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Cours Ingenierie Contractuelle

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Thèmes abordés

  • clauses de notification,
  • clauses de responsabilité cont…,
  • clauses contractuelles,
  • pourparlers,
  • bail commercial,
  • pacte de préférence,
  • clauses de suspension,
  • clauses de réserve de propriét…,
  • clauses de garantie,
  • droits réels
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Thèmes abordés

  • clauses de notification,
  • clauses de responsabilité cont…,
  • clauses contractuelles,
  • pourparlers,
  • bail commercial,
  • pacte de préférence,
  • clauses de suspension,
  • clauses de réserve de propriét…,
  • clauses de garantie,
  • droits réels

Dr Yacente Diène DIONE

Enseignant-Chercheur
FSJP – UCAD - SÉNÉGAL
[email protected]
[email protected]

COURS DE DROIT SP É CIAL

INGÉNIERIE CONTRACTUELLE

ANNÉE UNIVERSITAIRE 2020-2021

1
BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

 FAGES (B), Droit des obligations, L.G.D.J, 7e édition, 2017, 655 pages.

 MALAURIE (Ph.), STOFFEL-MUNCK (Ph.), AYNES (L.), Droit des obligations,

L.G.D.J, 9e édition, 2016, 312 pages.

 Le TOURNEAU (Ph.), Contrats informatiques et électroniques, Dalloz, 9ème édition,

2016, 556 pages.

 PHILIPPE (D.), La rédaction des contrats internationaux. Conseils aux praticiens &

approche de droit comparé, Bruylant, 2012, 282 pages.

 TAGUM FOMBENO (H.-J.), Négocier et rédiger au mieux ses contrats dans

l’espace OHADA, L’Harmattan 2010, 186 pages (principale source d’inspiration)

 TOSI (J. P.), Le droit des obligations au Sénégal, LGDJ, 1981.

2
PRÉREQUIS SUR LE CONTRAT

1. FORCE OBLIGATOIRE DU CONTRAT. Chaque étudiant en droit a appris en première


ou deuxième année que les contrats légalement formés tiennent lieu de loi à ceux qui les ont
faits en ce qu’il est un accord de volonté générateur d’obligations (C.O.C.C., art. 40). C’est ce
que l’on appelle en doctrine la force obligatoire du contrat. Il s’agit de la force attachée par la
loi aux conventions légalement formées, en vertu de laquelle ce que les parties ont voulu dans
la convention s’impose à elles, dans les conditions où elles l’ont voulu. En somme, le contrat
fait la loi des parties. Pour renforcer cette règle, l’article 1104 du Code civil, qui est d’ordre
public, dispose que « les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi ».
Enfin, l’article 103 du COCC ajoute que les contrats obligent « à ce qui y est exprimé » et « à
toutes les suites que la loi, les usages, la bonne foi ou l'équité donnent à l'obligation d'après sa
nature ». Au vu de ces différentes dispositions, comment ne pas interpréter le contrat comme
une source du droit à part entière ? En effet, la force obligatoire du contrat implique que les
parties soient liées jusqu’à complète exécution du contrat, qui est dit irrévocable. L’article 40
du Code civil définit d’ailleurs le contrat comme « un accord de volontés générateur
d’obligations ».

2.LE CONTRAT COMME SOURCE DE DROIT, MEME POUR LE JUGE. Le juge lui-
même, à l’occasion d’un litige, est tenu de rechercher la volonté des parties dans leur contrat.
Bien qu’il ne soit pas lié par les qualifications juridiques adoptées par les parties et qui se
révéleraient inadéquates eu égard aux circonstances de la cause, le magistrat n’a aucun
pouvoir de modification des termes du contrat, à moins que ces derniers contreviennent à
l’ordre public ou aux bonnes mœurs. Le contrat étant la chose des parties, l’immixtion du juge
dans la sphère contractuelle doit donc être limitée au strict minimum, sinon elle serait
porteuse d’insécurité juridique.

3.CREATION DE DROITS ET D’OBLIGATIONS. L’accord des parties peut avoir pour


effet de créer des droits réels et des obligations légales. Il en va ainsi de l’apport en société
d’un fonds de commerce, qui entraîne un transfert de propriété de l’apporteur vers la société.
Par l’acte d’apport, l’apporteur perd la propriété de son fonds de commerce au profit de la
société qui en devient le nouveau propriétaire. De même, les parties qui décident de s’engager
dans un contrat de bail commercial acceptent tacitement d’exécuter les obligations qui
découlent du statut des baux commerciaux tels qu’ils sont imposés par le Code de commerce.

3
4.ILLUSTRATIONS. Le droit commercial regorge de contrats créateurs de droits et
d’obligations. Ainsi, la fixation du prix est généralement laissée à la libre appréciation des
parties, sauf dans les cas prévus par la loi. Un autre exemple est fourni par les statuts des
sociétés qui stipulent les règles destinées à régir les relations des associés entre eux, ainsi que
les relations des associés avec le mandataire social. Par ailleurs, le contrat de location gérance
détermine librement les modalités d’exécution des obligations des parties, notamment
concernant le loyer : il peut être fixé forfaitairement comme il peut être indexé au chiffre
d’affaires réalisé par le locataire gérant. Enfin, en droit commercial, les parties sont libres de
soumettre leur litige à une justice étatique ou à une justice privée. En effet, la clause
compromissoire insérée dans un contrat commercial permet aux parties de désigner d’un
commun accord un arbitre ou un tribunal arbitral en vue de trancher tout litige éventuel qui
surviendrait entre elles. En présence d’une telle clause, le juge qui serait saisi par l’une des
parties en violation de la clause compromissoire a l’obligation de se dessaisir au profit de
l’arbitre ou du tribunal arbitral contractuellement désigné.

5.EFFET RELATIF DU CONTRAT. En vertu de l’article 1203 du Code civil, « on ne peut


s’engager en son propre nom que pour soi-même ». Ainsi, les obligations créées par le contrat
ne peuvent peser que sur les seules parties, à l’exclusion des tiers. Nul ne peut devenir
créancier ou débiteur en vertu d’un contrat auquel il n’a pas été partie. Dès lors, les tiers ne
peuvent ni demander l’exécution du contrat ni se voir contraints de l’exécuter.

6.EXCEPTIONS A L’EFFET RELATIF DES CONTRATS. Ce principe souffre, comme


tous les principes, de quelques exceptions. Il est inutile de revenir sur les deux principales
exceptions étudiées en première année, à savoir la stipulation pour autrui et la promesse de
porte-fort.

7.TEMPERAMENTS A L’EFFET RELATIF DES CONTRATS. Certains tiers sont


également liés aux contractants. C’est le cas de l’« ayant cause à titre particulier », c’est-à-dire
de la personne qui a reçu d’une autre un droit particulier. Par exemple, l’acheteur est l’ayant
cause à titre particulier du vendeur puisqu’il a reçu de celui-ci le droit de propriété sur la
chose, objet du contrat de vente.

4
INTRODUCTION

Les contrats constituent l’instrument juridique de base pour les relations


professionnelles et personnelles. On les trouve aux supermarchés, dans les locations ou même
pour créer la société. Ils sont au cœur de l'activité humaine. Acheter, louer, prêter, construire,
réparer, représenter, parier, ... Autant d'opérations quotidiennes dont la réalisation est assurée
par l'outil contractuel. Les contrats ont subi des mutations liées à l'évolution des idées. Leur
nombre n'a cessé de croître. Ils se sont spécialisés et servent l'activité de nombreux
professionnels.
La réalisation d'un projet relatif aux affaires s'inscrit presque toujours dans un réseau
complexe de contrats avec des cocontractants divers. Chacun de ces cocontractants a ses
propres enjeux, contraintes, capacités, sa propre culture, etc... Concevoir, négocier et
conclure chaque contrat est, de ce fait, un projet dans le Projet qui requiert une
convergence de compétences de nature diverses, techniques, financières, juridiques, de
gestion, et autres. La gestion de ces sous-projets complexes conditionne la viabilité et le
succès du Projet principal. Elle doit être abordée professionnellent

ent. Ce cours veut esquisser une approche juridico professionnelle de ces


compétences sous le prise de l’ingénierie contractuelle. C'est donc la démarche, les
hommes et les problèmes, participant à l'activité précontractuelle dans les affaires et
projets qui constituent le thème central de ce dossier.

De fait, l’appellation « Ingénierie financière » permet de donner un nom à une


démarche raisonnée et professionnelle qui, de l'étude préliminaire des relations
contractuelles envisagées à l'accord final intervenant après négociation, permet à celui qui
doit contracter

- de définir de façon réaliste ses objectifs et contraintes, les dispositions et


équilibres contractuels à faire prévaloir ainsi que les conditions et arguments de
négociation à mettre en œuvre,
- de conclure un contrat adapté, circonstancié, cohérent et viable dont les
implications et risques seront lisibles pour lui.

Cette démarche se caractérise par une approche globale, dynamique


et transdisciplinaire des relations pré-contractuelles et contractuelles dans leurs déroulements
possibles. Elle utilise différentes figures juridiques, notamment les avant-contrats et les

5
clauses contractuelles. Devenue fleuron d’un monde contractuel meilleur, la technique
contractuelle se manifeste à tous les stades du contrat. Soumis à des règles générales, aptes à
constituer une théorie générale du contrat, les contrats sont aussi gouvernés par des règles
spécifiques, nées de la diversité des opérations qu'ils contribuent à réaliser.
Les objectifs visés à travers ce cours se déclinent à plusieurs niveaux :
- disposer d’un certain nombre d’outils pour conclure les contrats en toute sécurité ;
- Identifier et prévenir les risques contractuels dans la négociation et la rédaction de contrats ;
- prévenir, dans la mesure du possible la naissance des litiges ;
- distinguer les différentes étapes de la vie du contrat
- servir d’interlocuteur vis à vis de professionnels du droit.
Dans une première partie, il s’agira de présenter la négociation contractuelle (titre 1),
en étudiant la préparation et le déroulement des pourparlers, puis, dans une seconde partie, la
construction ou tout au moins la rédaction des contrats (titre 2).

6
TITRE 1. LA NÉGOCIATION DES CONTRATS

La négociation est particulièrement importante dans la création des conventions ; elle


doit permettre aux parties de savoir si elles désirent conclure ou non le contrat.
Si le Code des obligations civiles et commerciales du Sénégal n'a rien prévu de
spécifique en la matière, la phase des négociations n'est pas pour autant un espace de non-
droit. Il est vrai que la période des « pourparlers » est caractérisée par une large liberté
accordée aux parties, mais le comportement abusif de ces dernières lors d'une éventuelle
rupture peut être sanctionné. La liberté contractuelle implique naturellement qu'il ne puisse y
avoir de négociations sous la contrainte. C'est pourquoi il n'existe pas de négociation, ni de
renégociation imposées. Ceci découle implicitement du droit commun des contrats, en raison
du principe inhérent à l'article 42 du COCC : « Libres de contracter ou de ne pas contracter,
d'adopter toute espèce de clauses de modalités, les parties ne peuvent cependant porter
atteinte par conventions particulières à l'ordre public ou aux bonnes mœurs ». Toutefois, la
liberté contractuelle ne permet pas de déroger aux règles qui intéressent l'ordre public, ou de
porter atteinte aux droits et libertés fondamentaux reconnus dans un texte applicable aux
relations entre personnes privées, à moins que cette atteinte soit indispensable à la protection
des intérêts légitimes et proportionnés au but recherché.
Ce titre traitera d’une part, des principes de base de la négociation (chapitre 1) et,
d’autre part, de l’aspect juridique des pourparlers (chapitre 2).

CHAPITRE 1. LES PINCIPES DE BASE DE LA NÉGOCIATION

Le principe de la liberté contractuelle justifie en soi l'existence d'une période de négociation,


que celle-ci prenne la forme d'avant-contrats préparant le contrat final ou de pourparlers
simples (ensemble des relations juridiques résultant d’échanges entre les parties afin de
résoudre les difficultés empêchant la réalisation immédiate du contrat). Dans tous les cas, le
succès d’une négociation dépend de sa préparation (section 1) et de la manière dont elle est
conduite (section 2).

SECTION 1. LA PREPARATION DES NEGOCIATIONS

Dès que le contrat a une certaine importance, des négociations sont engagées entre les parties
et sa formation s'opère par gradation. Pour ce faire, il faut connaître son dossier (paragraphe

7
1), les acteurs en présence (paragraphe 2), définir ses objectifs (paragraphe 3) et élaborer
une stratégie (paragraphe 4).

PARAGRAPHE 1. LA REUNION DES ELEMENTS DU DOSSIER

L’information joue un rôle déterminant lors d’une négociation. A cet effet, il faut non
seulement s’imprégner du dossier, mais aussi obtenir des informations sur la partie adverse en
vue d’apprécier les rapports de force.

Une négociation n’est pas une simple vue de l’esprit. Elle repose sur des faits concrets et
objectifs. Pour cette raison, le négociateur doit connaître son dossier. Il doit prendre
connaissance, lire, relire et analyser les notes et documents du dossier. Il lui revient de
rechercher les informations nécessaires à l’appui de ses positions.

Cette information doit être précise et fiable. Afin de préparer et renforcer ses arguments, le
négociateur doit toujours anticiper les réclamations que l’autre partie soulèvera, de même que
sa réaction à ses propres réclamations.

La préparation d’une négociation passe également par la recherche d’information sur la partie
adverse. Par partie adverse, il faut entendre non seulement les acteurs qui seront présents à la
table des négociations, mais également leurs collaborateurs qui n’y seront pas. Cette
démarche permet, à partir des informations recueillies, de connaître la stratégie de
l’adversaire, ses enjeux, ses objectifs et ses atouts.

PARAGRAPHE 2. LA DEFINITION DES OBJECTIFS

Définir ses objectifs, c’est, d’une part, fixer ses limites et, d’autre part, prévoir des solutions
de repli. Il ne faut jamais entrer en négociation sans savoir ce que l’on veut. Il convient tout
d’abord de s’interroger sur ce qui doit être négocié. Quel est l’objectif qui vous est fixé ?
Quelles sont les contraintes à respecter ?

Il ne faut jamais oublier qu’en matière de négociation, « si vous ne savez pas où vous allez, il
est probable que vous n’arriverez nulle part ». A cet effet, il faut définir des objectifs clairs,
réalistes et raisonnables, en tenant compte notamment des contraintes et des enjeux financiers,
mais également psychologiques, politiques ou conjoncturels.

C’est pour cette raison qu’il faut associer à la démarche, les membres de votre entreprise qui,
à un titre ou à un autre, interviendront dans la mise en œuvre de l’accord signé, même s’ils ne

8
participeront pas à la négociation. Un négociateur ne peut être polycompétent, il ne peut avoir
une connaissance aussi bonne qu’un technicien dans son domaine.

Définir sa marge de manœuvre, c’est se fixer : 1. Un objectif maximum – le meilleur résultat


possible ; 2. Un objectif minimum – le résultat le plus bas acceptable ; 3. Un objectif cible –
avec réalisme, ce que vous comptez obtenir.

La fixation des objectifs permet de déterminer les solutions de repli. A cet effet, le
négociateur doit élaborer avant la négociation sa meilleure solution de repli ou de rechange au
cas où, la partie adverse refuse la négociation. Pour ce faire, le négociateur doit identifier sa
meilleure solution de rechange et viser toujours mieux que sa solution de repli. Il ne doit pas
conclure la négociation si la solution est moins bonne que sa solution de repli.

PARAGRAPHE 3. DEVELOPPEZ UNE STRATEGIE

La stratégie vous aidera à décider comment vous pouvez :


- Transmettre l’information sur votre position et vos buts.
- Façonner le climat de la négociation.
Pendant la négociation, vous devez vous préparer à :
- Vous présenter (ainsi que les membres de votre équipe).
- Définir les règles de la rencontre (pourquoi cette rencontre, pour quelle durée, qui parlera en
premier, etc.).
- Présenter votre opinion sur les questions à aborder.
- Obtenir une séance d’information sur l’opinion de l’autre partie.
Si vous négociez en tant qu’équipe, vous devez aussi décider :
- Qui dirigera la discussion ?
- Qui vérifiera que tout est bien compris (vérifier les faits) ?
- Qui posera des questions ? Qui répondra aux questions de l’autre partie ?

- Qui s’attachera à réduire les tensions et à montrer de l’intérêt pour les autres participants ?
- Qui prendra des notes ?
Un problème très important sur lequel vous devrez trancher est de savoir si vous optez pour
une approche « gagne-gagne » ou « gagne-perd ».
Si vous optez pour l’approche « gagne-gagne », les points suivants peuvent vous aider :
- Séparez personnalité de l’interlocuteur et problème à régler.
- Elargissez vos horizons. Ne pensez pas qu’il n’existe qu’une solution.

9
- Recherchez une solution, pas un affrontement.
- Organisez une rencontre constructive.

SECTION 2. LA CONDUITES DES NEGOCIATIONS

La négociation est un art qui s’appuie sur l’expérience. Elle exige un certain talent, un sens de
la diplomatie, des capacités d’adaptation, de réaction, d’imagination et d’inventivité qui ne
sont pas à la portée de tous, mais qui peuvent s’apprendre. Il faut discuter du problème
(paragraphe 1), proposer des solutions (paragraphe 2) et négocier un compromis
(paragraphe 3).

PARAGRAPHE 1. DISCUTEZ DU PROBLEME

Un aspect important dans une négociation est de discuter le problème. Il est important que
vous compreniez les problèmes et les objectifs de l’autre partie. Sans cette compréhension,
vous ne pourrez pas proposer de solutions. Ce que vous devriez rechercher pendant la
discussion c’est prendre connaissance et comprendre le problème afin de créer les
conditions d’une situation de « gagne-gagne ».
Pour cela, il faut, d’une part, avoir une bonne capacité d’écoute et, d’autre part, savoir poser
les bonnes questions. Un négociateur doit savoir poser les bonnes questions pour accoucher la
vérité. Cet exercice vous permet :
- d’obtenir plus d’information sur l’autre partie et de s’assurer que l’on comprend
l’information qu’il vous a donnée ;
- de faire parler l’autre partie, d’étudier ses arguments, etc.
De manière générale, il y a deux types de questions : les questions ouvertes et les questions
fermées.

PARAGRAPHE 2. PROPOSEZ DES SOLUTIONS

La négociation est tout d’abord une affaire de bon sens et de rigueur. Afin de pouvoir
proposer des solutions, vous devez pouvoir résumer ce qui a été dit, en analyser les
conséquences, et être capable de proposer des suggestions ou solutions innovantes basées
sur l’analyse. Vous devez faire tout cela au cours de la réunion.
Lorsque les intérêts en jeu divergent, il faut faire preuve de patience et d’adaptation pour
aboutir à un compromis. Mais, il faut toujours garder à l’esprit ses objectifs. Chaque fois que

10
vous faites une nouvelle proposition ou concession, vous devez être sûr qu’elle s’inscrit dans
vos limites. Cela peut parfois demander une grande capacité d’analyse et de réaction.

PARAGRAPHE 3. FINALISEZ L’ACCORD

Avant de finaliser un accord, il faut vérifier que les parties sont tombées d’accord sur tous les
points objet de la négociation. Il faut s’assurer par des récapitulations que l’accord est bien
compris et si possible proposer une confirmation écrite. Un compte-rendu du résultat des
négociations, aussi informel soit-il, est souhaitable. Si l’accord est oral, il est conseillé
d’envoyer à l’autre partie une note écrite qui fait la liste des points acceptés, des désaccords,
des interprétations et des clarifications telles que vous les percevez. Cela doit être fait aussitôt
après la réunion.

CHAPITRE 2. LES ASPECTS JURIDIQUES DES POURPARLERS

L’essentiel à retenir dans ce chapitre


- Principe de liberté des négociations
+ l’initiative des négociations est libre (invitation (offre) de négociations)
+ le déroulement des négociations est libre (chacun s’engage à apporter les
informations utiles)
+ la rupture des négociations est libre
- Liberté encadree par deux types d’obligation
+ obligation de bonne foi
+ obligation de confidentialité
La phase des pourparlers est dominée par le principe de la liberté des négociations. Même si
ce principe implique la liberté de conclure ou de ne pas conclure, chacune des parties devra
veiller à négocier de bonne foi. A cet effet, aucune partie ne peut, d’une manière ou d’une
autre et à aucun moment, tromper la confiance que lui a, à bon droit, portée l’autre partie.
Après avoir étudié la nature des pourparlers (section 1), sera abordé leur rupture (section 2).

SECTION 1. LA NATURE DES POURPARLERS

Les pourparlers constituent l'étape précontractuelle qui précède la négociation d’un contrat.
Ils ont pour but d’établir un rapport de confiance entre les futurs cocontractants et s’il existe

11
une véritable liberté dans la conduite des pourparlers, il ne faut pas oublier qu’il existe
également des limites. Avant d’aborder les différents types de pourparlers (paragraphe 2), un
mot sera dit sur le devoir de loyauté qui doit inspirer les comportements dans cette période
(paragraphe 1).

PARAGRAPHE 1. LE DEVOIR DE LOYAUTE

Les pourparlers sont une phase précontractuelle dans laquelle les parties discutent sur les
clauses du contrat projeté. « C’est la phase préliminaire où les clauses du contrat sont
étudiées et discutées ». Dans cette période, les futurs contractants échangent leur point de vue,
formulent les propositions et discutent sur le contenu du contrat projeté, sans être pour autant
assuré de conclure le contrat. Les pourparlers comprennent deux éléments constitutifs : un
élément chronologique, car c’est une phase qui se situe dans le temps avant la conclusion du
contrat ; un élément d’incertitude parce que la conclusion du contrat futur est incertaine.

Ainsi, le devoir de loyauté, qui prescrit aux parties de négocier de bonne foi, recouvre
plusieurs aspects. Il impose aux parties une obligation d’information, sans laquelle il ne peut y
avoir un consentement éclairé, mais également une obligation de confidentialité et un devoir
de conseil et de diligence.

En effet, l’intérêt des pourparlers réside dans la lucidité du consentement des futurs
contractants, à travers des informations mutuelles, qui en découlent. L’obligation
d’information permet aux futurs contractants de mesurer la portée de leurs engagements et de
contracter en parfaite connaissance de cause. Par conséquent, chaque partie doit fournir à
l'autre, toutes les informations utiles sur l'opération qu’elles envisagent de conclure. Ces
informations exigent un devoir de transparence pour que « chaque partie puisse
comprendre exactement ce qui était dû par l’un ou l’autre partie »1. Ainsi, dans les projets de
réforme de droit français et européen, il est exigé pour chaque négociateur, qui détient une
information dont il connaît l’importance pour son partenaire à la lui transmettre, sous peine
d’engager sa responsabilité2. Seulement, l’obligation d’information précontractuelle n’exclut
pas le devoir de se renseigner3.

1
V°. G. FLECHEUX, « Renaissance de la notion de bonne foi et de loyauté dans le droit des contrats »,
Mélanges J. Ghostln. Paris 2001, p. 342.
2
V°. D. MAZEAUD, « Les dix commandements du droit français contemporain des contrats », in Catalogue
avant publication de Bibliothèque et Archives Canada, Conférences Roger-Comtois; 4, 2005, p. 9.
3
V°. P. JOURDAIN, « Le devoir de se renseigner », Dalloz. 1983. Chr. 139.
12
Par ailleurs, l’inconvénient de taille inhérente à cette phase précontractuelle, c’est le
fait pour un négociateur de s’approprier ces informations à des fins de concurrence déloyale.
C’est pourquoi, l’obligation d’information à une contrepartie, c’est celle de la discrétion c’est-
à-dire, « chaque négociateur a un devoir de confidentialité sur les informations qui ont été
échangées lors de la phase de la formation du contrat »4. Le devoir de loyauté impose
également aux négociateurs de respecter une obligation de confidentialité, qui leur interdit
d’exploiter ou de divulguer aux tiers les informations obtenues au cours des négociations. Il
sera, en effet, déloyal de profiter des négociations pour soutirer les secrets d’affaires, voire les
droits de propriété intellectuelle de l’autre partie. Cette obligation de discrétion peut être
renforcée par la volonté des négociateurs. En fait, les négociateurs peuvent conclure une
clause de confidentialité. C’est une clause par laquelle les futurs contractants sont tenus de ne
pas divulguer les informations aux tiers ou d’en faire ou un usage quelconque.

PARAGRAPHE 2. LES DIFFERENTS TYPES DE POURPARLERS

Il convient de définir la notion de pourparlers simples (A) et les pourparlers contractuels (B).

A. LES POURPARLES SIMPLES

Selon les Professeurs Flour et Aubert (Les obligations t.2 ", Jacques Flour et Jean-Luc Aubert,
ed. A. Colin, 9ème édition 2001), les pourparlers simples « constituent une proposition qui
vise seulement à instaurer une négociation d’où naîtra peut-être un contrat mais sans
que les éléments fondamentaux en soient encore exactement prévus ». A ce moment, il ne
s’agit que d’une discussion qui ne démontre pas la volonté de contracter. Il n’existe à ce stade
de la négociation aucun engagement. En revanche, les parties doivent garder un bon
comportement. Il est indispensable de garder le plus d’informations secrètes pendant les
pourparlers simples, puisqu’il n’existe aucune réelle volonté des parties à contracter.

Les dispositions du C.O.C.C sont lacunaires par rapport au régime juridique des pourparlers
simples. Cependant, cette phase est réglementée par les dispositions de l’article 249 de l’Acte
Uniforme relatif au droit commercial général. Aux termes de l’article précité, les parties ne
sont pas responsables de la rupture des négociations précontractuelles. Nous sommes ici dans
la logique de la liberté de ne pas contracter prévue par l’article 42 C.O.C.C 5. Cependant, la
rupture pouvait être source de responsabilité pour son auteur si elle est exercée de mauvaise
4
V°. D. MAZEAUD, « Les dix commandements du droit français contemporain des contrats », ibidem.
5
V°. C.O.C.C. Art. 42 « Libres de contracter ou de ne pas contracter, d'adopter toute espèce de clauses de
modalités, les parties ne peuvent cependant porter atteinte par conventions particulières à l'ordre public ou aux
bonnes mœurs ».
13
foi. C’est dans cet ordre d’idées que la Cour de cassation sénégalaise avait décidé qu’«il
existe un devoir de loyauté pendant les négociations comme lors de la conclusion du contrat.
Cela étant, la responsabilité peut être engagée, même en présence d’une faute simple ; car
celle-ci sera souvent constitutive de mauvaise foi »6. Ainsi, pendant la période des
pourparlers, les parties ne sont encore pas engagées l’une envers l’autre. Aussi, elles disposent
de la possibilité de la liberté de poursuivre les négociations et de conclure ou non le contrat
envisagé. Mais, il s’agit d’un régime de liberté surveillé, car toute rupture abusive des
pourparlers est susceptible d’engager la responsabilité de son auteur.

Le législateur O.H.A.D.A a donné deux situations dans lesquelles la responsabilité du


négociateur est de mise pour rupture abusive. Ainsi, l’article 249 in fine A.U.D.C.G. dispose
que « est, notamment, de mauvaise foi la partie qui entame ou poursuit des négociations sans
intention de parvenir à un accord ». La première situation est relative à celui qui entame les
négociations sans l’intention de parvenir à un accord. La deuxième situation est relative à
celui qui poursuit les négociations sans intention de parvenir à un accord. Selon la
jurisprudence, la rupture est considérée comme abusive lorsque celui qui débute une
négociation sait par avance qu'elle sera vouée à l'échec 7 ou encore s'agissant d'une rupture
brutale8 et vexatoire, sans raison valable. Les juges tiennent également compte de la durée des
pourparlers9 et de leur avancée10. Certaines relations commerciales continues empêchent de
rompre aisément si la rupture heurte le principe de bonne foi qui doit présider à toute relation
commerciale11. M. Denis Mazeaud y voit un devoir de cohérence qui est une manifestation de

6
V°. Bull. des arrêts de la Cour de Cassation n° 11 2002/2003, Chambre civile et commerciale, Arrêt n° 02 du
décembre 2002, affaire La SONAM c/ Issa FAYE et El hadji Modou WADE, p. 9.
7
Civ. 1re, 20 juin 1961, D. 1962. Somm. 3. Il en est encore de même de celui qui rompt les pourparlers car il a
dissimulé à ses partenaires la nécessité d'une garantie bancaire, et son refus, pour le financement d'une
acquisition de parts sociales (Civ. 1re, 6 janv. 1998, n° 96-19.199, Bull. civ. I, n° 7 ; D. Affaires 1998. 242)
8
Civ. 1re, 20 mars 2014, n° 12-28.318 : « [...] la rupture des pourparlers litigieux, qui avait résulté non d'un
manquement imputable à faute à M. X... mais d'une absence d'accord entre les parties, n'avait pas été brutale ;
[...] ».
9
Civ. 1re, 14 juin 2000, n° 98-17.494, pour des négociations relatives aux cessions d'actions, après avoir procédé
à une évaluation de la société, convenu d'un prix, et négocié les conditions de la cession et les avantages, les
cédant ne se sont pas présentés pour conclure et ont vendu à un tiers.
10
Com. 12 janv. 1999, n° 96-14.604
11
Com. 8 nov. 2005, n° 04-12.322 ; Soc. 30 avr. 2014, n° 12-27.277 : « [...] Mais attendu qu'ayant relevé
l'existence d'une relation contractuelle ancienne entre les parties déjà liées par 117 contrats à durée déterminée
d'usage au cours des années 2000 à 2009, la cour d'appel qui a constaté, hors toute dénaturation et procédant à la
recherche prétendument omise, que le courrier du 4 mai 2009, suivi de ceux des 11 mai et 20 oct. 2009, précisait
au salarié les dates et lieux des prestations à accomplir, la composition de la formation musicale à laquelle il
devait appartenir, les conditions de mise à disposition du matériel et le montant de ses cachets ayant abouti à un
accord le 11 mai suivant, a pu décider qu'il constituait une promesse d'embauche et que la rupture de cet
engagement par la société s'analysait en un licenciement sans cause réelle et sérieuse ; qu'elle a légalement
14
l'obligation de négocier de bonne foi. Il rapproche cette jurisprudence française de l'estoppel12
puisqu'en raison de la manière dont une négociation s'est déroulée, une légitime confiance est
née dans l'esprit du partenaire13.

B. LES POURPARLES CONTRACTUELS

La notion de pourparlers contractuels a été élaborée par les Professeurs Schmidt et Mousseron
(Traité des Brevets ", Pierre Mousseron, Professeur à l’Université de Montpellier, en
collaboration avec Joanna Schmidt, Professeur à l’Université de Lyon 3, éd. Litec 1984). Les
pourparlers contractuels, comme leur nom l’indique, sont considérés comme

des « avant-contrats » destinés à préparer les négociations. Pour autant, ces accords sont
considérés par la jurisprudence comme de simples obligations de moyen.

Certains de ces accords peuvent se fonder sur le principe de la liberté contractuelle (1),
d’autres sont littéralement prévues par le législateur (2)

1. LES ACCORDS DERIVES DE LA LIBERTE CONTRACTUELLE

Ce type de pourparlers englobe les accords de confidentialité, les accords de secret, les lettres
d’intention ou encore les accords de principe. Ces accords sont conclus dans le but unique de
faciliter la conclusion du contrat final. Néanmoins, les partenaires ne sont pas contraints
d’aboutir au contrat définitif. L'accord de secret et/ou l'engagement de confidentialité sont les
premiers documents à signer avant toute négociation.

a. LES ACCORDS DE CONFIDENTIALITE


Primordiale, cette disposition contractuelle permet aux cocontractants de prohiber toute
divulgation à un tiers. Chacune des parties y trouve un intérêt : le communicant a choisi et
réfléchi à la personne à qui il cédait son idée, dès lors, il existe un rapport de confiance entre
les deux parties que la divulgation de l’idée ruinerait.
b. LES ACCORDS DE SECRET
Les accords de secret ont pour objectif de préserver des informations dont la valeur
économique peut être essentielle à l'activité d'une entreprise. Quelles données peuvent être
protégées ? Quelles précautions les partenaires doivent-ils prendre avant même de conclure

justifié sa décision ; [...] ».


12
En droit anglo-saxon, une partie ne peut se prévaloir de prétentions contradictoires au détriment de son
adversaire. C'est une fin de non-recevoir reconnu par le juge judiciaire français
13
D. Mazeaud, La confiance légitime et l'estoppel, RIDC 2006. 363, spéc., n° 8.
15
leur contrat définitif pour les préserver concrètement ? Faut-il prévoir des sanctions
spécifiques ? Quelle est leur efficacité ?
c. LES LETTRES D’INTENTION

Ce document qui peut prendre plusieurs formes (et plusieurs noms dont entre autres : business
deal memo, memorandum of understanding, entente de principe, term sheet, commitment
letter, etc.) sert de toile de fond à la négociation, sans être un document formel comme une
offre d'achat. On y reprend la base des discussions préliminaires dans le préambule de la lettre
et on y mentionne les modalités principales sur lesquelles les parties se sont entendues.

d. LES ACCORDS DE PRINCIPE

Quand l'élaboration d'un contrat est longue, et qu'il y a plusieurs points à régler, on désire
ponctuer la négociation. On constate un accord partiel pour ponctuer la négociation. Ces
accords ne donnent pas lieu à une obligation de contracter, mais à une obligation de négocier
loyalement. La seule différence avec une négociation informelle est le caractère contractuel de
la responsabilité encourue pour rupture abusive. L'accord de principe est différent de la
promesse de contrat. Dans l'accord de principe, on donne son consentement en attendant sa
confirmation. L'accord de principe est donc un engagement sujet à confirmation 14. Ainsi, la
Chambre sociale de la Cour de Cassation a décidé par arrêt du 24 mars 1958 que l'accord de
principe est un engagement lorsqu'il est suivi de confirmation. Mais, même s'il n'est pas un
contrat définitif, l'accord de principe donne naissance à certains effets de droit actuels. Ainsi,
il crée entre les parties une obligation contractuelle de négocier, c’est-à-dire que les parties
sont non seulement tenues de poursuivre les négociations mais aussi de les mener de bonne
foi. Si un des contractants refuse de poursuivre les négociations, l’autre peut intenter une
action en responsabilité contractuelle de la partie contre lui. De plus, il ne suffit pas
simplement de négocier, mais encore faut-il négocier de bonne foi, c’est-à-dire, les parties
doivent mettre en œuvre les moyens d'une négociation loyale et sérieuse 15. L’obligation de
négocier 16dans l’accord de principe est une obligation de moyen. Les parties ne sont pas
tenues, comme en matière de promesse synallagmatique, de conclure le contrat définitif. En
effet, même si elles s’entendent sur les éléments essentiels de celui-ci, elles doivent réitérer
leur consentement pour que le contrat projeté soit formé. Néanmoins, pour certains auteurs,
l’accord de principe ne donne pas lieu à l’obligation de négation car il n’existe pas une
14
V°. I. NAJJAR, « L’accord de principe », D.1991, p. 57.
15
V°. J. SCHMIDT-SZALEWSKI, « La période précontractuelle en droit français », R.D.C. Vol. 42 n°2, Avril-
juin 1990, p. 547
16
V°. J. SCHMIDT-SZALEWSKI, « La période précontractuelle en droit français », ibidem.
16
obligation de négocier l’exécution d’un contrat. Cette opinion n’est pas retenue par la
jurisprudence française.

2. LES AVANT-CONTRATS PREVUS PAR LE LEGISLATEUR

Il y a, en droit sénégalais, deux catégories d’avant- contrats : les avant-contrats


unilatéraux (a) et les avant-contrats bilatéraux (b).

a. LES AVANT-CONTRATS UNILATERAUX

Les avant-contrats unilatéraux sont de deux types : la promesse unilatérale de vente et le pacte
de préférence.

-La promesse unilatérale de vente ou d’achat

Les promesses ont pour objet d'engager une partie en vue d'un contrat dont les
éléments essentiels sont dès maintenant déterminés. La promesse unilatérale se différencie de
la simple offre en ce qu'elle exige pour exister l'acceptation du bénéficiaire qui ne pourra se
rétracter. La promesse crée une option qui n'est ni un droit réel, ni un droit de créance, mais
un droit potestatif17. Il permet à son titulaire de déclencher volontairement une situation
juridique nouvelle. La promesse unilatérale de contrat est réglementée par les articles 321 ;
324 ; 325 ; 326 et 327 C.O.C.C. L’article 321 précité dispose que le contrat de vente peut être
précédé d'une promesse de vente unilatérale. Puis, aux termes de l'article 324 C.O.C.C, la
promesse de vente est unilatérale lorsque le bénéficiaire de l'offre n'assume aucune obligation
d'acheter, alors que le promettant est tenu de l'obligation de vendre. À côté de la promesse
unilatérale de vente, il y a la promesse unilatérale d’achat. C’est une convention par laquelle
une personne s'engage à acheter une chose si le vendeur consent à la vendre 18. Dans la
promesse unilatérale d’achat, l'acheteur est tenu de maintenir sa promesse de vendre. Le
vendeur ne supporte aucune obligation. De surcroît, la conclusion de la vente définitive
dépend de sa volonté unilatérale.

Le contrat conclu en violation de la promesse unilatérale avec un tiers qui en


connaissait l'existence est nul, ce qui conforte la jurisprudence antérieure qui décidait que
lorsqu'un promettant dispose du bien promis au profit d'un tiers, cet acte pouvait être déclaré

17
L. Boyer, « Contrats et conventions », Rép. dr. civ., 1993, juin 2013, spéc. n° 45.
18
V°. C.O.C.C. Art. 327
17
nul ou inopposable à l'autre partie dès l'instant où il y avait eu concert frauduleux 19. Tout
compte fait, le bénéficiaire pourrait obtenir l’exécution forcée si une clause le prévoit 20.

-Le pacte de préférence

Le pacte de préférence a son siège dans l'article 319 C.O.C.C. C’est un contrat par
lequel une personne, le promettant, s’engage à proposer par priorité la conclusion d’une
convention future à une autre personne, le bénéficiaire, qui accepte la préférence qui lui est
accordée. L'article 319 du Code susnommé soumet le pacte de préférence au même régime
juridique que les promesses de contrat. Cependant, malgré cette assimilation celui-là est
différent de celles-ci. En effet, dans la promesse de contrat, le promettant donne d’ores et déjà
son consentement à la conclusion du contrat projeté alors que le débiteur du pacte de
préférence ne promet qu'une priorité pour le cas où il déciderait finalement de conclure le
contrat déterminé, ce à quoi le pacte ne l’oblige pas. Ensuite, dans le pacte de préférence le
promettant est tenu de faire connaître au bénéficiaire de la préférence non seulement sa
décision d'aliéner mais aussi les conditions du contrat qu'il projette de passer avec un tiers. En
outre, le promettant a pris l'engagement de ne pas contrevenir à sa préférence contractuelle et
doit s'abstenir de conclure tout contrat susceptible de conférer un droit de préemption
empêchant la préférence (par ex. location d'actions qui font déjà l'objet d'une préférence). « Si
le pacte de préférence n'interdit pas à lui seul un usage normal du bien par son propriétaire, ce
pacte ne permet pas à celui-ci de créer une situation juridique propre à en annihiler les effets
»21. C'est ainsi que l'existence d'un pacte portant par exemple sur des parts de SARL semble
interdire au promettant de transformer sa société ou de la faire absorber par une fusion, ou de
décider de sa non-prorogation à l'arrivée du terme statutaire22.

Aux termes de l’article 326 C.O.C.C. la violation de la promesse de contrat ouvre une option
au créancier de la promesse :

19
Civ. 3e, 8 juill. 1975, n° 73-14.486, Bull. civ. III, n° 249.
20
Civ. 3e, 27 mars 2008, préc. ; CE 2 avr. 2015, n° 364539, Case Pilote (Cne), au Lebon ; AJDA 2015. 719 ; D.
2015. 869 ; AJCA 2015. 320, obs. J. Dubarry : « il résulte de la combinaison des articles 1101, 1134 et 1589 du
code civil que, ainsi que le juge la Cour de cassation, la rétractation par le promettant d'une promesse unilatérale
de vente, lorsqu'elle intervient avant que le bénéficiaire ait levé l'option dans le délai stipulé dans le contrat, se
résout, conformément aux dispositions de l'article 1142 du code civil, en dommages et intérêts, à moins que les
parties aient contractuellement décidé d'écarter l'application des dispositions de cet article ».
21
Civ. 3e, 10 mai 1984, n° 82-17.09, Bull. civ. III, n° 96 : « Si le fait, pour le propriétaire d'un fonds, d'accorder
un droit de préférence en cas de vente, ne lui interdit pas, à lui seul, un usage normal de ce fonds, ce propriétaire,
en le louant ultérieurement à un tiers qui bénéficie lors de la vente d'un droit de préemption, prive le droit de
préférence de son contenu. Dès lors, le propriétaire s'étant mis volontairement dans l'impossibilité d'exécuter le
pacte de préférence doit payer des dommages-intérêts au bénéficiaire privé de son droit [...] ».
22
En ce sens, RTD civ. 1993. 347, obs. J. Mestre.
18
 L’octroi des dommages et intérêts puisqu’il s’agit de la violation d’une obligation de faire,
c’est-à-dire de maintenir la promesse. Par ailleurs, l’article 105 C.O.C.C considère les
dommages et intérêts comme une sanction complémentaire obligatoire. Ils ne font pas partie
du choix du créancier23.

 Poursuivre l’annulation du contrat contre le tiers acquéreur. Cette option exige la réunion de
deux conditions cumulatives. Primo, l’acquéreur doit être de mauvaise foi, c’est-à-dire qu’il
doit connaître la fraude du débiteur. Le créancier pourra apporter la preuve de la mauvaise foi
du tiers par tous les moyens. Secundo, la mauvaise foi de l'acquéreur doit être établie au
moment de l’acquisition de la chose

2. LES AVANT-CONTRATS BILATERAUX

Il s’agit de la promesse synallagmatique. La promesse synallagmatique de contrat est


prévue par l'article 322 et 382 C.O.C.C. Le premier texte dispose que : « La promesse
synallagmatique est celle par laquelle les deux parties sont d’accord, le vendeur pour vendre
l’acheteur pour acheter une chose déterminée pour un prix fixé ». En outre, la promesse
synallagmatique de vente peut avoir pour objet un immeuble. Ainsi, l'article 382 précité
énonce que : « L'acte par lequel les parties, s'engagent l'une à céder, l'autre à acquérir, un
droit sur un immeuble, est une promesse synallagmatique de contrat ». En cas de violation de
la promesse synallagmatique, les dispositions de l’article 326 C.O.C.C. seront appliquées.

SECTION 2. LA RUPTURE DES POURPARLES CONTRACTUELS

Pendant la période des pourparlers, les parties ne sont encore pas engagées l’une envers
l’autre. Aussi, elles disposent de la possibilité de la liberté de poursuivre les négociations et de
conclure ou non le contrat envisagé. Mais, il s’agit d’un régime de liberté surveillé, car toute
rupture abusive des pourparlers est susceptible d’engager la responsabilité de son auteur.

PARAGRAPHE 1. LE CARACTERE FAUTIF DE LA RUPTURE

Durant la période de pourparlers, le droit impose un minimum de « fair play » aux parties. La
décision de rupture ne doit pas être intempestive ou abusive, bref elle ne doit pas être fautive.

23
Le créancier a le choix entre la résolution ou résiliation du contrat, la réparation par équivalent et la réduction
de ses obligations voir dans ce sens V°. C.O.C.C. Art. 105.
19
Cette faute consiste en un manquement à l’obligation de bonne foi et de loyauté que tout
négociateur doit s’efforcer de respecter.

Pour caractériser la faute, les juges examineront les circonstances de fait qui ont entourées la
rupture. Divers éléments sont pris en compte pour apprécier le caractère abusif de la rupture :
l’avancement des pourparlers, la rupture tardive, la brutalité de la rupture, l’absence de motif
légitime.

PARAGRAPHE 2. LE PREJUDICE REPARABLE

Une fois le caractère abusif de la rupture établi, la juge doit déterminer le préjudice réparable.
Selon le droit commun de la responsabilité délictuelle, le préjudice n'est réparable que s'il est
direct et certain. Ce préjudice résulte des dépenses effectuées dans le cadre des pourparlers. Il
peut résulter du trouble commercial ou de l’atteinte à son image.

TITRE 2. LA CONSTRUCTION DES CONTRATS

Avant de s’engager dans la rédaction d’une convention, il est fort utile de bien maîtriser les
techniques de rédaction. Chaque rédaction de contrat est différente, car c’est une entente entre
deux parties concernant leurs choix et leurs désirs respectifs. Les stipulations contractuelles
doivent être compréhensibles. En outre, le contrat doit comporter les clauses essentielles. Les
clauses essentielles sont celles dont l’absence est susceptible de vicier le contrat. Elles
correspondent aux exigences minimales de précision du contrat nécessaire pour son existence.
De manière générale, les contrats sont conçus à l’aide d’une structure-type, afin que la logique
de l’entente entre les parties puisse être clairement reflétée. La structure-type d’un contrat
comporte : les stipulations initiales (chapitre 1), les stipulations relatives au corps du contrat
(chapitre 2) et les stipulations finales (chapitre 3).

CHAPITRE 1. LES STIPULATIONS INITIALES

Les parties ont intérêt à mentionner au début de leur contrat un certain nombre d’indications
ordinairement révélatrices de l’opération économique qu’elles veulent mener et de
l’instrument juridique qu’elles utilisent à cette fin. Ces indications concernent : le titre et

20
l’identification des parties (section 1), le préambule et les définitions (sections 2) ainsi que la
désignation du système juridique applicable au contrat (section 3).

SECTION 1. TITRE ET IDENTIFICATION DES PARTIES

Donner un titre à un contrat participe à une fonction juridique. Il ne s’agit pas de conférer un
signe distinctif au contrat, loin s’en faut. Le titre doit toutefois refléter le contenu réel du
contrat, en peu de mots. C'est pourquoi il faut le choisir avec soin, même s’il est vrai que dans
certaines opérations complexes, les parties n’ont guère le choix qu’entre le générique «
contrat » et une dénomination de fantaisie. Le titre (paragraphe 1) est tout de suite suivi par
l’identifications des parties (paragraphe 2)

PARAGRAPHE 1. LE TITRE

Le choix d'un titre et/ou une qualification du contrat n'est pas obligatoire et ne lie pas le juge.
Néanmoins, les décisions prises par le législateur et la jurisprudence pourront dépendre en
partie et a priori du titre choisi et de la qualification retenue. Il est donc important de bien
définir le titre des contrats. Ainsi les conséquences en terme notamment de conditions
financières et garanties sont différentes selon que la qualification retenue est : contrat de sous-
traitance, collaboration de recherche, etc.

Conseils / écueils
- Eviter un titre ou une qualification trop général ou trop précis ;
- Eviter toute contradiction entre la qualification affichée et la qualification susceptible le cas
échéant d'être induite par le juge à l'analyse globale des clauses du contrat.
Risque : insécurité juridique
Exemple : Contrat de bail, contrat de sous-traitance

PARAGRAPHE 2. IDENTIFICATION DES PARTIES

L’identification des parties est assurée par quelques informations d’état civil : nom du
partenaire personne physique, raison ou dénomination sociale du partenaire personne morale,
domicile ou siège social, nationalité ainsi que, parfois d’autres informations complémentaires
(montant du capital social de la société, numéro d’inscription au registre du commerce et du
crédit mobilier de l’entreprise).

21
Pour la société, il doit être précisé son nom, sa forme juridique, son capital et son numéro
d'immatriculation au registre du commerce. Les personnes morales ne sont pas des personnes
humaines en chair et en os. Elles ne peuvent contracter que par l’entremise de personnes
physiques qui en constituent les organes. A cet effet, il convient de se renseigner pour savoir
si l’intervenant a effectivement la qualité de représentant et s’il dispose les pouvoirs suffisants
pour réaliser l’opération en cours.

L’existence d’un mandant effectif peut s’exprimer dans les termes suivants : « La société …,
ci-après dénommé…. SA au capital de 1.000.000 FCFA, ayant son siège social à …,
enregistrée au registre du commerce et du crédit de « ville » sous le numéro…, représentée
par ……selon pouvoirs en date du ……. (Année à l’acte). »

L'adresse des contractants et de leur représentant légal pour les personnes morales est
mentionnée. Toutes les parties au contrat, y compris les divers intervenants (ex : une caution),
doivent être décrites de façon détaillée (prénom et nom ou dénomination sociale, occupation
ou loi constituante, adresse domiciliaire ou d'affaires complète, nom et fonction du signataire
autorisé dans le cas d'une compagnie - avec référence à une résolution en ce sens en annexe -,
etc.). Afin d'alléger le texte, les parties pourront être désignées par un ou deux mots ou encore
par des initiales (ex : « ci-après appelé « le locataire » »).

SECTION 2. PREAMBULE ET DEFINITIONS

Après l’identification des parties, on retrouve le préambule (paragraphe 1) et les définitions


des certains mots ou expressions contenus dans le contrat (paragraphe 2).

PARAGRAPHE 1. PREAMBULE

Le préambule d'un contrat est une sorte d'explication du contrat. Il est rédigé une fois que les
parties ont contracté. Chaque phrase y est introduite par « Attendu que... » ou « Considérant
que... « (« Where as » en anglais). Le préambule se termine par la phrase " En foi de quoi, il a
été convenu que... » ou « Pour cette raison, les parties ont décidé que... » (« Now, therefore...
»), ce qui introduit le contrat en lui-même.

Les parties qui rédigent un préambule désirent soit rappeler l'environnement du contrat qui
conditionne leur engagement, à savoir l'existence de contrats connexes, la compétence
particulière d'une partie, les objectifs qu'elles poursuivent ou encore les circonstances qui
prévalent au moment de la conclusion, soit résumer le contrat auquel cas il est adressé
simplement aux tiers ou aux dirigeants de l'entreprise.

22
Bref, il s'agit d'un résumé des motifs ayant amené les parties à contracter l'une avec l'autre.

PARAGRAPHE 2. LES DEFINITIONS

Parfois, il peut être approprié de définir certains mots ou expressions qui seront utilisés dans
le contrat. L'insertion de termes de référence ayant la même signification pour les deux parties
permet :

- la réduction des incertitudes sur les principaux termes utilisés et donc la suppression des
ambiguïtés,

- la simplification et l'allégement de la rédaction dans la mesure où la définition est donnée


une fois pour toutes, le même terme ayant le même sens dans l'ensemble du contrat.

Les parties sont liées par les définitions insérées. L’utilité des définitions est incontestable
dans les accords internationaux. Il s’agit d'un moyen de traduction par la mise en place de
termes équivalents dans les différentes langues en présence. Les parties s’entendent sur un
contenu car une traduction directe pourrait être une source de confusion.

SECTION 3. LE SYSTEME JURIDIQUE APPLICABLE

Le système juridique désigne le corps de règles applicable à un contrat. Le système juridique


désigne le corps de règles applicable à un contrat. Le problème de la désignation du système
juridique applicable à un contrat ne se pose pas pour les contrats dits internes lorsque toute
l’opération partenaires, lieux de conclusion, expression et exécution… du contrat s’établit à
l’intérieur d’un seul système juridique.

Le droit national de l’état dont les sujets et le territoire sont concernés a, seul, vocation à
s’appliquer. La désignation du système juridique applicable au contrat concerne, donc,
essentiellement, les contrats dits internationaux.

CHAPITRE 2. LES STIPULATIONS RELATIVES AU CORPS DU CONTRAT

Il y a des stipulations générales (section 1) et des stipulations spécifiques à certains contrats


(section 2).

SECTION 1. LES STIPULATIONS GENERALES

23
Les stipulations générales s’appliquent indistinctement à l'une et l'autre des parties au contrat.
On y retrouve de tout : objet, prix, durée, lois applicables, juridiction territoriale en cas de
litige, tribunal compétent ou arbitrage obligatoire, etc.

PARAGRAPHE 1. L’OBJET ET LE PRIX DU CONTRAT

Voyons successivement l’objet (A) et le prix (B) du contrat.

A. L’OBJET DU CONTRAT
Tous les contrats ont un objet (construction d'un immeuble, fourniture de biens et/ou services,
vente d'actions ou d'éléments d'actif, etc.). Il doit être décrit avec précision afin d'éviter toute
ambiguïté. L'objet est une des conditions de formation du contrat. L'objet doit exister et être
licite sous peine de nullité du contrat. L'objet doit être précis dans la mesure où il permet de
déterminer :
- la nature du contrat,
- la nature des obligations des parties,
- l'étendue des droits et obligations des parties.

B. LE PRIX
1. LA DETERMINATION DES PRIX
Il faut indiquer le prix des produits ou services en précisant si celui-ci est fixe ou variable,
sans oublier de spécifier la devise applicable. Il est également important de prévoir une clause
relative aux modalités de paiement, soit le moment et le lieu du paiement, ainsi que les
intérêts applicables en cas de retard de paiement.
Ce prix peut être fixe ou évolutif. À tout objet, il y a une contrepartie, laquelle est souvent
sous forme monétaire. La valeur de cette considération (prix, loyer, honoraires, salaire, etc.)
est alors indiquée. Elle peut être déterminée dans le contrat, ou par le biais d'un contrat cadre.
Elle peut résulter de tarifs ou conditions générales. Tous les montants devraient
préférablement être exprimés en lettres et en chiffres (ex : « vingt millions de francs
(20.000.000 F) »). Il ne faut pas oublier de spécifier aussi les aspects non monétaires de la
considération.

2. L’EVOLUTION DES PRIX

24
De nombreux contrats s'étalent sur la durée, qu'il s'agisse d'une prestation qui ne peut être
exécuté instantanément (construction d'équipement, d'usines, d'infrastructure, etc.) ou qu'il
s'agisse de prestations successives (contrat d'approvisionnement par exemple).
Il s'agit en conséquence de stipuler des clauses qui font permettre l'adaptation du prix à
l'évolution du contexte monétaire, économique ou juridique et fiscal. Elle peut être :
monétaire ou économique.
La clause d'indexation monétaire a pour objet d'adapter le prix aux fluctuations monétaires.
Elle peut être formulée de différentes manières. La clause d'indexation économique utilise une
formule qui va faire évoluer le prix en fonction d'un indice reflétant l'évolution générale
des prix dans le secteur, ou en amont de la relation contractuelle, ou de façon générale. Les
contrats de fournitures et de travaux comportent généralement des clauses de révision de prix
en fonction de l'évolution du coût des consommations intermédiaires (énergie, ciment, etc.) et
de la main-d’œuvre.

PAR AGRAPHE 2. LES CLAUSES DE RESERVE DE PROPRIETE

Les clauses de réserve de propriété font souvent l'objet d'un formalisme de consentement.
Leur efficacité en cas de difficultés financières dépend du droit du redressement judiciaire
applicable.
Que vous apporte une clause de réserve de propriété ?
1. Conserver la propriété du bien vendu jusqu’au paiement complet du prix
Le mécanisme de la clause de réserve de propriété a pour but de vous protéger en cas de
défaillance de paiement et notamment en cas d’insolvabilité de votre client. En effet, dans
la pratique, la livraison du bien est souvent effectuée avant que son prix ait été payé en
totalité.
2. Par dérogation au régime de droit commun
La clause permet donc d’écarter les règles de droit commun du transfert de propriété défini
par l’article 1583 du Code civil. En effet, selon cet article, « [la vente] est parfaite entre les
parties, et la propriété est acquise de droit à l’acheteur à l’égard du vendeur, dès qu’on est
convenu de la chose et du prix, quoique la chose n’ait pas encore été livrée ni le prix payé ».
Un simple accord sur la chose et le prix emporte donc automatiquement transfert de la
propriété de la chose à l’acheteur. La clause de réserve de propriété vous permet donc d’éviter
les inconvénients du régime de droit commun. Afin de pouvoir récupérer le bien dont la

25
cession est devenue irréversible, il faut en effet intenter une action en justice, pour obtenir la
résolution du contrat de vente.
3. En cas de procédure collective
Si une clause de réserve de propriété a été stipulée, vous aurez la possibilité d’exercer une
action en revendication, c’est-à-dire d’opposer le bénéfice de la clause de réserve de
propriété aux autres créanciers et de reprendre le bien impayé dont vous restez propriétaire.
Vous voyez donc votre sort amélioré, passant du statut de créancier chirographaire à celui,
beaucoup plus protecteur, de propriétaire.
4. Vous pouvez transférer les risques au client…
En outre, la clause de réserve de propriété ne vous empêche pas de transférer les risques à
votre client dès la livraison. En principe, les risques qui sont susceptibles d’entraîner la perte
ou la détérioration du bien, s’ils ne sont dus ni à la faute du vendeur ni à celle de l’acheteur,
sont à la charge de celui qui est propriétaire au moment où ils surviennent. Les parties sont
toutefois libres de dissocier le transfert des risques du transfert de propriété.
… en déterminant à partir de quand la clause s’applique
Vous pouvez donc stipuler dans le contrat que les risques sont à la charge de votre client et
déterminer le moment à partir duquel cette disposition s’applique : à la livraison, dès le
transport, dès qu’un bien fongible est individualisé (pour les biens vendus au poids), …
5. C’est une protection contre les effets de la détérioration du bien
Si le bien est endommagé ou détruit par un événement fortuit, vous ne serez alors pas tenu de
le réparer ni de le remplacer, et vous pourrez réclamer tout de même à votre client le complet
paiement du prix. Il est d’ailleurs possible d’insérer également dans le contrat une clause
obligeant l’acheteur à s’assurer contre ces risques.
6. Le client conserve la possibilité de revendre ou transformer le bien
La clause de réserve de propriété n’empêche toutefois pas votre client de revendre le bien ou
de le transformer, sauf si les modalités de transformation et/ou de revente ont été encadrées,
par la rédaction d’une clause « complexe ».
7. Comment rédiger une clause de réserve de propriété ?
La revendication d’un bien vendu avec une clause de réserve de propriété n’est possible que si
deux conditions sont réunies, l’une tenant à la clause, l’autre au bien revendiqué.

PARAGRAPHE 3. LES CLAUSES DE RESPONSABILITE

Les clauses de responsabilité sont destinées à préciser les conditions dans lesquelles le
débiteur des obligations contractuelles (le prestataire, le fournisseur) se verra tenu de
26
réparer les préjudices subis par son cocontractant (le client) du fait de la mauvaise
exécution ou de l´inexécution des prestations objet du contrat.
Le droit commun pose deux principes simples : la réparation du préjudice subi pour autant
que ce dernier soit prévisible ; la réparation des seuls préjudices directs, c´est-à-dire ceux qui
présentent un lien de causalité direct avec le fait générateur.
Les clauses contractuelles de responsabilité s´attachent en conséquence à préciser différents
points :
- quels sont les préjudices exclus du champ possible de la réparation (clause de pré-
qualification en "dommages indirects") ;
- quel est le montant maximum de dommages et intérêts susceptibles d´être alloués (clause de
plafonnement) ;
- quelle est la durée pendant laquelle la responsabilité peut être invoquée ou, plus
généralement, quelles sont les conditions dans lesquelles la responsabilité du débiteur peut
être mise en cause.
Entre professionnels, ces clauses sont parfaitement valables, sous réserve cependant :
- qu´elles soient connues et acceptées par la partie à laquelle elles sont opposées ;
- que le fait générateur du préjudice ne soit pas constitutif d´une faute lourde du débiteur
(en l´occurrence du prestataire), auquel cas elles seront écartées par le juge ;
- que la clause ne soit pas opposée dans un contexte d´inexécution d´une obligation
essentielle du contrat, étant ici rappelé que l´inefficacité de la clause résulte alors de l
´absence de cause de l´engagement du créancier de l´obligation inexécutée, et partant la
nullité du contrat.
Attention !
• Il existe des règles d'ordre public auxquelles l'on ne peut déroger.
• Bien se renseigner sur les législations applicables en la matière aux différents partenaires.

PARAGRAPHE 4. LA DUREE DU CONTRAT

Il est essentiel d'indiquer la durée du contrat. En l'absence de cette clause, l'une ou l'autre des
parties pourrait quand elle le souhaite résilier unilatéralement le contrat. En cas de litige, c'est
le juge qui déterminera une durée équitable pour les deux parties.
La durée pendant laquelle les parties sont engagées doit être clairement indiquée, tant pour les
obligations principales que pour les obligations annexes qui peuvent débuter après que se
terminent les obligations principales (non-concurrence par exemple).

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La durée peut être indéterminée, avec stipulation d'un préavis, soit déterminée. Dans ce cas
elle peut être renouvelable, sauf préavis. Dans le cas d'une durée déterminé, il est fréquent de
retrouver aussi une clause de renouvellement, lequel peut être automatique (à moins d'avis
écrit à l'effet contraire avant l'expiration du contrat) ou sur simple avis écrit en ce sens. La
clause qui prévoit un renouvellement « après entente négociée entre les parties » ne veut rien
dire !
Sauf clause contraire du contrat (effet rétroactif, effet différé, conditions suspensive ou
résolutoire…) le contrat entre en vigueur à la date de la signature par les parties.
Attention !
• Éviter une longue durée ainsi qu’une durée illimitée (prohibition des engagements
illimités) ;
• Éviter la tacite reconduction, sinon, il est indispensable d’insérer une clause qui précise que
l’on peut mettre fin au contrat.

PARAGRAPHE 5. LES CLAUSES RESOLUTOIRES

La clause résolutoire définit à l'avance les conditions de rupture d'un contrat si l'une des
parties ne le respecte pas. Elle doit être bien rédigée pour faciliter la rupture du contrat. Cette
clause résolutoire détermine les circonstances dans lesquelles le contrat sera résolu ou
résilié.
La clause, doit être rédigée sans équivoque, elle doit mentionner expressément les obligations
qui seront sanctionnées. Ex : « A défaut de la livraison du produit X avant le …2001 par la
société..., la société ... pourra résilier le présent contrat. »
Il faut veiller à la précision de la formulation !
- Si la clause indique : « En cas d'inexécution, le contrat sera résolu », alors la partie qui
l'invoque doit demander au juge de prononcer la résolution. Stipulée « de plein droit », la
résolution se produit sans recourir au juge. Prévue « de plein droit et sans sommation », la
résolution se produit sans recourir au juge et sans mise en demeure.
- Même si les parties rédigent librement la clause, elle doit être mise en jeu de bonne foi.
Ainsi si vous oubliez les termes « sans mise en demeure » ou « sans sommation », il ne pourra
être mis fin au contrat sans délai.
Pour bien rédiger la clause, il faut :
- Employez des termes précis, afin de ne pas fragiliser la réalisation de l'accord.
- Indiquez les cas de résolution ou de résiliation, par exemple la modification du contrôle du
capital de l'une des sociétés contractantes.
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- Mentionnez la forme de la notification de la mise en demeure du cocontractant (de
préférence une lettre recommandée avec AR).
- Incluez le délai de préavis de résiliation ou précisez le moment auquel se produira la
résolution.
Deux conséquences possibles : la résiliation ou la résolution
- La résiliation : Le contrat disparaît, mais les prestations déjà réalisées ne sont pas annulées.
C'est le cas du bail.
- La résolution : Le contrat est anéanti rétroactivement : il est censé n'avoir jamais existé, les
choses sont remises dans leur état antérieur.
Pour savoir si la résolution est totale ou partielle et si elle est étendue à d'autres contrats liés à
la convention en cause, il est nécessaire de se reporter à la clause.

SECTION 2. LES STIPULATIONS SPECIFIQUES

Cette section regroupe toutes les clauses spécifiques au contrat concerné. Les droits et
obligations de chacune des parties nommément désignées y sont clairement exprimés.

PARAGRAPHE 1. LES CLAUSES CONFIDENTIALITE

Reprenant les dispositions générales de l'accord de secret, cette clause protège de la


divulgation par le personnel d'informations confidentielles. Pour le personnel relevant
statutairement de votre structure, son engagement en terme de confidentialité est un état de
fait, découlant du lien salarié-employeur. Par contre pour tous les autres personnels, il est
impératif de leur faire signer un engagement de confidentialité pour la durée de l'engagement
de votre structure avec la société.

PARAGRAPHE 2. LES CLAUSES DE PROPRIETE INTELLECTUELLE

Adopter des règles simples et précises :


- indiquer le propriétaire des résultats
- envisager des règles de protection, d’exploitation, de cession….
Bien définir les connaissances antérieures (Background) dans une annexe si nécessaire et en
rester propriétaire.

PARAGRAPHE 3. LES CLAUSES DE FORCE MAJEURE

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Lorsqu'un obstacle insurmontable et imprévisible survient et empêche l'exécution du contrat,
indépendamment de la volonté des parties, le débiteur est-il responsable ? Va-t-il devoir payer
des dommages et intérêts ? L'entreprise qui a pris feu doit-elle verser une indemnité à son
client ? S'il n'est pas responsable, qu'advient-il de sa prestation ? Et de celle de l'autre partie ?
Le contrat est-il résilié ou suspendu ? L'entreprise devra-t-elle livrer à nouveau dès la
reconstruction de l'usine ? L'autre partie doit-elle tout de même payer pour les marchandises
non livrées ? Peut-elle s'adresser ailleurs pendant la reconstruction ?
Pour éviter ces délicates questions lors de la survenance de l'évènement (dont les réponses
varient selon les systèmes juridiques), les parties peuvent prévoir des clauses de force
majeure. Ces clauses ne sont pas reconnues dans tous les systèmes juridiques mais,
lorsqu'elles le sont, elles sont généralement très détaillées et bien élaborées.

PARAGRAPHE 4. LES CLAUSES DE HARDSHIP

Souvent, lorsque des contrats à long terme comme des contrats d'approvisionnement sont
conclus, il arrive que se produise un événement imprévisible (une révolution technologique,
une guerre, une décision politique...) qui fait que le contrat ne présente plus grand intérêt pour
l'une des parties.
Face à des questions de ce type, les réponses diffèrent en fonction du régime juridique :
Il n'appartient pas au juge de refaire le contrat à la place des parties. Les obligations assumées
par les parties doivent être exécutées (cette règle est à atténuer toutefois par le principe de
bonne foi). Mais l'obligation d'exécuter un contrat ne doit pas conduire à un suicide
économique. Les cas de force majeure sont donc limités à une impossibilité totale de
s'exécuter. Certains juges reconnaîtront donc un droit à la résiliation du contrat. Dans d'autres
pays, les juges traitent ce problème d'une manière plus favorable.
Que peut-on faire pour éviter les problèmes ?
- en ce qui concerne les prix, on peut prévoir une clause d'indexation qui stipule que le prix
sera fonction de tel ou tel facteur et que l'adaptation sera automatique ;
- on peut dire que le contrat est révisable tous les ans ou à des intervalles déterminés ;
- on peut simplement éviter de conclure des contrats pour de trop longues périodes ;
- on peut prévoir une clause de hardship : en cas de survenance d'événements imprévisibles,
les parties se mettront d'accord pour renégocier les points qui ont été perturbés par les
circonstances économiques.

PARAGRAPHE 5. LES CLAUSES PENALES

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C’est une clause par laquelle les parties conviennent qu'au cas où l’une d'elles manquerait à
son engagement, elle verserait à l’autre partie une somme d'argent dont le montant
(forfaitaire) fixé à l’avance est indépendant du préjudice causé et constitue en quelque sorte
des dommages intérêts. Par le biais de cette clause, toute discussion ultérieure sur le
montant du préjudice subi est évitée. Malgré sa dénomination il s'agit d'une sanction civile
prévue pas les parties à un contrat. Les parties peuvent stipuler :
- soit l'attribution d'une somme d'argent,
- soit exiger de la partie qui ne s'est pas exécuté qu'elle fournisse une prestation en nature ou
qu'elle s'abstienne de faire quelque chose.
Elle peut être révisée par le juge, à la hausse comme à la baisse, lorsqu’elle est manifestement
excessive ou dérisoire.

CHAPITRE 3. LES STIPULATIONS FINALES

Ce sont principalement les clauses relatives au règlement des différends (section 1), à
l’élection de domicile (section 2), à l’entrée en vigueur (section 3).

SECTION 1. LES LITIGES

Mieux vaut un bon accord qu'un mauvais procès" : le recours au tribunal n'est pas la seule
solution pour l'entreprise. Il est préférable d'envisager, dès la signature du contrat, de régler
certains litiges par le biais d'une conciliation.

PARAGRAPHE 1. LES OPTIONS

Trois options sont possibles : la conciliation, l’arbitrage et les tribunaux.

A. LE RECOURS A LA CONCILIATION
La conciliation est la recherche d'un compromis, au besoin, on peut s'adjoindre les services
d'un médiateur (expert, Chambre de Commerce).

B. LE RECOURS A L'ARBITRAGE
Le recours à l’arbitrage doit être prévu par une clause compromissoire dans le contrat. Elle
prévoit dans le contrat que les litiges seront réglés par un tribunal arbitral privé, solution
discrète, rapide et pratique ; mais il est souhaitable de n'y recourir que pour des litiges d'un
montant élevé (coût). Deux types d’arbitrage peuvent être prévus :

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- l'arbitrage ad hoc est organisé par les contractants (choix du ou des arbitres, délais...),
- l'arbitrage institutionnel est régi par un organisme professionnel (la Chambre de Commerce
Internationale par exemple).
Bien indiquer dans le contrat :
- le droit applicable, le lieu et la langue de l'arbitrage,
- le nombre des arbitres, leur qualité,
- la nature des litiges soumis à l'arbitrage (pas forcément tous...).
Limite de l'arbitrage :
Une fois la sentence rendue, la partie perdante n'a pas d'obligation d'exécuter la décision. En
cas de mauvaise volonté, il faut donc demander un exequatur au tribunal de grande instance
de son pays (sentence d'application dans le pays du vendeur).
Exequatur : procédure judiciaire rendant applicable la sentence prononcée dans un pays, dans
un autre pays, à partir d'accords internationaux (ainsi, les membres de l'Union européenne
acceptent sans condition un exequatur d'un autre membre).

C. LE RECOURS AUX TRIBUNAUX


La clause de juridiction fixe dans le contrat le tribunal qui sera compétent pour juger le litige
: celui du vendeur, du lieu de réalisation du contrat... et donc la loi qui s'appliquera, avec ses
avantages et ses inconvénients. Mais passer par une juridiction est généralement très long. La
clause de juridiction est le plus souvent librement négociée mais certes parfois imposée
(Chine, certains pays arabes...).
La clause attributive de juridiction fixe le tribunal compétent :
Si aucun tribunal n'est précisé, c'est généralement celui du domicile de l'acheteur qui est
compétent. Note : Le choix d'un tribunal français n'est pas forcément le meilleur choix,
notamment pour les biens d'équipement.

PARAGRAPHE 2. CONSEILS / ECUEILS

Vérifier la légalité des clauses attributives de compétence. Pour ce qui est de la compétence
des tribunaux, il vaut mieux ne pas préciser de quel tribunal il s’agit (commercial ou autre...).
Quant au territoire ou à la loi, il vaut mieux imposer (sauf droit international) la compétence
sénégalaise. Vérifier la légalité des clauses d'arbitrage. Une clause d’arbitrage peut parfois
paraître avantageuse, mais elle a souvent un coût élevé. Assurez-vous que votre entreprise
pourra suivre.
Règlement amiable :

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L'introduction d'une telle clause oblige les parties à rechercher une solution négociée à leurs
différends. Elle les oblige à négocier de bonne foi. En cas d’échec de cette procédure, d'autres
modes de traitement des conflits entreront en jeu. Les parties peuvent à cette occasion
apprécier si un contentieux est réellement inévitable et en mesurer les enjeux.

SECTION 2. L’ELECTION DE DOMICILE

Aux termes de l’article 111 du Code civil, "lorsqu'un acte contiendra de la part des parties ou
de l’une d'elles, élection de domicile pour l’exécution de ce même acte dans un autre lieu que
celui du domicile réel, les significations, demandes et poursuites relatives à cet acte, pourront
être faites au domicile convenu et devant le juge de ce domicile ". La clause de l’élection de
domicile est particulièrement recommandée lorsque l’un des contractants habite en un lieu
éloigné et, à fortiori, à l’étranger.

SECTION 3. LES FRAIS

En principe, les frais relatifs à un acte (honoraires de celui qui l’a dressé, droits
d'enregistrement) sont à la charge de celui auquel il profite et qui s'est constitué débiteur. Les
parties à l’acte ont la possibilité de déroger à ce principe général et de mettre les frais à la
charge de celui auquel l’acte ne profite pas. Toutefois, les droits d'enregistrement des actes
sous seing privé sont toujours à acquitter par celui qui présente l’acte à l’enregistrement,
quitte à lui à se retourner contre son cocontractant pour en obtenir le remboursement.

SECTION 4. LA LANGUE DU CONTRAT

Le choix de la langue du contrat est un acte important, il n’est jamais innocent. Si dans
certains pays, la loi impose pour des raisons politico-administratives l’utilisation de la langue
officielle pour certains types de contrats2, il reste que ce choix est en grande partie dicté par
des raisons pratiques. Le choix de la langue du contrat doit tenir compte d’un certain nombre
de paramètres, notamment du lieu d’exécution du contrat et du droit applicable au contrat. Par
ailleurs, la langue de négociation n’est pas nécessairement celle de la rédaction du contrat.

SECTION 5. ENTREE EN VIGUEUR


Les parties conviennent du moment auquel le contrat entre en vigueur (ex : à la signature, de
façon rétroactive, à une date déterminée ou à la survenance d'un événement futur).

SECTION 6. SIGNATURES
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Tout juste après que soit précisé le nombre d'exemplaires originaux du contrat, de même que
le lieu et la date de signature, les parties ou leurs représentants autorisés (administrateurs,
mandataires, etc.) signent chacun des exemplaires, idéalement en présence de deux témoins
indépendants.
Attention :

- Il faut lire tout le contrat, surtout la version finale à être signée. Après, il sera trop tard !
- En plus de signer le contrat, il est recommandé d'initialer chacune des pages, y compris les
ratures (en marge de celles-ci) et les annexes. La substitution de feuilles sera alors plus
difficile...
- Enfin, conservez toujours une copie du contrat signé par vous, même si l'exemplaire original
ne sera complètement signé que plus tard (ex : par une partie absente).

SECTION 7. ANNEXES

Celles-ci sont identifiées tout au long du contrat et se retrouvent à la fin de celui-ci, dans
l'ordre selon lequel elles ont été présentées (ex : annexes A, B, C,...). Les Annexes,
notamment l'Annexe technique et financière :
- sont indispensables pour rédiger le contrat
- permettent d'alléger le contrat en évacuant certains aspects.
Attention ! Les annexes n'ont de valeur juridique qu'à la double condition que :
- l’autre contractant sache qu’elles font partie du contrat
- et qu'il puisse en prendre connaissance.
Il faut donc faire des renvois aux annexes, mentionner qu’elles font partie intégrante du
contrat.

SECTION 8. TABLE DES MATIERES

D'un seul coup d'œil, elle permet au lecteur d'éviter une recherche longue et fastidieuse. Au
préalable, les pages, articles et sous-articles du contrat devront avoir été numérotés. Les pages
des annexes comporteront un type différent de numérotation (ex : en chiffres romains).
D'autre part, afin de faciliter le repérage, un court titre sera attribué à chaque article et sous-
article du contrat.

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THÉMES DE RECHERCHE TD

1. La négociation contractuelle pour autrui


2. L’éviction du juge par le contrat
3. La bonne foi dans la négociation contractuelle
4. Le secret d’affaires

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Common questions

Alimenté par l’IA

The principle of liberty in contract negotiations allows parties the freedom to choose whether to enter into a contract and to determine the terms and conditions of the agreement. This liberty is foundational as it justifies the existence of a negotiation period, enabling parties to engage in pre-contractual negotiations without coercion. However, this freedom is constrained by obligations related to public order and good faith. Parties must not create agreements that contravene public order or morals, as specified in Article 42 of the Code des Obligations Civiles et Commerciales du Sénégal. Additionally, negotiations must be conducted in good faith, meaning that parties should not betray each other's trust or exploit the negotiation process to gather confidential information improperly .

Communication and information exchange are pivotal in contract negotiations, enabling parties to understand each other's positions, expectations, and constraints. Effective communication involves asking open questions to promote dialogue, verifying all information, and summarizing points of agreement and disagreement to ensure clarity. Parties should maintain transparency, practice active listening, and respect confidentiality to foster trust. Regular updates and thorough written confirmations post-discussion help solidify mutual understanding. These practices mitigate risks of miscommunication and enhance the prospects of reaching a favorable and enforceable agreement .

Critical components of a final written agreement include a clear articulation of the contract's object and price, detailed payment terms, and any applicable currency or monetary adjustments (indexation clauses). Including specific terms like liability clauses, confidentiality agreements, and duration ensures clarity. Furthermore, incorporating mechanisms for dispute resolution, such as arbitration or mediation clauses, lends enforceability by outlining processes for resolving conflicts. Clearly documenting these elements in writing—complemented by confirmations and recaps of understanding—helps prevent misunderstandings and facilitates enforcement by providing a comprehensive reference that both parties have agreed upon .

Simple negotiations are pre-contractual discussions initiated to establish a negotiation rather than to form a binding contract, lacking specific foundational elements of a contract. Legally, parties in simple negotiations are not obligated to conclude a contract, maintaining the freedom to terminate discussions without liability unless bad faith, such as deceptive practices, is demonstrated. This differs from contractual negotiations where more formalized and binding commitments can emerge, potentially resulting in liability for breach if negotiations are terminated unfairly. Simple negotiations require parties to uphold good faith, as failure to do so can result in legal accountability for breaches of fair dealing, even if no contract results .

Inclusion of a penalty clause implies that a party failing to meet contractual obligations must pay a predetermined sum, serving as a deterrent against breaches. This clause fixes a liability independent of actual damages, simplifying dispute resolutions by pre-negotiating compensation. However, its imposition should be cautious, as it can strain relationships if perceived as punitive rather than compensatory. Courts may revise penalty amounts deemed excessive or insufficient, ensuring fairness. Balancing the strength of the clause to deter breaches while maintaining fairness and cooperation between parties is vital for healthy contractual relationships .

Adaptation clauses in contracts, such as hardship and indexation clauses, allow dynamic adjustment of terms to accommodate future uncertainties over the contract duration. They enable parties to revise contract terms to reflect economic conditions, technological advances, or unforeseen societal changes, ensuring contracts remain equitable and relevant. These clauses safeguard long-term agreements against becoming obsolete or overly burdensome and preemptively address potential challenges, fostering stability and predictability in contractual relations. Effective adaptation clauses stipulate processes for renegotiation or automatic adjustments, thus providing built-in resilience to contracts .

A hardship clause in long-term contracts allows parties to renegotiate terms if unforeseen events—such as economic shifts, technological changes, or political upheavals—substantially alter the contract's balance, making it overly burdensome to perform. This clause provides flexibility and a mechanism for adaptation without the need for judicial intervention, thereby avoiding economic detriment to either party. It ensures that the contract remains operative and fair under changed circumstances, offering a safeguard against extreme difficulties while concurrently preserving the contractual relationship through agreed adjustments .

Determining and documenting the price in a contract involves specifying whether the price is fixed or variable and detailing the applicable currency and payment modalities, including timing and location. Challenges include ensuring clarity to prevent disputes and accounting for economic fluctuations in long-term contracts. Solutions include stipulating indexation clauses to adjust prices based on specific economic indicators, thereby maintaining contract utility over time. Documenting prices with precision using both text and numerical representation helps avoid ambiguities, while inclusion of adaptable clauses allows for price evolution in response to significant contextual changes, ensuring the contract remains viable and equitable .

The duty of loyalty in negotiations dictates that parties must act honestly and uphold each other's trust, refraining from any form of deceit. This obligation influences contractual outcomes by fostering an environment of integrity and good faith, potentially preventing disputes rooted in perceived unfair practices. Breaches of this duty can lead to legal responsibility for damages even absent a formal contract, as demonstrated by the Senegalese Court of Cassation, which holds parties liable for bad faith actions during negotiations. Thus, this duty ensures negotiations are conducted ethically and can impact whether negotiations culminate in a contract formation or liability for wrongful conduct .

The obligation of confidentiality requires negotiators to keep exchanged information private and prohibits them from exploiting or disclosing the information to third parties without consent. This obligation aims to prevent parties from unfairly benefitting from the other party's business secrets or intellectual property during negotiations. To reinforce confidentiality, parties can agree to a confidentiality clause, formally binding them not to divulge or misuse the shared information. This obligation ensures an atmosphere of trust and promotes sincere negotiations without fear of exploitation .

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