George Sand : religion et féminisme
George Sand : religion et féminisme
Édition électronique
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DOI : 10.4000/assr.1902
ISSN : 1777-5825
Éditeur
Éditions de l’EHESS
Édition imprimée
Date de publication : 1 octobre 2004
Pagination : 25-38
ISBN : 2-222-96754-6
ISSN : 0335-5985
Référence électronique
Marie-Reine Renard, « Les idées religieuses de George Sand et l’émancipation féminine », Archives de
sciences sociales des religions [En ligne], 128 | octobre - décembre 2004, mis en ligne le 19 septembre
2007, consulté le 02 mai 2019. URL : http://journals.openedition.org/assr/1902 ; DOI : 10.4000/
assr.1902
Introduction
(1) « George Sand, une rebelle face à son siècle », Le Magazine Littéraire 2004. Ce périodique est
consacré à la commémoration du bicentenaire de la naissance de George Sand, et fait le point des collo-
ques, expositions et parutions récentes qui lui sont consacrées.
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ARCHIVES DE SCIENCES SOCIALES DES RELIGIONS
Il est acquis de longue date que le romantisme a pour racines des idées mysti-
ques, théosophiques, qui apparaissent à la fin du XVIIIe siècle, d’abord en
Angleterre et en Allemagne, et plus discrètement en France, où le mouvement fut
décrit par Auguste Viatte dans un ouvrage intitulé Les sources occultes du roman-
tisme (2). Il importe de noter que d’emblée, ce courant littéraire s’accompagne
d’une reconsidération du rôle de la femme qui devient un guide, comme en témoi-
gnent à titre d’exemple certains écrits de Novalis (3) ou de Hoffmann (4). À la
même époque furent publiés les premiers écrits féministes, en France sous les
plumes de Condorcet et d’Olympe de Gouges, chez Mary Wollstonecraft en Angleterre,
de von Hippel en Prusse (5). En 1812, Percy B. Shelley fait paraître un poème
philosophique intitulé La Reine Mab, lequel critique les valeurs du monde
patriarcal et place la société à venir sous l’égide d’une entité féminine, Mab, la
reine des fées (6). Quelques décennies plus tard, George Sand publiera une ballade
portant le même titre, mais qui n’empruntera à Shelley que le titre et quelques
images (7).
Lorsque après les bouleversements consécutifs à la Révolution et à l’Empire, il
apparût que l’ordre ancien ne pouvait être restauré, en dépit des tentatives faites en
ce sens, nombre d’écrivains, de penseurs, s’employèrent à imaginer quel serait le
monde qui émergerait de ces ruines. C’est ce que Paul Bénichou a appelé Le Temps
des prophètes (8). Pour Pierre-Simon Ballanche (1776-1847), les drames consécu-
tifs à la Révolution vont permettre la naissance d’une nouvelle société. C’est ce
qu’il appelle la « palingénésie ». Saint-Simon (1760-1825), Auguste Comte (1798-
1857), Hoëné Wronski (1768-1853) veulent fonder la société future sur la science.
Toutefois, ils deviennent progressivement et à des degrés divers les prophètes de
nouvelles religions. Du saint-simonisme sortiront à la fois le socialisme et le fémi-
nisme, ainsi que le démontre la thèse de Marguerite Thibert intitulée Le féminisme
dans le socialisme français de 1830 à 1850 (9). Si Saint-Simon lui-même n’est
l’auteur d’aucun écrit féministe, il prévoit l’avènement d’une nouvelle société,
industrieuse et pacifique, dirigée par des savants, où rien ne fera obstacle à un rôle
prépondérant des femmes. D’ailleurs, les premiers disciples de Saint-Simon,
notamment Bazard et Enfantin, à la recherche de nouvelles solutions aux problèmes
de leur temps, se laisseront séduire par les courants mystiques de leur époque et
rejoindront pas ces voies le mouvement de divinisation de la femme (10). Dans
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LES IDÉES RELIGIEUSES DE GEORGE SAND
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ARCHIVES DE SCIENCES SOCIALES DES RELIGIONS
origine se trouvent le plus souvent quelques faits réels, ceux-ci ont pu être considé-
rablement déformés et peuvent donner lieu à des interprétations divergentes. Léon
Abensour, dans son Histoire Générale du féminisme en donne un bon exemple à
propos de la lutte des héros grecs contre les Amazones, divinités féminines,
lunaires : les adversaires de celles-ci sont des divinités solaires, masculines. Ce
serait donc une lutte d’influence entre les dieux, et non pas la représentation, sur un
mode allégorique de la lutte et du triomphe du patriarcat sur le matriarcat (16).
Mais les intuitions de Bachofen frayaient la voie à certaines notions, celle par
exemple de « rôle social », selon laquelle la situation des femmes est un fait social,
non naturel ni inéluctable. Ce point est déterminant au regard du féminisme de
George Sand.
De son vivant, George Sand fut considérée comme trop féministe par les uns,
pas assez selon d’autres. La question reste posée de nos jours, comme le démon-
trent les titres de quelques-uns des articles publiés dans « Le Magazine Littéraire »
de mai 2004 déjà cité : « Femme ? La question inévitable » de Christine Planté, et
de Michelle Perrot « George Sand n’a pas trahi le féminisme » (17). Pour ces deux
auteurs, si la baronne Dudevant ne fut pas à la pointe des premiers combats fémi-
nistes, ses romans ont à l’évidence posé clairement les problèmes, et à titre
personnel, elle a su préserver ses droits en obtenant une séparation d’abord
amiable, puis judiciaire d’avec son mari Casimir Dudevant. Grâce à ses talents
d’écrivain, elle démontre qu’une femme peut obtenir son autonomie financière,
chose rare à l’époque.
L’accueil réservé fait par George Sand aux mouvements féministes peut
s’expliquer par des motifs conjoncturels, d’une part, et par les lacunes que compor-
tait l’éducation des femmes à cette époque. Il n’est pas sans intérêt de noter que les
relations de George Sand et de Flora Tristan, dont les idées étaient proches des
siennes à bien des égards ne furent pas toujours cordiales. En 1837, Flora Tristan,
dans les Pérégrinations d’une paria, reproche à George Sand la prudence qui
l’amène à formuler ses critiques de la condition féminine sous le voile de la fiction
romanesque, et à l’abri d’un pseudonyme masculin (18). Cette divergence de points
de vue n’empêche pas les deux femmes d’entrer en relations. Mais George Sand
aura une attitude de plus en plus réservée à l’égard de Flora, à qui elle reproche son
exaltation de propagandiste, ainsi qu’un excès de confiance dans ses idées qu’elle
qualifie d’« enfantillages » (19). La controverse de George Sand avec Eugénie
Niboyet, en 1848, est mieux connue et amène George Sand à préciser ses positions.
Le 16 avril 1848, Eugénie Niboyet proposait dans le journal La voix des femmes, la
candidature de George Sand aux élections de l’Assemblée Constituante. Celle-ci
répond par un désaveu le 8 avril suivant dans une lettre au rédacteur de La Réforme
et à celui de La Vraie République. Elle regrette que son nom ait été avancé sans
qu’elle ait été consultée : « Je ne puis permettre que, sans mon aveu, on me prenne
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pour enseigne d’un cénacle féministe avec lequel je n’ai jamais eu la moindre rela-
tion, agréable ou fâcheuse » (20).
Pour George Sand, les femmes ne peuvent, en l’état, participer à la vie poli-
tique, en raison du type d’éducation qui leur est donnée, et de leur statut
matrimonial. Cette situation n’est peut-être pas définitive, mais il faudra pour
qu’elle évolue que les structures de la société se modifient en profondeur. Le héros
du roman Isidora, Jacques Laurent se donne pour tâche de « régler les rapports de
l’homme et de la femme dans la société, dans la famille, dans la politique » (21).
L’éducation, les mœurs, les coutumes sont à l’origine du statut actuel des femmes.
Si ces facteurs étaient modifiés, il se pourrait « que les aptitudes de l’un ou de
l’autre sexe fussent complètement modifiées » (22). Au fil des années, les idées de
George Sand en ce qui concerne les femmes se modifieront peu. Elle indique dans
sa correspondance que l’amour maternel prévaudra toujours sur n’importe quelle
considération, notamment dans une lettre à Édouard de Pompéry en date du
23 décembre 1864 : « Je vois la femme à jamais esclave de son cœur et de ses
entrailles » (23). Le féminisme de George Sand doit être à présent confronté à la
formation de ses idées religieuses, qui sont la résultante d’influences contrastées.
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Bien introduite dans les milieux littéraires de son temps, George Sand, après
une période de doute et de scepticisme va rencontrer des hommes dont les idées lui
rendront confiance et espoir : Félicité de Lamennais (1788-1854) et le philosophe
Pierre Leroux (1797-1871). George Sand s’intéresse assez tôt aux idées de Félicité
de Lamennais, un prêtre qui, après avoir soutenu des thèses ultra-conservatrices
dans un ouvrage en plusieurs volumes intitulé Essai sur l’indifférence en matière
de religion s’orientera vers un christianisme social qui s’exprime dans Paroles d’un
croyant, ouvrage publié au début de l’année 1834, condamné par l’encyclique
Singulari Nos le 7 juillet 1834, ce qui radicalisera la rupture de Lamennais avec
l’Église. En avril 1835, à l’occasion du « procès monstre » George Sand aura
l’opportunité de rencontrer les deux penseurs, qui se proposaient d’assurer la
défense des accusés (27) De Pierre Leroux, ancien ouvrier imprimeur, la roman-
cière retient les thèses du progrès continu et de l’égalité, qui selon lui constituent le
fond de toutes les croyances religieuses (28) (29).
Spiridion, publié en 1839, retrace la crise spirituelle de Lamennais, ainsi que
ses difficultés avec l’Église. L’ouvrage a pour cadre un monastère italien à la veille
de la Révolution. Un moine, Alexis, et un novice, Angel, s’intéressent aux idées du
fondateur du couvent, Spiridion, qui, après avoir adhéré successivement aux reli-
gions institutionnelles de son temps, a découvert l’Évangile Éternel de Joachim de
Flore (1132-1202). Ce dernier a eu une vision mystique lors d’un voyage en Terre
Sainte, et à partir de différents textes bibliques dont l’Apocalypse, annonce pour
l’année 1260 l’Ère du Saint-Esprit, qui succède à celle du Père, correspondant à
l’Ancien Testament, et à celle du Fils, qui recouvre la révélation chrétienne. Cette
ère nouvelle verra naître L’Église de saint Jean, laquelle n’aura plus besoin de rites,
ni de dogmes car la vérité apparaîtra clairement à chacun (30). De toute évidence,
ces idées corroborent les thèses de Pierre Leroux sur le progrès continu de
l’humanité.
Le joachimisme sera également la toile de fond d’un dialogue philosophique,
Les Sept Cordes de la Lyre, composé par George Sand pendant une interruption de
la rédaction de Spiridion, ce qui explique la parenté d’idées véhiculées par les deux
textes. Les Sept Cordes de la Lyre s’inspire d’un texte de Pierre-Simon Ballanche
(1776-1847), intitulé Orphée (31). Mais le titre évoque Joachim de Flore qui avait
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(32) SAND, Les Sept Cordes de la Lyre, in Œuvres complètes, 1980, p. 134.
(33) SAND, tome 1, 1959, pp. 319-320.
(34) Idem, tome 2, 1959, pp. 14-22.
(35) SAND, Jean Ziska, in Œuvres complètes, Tome XIX, 1980, pp. 25-30.
(36) Idem, p. 19.
(37) SAND, Histoire de ma vie, op. cit., 1970, p. 24
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grand-mère, intitulé Le chien et la fleur sacrée (46), qui comporte des considéra-
tions sur l’évolution cosmique, caractérisée par la spiritualisation de la matière et le
progrès continu de l’univers.
À la fin de sa vie, George Sand n’a plus de liens avec l’Église catholique. Son
roman Mademoiselle La Quintinie comporte des pointes anticléricales, qui ne sont
pas sans évoquer le programme politique ultérieur de la Troisième République,
visant à réduire les ingérences de clercs, de religieux tant dans la vie privée que
dans la politique. Néanmoins, apparaissent de manière récurrente dans ses romans,
des prêtres, des religieux qui, tels le frère Nicolas des Maîtres Sonneurs (47), le
chanoine de Saint-Étienne dans Consuelo, l’abbé Féline dans Simon (48) exercent
une action utile et bienfaisante. À l’occasion du mariage de son fils Maurice en
1862, et lors de la naissance du premier enfant de celui-ci, George Sand aura
l’occasion d’entrer en correspondance avec des ministres du culte protestant. Elle
se sent plus proche de leurs croyances que de celles de l’Église catholique, mais ne
peut y adhérer totalement. Lorsqu’elle meurt en 1876, elle n’a donné aucune
instruction pour ses obsèques. À l’instigation de sa fille Solange, George Sand sera
enterrée selon les rites de l’Église catholique, ce qui donnera lieu à d’innombrables
commentaires (49).
(46) SAND, Le chien et la fleur sacrée, in Contes d’une grand-mère, tome II, 1975, pp. 63-142.
(47) SAND, 1979, pp. 240-243
(48) SAND, Simon, Tome XXXI des Œuvres Complètes, (reprint de l’édition Lévy de 1863-1926),
Genève, Slatkine, 1980, p. 9.
(49) KARÉNINE, Tome IV, (1848-1876), (1926), 2000, pp. 599-631.
(50) SAND, Contes d’une grand-mère, 1976, pp. 4-5.
(51) Idem, pp. 21-22
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Cette représentation est fort proche du texte d’Apulée, cité par Robert Graves
dans La Déesse Blanche, comme le démontre cet extrait : « Quelques instants plus
tard, alors que mes yeux venaient de se fermer, m’apparut, s’élevant de la mer, une
divine et vénérable face que les dieux eux-mêmes eussent adorée (...). Au milieu de
son front était un petit cercle plat, une sorte de miroir ou plutôt de lune à cause
d’une lumière qu’il projetait » (52). Bien des personnages féminins jouent un rôle
de guides ou d’initiatrices dans les écrits de George Sand. À cet égard, le conte
intitulé Laura. Voyage dans le cristal est particulièrement significatif. C’est Laura
qui initie Alexis et qui tout au long du voyage va stimuler sa progression. Sa
présence, à la fin du récit allégorique dissipe les rêves de richesse et de puissance
suscités par Nasias. Alexis reprend contact avec la réalité et demande Laura en
mariage (53).
Dans « Le Nuage rose », tante Colette démontre à Catherine qu’il ne faut
compter ni sur les miracles, ni sur le mystère, et que seuls le travail, le courage,
l’économie peuvent rendre la vie plus agréable et plus facile. Madame Colette
explique : « Le nuage rose, c’était mon caprice, ma fantaisie, mon mauvais destin.
Je l’ai mis sur ma quenouille, et le travail, le beau et bon travail a fait de l’ennui un
fil si léger que je ne l’ai plus senti » (54). Dans le roman Jeanne, les emprunts au
paganisme et au celtisme sont patents, aussi bien dans le décor, où des mégalithes
sont longuement décrits (55), que dans la psychologie des personnages, puisque
l’héroïne, Jeanne, est présentée comme une « Isis gauloise » (56). George Sand a
donc su tirer parti dans son œuvre de la redécouverte par les romantiques des cultes
féminins, ainsi que de leur caractère émancipateur.
Conclusion
Il est donc permis de conclure que George Sand, qui n’a pu connaître de son
vivant les thèses de Bachofen, a eu l’intuition des « religions amies du droit de la
mère » sous l’impulsion des religiosités romantiques, lesquelles redécouvraient
sous de multiples formes les cultes féminins. Mais George Sand ne pouvait totale-
ment tirer parti de ces découvertes. Ce n’était pas sans motifs qu’elle affirmait,
notamment à l’occasion des polémiques de 1848, que la modification du statut des
femmes, leur participation à la vie politique étaient subordonnées à de profondes
transformations de la société. En effet, de par leur statut civil et leur éducation, ce
dont elles n’étaient pas responsables, elles étaient mal préparées à une intervention
dans la politique active. De profonds changements s’avéraient donc préalablement
nécessaires. Mais George Sand considérait en outre que la place des femmes dans
la société était conditionnée dans une certaine mesure par des facteurs naturels. Ce
ne fut que grâce aux progrès de certaines sciences humaines et sociales, telles que
l’ethnologie, la sociologie, l’étude comparée des religions qu’il apparut que le rôle
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LES IDÉES RELIGIEUSES DE GEORGE SAND
des femmes dans la société n’était pas exclusivement un fait de nature, puisqu’il
varie en fonction des temps et des lieux. George Sand eut le mérite de mesurer le
problème, puis d’avoir l’intuition que dans l’avenir, les données pourraient en être
substantiellement modifiées.
Marie-Reine RENARD
Chercheur indépendant
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Résumé
À l’occasion de la commémoration du bicentenaire de la naissance de George
Sand, et dans la perspective de l’année de la laïcité, il est intéressant d’analyser les
rapports qui existent entre sentiment religieux et émancipation féminine dans l’œuvre
de George Sand, laquelle constitue par ailleurs un bon reflet des idées de son temps.
Le féminisme de George Sand, toujours sujet à controverses, en marque les limites
intellectuelles au XIXe siècle. L’émancipation féminine, en effet, ne sera effective que
grâce à l’avancée des sciences humaines, ce dont la romancière aura l’intuition,
lorsqu’elle affirmait que la participation des femmes à la vie politique était subor-
donnée à de profonds changements des structures de la société, et en se référant aux
religions « amies du droit de la mère ».
Abstract
On the occasion of the commemoration of the bicentennial of George Sand’s birth
an the context or the year of “laïcité”, an analysis of the relationships between
religious feeling and emancipation of women in the works of George Sand is of the
interest, her works being also a good indication of the prevailing ideas of her time.
George Sand’s feminism, always the subject of controversy, marks the intellectual
limits of the nineteenth century. Emancipation of women will in fact only become a
reality through progress in human science. The novelist had perceived this when she
stated that women’s participation in political life was linked to profound changes in
society’s structures, and when she referred to religions “favouring mothers’ rights”.
Resumen
Con motivo de la commemoraciòn del bicentenario del nacimiento de George
Sand, y teniendo en perspectiva el año del laicismo, es interesante analizar las relacio-
nes que existen entre el sentimiento religioso y la emancipaciòn femenina en la obra de
George Sand que, ademàs, constituye un espejo muy adecuado de la ideas de su época.
El feminismo de George Sand, sujeto a frecuentes controversias, le impone limites
sus intelectuales durante el siglo XIX, ya que la emancipaciòn feminina sòlo serà efec-
tiva gracias al progreso de las ciencias humanas, tal como la novelista lo habia
intuido cuando afirmaba que la participatiòn de las mujeres en la vida politica estaba
subordinada a profundos cambios de las estructuras e la sociedad, refirièndose a las
religiones « amigas del derecho de la madre ».
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