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Rapport Ouchlove

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D

MINISTERE DE
L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
ET DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE

******
UNIVERSITE DE PARAKOU (UP)
******
FACULTE DES LETTRES, ARTS ET SCIENCES HUMAINES
(FLASH)
******
DEPARTEMENT DE LA SOCIOLOGIE ET DE L’ANTHROPOLOGIE
(DSA)
******
RAPPORT DE FIN DE FORMATION
OPTION : Médiation Sociale et Facilitation de Développement
Thème de recherche :

Réalisé par: Ouchamath KADIRI


Contact: 0195224575
1. PROBLÉMATIQUE Année académique : 2023-2024
L'éducation est d'une grande importance aujourd'hui que nul ne peut l'ignorer. Néanmoins, il
est fréquent de constater que bon nombre d'enfants sortent très tôt du système éducatif.
Plusieurs raisons peuvent expliquer cette précocité du décrochage scolaire. Ces raisons
peuvent être d'après LOKONON Paul (2018) d'ordre social, économique ou culturel. C'est
dans cette perspective que la présente recherche s'inscrit pour étudier les raisons de la
déscolarisation des filles dans l’arrondissement de Sékèrè. Ainsi, il est constaté que le niveau
de performance des apprenants est à la baisse malgré les efforts fournis. Ce faible niveau
d'acquisition de connaissance constaté au niveau des apprenants est dû à plusieurs facteurs.
Ces facteurs peuvent être liés à l'apprenant lui-même, à l'environnement familial et
institutionnel ou encore au méthode d'enseignement. La proportion des jeunes analphabètes
était estimée en 2015 par l’Institut statistique de l’UNESCO (ISU) à « 30% dans les pays
d’Afrique subsaharienne contre 15% au niveau mondial. Le nombre d’individus analphabètes
varient d’un pays à un autre. Il est extrêmement élevé au Bénin, au Burkina Faso et au Tchad.
» (Rapport mondial de suivi EPT, 2006: P.178). L'éducation de base se perçoit comme une
nécessité à tout enfant ayant l'âge de fréquenter. C'est dans ce sens que la Déclaration
Universelle des Droits de l'Homme dans son article 26 stipule que <<l'éducation est un droit
fondamental>>. De plus, il est convenu que tout peuple doit savoir lire et écrire dans une
langue, la communauté internationale réunie autour de l’éducation à Incheon en 2015 a réitéré
son engagement pour une éducation inclusive de qualité afin de corriger les disparités
régionales et surtout d’accès du genre à l’école. (Déclaration universelle des droits de
l’homme, art. 26). Accorder la chance à tout apprenant de jouir de son droit à l'éducation et lui
faciliter son cursus scolaire est l'objectif de tout pays.

Le développement n’est pas seulement un phénomène économique, mais un processus


multidimensionnel combinant l’économique et le social. Les grossesses en milieu scolaire se
présentent comme un problème d’ordre social, susceptible de constituer une entrave au
développement.

En effet, comment une femme peut-elle réussir facilement ses études et gagner son autonomie
avec une grossesse sur les bancs ? Ce phénomène de grossesse en milieu scolaire devient de
plus en plusfréquent en Afrique sub-saharienne. « En 2012, 5076 cas ont été recensés en Côte

2
d’Ivoire, en 2014, 2000 cas ont été recensés au Sénégal, 6000 cas ont été recensés au Togo
lors de l’année scolaire 2013-2014 et au Bénin plus de 2000 cas ont été enregistrés lors de
l’année scolaire 2012-2013 et seulement dans les collèges publics. » (Houdanon, 2016).
Selon Claude Ahovè, au Benin, l’État ainsi que les partenaires techniques et financiers
s’échinent à prendre des mesures en vue de solutionner ce problème, mais la résistance est
visible. Pour la coordonnatrice des activités communautaires du projet «Amour et Vie» de
l’association béninoise pour le marketing social et la communication pour la santé (ABMS),
Clarisse Gomez (2015), au moins 13,12 % des filles âgées de 15 ans connaissent leurs
premiers rapports sexuels contre 12,9% chez les garçons. Cette tendance à débuter très tôt sa
vie sexuelle est assez développée chez les jeunes en général, mais un peu plus chez la jeune
fille que chez le garçon. Les statistiques sont révélatrices. 1.648 élèves et écolières sont
tombés enceintes au cours de la période 2010-2013, soit une moyenne de 549 cas de
grossesses enregistrés chaque
Plusieurs raisons ne favorisent guère cet objectif. Parmi les raisons jouant sur le maintien d'un
apprenant à l'école se trouve le manque de soutiens financiers. En absence de financement,
l'apprenant ne peut pas se procurer des moyens nécessaires lui permettant de faciliter sa
réussite scolaire. A ce propos, LANGEVIN Louise (1999) pense que pauvreté et réussite
scolaire ne font pas bon ménage. La pauvreté dans le ménage est un handicap qui a un effet
direct dans le cursus scolaire de l'apprenant. S'agissant du revenu familial, Paquet (1998)
soutient que << Parmi les principaux facteurs prédicateurs de l'échec scolaire, la pauvreté des
familles ressort comme déterminante>> (Paquet 1998: P.75). Dans plusieurs pays du monde,
le tableau d'accès à tous les apprenants à l'école n'est pas confortable compte tenu de la
situation que traverse chacun de ces pays. Ainsi, le rapport de l’Unesco 2015 affirme que <<
le bulletin scolaire de la planète n’est pas bon>> et que « l’éducation pour tous » reste un
objectif lointain. De même, le Rapport mondial de suivi sur l’éducation pour tous renchérit
que près d’un enfant sur quatre en âge de fréquenter l’école primaire (23%) n’a jamais été
scolarisé ou quitté l’école sans terminer le cursus primaire. Il est constaté par ailleurs que de
nombreux élèves garçons comme filles ne bénéficient pas des avantages de l’école. « En
2011, 57 millions d’enfants dans le monde n’étaient pas scolarisés. Plus de la moitié des
enfants non scolarisés vivent en Afrique subsaharienne », (Rapport mondial de suivi EPT,
2014: P.1). L'accès à l'école pour tout enfant reste la préoccupation majeure de toute nation
même si malgré les interventions des institutions en charge de l'éducation et autres structures
pour réduire le taux de déscolarisation, ce problème social qu'est la déscolarisation persiste
toujours dans nos villes et villages. Malgré les différentes interventions de l'État et des ONG

3
pour réduire le taux de déscolarisation des filles au Bénin, l'arrondissement de Sèkèrè présente
un tableau sombre avec des taux plus ou moins importants des cas de déscolarisation.

La détermination des causes de la déscolarisation des filles semblent donc être nécessaire pour
la réduction de ce phénomène. C'est pourquoi conscient de ce problème social qu'est la
déscolarisation des élèves caractérisés par plusieurs facteurs d'ordre économique, social et
culturel, des actions pour réduire le taux de la déscolarisation doivent être mises en place.
Cela nous a motivé à entreprendre cette recherche dans le but d'identifier les facteurs qui sont
à l'origine de la déscolarisation des filles dans l'arrondissement de Sèkèrè
1.1 PROBLÈME
Le sujet de recherche pose un problème social, celui de la persistance du fort taux de de la
déscolarisation des filles.
1.2 QUESTION DE RECHERCHE
Pour mieux se positionner sur la question de la déscolarisation des filles, la question suivante
a été formulée : La persistance du fort taux de déscolarisation des filles est-elle liée à
l'ignorance de l'importance de l'éducation féminine dans l'arrondissement de Sékérè ?
1.3 Objectifs
Objectif général
Décrire les facteurs socioéconomiques et culturels de la déscolarisation des filles.
Objectifs spécifiques
Trois objectifs spécifiques découlent de l'objectif général. Ils sont définis comme suit:

Objectif 1

Identifier les facteurs socioculturels de la déscolarisation des filles.

Objectif 2

Analyser les facteurs socioéconomiques de la déscolarisation des filles.


Objectif 3

Proposer des pistes de solutions pour réduire voire éradiquer ce phénomène.

1.4 HYPOTHESES DE LA RECHERCHE

Hypothèse 1

4
La persistance du fort taux de déscolarisation des filles s'explique par les réalités
socioculturelles du milieu d'étude comme la grossesse précoce et le mariage forcé.

Hypothèse 2
Les Problèmes familiaux et le manque de soutiens financiers entraînent la déscolarisation des
filles.

Hypothèse 3

L’amélioration de la scolarisation des filles dépend des mesures idoines retenues

1.5 Revue de littérature

La déscolarisation des filles est un phénomène de plus en plus préoccupant de nos jours et
c’est dans ce souci que de nombreuses réflexions sont menées en vue de comprendre ses
causes réelles.
L’interrogation sur les obstacles liés à la scolarisation se généralise chaque jour davantage et
celle sur le décrochage scolaire a fait l’objet des travaux en nombres conséquents sur
l’ensemble du territoire national depuis le début des années 2000. Il est constaté que l'objectif
visé par l'éducation est entravé par plusieurs difficultés puisque bons nombres d'élèves ne
bénéficient toujours pas des avantages de l'école. Ils sont confrontés pour la plupart aux
échecs scolaires, aux abandons scolaires et déscolarisations.

Plusieurs auteurs ont abordé les préoccupations liées à l'éducation. Parmi les auteurs ayant
écrit sur la problématique de l'éducation on décompte GAZIBO Hamani (2013: P.13),
MIMCHE Honoré (2004: P.8), UNICEF Sénégal (2016: P. 34), AGNINNIN Wilfried (2019),
Analyse Global de la Vulnérabilité de la Sécurité Alimentaire et de la Nutrition (AGVSAN²
(2014: P. 116)), RWEHERA Mathias (1999: P.163), LOKONON Paul 2018. Leurs écrits sont
assez convaincants.
Ensuite, parmi les facteurs conduisant à la déscolarisation des élèves se trouve la distance qui
sépare l'école et le domicile familial. Ainsi, dans certains villages reculés et même dans
certaines villes périphériques la distance est la raison de l'abandon ou de la déscolarisation des
élèves. C’est pourquoi GAZIBO Hamani (2013: P.13) affirme que : « La proximité des
infrastructures éducatives, mais aussi leurs équipements, leur accessibilité financière, les
qualifications du corps enseignant, etc sont autant de facteurs qui peuvent influencer la
propension des familles ou des parents à envoyer les enfants à l'école ainsi que le choix de

5
l'école.» De même certains parents qui ont une mauvaise perception de l'école, une fois leurs
enfants devenus adolescents le déscolarisent pour qu'ils les aident dans les travaux champêtres
et autres activités génératrices de revenus. Aussi, plusieurs écoles surtout celles qui se
trouvent dans les zones reculées souffrent du manque d'infrastructures mobilier ou immobilier
et les conditions dans lesquelles se déroulent les travaux pédagogiques ne sont pas du tout
favorables.
C'est ce qu'a constaté l'UNICEF (Fonds des Nations Unies pour L'Enfance) au Sénégal, en
affirmant que : « Les griefs formulés à l'endroit de l'école montrent que le processus de non
scolarisation/déscolarisation se noue la plupart du temps dans l'environnement scolaire »
(UNICEF Sénégal, 2016: P. 44). Dans le même sens, AGNINNIN Wilfried (2019), en
abordant la question des limites des dispositions prévues pour assurer une éducation de
qualité à tous les enfants, pense qu'il y a manque d'enseignants dans les écoles primaires
publiques au Bénin.
D'autres raisons expliquent la déscolarisation des filles. Les filles évoquent souvent les
difficultés du travail scolaire ou encore de santé alors que les garçons parlent plutôt de la
quête de l'argent, une mésentente avec les enseignants ou encore des cas d'exclusion scolaire.
Le manque des infrastructures tels que table, banc, le mauvais état des tableaux nuisant à la
lecture; manque de latrines, une mauvaise coopération entre apprenants et enseignants
conduisent à la démotivation des élèves de l'école. C'est ce qu'a constaté LOKONON Paul
(2018) lorsqu'il affirme que << les faibles revenus financiers de certains parents, le coût élevé
de l'éducation (les coûts indirects), les travaux domestiques des filles, la traite des enfants et
exploitation des graviers>> (LOKONON Paul 2018: P.134). Dans cette perspective UNICEF
Bénin (2020) traite des aspects des inégalités et déclare que le riche dispositif qui garantit à
tous les enfants un accès équitable et libre de toute forme de discrimination à un apprentissage
de qualité dans un environnement éducatif sécurisé, est peu ou faiblement appliqué dans le
fonctionnement du secteur éducatif.
Par ailleurs, la déscolarisation des filles peut être également liée à certains facteurs relatifs à la
démographie du ménage comme par exemple l'effectif du nombre d'enfants dans le ménage
surtout pour les couples polygames où le nombre d'enfants est trop élevé. Surtout lorsqu'il y a
assez d'enfants dans le ménage et que ce ménage n'est pas bon financièrement cela peut être
un frein dans le cursus scolaire de l'élève. C’est ce que tente de confirmer l’Analyse Globale
de la Vulnérabilité, de la Sécurité Alimentaire et de la Nutrition cité par LOKONON Paul
(2018: P.56 ) à travers ces termes : « Les enfants des ménages ayant une consommation
alimentaire pauvre ou limitée sont moins susceptibles de fréquenter l’école primaire que ceux

6
des ménages ayant une consommation alimentaire acceptable (74% vs 82%). Environ 95 pour
cent des enfants des ménages plus riches vont à l’école contre 60 pour cent des enfants des
ménages les plus pauvres. Les raisons qui ont amené ces enfants à abandonner l’école sont : le
manque d’intérêt des parents (40%), les difficultés économiques chroniques (15%) ou le fait
de ne pas avoir un tuteur ou soutien (11%). » (AGVSAN², 2014: P.116). La pauvreté dans les
ménages peut entraîner les parents à déscolariser leurs enfants. Selon les résultats d’une étude
réalisée sur la pauvreté, il y a un lien étroit entre le niveau de vie et l’éducation : « Une faible
capacité des populations à satisfaire convenablement leurs besoins essentiels dont celui relatif
à l’éducation… il y a dans ce sens une relation étroite entre le niveau de vie des populations et
les conditions d’accès à l’éducation et que la pauvreté accentue les disparités de genre en
matière d’éducation et favorise la mise au travail précoce des enfants, ainsi que le mariage
précoce des filles.» (MIMCHE Honoré, 2004 : P.8). Parmi les facteurs favorisant la
déscolarisation des élèves se trouvent les moyens financiers pour le paiement de la scolarité.
Ainsi, si la scolarité est très élevée le risque de la déscolarisation est très élevé surtout dans les
ménages pauvres. C'est ce qu'a constaté RWEHERA Mathias (1999: P.163) cité par
LOKONON Paul (2018: P. 57 ) : lorsqu'il affirme « La demande scolaire résulte d'une part
des avantages que les familles espèrent tirer de l'accomplissement du cycle d'études considéré
et, d'autre part de la proportion des familles qui soient prêtes à accepter les sacrifices et autres,
qu'impose la fréquentation scolaire » A la fin de cette revue de littérature relative à ce sujet de
recherche, force est de constater que les différents écrits sur les limites que traverse l'école
Béninoise en vue de prendre des dispositions pour assurer une éducation de qualité à tous les
enfants sont restés sans succès car ces facteurs qui entravent l'éducation persistent. Or, les
facteurs socioculturels de la déscolarisation des enfants issus des parents pauvres sont moins
abordés. A cet effet, la question de la déscolarisation des élèves a été la source de
préoccupation de plusieurs auteurs et est abordée sous différents angles. Dans la commune de
Sinendé où la présente recherche a pour centre, ce phénomène de déscolarisation est récurrent.
C'est dans cette perspective que la présente recherche se propose d’examiner les facteurs
socioculturels et économiques de la déscolarisation des enfants issus des parents pauvres.

1.6 CLARIFICATION CONCEPTUELLE


En sciences sociales, les concepts n'ont pas le même sens. Dans le cadre de cette recherche les
concepts à clarifier sont: scolarisation, déscolarisation, éducation.
o Scolarisation

7
Pour Emile GENOUVRIER (2001), la scolarisation c'est l 'action de scolariser, c'est-à-dire
dans un premier temps doter un pays, une région des établissements nécessaires à
l'enseignement de toute une population. Dans un second temps, c 'est admettre un enfant ou
un groupe d'enfants à suivre l'enseignement d'un établissement scolaire. L'aspect relevé issu
de cette définition est la finalité de la scolarisation en termes d'acquisition de savoir. En
définissant toujours la scolarisation, BOMMIER. A et SHAPIRO. D (2001) pensent que la
scolarisation constitue un moyen d'augmenter le capital humain de l’individu. Pour ces deux
auteurs, le concept peut être défini comme étant l'ensemble des connaissances et des capacités
de l'individu. Deux aspects ressortent de cette définition ; il s'agit de la finalité de la
scolarisation en termes d'acquisition de savoir et de moyens.

o Déscolarisation
Le terme « déscolarisation » est défini dans les dictionnaires comme « les sorties précoces du
système éducatif ». Plus largement, il permet de reprendre plusieurs hypothèses concernant
les processus conduisant hors du système scolaire des jeunes de moins de vingt ans. Ensuite,
la déscolarisation est définie par les sociologues d'une part comme une diminution des entrées
(non scolarisation) des enfants en âge scolaire et d'autre part comme l'augmentation des
abandons en cours d'études (L'ange, 1991). Enfin, la déscolarisation est la résultante de
processus multifactoriels et, c’est bien la combinaison de plusieurs facteurs qui permet de les
comprendre. Il s’agit bien de s’intéresser au processus de « désaffiliation scolaire » défini par
Broccolichi (1998 : P.41), et qui renvoie « au fonctionnement des institutions scolaires, aux
traitements différenciés des élèves et à l’interaction des contextes scolaires, familiaux et
locaux qui modulent les parcours et expériences propres à chaque adolescent »
o Éducation
L'éducation est l'action d'éduquer, de former, de permettre à un sujet la connaissance de
bonnes manières et l'usage indispensable à la vie en société. Ainsi, dans l'article 2 de la
déclaration des droits de l'homme de 1948, l'éducation désigne l'ensemble des moyens qu'une
société assure à ses membres pour les scolariser, c'est-à-dire partager, surtout aux jeunes, les
valeurs qu'elle privilégie, sa culture, en même temps que transmettre les connaissances
nécessaires à l'épanouissement de leurs personnalités. . Et enfin, l'éducation se perçoit pour
Emile Durkheim comme : <<l'éducation est l'action exercée par les générations adultes sur
celles qui ne sont pas encore assez mûres pour la vie sociale>>.

8
2. Situation géographique de la commune de Sinendé et approche méthodologique

2.1 Situation géographique de la commune de Sinendé

La commune de Sinendé est située au nord-ouest du département du Borgou (nord-est du


Bénin), et s’étend sur une superficie de 2.289 km2, soit 8,85 % de la superficie du
département du Borgou et 2,03 % de celle du Bénin. La commune est limitée au sud par la
commune de N’Dali, au nord par la commune de Gogounou dans le département de l’Alibori,
à l’est par la commune de Bembèrèkè et à l’ouest par les communes de Ouassa-Péhunco (dans
l’Atacora) et Djougou (dans la Donga). Elle est à 623 km au nord de Cotonou et à environ
150 km au nord de Parakou, chef-lieu du département et à 40 km à l’ouest de Bembèrèkè et
de la voie bitumée. Selon la loi n°2013-005 du 15 février 2013 Portant création, organisation,
attributions et fonctionnement des unités administratives locales en République du Bénin, la
commune de Sinendé est subdivisée en quatre arrondissements à savoir : Sinendé, Fô-Bouré,
Sèkèrè et Sikki, pour un nombre total de 43 villages administratifs et quartiers de ville
auxquels sont rattachés environ 146 localités ou hameaux dispersés. Selon le Recensement
Général de la Population et de l’Habitat 4ème édition de 2013 (RGPH4, 2013), la population
de Sinendé est de 91 672 habitants contre 63 373 habitants en 2002 soit un accroissement de
2,99%. La population féminine est de 46 032 soit 50,21%. La structure de la population par
âge indique une extrême jeunesse de la population de la commune. La population scolarisable
6-14 ans est de 23 834 selon la moyenne globale du Borgou et la population active 15-59 ans
s’élève à 42 719 selon la moyenne globale du Borgou.

9
Carte administrative de la commune de Sinendé

2.2 Approche méthodologique

Nature de la recherche

Le sujet portant sur la déscolarisation des filles dans l'arrondissement de Sèkèrè, est de nature
mixte. Ce sujet est de nature mixte, car il relèvera d'une part des données non chiffrées, des
données basées sur des perceptions, des opinions des acteurs etc et d'autre part des données
quantifiables, chiffrées.

10
2.2.1 Techniques et outils

⟣ Revue documentaire

Cette recherche a été rendu possible grâce aux recherches documentaires telles que la lecture
des articles, anciens mémoires sur le net, dans les bibliothèques. A la fin de cette recherche
plusieurs informations ont été recueillies sur la déscolarisation des filles dans l'arrondissement
de Sèkèrè. L’outil utilisé est la fiche de lecture

⟣ Observation

Dans le cadre de ce travail, l'observation directe va permettre de bien observer


l'environnement scolaire, afin de mieux comprendre ce dont il s'agit (tout ce qui va, tout ce
qui ne va pas etc). L'outil à utiliser pour l'observation directe est la grille d'observation.

⟣ Entretien

L’entretien en tant que technique de collecte des données qualitatives a été utilisé. L’entretien
semi-directif a été adressé à tous les acteurs. L’outil utilisé est le guide d’entretien. Le guide
d’entretien a servir de support pour bien conduire l’enquête.
⟣ La recherche documentaire
Au niveau de cette méthode, un travail de documentation a été fait pour permettre d’avoir une
vue sur les anciens travaux menés dans le cadre de ce sujet. Ce travail a permis de recueillir
des informations susceptibles d’éclairer le sujet afin de savoir dans quel sens orienter la
recherche. L’outil utilisé pour cette recherche est la fiche de lecture.

⟣L'enquête par questionnaire:


L'enquête par questionnaire vise à vérifier des hypothèses en faisant l’analyse des
phénomènes sociaux qu’on veut étudier à partir des informations données par des individus. Il
permet d’obtenir des informations standardisées et aussi d’observer toutes les variables
introduites dans les hypothèses tout en établissant les relations entre ces variables. L'outil
utilisé pour cette enquête est le questionnaire.

2.3 Méthodes et techniques d'échantillonnage

L'échantillonnage de cette recherche est constitué des catégories d'acteurs à enquêter, des
effectifs par catégorie, des techniques d'échantillonnage. Les acteurs concernés par cette

11
recherche ont été identifiés de façon aléatoire, il s'agit du personnel de l'institution scolaire,
les parents d'élèves, les déscolarisées, les élèves filles. Concernant les effectifs d'acteurs à
enquêter par catégorie, il y a cinq (05) enseignants, quinze (15) parents d'élèves, vingt (20)
déscolarisées et quinze (15) élèves filles. Toutes ces catégories d'acteurs sont enquêtées par la
technique d'échantillonnage à choix raisonné.
2.4 Critères de choix des enquêtés

Chaque catégorie d'acteurs à enquêter est choisie selon des critères donnés, pour une bonne
réalisation de cette recherche. Les personnels de l'institution scolaire sont choisis comme
répondant à cette enquête de part leurs anciennetés dans le système scolaire. Quant aux
parents d'élèves, ils doivent avoir nécessairement des filles fréquentant ou des filles ayant
fréquenté. Du côté des élèves filles seules ceux qui sont en classe de CM2 ou le secondaire
sont enquêtés.

2.5 Les étapes de la recherche

Première étape : recherche documentaire

A cette étape le recours est fait sur les documents ayant abordé la problématique de la
déscolarisation des élèves. Ainsi, plusieurs documents sont consultés pour la collecte des
informations relatives à ce sujet.

Deuxième étape : confection des outils de la collecte des données

La recherche du terrain exige la confection des outils pour la collecte des informations.
L’outils confectionnés pour cette recherche est le questionnaire.

Troisième étape : la recherche sur le terrain

La recherche du terrain a eu lieu de Septembre à Novembre dans l'arrondissement de Sèkèrè.


À cet effet, les informations spécifiques sur la déscolarisation des élèves sont recueillies
auprès du personnel enseignant, des parents d'élèves, les filles et les déscolarisés.

Quatrième étape : Dépouillement, traitement, et analyse des données.

La méthode mixte est utilisée pour l'analyse des données. L'analyse est faite en deux étapes.
La première étape consiste à analyser les verbatims et la seconde étape consiste à analyser les
données quantitatives.

12
2.6 Difficultés rencontrées et solutions appliquées
La principale difficulté rencontrée dans le cadre de cette recherche est la réticence des
enquêtés à nous livrer toutes les informations utiles. Pour les mettre en confiance, des
explications sur notre présence ont été redonnées. Il faut aussi mentionner plusieurs rendez-
vous manqués à cause de l'indisponibilité des enquêtés trop occupés en raison de leurs
diverses activités génératrices de revenus. Aussi, toutes les informations sur les identités de
ceux-ci ont été prises, à l'exception de leurs noms, prénoms. Comme autres difficultés, il y a
la non maîtrise de la langue du milieu, pour laquelle un interprète a été sollicité. En dépit de
ces quelques difficultés rencontrées sus-mentionnées, nous avons pu quand même obtenir des
données exploitables. Certains mémoires et articles nous ont également aidé à recueillir
certaines informations. Enfin, la communication téléphonique a été d'une grande importance
dans la mesure où elle nous a permis de joindre les enquêtés en voyage.

Références bibliographiques

• DURKHEIM Emile. (1985). Éducation et sociologie / préf. de Maurice Debesse : introd. de


Paul Fauconnet (5e éd.). Paris : Presses universitaires de France, 130 p
• GERARD Étienne, 1999, << Logiques sociales et enjeux de scolarisation en Afrique:
Réflexions sur des cas d'écoles maliens et burkinabè >> Dans politique africaine 1999/4
(Nº76), pages 153 à 163, Édition Karthala

13
• GPE, 2017, « Bénin : De nouvellesstratégies pour améliorer l'apprentissage », Bénin,
Source : Agence Bénin presse, [Link]
• GAZIBO Hamani. & ARGOZE Moussa Koura (2013). Fréquentation scolaire au Niger : une
analyse par la méthode de décomposition . Bureau Central du recensement (BCR)/ Institut
National de la Statistique (INS), 47 p.
• Institut de statistique de l'UNESCO, 2006 << Les enseignants et la qualité de l'éducation:
suivi des besoins mondiaux d'ici 2015 >> Montréal, Source : [Link]
• LANGEVIN Louise. 1999. L 'abandon scolaire. Montréal : Les Éditions Logiques, Nouvelle
Édition, 459 p.
• LOKONON Paul, 2018, « Lesfacteurs de la faible scolarisation des filles dans les
départements du Mono et du Couffo au Bénin », Bénin, Thèse de doctorat, 313 pages.
• MIMCHE Honoré. (2004). Les inégalités d’accès à l’éducation au Tchad, colloque
international, Burkina Faso : le droit à l’éducation quelles effectivités au sud et au nord, 9 au
12 mars 17 p
• Pierre Bourdieu un hommage [en ligne]. Disponible sur :
[Link] (consulté le 07.04.2016)

• UNESCO, (2015). Bulletin d’information de l’ISU, n° 32, pp. 7-12.


• UNICEF (2014). Deuxième rentrée de l’école des adolescents non scolarisés ou
déscolarisés, n° 20, 4 p.
• UNICEF, 2016, « Les enfants hors ou en marge du système scolaire classique au Sénégal >>
Sénégal, Étude « ORLECOL » Synthèse analytique, 92 pages.

14

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