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PRÉPARATION AUX CONCOURS D’ENTRÉE DANS LES ÉCOLES DE
STATISTIQUE AFRICAINES SESSION 2025
(ISE CYCLE LONG / AS)
Y
Quelques corrections du Test de mathématiques no 8
EM
Durée de l’épreuve : 2 heures
D
15 Décembre 2024
A
Exercice no4
C
1
On considère la fonction f définie par f (x) = e− x2 si x > 0, et f (x) = 0 si x ≤ 0.
A
1. Montrer que f est continue sur R. Calculer sa dérivée et montrer qu’elle est aussi continue. Faire
de même avec la dérivée seconde.
SA
2. Prouver que, quel que soit l’entier n ∈ N, la dérivée n-ème de la fonction f est continue.
1
Seul 0 peut poser un problème de continuité à droite. Or, lim+ − 2 = −∞, donc lim+ f (x) = 0, et f
x→0 x x→0
2 − 12 1 2
EN
est bien continue en 0. De plus, ∀x > 0, f (x) = 3 e x . Posons X = , on a lors f (x) = 2X 3 e−X , qui
′ ′
x ′
x
par croissance comparée a pour limite 0en +∞, donc f est également continue en 0. On fait le même
6 4 − 12
type de calcul pour f ′′ : ∀x > 0, f ′′ (x) = + e x , qui a également pour limite 0 en 0.
x4 x6
Pour les dérivées ultérieures, le principe est le même, mais pour tout traiter d’un seul coup, il est
M
nécessaire d’effectuer une récurrence pour prouver que la n-ième dérivée de la fonction f (sur ]0; +∞[)
Pn (x) 1
peut s’écrire sous la forme an e− x2 , où an est un entier naturel et Pn est un polynome. C’est vrai pour
x
Pn (x) 1
n = 1 et même n = 2 d’après les calculs précédents. Supposons désormais que f (n) (x) = an e− x2 . On
x
xan Pn′ (x) − an nxan n−1 Pn (x) − 12 2Pn (x) − 12
peut dériver cette fonction sur ]0; +∞[ et obtenir e x − an +3 e x . Ceci
x2an x
est bien de la forme voulue, ce qui achève la récurrence.
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1
Or, un quotient de polynomes multiplié par e− x2 a toujours pour limite 0 en 0 (toujours de la crois-
sance comparée), donc la dérivée n-ième de f est continue en 0.
Exercice no5
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Z 1
1. Soit f une fonction telle que ∀k ≤ n, tk f (t) dt = 0, montrer que f s’annule au moins n + 1 fois
0
sur [0; 1].
Je vous sens tous venir avec votre récurrence, oubliez-là, ça ne sert à rien. Observer ce qui se
passe pour les petites valeurs de n peut être utile. Ainsi, pour n = 0, le résultat est une consé-
quence du fait qu’une fonction (non nulle) de signe constant sur un intervalle ne peut pas avoir
une intégrale nulle. Pour n = 1, raisonnons par l’absurde en supposant que f ne s’annule qu’une
seule fois, disons en c. Alors la fonction est (par exemple) strictement positive sur [0, c] et stricte-
Y
ment négative sur [c, 1] (si c’est le contraire, on prend −f qui vérifie également les hypothèses de
l’énoncé). L’astuce est alors de constater que la fonction g : t 7→ (c − t)f (t) est de signe constant
EM
sur [0, 1], en l’occurence positive (puisque les deux facteurs sont positifs si t ≤ c et les deux sont
Z 1 Z 1 Z 1
positifs si t ≥ c). Pourtant, (t − c)f (t) dt = tf (t) dt − c f (t) f dt = 0 − c × 0 = 0. la
0 0 0
fonction n’étant pas tout le temps nulle sur [0, 1], on tient une absurdité.
Généralisons ce résultat, en raisonnant par l’absurde dans le cas général. Supposons que f
D
s’annule exactement n fois (si elle s’annule moins, c’est encore plus facile) en c1 < c2 < . . . cn en
changeant de signe à chaque fois (si f ne change pas de signe, on enlève purement et simplement
A
la valeur correspondante). Notons alors P = (t − c1 )(t − c2 ) . . . (t − cn ). Ce polynôme change lui
aussi de signe en c1 , c2 , . . ., cn , dont le produit P f (t) est de signe constant sur [0, 1]. Pourtant, son
n
C
X
intégrale est nulle. En effet, quel que soit le polynôme P = ai X i de degré n (ou moins), par
k=0
A
Z 1 n
X Z 1
linéarité de l’intégrale, P (t)f (t) dt = ai ti f (t) dt = 0. Là encore, on a une contradiction,
0 k=0 0
la fonction f ne peut donc pas s’annuler moins de n + 1 fois.
SA
Z b
2. On considère une fonction f strictement positive sur le segment [a; b]. Montrer que f (x) dx ×
Z b a
1
dx ≥ (b − a)2 . Quand a-t-on égalité ?
EN
a f (x)
C’est une conséquence de l’inégalité de Cauchy-Schwarz :
Z b Z b Z bp !2 Z b 2
1 1
f (x) dx × dx ≥ f (x) × p dx = 1 dx = (b − a)2 . Pour avoir
a a f (x) a f (x) a
M
1
égalité, il faut que les fonctions f et soient proportionnelles, donc qu’il existe une constante k
f
k √
telle que f (x) = , pour tout x ∈ [a, b]. Ceci implique f (x)2 = k, donc f (x) = k (la fonction
f (x)
étant positive), la fonction f est donc constante. Réciproquement, toute fonction constante vérifie
l’égalité.
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Z 1 Z 1 Z 1
2 3
3. Déterminer toutes les fonctions f vérifiant f (x) dx = f (x) dx = f (x)4 dx. L’in-
0
0 Z 1 2 0 Z 1
égalité de Cauchy-Schwarz appliquée à f et à f 2 assure que f (x)3 dx ≤ f (x)2 dx ×
Z 1 0 0
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f (x)4 dx. Mais ici, l’hypothèse de l’exercice assure que cette inégalité est une égalité. Les fonc-
0
tions f et f 2 sont donc proportionnelles sur [0, 1]. Il existe une constante k telle que, ∀x ∈ [0, 1],
f (x)2 = kf (x), soit f (x) = k (sauf si f s’annule en x). La fonction est donc constante égale à k
partout où elle ne s’annule pas. Mais comme la fonction f est continue (au moins par morceaux)
pour que son intégrale existe), elle est donc constate sur [0, 1] (si elle prenait uniquement la va-
leur k et la valeur 0, le théorème des valeurs intermédiaires serait mis en défaut). Continuons à
noter k cette constante (qui peut très bien être nulle), et revenons à nos hypothèses de départ :
Z 1 Z 1 Z 1
2 2 3 3
f (x) dx = k ; f (x) dx = k et f (x)4 dx = k 4 , donc on doit avoir k 2 = k 3 = k 4 , ce qui
0 0 0
Y
ne peut se produire que si k = 0 ou k = 1 (la seule équation k 2 = k 3 admet uniquement 0 et 1
comme solutions). Deux fonctions sont donc convenables : les fonctions constantes égales à 0 et
EM
à 1. Si on autorise les fonctions constantes par morceaux, ça complique énormément les choses
car les trois intégrales ne se calculent pas facilement.
D
A
C
A
SA
EN
M
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