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Cours Analyse Complexe

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RÉPUBLIQUE ALGÉRIENNE DÉMOCRATIQUE ET POPULAIRE

MINISTÈRE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA


RECHERCHE SCIENTIFIQUE

UNIVERSITÉ CONSTANTINE -1- (FRÈRES MENTOURI)


FACULTÉ DES SCIENCES EXACTES
DÉPARTEMENT DE MATHÉMATIQUES

Analyse Complexe Cours et Exercices


Corrigés

Préparé par : Meddour Lotfi

2023 / 2024
Table des matières

0.1 Introduction générale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3

Chapitre 1 : Le corps des nombres complexes et sa topologie 4


1.1 La notion algébrique des nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Forme polaire des nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Formule de De Moivre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.4 Exponentielle d’un nombre complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.5 Racines d’un nombre complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.6 Propriétés topologiques de C . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.7 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.8 Solutions des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.9 Exercices supplémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

Chapitre 2 : Les fonctions complexes d’une variable complexe 22


2.1 Définition de la fonction de la variable complexe . . . . . . . . . . . . . . . 22
2.2 Limite d’une fonction d’une variable complexe . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.3 L’infini en analyse complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.4 Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2.5 Fonctions holomorphes, fonctions analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.6 Conditions de Cauchy-Riemann . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.7 Fonctions harmoniques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
2.8 Points singuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.9 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.10 Solutions des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
2.11 Exercices supplémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49

Chapitre 3 : Fonctions élémentaires 50


3.1 Fonction exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.2 Fonction logarithme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.3 Fonctions trigonométriques et hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

1
TABLE DES MATIÈRES Dr. Lotfi Meddour

3.4 Fonctions puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55


3.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
3.6 Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
3.7 Exercices supplémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64

Chapitre 4 : Intégration complexe 66


4.1 Chemins dans le plan complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
4.2 Intégration le long d’un chemin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
4.3 Théorème de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
4.4 Primitives et intégration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
4.5 Formule intégrale de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
4.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80
4.7 Solutions des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
4.8 Exercices supplémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86

Chapitre 5 : Développement en série Taylor et en série de Laurent 88


5.1 Suites et séries de nombres complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
5.2 Développement en séries de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
5.3 Développement en série de Laurent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
5.4 Singularité isolées d’une fonction complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
5.5 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
5.6 Solutions des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
5.7 Exercices supplémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98

Chapitre 6 : Théorème des résidus et ses applications 99


6.1 Calcul des résidus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
6.2 Applications au Intégrales de fractions rationnelles trigonométriques . . . . 101
6.3 Principe de l’argument . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
6.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
6.5 Solutions des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
6.6 Exercices supplémentaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110

2
0.1. INTRODUCTION GÉNÉRALE Dr. Lotfi Meddour

0.1 Introduction générale


Ce présent polycopié a été spécialement conçu en tenant compte du système LMD
(Licence-Master-Doctorat). Il intègre les aspects pédagogiques spécifiques du système
LMD pour offrir aux étudiants une ressource adaptée à leur programme d’études. Les
contenus, les exemples, les exercices et les méthodes d’enseignement sont élaborés en
considérant les attentes et les exigences du système LMD, afin d’assurer une progression
cohérente dans l’apprentissage du calcul différentiel et intégral des fonctions complexes.
L’objectif est d’accompagner les étudiants dans leur parcours universitaire en fournissant
un support didactique en adéquation avec les normes et les objectifs du système LMD. Ce
polycopié contient le cours d’analyse complexe que j’ai enseigné ces dernières années en
troisième année de licence en mathématiques. Ce cours porte sur l’analyse approfondie du
calcul différentiel et intégral, en se focalisant spécifiquement sur les fonctions complexes
d’une variable complexe. Il constitue une introduction à ce sujet, où l’on présente tout
d’abord les propriétés des nombres complexes et leur extension aux fonctions complexes
par rapport aux fonctions élémentaires d’une variable réelle. Ensuite, nous développons le
calcul différentiel et intégral des fonctions complexes, en examinant les propriétés supplé-
mentaires découlant de ces opérations. Enfin, le cours aborde quelques applications des
fonctions complexes, notamment dans le contexte des séries et des intégrales de Fourier.
L’objectif de ce polycopié est de faire enrichir les connaissances des étudiants en analyse
complexe qui forment un des piliers dans la formation en mathématique de la licence. Le
polycopié est soutenu par d’exercices nécessaires afin d’obtenir une meilleure compréhen-
sion du cours. Nous avons également ajouté des exercices supplémentaires pour motiver
les étudiants à rechercher et à compter sur eux-mêmes pour résoudre des problèmes ma-
thématiques. Dans ce polycopié, nous mettons également l’accent sur la mise en évidence
des écueils auxquels chacun peut être confronté, que ce soit par manque d’attention ou
par une compréhension insuffisante des concepts enseignés. Nous soulignerons les points
sensibles et les erreurs antes afin de permettre aux étudiants de développer une maîtrise
solide du sujet. L’objectif est de favoriser une compréhension approfondie et d’éviter les
pièges potentiels lors de l’application des principes et des techniques du calcul différentiel
et intégral des fonctions complexes.

3
CHAPITRE 1
LE CORPS DES NOMBRES COMPLEXES ET SA
TOPOLOGIE

1.1 La notion algébrique des nombres complexes


Les nombres réels IR permettent de résoudre l’équations x2 = a ; a ∈ IR mais pas
toutes, on ne peut par exemple y obtenir une solution de l´equation x2 +1 = 0.Pour donner
des solutions à cette équation et à des équations semblables, on introduit un ensemble
plus grand que celui des nombres réels. On appelle cet ensemble les nombres complexes,
on noté par C.
On peut définir un nombre complexe comme un vecteur du plan IR2 muni de sa base
canonique. Chaque nombre complexe est donc représenté par un couple (a, b) de nombre
réels. L’addition correspond à celle des vecteurs, c’est-à-dire l’addition des coordonnées
terme à terme :
(a, b) + (c, d) = (a + c, b + d).

La multiplication est définie par :

(a, b) × (c, d) = (ac − bd, ad + bc).

L’ensemble des réels s’identifie avec la droite IR× {0} et l’élément i est le deuxième vecteur
de base (0, 1). Le module d’un nombre complexe correspond enfin à la norme euclidienne
du vecteur associé et l’argument est une mesure de l’angle formé par le vecteur associé avec
le premier vecteur de base. Cette définition présente l’avantage de la simplicité, puisqu’elle
exige peu de prérequis mathématiques. Elle est en outre adaptée à des nombres complexes.

4
1.2. FORME POLAIRE DES NOMBRES COMPLEXES Dr. Lotfi Meddour

Alors z s’écrit sous la forme dite algébrique :

z = (x, y) = (x, 0) + (0, y) = x (1, 0) + y (0, 1) = x + yi.

on a :
i2 = (0, 1) × (0, 1) = (−1, 0) = −1

• i est appelée le nombre imaginaire.


• x = Re(z) est appelée la partie réelle de z.
• y = Im(z) est appelée la partie imaginaire de z.
• Si x = Re(z) = 0 alors z = iy = iIm(z) est un imaginaire pure.
• Si y = Im(z) = 0 alors z = x = Re(z) est un réel.
• (x1 + iy1 ) = (x2 + iy2 ) si et seulement si x1 = x2 et y1 = y2 .
• z = x + yi = 0 si et seulement si x = 0 et y = 0.
• z1 + z2 = (x1 + iy1 ) + (x2 + iy2 ) = (x1 + x2 ) + i(y1 + y2 ).
• z1 − z2 = (x1 + iy1 ) − (x2 + iy2 ) = (x1 − x2 ) + i(y1 − y2 ).
• (x + yi)(a + bi) = xa − yb + (xb + ya)i.
• z = x + iy = x − iy est le complexe conjugué de z.

Remarque 1.1. Soient z et w deux nombres complexes. On a les propriétés suivantes :


(1) z + w = z + w (2) zw = zw (3) z = z (4) z + z = 2Re(z) (5) z − z = 2Im(z)i

1.2 Forme polaire des nombres complexes


Module d’un nombre complexe

Définition 1.1. La valeur absolue ou le module d’un nombre complexe z = x + i y est la


quantité positive :
p
|z| = x2 + y 2
√ √ √
Exemple 1.1. • |3 + 4i| = 32 + 42 = 9 + 16 = 25 = 5
q √ √
• |−5i| = 02 + (−5)2 = 0 + 25 = 25 = 5 (en général |ai| = |a| , a ∈ R)

Propriétés
Si z et w sont deux nombres complexes, on a les propriétés suivantes :
(1) |zw| = |z| |w|.
|z|
(2) z
w
= |w|
;w ̸= 0.
(3) |z| = |z|.

5
1.2. FORME POLAIRE DES NOMBRES COMPLEXES Dr. Lotfi Meddour

(4) zz = |z|2 .
(5) |z + w| ≤ |z| + |w| (Inégalité triangulaire),
(6) |z − w| ≥ |z| − |w|.
(7) ||z| − |w|| ≤ |z − w|.
(8) |z| = 0 ⇔ z = 0.
(9) z ∈ R ⇔ z = z.
(10) |Re(z)| ≤ |z| et |Im(z)| ≤ |z|.
Argument d’un nombre complexe
Un nombre complexe z = x + iy pouvant être considéré comme un couple ordonné
de nombres réels, nous pouvons représenter de tels nombres par des points d’un plan des
xy appelé plan complexe (aussi appelé plan d’Argand, plan d’Argand-Cauchy ou plan
d’Argand-Gauss). On peut les visualiser en traçant un point avec les coordonnées (x; y)
dans le plan pour un nombre complexe z = x + iy .

Figure 1.1

L’angle θ s’appelle l’argument du nombre complexe, notation : argz = θ. L’argument


est défini de manière ambiguë, il est défini à un multiple de 2π près. Par exemple l’argu-
ment de −1 pourrait être π, ou −π, ou 3π, etc,... En général, on dit arg(−1) = π + 2kπ,
où k peut être un entier quelconque.
L’argument de z possède une infinité de valeurs possibles, cependant il y a une valeur
unique de θ dans l’intervalle ]−π, π], cette valeur est appelée l’argument principal de z et
on la note Argz.
Évidement argz = Argz + 2kπ ; k ∈ Z. Pour trouver Argz on doit résoudre les
équations : cosθ = x
|z|
et sinθ = y
|z|
, avec θ ∈ ]−π, π] .

Définition 1.2. La forme polaire (trigonométrique) du nombre complexe z = x + iy , de


module r et argument θ est donnée par :

z = |z| (cosθ + isinθ) = r (cosθ + isinθ)

6
1.3. FORMULE DE DE MOIVRE Dr. Lotfi Meddour

√ √ √
Exemple 1.2. Le module de z = 1 + i est |z| = 2, et on a cosθ = 2
2
et sinθ = 2
2
.
Donc Argz = π4 ; argz = π
4
+ 2kπ ;k ∈ Z. Alors la forme trigonométrique donné par :

z = 2 cos π4 + isin π4 .


Proposition 1.1. arg(zw) = arg z + arg w

Démonstration. Pour deux angles θ et φ, on peut multiplier z = cosθ + i sin θ et w =


cosφ + i sin φ. Le produit zw est un nombre complexe de valeur absolue 1.

zw = (cosθ + i sin θ) (cosφ + i sin φ)

zw = cosθcosφ − sin θ sin φ + i (cosφ sin θ + cosθ sin φ)

d’aprés les formules d’addition pour Sinus et Cosinus :

zw = cos (θ + φ) + i sin (θ + φ)

de sorte que :
arg(zw) = θ + φ = arg z + arg w

1.3 Formule de De Moivre


Pour tout nombre complexe , l’argument de son carré est :

arg(z 2 ) = arg(z.z) = arg z + arg z = 2 arg z.

L’argument de son cube est :

arg z 3 = arg(z.z 2 ) = arg z + arg z 2 = arg z + 2 arg z = 3 arg z.

En continuant comme ça ( par récurrence sur G), on obtient :

arg(z n ) = n arg z, pour tout entier n.

En appliquant ceci z = cosθ + i sin θ, vous trouvez que z n est un nombre complexe de
valeur absolue 1; et l’argument n arg z = nθ. D’où z n = cos nθ + i sin nθ. Nous avons donc
trouvé :
(cosθ + i sin θ)n = cos nθ + i sin nθ

7
1.4. EXPONENTIELLE D’UN NOMBRE COMPLEXE Dr. Lotfi Meddour

C’est la formule de de Moivre.

1.4 Exponentielle d’un nombre complexe


La formule d’Euler pour θ ∈ R est défini par :

eiθ = cos θ + i sin θ

Nous donnons enfin une définition de ez pour z = x + yi ∈ C par :

ez = ex+yi = ex eiy = ex (cos y + i sin y)

Propriétés
Pour tout θ ; θ1 ; θ2 ∈ R.
(1) eiθ1 ·eiθ2 = ei(θ1 +θ2 ) .
(2) 1/eiθ = e−iθ = eiθ .
(3) ei(θ+2kπ) = eiθ .
eiθ +e−iθ
(4) cosθ = 2
.
iθ −iθ
(5) sin θ = e −e
2i
.
(6) einθ = cosnθ + isinnθ.

Exemple 1.3. Voici quelques nombres complexes fondamentaux et leurs formes exponen-
tielle :
(1) 1 = ei0 = ei2π .
(2) −1 = eiπ .
π
(3) i = ei 2 .
π
(4) −i = e−i 2 .
√ π
(5) 1 ± i = 2e±i 4 .

Exemple 1.4. Calculons w = (1 + i 3)15 ;
√ π π 15 15π
On a : 1 + i 3 = 2ei 3 , donc w = 2ei 3 = 215 ei 3 = 215 ei5π = 215 eiπ = −215 .

1.5 Racines d’un nombre complexe


Un nombre z est appelé racine nième d’un nombre complexe a + ib = r (cosθ + isinθ)
si z n = a + ib, et nous écrivons :

1 1 1
z = (a + ib) n = r n (cosθ + i sin θ) n ,

8
1.6. PROPRIÉTÉS TOPOLOGIQUES DE C Dr. Lotfi Meddour

D’aprés la formule de Moivre, les racines nième de a + ib sont alors


    
1 θ + 2kπ θ + 2kπ
zk = r n cos + i sin ; k = 0, 1, 2, ..., (n − 1).
n n

Ou
1 1 θ + 2kπ
zk = (a + ib) n = |z| n exp(i ); k = 0, 1, 2, ..., (n − 1).
n
D’où il résulte qu’il y a n racines différentes de a + ib pourvu que a + ib ̸= 0. Les solutions
zk forment toujours un polygone régulier à n côtés.

Exemple 1.5. Trouver la racine 4 − ième de w = 1. Nous devons résoudre z 4 = 1.


Commencez par écrire 1 sous forme polaire,

1 = 1ei0 = e2kπi ; (k = 0, ±1, ±2, ...)

Alors la 4 − ième est donner par :

2kπ
zk = exp(i ); k = 0, 1, 2, 3.
4

Les quatres racines sont :

π 3π
z0 = exp(i0) = 1; z1 = exp(i ) = i; z2 = exp(iπ) = −1; z3 = exp(i ) = −i.
2 2

1.6 Propriétés topologiques de C


Dans cette section, nous rappelons quelques faits concernant des ensembles de nombres
complexes, ou points dans le plan, et leur proximité les uns aux autres.
— Métrique sur C : La distance entre deux nombres complexes z1 = x1 + iy1 et
z2 = x2 + iy2 :
q
d(z1 ; z2 ) = |z1 − z2 | = (x1 − x2 )2 + (y1 − y2 )2 .

(C; |·|) est un espace métrique complet (espace de Banach).


L’ensemble des points sur un cercle de centre a et de rayon r est définie par :

C(a; r) = {z ∈ C : |z − a| = r} .

L’ensemble des points définis par |z − z0 | ≤ r est un disque de centre z0 et de rayon

9
1.6. PROPRIÉTÉS TOPOLOGIQUES DE C Dr. Lotfi Meddour

r, ces points peuvent être soit sur le cercle |z − z0 | = r ou dans le cercle. Un disque
pointé, 0 < |z − z0 | < r est composé de tous les points dans un r−voisinage de z0
à l’exception du point z0 lui-même.
— Ensembles ouverts : Un ensemble E de C est dit ouvert si chaque point z de
E peut être entouré par un disque ouvert centré en ce point et tous les points du
disque sont contenus dans E. Un ensemble F ⊂ C est dit fermé dans C si son
complémentaire C\F est un ouvert de C.
— Voisinage : Une partie V de C est un voisinage de z0 si V contient un disque
ouvert de centre z0 et de rayon ϵ.
— Points intérieur et point extérieur : Un point z0 est dit point intérieur d’un
ensemble E lorsqu’il existe un voisinage de z0 ne contenant que des points de E. z0
est appelé point extérieur de E lorsqu’il existe un voisinage de celui-ci ne contenant
aucun point de E. Si z0 n’est ni l’un ni l’autre, c’est un point frontière de E. Ainsi,
un point frontière est un point dont tous les voisinages contiennent au moins un
point de E et au moins un point qui n’est pas de E. La totalité de tous les points
frontières est appelée la frontière de E.
— Point d’accumulation : Un point z0 est dit point d’accumulation d’un ensemble
E si chaque voisinage pointé de z0 contient au moins un point de E.
— Adhérence d’un ensemble : Soit E ⊂ C alors l’ensemble E = E∪ ∂E est appelé
l’adhérence ou la fermeture de E.
— Ensemble borné : Un ensemble E ⊂ C est dit borné s’il existe M > 0 tel que
|z| < M pour tout z ∈ E.
— Ensembles compacts : Un ensemble qui est à la fois fermé et borné est appelé
compact.
— Ensemble connexe par arcs : Un ensemble ouvert E ⊂ C est dit connexe par
arcs si deux points quelconques peuvent être reliés par un chemin qui se trouve
entièrement dans E.
— Ensemble connexe : Un ensemble ouvert E ⊂ C est dit connexe s’il ne peut être
pas la réunion de deux ouverts disjoints non vides (il n’admet aucune partition par
deux ouvert non vides).
Toute partie de C connexe par arcs est connexe.
— Domaine : Un ensemble D ⊂ C qui est non vide, ouvert et connexe est appelé un
domaine ou bien une région ouverte. D est un domaine si et seulement s’il n’est
pas la réunion de deux ouverts non vides et disjoints.

10
1.7. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

1.7 Exercices
Exercice 1.1
Trouver la partie réelle et imaginaire des nombres complexes suivants :
 √ 3  5 3
1−i 3
(a) 1−i
1
, (b) 1+i , (c) 12 − 23 i , (d) ii19+2 , (e) 2α+(α
1+αi

+1 2 −1)i ; α ∈ R.

Exercice 1.2
Soient z = 1 + 2i et w = 3 − i, représenter les nombres suivants sous la forme a + ib.
(a) 2z + 5w (b) iz + 3w (c) z 3 + (w2 )
(d) Re(z 2 + iz) + Im(w2 + w) (e) z 2 + z + i (f) z
w
+ w
z

Exercice 1.3
Trouver le module et l’argument principal des nombres complexes suivants :
a) z = 4 + 3i, b) z = −cos π5 + isin π5 , c) z = cosθ − isinθ; π < θ < 3π
2
.
Exercice 1.4
Représenter les ensembles des points suivants dans le plan complexe.
a) {z ∈ C/ |z − 3i| ≤ |z − 3|} ; b){z ∈ C/ |z − i| < 3} ;
c) {z ∈ C/ |z − i| > 3} ; d) {z ∈ C/ Rez − Imz < 1} .
Exercice 1.5
Résoudre dans C, les équations suivantes :
a) 2z + iz = 3.
b)z 4 − i = 0.
c)i(eiz )2 − eiz − i = 0.
Exercice 1.6
On considère la fonction f de C dans C définie par

z−2
∀z ∈ C, z ̸= −i; f (z) = .
z+i

Déterminer l’ensemble des points tels que f (z) ∈ R, puis déterminer l’ensemble des
points tels que f (z) ∈ iR.
Exercice 1.7
Soit θ ∈ R et considérons un nombre complexe :

z = cos2 (θ) + isin(θ)cos(θ).

1) Déterminer θ tel que z = 0.


2) Si z ̸= 0 ; calculer z −1 en fonction de θ.
Exercice 1.8

11
1.7. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Soient λn la racine primitive nième de l’unité et k ∈ N. Calculer

S = 1 + λkn + λ2k (n−1)k


n + ... + λn .

12
1.8. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

1.8 Solutions des exercices


Solution 1.1
Déterminons la partie réelle et imaginaire des nombres complexes :
On a si : z = a + bi alors Re(z) = a et Im(z) = b.
(a) 1 1+i
= (1−i)(1+i)
1−i
= 1+i
2
= 12 + 12 i.
3  (1−i)2 3 3
(b) 1−i
1+i
= (1+i)(1−i) = −2i 2
= (−i)3 = i
 √ 3
(c) 12 − 23 i = −1
 5 3
(d) ii19+2
+1
= − 134
− 94 i
(e) 1+αi
2α+(α2 −1)i
= 1
iα2 +2α−i
α
+ i iα2 +2α−i ; α ∈ R.
Solution 1.2
Soient z = 1 + 2i et w = 3 − i, représenter les nombres suivants sous la forme a + ib.
(a) 2z + 5w = 2 (1 + 2i) + 5 (3 − i) = 17 − i.
(b) iz + 3w = i (1 + 2i) + 3 (3 − i) = 7 − 2i.
(c) z 3 + (w2 ) = (1 + 2i)3 + ((3 − i)2 ) = (−11 − 2i ) + (8 + 6i) = −3 + 4i.
(d) Re(z 2 + iz) + Im(w2 + w) = Re(−5 + 5i) + Im( 11 − 7i ) = −5 − 7i .
(e) z 2 + z + i = (1 + 2i)2 + (1 + 2i) + i = −2 + 7i.
(f) z
w
+ w
z
= 1+2i
3−i
+ 3−i
1+2i
= 3
10
− 7
10
i.
Solution 1.3
Le module ou la valeur absolue d’un nombre complexe a + ib est définie par :


r = |a + ib| = a2 + b 2

L’argument principale d’un nombre complexe non nul a+ib est l’angle θ ∈]−π; π]définie
par :
a b
cosθ = et sin θ =
r r

a) z = 2 + 2 3i

r  √ 2
r = 2 + 2 3i = 22 + 2 3 = 4,
√ √
2 1 2 3 3
cosθ = = ; sinθ = = ,
4 2 4 2
alors l’argument principale θ = π3 Rad
b) z = −cos π5 + isin π5 ,
r
π π π 2  π 2
r = −cos + isin = −cos + sin
5 5 5 5

13
1.8. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

r
π 2  π 2
= cos + sin = 1.
5 5
−cos π5 π  π 4π
cosθ = = −cos = − = cos π − = − = cos
1 5 5 5
π
sin 5 π  π  4π
sinθ = = sin = sin π − = sin
1 5 5 5
d’où l’argument principale θ = 4π
5
Rad.
c) z = cosθ − isinθ; π < θ < 3π
2
.

p
r = |cosθ − isinθ| = (cosθ)2 + (−sinθ)2 ,

p
= (cosθ)2 + (sinθ)2 = 1,
cosθ
cosφ = = cosθ = cos(−θ) = cos(2π − θ),
1
sinθ
sinφ = = sinθ = sin(−θ) = sin(2π − θ).
1
On a ajouté 2π à −θ pour que φ soit dans l’intervalle ] − π; π] ; alors l’argument
principale de z est φ = 2π − θ.
Solution 1.4
Représenter les ensembles des points suivants dans le plan complexe.

a) {z ∈ C/ |z − 3i| ≤ |z − 3|}

Si z = x + iy, l’inégalité |z − 3i| ≤ |z − 3| devient alors, en prenant le carré de deux


membres
x2 + (y − 3)2 ≤ (x − 3)2 + y 2 ,


−6y ≤ −6x,

D’où
y − x ≥ 0.

L’ensemble |z − 3i| ≤ |z − 3| est donc la partie dessus de la droite y − x = 0,


la droite y comprise. Dans la figure ci-dessous, c’est la partie hachurée

b){z ∈ C/ |z − i| < 3}
L’ensemble {z ∈ C/ |z − i| < 3} est un disque de centre z0 = i ≡ (0; 1) et de rayon
r = 3, le cercle |z − i| = 3 non compris. Voir la figure 1.3
c) {z ∈ C/ |z − i| > 3}

14
1.8. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Figure 1.2

Figure 1.3

L’ensemble {z ∈ C/ |z − i| > 3} est l’extéerieur ducercle de centre z0 = i ≡ (0; 1) et


de rayon r = 3, le cercle non compris. C’est la partie hachurée dans la figure 1.4

Figure 1.4

d) {z ∈ C/ Rez − Imz < 1}


L’ensemble {z ∈ C/ Rez − Imz < 1} s’écrit sous forme x − y < 1 ou y − x + 1 > 0 :
C’est la partie dessus de la droite y − x + 1 = 0, la droite non comprise. Voir la partie
hachur´ee dans la figure ci-dessous :
Solution 1.5
Résoudre dans C, les équations suivantes :
a) 2z + iz = 3

15
1.8. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Figure 1.5

Soient z = x + iy et z = x − iy, alors l’équation 2z + iz = 3 devient :

2x + 2iy + ix + y = 3,

⇒ 2x + y + i(2y + x) = 3

Par identification, on a : 
 2x + y = 3,
 2y + x = 0,

alors 
 x = 2,
 y = −1.

d’où z = 2 − i.
b)z 4 − i = 0
La résolution de l’équation se ramène au calcul de la racine quatrième du nombre
complexe i. Les racines sont données, pour k = 0, 1, 2, 3, par
 
π/2 + 2kπ π/2 + 2kπ
wk = cos + isin
4 4

Par conséquent,
π π
w0 = cos + isin ,
8 8
5π 5π
w1 = cos + isin ,
8 8

16
1.8. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

9π 9π
w2 = cos + isin ,
8 8
13π 13π
w3 = cos + isin .
8 8
c)i(eiz )2 − eiz − i = 0
On pose X = eiz et on obtient

iX 2 − X − i = 0, X ∈ C.

On calcule le discriminent ∆ = 1 − 4i(−i) = −3 = 3i2 . Les solution sont données par


√ √
1−i 3 1+i 3
X1 = et X2 = .
2i 2i

alors √ √
−i − 3 −i + 3
X1 = et X2 = .
2 2
La résolution en terme de la variable z donne :
√ ! √ !
1 −i − 3 1 −i + 3
z1 = ln et z2 = ln .
i 2 i 2

Solution 1.6
Nous allons essayer d’écrire f sous sa forme algébrique. Pour cela, on pose z = x + iy
avec x; y ∈ R. Ainsi, nous obtenons, pour z ̸= −i,

z−2 x + iy − 2 x − 2 + iy
f (z) = = =
z+i x + iy + i x + i (y + 1)

En multipliant par le conjugué du dénominateur, on obtient

(x − 2 + iy) (x − i (y + 1))
f (z) =
x2 + (y + 1)2

Après calcul, nous aurons

x2 − 2x + y 2 + y 2y − x + 2
Re(f (z)) = 2 et Im(f (z)) =
x2 + (y + 1) x2 + (y + 1)2

Dans ce cas, l’ensemble des points vérifiant f (z) ∈ R implique forcement

2y − x + 2 = 0

17
1.8. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Par conséquent, l’ensemble des points est la droite y = 12 x − 1 privée du point (0; −1).
L’ensemble des points tel que f (z) ∈ iR vérifie :

x2 − 2x + y 2 + y = 0

Cette équation doit être réécrite comme suite

1 1
x2 − 2x + 1 + y 2 + y + =1+
4 4

Ce qui donne l’équation du cercle privée du point (0; −1) suivante (centre (1; −0 : 5)
et du rayon 14 )
 2
2 1 5
(x − 1) + y + = .
2 4
Solution 1.7
1/ Déterminons θ tel que z = 0, c’est-à-dire,

cos2 (θ) + isin(θ)cos(θ) = 0.

Autrement dit,
(cos(θ) + isin(θ)) cos(θ) = 0.

Puisque cos(θ) + isin(θ = eiθ ̸= 0, alors

π
cos(θ) = 0 =⇒ θ = + kπ; k ∈ Z.
2

2/ Si z ̸= 0 ; calculant z −1 . On a

−1 e−iθ
z −1 = cos(θ)eiθ = = 1 − i tan (θ)
cos(θ)

Solution 1.8
Si z ̸= 1, On a

1 − zn
1 + z + z 2 + ... + z n−1 = .
1−z
Pour z = λkn , on obtient :

S = 1 + λkn + λ2k (n−1)k


n + ... + λn = 0.

18
1.8. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Et pour z = λkn , on obtient :

′ (n−1) (n−1)k 1 + (−1)n


S = 1 − λkn + λ2k
n + ... + (−1) λn = .
1 + λkn

19
1.9. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRE Dr. Lotfi Meddour

1.9 Exercices supplémentaire


Exercice 1.1
Trouver les parties réelles et imaginaires de chacun des nombres complexes suivants :
√ √
(a) z−2
z+2
(b) 2+5i
4+2i
(c) ( 3 + i)6 (d) (1 + i 3)6 (e) (1 + i)n ; n ∈ N
Exercice 1.2
Calculer le module et l’argument de chacun des nombres complexes suivants :
√ √
(a) u = 12 ( 6 − i 2) (b) v = 1 − i (c) u6 .v 8 (d) u3 = v 4 .
Exercice 1.3
Trouver les solutions des équations suivantes :
(a) 2z 2 + 2z + 5 = 0 (b) 5z 2 + 4z + 1 = 0 (c) z 2 − z + 1 = 0
(d) z 2 − 2z + 5 = 0 (e) z 4 − z 2 − 2 = 0 (f) z 6 − z 3 − 2 = 0.
Exercice 1.4
Utiliser la formule de De Moivre pour montrer :
(a) cos(3x) = cos3 x − 3cosxsin2 x (b) sin(3x) = 3cos2 xsinx − sin3 x
(c) cos3 x = 43 cosx + 14 cos3x (d) sin3 x = 34 sinx − 14 sin3x.
Exercice 1.5
Faire des dessins des sous-ensembles du plan complexe C suivants :
(a) {z ∈ C\ |Re(z)| ≥ 1}.

(b) z ∈ C\ |z| ≤ 2 .


(c) {z ∈ C\ |Re(z)| ≥ 1} ∩ z ∈ C\z ≤ 2 .


(d) {z ∈ C\ |z − i| = 1} .
Exercice 1.6
Soit z un nombre complexe vérifiant |z| = 1 ; Montrer que :

π
....si...Img(z) > 0,
 
z−1 
2
Arg =
z+1  − π2 ....si...Img(z) < 0.

Exercice 1.7
1. Résoudre l’équation suivante :

z 4 − i = 0; z ∈ C.

2. Trouver les solutions de l’équation suivante :

ieiz − ie−iz = 1; z ∈ C.

20
1.9. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRE Dr. Lotfi Meddour

Exercice 1.8
Monter que pour tout z1 ; z2 ∈ C, on a

ez1 +z2 = ez1 ez2 .

Exercice 1.9
On considère les nombres complexes suivants

√ z1
z1 = 1 + i 3, z2 = 1 + i, z3 = .
z2

1) Écrire z3 sous forme algébrique.


2) Écrire z3 sous forme trigonométrique.
3) En déduire les valeurs exactes de cos(12π) et sin(12π).
Exercice 1.10
Calculer les sommes suivantes :
a) sinx + sin2x + ... + sinnx ;
b) cosx + cos2x + ... + cosnx.

21
CHAPITRE 2
LES FONCTIONS COMPLEXES D’UNE VARIABLE
COMPLEXE

Dans ce chapitre, nous allons introduire la notion d’une fonction d’une variable com-
plexe, à valeur complexe f (z) = f (x + iy) = u(x; y) + iv(x; y). Les propriétés des fonctions
continues de C vers C sont analogues à celles des fonctions continues de R vers R. La plu-
part de ces dernières admettent d’ailleurs une extension simple à des fonctions de C vers C.
La différence fondamentale entre l’analyse réelle et l’analyse complexe est que la géométrie
du plan complexe C est beaucoup plus riche que celle de la droite réelle R.

2.1 Définition de la fonction de la variable complexe


Définition 2.1. Soient A et B deux ensembles non vides dans C. Une fonction complexe
f de la variable complexe, définie sur A, est une correspondance qui attribue à chaque z
de A une ou plusieurs valeurs w ∈ B. Le nombre w s’appelle la valeur de f en z et est
noté f (z), c’est-à-dire, w = f (z). L’ensemble A s’appelle le domaine de définition de f .

Remarque 2.1. • Si une seule valeur de w correspond à chaque valeur de z on dira que
w est une fonction uniforme de z ou que f (z) est uniforme (univoque).
• Si plusieurs valeurs de w correspondent à chaque valeur de z, on dira que w est une
fonction multiforme de z (multivoques). Dans la théorie des variables complexes, nous
pouvons traiter une fonction multiforme comme une collection de fonctions univaluées.
Chacune de ces fonctions univaluée est appelée branche.

Exemple 2.1. Si n est un entier positif et si a0 , a1 ,a2 , . . . , an sont des constantes

22
2.2. LIMITE D’UNE FONCTION D’UNE VARIABLE COMPLEXEDr. Lotfi Meddour

complexes, où an ̸= 0, la fonction :

w = f (z) = a0 + a1 z + a2 z 2 + ... + an z n ,

est appelée fonction polynôme de degré n. Et à toute valeur de z il correspond une seule
valeur de w. Donc f est une fonction uniforme de z.

Exemple 2.2. Si l’on considère la fonction w = g(z) = z, à chaque valeur de z corres-
pondent deux valeurs de w. Donc g est une fonction multiforme de z.

Remarque 2.2. Si w = u + iv est la valeur de f au point z = x + iy, alors on peut


écrire :
w = f (z) = f (x + iy) = u(x; y) + iv(x; y)

Cela montre que toute fonction complexe f (z) d’une variable complexe z = x + iy est
équivalente à une paire de deux fonctions à valeurs réelles u et v des variables réelles x et
y, cette expression s’appelle forme algébrique de f .
En coordonnées polaires, si z = reiθ , nous avons f (z) = f (reiθ ) = u(r; θ) + iv(r; θ),
cette expression s’appelle forme polaire de f .

Exemple 2.3. Si f (z) = z 3 + z + 1, alors

f (x + iy) = (x + iy)3 + (x + iy) + 1 = (x3 − 3xy 2 + x + 1) + i(3x2 y − y 3 + y),

Donc
u(x; y) = x3 − 3xy 2 + x + 1 et v(x; y) = 3x2 y − y 3 + y.

Exemple 2.4. Si f (z) = z 2 on utilise la forme polaire de z, on obtient :

f (z) = f (reiθ ) = (reiθ )2 = r2 ei2θ = r2 cos(2θ) + ir2 sin(2θ),

Donc
u(r; θ) = r2 cos(2θ) et v(r; θ) = r2 sin(2θ).

2.2 Limite d’une fonction d’une variable complexe


Soit f une fonction complexe à une variable complexe z, définie dans un voisinage de
z0 sauf peut être en z0 , c’est-à-dire définie dans un disque ouvert pointé de z0 .

23
2.2. LIMITE D’UNE FONCTION D’UNE VARIABLE COMPLEXEDr. Lotfi Meddour

Définition 2.2. On dit que f admet une limite l quand z tend vers z0 , et on note
lim f (z) = l, si
z→z0

∀ε > 0; ∃δ > 0 tel que 0 < |z − z0 | < δ =⇒ |f (z) − l| < ε.

Remarque 2.3. Le concept de limite d’une fonction complexe est similaire à celui d’une
fonction réelle dans le sens que lim f (z) = l signifie que la valeur f (z) de la fonction
z→z0
complexe f peut être rendue arbitrairement proche du nombre complexe l si les valeurs de
z sont choisis suffisamment proche de z0 , mais différents de ce dernier. Bien que similaire.
Dans R, il y a seulement deux directions d’approches vers x0 , limite à gauche et limite
à droite. Cependant dans le cas complexe, il y a une infinité de directions où z peut
approcher z0 . Pour qu’une limite complexe existe, elle doit être la même pour n’importe
qu’elle direction d’approche. Ainsi pour prouver que f n’admet pas de limite en un point,
il suffit de trouver deux directions d’approches de ce point donnant deux limites différentes

Exemple 2.5. Montrer par définition que lim z 2 = −4.


z−→2i
Pour le prouver, on doit montrer que ε > 0 étant donné on peut trouver δ (dépendant
engénéral de ε) tel que : |z 2 + 4| < ε pourvu que 0 < |z − 2i| < δ. On a:

z 2 + 4 = |(z − 2i) (z + 2i)|

z 2 + 4 = |z − 2i| |z − 2i + 4i|

z 2 + 4 ≤ |z − 2i| (|z − 2i| + |4i|)

z 2 + 4 < δ (δ + 4)

z 2 + 4 < δ 2 + 4δ

si on suppose que δ < 1, alors δ 2 < δ et pour ça

z 2 + 4 < δ 2 + 4δ < 5δ

si on suppose que ε > 5δ, alors δ < 51 ε alors. Choisissant δ ≤ min(1, 15 ε), nous avons alors
|z 2 + 4| < ε dés que 0 < |z − 2i| < δ, ce qui établit le résultat demandé.
2
Exemple 2.6. Montrer que la limite lim |z|
z
2 n’existe pas.
z−→0
Nous montrons que cette limite n’existe pas en déterminant deux manières différentes
2
de considérer l’approche de vers 0 qui donne des valeurs différentes pour lim |z|
z
2 . Soit
z−→0

24
2.2. LIMITE D’UNE FONCTION D’UNE VARIABLE COMPLEXEDr. Lotfi Meddour

z = x + iy alors,
z2 x2 + 2ixy − y 2
lim = lim .
z−→0 |z|2 z−→0 x2 + y 2
Pour y = 0 et x −→ 0, la limite cherchée est :

z2 x2
lim = lim = 1.
z−→0 |z|2 x−→0 x2

Pour x = 0 et y −→ 0, la limite cherchée est :

z2 −y 2
lim = lim = −1.
z−→0 |z|2 y−→0 y 2

On a trouvé deux directions d’approche du point z0 = 0, telles que la fonction ne tend pas
vers la même limite, ce qui prouve que f n’admet pas de limite en z0 = 0, nous concluons
2
que lim |z|
z
2 n’existe pas.
z−→0

Proposition 2.1. Soient f (z) = f (x+iy) = u(x; y)+iv(x; y) et z0 = x0 +iy0 , w0 = u0 +iv0


alors
   
lim f (z) = w0 ⇔ lim u(x; y) = u0 et lim v(x; y) = v0 .
z→z0 (x,y)→(x0 ,y0 ) (x,y)→(x0 ,y0 )

Démonstration. La démonstration de cette proposition découle directement de les inéga-


lités suivantes :

|f (z) − w0 | = |(u(x; y) − u0 ) + (v(x; y) − v0 ) i| ≤ |u(x; y) − u0 | + |v(x; y) − v0 |

et
|u(x; y) − u0 | = |Re(f (z) − w0 )| ≤ |f (z) − w0 |

|v(x; y) − v0 | = |Im(f (z) − w0 )| ≤ |f (z) − w0 |

Remarque 2.4. Des règles similaires, comme dans le cas des limites de fonctions réelles,
seront valables dans le cas complexe

Proposition 2.2. Si lim f (z) = w0 et lim g(z) = w1 , alors


z→z0 z→z0
— lim [f (z) + g(z)] = w0 + w1 .
z→z0
— lim [f (z).g(z)] = w0 .w1 .
z→z0
— lim [f (z)/g(z)] = w0 /w1 , w1 ̸= 0.
z→z0

25
2.3. L’INFINI EN ANALYSE COMPLEXE Dr. Lotfi Meddour

— La limite d’un polynôme P (z) = a0 + a1 z + a2 z 2 + ... + an z n lorsque z s’approche


d’un point z0 est la valeur du polynôme en ce point. c’est-à-dire lim P (z) = P (z0 ).
z→z0

−z 4 2 +2z
Exemple 2.7. Calculer la limite suivante : lim (3+i)zz+1 .
z−→i

(3 + i)z 4 − z 2 + 2z lim (3 + i)z 4 − z 2 + 2z 4 + 3i 7 1


z−→i
lim = = = + i.
z−→i z+1 lim z + 1 1+i 2 2
z−→i

2.3 L’infini en analyse complexe


Le plan complexe avec le point à l’infini est appelé le plan complexe étendu.

C = C ∪ {∞} .

Par définition,
z → ∞ ssi |z| → +∞

Ainsi
1
z → ∞ ssi →0
z
et
1
Limf (z) = w0 ssi Limf ( ) = w0
z→∞ z→0 z
De plus,
1
Limf (z) = ∞ ssi Limf ( ) = 0
z→∞ z→0 z

2.4 Continuité
Les propriétés des fonctions continues de C vers C sont analogues à celles des fonctions
continues de R vers R. La plupart de ces dernières admettent une extension simple à des
fonctions de C vers C.

Proposition 2.3. Soit f une fonction complexe uniforme définie dans un voisinage de
z = z0 et en z0 . La fonction f est dite continue en z0 si lim f (z) = f (z0 ) .
z→z0
Une fonction f est dite continue dans une région du plan complexe si elle est continue
en tous les points de cette région.

Proposition 2.4. Si deux fonctions sont continues en un point, leur somme et leur
produit sont égalementcontinus en ce point et leur quotient est continu à un tel point si le

26
Dr. Lotfi Meddour
2.5. FONCTIONS HOLOMORPHES, FONCTIONS ANALYTIQUES

dénominateur n’est pas nul en ce point. En outre, une composition de fonctions continues
est elle-même continue.

Remarque 2.5. La fonction f (z) = u(x; y)+iv(x; y) est continue en un point z0 = x0 +iy0
si et seulement si ses fonctions composantes u et v sont continues en (x0 ; y0 ).

Exemple 2.8. La fonction f (z) = z = x−iy est continue sur C car les fonction u(x; y) =
x et v(x; y) = −y sont continues en tout point (x0 ; y0 ) ∈ R2 .

2.5 Fonctions holomorphes, fonctions analytiques


La dérivation par rapport à une variable complexe est formellement identique à la
dérivation par rapport à une variable réelle. Bien que de nombreux concepts semblent
familiers, tels que les formules du produit et quotient, il y a des différences importantes
entre les concepts d’analyse complexe et ceux d’analyse réelle.
Dérivabilité, analycité et holomorphie

Définition 2.3. Soit f une fonction uniforme de D dans C et z0 ∈ D. La dérivée de f


en z0 est définie par :

df (z) f (z) − f (z0 )


= f ′ (z0 ) = lim .
dz z−→z 0 z − z0

pourvu que cette limite existe. Dans ce cas on dit que f est dérivable en z0 .
Si on pose ∆z = z − z0 = ∆x + i∆y, on utilise souvent l’écriture analogue :

f (z + ∆z) − f (z0 )
f ′ (z0 ) = lim .
∆z−→0 ∆z

Exemple 2.9. f (z) = z 2 − z est dérivable en tout point z0 de C. En effet.

f (z) − f (z0 ) z 2 − z − z02 + z0


lim = lim = lim z + z0 − 1 = 2z0 − 1 = f ′ (z0 ) .
z−→z0 z − z0 z−→z0 z − z0 z−→z0

Définition 2.4. Une fonction f est dite entière si elle est dérivable en chaque point du
plan complexe tout entier.

Exemple 2.10. Comme la dérivée d’un polynôme f (z) = an z n + ::: +a1 z + a0 ; a0 , ..., an ∈
C existe partout, il s’ensuit que chaque polynôme est une fonction entière. De même,
z → ez , z → sin z , z → cos z sont des fonctions entières.

Proposition 2.5. Notez que l’existence de la dérivée d’une fonction en un point implique
la continuité de la fonction en ce point.

27
Dr. Lotfi Meddour
2.5. FONCTIONS HOLOMORPHES, FONCTIONS ANALYTIQUES

Démonstration. Pour voir cela, supposons que f ′ (z0 ) existe. Alors,

f (z) − f (z0 )
lim [f (z) − f (z0 )] = lim lim (z − z0 ) = f ′ (z0 ) .0 = 0.
z−→z0 z−→z0 z − z0 z−→z0

Donc lim f (z) = f (z0 ) montre que f est continue au point z0 . ■


z−→z0

Remarque 2.6. La réciproque de cette proposition n’est pas vraie, en effet, la fonction
f : C → C définie par f (z) = z est continue en tout z0 ∈ C, mais elle n’est pas dérivable
en aucun point. Puisque,

f (z) − f (z0 ) z − z0 ∆z  +1 Si ∆y = 0,
lim = lim = lim =
z−→z0 z − z0 z−→z0 z − z0 ∆z−→0 ∆z  −1 Si ∆x = 0.

Proposition 2.6. Comme dans le cas réel, les formules suivantes sont vraies également
pour une dérivation complexe :

1. (c)′ = 0, pour toute constante complexe c.


2. (z)′ = 1.
3. [cf (z)]′ = cf ′ (z).
4. (z n )′ = n.z n−1 ; où n est un entier positif.
5. [f (z) + g(z)]′ = f ′ (z) + g ′ (z).
6. [f (z).g(z)]′ = [f ′ (z).g(z) + g ′ (z).f (z)] .
h i′ ′ ′ (z).f (z)
7. fg(z)
(z)
= f (z).g(z)−g
(g(z))2
, quand g(z) ̸= 0.
8. (f ◦ g)′ (z) = f ′ (g(z)).g ′ (z).

Démonstration. La démonstration est similaire à celle du cas réel. ■

Exemple 2.11. Les dérivées des fonctions suivantes :


5z 3 −2z+4 7
a) f (z) = 5z 3 − 2z + 4. b)f (z) = z+1
. c)f (z) = (5z 3 − 2z + 4) .
sont :
5z 4 +5z 3 −17z 2 +2z+6 6
a) f ′ (z) = 15z 2 −2. b) f ′ (z) = z+1
. c)f ′ (z) = 7 (5z 3 − 2z + 4) (15z 2 − 2) .

Définition 2.5. On dit que la fonction f est holomorphe ou analytique en un point z0


d’un domaine D si elle est dérivable aussi bien au point z0 lui-même que dans un certain
voisinage de ce point. On dit aussi que f est analytique en z0 si elle est développable en
une série entière au voisinage de z0 .

Remarque 2.7. L’holomorphie et l’analycité sont des concepts équivalents. Beaucoup de


mathématiciens les utilisent comme synonymes.

28
2.6. CONDITIONS DE CAUCHY-RIEMANN Dr. Lotfi Meddour

Remarque 2.8. L’analycité implique la dérivabilité mais la réciproque est fausse.

Exemple 2.12. La fonction f (z) = |z|2 est dérivable seulement au point z0 = 0. Mais
cette fonction n’est pas analytique au point z0 = 0 car il n’existe pas de voisinage de z0 = 0
où la fonction est dérivable.

Dérivées d’ordre supérieur

Définition 2.6. Si f est holomorphe dans un domaine D ⊂ C, sa dérivée est notée f ′ .


Si f ′ est holomorphe également dans le même domaine, sa dérivée est notée f ′′ . De la
même façon la dérivée nième de f sera notée f (n) , n désignant l’ordre de la dérivation.
Les calculs de ces dérivées d’ordre supérieur se font par applications répétées des règles de
dérivation déjà vues

Proposition 2.7. Si f est holomorphe dans un domaine D, alors f ′ ; f ′′ ; ... sont égale-
ment holomorphes dans D, i.e. les dérivées de tous ordres existent dans D.

Règle de l’Hôpital
Supposons que f et g sont holomorphes dans un domaine contenant le point z0 et que
f (z0 ) = g(z0 ) = 0 avec g ′ (z0 ) ̸= 0. Alors la règle de L’Hôpital permet d’affirmer que :

f (z) f ′ (z)
lim = lim ′ .
z−→z0 g(z) z−→z0 g (z)

6
Exemple 2.13. Calculons lim zz2 +1
+1
.
z−→i
Soit f (z) = z 6 + 1 et g(z) = z 2 + 1, vérifie facilement que f (i) = g(i) = 0.La limite
donnée à la forme indéterminée 00 . Or, puisque f et g sont des fonctions polynomiales, les
deux fonctions sont nécessairement holomorphes au point z0 = i. En utilisant f ′ (z) = 6z 5
et g ′ (z) = 2z alors f ′ (i) = 6i et g ′ (i) = 2i
Ainsi d’aprés la règle de l’Hôpital

z6 + 1 6z 5 6i
lim 2
= lim = = 3.
z−→i z + 1 z−→i 2z 2i

2.6 Conditions de Cauchy-Riemann


Dans ce partie nous allons citer un moyen pour tester l’analycité d’une fonction com-
plexe f (z) = u(x; y) + iv(x; y), basé sur les dérivées partielles de ses parties réelles et
imaginaires u et v.

29
2.6. CONDITIONS DE CAUCHY-RIEMANN Dr. Lotfi Meddour

Proposition 2.8. Soit f (z) = u(x; y) + iv(x; y) une fonction de D dans C, Si f est
holomorphe dans D, alors les dérivées partielles ∂u ∂v
, , ∂u
∂x ∂y ∂y
et ∂v
∂x
, existent en tout point
de D, et vérifient les équations de Cauchy-Riemann :

∂u ∂v ∂u ∂v
= et =− .
∂x ∂y ∂y ∂x

De plus, f ′ (z) peut être écrite :

∂u(x, y) ∂v(x, y) ∂v(x, y) ∂u(x, y)


f ′ (z) = +i = −i .
∂x ∂x ∂y ∂y

Démonstration. Par hypothèse f = u + iv est holomorphe, en tout point z0 = x0 + iy0 de


D, on a

f (z) − f (z0 ) u(x, y) − u (x0 , y0 ) + i (v(x, y) − v (x0 , y0 ))


f ′ (z0 ) = lim = lim .
z−→z0 z − z0 (x,y)→(x0 ,y0 ) x − x0 + i (y − y0 )

En choisissant y = y0 ; x → x0 , on obtient

u(x, y0 ) − u (x0 , y0 ) + i (v(x, y0 ) − v (x0 , y0 )) ∂u (x0 , y0 ) ∂v (x0 , y0 )


f ′ (z0 ) = lim = +i .
x→x0 x − x0 ∂x ∂x

et en choisissant x = x0 ; y → y0 , on obtient

u(x0 , y) − u (x0 , y0 ) + i (v(x0 , y) − v (x0 , y0 )) ∂v (x0 , y0 ) ∂u (x0 , y0 )


f ′ (z0 ) = lim = −i .
y→y0 i (y − y0 ) ∂y ∂y

Alors
∂u (x0 , y0 ) ∂v (x0 , y0 ) ∂v (x0 , y0 ) ∂u (x0 , y0 )
f ′ (z) = +i = −i .
∂x ∂x ∂y ∂y
On en déduit que u et v vérifient les conditions de Cauchy-Riemann. ■

Remarque 2.9. Si les conditions de Cauchy-Riemann ne sont pas satisfaites en tout point
d’un certain domaine D, alors la fonction f (z) = u(x; y) + iv(x; y) n’est pas holomorphe
dans D.

Exemple 2.14. Soit f : C définie par

f (x + iy) = e−y (cos x + i sin y) .

La fonction f est-elle holomorphe ?


Posons u(x; y) = e−y cos x et v(x; y) = e−y sin y. Les dérivées partielles de u et v sont

30
2.6. CONDITIONS DE CAUCHY-RIEMANN Dr. Lotfi Meddour

données par :
∂u(x, y)
= −e−y sin x,
∂x
∂v(x, y)
= −e−y sin y + e−y cos y,
∂y
Il est claire que ∂U
∂x
̸= ∂V
∂y
, la première équation de Cauchy-Riemann n’est pas satisfaite.
Alors la fonction f n’est pas holomorphe sur C.

Remarque 2.10. La satisfaction des équations de Cauchy-Riemann en un point n’est pas


suffisante pour assurer l’existence de la dérivée d’une fonction à ce point

Exemple 2.15. Soit la fonction f : C → Cdéfinie par



 e −1
z4 si z ̸= 0,
f (z) = .
 0 si z = 0.

La dérivée en z = 0 suivant la droite y = x n’est pas définie. En effet,


1
4
lim f (x+xi)−f
x+xi
(0)
= 1
lim e 4x
i+1 x−→0 x
= ∞.
x−→0
Mais les conditions de Cauchy-Riemann sont satisfaites pour f en z = 0, car les
dérivées partielles de u etv en (0; 0) sont toutes égales à zéro.

Proposition 2.9. Si les fonctions réelles u(x; y) et v(x; y)sont continues et ont des dé-
rivées partielles continues du premier ordre dans un domaine D. Si u et v vérifient les
équations de Cauchy-Riemann en tous les points de D, La fonction complexe f (z) =
u(x; y) + iv(x; y) est holomorphe dans D.

Démonstration. Soit z = x + iy ∈ D et soit h = h1 + ih2 ∈ C∗ tel que z + h ∈ D. Les


dérivées partielles ∂U
∂x
et ∂U
∂y
étant supposées continues, alors en utilisant le développement
de Taylor à l’ordre 1, on obtient

f (z + h) − f (z) = u(x + h1 ; y + h2 ) − u(x; y) + i[v(x + h1 ; y + h2 ) − v(x; y)]

∂u(x, y) ∂u(x, y) ∂v(x, y) ∂v(x, y)


f (z + h) − f (z) = h1 + h2 + ih1 + ih2 + (ε1 + ε2 )(h1 + ih2 );
∂x ∂y ∂x ∂y
où ε1 → 0 et ε2 → 0 quand h1 → 0 et h2 → 0. D’après les équations de Cauchy-Riemann,
on aura

∂u(x, y) ∂v(x, y)
f (z + h) − f (z) = (h1 + ih2 ) + i(h1 + ih2 ) + (ε1 + ε2 )(h1 + ih2 )
∂x ∂x

31
2.6. CONDITIONS DE CAUCHY-RIEMANN Dr. Lotfi Meddour

D’où en divisant par h = h1 + ih2 et faisant tendre h vers 0, on voit que

f (z + h) − f (z) ∂u(x, y) ∂v(x, y)


f ′ (z) = lim = +i .
h−→0 h ∂x ∂x

Remarque 2.11. les conditions de Cauchy-Riemann peuvent être reformulées quand en


multipliant la deuxième condition par i et l’ajouter à la première, comme suit :

∂f ∂f
+i =0
∂x ∂y

Remarque 2.12. les conditions de Cauchy-Riemann aussi peuvent être écrites sous la
forme
∂f
=0
∂z
En effet
∂f ∂ ∂u ∂v
= (u + iv) = +i ,
∂z ∂z ∂z ∂z
comme u(x, y) = u( z+z
2
, z−z
2i
) et ▽u = ∂u
∂x
+ i ∂u
∂y
= 2 ∂u
∂z
voir [2], alors
   
∂f 1 ∂u ∂u 1 ∂v ∂v
= +i + i +i ,
∂z 2 ∂x ∂y 2 ∂x ∂y
   
∂f 1 ∂u ∂v 1 ∂u ∂v
= − + i + ,
∂z 2 ∂x ∂y 2 ∂y ∂x
∂f
= 0 + 0i = 0.
∂z
Exemple 2.16. Soit la fonction définie par f (z) = z 3 + 3z. On a ∂f
∂z
= 3 ̸= 0. D’où la
fonction f ne peut pas être holomorphe en aucun domaine.

Remarque 2.13. Les équations de Cauchy Riemann en coordonnées polaires s’écrivent


sous la forme
∂u 1 ∂v ∂v 1 ∂u
= et =−
∂r r ∂θ ∂r r ∂θ
Exemple 2.17. Montrer que f (z) = 1
z
est dérivable en tout point z ̸= 0.
En écrivant sous la forme polaire, on a pour z ̸= 0

1 1 1 1
f (z) = = iθ = e−iθ = (cos θ − i sin θ)
z re r r

Ainsi
1 1
u(r, θ) = cos θ et v(r, θ) = − sin θ
r r
32
2.7. FONCTIONS HARMONIQUES Dr. Lotfi Meddour

Par conséquent,

∂u 1 1 ∂v ∂v 1 1 ∂u
= − 2 cos θ = et = 2 sin θ = −
∂r r r ∂θ ∂r r r ∂θ

Les dérivées partielles sont continues et les équations de Cauchy – Riemann sont sa-
tisfaites en tous z ̸= 0, La dérivée de f existe donc en tout z ̸= 0.

2.7 Fonctions harmoniques


Définition 2.7. Soit u une fonction de Ω ⊂ R2 dans R de classe C 2 sur Ω. On dit que
u est harmonique si

∂ 2u ∂ 2u
+ = 0; pour tout (x; y) ∈ Ω ⊂ R2 .
∂x2 ∂y 2
Exemple 2.18. Montrer que la fonction u définie ci-dessous est harmonique.

u(x; y) = y 3 − 3x2 y; x; y ∈ R :

Solution : Montrant que u est harmonique, on a :

∂u(x, y)
= −6xy,
∂x

∂u(x, y)
= 3y 2 − 3x2 y,
∂y
∂ 2 u(x, y)
= −6y,
∂x2
∂ 2 u(x, y)
= 6y,
∂y 2
∂ 2 u(x,y) ∂ 2 u(x,y)
On obtient : ∂x2
+ ∂y 2
= 0,ce qui montre que u est harmonique.

Proposition 2.10. Soit f (z) = u(x; y) + iv(x; y) une fonction holomorphe sur D ⊂ C.
Alors les deux fonctions réelles u et v sont harmoniques.

Démonstration. La fonction f est holomorphe, donc les équations de Cauchy Riemann


sont satisfaites

∂u ∂v ∂u ∂v
= et =− .
∂x ∂y ∂y ∂x

33
2.7. FONCTIONS HARMONIQUES Dr. Lotfi Meddour

Ainsi, comme les fonctions u et v sont de classe C 2 sur D, on pourra écrire

∂ 2u ∂ 2u
       
∂ ∂u ∂ ∂v ∂ ∂v ∂ ∂u
2
= = = = − =−
∂x ∂x ∂x ∂x ∂y ∂y ∂x ∂y ∂y ∂y 2

∂ 2v ∂ 2v
       
∂ ∂v ∂ ∂u ∂ ∂u ∂ ∂v
2
= = − =− =− =−
∂x ∂x ∂x ∂x ∂y ∂y ∂x ∂y ∂y ∂y 2
∂2u 2 ∂2v 2
et donc ∂x2
+ ∂∂yu2 = 0 et ∂x2
∂ v
+ ∂y 2 = 0, Ce qui prouve que les fonctions réelles u et v sont

harmoniques. ■

Définition 2.8. Soit u une fonction harmonique dans Ω ⊂ R2 . Alors une fonction v est
dite harmonique conjuguée de u si les fonctions u et v vérifient les conditions de Cauchy-
Riemann.

Corollaire 2.1. Soit u une fonction harmonique dans Ω ⊂ R2 . Alors il existe une fonction
f holomorphe de D ⊂ C dans C telle que Ref = u. La fonction f est unique à une
constante près.

Exemple 2.19. Trouvant une fonction v pour que la fonction f = u + iv soit holomorphe
tel que :
u(x; y) = y 3 − 3x2 y; x; y ∈ R :

Pour trouver une fonction v pour que f = u + iv soit holomorphe, on utilise les
équations de Cauchy-Riemann. Les équations de Cauchy-Riemann s’écrivent :

∂v(x, y) ∂u(x, y)
= = −6xy, (2.1)
∂y ∂x

∂v(x, y) ∂u(x, y)
=− =. (2.2)
∂x ∂y
En intégrant l’équation (2.1) par rapport à y ; il vient :

v = −3xy 2 + C1 (x) (2.3)

où C1 (x) est une fonction réelle de x.Par substitution de (2.3) dans (2.2) on obtient :

−3y 2 + C1′ (x) = −3y 2 + 3x2 y,

C1′ (x) = 3x2 y,

C1 (x) = x3 y + c,

34
2.8. POINTS SINGULIERS Dr. Lotfi Meddour

où c désigne une constante. D’où de (2.3)

v(x, y) = −3xy 2 + x3 y + c.

2.8 Points singuliers


Définition 2.9. Si une fonction f n’est pas holomorphe en un point z0 mais est holo-
morphe en un point de chaque voisinage de z0 , alors z0 est appelé un point singulier,
ou singularité, de f . Le point z0 est appelé point singulier isolé si il existe un voisinage
pointé de z0 , ne contenant pas de singularité.

Exemple 2.20. Si f (z) = p(z)


q(z)
où p et q sont des polynômes, alors f est analytique dans
tout domaine D ne contenant aucun zéro du polynôme q. Les zéros de q sont tous des
singularités isolées de f.

Définition 2.10. Le point singulier z0 est appelé singularité apparente de f si lim f (z)
z→z0
existe.

Exemple 2.21. Le point singulier z = 0 est une singularité apparente de la fonction


sin z
f (z) = z
,puisque lim sinz z = 1.
z→z0

Définition 2.11. Si l’on peut trouver un entier positif n tel que lim (z−z0)n f (z) = a ̸= 0.
z→z0
alors z0 est appelé un pôle d’ordre n. Si n = 1, z0 est appelé un pôle simple.

Exemple 2.22. La fonction f (z) = 1


(z−3)2 (z+1)
a un pôle double en z = 3 et un pôle simple
en z = −1.

Définition 2.12. Soit z0 un point singulier isolé de f. Le point z0 est un point de


branchement lorsque l’image par f d’au moins d’une courbe fermée entourant z0 est
une courbe non fermée.
1
Exemple 2.23. La fonction f (z) = (z − 1) 3 a un point de branchement en z = 1.

Définition 2.13. Une singularité qui n’est ni un pôle, ni un point de branchement, ni


une singularité apparente est appelée singularité essentielle.
1
Exemple 2.24. La fonction f (z) = e z a une singularité essentielle en z = 0.

35
2.9. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

2.9 Exercices
Exercice 2.1
Calculer les limites suivantes :
z 2 +1
a) lim .
z−→−i z+i
2z +1
b) lim π eez +i .
z−→−i 2
−z 4 2 +2z
c) lim (3+i)zz+1 .
z−→i
z 2 +1
d) lim z6 +1 .
z−→i
e) limπ Ch(iz)+iSh(iz)
cos(2z)
.
z−→ 4

Exercice 2.2
1. A l’aide de la définition calculer la dérivée de :
a) f (z) = z 2 − z.

b) f (z) = z + 1.
2. Par l’utilisation les lois des dérivés, Calculer :
a) f (z) = 3z 4 − 5z 3 + z + 2.
z 2 −z+1
b) f (z) = 1+z
.
5
c) f (z) = (iz + 3z) . 2

Exercice 2.3
Montrer que les fonctions complexes suivantes ne sont pas dérivable.
a) f (z) = z ; pour z ∈ C
b) f (z) = Re (z) ; pour z ∈ C
c) f (z) = Im (z) ; pour z ∈ C.

Exercice 2.4
Soit g : Ω → C et f : G → C deux fonctions continues sur Ω et G telque f (G) ⊂ Ω
et :
∀z ∈ G, g(f (z)) = z.

Démontrer que si g est dérivable et g ′ (z) ̸= 0, alors f est dérivable et on a :

1
f ′ (z) = .
g′ (f (z))

36
2.9. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Exercice 2.5
Soit g : C → C une fonction définie par :

g(x + yi) = e2x [cos(2y) + i sin(2y)] + x − yi.

La fonction g est-elle holomorphe ?

Exercice 2.6
Soit g : C → C définie par

g(x + iy) = x2 − y 2 − 2ixy + 2x + 2iy.

La fonction g est-elle holomorphe ?

Exercice 2.7
Soit la fonction f définit par :

z2

z
, z ̸= 0.
f (z) =
 0, z = 0.

1. Démontrer que les équations de Cauchy – Riemann sont satisfaits en z = 0.


2. Etudier la dérivabilité de f en z = 0.
3. Que peut on conclure ?

Exercice 2.8
Montrer que les fonctions suivantes sont analytiques (holomorphes) dans C :
a) f (z) = (−ex siny + 3) + i(ex cosy + 5).
b) f (z) = ex
2 −y 2 2 −y 2
cos(2xy) + iex sin(2xy).
c) f (z) = (4x2 + 5x − 4y 2 + 9) + i(8xy + 5y − 1).

Exercice 2.9
Soit z = x + iy où x et y sont deux réels et soit la fonction

f (z) = ax + iy + iez .

1) Mettre f (z) sous la forme u(x, y) + iv(x, y).

37
2.9. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

2) Déterminer la constante a pour que la fonction f (z) soit holomorphe.

Exercice 2.10
1. Montrer que la fonction u définie ci-dessous est harmonique.

u(x; y) = x2 − y 2 − 2xy − 2x + 3y; x; y ∈ R :

2. Trouver une fonction v pour que la fonction f = u + iv soit holomorphe.

Exercice 2.11
Calculer les limites suivantes :
10
a) lim 3zz6 +1
+3
.
z−→i
b) lim 1−cos
z2
z
.
z−→0
c) lim1−cos z
2 .
z−→0 sin z

Exercice 2.12
Quelle est la nature des singularités de chacune des fonctions suivantes ?
a) z+3
z 2 −1
.
b) 1
sin( 12 )
.
z

38
2.10. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

2.10 Solutions des exercices


Solution 2.1
a)
z2 + 1 (z − i) (z + i)
lim = lim
z−→−i z + i z−→−i z+i
z2 + 1
lim = lim (z − i) = −2i.
z−→−i z + i z−→−i

e2z +1 e−iπ +1
b) lim π ez +i
= π = −1+1
−i+i
=forme indéterminée.
z−→−i 2 e− 2 i +i
Par décomposition de numérateur :

e2z + 1 = (ez )2 − i2 = (ez − i)(ez + i)

nous voyons que :


e2z + 1 (ez − i)(ez + i)
lim = lim π
z−→−i π2 ez + i z−→−i 2 ez + i
e2z + 1 z − π2 i
lim π = lim (e − i) = e − i = −2i.
z−→−i 2 ez + i z−→−i π2

−z 4 2 +2z
c) lim (3+i)zz+1 = 7
2
+ 12 i.
z−→i
2
d) lim zz6 +1 =forme indéterminée.
z−→i +1
Par décomposition de z 6 + 1, onobtient

z2 + 1 z2 + 1
lim = lim ,
z−→i z 6 + 1 z−→i (z 2 + 1) (z 4 − z 2 + 1)

z2 + 1 1 1
lim6
= lim 4 2
= .
z−→i z + 1 z−→i (z − z + 1) 3
cos(2 π4 )
cos(2z)
limπ Ch(iz)+iSh(iz) = Ch(i π4 )+iSh(i π4 )
= forme indéterminée.
z−→ 4
On remplaçant Ch(iz) par cosz et iSh(iz) par −sinz, On obtient :

cos(2z) cos(2z)
limπ = limπ ,
z−→ 4 Ch(iz) + iSh(iz) z−→ 4 cosz − sinz

cos(2z) cos(2z)
limπ = limπ ,
z−→ 4 Ch(iz) + iSh(iz) z−→ 4 cosz − sinz

cos(2z) cos2 z − sin2 z


limπ = limπ ,
z−→ 4 Ch(iz) + iSh(iz) z−→ 4 cosz − sinz

cos(2z) (cosz − sinz) (cosz + sinz)


limπ = limπ ,
z−→ 4 Ch(iz) + iSh(iz) z−→ 4 cosz − sinz

39
2.10. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

cos(2z) √
limπ = limπ (cosz + sinz) = 2.
z−→ 4 Ch(iz) + iSh(iz) z−→ 4

Solution 2.2
1. Par définition, la dérivée en z0 si elle existe est :
a)
f (z) − f (z0 ) z 2 − z − z02 + z0
lim = lim
z−→z0 z − z0 z−→−z0 z − z0
f (z) − f (z0 ) (z 2 − z02 ) − (z − z0 )
lim = lim
z−→z0 z − z0 z−→−z0 z − z0
f (z) − f (z0 ) (z − z0 ) (z + z0 ) − (z − z0 )
lim = lim
z−→z0 z − z0 z−→−z0 z − z0
f (z) − f (z0 )
lim = lim (z + z0 − 1)
z−→z0 z − z0 z−→−z0

f (z) − f (z0 )
lim = 2z0 − 1
z−→z0 z − z0
La limite existe pour tout z0 dans C, donc la dérivée de f est donnée par :

f ′ (z) = 2z − 1, z ∈ C .

b) √ √
f (z0 + ∆z) − f (z0 ) z0 + ∆z + 1 − z0 + 1
lim = lim
∆z−→0 ∆z ∆z−→−0 ∆z
√ √  √ √ 
f (z0 + ∆z) − f (z0 ) z0 + ∆z + 1 − z0 + 1 z0 + ∆z + 1 + z0 + 1
lim = lim √ √ 
∆z−→0 ∆z ∆z−→−0 ∆z z0 + ∆z + 1 + z0 + 1
f (z0 + ∆z) − f (z0 ) z + ∆z + 1 − z0 − 1
lim = lim √0 √ 
∆z−→0 ∆z z−→−z0 ∆z z0 + ∆z + 1 + z0 + 1
f (z0 + ∆z) − f (z0 ) 1
lim = lim √ √ 
∆z−→0 ∆z z−→−z0 z0 + ∆z + 1 + z0 + 1
f (z0 + ∆z) − f (z0 ) 1
lim = √
∆z−→0 ∆z 2 z0 + 1
La limite existe pour tout z0 dans C\ {−1}, donc la dérivée de f est donnée par :

1
f ′ (z) = √ , z ∈ C\ {−1} .
2 z+1
2. En utilisant les résultats sur les dérivés, nous obtenons :
a) f ′ (z) = 12z 3 − 15z 2 + 1.
(2z−1)(1+z)−(z 2 −z+1) z 2 +2z−2
b) f ′ (z) = (1+z)2
= (1+z)2
4
c) f ′ (z) = 5 (iz 2 + 3z) (2iz + 3) .

40
2.10. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Solution 2.3
Par définition, la fonction f n’est pas dérivable en z0 si la limite lim f (z)−f (z0 )
z−z0
n’existe
z−→z0
pas, i.e. la limite dépend de la manière dont z tend vers z0 .
a) Si z = x + iy,
f (z) − f (z0 ) z − z0
lim = lim
z−→z0 z − z0 z−→z0 z − z0

f (z) − f (z0 ) x − iy − x0 + iy0


lim = lim .
z−→z0 z − z0 z−→z0 x + iy − x0 − iy0

Pour y = y0 et x −→ x0 , la limite cherchée est :

f (z) − f (z0 ) x − x0
lim = lim = 1.
z−→z0 z − z0 x−→x0 x − x0

Pour x = x0 et y −→ y0 , la limite cherchée est :

f (z) − f (z0 ) −iy + iy0


lim = lim = −1.
z−→z0 z − z0 y−→y0 iy − iy0

La limite obtenue dépendant de la façon dont z tend vers z0 , la dérivée n’existe pas i.e.
la fonction f n’est dérivable en aucun point.
b) f (z) = Re (z)

f (z) − f (z0 ) Re (z) − Re (z0 )


lim = lim
z−→z0 z − z0 z−→z0 z − z0

f (z) − f (z0 ) x − x0
lim = lim .
z−→z0 z − z0 z−→z0 x + iy − x0 − iy0

Pour y = y0 et x −→ x0 , la limite cherchée est

f (z) − f (z0 ) x − x0
lim = lim = 1.
z−→z0 z − z0 x−→x0 x − x0

Pour x = x0 et y −→ y0 , la limite cherchée est

f (z) − f (z0 ) 0
lim = lim = 0.
z−→z0 z − z0 y−→y0 iy − iy0

Alors, la dérivée n’existe pas i.e. la fonction f n’est dérivable en aucun point.
c) f (z) = Im (z)

f (z) − f (z0 ) Im (z) − Im (z0 )


lim = lim
z−→z0 z − z0 z−→z 0 z − z0
f (z) − f (z0 ) y − y0
lim = lim .
z−→z0 z − z0 z−→z0 x + iy − x0 − iy0

41
2.10. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Pour y = y0 et x −→ x0 , la limite cherchée est :

f (z) − f (z0 ) 0
lim = lim = 0.
z−→z0 z − z0 x−→x0 x − x0

Pour x = x0 et y −→ y0 , la limite cherchée est :

f (z) − f (z0 ) y − y0
lim = lim = −i.
z−→z0 z − z0 y−→y 0 iy − iy0

Alors, la dérivée n’existe pas i.e. la fonction f n’est dérivable en aucun point.
Solution 2.4
Soit z0 ∈ G et z0 + h ∈ G telque h ̸= 0,
Comme g(f (z0 )) = z0 et g(f (z0 + h)) = z0 + h alors : f (z0 ) ̸= f (z0 + h) .
alors f (z0 + h) − f (z0 ) ̸= 0 et comme f est continue alors :

f (z0 + h) −→ f (z0 )
h −→ 0

Donc

g(f (z0 + h)) − g(f (z0 )) g(f (z0 + h)) − g(f (z0 )) f (z0 + h) − f (z0 )
1= = × ,
h f (z0 + h) − f (z0 ) h

alors
f (z0 + h) − f (z0 ) 1
= g(f (z0 +h))−g(f (z0 ))
h
f (z0 +h)−f (z0 )

et pour h −→ 0 on obtient :

1
f ′ (z) = .
g′ (f (z))
Solution 2.5
Posons u(x; y) = e2x [cos(2y)] + x et v(x; y) = e2x [sin(2y)] − y. Les dérivées partielles
de u et v sont données par :

∂U


 ∂x
= 2e2x [cos(2y)] + 1

∂V
= 2e2x [cos(2y)] − 1


∂y
∂U


 ∂y
= −2e2x [sin(2y)]

∂V
= 2e2x [sin(2y)]


∂x

Nous remarquons que les conditions de Cauchy-Riemann, c’est à dire ∂U


∂x
= ∂V
∂y
et ∂U
∂y
=

42
2.10. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

− ∂V
∂x
, ne sont pas satisfaites, pour tout x et y. Ce qui implique que la fonction f est n’est
pas holomorphe.
Solution 2.6
Posons u(x; y) = x2 − y 2 + 2x et v(x; y) = −2xy + 2y. Les dérivées partielles de u et
v sont données par :

∂u(x, y)
= 2x + 2,
∂x
∂v(x, y)
= −2x + 2,
∂y
∂u(x, y)
= −2y,
∂y
∂v(x, y)
= −2y.
∂x
Nous remarquons que les conditions de Cauchy-Riemann, sont satisfaites pour (x; y) =
(0; 0). Ce qui implique que la fonction f est holomorphe au point 0.
Solution 2.7
1. On a pour z ̸= 0 :

z2 z3
f (z) = = 2
z |z|
(x3 − 3xy 2 ) (y 3 − 3x2 y)
f (z) = + i
x2 + y 2 x2 + y 2
Alors,
(x3 − 3xy 2 ) (y 3 − 3x2 y)
u(x, y) = , v(x, y) = .
x2 + y 2 x2 + y 2
On a :

∂u(0, 0) u(x, 0) − u(0, 0)


= lim =1
∂x x−→0 x−0

∂v(0, 0) v(0, y) − v(0, 0)


= lim =1
∂y y−→0 y−0

∂u(0, 0) u(0, y) − u(0, 0)


= lim =0
∂y y−→0 y−0

∂v(0, 0) v(x, 0) − v(0, 0)


= lim =0
∂x x−→0 x−0

43
2.10. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Nous remarquons que les conditions de Cauchy-Riemann, c’est à dire ∂u


∂x
= ∂v
∂y
et ∂u
∂y
=
∂v
− ∂x , sont satisfaites, pour (0, 0).
2. Etude de la dérivabilité de f en z = 0.
On a :  2
f (z) − f (z0 ) z
lim = lim ,
z−→z0 z − z0 z−→z0 z
Pour y = 0 et x −→ 0, (z = z) la limite cherchée est :
 2
f (z) − f (z0 ) z
lim = lim = 1.
z−→z0 z − z0 z−→z0 z

Pour x = 0 et y −→ 0, (z = −z) la limite cherchée est :


 2
f (z) − f (z0 ) z
lim = lim = −1.
z−→z0 z − z0 z−→z0 z

Alors f n’est pas dérivable en z = 0.


3. Conclusion : Nous remarquons que les dérivées partielles de premier ordre de u et
v ne sont pas continues au point (0, 0); Alors la satisfaction des équations de Cauchy-
Riemann en un point n’est pas suffisante pour assurer l’existence de la dérivée d’une
fonction à ce point, il faux avoir aussi que les dérivées partielles de premier ordre de u et
v sont continues au point (0, 0).
Solution 2.8
Si les dérivées partielles sont continues dans le domaine indiqué, les équations de
Cauchy Riemann :
∂u ∂v ∂u ∂v
= et =− ,
∂x ∂y ∂y ∂x
sont nécessaires et suffisantes pour que f = u + iv soit holomorphe.
a)f (z) = (−ex siny + 3) + i(ex cosy + 5).
Posons : u(x; y) = −ex siny + 3, v(x; y) = ex cosy + 5.
En utilisant les conditions de Cauchy-Riemann, on obtient

∂u(x, y)
= −ex siny,
∂x

∂v(x, y)
= −ex siny,
∂y
∂u(x, y)
= −ex cosy,
∂y
∂v(x, y)
= ex cosy.
∂x

44
2.10. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Ainsi, f est holomorphe dans C.


b) f (z) = ex
2 −y 2 2 −y 2
cos(2xy) + iex sin(2xy).
Posons : u(x; y) = e x2 −y 2 2 −y 2
cos(2xy), v(x; y) = ex sin(2xy).
Les dérivées partielles de u et v sont données par :

∂u(x, y) 2 2 2 2
= 2xex −y cos(2xy) − 2yex −y sin(2xy),
∂x

∂v(x, y) 2 2 2 2
= −2yex −y sin(2xy) + 2xex −y cos(2xy),
∂y
∂u(x, y) 2 2 2 2
= −2yex −y cos(2xy) − 2xex −y sin(2xy),
∂y
∂v(x, y) 2 2 2 2
= 2xex −y sin(2xy) + 2yex −y cos(2xy).
∂x
Nous remarquons que les conditions de Cauchy-Riemann sont satisfaites pour tout
x, y ∈ R.
Ce qui implique que, pour tout z ∈ C, la fonction f est holomorphe. Ainsi, f est
analytique sur C.
c) f (z) = (4x2 + 5x − 4y 2 + 9) + i(8xy + 5y − 1).
Posons : u(x; y) = 4x2 + 5x − 4y 2 + 9, v(x; y) = 8xy + 5y − 1.
Les dérivées partielles de u et v sont données par :

∂u(x, y)
= 8x + 5,
∂x
∂v(x, y)
= 8x + 5,
∂y
∂u(x, y)
= −8y,
∂y
∂v(x, y)
= 8y.
∂x
Nous remarquons que les conditions de Cauchy-Riemann sont satisfaites pour tout
x, y ∈ R.
Ce qui implique que, pour tout z ∈ C, la fonction f est holomorphe. Ainsi, f est
analytique sur C.
Solution 2.9
On a la fonction f (z) = ax + iy + iez . Nous remplaçons z = x + iy, nous obtenons

f (x + iy) = ax + iy + iex+iy = ax + iy + iex (cosy + isiny).

45
2.10. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Ainsi, U (x, y) = ax − ex siny, V (x, y) = y + ex cosy.


2) Déterminant la constante a pour que la fonction f (z) soit holomorphe.
nous avons :

∂u(x, y)
= a − ex siny,
∂x
∂v(x, y)
= 1 − exsiny,
∂y
∂u(x, y)
= −ex cosy,
∂y
∂v(x, y)
= ex cosy.
∂x
On a les dérivées partielles sont continues et les conditions de Cauchy-Riemann sont
satisfaites si a = 1.
Solution 2.10

1. Montrant que u est harmonique, on a :

∂u(x, y)
= 2x − 2y − 2,
∂x

∂u(x, y)
= −2y − 2x + 3,
∂y
∂ 2 u(x, y)
= 2,
∂x2
∂ 2 u(x, y)
= −2,
∂y 2
∂ 2 u(x,y) ∂ 2 u(x,y)
On obtient : ∂x2
+ ∂y 2
= 0,ce qui montre que u est harmonique.
2. Trouvant une fonction v pour que la fonction f = u + iv soit holomorphe.
Pour trouver une fonction v pour que f = u + iv soit holomorphe, on utilise les
équations de Cauchy-Riemann.
Les équations de Cauchy-Riemann s’écrivent :

∂v(x, y) ∂u(x, y)
= = 2x − 2y − 2, (1)
∂y ∂x

∂v(x, y) ∂u(x, y)
=− = 2y + 2x − 3. (2)
∂x ∂y

46
2.10. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

En intégrant l’équation (1) par rapport à y ; il vient :

v = 2xy − y 2 − 2y + C1 (x) (3)

où C1 (x) est une fonction réelle de x.


Par substitution de (3) dans (2) on obtient :

2y + C1′ (x) = 2y + 2x − 3,

C1′ (x) = 2x − 3,

C1 (x) = x2 − 3x + c,

où c désigne une constante. D’où de (3)

v(x, y) = 2xy − y 2 − 2y + x2 − 3x + c.

Solution 2.11
10 9 4
a) lim 3zz6 +1
+3
= lim 30z
6z 5
= lim 30z
6
= 5.
z−→i z−→i z−→i
b) lim 1−cos2
z
= lim sin z
= lim cos2 z = 12 .
z−→0 z z−→0 2z z−→0
c) lim 1−cos z cos z
= lim cosz z 1
= 12 .
 
sin z 2
= lim 2z cos z 2 2 cos z 2
z−→0 z−→0 z−→0
Solution 2.12
a) Nous avons f (z) = z+3
z 2 −1
= z+3
(z−1)(z+1)
, puisque :

z+3
lim (z − 1)f (z) = lim = 2 ̸= 0.
z−→1 z−→1 (z + 1)

le point z = 1 est un pôle simple.


De même z = -1 est aussi un pôle simple à cause de :

z+3
lim (z + 1)f (z) = lim = −1 ̸= 0.
z−→−1 z−→−1 (z − 1)

Nous pouvons déterminer δ tel qu’il n’existe pas d’autre singularité que z = 1 dans le
cercle |z − 1| = δ, il suffit de choisir δ = 1, on en déduit que z = 1 est pont singulier isolé.
De la même façon z = −1 est aussi un point singulier isolé.
b) On obtient des singularités pour sin z12 = 0, c.a.d z12 = kπ où z = ± √1kπ , k ∈ Z∗ .


De plus comme g(z) n’est pas définie pour z = 0, ce point est aussi une singularité. De
même, puisque z = 0 est une singularité de g( z1 ) = 1
sin(z 2 )
, z = ∞ est une singularité de

47
2.10. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

g(z).
Les singularités z = ± √1kπ , k ∈ Z∗ sont des pôles simples. Comme nous pouvons
entourer chacune de ces singularités par un cercle de rayon δk n’en contenant pas d’autre,
on en déduit qu’elles sont isolées.
Etant donné que l’on ne peut pas trouver d’entier n tel que lim, on en déduit que
z = 0 est une singularité essentielle. De plus comme tout cercle de rayon δ centré en z = 0
contient d’autres singulariés que z = 0, on en déduit que z = 0 est une singularité non
isolée.

48
2.11. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRE Dr. Lotfi Meddour

2.11 Exercices supplémentaire


Exercice 2.1
Montrer que les fonctions suivantes sont continues sur C :
a) f1 (z) = z
b) f2 (z) = Rez
c) f3 (z) = Imz
d) f4 (z) = ez .
Exercice 2.2
Soit g : C\{0} → C définie par

x y
g(x + iy) = −i 2 .
x2 +y 2 x + y2

La fonction g est-elle holomorphe sur C\{0} ?


Exercice 2.3
Soient z = x + iy et V la fonction définie par

1
V : (x, y) → xy 2 − x3 .
3

1) Montrer que V est harmonique.


2) Trouver une fonction U telle que la fonction complexe f (z) = U (x, y) + iV (x, y)
soit holomorphe.
Exercice 2.4
Soit f (z) = u(x; y) + iv(x; y) une fonction holomorphe sur un ouvert D connexe de C.
Supposons que
c1 u(x; y) + c2 v(x; y) = c3

dans D, tel que c1 , c2 et c3 étant des constantes réelles non toutes nulles.
1) Montrer que f est constante dans D.
1) Monter que La fonction donnée u(x; y) est harmonique dans un domaine approprié
D.
2) Trouver une conjuguée harmonique v(x; y) de u.
Exercice 2.5
Soient f et g deux fonctions holomorphes sur l’ouvert et connexe D. On suppose que
g ̸= 0 sur D et f (z).g(z) ∈ R sur D.
Prouver qu’il existe λ ∈ R tel que f (z) = λg(z),pour tout z ∈ D.

49
CHAPITRE 3

FONCTIONS ÉLÉMENTAIRES

Dans ce chapitre nous étudierons les propriétés principales des diverses fonctions élé-
mentaires complexes, leurs domaines d’analycité et leurs dérivées. Les fonctions complexes
généralisent les fonctions réelles dans le sens où elles peuvent traiter à la fois les nombres
réels et les nombres imaginaires, tout en conservant des propriétés et des concepts simi-
laires aux fonctions réelles, tels que la continuité, la dérivabilité, les points critiques, etc.
Les fonctions complexes sont largement utilisées en mathématiques, en physique et dans
d’autres domaines pour modéliser des phénomènes plus complexes et pour résoudre des
problèmes qui impliquent des nombres complexes.

3.1 Fonction exponentielle


Définition 3.1. La fonction exponentielle complexe est généralement définie comme suit :

ez = ex (cosy + isiny).

z = x + iy ∈ C, où x et y sont des réels, e est la base des logarithmes népériens,


e ≃ 2; 718.

Propriétés

1. ez = 1 si et seulement si z = 2kiπ; k ∈ Z.

2. ez1 = ez2 si et seulement si z1 = z2 + 2kiπ; k ∈ Z.

3. (ez )′ = ez ; pour tout z ∈ C.

4. az = ezlna ; pour tout a > 0.

50
3.2. FONCTION LOGARITHME Dr. Lotfi Meddour

5. Les fonctions exponentielles complexes ont des propriétés analogues à celles des
fonctions exponentielles réelles. Ainsi par exemple ez1 ez2 = ez1 +z2 .

Exemple 3.1. Trouver les solutions de ez = iπ.


On a : ez = ex cosy + iex siny = iπ donc ex cosy = 0 et ex siny = π.
Puisque ex > 0 alors cosy = 0 ⇒ y = ± π2 + 2kπ.
Puisque ex sin(− π2 + 2kπ) = −ex < 0 seules les valeurs y = π
2
+ 2kπ sont admissibles.
Alors, ex sin( π2 + 2kπ) = π ⇒ ex = π ⇒ x = lnπ.
Les solutions sont donc z = lnπ + i( π2 + 2kπ).

Exemple 3.2. La dérivée de la fonctions : ez est donnée par : (2z − 1 −


2 −(1+i)z+3

2 −(1+i)z+3
i)ez .

Remarque 3.1. La fonction exponentielle complexe ez :


— est périodique de période 2πi,
— n’est pas injective comme dans les réels,
— ne s’annule pour aucune valeur complexe.

3.2 Fonction logarithme


Définition 3.2. On défini le logarithme d’une variable complexe non nulle z par :

log z = ln |z| + iargz.

Remarque 3.2. Le symbole argz représente une détermination arbitraire de l’argument


de z. Puisque pour chaque nombre complexe z ̸= 0, argz = Argz + 2kπ; k ∈ Z, Cela
signifie que pour un nombre complexe z, il existe plusieurs valeurs possibles pour log z. Le
logarithme est donc une fonction multivaluée.

Propriétés
Le logarithme d’une variable complexe z possède les propriétés suivantes :
(a) log(z1 z2 ) = log(z1 ) + log(z2 ).
(b) log( zz12 ) = log(z1 ) − log(z2 ).
(c) log(z n ) = n log z.
(d) log(ez ) = z + i2kπ; k ∈ Z.
(e) elog z = z.

Exemple 3.3. Écrire les nombres suivants sous la forme a + ib : (a) log 5. (b) log(−i).
(c) log( 1 + i).

51
3.2. FONCTION LOGARITHME Dr. Lotfi Meddour

(a) log 5 = ln5 + iarg(5) = ln5 + i2kπ, k ∈ Z.


(b) log(i) = ln1 + iarg(i) = i( π2 + 2kπ), k ∈ Z.

(c) log( 1 + i) = ln |1 + i| + iarg(1 + i) = ln 2 + i( π4 + 2kπ), k ∈ Z.

Définition 3.3. La détermination principale de logz est définie par :

Logz = ln |z| + iArgz; z ̸= 0;

où Argz est évidement la détermination principale de argz comprise entre −π <


Argz ≤ π.

Exemple 3.4. .
(a) Log5 = ln5.
(b) Log(i) = π2 i.

(c) Log( 1 + i) = ln 2 + π4 i.
π
(d) ii = eiLogi = ei( 2 i) = e− 2 .
π

Remarque 3.3. En général : Log(z1 z2 ) ̸= Log(z1 ) + Log(z2 ).

Exemple 3.5. Si z1 = z2 = −1 alors : Log(z1 ) = Log(z2 ) = Log(−1) = iπ,


Log(z1 z2 ) = Log(1) = 0, et Log(z1 ) + Log(z2 ) = 2iπ.
d’où Log(z1 z2 ) ̸= Log(z1 ) + Log(z2 ).

Définition 3.4. Une branche d’une fonction à valeurs multiples est une fonction à valeur
unique F qui est analytique dans un domaine à chaque point z et dont la valeur F (z) est
l’une des valeurs de f .

Remarque 3.4. Notez que pour chaque α fixe, la fonction à valeur unique

F (z) = ln |z| + iθ, (α < θ < α + 2π) .

est une branche de la fonction à valeurs multiples log z = ln |z| + iargz.

Remarque 3.5. Notez que la fonction

Logz = ln |z| + iArgz

est la branche principale de log z.

Définition 3.5. Une coupe de branche est une partie d’une ligne ou d’une courbe qui est
introduite afin de définir une branche F d’une fonction à valeurs multiples f . Les points

52
3.3. FONCTIONS TRIGONOMÉTRIQUES ET HYPERBOLIQUESDr. Lotfi Meddour

de la branche coupée pour F sont des points singuliers de F , et tout point commun à
toutes les coupes de branche de f s’appelle un point de branche.

Exemple 3.6. L’origine est évidemment un point de branchement pour les branches de
la fonction logarithmique à valeurs multiples.

3.3 Fonctions trigonométriques et hyperboliques


Définition 3.6. Nous définissons les fonctions trigonométriques ou circulaires, sinus et
cosinus, etc... d’une variable complexe comme à l’aide des fonctions exponentielles de la
manière suivante :
eiz +e−iz eiz −e−iz
(1) cos z = 2
. (2) sin z = 2i
.
2iz 2iz
(3) tan z = −i ee2iz −1
+1
. (4) cot z = i ee2iz −1
+1
.

Remarque 3.6. La plupart des propriétés des fonctions trigonométriques réelles sont
encore valables dans le cas complexe. Ainsi par exemple sin2 z + cos2 z = 1, sin(z1 + z2 ) =
sinz1 cosz2 + cosz1 sinz2 , ....

Remarque 3.7. Contrairement au cas de la variable réelle, les fonctions de la variable


complexe z → sinz et z → cosz ne sont pas bornées car |cos(iy)| → ∞ quand y → ±∞,
|sin(iy)| → ∞ quand y → ±∞.

Corollaire 3.1. Ces fonctions sont entières car ce sont des combinaisons linéaires de
toutes les fonctions eiz et e−iz . D’après les définitions, il en résulte que :
(1) d
dz
sinz = cosz
(2) d
dz
cosz = −sinz

Définition 3.7. Les fonctions hyperboliques sont définies comme suit :


ez +e−z ez −e−z
(1) chz = 2
. (2) shz = 2
.
e2z −1 e2z +1
(3) thz = e2z +1 . (4) coth z = e2z −1
.

Corollaire 3.2. Les fonctions sinhz et coshz sont entières et leurs dérivées sont :
(1) d
dz
shz = chz
(2) d
dz
chz = shz

Propriétés
Les fonctions trigonométriques (ou circulaires) et les fonctions hyperboliques sont liées
par les relations suivantes :
(1) sh(iz) = isinz.

53
3.3. FONCTIONS TRIGONOMÉTRIQUES ET HYPERBOLIQUESDr. Lotfi Meddour

(2) ch(iz) = cosz.


(3) th(iz) = itgz
(4) sin(iz) = ishz.
(5) cos(iz) = chz.
(6) tg(iz) = ithz.
(7) |shz|2 = sh2 x + sin2 y.
(8) |chz|2 = sh2 x + cos2 y.
(9) |sinz|2 = sin2 x + sh2 y.
(10) |cosz|2 = cos2 x + sh2 y.
(11) shz = shx cosy + ichx siny.
(12) chz = chx cosy − ishx siny.
(13) sinz = sinx chy + icosx shy.
(14) cosz = cosx chy − isinx shy.
(15) ch2 z − sh2 z = 1.
(16) sh(z1 + z2 ) = shz1 chz2 + chz1 shz2 .
La démonstration est facile pour la plupart de ces propriétés, voir quelques démons-
tration dans la partie des exercices.
Fonctions trigonométriques et hyperboliques inverses
On défini les fonctions trigonométriques inverses et hyperboliques inverses par :

(1) arcsin z = −i log iz + 1 − z 2 .


(2) arcos z = −i log z + z 2 − 1 .


(3) arctgz = 2i log i+z



i−z
; z ̸= ±i.
(4) arcotgz = 2i log z+i
z−i

; z ̸= ±i .

(5) argshz= log z + z 2 + 1 .


(6) argchz= log z + z 2 − 1 .


(7) argthz= 21 log 1+z



1−z
, z ̸= ±1.
(8) argcothz= 21 log z−1
z+1

, z ̸= ±1.

Exemple 3.7. Déterminer la valeur de arcos 3 et argsh(i).
√ √ √ √ √ 
On a : arcos 3 = −i log 3 + 3 − 1 = −i log 3 + 2

√ √ √  √ √ 
alors arcos 3 = −i ln 3 + 2 + i2kπ = 2kπ − i ln 3 + 2 , k ∈ Z.
 

Et on a : argsh(i) = log i + i2 + 1 = log i = i( π2 + 2kπ), k ∈ Z.


Remarque 3.8. C’est facile de déterminer les dérivées de ces fonctions, par exemple :
(1) d
dz
1
arcsin z = √1−z 2.

(2) d
dz
1
arctgz = z2 +1 .

54
3.4. FONCTIONS PUISSANCES Dr. Lotfi Meddour

(3) d
dz
arg shz = √ 1
z 2 +1
.
(4) d
dz
arg thz = 1
1−z 2
.

Remarque 3.9. On obtient une branche de la fonction multivaluée arcsin z en choisissant


une branche de la racine au carrée puis une branche appropriée de la fonction logarithme.

3.4 Fonctions puissances


Définition 3.8. La fonction puissance w = z α , où α ∈ C est définie par :

z α = eα log z .

En général si z → f (z) et z → g(z) sont deux fonctions données, on peut définir :

f (z)g(z) = eg(z) log f (z) .

où logz est la fonction logarithme multivaluée, de telles les fonctions puissances sont
multiformes.

Remarque 3.10. Si on choisi la branche principale de logz, alors on a

f (z) = z a = eaLogz

et sa dérivée est :
d a
z = az a−1 .
dz
2 ( π +2kπ) π
Exemple 3.8. i−i = e−ilogi = e−i(ln|i|+iarg(i)) = e−i 2 = e 2 +2kπ , k ∈ Z.
π
La détermination principale est : i−i = e 2 .

Remarque 3.11. On a les cas suivants pour la fonction z α :


• z α possède une seule valeur, si α = n ∈ Z.
• z α possède m valeur, si α = n
m
; n, m ∈ Z.
• z α possède une infinité dénombrable de valeurs dans les autres cas.

Remarque 3.12. On a (z α )k = z αk ; α ∈ C, k ∈ Z : Mais (z α )β ̸= z αβ dans le cas général


si α; β ∈ C.
i 2 (− π +2kπ) π
Exemple 3.9. On a ((i)3 ) = (−i)i = ei log(−i1) = ei(ln1+iarg(−i)) = ei 2 = e 2 −2kπ , k ∈
Z.
2 ( π +2kπ) −3π
Mais (i)3i = e3i log(i) = e3i(ln1+iarg(i)) = e3i 2 =e 2
−6kπ
, k ∈ Z.

55
3.5. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

3.5 Exercices
Exercice 3.1
1. Séparer les parties réelles et imaginaires des fonctions suivantes :
a) f (z) = e−z ; b) f (z) = sinz ; c) f (z) = Chz ; d)f (z) = 2z .
2

2. Représenter f en fonctions de z et z :
a) f (z) = x2 − 2y 2 i.
2(x2 +y 2 )−(x+iy)
b) f (z) = 4(x2 +y 2 )−4x+1
.

Exercice 3.2
1. Ecrire sous la forme a + ib .
(a) log(−1); (b) log(1 + i) ; (c) log(−2) ; (d) log(i).
2. Calculer la détermination principale du logarithme complexe Log z pour :(a), (b)
et (c).
3. Pour z1 = z2 = −1, Calculer Log(z1 ), Log(z2 ) et Log(z1 z2 ).Que peut-on conclure ?

Exercice 3
Trouver les domaines de définitions des fonctions suivantes :
a) f (z) = 1
z 2 −z+1
.
b) f (z) = √1
z z 2 +1
.
c)f (z) = i
z 4 −1
.

Exercice 3.4
Démontrer les relations suivantes :
a) |sinz| = Ch2 y − cos2 x.
p

b) |Shz| = Ch2 x − cos2 y.


p

Exercice 3.5 Montrer les propriétés suivantes :


a)sinh(iz) = isinz
b) sin(iz) = isinhz
c) cosh(iz) = cosz
d) cos(iz) = coshz
Exercice 3.6 Montrer que :
1) cos(z1 + z2 ) = cosz1 cosz2 − sinz1 sinz2 .
2) coshz = (coshx cosy) + i(sinhx siny).

56
3.5. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

3) e2z+i + eiz
2
≤ e2x + e−2xy .

Exercice 3.7 Factoriser les polynômes suivants complètement.


a) z 5 + (2 + 2i)z 4 + 2iz 3 .
b) z 4 − 16.

Exercice 3.8
Trouver toutes les solutions des équations suivantes :
a) ez = 2.
b) ez = −3.
c) ez = 4i.

57
3.6. SOLUTION DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

3.6 Solution des exercices


Solution 3.1
1.
a)

f (z) = e−z = e−(x+iy) = e−x e−iy = e−x (cosy − isiny) = e−x cosy − ie−x siny.

b)
eiz − e−iz ei(x+iy) − e−i(x+iy) e−y+ix − ey−ix
f (z) = sinz = = =
2i 2i 2i

e−y (cos x + i sin x) − ey (cos x − i sin x) (e−y − ey ) cos x (e−y + ey ) sin x


= = +i
2i 2i 2i

(e−y − ey ) (e−y + ey )
= cos x + i sin x = Chysinx + iShycosx.
2i 2i
c)
f (z) = Chz = Ch(x + iy) = ChxCh(iy) + ShxSh(iy)

En notant que :
Ch(iy) = cosyetSh(iy) = isiny,

on obtient :
f (z) = Chxcosy + iShxsiny.

d)
2 2 Log(2) 2 (ln(2)+2ikπ)
f (z) = 2z = ez = e(x+iy) ;k ∈ Z

2 −y 2 +2ixy)(ln(2)+2ikπ) 2 −y 2 )ln(2)−4kπxy+2i[(x2 −y 2 )kπ+xyln2


= e(x = e(x ]

2 −y 2 )ln(2)−4kπxy
= e(x [cos[2(x2 − y 2 )kπ + 2xyln2] + isin[2(x2 − y 2 )kπ + 2xyln2]]

Pour la détermination principale (k = 0)

2 −y 2 )
f (z) = 2(x [cos(2xyln2) + isin(2xyln2)].

2.Ecrivant f en fonction de z :
On a f (z) = x2 − 2y 2 i.

58
3.6. SOLUTION DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

on a :
1 1
x = Re(z) = (z + z) , y = Im(z) = (z − z) .
2 2i
Alors : a)
 2  2
1 1
f (z) = (z + z) − 2 (z − z) i,
2 2i
 2  2
1 1
f (z) = (z + w) − 2 (z − w) i,
2 2i
1 1 1 1 1
f (z) = z 2 + zz + z 2 + iz 2 + izz − iz 2 ,
4 2 4 2 2
     
1 1 2 1 1 1
f (z) = + i z + − i zz + + i z2.
4 2 2 4 2
b)
2(x2 + y 2 ) − (x + iy) 2zz − z
f (z) = =
4(x2 + y 2 ) − 4x + 1 4zz − 2z − 2z + 1
Solution 3.2
1. Ecrivant les fonctions sous la forme a + ib :
a) log(−1) = ln1 + iarg(−1) = i(2k + 1)π.

b) log(1 + i) = ln |1 + i| + iarg(1 + i) = ln 2 + i( π4 + 2kπ).
c) log(−2) = ln2 + i arg(−2) = ln2 + i (π + 2kπ) .
d) log(i) = ln |i| + i arg(i) = i π2 + 2kπ .


2. La détermination principale pour (a), (b) et (c) :


a) Log(i) = ln |i| + iArg(i) = i π2 .

b) Log(1 + i) = ln |1 + i| + iArg(1 + i) = ln 2 + i π4
c) Log(−2) = ln2 + iArg(−2) = ln2 + iπ.
3. Calculant Log(z1 ), Log(z2 ) et Log(z1 z2 ) :
• Log(z1 ) = Log(z2 ) = Log(−1) = ln |−1| + iArg(−1) = iπ,
• Log(z1 z2 ) = Log(1) = ln |1| + iArg(1) = 0.
• Log(z1 ) + Log(z2 ) = 2iπ.
Donc en général : Log(z1 z2 ) ̸= Log(z1 ) + Log(z2 ).

Solution 3.3
a) f (z) = 1
z 2 −z+1
,
Df = z ∈ C/z 2 − z + 1 ̸= 0. ,


( √ √ )
1 3 1 3
Df = z ∈ C/z ̸= + iet z ̸= − i. ,
2 2 2 2

59
3.6. SOLUTION DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

( √ √ )
1 3 1 3
Df = C\ + i, − i .
2 2 2 2

b) f (z) = √1
z z 2 +1
,
Df = z ∈ C/z ̸= 0 ∧ z 2 + 1 ̸= 0 ,


Df = {z ∈ C/z ̸= 0 ∧ z ̸= i ∧ z ̸= −i} ,

Df = C∗ \ {−i, i} .

c) f (z) = i
z 4 −1
,
Df = z ∈ C/z ̸= 0 ∧ z 4 − 1 ̸= 0 ,


Df = {z ∈ C/z ̸= 1 ∧ z ̸= 1 ∧ z ̸= −i ∧ z ̸= i} ,

Df = C \ {−1, 1, −i, i} .

Solution 3.4
a) Nous allons utiliser la propriété |w|2 = ww.

eiz − e−iz e−iz − eiz


  
2
|sinz| = sinzsinz = ,
2i −2i

ei(z−z) − ei(z−+z) − e−i(z+z) + e−i(z−z)


2
|sinz| = ;
4
Puisque z − z = 2iy et z + z = 2x, on a :

e−2y − ei2x − e−i2x + e2y


|sinz|2 = ,
4

e−2y + e2y ei2x + e−i2x


 
12
|sinz| = − ,
2 2 4
1
|sinz|2 = (Ch2y − cos2x) ;
2
En utilisant les transformations : Ch(2y) = 2Ch2 y − 1 et cos(2x) = 2cos2 x − 1,

1
|sinz|2 = 2Ch2 y − 1 − 2cos2 x + 1 ,

2

|sinz|2 = Ch2 y − cos2 x;

Alors
p
|sinz| = Ch2 y − cos2 x.

60
3.6. SOLUTION DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

b)
Shz = Sh(x + iy),
e(x+iy) − e−(x+iy)
Shz = ,
2
ei(−xi+y) − e−i(−ix+y)
Shz = i ,
2i
Shz = i sin(y − xi).

D’aprés la relation a) on obtient :

|Shz| = |isin(y − ix)| = |sin(y − ix)| ,

p
|Shz| = Ch2 (−x) − cos2 y,
p
|Shz| = Ch2 x − cos2 y.

Solution 3.5
eiz −e−iz iz −iz
a)sinh(iz) = 2
= i e −e2i
= isinz.
−z z z −z z −z z −e−z
b) sin(iz) = e 2i−e = − e −e 2i
= i2 e −e
2i
= ie 2
= isinhz
iz −iz iz −iz
c) cosh(iz) = e +e 2
= e +e 2
= cosz
−z z
d) cos(iz) = e 2+e = coshz

Solution 3.6
1) cos(z1 + z2 ) = cosz1 cosz2 − sinz1 sinz2 .

eiz1 + e−iz1 eiz2 + e−iz2 eiz1 − e−iz1 eiz2 − e−iz2


cosz1 cosz2 − sinz1 sinz2 = ( )( )−( )( )
2 2 2i 2i

1
(eiz1 + e−iz1 )(eiz2 + e−iz2 ) + (eiz1 − e−iz1 )(eiz2 − e−iz2 )

=
4
1 iz1 iz2
e e + e−iz1 e−iz2

cosz1 cosz2 − sinz1 sinz2 =
2
1 i(z1 +z2 )
+ e−i(z2 +z1 )

cosz1 cosz2 − sinz1 sinz2 = e
2
cosz1 cosz2 − sinz1 sinz2 = cos(z1 + z2 )

2)coshz = (coshxcosy) + i(sinhxsiny).

ex + e−x eiy + e−iy ex − e−x eiy − e−iy


(coshxcosy) + i(sinhxsiny) = ( )( )−( )( )
2 2 2i 2i

61
3.6. SOLUTION DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

ex eiy + e−x e−iy


(coshxcosy) + i(sinhxsiny) =
2
ex+iy + e−x−iy
(coshxcosy) + i(sinhxsiny) =
2

(coshxcosy) + i(sinhxsiny) = coshz

3) e2z+i + eiz
2
≤ e2x + e−2xy .
On a |e2z+i | = e2x et |eiz2 | = e−2xy .
et on a
2 2
e2z+i + eiz ≤ e2z+i + eiz

alors

2
e2z+i + eiz ≤ e2x + e−2xy

Solution 3.7
a) z 5 + (2 + 2i)z 4 + 2iz 3 = z 3 (z + (1 + i))2 .
b) z 4 − 16 = (z − 2) (z + 2) (z + 2i) (z − 2i) .

Solution 3.8
a) ez = 2
on a
ex (cosy + isiny) = 2

on obtient x = ln 2 puis cosy + isiny = 1


entraîne y = 2kπ; k ∈ Z.
alors

z = ln 2 + i2kπ; k ∈ Z.

b) ez = −3
on a
ex (cosy + isiny) = −3

on obtient x = ln 3 puis cosy + isiny = −1


entraîne y = (2k + 1) π; k ∈ Z.

62
3.6. SOLUTION DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

alors

z = ln 3 + i (2k + 1) π; k ∈ Z.

c) ez = 4i
on a
ex (cosy + isiny) = 4i

on obtient x = ln 4 puis cosy + isiny = i


entraîne y = π
2
+ 2kπ; k ∈ Z.
alors

π 
z = ln 4 + i + 2kπ ; k ∈ Z.
2

63
3.7. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRE Dr. Lotfi Meddour

3.7 Exercices supplémentaire


Exercice 3.1
Déterminer si les fonctions suivantes sont analytiques.
1. f1 (z) = 3 |z|2 − 2z.
2. f2 (z) = zez .
3. f3 (z) = |z| + iRez.
4. f4 (z) = (4x2 + 5x − 4y 2 + 9) + i(8xy + 5y − 1).
5. f (z) = ex cosy + iex siny.
Exercice 3.2
Soient f et g deux fonctions holomorphes sur l’ouvert et connexe D. On suppose que
g ̸= 0 sur D et f (z)g(z) ∈ R sur D.
Prouver qu’il existe λ ∈ R tel que f (z) = λg(z), pour tout z ∈ D.
Exercice 3.3
Soit z = x + iy où x et y sont deux réels et soit la fonction

f (z) = ax2 − y 2 + ibxy.

Déterminer les constantes réelles a et b pour que la fonction f (z) soit holomorphe.
Exercice 3.3
Soit la fonction
g(z) = ze−z .

- Mettre g(z) sous la forme u(x, y) + iv(x, y).


- Vérifier que u et v vérifient les conditions de Cauchy-Riemann.
Exercice 3.4
Soit f la fonction de la variable complexe z = x + iy où x et y sont deux réels et
f (z) = u(x, y) + iv(x, y). Supposons que u soit la fonction définie dans R2 par

u(x, y) = x4 − 6x2 y 2 + y 4 .

Déterminer la fonction v telle que la fonctionf soit holomorphe.

Exercice 3.5
1. Montrer que la fonction

v(x, y) = 2xy − y 2 − 2y + x2 − 3x

64
3.7. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRE Dr. Lotfi Meddour

est harmonique.
2. Soit z = x + iy, trouver une fonction u(x, y) telle que la fonction complexe f (z) =
u(x, y) + iv(x, y) soit holomorphe.
Exercice 3.6
Soit z = x + iy où x et y sont deux réels et soit la fonction

f (z) = x2 + axy + by 2 + i(cx2 + dxy + y 2 ).

Pour quelles valeurs de a, b, c et d, la fonction f est holomorphe sur C ?


Exercice 3.7
On pose γ(z) = y + ix. Soient D un ouvert de C avec γ(D) ⊂ D, f holomorphe sur D
et g : C → C, telle que g(z) = f (γ(z)).
1. Montrer que g est holomorphe sur D.
2. Montrer que u(x; y) = e−x (xsiny − ycosx) est harmonique.
3. Déterminer v(x; y) telle que f (z) = u(x; y) + iv(x; y) soit holomorphe avec f (0) = 0.
4. Donner l’expression de f en fonction de z par trois méthodes différentes.

65
CHAPITRE 4

INTÉGRATION COMPLEXE

L’intégration complexe est une puissante extension de l’intégration réelle qui offre des
outils puissants pour résoudre des problèmes mathématiques complexes et pour analyser
les propriétés des fonctions analytiques. Ses applications couvrent un large éventail de
domaines scientifiques et techniques. Les méthodes d’intégration des fonctions complexes
et leurs théories sont abordées dans ce chapitre.

4.1 Chemins dans le plan complexe


Définition 4.1. Un chemin ou courbe de classe C k de C est défini comme étant une
fonction de classe C k d’un intervalle réel I = [a; b], a < b, vers le plan complexe C par
γ(t) = x(t) + iy(t). Ses points initial et final sont z0 = γ(a) et z1 = γ(b).

Remarque 4.1. 1. Si γ(a) = γ(b), on dit que γ est un chemin fermé.


2. On dit qu’un chemin est simple si ne se recoupe pas lui-même.
3. Toute chemin fermée et simple, est appelée chemin de Jordan.

Définition 4.2. L’image C = {γ(t) ∈ C; t ∈ [a; b]} s’appelle support de γ ou courbe dans
le plan complexe C paramétrée par la fonction γ : t → γ(t).

Définition 4.3. Soient z0 ; z1 ∈ C, on définit le segment joignant z0 et z1 par

γ(t) = z0 + t(z1 − z0 ); 0 ≤ t ≤ 1.

ou
γ(t) = (1 − t)z0 + tz1 ; 0 ≤ t ≤ 1.

66
4.2. INTÉGRATION LE LONG D’UN CHEMIN Dr. Lotfi Meddour

où γ(0) = z0 , γ(1) = z1 .

Définition 4.4. On définit, le chemin d’un cercle de centre 0 et de rayon 1, par

γ : [0; 2π] → C

t → γ(t) = eit = cost + isint

Et le cercle de centre a et de rayon r est paramétré par γ(t) = a + reit .

Définition 4.5. γ est dit chemin différentiable si x(t) et y(t) sont continûment différen-
tiables sur [a; b].

Définition 4.6. On dit que γ est un chemin différentiable par morceaux, s’il existe une
subdivision de [a; b] (a0 = a < t1 < t2 ... < tn = b) tel que γ est un chemin différentiable
sur chaque intervalle [ti ; ti+1 ].

4.2 Intégration le long d’un chemin


Définition 4.7. Soit D un domaine non vide dans C et f : D → C une fonction complexe.
Si C est une courbe paramétrée par

γ : [a; b] → D
t → γ(t) = x(t) + iy(t).

On définit l’intégrale de f le long du chemin C comme suit :


Z Z b
f (z)dz = f (γ(t))γ ′ (t)dt.
C a

Exemple 4.1. Soit C = γ(t) ∈ C tel que γ(t) = eit ; 0 ≤ t ≤ π



8

Évaluons l’intégrale C z 3 dz
R

On a dz = γ ′ (t)dt = ieit dt. Alors


Z Z π Z π
8 8
3 3it it
z dz = e ie dt = ie4it dt
C 0 0

Z   π8
1 1 1
z dz = e4it
3
= − + i.
C 4 0 4 4
Remarque 4.2. Si la courbe est fermée et orientée dans le sens inverse des aiguilles
d’une montre on note f (z)dz au lieu de C f (z)dz.
H R

67
4.2. INTÉGRATION LE LONG D’UN CHEMIN Dr. Lotfi Meddour

Proposition 4.1. Soit C = {γ(t) ∈ C; a ≤ t ≤ b} est un chemin différentiable inclus dans


un domaine D de C, f et g sont des fonctions complexes continues dans D, C1 et C2 sont
des chemins joints bout à bout, alors,
(1) kf (z)dz = k C f (z)dz ; pour tout k ∈ C.
R R
C

(2) C [f (z) + g(z)] dz = C f (z)dz + C g(z)dz.


R R R

(3) −C f (z)dz = − C f (z)dz.


R R

(4) C1 ∪C2 f (z)dz = C1 f (z)dz + C2 f (z)dz.


R R R

Démonstration. On donne la démonstration de la propriété (1), les autres sont laissées


comme exercices. D’après la proposition précédente,
Z Z b
kf (z)dz = kf (γ(t))γ ′ (t)dt.
C a

Z Z b
f (z)dz = k f (γ(t))γ ′ (t)dt.
C a
Z Z
f (z)dz = k f (z)dz.
C C

Remarque 4.3. Pour la proprieté (4) on a C1 et C2 sont des chemins joints bout à bout,
c-a-d, C1 = {γ1 (t) ∈ C; a1 ≤ t ≤ b1 } ; C2 = {γ2 (t) ∈ C; a2 ≤ t ≤ b2 } et

C1 ∪ C2 = {γ1 (t) ou γ2 (t)\ γ1 (b1 ) = γ2 (a2 )} .

Exemple 4.2. Évaluons zdz où C est la courbe formée des segments joignant −i à 3i
R
C

et 3i à 3 + 3i.
Soit C1 = {(4t − 1)i ∈ C; 0 ≤ t ≤ 1} le segment joignant −i à 3i C2 = {3t + 3i ∈ C; 0 ≤ t ≤ 1}
le segment joignant 3i à 3 + 3i
Sur le segment C1 , on a γ(t) = (4t − 1)i, dz = γ ′ (t)dt = 4idt. Alors
Z Z 1 Z 1 1
(16t − 4) dt = 8t2 − 4t 0 = 4.

zdz = −(4t − 1)i4idt =
C 0 0

Sur le segment C2 , on a γ(t) = 3t + 3i, dz = γ ′ (t)dt = 3dt. Alors


Z Z 1 Z 1 1 
9 2 9
zdz = (3t − 3i)3dt = (9t − 9i) dt = t − 9it = − 9i.
C 0 0 2 0 2

Alors, Z Z Z
9 17
zdz = zdz + zdz = 4 + − 9i = − 9i.
C C1 C2 2 2

68
4.2. INTÉGRATION LE LONG D’UN CHEMIN Dr. Lotfi Meddour

Définition 4.8. Soit C une courbe paramétrée par un chemin de classe C 1

γ : [a; b] → D
t → γ(t) = x(t) + iy(t).

La longueur LC de la courbe C est définie comme étant


Z b Z bq
LC = ′
|γ (t)| dt = (x′ (t))2 + (y ′ (t))2 dt.
a a

Exemple 4.3. Trouver la longueur du segment joignant −i à 3 + 3i


C1 = {γ(t) = 3t + (4t − 1) i ∈ C; 0 ≤ t ≤ 1}
Z 1 q
LC = (3)2 + (4)2 dt = [5t]10 = 5.
0

Théorème 4.1. (d’estimation) Soit C un courbe de longueur LC , et supposons qu’une


fonction f soit continue par morceaux sur C. Si M est une constante non négative telle
que |f (z)| ≤ M pour tous les points sur C, alors
Z Z
f (z)dz ≤ |f (z)| |dz| ≤ M.LC
C C

Démonstration. Soit C = {γ(t) ∈ C; a ≤ t ≤ b} , On a


Z Z b
f (z)dz = f (γ(t))γ ′ (t)dt.
C a

Z Z b
f (z)dz = f (γ(t))γ ′ (t)dt.
C a
Z Z b
f (z)dz ≤ |f (γ(t))| |γ ′ (t)| dt.
C a
Z Z b
f (z)dz ≤ M |γ ′ (t)| dt.
C a
Z Z b
f (z)dz ≤ M |γ ′ (t)| dt.
C a
Z
f (z)dz ≤ M.LC
C

ez 8πe4
Exemple 4.4. Montrons que tel que C = {γ(t) = 4eit ∈ C; 0 ≤ t ≤ 2π}
R
C z+1
dz ≤ 3
,

69
4.3. THÉORÈME DE CAUCHY Dr. Lotfi Meddour

La longueur du chemin C est :


Z b
LC = 4ieit dt = [4t]2π
0 = 8π.
a

De plus
|z + 1| ≥ |z| − 1 = 4 − 1 = 3

et
|ez | ≤ e4

donc
ez e4

z+1 3
alors
ez 8πe4
Z
dz ≤ .
C z+1 3

4.3 Théorème de Cauchy


En 1825, le mathématicien français Louis-Augustin Cauchy a démontré l’un des théo-
rèmes les plus importants dans l’analyse complexe.

Théorème 4.2. Si une fonction f est analytique dans un domaine simplement connexe
D ⊂ C, alors Z
f (z)dz = 0
C
Démonstration. Voir ref [10],[8]. ■

Exemple 4.5. Soit C = {γ(t) ∈ C tel que γ(t) = 2eit ; 0 ≤ t ≤ 2π}


vérifions que C z 3 dz = 0.
R

On a dz = γ ′ (t)dt = 2ieit dt, alors


Z Z 2π Z 2π
3 3it it
z dz = e ie dt = ie4it dt
C 0 0

Z 2π 
1 4it
3 1 1
z dz = e = − = 0.
C 4 0 4 4
Corollaire 4.1. Soient C et C1 , les contours fermés simples orientés positivement, C
étant intérieur à C1 . Si une fonction f est analytique dans la région fermée constituée de
ces contours et de tous leurs points entre eux, alors
Z Z
f (z)dz = f (z)dz
C C1

70
4.3. THÉORÈME DE CAUCHY Dr. Lotfi Meddour

Figure 4.1

Démonstration. Effectuons la coupure E1 E2 . La fonction f étant holomorphe dans D,


nous avons d’aprés le théorème de Cauchy

Figure 4.2

Z
f (z)dz = 0,
E1 A1 A2 E1 E2 B2 B1 E2 E1

alors
Z Z Z Z
f (z)dz + f (z)dz + f (z)dz + f (z)dz = 0,
E1 A1 A2 E1 E1 E2 E2 B2 B1 E2 E2 E1

comme Z Z
f (z)dz = − f (z)dz,
E1 E2 E2 E1

on déduit que
Z Z Z
f (z)dz = − f (z)dz = f (z)dz,
E1 A1 A2 E1 E2 B2 B1 E2 E2 B1 B2 E2

alors Z Z
f (z)dz = f (z)dz.
C C1

C.Q.F.D. ■

71
4.4. PRIMITIVES ET INTÉGRATION Dr. Lotfi Meddour

Exemple 4.6. Soit C = {γ(t) ∈ C tel que γ(t) = 2 cos t + i3 sin t; 0 ≤ t ≤ 2π}
Évaluons l’intégrale z1 dz
H
C
On a La fonction z → 1
z
est holomorphe dans le domaine limité par les courbes C et
C1 et sur ces courbes, où C1 est le cercle de centre 0 et de rayon 1.

C1 = γ(t) ∈ C tel que γ(t) = eit ; 0 ≤ t ≤ 2π




Alors d’après la corollaire précédente


I I Z 2π
1 1 1 it
dz = dz = it
ie dt = [it]2π
0 = 2πi.
z z 0 e
C C

Indice d’un point par rapport à une courbe fermée

Définition 4.9. Soit C une courbe fermée et z0 ∈


/ C. On appelle l’indice du point z0 par
rapport à C, le nomber I
1 1
Ind(z0 ; C) = dz.
2πi z − z0
C

Exemple 4.7. Soient C = {γ(t) = 3 + eit ; 0 ≤ t ≤ 6π} on a


I Z 2π
1 1 1 it 1
Ind(3; C) = dz = ie dt = [it]6π = 3.
2πi z−3 0 eit 2πi 0
C

Remarque 4.4. L’indice est une quantité qui mesure le nombre de tours algébrique réalisé
par la courbe autour du point z0 et donc Ind(z0 ; C) est un nombre entier. Si Ind(z0 ; C)
est positif, les tours se font dans le sens positif, sinon Ind(z0 ; C) est négatif.

4.4 Primitives et intégration


Définition 4.10. Soit f : D → C une fonction complexe holomorphe. On dit que F :
D → C est une primitive de f sur D si F ′ = f .

Exemple 4.8. La fonction F (z) = z 2 − 3ez est une primitive de f (z) = 2z − 3ez .

Théorème 4.3. Supposons D ⊂ C est un domaine et que f : D → C est holomorphe,


F : D → Cest une primitive de f sur D. Si z0 et z1 sont deux points quelconques de D ;
alors pour toute courbe C de point initial z0 et de point final z1 , on a
Z Z z1
f (z)dz = f (z)dz = [F (z)]zz10 = F (z1 ) − F (z0 ) .
C z0

72
4.5. FORMULE INTÉGRALE DE CAUCHY Dr. Lotfi Meddour

Démonstration. Devoir. ■

Remarque 4.5. Ce résultat est conséquence du théorème de Cauchy et signifie que si f


est holomorphe alors la valeur de l’intégrale est indépendante du chemin suivi pour aller
de z0 à z1 .

Exemple 4.9. Dans l’exemple 4.3 on a C z 3 dz = 14 − 14 i.


R

tel que C = γ(t) ∈ C tel que γ(t) = eit ; 0 ≤ t ≤ π8 .



π
On a z0 = γ(0) = 1 et z1 = γ( π8 ) = ei 8 , et z → 14 z 4 est une primitive de z → z 3 , alors

Z  ei π8
1 1 1
z 3 dz = z 4 = − i.
C 4 1 4 4

Remarque 4.6. La recherche d’une primitive pour calculer des intégrales complexes peut
parfois être complexe ou impossible.

4.5 Formule intégrale de Cauchy


la formule intégrale de Cauchy, également connue sous le nom de première formule
intégrale de Cauchy, est un résultat fondamental en analyse complexe. Elle établit une
relation entre les valeurs d’une fonction analytique à l’intérieur d’un contour fermé simple
et les valeurs de cette fonction sur le contour lui-même.

Théorème 4.4. Soit f une fonction analytique partout à l’intérieur et sur un simple
contour fermé C, pris dans le sens positif. Si z0 est un point quelconque à l’intérieur de
C, alors I
1 f (z)
f (z0 ) = dz.
2πi z − z0
C

Démonstration. Soit Cr un cercle orienté positivement |z − z0 | = r, où r est suffisamment


petit pour que Cr soit àl’intérieur de C.

Cr = γ(t) = z0 + reit ; 0 ≤ t ≤ 2π .


Alors, le quotient f (z)


z−z0
est analytique entre et sur les contours Cr et C. Par conséquent,
nous avons I I
f (z) f (z)
dz = dz.
z − z0 z − z0
C Cr

73
4.5. FORMULE INTÉGRALE DE CAUCHY Dr. Lotfi Meddour

On a dz = ireit dt et l’intégrale sur Cr devient

2π 2π
f (z0 + reit ) it
I Z Z
f (z)
dz = ire dt = i f (z0 + reit )dt,
z − z0 0 reit 0
Cr

de sorte que I Z 2π
f (z)
dz = i f (z0 + reit )dt,
z − z0 0
C

En prenant la limite des deux membres et en utilisant la continuité de f , on obtient


I Z 2π Z 2π Z 2π
f (z) it it
dz = ilim f (z0 + re )dt = i limf (z0 + re )dt = i f (z0 )dt,
z − z0 r→0 0 0 r→0 0
C

alors I
f (z)
dz = 2πif (z0 ),
z − z0
C

On a donc le résultat demandé


I
1 f (z)
f (z0 ) = dz.
2πi z − z0
C

Théorème 4.5. (Formule intégrale de Cauchy pour les dérivées) Soient D ⊂ C un do-
maine et f : D → C une fonction holomorphe. Alors sa dérivée f ′ : D → C est holo-
morphe. De plus, si C un chemin fermé contenu ainsi que son intérieur dans D, pour
tout z dans l’intérieur de C,
I
′ 1 f (z)
f (z0 ) = dz.
2πi (z − z0 )2
C

Démonstration. Soit h ∈ C∗ tel que z0 + h reste dans l’intérieur du cercle Γr centré en z0


et de rayon r. On a donc
 
f (z0 + h) − f (z0 )
I I
1 1 f (z) 1 f (z)
=  dz − dz  .
h h 2πi (z − z0 − h) 2πi (z − z0 )
Γr Γr

Alors
f (z0 + h) − f (z0 )
I
1 f (z)
= dz.
h 2πi (z − z0 − h) (z − z0 )
Γr

74
4.5. FORMULE INTÉGRALE DE CAUCHY Dr. Lotfi Meddour

laissant h → 0, ce qui montre que,


I
′ 1 f (z)
f (z0 ) = dz.
2πi (z − z0 )2
Γr

La démonstration de la relation
I I
f (z) f (z)
dz = dz.
(z − z0 )2 (z − z0 )2
Γr C

se fait comme dans le théorème précédent. C.Q.F.D. ■

Remarque 4.7. Par récurrence sur n, on voit par un raisonnement semblable que l’on a
pour la nième dérivée f (n) et sous les mêmes hypothèses, la relation
I
(n) n! f (z)
f (z0 ) = dz.
2πi (z − z0 )n+1
C

z 2 +1
Exemple 4.10. Calculons ou C = z ∈ C : |z + 1| = 1
R 
z(z+1)
dz, 2
.
C
z0 = 0 est un point singulier à l’extérieur de C.
z1 = −1 est un point singulier à l’intérieur de C.
z 2 +1
Soit f (z) = z
une fonction holomorphe sur le cercle C et à l’intérieur de C.
.D’après la formule intégrale de Cauchy :
Z
1 f (z)
f (−1) = dz,
2πi z+1
C

comme f (−1) = −2, alors


z2 + 1
Z
dz = −4πi.
z (z + 1)
C

cos( π z )
dz, où C = {z ∈ C : |z| = π} .
R
Exemple 4.11. (z−1)3
C
z1 = 1 est un point singulier à l’intérieur de C.

Soit g(z) = cos ( π z) une fonction holomorphe sur le cercle C et à l’intérieur de C.
D’après la formule intégrale de Cauchy :
Z
2! g(z)
g”(1) = dz.
2πi (z − 1)3
C

75
4.5. FORMULE INTÉGRALE DE CAUCHY Dr. Lotfi Meddour


comme g”(1) = −π cos ( π) , alors

√ 
Z
cos (2πz) 2
3 dz = −π i cos π .
(z − 1)
C

Inégalité de Cauchy

Théorème 4.6. Soit f une fonction holomorphe à l’intérieur et sur un cercle C orienté
positivement, centré sur z0 et de rayon r, alors f (z) est développable en série entière sur
ce disque, de plus on a l’inégalité :

n!M
f (n) (z0 ) ≤ , n = 0; 1; 2; ...
rn

où M est une borne supérieure de |f (z)| sur C .

Démonstration. On a d’après la formule intégrale de Cauchy pour les dérivés, nous avons
I
(n) n! f (z)
f (z0 ) = dz, n = 0; 1; 2; ...
2πi (z − z0 )n+1
C

Comme |z − z0 | = r sur C et la longueur de C est 2πr, En appliquant le théorème


d’estimation, on voit que

I
(n) n! f (z) n! M n!M
f (z0 ) ≤ n+1 dz ≤ 2πr = .
2π (z − z0 ) 2π rn+1 rn
C

Théorème de Liouville
Nous utilisons maintenant l’inégalité de Cauchy pour prouver qu’aucune fonction en-
tière n’est bornée dans le plan complexe, à l’exception d’une constante.

Théorème 4.7. Si une fonction f est entière et bornée dans le plan complexe, alors f (z)
est nécessairement une constante dans tout le plan complexe.

Démonstration. Soit f (z) une fonction entière et bornée alors

∃M > 0 : |f (z)| ≤ M ; ∀z ∈ C.

D’après l’inégalité de Cauchy pour tout choix de z0 ∈ C, on a

M
|f ′ (z0 )| ≤ →0 quand r → ∞.
r
76
4.5. FORMULE INTÉGRALE DE CAUCHY Dr. Lotfi Meddour

Donc |f ′ (z0 )| = 0 pour tout z0 ∈ C ce qui montre que f est une fonction constante. ■

Remarque 4.8. Les fonction exp ; cos ; sin ; sinh et cosh sont des fonctions entières et
non constantes, ne peuvent donc être bornées. Le théorème de Liouville est faux sur l’axe
réel. En effet, les mêmes fonctions de la variable réelle cette fois sont entières et bornées
sur R sans être constantes.

Théorème fondamental d’algèbre (D’Alembert-Gauss)

Théorème 4.8. Tout polynôme non constant à coefficients complexes admet au moins
une racine complexe.

Démonstration. Supposons que P (z) ne soit nul pour aucune valeur de z. Alors l’inverse
f (z) = 1
P (z)
est une fonction entière et elle est également bornée dans le plan complexe.
Par conséquent, f doit être constante d’après le théorème de Liouville. Cela entraîne que
P est aussi constant qui constitue une contradiction. Cette contradiction montre qu’il
existe au moins un point z0 tel que P (z0 ) = 0. ■

Remarque 4.9. Par récurrence sur le degré et division euclidienne, ce résultat entraîne
qu’un polynôme de degré n admet exactement n racines complexes, comptées avec leurs
multiplicités.

Théorème de Morera
Le Théorème de Morera est une réciproque partielle du Théorème de Cauchy. Alors que
le Théorème de Cauchy établit des propriétés fondamentales des fonctions holomorphes,
le Théorème de Morera fournit une condition sous laquelle une fonction continue peut
être garantie d’être holomorphe.

Théorème 4.9. Supposons que f est continue sur un domaine simplement connexe D et
I
f (z)dz = 0.
C

pour tout contour fermé C de D. Alors f est analytique sur D.

Démonstration. Puisque f est continue alors elle admet une primitive


Z z1
F (z) = f (s)ds pour tout z ∈ D;
z0

où z0 est un point fixe à l’intérieur de D. Donc F est analytique dans D et par conséquent
sa dérivée f est aussi analytique. ■

77
4.5. FORMULE INTÉGRALE DE CAUCHY Dr. Lotfi Meddour

Corollaire 4.2. Si f une fonction continue dans un domaine connexe D, telle que il existe
une courbe fermée C dans D dont l’intégrale f (z)dz est non nulle, alors la fonction f
H
C
n’admet pas de primitives holomorphe sur D.

Exemple 4.12. Soit f la fonction définie sur C∗ par f (z) = z1 .


Si on intègre la fonction f le long du cercle Cr ; r > 0 paramétré par le chemin t →
z(t) = reit avec t ∈ [0; 2π], on trouve
I Z 2π Z 2π
1 1
dz = it
rieit dt = idt = 2πi.
z 0 re 0
Cr

Puisque l’intégrale 1
est non nulle, on déduit que la fonction f n’admet pas de
H
z
dz
Cr
primitive holomorphe sur C∗ malgré elle est holomorphe sur C∗ .Effectivement sa fonction
primitive z → F (z) = Logz n’est pas holomorphe sur C∗ .

Formule de la moyenne

Théorème 4.10. Supposons que f est analytique sur un domaine simplement connexe D
et que C(z0 ; r) ⊂ D, alors
Z 2π
1
f (z0 ) = f (z0 + reit )dt.
2π 0

Démonstration. Soit γ(t) = z0 + reit , avec 0 ≤ t ≤ 2π une paramétrisation du cercle


C(z0 ; r). La formule de Cauchy nous donne

2π 2π
f (z0 + reit ) it
I Z Z
1 f (z) 1 1
f (z0 ) = dz = it
rie dt = f (z0 + reit )dt.
2πi z − z0 2πi 0 re 2π 0
C

Le principe du module maximum


Une des conséquences importantes du théorème de Cauchy est le résultat connu sous
le nom du principe du module maximum qui a des conséquences importantes et des
applications dans divers domaines des mathématiques et de la physique, notamment en ce
qui concerne l’étude des zéros des fonctions analytiques et la démonstration de propriétés
géométriques des fonctions holomorphes.

Théorème 4.11. Si une fonction f est analytique et non constante dans un domaine
donné D, alors |f (z)| n’a pas de valeur maximale dans D. Autrement dit, il n’y a pas de
point z0 dans le domaine tel que |f (z)| ≤ |f (z0 )| pour tous les points z dans D.

78
4.5. FORMULE INTÉGRALE DE CAUCHY Dr. Lotfi Meddour

Démonstration. La démonstration dépend de ce résultat topologique qui stipule que toute


fonction analytique non constante est une application ouverte. C’est à dite que l’image
de tout ouvert par une fonction analytique est aussi un ouvert. Supposons que |f | atteint
son maximum en a ∈ D c.a.d. |f (a)| = maxf |(z)| > 0. Comme f est analytique, c’est
z∈D
une application ouverte, d’où il existe δ > 0 tel que le disque D(f (a); δ) ⊂ f (D). Soit
h i
w = f (a) 1 + 2|fδ(a)| . Alors w ∈ D(f (a); δ) et par conséquent il existe z ∈ D tel que
w = f (z) et d’autre part, |f (z)| = |w| > f (a), ce qui est une contradiction. ■

Le principe du maximum oblige le module d’une fonction analytique non constante à


ne pas avoir de maximum local sur un ouvert connexe D. Ce maximum va donc forcément
être atteint sur la frontière ∂D. Le corollaire suivant est souvent nommé le principe du
module maximum dû à ses divers applications aux problèmes d’optimisation

Corollaire 4.3. Soient D ⊂ C un domaine (ouvert et connexe) borné, f : D → C


continue et f analytique sur D, alors

maxf |(z)| = maxf |(z)| .


z∈D z∈∂D

79
4.6. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

4.6 Exercices
Exercice 4.1
Calculer l’intégrale suivante :
Z
(z 2 + 3z)dz,
γ


1) γ : le segment de droite joignant les points (0, 0) et (0, 1).
2) γ : le quart de cercle de centre (0, 0) joignant les points (2, 0) et (0, −2).
Exercice 4.2
Calculer l’intégrale curviligne suivante :

Z
|z|2 dz
γ

où γ = γ1 ∪ γ2 est le chemin suivant :

Figure 4.3

Exercice 4.3
En utilisant les formules intégrales de Cauchy, calculer les intégrales suivantes :
ez ez 3z
1) |z|= 1 z(z−1) 2) |z−1|= 1 z(z−1) 3) |z+1|=1 ze2 +1 dz,
R R R
dz, dz,
R 2 cos(πz) 2
zez
4) |z|=3 (z+1)(z−2) 5) |z−1|=2 (z−1) 6) |z|=1 z3 (z−4)
1
R R
dz, 3 dz, dz.

Exercice 4.4
En utilisant les formules intégrales de Cauchy, calucler les intégrales suivantes
1) |z|=4 z2 (zez
R
2 +π 2 ) dz,

z 2 +4
2) |z|=3 z3 +2z
R
2 +2z dz,

80
4.6. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Exercice 4.5
Soient D ⊆ C un domaine, f : D −→ C une fonction holomorphe et C un chemin
fermé contenu ainsi que son intérieur dans D. Soit z0 un point à l’intérieur de C.
Montrer que :

f (n) (z)
Z Z
f (z) 1
n+1
dz = dz; n ∈ N.
C (z − z0 ) n! C (z − z0 )

81
4.7. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

4.7 Solutions des exercices


Solution 4. 1
1) Calculons l’intégrale tel que γ : le segment de droite joignant les points (0, 0) et
(0, 1).
Soit C1 = {γ (t) = it ∈ C; 0 ≤ t ≤ 1} le segment joignant les points (0, 0) et (0, 1), on
a γ ′ (t) = i, alors

1 1 1
t3 3 2
Z Z Z 
2 2 2 3 1
(z + 3z)dz = ((it) + 3it)idt = i (−t + 3it)dt = i − − it = − − i.
C1 0 0 3 2 0 2 3

2) Calculons l’intégrale tel que γ : le quart de cercle de centre (0, 0) joignant les points
(2, 0) et (0, −2).
Soit C2 = γ (t) = 2eit ∈ C; 0 ≤ t ≤ − π2 le quart de cercle de centre (0, 0) joignant


les points (2, 0) et (0, −2), on a γ ′ (t) = i2eit , alors


Z Z − π2 Z − π2
2 it 2 it it
(2e3it + 3e2it )dt,

(z + 3z)dz = ( 2e + 6e )i2e dt = 4i
C2 0 0

Z  − π2
2 2 3it 3 28 8
(z + 3z)dz = 4i e + e2it =− + i.
C2 3i 2i 0 3 3

Solution 4.2
On a γ = γ1 ∪ γ2 d’où :
Le chemin γ1 est un quart de cercle de centre 0 et de rayon 2, Ainsi, nous avons

π
γ1 (t) = 2eit ; 0≤t≤ , et γ1′ (t) = 2i eit .
2

alors

Z Z Z π
2
2
|z| dz = z.z dz = 2eit .2e−it .2i eit dt.
γ1 γ1 0

π  π2
eit
Z Z 
2
2 it
|z| dz = 8i e dt = 8i = −8 + 8i.
γ1 0 i 0

Le chemin γ2 est un segment d’origine 2i et d’extrémité −2 : Ainsi,

82
4.7. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

γ1 (t) = 2i(1 − t) − 2t; 0 ≤ t ≤ 1, et γ1′ (t) = 2i − 2.

alors Z Z Z 1
2
8t2 − −8t + 4 dt.

|z| dz = z.z dz = (−2i − 2)
γ2 γ2 0
Z 1 
2 8 2 2 8
|z| dz = (−2i − 2) t − 4t + 4t = (−2i − 2)
γ2 3 0 3
alors Z Z Z
2 2 8
|z| dz = |z| dz + |z|2 dz = −8 + 8i + (−2i − 2).
γ γ1 γ2 3

Z
40 8
|z|2 dz = − + i.
γ 3 3
Solution 4.3
ez
1) Calculons C où C = z ∈ C : |z| = 1
R 
z(z−1)
dz, 2
.
z0 = 1 est un point singulier à l’extérieur de C.
z1 = 0 est un point singulier à l’intérieur de C.
ez
Soit f (z) = z−1
une fonction holomorphe sur le cercle C et à l’intérieur de C.
D’après la formule intégrale de Cauchy :

ez
Z
dz = 2πif (0) .
C z(z − 1)

comme f (0) = −1, alors


z2 + 1
Z
dz = −2πi.
z (z + 1)
C

2)De la même manière nous avons

ez
Z
dz = 2πif (1) = 2πie.
|z−1|= 21 z(z − 1)

ez
avec f (z) = z
.
3) Les singularités sont z0 = i, z1 = −i sont à l’extérieur de C = {z ∈ C : |z + 1| = 1} ,
Cette intégrale vaut zéro d’après le théorème de Cauchy. Ainsi

e3z
Z
dz = 0
|z+1|=1 z2 + 1

4) Calculons cos(πz)
où C = {z ∈ C : |z| = 3}
R
C (z+1)(z−2)
dz,
Les singularités sont z1 = −1 et z2 = 2 à l’intérieur de C.

83
4.7. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Ainsi, l’intégrale se calcule comme suit

Z Z cos(πz) Z cos(πz)
cos(πz) (z−2) (z+1)
dz = dz + dz
C (z + 1) (z − 2) C1 (z + 1) C2 (z − 2)

tel que z1 = −1 à l’intérieur de C1 et à l’extérieur de C2 , et z2 = 2 à l’intérieur de C2


et à l’extérieur de C1 .
Comme f1 (z) = cos(πz)
z−2
une fonction holomorphe sur le cercle C1 et à l’intérieur de
C1 , et f2 (z) = cos(πz)
z+1
une fonction holomorphe sur le cercle C2 et à l’intérieur de C2 ,
D’après la formule intégrale de Cauchy :

Z
cos(πz) 4πi
dz = 2πif1 (−1) + 2πif2 (2) = .
C (z + 1) (z − 2) 3
zez
5) Calculons où C = {z ∈ C : |z − 1| = 2} .
R
C (z−1)3
dz,
z1 = 1 est un point singulier triple à l’intérieur de C.
Soit f (z) = zez une fonction holomorphe sur le cercle C et à l’intérieur de C.
D’après la formule intégrale de Cauchy :

zez f ′′ (1)
Z
dz = 2πi .
C (z − 1)3 2!

comme
f ′′ (z) = 2ez + zez

et f ′′ (1) = 3e, alors


zez
Z
dz = 3eπi.
(z − 1)3
C

Solution 4.4
De la même manière que l’intégrale 4 de l’exercice 5 on obtient :
1) |z|=4 z2 (zez 2i
R
2 +π 2 ) dz = π .

z 2 +4
2) |z|=3 z3 +2z
R
2 +2z dz = 2πi,

Solution 4.5
Appliquant la formule de Cauchy ‘a la fonction f (n) , on a

f (n) (z)
I
(n) 1
f (z0 ) = dz, n ∈ N.
2πi z − z0
C

84
4.7. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Appliquant d’autre part la formule de Cauchy pour la nième dérivée à la fonction f ,


on obtient

I
(n) n! f (z)
f (z0 ) = dz, n ∈ N.
2πi (z − z0 )n+1
C

alors
f (n) (z)
I I
(n) n! f (z) 1
f (z0 ) = n+1 dz = dz.
2πi (z − z0 ) 2πi z − z0
C C

d’où

f (n) (z)
Z Z
f (z) 1
n+1
dz = dz; n ∈ N.
C (z − z0 ) n! C (z − z0 )

85
4.8. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRE Dr. Lotfi Meddour

4.8 Exercices supplémentaire


Exercice 4.1
Calculer (1 + i − 2z)dz le long du chemin joignant les points z1 = 0 et z2 = 1 + i ;
R
γ
(a) suivant une droite,
(b) suivant la parabole y = x2 .
(c) suivant la ligne polygonale (0; 0) → (1; 0) → (1; 1).
Exercice 4.2
En utilisant les formules intégrales de Cauchy, calculer les intégrales suivantes
R ze−iz
1) (z−π)2
dz,
|z|=4
R z2 +1
2) z(z+1)
dz.
|z+2|
Exercice 4.3
Soit γ un lacet différentiable par morceaux définie sur [0; 1] ; et soit a ∈ C/Imageγ.
On suppose qu’il existe une fonction continue f : [0; 1] → C vérifiant ef (z) = γ(t) − a.
Montrer que I(γ; a) = f (1)−f (0)
2πi
; puis en déduire que I(γ; a) ∈ Z.
Exercice 4.4
Soit l’ellipse γ : [0; 2π] → C, γ(t) = acost + ibsint.
Calculer dz par deux méthodesdifférentes ; puis déduire que :
R
z
γ

Z2π
dt 2π
= .
a2 cos2 t 2 2
+ b sin t ab
0

Exercice 4.5
Soit f une fonction holomorphe dans un ouvert contenant le disque unité.
Exprimer en fonction des valeurs de f l’intégrale
I  
1 f (z)
I1 = 2+z+ dz.
z z
|z|

et en déduirela valeur de

Z2π  
iθ 2 θ
I2 = f (e )cos dθ.
2
0

Exercice 4.6

86
4.8. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRE Dr. Lotfi Meddour

Soient a; b ∈ C ; m; n ∈ Z∗ et f (z) = (z − a)n (z − b)m .


Soit γ un lacet du plan avec a; b ∈
/ Imageγ.
Prouver que :
f ′ (z)
Z
dz = 2πi(nI(γ; a) + mI(γ; b)).
f (z)
γ

Exercice 4.7
Soient φ = {z \ |z| = 1} → C une fonction continue et C le cercle unité parcouru
dans le sens positif.
Montrer que : Z Z
dz
φ(z)dz = − φ(z) .
z2
C C

87
CHAPITRE 5

DÉVELOPPEMENT EN SÉRIE TAYLOR ET EN SÉRIE DE


LAURENT

Les séries de Taylor et les séries de Laurent sont des outils fondamentaux en analyse
complexe et en mathématiques, et ils sont largement utilisés pour comprendre et résoudre
une variété de problèmes mathématiques et physiques. Par exemple, les fonctions de Bes-
sel de première espèce sont définies en termes de séries de Taylor. Ces fonctions sont
essentielles en physique, notamment en électromagnétisme et en mécanique quantique, et
leur comportement peut être étudié en utilisant des développements en séries.

5.1 Suites et séries de nombres complexes


Considérerons (zn ) une suite de nombres complexes alors la série de nombres complexes
est ∞
X
zn = z0 + z1 + ... + zn + ...
n=0

et la suite des sommes partielles (Sn ) définie par

n
X
Sn = zk .
k=0

∞ ∞
1. La série zn converge si la suite (Sn ) converge et
P P
zn = lim Sn .
n=0 n=0 n−→∞

2. La série zn diverge si la suite (Sn ) diverge.
P
n=0
∞ ∞
3. La série zn converge absolument si la série des nombres réels |zn | converge.
P P
n=0 n=0

88
5.1. SUITES ET SÉRIES DE NOMBRES COMPLEXES Dr. Lotfi Meddour

∞ ∞ ∞
1. La série zn converge si et seulement si Rezn et
P P P
Remarque 5.1. Imzn
n=0 n=0 n=0
convergent.

2. L’élimination ou l’addition d’un nombre fini de termes à une série infinie ne modifie
pas la convergence ou la divergence de la série.

3. Toute série absolument convergente est convergente mais la réciproque est fausse.

4. Si une série est convergente mais n’est pas absolument convergente on dit qu’elle
est semi-convergente.

Proposition 5.1. Une condition nécessaire pour que la série zn converge est que
P
n=0
lim zn = 0.
n−→∞


Démonstration. Supposons que zn converge, montrons que lim zn = 0.
P
n=0 n−→∞

Comme zn converge, alors
P
n=0


X
zn = lim Sn = lim Sn−1 = S
n−→∞ n−→∞
n=0

On a
Sn − Sn−1 = (zn + ... + zn−1 + zn ) − (zn + ... + zn−1 ) = zn .

alors,

lim zn = lim (Sn − Sn−1 ) = lim Sn − lim Sn−1 = S − S = 0.


n−→∞ n−→∞ n−→∞ n−→∞

Séries entières
Une série entière peut être considérée comme une généralisation d’un polynôme, mais
contrairement aux polynômes, les séries entières ne convergent pas nécessairement à tous
les points. Les séries entières fourniront une source importante de fonctions analytiques, et
nous verrons que les séries entières jouent un rôle clé dans la compréhension des propriétés
des fonctions analytiques.
Une série entière centrée en z = a est une série de fonctions de la forme

X
an (z − a)n .
n=0

89
5.2. DÉVELOPPEMENT EN SÉRIES DE TAYLOR Dr. Lotfi Meddour

Remarque 5.2. (1) Les polynômes sont un cas spécial de séries entières, et convergent
pour tout z ∈ C.

(2) La série géométrique z n est un cas spécial de séries entières.
P
n=0

5.2 Développement en séries de Taylor


Soit f une fonction holomorphe à l’intérieur d’une courbe fermée simple C et sur C.
Alors

f ′′ (z0 ) f (n) (z0 )


f (z) = f (z0 ) + f ′ (z0 )(z − z0 ) + (z − z0 )2 + ... + (z − z0 )n + ...
2! n!

Ceci est appelé série de Taylor ou développement de Taylor de f.


Le domaine de convergence de cette série est défini par |z − z0 | < R, le rayon de
convergence R étant égal à la distance entre le centre z0 et la singularité isolée de f la plus
proche au centre z0 . Sur |z − z0 | = R la série peut ou non converger. Pour |z − z0 | > R
la série diverge. Si la singularité la plus proche est à l’infini, le rayon de convergence
R = +∞, i.e. la série converge quel que soit z dans C et f est nécessairement une
fonction entière.
Si le centre z0 = 0 alors la série devient

f ′′ (0) 2 f (n) (0) n


f (z) = f (0) + f ′ (0)z + z + ... + z + ...
2! n!
et on l’appelle la série de Maclaurin de f .
Quelques séries de Maclaurin particulières

1. 1−z
1
zn,
P
= |z| < 1.
n=0

zn
2. ln (z + 1) = (−1)n+1
P
n
, |z| < 1.
n=0

zn
3. ez =
P
n!
, z ∈ C.
n=0

z 2n+1
4. sin z = (−1)n
P
(2n+1)!
, z ∈ C.
n=0

z 2n
5. cosz = (−1)n
P
(2n)!
, z ∈ C.
n=0

z 2n+1
6. shz =
P
(2n+1)!
, z ∈ C.
n=0

z 2n
7. chz =
P
(2n)!
, z ∈ C.
n=0

90
5.3. DÉVELOPPEMENT EN SÉRIE DE LAURENT Dr. Lotfi Meddour


8. (1 + z)α = 1 + α(α−1)(α−2)...(α−n+1) n
P
n!
z , z ∈ C.
n=0

Exemple 5.1. Déterminer la série de Maclaurin pour f (z) = 1


z+z 4
valable pour |z| < 1.
on a ∞
1 1 1 1X n
4
= 3
= 3
= −z 3
z+z z (1 + z ) z (1 − (−z )) z n=0

alors ∞ ∞
1X X
f (z) = (−1)n z 3n = (−1)n z 3n−1
z n=0 n=0

5.3 Développement en série de Laurent


Définition 5.1. Supposons qu’une fonction f soit analytique dans tout un domaine an-
nulaire R1 < |z − z0 | < R2 , centré en z0 , et supposons que C désigne tout contour fermé
simple orienté positivement autour de z0 et se situant dans ce domaine. Alors, à chaque
point du domaine, f (z) a la représentation en série

∞ ∞ ∞
X a−n X
n
X
f (z) = n
+ a n (z − z0 ) = an (z − z0 )n
n=1
(z − z0 ) n=0 n=−∞

où I
1 f (z)
an = dz, n ∈ Z.
2πi (z − z0 )n+1
C

Cette série est appelée une série de Laurent de centre z0 .La série des puissances négatives


X a−n a−1 a−2
n
= + + ...
n=1
(z − z0 ) z − z0 (z − z0 )2

s’appelle la partie principale.La série des puissances positives


X
an (z − z0 )n = a0 + a1 (z − z0 ) + a2 (z − z0 )2 + ...
n=0

s’appelle la partie régulière ou analytique.

Remarque 5.3. Si la partie principale est nulle, la série de Laurent se réduit à une série
de Taylor.

Remarque 5.4. On dira que la série de Laurent converge si ses parties principale et
analytique convergent.

91
5.3. DÉVELOPPEMENT EN SÉRIE DE LAURENT Dr. Lotfi Meddour

Exemple 5.2. Développons f (z) = 1


z(1−z)
en série de Laurent valable dans les domaines
suivants :
(a) 0 < |z| < 1 (b) |z| > 1 (c) 0 < |z − 1| < 1.
(a) f (z) = 1 1
z 1−z
= z1 (1 + z + z 2 + z 3 + ...) = z1 + 1 + z + z 2 + ... valide dans 0 < |z| < 1.
(b) Le domaine |z| > 1 est le même que 1
z
< 1.

−1 1 −1 1 1 1
f (z) = 1 = (1 + + + + ...)
z2 1 − z
z2 z z2 z3

La série entre parenthèses converge dans |z| > 1, donc

1 1 1 1
f (z) = − − − − − ... valide dans |z| > 1.
z2 z3 z4 z5

(c) Dans le domaine 0 < |z − 1| < 1 on a

1 1 1 1
f (z) = =
z1−z 1 − (1 − z) 1 − z

1
1 + (1 − z) + (1 − z)2 + ...

f (z) =
1−z
1
f (z) = + 1 + (1 − z) + ...
1−z
Exemple 5.3. Développons en série de Laurent la fonction f (z) = 1
(z+1)(z+3)
dans le
disque pointé de z0 = −1 ;

D = {z ∈ C; 0 < |z + 1| < 1} .

Notons que pour tout 0 < |z + 1| < 1on peut écrire

∞  n
1 1 1 1 1X z+1
= = = (−1)n
z+3 z+2+1 2 1 + z+1
2
2 n=0
2

X (−1)n∞
1
= (z + 1)n .
z + 3 n=0 2n+1

alors ∞
1 X (−1)n
f (z) = = (z + 1)n−1 .
(z + 1)(z + 3) n=0 2n+1
1
Exemple 5.4. Développons en série de Laurent la fonction z → e z dans C∗ .

92
5.4. SINGULARITÉ ISOLÉES D’UNE FONCTION COMPLEXE Dr. Lotfi Meddour


wn
Rappelons que ew = z ∈ C, alors pour w = 1
on a
P
n!
, z
n=0


1
X 1
e =
z
n
.
n=0
n!z

Notez qu’aucune puissance positive de z n’apparaît dans cette série de Laurent, les
coefficients des puissances positives étant nuls.

5.4 Singularité isolées d’une fonction complexe


Rappelons qu’une fonction f admet une singularité en z = a si f n’est pas différentiable
en z = a. On dit que z = a est une singularité isolée si f est analytique dans le disque
pointé 0 < |z − a| < ε pour un certain ε > 0. Soit z = a une singularité isolée d’une
fonctioncomplexe f . Alors f est développable en une série de Laurent valide dans un
disque pointé 0 < |z − a| < R et sa série de Laurent est définie par


X ∞
X
−n
f (z) = a−n (z − z0 ) + an (z − z0 )n .
n=1 n=0

Définition 5.2. Soit z = a une singularité isolée de f. On dit que la singularité est :
(1) apparente si la partie principale est nulle, c−k = 0; k = 1; 2; ...
(2) un pôle d’ordre n ≥ 1 si les coefficients c−k = 0pour tout k > n, et c−n ̸= 0.
(3) essentielle si la partie principale contient un nombres infinis de termes non nuls.

Exemple 5.5. Le développement de f (z) = sin z


z
s’écrivant

z2 z4 z6
f (z) = 1 − + − + ...
3! 5! 7!

alors z0 = 0 est une singularité apparente .

Exemple 5.6. Le développement de f (z) = 1


(z+1)(z+3)
s’écrivant

1 1 1
f (z) = (z + 1)−1 − + (z + 1) + ...
2 4 8

on en déduit que z0 = −1 est un pôle simple.


1
Exemple 5.7. Le développement de z → e z s’écrivant

1 1 1 1
ez = 1 + + + ...
z 2!z 2 3!z 3
93
5.4. SINGULARITÉ ISOLÉES D’UNE FONCTION COMPLEXE Dr. Lotfi Meddour

on en déduit que z0 = 0 est une singularité essentielle.

Remarque 5.5. Les trois cas ci-dessus sont mutuellement exclus. Toute singularité isolée
doit être soit une singularité apparente, soit une singularité essentielle ou soit un pôle.

Remarque 5.6. Les seules singularités des fractions rationnelles sont artificielles ou des
pôles.

94
5.5. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

5.5 Exercices
Exercice 5.1
Soit f (z) = Log(1 + z), où l’on considère la branche qui prend la valeur zéro pour
z = 0.
a) Développer f (z) en série de Taylor au voisinage de z = 0.
b) Déterminer le domaine de convergence de la série de (a).
Exercice 5.2
Calculer explicitement les trois premiers termes de la série de Taylor à l’origine de la
fonction :
z
f (z) = e 1−z .

Exercice 5.3
Déterminer le développement en série de Laurent de la fonctions f au voisinage de
z = 1 tel que
e2z
f (z) = .
(z − 1)3
Déduire le type de point singulier z = 1.
Exercice 5.4
Soit
z
f (z) =
(z − 1)(z + 2)
1) Trouver les constantes a et b tels que

a b
f (z) = +
z−1 z+2

2) Développer la fonction f (z) en série de Laurent autour de 0.


Exercice 5.5
Déterminer l’ordre de tous les zéros des fonctions suivantes :
1) 1 − cosz .
2) zsinz .
3) (1 − ez )(z 2 − 4)3 .

95
5.6. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

5.6 Solutions des exercices


Solution 5. 1
a) On a
f (z) = Log(1 + z) f (0) = 0;
f ′(z) = (1 + z)−1 f ′(0) = 1;
f ′′ (z) = −(1 + z)−2 f ′′ (0) = −1;
f ′′′ (z) = −(−2)(1 + z)−3 f ′′′ (0) = 2!;
...
f (n+1) (z) = (−1)n n!(1 + z)−(n+1) f (n+1) (0) = (−1)n n!;
Alors

f ′′ (0) 2 f (n) (0) n


f (z) = Log(1 + z) = f (0) + f ′ (0)z + z + ... + z + ...
2! n!

z2 z3 z4 zn
f (z) = Log(1 + z) = z − + − + ... + (−1)(n−1) + ...
2 3 4 n
n
Le nième terme est Un = (−1)(n−1) zn = an z n . D’après le critère de d’Alembert

an n+1
R = lim = lim − =1
n−→∞ an+1 n−→∞ n
et la série converge pour |z| < 1.
Solution 5. 2
On a  2  3
z z 1 z 1 z
e 1−z =1+ + + + ...
1−z 2 1−z 6 1−z
z  1 1
e 1−z = 1 + z 1 + z + z 2 + ... + z 2 (1 + 2z + ...) + z 3 (1 + ...) + ...
2 6
z 3 13
e 1−z = 1 + z + z 2 + z 3 + ...
2 6
Solution 5. 3
Soit u = z − 1. Alors z = 1 + u et

e2z e2u+2 e2 2u
= = e
(z − 1)3 u3 u3
!
e2u+2 e2 (2u)2 (2u)3 (2u)4
= 1 + 2u + + + + ...
u3 u3 2! 3! 4!

e2u+2 e2 2e2 2e2 4e2 2e2


= 3+ 2 + + + u + ...
u3 u u u 3 3

96
5.6. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

e2z e2 2e2 2e2 4e2 2e2


= + + + + (z − 1) + ...
(z − 1)3 (z − 1)3 (z − 1)2 (z − 1) 3 3
Le point z = 1 est un pôle d’ordre trois, ou pôle triple.
Solution 5. 4
1) On considère la fonction f comme étant

z a b
f (z) = = +
(z − 1)(z + 2) z−1 z+2
Donc,
az + 2a + bz − b (a + b)z + 2a − b
f (z) = +
(z − 1)(z + 2) (z − 1)(z + 2)
Ainsi, a + b = 1 ; 2a − b = 0; alors a = 1
3
et b = 23 .
Ceci implique que  
1 1 2
f (z) = +
3 z−1 z+2
2) Le développement de la fonction f (z) en série de Laurent autour de 0 dans la région
|z| < 1 se fait comme suit :
 
1 1 1
f (z) = − + z
3 1−z 2
+1

∞ ∞
!
1 X X  z n
f (z) = − zn + (−1)n .
3 n=0 n=0
2

Solution 5. 5
1. Les zéros de 1 − cosz sont les points 2kπi; k ∈ Z et ces points sont aussi des zéros
de la dérivée sinz, donc des zéros doubles.
2.Les zéros de zsinz sont les points 2kπi; k ∈ Z et, sauf z = 0, ces points ne sont pas
des zéros de la dérivée sinz + zcosz donc zéros simples si k ̸= 0 et double si k = 0 (car la
deuxième dérivée 2cosz − zsinz ne s’annule pas à l’origine).
3. Les zéros de (1 − ez )(z 2 − 4)3 sont les points 2kπi; k ∈ Z et les points ±2. Les points
2kπi; k ∈ Z sont des zéros simples et comme

(1 − ez )(z 2 − 4)3 = (1 − ez )(z − 2)3 (z + 2)3

les points ±2 sont des zéros triples.

97
5.7. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRE Dr. Lotfi Meddour

5.7 Exercices supplémentaire


Exercice 5.1
Trouver la série de Maclaurin et le rayon de convergence de chacune des fonctions
suivante :
1. f (z) = z
1+z

2. f (z) = z
(1+3z)2

3. f (z) = e −2z

4. f (z) = coshz
5. f (z) = sin(z 2 )
6. f (z) = zez
2

7. f (z) = sinhz
Exercice 5.2
Trouver la série de Taylor et le rayon de convergence de chacune des fonctions suivantes
autour du centre indiqué.
1. f (z) = z1 ; a = 1.
2. f (z) = 1
(3−z)2
; a = 2i.
3. f (z) = cosz ; a = π4 .
4. f (z) = 1+z
1−z
; a = i.
Exercice 5.3
Déterminer l’ordre des pôles des fonctions suivantes
1. f (z) = z−5
z 2 +2z+5
z 2 +z−2
2. f (z) = 2z 2 −9z+4

3. f (z) = 1
(z+2)(z+i)4

4. f (z) = 1−shz
z4

Exercice 5.4
Montrer que z = 0 est une singularité essentielle de
1. f (z) = z 3 sin( z1 ).
z+1
2. f (z) = e z .
Exercice 5.5
Si z = a est pôle d’ordre n de la fonction f et z = a est un pôle d’ordre m de la
fonction g.
Discuter l’ordre du pôle z = a pour les fonctions :
a) f + g
b) f ·g.

98
CHAPITRE 6

THÉORÈME DES RÉSIDUS ET SES APPLICATIONS

L’intégration dans le plan complexe, en particulier grâce au théorème de Cauchy, offre


une perspective exceptionnelle pour résoudre des problèmes d’intégration et de séries
réelles particulièrement ardues. La théorème des résiduses est une techniques avancées de
l’analyse complexe qui permettent de manipuler ces intégrales et séries d’une manière qui
dépasse les capacités des méthodes classiques de l’analyse réelle, offrant ainsi des solutions
élégantes et précises à des défis mathématiques autrement inaccessibles.

6.1 Calcul des résidus


Dans le chapitre précédent, nous avons établi que si une fonction f est analytique dans
un domaine D à l’exception d’une singularité isolée en z = z0 , alors f peut être développée
en une série de Laurent valide à l’intérieur d’un disque excluant ce point singulier.


X
f (z) = an (z − z0 )n
n=−∞

Définition 6.1. Le résidu de f au point singulier isolé z = z0 est défini par

Res(f ; z0 ) = a−1 .

Le nombre complexe a−1 , qui est le coefficient de 1


z−z0
dans le développement de la série
de Laurent est appelé le résidu de f au point singulier isolé z0 . Si r < R et Cr = z0 + reit ;
0 ≤ t ≤ 2π, alors d’après le théorème de Laurent, on a

99
6.1. CALCUL DES RÉSIDUS Dr. Lotfi Meddour

I I ∞
X ∞
X I
n
f (z)dz = an (z − z0 ) dz = an (z − z0 )n dz
Cr Cr n=−∞ n=−∞ Cr

mais I Z 2π
n
(z − z0 ) dz = irn+1 e(n+1)it dt
0
Cr

alors 
 0 si n ̸= −1
I
(z − z0 )n dz =
 2πi si n = −1
Cr

d’où I
f (z)dz = 2πi a−1 .
Cr

donc

I
1
Res(f ; z0 ) = a−1 = f (z)dz.
2πi
Cr

d’où le nom résidu car le seul terme qui reste (résiduel) est celui de a−1 .

Remarque 6.1. Si z = z0 est un pôle simple et f (z) se présente sous la forme

P (z)
f (z) = ; Q(z0 ) = 0 et Q′(z0 ) ̸= 0.
Q(z)

alors, nous avons


P (z0 )
Res(f ; z0 ) = .
Q′ (z0 )
Exemple 6.1. Cherchons le résidu de f (z) = z
z 3 +1
en z0 = −1.
Le point z0 = −1 est un pôle simple et le résidu peut être calculé comme suit :

z|z=−1 −1 −1
Res(f ; −1) = ′ = 2 = .
(z 3 + 1) z=−1 3 (−1) 3

Remarque 6.2. Lorsque z0 est un pôle d’ordre m pour f , le résidu peut aussi y être
calculé par la formule

1 dm−1
Res(f ; z0 ) = lim ((z − z0 )m f (z)) .
z→z0 (m − 1)! dz m−1

 
z
Exemple 6.2. Res (z+1)2
; −1 = lim 1!1 dz
d
(z) = 1.
z→0

Théorème 6.1. Soit D un domaine simplement connexe et C un contour simple fermé

100
6.2. APPLICATIONS AU INTÉGRALES DE FRACTIONS RATIONNELLES
TRIGONOMÉTRIQUES Dr. Lotfi Meddour

inclus dans D. Si f est une fonction analytique sur et à l’intérieur de C, sauf à un nombre
fini de points singuliers isolés z1 ; z2 ; ...; zn au sein de C, alors
I n
X
f (z)dz = 2πi Res(f ; zi ).
C i=1

Démonstration. On construit les cercles C1 ; C2 ; ....; Cn centrés en z1 ; z2 ; ...; zn et situés


entièrement à l’intérieur de C on a :

Figure 6.1

I n I
X n
X
f (z)dz = f (z)dz = 2πi Res(f ; zi ).
C i=1 C i=1
i

Exemple 6.3. Calculons 1


où le contour C est le cercle |z| = 4.
H
(z−1)2 (z−3)
dz,
C
Puisque les singularités z = 1 et z = 3 sont dans le cercle alors
I  
1 1 1
dz = 2πi[Res(f ; 1) + Res(f ; 3)] = 2πi − + =0
(z − 1)2 (z − 3) 4 4
C

6.2 Applications au Intégrales de fractions rationnelles


trigonométriques
La méthode des résidus est utile pour évaluer certaines intégrales de la forme
Z 2π
I= F (cost; sint)dt
0

Posons z = eit , alors dt = dz


iz
et

z − z −1
 
1 1
sint = = z− ,
2i 2i z

101
6.3. PRINCIPE DE L’ARGUMENT Dr. Lotfi Meddour

z + z −1
 
1 1
cos t = = z+ ,
2i 2 z
Mettre tout cela en I rendements

z + z −1 z − z −1 dz
Z
I= F( ; )
|z|=1 2 2i iz
En appliquant le théorème des résidus, on obtient :

X 1 z + z −1 z − z −1
I = 2πi Res( F( ; ); zk ).
iz 2 2i
|zk |<1

−1 −1
où zk sont les singularités de la fonction F ( z+z2 ; z−z2i ), telles que |zk | < 1.
R 2π
Exemple 6.4. Calculons l’intégrale I = 0
1
5+3 sin t
dt
on a Z 2π Z
1 1
dz = z−z −1
dz
0 5 + 3 sin z |z|=1 5 + 3 2i
Z 2π Z
1 2
dz = 2
dz
0 5 + 3 sin z |z|=1 3z + 10iz − 3

Puisque le nombre −i
3
est le seul pôle de 2
3z 2 +10iz−3
qui appartient à l’intérieur du cercle
|z| = 1, alors par le theorème des résidus


−i
Z
1 2 π
dz = 2πiRes( 2 ; )= .
0 5 + 3 sin z 3z + 10iz − 3 3 2

6.3 Principe de l’argument


Théorème 6.2. Soient D ⊆ C un domaine et f : D → C une fonction méromorphe dans
D. Soit C est un chemin fermé contenu ainsi que son intérieur dans D, ne passant par
aucun des zéros ni aucun des pôles de f . Alors,désignant par Zf le nombre de zéros de f
dans l’intérieur de C et par Pf celui de ses pôles,

f ′ (z)
Z
1
dz = Zf − Pf .
2πi C f (z)

le chemin C étant parcouru dans le sens positif.

f ′ (z)
Démonstration. La fonction z → f (z)
est holomorphe dans D sauf aux zéros et aux pôles
de f . Si
f (z) = (z − z0 )k g(z); g(z0 ) ̸= 0;

102
6.3. PRINCIPE DE L’ARGUMENT Dr. Lotfi Meddour

on a
f ′ (z) k g ′ (z)
= + .
f (z) z − z0 g (z)
et, C0 désignant un cercle centé en z0 et de rayon r0 suffisamment petit parcouru dans
le sens positif
f ′ (z)
Z
1
dz = k.
2πi C0 f (z)
D’où le résultat est une conséquence du Théorèmede Cauchy. ■

Exemple 6.5. Soit


(z − 2)2 (z − i)
f (z) = .
(z − i)3 (z + 1)
et soit γ un chemin qui fait trois tours dans le sens retrograde autour de z = 2, un
tour dans le sens direct autour de z = i, un tour dans le sens direct autour de z = −i et
un tour dans le sens direct autour de z = −1. Alors

f ′ (z)
Z
1
dz = −3 × 2 + 1 − 3 − 1 = −9.
2πi C0 f (z)

Théorème 6.3. (Rouché) Soient D ⊆ C un domaine et f ; g : D → C deux fonctions


holomorphes dans D. Soit C est un chemin fermé contenu ainsi que son intérieur dans
D. Si
|f (z) + g(z)| < |f (z)| + |g(z)| ; z ∈ C;

alors f et g ont le même nombre de zéros dans l’intérieur de C.

Démonstration. Considérons la fonction

f (z)
h(x) =
g(z)

Elle est méromorphe dans D. Il suit de l’hypothèse que, quelque soit t ≥ 0, la fonction
h(z) − t n’a ni pôle ni zéro sur C. Par suite, l’intégrale

h′ (z)
Z
1
N (t) = dz
2πi C h (z) − t

ne dépend pas de t, vaut Zf − Zg lorsque t = 0 et tend vers 0 lorsque t → +∞. D’où


Zf − Zg = 0 : ■

Exemple 6.6. Soient f (z) = z 8 − 5z 3 + z − 2 et g (z) = 5z 3 . Soit γ le cercle |z| = 1.


Alors sur γ
|f (z) + g(z)| = z 8 + z − 2 ≤ |z|8 + |z| + 2 = 4

103
6.3. PRINCIPE DE L’ARGUMENT Dr. Lotfi Meddour

D’autre part |g(z)| = 5 sur γ et les hypothèses du théorème de Rouché sont satisfaites.
Il s’ensuit que Zf = Zg (pas de pôles). Par ailleurs, g a un zéro tripe à l’origine ce qui
nous indique que f admet trois zéros dans le disque ouvert D(0; 1).

104
6.4. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

6.4 Exercices
Exercice 6.1
Soit f la fonction suivante
cos z.chz
f (z) = .
z 3 . sin z.shz
1. Développer la fonction f en série de Laurent au voisinage de 0.
2. En déduire le résidu de f .
Exercice 6.2
Soit la fonction
2z + 2
f (z) = .
(z 2 − 2z + 2)2
Calculer I = f (z)dz par la méthode des résidus avec C = CR ∪ [−R; R] et
R
C

CR = {γ(t) ∈ C tel que γ(t) = R.eit ; 0 ≤ t ≤ π} , (R > 1).


Exercice 6.3
Soit
−1
f (z) =
iz 2 − 25 iz + i
1. Déterminer les singularités et préciser leurs types.
2. En utilisant les résidus, calculer |z|=1 f (z)dz.
R

3. En déduire la valeur de l’intégrale trigonométrique suivante :


Z 2π

5
0 2
− 2 cos (θ)

Exercice 6.4
Soit la fonction
z2
f (z) = .
(z 2 + 1)2
1) Calculer l’intégrale Z
I= f (z)dz
C

avec
C = CR ∪ [−R; R]

et CR = {γ(t) ∈ C tel que γ(t) = R.eit ; 0 ≤ t ≤ π} , (R > 1).


R +∞ x2
2) Sachant que lim C f (z)dz = 0, en déduire, lim I = −∞
R
(x2 +1)2
dx.
R→+∞ R R→+∞

105
6.4. EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

Exercice 6.5
Soient f et g deux fonctions holomorphes en z0 et

f (z)
h(z) = .
g(z)

Supposons que g admette un zéro simple en z0 .


- Calculer Res(h; z0 ).

106
6.5. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

6.5 Solutions des exercices


Solution 6.1
1. On a
  
z2 z4 2 4
cos z.chz 1− 2!
+ 4!
− ... 1 + z2! + z4! + ...
f (z) = = z3 5 3 5 .
z 3 . sin z.shz + z5! − ... z + z3! + z5! + ...

z3 z − 3!


z4
cos z.chz 1 − + ... 6
f (z) = 3 = z4
.
z . sin z.shz z 5 1 − 90 + ...
7z 4
 
1
f (z) = 5 1 − + ... .
z 45
2. On a−1 = − 45
7
, alors le résidu de f est − 45
7
.

Solution 6.2
Nous remarquons que z 2 − 2z + 2 = 0 implique que z1 = 1 + i ou z2 = 1 − i qui sont
des pôles d’ordre 2 pour la fonction f (z). Ainsi,
Z
2z + 2
dz = 2πiRes(f, 1 + i)
C (z 2 − 2z + 2)2
Z  ′
2z + 2 2 2z + 2
dz = 2πilim (z − 1 − i)
C (z 2 − 2z + 2)2 z→i (z − 1 + i)2 (z − 1 − i)2

Z  ′
2z + 2 2z + 2
dz = 2πilim
C (z 2 − 2z + 2)2 z→i (z − 1 + i)2

2(z − 1 + i)2 − 2(z − 1 + i) (2z + 2)


Z  
2z + 2
dz = 2πilim
C (z 2 − 2z + 2)2 z→i (z − 1 + i)4

Z
2z + 2
dz = 2π.
C (z 2 − 2z + 2)2
Solution 6.3
1. Les singularités de f satisfont iz 2 − 25 iz + i = 0. Après calcul, nous trouvons deux
singularités,

1
z0 = et z1 = 2.
2
On peut remarquer facilement que f s’écrit sous la forme

107
6.5. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

−1
f (z) = 1
i
z− 2
(z − 2)

Les deux singularités sont des pôles simples. En effet, pour z0 = 12 , on a

1 2
lim1 (z − )f (z) = ̸= 0
z→ 2 2 3i

On applique un raisonnement similaire pour z1 = 2.


2. En utilisant la première question, le résidus de f au point 1
2
est donné par

1 1 2 −2i
Res(f, ) = lim1 (z − )f (z) = = .
2 z→ 2 2 3i 3

D’après le théorème des résidus, on déduit le calcul de l’intégrale


Z
1
f (z)dz = 2πiRes(f, ).
|z|=1 2

alors
−2i
Z

f (z)dz = 2πi = .
|z|=1 3 3
z+z −1
On pose z = eiθ alors cos(θ) = 2
et dθ = dz
iz
. Nous obtenons
Z 2π Z
dθ 1 dz
5 = 5 −1
,
0 2
− 2 cos (θ) |z|=1 2 − z − z iz

Z 2π Z
dθ 1 dz
5 = 5 2
,
0 2
− 2 cos (θ) |z|=1 2 z − z − 1 iz
Z 2π Z −1
dθ i dz
5 = 2 5 ,
0 2
− 2 cos (θ) |z|=1 z − 2 z +1 z
alors d’apés la deuxième question
Z 2π
dθ 4π
5 = .
0 2
− 2 cos (θ) 3

Solution 6.4
1) En utilisant la méthode des résidus, on a

z2
Z
dz = 2πiRes(f, i)
C (z 2 + 1)2

108
6.5. SOLUTIONS DES EXERCICES Dr. Lotfi Meddour

′
z2 z2
Z 
2
dz = 2πilim (z − i)
C (z 2 + 1)2 z→i (z + i)2 (z − i)2
′
z2 z2
Z 
2 2
dz = 2πilim
C (z + 1) z→i (z + i)2

z2 2z(z + i)2 − 2(z + i)z 2


Z
dz = 2πilim
C (z 2 + 1)2 z→i (z + i)4
z2
Z
π
2 2
dz = .
C (z + 1) 2
2) On a lim f (z)dz = 0, et
R
R→+∞ CR

R
z2 z2 z2
Z Z Z
dz = dz + dz.
C (z 2 + 1)2 CR (z 2 + 1)2 −R (z 2 + 1)2
En passant à la limite, on obtient

R
z2 z2 z2
Z Z Z
lim dz = lim dz + lim dz.
R→+∞ C (z 2 + 1)2 R→+∞ CR (z 2 + 1)2 R→+∞ −R (z 2 + 1)2

d’où
+∞
z2
Z
π
2 2
dz = .
−∞ (z + 1) 2
Solution 6.5
Posant

g(z) = (z − z0 )g1 (z); g1 (z0 ) = g ′ (z0 ) ̸= 0;

on a

1 f (z0 ) d f (z)
h(z) = ( ′ + (z − z0 ) + ...)
z − z0 g (z0 ) dz g1 (z) z=z0

et
f (z0 )
Res(h; z0 ) = .
g ′ (z0 )

109
6.6. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRE Dr. Lotfi Meddour

6.6 Exercices supplémentaire


Exercice 6.1
Soient f1 (z) = z 3 sin( z1 ) et f2 (z) = 1
z 3 (1−z)
.
1) Calculer Res(f1 , 0) et Res(f2 , 0).
2) Prenons f (z) = f1 (z) + f2 (z).
Déduire
R
f (z)dz.
|z|= 21

Exercice 6.2
Calculer les résidus des fonctions suivantes
1. f (z) = z 2n (1 + z)−n ,
1−ez
2. f (z) = 1+ez
,
3. f (z) = e 2z+1
.

Exercice 6.3
Soient f et g deux fonctions holomorphes en z0 et h(z) = f (z)
g(z)
.
Supposons que g admette un zéro simple en z0 .
Calculer Res(h; z0 ).

Exercice 6.4
1. Montrer que, si a > e, l’néquation az n = ez admet n racines dans le disqueunité.
2. Montrer que ce disque n’en contient aucune si ae < 1.

Exercice 6.5
Montrer par le calcul des résidus que

Z2π  
sin θ a
dθ = 2π 1 − √ .
a + sin θ a2 − 1
0

lorsque a > 1.

Exercice 6.6
Démontrer : Soient D ⊆ C un domaine et H; h : D → C deux fonctions holomorphes
dans D. Soit C est un chemin fermé contenu ainsi que son intérieur dans D.
Si |h(z)| < |H(z)| ; z ∈ C.

110
6.6. EXERCICES SUPPLÉMENTAIRE Dr. Lotfi Meddour

alors H et H + h ont le même nombre de zéros dans l’intérieur de C.

Exercice 6.7
Montrer par le calcul des résidus que

Z+∞ π
x n
n
dx = π ; n > 2.
1+x sin( 2n )
0

111
BIBLIOGRAPHIE

[1] A. Hameida et A. Memou. Analyse Complexe. Polycopié, Univ Constantine 1, 2019


- 2020.

[2] R. S. Murray. Variables complexes : cours et problèmes, Série Schaum, New York,
1973.

[3] W. Rudin. Analyse réelle et complexe, Dunod, Paris, 1998.

[4] J. M. Howie. Complex Analysis, Springer, 2007.

[5] H. Cartan. Théorie élémentaire des fonctions analytiques d’une ou plusieurs variables
complexes. Hermann, Paris, 1985.

[6] E. Plaut. Mathématiques pour l’ingénieur : Analyse complexe. ENSEM, 2006-2007.

[7] W. Rudin. Analyse réelle et complexe-Cours et exercices. Dunod, Paris, 2020.

[8] A. Giroux. Analyse complexe : Cours et exercices corrigés. Univ de Montréal, 2013.

[9] E. Yallaoui et H. Benseridi. Introduction à l’analyse complexe. Polycopié, Univ Sétif1,


2015.

[10] T.Laadj. Notes de Cours du module Analyse Complexe. Polycopié, USTHB, Bab
Ezzouar, Alger, 2016.

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