Mayet Théo Dissertation
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Au XIXe siècle, un jeune et brillant poète dénommé Arthur Rimbaud, pionnier du symbolisme donne un
nouveau souffle à la poésie en parlant de choses nouvelles et parfois de manières nouvelles. La modernité
représenter pour sur une partie de ses œuvres. Cette idée de modernité se retrouve dans ses mots « il faut
absolument être moderne » mais aussi chez un auteur qui l’inspirer beaucoup : Baudelaire, avec l’essai « La
Modernité mélancolique ». Ce nouveau se retrouve aussi dans les sensations et désirs qu’il découvre pleinement
en tant qu’adolescent. Mais aussi partiellement dans la forme de ses écrits. Nous pouvons alors légitimement nous
demander si le recueil Cahiers de Douai propose une poésie totalement novatrice ? Certes, Cahiers de Douai
présente des émancipations. Mais les influences classiques et scolaires sont encore bien présentes. Ainsi, cela
amène une révolution poétique qui germe dans ce recueil.
Rimbaud se permets de prendre des libertés dans les règles contraignantes de la poésie classique. Tout
d’abord, l’auteur utilise la plupart du temps le sonnet et parfois le sonnet libertin où Rimbaud choisit souvent de
délaisser le schéma de rimes nous pouvons d’ailleurs le constater dans le poème « Morts de quatre-vingts douze »
où il utilise le schéma ABAB pour les deux quatrains à la place de ABBA et la forme CCD EED pour les deux tercets
au lieu de CCD EDE. Ensuite, Rimbaud se permets aussi d’éclater l’alexandrin avec l’utilisation de rejets comme
dans « Le Dormeur du val » avec « Accrochant follement aux herbes des haillons / D’argent » (v.2-3) mais aussi de
faire des enjambements que nous pouvons voir dans le premier quatrain du poème « Le Mal ». De plus, l’auteur
fait des poèmes avec des longueurs assez différentes comme avec « Soleil et chair » qui fait cent soixante-quatre
vers alors que le poème « Sensation » n’en fait que huit. En somme, Rimbaud s’accroche à la forme classique mais
sans hésiter à la modifier selon ses envies.
En outre, le poète utilise un vocabulaire inhabituel. Ainsi, nous constatons la présence de vocabulaire
normalement interdit dans la tradition poétique qui s’illustre dans le poème « Vénus Anadyomène » dans lequel
il se sert du vocabulaire grossier et cru, nous retenons notamment la rime insolite entre « Vénus » (v.12) et
« anus » (v.14) ou encore « Merde à ces chiens-là » (v.170) dans « Le Forgeron ». De surcroît, nous voyons
l’utilisation du vocabulaire enfantin comme dans « L’Eclatante victoire de Sarrebrück » avec « dada » (v.2) et
« Piou-piou » (v.5) qui nous font penser à des enfants entrain jouer à la bataille mais aussi des onomatopées
« frou-frou » (v.8) dans « Ma bohème » qui rappelle la figure maternelle de la nature qui nous berce avec le vent.
Rimbaud retourne et nous fais retourner en enfance mais il n’hésite pas non plus à choquer en franchissant
l’interdit.
Enfin, le poète n’hésite pas choisir des thèmes avec audace. Nous pouvons noter les sujets osés notamment
évoquer dans le poème « Vénus Anadyomène » dans lequel il fait le contre-blason de Vénus pour au final se rendre
compte que c’est en fait une prostituée grâce à son tatouage. De plus, l’auteur créé un renouveau de la poésie
amoureuse en évoquant la sensualité et le désir qu’il ressent à l’adolescence, nous pouvons le constater dans
« Première soirée » avec « Elle était fort déshabillée » (v.1). Mais nous remarquons surtout la critique de la société
et de l’ordre établi, avec la critique de la religion qu’y s’illustre dans « Le Mal » qui représente Dieu permettant de
tels atrocités de guerre mais aussi dans « Le Châtiment de Tartufe » où Rimbaud met en scène un religieux
hypocrite. Ou encore la critique de la guerre dans « Le Mal » qui peut aussi signifier Napoléon III qui est le
responsable de cette guerre et qui ne se soucie pas des soldats, ainsi que dans « L’éclatante victoire de
Sarrebrück » où le poète se moque de la glorification d’une bataille sans importance par la propagande de
l’Empire. Nous voyons donc aussi la critique de l’Empereur Napoléon III dans « Les rages de César » où il est décrit
en tant qu’oppresseur et dans « Le Forgeron » où il d’adresse à Napoléon III par le biais de Louis XVI. Puis, la
critique de la bourgeoisie dans « A la musique » où nous constatons une description rageuse et caricaturale des
musiciens et des spectateurs lors d’un concert en pleine air. Le poète n’hésite pas à choisir des thèmes qui l’inspire,
qui le touche ou du moment et à y donner ses opinions dessus.