DS 4 : 4h
Vendredi 1 décembre 2017
L’usage des calculatrices n’est pas autorisé
Consignes à respecter sous peine d’être pénalisé :
• Changer de copie (ou au moins de feuille) à chaque exercice ou partie d’un problème.
• Numéroter les questions (et le cas échéant la partie).
• Souligner les résultats intermédiaires dans une démonstration à tiroirs, faire une phrase de conclusion
et encadrer le résultat.
Questions de cours
1. Soit f linéaire de E dans F . Énoncer un maximum de conditions suffisantes permettant de montrer
que f est continue en précisant le cas échéant celles qui sont nécessaires.
2. Énoncer le théorème des valeurs intermédiaires pour une fonction de R dans R.
Quel est son équivalent vectoriel ?
3. Énoncer le théorème des bornes atteintes pour une fonction de R dans R.
Quel est son équivalent vectoriel ?
4. Rappeler la définition d’une fonction uniformément continue sur un intervalle I.
Donner l’exemple d’une fonction uniformément continue non lipschitzienne.
5. Énoncer le théorème de l’intégrale nulle.
Z 0
x+2
6. Soit I = √ dx.
2
x + 4x + 8
−2
a. Justifier l’existence de I.
b. Déterminer des réels a, b, c tels que x2 + 4x + 8 = a((bx + c)2 + 1).
x
c. Après justifications, effectuer le changement de variables + 1 = tan t.
2
d. Calculer I.
Exercice 1
On considère l’espace vectoriel E = C 0 ([0, 1], R) des fonctions continues sur [0, 1] à valeurs dans R.
On munit E de la norme ||.||∞ définie pour f ∈ E par ||f ||∞ = supx∈[0,1] {|f (x)|}.
Z x
Soit f ∈ E. On pose ∀x ∈ I, g(x) = exp(−x) exp(t)f (t) dt.
0
1. a. Démontrer que l’application φ : f 7→ φ(f ) = g est un endomorphisme de E.
Z x
b. Calculer exp(−x) exp(t) dt .
0
c. En déduire que l’application φ est continue de (E, ||.||∞ ) dans (E, ||.||∞ ).
2. On considère la suite de fonctions définie par f0 = 1 et ∀n ∈ N, fn+1 = φ(fn ).
a. Montrer que pour tout x ∈ R, |fn (x)| ≤ (1 − e−1 )n .
b. En déduire que la série fn (x) est absolument convergente.
P
c. Démontrer que pour tout n ∈ N, fn+1 est dérivable sur [0, 1] et exprimer fn+1 0
(x) en fonction
de fn (x) et de fn+1 (x).
d. En déduire que la série fn (x) est convergente et calculer sa somme.
P 0
1
Exercice 2
Soit On (R) = {M ∈ Mn (R) : M t M = In }.
1. Montrer que (On (R), ×) est un groupe multiplicatif.
Pour une matrice M ∈ Mn (R) de coefficients mi,j , on pose ||M || = max(i,j)∈[1,n]2 |mi,j |. On admet
que ||.|| est une norme.
2. Montrer que si M ∈ On (R), alors ||M || ≤ 1.
3. En déduire rigoureusement que On (R) est un compact de Mn (R).
4. Soit M ∈ On (R). Montrer que | det(M )| = 1.
5. L’ensemble On (R) est-il connexe par arcs ?
Å ã
cos x − sin x
6. a. Soit M ∈ O2 (R) telle que det(M ) = 1. Montrer qu’il existe x ∈ R tel que M = .
sin x cos x
b. En déduire que SO2 (R) = {M ∈ O2 (R) : det(M ) = 1} est connexe par arcs.
ßÅ ã ™
α −β
7. On note SU (2) = : (α, β) ∈ C2 , |α|2 + |β|2 = 1 .
β α
a. Montrer que R4 \ {0} est connexe par arcs (on pourra faire des schémas).
b. En déduire que la sphère unité S de (R4 , ||.||2 ) est connexe par arcs.
Å ã
a + ib −c + id
c. Soit φ : S → SU (2) telle que φ(a, b, c, d) = .
c + id a − ib
Montrer que φ est bijective et continue.
d. En déduire que SU (2) est connexe par arcs.
e. Déterminer une loi ? sur S = {(a, b, c, d) ∈ R4 : a2 + b2 + c2 + d2 = 1} telle que
φ : (S, ?) → (SU (2), ×) soit un isomorphisme de groupes.
Problème :
Étant donné un entier n ∈ N∗ et un réel a, on dit qu’une fonction réelle f définie au voisinage de a est
plate à l’ordre n en a lorsque f (x) − f (a) est négligeable devant (x − a)n mais pas devant (x − a)n+1
lorsque x tend vers a.
On dit que f est ultraplate en a lorsque f (x) − f (a) est négligeable devant (x − a)m lorsque x tend vers
a, quel que soit l’entier naturel m.
Partie 1 : étude des espaces En (a).
On note E le R-espace vectoriel des applications de classe C ∞ de R dans R, dont on rappelle qu’il possède
aussi une structure d’anneau commutatif et d’algèbre.
Pour tout entier n ∈ N∗ et tout réel a, on note En (a) l’ensemble des fonctions de E telles que la différence
f (x) − f (a) soit négligeable devant (x − a)n lorsque x tend vers a.
1. Soit f ∈ E, a ∈ R et n ∈ N∗ .
Démontrer, en utilisant une formule de Taylor, que la fonction f appartient à En (a) si et seulement
si pour tout entier k compris entre 1 et n, la dérivée d’ordre k de f en a est nulle :
f ∈ En (a) ⇔ ∀k ∈ [1, n], f (k) (a) = 0.
2
2. Un exemple de fonction ultraplate en 0.
Pour tout x > 0, on pose b(x) = exp(−(ln x)2 ).
a. Étudier la fonction b, donner l’allure du graphe de b en précisant les coordonnées de ses points
d’inflexion (les points où la dérivée seconde change de signe).
b. Justifier que b est de classe C ∞ sur ]0, +∞[ et prouver que pour tout n ∈ N∗ , il existe un
polynôme Bn ∈ Rn [X] tel que
Bn (ln x)
∀x > 0, b(n) (x) = exp(−(ln x)2 ).
xn
(on précisera le degré et le coefficient du monôme dominant de Bn ).
b(|x|) si x 6= 0
ß
c. En déduire que la fonction c : x 7→ est ultraplate en 0.
0 si x = 0
d. En quels autres points est-elle plate et à quel ordre ?
3. Soit n ∈ N∗ .
a. Montrer que pour tout réel a, En (a) est une sous-algèbre de E.
b. L’ensemble En (a) est-il un idéal de l’anneau commutatif E ?
c. Montrer que si f est ultraplate en 0, alors g : x 7→ f (x − a) est ultraplate en a.
4. Construire à l’aide de la fonction c définie plus haut une fonction de E ultraplate à la fois en 0,
en +1 et en −1.
Partie 2 : interpolations polynomiales avec ajustement de dérivées
1. a. Trouver pour tout n ∈ N∗ , l’unique polynôme Pn de Rn+2 [X] vérifiant Pn (0) = 0 et Pn (1) = 1
et tel que la fonction polynomiale Pn appartienne à En (0) ∩ E1 (1).
b. Soit x ∈ [0, 1]. Montrer que la suite (Pn (x))n∈N∗ converge vers une limite notée φ(x) à préciser
en discutant de la valeur de x.
c. La fonction φ est-elle continue sur [0, 1] ?
2. Soit p un nombre entier supérieur ou égal à 2, a1 , a2 , . . . , ap des nombres réels deux à deux distincts
et n1 , n2 , . . . , np des nombres entiers strictement positifs.
p
Soit m = p − 1 + nk .
X
k=1
Soit Φ l’application de R[X] dans Rm+1 définie par :
Ä ä
∀P ∈ R[X], Φ(P ) = P (0) (a1 ), P (1) (a1 ), . . . , P (n1 ) (a1 ), . . . , P (0) (ap ), . . . P (np ) (ap )
(où la dérivée 0-ième P (0) de P désigne la fonction polynomiale P elle-même).
a. Vérifier que Φ est linéaire.
b. Soit P ∈ ker Φ. Montrer que P est divisible par le polynôme A = pk=1 (X − ak )nk +1 .
Q
c. En déduire que le noyau de Φ est un supplémentaire de Rm [X] dans R[X].
d. En déduire que pour tout (b1 , . . . bp ) ∈ Rp , il existe un unique polynôme P de degré inférieur
p
ou égal à m appartenant à Enk (ak ) vérifiant :
\
k=1
∀k ∈ [1, p], P (ak ) = bk .
3. Soit n ∈ N∗ .
a. Justifier l’existence d’une unique fonction polynomiale paire Hn de degré inférieur ou égal à
n + 4, appartenant à En (0) ∩ E1 (−1) ∩ E1 (+1) et telle que Hn (0) = 0, Hn (−1) = Hn (1) = 1.
b. Calculer Hn selon la parité de n.
3
Partie 3 : approximations polynomiales
Dans cette partie, on note B l’ensemble des fonctions bornées de [−1, 1] à valeurs dans R. On munit cet
espace de la norme ||f ||∞ = supx∈[−1,1] |f (x)|.
Soit F l’espace vectoriel normé obtenu en munissant de la norme ||.||∞ l’espace des fonctions de classe
C ∞ sur [−1, 1].
1. L’ensemble des fonctions f de F qui vérifient f (0) = 0 est-il une partie fermée de F ?
2. Soit n ∈ N∗ et gn : x 7→ x2 + 1/n − 1/n et g : x 7→ |x|.
p p
a. Montrer que
lim ||gn − g||∞ = 0
n→+∞
Illustrer par un schéma en précisant les tangentes en 0.
b. En modifiant la suite de fonctions (gn )n∈N∗ , montrer que l’ensemble des fonctions f de F pour
lesquelles f (x) est négligeable devant x lorsque x tend vers 0 n’est pas une partie fermée de F .
3. On note T l’application qui à une fonction f de F associe la fonction T (f ) définie sur [−1, 1] par
Z x
∀x ∈ [−1, 1], T (f )(x) = f (t) dt.
0
a. Démontrer que T est une application continue de F dans F .
b. Soit f ∈ F et n ∈ N∗ . On note T n la composée n-ième T ◦ T ◦ · · · ◦ T (n fois T ).
Démontrer que T n (f ) est l’unique fonction de F nulle en 0 dont la dérivée n-ième est f et dont
toutes les dérivées d’ordre inférieur à n s’annulent en 0.
c. L’application T est-elle injective ? Est-elle surjective ?
4. Soit k ∈ N∗ et f une fonction de F plate d’ordre k en 0.
a. Justifier à l’aide d’un théorème du cours l’existence d’une suite (Pn )n∈N∗ de fonctions polyno-
miales telle que
lim ||Pn − f (k+3) ||∞ = 0.
n→+∞
b. Démontrer qu’il existe une fonction polynomiale R de degré inférieur ou égal à k + 2 telle que
lim ||T k+3 (Pn ) − (f + R)||∞ = 0.
n→+∞
c. Justifier l’existence d’une suite de polynômes (Qn )n∈N∗ vérifiant les propriétés suivantes :
• pour tout n ∈ N∗ , Qn (−1) = f (−1), Qn (0) = f (0) et Qn (−1) = f (−1) ;
• pour tout n ∈ N∗ , Qn est une fonction plate à l’ordre k en 0 ;
• limn→+∞ ||Qn − f ||∞ = 0.