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Introduction

L’organisation foncière se réfère à l’ensemble des structures, règles et processus


qui régissent la gestion, l’attribution, l’utilisation et la sécurisation des terres.

En tant que pays riche en biodiversité et en ressources naturelles, le Gabon a fait


de la maîtrise de son régime foncier un levier stratégique pour son développement socio-
économique. Dès l’indépendance, l’État gabonais a instauré une politique foncière
centralisée, devenant propriétaire et gestionnaire des terres non immatriculées appelé
domaine national. Ce cadre s’est structuré autour de lois majeures comme celles de
1963, 2012 et 2013, qui ont permis de distinguer le domaine public du domaine privé.

Cependant, malgré ces avancées légales, la gestion foncière reste marquée par
des défis importants tels que les conflits d’usage, la spéculation foncière et la faible
sensibilisation des populations rurales aux procédures d’immatriculation. Des
innovations telles que la dématérialisation des titres ou la modernisation du cadastre
par l’ANUTTC témoignent d’une volonté d’adapter le système aux enjeux contemporains.

Dès lors, la question centrale qui se pose est la suivante : Comment le Gabon
organise-t-il son foncier pour répondre aux impératifs de sécurisation, de transparence
et de développement ?

Pour y répondre, ce travail analysera l’organisation foncière au Gabon en


s’appuyant sur deux axes principaux : le cadre juridique qui régit les terres (I) et les
mécanismes institutionnels chargés de leur gestion (II).
I - Le cadre juridique de l’organisation foncière au Gabon

A- Les textes fondamentaux régissant le foncier au Gabon

L’organisation foncière au Gabon repose sur un cadre juridique bien structuré, qui
a évolué au fil du temps pour s’adapter aux exigences de la modernité et aux défis posés
par les réalités socio-économiques locales. Les lois établissent les fondements de la
gestion foncière en assurant une distinction claire entre les domaines public et privé de
l’État.

1- La loi n°14/63 du 8 mai 1963 : une architecture foncière


pionnière

Adoptée peu après l’indépendance, la loi n°14/63 a marqué une étape décisive
dans la structuration juridique du foncier au Gabon. Elle introduit des principes clés
visant à assurer un contrôle étatique des terres et à organiser leur utilisation :

• Nationalisation des terres non immatriculées :

Toutes les terres non enregistrées deviennent la propriété de l’État, ce qui permet
au gouvernement de centraliser leur gestion et de favoriser leur exploitation pour des
fins de développement économique.

« Cette nationalisation est une réponse stratégique pour éviter la spéculation


foncière et favoriser des projets d’intérêt public » (Ondo, 2015, p. 33). Exemple concret :
Dans le cadre des projets d’infrastructure, comme la construction des routes nationales,
l’État a pu attribuer rapidement les terres nécessaires sans contraintes majeures liées à
la propriété privée.

• Distinction entre domaine public et domaine privé :

• Le domaine public concerne les biens destinés à un usage collectif ou à un service


public (routes, parcs, écoles). Ces biens sont inaliénables et imprescriptibles. Cela signifie
qu’ils ne peuvent être ni vendus ni possédés par des individus.

• Le domaine privé, quant à lui, regroupe les terres non affectées à un usage
collectif. Elles peuvent être cédées ou exploitées sous conditions strictes.
Exemple : Les terres agricoles attribuées à des coopératives privées pour le
développement de l’agriculture.

• Encadrement des droits coutumiers : Les pratiques traditionnelles sont reconnues,


mais leur validité juridique est conditionnée par l’immatriculation des terres. Toutefois,
ce processus peut être un frein pour certaines communautés rurales en raison des coûts
et des formalités administratives complexes.

Selon Ngouabi (2018) : « L’immatriculation des terres traditionnelles reste une barrière
pour les populations locales qui manquent souvent d’informations et de moyens pour se
conformer aux exigences juridiques ».

2- La loi n°14/2013 du 14 août 2013 : vers une modernisation du


système foncier

La loi n°14/2013 vient compléter et moderniser le cadre établi en 1963. Elle


introduit plusieurs innovations majeures :

• Reconnaissance des droits fonciers coutumiers et modernes :

Contrairement à la loi précédente, cette loi propose une harmonisation entre les
pratiques traditionnelles et modernes. Elle accorde une reconnaissance juridique aux
droits coutumiers tout en promouvant le système d’immatriculation formel.

Exemple : Les communautés rurales peuvent désormais enregistrer collectivement leurs


terres pour prévenir leur expropriation par des tiers.

• Dématérialisation du système d’enregistrement foncier :

La création d’un registre électronique centralisé facilite les démarches


administratives, améliore la transparence et limite les risques de fraudes.

Selon le rapport de l’ANUTTC (2022) : « La numérisation des titres fonciers a


permis de réduire de 30 % les délais d’obtention et de sécuriser les transactions ».

• Protection des communautés locales :

La loi impose des consultations publiques avant tout projet majeur et exige des
études d’impact environnemental pour protéger les populations et l’écosystème.

Exemple : Lors de projets miniers, les populations locales doivent être consultées pour
évaluer les impacts sur leur environnement et leurs moyens de subsistance.

3- La loi n°13/2012 du 13 août 2012 : lutter contre les défis contemporains


Face à des défis comme la spéculation foncière et les conflits liés aux titres de
propriété, la loi n°13/2012 apporte des réponses concrètes :

• Simplification des procédures d’immatriculation : Le processus d’immatriculation


devient obligatoire pour toutes les terres, ce qui renforce la sécurité juridique des
transactions.

Exemple : La formalisation des terres rurales permet de garantir les droits des
agriculteurs et de sécuriser leurs investissements.

• Régulation stricte des transactions foncières :Avant toute vente ou cession, les
titres doivent être vérifiés et authentifiés pour éviter les fraudes. Cela réduit
significativement les conflits entre propriétaires. Selon T. Obiang (2020) : « La
sécurisation des transactions est une étape clé pour restaurer la confiance des
investisseurs locaux et étrangers ».

• Encadrement des acquisitions étrangères : L’acquisition de grandes surfaces par


des étrangers est soumise à des conditions strictes pour préserver les ressources
nationales.

B - La classification juridique des terres en République Gabonaise

La législation gabonaise établit une distinction nette entre le domaine public et le


domaine privé de l’État pour assurer une gestion rationnelle des ressources foncières.

1- Le domaine public de l’État

Les biens relevant du domaine public de l’État sont affectés à des usages
collectifs ou à des services d’intérêt général, essentiels à la vie en société. Ce
domaine est régi par des principes stricts d’inaliénabilité et d’imprescriptibilité, ce
qui signifie que ces biens ne peuvent ni être cédés, ni être soumis à des
transactions privées, sauf dans des cas bien spécifiques et encadrés par la loi. Ces
biens sont donc préservés au profit de la collectivité et de la nation, dans le but
de garantir des services publics durables et de préserver les intérêts écologiques
et sociaux.

Parmi les biens du domaine public figurent les infrastructures publiques telles que
les routes, les écoles, les hôpitaux, ainsi que des éléments de patrimoine naturel comme
les monuments historiques ou les aires protégées. Ces espaces, en raison de leur
vocation d’intérêt général, ne peuvent être transformés en propriétés privées sans une
justification légale très précise.

Un exemple particulièrement significatif du domaine public est la gestion des


parcs nationaux du Gabon. Ces parcs couvrent environ 11 % du territoire national, ce qui
représente une portion substantielle des terres du pays. L’objectif principal de cette
gestion est la préservation de la biodiversité unique au Gabon, qui abrite plusieurs
espèces menacées comme le gorille et l’éléphant forestier. La législation gabonaise
protège ainsi ces espaces naturels contre l’exploitation privée, assurant leur
conservation pour les générations futures et contribuant aux engagements
internationaux du pays en matière de protection de l’environnement.

2- Le domaine privé de l’État

Le domaine privé de l’État, en revanche, regroupe des biens fonciers qui ne sont
pas affectés à un usage public immédiat. Ces terres peuvent être utilisées pour des
projets de développement économique, et contrairement aux biens du domaine public,
elles peuvent être aliénées, c’est-à-dire vendues, concédées ou louées, sous certaines
conditions légales. L’aliénation de ces biens vise principalement à favoriser la croissance
économique et à soutenir des initiatives publiques ou privées dans divers secteurs
stratégiques.

Un exemple clair de l’utilisation du domaine privé concerne les attributions de


terres aux entreprises agricoles, dans le cadre des politiques publiques visant à
encourager l’agriculture commerciale. Par exemple, le gouvernement gabonais a mis en
place des programmes d’attribution de terres pour les investissements agricoles, en
particulier dans le secteur de l’huile de palme, du cacao et du caoutchouc. Ces terres,
souvent issues du domaine privé, sont mises à disposition des investisseurs sous forme
de concessions foncières ou de baux à long terme, dans le but de renforcer la sécurité
alimentaire et d’accroître les exportations.
En outre, l’État peut céder des terres pour des projets d’infrastructure
(construction d’usines, zones industrielles) ou pour l’implantation de projets immobiliers
privés, dans un souci d’aménagement du territoire et de développement urbain.
Toutefois, ces cessions sont soumises à un contrôle strict afin de prévenir les abus et les
accaparements de terres qui pourraient nuire à l’intérêt public.

Ainsi, le domaine privé de l’État sert de levier pour stimuler l’économie nationale
tout en assurant une gestion rigoureuse des ressources foncières.

Cependant, des mécanismes de régulation sont essentiels pour éviter les dérives, telles
que la spéculation foncière ou l’accaparement des terres, qui pourraient déstabiliser les
équilibres sociaux et économiques.

II - La gestion des terres : Institutions et mécanismes

Voici une version enrichie de la section sur les institutions en charge de la gestion
foncière, avec des exemples et des détails supplémentaires :

A - Les institutions en charge de la gestion foncière

La gestion foncière au Gabon repose sur plusieurs institutions clés, chacune ayant
un rôle spécifique pour garantir une organisation efficace et transparente de la
distribution des terres et la sécurisation des droits fonciers. Ces institutions jouent un
rôle central dans la mise en œuvre des politiques foncières du pays, en particulier dans le
cadre de la modernisation du système de gestion foncière et de l’adaptation aux défis
socio-économiques actuels.
1. L’Agence Nationale de l’Urbanisme, des Travaux Topographiques
et du Cadastre (ANUTTC)

L’ANUTTC est l’une des principales institutions responsables de l’organisation


foncière au Gabon. Sa mission est de garantir la planification urbaine et rurale, ainsi que
la gestion cadastrale, qui sont essentielles pour assurer une distribution rationnelle des
terres et éviter les conflits fonciers.

• Planification urbaine et rurale : L’ANUTTC joue un rôle majeur dans


l’élaboration des plans d’urbanisme pour les zones urbaines et rurales, afin de répondre
aux besoins de développement du pays tout en respectant les contraintes
environnementales et sociales. Cela comprend l’approbation des projets d’aménagement
urbain, le développement de nouvelles zones résidentielles et commerciales, ainsi que la
régulation des extensions urbaines. Par exemple, le développement de Libreville, la
capitale, nécessite une planification minutieuse pour gérer l’urbanisation rapide et
prévenir l’étalement urbain non maîtrisé. Cette planification permet également
d’intégrer des politiques de développement durable dans les nouveaux projets urbains.

• Gestion cadastrale : L’ANUTTC a pour mission d’assurer le bornage des terrains,


c’est-à-dire la délimitation officielle des parcelles, ainsi que la gestion du cadastre, qui
consiste à maintenir des registres détaillés et à jour des titres fonciers. L’archivage et la
sécurisation des titres de propriété sont essentiels pour garantir la transparence des
transactions foncières et éviter les conflits de propriété. Grâce à l’ANUTTC, les
propriétaires peuvent obtenir des titres fonciers officiels qui les protègent contre les
contestations de la part de tiers et assurent la reconnaissance de leurs droits fonciers
dans tout le pays. Cela permet également de lutter contre les fraudes foncières, comme
les faux documents de propriété, et renforce la sécurité juridique des transactions
foncières.

2. Les services déconcentrés et la Commission nationale

Les services déconcentrés et la Commission nationale sont des institutions


essentielles pour assurer la mise en œuvre locale des politiques foncières et la résolution
des litiges fonciers à l’échelle régionale. Ces entités permettent une gestion plus proche
des réalités du terrain et garantissent que les décisions prises au niveau central sont
appliquées de manière cohérente dans toutes les régions du pays.
• Les services déconcentrés : Ces services, présents dans les différentes provinces et
régions du Gabon, ont pour rôle de mettre en œuvre les politiques foncières décidées au
niveau national. Ils sont responsables de la délivrance des permis de construire, de la
gestion des titres fonciers et du suivi des attributions de terres dans les zones locales. Les
services déconcentrés jouent également un rôle clé dans l’information et la
sensibilisation des populations locales sur les lois foncières, notamment en ce qui
concerne les droits coutumiers et les normes environnementales liées à l’exploitation des
terres.

• La Commission nationale : La Commission nationale est une instance consultative


qui coordonne les actions des différents acteurs impliqués dans la gestion foncière. Elle
joue un rôle essentiel dans la résolution des litiges fonciers, qui peuvent survenir lorsque
des conflits de propriété ou des désaccords sur l’utilisation des terres éclatent. La
Commission est chargée de régler ces conflits, souvent en prenant en compte les
spécificités coutumières tout en intégrant les normes juridiques modernes. Par exemple,
dans certaines zones rurales où les droits coutumiers jouent un rôle majeur, la
Commission peut intervenir pour trouver des solutions conciliatrices entre les traditions
locales et les lois étatiques. Elle assure également un rôle de médiation entre les
autorités foncières et les communautés locales, pour garantir une répartition équitable
des terres et éviter les abus de pouvoir.

B - Les mécanismes d’attribution des terres

1. L’immatriculation foncière : Une garantie juridique pour sécuriser les propriétés


l’immatriculation consiste à inscrire les terres dans le registre foncier national, offrant
ainsi une preuve définitive de propriété. Cette étape est cruciale pour garantir :

•La sécurité juridique des transactions.

•La protection des propriétaires contre les contestations et les fraudes. Exemple :
Dans les zones agricoles comme celles de la Ngounié, l’immatriculation des terres a
permis de clarifier les titres des exploitants agricoles et d’encourager les investissements
à long terme. Selon un rapport de la FAO (2019) : « La formalisation des droits fonciers
réduit les conflits et stimule l’activité économique dans les secteurs agricoles et
industriels ».

2.La publicité foncière : La publicité foncière consiste à rendre publiques les


informations concernant les titres de propriété. Cela permet.

•De prévenir les fraudes et les transactions illégales.


•De rendre les droits de propriété opposables à tous, c’est-à-dire reconnus
légalement face à toute contestation. Exemple : Lorsqu’une parcelle est mise en vente,
les informations sur son titre foncier sont consultables, garantissant la transparence de
la transaction.

3.La délivrance du titre foncier : Le titre foncier est l’aboutissement du processus


d’immatriculation. Il constitue la preuve juridique irréfutable de la propriété d’un terrain.
Il offre plusieurs avantages :

•Sécuriser les investissements : Les investisseurs locaux et étrangers sont rassurés


par la stabilité juridique des titres.

•Protéger les propriétaires contre les expropriations abusives ou les litiges.


Exemple : Dans le cadre des projets industriels à Port-Gentil, la délivrance de titres
fonciers a permis d’attirer des entreprises et de créer des zones économiques
spécialisées.
Conclusion

En somme, l'organisation foncière au Gabon joue un rôle primordial dans la


régulation des droits de propriété et la gestion des terres. Le pays a mis en place des
textes qui ont survécu après l'indépendance sur lesquels repose la sécurité juridique des
transactions foncières en vue d'atteindre ses objectifs de développement socio-
économique. La distinction entre les différents types de terres permet une gestion
efficace et claire des ressources. De plus les institutions chargées de l'organisation
foncière, ainsi que des processus d'attribution transparents, sont cruciaux pour assurer
une distribution équitable des terres…

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