Université Abdelmalek Essaadi
École Nationale des Sciences Appliquées
Al Hoceima
1ème Année Génie de l’Eau et de l’Environnement
LA GEOPHYSIQUE
Pr. Nordine Nouayti
2024-2025, ENSA Al Hoceima
LA GEOPHYSIQUE
la géophysique est la science qui s’intéresse aux
phénomènes physiques des roches de notre planète
et à l’interprétation de ces phénomènes en termes
géologiques.
On distingue deux branches différentes de la géophysique :
- la géophysique interne (physique du globe).
- La géophysique appliquée.
1° GÉOPHYSIQUE INTERNE
1° LA GRAVIMÉTRIE
mesure et étudie le champ de pesanteur pour
établir des théories générales sur:
les phénomènes d’isostasie
forme du globe
2° LE MAGNÉTISME
qui analyse le champ magnétique terrestre
dont la valeur et les variations ont permis une
approche de la dynamique du globe terrestre en
établissant l’ouverture des océans (dérive des
continents).
3°LA SISMOLOGIE
étudie les tremblements de terre et leur propagation.
Elle comporte deux aspects assez différents :
1° l’étude des tremblements de terre eux-mêmes pour répondre
aux questions suivantes :
où ont-ils eu lieu ?
Avec quelle fréquence ?
Quelle énergie ?
Peut-on les prévoir ?..
2° l’étude de la propagation des ondes sismiques à
travers la terre pour déterminer sa structure interne
en révélant ses différentes enveloppes:
•Ecorce,
• Manteau,
•Noyau,...
2° LA GÉOPHYSIQUE APPLIQUÉE
La géophysique appliquée est la partie de la
géophysique dont on attend des informations
pour les activités humaines dans tous les
domaines.
la géophysique appliquée correspond à la
prospection géophysique, recherche de
substances utiles du sous-sol.
Le développement récent des techniques
géophysiques a permis une extension du domaine
couvert par la géophysique appliquée aux très
faibles profondeurs. En plus de la prospection
pétrolière, il comprend actuellement :
le minier,
l'hydrogéologie,
la pédologie,
le génie civil,
environnement,
archéologie…
Les méthodes géophysiques
les principales méthodes utilisées en géophysique
appliquée, peuvent être classées dans deux catégories :
Les méthodes passives, appelées aussi naturelles, (elles
mesurent un phénomène naturel) :
la gravimétrie, la magnétométrie, la méthode tellurique,
des méthodes électromagnétiques…
Les méthodes actives, appelées aussi provoquées, (elles créent
un phénomène pour en mesurer les effets et répercussions):
les méthodes électriques
des méthodes électromagnétiques,
les méthodes acoustiques et sismiques.
Méthode Grandeur Paramètre Origine du
mesurée étudiée champ physique
Sismique Temps de trajet Vitesse d’onde Provoquée
mécanique
Gravimétrie Champ de Densité Naturelle
pesanteur
Electrique par Potentiel électrique résistivité Provoquée
courant injecté
Magnétique Champ Susceptibilité Naturelle
magnétique magnétique
Electromagnétique Champ Résistivité et Provoqué
électromagnétique permittivité
LA PROSPECTION ÉLECTRIQUE
MÉTHODE DE RÉSISTIVITÉ
I- INTRODURCION
Le principe de la prospection électrique repose fondamentalement
sur le passage d’un courant naturel ou artificiel dans le sol. C’est à
dire sur la conductibilité électrique des roches.
-WATSON (1746) a constaté que le sous sol pouvait conduire
courant artificiel.
-FOX (1830) a découvert la présence de courants naturels
dans le sous sol, associés à des dépôts de sulfures.
-On peut classer les différentes méthodes de prospection
en deux catégories:
I- Méthodes utilisant des courants naturels: (Passive)
Méthode de la polarisation spontanée.
des phénomènes électrocinétiques et électrochimiques naturels génèrent
parfois des courants électriques locaux
Méthode tellurique.
le champ magnétique terrestre varie dans le temps donc, par
induction, doivent exister des courants électriques variables
dans le sol
II- Méthodes utilisant des courants artificiels:
Polarisation induite (PI)
Résistivité
Mise à la masse
Electromagnétisme (EM)
II- RAPPELS - THEORIE ELEMENTAIRE
III- CONDUCTIBILITE ELECTRIQUE DES ROCHES
III-1 NOTION SUR LA CONDUCTIBILITE
On distingue deux modes de conductibilité
- La conductibilité électronique ou métallique :
Le passage du courant se fait par déplacement d'électrons.
Très peu de roches présentent une telle conductibilité c’est le cas de
certains sulfures (pyrite, galène) et de certains oxydes (magnétite,
hématite)
- La conductibilité électrolytique:
Le passage du courant se fait par déplacement d’ions.
Pour la plupart des roches, la conductibilité est presque uniquement de
type électrolytique. Cela signifie que les roches conduisent le courant
électrique grâce à l'eau qu'elles contiennent.
III- 2 CONDUCTIBILITE ELECTRIQUE DES ROCHES
Pour un géophysicien, une roche est constituée de:
LA MATRICE (partie solide constituée par les minéraux),
LA POROSITE (volume des vides par rapport au volume de la matrice)
LES FLUIDES (eaux plus ou moins salée, hydrocarbures, gaz, air, polluants).
le paramètre physique résistivité électrique de la roche dépendra des
pourcentages de ses divers constituants.
La résistivité d'une roche va dépendre de:
La porosité totale communicante de la roche
La qualité de l’électrolyte
La quantité d'électrolyte contenu dans l'unité de volume de la roche.
La teneur en eau
III-2.1 Porosité
les pores doivent êtres connectés pour permettre le passage
d'un fluide et par conséquent assurer le déplacement d’ions.
NB:
En plus de la porosité primaire formée pendant le dépôt du sédiment,
la roche peut acquérir une porosité secondaire par altération, par
dissolution dans la roche d'origine chimique ou biochimique ou par
fracturation.
III-2.2 La qualité de l’électrolyte
Une eau avec la même concentration en poids de sels
dissous aura une résistivité différente selon les ions en
présence.
La mobilité des ions en solution et le degré de dissociation sont variables
selon leur nature.
la mobilité des ions H+ est de l’ordre de 36,2 .l0-8 m/sec
la mobilité des ions Na+ est égale à 5,2 .l0-8 m/sec.
III-2.3 La quantité d'électrolyte
La quantité d'électrolyte correspond au nombre de molécules
d’électrolytes contenu dans l'unité de volume de la roche.
Elle dépend de:
la solubilité des minéraux de la roche
la quantité d'eau contenue dans la roche
et par conséquent de la porosité.
III-2.4 La teneur en eau
La conductibilité du sous sol dépend essentiellement de
la quantité et de la qualité des eaux contenues dans les roches.
Une complète absence d’eau entraine des résistivités très
importantes ;
Une faible variation de la teneur en eau dans un même
échantillon
peut modifier considérablement la résistivité.
Résistivité des roches en fonction de la
teneur en eau
Roche - eaux ou polluant Gamme de résistivité (.m)
Eau de mer 0.2
Eau de nappes alluviales 10 - 30
Eau de sources 50- 100
Jus de décharge 5
Sables et graviers secs 1000 - 10000
Sables et graviers imbibes d’eau douce 50- 500
Sables et graviers imbibes d’eau salée 0.5- 5
Argiles 2 - 20
Marnes 20 - 100
Calcaires 300 - 10000
Grès argileux 50 - 300
Grès, quartzites 300 - 10 000
Gneiss, granite sains 1000 - 10000
Gneiss, granite altérés 100 -1000
Tuf volcanique 20 - 300
Basalte 800 - 15000
les roches éruptives ou intrusives
les roches métamorphiques, hautes résistivités
les roches quartzeuses ou fortement silicifiées
Marnes
Marnes salées pétrolifères roches assez conductrices:
Argiles
calcaire
Glace isolant parfait
VI- Potentiel crée par une injection de courant dans le sol
(cas de milieu homogène)
1- Electrode unique en profondeur
Le sol étant homogène, le
courant circule radialement à
partir de l’électrode d’injection de
courant; les surfaces
équipotentielles sont des sphères
centrés sur l’électrode.
Expression de la tension produite
par une seule électrode de courant :
V= r.I/4pr
2- Electrode unique en surface
Dans un demi-espace de résistivité uniforme,
les surfaces équipotentielles sont des hémisphères centrés sur l’électrode.
Expression de la tension produite par une seule électrode de
courant :
3- Deux électrode en surface
Le courant circule le long de trajectoires incurvées reliant les deux
électrodes.(Demi ellipses homométriques)
Equipotentielles prennent une forme sphérique (demi sphères) avec distorsion
importante entre les électrodes d’injection
3-1 Evolution du potentiel et de son gradient, le champ E
les champs V et E sont sensiblement uniformes dans le tiers central de AB
la majeure partie de la chute de potentiel est localisée au voisinage immédiat des
électrodes A + et B -
la presque totalité de la résistance qu'offre le sol au passage du courant provient du
voisinage immédiat des prises A et B
Cette résistance est appelée la résistance de contact.
NB: il est recommandé d'essayer de diminuer cette résistance en arrosant les électrodes
3-2 Répartition du potentiel - Principe de superposition
Les couches profondes du sous-sol ne se manifestent que par leur influence sur
la répartition du potentiel au tiers central du dispositif, d'où la nécessité de
mesurer ΔV à cet endroit on mesure une ddp pour déduire une résistivité
le potentiel en un point M sera
le même si l'on envoie
A M N B indépendamment un courant +I
par A ou un courant -I par B.
les lois qui régissent la propagation des phénomènes électriques sont linéaires
Principe de superposition
on peut additionner algébriquement les potentiels créés par différentes sources
rI
Le potentiel en M dû à l’électrode A: VM / A
2pAM
rI
Le potentiel en M dû à l’électrode B: VM / B
2pBM
rI 1 1 1 1
On mesure une ddp: VM VN MA MB NA NB
2p
On déduit une résistivité V
r K
I
2p
Le facteur géométrique K dépend K
de la configuration du quadripôle 1 1 1 1
AM BM AN BN
3-3 Principe de réciprocité
Dans un milieu quelconque, homogène ou
hétérogène, isotrope ou anisotrope, le potentiel créé
en un point M par un courant envoyé en A est égal à
celui qu'on mesurerait en A si M devenait source
d'émission.
En pratique, le courant est envoyé entre deux
pôles A et B et l'on mesure la différence de potentiel
V entre les deux points M et N, les principes de
superposition et de réciprocité apprennent alors que
cette différence de potentiel est la même que celle
que l'on observerait entre A et B si le courant était
envoyé entre M et N.
Profondeur de pénétration du courant et espacement
des électrodes d’injection.
Répartition du courant
Fraction du courant circulant sous z pour un écartement AB=L
On admet que pour un terrain homogène:
50% du courant injecté se propage à une profondeur inférieure AB/2
70% du courant entre la surface et z=AB/4,
30% du courant z=AB.
III- Profondeur de pénétration du courant et espacement
des électrodes d’injection
Profondeur d’investigation augmente avec la distance AB
Nécessite un générateur plus puissant car la résistance est augmentée.
IV- Effet des inhomogénéités dans le sol
La méthode de résistivité est bien adaptée à l’étude des couches horizontales et des contacts
verticaux, d’intérêt moindre lorsqu’il s’agit de corps de forme irrégulière.
1- Circulation de courant en milieu stratifié
Au passage d'une surface de séparation, les lignes de courant seront réfractées
suivant une loi des tangentes :
Le courant se dirige vers les zones de faible résistivité zones
(moindre résistance)
Circulation de courant en milieu stratifié
Si r1<r2, les lignes sont déviées vers la normale ;
Si r1>r2, les lignes sont déviées vers l’interface.
Lorsque la couche inférieure est conductrice, Il est difficile d’avoir une
bonne pénétration, le courant a tendance à suivre cette couche.
Distorsion du potentiel à l’interface d’un plan
la théorie des images de THOMSON en analogie avec la physique optique
r1 I 1 k
VM
4p r1 r2
r2 I 1 k
VN
4p r3
−1 < k < 1, et dépend du contraste entre r2 et r1.
r 2 r1 2 r1
k 1 k
r 2 r1 r 2 r1
En pénétrant dans un milieu plus résistant on observe un resserrement
des équipotentielles et le courant sera déviée vers la normal au contact.
L’´electrode est à la surface du sol bicouche:
Il y a une infinité d’images au-dessus et au-dessous de l’électrode de courant.
L’image originale C1 se reflète sur P1 en C11 avec un coefficient de réflexion k.
A son tour, l’image C11 se reflète sur P0 en C21 avec un coefficient de réflexion (k × 1).
C21 se reflète sur P1 en C 31 avec un coefficient de réflexion (k × 1 × k).
C 31 se reflète sur P0 en C41 avec un coefficient de réflexion (k × 1 × k × 1), et ainsi
de suite.
Le potentiel en M:
r1 I 1 k k k 2 n n
k k
VM ... ...
2p r r1 r1 r2 rn rn
r1 I 1 2k 2k 2
2 k n
... ...
2p r r1 r2 rn
avecr1 r 2 (2h) 2 , r1 r 2 (4h) 2 , r1 r 2 (2nh) n ,
r1 I
kn
VM 1 2
2p n 1 1 ( 2nh / r )
2
A l’aide d’un calculateur , on peut calculer le potentiel en tout point pour des
modèles multicouches.
V-Résistivité apparente
L’examen de sous-sols hétérogènes nous amène à définir la notion de résistivité apparente (ra).
La résistivité mesurée
devient une valeur affectée
par les effets des
différentes couches.
V
ra K.
I
avec un facteur géométrique
2p
K
1 1 1 1
• ra ne dépend pas de I
AM BM AN BN
• ra dépend de la configuration géométrique utilisée au même titre
que de la structure du sous-sol.
• ra est une sorte de moyenne des résistivités du milieu
VI Equipement pour mesures sur le terrain
RESISTIVIMETRE Bobines de câbles
ELECTRODES
Source de courant
On utilise de préférence le courant continu qui pénètre profondément
un jeu de batteries de 45 à 90 volts branchées en série donnera
plusieurs centainesde volts.
Appareils de mesures
Milliampèremètre: mesurer l’intensité du courant
Voltmètre: mesurer Le potentiel
La tension du courant envoyé sur la ligne AB dépasse rarement 500 V
pour des raisons de sécurité.
Electrodes et câbles
Electrodes
Les électrodes sont généralement constituées par des piquets
de nature métallique (acier inoxydable, aluminium, cuivre laiton).
Elles doivent avoir au moins 30 cm de longueur pour pouvoir être
enfoncées de 10 à 20 cm dans le sol ; de manière à assurer un bon
contact électrique.
Câbles
Ils doivent être bien isolés et aussi légers que possibles ;
et avoir une basse résistance ohmique, mais aussi une bonne résistance
mécanique ; ils sont enroulés sur des bobines portatives.
DISPOSITIFS
Les dispositifs sont nombreux et variés, le quadripôle reste le plus
répandu.
Les dipôles ou pôle - pôle
Les électrodes B et N sont placées à « l'infini » (en théorie), on ne
s'occupe que de A et M.
Théoriquement ce dispositif est simple puisque le potentiel mesuré en
M est dû à A seul.
Dans la pratique cependant ce dispositif est encombrant à cause de la
longueur des câbles nécessaires pour rendre négligeable l'effet des
électrodes placées à « l'infini »
Les tripôles ou pôle-dipôle
On ne rejette à « l'infini » qu'une des quatre électrodes, on obtient un
tripôle AMN ou ABM.
Les quadripôles complets
Les quadripôles les plus utilisés:
Le dispositif WENNER :
• AM=BN=MN=AB/3 =a
Toutes les 4 électrodes doivent
être déplacées pour chaque
mesure.
Sensibilité des voltmètres moins importante.
recommandé pour détecter des structures horizontales (bonne résolution
verticale).
Le dispositif SCHLUMBERGER
OA=OB=L et OM=ON=l avec l faible devant L.
on conserve le rapport AB/MN
compris entre 5 et 20. La
formule donnant ra
ra
V p AB 2 MN 2
I 4 MN
Seules les deux électrodes de courant doivent être déplacées en général.
Voltmètres très sensibles nécessaires.
Profondeur de pénétration est d'environ 10% supérieure à celle du Wenner
Schlumberger est dans une moindre mesure sensible aux variations
verticales et horizontales.
Le dispositif dipôle-dipôle:
MN est à l'extérieur de AB.
L'avantage de celui-ci est de n'exiger que des longueurs de câble beaucoup
faibles pour une profondeur d'investigation donnée.
Il nécessite cependant un appareillage très sensible,
Ce dispositif est idéal pour détecter des structures verticales
Pouvoir de résolution et profondeur d’investigetion varient en sens inverse
La force du signal WENNER > SHLUMBERGER > Dipôle-Dipôle
Conseils pratiques
-En présence d'un terrain bruité et sans aucune connaissance préalable de la
géométrie du corps à étudier, utiliser de préférence un dispositif Wenner-
Schlumberger. Ce dispositif peut à la fois être utilisé en recherche géologique à grande
échelle, en hydrogéologie, en génie-civil, en archéologie et pour des problèmes
d'environnement.
-Si l'on recherche des structures verticales dans une zone qui n'est pas trop bruitée,
avec un résistivimètre est assez sensible et un bon contact avec le sol, il est
recommandé d'utiliser un dispositif Dipôle-Dipôle. Ce dispositif peut par exemple
convenir en archéologie, en géophysique minière et en génie-civil.
-Lorsqu'il s'agit de mettre en évidence des structures horizontales, si votre terrain
n'est pas trop bruité et que vous disposez de peu de temps, utiliser un dispositif
Wenner.
Enfin, en 3D, utiliser un dispositif pôle-pôle ou Dipôle-Dipôle.
Les multipôles (Tomographie électrique)
grand nombre d’électrodes
régulièrement espacés qui
sont à tour de rôle des
électrodes de potentiel ou de
courant, selon les besoins de
l'acquisition.
Les combinaisons
Wenner-Schlumberger
et Dipôle-dipôle sont les
plus utilisés
TECHNIQUES
• on cherche les variations de la résistivité soit en fonction de la
profondeur, on parle de Sondage électrique, soit latéralement,
on parle de trainé électrique.
Traîné électrique
Elle consiste à réaliser un ensemble de points de mesure
le long de profils en déplaçant un dispositif de longueur fixe
Les traînés électriques : ils permettent d'obtenir des profils
et des cartes de résistivités apparentes. Plus la longueur
de ligne sera grande, plus la profondeur d'investigation
augmentera .
Profil électrique pour chaque mesure, on
retient une valeur de
résistivité apparente qui
sera positionnée au centre
du dispositif.
courbes dont les
anomalies reflètent
(ρ2 > ρ1 < ρ3). les variations dans la
distribution des
résistivités vraies
dans une tranche de
terrain de profondeur
bien déterminée
A une longueur déterminée de AMNB correspond une profondeur
d'investigation à peu près constante, donc à l'étude d'une tranche de
terrain d'épaisseur et de largeur déterminées
Cas d’un contact vertical
Profil perpendiculaire à un contact vertical entre deux terrains de résistivité
différente
Un cylindre résistant (dôme)
Un cylindre résistant provoquera une anomalie plus nette sur les profils qui
lui sont perpendiculaires.
CARTE DE RESISTIVITE
les résultats d’un ensemble de profils sont représentés sous
forme de cartes de résistivités apparentes
on trace par
interpolation entre les
points de mesure des
courbes d’égale valeur
de cette résistivité
(courbes
d’isorésistivité).
CARTE DE RESISTIVITE
la carte de
résistivité définit
l'extension
horizontale des
zones
conductrices
et résistantes.
Il est souvent nécessaire de dresser des cartes avec plusieurs
longueurs de ligne pour pouvoir interpréter correctement les résultats.
Domaines d’applications
•Etudes de reconnaissance ayant pour but de mettre en évidence
des zones anomaliques qui seront ensuite étudiées plus en détail.
•Localisation des accidents ou des variations latérales
de faciès peu profonds: failles, poches conductrices, cavité,
•nature des alluvions ....
•Quantification des volumes des différentes roches d'un terrain.
•Etude des intrusions salées.
•Détection des migrations de polluants dans le sol.
•Détection de vestiges archéologiques.
Avantages
•Rapide à mettre en œuvre.
•L’interprétation qualitative des résultats est également simple.
•permet une exploration continue, ce qui peut être très utile
pour les études de détail.
Limites :
Manque de précision. Ne donne que des résultats
qualitatifs.
SONDAGE
Lors de l'exécution d'un sondage électrique on recherche
comment varie, en un point donné de la surface, la
résistivité du sous-sol à la verticale
. Pour cela on exécute en un même endroit une
succession de mesures, en augmentant à chaque fois les
dimensions du dispositif (tout en laissant le point O, centre
de AB et de MN, fixe) et de ce fait la profondeur
d'investigation qui leur est proportionnelle
Les mesures peuvent être réalisées avec les dispositifs classiques,
Schlumberger, Wenner, dipôle dipôle.
Dans la pratique, on n'utilise le plus souvent
le dispositif Schlumberger ; la distance MN est maintenue fixe
et aussi petite que possible pendant un certain nombre de mesures.
Les paramètres géoélectriques
Une couche résistante entre deux terrains conducteurs se
manifeste électriquement par sa "résistance transversale"
T = hi.ρi
une couche conductrice située entre deux terrains résistants se
marquera par sa "conductance longitudinale"
S = hi/ρi
Présentation des résultats
ra(.m)
AB/2 (m)
La courbe obtenue est appelée " courbe de sondage électrique" (SE).
cas de terrain composé de deux couches
courbe se présente en
forme sigmoïdale
cas de trois couches
Courbe en escalier
descendant : résistivité diminue
par palier, sondage de type Q.
Courbe en escalier montant :
résistivité augmente par palier,
sondage de type A
Courbe en cloche : résistant compris
entre deux conducteurs, sondage de
type K.
Courbe en bateau : conducteur compris
entre deux résistants, sondage de type H.
Le dispositif Slumberger est préféré
On fait des mesures avec le même MN jusqu’à ce que
l’on ne soit plus capable de mesurer une ddp aux
bornes de MN. On écarte alors MN. Puis on
recommence à uniquement déplacer les électrodes de
A et B.
Interprétation
L’interprétation des sondages électriques multicouches peut être
faite à partir d’un jeu d’abaques ou encore par ordinateur.
L’interprétation de ces courbes n’est pratiquement possible que si :
les résistivités des différentes couches sont bien contrastées ;
Les couches ont une extension verticale et horizontale assez
importante ;
les terrains sont stratifiés horizontalement ou sub-horizontalement.
Interprétation automatique
consiste en l’utilisation d’algorithme d’inversion qui, à partir
d’un modèle grossier de sous-sol (que le géophysicien
propose tenant compte des a priori géologiques)
vont restituer un modèle dont la réponse s’ajuste (statistiquement)
le mieux possible à la courbe mesurée.
Sans contrainte (données paramétriques, forages, …), l'algorithme d'inversion
ne cherche qu‘a converger vers une erreur minimale entre les données de
terrain et les données calculées sur son modèle
Interprétation à l’aide des abaques
elle consiste à la comparaison de la courbe SE à des
abaques et à trouver la courbe qui s’ajuste le mieux à SE ; ce qui
va permettre de déterminer les résistivités et les épaisseurs
propres à chaque terrain.
abaques:
une série de courbes types précalculées pour divers contraste de
résistivité r et d'épaisseur h)
Difficultés d’interprétation
les principales causes d’erreurs dans l’interprétation des SE :
•La courbe de sondage ne dépend pas de hi et ri séparément mais
de leur produit T et de leur quotient S.
•Certaines couches profondes n’affectent que très faiblement
voire pas du tout la courbe du sondage obtenu sur le terrain
(couches minces dont les résistivités sont peu différentes
de celles des couches voisines)
Le principe d’équivalence
Le principe d'équivalence concerne des couches dont la
résistivité est soit inférieure soit supérieure à celle des deux
terrains entre lesquels elles sont comprises, soit des
sondages de type H et K.
Cas d'un sondage de type K r2>r1 et r2>r 3
Le terrain 2 se manifestera par sa résistance transverse
T = h2.ρ2. Tant que ce produit reste constant et dans
certaines limites, le sondage électrique reste inchangé.
sondage de type K r2>r1 et r2>r 3
rohm m) Ep.(m) rohm m) Ep.(m)
40 36.0 40 36.0
800 10.0 400 20.0
30 30
Le principe d’équivalence
Cas d'un sondage de type H r2<r1 et r2<r 3
Le terrain 2 se manifestera par sa conductance longitudinale,
S = h2/ρ2. Tant que ce rapport reste le même, le sondage
reste inchangé.
Cas d'un sondage de type H r2<r1 et r2<r 3
rohm m) Ep.(m) rohm m) Ep.(m)
600 50.0 600 50.0
20 10.0 60 30.0
1000 1000
Le principe de suppression
une couche de résistivité intermédiaire et d'épaisseur réduite
par rapport aux couches encaissantes peut disparaître
Elle n'est pas facilement décelable, car elle intervient très peu
dans la forme du sondage géoélectrique,
Cette couche intermédiaire s'assimile à la première couche
dont l'épaisseur apparente est très voisine de: h1+T2/r1 si
elle est résistante et h1+S2.r1 si elle est conductrice.
Exemple de suppression sur un sondage réel
elle ne s'individualise
pas mais se manifeste
comme une
modification des
caractéristiques
géoélectriques
(résistivités-
épaisseurs) des
couches encaissantes.
rohm m) Ep.(m)
rohm m) Ep.(m)
600 6.0
600 6.0
20 26.0
20 30.0
200 3.0
1000
400 5
Pour éviter les ambiguïtés liées à ces phénomènes, il
faut faire appel à des informations complémentaires :
La connaissance d’un contexte géologique donné,
permet d’éliminer a priori certaines valeurs de r ou de h.
L’exécution d’un sondage à proximité d’un forage
mécanique permet de déduire hi et ri.
La valeur de r peut parfois être obtenue grâce à un
sondage électrique complémentaire effectué sur un
affleurement.
Domaines d’applications:
•Détermination de l'épaisseur des couches
sédimentaires
•Détection de zones altérées et de la fissuration.
•Détermination de la profondeur d'une nappe
phréatique.
•Détermination de la profondeur du socle et de
gisements de minerais.
Avantages :
•Flexibilité des géométries possibles.
Limites :
•Mise en œuvre assez lourde.
•Difficulté d'injection des courants dans les terrains
très secs.
•Influence importante des hétérogénéités des résistivités
en surface.
•Interprétation délicate sans données de puits ou
de forage.
Coupe géoéléctrique
>1000 croute altérée
10-150 sol superficiel
50-100 couche fortement altérée
800-1000 Roche en place faiblement altérée
r Variée anciens sed. Rivière sup. N.P.
<10 anciens sed. Rivière inf. N.P.
la répartition des zones présentant une résistivité presque égale peut
être considérée comme correspondent à celle des formations ayant une
lithologie identiques.
LE PANNEAU ÉLECTRIQUE
l’imagerie ou tomographie électrique
technique récemment développée pour l’examen de régions où
la géologie est complexe et où se font sentir des variations
latérales qui rendent l’utilisation des sondages électriques
inadéquate.
La profondeur d’investigation et la
résolution dépend de la longueur du
système (jusqu’à 200m de profondeur en
pôle-pôle avec un montage à 48
électrodes de 10m d’espacement).
Tomographie de résistivité
(TR)
• Profilage et sondage simultanés
• Représentation : pseudo-section
• Image du modèle de résistivité : inversion des
mesures
une série serrée de profils électriques obtenues par permutation
d'un grand nombre d'électrodes ( 128 espacées de 5 m les unes
des autres).
Les permutations qui seraient fastidieuses et hasardeuses à la
main sont réalisées par un ordinateur.
Les profils multiples sont réalisés en augmentant régulièrement
l’espacement entre les électrodes.
Les points sont reportés à l’aplomb du dispositif à une profondeur
proportionnelle à a . On parle alors de niveaux d’acquisition.
Exemple d’un montage à 24 électrodes espacées de 5 m
- les points verts correspondent aux mesures réalisées avec un
espacement de 5m (prospection de 0 à 12.5m de profondeur) ;
- les points jaunes sont obtenus pour un espacement de 10m (domaine
d’investigation 12.5 à 17m de profondeur) ;
- les points bleus sont obtenus pour un espacement de 15m (domaine
d’investigation 17 à 22m de profondeur).
Représentation : la pseudo-section
Les données mesurées ra sont présentées en sections
de couleur. L’axe vertical est une pseudo-profondeur
proportionnelle à l’écartement des électrodes. La
mesure est reportée au point:
• d’abscisse = milieu du dispositif utilisé
• d’ordonnée = pseudo-profondeur.
Résistivité apparente observée
La Pseudo section reflète qualitativement la variation spatiale
de la résistivité apparente.
Cette pseudo section n'est absolument pas égale à une coupe des
résistivités et profondeurs vraies des structures du sous-sol!
Applications :
Cartographie des cavités souterraines
Localisation des failles
Glissemant de terrain
étudier l’évolution d’une nappe aquifère,
étudier mouvement de contaminants dans la subsurface,
La surveillance de décharges
Cartographie de cavités avec un dispositif dipôle
dipôle- dipôle
accumulation d’eau dans un glissement de terrain
Les contrastes de résistivité permet d’imager les importantes discontinuités, comme les failles
ou les zones de circulations d’eau préférentielles
Faille ??? Faille drainante????
Tinée river
Source d’eau–20/30m
contamination dans un site industriel abandonné
LES DIFFERENTES ETAPES D'UNE PROSPECTION
ELECTRIQUE
1 Première phase: Sondages électriques paramétriques
Ils fournissent des INDICATIONS PRELIMINAIRES sur les
résistivités en présence et permettent de choisir les
longueurs de ligne à utiliser pour le traîné.
Lors d'une étude géoélectrique, il est indispensable de
connaître les résistivités vraies des unités en présence.
Ces valeurs de résistivités sont généralement déterminées
par un sondage électrique à un endroit où la géologie est
bien visible ou encore à proximité d'un forage dont la
lithologie est connue.
2 Deuxième phase: Les cartes de résistivités
Elles fournissent des indications sur la REPARTITION HORIZONTALE
des résistivités et sur l'extension des principales formations du sous-sol.
3 Troisième phase: Sondages électriques et pseudo- sections
3.1 Les sondages électriques INTERPRETATIFS
Ils fournissent des indications sur la REPARTITION A LA VERTICALE
des résistivités et permettent de dessiner une " coupe " du sous-sol à
condition qu’il soient bien placés d’après la carte des résistivités.
3.2 Les pseudos sections
Elles permettent de faire dans des endroits choisis des coupes 2D du
sous-sol. Elles doivent être calibrées par des sondages électriques.
CONCLUSION
La prospection électrique est un moyen puissant de
détection des structures superficielles.
Elle doit être interprétée avec soin car les terrains
conducteurs peuvent masquer les terrains sous-jacents.
Son déploiement est relativement bon marché, ce qui en
fait une méthode de choix pour les aspects géotechniques,
hydrogéologiques, archéologiques …