d'eau
-Géocomposite bentonitique placé
d'étanchéité traversant la couverture
entre une géomembrane supérieure et
une géomembrane inférieure et une
géomembrane inférieure
-Argile compactée placée entre une
géomembrane supérieure et une
géomembrane inférieure
-Couche résistante et
-Divers (matériaux physiquement et
Couche de incompressible (afin d'éviter les
chimiquement non agressifs vis-à-vis
foundation tassements préférentiels)
de la couche d'étanchéité)

6. Méthodes chimiques

L'oxydation chimique in situ consiste à injecter un oxydant dans les sols (zones saturée
et non saturée) sans excavation. Cet oxydant (Fig. 08) va détruire totalement ou partiellement
les polluants. Cette méthode permet donc d'aboutir à la destruction des polluants (aboutissant
à la transformation en eau, gaz carbonique et sels) ou à la formation de sous-produits de
dégradation généralement plus facilement biodégradables.

Pour information, la réduction chimique in situ consiste à injecter un réducteur dans


les sols (zones saturée et non saturée) sans excavation. Ce réducteur est également utilisé dans
le but de détruire totalement ou partiellement des polluants organiques et également, dans le
cas de polluants inorganiques, de les stabiliser ou les rendre moins toxiques.

Dans le cas de l'injection in situ d'un oxydant dans le sol, dans la zone saturée ou
insaturée, le polluant perd un ou plusieurs électrons. L'oxydant est le composé « accepteur »
d'électron(s) qui devient, après réaction, un composé réduit.

Le choix de l'oxydant dépend de la géologie, de l'hydrologéologie, de la géochimie du


site et de la nature de la pollution. Les oxydants sont principalement utilisés sous forme
liquide (permanganate, persulfate de sodium, peroxyde d'hydrogéné, etc.) sauf cas de l'ozone.

28
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Il existe trois modes d'injection :

oxydants liquides : procédé proche du lavage in situ


oxydants gazeux : procédé proche du sparging/venting,
Malaxage in situ: procédé proche de la solidification/stabilisation in
situ, adapté aux sols moins perméables et moins hétérogènes.

Généralement, on procède au pompage et traitement des gaz et des eaux. (Marie


Odile et Véronique, 2012)

Figure 08: Oxydation chimique in situ (BRGM, 2010).

7. Méthodes thermiques

Le traitement thermique s'avère une option intéressante pour les matériaux


d'excavation et les résidus engendrés par d'autres types de traitement fortement contaminés
par des contaminants organiques. Les procédés thermiques (Fig. 09) sont souvent
dispendieux, mais ils sont très efficaces, tant pour l'extraction que l'élimination. Les
principales méthodes de traitement thermiques sont :

- Désorption thermique, Incinération

- Réduction thermique, et Inertage-stabilisation. (Emilian, 2002).

La vitrification thermique in situ consiste à stabiliser les sols par élévation de la


température afin de le transformer en un matériau fondu qui se vitrifie en se refroidissant.

29
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Des électrodes en graphites sont introduites dans la zone polluée. Le courant entraîne,
par effet Joule, une augmentation importante de la température (1600 à 2000°C) d'où fusion
du sol puis vitrification lors de son refroidissement. Les électrodes sont enfoncées au fur et à
mesure dans le sol. Les composés organiques sont soit détruits, soit volatilisés (d'où
traitement). Les composés inorganiques (ainsi que l'amiante et les radionucléides) sont
incorporés dans la matrice vitrifiée (très inerte et peu lixiviable). (Pascal, 2005)

Figure 09: Schéma de principe de la vitrification thermique in situ (BRGM 2010)

8. Remédiation du sol par la plante le maïs (Zea mays)

La remédiation du sol par le maïs a été expérimentée par Henner ces résultats sont
exposés dans sa thèse de doctorat (2000). Voici un aperçu de cette expérience:

Le choix du maïs, utilisé comme plante modelé dans cette expérience, on se basant
sur des critères suivant :

8.1. Méthodologie
- Le maïs a une croissance rapide avec la biomasse élevé et un large système
racinaire fasciculaire qui permet son utilisation en laboratoire par des cultures
courtes avec des pratiques agricole simplifiées,
- Le maïs est une espèce dont le fonctionnement étudié en terme physiologie mais
également son potentiel dans la rhizodégradation, et

- Est la troisième plante la plus cultivés après le blé et el riz, du fait qu’elle

30
Chapitre II : Traitement biologique du sol

present un intérêt économique pour son usage alimentaire au niveau mondial.

8.1.1. Transfert de HAPs

Des plantules de maïs ont été cultivées pendant environ un mois en présence de
solution nutritive. La solution nutritive contenait soit du phénanthrène marqué au carbone-14,
soit du phénanthrène marqué au deutérium, soit du benzo[a]pyrène marqué au carbone-14 (C-
14). Le marquage au carbone-14 (C-14). a été utilisé pour étudier les flux de radioactivité vers
les différentes parties végétales entre la germination et la fin du test. Le marquage au
deutérium a été employé pour qualifier les éventuelles molécules transférées.

8.1.2. Transfert de phénanthrène

Dans une première expérience, des grains de maïs ont été apportés dans un dispositif
d'erlenmeyers contenant une solution nutritive et du phénanthrène marqué au (carbone-14) à
l'activité de 2,09 MBq lˉˡ. La germination des grains puis la croissance des plantules ont été
suivies pendant 28 jours. Afin de mettre en évidence les modalités du devenir du
phénanthrène, un bilan de radioactivité dans les divers compartiments du système a été
réalisé.

8.2. Résultats

8.2.1. Analyse de la radioactivité présente dans les différents compartiments végétaux

Le bilan de la radioactivité retrouvée dans les différents compartiments du système


aux différentes dates de prélèvement est présenté dans le tableau suivant.

31
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Tableau 04 : Répartition de la radioactivité dans les différents compartiments du système au


cours de la croissance des plantules de maïs en présence de phénanthrène marqué au carbone-
14 Résultats exprimés en % de la radioactivité introduite.

Comptage direct des solutions nutritives, rinçage et extraction des parties végétales,
dissipation évaluée grâce aux erlenmeyers témoin; R rinçage; E extractible à l'acétonitrile;
analyses de variance conduites indépendamment sur les valeurs de la solution nutritive, de la
dissipation et de l'ensemble des parties végétales en considérant la somme du rinçage et de
l'extractible, n=4 et p=0,5.

Les quantités de radioactivité retrouvées, par rapport à la radioactivité introduite, sont


en moyenne de 1,5% dans les parties aériennes, 2,8% dans les racines et 2,9% dans les
graines. Ces quantités ne présentent pas d'évolution systématique au cours du temps du fait de
la croissance différentielle des plantules.

Au niveau des feuilles, la majeure partie de la radioactivité est présente sous forme
extractible. Etant donné que le dispositif ne permet pas de discriminer la voie de transfert
racinaire de la voie gazeuse, la fraction récupérée par rinçage pourrait provenir de la
contamination par des molécules volatilisées à partir de la solution. La fraction extractible par
le solvant correspondrait dans ce cas aux produits ayant pénétré dans le végétal par la voie
racinaire ainsi que, éventuellement, aux produits prélevés par voie gazeuse et ayant migré plus
profondément dans la cuticule des feuilles ou dans les cellules.

Afin de s'affranchir des variations d'accumulation de produits radioactifs dans les


différents compartiments, nous avons ensuite calculé la teneur en produit radioactif par unité
de matière sèche végétale (Tab. 05).

32
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Tableau 05 : Teneur en produits radioactifs dans les différentes parties des plantules de maïs
ayant poussé en présence de phénanthrène marqué au 14C dans la solution nutritive (n=4).
Résultats exprimés en /J.g équivalent phénanthrène g-l MS

R : rinçage, E : extractible à l'acétonitrile


La teneur en produit radioactif des tiges diminue au cours du temps. Il pourrait s'agir d'un
effet de dilution. La cinétique d'accumulation des produits radioactifs dans les parties
aériennes comparée à celle de la production de matière sèche a donc été examinée.

8.2.2. Quantités de phénanthrène transférées

La teneur en produit radioactif des différents extraits n'était pas suffisante pour qu'une
analyse par CLHP couplée un détecteur de radioactivité soit conduite. Dans l'hypothèse selon
laquelle la molécule mère seule est transférée, les teneurs moyennes de phénanthrène, rinçage
et extractible confondus, présentes dans les parties aériennes et les racines des plantules de
maïs seraient ainsi de 0,3 et 15 mg kgˉˡ MS après 3 semaines. La teneur maximale des feuilles
est de 3,4 mg kgˉˡ MS et n'est observée qu'après 7 jours.

8.2.3. Transfert de phénanthrène marqué au deutérium

Des plantules de maïs âgées de 15 jours ont été repiquées sur des solutions nutritives
contenant ou non du phénanthrène deutéré. Ces plantules se sont ensuite développées pendant
un mois dans un dispositif expérimental conçu pour isoler complètement la solution nutritive
et les racines d'un contact avec l'air ambiant. Aucun des trois métabolites principaux du
phénanthrène (diol, mono alcool et quinone) n'a été détecté dans la solution nutritive, ce qui
tendrait à montrer que la dégradation n'est pas un facteur significatif dans ce type de
dispositif.

33
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Après 1 mois de mise en contact, 1,4, 76,6 et 143 /-lg kgˉˡ MS de phénanthrène deutéré
sont quantifiés dans les parties aériennes des plantules de maïs ayant poussé en présence du
produit deutéré (Fig. 12). Le phénanthrène deutéré n'est pas détecté dans les plantules témoin.
L'existence d'une voie de transfert racinaire d'un HAP de faible poids moléculaire, le
phénanthrène, chez le maïs est donc démontrée sans ambiguïté.

Figure 10 : Chromatogrammes d'un extrait de feuilles de maïs après 1 mois de culture en


solution hydroponique en présence de phénanthrène marqué au deutérium. Analyse par
spectrométrie de masse. (a) courant ionique total entre 16,6 et 19 min; (b)
m/z178caractéristique du phénanthrène et (c)m/z188 caractéristique du phénanthrène-D)10.

Ces résultats montrent de plus l'existence d'un transfert de phénanthrène pour des
plantules de maïs (âgées). Ils confirment ainsi les travaux conduits dans les mêmes conditions
expérimentales par (Edwards et al., 1982 ; Edwards 1986) avec l'anthracène, molécule de
propriétés proches de celle du phénanthrène, et le soja ou le haricot. Ils suggèrent que le
transfert est un phénomène continu au niveau de la vie de la plante.

Enfin, des résultats complémentaires, obtenus lors de l'analyse des végétaux, viennent
étayer l'existence d'une voie de contamination atmosphérique. Douze HAPs non marqués ont
en effet été détectés dans les parties aériennes des plantules témoin et des plantules ayant
poussé en présence de phénanthrène marqué au deutérium. La quantité maximum de
phénanthrène non marqué détectée est de 34 μg/ kgˉˡ) MS. Les teneurs des autres HAPs
varient de 5 μg/ kgˉˡ) MS à212 /-tg kgˉˡ MS.

34
Chapitre II : Traitement biologique du sol

8.3. Discussion

8.3.1 Transfert de HAPs à partir de solutions nutritives vers les parties aériennes de
plants de maïs

Des plantules de maïs ont été cultivées pendant environ un mois en présence de
solution nutritive. La solution nutritive contenait soit du phénanthrène marqué au (carbone -
14), soit du phénanthrène marqué au deutérium, soit du benzo[a]pyrène marqué au (carbone -
14). Le marquage au (carbone -14), a été utilisé pour étudier les flux de radioactivité vers les
différentes parties végétales entre la germination et la fin du test. Le marquage au deutérium a
été employé pour qualifier les éventuelles molécules transférées.

[Link] Transfert de phénanthrène

Dans une première expérience, des grains de maïs ont été apportés dans un dispositif
d'erlenmeyers contenant une solution nutritive et du phénanthrène marqué au 14C à l'activité
de 2,09 MBq lˉˡ. La germination des grains puis la croissance des plantules ont été suivies
pendant 28 jours. Afin de mettre en évidence les modalités du devenir du phénanthrène, un
bilan de radioactivité dans les divers compartiments du système a été réalisé.

8.3.2. Analyse de la radioactivité présente dans les différents compartiments végétaux

Le bilan de la radioactivité retrouvée dans les différents compartiments du système


aux différentes dates de prélèvement est présenté dans le (Tab. 06).

35
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Tableau 06: Répartition de la radioactivité dans les différents compartiments du système au


cours de la croissance des plantules de maïs en présence de phénanthrène marqué au carbone-
14 . Résultats exprimés en % de la radioactivité introduite.

Comptage direct des solutions nutritives, rinçage et extraction des parties végétales,
dissipation évaluée grâce aux erlenmeyers témoin; R rinçage; E extractible à l'acétonitrile;
lettres, analyses de variance conduites indépendamment sur les valeurs de la solution
nutritive, de la dissipation et de l'ensemble des parties végétales en considérant la somme du
rinçage et de l'extractible, n=4 et p= 05.

Les quantités de radioactivité retrouvées, par rapport à la radioactivité introduite, sont


en moyenne de 1,5% dans les parties aériennes, 2,8% dans les racines et 2,9% dans les
graines. Ces quantités ne présentent pas d'évolution systématique au cours du temps du fait de
la croissance différentielle des plantules.

Au niveau des feuilles, la majeure partie de la radioactivité est présente sous forme
extractible. Etant donné que le dispositif ne permet pas de discriminer la voie de transfert
racinaire de la voie gazeuse, la fraction récupérée par rinçage pourrait provenir de la
contamination par des molécules volatilisées à partir de la solution. La fraction extractible par
le solvant correspondrait dans ce cas aux produits ayant pénétré dans le végétal par la voie
racinaire ainsi que, éventuellement, aux produits prélevés par voie gazeuse et ayant migré plus
profondément dans la cuticule des feuilles ou dans les cellules.

Afin de s'affranchir des variations d'accumulation de produits radioactifs dans les


différents compartiments, nous avons ensuite calculé la teneur en produit radioactif par unité
de matière sèche végétale (Tab. 07).

36
Chapitre II : Traitement biologique du sol

Tableau 7: Teneur en produits radioactifs dans les différentes parties des plantules de maïs
ayant poussé en présence de phénanthrène marqué au (Carbone-14) dans la solution nutritive
(n=4).

R : rinçage, E : extractible à l'acétonitrile

La teneur en produit radioactif des tiges diminue au cours du temps. Il pourrait s'agir
d'un effet de dilution. La cinétique d'accumulation des produits radioactifs dans les parties
aériennes comparée à celle de la production de matière sèche a donc été examinée.

8.3.3. Quantités de phénanthrène transférées

La teneur en produit radioactif des différents extraits n'était pas suffisante pour qu'une
analyse par CLHP couplée un détecteur de radioactivité soit conduite. Dans l'hypothèse selon
laquelle la molécule mère seule est transférée, les teneurs moyennes de phénanthrène, rinçage
et extractible confondus, présentes dans les parties aériennes et les racines des plantules de
maïs seraient ainsi de 0,3 et 15 mg kgˉˡ MS après 3 semaines. La teneur maximale des feuilles
est de 3,4 mg kgˉˡ MS et n'est observée qu'après 7 jours.

8.3.4. Transfert de phénanthrène marqué au deutérium

Des plantules de maïs âgées de 15 jours ont été repiquées sur des solutions nutritives
contenant ou non du phénanthrène deutéré. Ces plantules se sont ensuite développées pendant
un mois dans un dispositif expérimental conçu pour isoler complètement la solution nutritive
et les racines d'un contact avec l'air ambiant. Aucun des trois métabolites principaux du
phénanthrène (diol, mono alcool et quinone) n'a été détecté dans la solution nutritive, ce qui
tendrait à montrer que la dégradation n'est pas un facteur significatif dans ce type de
dispositif. Après 1 mois de mise en contact, 1,4, 76,6 et 143 /-lg kgˉˡ MS de phénanthrène

37
Chapitre II : Traitement biologique du sol

deutéré sont quantifiés dans les parties aériennes des plantules de maïs ayant poussé en
présence du produit deutéré (figure 12). Le phénanthrène deutéré n'est pas détecté dans les
plantules témoin. L'existence d'une voie de transfert racinaire d'un HAPs de faible poids
moléculaire, le phénanthrène, chez le maïs est donc démontrée sans ambiguïté.

Figure 11 : Chromatogrammes d'un extrait de feuilles de maïs après 1 mois de culture en


solution hydroponique en présence de phénanthrène marqué au deutérium. Analyse par
spectrométrie de masse. (a) courant ionique total entre 16,6 et 19 min; (b)
m/z178caractéristique du phénanthrène et (c)m/z188 caractéristique du phénanthrène-D)10.

Ces résultats montrent de plus l'existence d'un transfert de phénanthrène pour des
plantules de maïs (âgées). Ils confirment ainsi les travaux conduits dans les mêmes conditions
expérimentales par Edwards et al., (1982) et Edwards, (1986) avec l'anthracène, molécule
de propriétés proches de celle du phénanthrène, et le soja ou le haricot. Ils suggèrent que le
transfert est un phénomène continu au niveau de la vie de la plante. Enfin, des résultats
complémentaires, obtenus lors de l'analyse des végétaux, viennent étayer l'existence d'une
voie de contamination atmosphérique. Douze HAPs non marqués ont en effet été détectés
dans les parties aériennes des plantules témoin et des plantules ayant poussé en présence de
phénanthrène marqué au deutérium. La quantité maximum de phénanthrène non marqué
détectée est de 34 μg/ kgˉˡ) MS. Les teneurs des autres HAPs varient de 5 μg/ kgˉˡ) MS à212 /-
tg kgˉˡ MS.

38
Chapitre II : Traitement biologique du sol

8.4. Conclusions

Un transfert de phénanthrène vers les racines et les parties aériennes du maïs a été mis
en évidence au cours de deux expériences conduites en conditions hydroponiques.
L'expérience conduite avec du phénanthrène marqué au (carbone-14) a permis de montrer que
les phases de germination ont une signification importante au niveau du transfert total. Les
plantules de maïs absorbent et transfèrent le phénanthrène au-delà de ces phases juvéniles,
dans une moindre mesure cependant. De plus, il existe un effet de dilution dans la biomasse
produite au cours du temps. Le transfert par l'absorption racinaire a été mis en évidence au
cours de notre expérience conduite avec du phénanthrène deutéré.

Cette expérience a) de plus, souligné l'importance potentielle de la voie de


contamination atmosphérique et donc l'importance des témoins dans nos expériences, ou de
l'utilisation de traceurs pour discriminer les produits mis en œuvre lors de l'expérience de
ceux dus à la contamination par l'air ambiant. Le phénanthrène est une molécule
représentative des HAPs de faible poids moléculaire.

Ces molécules sont susceptibles d'être transférées car leurs propriétés physico-
chimiques (solubilité, Kow, volume moléculaire). Par contre, les molécules de haut poids
moléculaire ont, semble-t-il, une faible probabilité d'être transférées car leur taille et leur
lipophilicité réduit considérablement leur mobilité, en particulier dans les phases aqueuses.
Aussi, le transfert des HAPs de plus haut poids moléculaire a, dans un second temps, été
examiné. Le benzo[a]pyrène a été utilisé parce qu'il s'agit du composé communément choisi
comme traceur des HAPs cancérigènes.

39
CHAPITRE III

LA BIOREMEDIATION DU SOL
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

1. Introduction Générale

Parmi les techniques de dépollution et de réhabilitation des sols (physiques, chimiques


et biologiques), la bioremédiation (détoxification ou minéralisation d'un polluant par les
organismes vivants) des sols sur le site pullulé semble être une méthode d’intérêt d'un point
de vue économique et écologique. Contrairement aux autres procédés (incinération, lessivage
du sol) où les polluants sont souvent transférés et non détruits, la biodégradation peut
permettre la minéralisation du xénobiotique, et donc sa disparition. De plus, cette technique
est particulièrement adaptée pour le traitement des hydrocarbures polycycliques aromatiques
(HAPs), contaminants comptant parmi les plus récalcitrants et les plus toxiques (pouvoirs
cancérigène et mutagène).

Il a été démontré que de nombreux organismes, procaryotes ou eucaryotes (algues,


bactéries, champignons, plantes), possèdent la capacité à dégrader les HAPs. La présente
revue a pour but de faire le point sur l’état actuel des connaissances concernant les organismes
utilisés en tant qu’agents biologiques efficaces de dépollution des sols contaminés par les
HAPs. Les systèmes enzymatiques impliqués dans la dégradation des HAPs chez ces
différents systèmes biologiques seront décrits. (Cerniglia, 1993).

2. Définition et origine des Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques


(HAPs)

Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAPs) sont des composés organiques


hydrophobes issus de la combustion incomplète des matières carbonées (Blumer et al., 1976;
Cerniglia et al., 1992; Meinschein, 1961).

Ces molécules sont constituées, au sens strict, d'atomes de carbone et d'hydrogène.


Leur arrangement en structure cyclique comporte au moins deux cycles Les HAPs sont des
polluants ubiquistes détectés dans tous les écosystèmes, des régions polaires aux tropiques
(Blumer et Youngblood, 1975; Keith et Telliard, 1979; Wilcke, 2007).

Du fait de leur caractère rémanent, potentiellement toxique, mutagène et cancérigène,


seize d’entre eux ont été jugés comme prioritaires à éliminer des sols par l’USEPA dès les

40
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

années 70 « United States Environnemental Protection Agency » ou Agence Américaine de


Protection de l’Environnement) (Keith et Telliard, 1979). Leur arrangement en structure
cyclique comporte au moins deux cycles aromatiques condensés de type benzène (Blumer et
al., 1976; Cerniglia et al., 1992; Meinschein et al., 1961).

Les activités anthropiques constituent la part la plus importante des émissions de


HAPs : processus de production et de dispersion de matières créosotées (chemins de fer),
industries des hydrocarbures et associé(e)s (brai de goudron, asphalte et épandage de boues),
déversements accidentels, trafic routier, effluents domestiques, dépôts atmosphériques
(Björseth et al., 1979; Cerniglia et al., 1992;)

3. Propriétés physico-chimiques

La connaissance des propriétés physico-chimiques des HAPs permet de mieux prévoir


leur répartition et leur impact potentiel sur les différents compartiments de l’environnement
(air, eau, sol, sédiments et êtres vivants). Les HAPs sont classés en deux catégories : les «
légers » à faible poids moléculaire, 2 à 3 cycles aromatiques, et les « lourds », à 4 cycles et
plus (Cerniglia, 1992).

Ce sont des molécules non polaires dont les cycles sont arrangés de manière linéaire,
angulaire ou en « cluster ». La stabilité électrochimique des HAPs s’explique par la densité
des électrons « pi » de part et d’autre des noyaux aromatiques, les rendant résistants aux
attaques nucléophiles. Les molécules angulaires sont ainsi plus stables que les linéaires.

Les temps de demi-vie dans les sols et sédiments varient, par exemple, de 16 à 126
jours pour le phénanthrène (3 cycles) à 229 à 1400 jours pour le benzo(a)pyrène 5 cycles
(Blumer, 1976; Bossert et Bartha, 1986; Johnsen et al., 2005 ; Blumer et Youngblood,
1975).

4. Toxicité des HAPs

La toxicité des HAPs varie en fonction de la molécule considérée, du type


d’exposition (aigue ou chronique), de l’organisme et des cellules cibles ainsi que des
conditions environnementales (Fent, 2003).

 Dans le sol : Dans les sols, la toxicité des HAPs est directement fonction de
la quantité de polluants et de leur biodisponibilité. En effet, du fait de leur très faible solubilité

41
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

aqueuse, les HAPs ont tendance à s’adsorber à la matière organique du sol et à migrer
progressivement dans le micro agrégats, diminuant leur accessibilité aux micro-organismes et
aux plantes (Alexander, 2000). Les effets écotoxiques de la pollution par les HAPs se
traduisent par des altérations biologiques tant aux niveaux moléculaires que populationnels,
sur des organismes aussi divers que les bactéries, les champignons les protozoaires, les vers
de terre et les plantes (Baud-Grasset et al., 1993 ; Maliszewska-Kordybach et al., 2007;
Sverdrup et al., 2002 ;).
Tableau 08 : Formule chimique et masse moléculaire des 16 HAPs sélectionnés par l'Agence
américaine de Protection de l'Environnement (EPA) comme polluants prioritaires pour leur
étude et leur élimination de l'environnement. (Doyle et al., 2008 ; Keith et Telliard 1979)

 Disponibilité : Selon l’intensité des interactions entre les HAPs et la


matrice solide du sol, les HAPs peuvent se trouver sous deux formes différentes (disponible
ou non). La disponibilité d’un contaminant combine deux processus en série : la mobilisation

42
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

et le transport. Sous cette forme, le contaminant peut potentiellement subir des processus
biologiques (absorption par un organisme vivant, biodégradation), chimiques (oxydation) ou
physiques (lixiviation) (Fig. 12). Pour les HAPs, la biodisponibilité désigne l’état des
molécules absorbables et transformables par les organismes du sol.

Figure 12 : Schéma général définissant la disponibilité dynamique des HAP dans le


sol. (Alexander, 2000).

5. Dynamique des HAPs dans le sol

5.1. Principaux mécanismes réactionnels

Après introduction du polluant organique dans le sol, plusieurs mécanismes, telles que
L’absorption, l’adsorption, la désorption et la diffusion peuvent être mis en jeu (Fig. 13).

 L’absorption caractérise le transfert d’une espèce chimique de l’extérieur à


l’intérieur d’une phase solide, liquide ou gazeuse (Honeyman et Santschi, 1988).

 L’adsorption caractérise l’association d’une espèce chimique à la surface des


composantes
solides du sol par des liaisons faibles de type Van der Waals (potentiel
interaction interatomique dû à une interaction électrique de faible intensité
entre deux atome ou molécules). Dans le cas des HAPs, elle peut avoir lieu sur
toutes les surfaces des différentes phases solides du sol ; minime sur les particules
minérales, elle est très importante sur la matière organique (Murphy et al., 1990).

 La diffusion est un mécanisme de transfert qui est contrôlé par le gradient de


concentration. Il constitue un processus majeur de séquestration des composés
organiques à l’intérieur des particules du sol (Pignatello et al., 1996; Semple et
al., 2003).

43
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Figure 13: Mécanismes d’interaction des contaminants organiques avec le sol


(Semple, 2003).

6. Facteurs influençant la biodégradation des HAPs

Un certain nombre de facteurs jouent sur l'intensité des phénomènes de


biodégradation. Ces facteurs sont liés à la microflore, au sol et à l'environnement.

Les facteurs liés à l'adaptation de la microflore et à l'effet du sol sur la biodisponibilité


ont été discutés précédemment. Les facteurs liés au sol et à l'environnement sont des
paramètres physiques qui gouvernent le développement de la microflore et les conditions
physicochimiques nécessaires au fonctionnement des réactions enzymatiques et chimiques. Il
s'agit en particulier de :

 Température: Elle influe d'une part sur la volatilisation des fractions volatiles
toxiques mais aussi sur le développement microbien et l'activité enzymatique. La température
optimum pour le développement de la microflore ou les réactions chimiques et/ou
enzymatiques se situe généralement entre 28°C et 37°C.
 pH: Un pH proche de la neutralité est favorable à l'ensemble des phénomènes.
A pH acide, les champignons sont favorisés par rapport aux bactéries.
 conditions redox, du taux d'oxygène et de la présence de nutriments: Les
principales enzymes de la chaîne métabolique des HAP sont des oxygénases. Le taux
d'oxygène est donc un facteur limitant de la biodégradation. L'apport de nutriments (N, P et
K) est souvent indispensable car les sols d'ancienne usine à gaz et les produits pétroliers en
contiennent très peu.
 Teneur en eau : Elle doit être comprise entre 50 et 80% de la capacité au
champ.

44
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

7. La bioremédiation du sol

L'utilisation des plantes et de leurs microorganismes associés, appelée


phytodégradation, est dans le cadre général de la phytoremédiation, une nouvelle approche de
la bioremédiation des sols contaminés par des produits organiques. Cette méthode consiste à
combiner la capacité de certains microorganismes du sol à dégrader les polluants peu
biodisponibles et récalcitrants comme les HAPs, et la capacité des plantes à créer un habitat
favorable au développement de ces microorganismes au niveau de leurs racines effet
rhizosphère. L'utilisation de plantes peut dans cette optique être envisagée postérieurement à
la réalisation d'un bio-traitement classique, ou en tant que complément du bio-traitement.
(Henner, 200 in Hiltner, 1904 ; Atlas, 1991; Kastner et al., 1994; Chaîneau, 1995).

7.1. Dégradation des HAPs par les algues et les cyanobactéries

Les algues vertes, rouges et brunes ainsi que des cyanobactéries ont l’aptitude de
dégradé les HAPs. Cependant que cette capacité se limite aux HAPs de faible poids
moléculaire, d’une certaine manière des autres travaux ont prouvé la capacité d’une algue
verte (Selanastum capricornutum) à dégrader le benzo [a] pyrène.

Des travaux ont prouvé la capacité d’une algue verte Selanastum capricornutum à
dégrader le benzo [a] pyrène (Lindquist et Warshawsky, 1985) (Fig. 14). La voie
métabolique généralement empruntée conduit à la formation de cis-dihydrodiols ou plus
rarement de trans-dihydrodiols (Juhash et Naidu, 2000 ; Lindquist et Warshawsky, 1985).
(Fig. 15)

(a) (b)

Figure 14 : Représentation (a) algue verte et (b) Cyanobacteries


(a) : Selanastum capricornutum
(b) : Cyanobacteries [9]

45
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

7.1.1. Diversité et dynamique des populations dégradantes

Les travaux menés sur la bioremédiation des sols durant les deux dernières décennies
ont permis l’isolement et l’identification d’une grande variété de souches capables de
métaboliser les HAPs. Cette diversité regroupe aussi bien des bactéries « Gram négatives »
que des bactéries « Gram positives » (Tab. 09; Tab. 10).

La dégradation bactérienne en aérobiose constitue le processus majeur de


minéralisation des HAPs dans les sols (Certaines souches sont ainsi capables de croître en
utilisant uniquement des HAPs de faible poids moléculaire (2 à 3 cycles aromatiques) comme
source de carbone et d’énergie. Sous certaines conditions, une dégradation anaérobie peut
aussi se produire, notamment en présence des ions nitrates, ferreux ou sulfates qui assurent le
rôle de réducteur dans les biodégradations anaérobie de HAPs comme le naphtalène, le
fluorène, le phénanthrène, l’anthracène, le fluoranthène et le pyrène (Chang et al., 2002;
Cerniglia, 1992; Kanaly et Harayama, 2000).

Toutefois, les différentes souches isolées appartiennent souvent à un nombre plus


restreint de taxons, comprenant essentiellement les Pseudomonas, Burkholderia,
Sphingomonas, Mycobacterium et Nocardia. Les Sphingomonas et les Actinomycètes,
semblent être les microorganismes les plus versatiles concernant la dégradation des HAPs à «
haut poids moléculaire » (Kanaly et Harayama, 2010).

Tableau 09: Principaux genre bactériens dégradantes isolées à partir des sols

Gram Classes Genres Références

Sphingomonas, (Haritash & Kaushik,


Proteobacteria Achromobacter, 2009 ; Romine et al.,
Agrobacterium 2006 ).
Alcaligenes,
Proteobacteria Burkholderia,
Comamonas, (Daane et al., 2001 ; Goyal
Polaromonas, et Zylstra, 1996 )
Ralstonia, Rhizobium
Gram (-) Pseudomonas,
Proteobacteria Acinetobacter, (Abd-Elsalam et al., 2006 ;
Klebsiella, Haritash et Kaushik, 2009).
Stenotrophomonas,
Haemophilus
Bacteroidetes Flavobacterium (Abd-Elsalam et al., 2006)

46
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Suite de Tableau 09
Arthrobacter ;
Rhodococcus (Heitkamp et al., 1988 )
Micrococcus, Kastner et al., 1994 ; Khan
Actinobacteria Mycobacterium, et al., 2002)
Gram(+) (Krivobok et al., 2003 ;
Nocardioides Nocardia Zeinali et al., 2007)
(Bossert & Bartha, 1986 ;
Firmicutes Bacillus, Paenibacillus Daane et al., 2002 )

Figure 15 : Étapes initiales de l’oxydation des hydrocarbures polycycliques aromatiques par


les microorganismes (Cerniglia, 1993).

Tableau 10: Exemples des bactéries responsables de la bioremédiation du sol [10]

Genre Famille Aspect microscopique

Acinetobacter Moraxellaceae

Alcaligenes Alcaligenaceae

Micrococcus Micrococcaceae

Mycobacterium Mycobactéries

Pseudomonas Pseudomonadaceae

47
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

7.1.2. Voies de dégradation selon le milieu

Les bactéries se développent dans diverses conditions selon leurs caractéristiques. La


biodégradation peut se manifester en deux milieux différents :

 En milieu aérobie : Les bactéries aérobies commencent par consommer la


matière organique en présence d’oxygène. L’accepteur final est l’oxygène qui est par
la suite réduit en eau. Les bactéries capables de réaliser cela sont des bactéries dites
aérobies strictes (AS) et/ou des bactéries aérobie-anaérobies facultatives (BAAF)
(Widdel et Rabus, 2001).

L’équation type de la biodégradation d’un hydrocarbure en milieu aérobie est dans la


figure ci-dessous (Fig.16).

Figure 16 : Dégradation d’un hydrocarbure en milieu aérobie.

L’hydrocarbure est oxydé, une partie est assimilée par la bactérie et une autre partie
permet de produire de l’énergie (catabolisme) (Fig.15). Même s’il n’est pas toujours le
substrat utilisé, l’oxygène est nécessaire pour activer la réaction. (Widdel et Rabus, 2001).

 En milieu anaérobie : Lorsque la teneur en oxygène est réduite, on retrouve


davantage de bactéries aérobies anaérobies facultatives et des bactéries micro-
aérophiles. Celles-ci peuvent utiliser l’oxygène mais aussi d’autres éléments tels que
les nitrates, les sulfates ou encore l’oxyde de fer. Ils jouent le rôle d’accepteurs
d’électrons. Les bactéries présentes sont donc des bactéries anaérobies strictes
(Widdel et Rabus, 2001).

L’équation type de la biodégradation d’un hydrocarbure en milieu anaérobie est dans


la figure ci-dessous (Fig. 17).

48
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Figure 17 : Dégradation d’un hydrocarbure en milieu anaérobie. L’hydrocarbure est


oxydé, une partie est assimilée par la bactérie et une autre partie permet de produire de
l’énergie (catabolisme). , Fe III et jouent le rôle d’accepteurs d’électrons. Des
mécanismes d’activation sont nécessaires (Widdel et Rabus, 2001).

7.2. Dégradation des HAPs par les champignons

Une grande variété de champignons (ascomycètes, basidiomycètes) lignolitiques et


non-lignolitiques a été reportée pour leurs capacités à métaboliser les HAPs de 2 à 6 cycles,
parfois jusqu’à la minéralisation (Cajthaml et al., 2006; Cerniglia, 1997; Cerniglia et al.,
1985).

En général, les champignons filamenteux (Aspergillus sp. Trichocladium canadense,


Fusarium oxysporum…) font partie des groupes les plus abondants dans les environnements
pollués (Haritash et Kaushik, 2009).

7.2.1. Voies métaboliques des HAPs chez les champignons

Deux voies principales ont été avancées comme pouvant intervenir dans le
métabolisme des HAPs par les champignons :

Voie des enzymes ligninolitiques ;


Voie des enzymes de type mono oxygénase à cytochrome P450 ;

7.2.2. Voie des enzymes ligninolitiques

Elle concerne les champignons ligninolitiques (Fig. 15) (c’est-à- dire ayant l’aptitude à
dégrader la lignine) qui appartiennent à la classe des Basidiomycètes, encore appelés «
champignons de la pourriture blanche » ou « whiterot-fungi », en raison de l’aspect
blanchâtre du résidu de dégradation de la lignine suite à leur attaque. Les genres plus
couramment étudiés sont Phanerochaete (qui constitue le modèle pour les champignons

49
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

ligninolytiques), Pleurotus, Trametes et Bjerkandera. (Tab. 11) Ces champignons ont la


particularité de produire, souvent en abondance, l’une et/ou l’autre de ces enzymes
extracellulaires : laccase et peroxydases (dont les principaux types sont les lignines
peroxydase et manganèse dépendante peroxydase) (Field et al., 1993).

Tableau 11 : Quelque exemple des champignons ligninolitiques la classe des


(basidiomycètes) de la voie des enzymes ligninolitiques. [11]
Genre Exemple

Pleurotus

champignons
ligninolitiques
Trametes
(basidiomycètes)

Bjerkandera.

7.2.3 Voie des monoxygènase à Cytochrome P450

Cette voie a souvent été attribuée aux champignons dits non ligninolitiques (Fig. 15).
Chez ces champignons, l’oxydation des HAPs fait appel à un système enzymatique
intracellulaire impliquant une monoxygènase à cytochrome P450, système connu chez les
mammifères et l’Homme pour intervenir dans la dégradation des xénobiotique (Cerniglia,
1992).

Cette voie de dégradation régio- et stéréosélective conduit à la formation de


métabolites de type transdihydrodiols, phénols et quinones (Sutherland et al., 1995). Le
champignon Cunninghamella elegans, Aspergillus sp, appartenant à la classe des
Zygomycètes, constitue le modèle d’étude pour les champignons non ligninolitiques. (Fig.
18).

50
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Figure 18 : Représentation schématique de l’espèce que appartenant à la classe des


zygomycetes. [12]
Espèce : Cunninghamella elegans Ordre : Mucorales,
Famille : Cunninghamellaceae) Embranchement : Zygomycota,

8. La phytoremediation

8.1. Définition

La phytoremédiation est l’utilisation des plantes et des micro-organismes qui leur sont
associés pour contenir, inactiver, dégrader ou éliminer les contaminants du sol. Elle
s’applique surtout à des contaminants chimiques, molécules organiques ou éléments
dangereux pour la santé humaine, celle des autres êtres vivants ou des écosystèmes.

8.1.1 Principes de la phytoremédiation

La phytostabilisation est l’utilisation d’un couvert végétal pour réduire le transfert des
polluants, en réduisant leur dispersion par érosion et en limitant leur absorption par des
organismes vivants via la solution du sol ; ce dernier objectif revient notamment à diminuer
leur biodisponibilité. La plante crée des conditions favorables au traitement du polluant ou
agit directement sur celui-ci. Il s’agit d’un traitement biologique, appliqué généralement sur
site, basé sur des techniques agronomiques qui varient selon la classe de polluant et les
caractéristiques du sol ou du site traité.

C’est un procédé réputé peu coûteux, puisqu’il fonctionne grâce, en partie, à de


l’énergie solaire et que dans certains cas, la biomasse végétale produite peut être valorisée. Il
a l’avantage de fixer du CO₂, de préserver la morphologie du sol et les fonctions qui ne sont
pas perturbées par la contamination et de restaurer ou d’améliorer les fonctions que la
pollution a altérées.

51
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Ce mode de traitement ne présente pas les nuisances d’un chantier de traitement


mécanisé et, sur le plan visuel, permet souvent une réintégration du site dans son
environnement. (Leglize et al., 2011)

Le terme de phytoremédiation (Fig. 19 ; Tab. 12) recouvre différents procédés dont


les principaux sont la phytostabilisation, la rhizodégradation, la phytodégradation, la
phytoextraction et la phytovolatilisation.

Le choix du procédé et de son efficacité potentielle dépendent du type de contaminants


(métalliques, organiques, multi-contamination), de leurs caractéristiques (volatilité,
biodégradabilité), de leur disponibilité ainsi que des propriétés agronomiques du sol.

La phytostabilisation et la phytoextraction sont des techniques généralement utilisées


pour les polluants métalliques. Dans le cas de pollutions organiques des sols, les processus
impliqués sont la phytodégradation, la phytovolatilisation, la phytostimulation et la
rhizodégradation (Sterckeman et al., 2012).

La première, la phytodégradation, consiste à dégrader certains composés organiques à


travers l’activité métabolique de la plante ( production d’enzymes de type déhalogénase,
oxygénase).

La seconde méthode, la phytovolatilisation, consiste en l’absorption du contaminant


dans le sol, sa métabolisation sous forme gazeuse dans la plante et sa libération dans
l’atmosphère.

La troisième, la rhizodégradation est un processus de remédiationvdans lequel les


contaminants sont transformés par les micro-organismes de la rhizosphère.

La plante stimule l’activité métabolique, et de ce fait, l’activité dégradante des


communautés fongiques et bactériennes dans la rhizosphère.

52
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Figure 19: Principaux processus dans la rhizosphère et dans la plante et les principaux
procédés de phytoremédiation (Sterckeman et al., 2012).

Tableau 12: Procédés de phytoremédiation et principaux polluants pour lesquels Ils


ont été employés ou testés (Sterckeman et al., 2012).

Procédé Type de contaminant

Phytostabilisation Métaux (Bi, Cd, Cu, Ni, Pb, Zn…), métalloïdes (As, Sb…), solvants
chlorés et phénols
Explosifs ( DNT, HMX, nitrobenzène, nitrométhane , nitrotoluène , acide
picrique, RDX, TNT) , atrazine, solvants chlorés (chloroforme,
tétrachlorure de carbone, hexachloroéthane, tétrachloroéthène,
trichloroéthène, dichloroéthène, chlorure de vinyle, trichloroéthanol,
Rhizodégradation dichloroéthanol ,acide trichloracétique, acide dichloroacétique, acide
monochloroacétique , tétrachlorométhane, trichlorométhane) , DDT ;
dichloroéthène ; bromure de méthyle ; tétrabromoéthène,
tétrachloroéthane, autres pesticides phosphorés et chlorés ; biphénols
polychlorés , autres phénols et nitriles ; hydrocarbures.
Phytodégradation Solvants chlorés, DDT, atrazine pesticides, PCB, phénols, anilines,
nitriles, explosifs.
Cd, Cr, Ni, Pb, Se, As, radionucléides, BTEX (benzène, éthyle benzène,
Phytoextraction totuène et xylène), pentachlorophénol, composés aliphatiques à courte
chaine et autres composés organiques.
Phytovolatilisation Solvants chlorés, Hg, Se

9. Phytostabilisation

9.1. Domaine d’application

La phytostabilisation est fréquemment appliquée à des sols contaminés par des métaux
(bismuth, cadmium, chrome, cuivre, nickel, plomb, zinc) et métalloïdes (arsenic, antimoine).
De tels sols sont rencontrés sur les sites d’extraction de minerais, d’industrie métallurgique ou
d’autres industries utilisant ces éléments.

53
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Elle Concerne également des sols ayant subi d’importants épandages de déchets tels
que des boues de station d’épuration, des eaux ou des sédiments contaminés.

Les polluants visés sont alors nombreux : hydrocarbures aliphatiques, hydrocarbures


aromatiques, solvants chlorés... que l’on trouve sur de nombreux sites d’activité industrielle.
La technique est aussi utilisée sur des sites présentant une pollution mixte, minérale et
organique. (Ouvrard et al. 2011).

9.1.1. Amendements apportés au sol

Les amendements sont surtout employés, seuls ou en combinaison, dans le cas de


stabilisation de sites contaminés par des éléments en traces. Il s’agit d’amendements calciques
tels que la craie, le calcaire (CaCO2), la chaux vive (CaO) ou éteinte [Ca(OH)2 ] ou encore de
cendres alcalines qui, en augmentant le pH, accroissent la sorption des éléments en traces
métalliques et diminuent leur disponibilité.

- La matière organique est également apportée sous des formes peu coûteuses,
telles que les boues de station d’épuration ou de papeterie, éventuellement compostées.

- La matière organique améliore les propriétés physiques du sol (densité


apparente, stabilité des agrégats, infiltrabilité, rétention en eau), accroît l’activité microbienne
et apporte des éléments nutritifs majeurs (azote, phosphore) et des oligo-éléments. Elle peut
contribuer à la rétention des polluants trop solubles par (ad) sorption.

La matière organique des déchets tels que les boues de station d’épuration compostées
a souvent été employée en combinaison avec des amendements calciques afin d’augmenter le
pH du sol.

Les cendres cycloniques, telles que la béringite, ont fréquemment été appliquées sur
des sols lourdement pollués par des métaux comme le plomb, le cadmium ou le zinc. Il s’agit
de la fraction fine de déchets de combustion de schistes charbonneux. Ce sont des
aluminosilicates modifiés par la chaleur et qui présentent de fortes capacités de sorption pour
les éléments en traces. Des essais ont également montré l’intérêt d’autres alumino silicates,
tels que des zéolites et des argiles pour réduire la disponibilité des polluants métalliques.

54
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

9.1.2. Types de végétation

Les plantes utilisées pour le couvert végétal doivent posséder diverses caractéristiques,
comme une forte tolérance aux contaminants et, si nécessaire, à d’autres facteurs de stress,
tels que la sécheresse, des propriétés physiques défavorables ou la salinité. Elles doivent
s’établir et croître rapidement, présenter un couvert et un enracinement denses.

[Link]. Les espèces utilisées en phytostabilisation sont diverses

Les espèces implantées doivent être adaptées aux conditions climatiques du site à
traiter. Le couvert comporte fréquemment une strate herbacée qui peut être associée à des
arbres. Sous climat tempéré, on implante des espèces herbacées telles que la fétuque (Festuca
rubra, F. arundinacea, F. ovina), le ray-grass (Fig. 20) (Lolium perenne), le dactyle (Dactylis
glomerata) ou l’agrostis (Agrostis capillaris, A. gigantea).

(a) (b)

Figure 20 : Exemples d'espèces utilisées en phytostabilisation et son mécanisme. [13]

A) Nom commun : (Le ray-grass) B) Nom commun : (Le dactyle)


Nom scientifique :(Lolium perenne). Nom scientifique : (Dactylis glomerata

De la luzerne (Medicago ssp) ou du trèfle (Trifolium ssp) peuvent être présents. On


peut aussi utiliser des espèces spontanées tolérant les conditions édaphiques et climatiques du
site. Des feuillus comme le peuplier (Populus ssp), le saule (Salix ssp), l’aulne (Alnus ssp), le
bouleau (Betula ssp) ou le pin (Pinus ssp) sont plantés pour constituer la strate arborée.

L’intérêt théorique de la phytostabilisation est de limiter assez rapidement l’impact des


polluants présents dans les sols, en les maintenant sous formes peu ou pas mobiles. Cela est
un atout pour des sites lourdement contaminés pour lesquels aucun autre traitement n’est
techniquement ou pas financièrement possible, le coût d’une telle approche étant parmi les
plus bas. (Tab. 13)

55
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Tableau 13 : Estimations des coûts de procédés de remédiations physico-chimiques et


de phytoremédiation de sols en France et aux États-Unis (Sterckeman et al., 2012).

Cout (€ de terre)
Procédé Pays Contaminant Minimum ou Maximum
moyen
Confinement in situ France Organiques et/ou 5 60
minéraux
Extraction chimique France Organiques et/ou 34 546
hors site minéraux
Désorption thermique France Organiques 25 46
sur site
Stabilisation physico- France Métaux 10 50
chimique sur site
Phytoremédiation Etats-Unis Métaux 4 39
Phytostabilisation France Organiques et/ou 2 12
minéraux
Phytoextraction France Métaux <4 40

10. Rhizodégradation
10.1. Domaine d’Application

La rhizodégradation, aussi appelée « phytostimulation », « bioremédiation


rhizosphérique » ou « bioremédiation assistée par les plantes », consiste principalement en
une bioremédiation microbienne stimulée dans la zone rhizosphérique. Elle s’applique donc
aux contaminants organiques tels que les solvants chlorés, les hydrocarbures aromatiques
polycycliques (HAPs), les Polychlorobiphényles (PCB) et les pesticides. Elle peut être mise
en œuvre sur des sols industriels ou agricoles (par exemple traitement des pesticides)
éventuellement multicontaminés. Comme toutes les autres techniques de phytoremédiation, la
principale contrainte reste la possibilité d’établir un couvert végétal conséquent et donc que le
sol à traiter présente une fertilité suffisante (c’est-à-dire ressource en eau disponible,
présenced’éléments nutritifs, bonne structure du sol, faible phytotoxicité).

10.1.1 Végétaux utilisés

L’optimisation du choix des plantes va essentiellement se faire selon deux types de critères.
D’une part, ceux basés sur l’impact de la plante sur le sol comme le type d’exsudats racinaires
(Fig. 21) synthétisés ou d’enzymes sécrétées en relation avec le contaminant ciblé de manière
directe ou indirecte par l’intermédiaire de la microflore. D’autre part, les critères basés sur la
résistance de la plante au milieu contaminé telles qu’une croissance rapide, des limites de

56
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

phytotoxicité élevées, une facilité d’installation, une production de biomasse racinaire


importante. Certaines espèces sont connues pour être assez résistantes et ont prouvé leur
efficacité relative, comme le peuplier (Populus berolinensis, P. deltoides, P. nigra), le saule
(Salix alba, S. nigra), le ray-grass, la fétuque (Fig. 22), le trèfle, la luzerne, Maïs (Zea mays).

Figure 21 : Processus de la rizhodegration (QPS, 2016).

De nombreuses études de rhizodégradation des HAPs donnent des résultats


prometemos en conditions contrôlées de laboratoire (Tab. 14). Les résultats positifs de
rhizodégradation sont toutfois à modérer.

Tableau 14: Exemples d’études sur la rhizodégradation des HAPs ou d’hydrocarbures de


sols contaminés.

Auteurs Espèces végétales Conditions de Contamination Observations


culture
Artificielle ; huit Meilleur taux de
Binet et al., (2000) Ray-grass (Lolium Pot de végétation ; 6 HAP ; 1000 mg dégradation dans la
perenne) mois rhizosphère
Vitesse de
Pot de végétation ; Artificielle ; biodégradation
120 j hydrocarbures ; élevée lors de la
3300 croissance de la
plante disparait à la
fin de la phase
végétative
Chaineau et al., Maïs (Zea mays) Effet positif de la
(2000) plante sur la
biodégradation
Hydroponie ; 40 j Hydrocarbures ; mais compétition
820 avec les
microorganismes
pour les nutriments

57
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Suite de Tableau 14
Ray-grass (Lolium Artificielle ; PHE ; Meilleure
perenne) et trèfle Pot de végétation ; 1000 biodégradation
Chiapusio et al., des près (Trifolium 30 j ; trois terres deux mois de avec le ray-grass et
(2007) pratense) vieillissement dans un sol riche en
argile
Ray-grass (Lolium
perenne), fétuque Pot de végétation ; Diminution de la
Parrish et al., (Festuca compostage pendant Historique ; 400 à concentration en
(2005) arundinacea) et 12 semaines avant 5000 HAP disponible en
mélilot jaune culture ; 12 mois présence de plante
(Melilotus
officinalis)

(a) (b)

Figure 22: Exemples d'espèces utilisées dans la Rhizodégradation. [14]

a)Nom commun : Le peuplier b) Nom commun : (La fétuque)


Nom scientifique:(Populus berolinensis) Nom scientifique : (Festuca arundinacea)

11. Phytoextraction

11.1. Domaine d’application

La phytoextraction s’applique en théorie à tous les contaminants qui peuvent être


absorbés par les plantes et accumulés dans leurs parties récoltables. Dans la pratique actuelle,
elle vise surtout à remédier aux contaminations modérées par les éléments en traces, plus
rarement par des polluants organiques tels que des composés organochlorés. Les
contaminants du sol doivent être dispersés sur une épaisseur du sol à la portée des racines.

58
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

11.1.1. Principe de la phytoextraction

La phytoextraction est donc basée sur la faculté des végétaux à tolérer les
contaminants, à les prélever par leurs racines puis à les transférer et à les accumuler en
quantité significative dans leurs parties récoltables, le plus souvent les organes aériens (tige,
feuilles, organes reproducteurs). Elle suppose la biodisponibilité du polluant dans le sol.

11.1.2. Végétaux utilisés

La plante idéale pour la phytoextraction doit tolérer divers contaminants, et les


accumuler dans des organes facilement récoltables qu’elle produit rapidement et en grande
quantité. Elle doit pouvoir être multipliée et installée facilement, présenter un enracinement
profond et dense, tolérer les stress liés au sol, au climat et aux pathogènes.

Actuellement, deux grands types de végétaux sont étudiés pour la phytoextraction des
éléments en traces. D’une part, les espèces dites « hyper accumulatrices », susceptibles
d’accumuler jusqu’à quelques pourcents d’éléments en traces dans leurs parties aériennes.

Il s’agit d’espèces non domestiquées, très souvent de la famille des Brassicaceae dont
une des plus connues est le tabouret calaminaire ou bleuissant, Noccaea caerulescens
également connue sous le synonyme Thlaspi caerulescens.

(a) (b)

Figure 23 : Exemples d'espèces de la famille Brassicaceae des utilisées dans la


phytoextraction. [15]
Nom scientifique :(Tabouret calaminaire) Nom scientifique :(Thlaspi caerulescens).
Nom commun :(Pelouse métallicole). Nom commun : (Alpine penny-cress).

59
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Figure 24: Mécanisme de la phytoextraction [16].

12. Phytovolatilisation

12.1. Principe

Comme pour la phytoextraction, les contaminants sont absorbés au niveau des racines
puis transférés dans la partie aérienne pour y être stockés. Ils peuvent être libérés dans
l’atmosphère sous leur forme originale ou préalablement métabolisés en composés volatils.
Ce processus ne génère pas de déchets car les plantes n’accumulent pas dans leurs tissus des
concentrations importantes en contaminants.

De plus, la plante les volatilise tout au long de sa vie, l’extraction est donc continue.
Toutefois, la phytovolatilisation, en déplaçant le polluant du sol vers l’atmosphère, transforme
une pollution du sol en celle de l’air.

12.1.1. Domaine d’application

La phytovolatilisation est le prélèvement et la vaporisation d’un contaminant


organique ou métallique par une plante sous forme de polluant pur ou sous forme de
métabolites de ce polluant. Ce procédé concerne plus particulièrement les composés volatils à
savoir les COV (composés organiques volatils), BTEX (benzène, toluène, éthylbenzène et
xylène) et solvants chlorés pour les polluants organiques et le sélénium, le mercure et
l’arsenic principalement, pour les polluants métalliques.

Dans le cas de la volatilisation des métabolites, ceux-ci peuvent être issus du


métabolisme de la plante ou des micro-organismes présents dans la rhizosphère ou la plante

60
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

(bactéries endophytes). Pour les processus de volatilisation liés aux bactéries, la plante peut
être un facteur de stimulation de l’activité métabolique de la microflore et/ou le moteur de
l’évaporation grâce aux processus d’évapotranspiration. (Fig. 26).

12.1.2. Végétaux utilisés

Les méthodes de phytovolatilisation peuvent également s’appliquer au traitement de


zones humides avec des espèces végétales comme le scirpe robuste (Scirpus robustus) ou le
roseau (Phragmites australis). De plus, il peut se développer dans ces écosystèmes des zones
de micro-aérophilie voire d’anaérobie qui sont favorables aux mécanismes de méthylation du
sélénium par les bactéries. Des espèces comme le peuplier (Populus deltoides x nigra), le
tamaris (Tamarix parviflora) et la luzerne (Medicago sativa) semblent être bien adaptées à la
volatilisation de solvants chlorés, mais restent peu efficaces pour les composés moins polaires
comme ceux trouvés dans l’essence.

(a) (b)

Figure 25: Illustration des espèces utilisées dans le processus de phytovolatilisation. [17]

A) Le scirpe robuste (Scirpus robustus), B) Le tamaris (Tamarix parviflora).

61
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Figure 26 : Représentation du processus de la phytovolatilisation (QSP, 2016).

13. Phytodégradation

Ce procédé est une phytoextraction (Fig. 29) combinée à une biotransformation du


composé prélevé au sein de la plante. Il s’applique aux composés organiques qui, une fois
prélevés, sont stockés puis dégradés ou transformés en sous-produits. Par analogie avec les
processus observés chez les mammifères, ce procédé de détoxification des composés
organiques est aussi appelé « foie vert ».

La phytodégradation se décompose en quatre principaux processus : le prélèvement et


le transport, les réactions de transformations (oxydation, réduction), la conjugaison ou
association à d’autres composés (par exemple, acides aminés, sucres, acides organiques), la
séquestration ou compartimentation. Il s’agit ainsi pour la plante de transformer le
contaminant en une molécule moins toxique puis de l’isoler de ses zones d’activité
métabolique. (Leglize et al., 2011).

Le métabolisme des xénobiotique (dont les HAPs) dans la plante se déroule en trois
phases, comparable à celles du métabolisme animal (Fig. 27) :

 La Phase l : est une phase d'oxydation, au cours de laquelle la molécule est


fonctionnalisée. Cette étape est catalysée par des enzymes de type monoxygènase à
cytochrome P-450 protéines à hèmes localisées au niveau du réticulum
endoplasmique) et des peroxydases. Elle donne lieu à la formation d'époxydes, de

62
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

quinones et de phénols. La formation de diols est négligeable, à part dans le cas des
algues vertes (Schoeny et al., 1988; Warshawsky et al., 1995). Cette capacité à
métaboliser les HAP a souvent été montrée pour des cellules végétales en cultures
(Harms et al., 1977 ; Coleman et al., 1997).

Figure 27: Processus de détoxification des xénobiotique dans la cellule végétale (


Coleman et al., 1997); CT: transporteur conjugué du glutathion; AT: transporteur ATP
dépendant des xénobiotique anioniques; GT: transporteur ATP-dépendant conjugué des
glucosides; VP : peptidase vacuolaire.
 La phase II : du métabolisme procède par conjugaison à diverses molécules
hydrosolubles, parmi lesquelles des sucres, des acides aminés, l'acide éllagique (Sayer
et al., 1982) et le glutathion, grâce à l'action de glutathion-transférases.

Cette molécule a un rôle central car elle est présente en grande quantités au niveau des
centres de la photosynthèse, son rôle principal étant la protection contre les radicaux libres qui
s'y forment.

 La phase III : du métabolisme a pour but l'élimination du xénobiotique sous sa forme


conjuguée. L'acide éllagique, dont la formule est présentée sur la (Fig. 28), est un
phénol végétal dont l'activité de neutralisation des diols est exceptionnellement élevée.

63
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

Figure 28: Formule chimique de l'acide éllagique (Coleman et al., 1997).

Figure 29: Représentation du processus de la phytodégradation (QSP, 2016).

14. Avantages et limites de la phytoremédiation


14.1. Avantages
La technique présente des avantages suivants :
 En adéquation avec le développement durable
 Traitement sur de grandes superficies (Bert, 2012).
 Elle provoque une perturbation minimale de l'environnement et permet même
de rétablir le cycle de dégradation de la matière organique là où la végétation avait
disparu.
 La décontamination par les plantes présente aussi l'avantage de réduire l'érosion et le
lessivage des sites, ce qui maintient le polluant à proximité de la plante (Berti et al.,
1995).

64
Chapitre III : Bioremédiation du sol : cas des HAPs

 récupération et réutilisation de métaux de valeur peut être possible (des entreprises se


Spécialisent dans le « phytominage » (Rudolph, 2010).
 D’un point de vue économiques les coûts sont réduits : les techniques de la
phytoremédiation sont en général de 10 à 100 fois moins coûteuses que les techniques
physico-chimiques.

14.1.1. Limites

En regard de ses nombreux avantages, la phytoremédiation ne présente que peu de


limitations :

 Durée de décontamination longue, de l’ordre de plusieurs années (2 à 20 ans)


 Risque d‘écoulement des contaminants dans la nappe phréatique.
 Le niveau et le type de contamination influence la phytotoxicité des polluants (dans

Certains cas, la croissance ou la survie des plantes peut être réduite).

Problème de multi-pollutions qui limite le choix des plantes (Rudolph, 2010).

65
Conclusion
Conclusion

Conclusion

La pollution est un phénomène universel qui menace gravement l'environnement et


pourtant les causes de ce phénomène sont pour la plupart identifiées. On définit généralement
la pollution comme la surexploitation des capacités d'auto-épuration du milieu naturel.

Les bioprocédés préventifs et curatifs requièrent des connaissances sur la composition


des effluents polluants, les voies métaboliques des micro-organismos impliqués, les limites
toxiques, les biomasses efficaces et leur croissance, mais aussi sur le génie des procédés
impliquant la maîtrise des dispositifs de traitement in situ et celle des réacteurs. Concevoir et
dimensionner des bioprocédés nécessitent un nombre élevé de compétences diverses. Les
garanties de performances impliquent que l'exploitation reste guidée par des spécialistes.

D'un point de vue économique les bioprocédés sont intéressants. Ils ne génèrent pas de
sous produits dont la gestion est compliquée et la biomasse éventuellement produite est d'un
traitement banal.

Aujourd'hui, il est évident que les bioprocédés ont acquis une place significative dans
l'éventail technologique disponible pour la dépollution ou la preventivos de la pollution. Leur
utilisation est sans doute loin d'avoir atteint le potentiel démontré par les études de laboratoire
et semble devoir continuer à se développer.

L'intérêt croissant des sociétés pour la protection de l'environnement et le fait que les
techniques biologiques bénéficient d'une perception favorable devraient favoriser la recherche
sur les bioremédiations et la prévention biologique de la pollution et permettre le
développement de nouvelles techniques.
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Références bibliographiques

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phytoextraction-process-in-plants_fig4_265191596 Consulté le 08 /04/2022.

[17] [Link] Consulté le 12 /05/2022


Résumés
Résumé

Résumé

La bioremédiation, utilise des procédés biologiques pour éliminer les polluants


industriels qui contaminent le cycle biogéochimique des substances naturelles.

La phytoremédiation consiste à employer des plantes pour traiter les sols de substances
par dégradation, transformation ou stabilisation. D'une manière générale, les composés
inorganiques sont immobilisés ou extraits alors que les composés organiques sont dégradés.

En effet les techniques de phytoremédiation sont employées pour pouvoir traiter le


milieu pollué (air, sol eau) en essayant de minimiser le taux de ces contaminants. Cette
technique a des avantages économique en comparant avec la technique dite traitement
physique qu’exige des coûtes très élevées pour traiter les sols contaminées par les
Hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAPs).

Mot clé : Pollution, Bioremédiation, Phytoremédiation, HAPs, Dépollution.


Résumé

Sommary

Bioremediation uses biological processes to remove industrial pollutants that


contaminate the biogeochemical cycle of natural substances.

Phytoremediation consists of using plants to treat soils of substances by degradation,


transformation or stabilization. In general, inorganic compounds are immobilized or extracted
while organic compounds are degraded.

Indeed, phytoremediation techniques are used to be able to treat the polluted


environment (air, soil, water) by trying to minimize the rate of these contaminants. This
technique has economic advantages by comparing with the so-called physical treatment
technique that requires very high costs to treat soils contaminated by polycyclic aromatic
hydrocarbons (PAHs).

Key word : Pollution, Bioremediation, Phytoremediation, PAHs, Depollution.


‫‪Résumé‬‬

‫ملخص‬

‫تستخدم المعالجة الحيوية عمليات بيولوجية إلزالة الملوثات الصناعية التي تلوث الدورة الكيميائية الجيوكيميائية للمواد الطبيعية‬

‫تتكون المعالجة النباتية من استخدام النباتات لمعالجة التربة من المواد عن طريق التحلل أو التحول أو التثبيت‪ .‬بشكل عام ‪ ،‬يتم‬
‫‪.‬تجميد المركبات غير العضوية أو استخالصها بينما تتحلل المركبات العضوية‬

‫في الواقع ‪ ،‬تُستخدم تقنيات المعالجة النباتية لتكون قادرة على معالجة البيئة الملوثة (الهواء ‪ ،‬التربة ‪ ،‬الماء) من خــــــالل محاولة‬
‫التي تتطلب تقليل معدل هذه الملوثات‪ .‬تتمتع هذه التقنية بمزايا اقتصادية من خالل مقارنتها بما يسمى بتقنية المعالجة الفيزيائية‬
‫)‪(PAHs‬تكاليف عالية جدًا لمعالجة التربة الملوثة بالهيدروكربونات العطرية متعددة الحلقات‬

‫الكلمة األساسية‪ :‬التلوث‪ ،‬المعالجة الحيوية‪ ،‬المعالجة بالنباتات‪ ،‬الهيدروكربونات العطرية متعددة الحلقات‪ ،‬إزالة التلوث‬

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