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Vocabulaire Psychologique Et Psychiatrique-2015

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QUE SAIS-JE ?

Vocabulaire
psychologique
et psychiatrique
M I C H E L G O D F RY D
Psychiatre des hôpitaux
Ancien chef de service
Enseignant à l’université Paris 6
DEA de droit public

Hu itièm e édi ti on m ise à jour


26 e m il le
À la mémoire de mon père.

DU MÊME AUTEUR

Précis de psychiatrie légale, Paris, SIDEM/Frison-Roche, 1987.


Psychiatrie, Paris, Medsi-McGraw-Hill, coll. « Encycl. », 1988.
La Psychiatrie légale, Paris, Puf, « Que sais-je ? », 1989.
Grand dictionnaire de la psychologie (coll.), Paris, Larousse, 1991.
Les Expertises médicales, Paris, Puf, « Que sais-je ? », 1991.
Conduites pratiques de psychiatrie, avec J.-P. Meyer, Saint-Cloud, D et D
médical, 1993 (préface du Pr Q. Debray).
Dictionnaire de psychiatrie et de psychopathologie clinique (coll.), Paris,
Larousse, 1993.
L’Année du médecin de famille (coll.), Paris, Le Quotidien du Médecin/
Flammarion, 1995.
Les Maladies mentales de l’adulte (1994), Paris, Puf, « Que sais-je ? »,
2014, 8e éd.
Textes de droit hospitalier (1997), Paris, Puf, « Que sais-je ? », 2005,
3e éd.
Psychiatrie de l’adulte, Paris, Doin, 1999.
Textes de droit de la psychiatrie, Paris, Puf, « Médecine et société »,
1999.
Le Droit de la santé mentale par les textes, Thoiry, Heures de France,
2000.
Psychiatre au quotidien, Paris, Puf, 2005.
Trad. italienne, Rome, éd. Newton, 1994 ; trad. russe, Moscou, éd. Piter,
2003, 4e éd.

ISBN 978-2-13-063372-3
ISSN 0768-0066
Dépôt légal – 1re édition : 1993
8 édition mise à jour : 2015, février
e

© Presses Universitaires de France, 1993


6, avenue Reille, 75014 Paris
INTRODUCTION

Comme celui d’autres disciplines, le vocabulaire


psychologique et psychiatrique s’est progressivement
enrichi. Alors que beaucoup de ses mots sont toujours
utilisés, leur sens s’est modifié en raison du progrès de
nos connaissances. Ils peuvent même ne plus corres-
pondre à ce que leur apparence suggère ou évoque. Par
ailleurs, si certains termes empruntent au français popu-
laire, ils peuvent ne pas en avoir la même signification.
Ainsi, être maniaque, en psychiatrie, ne signifie pas être
très soucieux de l’ordre et du détail, mais désigne une
personne atteinte d’un trouble périodique de l’humeur.
Pour d’autres mots, la seule constatation du phéno-
mène qu’ils recouvrent suffit à faire porter un diagnostic
et un seul. Ainsi peut-on citer la clinophilie (tendance
exagérée à rester allongé sans être grabataire), dont la
seule énonciation doit pratiquement faire porter le dia-
gnostic de schizophrénie.
Cet ouvrage se veut en outre moderne et synthétique,
permettant de vérifier ou de rechercher des connais­
sances en allant d’emblée à l’essentiel. Chaque terme
de ce lexique fait l’objet d’une définition et d’un déve-
loppement plus ou moins long en fonction de son im-
portance théorique ou pratique.
Nous formons le vœu d’avoir réussi le pari de mettre
un maximum d’informations dans aussi peu de place. Et
nous sommes persuadés qu’un aussi petit volume peut
être emporté n’importe où et constituer un outil de tra-
vail discret mais indispensable.

3
PRINCIPALES ABRÉVIATIONS UTILISÉES

adj. adjectif
all. allemand
angl. anglais
art. article
AVC accident vasculaire cérébral
CDAPH Commission des droits et de l’autonomie des personnes
handicapées (ex-COTOREP)
e.g. exempli gratia (par exemple, en latin)
fr. français
gr. grec
hist. historiquement
i.e. id est (c’est-à-dire, en latin)
inv. invariable
lat. latin
loc. locution
MDPH Maison départementale des personnes handicapées
neurol. neurologie
pers. personnel
pl. pluriel
priv. privatif
pron. pronom
psych. psychiatrie
psychan. psychanalyse
psychol. psychologie
rad. radical
s. substantif
s. f. substantif féminin
s. m. substantif masculin
syn. synonyme
T3 Triiodo-3,5,3’thyronine
T4 Triiodo-3,5,3’,5’thyronine (ou thyroxine)
trav. travaux
V. voir
V°, Vis au mot, aux mots (verbo, verbis)
* devant un mot : voir ce mot

4
A

Abandonnique (adj.). Se dit de sujets qui, sans être


réellement délaissés, vivent avec un sentiment per-
manent d’insécurité dans la crainte d’être abandon-
nés. Certains y réagissent par de l’agressivité, alors
que d’autres sont exagérément aimants et dépendants
des personnes de leur entourage. V. Anaclitique.
Aboulie (s. f.) (gr. a- priv. ; boulê, volonté) [angl. abu-
lia]. S. Freud et J. Breuer, 1893. Diminution ou dis-
parition de la volonté.
(*Dépression, *Psychasthénie, *Schizophrénie).
Abréaction (s. f.) (lat. ab, hors de ; re, marque le retour,
et actio, fait) [angl. abreaction]. S. Freud et J. Breuer,
1893. Diminution ou disparition de la volonté
(*Dépression, *Psychasthénie, *Schizophrénie).
Absence (s. f.) [angl. absence] (neurol.). Suspension
brutale et brève de la conscience constituant un
symptôme essentiel du *petit mal épileptique.
Accommodation (s. f.) (psychol.) [angl. accommo-
dation]. Activité mentale de l’enfant déformant un
schéma initial pour s’adapter à une situation nouvelle
(J. Piaget). Technique de thérapie familiale visant à
devenir congruent à la famille.
Accoutumance (s. f.) [angl. habituation]. Insensibili-
sation progressive de l’organisme nécessitant d’aug-
menter les doses de drogues pour en obtenir les
mêmes effets.
Acculturation (s. f.) [angl. acculturation, 1880,
J. W. Powell ; de culture].

5
1. En éthologie, acquisition d’un nouveau trait de
comportement par une population animale, avec
transmission aux générations suivantes.
2. Modifications se produisant dans un groupe humain
(percevoir, penser, parler, agir), par suite du contact
continu avec un autre groupe.
3. Apprentissage des normes d’une communauté par
un individu.
Acrophobie (s. f.) (gr. akros, extrémité, et phobos,
crainte) [angl. acrophobia]. Peur irraisonnée des hau-
teurs (étage élevé, balcon, pont).
Acting-out (s. m.) [anglicisme]. V° Passage à l’acte.
Actuelle (*névrose) (s. f.) [angl. current]. Pour Freud,
il s’agissait de la névrose d’*angoisse, car liée à des
perturbations récentes de la vie pulsionnelle.
Addiction (s. f.) (lat. addictio, vente) [angl. addiction].
Comportement de dépendance vis-à-vis d’une sub-
stance (drogue, alcool, tabac, médicament) ou d’une
activité (jeu ou achat pathologique, boulimie).
Adhésivité (s. f.) [angl. adhesivity]. Tendance de cer-
tains patients à s’attacher soit à une personne, soit à
une pensée, soit à un objet. S’observerait tout parti-
culièrement chez des *épileptiques (F. Minkowska).
Affect (s. f.) [angl. affect]. Terme général pour ex-
primer toutes les nuances du plaisir, de la douleur,
du désir. Dans les Études sur l’hystérie (1895),
S. Freud montre qu’un souvenir se révèle dénué
d’efficacité curative s’il est dépourvu de toute
charge affective.
Affectivité (s. f.) (lat. affectivus, sentiment) [angl. affec-
tivity]. Ensemble des émotions et des sentiments.
Âge mental [angl. mental age]. Niveau du dévelop-
pement intellectuel, déterminé par des résultats aux
tests dits d’intelligence, étalonnés selon des âges

6
différents. Cette notion a été introduite en 1905 par
les psychologues français A. Binet et T. Simon.
Agnosie (s. f.) (gr. a- priv., et gnôsis, connaissance)
[angl. agnosia]. Trouble de la reconnaissance des
objets par atteinte des fonctions d’intégration céré-
brale (lésion corticale sans atteinte sensorielle).
Agoraphobie (s. f.) (gr. agora, place publique, et pho-
bos, crainte) [angl. agoraphobia]. Crainte irraison-
née et angoissante des grands espaces (places, rues,
ponts), avec ou sans trouble *panique.
Akathisie ou acathisie (s. f.) (gr. a- priv., et kathizein,
faire asseoir) [angl. akatizia]. Impossibilité de rester
assis, d’origine organique, médicamenteuse (neuro-
leptique, antidépresseur) ou psychogène. Souvent
associée à une *tasikinésie.
Akinésie (s. f.) (gr. a- priv., et kinêsis, mouvement)
[angl. akinesia]. Difficulté, voire impossibilité, à
effectuer ou à mettre en route un mouvement, rareté
du geste, s’accompagnant d’*amimie.
Algolagnie (s. f.) (gr. algos, douleur, et lagnéia, coït)
[angl. algolagnia]. Érotisation de la douleur.
Aliéné (s. et adj.) (lat. alienus, rendre autre, étranger)
(psych.) [angl. insane]. Terme introduit par Ph. Pinel
en 1797, devenu désuet ; synonyme de « fou ».
Alogie (s. f.) (gr. a- priv., et logos, langage) [angl. alogia].
Pauvreté du discours, des idées ou des émotions.
Alzheimer (maladie d’) [angl. Alzheimer’s disease].
*Démence dégénérative, la plus fréquente chez
l’adulte. À l’examen histologique, deux lésions
caractéristiques : les plaques amyloïdes et la dégéné-
rescence neurofibrillaire.
Ambivalence (s. f.) (lat. ambi, tous les deux, et valen-
tia, valeur) [angl. ambivalence] E. Bleuler, 1910.

7
Antagonisme simultané ou successif de deux sen-
timents, expressions ou actes (e.g. joie/tristesse) ;
s’observe fréquemment dans la *schizophrénie.
Ambulatoire (adj.) (lat. ambulare, se promener) [angl.
ambulatory]. Qui n’exige pas l’hospitalisation, à
l’extérieur de l’hôpital, « en ville ».
Amimie (s. f.) (gr. a- priv. et mimos, mime) [angl. ami-
mia]. Perte plus ou moins complète de l’utilisation
des gestes : leur exécution ou leur compréhension.
Amnésie (s. f.) (gr. a- priv., et mnasthaï, se souvenir)
[angl. amnesia]. Perte pathologique de mémoire :
– antérograde (ou amnésie de fixation) avec oubli au
fur et à mesure. Vo Korsakov ;
– antéro-rétrograde. C’est une amnésie des faits
récents et des faits anciens ;
– élective. Elle peut concerner un nom, un titre ;
– lacunaire. Elle porte sur une période déterminée de la
vie passée (crise d’*épilepsie, *hystérie, *confusion) ;
– *paroxystique. Sa survenue varie dans le temps ;
– rétrograde (ou amnésie d’évocation). C’est une
amnésie des faits antérieurs au début des troubles.
Amphétamine (s. f.) [angl. amphetamine, speed].
Substance excitante du système nerveux central, ac­
croissant artificiellement les capacités intellectuelles
et physiques ; également anorexigène. V° Ecstasy.
Anaclitique (adj.) (gr. anaklitos, couché contre) [angl.
anaclitic]. Qui se repose sur quelqu’un, qui en
dépend. La dépression anaclitique caractérise l’état
de l’enfant qui, après avoir eu des relations normales
avec sa mère pendant les premiers mois de sa vie,
en est privé au cours de sa première année (trav. de
R. Spitz, 1945).

8
Anal (stade) (adj.) [angl. anal stage]. Période de la
vie (entre 2 et 4 ans) marquée par l’apparition d’un
contrôle sphinctérien des excréments. La zone anale
devient une zone érogène majeure, en référence aux
activités de défécation (plaisir à retenir et à expulser).
En relation avec ce stade, la psychanalyse a décrit
un type de caractère marqué par l’ordre, la propreté,
l’entêtement et la parcimonie.
Analyse transactionnelle [angl. transactionnal analy-
sis]. Théorie due à E. Berne (1960) qui utilise des
concepts psychosociologiques et psychanalytiques
simples : l’analyse de la personnalité et des états
du moi (enfant, adulte, parent) ; les jeux comporte-
mentaux et les scénarios relationnels et sociaux ; les
transactions ; les positions de vie.
Anamnèse (s. f.) [angl. anamnesia]. Ensemble des
informations recueillies à l’interrogation d’un
patient sur l’histoire de sa maladie (mode de
début, évolution, traitements déjà entrepris) et ses
antécédents.
Anaphrodisie (s. f.) (gr. an- priv. et Aphroditê, Vénus)
[angl. anaphrodisia]. Absence de désir sexuel.
Angoisse (s. f.) (lat. angustia, étroitesse, resserrement)
[angl. anxiety].
1. Sensation pénible de malaise profond, détermi-
née par l’impression diffuse d’un danger vague,
imminent, devant lequel on reste désarmé et impuis-
sant. À la différence de l’anxiété, cet état s’accom-
pagne de troubles d’allure somatique : palpitations,
sensation d’étouffement, « boule dans la gorge », dou-
leurs diverses, vertiges, diarrhée, etc. V° Panique.
2. Névrose d’–. Classiquement, affection mentale
caractérisée par la survenue de crises aiguës d’an-
goisse (V° Panique) sur un fond permanent d’anxiété.
Sur des données pharmacologiques (D. Klein), on
considère aujourd’hui que les crises aiguës constituent

9
un trouble autonome par rapport aux manifestations
chroniques de l’angoisse.
Animisme (s. m.) [angl. animism]. Croyance que toute
chose est animée et intentionnée ; se rencontre chez
les jeunes enfants et les peuplades « primitives ».
Annulation (s. f.) [angl. undoing] (psychan.). Méca-
nisme psychologique par lequel le sujet tente de
faire en sorte que ses pensées, paroles et actes passés
ne soient pas advenus. À cet effet, il met en œuvre
une idéation ou un comportement de sens opposé.
L’annulation rétroactive est typique de la *névrose
obsessionnelle (Freud, L’Homme aux rats, 1909 ;
Inhibition, Symptôme et Angoisse, 1926).
Anorexie (s. f.). Diminution ou perte de l’appétit.
– mentale [angl. anorexia nervosa] : affection carac-
térisée par une perte de l’appétit, un amaigrissement
pouvant mettre en jeu le pronostic vital par cachexie
et une aménorrhée constante. Débute électivement
chez les jeunes filles de 13 à 20 ans.
Anosmie (s. f.) (gr. anosmos, inodore) [angl. anosmia].
Diminution ou perte complète de l’odorat.
Anosodiaphorie (s. f.) (gr. nosos, maladie, et adiapho-
ria, indifférence) [angl. anosodiaphoria]. Indifférence
du malade à l’égard de ses troubles.
Anosognosie (s. f.) (gr. nosos, maladie, et gnôsis,
connaissance) [angl. anosognosia]. Méconnaissance
par le sujet de l’affection dont il est atteint.
Antidépresseur (adj. et s. m.) [angl. antidepressant].
Médicament qui s’oppose électivement aux états
dépressifs. Hist. : imipramine et iproniazide, 1957.
Antipsychiatrie (s. f.) [angl. anti-psychiatry]. Idéologie
qui s’est développée dans les années 1960, critiquant
la notion même de maladie mentale. Elle prit un essor

10
important, surtout aux États-Unis (Th. Szasz), en
Grande-Bretagne (D. Cooper, A. Esterson, R. Laing),
en Italie (F. Basaglia) et en France (M. Foucault).
Ces théories niaient l’utilité d’une nosographie, des
hôpitaux psychiatriques et des neuroleptiques. Elles
proposaient des alternatives plus « démocratiques »
aux prises en charge d’alors.
Anxiété (s. f.) [angl. anxiety]. État affectif caracté-
risé par un sentiment d’insécurité. Souvent utilisé
comme synonyme d’« *angoisse », il s’en distingue
par l’absence de troubles d’allure somatique (sueurs,
nausées, spasmes, sensations vertigineuses).
Anxiogène (adj.) (anxiété et gr. génnan, engendrer)
[angl. causing anxiety]. Qui favorise l’apparition ou
l’exagération de l’*anxiété, de l’*angoisse.
Anxiolytique (adj. et s.) (anxiété et gr. lutikos, qui dis-
sout) [angl. anxiolytic]. Qui vise à apaiser, réduire
ou supprimer l’*anxiété. De nombreuses méthodes
psychothérapeutiques et divers médicaments sont
utilisés à cet effet.
Aphasie (s. f.) (gr. a- priv. et phasis, parole) [angl.
aphasia]. Ensemble des troubles de l’expression et
de la compréhension du langage oral et écrit, engen-
dré par une lésion cérébrale circonscrite et unilatérale
(J. Delay et F. Lhermitte).
Apnées obstructives du sommeil (syndrome des)
[angl. sleep apnoea syndrome]. Pauses respiratoires
au cours du sommeil, responsables d’une somnolence
diurne ; le plus souvent par relâchement musculaire
du pharynx.
Appareil psychique [angl. mental apparatus] (psychan.).
Expression utilisée par S. Freud (L’Interprétation
des rêves, 1900) au titre d’une image ou d’une « fic-
tion », pour désigner le modèle figuratif selon lequel
on peut comprendre qu’une énergie se transmet, se

11
transforme et se différencie suivant les différentes
*instances (P. Fédida).
Apragmatisme (s. m.) (gr. a- priv. et pragma, activité)
[angl. apragmatism]. Tendance à l’inertie dans les
conduites sociales avec désintérêt pour les activités
habituelles, négligence corporelle et *clinophilie. Se
rencontre fréquemment au cours de la *schizophrénie.
Apraxie (s. f.) (gr. a- priv., et praxis, action) [angl.
apraxia]. Incapacité d’effectuer des mouvements
volontaires adaptés à un but, malgré l’absence de
lésions motrices et sensorielles. S’observe dans cer-
taines affections neurologiques.
Aprosexie (s. f.) [angl. aprosexia]. Diminution de l’at-
tention en tant que disposition d’esprit capable de
concentrer l’activité psychique sur un secteur précis.
Aprosodie (s. f.). Monotonie de la parole.
Archétype (s. m.) [angl. archetype] (psychan.). Terme
introduit par C. G. Jung en 1919, pour désigner cha-
cun des mythes communs à toute l’humanité, véhicu-
lés notamment par les contes, les légendes, l’art et la
religion. Leur ensemble a été désigné « inconscient
collectif » par cet auteur.
Arithmomanie (s. f.) [angl. arithmomania]. *Com-
pulsion à opérer des séries de calculs mentaux de
plus en plus compliqués et sans cesse recommencés ;
s’observe au cours de troubles obsessionnels.
Arriération mentale [angl. mental deficiency]. Insuf-
fisance des facultés intellectuelles, d’origine congé-
nitale et/ou acquise.
Art-thérapie (s. m.) [angl. art-therapy]. Ensemble
de techniques utilisant, à des fins thérapeutiques,
la production artistique (dessin, peinture, poterie)
pour explorer le psychisme et favoriser les moyens
d’expression.

12
Assuétude (s. f.) (lat. assuetudo, habitude) [angl. addic-
tion]. *Dépendance du toxicomane envers sa drogue ;
l’abstinence provoquant un syndrome de *sevrage.
Astasie-abasie (s. f.) [angl. astasia-abasia]. Impossibilité
de garder la station debout (astasie) et de marcher
(abasie). Ce trouble peut se rencontrer dans l’hystérie
et au cours de pathologies organiques.
Asthénie (s. f.) (gr. a- priv., et sthénos, force) [angl.
asthenia]. Terme désignant un état de fatigue patho-
logique. Dénué de toute spécificité, ce trouble peut
exister dans presque toutes les pathologies.
Ataraxie (s. f.) (gr. a- priv., et taraxis, émotion) [angl.
ataraxia, ataraxy]. Tranquillité de l’âme, paix inté-
rieure, sérénité.
Ataxie (s. f.) (gr. a- priv., et taxis, arrangement) [angl.
ataxia]. Perte de la coordination des mouvements
volontaires, observée dans certaines affections
neurologiques
Athymhormie (s. f.) (gr. a- priv., thumos, âme, et hor-
maô, j’excite). Perte de l’élan vital avec froide indif-
férence, s’observant fréquemment au cours de la
*schizophrénie.
Audimutité (s. f.) [angl. audimutism]. Trouble consis-
tant en une absence du langage parlé après l’âge de
6 ans, en l’absence de déficit intellectuel ou auditif
ou de troubles psychotiques.
Aura (s. f.) (lat. aura, souffle) [angl. aura]. Sensation
précédant le début d’une crise d’épilepsie ou d’an-
goisse aiguë, souvent identique chez un même sujet
(trouble visuel, abdominal, cutané, olfactif).
Autisme (s. m.) [angl. autism] (Bleuler, 1911). « Perte
du contact vital avec la réalité » (E. Minkowski). Cet
état est à la base d’une reconstruction délirante du
monde et de difficultés majeures de communication

13
avec autrui. Ce terme est plutôt utilisé pour désigner
certains états psychotiques de l’enfant. Chez l’adulte
schizophrène, on l’emploie parfois pour désigner
l’état d’*hermétisme et de mort psychique apparente.
Autoaccusation (s. f.) [angl. self-accusation]. Accu-
sation sans fondement qu’une personne se fait à elle-
même, fréquemment au cours des états dépressifs, et
tout particulièrement dans la *mélancolie.
Autoagressivité (s. f.) [angl. self-agressivity]. Action de
retourner son agressivité contre soi-même. La forme
extrême en est constituée par le *suicide.
Autolyse (s. f.) (gr. autos, soi-même, et lusis, dissolu-
tion) [angl. autolysis]. Terme employé couramment
en médecine comme synonyme de *suicide.
Automatisme mental [angl. mental automatism].
G. G. de Clérambault a décrit sous ce nom (vers 1926) :
1. des sensations parasites : *hallucinations psy-
chosensorielles, visuelles, *cénesthésiques, tactiles
et gustatives ;
2. le triple automatisme moteur (hallucinations mo-
trices), idéique et idéo-verbal (jeux syllabiques,
*psittacismes, *mentisme, etc.) ;
3. des phénomènes d’*écho de la pensée ;
4. un dévidage muet des souvenirs.
Ce syndrome hallucinatoire s’observe, notamment,
dans la *psychose hallucinatoire chronique.
Automutilation (s. f.) [angl. automutilation]. Mutilation
volontaire de son propre corps ; s’observe au cours
d’états psychotiques ou d’arriération mentale.
Avolition (s. f.) (lat. a- priv. et voluntas, volonté)
[angl. avolition]. Diminution ou perte de la capacité
de débuter ou de mener à bien un certain nombre
de tâches.

14
B

BAPU (Bureau d’aide psychologique universitaire).


Il assure des consultations médico-psychologiques
pour les étudiants et les élèves de classes terminales.
Barbiturique (s. m.) [angl. barbiturate]. Médicament
utilisé actuellement comme antiépileptique (e.g. le
Gardénal®) et anesthésique général (e.g. le Pentothal®).
Barrage (s. m.) [angl. blocking] (psych.). Brusque arrêt
du discours, non accompagné de gêne, suivi d’une
reprise après quelques secondes, comme si la pensée
avait subi une brusque éclipse. Ne se rencontre en
principe que dans la schizophrénie.
Bateson Gregory (1904-1980). Anthropologue et eth-
nologue américain d’origine britannique. Il a notam-
ment travaillé au Mental Research Institute de Palo
Alto (Californie). Il a beaucoup étudié les relations
humaines et leur contexte (de genèse et d’évolution),
notamment dans le domaine de la schizophrénie. Il a
contribué à la description et à la théorie du *double
lien (angl. double bind), avec D. D. Jackson, J. Haley
et J. H. Weakland (en 1956).
Batterie de tests [angl. battery of tests]. Ensemble des
épreuves psychométriques (ou tests) utilisées par le
clinicien pour établir ou conforter un diagnostic.
Bégaiement (s. m.) [angl. stammering]. Trouble du
rythme de la mélodie du discours, survenant entre 3
et 5 ans :
– clonique : caractérisé par des répétitions plus ou
moins longues et involontaires de *phonèmes, sur-
tout du premier ;

15
– tonique : caractérisé par l’arrêt plus ou moins long
de l’émission, accompagné de *syncinésies et de
réactions émotionnelles.
Béhaviorisme (de l’angl. behaviour, comportement).
V° Comportementalisme, qui remplace actuellement
ce mot dans la pratique.
Bender (test de) [angl. Bender test]. Test d’efficience
perceptivo-motrice utilisé chez l’enfant.
Bénéfice (s. m.) [angl. advantage]. Ensemble des avan-
tages qu’un sujet peut retirer inconsciemment de sa
maladie. Dans Dora (1905), S. Freud en donne une
description très explicite :
– primaires : disparition ou atténuation de l’angoisse,
de par sa conversion en symptômes ;
– secondaires : avantages familiaux, économiques
et sociaux qu’un sujet se voit reconnaître par les
autres.
Benton (test de rétention visuelle de) [angl. Benton
Visual Retention Test]. Épreuve consistant à repro-
duire, de mémoire, deux séries de sept dessins. Ce test
est utilisé pour rechercher des signes d’organicité,
c’est-à-dire d’atteinte anatomique de l’encéphale.
Benzodiazépine (s. f.) [angl. benzodiazepine]. Classe
de médicaments anxiolytiques (e.g. Valium®,
Tranxène®).
Bestialité (s. f.) [angl. bestiality]. Fait d’avoir des rela-
tions sexuelles avec les animaux. Est essentiellement
rencontrée chez les débiles profonds.
Binet-Simon (test de) [angl. Binet Scale]. « Échelle
métrique de l’intelligence » introduite en France
en 1905 dans le but initial de sélectionner les débiles
mentaux ; a été perfectionnée par L. Terman (1937).
Sert actuellement, chez les enfants, à déterminer
l’*âge mental. Vis Quotient intellectuel, NEMI.

16
Binois-Pichot (test de). Variété de *test de vocabulaire
qui peut être utilisé pour mesurer l’intelligence.
Bipolaire (trouble) (loc.) (lat. bis, deux fois, et gr.
polein, tourner) [angl. bipolar]. Anciennement dé-
nommé psychose *maniaco-dépressive (E. Kraepelin,
1899). Il s’agit de la récurrence d’accès *maniaques
ou d’épisodes *dépressifs majeurs ou de l’alternance
de ces deux troubles. Un accès maniaque n’est pas
nécessairement suivi d’un accès dépressif, et toutes
les modalités peuvent s’observer.
Bizarrerie (s. f.) [angl. oddness] (psych.). Terme de
sémiologie désignant une impression de recherche
baroque, d’étrangeté, de singularité. S’observe essen-
tiellement dans la *schizophrénie.
Blessure narcissique [angl. narcissistic injury]. Expres-
sion fréquemment utilisée pour désigner les consé-
quences psychoaffectives douloureuses que peuvent
engendrer une séparation, une humiliation, une décep-
tion amoureuse, scolaire ou professionnelle.
Borderline. V° État limite.
Bouc émissaire [angl. scapegoat]. Bouc que les
Hébreux chassaient dans le désert le jour de la fête
des Expiations, après l’avoir chargé de tous les péchés
d’Israël ; personne que l’on rend responsable de
toutes les fautes, de tous les torts. Ce terme a été uti-
lisé en psychologie pour y décrire un rôle particulier
(K. Lewin) et dans une réinterprétation des textes
bibliques (R. Girard). En *thérapie familiale, on consi-
dère que le patient a une fonction de neutralisation
des forces antagonistes à l’intérieur de la famille, per-
mettant ainsi le maintien de l’homéostasie du groupe.
Bouffée délirante [angl. paranoid reaction] (V. Magnan,
1880). Syndrome associant l’apparition brutale d’un
délire polymorphe dans ses thèmes (de persécution, de
grandeur, etc.) et dans ses mécanismes (hallucinatoires,

17
interprétatifs, etc.). Cet épisode ne dure le plus sou-
vent que quelques jours ; il peut récidiver ou s’orga-
niser sous la forme d’un délire chronique (surtout la
schizophrénie) ou d’un trouble *bipolaire.
Boulimie (s. f.) (gr. bou, particule augmentative, et
limos, faim) [angl. bulimia]. Sensation de faim très
intense malgré une alimentation correcte, contraignant
le sujet à absorber rapidement et impulsivement de
grandes quantités d’aliments. Ces accès boulimiques
se rencontrent dans les états anxio-dépressifs et les
psychoses schizophréniques. Considérée actuelle-
ment comme une *addiction.
Bovarysme (s. m.) [angl. bovarism] (concept tiré du
roman de G. Flaubert, Madame Bovary, 1865).
Tendance psychologique dans laquelle des aspira-
tions socioculturelles insatisfaites amènent une per-
sonne à se réfugier dans une vie fantasmatique et
romanesque, notamment en matière sentimentale,
dans le but de s’évader d’une réalité vécue comme
par trop médiocre.
BPRS (Brief Psychiatric Rating Scale). Échelle d’éva-
luation clinique, comportant 18 items (24 dans sa
version élargie), utilisée dans le diagnostic et/ou
l’évolution des *psychoses. En fait, c’est essentiel-
lement dans des activités de recherche clinique ou
médicamenteuse que cette échelle est employée.
Bradypsychie (s. m.) (gr. bradus, lent, et psukhé, âme)
[angl. bradypsychia]. Ralentissement du développe-
ment des idées, viscosité mentale s’observant dans
certaines formes d’*encéphalites et/ou d’*épilepsies.
Brunet-Lézine (test de). V° Quotient de dévelop-
pement.
Bruxisme (s. m.) ou bruxomanie (s. f.). Action de
grincer des dents de façon incontrôlée pendant le
sommeil.

18
C

Ça (s. m.) (all. Es) [angl. id] (psychan.). Terme venant


de Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, 1883-
1885), introduit par Groddeck en 1923 (Le Livre du
ça) et repris la même année par Freud (Le Moi et le
Ça). Désigne l’ensemble des pulsions primaires, des
instincts, ce qui est héréditaire, inconscient, ce qui
oriente et meut les activités des êtres humains. Est
l’une des trois instances (avec le *moi et le *sur-
moi) décrites par Freud dans sa seconde théorie (ou
seconde *topique) de l’*appareil psychique, à partir
de 1920-1923.
Cannabis (s. m.) (lat. cannabis, chanvre) [angl. can-
nabis]. Nom donné au chanvre indien, encore appelé
marijuana, haschich ou kif. V° Haschich.
Cannabisme (s. m.). Intoxication volontaire par du can-
nabis. Sa forme aiguë réalise un tableau clinique voi-
sin de l’ivresse alcoolique. Vis Confusion, Haschich.
Caractère (s. m.) (gr. kharactêr, signe gravé, empreinte)
[angl. character]. Ensemble des traits gravés obser-
vables qui, chez un individu ou dans un groupe, défi-
nissent une manière habituelle de se comporter dans
un certain type de situation ou vis-à-vis de certains
objets (D. Widlöcher). Bien que correspondant à
l’aspect extérieur de la personnalité (comportement
et affectivité), il est l’émanation, dans la vie relation-
nelle, de la structure de base de cette personnalité.
Caractériel (adj. et s.) [angl. characterial]. Se dit d’une
personne qui présente des troubles du caractère.
Il s’agit le plus souvent de difficultés d’adaptation
harmonieuse dans un groupe social, se manifestant,

19
notamment, par des réactions agressives, coléreuses,
inadéquates et imprévisibles. – Peut également s’em-
ployer comme adjectif (e.g. personne caractérielle).
Carcérale (psychose) [angl. prison psychosis].
V° Psychose (carcérale).
Carence affective [angl. bereavement]. Manque ou
insuffisance d’affection. Chez l’enfant, ce déficit
qualitatif et/ou quantitatif peut être le fait de ruptures,
séparations et placements répétitifs. Ce syndrome est
souvent à l’origine de troubles du comportement, du
développement intellectuel et physique, de la scola-
rité. Les carences affectives ont été particulièrement
étudiées par le psychologue américain R. Spitz à qui
l’on doit les travaux sur l’*hospitalisme.
Catalepsie (s. f.) (gr. katalêpsis, action de saisir) [angl.
catalepsy]. Maintien des attitudes spontanées ou
imposées par l’examinateur ; dans certaines formes de
*schizophrénie, d’*hystérie et d’états hypnotiques.
Catamnèse (s. f.) (gr. kata, en suivant, et mnasthaï, se
souvenir) [angl. catamnesis]. Ensemble des informa-
tions concernant un patient après sa sortie de l’hôpital.
Ces renseignements permettent de suivre l’évolution,
mais également d’établir un pronostic.
Cataplexie (s. f.) (gr. kata, sur, et plêssein, frapper)
[angl. cataplexia]. État caractérisé par la perte par-
tielle ou totale du tonus musculaire, souvent de courte
durée ; en rapport avec une émotion ou une affection
neurologique (e.g. la *narcolepsie).
Catatonie (s. f.) (gr. kata, vers le bas, et tonos, tension)
[angl. catatonia]. Syndrome psychomoteur caracté-
risé par de l’inertie, de l’opposition et du négativisme
vis-à-vis du milieu extérieur, s’accompagnant d’actes
bizarres et stéréotypés, affectés de maniérisme.
Catharsis (s. f.) (gr. katharsis, purification, purga-
tion, évacuation) [angl. catharsis]. Terme utilisé par

20
Aristote (Poétique, 1449 b, 27-28 ; puis Politique,
VIII, 1340 a) pour désigner le phénomène de libéra-
tion des passions se produisant chez les spectateurs
lors de la représentation d’une tragédie. Celle-ci
aurait ainsi pour fonction de « purifier » des passions
ou inclinations nocives (crainte, pitié). Aristote a
récupéré chez Hippocrate cette conception de dégor-
gement des humeurs surabondantes pour restaurer la
santé.
Freud et Breuer (Études sur l’hystérie, 1895) ont
repris ce terme pour désigner la méthode thérapeu-
tique qui, pour eux, permet d’obtenir une *abréac-
tion appropriée d’un traumatisme psychique. Après
avoir utilisé l’hypnose, puis la « simple » suggestion,
Freud ne pratiquera que la méthode des associations
libres. Syn. *abréaction.
Cénesthésie (s. f.) (gr. koinos, commun, et aisthesis,
sensibilité) [angl. cenesthesia]. Ensemble des sen-
sations internes contribuant à la perception qu’un
sujet a de son corps sans le concours des organes
sensoriels.
Cénesthopathie (s. f.) [angl. cenesthopathy]. Trouble
de la sensibilité interne consistant en des sensations
vécues comme étranges et pénibles plus que doulou-
reuses, à type de torsion ou de déchirure.
Centre (s. m.) [angl. center].
– d’accueil et de crise (CAC) : centre disposant de
quelques lits permettant des prises en charge inten-
sives et de courte durée pour répondre à des situa-
tions d’urgence et de détresse aiguës ;
– d’accueil et d’accompagnement à la réduction
des risques pour usagers de drogues (CAARUD) :
créés par une loi du 9 août 2004, ces centres accueil-
lent, informent et conseillent ; ils soutiennent dans
l’accès aux soins et aux droits, au logement et à la
réinsertion ;

21
– d’accueil thérapeutique à temps partiel (CAT-TP) :
structure qui vise à maintenir ou favoriser une exis-
tence autonome par des actions de soutien et de thé-
rapies de groupe ;
– d’action médico-sociale précoce (CAMSP), re-
çoivent, jusqu’à l’âge de 6 ans, des enfants présen-
tant un retard psychomoteur, des troubles sensoriels,
neuro-moteurs ou intellectuels ;
– d’aide par le travail (CAT) : s’appelle *ESAT
depuis une loi du 11 février 2005 ;
– médico-psychologique (CMP) : unité de coor-
dination et d’accueil en milieu ouvert qui organise
des actions de prévention, de diagnostic, de soins
*ambulatoires et d’interventions à domicile. C’est à
partir de ce pivot que s’organisent toutes les actions
extrahospitalières en articulation avec l’unité d’hos-
pitalisation, afin notamment d’éviter ou de réduire
les hospitalisations, dans le but de lutter contre
toute chronicisation et de permettre une réinsertion
durable et de qualité. Son personnel se compose
de : psychiatres, psychologues, assistante sociale et
secrétaires. Chaque *secteur de psychiatrie d’adultes
ou infanto-juvénile dispose d’au moins un CMP ;
– médico-psycho-pédagogique (CMPP) : institution
recevant en consultation des enfants et des adoles-
cents. Le CMPP a pour vocation d’assurer la prophy-
laxie, le dépistage, le diagnostic et le traitement de
certains troubles psychiques. Il doit s’intégrer dans
le dispositif de soins du secteur infanto-juvénile. Il
fonctionne avec une équipe composée de psychiatres,
de psychologues, d’assistantes sociales et de réédu-
cateurs (orthophonistes, psychomotriciens) ;
– de *postcure : unité de moyen séjour destinée à
assurer, après la phase aiguë de la maladie, le pro-
longement des soins actifs ainsi que les traitements
nécessaires à la *réadaptation en vue du retour à une
existence autonome (notamment en alcoologie et
toxicomanie, après le sevrage) ;

22
– de soins, d’accompagnement et de prévention en
addictologie (CSAPA) qui ont remplacé les centres
de cure ambulatoire en alcoologie (CCAA) et les
centres spécialisés de soins aux toxicomanes (CSST),
en les rassemblant sous un statut juridique commun.
Ils s’adressent aux personnes en difficulté avec leur
consommation de substances psychoactives (licites
ou non, y compris tabac et médicaments détournés de
leur usage), ou souffrant d’addictions sans substance
(e.g. le jeu pathologique).
Le décret no 2007-877 du 14 mai 2007 précise leurs
missions : accueil, information et éducation ; éva-
luation et prise en charge médicale, psychologique
et sociale (sevrage et son accompagnement, prescrip-
tion et suivi des traitements médicamenteux, dont les
traitements de substitution aux opiacés – méthadone,
Subutex®) ; orientation de la personne ou de son
entourage. Créés par une loi du 2 janvier 2002.
Chorée (s. f.) (gr. khoreia, danse) [angl. chorea].
Syndrome neurologique caractérisé par des mouve-
ments involontaires désordonnés, brusques et rapides.
On distingue essentiellement la chorée de Sydenham
(ou danse de saint­Guy), apparaissant après une
infection à streptocoque bêta-hémolytique du groupe
A, et la chorée de Huntington, affection héréditaire
évoluant vers un état démentiel.
CIM-10. Classification internationale des maladies,
10e version [angl. ICD-10 (International Classification
of Diseases)]. Système de classification des maladies
établi en 1992, sous l’égide de l’Organisation mon-
diale de la santé (OMS). En matière de troubles men-
taux, la CIM-10 est très proche du *DSM-5 (2013).
Pour les définitions des troubles dans la CIM-10, il
faut se reporter à la version Descriptions cliniques
et directives pour le diagnostic, 1993 (livre bleu).
Tandis que pour les critères de la CIM-10, il faut se

23
reporter à la version Critères diagnostiques pour la
recherche, 1994 (livre vert).
Clastique (adj.) (gr. klastos, brisé) [angl. clastic]. Qui
brise, casse (e.g. crise d’agitation clastique).
Claustrophobie (s. f.) (lat. claustralis, cloître, et gr.
phobos, crainte) [angl. claustrophobia]. Peur des
espaces clos (voiture, train, métro, magasin, cinéma,
restaurant). V° Phobie.
Clinophilie (s. f.) (gr. klinê, lit, et philia, amitié) [angl.
clinophilia]. Tendance à passer son temps allongé sur
son lit des heures entières, voire des journées com-
plètes, pendant de longues périodes ; symptôme fré-
quent dans la schizophrénie.
Cognitivo-comportementales (thérapies) dites TCC
[angl. Cognitive Behavior Therapy]. Ensemble de
techniques standardisées visant à traiter des troubles
mentaux (anxiété, phobies, dépressions, psychoses,
addictions) en les abordant dans « l’ici et mainte-
nant » du patient. Au début du XXe siècle, les travaux
de I. Pavlov sur le conditionnement donnent nais-
sance au courant comportementaliste en psychologie
scientifique. Cette école de pensée estime que les
seuls éléments psychologiques pouvant faire l’objet
d’une recherche scientifique rigoureuse sont les don-
nées observables du comportement verbal, moteur et
neurovégétatif. De nombreuses méthodes de décondi-
tionnement sont utilisées, notamment par J. Watson,
H. Eysenck, J. Wolpe et B. F. Skinner (e.g. l’exposi-
tion graduée aux situations anxiogènes).
En 1961, A. T. Beck fonde la thérapie cognitive, avec
l’idée que, pour avoir une action thérapeutique, il faut
aussi modifier les systèmes de croyance (conscients et
inconscients) du patient. Et qu’il faut également agir sur
les processus mentaux (les « schémas ») par lesquels le
sujet traite l’information ; en modifiant, notamment, ses
monologues intérieurs et ses pensées automatiques.

24
Après les années 1980, une fusion s’opère progressi-
vement entre ces deux types d’approche, pour donner
naissance aux seules TCC. Elles utilisent d’une part des
techniques comportementales (prescription d’activi-
tés, de résolution de problèmes, de tâches graduées) et,
d’autre part, des techniques cognitives (modification de
certaines interprétations et pensées automatiques).
Les méthodes les plus récentes de TCC, dites de
« troisième vague », se préoccupent plus encore
des relations entre émotions et cognitions (Z. Segal,
2002 ; S. C. Hayes, 2004). Les TCC se veulent scien-
tifiques et s’appuient sur les essais cliniques et les
neurosciences.
Comitialité (s. f.) [angl. epilepsy]. Syn. d’*épilepsie.
Commentaire des actes [angl. commentaries upon the
patient’s own actions]. Discours intérieur qui cri-
tique, énonce et commente les actes du sujet.
S’observe dans l’*automatisme mental.
Commissions des droits et de l’autonomie des per-
sonnes handicapées (CDAPH). Créées par une loi
du 11 février 2005, elles résultent de la fusion des
commissions techniques d’orientation et de reclasse-
ment professionnel (COTOREP) et des commissions
départementales d’éducation spéciale (CDES). Elles
sont compétentes, notamment, pour attribuer la qua-
lité de travailleur handicapé (RQTH), faire délivrer
l’allocation aux adultes handicapés (AAH), se pro-
noncer sur l’orientation de la personne handicapée.
V° MDPH.
Complexe d’Œdipe [angl. Œdipus complex]. En
référence au mythe antique grec, S. Freud a décrit,
en 1910, un ensemble formé par les désirs amoureux
pour le parent de sexe opposé et des sentiments hos-
tiles pour le parent du même sexe (entre 3 et 5 ans).
Ce « complexe » jouerait un rôle fondamental dans la
structuration de la personnalité.

25
Compliance (s. f.). V° Observance.
Compulsion (s. f.) (lat. compulsare, pousser, contraindre)
[angl. compulsion]. Acte auquel une personne se sent
contrainte, bien qu’elle en reconnaisse le caractère
absurde, gênant et ridicule, mais qu’elle ne peut
s’empêcher d’effectuer de façon itérative, avec le
formalisme d’un rite. Les compulsions les plus fré-
quentes sont les rites de lavages, de propreté et de
vérification. V° Obsession.
Conduite (s. f.) (psychol.) [angl. conduct]. Ensemble
d’actions motrices, verbales et psychiques par les-
quelles un sujet cherche à s’adapter à une situation :
1. d’évitement : comportements tendant à éviter sys-
tématiquement les lieux ou situations *phobogènes
(métro, bus, réunions, foule, ascenseurs) ;
2. de réassurance : comportement consistant chez le
*phobique à attribuer à un proche, un animal ou un
objet la faculté d’être rassurant et de pouvoir ainsi
affronter la situation *phobogène.
Confabulation (s. f.) (lat. confabulatio, entretien) [angl.
confabulation]. Forme de *fabulation dans laquelle
le récit imaginaire sert à compenser les troubles mné-
siques. Se rencontre surtout dans le syndrome de
*Korsakov et la *presbyophrénie.
Confusion mentale (lat. confusio, trouble, désordre)
[angl. mental confusion]. Syndrome systématisé par
P. Chaslin (1895), puis par E. Régis. Il comprend :
– une obnubilation de la conscience où les contenus
idéiques s’agglutinent et se confondent, allant du
simple engourdissement de la pensée jusqu’à un état
de stupeur voisin du coma ;
– une modalité d’expérience proche de celle du rêve
appelée *onirisme existant dans les formes com-
plètes (on peut alors parler de syndrome confuso­
onirique) ;

26
– des troubles de la mémoire ;
– des signes physiques d’importance variable (fièvre,
déshydratation, etc.).
Les principales causes sont infectieuses et toxiques
(alcoolisme notamment), mais aussi traumatiques,
épileptiques, démentielles ou psychotiques.
Contraphobique (adj.) [angl. contraphobic]. Se dit
d’une personne, d’un animal ou d’un objet à qui l’on
attribue le pouvoir d’être réassurant et de pouvoir
éviter la situation *phobogène.
Contre-transfert (s. m.) [angl. counter-transference].
Ensemble des réactions affectives du thérapeute
envers son patient. V° Transfert.
Conversion hystérique [angl. conversion hysteria]
(psychan.). Expression et concept utilisés par Freud à
partir de 1894, dans Les Psychonévroses de défense.
Transformation d’un conflit psychique en une mani-
festation corporelle à haute charge symbolique. Il
peut s’agir de paralysies, de contractures, d’anesthé-
sies, de douleurs ou de troubles sensoriels (troubles
de la vue, de l’audition ou de la phonation) ; mais
tous les bilans somatiques demeurent négatifs. Ces
troubles demeurent actuellement très rares.
Coprolalie (s. f.) (gr. kopros, excrément, et lalein, parler)
[angl. coprolalia]. Tendance à énoncer des chapelets
de mots grossiers et orduriers. S’observe notamment
dans la maladie de *Gilles de La Tourette, la *manie
et la *schizophrénie.
Coprophagie (s. f.) (gr. kopros, excrément, et phagein,
manger) [angl. coprophagy]. Ingestion de matières
fécales, observée dans les *débilités sévères, les
*psychoses infantiles, les formes graves des *schi-
zophrénies, les états démentiels.
Coq-à-l’âne (s. m. inv.) [angl. sudden change of sub-
ject]. Passage du discours sans transition et sans

27
motif d’un sujet à un autre. S’observe surtout dans la
*manie et la *schizophrénie. Devenu très rare.
Cotard (syndrome de) [angl. Cotard’s syndrome].
Ensemble clinique fait d’idées de damnation, de
négation, d’immortalité, de transformation corpo-
relle (intestins bouchés, cœur glacé). S’observe au
cours de mélancolies délirantes, d’*états mixtes, de
syndromes démentiels. Très rare actuellement.
Creutzfeldt-Jakob (maladies de) ou MCJ. Affections
neurodégénératives principalement caractérisées par
une *démence, une mort rapide en un ou deux an(s) et une
incidence d’un cas pour un million ; plusieurs types :
– la forme sporadique, de cause inconnue, survenant
entre 60 et 65 ans, d’évolution rapide ;
– la forme héréditaire, causée par une mutation au niveau
du gène PRNP (gène codant pour la glycoprotéine PrP).
La mutation se transmet de façon héréditaire, et cette
forme apparaît à un âge plus jeune (45 à 60 ans) ;
– la forme iatrogène, apparue suite à un traitement
aux hormones de croissance ou à une transplantation
de cornée ;
– la MCJ nouvelle variante (nv) : sujets de moins de
40 ans, dépression, anxiété, apathie, comportement
de retrait, *délire ; *ataxie, *myoclonies, *chorée ou
*dystonie. L’agent infectieux est un *prion. Similitude
des propriétés des agents de l’ESB et du nvMCJ.
Curatelle (s. f.) (lat. curator, qui prend soin) [angl.
curator]. Régime de protection juridique incomplète.
V° Tutelle.
Cyclothymie (s. f.) (gr. kuklos, cercle, et thumos, âme)
[angl. cyclothymia]. Instabilité « constitutionnelle »
de l’humeur depuis l’enfance, marquée par l’alter-
nance de troubles *dépressifs et de périodes modé-
rément euphoriques ; de courtes phases à *thymie
neutre sont également possibles.

28
D

Débilité mentale (lat. debilis, faible) [angl. mental defi-


ciency]. État de *déficit intellectuel.
Débilité motrice (de Dupré) [angl. motor infantilism].
Syndrome caractérisé par l’existence de *synciné-
sies à un âge où l’on ne devrait plus en trouver et de
maladresses des mouvements intentionnels, aboutis-
sant à un état de *paratonie.
Défenestration (s. f.) [angl. defenestration]. Action de
jeter quelqu’un ou soi-même par la fenêtre.
Défense (s. f.) (lat. defendere, repousser, protéger)
[angl. defense]. V° Mécanismes de défense.
Déficit intellectuel (ou mental) [angl. defect of intelli-
gence]. Insuffisance de développement de l’intelligence,
quelle qu’en soit l’origine. C’est surtout en référence
aux critères *psychométriques que se sont dégagées les
notions de déficit ou d’*arriération mentale. On dis-
tingue : le déficit très profond (idiotie) où le *quotient
intellectuel (le QI) est inférieur à 20 ; le déficit profond
(imbécillité), où le QI est compris entre 20 et 49, le défi-
cit moyen où le QI est compris entre 50 et 64, le déficit
léger où le QI est compris entre 65 et 79.
Déficitaire (adj.) (lat. deficit, il manque) [angl. defi-
cientia]. Se dit d’un sujet qui présente une déficience
intellectuelle par déficit ou arriération mentale, ou
par syndrome démentiel ou psychotique.
Dégénérescence (s. f.) (lat. de genus, generis, race)
[angl. degeneration] (psych.). Concept obsolète de
perte des qualités naturelles, de déviation maladive
de l’espèce (B. A. Morel, V. Magan).

29
Déjà-vu ou déjà-vécu (impression de) [angl. illusion
of « déjà-vu », « déjà-vécu »]. Illusion d’avoir déjà
vu ou vécu et ressenti, par le passé, la situation pré-
sente. Elle peut s’observer chez le sujet normal, mais
également chez le schizophrène, le psychasthénique
et dans certaines formes d’*épilepsie temporale.
Délire (s. m.) (lat. delirium, de delirare, sortir du sillon)
[angl. delusion]. Trouble idéo-affectif qui consiste
en une perception erronée de la réalité extérieure à
laquelle le sujet adhère de façon inébranlable. Celle­ci
procède « d’intuitions, d’interprétations, d’*hal­
lucinations (qui) perturbent radicalement le système
d’idées, de jugements, de croyances, imprègnent la
vie affective et relationnelle et entraînent une réfrac-
tion des rapports du sujet et du monde extérieur à
travers le prisme délirant » (Th. Lempérière).
Tout délire peut se caractériser par :
– ses thèmes : de persécution, de grandeur, de jalou-
sie, métaphysiques, *hypocondriaques, etc. ;
– ses mécanismes : hallucinatoire, interprétatif, illu-
sionnel, imaginatif, intuitif ;
– son organisation : on distingue les délires systéma-
tisés, qui se développent dans l’ordre, la clarté et la
cohérence, avec une apparence pseudoraisonnante et
« logique » (surtout dans la paranoïa), et les délires
non systématisés, qui réalisent des délires flous, inco-
hérents, mal enchaînés ; ces derniers s’observent
essentiellement dans la *schizophrénie ;
– son évolution : aiguë, subaiguë ou chronique.
Delirium tremens (délire tremblant) ou délire alcoo-
lique aigu (s. m.) [angl. delirium tremens]. État de
*confusion mentale aiguë, survenant chez un alcoo-
lique chronique à la suite d’un *sevrage brutal (ce
que réalise une hospitalisation), d’une infection ou
d’un traumatisme. Le sujet revit des scènes de son
travail ou bien a des visions d’animaux (*zoopsies)

30
dégoûtants ou dangereux : rats, serpents. Dans la
forme aiguë (exceptionnelle de nos jours), il existe
des tremblements généralisés qui ont fait donner son
nom à cette affection (Th. Sutton, 1813).
Pré-delirium tremens : forme atténuée de DT ou
délire alcoolique subaigu (Ch. Lasègue, 1869). C’est
cette forme que l’on rencontre volontiers actuelle-
ment (sueurs, tremblement distal et onirisme plus ou
moins marqués).
Démence (s. f.) (lat. dementia ; de mens, esprit) [angl.
dementia]. Déficit intellectuel acquis, global et chro-
nique, d’évolution le plus souvent péjorative. Cet état
s’accompagne plus ou moins rapidement de troubles
de la vie affective et des conduites sociales, ainsi que de
détérioration de l’état physique. La notion de *syndrome
démentiel est plus opératoire, groupant : des troubles de
la mémoire, de l’attention, du langage, de l’orientation
temporo-spatiale, du raisonnement, de l’acquisivité,
du jugement. Le nombre de démences curables étant
de plus en plus important, le pronostic ne repose donc
actuellement que sur l’*étiologie du syndrome :
– précoce : terme créé par E. Kraeplin (1899) pour
regrouper les entités *catatonie, *hébéphrénie et
délire *paranoïde. Ne s’utilise plus guère ;
– vésanique : terme ancien qui désignait les psy-
choses chroniques qui évoluaient vers un état d’allure
déficitaire, mais sans déficit intellectuel vrai.
R. Pour les démences en rapport avec une maladie
d’*Alzheimer, de *Pick, de *Creutzfeldt­Jakob, une
*hydrocéphalie à pression normale, un *Sida, une af-
fection *vasculaire, des corps de *Lewy diffus : voir
ces mots.
Démonopathie (s. f.) (gr. daïmôn, démon, et pathé, souf-
france) [angl. demonopathy]. Idées d’influence et de
possession diabolique ; très rare actuellement, s’ob-
servait surtout dans la *mélancolie et l’*hystérie.

31
Dépendance (s. f.) (lat. dependere, pendre de ; d’où : se
rattacher à) [angl. dependency].
1. À l’égard des substances psychoactives, licites ou
non, il est classique de distinguer la dépendance :
• psychique : pulsion poussant un sujet à consommer
une substance (alcool, drogue, médicament) ;
• physique, qui se définit par le fait qu’elle entraîne
un syndrome de *sevrage lors de l’arrêt brutal de
l’intoxication chronique.
Chez un même sujet, la dépendance peut être psy-
chique, physique ou les deux à la fois.
2. En psychologie, processus faisant qu’un individu
ne peut pas se réaliser sans l’action d’une personne,
d’une institution ou d’une chose : dépendance de
l’enfant vis-à-vis de ses parents, de l’adulte à l’égard
d’une autre personne ou d’une structure (école, hôpi-
tal, psychothérapeute).
Dépersonnalisation (s. f.) [angl. depersonalization].
Impression de ne plus être soi-même, de se dissoudre
dans le néant (troubles anxieux, épilepsie temporale,
psychoses).
Déplacement (s. m.) [angl. displacement] (psychan.).
Mécanisme psychologique par lequel des *affects
liés à une représentation peuvent se détacher d’elle
pour se lier à d’autres, moins pénibles ou neutres.
Dépressif (épisode) (loc.) (lat. depressio, enfoncement)
[angl. depressive]. Fléchissement plus ou moins
durable de l’humeur, s’accompagnant le plus souvent
d’une douleur morale, d’un ralentissement psycho-
moteur, d’anxiété d’intensité variable et de troubles
somatiques divers (insomnie, anorexie, algies, amai-
grissement, troubles sexuels). Lorsque le trouble est
caractérisé, on parle d’épisode dépressif majeur (de
l’angl. major depressive epidode).
Dépression (s. f.). V° Dépressif (épisode).

32
Déréalisation (s. f.) (du lat. res., chose, être, fait) [angl.
derealization]. État où le monde est vécu comme
changé, non familier, inquiétant et irréel. Bien que
pouvant s’observer dans les névroses, cet état s’ob-
serve surtout au cours des psychoses, fréquemment
associé à la *dépersonnalisation.
Déréelle (pensée) (adj.) [angl. dereistic]. Terme intro-
duit par E. Bleuler (avant 1939). Désigne une pensée
régressive gouvernée par les exigences affectives et
le besoin de modifier le système de réalité, d’échap-
per aux lois des catégories logiques de l’entendement
(causalité, identité, contradictions).
Désorientation (s. f.) [angl. disorientation]. Perte des
repères dans le temps et/ou dans l’espace. On parle,
selon le cas, de désorientation temporelle, spatiale ou
temporo-spatiale. S’observe dans la *confusion men-
tale, quelle qu’en soit la cause.
Déstructuration (psychique) (s. f.) [angl. destructura-
lisation]. Désorganisation des différentes fonctions
psychologiques et/ou des divers états de la conscience
(V. H. Ey, Études psychiatriques, 1948 et 1954).
Déviance (s. f.) (lat. deviare, s’écarter du droit chemin)
[angl. deviance]. Désigne tout comportement qui
s’écarte des normes admises dans une société et à une
époque donnée.
Diffluence (s. f.) (lat. dis, indiquant l’éloignement, et
fluere, couler) [angl. diffluency]. Mode de pensée
qui se développe de tous côtés, sans conserver un fil
directeur (dans la *manie et la *schizophrénie).
Dipsomanie (s. f.) (gr. dipsa, soif, et mania, folie) [angl.
dipsomania]. Besoin irrésistible de boire de grandes
quantités de liquides (alcool, le plus souvent).
Discordance (s. f.) (lat. discordia, désaccord) [angl. discor-
dance]. Terme introduit en psychiatrie par Ph. Chaslin

33
(1912). Dans la schizophrénie, perte d’unité de la per-
sonnalité du sujet, se manifestant au niveau de la pen-
sée, de l’affectivité et du comportement, par :
– des troubles du cours de la pensée (*diffluence,
*coq-à-l’âne, *barrages), troubles du contenu ver-
bal (*mutisme, *néologismes, « *schizophasie ») ou
écrit (« *rationalisme morbide ») ;
– des troubles de l’affectivité : *athymhormie, *ambi-
valence, réactions inappropriées ou paradoxales ;
– des troubles du comportement : *apragmatisme,
*négativisme, *catatonie.
Dissociation (s. f.) (lat. dissociare, désunir) [angl. disas-
sociation]. Synonyme de « *discordance ». Terme
introduit en psychiatrie par E. Bleuler (1906). Peut
s’observer non seulement dans la *schizophrénie,
mais également dans les états *maniaques, *dépres-
sifs, confusionnels et démentiels.
Dominance cérébrale [angl. cerebral dominance].
Théorie désuète selon laquelle, chez les droitiers,
l’hémisphère cérébral gauche, spécialisé dans le lan-
gage articulé et la commande motrice de la main pré-
valante, domine l’hémisphère droit.
Double lien (s. m.) [angl. double bind]. Décrit par
G. *Bateson et coll. en 1956 ; il s’agit d’une situation
dans laquelle un partenaire émet simultanément deux
messages contradictoires situés sur deux niveaux
logiques différents. Mais il faut également que le
récepteur soit dans l’incapacité de demander une
clarification, à l’intérieur d’une relation particulière-
ment prégnante. Syn. de « double contrainte ».
DSM-5. Diagnostic and Statistical Manual of Mental
Disorders (5e éd). Sigle de la cinquième version du
Manuel diagnostique et statistique (5e éd.) de l’As-
sociation américaine de psychiatrie, publié aux
États-Unis en mai 2013. Comme ses prédécesseurs

34
depuis le DSM-III (1980), le DSM-5 se veut athéorique
et ne retient pas l’approche en névroses/psychoses,
à laquelle il préfère la typologie en « troubles »
(Disorders). En dehors de toute psychopathologie, il
propose des catégories homogènes de patients, dans
le souci d’harmoniser la recherche. Pour retenir une
catégorie diagnostique, il faut qu’existent des signes
positifs (critères d’inclusion) et que d’autres en soient
absents (critères d’exclusion).
Dysarthrie (s. f.) (gr. dus, difficulté, et arthron, arti-
culation) [angl. dysarhria]. Trouble de l’articulation
des mots : affection neurologique, neuroleptique.
Dyscalculie (s. f.) [angl. acalculia]. Perturbation dans
l’apprentissage du calcul, chez un enfant dont l’intel-
ligence est normale.
Dysharmonie évolutive [angl. progressive dishar-
mony]. Déficit souvent modéré des différentes fonc-
tions intellectuelles qui ont par ailleurs fait l’objet
d’un développement dysharmonieux, donc inégal.
Ces états se retrouvent dans certaines formes de
*psychoses infantiles.
Dyskinésie (s. f.) (gr. dus, difficulté, et kinêsis, mou-
vement) [angl. dyskinesia]. Mouvement involon-
taire, à type de torsion du tronc ou du cou, ou bien de
mouvements incessants de succion, mâchonnement,
clappement. Elle peut être d’origine neurologique
(encéphalopathies) ou bien provoquée (fréquem-
ment) par les neuroleptiques. On distingue, diverse-
ment associés, les symptômes des :
– dyskinésies aiguës : spasmes des membres, hyper­
extension du cou, crise oculogyre (spasme des muscles
rotateurs des yeux, généralement vers le haut ; on
parle alors de plafonnement du regard), *trismus ;
– dyskinésies chroniques : mouvements bucco­linguo­
faciaux incessants.

35
Dyslexie (s. f.) (gr. dus, difficulté, et lexis, mot) [angl.
dyslexia]. Difficulté à acquérir la lecture en dehors
de toute déficience sensorielle, de tout déficit mental
ou de tout trouble psychotique. L’enfant confond les
lettres qui se ressemblent, inverse des syllabes ou des
mots, ajoute des lettres. Trouble fréquemment asso-
cié à la *dysorthographie.
Dysmnésie (s. f.) (gr. dus, difficulté, et mnêsis, mémoire)
[angl. dysmnesia]. Évocation difficile ou incomplète
des souvenirs.
Dysmorphophobie (s. f.) (gr. dus, difficulté, morphos,
difforme, et phobos, crainte) [angl. dysmorphopho-
bia]. Crainte de plus en plus envahissante d’avoir
une partie du corps disgracieuse ; le plus souvent,
c’est le nez, les yeux ou les seins qui sont concernés.
Fréquent à l’adolescence et chez l’adulte jeune, ce
trouble peut, chez certains, constituer un signe de
début d’une évolution *schizophrénique.
Dysorthographie (s. f.) [angl. dysorthographia].
Difficulté à acquérir l’orthographe, fréquemment
associée à la *dyslexie.
Dysthymie (s. f.) (gr. dus, difficulté, et thumos, âme)
[angl. dysthymia]. Dépression de l’humeur de faible
intensité et chronique.
Dysthymique (schizophrénie) (adj.) [angl. dysthy-
mic]. Se dit d’une *psychose sur laquelle se greffent
des troubles de l’*humeur (*maniaques et/ou *dépres-
sifs) et qui évolue sur un mode périodique ou inter-
mittent.
Dystonie (s. f.) (gr. dus, difficulté, et tonos, tension)
[angl. dystonia]. Trouble du tonus musculaire, de la
tonicité d’un organe (e.g. torticolis spasmodique).

36
E

Échelle d’évaluation [angl. rating scale]. Méthode


utilisée pour comparer et estimer l’action des médi-
caments psychotropes. Il en existe de nombreuses
qui utilisent, selon les cas, des listes d’items qui sont
cotés en présent/absent ou de façon graduée selon
l’intensité ou la fréquence des symptômes.
Écho (de la pensée). (gr. êkhô, bruit) [angl. thought
hearing]. Ensemble d’hallucinations auditives qui
font croire au sujet que ses propres pensées sont répé-
tées (dans l’*automatisme mental).
Écholalie (s. f.) (gr. êkhô, bruit, et lalein, parler) [angl.
echolalia]. Acte de répétition, comme un écho, des
paroles prononcées par l’interlocuteur (s’observe
chez les débiles profonds, dans certains états démen-
tiels ou psychotiques, et dans la maladie de Gilles de
La Tourette). Tendance normale, chez le petit enfant,
à répéter les sons émis par des adultes.
Échomimie (s. f.) (gr. êkhô, bruit, écho, et mimos,
mime) [angl. echomimia]. Tendance pathologique
chez une personne à mimer en miroir certaines atti-
tudes ou gestes de son interlocuteur.
Ecmnésie (s. f.) (gr. ek et mnasthaï, se souvenir) [angl.
ecmnesia]. Émergence de souvenirs anciens vécus
comme s’ils étaient actuels (*hystérie, *épilepsie
temporale, états démentiels).
Écran (s. m.) [angl. screen] (psychan.). Ce qui est
propre à faire obstacle à la découverte de souvenirs
ou de fantasmes, ainsi protégés par le souvenir ou la
représentation-écran (Freud, 1899).

37
Ecstasy [angl. extase] (populaire). *Amphétamine *hal-
lucinogène et hépatotoxique ; produit illicite.
Effet placebo [angl. placebo effect]. Action consécu-
tive à la prise d’un médicament factice dénommé
*placebo.
Ego (s. m.) (lat. ego, je) [angl. ego]. Partie de la person-
nalité qui équilibre les forces auxquelles le sujet est
soumis : ses propres pulsions, sa morale et la réalité
extérieure. V° Surmoi.
Élaboration (s. f.) [psychan.]. Processus psychique
inconscient par lequel les idées latentes d’un sujet se
manifestent dans le rêve, sous une forme condensée
et concrète, en images visuelles (selon S. Freud).
Électroencéphalogramme ou EEG (s. m.) [angl.
electroencephalogram]. Tracé reflétant l’activité
électrique des cellules cérébrales obtenu au moyen
d’électrodes placées à la surface du cuir chevelu.
Utilisé dans le diagnostic et la surveillance de l’épi-
lepsie, de troubles du sommeil, de tumeurs, etc.
Embryopathie (s. f.) (gr. embruos, qui se développe à
l’intérieur, et pathos, souffrance) [angl. embryopa-
thia]. Affection atteignant l’embryon pendant les huit
premières semaines de la grossesse (par infection,
radiations ionisantes), responsable de malformations
congénitales, d’arriération mentale profonde.
Émoussement affectif [angl. blunted affect]. Diminution
de l’affectivité d’un sujet, notamment au cours des
états dépressifs et de la *schizophrénie.
Encéphalopathie (s. f.) (gr. enkephalos, cerveau,
et pathos, souffrance) [angl. encephalopathy].
Séquelles neurologiques et/ou psychiques provo-
quées par une affection cérébrale, quelle qu’en soit la
nature (tumeur, intoxication, infection, traumatisme
crânien).

38
Encéphalopathies spongiformes transmissibles hu-
maines (ESST). Les maladies à prions aiguës spon-
giformes transmissibles (ESST) sont des maladies
humaines et animales lentes dégénératives du sys-
tème nerveux central, dont l’évolution est toujours
fatale. Ces encéphalopathies ont pour caractéristique
d’être transmissibles expérimentalement à un certain
nombre d’animaux de laboratoire. Ces maladies sont
à distinguer des encéphalopathies subaiguës à virus
conventionnels, car on ne trouve aucun agent infec-
tieux classique identifiable dans le système nerveux
central. Les ESST humaines rassemblent : le kuru,
la maladie de *Creutzfeldt­Jakob, le syndrome de
Gerstmann­Straüssler­Scheinker (SGSS), l’insomnie
familiale fatale (IFF) et, de façon plus incertaine, la
maladie d’Alpers.
Encoprésie (s. f.) (gr. en, dans, et kopros, excrément)
[angl. encopresis]. Fait de déféquer dans sa culotte
chez un enfant ayant dépassé 4 ans (DSM-5, 2013).
Ce trouble peut être primaire (l’enfant n’a jamais été
propre) ou secondaire.
Entreprise adaptée (ex-atelier protégé), créée par la loi
du 11 février 2005. Emploie des travailleurs handicapés
à rendement réduit, après orientation de la *CDAPH.
Énurésie (s. f.) (du gr. ourein, uriner) [angl. enuresis].
Miction involontaire, inconsciente et complète chez
l’enfant âgé de plus de 5 ans (DSM-5, 2013).
Épilepsie temporale [angl. temporal lobe epilepsy].
Forme clinique d’épilepsie partielle, se manifestant
par des troubles d’allure essentiellement psychique :
sensation d’étrangeté, de déjà-vu, état de rêve, *hal-
lucinations auditives ou olfactives, comportements
automatiques.
Épileptique (adj. et s.) (gr. epileptikos, de epilêpsia,
attaque) [angl. epileptic]. Syn. *comitialité.

39
1. Crise – : crise d’origine cérébrale s’exprimant par
des symptômes soudains et transitoires de nature
motrice, sensitive, sensorielle, végétative et/ou psy-
chique.
2. Personnalité – : décrite par E. Bleuler (épilep-
toïdie), H. Wallon et F. Minkowska (mentalité glis-
chroïde), il s’agit de l’oscillation de la personnalité,
chez certains épileptiques, entre deux pôles :
• viscosité psychique, bradypsychie, troubles de l’at-
tention, freinage des réactions émotionnelles, manque
d’initiative et ralentissement moteur ;
• impulsivité, réactions émotionnelles explosives,
comportement agressif.
Épisode fécond. [angl. fertile episode]. Processus de
recrudescence délirante émaillant l’évolution d’une
*psychose chronique.
Éreutophobie (s. f.) (gr. ereuthô, je rougis, et phobos,
crainte) [angl. ereuthophobia]. Peur de rougir en
public. Survient chez des sujets anxieux et inhibés,
générant des *conduites d’évitement.
Ergothérapie (s. f.) (gr. ergon, travail, et thérapéia, trai-
tement) (psych.). Méthode associée de traitement de
certains troubles mentaux (psychoses, déficiences),
utilisant diverses formes d’activités manuelles.
Éros (s. m.). Nom du dieu grec de l’amour. Désigne
pour Freud l’ensemble des pulsions de vie (par oppo-
sition aux pulsions de mort ou *thanatos).
Érotomanie (s. f.). (gr. érôs, amour, et mania, folie)
[angl. erotomania]. État dans lequel le sujet a la
conviction délirante d’être aimé par une personne
d’un rang social plus élevé que le sien. Ce délire
passe par quatre stades : espoir, dépit, rancune et
haine ; possibilité, alors, de réactions agressives
et dangereuses (G. G. de Clérambault, Les Psychoses
passionnelles, 1921).

40
ESAT ou Établissement et service d’aide par le travail
– depuis la loi du 11 février 2005. Anciennement centre
d’aide par le travail (CAT), l’ESAT est un organisme
médico-social chargé de la mise au travail, accompa-
gnée d’un soutien médical et social, des personnes han-
dicapées dans l’impossibilité de travailler dans un autre
cadre, après orientation de la CDAPH. Le travailleur
handicapé intégré à un ESAT n’a pas le statut de salarié,
mais certaines règles du Code du travail lui sont toutefois
applicables : hygiène et sécurité, médecine du travail.
État (lat. status, se tenir debout) [angl. state].
– crépusculaire : expérience hallucinatoire et déli-
rante avec obnubilation plus ou moins importante
de la conscience. S’observe au cours ou au décours
d’une crise d’*épilepsie ;
– hypnoïde : état psychique proche du rêve ;
– limite (syn. borderline) : ce terme admet trois sens :
• état compris entre le normal et le pathologique,
• forme d’organisation du *moi qui s’effectue de
façon régressive et narcissique sous l’effet d’un
« choc affectif ». Cet état a dépassé le stade de mor-
cellement *psychotique mais n’a pas pu atteindre
la fixation du stade *œdipien (selon la psychan.).
V. J. Bergeret, O. Kernberg et H. Kohut,
• personnalité borderline, pour le DSM-5 (2013)
et la CIM-10, avec : mode général d’instabilité des
relations interpersonnelles, de l’image de soi et
des affects, avec une impulsivité marquée ;
– mixte : concerne les états thymiques mixtes, dans
lesquels des signes de la série *maniaque coexistent
avec des éléments du registre *dépressif ou bien se
succèdent très rapidement.
– oniroïde : état de la conscience très proche de celui
du rêve.
Ethnopsychiatrie (s. f.) (gr. ethnos, peuple) [angl.
ethnopsychiatry]. Branche de la psychiatrie qui
étudie les troubles mentaux en fonction du groupe

41
socioculturel ou ethnique de ses membres (V. les tra-
vaux de G. Devereux, M.-R. Moro et T. Nathan).
Étiologie (s. f.) (gr. aitiologia, de aition, cause, et logos,
science) [angl. etiology]. Étude et recherche des
causes des maladies.
Eugénisme (s. m.) (gr. eu, bien, et génnan, engendrer)
[angl. eugenics]. Science visant à étudier et permettre
les conditions les plus favorables à la reproduction et
à l’amélioration de l’espèce humaine.
Excito-motrice (adj.).
1. Crise – : état d’agitation en rapport avec la prise de
certains *neuroleptiques.
2. Ivresse – : état d’ivresse « pathologique », au cours
duquel le sujet devient furieux, hurle, casse et frappe
sans aucun discernement.
Exhibitionnisme (s. m.) (du lat. exhibere : ex-, hors de,
et habere, avoir, tenir) [angl. exhibitionism]. Besoin
incoercible d’obtenir un équivalent de l’orgasme par
l’exhibition des organes génitaux. Concerne essen-
tiellement les sujets masculins.
Expérience délirante primaire (de K. Jaspers).
Désigne, en France, les états correspondant aux
*bouffées délirantes.
Expérimentales (*névroses) [angl. experimental neu-
rosis]. « Névroses » provoquées par expérimentation
chez l’animal, marquées par l’anxiété, le désarroi et
les conduites d’échec. Considérées par I. P. Pavlov,
H. Eysenck et J. Wolpe, à partir des troubles de l’ap-
prentissage, comme résultat d’une séquence entre des
stimuli et des réponses qui leur sont mal adaptées.

42
F

Fabulation (s. f.) (lat. fabulatio, discours, conversation)


[angl. fabrication]. Production imaginaire de l’esprit.
En psychiatrie, se rencontre chez certains délirants
ou mythomanes et dans le syndrome de *Korsakov.
Fading mental. Ralentissement progressif des propos,
comme si le sujet se détachait au fur et à mesure de
ce qu’il disait. Forme atténuée du *barrage, il se ren-
contre essentiellement dans la *schizophrénie.
Fantasme (s. m.) (gr. phantasma, fantôme, vision).
Production de l’imagination par laquelle le *moi
cherche à échapper à l’emprise de la réalité.
Fantastique (délire). V° Paraphrénie.
Fausse reconnaissance. [angl. false recognition]. Fait
de prendre des personnes ou des lieux inconnus pour
des personnes ou des lieux connus. Ce symptôme
est fréquemment rencontré au cours du syndrome de
*Korsakov et de la *presbyophrénie.
Fétichisme (s. m.) (lat. facticius, artificiel) [angl. feti-
chism]. Attachement érotique à des objets ou des
parties du corps d’autrui. Cette perversion sexuelle
s’observe essentiellement chez l’homme.
Filiation (délire de) [angl. delusion of filiation].
Croyance délirante d’une personne persuadée qu’elle
descend d’une famille royale ou célèbre.
Fixation (s. f.) (psych.). Attachement exagéré à une
personne (e.g. au père, à la mère) ou à un objet.
Flexibilité cireuse. Impression de cire molle donnée par
la mobilisation des segments de membres de certains

43
schizophrènes quand on les mobilise ; et aptitude
particulière que possèdent ces malades à conserver
l’attitude qu’on leur donne. V° Catalepsie.
Force du moi (psychan.) [angl. ego strenght]. Stabilité et
adaptation émotionnelle dont fait preuve la personne
face à des stress psychosociaux. Bonne tolérance non
érotisée aux frustrations, avec substantielles capaci-
tés d’*introspection.
Formations réactionnelles (psychan.) [angl. reaction-
formation]. Mécanisme de défense du *moi névro-
tique consistant en conduites manifestes inverses
des affects latents. S’observe surtout dans la névrose
*obsessionnelle, mais aussi dans l’*hystérie.
Frontal (syndrome) (adj.) [angl. frontal syndrome].
Ensemble clinique comportant :
• des troubles thymiques à type d’euphorie niaise
évoluant sur un fond d’apathie et d’indifférence : la
« Moria » ;
• la perte de l’autocritique et la libération des ten­
dances instinctivo-affectives ;
• des troubles du comportement gestuel et de la
marche (*astasie-abasie) ;
• des réactions de préhension pathologique (grasping
reflex) ;
• des persévérations et stéréotypies gestuelles.
Fuite (s. f.) (du lat. fugere, fuir).
– des idées [angl. flight of ideas] : accélération du
rythme des idées qui s’enchaînent sans suite logique,
la pensée restant inconsistante et stérile malgré son
apparente richesse (e.g. dans la *manie) ;
– en avant [angl. rush forward] : mécanisme incons-
cient qui pousse le sujet à se jeter dans le danger qu’il
redoute (dans les troubles *phobiques).

44
G

Galactosémie congénitale [angl. congenital galacto-


semia]. Maladie héréditaire très rare apparaissant
chez le nouveau-né, associant une cirrhose ascitique,
un ictère, des troubles psychomoteurs et une altération
de l’état général. L’absence de l’enzyme permettant
la transformation de galactose en glucose entraîne
l’accumulation toxique de galactose-1-phosphate.
Ganser (syndrome de) [angl. Ganser’s syndrome].
Association de réponses « à côté », d’actes « à côté »
et d’insensibilité à la douleur. Ce syndrome a été
décrit dans les prisons où le sujet peut estimer qu’il
est préférable de méconnaître certaines réalités.
Gâtisme (s. m.) [angl. gatism]. État de déchéance phy-
sique et intellectuelle, avec incontinence urinaire et
fécale (e.g. au cours d’états confuso-démentiels).
Gayet-Wernicke (*encéphalopathie de). Affection
liée à un déficit en vitamine B1, le plus souvent par
alcoolisme chronique et comportant :
• une confusion mentale avec apathie et passivité ;
• des troubles de l’équilibre et de la marche ;
• des troubles neurologiques et cardiovasculaires.
Gélineau (maladie de) ou narcolepsie [angl. Gelineau’s
disease, narcolepsy]. Affection corrélée à 98-100 %
avec les antigènes DR2 et DQ1 (groupage HLA),
comportant :
• d’irrépressibles accès d’endormissements diurnes,
d’emblée en sommeil paradoxal ;
• des hallucinations *hypnagogiques angoissantes ;
• des paralysies du sommeil ;

45
• des pertes du tonus musculaire, partielles ou totales,
entraînant alors une chute. Le modafinil améliore
l’évolution de cette affection.
Génogramme (s. m.) (gr. génos, descendance, et
gramma, écriture) [angl. genogram]. Représentation
graphique détaillée de la constellation familiale sur
plusieurs niveaux générationnels (V. les travaux de
M. Bowen).
Génome (s. m.) (gr. genos, naissance, origine) [angl.
genome]. Ensemble des gènes qui constituent le patri-
moine héréditaire d’un individu. Le génome humain
est constitué de 46 chromosomes, ceux-ci compre-
nant environ 25 000 gènes.
Géophagie (s. f.) (gr. gê, terre, et phagein, manger).
[angl. geophagy]. Habitude de manger de la terre ou
du sable, pouvant se rencontrer chez certains débiles
profonds ou chez quelques déments.
Gériatrie (s. f.) (gr. gerôn, vieillard, et iatros, méde-
cin). Étude des troubles morbides de la sénilité.
Gérontologie (s. f.) [angl. gerontology]. Étude des
modifications du corps humain dues à la sénescence,
c’est-à-dire à un vieillissement, une involution nor-
male (A. Porot).
Gérontophilie (s. f.) [angl. gerontophilia]. Anomalie
de l’instinct sexuel caractérisée par la recherche pour
partenaire d’une personne âgée.
Gérontopsychiatrie (s. f.) [angl. gerontopsychiatry].
Discipline médicale traitant des troubles mentaux
liés à l’âge.
Gerstmann (syndrome de) [angl. Gerstmann’s syn-
drome]. Il associe une agnosie, une indistinction
droite-gauche, une acalculie, une agraphie et une
apraxie. Ce syndrome s’observe au cours des lésions
du lobe pariétal dominant (souvent par AVC).

46
Gesell (test de) [angl. Gesell test]. Épreuves permettant
d’évaluer le développement psychomoteur et adapta-
tif d’un enfant d’âge préscolaire (en France, version
modifiée du test de Brunet­Lézine).
Gestaltisme (s. m.) (allemand Gestalt, structure, forme)
[angl. gestaltism]. Théorie psychologique proposant
d’appréhender les phénomènes dans leur totalité, sans
vouloir dissocier les éléments de l’ensemble où ils
s’intègrent et hors duquel ils perdent toute signification
(V. trav. de C. von Ehrenfels, W. Köhler, K. Koffa).
Gilles de La Tourette (maladie de) ou « Maladie
des tics » [angl. Gilles de La Tourette’s disease],
1885. Affection associant des tics moteurs (dont au
moins un qui est sonore), des *TOC, *coprolalie et
*écholalie.
Glischroïde (adj.) [angl. epileptoid]. Se dit de troubles
du caractère chez certains *épileptiques, se manifes-
tant par une affectivité « collante » et visqueuse, avec
ralentissement des processus psychiques.
Glissement (syndrome de) [angl. slipping syndrome].
Détérioration de l’état physique et mental qui appa-
raît chez une personne âgée, à la suite d’un choc
affectif ou d’une maladie souvent bénigne.
Glossodynie (s. f.) (gr. glôssa, langue, et odunê, dou-
leur) [angl. glossodynia]. Douleurs localisées de la
langue ressenties par certains névrosés.
Glossolalie (s. f.) (gr. glôssa, langue, et lalein, parler)
[angl. glossolalia]. Trouble du langage chez certains
délirants qui croient inventer un nouveau parler.
Gloutonnerie (s. f.) (du lat. gluttus, gosier) [angl. glut-
tony]. Façon de manger, excessive, rapide et vorace,
de certains débiles, déments ou psychotiques.
Gnosie (s. f.) (gr. gnôsis, connaissance) [angl. gnosis].
Faculté de reconnaître les objets, les phénomènes.

47
Goitre (s. m.) (lat. guttur, gorge) [angl. goiter].
Augmentation de volume du corps thyroïde, quelle
qu’en soit la cause. Si le goitre s’accompagne d’un
hyper- (V° Basedow) ou d’un hypofonctionnement
(V° Myxœdème) hormonal, il existe alors un cor-
tège plus ou moins important de troubles neuro­
psychiques.
Grabataire (adj. et s.) (lat. grabatum, du gr. krabbatos,
petit lit sans rideau) [angl. bedridden]. Qui garde le
lit de par la maladie.
Grandeur (délire de) [angl. delusion of grandeur].
Trouble par lequel le sujet s’attribue une puissance et
des dons exceptionnels. Cette symptomatologie s’ob-
serve tout particulièrement dans les *paraphrénies et
les *paralysies générales.
Graphorrhée (s. f.) (gr. graphein, écrire, et rhein, cou-
ler) [angl. graphorrhoea]. Besoin irrésistible d’écrire
beaucoup et fréquemment, dans certaines formes
de *manies. Équivalent manuel de la *logorrhée.
Grossesse nerveuse [angl. pseudopregnancy]. Ensemble
de symptômes ressemblant à une grossesse (arrêt des
règles, nausées, mouvements abdominaux, etc.), mais
sans développement d’un produit de la conception.

48
H

Habituation (s. f.) (lat. habitus, maintien, attitude)


[angl. habituation]. Phénomène d’accoutumance
d’un organisme à certaines excitations sensorielles
répétées auxquelles il finit par ne plus réagir.
Habitus (s. m.) (lat. habitus, manière d’être) [angl.
habitus]. Apparence générale du corps (e.g. un habi-
tus alcoolique).
Hallucination (s. f.) (lat. hallucinare, se tromper)
[angl. hallucination]. « Perception sans objet à per-
cevoir » (H. Ey, Traité des hallucinations, 1973). On
distingue :
1. les hallucinations psychosensorielles (qui pos-
sèdent les attributs sensoriels d’une perception) :
– visuelles (points, figures ou scènes),
– auditives (voix, cloches, craquements),
– olfactives et gustatives (mauvaises odeurs),
– *cénesthésiques et du *schéma corporel,
– motrices ou kinesthésiques (mouvements, organes
phonatoires) ;
2. les hallucinations psychiques (qui n’ont pas d’ob-
jectivité spatiale) :
– psychiques visuelles (imagerie, rêverie, idées),
– pseudohallucinations acoustico-verbales (voix in-
térieures, transmission de pensée),
– psychomotrices verbales (se formant dans la voix
même du sujet).
Hallucinogène (adj.) [angl. hallucinogenic]. Qui pro-
voque des hallucinations (haschich, LSD, mescaline).
Handicap (s. m.) (angl. hand in cap, main dans le
chapeau, d’abord jeu de hasard, puis désavantage).

49
Pour la loi du 11 février 2005 : il s’agit de « toute
limitation d’activité ou restriction de participation à
la vie en société subie dans son environnement par
une personne en raison d’une altération substantielle,
durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions
physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psy-
chiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé
invalidant. »
Haschích (s. m.) (arabe hachích, herbe) [angl. hashish].
Dérivé du cannabis ou chanvre indien. Son intoxica-
tion aiguë ressemble à l’ivresse alcoolique (on parle
d’« ivresse cannabique »), avec phase d’excitation,
troubles affectifs et sensoriels, puis phase dépres-
sive. Son intoxication chronique semble déclencher
ou majorer des processus psychotiques au long cours
(actuellement controversé) ; peut conduire à un état
de dépendance psychique.
Head banging (terme angl.). Activité de balancement
de grande amplitude, le plus souvent d’avant en
arrière, dont chaque période est marquée par un coup
plus ou moins violent porté de la tête contre une sur-
face résistante qui se trouve à portée. Ce phénomène
apparaît chez le nourrisson et persiste rarement après
l’âge de 4 ans.
Hébéphrénie (s. f.) (gr. hébé, jeunesse, et phrên, esprit)
[angl. hebephrenia]. Forme clinique de schizophrénie
marquée par son début insidieux dans l’adolescence,
la pauvreté ou l’absence de délire et l’importance de
la *discordance. Devenue rare actuellement.
Héboïdophrénie (s. f.) [angl. heboidophrenia].
Syndrome comportant des signes de la série schi-
zophrénique (et notamment la discordance avec her-
métisme, froideur et détachement) et des troubles
d’allure pseudo- *psychopathique (avec troubles ca-
ractériels et actes antisociaux à type de vols et
de violences).

50
Hémiplégie (s. f.) (gr. hêmi, à moitié, et plêgê, coup)
[angl. hemiplegia]. Paralysie complète ou partielle,
frappant une moitié du corps (gauche ou droite).
Hermétisme (s. m.) (gr. Hermès, du dieu égyptien Thot,
fondateur de l’alchimie) [angl. hermetism]. Caractère
de ce qui reste incompréhensible, obscur. Constitue un
élément majeur de la *discordance *schizophrénique.
Héroïne (s. f.) (gr. hêrôs, demi-dieu, par allusion aux
effets de ce produit) [angl. heroin]. Stupéfiant toxique
et illicite, dérivé de la morphine.
Histrionisme (s. m.) (lat. histrio, acteur) [angl. histrio-
nism]. Comportement visant à attirer l’attention sur
soi et à séduire ses interlocuteurs. Ce trait de person-
nalité est fréquemment observé dans l’*hystérie et est
très proche du *théâtralisme.
Homicide (s. m.) (lat. homicida, tuer) [angl. homicide].
Action de tuer un être humain de façon non prémé-
ditée (meurtre) ou préméditée (assassinat).
– pathologiques : ce sont les crimes commis par cer-
tains malades mentaux dont le discernement est aboli
ou altéré (*délirants, *déments, *débiles, *épilep-
tiques). V° Responsabilité.
Homosexualité (s. f.) (gr. homos, pareil, et lat. sexus,
sexe) [angl. homosexuality]. Choix d’un parte-
naire du même sexe pour réaliser l’acte sexuel. Il
existe des homosexuels exclusifs et des bisexuels.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’a reti-
rée de sa classification le 17 mai 1990.
Hôpital de jour [angl. day hospital]. En psychiatrie,
structure qui assure des soins polyvalents individua-
lisés et intensifs, dans la journée seulement, les ma-
lades passant la nuit et le week­end à leur domicile.
Hôpital de nuit [angl. night hospital]. Structure et/ou
modalité de prise en charge, fonctionnant souvent

51
à l’intérieur des services d’hospitalisation à temps
complet. Arrivant dans la soirée, les patients
passent la nuit dans la structure et la quittent tous
les matins.
Hôpital psychiatrique [angl. mental hospital]. En 1937,
nouveau nom de l’« établissement d’aliénés » créé
par la loi du 30 juin 1838. Depuis la loi du 31 juillet
1991, s’appelle centre hospitalier ou établissement
public de santé.
Hospitalisme (s. m.) [angl. hospitalism]. Ensemble de
troubles graves, corporels et psychologiques résul-
tant d’une hospitalisation prolongée et de l’absence
complète de lien avec la mère, chez des nourrissons
de moins de 18 mois (travaux de R. Spitz, 1945).
Humeur (s. f.) (lat. humor, liquide) [angl. mood].
Disposition affective fondamentale, riche de toutes
les instances émotionnelles et instinctives, qui donne
à chacun de nos états d’âme une tonalité agréable ou
désagréable, oscillant entre les deux pôles extrêmes
du plaisir et de la douleur (J. Delay, 1946).
Huntington (*maladie de) [angl. Huntington’s chorea].
Maladie héréditaire (mode autosomique dominant)
associant des mouvements choréiques et des troubles
mentaux, évoluant vers un état démentiel. Diagnostic
par analyse de l’ADN. V° Démence.
Hydrocéphalie (s. f.) (gr. hudôr, eau, et képhalê, tête)
[angl. hydrocephalus]. Dilatation des ventricules
cérébraux avec excès de liquide céphalorachidien.
– à pression normale (ou syndrome de Adams et
Hakim) : troubles *frontaux, de la marche, sphincté-
riens et syndrome démentiel. V° Démence.
Hyperesthésie (s. f.) (gr. huper, au-dessus, et aisthêsis,
sensibilité) [angl. hyperaesthesia]. Sensibilité exces-
sive aux événements extérieurs, s’accompagnant d’un
seuil bas de réaction physique et/ou psychique.

52
Hyperkinétique (syndrome) (adj.) [angl. hyperkine-
tic]. Activité psychomotrice anormalement impor-
tante chez des enfants remuant sans cesse.
Hypermnésie (s. f.). Évocation incoercible de souve-
nirs, s’imposant à l’esprit de façon obsédante.
Hyperprosexie (s. f.) (gr. huper, au-dessus, et pro-
sekhein, diriger vers). Augmentation de l’attention.
Hypersomnie (s. f.) (gr. huper, au-dessus, et lat. som-
nus, sommeil). Excès de temps de sommeil.
Hyperthymie (s. f.) (gr. huper, au-dessus, au-delà, et
gr. thumos, âme) [angl. hyperthymia]. Augmentation
exagérée de l’humeur. Ce trouble se rencontre électi-
vement dans la *manie.
Hypertrophie du moi. Syn. de « *mégalomanie ».
Hypnagogique (adj.). Qui se rapporte aux manifesta-
tions se produisant lors de l’endormissement.
Hypnopompique (adj.) (gr. hupnos, sommeil, et pompé,
renvoi) [angl. hypnopompic]. Qui se produit au réveil.
Hypnose (s. f.) (gr. hupnoûn, endormir). Pseudo-
sommeil induit artificiellement, au cours duquel le
sujet reste capable d’obéir à certaines suggestions
faites par l’hypnotiseur. S. Freud l’a définitivement
abandonnée en 1896, pour la méthode des associa-
tions libres.
Hypnotique (adj.). Qui se rapporte à l’*hypnose.
– (s. m.) : médicament destiné à induire le sommeil
(syn. de somnifère).
Hypocondre (s. m.) (gr. hupo, sous, et khondros, car-
tilage) [angl. hypochondrium]. Région abdominale
antérolatérale située sous les cartilages costaux.
Hypocondrie (s. f.) (gr. hupokhondrion, hypocondre)
[angl. hypochondria]. Système d’idées, d’intuitions,

53
de convictions, de préoccupations exagérées, d’illu-
sions et de jugements enracinés dans une conception
et une expérience du corps malade (H. Ey).
– délirante : peut engendrer des idées de persécution
et provoquer des réactions violentes pouvant aller
jusqu’à l’homicide.
Hypomanie (s. f.). Forme clinique atténuée de *manie.
Mais des hypomanies constitutionnelles (chroniques)
peuvent poser de délicats problèmes diagnostiques.
Hypoprosexie (s. f.) (gr. hupo, au-dessous, et pro-
sekhein, diriger vers). Diminution de l’attention.
Hystérie (s. f.) (gr. husterikos, utérus) [angl. hysteria].
Affection névrotique, connue et décrite depuis l’An-
tiquité. V° Hystérique (névrose).
– d’angoisse. Appelée de la sorte par S. Freud, mais
désignant en fait la *névrose phobique.
Hystérique (adj.) (lat. hystericus, gr. husterikos, utérus)
[angl. hysterical].
1. Conversion – : symptôme *fonctionnel, sans lésion
anatomique, variable, sensible à la suggestion et
réversible. Il s’agit essentiellement de crises névro-
pathiques (« crises de nerfs ») paralysies, spasmes,
anesthésies et troubles sensoriels. V. trav. de Charcot,
Bernheim, Liebeault, Janet.
2. Névrose – : *névrose caractérisée par des phé-
nomènes de conversion somatique, permanents ou
paroxystiques et une personnalité particulière à
base de plasticité, la « personnalité hystérique ».
V. S. Freud et J. Breuer, Études sur l’hystérie, 1895.
3. Personnalité – : ensemble fait de suggestibilité,
théâtralisme, mythomanie, hyperexpressivité des émo-
tions, dépendance affective et érotisation des rela-
tions sociales (comportements de séduction, mais
fréquence des troubles de la sexualité).

54
I

Iatrogène (adj.) (gr. iatros, médecin) [angl. iatroge-


nic]. Se dit des effets secondaires des actes médi-
caux, et particulièrement de ceux provoqués par les
médicaments.
Ictus (s. m.) (lat. ictus, coup) [angl. ictus]. En neurolo-
gie, tout trouble de survenue brutale.
Idéal du moi [angl. ego ideal] (psychan.). Modèle
auquel un sujet cherche à se conformer.
Idéalistes passionnés. Sujets rêvant de nouveaux
systèmes politiques, de paix universelle ou de phi-
lanthropie ; ils sont animés d’une volonté farouche
et agressive de lutte et de combat (H. Ey). Ils sont
classés dans le groupe des *paranoïas.
Idée (s. f.) (gr. idein, voir) [angl. idea].
– fixe : idée qui s’impose avec une constance et
une intensité suffisantes pour parasiter le contenu
de la pensée ; elle tend à envahir tout le champ de
l’intellect et à solliciter à son profit toute l’attention.
Contrairement aux obsessions, elle est en accord avec
les tendances idéo-affectives du sujet ;
– prévalente : c’est l’invasion par l’idée fixe de tout
le système idéo­affectif du sujet, matrice de réactions
de *quérulence et de *revendication, d’états *pas-
sionnels de *jalousie. V° Paranoïa ;
– de référence : sentiment d’être l’objet de l’attention
ou de conversations d’autrui, avec connotation péjo-
rative. Fréquent au cours des *psychoses.
Identification (s. f.) (lat. idem, le même, et facere,
faire) [angl. identification]. Mécanisme inconscient

55
par lequel une personne tend à ressembler à une autre
en assimilant un de ses aspect, attribut ou propriété.
Idiotie (s. f.) (gr. idiôtês, individu quelconque) [angl.
idiocy]. Déficit intellectuel très profond où l’âge men-
tal ne dépasse pas 2 ou 3 ans. Le langage est absent
ou quasi absent, et les acquisitions sont très réduites
(alimentation, contrôle sphinctérien). Le *quotient
intellectuel (QI) est inférieur à 20.
Illusion (s. f.) (lat. ludere, jouer) [angl. illusion].
Interprétation erronée des données sensorielles à par-
tir d’une perception réelle.
Imbécillité (s. f.) (lat, imbecillus, faible) [angl. imbe-
cillity]. Déficit intellectuel profond où l’âge mental
est inférieur à celui d’un enfant de 6 ans. Il existe un
langage oral plus ou moins développé, mais l’écri-
ture n’est pas accessible. Le QI est compris entre 20
et 49.
Immaturité affective [angl. emotional immaturity].
Retard dans l’évolution psychoaffective d’une per-
sonne qui demeure de ce fait dans un état de dépen-
dance (variable), vis-à-vis de son entourage.
Immotivé (adj.) (lat. im-, privé de, et movere, mouvoir)
[angl. motiveless]. Acte, sourire, crime, effectué sans
raison apparente, énigmatique ; peut évoquer une
*schizophrénie. En proportion, les psychotiques tuent
moins et sont plus souvent victimes qu’agresseurs.
Impaludation (s. f.). V° Malariathérapie.
Impulsion (s. f.) (lat. impulsio, de pellere, pousser)
[angl. impulsion]. Acte accompli soudainement et
brutalement, échappant à la volonté du sujet (*schi-
zophrénie, *psychopathie, *épilepsie, *exhibition-
nisme impulsif « type Lasègue »).
Impulsivité (s. f.) (lat. in, sur, et pellere, pous-
ser) [angl. impulsivity]. Tendance à agir de façon

56
brusque et irraisonnée. Vis État limite, Psychopathie,
Épileptique.
Incapacité (s. f.) (lat. in-, privé de, et capere, contenir)
[angl. incapacity]. En droit civil, état d’une personne
privée par la loi, ou par un jugement, de la jouissance
ou de l’exercice de certains droits. V. la loi du 5 mars
2007 portant réforme de la protection juridique des
majeurs.
Inceste (s. m.) (lat. incestus, non chaste) [angl. incest].
Relations sexuelles entre père et fille, mère et fils,
ou frère et sœur. Il existe de nombreuses situations
incestueuses allant du viol *pédophilique à l’inceste-
liaison. V. trav. de Cl. Lévi­Strauss, B. Malinowski.
Inconscient (adj. et s. m.) (lat. in-, privé de, et scire,
savoir) [angl. unconscious]. Ensemble des processus
qui agissent sur la conduite, mais échappent à la
conscience. Pour la psychanalyse (S. Freud, « La se-
conde topique », 1920), l’inconscient est organisé en
fonction des trois *instances de la personnalité qui sont :
• le moi (qui régit la vie relationnelle) ;
• le ça (pulsions instinctuelles) ;
• le surmoi (exigences socioculturelles).
Incontinence émotionnelle. (Incapacité partielle ou
totale à dominer ses émotions.
Infantile (*névrose) (adj.). Affection rare chez l’enfant,
où les manifestations névrotiques sont le plus sou-
vent réversibles, sans continuité avec une pathologie
de l’adulte, et appartiennent à plusieurs lignées à la
fois (*hystériques, *phobiques, *obsessionnelles).
Inhibition (s. f.) (lat. inhibere, arrêter) [angl. inhibi-
tion]. Ralentissement ou suspension de l’activité psy-
chique et/ou motrice.
Insomnie (s. f.) (lat. de somnus, sommeil) [angl.
insomnia]. Trouble du sommeil pouvant intéresser

57
l’endormissement, interrompant plusieurs fois le
sommeil ou occasionnant un réveil précoce.
Instabilité psychomotrice [angl. restlessness].
V° Hyperkinésie.
Instance (s. f.) [angl. agency] (psychan.). Désigne pour
S. Freud (L’Interprétation des rêves, 1900) les par-
ties ou substructures de l’appareil psychique.
Instinct (s. m.) (lat. instinctus, impulsion) [angl. ins-
tinct]. Comportement inné et invariable, commun aux
individus d’une même espèce et paraissant adapté à
un but dont le sujet n’a pas conscience.
– (psychan.). Ensemble des forces psychiques
qui représentent les exigences d’ordre somatique
(D. Lagache).
Institut médico-éducatif (IME). Établissement spécia-
lisé accueillant des sujets âgés de 6 à 20 ans atteints
d’un déficit intellectuel. Les IME comprennent :
– les instituts médico-pédagogiques (IMP) : établis-
sements spécialisés recevant des enfants âgés de 6 à
14 ans, leur donnant un enseignement général et des
soins ; et développant leur habileté manuelle ;
– les instituts médico-professionnels (IM-Pro) : établis-
sements de suite des IMP complètent l’enseignement
général et assurent une formation professionnelle des
adolescents (14 à 20 ans), adaptée à leur handicap.
Internement (s. m.) (lat. internus, intérieur) [angl.
confinement]. Terme désuet en psychiatrie, remplacé
par la locution soins psychiatriques hospitaliers sous
contrainte (V. la loi du 5 juillet 2011 relative aux
droits et à la protection des personnes faisant l’objet
de soins psychiatriques et aux modalités de leur prise
en charge). Ces régimes représentent 15 % des hos-
pitalisations en psychiatrie publique.
Interprétation (s. f.) (lat. interpretatio, explication)
[angl. interpretation].

58
– délirante : interprétation erronée et inébran-
lable empêchant tout sens critique et tout jugement
adapté.
– psychanalytique : à l’origine, elle n’était pas conçue
comme un acte d’intervention externe relevant du
seul analyste, mais bien comme l’acte de significa-
tion effectué par le patient dans la découverte d’un
rapport entre le sens manifeste et le sens caché de ce
qu’il dit.
Introjection (s. f.) (lat. intro, dedans, et jacere, jeter)
[angl. introjection] (psychan.). Mécanisme consistant
à faire entrer de façon fantasmatique, dans les ins-
tances de son appareil psychique, des personnes ou
des objets extérieurs (S. Ferenczi, 1909).
Introspection (s. f.) (lat. introspicere, regarder à l’inté-
rieur) [angl. introspection]. Observation méthodique
par le sujet de ses états de conscience.
Introverti (adj. et s.) (lat. introversio, de vertere, tour-
ner) [angl. introvertive]. Qui a tendance à se replier
sur soi, sur son monde intérieur.
Intuition (s. f.) (lat. intuitio, regarder attentivement)
[angl. intuition]. Forme de connaissance immédiate
qui ne fait pas appel au raisonnement. Sentiment pré-
cis de ce que l’on ne peut pas vérifier.
– délirante : V° Délire.
Inventeurs délirants. (Ces sujets gardent le secret
de leurs expériences, de leurs calculs ou de leurs
« découvertes » et se plaignent d’être dépossédés de
leurs droits ou brevets d’invention (H. Ey). Si le dia-
gnostic, difficile, est retenu, il intègre la pathologie
dans le cadre des paranoïas.
Investissement (s. m.) (lat. investir, revêtir) [angl.
cathexis] (psychan.). Processus consistant, pour une
personne, à fixer son énergie psychique sur son corps
ou l’une de ses parties, un objet, une activité.

59
IRM (abréviation de imagerie par résonance magné-
tique). Technique développée à partir de la résonance
magnétique nucléaire. Son principe repose sur l’in-
teraction entre les protons des tissus vivants et des
champs magnétiques de forte densité. L’IRM dite
fonctionnelle permet de visualiser le fonctionnement
spontané des différentes zones cérébrales (modifica-
tions de flux sanguins) ou après injection d’un traceur
radioactif.
IRSNa (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine
et de la noradrénaline). Classe d’*antidépresseurs
inhibant la recapture de la noradrénaline et de la séro-
tonine ; ce qui entraîne l’augmentation de la concen-
tration synaptique de ces deux *neuromédiateurs.
Isolation (s. f.) (lat. insula, île) [angl. isolation] (psy-
chan.). Mécanisme de défense du moi névrotique,
consistant à détacher une image, une idée ou un affect
de son contexte temporel, spatial ou émotionnel.
Processus typique de la *névrose obsessionnelle.
ISRS (inhibiteurs spécifiques de la recapture de la
sérotonine). Classe d’*antidépresseurs inhibant la re-
capture de la sérotonine ; ce qui entraîne l’aug-
mentation de la concentration synaptique de ce
*neuromédiateur.
Itération (s. f.) (lat. iteratio, répétition, redite) [angl.
iteration]. Répétition immédiate et plurale d’un geste
ou d’un propos, sans utilité aucune. Se rencontre
dans la maladie de Parkinson, la schizophrénie. V°.
Palilalie.

60
J

Jalousie (délire de) (s. f.) (gr. zêlos, zèle) [angl. delu-
sion of jealousy, jealous delusion]. Conviction erro-
née et inébranlable d’être trompé, apparaissant le
plus souvent sans motif valable. Fréquent dans l’al-
coolisme et les délires *passionnels.
Jambes sans repos (syndrome des) ou syndrome
d’impatience [angl. restless legs syndrome].
Sensations désagréables des jambes, entraînant le
besoin irrépressible de les bouger, voire de se lever
et de déambuler. Ce trouble peut être en rapport,
notamment, avec la prise de *neuroleptiques ou
d’*antidépresseurs *ISRS.
Jargonaphasie (s. f.) [formé de jargon (rad. onomat.
garg-, gosier) et de *aphasie (gr. a- priv., et phasis,
parole)] [angl. jargonophasia]. Altération du langage
consistant en un verbiage inintelligible. Se rencontre
dans la schizophrénie et certaines affections neurolo-
giques (e.g. aphasies de Broca, Wernicke).
Jet-lag (s. m.) [angl. jet-lag]. Syndrome de désynchro-
nisation des rythmes biologiques entraîné par les
voyages aériens intercontinentaux comportant des
décalages horaires importants.
Jeu pathologique ou ludomanie [angl. pathological
gambling]. Le *DSM-5 définit cette « toxicomanie
sans drogue » comme étant une pratique inadaptée,
persistante et répétée du jeu, qui perturbe l’épanouis-
sement personnel, familial ou professionnel, à condi-
tion qu’un épisode*maniaque n’explique pas mieux
le diagnostic. Il existe un besoin de jouer avec des
sommes d’argent croissantes pour atteindre l’état

61
d’excitation désiré. De même, un état d’agitation ou
d’irritabilité survient classiquement lors des tenta-
tives de réduction ou d’arrêt de la pratique du jeu.
La personne doit s’adonner à cette activité depuis au
moins un an.
Jocaste (complexe de) [angl. Jocasta’s complex].
Attachement pathologique d’une mère à son fils, en
référence à la mythologie grecque ancienne (Jocaste
y était la mère puis l’épouse de son fils Œdipe).
Joint (s. m.) [angl. joint, du fr. joint (point de jonction),
lieu de rencontre plus ou moins illégal]. Cigarette de
*cannabis ou d’un mélange de haschich et de tabac.
Jouissance (s. f.) (lat. gaudere, se réjouir intérieure-
ment) [angl. enjoyment] (psychan.). Dans l’œuvre de
J. Lacan, composante psychique distincte du plaisir
et des perversions sexuelles.
Jugement (s. m.) (lat. judicare, décider, apprécier)
[angl. judgment]. Décision mentale par laquelle le
contenu d’une assertion est posé à titre de vérité :
– (troubles du) : ils sont retrouvés dans de nom-
breuses affections mentales par altération qualitative
ou quantitative des fonctions intellectuelles ;
– (fausseté du) : est typique de la *paranoïa et des
syndromes *démentiels.
Junkie ou junky (s.) [angl. américain junk, drogue dure].
Toxicomane à l’héroïne par voie intraveineuse.

62
K

Kanner (autisme de) [angl. Kanner’s autism]. Psychose


infantile précoce, décrite en 1943 par le psychiatre
américain L. Kanner (sous le titre original Autistic
Disturbance of Affective Contact), caractérisée par :
– le fait que l’enfant ne paraît pas voir ni entendre les
personnes et les objets qui sont autour de lui ;
– le fait que chaque objet doit avoir une place fixe et
définitive ;
– l’existence de *stéréotypies gestuelles et parfois
verbales ;
– l’absence de langage ou alors la présence d’un lan-
gage sans valeur communicationnelle.
Kleine-Levin (syndrome de) [angl. Kleine-Levin syn-
drome]. Affection rare évoluant par périodes compor-
tant des accès ou phases d’*hypersomnie (quelques
jours à quelques semaines), des troubles du compor-
tement et une *polyphagie.
Kleptomanie (s. f.) (gr. kleptô, je vole, et mania, folie)
[angl. kleptomania]. Impulsion obsédante tendant
à faire dérober les objets les plus divers. Ce n’est
qu’après une lutte anxieuse intérieure que l’acte
est réalisé, laissant place à un sentiment de soulage-
ment mais aussi de culpabilité.
Klinefelter (syndrome de) [angl. Klinefelter’s syn-
drome]. Affection liée à l’existence d’un chromo-
some surnuméraire (formule chromosomique XXY).
Un déficit intellectuel y est souvent retrouvé.
Klüver et Bucy (syndrome de) [angl. Klüver-Bucy
syndrome]. Ce syndrome comporte une tendance à
porter à la bouche tous les objets, une apathie avec

63
émoussement émotionnel. Il s’observe après lobecto-
mie temporale et certaines atrophies cérébrales.
Kohs (cubes de) [angl. Kohs’ blocks]. Test de per-
formances intellectuelles utilisé dans l’échelle de
*Wechsler. Il consiste à reconstituer des dessins à
l’aide de cubes dont chaque face est peinte d’une
couleur différente. Il peut parfois servir d’épreuve
d’intelligence non verbale.
Koro (s. m.) [angl. koro]. Syndrome observé essentielle-
ment en Asie, comportant la conviction très anxiogène
que le pénis (la vulve et les seins chez la femme) est en
train de se rétracter pour disparaître dans l’abdomen.
Korsakov ou Korsakoff (syndrome de) [angl.
Korsakov’s disorder]. Encéphalopathie caractérisée
par l’association :
– d’une *amnésie antérograde qui fait la spécificité
de ce syndrome : le sujet oublie à mesure ;
– d’une *désorientation temporo-spatiale ;
– de *fausses reconnaissances ;
– d’une *confabulation spontanée ou induite ;
– D’origine le plus souvent alcoolique (avec l’as-
sociation fréquente d’une polynévrite des membres
inférieurs), ce syndrome peut être en rapport, mais
moins souvent, avec un traumatisme crânien, une
affection vasculaire ou tumorale. V° Presbyophrénie.
Kretschmer (délire de relation des sensitifs de) [angl.
delusion of reference]. Forme clinique sensitive et
hyposthénique de la paranoïa, cet état délirant se
développe de façon concentrique par rapport à un
événement dit primaire. Le sujet acquiert la convic-
tion que son entourage est malveillant à son égard. Ce
*délire, survenant sur des terrains hyposthéniques,
hyperanxieux et dépressifs, est à l’origine d’actes
suicidaires fréquents.

64
L

Labilité (s. f.) (lat. labilis, glisser, tomber) [angl. labi-


lity]. Caractère de troubles de très courte durée. Peut
désigner une labilité *thymique ou émotionnelle.
Lapsus (s. m.) (lat. lapsus, qui est tombé) [angl. lap-
sus]. Erreur consistant à prononcer ou à écrire un
mot à la place d’un autre. Pour S. Freud, l’étude des
lapsus permet un abord de l’inconscient, comme les
rêves ou les actes manqués (Psychopathologie de la
vie quotidienne, 1904).
Latence (s. f.) (lat. latere, être caché) [période de]
[angl. latent period]. Période s’étendant de la sixième
année à la puberté, au cours de laquelle le développe-
ment de la sexualité semble comme arrêté. Pour les
psychanalystes, est liée à la résolution du *complexe
d’Œdipe.
Latéralité (s. f.) (lat. latus, côté) [angl. laterality].
Dominance fonctionnelle d’un côté du corps humain
sur l’autre.
Lewy (démence à corps de) [angl. Dementia with
Lewy’s bodies]. Affection démentielle à évolution
progressive, identifiée par la présence diffuse de
structures anormales dans les cellules cérébrales :
les corps de Lewy. Elle se distingue en principe de
la maladie d’*Alzheimer par l’existence : d’halluci-
nations (essentiellement visuelles), une fluctuation
importante des troubles cognitifs, des signes de la
série parkinsonienne (hypertonie extrapyramidale,
tremblements, ralentissement), de fréquentes chutes.
Cette affection contre-indique l’usage de neurolep-
tiques (hypersensibilité).

65
Libido (s. f.) (lat. libido, désir) [angl. libido]. En psy-
chanalyse, désigne la force avec laquelle se mani-
festent les pulsions sexuelles.
Libre association [angl. free association] (psychan.).
Méthode consistant à exprimer librement toutes les
pensées qui viennent à l’esprit, qu’elles se présentent
spontanément ou qu’elles soient suscitées par un mot
ou une image donnée.
Lithium (s. m.) (lat. lithion, du gr. lithos, pierre)
[angl. lithium]. Métal utilisé comme médicament
dans la prévention de certains troubles *bipolaires
et dans le traitement curatif de l’accès de *manie.
Thérapeutique introduite par J. Cade en 1949 et codi-
fiée par M. Schou en 1967.
Little (maladie de) [angl. Little’s disease].
Encéphalopathie de l’enfance laissant persister,
à titre de séquelles : une arriération mentale, des
crises d’*épilepsie et une paralysie des membres
inférieurs.
Logoclonie (s. f.) (gr. logos, discours, et klonos, agi-
tation) [angl. logoclonia]. Répétition spasmodique
d’une syllabe au milieu ou à la fin d’un mot.
Logorrhée (s. f.) (gr. logos, discours, et rhein, flot)
[angl. logorrhea]. Flux incessant et incoercible de
paroles, caractéristique des *états maniaques.
LSD (s. m.) [angl. lysergide, LSD]. Acide lysergique
diéthylamide ou lysergide. Substance hallucinogène
dérivée de l’ergot de seigle.
Ludothérapie (s. f.) (lat. ludus, jeu, et thérapie) [angl.
play therapy]. Traitement de certains troubles men-
taux par le jeu.

66
M

Macropsie (s. f.) (gr. makros, long, grand, et opsis,


vision, vue) [angl. macropsia]. Modification subjec-
tive de la perception des objets, dont la taille paraît
plus importante qu’elle n’est (migraine, épilepsie
temporale).
Malariathérapie (s. f.). Ancien procédé thérapeuti-
que utilisé à partir de 1917 par W. von Jauregg pour
traiter la *paralysie générale. Il consistait à inoculer
le parasite responsable du paludisme pour entraîner
des accès de fièvre qui, à leur tour, développaient des
effets favorables sur l’affection.
Maniaco-dépressive (maladie) (loc.) [angl. maniac-
depressive disease]. Affection caractérisée par la
survenue périodique de troubles caractérisés de
l’*humeur, sous la forme d’accès *maniaques ou
d’épisodes *dépressifs, avec retour à l’état normal
dans l’intervalle des épisodes. Le DSM-5 (2013) dis-
tingue les troubles bipolaires de type I, de type II et
la cyclothymie.
Maniaque (adj. et s.) (lat. mania, folie) [angl. mania-
cal]. Terme pouvant désigner la personne qui pré-
sente un accès de *manie, mais pouvant également
qualifier l’accès lui­même (l’accès maniaque).
Manie (s. f.) (lat. mania, folie) [angl. mania].
– (accès de) : état de surexcitation des fonctions psy-
chiques caractérisé par l’exaltation de l’humeur et
un déchaînement des pulsions instinctivo-affectives
(H. Ey). Cet état d’euphorie hyperactive s’accom-
pagne d’insomnie et d’altération de l’état général ; il

67
cède en quelques jours sous l’effet des thérapeutiques
modernes. Dans 80 % des cas, ces accès s’intègrent
dans l’évolution d’un trouble *bipolaire. Les autres
causes sont toxiques (alcool surtout), médicamen-
teuses et endocriniennes ;
– délirante : manie à laquelle se surajoute un *délire à
thèmes mystiques, prophétiques ou de persécution ;
– de deuil : état d’agitation maniaque survenant à la
suite d’un deuil.
Maniérisme (s. m.) (lat. manus, main) [angl. man-
neism]. Expression gestuelle exagérément affectée,
manquant de naturel. Peut se rencontrer chez certains
schizophrènes et chez les hystériques.
Marijuana (s. f.). Syn. de « *haschich ».
Masochisme (s. m.). Dénommée ainsi par R. von Kraft-
Ebing, qui s’est servi du nom de Sacher Masoch
(1886) pour l’en faire dériver. Perversion sexuelle, le
masochisme se caractérise par la jouissance érotique
que le sujet puise dans la souffrance. Par extension, il
qualifie toutes les conduites où la souffrance est plus
ou moins consciemment recherchée.
Masquée (dépression) (adj.). État dépressif marqué
par des symptômes d’allure somatique, alors qu’il
ne semble pas exister d’état *dépressif clinique.
V. notamment les trav. de P. Kielholz (1973).
MDPH ou Maison départementale des personnes
handicapées. Créés par une loi du 11 février 2005,
ces groupements d’intérêt public prennent en charge,
dans chaque département, les démarches liées aux
différentes situations de handicap et en effectuent le
suivi. V° CDAPH.
Maternage (s. f.) [angl. mothering]. Ensemble des atti-
tudes visant à établir entre le patient et les soignants
une relation analogue à celle qui pourrait exister entre
une « bonne mère » et son enfant.

68
Mécanisme (s. m.) (gr. mêkhanê, machine) [angl.
mechanism].
1. de défense du moi (psychan.) : mécanisme psy-
chologique inconscient que le moi peut utiliser
pour diminuer l’angoisse née des conflits intérieurs.
Les principaux en sont : le clivage, la condensa-
tion, le déni, la compensation, le déplacement, la
dissociation, la formation du symptôme, l’identifi-
cation, la projection, le refoulement, la régression,
la sublimation et la substitution. Ces mécanismes
ont été particulièrement étudiés par Anna Freud et
Melanie Klein.
2. du délire. V° Délire.
Méfiance (s. f.) [angl. distrust]. Soupçon du mal chez
autrui, manque de confiance et peur d’être trompé par
l’interlocuteur ou l’entourage. Fréquemment rencon-
trée chez les sujets qui se croient persécutés et tout
particulièrement les *paranoïaques.
Mégalomanie (s. f.) (gr. mégas, grand, et mania,
folie) [angl. megalomania]. Surestimation exces-
sive, pouvant aller jusqu’au délire, de ses capacités
mentales et/ou physiques. Se retrouve essentielle-
ment dans la *manie, la *paranoïa et la *paralysie
générale.
Mélancolie (s. f.) (gr. mélas, anos, noir, et kholê, bile)
[angl. melancholia]. État de dépression intense vécu
avec un sentiment de douleur morale et caractérisé
par le ralentissement et l’inhibition des fonctions
motrices. V° Bipolaire (trouble).
Mélancolique (adj. et s.). Désigne le sujet qui présente
un accès de mélancolie, mais peut également quali-
fier l’accès lui­même (accès mélancolique).
Membre fantôme. [angl. phantom limb]. Persistance,
chez un sujet amputé, de la sensation du membre
absent, avec parfois d’intenses douleurs.

69
Méningite (s. f.) [angl. meningitis]. Nom générique
donné à toutes les inflammations des méninges (mem-
branes entourant le cerveau et la moelle épinière).
Méningo-encéphalite (s. f.). Affection aiguë ou chro-
nique touchant à la fois les méninges et l’encéphale.
Mentisme (s. m.) (lat. mens, mentis, esprit) [angl.
mentism]. Trouble caractérisé par le dévidement
d’images, de mots, d’idées ou de sons, qui s’imposent
à l’esprit du sujet qui reste néanmoins conscient de
leur caractère parasite.
Mérycisme (s. m.) (gr. mêrukismos, rumination) [angl.
mericysm]. Trouble associant une régurgitation provo-
quée (par contraction musculaire) des aliments ingérés,
leur mâchonnement interminable puis à nouveau leur
déglutition puis leur régurgitation. Survenant classi-
quement au cours du deuxième semestre de la vie, ce
syndrome peut conduire à un état de dénutrition.
Mescaline (s. f.). Substance hallucinogène extraite du
peyotl (qui se dit mexcalli en mexicain).
Méthadone (s. f.) [angl. methadone]. Analgésique de
synthèse utilisé comme produit de substitution dans
le traitement des toxicomanes utilisant de l’héroïne.
Microcéphalie (s. f.) [angl. microcephalia]. Crâne dont
le volume est anormalement réduit.
Micropsie (s. f.) (gr. mikros, petit, et opsis, vue) [angl.
micropsia]. Illusion visuelle faisant paraître les
objets plus petits qu’ils ne sont en réalité (par lésion
occipitale).
Miroir (signe du) (loc.) [angl. mirror sign]. Il consiste
en de longues contemplations devant une glace, en
raison du doute sur les limites corporelles et l’im-
pression de changement de forme du visage. Chez un
sujet jeune, ce signe est assez évocateur d’un début
possible de *schizophrénie.

70
MMPI (Minnesota Multiphasic Personality Inventory).
Test de personnalité basé sur un questionnaire com-
portant 550 questions auxquelles il est demandé au
sujet de répondre par « vrai » ou « faux ».
Moi (pron. pers. et s. m.) [angl. ego]. Ce qui constitue
la personnalité, l’individualité d’un être humain.
Dans la théorie psychanalytique, le moi désigne l’en-
semble des motivations et des actes d’un individu qui
conditionnent son adaptation à la réalité, satisfont aux
besoins et résolvent les conflits dus aux désirs incom-
patibles. Le moi est l’une des trois *instances dé-
crites par Freud dans sa seconde théorie de l’*appareil
psychique, avec le *ça et le *surmoi. Vo Topique.
Mongolisme (s. m.) ou syndrome de Down. Maladie
congénitale liée à une *trisomie 21 (trois chromo-
somes 21 au lieu de deux). Le faciès mongoloïde est
caractéristique et s’accompagne de malformations
diverses ainsi que d’un déficit intellectuel important
(*QI inférieur à 50).
Monoamine cérébrale. (loc.) [angl. brain monoamine].
Substance biochimique (sérotonine, dopamine, nora-
drénaline) jouant un rôle essentiel dans la transmis-
sion synaptique, c’est-à-dire dans le passage d’une
terminaison nerveuse à l’autre. Le blocage des récep-
teurs dopaminergiques serait responsable de l’effet
antipsychotique des *neuroleptiques.
Monomanie (s. f.) [angl. monomania]. Désignait les
délires partiels au XIXe siècle (J.­É. Esquirol).
Moria (s. f.) (gr. môria, folie) [angl. moria]. Vo Frontal.
Münchhausen (syndrome de). Ensemble de troubles
décrits chez des malades opérés à de nombreuses
reprises pour des affections simulées, dramatiques et
invraisemblables. Il s’agit d’une forme chirurgicale
de la *pathomimie, chez des sujets par ailleurs sou-
vent *mythomanes.

71
Musicothérapie (s. f.) [angl. musicotherapy]. Technique
de psychothérapie utilisant la musique dans certains
troubles mentaux. Peut être active ou réceptive.
Mussitation (s. f.) [angl. mussitation]. Mutisme entre-
coupé de rares propos émis à voix basse et peu dis-
tincte ; trouble évocateur de *schizophrénie.
Mutacisme (s. m.). Silence volontaire observé par des
simulateurs au cours de situations critiques ; peut être
utilisé comme un jeu par le *maniaque.
Mutisme (s. m.) (lat. mutus, muet) [angl. mutism]. Refus
absolu de parler, de répondre aux questions posées.
– chez l’enfant : le mutisme peut être total (après un
choc affectif ou dans un contexte hystérique) ou élec-
tif, en présence de certaines personnes (réactionnel,
névrotique, prépsychotique ou psychotique) ;
– chez l’adulte : s’observe dans la *schizophrénie, la
*confusion mentale, l’*hystérie grave ou encore par
pur utilitarisme).
Myoclonie (s. f.) (gr. myo, muscle, et klonos, agitation)
[angl. myoclonia]. Contractions musculaires brusques,
semblables aux secousses provoquées par un choc
électrique, involontaires, non systématisées et se
répétant à des intervalles variés.
Mystique (délire) (gr. mustikos, relatif aux mystères)
[angl. mystic delusion]. Délire à thèmes messianiques
ou prophétiques. On peut le rencontrer dans les *psy-
choses et les troubles *bipolaires.
Mythomanie (s. f.) (gr. muthos, fable, et lat. mania,
folie) [angl. mythomania]. Tendance pathologique à
l’altération de la vérité, à la fabulation, au mensonge
et à la comédie. Se rencontre avec prédilection dans
l’*hystérie.

72
N

Narcissisme (s. m.) (du personnage mythologique


Narcisse) [angl. narcissism]. Sorte de relation d’amour
entre le sujet et sa propre image (tel le mythe de
Narcisse, celui-ci contemplant son visage dans l’eau
d’une fontaine). Terme utilisé pour la première fois
en 1887, par le psychologue français A. Binet, pour
décrire une forme de fétichisme consistant à prendre
sa personne comme objet sexuel. C’est en 1910, dans
son essai Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci,
et en 1911, dans l’étude qu’il fait du cas Schreber,
que Freud considère le narcissisme comme un stade
normal de l’évolution. Puis, en 1914, dans Pour
introduire le narcissisme, le terme prend valeur de
concept. Phénomène libidinal, le narcissisme occupe
alors une place essentielle dans la théorie du dévelop-
pement sexuel de l’être humain.
Narcoanalyse (s. f.) (narkê, engourdissement) [angl. nar-
cissism]. Technique d’investigation de l’*inconscient
par l’injection intraveineuse d’un barbiturique d’ac-
tion rapide associé le cas échéant à une amphétamine.
L’indication privilégiée pourrait être représentée par
la névrose ou le stress *post­traumatique (après un
bombardement, une catastrophe naturelle).
Narcolepsie (s. f.). V° Gélineau (maladie de).
Nécrophilie (s. f.) (gr. nekros, mort, et phileîn, aimer)
[angl. necrophilia]. Perversion sexuelle caractérisée
par l’attirance morbide exercée sur un sujet par un
cadavre.
Négation (délire de). Syn. de « syndrome de *Cotard ».

73
Négativisme (s. m.) (lat. negare, nier) [angl. negati-
vism]. Résistance à toute sollicitation. Comportement
fait d’opposition, raideur, bouderie, ironie et dédain.
Chez l’enfant, il peut s’agir d’une protestation révol-
tée contre certaines frustrations. Chez l’adulte, c’est
un trouble rencontré dans la *schizophrénie.
NEMI. (Nouvelle échelle métrique de l’intelligence.
Test de *Binet-Simon révisé par R. Zazzo (1966)
puis par G. Cognet (2006) pour devenir la NEMI-2.
Néologisme (s. m.) (gr. neo, nouveau, et logos, dis-
cours) [angl. neologism]. Emploi d’un mot nouveau
par création, déformation ou composition, ou bien
emploi d’un mot dans un sens nouveau. S’observe
dans certains états délirants.
Neurasthénie (s. f.) [angl. neurasthenia] (G. Beard,
1869). Terme désuet en France, désignant un état de
fatigue, avec anxiété, tristesse et plaintes somatiques
multiples. La *CIM-10 (1992) l’a conservée.
Neuroleptique (s. m.) (gr. neuron, nerf, et leptos,
faible) [angl. neuroleptic]. J. Delay et P. Deniker,
1957. Médicaments psychotropes utilisés principale-
ment dans les états délirants et hallucinatoires aigus
et chroniques, ainsi que dans les états d’agitation.
V° Monoamine cérébrale.
Neurologie (s. f.) (gr. neuron, nerf, et logos, parole, dis-
cours) [angl. neurology]. Discipline médicale traitant
des maladies du système nerveux et non des maladies
mentales comme le fait la psychiatrie.
Neuromédiateur (s. m.) (gr. neuron, nerf, et media-
tor, de mediare, s’interposer) [angl. neuromedia-
tor]. Substance biochimique permettant le passage
de l’influx électrique entre deux cellules nerveuses :
sérotonine et noradrénaline et sérotonine (voie émo-
tionnelle), dopamine et opiacés (voies du plaisir),
glutamate et GABA (effets négatifs).

74
Neurone (s. m.) [angl. neurone]. Cellule nerveuse de base
du système nerveux central et périphérique, formée
d’un corps cellulaire à prolongements courts (les den-
drites) et d’un cylindraxe ou axone, formant la (longue)
fibre nerveuse. Le nombre de neurones serait d’environ
cent milliards (1011), développant entre eux un million
de milliards de connexions (1015). Depuis le plus jeune
âge, le cerveau perd chaque jour environ 50 000 neu-
rones. Mais dans certaines régions du cerveau comme
l’hippocampe, de nouveaux neurones naissent conti-
nuellement en petites quantités, tout au long de la vie.
Le neurone produit et achemine des informations sous
la forme d’influx électriques, les potentiels d’action.
Neuropsychologie (s. f.) [angl. neuropsychology].
Discipline qui étudie les phénomènes psychiques en
liaison avec la physiologie nerveuse.
Névrose (s. f.) (gr. neuron, nerf) [angl. neurosis].
W. Cullen, 1769. Affection mentale caractérisée par :
• l’existence de troubles à expression psychique et/ou
somatique et/ou comportementale ;
• l’absence de perturbation anatomique et physiolo-
gique actuellement décelable ;
• la persistance du « système de réalité » (à la diffé-
rence des psychoses) ;
• la relative bonne adaptation sociale malgré les
troubles (sauf les formes graves et invalidantes) ;
• leur sensibilité plus ou moins importante aux thé-
rapeutiques non médicamenteuses (psychothérapies,
relaxation, hypnose, etc.).
Pour la psychanalyse, il s’agit d’affections psycho-
gènes où les symptômes sont l’expression symbo­
lique d’un conflit psychique remontant à l’enfance et
réalisant des compromis entre le désir et l’interdic-
tion (selon J. Laplanche et J.-B. Pontalis).
On distingue notamment la névrose actuelle, d’*an-
goisse, *hystérique, *obsessionnelle, *phobique,
*traumatique, *post-traumatique.

75
Le *DSM-III (1980) et ses versions ultérieures, ainsi
que la *CIM-10 (1992), ont abandonné le concept de
névrose, « trop imprécis », pour le remplacer par des
regroupements syndromiques (e.g. troubles anxieux,
troubles bipolaires) et les troubles de la personnalité.
Niveau intellectuel [angl. mental level]. Degré de
connaissances, de la culture. Schématiquement, le
niveau d’un sujet sera dit normal, bas ou élevé.
Nocebo (effet) (en lat., « je nuirai ») [angl. nocebo
effect]. Ensemble de troubles désagréables éprouvés
à la suite de l’ingestion d’une préparation pharma-
ceutique inerte ou bien d’un médicament qui ne peut
pas en principe entraîner de tels effets.
Nosographie (s. f.) (gr. nosos, maladie, et graphein,
écrire) [angl. nosography]. Classification et descrip-
tion méthodique des maladies.
Nosologie (s. f.) [angl. nosology]. Étude des caractères
distinctifs qui permettent de définir les maladies.
Nosophobie (s. f.) [angl. nosophobia]. Crainte exces-
sive qu’éprouvent certains sujets de contracter des
maladies (le plus souvent graves : cancer, Sida).
Nursing (s. m.) (mot angl.). Syn. de « *maternage ».
Nycthéméral (adj.) (gr. nux, nuit, et héméra, jour) [angl.
nyctohemeral]. Qui est relatif au *nycthémère (e.g. le
rythme nycthéméral).
Nycthémère (s. m.) [angl. nyctohemeral period].
Période de temps comprenant un jour et une nuit,
c’est-à-dire vingt-quatre heures. V° Nycthéméral.
Nymphomanie (s. f.) (gr. nymphé, jeune mariée, et lat.
mania, folie) [angl. nymphomania]. Exagération des
désirs sexuels chez la femme, pouvant l’amener à une
recherche incessante de partenaires nouveaux.

76
O

Objectal (adj.) (lat. objectare, placer devant) [angl.


objectal] (psychan). Qui se rapporte à un *objet
extérieur à soi, en parlant d’une tendance ou d’une
conduite (G. Palmade). Le lien qui se réalise entre le
sujet (le nourrisson) et l’objet (la mère, puis le père et
la mère) réalise le lien objectal (G. Bendel).
Objet (s. m.) [angl. object].
1. en psychologie, ce qui s’offre à la perception et à
la connaissance du sujet ;
2. en psychanalyse, ce qui est, pour le sujet, une
cause d’attirance ou de rejet (e.g. l’objet sexuel
est la personne qui exerce sur le sujet une attirance
sexuelle) ;
3. transitionnel (psychan.). Expression introduite par
D. W. Winnicott (1951) pour caractériser un type
d’objet (pouce, mouchoir, peluche) qui, chez l’enfant,
assume une transition fantasmatique entre le premier
objet d’amour (le sein maternel) et la construction
d’une véritable *relation d’objet.
Oblativité (s. f.) (lat. oblatus, offert) [angl. oblativity].
Tendance à faire passer ses intérêts propres à l’arrière­
plan afin de satisfaire les désirs d’autrui.
Obnubilation (s. f.) (lat. nubilus, nuageux) [angl.
omnubilation]. État de la conscience pouvant aller du
simple engourdissement de la pensée jusqu’à un état
de *stupeur voisin du coma.
Observance (s. f.) (lat. observare, porter son attention
sur) [angl. compliance]. En médecine, façon dont un
patient suit la prescription médicale.

77
Obsession (s. f.) (lat. obsidere, assiéger) [angl. obses-
sion]. Irruption, dans la pensée, d’un sentiment,
d’une idée, d’une tendance, apparaissant au malade
comme un phénomène morbide en désaccord avec sa
pensée consciente, qui émane pourtant de sa propre
activité psychique et persiste malgré ses efforts pour
s’en débarrasser (P. Pichot).
1. idéative : l’esprit est assiégé par une idée concrète
(mots, objets, chiffres) ou abstraite (la vie, la mort,
l’existence de Dieu). La crainte d’une omission,
d’une erreur, d’une négligence entraîne des vérifica-
tions interminables (véritable « folie du doute ») ;
2. impulsive : le sujet est assailli par l’idée et la
crainte angoissante d’être amené de façon irrésistible
à commettre un acte absurde, immoral ou nuisible.
Mais cet acte tant redouté n’est jamais commis ;
3. phobique : l’esprit est assiégé par une crainte spé-
cifique existant en dehors de l’objet. Il suffit que le
sujet y pense pour que l’angoisse apparaisse (il s’agit
le plus souvent d’obsessions phobiques des maladies,
des microbes, de la saleté). Ces craintes conduisent à
la pratique de rituels de vérification et de lavage extrê-
mement contraignants (véritable « folie du doute avec
délire du toucher ») (H. Legrand Du Saulle, 1875).
Obsessionnelle (adj.) [angl. obsessional]. V° Obses-
sion.
1. Névrose – : (all. zwangsneurose), trouble mental
rare mais grave, dont le diagnostic repose sur l’exis-
tence de la triade : obsession(s), *compulsions et rites,
*personnalité particulière (obsessionnelle ou psychas-
thénique). Isolée par Freud en 1894, elle fut décrite de
façon très proche en 1903 par P. Janet. (V. S. Freud,
« l’Homme aux rats », in Cinq psychanalyses, 1909).
Il est à noter que, en allemand, R. von Krafft-Ebing
a choisi le terme Zwang (contrainte) pour traduire
obsession ; le sujet se trouvant en effet obligé de pen-
ser et d’agir (compulsion) contre sa volonté.

78
2. Personnalité – : personnalité marquée par le souci
de l’ordre et de la propreté, l’obstination, voire l’auto-
ritarisme, la parcimonie, voire l’avarice. Mais tous
ces traits cachent plus ou moins bien les tendances
opposées, qui réapparaissent plus ou moins (e.g. sujet
élégamment habillé, mais dont les ongles sont ornés
d’un liseré noirâtre). Depuis le DSM-III (1980), le
concept de *névrose *obsessionnelle s’efface devant
celui de *Trouble obsessionnel-compulsif (TOC).
Obsidonial(e) (adj.) (lat. obsidionalis, de obsidio,
siège) [angl. obsessional]. Syn. (le plus souvent) de
*obsessionnel(le).
Obtusion (s. f.) (lat. obtusus, émoussé) [angl. dullness].
État de diminution plus ou moins marquée de la per-
méabilité mentale et de la conscience. Il se caracté-
rise, notamment, par une lenteur de l’idéation, des
difficultés de compréhension, une *désorientation
temporo-spatiale et un certain degré de somnolence.
Oligophrénie (s. f.) (gr. oligos, peu, et phên, intelli-
gence) [angl. oligophrenia]. État d’*arriération men-
tale importante. Vis Débilité, Idiotie, Imbécillité.
Onanisme (s. m.) (de Onan, personnage de la Bible)
[angl. onanism]. Obtention solitaire de l’orgasme
génital, le plus souvent par masturbation.
Onirisme (s. m.) (gr. oneiro, songe) [angl. onirism].
Activité mentale délirante et hallucinatoire, vécue
comme un rêve, à l’état de veille, avec *désorientation
temporo-spatiale. S’observe surtout dans les états de
*confusion mentale.
Oniroïde (adj.) [angl. oneiroid]. Caractérise une rêverie
se déroulant dans la lucidité et sans *désorientation
temporo-spatiale.
Onomatomanie (s. f.) (gr. onoma, nom, et mania, folie)
[angl. onomatomania]. Recherche obsédante de la

79
signification d’un mot ou crainte de prononcer un
mot tabou ou encore *compulsion à réciter mentale-
ment des mots conjuratoires.
Ontogenèse (s. f) (gr. ôn, ontos, l’être, ce qui est, et
genêtikos, propre à la génération) [angl. ontogeny].
Développement de l’individu, depuis la fécondation
de l’œuf jusqu’à l’état adulte (s’oppose à la phyloge-
nèse, développement de l’espèce).
Onychophagie (s. f.) (gr. onux, ongle, et phagein, man-
ger) [angl. onichophagia]. Action de se ronger les
ongles, en général ceux des mains.
Opium (s. m.) (gr. opos, suc) [angl. opium]. Substance
extraite du pavot, dont la consommation répétée peut
entraîner une toxicomanie. Il cause une euphorie, une
anesthésie, et une dépendance physique et psychique
(avec un syndrome de *sevrage à son arrêt).
Oral (stade) (s. m.) (lat. or, osis, bouche) [angl. oral
stage] (psychan.). Première période du développe-
ment de la sexualité infantile où le plaisir essentiel
est procuré par la tétée. Il s’y associe l’incorpora-
tion de l’image maternelle, grâce aux informations
(visuelles, auditives, cutanées) fournies par les sens.
C’est à partir de 1905 (Trois essais sur la théorie de
la sexualité, 1re éd.) que Freud commence à apporter
une définition du concept de stade. Dans la 3e édi-
tion de cet ouvrage (1915), il systématise la notion de
stade en psychanalyse.
Oreiller psychique (signe de l’). Attitudes de certains
patients *catatoniques dont la tête restait soulevée par
une hypertonie constante des muscles du cou, comme
si elle reposait sur un oreiller.
Organicité (tests d’) (s. f.) [angl. test of organicity]. Tests
psychométriques recherchant si des troubles d’allure
psychiatrique ne seraient pas, en réalité, l’expression
d’une affection organique (e.g. une tumeur cérébrale).

80
Les tests les plus utilisés sont le test de *Rorschach
« organique », le test de *Bender, la figure complexe
de Rey et l’échelle de mémoire de Wechsler.
Organisateur (de la personnalité) (s. m.) (psychan.).
R. Spitz a décrit chez l’enfant trois phases privilé-
giées de l’évolution affective et relationnelle qu’il a
appelées « organisateurs » de la personnalité :
• le premier organisateur est la réponse de sourire au
sourire de l’autre, vers l’âge de 2 mois ;
• le deuxième organisateur est la reconnaissance par
l’enfant de l’identité maternelle : ce deuxième orga-
nisateur est également appelé « angoisse du huitième
mois », celle-ci n’apparaissant qu’en l’absence de la
mère ;
• le troisième organisateur est marqué par l’apparition
du « non » vers l’âge de 18 mois ; l’enfant devient
alors capable de s’opposer consciemment à autrui en
s’identifiant à l’adulte interdicteur.
Organodynamisme (s. m.). Théorie développée
par H. Ey (dès 1936), à partir des conceptions de
H. Jackson (1884) : un trouble mental possède un
versant déficitaire (symptôme négatif), par disso-
lution d’une fonction psychique supérieure ; et un
aspect positif, par libération de la fonction inférieure
qui était sous son contrôle.
Organogenèse (s. f.) (gr. organon, organe, et génnan,
engendrer) [angl. organogenesis]. En psychiatrie,
théorie attribuant une cause organique à la plupart
des troubles mentaux (par opposition à psychogenèse
ou à sociogenèse).
Orgasme (s. m.) (gr. orgasmos, être excité) [angl.
orgasm]. Moment de la décharge sexuelle correspon-
dant au niveau de jouissance le plus élevé.
Originalité juvénile (crise d’) [angl. youthful identity
crisis]. Ensemble de comportements qui, chez un

81
adolescent, s’opposent aux normes établies par les
adultes. Des formes intenses et prolongées peuvent
constituer un mode d’entrée dans la *schizophrénie.
V. M. Debesse, 1936.
Orthophonie (s. f.) (gr. orthos, droit, et phôné, voix)
[angl. orthophony]. Traitement des troubles du lan-
gage, tels que les troubles de la prononciation ou le
bégaiement. V° Dysarthrie.
Oubli à mesure [angl. forgetting to measure].
V° Amnésie.
Overdose (s. f.) [angl. dose excessive]. Surdose par
excès de drogue, entraînant souvent un coma mortel
(en France, environ 250 morts par an).

82
P

Palilalie (s. f.) (gr., palin, de nouveau, et lalein, parler)


[angl. palilalia]. Répétition spontanée et involon-
taire, à plusieurs reprises, d’un même mot ou d’une
même phrase. Ce phénomène s’observe notamment
dans les états démentiels et la schizophrénie.
Panique (trouble ou attaque de) ou crise d’angoisse
[angl. panic disorder]. Survenue inopinée, en pré-
sence ou en l’absence de facteurs extérieurs, d’un
état aigu d’anxiété associant de façon diverse :
• des éléments somatiques : palpitations, sensations
d’étouffement, vertiges, vision brouillée ;
• des éléments psychiques : peur de mourir, sensation
de mort imminente ;
• des éléments comportementaux : agitation ou inhi­
bition.
Cet état dure de quelques minutes à quelques heures
(en l’absence de traitement).
Pantophobie (s. f.) (gr. pan, tout, et phobos, crainte)
[angl. pantophobia]. État dans lequel l’angoisse s’at-
tache à toutes les situations et à tous les objets. Elle
s’observe surtout dans la *mélancolie.
Parakinésies (s. f.) (gr. para, à côté, et kinêsis, mou-
vement) [angl. parakinesia]. Mouvements anormaux
qui parasitent, caricaturent ou remplacent les mouve-
ments normaux (e.g. dans la *schizophrénie).
Paralogisme (s. m.) (gr. para, à côté, et logismos, rai-
sonnement) [angl. paralogism]. Faux raisonnement
fait de bonne foi (par opposition au sophisme).

83
Paralysie générale ([angl. general paralysis of the
insane]. *Méningo-encéphalite d’origine syphili-
tique, caractérisée par : une mégalomanie absurde
avec euphorie, un syndrome parétique (atonie faciale,
*dysarthrie, difficultés progressives de la marche) et
une évolution *démentielle. Cette affection ne s’ob-
serve quasiment plus depuis l’avènement de la péni-
cillothérapie. V° Malariathérapie.
Paramimie (s. f.) (gr. para, à côté de, et miméomaï,
j’imite) [angl. paramimia]. Mimique non congruente
au discours et/ou aux sentiments du sujet. Ce trouble
signe la *discordance schizophrénique.
Paramnésie (s. f.) (gr. para, à côté de, et mnêsis, sou-
venir) [angl. paramnesia]. Souvenir inexact, impres-
sion de déjà-vu, de déjà-vécu ; ou bien souvenir exact
mais mal localisé dans le temps ou dans l’espace
(*confusion, épilepsie temporale).
Paranoïa (s. f.) (gr. para, à côté de, et noos, pensée)
[angl. paranoia]. *Psychose chronique systémati-
sée à mécanisme essentiellement interprétatif, avec
conservation de la clarté et de l’ordre dans la pensée,
se développant le plus souvent sur une personnalité
de type paranoïaque.
Paranoïaque (adj. et s.) [angl. paranoiac].
1. Personnalité – : personnalité dans laquelle prédo-
minent la *méfiance, la psychorigidité (pensée rigide),
l’*hypertrophie du *moi et la fausseté du jugement (sous
l’effet des *affects et de l’absence d’autocritique).
2. Réaction – : épisode transitoire de vécu persécutif,
pouvant s’observer chez des alcooliques chroniques
et certains transplantés, réfugiés ou prisonniers.
Paranoïde (adj.) (gr. paranoia, folie, et oïde, aspect
semblable à) [angl. paranoid].
1. Délire – : *délire non *systématisé, flou, abstrait
et hermétique. Ses mécanismes sont variables, mais

84
les *hallucinations auditives sont les plus fréquentes,
souvent associées à un *automatisme mental. Ses
thèmes sont multiples avec prédominance des thèmes
de persécution, de grandeur ou mystiques. Son vécu
est classiquement fait d’une expérience d’étrangeté
avec forte charge anxieuse, pouvant aller jusqu’à la
*dépersonnalisation.
2. Psychose – : psychose présentant un délire para-
noïde (schizophrénie).
3. Schizophrénie – : forme clinique de *schizophré-
nie dans laquelle le délire est de type paranoïde.
Paraphrénie (s. f.) (gr. para, à côté de, et phrên, esprit)
[angl. paraphrenia]. E. Kraepelin, 1909. Psychose
chronique caractérisée par les troubles suivants : préé-
minence des mécanismes imaginatifs sur les méca-
nismes hallucinatoires et interprétatifs, mégalomanie
délirante, intégralité du système de réalité, véritable
« diplopie » du monde délirant et du monde réel. Dans
sa forme confabulante, les idées mégalomaniaques
sont souvent centrées autour de thèmes de filiation,
d’héritages fabuleux, de successions princières. Dans
sa forme fantastique, le sujet plie l’univers, le temps
et l’espace, à ses caprices grandioses et extravagants :
« J’ai mille femmes ; je suis grand amiral de la planète ;
j’ai plusieurs doubles qui travaillent pour moi, etc. »
Paratonie (s. f.) (gr. para, à côté, et tonos, tension)
[angl. paratonia]. Anomalie de la contraction mus-
culaire au cours de laquelle il est impossible au sujet
de réaliser volontairement le relâchement. Ce trouble
s’observe dans la *débilité motrice de Dupré.
Paresthésie (s. f.) (gr. para, à côté, et aisthêsis, sensibilité)
[angl. paraesthesia]. Ensemble de sensations variées
de picotement, de piqûre, de brûlure ou d’engourdisse-
ment, en l’absence de toute stimulation extérieure.
Parkinson (maladie de) [angl. Parkinson’s disease].
Affection liée à une lésion de certains noyaux gris

85
du cerveau et comportant la triade : tremblement,
hypertonie (rigidité musculaire donnant au patient
une attitude soudée) et *akinésie. Les neuroleptiques
peuvent entraîner cette même symptomatologie ; on
parle alors de syndrome parkinsonien.
Parricide (s. m.) (lat. parricida, meurtrier) [angl. parri-
cide]. Meurtre du père ou de la mère, ou de tout autre
ascendant légitime.
Passage à l’acte [angl. acting out]. Expression employée
pour désigner les actions présentant le plus souvent
un caractère impulsif relativement en rupture avec
les systèmes de motivation habituels du sujet, plus
ou moins isolables dans le cours de ses activités,
prenant souvent une forme auto- ou hétéroagressive
(J. Laplanche et J.-B. Pontalis).
Passionnel (délire) (adj.) (lat. passio, souffrance,
maladie) [angl. passionate delusion]. État délirant
chronique subordonné à une idée *prévalente et
fortement édulcoré par une exaltation importante.
On en distingue trois grands types : le délire de
*revendication, le délire de *jalousie et le délire
*érotomaniaque.
Pathognomonique (adj.) (gr. gnômonikos, qui indique)
[angl. pathognomonic]. Se dit d’un signe ne se ren-
contrant que dans un état morbide déterminé et suf-
fisant, à lui seul, à caractériser cet état et à en faire
retenir le diagnostic.
Pathomimie (s. f.) (gr. pathos, maladie, et miméomaï,
je simule) [angl. pathomimia]. État proche de la
*mythomanie, caractérisé par le besoin conscient ou
inconscient de simuler une maladie, parfois même au
prix d’une *automutilation. V° Münchhausen.
Pédérastie (s. f.) (gr. erân, aimer, et paidos, enfant)
[angl. pederasty]. Actes sexuels divers, de personnes
adultes sur de jeunes garçons.

86
Pédophilie (s. f.) (gr. paidos, enfant, et phileîn, aimer)
[angl. pedophilia]. Attirance sexuelle pour les enfants.
Pédopsychiatrie (s. f.). (gr. paidos, enfant, et *psychia-
trie). Psychiatrie de l’enfance et de l’adolescence.
Perfectionnisme (s. m.) (lat. perfectio, complet achève-
ment) [angl. perfectionism]. Tendance à rechercher la
perfection. Cette caractéristique est particulièrement
marquée dans la *personnalité psychasthénique.
Perplexité anxieuse [angl. anxious perplexity]. État de
doute, d’irrésolution du sujet faisant l’objet d’une
émergence délirante, et qui ne sait pas s’il faut y
adhérer ou pas.
Persécution (délire de) (s. f.) (lat. persequi, poursuivre)
[angl. delusion of persecution]. Ensemble d’idées
erronées susceptibles de faire l’objet d’un préjudice
moral, social ou professionnel. Le sujet pense être
surveillé, suivi, écouté par une ou plusieurs personnes
(ou tout le monde) qu’il désigne ou qu’il ne connaît
pas. On peut en rapprocher les *idées de référence, de
*revendication, de *préjudice.
Persévération (s. f.) (lat. per, excès, et severus,
sérieux) [angl. perseveration]. Tendance qui existe
chez certains patients à reproduire constamment le
mouvement qu’ils viennent d’exécuter. S’observe
au cours de la *schizophrénie et de certaines lésions
cérébrales.
Personnalité (s. f.) (lat. personalis, personnel) [angl.
personality]. Fonction par laquelle un individu
conscient se saisit comme un moi, comme un sujet
unique et permanent (Le Robert).
Émanation d’un travail vers l’unification et la distinc-
tion. C’est l’ensemble des opérations, des actes, petits
ou grands, qui servent à un individu pour construire,
maintenir et perfectionner son unité et sa distinction
d’avec le monde (P. Janet).

87
1. – anxieuse : elle se caractérise par un état de tension
permanente, pénible et fatigant, sur un fond de labi-
lité émotionnelle et d’hyperréactivité aux stimuli de
l’environnement. Le sujet vit dans la crainte anxieuse
du pire et dans un sentiment permanent d’insécurité
qui lui font rechercher la présence rassurante d’un
environnement protecteur.
2. – obsessionnelle-compulsive. V° Trouble
obsessionnel-compulsif.
3. – psychasthénique : P. Janet a décrit sous ce
nom, un ensemble caractérisé par un sentiment
d’incomplétude, des préoccupations obsédantes,
des scrupules, de la timidité et un affaiblissement
de la résolution volontaire. (Les Obsessions et la
Psychasthénie, 1903).
4. – psychopathique. V° Psychopathie.
Pervers (adj. et s.) (lat. perversus, renversé, vicieux)
[angl. perverse]. Qui est enclin au mal, se plaît à faire
le mal ou à l’encourager.
Perversion (s. f.) [angl. perversion]. Conduite sex-
uelle déviante dans laquelle le partenaire n’est pas
considéré comme une personne, mais simplement
comme un objet nécessaire à la satisfaction sexuelle
et vis-à-vis duquel une vive hostilité est res-
sentie.
Perversité (s. f.) [angl. perversity]. Désigne des com-
portements non sexuels qui se caractérisent par l’in-
tentionnalité de nuire à autrui tout en retirant le plaisir
des dommages ainsi causés ; ces conduites s’accom-
pagnent de la satisfaction de transgresser la loi avec
une absence totale de culpabilité.
Petit mal [angl. petit mal epilepsy]. Forme d’épilep-
sie rencontrée chez l’enfant et pouvant revêtir trois
aspects cliniques : les *absences, les *myoclonies,
les crises atoniques (suspension brutale du tonus
musculaire entraînant le plus souvent la chute).

88
Phallique (stade) (adj.) (gr. phallos, phallus) [angl. phallic
stage] (psychan.). Période du développement psychique
de l’enfant succédant aux phases orale et sadique-anale.
Ce stade marque un moment d’organisation des pul-
sions sous la référence aux organes génitaux (S. Freud,
L’Organisation génitale infantile, 1923).
Phallus (s. m.) [angl. phallus] (psychan.). Terme dési-
gnant symboliquement la fonction remplie par le
pénis au regard de l’inconscient. Le pénis désigne un
objet réel ; le phallus est un objet imaginaire, repré-
sentant la force, le pouvoir et la fécondité.
Phantasme (s. m.) (gr. phantasma, vision) [angl. phan-
tasm]. Terme utilisé pour désigner le fantasme incons-
cient, le distinguant du *fantasme conscient.
Pharmacodépendance (s. f.). V° Dépendance.
Pharmacopsychose (s. f.) (gr. pharmakon, remède,
poison, et *psychose) [angl. pharmacopsychosis].
Trouble psychotique lié à l’utilisation d’une subs-
tance (drogue, médicament, alcool, etc.).
Phlébotomie (s. f.) (gr. phleps, veine, et tomê, section)
[angl. phlebotomy]. Incision d’une veine.
Phobie (s. f.) (gr. phobos, crainte) [angl. phobia].
Crainte angoissante déclenchée par un objet ou une
situation n’ayant pas eux­mêmes un caractère objec-
tivement dangereux, l’angoisse disparaissant en l’ab-
sence de l’objet ou de la situation (P. Pichot). Le sujet
reconnaît le caractère absurde de la situation qui
conserve cependant toute son incoercibilité. Les pho-
bies les plus fréquentes sont :
1. les – d’animaux : souris, serpent, cheval ;
2. les – d’impulsion : caractérisées par la crainte
qu’éprouve le sujet en présence d’objets ou de situa-
tions pouvant être utilisés de façon agressive envers
les autres ou lui-même (e.g. la peur de blesser son
enfant, devant des objets pointus ou tranchants) ;

89
3. les – d’objets : couteaux, ciseaux, sang ;
4. les – sociales : peur de se produire, de parler, de
manger en public.
Phobique (adj. et s.) [angl. phobic]. V° Phobie.
1. Conduites – : elles se subdivisent en *conduites
d’évitement et en *conduites de réassurance.
2. Névrose – : trouble mental caractérisé par la
coexistence de phobie(s) et de conduites phobiques
évoluant sur une personnalité phobique.
3. Personnalité – : elle se distingue par les éléments
suivants : état constant d’alerte avec tendance dépres-
sive, anxiété et hypersensibilité aux frustrations,
immaturité et avidité affective, inhibitions diverses
et notamment sexuelles, parti pris de fuite.
Phobogène (adj. et s.) [angl. phobic stimulus]. Objet ou
situation à l’origine de troubles phobiques.
Phonème (s. m.) (gr. phônêma, son de voix) [angl. pho-
neme]. Élément sonore du langage articulé, considéré
du point de vue *physiologique (formation par les
organes vocaux) et acoustique (caractères objectifs
ou subjectifs à l’audition) (Le Robert).
Phosphène (s. m.) (gr. phôs, lumière, et phanein, briller)
[angl. phosphene]. Sensation lumineuse élémentaire
perçue par l’œil sans qu’elle ait été provoquée par la
lumière, à type de flamme ou de lueur.
Photophobie (s. f.) (gr. phôs, lumière, et phanein,
briller) [angl. phoneme] [angl. photophobia]. Crainte
de la lumière due le plus souvent à l’impression pé­
nible et même douloureuse qu’elle provoque. Peut se
rencontrer au cours des méningites, des hémorragies
méningées, de la migraine.
Phrénologie (s. f.) (gr. phrên, intelligence, et logos,
discours) [angl. phrenology]. Théorie introduite par
F. Gall (1820) selon laquelle l’inspection et la pal-
pation des protubérances du crâne permettraient de

90
déterminer les facultés et les instincts dominants
chez un sujet, d’après un hypothétique système de
localisations cérébrales.
Physiologie (s. f.) (gr. phusis, nature, et logos, discours)
[angl. physiology]. Science du fonctionnement des
organismes vivants.
Pica (s. m.) (lat. pica, pie) [angl. pica]. Désigne l’inges-
tion itérative de substances non comestibles (terre,
cailloux, papier) au-delà de l’âge de 10-12 mois.
Pick (maladie de) [angl. Pick’s disease]. *Démence
dégénérative fronto­temporale (A. Pick, 1892).
Pithiatisme (s. m.) (gr. peithô, et iatos, guéris-
sable) [angl. pithiatism]. Terme désuet introduit par
J. Babinski (1901) pour désigner les *conversions
hystériques qui pouvaient apparaître ou disparaître
par la seule suggestion.
Placebo (s. m.) (lat., je plairai) [angl. placebo]. Préparation
pharmaceutique en forme de médicament (comprimé,
gélule, ampoule) considérée sans action pharma-
cologique en raison du fait qu’elle est composée de
substance(s) inactive(s) (e.g. la poudre d’amidon).
Placement familial [angl. familial placing]. Méthode
thérapeutique ou mesure sociale consistant à placer
dans une famille d’accueil agréée un enfant, un adulte
ou une personne âgée.
Plafonnement du regard [angl. oculogyric spasm].
V° Dyskinésie.
Polyphagie (s. f.) (gr. polus, nombreux, et phagein,
manger) [angl. polyphagia]. Besoin excessif de man-
ger et absence du sentiment de satiété (dépression,
diabète).
Porteus (labyrinthes de) [angl. Porteus maze test]. Test
psychométrique explorant l’intelligence globale.

91
Possession (délire de) (s. f.) (lat. possidere, de potis,
maître, possesseur de, et sedere, être assis, siéger)
[angl. possession delusion]. État au cours duquel le
patient se croit habité par un démon, un être surnatu-
rel ou un animal, qui agit en lui et par lui.
Postcommotionnel (syndrome) [angl. post-traumatic
constitution]. État morbide apparaissant dans les
jours ou semaines suivant un traumatisme crânien
avec une symptomatologie stéréotypée : céphalées,
intolérance au bruit, fatigabilité visuelle, difficultés
mnésiques et de concentration, troubles du sommeil,
irritabilité, susceptibilité.
Postcure (s. f.) [angl. postcare]. Ensemble des mesures
de surveillance, de suivi médicamenteux et psycho-
thérapique des patients qui sortent d’un service de
psychiatrie, d’alcoologie ou de toxicologie.
Post-partum blue ou Syndrome du 3e jour. (Trouble fré-
quent et transitoire après l’accouchement, qui associe
une inquiétude vis-à-vis du nouveau-né, une irritabi-
lité et une *humeur *dépressive mineure. Il annonce
parfois le début d’une *psychose puerpérale.
Post-traumatique (stress) (adj.) [angl. post-traumatic
stress disorder ou PTSD]. Ce sont les réactions
psychologiques occasionnées par un traumatisme
psychique violent. Le DSM-5 (2013) exige leur pré-
sence depuis plus d’un mois. V° Traumatique.
Potomanie (s. f.) (gr. potos, boisson, et lat. mania,
folie) [angl. potomania]. Besoin habituel d’ingérer
de grandes quantités de liquide (de l’eau le plus sou-
vent, plus de cinq litres par jour).
Préconscient (s. m.) (lat. prae, devant, et scire, savoir)
[angl. preconscious] (psychan.). Processus mentaux
plus ou moins latents que le sujet peut appeler à la
conscience plus ou moins facilement (D. Lagache).
V. première *topique de Freud (1900).

92
Préjudice (délire de) (s. m.) (lat. praedicare, préju-
ger) [angl. delusion of prejudice]. Idée erronée, mais
ferme et inébranlable d’être dépossédé d’un bien,
d’un avantage, par le fait d’autrui. Elle peut conduire
le sujet à intenter des procès ou à se faire justice lui­
même.
Presbyophrénie (s. f.) (gr. presbus, vieux, et phrên,
esprit) [angl. presbiophrenia]. Forme clinique de
*démence dans laquelle prédomine une amnésie
de fixation avec *désorientation temporo­spatiale,
*fausses reconnaissances et *confabulation (réalisant
ainsi un pseudosyndrome de *Korsakov).
Prévalente (idée) (s. f.) (lat. praevalentia, valeur supé-
rieure) [angl. overdetermined idea]. *Idée de base
erronée envahissant tout le système idéo­affectif du
sujet, pouvant générer : *quérulence, *revendication,
états *passionnels de *jalousie. V° Idée.
Principe (s. m.) (lat. principium, commencement, ori-
gine) [angl. principle].
1. – de constance (psychan.) : désigne la tendance
de l’organisme à réduire toute excitation à un
niveau aussi bas que possible (e.g. manger si l’on a
faim) ;
2. – de plaisir-déplaisir (psychan.) : but que l’appa-
reil psychique s’efforce d’atteindre afin de trouver le
plaisir et éviter le déplaisir, en déchargeant l’énergie
pulsionnelle qualitativement inappropriée ;
3. – de réalité (psychan.) : contrainte de l’organisme
de s’adapter aux exigences du monde extérieur, de
s’accommoder à la réalité. Le sujet parvient ainsi
progressivement à substituer le principe de réalité au
principe de plaisir.
Prion (s. m.) [acronyme de l’angl. proteinaceous infec-
tious particle, particule infectieuse protéique]. Agent
pathogène infectieux qui diffère des bactéries, cham-
pignons, virus, viroïdes, notamment parce qu’il ne

93
contient pas d’acide nucléique. Provoque les maladies
à prions : maladie de la « vache folle » ou encéphalo-
pathie spongiforme bovine, maladie de Creutzfeldt-
Jakob, tremblante du mouton.
Processif (adj.) (lat. processus, s’avancer) [angl. proces-
sive]. Qui aime à intenter, à prolonger des procès ; il
s’agit souvent de sujets à personnalité *paranoïaque.
Prodigalité (s. f.) (lat. prodigus, gaspilleur) [angl.
prodigality]. Tendance à faire des dépenses exces-
sives, inconsidérées (e.g. dans la *manie, l’alcoolisme
chronique).
Projectifs (tests) [angl. projective tests]. Tests destinés
à explorer les tendances profondes d’une personne,
en se basant sur le phénomène de *projection (e.g.
test de *Rorschach, test du bonhomme).
Projection (s. f.) (lat. projectio, jeter en avant) [angl.
projection] (psychan.). *Mécanisme de défense du
*moi, consistant à expulser de soi et à localiser dans
une autre personne ou un objet des sentiments, des
qualités ou des désirs que l’on refuse ou méconnaît
comme étant siens.
Pseudo (adj.) (gr. pseudês, menteur) [angl. pseudo].
– débilité (mentale) : état pouvant donner le change
pour un déficit intellectuel, mais dans lequel inter-
viennent en fait des éléments variés : déficit du lan-
gage et/ou des organes sensoriels, carences affectives
importantes, inhibitions relationnelles ;
– phobie : crainte d’une situation qui a objectivement
été traumatisante pour le sujet (e.g. la peur des voi-
tures après avoir été victime d’un accident de la voie
publique).
Psittacisme (s. m.) (gr. psittakos, perroquet) [angl. psit-
tacism]. Répétition mécanique de mots ou de phrases
entendues, comme le ferait un perroquet. S’observe
dans certains états *psychotiques.

94
Psychanalyse (s. f.) (gr. psukhê, âme, et analuein,
décomposer) [angl. psychanalysis] (1896). Théories
de Freud et de ses disciples, concernant la vie psy-
chique profonde et inconsciente. Mais également, tech-
nique thérapeutique de certains troubles mentaux.
Psychasthénie (s. f.) (gr. psukhê, âme, a-priv., et sthé-
nos, force) [angl. psychasthenia]. Terme obsolète
qui désignait ce que Freud avait appelé la névrose
*obsessionnelle. V° Personnalité, 3.
Psychiatre (s. m.) (gr. psukhê, âme, et iatros, méde-
cin) [angl. psychiatrist]. Médecin spécialisé en
*psychiatrie.
Psychiatrie (s. f.) [angl. psychiatry]. Partie de la méde-
cine consacrée à l’étude et au traitement des maladies
et des troubles mentaux. Le terme apparaît sous la
plume de J. C. Reil en 1802.
Psychodrame (s. f.) [angl. psychodrama]. Technique
psychothérapique créée par J.-L. Moreno (1921) qui
utilise le jeu dramatique libre et vise à développer
activement la spontanéité des patients.
Psychodysleptique (adj. et s.) [angl. dysleptic drug].
Substance hallucinogène qui dévie l’activité psy­
chique normale (J. Delay et P. Deniker).
Psycholeptique (adj.) [angl. psycholeptic]. Médicaments
qui abaissent l’activité mentale dans son ensemble.
J. Delay y distingue : les *hypnotiques, les *neuro-
leptiques et les *anxiolytiques.
Psychologie (s. f.) (gr. psukhê, âme, et logos, discours)
[angl. psychology]. Science des faits psychiques et
de la pensée, chez les êtres vivants (homme, animaux
supérieurs) chez qui existe une connaissance de leur
propre existence (P. Melanchton, XVIe siècle).
Psychologue (s.) [angl. psychologist]. Spécialiste en
*psychologie ; qui a une connaissance de l’âme.

95
Psychométrie (s. f.) (gr. psukhê, âme, et metron,
mesure) [angl. psychometry]. Mesure des phéno-
mènes psychiques, par l’utilisation de méthodes
expérimentales, standardisées et étalonnées (*tests).
Psychomoteur, trice (adj.) (gr psukhê, âme, et lat.
motor, de movere, mouvoir) [angl. psychomotor].
Qui concerne à la fois les fonctions psychiques et
motrices (e.g. le développement psychomoteur). V°
Retard.
Psychopathie (s. f.) (gr. psukhê, âme, et pathê, affection)
[angl. psychopathy]. K. Schneider, 1923. Syndrome
constitué par des troubles du caractère et du compor-
tement, alors que n’existent ni structure névrotique ni
structure psychotique :
1. Les troubles du caractère : impulsivité immature
avec fréquence des *passages à l’acte, *mythomanie
utilitaire, *dysthymie, *sadomasochisme, absence
de tout sentiment de culpabilité et inadaptation
sociale.
2. Les troubles du comportement : actes médico-
légaux (vols, escroqueries, bagarres, *pyromanie),
*perversions sexuelles diverses, alcoolisme impulsif
et toxicomanies variées.
Psychorigidité (s. f.) [angl. psychic rigidity]. Pensée
rigide et attachée à des principes intangibles, avec
rationalisation excessive (V° Paranoïa).
Psychose (s. f.) (gr. psukhê, âme) [angl. psychosis].
E. von Feuchtersleben, 1844. Terme générique dési-
gnant un certain nombre de troubles mentaux carac-
térisés par la perte du contact avec le réel, l’altération
foncière du lien interhumain et l’inconscience habi-
tuelle des troubles par le sujet. Depuis le DSM-III
(1980), le terme psychose n’est plus utilisé dans
les différentes versions du *DSM ; et depuis 1992,
la *CIM-10 ne retient plus son concept « opposé »
à celui de névrose. C’est le terme Trouble (en angl.

96
disorder) qui lui a été préféré. Classiquement, on
décrit les psychoses :
1. – alcooliques : il peut s’agir d’idées fixes post*­
oniriques, d’hallucinose alcoolique (avec hallucina-
tions auditives vespérales) ou de délires alcooliques
chroniques (délire de *jalousie ou *psychose halluci-
natoire chronique) ;
2. – carcérales : états d’allure psychotique consécu-
tifs à l’isolement cellulaire, à type de *bouffées déli-
rantes d’évolution rapidement régressive ;
3. – hallucinatoires chroniques : affections sur-
venant vers 30 à 40 ans, constituées d’un *délire
chronique dans lequel prédominent les phéno-
mènes *hallucinatoires, sous la forme d’un syndrome
d’*automatisme mental (G. Ballet, 1911) ;
4. – puerpérales : elles surviennent du 5e au 25e jour
après l’accouchement, réalisant un tableau *confuso­
onirique polymorphe et labile à forte charge
anxieuse ;
5. – schizo-affectives ou schizophrénies *dysthy-
miques. Ces psychoses comportent des troubles
*psychotiques et des troubles *maniaques et/ou
*dépressifs, et évoluent sur un mode périodique ;
6. – infantiles symbiotiques qui associent une an-
goisse de séparation massive, des réactions extrêmes
à des frustrations minimes, des conduites régressives
et des traits *autistiques.
Psychosomatique (adj. et s. f.) (gr. psukhê, âme, et lat.
sômatikos, du corps) [angl. psychosomatic]. Relatif
aux troubles organiques ou fonctionnels, provoqués,
favorisés ou aggravés par des facteurs psychoaffec-
tifs (e.g. l’asthme bronchique, le psoriasis, l’ulcus).
Psychothérapie (s. f.) (gr. psukhê, âme, et therapeia,
soin, cure) [angl. psychotherapy]. Technique théra-
peutique qui vise à agir sur des troubles mentaux par
des moyens psychologiques verbaux et/ou non ver-
baux (corporels, comportementaux, représentations

97
mentales, créativité, etc.). Très nombreuses, elles
peuvent être individuelles (cure psychanalytique,
relaxation, *hypnose) ou collectives (*thérapies
familiales, psychothérapies institutionnelles, *socio-
thérapie).
Psychotrope (adj. et s. m.) (gr. trepein, diriger vers) [angl.
psychotropic]. Qui agit sur l’activité cérébrale.
Puérilisme (s. m.) (lat. puerilis, de puer, enfant) [angl.
puerilism]. Régression psychoaffective au stade de
l’enfance, se traduisant par des attitudes, un langage
et des occupations infantiles (*hystérie, *démence).
Pulsion (s. f.) (lat. pellere, pousser) [angl. impulse]
(psychan.). Phénomène dynamique caractérisé par
une poussée (charge énergétique) qui prend sa source
dans une excitation corporelle. Son but consiste à
résoudre la tension génératrice au moyen d’un *objet
grâce auquel la satisfaction est obtenue (pulsions
sexuelles, agressives, sadiques, etc.).
Pyromanie (s. f.) (gr. pur, feu, et mania, folie) [angl.
pyromania]. Impulsion morbide qui pousse certains
sujets à allumer des incendies, en milieu rural :
des *débiles, des *paranoïaques, des *pervers, des
*schizophrènes.

98
Q

Quérulence (s. f.) (lat. querela, plainte) [angl. que-


rulousness]. Tendance revendicatrice et agressive
de personnes qui croient qu’on leur a fait du tort. Il
s’agit le plus souvent de *paranoïaques.
– processive : orientation de tous les actes de la vie
de la personne (un *paranoïaque) vers la réparation
du préjudice qu’elle estime avoir subi. Toute conci-
liation s’avère inutile, car, pour le sujet, seule une
procédure judiciaire peut lui donner satisfaction.
Questionnaire (de personnalité) (s. m.) [angl. perso-
nalty questionnaire]. Épreuve composée d’un cer-
tain nombre de questions (ou items) auxquelles le
sujet doit répondre sur un mode binaire (oui/non,
vrai/faux), ou à l’aide d’une échelle graduée (e.g. le
*MMPI, l’inventaire de personnalité d’Eysenck).
Quotient de développement (QD) [angl. developmen-
tal quotient]. Il est égal au rapport QD = âge de déve-
loppement/âge réel en jours, chez l’enfant jusqu’à
l’âge de 5 ans, grâce à des épreuves préverbales (test
de Brunet-Lézine).
Quotient intellectuel (QI) [angl. intelligence quotient].
Premier en date de tous les autres (1905, révisé
en 1911), le test de A. Binet et T. Simon considère
chaque épreuve comme représentative de ce que peut
réussir un enfant d’un âge donné. Dès qu’un sujet est
capable de réussir toutes les épreuves correspondant
à un âge, celui-ci constitue son âge mental de base.
Mais, par ailleurs, toute réussite d’une épreuve plus
difficile viendra majorer son âge mental d’une frac-
tion d’année supplémentaire.

99
Ce test a été rendu plus manipulable par W. Stern
(1912), qui l’a présenté sous la forme d’un rapport,
le quotient intellectuel (ou QI) étant le quotient de
l’âge mental par l’âge réel. Ce quotient est égal à 1,
si numérateur et dénominateur sont égaux, c’est-à-
dire si le sujet est capable des mêmes performances
que les sujets de son âge. Inférieur à 1, si le sujet
n’égale que des sujets plus jeunes. Supérieur à 1, s’il
réussit les mêmes épreuves que des sujets plus âgés.
Pour éviter l’emploi de décimales, le QI d’un sujet
strictement conforme à une population de référence
de son âge est égal à 100. S’il se rapproche d’une
population de référence plus jeune, il est au-dessous
de 100 (90, 80, etc.), plus âgé il est au-dessus de 100
(110, 120, etc.). Toutefois, pour des raisons statis-
tiques, on considère que, entre 85 et 115, l’intelli-
gence est normale, et que, au-dessous de 85, il existe
un déficit intellectuel ; tandis qu’au-dessus de 115, on
estime que le sujet a une intelligence supérieure.
Des révisions ont été élaborées à l’université de
Standford (Californie), d’abord par L. M. Terman,
puis *Terman et Merrill. Elles peuvent être ainsi
appliquées aux adultes. Actuellement, ce sont les
échelles de D. Wechsler (psychologue du Bellevue
Hospital) qui sont appliquées : la *WISC (au-dessous
de 13 ans) et la *WAIS au-dessus et pour les adultes
(WAIS = Wechsler Adult Intelligence Scale ;
WISC = Wechsler Intelligence Scale for Children).
Queue de *mélancolie (loc.) [angl. tail of melancho-
lia]. Période terminale d’un accès mélancolique.

100
R

Raisonnement (s. m.) (lat. ratio, calcul, système, théo-


rie) [angl. reasoning]. Opération mentale qui consiste
à lier une suite de propositions les unes aux autres,
selon des principes déterminés, pour aboutir à une
conclusion. Dans la *paranoïa, le raisonnement peut
être faux à partir de faits réels ; il peut aussi être juste
mais procédant d’une idée de base (ou postulat) erro-
née : l’*idée prévalente.
Ralentissement psychomoteur (s. m.) (lat. alentir,
rendre plus lent) [angl. psychomotor retardation].
État qui consiste en une perte de l’élan vital avec
*asthénie physique et psychique. Il s’accompagne
d’un ralentissement idéique, de difficultés de concen-
tration et d’une baisse d’efficience. Le ralentissement
se rencontre dans le syndrome *dépressif, certains
états démentiels et dans la maladie de *Parkinson.
V° Bradypsychie.
Raptus (s. m.) (lat. rapere, enlever) [angl. raptus].
Impulsion brusque et irréfléchie qui pousse un sujet
à des actes violents et souvent graves (fugue, rap-
tus suicidaire ou hétéroagressif.). Ce phénomène est
à redouter dans certains états *psychotiques, au cours
de la mélancolie ou d’états crépusculaires.
Rating scale (terme angl.). V° Échelles d’évaluation.
Rationalisme morbide [angl. morbid rationality].
*Raisonnement froid et pseudologique, *hermétique,
flou et abstrait, coupé de toute référence aux situa-
tions concrètes ; et la logique y est poussée jusqu’à
l’absurde (E. Minkowski, La Notion de perte avec la
réalité, 1926). V° Schizophrénie.

101
Réaction catastrophique [angl. catastrophic reaction].
Comportement inadapté se manifestant par un excès
d’anxiété, d’émotivité, de découragement (e.g. lors
de la passation de tests au début d’une *démence).
Réactionnel (adj.) (lat. actio, action) [angl. reactive].
Qui constitue une réaction à une situation mal sup-
portée, une pulsion refoulée (e.g. une dépression
réactionnelle, une formation réactionnelle – dans la
*névrose obsessionnelle).
Réadaptation (s. f.) (lat. re, ramener en arrière, et
adaptare, ajuster à) [angl. readjustment]. Ensemble
des mesures visant à réadapter la personne à une vie
sociale normale (profession, relations).
Redondance (s. f.) [angl. redundancy]. Qui apporte une
information déjà donnée sous une autre forme.
Rééducation (s. f.) (lat. re, ramener en arrière, et edu-
care, de ducere, conduire) [angl. rehabilitation].
Mesures permettant à un malade de retrouver l’usage
de ses facultés physiques et mentales.
Refoulement (s. m.) (lat. re, ramener en arrière et ful-
lare, fouler, presser, écraser) [angl. repression] (psy-
chan.). Mécanisme de défense du *moi qui consiste
à rejeter et à maintenir dans l’inconscient des repré-
sentations (pensées, images, souvenirs) liées à une
*pulsion (sexuelle le plus souvent).
Refus (s. m.) (lat. recusare, refuser, et refutare, réfuter)
[angl. refusal]. Attitudes d’opposition systématique
rencontrées chez certains délirants. V° Négativisme :
– d’aliments. S’observe dans la mélancolie et dans
certaines psychoses chroniques (schizophrénie par
négativisme ou paranoïa par crainte d’être empoi-
sonné ou pour protester). Syn. de *sitiophobie ;
– scolaire. Refus anxieux d’aller à l’école. L’enfant
allègue des troubles divers au moment du départ à
l’école, pour ne pas s’y rendre. V° Phobie.

102
Régression (s. f.) (lat. regressio, retour) [angl.
regression] ;
– intellectuelle : affaiblissement des facultés intellec-
tuelles (sénilité, *démence).
– (psychan.) : passage à des modes d’expression et
de comportement d’un niveau inférieur du point de
vue de la complexité, de la structuration et de la dif-
férenciation (J. Laplanche et J.-B. Pontalis).
Régurgitation (s. f.) [angl. regurgitation]. Retour des
aliments de l’estomac ou de l’œsophage dans la
bouche, sans effort de vomissement.
Réinsertion (s. f.) (lat. serere, joindre, unir, attacher)
[angl. reinstatement]. Réintégration dans son milieu
d’une personne qui en était temporairement exclue.
Par extension, on parle également de réinsertion pour
les sujets qui n’ont jamais été insérés (e.g. la réinser-
tion socioprofessionnelle).
Relation d’objet [angl. object relation] (psychan.).
Modèle d’interrelation fantasmatique que le sujet pri-
vilégie inconsciemment dans son attitude à l’égard
des autres et de la réalité extérieure, et qui est fonc-
tion de l’organisation de sa personnalité (P. Fédida).
En d’autres termes encore, ce que Freud appelait
la relation d’objet, c’est notre rapport à la réalité, à
autrui, aux choses quotidiennes, aussi bien qu’à ce
que nous appelons nous-même.
Relaxation (s. f.) [angl. relaxation]. Méthode thérapeu-
tique basée sur le principe que le relâchement muscu-
laire est incompatible avec les troubles divers induits
par l’angoisse. Les deux méthodes les plus utilisées
sont le « training autogène » de J. H. Schulz et la
relaxation progressive de E. Jacobson.
Réminiscence (s. f.) (lat. reminisci, se souvenir) [angl.
reminiscence] (psychol.). Retour à la conscience d’un
souvenir qui n’est pas reconnu comme tel.

103
Répétition (s. f.) (lat. repetitio) [angl. repetition].
1. Compulsion de – (psychan.) : processus de nature
pulsionnelle et d’origine inconsciente qui replace le
sujet, sans qu’il s’en rende compte, dans des situa-
tions désagréables qui sont en fait la répétition « iné-
vitable » d’expériences anciennes auxquelles reste
fantasmatiquement attachée la *pulsion (P. Fédida).
2. Phénomène de – : c’est le fait pour un sujet, à la
suite d’un traumatisme physique et/ou psychique, de
revivre à l’état de veille ou dans ses rêves l’événe-
ment traumatisant. V° Traumatique (névrose).
Résilience (s. f.) (lat. saltus, saut, bond) [angl. resi-
lience]. Capacité d’affronter avec succès les difficul-
tés, les risques et les déboires sérieux de l’existence.
Faculté à vaincre des situations traumatiques.
Résistance (s. f.) (lat. resistere, de sistere, s’arrêter)
[angl. resistance] (psychan.). Ensemble des phéno-
mènes qui s’opposent à la cure.
Restitutio ad integrum (lat.) [idem en angl.]. Se dit
lorsqu’il y a récupération d’un état identique à celui
qui existait avant l’apparition des troubles.
Retard (s. m.) (lat. tardare, ralentir) [angl. retardation] :
– (effet) : prolongation de l’effet de certains médica-
ments, par adjonction de substances qui en retardent
la diffusion, l’élimination (e.g. il existe certaines
formes galéniques de *neuroleptiques qui ont une
durée d’action de quatre semaines : les neurolep-
tiques à action prolongée (ou NAP) ;
– mental (ou intellectuel) : état des facultés mentales
d’une personne dont le développement est moins
avancé que celui de sujets du même âge ;
– psychomoteur : chez l’enfant, retard dans l’appari-
tion de certains apprentissages, par rapport à une popu-
lation d’âge comparable. Il peut s’agir de la station
assise, de la marche, de la parole, de la propreté, etc.

104
Réticence pathologique (s. f.) [angl. pathological reti-
cence]. Attitude de réserve, de défiance, qui consiste,
pour un patient, à omettre ou à dissimuler plus ou
moins consciemment ses pensées, ses sentiments, ses
projets, son délire ou ses hallucinations.
Rétroaction (s. f.) (du lat. retro, en arrière) [angl. feed-
back]. Qui agit en retour de ce qui l’a déclenché.
Rêve éveillé dirigé. (Technique de psychothérapie
(R. Desoille, 1938) associant : suggestion de type
hypnotique, relaxation, interprétation des rêves.
Revendication (délire de) (s. f.) (lat. rei vindicatio,
réclamation d’une chose) [angl. demand delusion].
État passionnel pathologique dans lequel le sujet
estime être l’objet d’une injustice dont il veut obtenir
la réparation. Il peut s’agir de *quérulents processifs,
d’inventeurs délirants, d’*hypocondriaques délirants
ou de délires de filiation (royauté, noblesse).
Rey (figure complexe de). Test pratiqué pour recher-
cher des signes d’*organicité cérébrale.
Ribot (loi de) [angl. Ribot’s law]. Principe de psycho-
logie énonçant que les souvenirs les plus récents
s’effacent plus facilement que les souvenirs anciens.
Cela se vérifie notamment chez les personnes âgées
et dans les états *démentiels.
Rite (s. m.) (lat. ritus, cérémonie, culte) [angl. rite].
Ensemble d’activités qui s’accomplissent toujours
selon le même ordre. En pathologie mentale, moyen
conjuratoire de lutter contre l’angoisse. Ce comporte-
ment s’observe surtout chez l’*obsessionnel et chez
certains *psychotiques.
Rogers (psychothérapie non directive de). Méthode
psychothérapeutique mise au point par C. Rogers qui
vise à mettre en évidence les sentiments confus du
patient et à les clarifier.

105
Rorschach (test de) [angl. Rorschach test]. Test *pro-
jectif le plus utilisé, il est constitué d’une série de
dix planches représentant chacune une tâche infor-
melle, vis-à-vis de laquelle le sujet est invité à dire
ce qu’il y voit. Chez les sujets atteints d’organicité,
le Rorschach retrouvera les modifications de la per-
ception, notamment, au niveau de facteurs cognitifs
et affectifs. Mais ce test doit alors être complété par
des examens complémentaires.
Roue dentée de Negro (phénomène de la) [angl.
cogweel rigidity]. Résistance cédant par saccades à
la mobilisation passive des différents segments de
membres, comme les crans d’une roue dentée : mala-
die de Parkinson, traitements par neuroleptique(s).
Rumination mentale [angl. obsessive rumination].
Action de ne pas pouvoir se détacher des mêmes pen-
sées, des mêmes préoccupations.
Rythmies (s. f. pl.) (gr. rhuthmos, rime) [angl. rythmies].
Mouvement stéréotypé de balancement du tronc ou
de la tête, d’avant en arrière, rencontré au cours des
*psychoses infantiles ; de l’endormissement, chez
l’enfant ou l’adolescent anxieux ou *obsessionnel.

106
S

Sadisme (s. m.) (marquis de Sade) [angl. sadism].


Perversion dans laquelle le plaisir sexuel n’est
éprouvé que lors de gestes cruels et violents exer-
cés sur son partenaire : fessées, flagellations, coups ;
souffrances morales ; parfois, mutilations ou crime.
Salade de mots [angl. word salad]. Ensemble de mots
émis sans lien logique (certains *schizophrènes).
Scène primitive ou originaire [angl. primal scene]
(psychan.). S. Freud, 1897. Scène de rapports sexuels
entre les parents, observée ou devinée par l’enfant,
comprise après coup et considérée par lui comme un
acte de violence du père à l’égard de la mère.
Schéma corporel [angl. body schema]. Image que toute
personne a de son corps, de ses attitudes dans le
temps, dans l’espace et dans ses relations avec autrui.
Cette image peut être altérée au cours de certaines
*psychoses ou de lésions cérébrales.
Schizoïdie (s. f.) (gr. skhizein, fendre, et eidos, aspect)
[angl. schizoidia], E. Kretschmer, 1921. Personnalité
pathologique caractérisée par l’existence d’une ten-
dance à l’isolation et à l’inadaptation sociale, d’un
esprit de système, d’un *rationalisme morbide et
d’un idéalisme rigide. La schizoïdie peut évoluer vers
une *schizophrénie avérée.
Schizophasie (s. f.) (gr. skhizein, fendre, et phasis,
parole) [angl. schizophasia]. Langage désordonné,
formé de nombreux mots inventés ou déformés, et in
fine incompréhensible. Se retrouve électivement chez
le *schizophrène.

107
Schizophrénie (s. f.) (gr. skhizein, fendre, et phrên,
esprit, cerveau) [angl. schizophrenia]. Terme intro-
duit par E. Bleuler en 1911, qui a remplacé par
« groupe des schizophrénies » l’expression démence
précoce (d’E. Kraeplin, 1899). Catégorie de psy-
choses qui ont en commun un ensemble de troubles
parmi lesquels prédominent : la *discordance, l’in-
cohérence idéo-verbale, l’*ambivalence, l’*autisme,
les idées *délirantes et les *hallucinations, ainsi que
de profondes perturbations affectives dans le sens du
détachement et de l’étrangeté des sentiments ; tous
troubles qui ont tendance à évoluer vers un *déficit et
une *dissociation de la *personnalité.
Schizothymie (s. f.) (gr. skhizein, fendre, et thumos, âme)
[angl. schizophrenia]. Désigne une personnalité nor-
male, mais d’humeur renfermée, d’apparence froide,
tendant vers l’inhibition, mais livrée à des décharges
impulsives inadéquates (E. Bleuler, 1920).
Secteur psychiatrique [angl. catchment area psy-
chiatry]. C’est une aire géographique d’environ
70 000 habitants (200 000 pour les enfants) à l’inté-
rieur de laquelle les soins psychiatriques sont organi-
sés. C’est la même équipe médico-sociale qui assure
ces soins à l’intérieur et à l’extérieur de l’hôpital. À
cet effet, chaque secteur dispose d’un service hos-
pitalier de psychiatrie, d’un (ou plusieurs) centre(s)
médico-psychologique(s) implanté(s) en dehors
de l’hôpital et de structures légères plus ou moins
nombreuses selon les endroits (foyer de postcure,
hôpital de jour, *entreprise adaptée, appartement[s]
thérapeutique[s], *centre d’accueil et de crise, etc.).
V° Centre. Mais « les secteurs n’ont plus de fonde-
ment juridique, […] l’ordonnance du 23 février 2010
[ayant] supprimé à l’article L. 3221-1 du Code de la
santé publique la base légale des secteurs de psy-
chiatrie » (A. Milon, Rapport du Sénat no 249, 2012,
p. 24).

108
Sénilité (s. f.) (lat. senilis, vieux) [angl. senility].
Affaiblissement des facultés physiques et mentales
chez le vieillard, s’accompagnant fréquemment de
troubles du caractère et du comportement.
Sensitif (délire) ou délire de relation (lat. sensi-
tivus, sensation) [angl. delusion of reference].
E. Kretschmer, 1919. Délire se développant de façon
concentrique par rapport à un événement primaire, le
sujet ayant la conviction que son entourage est mal-
veillant à son égard. Hyposthénique et hyperémotif,
le patient réalise volontiers des actes suicidaires.
Sevrage (s. m.) (lat. seperare, séparer) [angl. weaning].
Action de supprimer quelque chose à une personne
qui y était habituée.
1. Accident de – : chez l’alcoolique chronique dépen-
dant, l’interruption brutale de l’intoxication (e.g. une
hospitalisation pour une affection toute différente)
entraîne la survenue d’un *délire alcoolique aigu (ou
*delirium tremens) ou subaigu.
2. Cure de – : thérapeutique menée le plus souvent en
milieu hospitalier et visant à faire que le sujet puisse
se passer sans éprouver de troubles du toxique vis-
à-vis duquel il est *dépendant. Il s’agit le plus sou-
vent d’alcool et/ou de drogues, parfois de certains
médicaments (e.g. les *benzodiazépines).
3. Épilepsie de – : une ou plusieurs crises d’épilepsie
peuvent survenir dans les vingt-quatre à quarante-
huit heures qui suivent le sevrage partiel ou total d’un
alcoolique non traité. Il en est de même chez les épi-
leptiques qui interrompent leur traitement de façon
inappropriée.
4. Syndrome de – : aux *opiacés. Il survient huit à
douze heures après la dernière prise, marqué notam-
ment par un malaise profond, des douleurs musculaires
et osseuses, une agitation anxieuse et une insomnie.
Non traité, il régresse à partir du 3e ou du 4e. Traité, la
symptomatologie se développe a minima.

109
Sida [angl. AIDS] (encéphalopathie du). *Encépha-
lopathie due à une infection par le virus du Sida.
Sigmatisme (s. m.) (gr. sigma, 18e lettre de l’alphabet
grec, le « s ») [angl. sigmatism]. Trouble de la pro-
nonciation caractérisé par la difficulté ou l’impossibi-
lité de prononcer les « s » (on parlera de sigmatisme
interdental ou zézaiement) ou les « ch » (on parlera
alors de sigmatisme latéral ou schlintement).
Signal-symptôme (s. m.) [angl. signal-symptom].
Symptôme toujours identique chez un même patient,
dont la réapparition marque l’imminence d’une nou-
velle crise ou accès (e.g. chez le *maniaque, il peut
s’agir d’achats inconsidérés ou d’idées de grandeur).
Silverman (syndrome de) [angl. battered child syn-
drome]. Ensemble des aspects radiologiques des
lésions osseuses provoquées par des sévices sur
des enfants (fractures multiples d’âges différents, le
plus souvent négligées, lésions sous-pérostées).
Simulation (s. f.) (du lat. simulare, imiter, feindre)
[angl. simulation]. Imitation volontaire et consciente
des symptômes d’une maladie, dans un but utilitaire
(recherche d’un dédommagement, moyen d’échapper
à une obligation).
Sinistrose (s. f.) (lat. senester, gauche ; dans l’inter-
prétation des auspices, la gauche était défavorable)
[angl. sinistrosis]. D. Brissaud, 1908. Délire para-
noïaque de revendication survenant à la suite d’un
traumatisme corporel.
Sismothérapie (s. f.) (gr. seismos, secousse, et thera-
peia, soin, cure) [angl. convulsive therapy]. Méthode
de traitement des troubles mentaux graves qui uti-
lise une brève application de courant électrique au
niveau cérébral pour provoquer une crise d’épilep-
sie généralisée. Syn. Électrochocs, Électronarcose.
Électroconvulsivothérapie.

110
Sitiophobie (s. f.) (gr. sition, nourriture, et phobos,
crainte) [angl. sitiophobia]. Refus absolu de prendre
des aliments. V° Refus (d’aliments).
Sociodrame (s. f.) (lat. societas, réunion, de socius,
compagnon, et drâma, action) [angl. sociodrama].
Technique psychothérapeutique introduite par
J.-L. Moreno qui consiste à proposer à un groupe pré-
constitué d’obtenir une *catharsis collective, par « le
jeu en commun d’un problème commun ».
Sociopathie (s. f.) (lat. societas, réunion, et pathos,
maladie) [angl. sociopathy]. Désigne une personna-
lité antisociale, mais capable de s’adapter à un groupe
en respectant ses lois (le Milieu, la Mafia).
Sociothérapie (s. f.) (lat. societas, réunion, de socius,
compagnon, et therapeia, soin) [angl. sociotherapy].
Ensemble d’activités thérapeutiques qui doivent
permettre au patient de reprendre progressivement
contact avec la vie en société : sorties en groupe,
séjours thérapeutiques, pratique de sport(s), etc.
Sodomie (s. f.) (de Sodome, ville de Palestine, détruite
pour sa corruption) [angl. sodomy]. Coït anal.
Somatisation (s. f.) (gr. sôma, corps) [angl. somatization].
Processus inconscient qui vise à masquer des difficultés
psychoaffectives et/ou une angoisse importante, en les
convertissant en symptômes *fonctionnels corporels :
douleurs, gênes respiratoires, vertiges, etc.
Somnambulisme (s. m.) (lat. somnus, sommeil, et
ambulare, marcher) [angl. somnabulism]. État
d’automatisme ambulatoire se produisant au cours
du sommeil, tandis que le sujet ne se souvient plus de
rien lors de son réveil. Ce trouble touche surtout les
garçons et débute vers l’âge de 7-8 ans.
Somniloquie (s. f.) (lat. somnus, sommeil, et loqui,
parler) [angl. somniloquism]. Action de parler pen-
dant le sommeil.

111
Stéréotypie (s. f.) (gr. stereos, solide, comme sorti d’un
moule – XVIIIe siècle –, et tupos, caractère) [angl.
stereotypy]. Répétition continuelle et inadaptée des
mêmes gestes, attitudes ou mots. V° Rythmie.
Stress (s. m.) (en angl. force, pression). H. Selye,
1936. À l’origine, ce mot désignait les formes que
pouvait prendre la réaction d’un organisme soumis
à l’action d’un excitant quelconque. Ce dernier est
désormais également dénommé stress. V° Post-
traumatique.
Stupeur (s. f.) (lat. stupor, engourdissement) [angl. stu-
por]. État de suspension de toute activité motrice :
mimique, gestes, langage ; toutefois, le cours de la
pensée, lui, peut rester actif, sans qu’il existe de paral-
lélisme entre les deux. Cet état peut se rencontrer
à l’occasion de grandes catastrophes (bombarde-
ment, déraillement) ou au cours de certaines formes
d’*hystéries (« sommeil hystérique ») ou encore dans
des formes graves de *confusion mentale.
Subconscient (adj. et s. m.). Syn. de « *préconscient ».
Sublimation (s. f.) (lat. sublimatio, élevé dans les
airs) [angl. sublimation] (psychan.). *Mécanisme
de défense du *moi par lequel certaines pulsions
inconscientes, détachées de leurs objets primitifs,
sont intégrées à la personnalité en s’investissant dans
des activités mentales ou physiques ayant une valeur
sociale plus élevée (e.g. le sujet peut sublimer son
agressivité en lui donnant une utilité sociale telle que
pratiquer la chirurgie).
Suggestibilité (s. f.) (lat. suggerere, mettre sous,
fournir) [angl. suggestibility]. Aptitude à subir les
influences et accepter passivement ce qui est proposé
par autrui. Ce phénomène est surtout l’apanage des
*débiles mentaux, alors qu’il reste beaucoup plus
subtil et nuancé chez l’*hystérique.

112
Suggestible (adj.) [angl. suggestible]. Qui est influen­
çable par la *suggestion.
Suggestion (s. f.) (lat. suggerere, mettre sous) [angl.
suggestion]. Fait d’influencer une personne, sans
qu’elle en soit conscient (H. Bernheim, De la sug-
gestion dans l’état hypnotique et dans l’état de veille,
1884).
Suicidaire (équivalent) (adj.) (lat. sui, de soi, et cae-
dere, tuer) [angl. suicidal]. Qui tend au suicide.
Certaines conduites sont aussi considérées comme
des équivalents suicidaires : anorexie mentale, alcoo-
lisme chronique massif, toxicomanie avérée, « syn-
drome de *glissement », refus de traiter une affection
grave, accidents graves répétitifs.
Suicide (s. m.) (lat. sui, de soi, et caedere, tuer) [angl.
suicid]. Acte de se tuer d’une façon habituellement
consciente en considérant la mort comme un moyen
ou une fin (P. B. Schneider).
Les moyens les plus utilisés sont l’ingestion de médi-
caments, la pendaison, la défenestration, la noyade
et les armes à feu. Il existe aussi des suicides col-
lectifs (sectes) et altruistes (*mélancolie, où par
exemple une mère sautera dans le vide avec ses deux
enfants).
Surmoi (s. m.) (all. über, au-dessus de, et ich, je, moi)
[angl. superego] (psychan.). Instance inconsciente
(au même titre que le *moi et le *ça) qui juge, cen-
sure et interdit. Ensemble des interdits moraux, fami-
liaux, sociaux et culturels introjectés.
Sursimulation (s. f.) (lat. supra, en haut, exagération, et
simulare, feindre) [angl. oversimulation]. Majoration
volontaire de troubles existant réellement, dans un
but le plus souvent utilitaire ou supposé tel.
Symbiotique (adj.) (gr. sun, ensemble, avec, et bios,
vie) [angl. symbiotic].

113
1. Psychoses – : V° Psychoses (symbiotiques).
2. Relations – : en psychiatrie, désigne un ensemble
de relations particulièrement intriquées, se rappro-
chant de la symbiose (étroite association).
Syncinésie (s. f.) (gr. sun, avec, et kinêsis, mouvement)
[angl. synkinesia]. Contraction involontaire apparais-
sant dans un groupe musculaire à l’occasion de mou-
vements volontaires ou réflexes d’un autre groupe de
muscles.
Synesthésie (s. f.) (gr. sun, avec, et aïsthêsis, sensibi-
lité) [angl. synesthesia]. Perception sensorielle dans
un secteur déterminé qui se traduit, par correspon-
dance ou résonance, par une sensation dans d’autres
domaines sensitivo-sensoriels.
Syndrome (s. m.) (gr. sundromé, réunion) [angl. syn-
drome]. Conjonction d’un groupe de symptômes
qui se reproduisent en même temps dans un certain
nombre de maladies.
– subjectif des traumatisés du crâne. V° Postcom-
motionnel (syndrome).
Syntone (adj.) (gr. suntonos, en accord avec) [angl.
syntonic]. Qui se met facilement à l’unisson de son
entourage (surtout dans l’*hypomanie et la *manie).
Systématisé (délire) (adj.) (gr. sustêma, assemblage)
[angl. systematized delusion]. *Délire se développant
dans l’ordre, la clarté et la cohérence, avec une appa-
rence pseudoraisonnante et logique (*paranoïa).

114
T

Tachyphémie (s. f.) (gr. takhus, rapide, et phêmê, parole)


[angl. tachyphemia]. Accélération *paroxystique du
débit du langage (dans la maladie de *Parkinson).
Tachypsychie (s. f.) (gr. takhus, rapide, et psukhê, âme)
[angl. tachypsychia]. Accélération du rythme du
cours de la pensée (e.g. dans la *manie).
Taedium vitae (s. m.) (en lat. : dégoût de la vie).
Expression désignant un dégoût de vivre par ennui
profond et lassitude permanents. Syn. spleen (angl.).
Tasikinésie (s. f.) (gr. thasis, tension et kinêsis, mouve-
ment) [angl. tasikinesia]. Besoin incessant et incoer-
cible de bouger, souvent associée à une *akathisie.
Elle est le plus fréquemment liée à un traitement par
*neuroleptique(s).
TAT (Thematic Apperception Test, de H. A. Murray
et C. D. Morgan, 1935). Test *projectif consistant à
présenter une série d’images floues, de signification
ambiguë, à partir desquelles le sujet doit raconter une
histoire. Cette technique explore les aspects conatifs
(ou volitionnels) et affectifs de la personnalité, et non
ses aspects intellectuels (aptitudes et connaissances).
Taux plasmatique (des médicaments) [angl. plasma
level]. On a pu corréler la toxicité et/ou l’efficacité de
certains médicaments, à leur concentration sanguine
(comprise dans une « fourchette », entre une minima
et une maxima). Il s’agira, par exemple, des taux de
*lithium ou de carbamazépine.
Taxinomie ou taxonomie (s. f.) (gr. taxis, arrangement,
et nomos, loi) [angl. taxonomy]. Au sens large, science

115
des lois de la classification ; classification d’éléments
concernant une science, un domaine.
Terman-Merill (test de) [angl. Terman-Merill test].
Dérivé du test de *Binet-Simon, il permet de mesurer
l’intelligence des enfants à partir de l’âge de 2 ans.
Terreur nocturne (lat. terror, effroi, épouvante et noc-
tem, de nox, noctis, nuit, sommeil) [angl. night terror].
Phénomène *paroxystique au cours duquel l’enfant
endormi se met brusquement à crier et à gesticuler.
Angoissé, il s’assoit dans son lit et ne reconnaît pas
son entourage. Il se rendort ensuite et oublie tout.
Test (s. m.) (ancien fr. test, pot servant à l’essai de l’or)
[angl. mental test, épreuve psychologique, 1890].
Épreuve standardisée dans son administration et sa
cotation qui renseigne sur certaines caractéristiques
affectives, mentales (niveau intellectuel, connais-
sances, aptitudes) ou sensorielles d’un sujet, et per-
met de le situer par rapport aux autres membres du
groupe social dont il fait partie.
Thanatos (gr. thanatos, mort) [angl. Thanatos]. Terme
utilisé par certains psychanalystes pour nommer les
pulsions de mort. Dans Au-delà du principe de plai-
sir (1920), Freud les oppose aux pulsions de vie ou
*éros.
Théâtralisme (s. m.) (gr. theatron, enceinte destinée
aux spectateurs) [angl. staginess]. Discours et com-
portement excessifs, d’allure artificielle et spectacu-
laire (e.g. dans l’*hystérie, la *catatonie).
Thérapie familiale [angl. family therapy]. Ensemble
hétérogène de psychothérapies qui procèdent de l’idée
que l’on ne peut séparer le patient du milieu dans
lequel apparaissent et se développent les symptômes.
Elles apparaissent à partir des années 1940 aux États-
Unis. Menées en France depuis 1970, elles utilisent
soit la psychanalyse, soit les théories écosystémiques

116
(théorie des systèmes, cybernétique, théorie de l’in-
formation, rôle du patient dans l’homéostasie fami-
liale, *génogramme, etc.). V. les trav. de J.-C. Benoît
(Paris), M. Elkaïm (Bruxelles), M. Selvini­Palazzoli
(Milan) et P. Watzlawick (Palo Alto, Californie).
Thymie (s. f.) (gr. thumos, cœur comme siège des sen-
timents, affectivité) [angl. thymia, mood]. *Humeur,
disposition affective de base.
Thymique (adj.) [angl. thymic]. Qui concerne l’*humeur.
Vis Dysthymique, Psychoses schizo-affectives.
Tic (s. m.) (italien, ticchio, caprice) [angl. tic]. Ensemble
de mouvements involontaires, brusques, soudains,
impérieux et répétés à intervalles irréguliers. Ils sont
en outre inopportuns, intempestifs et stériles ; majo-
rés par l’anxiété, ils disparaissent pendant le sommeil.
Les tics intéressent les muscles ayant un rôle dans les
relations sociales : tics de la face (paupières, bouche,
tête, cou), tics respiratoires (reniflement, toussote-
ment), tics phonatoires (bruits divers). Simples ou
complexes, ils peuvent alors être des caricatures de
gestes. V. *Gilles de La Tourette (maladie ou syn-
drome des tics de).
TOC V° Trouble obsessionnel-compulsif.
Tolérance (s. f.) (lat. tolerare, porter, supporter) [angl.
tolerance]. Nécessité, chez un alcoolique ou un toxi-
comane, d’augmenter la quantité de substances utili-
sées pour obtenir les mêmes effets.
Tomographie d’émission (gr. tomos, coupé, qui coupe,
et graphein, écrire, pris dans le sens de décrire) [angl.
transaxial tomography]. Technique permettant d’ap-
précier la circulation sanguine (débits et volumes) et
le métabolisme cérébral (consommation du glucose
et de l’oxygène). Selon le procédé utilisé, on distingue :
• la – par émission de positons (PET) ;
• la – d’émission monophotonique (*SPECT).

117
Tonique (adj. et s.) (gr. tonikos, qui se tend) [angl. tonic].
Qui fortifie ou qui présente un état de tension.
Tonus (s. m.) (gr. tonos, tension) [angl. tonus, tonicity].
Syn. de « énergie, dynamisme, tension ».
Topique (s. f.) (gr. topos, lieu) [angl. topic] (psychan.).
Freud a distingué successivement deux topiques. La
première, présentée dans L’Interprétation des rêves
(1900), établit les fonctions des systèmes *incons-
cient, *préconscient et conscient. La seconde, expo-
sée dès 1920, expose le principe des trois *instances
de la *personnalité : le *ça, le *moi et le *surmoi.
Toucher (folie du) [angl. compulsive touching]. V°
Obsession phobique.
Toxicomanie (s. f.) (gr. toxicon, poison pour flèches, et
mania, folie) [angl. toxicomania]. La multiplication des
substances toxicomagènes (qui engendrent des toxico-
manies) et la diversité de leurs effets ont conduit l’Or-
ganisation mondiale de la santé (OMS) à préconiser de
substituer au terme toxicomanie l’expression *dépen-
dance à l’égard des drogues, définie comme un état qui
résulte de l’absorption périodiquement ou continuelle-
ment répétée d’une substance psychoactive.
Training autogène (de J. H. Schulz, 1932) [angl. auto-
genic training]. V° Relaxation.
Traitement moral (lat. tractare, agir sur – XIIIe siècle
– et moralis, de mores, mœurs) [angl. moral therapy].
Forme de psychothérapie de la folie, reposant sur la
douceur, la bienveillance et la persuasion, préconi-
sée à la fin du XVIIIe siècle par W. Tuke en Grande­
Bretagne et Ph. Pinel en France.
Tranquillisant (adj. et s. m.) (lat. tranquillus, calme,
paisible) [angl. tranquillizer]. Syn. de *anxiolytique.
Transe (s. f.) (lat. transir, de trans, par-delà, et ire,
aller) [angl. trance]. État modifié de conscience, avec

118
exaltation, comportements automatiques et perte
transitoire du contact avec le monde extérieur (*hyp-
nose, *hystérie, certains cultes).
Transfert (s. m.) (lat. trans, au-delà, et ferre, porter)
[angl. transference] (psychan.). Mécanisme psycho-
logique inconscient par lequel une personne pro-
jette et reproduit avec les autres personnes et objets
neutres des modes de relations plus anciennes et tout
particulièrement des situations de conflits infantiles
avec les parents. Ce processus est essentiel au cours
des cures analytiques où c’est l’analyste qui fait l’ob-
jet des projections du patient.
Le report sur le thérapeute des sentiments favorables
constitue le transfert positif, l’ensemble des senti-
ments hostiles est appelé transfert négatif.
• Névrose de – : névrose artificielle qui se crée au cours
de la cure analytique entre le sujet et l’analyste.
– contre-transfert : ensemble des réactions du psy-
chanalyste à la situation analytique, c’est-à-dire de
la personne de l’analysant et plus particulièrement du
transfert de ce dernier.
Transformation corporelle (idée de) [angl. bodily
changes delusional idea]. V° Cotard (syndrome de).
Transsexualisme (s. m.) (lat. trans, au-delà de, à tra-
vers, et sexus, division en mâles et en femelles) [angl.
transexualism]. Conviction d’appartenir à l’autre
sexe s’accompagnant du désir impérieux d’obtenir
un changement de sexe anatomique (par la chirurgie
et/ou des hormones sexuelles) et civil (après s’y être
longtemps opposé, la Cour de cassation l’a admis
le 11 décembre 1992, après la condamnation de la
France par la Cour européenne des droits de l’homme
(affaire B./France du 25 mars 1992).
Traumatique (névrose) (adj.) [angl. traumatic neu-
rosis]. Syndrome se développant à la suite d’un
*traumatisme psychique souvent majeur (incendie,

119
déraillement d’un train, tremblement de terre, bom-
bardement, etc.). Il correspond approximativement
au *stress post-traumatique du DSM-5 (2013). Une
fois constituée, cette affection comprend :
• des troubles spécifiques : labilité émotionnelle,
inhibition relationnelle ;
• des phénomènes répétitifs : *répétitions, *pseudo­
phobie des lieux ou des circonstances qui peuvent
rappeler l’événement ;
• une organisation *névrotique de la personnalité.
Elle est surtout marquée par l’état de dépendance à
l’égard de l’entourage, l’apparition d’une note reven-
dicative, d’éléments anxio-dépressifs et de troubles
du caractère (colères, agressivité).
Traumatisme (s. m.) (gr. trauma, blessure) [angl. trau-
matism]. Ensemble des manifestations physiques et/
ou psychiques provoquées par une action violente sur
un organisme.
– affectif : choc émotionnel ou frustration affec-
tive entraînant des modifications psychologiques
durables, s’accompagnant parfois de manifestations
*fonctionnelles ;
– crânien : choc céphalique de nature et d’in-
tensité variables, pouvant se compliquer, outre
les lésions organiques, de troubles psychiques plus
ou moins tardifs : syndrome *postcommotionnel,
névrose *post-traumatique, névrose *traumatique, *am-
nésie, *confusion aiguë, *épilepsie post-traumatique.
Vis Post-traumatique, Stress post-traumatique.
Travestisme ou transvestisme (s. m.) (lat. trans, au-
delà de – marque le passage, le changement –, et
vestire, vêtir, habiller) [angl. transvestism]. Fait
de s’habiller (et/ou de se farder), pour un homme,
comme une femme ; de façon épisodique ou perma-
nente. Peut également s’accompagner de caractères
sexuels féminins, naturels ou provoqués.

120
Trichotillomanie (s. f.) (gr. thrix, cheveu, tillô, j’arrache,
et mania, folie) [angl. trichotillomania]. Envies irré-
pressibles de se tortiller, de s’arracher les cheveux et
parfois les poils.
Tricyclique (adj. et s. m.) (lat. et gr. tri-, trois, et gr.
kuklos, cercle) [angl. tricyclic]. Médicament d’une
classe d’antidépresseurs à trois cycles accolés. Le
premier fut l’imipramine (R. Kuhn, 1957).
Trismus (s. m.) (gr. trismos, de trizein, grincer) [angl.
trismus]. Constriction des mâchoires, par contracture
des muscles masticateurs. S’observe dans les *dyski-
nésies et certaines affections, tel le tétanos.
Trisomie (s. f.) ou maladie ou syndrome de Down (gr.
treis, trois, et sôma, corps) [angl. trisomy]. Anomalie
caractérisée par l’apparition, dans une paire de
chromosomes, d’un chromosome surnuméraire. V°
Mongolisme.
Trouble obsessionnel-compulsif ou TOC [angl. com-
pulsive obsessional disorder]. Le *DSM-5 (2013)
le définit comme étant un syndrome constitué : soit
d’*obsessions, soit de compulsions (*rites), soit des
deux, avec un retentissement significatif sur les acti-
vités habituelles du sujet. Le DSM-5 décrit égale-
ment une personnalité obsessionnelle-compulsive
qui correspond à la *personnalité obsessionnelle.
V° Obsessionnelle (névrose).
Tuphos (s. m.) (gr. tuphos, stupeur) [angl. typhoid state].
État de *stupeur observé dans la fièvre typhoïde et le
typhus exanthématique.
Turner (syndrome de) [angl. Turner-Albright syn-
drome]. Affection génétique dans laquelle il
n’existe qu’un seul chromosome sexuel (un chromo-
some X). Le caryotype comporte donc 45 chro-
mosomes (au lieu de 46 normalement) et une formule
gonosomique X0.

121
Tutelle (s. f.) (lat. tutela, de tueri, surveiller, protéger)
[angl. guardianship]. Cette mesure juridique de pro-
tection judiciaire, tout comme la *curatelle, a été
réformée de façon substantielle par une loi du 5 mars
2007. Elle vise à protéger une personne majeure et/
ou tout ou partie de son patrimoine, si elle n’est plus
en état de veiller sur ses propres intérêts. Le juge des
tutelles (magistrat du tribunal d’instance compétent)
ouvre la tutelle et en fixe la durée, sans qu’elle puisse
excéder cinq ans (sauf toutefois si l’altération des
facultés apparaît irrémédiable). Le juge statue une
fois la personne entendue ou appelée. L’intéressé
peut être accompagné par un avocat ou, sous réserve
de l’accord du juge, par toute autre personne de son
choix. Le magistrat peut toutefois décider, par déci-
sion spécialement motivée et sur avis du médecin
spécialiste, qu’il n’y a pas lieu de procéder à l’audi-
tion de l’intéressé, si celle-ci est de nature à porter
atteinte à sa santé ou s’il est hors d’état d’exprimer sa
volonté. Le magistrat désigne aussi le tuteur (mem-
bre de la famille ou professionnel agréé) qui va repré-
senter la personne dans les actes de la vie civile. Le
tuteur professionnel (qui peut être une association, un
établissement de soins ou d’hébergement ou un gérant
privé) est appelé désormais « mandataire judiciaire
à la protection des majeurs ». Le juge peut énumérer,
à tout moment, les actes que l’intéressé peut faire seul
ou non, au cas par cas. Appel de la décision peut être
interjeté dans le délai de quinze jours qui suit la déci-
sion. La tutelle cesse avec les causes qui l’ont déter-
minée. Pour les mineurs, « la tutelle s’ouvre lorsque
le père et/ou la mère sont décédés ou se trouvent pri-
vés de l’exercice de l’autorité parentale. Elle s’ouvre,
aussi, à l’égard d’un enfant dont la filiation n’est pas
légalement établie » (art. 390 du Code civil).

122
V

Vaginisme (s. m.) (lat. vagina, gaine) [angl. vaginis-


mus]. Contraction douloureuse des muscles du vagin
pouvant entraîner l’impossibilité d’avoir des rapports
sexuels.
Vagotonie (s. f.) (lat. vago, vague, et tonos, tension)
[angl. vagotonia]. Sensibilité particulière du nerf
pneumogastrique (ou nerf vague), se traduisant par
de l’anxiété, une tendance aux syncopes, des troubles
digestifs et respiratoires.
Vasculaire (démence) (lat. vasculum, vase) [angl. vas-
cular dementia]. *Démences étant la conséquence
d’hémorragies ou d’infarctus cérébraux multiples
(ou bien de lésions corticales et/ou sous-corticales
limitées, unies ou bilatérales). En leur faveur : des
antécédents d’accident vasculaire cérébral, un début
brutal, une évolution fluctuante en « marches d’esca-
lier », des déficits cognitifs inhomogènes, la préser-
vation relative de la personnalité. Elles sont souvent
mixtes, avec des lésions de la maladie d’Alzheimer.
L’*IRM montre les images des lésions causales.
Verbigération (s. f.) (lat. vergiberare, se quereller)
[angl. verbigeration]. Propos incohérents, avec néolo-
gismes, altérations et répétition de mots (dans certains
*états démentiels, *schizophréniques, *maniaques).
Village (test du) [angl. village test]. Test de personna-
lité utilisant le jeu et qui consiste à construire un vil-
lage avec un matériel standardisé.
Viol (s. m.) (lat. violare, faire violence) [angl. rape]. Tout
acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il

123
soit, commis sur la personne d’autrui par violence,
contrainte ou surprise (Code pénal, art. 222-23).
Virage maniaque (lat. virare, de vibrare, faire tour-
noyer) [angl. manic switch]. Inversion brutale de
l’*humeur : le patient qui était *dépressif, devient
*maniaque. Ce phénomène peut être spontané ou
induit par les *antidépresseurs.
Viscosité mentale (lat. viscum, glu) [angl. viscosity].
Lenteur de la pensée, des associations d’idées, du
temps de réponse et de l’expression en général. Ce
trouble est assez caractéristique de la *personnalité
de certains *épileptiques.
Vocabulaire (test de) (lat. vocabulum, appellation)
[angl. vocabulary test]. Épreuves de connaissance
verbales, fréquemment utilisées pour évaluer rapide-
ment le niveau intellectuel.
Vol pathologique (lat. volare, venir rapidement ; gr.
pathos, maladie, et logos, langage) [angl. pathologi-
cal stealing]. Il s’agit du vol :
– commis en raison de la perte de la notion de pro-
priété (*schizophrène, *dément) ;
– réalisé par l’absolue nécessité de se procurer de la
drogue (*toxicomane en état de manque) ;
– du névrosé *compulsif (*kleptomanie) ;
– amnésique de l’*épileptique (rare).
Voyeurisme (s. m.) (lat. videre, voir, puis anc. fr. veor,
véeur, guetteur, témoin) [angl. voyeurism]. Plaisir
éprouvé et recherché de voir se dérouler des relations
sexuelles ou des actes intimes (toilette, défécation,
miction) ; perversion essentiellement masculine.
Syn. de « scoptophilie » (s. f.).

124
W-X-Z

WAIS (Wechsler Adult Intelligence Scale) D. Wechsler,


1955. *Test de niveau intellectuel le plus utilisé. Il
utilise des épreuves verbales (vocabulaire, chiffres,
compréhension) et des épreuves de performance
(arrangement d’images, cubes, puzzles). Ce test per-
met de calculer, outre le *quotient intellectuel (QI)
global, un QI verbal et un QI performance. Par défi-
nition, le QI d’un sujet moyen est égal à 100.
Wechsler-Bellevue (échelle d’intelligence de) [angl.
Wechsler-Bellevue Intelligence Scale], D. Wechsler,
1938. V° WAIS.
Wernicke (hallucinose des buveurs de) [angl. alco-
holic hallucinosis]. État hallucinatoire aigu (fait
surtout de perceptions auditives), sans confusion
mentale, survenant chez un alcoolique chronique,
lors d’un sevrage ou d’un excès de boisson, et durant
en moyenne une semaine (C. Wernicke, 1900).
V° Psychose alcoolique, 1.
West (syndrome de) [angl. West syndrome]. Forme
grave d’*épilepsie atteignant le jeune enfant, qui se
caractérise par une triade symptomatique : spasmes
musculaires en flexion et/ou en extension, régression
mentale sévère, tracé *électroencéphalographique
particulier et désynchronisé (on désigne l’aspect du
tracé sous le terme d’hypsarythmie).
Wilson (maladie de) [angl. Wilson’s disease]. Affection
familiale liée à un trouble du métabolisme du cuivre.
Le début des troubles survient entre 15 et 30 ans, et
l’on retrouve : une cirrhose hépatique, des mouve-
ments anormaux et des troubles psychiques à type de

125
troubles du caractère, de l’humeur et de l’efficience
intellectuelle. En l’absence de traitement, l’évolution
se faisait vers la mort, dans un *état démentiel.
WISC (Wechsler Intelligence Scale for Children).
Échelle d’intelligence pour enfants de Wechsler qui
permet de calculer un « *quotient intellectuel (QI)
global » dont la moyenne est égale à 100. Ce test est
utilisé chez les enfants âgés de 8 à 14 ans.
Xénopathie (s. f.) (gr. xénos, étrange, étranger, hôte
et, pathos, souffrance). Ensemble d’hallucinations
acoustico-verbales (voix, bruits), représentations
mentales incoercibles et automatiques, qui sont per-
çues par le sujet comme ayant un caractère d’étran-
geté et d’altérité par rapport au moi. Se rencontre
chez certains délirants.
Xérostomie (s. f.) (gr. xêros, sec, et stoma, bouche)
[angl. xerostomia]. Sensation de sécheresse plus ou
moins importante de la bouche, souvent due aux neu-
roleptiques, aux antiparkinsoniens de synthèse, aux
antidépresseurs.
Zone érogène [angl. erogenous zone]. Partie du corps,
voire le corps tout entier, dont la stimulation peut
entraîner un plaisir sexuel.
Zoopathie (s. f.) (gr. zôon, être vivant, animal, et pathos,
souffrance) [angl. zoopathy]. *Hallucinations cénes-
thésiques réalisant une perception de possession du
corps par un animal.
Zoopsie (s. f.) (gr. zôon, être vivant, animal, et opsis,
vue) [angl. zoopsia]. Hallucinations visuelles d’ani-
maux répugnants, dégoûtants ou dangereux (rats,
serpents, araignées) que le sujet cherche à fuir ou à
attraper. Ce phénomène s’observe surtout dans les
délires alcooliques aigus (ou *delirium tremens).

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Cet ouvrage a été mis en pages et imprimé en France
par JOUVE
1, rue du Docteur-Sauvé – 53101 Mayenne
2179419J – Dépôt légal : février 2015

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