Ecole Nationale du gestion et du commerce
La gestion de la trésorerie : Forces et faiblesses du système
bancaire marocain
[Sous-titre du document]
Houssine Benjelloun
31/12/2024
Introduction
La gestion de la trésorerie est un enjeu essentiel pour les
institutions financières et les entreprises, car elle permet de
garantir la liquidité, d'optimiser les ressources et d'assurer une
gestion efficace des flux financiers. Au Maroc, le système
bancaire joue un rôle pivot dans l'économie nationale, en
assurant l'intermédiation financière, le financement des
activités économiques et la gestion des épargnes. Cependant,
ce système présente à la fois des forces et des faiblesses qui
influent sur sa capacité à soutenir le développement
économique et à résister aux chocs financiers.
Ce projet vise à analyser en profondeur les aspects liés à la
gestion de la trésorerie au sein du système bancaire marocain,
en mettant en évidence ses points forts et ses points faibles.
L'étude s'articulera autour des axes suivants : une présentation
générale du système bancaire marocain, une analyse des forces
du système, une évaluation de ses faiblesses, et enfin des
recommandations pour améliorer la gestion de la trésorerie.
31 décembre 2024 1
Chapitre 1 : Présentation générale du système bancaire
marocain
1.1. Historique et évolution du système bancaire
marocain
Le système bancaire marocain trouve ses origines dans la
période coloniale, avec l'établissement des premières
institutions financières par les puissances étrangères. Après
l'indépendance en 1956, le Maroc a progressivement nationalisé
et restructuré son secteur bancaire pour répondre aux besoins
de l'économie nationale. Aujourd'hui, le système bancaire
marocain est composé de plusieurs banques commerciales, de
banques spécialisées, et d'institutions de microfinance.
1.2. Structure et organisation du système bancaire
Le système bancaire marocain est supervisé par Bank Al-
Maghrib, la banque centrale, qui joue un rôle régulateur et veille
à la stabilité financière. Les banques commerciales dominent le
secteur, avec des acteurs majeurs comme Attijariwafa Bank, la
Banque Populaire, et BMCE Bank of Africa. En parallèle, des
institutions spécialisées telles que la Caisse de Dépôt et de
Gestion (CDG) contribuent au financement des projets
structurants.
1.3. Contribution à l'économie nationale
Les banques marocaines jouent un rôle crucial dans l'économie
en mobilisant l'épargne nationale, en finançant les entreprises
et les particuliers, et en facilitant les transactions
commerciales. Elles participent également à l'inclusion
financière en élargissant leur réseau et en introduisant des
produits innovants.
31 décembre 2024 2
Chapitre 2 : Forces du système bancaire marocain
2.1. Solidité financière
Le système bancaire marocain est considéré comme l'un des
plus solides en Afrique, grâce à une gestion prudente des
risques et à des réserves de capital adéquates. Les réformes
réglementaires mises en place par Bank Al-Maghrib ont renforcé
la résilience du secteur face aux chocs économiques.
2.2. Modernisation et numérisation
Les banques marocaines ont adopté des technologies modernes
pour améliorer l'efficacité de leurs services et répondre aux
attentes des clients. Les plateformes de banque en ligne et
mobile, ainsi que l'utilisation des big data, permettent
d'optimiser la gestion de la trésorerie et d'offrir des solutions
personnalisées.
2.3. Expansion régionale
Les banques marocaines se sont étendues au-delà des
frontières nationales, notamment en Afrique subsaharienne, où
elles jouent un rôle actif dans le financement des économies
locales. Cette stratégie renforce leur position sur la scène
internationale et diversifie leurs sources de revenus.
Le secteur bancaire marocain est dominé par quelques grandes
banques, mais il comprend aussi des banques islamiques et des
institutions spécialisées :
Banques de détail : Elles constituent l'épine dorsale du
système bancaire, avec des acteurs comme Attijariwafa
31 décembre 2024 3
Bank, Banque Populaire, et BMCE Bank. Ces
institutions offrent des services de dépôt, de crédit et
d'investissement.
Banques islamiques : Le Financement Participatif est
un secteur en expansion, avec des acteurs comme Bank
Al Yousr ou Bank of Africa qui proposent des produits
conformes à la charia.
Banques de financement et de développement : Ces
banques sont focalisées sur le financement de projets à
long terme, en particulier dans les secteurs stratégiques
comme l’immobilier, l’infrastructure et les PME.
2.4. Les acteurs clés et leur rôle dans la gestion de la
trésorerie
Bank Al-Maghrib : Autorité de régulation, BAM veille à la
stabilité financière et à la liquidité des banques en
surveillant les taux d'intérêt, les réserves obligatoires et en
émettant des bons du Trésor pour réguler l'offre monétaire.
Les banques commerciales : Elles gèrent la majorité
des comptes de trésorerie, des prêts et des produits
financiers pour les entreprises et les particuliers. Elles font
face à des défis tels que la concurrence accrue, les coûts
de financement et les fluctuations économiques.
Les institutions de microfinance : Ces institutions
offrent des services aux populations exclues du système
bancaire traditionnel. Elles jouent un rôle crucial dans
l'inclusion financière, bien qu'elles soient confrontées à
des défis de gestion de liquidité.
2.5. Les principales caractéristiques du système
bancaire marocain
Stabilité financière : En raison d'une régulation prudente
et d'une capitalisation solide, le système bancaire
marocain a fait face aux crises économiques avec
relativement peu de turbulences.
31 décembre 2024 4
Diversification des produits bancaires : Les banques
marocaines proposent une large gamme de services, y
compris des prêts personnels, des crédits à la
consommation, des crédits hypothécaires et des
financements pour les PME.
Chapitre 3 : Faiblesses du système bancaire marocain
3.1. Concentration du secteur
Le système bancaire marocain est fortement concentré, avec
une prédominance de quelques grandes banques. Cette
concentration limite la compétition, ce qui peut résulter en des
coûts plus élevés pour les clients et une innovation ralentie.
3.2. Accès limité au crédit
Malgré les progrès réalisés, l'accès au crédit reste difficile pour
certaines catégories, notamment les petites et moyennes
entreprises (PME) et les startups. Les critères stricts de
présentation de garanties freinent le financement des projets
innovants.
3.3. Vulnérabilité aux chocs externes
Le système bancaire marocain reste vulnérable aux chocs
externes, tels que les fluctuations des prix des matières
premières, les crises économiques mondiales et les tensions
31 décembre 2024 5
géopolitiques. Cette vulnérabilité peut affecter la gestion de la
trésorerie et la stabilité financière.
Chapitre 4 : système bancaire marocain
4.1. Les forces du système bancaire marocain
1. Stabilité du secteur bancaire
Le système bancaire marocain est l’un des plus solides
en Afrique, grâce à une régulation efficace assurée par
Bank Al-Maghrib (BAM).
Régulation stricte : Les exigences en matière de
fonds propres, la gestion prudente des risques et
les audits réguliers des banques garantissent une
stabilité financière globale.
Résilience aux crises : Lors de la crise financière de
2008 et de la pandémie de COVID-19, le système
bancaire marocain a démontré sa capacité à
s’adapter et à maintenir ses performances grâce à
des mesures proactives (report des échéances de
crédits, refinancements).
2. Transformation digitale et innovation
31 décembre 2024 6
Les banques marocaines ont fait un bond
technologique ces dernières années. Des
applications bancaires mobiles comme celles de
Attijariwafa Bank ou BMCE Bank permettent
d’accéder facilement aux services.
Paiements mobiles : Initiatives comme M-Wallet
pour faciliter les transactions financières des
particuliers et commerçants.
Inclusion numérique : Les plateformes de
microfinance et les agences bancaires mobiles
favorisent l’accès aux zones rurales.
3. Expansion régionale en Afrique
Les grandes banques marocaines, telles que
Attijariwafa Bank, Banque Populaire et BMCE Bank,
ont élargi leur présence dans des pays comme la
Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Cameroun.
o Bénéfices : Diversification des revenus et
acquisition de nouveaux marchés.
o Leadership africain : Ces banques jouent un
rôle clé dans le financement des projets
d’infrastructure en Afrique.
4. Inclusion financière accrue
Microfinance : Les institutions telles que Al Amana
Microfinance permettent aux populations non
bancarisées d’accéder aux financements.
Initiatives gouvernementales : Le programme de
paiements différés et le lancement de Tayssir
facilitent l’inclusion des populations rurales.
4.2. Les faiblesses du système bancaire marocain
1. Concentration du secteur bancaire
31 décembre 2024 7
Hégémonie des grandes banques : Trois banques
contrôlent environ 70 % des actifs du système
bancaire. Cette domination limite les opportunités
pour les nouveaux entrants.
Faible concurrence : Un marché dominé par peu
d’acteurs nuit à l’innovation et aux tarifs
compétitifs.
2. Difficulté d'accès au financement pour les PME et TPE
Crédit conservateur : Les banques adoptent une
approche prudente face aux PME/TPE, jugées plus
risquées, malgré leur poids dans l’économie (95 %
des entreprises marocaines).
Garanties élevées : Les exigences de garanties pour
les prêts freinent l’accès des petites entreprises au
financement.
3. Coût élevé des services bancaires
Frais bancaires : Les services bancaires sont perçus
comme coûteux par la majorité des citoyens. Les
frais de gestion de compte et les taux d’intérêt
élevés pèsent sur les particuliers et les entreprises.
Manque d’offres alternatives : Les banques
digitales, souvent moins coûteuses, ne sont pas
encore assez développées.
4. Vulnérabilité économique
Concentration sectorielle : Le système bancaire est
fortement exposé aux secteurs clés comme le
tourisme, l’immobilier et l’agriculture, rendant les
banques vulnérables aux crises spécifiques à ces
secteurs.
Crise internationale : Les chocs externes, tels que
les fluctuations des prix des matières premières,
affectent la liquidité et la rentabilité des banques
marocaines.
31 décembre 2024 8
4.3. Recommandations et perspectives d'amélioration
1. Renforcement de la concurrence
Encourager l'entrée de nouvelles institutions
financières pour diversifier l'offre et renforcer la
compétitivité.
Promouvoir les banques digitales pour réduire les
coûts des services et simplifier les démarches
administratives.
2. Appui aux PME et TPE
Création de produits spécifiques : Développer des
lignes de crédit adaptées aux besoins des petites
entreprises avec des garanties réduites.
Partenariats public-privé : Renforcer les
programmes comme Damane Oxygène ou Intelaka
pour soutenir financièrement les entrepreneurs.
3. Accélération de l’inclusion financière
Déployer davantage d’agences bancaires mobiles
dans les zones rurales.
Simplifier les démarches d’ouverture de compte
pour les populations non bancarisées.
4. Diversification des secteurs de financement
Réduire la dépendance aux secteurs traditionnels
en finançant des industries émergentes comme les
énergies renouvelables ou la tech.
Mettre en place des outils pour atténuer les risques
liés aux fluctuations des marchés internationaux.
31 décembre 2024 9
Conclusion générale
Le système bancaire marocain est un pilier de
l’économie nationale, reconnu pour sa stabilité et son
rayonnement régional. Cependant, des efforts restent
nécessaires pour surmonter ses faiblesses structurelles,
notamment en matière de coût, d’accès au crédit et
d’inclusion financière. Les recommandations proposées
visent à assurer une évolution durable et inclusive du
secteur bancaire, en phase avec les ambitions
économiques du Maroc.
31 décembre 2024 10