Leucémie myélomonocytaire chronique
= Syndrome MMC = leucémie MM subaiguë (forme particulière : + évolutive et + blastique)
Existence de maladies myélodysplasiques/ myéloprolifératives :
- Hypercellularité de la MO due à une prolifération d’une ou plusieurs lignées
myéloïdes ‡ cellules morphologiquement et fonctionnellement dysplasiques
- Prolifération inefficace d’une ou plusieurs lignées ‡ cytopénies
% blastes < 20% sue sang ou MO ; pas de chromosome Philadelphie
SMG + HMG
I. Définition
LMMC = désordre clonal des cellules souches de la MO caractérisé par :
- Monocytose persistante > 1G/L (dans sang périphérique)
- Absence de chromosome Philadelphie ou de réarrangement BCR/ABL
- Moins de 20% de blastes dans le sang ou la MO
- Dysplasie d’une ou plusieurs lignées myéloïdes
Si la dysplasie est absente ou peu visible, le diagnostic de LMMC peut être fait sur d’autres
arguments :
- anomalie cytogénétique, clonale, acquise
- monocytose depuis plus de 3 mois
- exclusion de toutes les autres causes d’hypermonocytose (tumeur, infection,
inflammation)
II. Epidémiologie
65-75 ans
Prédominance masculine
4 cas pour 100 000 personnes par an
III. Etiologie
Cause inconnue
(Causes possibles : exposition à des radiations ionisantes, à des cytotoxiques)
LL..M
M..M
M..C
C.. 1
IV. Arguments cliniques
- Asthénie, perte de poids, fièvre, sueurs nocturnes
- SMG (par infiltration de la pulpe rouge par les cellules leucémiques), HMG
- Rarement ADP
V. Diagnostic biologique
1. Hémogramme et frottis sanguin
a. Monocytes
- Par définition : >1G/L. Souvent entre 2 et 5G/L mais peuvent ↑ jusqu’à 80G/L
- > 10% des GB
- Cytologie : cellules matures le plus souvent ; parfois défaut de granulation, de
segmentation nucléaire ou chromatine finement dispersée
- Promonocytes et blastes sont parfois présents mais < 20% des GB (sinon LAM)
b. Polynucléaires
- Neutrophilie ou neutropénie
- Promyélocytes et myélocytes < 10% des GB
- Basophiles normaux
- Eosinophiles normaux ou ↑
Rq : Les LMMC avec éosinophilie sont souvent associées à des anomalies cytogénétiques
spécifiques. De plus la persistance de l’éosinophilie est souvent associée à une atteinte plus
sévère des organes du fait de la dégranulation des PNE (cœur, poumons, SNC, peau, TD, foie,
rate…)
- Cytologie : dysgranulopoïèse avec PNN hyposegmentés et anormalement granuleux
(hypogranulation)
c. Erythrocytes
- Anémie modérée, normo ou macrocytaire arégénérative
d. Plaquettes
- Parfois une thrombopénie modérée
- Parfois des macroplaquettes sont observées
LL..M
M..M
M..C
C.. 2
2. Myélogramme – BOM (pas systématiquement)
- Souvent riche (75% des cas) sinon normale, rarement pauvre
- Prolifération granuleuse plus facilement MEE sur BOM ; dysgranulopoïèse identique
à celle du sang
- Possible ↑ des précurseurs érythroïdes ; dysérythropoïèse chez 50% des patients :
mégaloblastose, contours nucléaires flous, sidéroblastes
- Prolifération monocytaire toujours présente mais parfois difficile à MEE.
Blastes < 10% des cellules nucléées
- Micromégacaryocytes ou mégacaryocytes à noyau anormalement lobé (hyperlobé,
monolobé): 80% des patients
- Cytochimie :
o _ napthylacétate estérase
o _ naphtylbutyrate estérase
Ë seule(s) ou en association pour l’identification des monocytes
- Myélofibrose de degrés variables : 30% des patients
3. Caryotype
Anomalies dans 20 à 40% des cas mais non spécifiques
Les plus fréquentes sont : +8 ; del7q ; anomalies structurales du 12p
(11q23 Ë LA)
4. Immunophénotypage
- Dans sang et MO : expression d’Ag myélomonocytaire : CD33 ; CD13
- Expression variable : CD14 ; CD68 ; CD64 ; CD36 ; CD4 ; HLA-DR
- Parfois augmentation associée des cellules CD34+ (cellules très immatures) ‡
souvent associée à une transformation rapide en LA
5. Dosage du lysozyme (sang : 3-12 mg/L et urines : < 5 mg/L)
= hydrolase d’origine lysosomiale produite par les granulocytes et les monocytes, libérée dans
le sérum, filtrée et réabsorbée par le rein.
= marqueur de prolifération monocytaire
Ë ↑ dans les LMMC
VI. Diagnostic différentiel
• Eliminer les monocytoses réactionnelles :
LL..M
M..M
M..C
C.. 3
o Infections (modérée) : tuberculose, brucellose (malaise, céphalées, courbe de
température), syphilis, paludisme, leishmaniose (ID +++), candidose…
Ë sérodiagnostic
o Cancers : épithélioma, sarcome, maladie de Hodgkin
o Cirrhose
o Sarcoïdose : symptomatologie pulmonaire, lésions cutanées ‡ radio, hyperCa,
↑ECA, LBA (hyper_)
o Collagènoses
o Entéropathies (inflammation) : crohn, rectocolite hémorragique : contexte
différent
• Attention aux monocytoses d’accompagnement :
o Atteintes médullaires toxiques
o LMC ++ atypique sans chromosome Philadelphie
o SMD : AREB : neutropénie ++ ‡ hypermonocytose compensatrice
o Syndrome d’activation macrophagique : AEG, tableau infectieux
ß ↑ des monocytes en % par pancytopénie
ß niveau de la ponction médullaire : sang par hémophagocytose
ß dans les déficits immunitaires, infections virales
Attention différencier d’une LAM 4 : en fonction du taux de blastes (stable dans le temps)
dans le sang et la MO
VII. Classification
En fonction du nombre de blastes dans le sang et la MO
LMMC-1 : blastes < 5% dans le sang
< 10% dans la MO
LMMC-2 : blastes < 5-19% dans le sang
< 10-19% dans la MO
Rq : un taux de blastes > 20% suggère une LAM 4 plutôt qu’une LMMC
VIII. Evolution et facteurs pronostiques
- Survie : 1 à >100 mois avec une médiane de 20-40 mois
- Transformation en LA dans 15 à 30% des cas
- Aggravation lente de la maladie avec ↑ de la SMG, de la sévérité de l’anémie, de la
leucocytose
LL..M
M..M
M..C
C.. 4
Le taux de blastes dans le sang et la MO semble être le facteur le plus important dans la durée
de survie.
IX. Traitement
- Abstention thérapeutique si maladie bien tolérée
- ± traitement adjuvant : atb, transfusions
- Hydroxyurée – étoposide
- Greffe de MO allogénique = seul potentiellement curatif
LL..M
M..M
M..C
C.. 5