Cours de
Réanimation
Objectif Objectifs Contenu
intermédiaire spécifiques
1
Réanimer un 1-Appliquer -Réanimation
patient les -Définition
techniques - Types
de Hydro
réanimatio électrolytique
n Cardio-respiratoire
2-surveiller -Techniques et
le patient moyens
en
réanimatio
n
2-Surveiller -Eléments de
le patient surveillance en
en réanimation
réanimatio Surveillance
n clinique et para
clinique
Monitorage
2
Plan du cours
I. Généralités- Introduction
1. Définition
2. Types de réanimation
II. Techniques et moyens de
réanimation
1. Techniques
2. Moyens
III. Eléments de surveillance en
réanimation
1. Surveillance clinique et para
clinique
2. Monitorage
CONCLUSION
I. Généralités -Introduction
3
La réanimation médicale est née en France, en 1954.
Elle représenta dès lors une « nouvelle médecine » qui vint
révolutionner la thérapeutique et le pronostic des maladies
aiguës avec défaillance des fonctions vitales. La pratique
de cette discipline fondée sur une approche
physiopathologique et bioclinique des signes de gravité et
sur des moyens techniques lourds les plus modernes au
premier rang desquels figurèrent, en première mondiale, le
rein artificiel et la respiration assistée par appareil
mécanique . Ceci a renouvelé notre conception de la
pathologie interne et ouvert la voie à une nouvelle pensée
médicale.
La réanimation regroupe les techniques et procédés
de diagnostic et de traitement des troubles
physiologiques aigus (comme le manque de respiration ou
de rythme cardiaque) conduisant à la défaillance d'un ou
plusieurs organes Une hospitalisation dans un service de
réanimation s’impose lorsqu’un ou plusieurs organes
fonctionnent mal et mettent en danger la vie du patient (on
parle de « dysfonction d’organe ou des fonctions vitales ») .
Les fonctions vitales qui peuvent être atteint et
nécessitant une réanimation sont :
La conscience par atteinte grave du cerveau ;
(Traumatisme cranien)
4
Les poumons en rendant la respiration très difficile.
(insuffisance respiratoire)
Le coeur provoquant des ralentissements des
battements jusqu'à des arrêts cardiaques. (insuffisance
cardiovasculaire)
La circulation sanguine avec des grandes chutes
de pression artérielle. (choc hémorragique ou
hypovolémique)
Les reins, qui fabriquent l'urine et éliminent les
déchets de l'organisme. (insuffisance rénale)
Le foie, organe de traitement chimique du corps
humain.
Si une ou plusieurs de ces grandes fonctions
sont sujettes à une défaillance, la vie est alors en danger et
un séjour en réanimation s'impose.( insuffisance hépatique,
cirrhose du foie)
1-Définition
La réanimation est une spécialité médicale qui existe
depuis une cinquantaine d'années. "Pour faire simple, la
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réanimation est le service d'un hôpital dans lequel on va
hospitaliser les patients les plus graves, ceux dont la vie
est en danger immédiat, qui ont besoin de plus de soins et
davantage de surveillance. La réanimation peut s'avérer
nécessaire en cas d'état de choc, de coma, d'insuffisance
rénale, de maladie cardiaque ou infectieuse, d'hémorragie,
d'intoxication, d'insuffisance respiratoire ou encore de
traumatisme grave. Autrement dit, la réanimation ou l’action
de réanimer est l’ensemble des techniques et moyens qui
permettent de rétablir les fonctions vitales altérées ou
abolies d’un patient.
2-Types de réanimation
a) La réanimation hydro-
électrolytique
Elle consiste à rétablir le désordre électrolytique causé
par la maladie.
Ce type de réanimation est basé sur la perfusion et le
remplissage vasculaire.
Pourquoi assurer le remplissage vasculaire ?
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Le remplissage vasculaire est une technique
consistant à perfuser un soluté de remplissage par
l’intermédiaire d’une voie veineuse pour lutter contre une
chute du débit sanguin.
Le remplissage vasculaire est une des interventions
les plus répandues en soins critiques (anesthésie,
réanimation, péri-opératoire). Son but initial est de restaurer
un volume intravasculaire correct (expansion volémique)
afin d'augmenter la précharge cardiaque dans le but final
d'augmenter le volume d'éjection systolique et le débit
cardiaque,afin de maintenir une perfusion
d’organe suffisante.
Le remplissage est donc une composante à par entière
comprise dans une stratégie plus globale de réanimation
hémodynamique pouvant comprendre en outre des
médicaments vasoconstricteurs et / ou des inotropes.
Les solutés de remplissage sont de
véritables médicaments et leur choix doit reposer sur des
principes physiologiques, dans le but d’optimiser leur
efficacité tout en minimisant leurs effets indésirables, en
particulier la surcharge hydrosodée potentiellement
délétère pour la fonction d’oxygénation.
Le maintien de la volémie est indispensable à
l’oxygénation tissulaire.
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Les solutés de remplissage
Deux grandes familles : les cristalloïdes et les
colloïdes ou macromolécules.
Les cristalloïdes
Les solutés salés isotoniques tels que le sérum
physiologique 0.9%, le Ringer Lactate (Na+, K+, Ca++, Cl-
et de lactates) ont un pouvoir d’expansion vasculaire faible
(il faut perfuser 4 à 5 fois le volume à compenser), leur
durée d’action est de 30 minutes environ. Passé ce délai,
25% du volume perfusé reste dans le secteur
intravasculaire, le reliquat passe dans le secteur interstitiel,
exposant au risque d’inflation hydrosodé. Leur coût est très
faible et ils ne présentent aucun risque d’allergie.
« Les solutés glucosés de type G5% sont
complètement inadaptés à un remplissage vasculaire
efficace »
L’indication principale des cristalloïdes est
l’hypovolémie modérée, la déshydratation extracellulaire.
Perfusé en grande quantité, les risques majeurs sont
l’œdème aigu de poumon, la surcharge volémique. Le
Ringer Lactate est très utilisé en péri-opératoire
(compensation du jeûne, des pertes hydriques
peropératoire…) mais est contre-indiqué en cas
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d’hyperkaliémie, de traumatisme crânien, d’insuffisance
hépatique.
Concernant les sérums glucosés (5%, 10%, 30%), seul
le G5% est isotonique. Complètement inadapté à un
remplissage vasculaire efficace (diffusion très rapide de
l’eau et du glucose dans les cellules), son utilisation ne
concerne que les corrections d’hypoglycémie et des
apports énergétiques à visée nutritionnelle.
Les solutés salés hypertoniques 7.5% sont toujours en
cours d’évaluation. Ils restent peu utilisés car les effets
secondaires ne sont pas sans risques pour le patient
(troubles neurologiques graves).
Leur utilisation est exclusivement réservée à des
indications très précises avec un monitorage adapté, par
exemple le traitement d’un œdème cérébral majeur dans le
cas d’un traumatisme crânien grave.
Les colloïdes ou macromolécules
Ils sont les solutés de choix pour un remplissage
vasculaire efficace.
Les colloïdes naturels
Seul colloïde naturel d’origine humaine, l’albumine est
obtenue par fractionnement du plasma humain et traitement
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par chauffage. Conditionnée sous forme à 4% et 20 %, leur
pouvoir d’expansion est de 0.8 (1,2 litre d’albumine pour
compenser la perte d’un litre de sang) et leur durée
d’efficacité est de 6 à 8 heures. En raison du risque de
transmission virale, les indications sont limitées aux
patients brûlés (hypovolémie avec hypoprotéinémie) et aux
patients cirrhotiques avec ascite. Leur coût est assez élevé.
Les colloïdes de synthèse
Les gélatines (Plasmion, Gélofusine, Plasmagel) sont
des polypeptides obtenus par hydrolyse du collagène
animal. Leur durée d’action est de 4 à 5 heures et leur
effets secondaires ne sont pas sans risques : réaction
anaphylactique contre-indiquant leur utilisation en
obstétrique, troubles de la coagulation plaquettaire.
Les hydroxyéthylamidons ou HEA (Voluven,
Restorvol) sont des polysaccharides modifiés, extraits de
l’amidon de maïs. Leur pouvoir d’expansion vasculaire est
important de 1 à 1.4 (la perte de 1 litre de sang sera
compensée par 700 ml de HEA). Leur efficacité est de 4 à 8
heures. La dose est de 33ml/kg/ 24 heures. Leur principale
indication est le choc hémorragique. Les effets secondaires
sont : un prurit, un choc anaphylactique très faible, un
risque d’insuffisance rénale, des troubles de l’hémostase.
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Les HEA sont contre-indiqués chez la femme enceinte,
en cas d’insuffisance cardiaque décompensée,
d’insuffisance rénale et d’antécédents de réaction
anaphylactique aux HEA. Leur coût est modéré.
Autres produits
-Le culot globulaire (choc hémorragique sévère,
anémie sévère)
-Le sang total (anémie sévère)
-Plasma frais congélé PFC (troubles plaquettaires)
Alors, lequel choisir ?
Le choix entre un cristalloïde et un colloïde dépend
principalement du contexte clinique (choc hémorragique,
anaphylactique ou septique, déshydratation sévère…), du
pouvoir d’expansion volémique recherché et de la durée
d’action du soluté.
Les cristalloïdes isotoniques sont utilisés en première
intention en cas d’hémorragie modérée.
En cas d’hémorragie absolue, les colloïdes sont les
solutés de choix dans l’attente de l’arrivée de culots
globulaires ou du contrôle des lésions responsables de
cette hémorragie, avec une préférence pour les HEA
(minoration de réaction anaphylactique)
b)La réanimation cardio- respiratoire
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La réanimation cardiopulmonaire (RCP) ou
réanimation cardiorespiratoire (RCR) est un ensemble de
manœuvres destinées à assurer une oxygénation des
organes lorsque la victime a cessé de respirer, est en arrêt
circulatoire, et est en état d'inconscience.
En effet, lorsque la circulation du sang s'arrête, les
organes, dont le cerveau et le cœur lui-même, ne sont plus
alimentés en oxygène et commencent à mourir : des
lésions cérébrales apparaissent dès la troisième minute, et
les chances de survie diminuent de 10% par minute sans
réanimation et sont donc quasiment nulles après dix
minutes d'arrêt circulatoire sans réanimation. Le fait
d'oxygéner artificiellement le sang et de le faire circuler
permet d'éviter ou de ralentir cette dégradation, et donc
d'accroître les chances de survie.
La réanimation cardiopulmonaire est séparée en
réanimation cardiopulmonaire de base (réalisable par tout
le monde) et réanimation spécialisée (réalisée par les
professionnels de santé formé à ce type de réanimation) et
elle doit se pratiquer sur toute personne en état de mort
apparente.
Les cas typiques de mort apparente sont la mort subite
(la personne s'écroule sans raison apparente), la noyade et
le choc électrique. Il peut aussi y avoir une origine
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traumatique autre, comme une asphyxie, une chute de
hauteur ou un accident de la circulation. La mort apparente
peut être aussi due à une perte de sang importante (il faut
alors d'abord stopper l'hémorragie).
Objectifs de la RCR
Maintenir en vie artificiellement pendant un certain
laps de temps les organes du corps les plus susceptibles
de manquer d’oxygène rapidement tels que le Cerveau, le
Cœur et les Poumons (Triangle de la vie).
Administrer de l’oxygène par le biais de la respiration
artificielle pour nourrir les cellules du corps en oxygène.
( c’est la ventilation artificielle :concept crée par PETER
SAFAR à qui on doit l’acronyme anglais ABC : A pour
airway : libération des voies aériennes ;B pour
breathing :ventilation artificielle ;C pour circulation : assurer
la circulation du sang par le massage cardiaque externe.
Permet de reproduire de 20 à 30 %, du débit
normal de la circulation sanguine.
Permet d’augmenter les chances de survie.
ÉTAPES à suivre (public ou CSPS)
1. Sécurité des lieux
2. Évaluer l’état de conscience
Donner quelques tapes sur la victime et regarder
ses réactions.
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Si la victime est inconsciente (ne réagit pas), il faut
immédiatement appeler les secours. Sinon, continuer les
étapes.
Vérifier visuellement la respiration de la victime
pendant 5 à 10 secondes maximum.
Si elle respire, qu’elle est toujours inconsciente et
que vous ne soupçonnez pas de blessure au niveau de la
colonne vertébrale, placer la victime en position latérale de
sécurité.
Si la victime ne semble pas respirer après votre
examen visuel de 5 à 10 secondes maximum; passer
à l’étape prochaine etape
3. Compressions (Faire seulement 30 compressions
puis passer à l’étape suivante)
Placer le talon d’une main sur le sternum entre les
deux seins de la victime
Placer l’autre main par-dessus la première
Garder les doigts levés vers le haut
Garder les bras biens tendus et au-dessus de la
victime
Commencer les compressions
Rythme des compressions: de 100 à 120
compressions à la minute
Enfoncer d’au moins 5 cm pour un adulte et 1/3 de
la profondeur du thorax pour un enfant (0 à 8 ans)
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Permettre au thorax de revenir à sa position initiale
entre chaque compression
4. Ouverture des voies respiratoires
Soulever le menton et renverser la tête vers
l’arrière afin de dégager les voies respiratoires
Donner 2 insufflations efficaces (Bouche-à-bouche,
Bouche-à-nez ou Bouche-à-masque)
Si nous réussissons à donner 2 insufflations
efficaces, nous devons poursuivre avec le ratio de 30
compressions / 2 insufflations jusqu’à l’arrivée des secours
d’urgence avancés (ex: Pompiers, ambulanciers, etc.) ou
bien jusqu’à ce que la personne concernée vous montre
des signes de vie évidents tels que tousser, parler ou
signes de douleur dus au massage cardiaque, sinon à
aucun moment, nous pouvons décider d’arrêter d’effectuer
le massage cardiaque sur une personne inconsciente qui
ne respire pas ou respire anormalement.
ETAPES à suivre (dans un service d’urgence ou de
réanimation)
Placer le patient sur une surface plane et dure
Si le patient respire, mise en position DLG ( et
poursuivre la réanimation)
Si le patient ne respire pas :
o Mise en position de DD
o Basculer sa tête en arrière
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o Placer une canule de guédel adapté
o Ventiler le patient à l’aide d’un masque et un ballon
adapté
o Mettre le patient immédiatement sous respirateur
o Administrer de l’adrénaline 1mg
o Si le cœur du patient ne répond pas ( en arrêt
cardiaque ), faire un massage cardiaque( comme décrit ci-
dessus)
o Faire une défibrillation cardiaque : Lorsque l'arrêt
cardiaque est dû à une fibrillation ventriculaire (le cœur bat
de manière désorganisée), cas majoritaire de la mort subite
de l'adulte, le seul espoir de sauver la victime consiste à
défibriller le cœur, c'est-à-dire à resynchroniser le cœur par
un choc électrique. Ceci peut se faire par un médecin avec
un défibrillateur manuel ou par un aide-soignant ou un
sauveteur avec un défibrillateur externe.
o Désobstruction des voies aériennes par aspiration
(surtout en cas de noyade ou d’électrocution de la victime)
o Cas particulier : femme enceinte
Dans le cas d'une femme visiblement enceinte, il
convient de surélever le flanc ou la fesse droite pour
améliorer le retour veineux, en libérant la veine cave
inférieure du poids du fœtus. Cela peut se faire en mettant
un linge plié sous la fesse droite. On peut aussi laisser la
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victime strictement plat-dos et demander à une personne
de pousser le fœtus vers la gauche.
II. Techniques et moyens de réanimation
1-Techniques
Il existe plusieurs techniques de réanimation... Nous
pouvons citer entre autres :
Perfusion
Principe
Système permettant l’administration rapide ou continue
24h/24 de médicaments par les veines. L’utilisation d’une
pompe ou d’une seringue à débit continu (« seringue
électrique ») permet un contrôle précis de la vitesse
d’administration du médicament. La perfusion peut être
reliée à une veine superficielle du bras ou à une veine
profonde (« veine centrale ») grâce à un cathéter.
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Cathéter Veineux Central
Principe
Le cathéter veineux central est un tuyau permettant
l’injection de médicaments, de transfusions et de nutrition
dans une grosse veine du corps.
Intérêt
Le cathéter permet d’injecter des médicaments
rapidement, directement dans la grande circulation qui va
au cœur et avec un débit régulier. Il est indispensable pour
traiter un malade en état de « choc » car il augmente
l’efficacité des médicaments ou bien quand les veines des
bras ne sont plus utilisables.
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Technique
Cette technique s’effectue sous anesthésie locale ou
générale, au lit du patient, par un médecin du service de
réanimation. Une désinfection soigneuse de la peau est
effectuée. Le médecin effectue une friction antiseptique des
mains et un habillage de type chirurgical. A l’aide d’une
ponction à travers la peau, un guide métallique est introduit
dans la veine permettant le positionnement du cathéter. Les
veines utilisables se situent au niveau du cou, de la cuisse
ou derrière la clavicule.
Complications et surveillance
Comme toute intervention invasive il existe un risque
de complication traumatique ou infectieuse. Une
radiographie du poumon est effectuée à la fin de
l’intervention pour s’assurer de la bonne position du
cathéter et de l’absence de complication pulmonaire
lorsqu’il est placé au niveau du cou ou derrière la clavicule.
Une désinfection de l’orifice et une réfection du pansement
sont réalisées régulièrement par les infirmières. Un
pansement transparent est utilisé car il permet de détecter
rapidement un début d’inflammation qui justifiera de retirer
le cathéter pour éviter l’évolution vers une infection.
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Cathéter Artériel
Principe
Le cathéter artériel est un tuyau permettant une
mesure de la tension artérielle.
Intérêt
Le cathéter artériel permet une surveillance continue et
fiable de la tension. Il est indispensable pour traiter un
malade en état de choc car il permet une évaluation
continue de l’efficacité des traitements. Le cathéter artériel
permet également les prélèvements sanguins qui sont
nécessaires plusieurs fois par jours pour effectuer les
examens.
Technique
Cette technique s’effectue sous anesthésie locale ou
générale, au lit du patient, par un médecin du service de
réanimation. Une désinfection soigneuse de la peau est
effectuée. Le médecin effectue une friction antiseptique des
mains et un habillage de type chirurgical. A l’aide d’une
ponction à travers la peau, un guide métallique est introduit
dans une artère permettant le positionnement du cathéter.
Les artères utilisables se situent au niveau du poignet ou de
la cuisse.
Complications et surveillance
Comme toute intervention invasive il existe un risque
de complication traumatique ou infectieuse. Une
20
désinfection de l’orifice et une réfection du pansement sont
réalisées régulièrement par les infirmières. Un pansement
transparent est utilisé car il permet de détecter rapidement
un début d’inflammation qui justifiera de retirer le cathéter
pour éviter l’évolution vers une infection.
Intubation
Principe
L’intubation consiste à introduire un tube dans la
bouche afin de le positionner dans la trachée en passant à
travers les cordes vocales.
Intérêt
La sonde introduite dans la trachée, permet de relier
les poumons à une machine de ventilation permettant une
assistance respiratoire lorsque les poumons ne sont plus
capables d’apporter suffisamment d’oxygène dans le sang
ou dès lors que le patient n’est plus capable de respirer
21
(épuisement, coma, anesthésie générale). L’intubation
permet également l’aspiration des sécrétions pulmonaires
lorsque le patient n’est plus capable de les cracher.
Technique
La procédure est effectuée par les médecins du
service de réanimation, elle se fait dans la chambre sous
anesthésie générale. La sonde est introduite dans la
bouche puis passée entre les cordes vocales sous contrôle
direct de la vue ou à l’aide d’un fibroscope. Un ballonnet
situé à l’extrémité de la sonde permet d’éviter le passage
de la salive ou de liquide provenant de l’estomac autour de
la sonde vers les poumons.
Complications et surveillance
Le contact de la sonde peut parfois provoquer des
lésions de la trachée ou une paralysie transitoire des
cordes vocales responsable de troubles de la parole ou des
difficultés pour avaler après son ablation (extubation). Une
radiographie du poumon est effectuée à la fin de la
procédure puis régulièrement afin de s’assurer de la bonne
position de la sonde et de l’absence de complication
pulmonaire. L’auscultation des poumons permet également
de détecter toute anomalie de positionnement.
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Ventilation artificielle
Principe
La ventilation artificielle, ou assistance respiratoire, est
effectuée à l’aide d’une machine, le ventilateur, qui permet
de faire rentrer de l’air dans les poumons afin d’oxygéner le
sang et d’éliminer le gaz carbonique. Le ventilateur doit être
relié aux poumons par une sonde d’intubation ou de
trachéotomie (ventilation dite invasive) ou par un masque
positionné sur le visage (ventilation dite non invasive).
Intérêt
La ventilation artificielle permet de remplacer ou
d’aider les poumons lorsqu’ils ne sont plus capables
d’apporter suffisamment d’oxygène dans le sang ou
d’éliminer le gaz carbonique. La ventilation artificielle est
également nécessaire si le malade n’est plus capable de
respirer (épuisement, coma, anesthésie générale).
Complications et surveillance
Le ventilateur comporte des paramètres de
surveillance continue avec une activation d’alarmes
lorsqu’un problème est détecté. Une surveillance continue
de l’oxygénation du sang est affichée sur le moniteur de
surveillance (scope). Le risque principal de la ventilation
invasive est la survenue d’une infection pulmonaire
(pneumonie) liée à la présence de la sonde d’intubation qui
ne permet pas d’éviter complètement le passage des
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microbes venant de la gorge vers les poumons. Une
aspiration des secrétions contaminées par les microbes est
effectuée régulièrement afin d’éviter leur accumulation. La
nécessité de poursuivre la ventilation artificielle est évaluée
quotidiennement: dès que l’état du malade s’améliore un
processus d’arrêt de cette ventilation est débuté (sevrage
ventilatoire) et la sonde d’intubation est retirée dès que
possible (extubation).
Echographie Cardiaque
Principe
Grâce à l’émission d’ultrasons, l’échographie permet
une visualisation du cœur afin d’évaluer son
fonctionnement et l’intégrité des valves cardiaques. Ces
ultrasons sont émis et enregistrés par une sonde que l’on
passe sur le thorax devant le cœur (échographie trans-
thoracique) ou que l’on positionne dans l’œsophage après
anesthésie (échographie trans-oesophagienne), au plus
près du cœur, afin d’améliorer la précision de l’examen.
Hémodialyse
Principe
La dialyse permet l’élimination d’eau et de substances
toxiques en faisant passer le sang au contact d’une
membrane.
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Intérêt
La dialyse permet la survie quand les reins ne sont
plus capables d’éliminer les toxiques et l’eau.
Technique
Il faut tout d’abord mettre en place un cathéter dans
une grosse veine du corps pour pouvoir faire circuler le
sang dans la membrane à l’aide d’une pompe. Afin que le
sang ne coagule pas au contact de la membrane un
traitement anticoagulant est injecté au patient. La dialyse
peut être effectuée de manière intermittente toutes les 24-
48h, durant 4 à 6 heures, ou bien de façon continue.
Complications et surveillance
Les machines de dialyse disposent d’une surveillance
sophistiquée afin de détecter des anomalies de circulation
du sang dans la membrane ou une entrée d’air dans le
circuit. Une surveillance étroite de la tension artérielle est
nécessaire. La dialyse peut provoquer une perte de sang
en cas de coagulation ou de saignement. L’efficacité de la
dialyse est surveillée par des examens sanguins quotidiens.
Trachéotomie
Principe
La trachéotomie consiste à créer un orifice (<2 cm) à la
face antérieure du cou afin de positionner une canule dans
la trachée, en dessous des cordes vocales, permettant le
passage d’air vers les poumons.
25
Intérêt
La trachéotomie est le plus souvent temporaire pour
permettre d’arrêter (« sevrer ») plus facilement l’assistance
respiratoire. En cas de maladie neurologique ou d’anomalie
du fonctionnement des cordes vocales, elle permet de
protéger le poumon d’un encombrement par les secrétions
buccales et/ou par l’alimentation. Elle facilite l’aspiration des
secrétions pulmonaires. Par rapport à la sonde d’intubation
positionnée dans la bouche, la trachéotomie améliore le
confort des patients permettant une mobilisation et une
réalimentation plus rapide. La parole peut être possible
lorsque l’assistance respiratoire n’est plus nécessaire.
Beaucoup plus rarement, la trachéotomie est définitive en
cas de maladie respiratoire ou neurologique chronique.
Technique
L’intervention est effectuée par les médecins du
service de réanimation, elle se fait dans la chambre sous
anesthésie générale. Le geste est effectué sous contrôle
visuel grâce à un fibroscope introduit dans la trachée. La
durée de l’intervention est d’environ 20 min.
Complications et surveillance
Comme pour toute intervention il existe un risque de
complications traumatiques ou infectieuses. Un
rétrécissement séquellaire de la trachée est possible. Une
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radiographie du poumon est effectuée à la fin de
l’intervention pour s’assurer de la bonne position de la
canule et de l’absence de complication pulmonaire. Une
désinfection de l’orifice et un nettoyage ou un changement
de la canule sont réalisés régulièrement.
Drain Thoracique
Principe
Le drain thoracique est un tube placé dans l’enveloppe
qui entoure le poumon (la plèvre) afin d’en évacuer une
accumulation d’air ou de liquide (épanchement).
Intérêt
La mise en place d’un drain thoracique s’impose
lorsque l’accumulation d’air (pneumothorax) ou de liquide
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(pleurésie) dans l’enveloppe du poumon est trop importante
pour s’évacuer spontanément et gène la respiration.
Technique
Cette technique s’effectue sous anesthésie locale, au
lit du patient, par un médecin du service de réanimation.
Une désinfection soigneuse de la peau est effectuée. Le
médecin effectue une friction antiseptique des mains et un
habillage de type chirurgical. Une incision d’environ 2 cm
est effectuée pour permettre le passage du drain entre deux
côtes. Ce drain peut être placé à différents endroits du
thorax en fonction de la localisation de l’épanchement à
évacuer.
Complications et surveillance
Une radiographie du poumon est effectuée à la fin de
la mise en place pour s’assurer de la bonne position du
drain. Une désinfection de l’orifice et une réfection du
pansement sont réalisées régulièrement par les infirmières.
La présence d’un drain pouvant être douloureuse, un
traitement de la douleur est systématiquement administré.
Sonde Urinaire
Le sondage urinaire
Principe
Le sondage de la vessie consiste à introduire un tuyau
muni d’un ballonnet par les voies naturelles urinaires qui
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permet un écoulement continu des urines qui sont
recueillies dans une poche.
Intérêt
La mise en place d’une sonde urinaire doit être
effectuée lorsque les patients sont dans le coma ou
endormis artificiellement ce qui empêche une vidange
naturelle de la vessie. Le sondage de la vessie permet une
mesure continue de la production d’urine par les reins.
Technique
Cette technique s’effectue sous anesthésie locale, au
lit du patient, par les infirmières du service de réanimation.
Une désinfection soigneuse des muqueuses et de la peau
est effectuée. La sonde est introduite stérilement jusqu’à la
vessie puis le ballonnet est gonflé avec de l’eau stérile
permettant une fixation de la sonde.
Complications et surveillance
En cas de fièvre, un examen des urines est effectué
afin de détecter une infection.
Sonde Gastrique
Principe
La sonde gastrique est un tuyau positionné dans
l’estomac permettant d’apporter de la nourriture sous forme
liquide et des médicaments.
29
Intérêt
La sonde gastrique permet d’alimenter et d’hydrater
les patients qui sont dans l’incapacité de manger du fait
d’une conscience altérée ou en cas de fausses routes
alimentaires. Parfois cette sonde sert à vider le contenu de
l’estomac par exemple en cas d’occlusion intestinale ou
d’hémorragie.
Technique
La mise en place est effectuée par les médecins ou les
infirmières du service de réanimation, elle se fait dans la
chambre sous anesthésie locale. La sonde est introduite
par une narine ou par la bouche puis descendue par
l’œsophage jusque dans l’estomac.
Complications et surveillance
Une radiographie du poumon est effectuée pour
s’assurer de la bonne position de la sonde
2-Moyens :
Les moyens de réanimation utilisés sont entre autres :
Remplissage vasculaire
Aspiration naso-gastrique
Différents drains (sondes naso-gastriques, sondes
urinaires, drains thoraciques …)
Oxygénation ou oxygéno- thérapie
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Massage cardiaque
Traitement médical
Dialyse
III Eléments de surveillance en
réanimation
1. Surveillance clinique et para-
clinique
Constantes hémodynamiques
Température
Tension artérielle
Conscience
Pouls
Fréquence respiratoire(FR)
Fréquence cardiaque(FC)
La saturation (SPO2)
La diurèse ( la poche urinaire)
Surveiller les différents drains
Thoracique
Digestif
Sondes urinaire et naso- gastrique
31
Surveillance para-clinique repose
sur :
NFS
GSRH
IONOGRAMME SANGUIN
CREATINEMIE
GLYCEMIE
UREE
PROTUNEURIE DE 24H
ASAT ALAT
TRANSAMISASE
CALCEMIE
KALIEMIE
RX PULMONAIRE
ECHOGRAPHIE CARDIAQUE
ECHOGRAPHIE ABDOMINALE OU ABDOMINO
PELVIENNE
2. Monitorage ou monitoring
Surveillance médicale en continu ou à intervalles
rapprochés, effectuée par mesure de paramètres ou
32
par enregistrement de phénomènes divers
(contractions utérines, battements cardiaques, etc.).
Il est le plus souvent utilisé dans les services
réanimation et au bloc opératoire dans la surveillance
des paramètres.
Sur le moniteur peut être enregistrer la
saturation(SPO2), le pouls, la tension artérielle, le
battement cardiaque, …
CONCLUSION
La réanimation est une discipline très importante de la
médecine moderne. En ce sens qu’elle permet un prise en
charge rapide à travers les différents techniques et
procédés qu’elle requiert.
COURS BONUS
Quantité du sang à transfuser
a. Calcul de la quantité
Transfusions standards : Q (en ml) = (Hb désirée - Hb du
patient) × 6 × poids du patient (en Kgs). Pour les enfants
vous pouvez utiliser cette formule : Nouveau né et petit
nourrisson : 16 ml kg ; Grand nourrisson : 20 ml/kg ;
Enfants malnutris : 10 ml/kg
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b. Débit
Q = volume/Temps ; Où Q est le nombre de gouttes (débit)
par minute, V est le volume à transfuser en ml, T est la
durée de la transfusion en heures. 1 ml de sang entier = 20
gouttes
TRANSFUSION DE GLOBULES ROUGES
CONCENTRES
Indications
- anémie mal tolérée : ischémie myocardique, insuffisance
cardiaque, collapsus, confusion mentale ou aggravation
d'un état neurologique pathologique préexistant (ex.
Parkinson), AVC, aggravation d'une artérite
- anémie avec symptômes gênants : dyspnée, palpitations,
malaises, asthénie, lenteur d'idéation, hypotension
orthostatique
- anémie majeure avec taux d'Hb < 7 g/100 ml
- choc hémorragique
Quantité à transfuser
Quantité d'hémoglobine à donner = (Objectif taux Hb - taux
Hb mesuré) x 10 x (poids x 75) (en g)
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1 U globule rouge concentré » 50 à 60 g Hb (correspond
à ± 250 ml de sang total)
1 U peut s'infuser en 1 à 2 heures et doit se prescrire en
isogroupe ABO et Rh
Objectif : en dehors du syndrome coronarien aigu, maintenir
le taux d'hémoglobine entre 7 et 9 g/dL
Seuil transfusionnel :
transfusion recommandée si le taux d'hémoglobine est
inférieur à 7 g/dL, et non recommandée au-delà de 10 g/dL
En l’absence de signes de mauvaise tolérance, le seuil sera
dans les situations suivantes :
o 10 g/dl : syndrome coronarien aigu
o 9 g/dl : cardiopathie ischémique et insuffisance
cardiaques stables
o 8 g/dl : patient âgé ; période post-opératoire de chirurgie
cardiaque et/ou vasculaire ; prise en charge initiale du
sepsis sévère
o 7 g/dl : tous les autres cas
Précautions
- prélever pour le diagnostic (si nécessaire) avant la
transfusion : dosage folates et vitamine B12, tests
d'hémolyse,...
- Débit : 10 à 15 mL/min. La durée totale de perfusion d'un
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CGR ne doit pas excéder 2 heures (risque infectieux)
- en cas d'insuffisance cardiaque : la transfusion sera
donnée très lentement (1 U toutes les 12 à 24h) sous O2 et
avec traitement diurétique et/ou nitré éventuel
- ne pas faire couler en même temps que la transfusion, du
glucosé pur (doit être en NaCl 0,45 % ou 0,9 %)
Concentrés de globules rouges particuliers
- phénotypés : pour autres groupes que ABO ou rhésus
- CMV négatif : immunodéprimés CMV-négatifs (greffes de
moelle)
- déleucocytés (par filtration ou congélation - décongélation)
: en prévention de l'allo-immunisation
- irradiés : en cas de greffe de moelle et de chimiothérapie
lourde
Accidents aigus
1. Oedème pulmonaire hémodynamique :
- par surcharge volémique.
2. Accident hémolytique par incompatibilité ABO (ou
agglutinines irrégulières)
* douleurs lombaires, oligo-anurie, angoisse, tachycardie,
malaise, urines rouges, collapsus. Ictère retardé
* faire analyser poche de sang, groupe, Coombs direct
* réanimation selon clinique
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3. Alloimmunisation
* frissons, fièvre
* faire analyse poche de sang
* corticoïdes, antihistaminiques éventuellement
* indication de concentrés déleucocytés
4. Choc septique
* malaise, nausées-vomissements, fièvre, frissons,
diarrhée, choc
* faire culture poche de sang, hémoculture
* antibiothérapie et réanimation
5. Oedème pulmonaire lésionnel
* réaction aux leuco agglutinines
* ARDS
* réanimation (VNI) et corticothérapie à haute dose
(SolumédrolR 1 g i.v. /12 h)
6. Hémodilution des plaquettes et des facteurs de la
coagulation, responsable d'hémorragies
7. Intoxication citratée (hypocalcémie) : en cas de
transfusions massives incluant l'apport de plasma
8. Hypothermie
Exercice : Débit avec un perfuseur simple
Exercice
Vous devez exécuter la prescription médicale : perfuser
800mL du médicament W (soluté aqueux) en 12 heures.
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La chambre compte goutte du perfuseur est calibrée en
gouttes/minute.
Sur quel débit (en gouttes/minute) réglez-vous le
perfuseur ? (Attention : valeur numérique arrondie
attendue)
Nous savons que 20 gouttes de soluté hydrique = 1 mL,
or nous voulons perfuser un volume de 800 mL sur une
durée de 12 heures soit 720 minutes.
Volume de la solution (mL) Gouttes
1 20
800 X
NB : Vous devez TOUJOURS compter le nombre de
gouttes pendant au moins 15 secondes afin de régler la
chambre compte-goutte,
Puis faire un second contrôle du débit de perfusion
après 15 minutes pour fiabiliser le débit du perfuseur
Dans notre cas, on veut 22 gouttes par minute, soit 5 à 6
gouttes en 15 secondes (22/4 = 5,5).
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Astuces à connaître :
Formules pratiques pour calculer le nombre de gouttes
par minute nécessaire pour perfuser un volume donné
en un temps donné :
Pour perfuser un volume donné en 24 heures : Nombre
de gouttes/minute ≈ Volume en mL divisé par 72
Pour perfuser un volume donné en 8 heures : Nombre
de gouttes/minute ≈ Volume en mL divisé par 24
Pour perfuser un volume donné en 1 heure : Nombre de
gouttes/minute ≈ Volume en mL divisé par 3
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