Comprendre les contrats spéciaux en droit
Comprendre les contrats spéciaux en droit
Introduction
Etymologie :
- Contrats : renvoie au latin contractus, dérivé du verbe contraerer qui veut dire
rassembler, conclure. Espèce principale d’un genre, l’acte juridique. Une des plus
grandes sources du droit.
Il est définit par le vocabulaire juridique Capitant : le contrat se définit comme une
convention ayant pour objet de créer une obligation ou de transférer la propriété.
Définition de l’art. 1101 CC : « le contrat est un accord de volonté entre deux ou
plusieurs personnes destiné à créer, modifier, transmettre ou éteindre des
obligations. » Envisage plusieurs effets juridiques, pas seulement la création
d’une obligation.
- Spécial : du latin species, qui signifie espèce ou marchandise. Egalement dérivé
du mot speciere. Dans ce cas, la matière serait une matière où les contrats
seraient étudiés dans des conditions particulières.
Les contrats spéciaux seraient les différentes espèces d’un genre, le contrat. Les
contrats spéciaux sont tous les contrats. Mais tous les contrats sont spéciaux par
définition.
Derrière tout contrat se cache un corpus iuris, composé de règles aussi bien
générales que spéciales. Double ensemble : celui de la théorie générale des
obligations dont l’application est indifférenciée, et l’autre corps de règles qui
s’appliquent spécialement à certains contrats.
L’association Capitant définit le droit des contrats spéciaux comme celui des contrats
qui font l’objet de règles spéciales par rapport à celles qui composent le droit
commun des contrats, qu’elles les précisent, qu’elles y dérogent, ou qu’elles se
contentent de les reprendre.
L’ancien article 1107 montrait la combinaison entre les deux corps de règles. Il
prévoyait « que les contrats soient qu’ils aient une dénomination propre, soit qu’ils
n’en aient pas, sont soumis à des règles générales qui sont l’objet du présent titre.
Les règles particulières à certains contrats sont établis sous les titres relatifs à
chacun d’eux ». La réforme a modifié cet article. Le projet de réforme prévoyait la
disparition de cet article, or, c’est celui ci qui articule.
Il a été réintroduit à l’art. 1105 al. 2 et 3 : « les règles particulières à certains contrats
sont établies dans les dispositions propres à chacun d’eux, et les règles générales
s’appliquent sous réserve de règles particulières. » L’articulation entre le droit
commun et le droit spécial est prévue par l’expression « sous réserve ».
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La distinction entre la théorie générale et la théorie spéciale est commandée par la
pratique. La théorie spéciale correspond à la partie mobile du droit, alors que la
théorie générale correspond à l’ensemble figé.
Il faut relativiser cette distinction, car la dichotomie qui sépare les deux théories n’est
pas toujours vérifiée. La loi, si elle doit être par nature abstraite et générale, peut être
très précise. Elle peut donc imposer un modèle de contrat, le contrat type (en droit
des transports par exemple).
La loi va prévoir parfois l’applicabilité de dispositions particulières à une catégorie
déterminée de personnes ou de contrats (dispositions relatives aux consommateurs).
Le législateur adopte des dispositions protectrices des consommateurs, qui vont
s’appliquer à tout type de contrat.
La théorie générale des contrait spéciaux nait d’une influence incontestable des
contrats spéciaux sur la théorie générale.
Ex : L’art. 1780 prévoit la possibilité de résilier unilatéralement le louage de service à
durée indéterminée. Cette disposition existe également dans la partie générale,
fondée sur la prohibition des engagements perpétuels. L’obligation de sécurité, au
départ, était admise en droit maritime. Finalement, cette obligation s’est multipliée,
ainsi que la notion de groupe de contrats.
Le droit spécial tend à se généraliser. Cela veut bien dire qu’il y a une théorie
générale des contrats spéciaux.
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Mais le législateur est-il le seul à pouvoir nommer un type de contrat particulier ?
Non. La pratique n’attend pas nécessairement le législateur pour nommer
certains types de contrat (ex : contrat d’hôtellerie, contrat de garage). Y-aurait-il
des faux contrats nommés, et des vrais (ceux nommés par le législateur).
La distinction entre contrat nommé et innommé est héritée du droit romain, mais n’a
plus du tout le même sens. Cette distinction reposait sur le fait que la dénomination
du contrat commandait sa validité. Le droit romain était très procédural, il n’existait
que parce qu’une action existait. Ces actions étaient énumérées de façon limitative.
A Rome, le caractère obligatoire du contrat n’existait que pour autant que le contrat
en cause s’inscrivait dans une catégorie du contrat à laquelle la loi ou le prêteur avait
accordé une action. Le contrat se voyait doté d’un nommen. Les contrats qui n’en
possédaient pas étaient dépourvus d’efficacité. Les romains ont reconnu une action
nouvelle, l’action prescriptis verbis, qui correspondait à une catégorie virtuellement
illimitée. Cette action a été créée à l’origine à l’intention du cocontractant avait
spontanément exécuté son contrat et attendait que l’autre partie réalise sa part.
Plusieurs sous-catégories :
- do ut des : je fournis afin que tu fournisses
- do ut facias : je fournis afin que tu fasses
- facio ut des : je fais afin que tu fournisses
- facio ut facias : je fais afin que tu fasses.
Il faut qu’il y ait eu une exécution unilatérale.
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L’intérêt de la distinction est double. Elle met en lumière le fait que la notion de
contrat nommé et innommé est relative, et il y a un intérêt sociologique, permettant
de mieux saisir l’évolution de la matière des contrats spéciaux.
- Relativité de la distinction : en pratique, un contrat est toujours plus ou moins
innommé, car toujours plus ou moins sur mesure. Ils voient leur survie liée à celle
des contrats innommés. Les contrats qui étaient à l’origine innommés et qui sont
devenus nommés.
Ex : crédit bail qui est codifié dans le Code Mon & Fin aux arts. L 313 & ss :
opération de location de bien, d’équipement ou de matériel d’outillage acheté en
vu de cette location par des entreprises qui en demeure propriétaire… Mixte entre
le contrat de bail et de financement.
Bail à nourriture : la JP a posé petit à petit les bases de son régime et l’a
complètement détaché de la rente viagère. Le bail à nourriture est caractérisé par
l’obligation contractée par l’acquéreur de subvenir à la vie et aux besoins de
l’auteur de l’aliénation spécialement, en lui assurant la fourniture et la prise en
charge de ses aliments Civ. 1ère, 20 février 2008, pourvoi n° 06-19977.
A la différence des ces 2 exemples, il arrive que certains contrat innommés
n’accèdent jamais au statut de contrat nommé. Leur différence avec les contrats
nommés ne suffit pas pour arriver à une qualification légale.
Ex : contrat d’enseignement privé.
L’existence de certains contrats nommés dépendait de certains contrats
innommés. La pratique va parfois focaliser sont attention sur certains types de
contrats, et en délaisse d’autres, comme le bail à cheptel, à sens ou le méteillage.
En droit fluvial, le contrat de no lisage.
Il y a également des contrats qui ressurgissent du passé, comme le contrat de
fiducie qui est codifié aux arts. 2011 et ss, et 2488-1 et ss. Il ressemble très peu
au contrat de fiducie du droit romain. Contrat par lequel un ou plusieurs des
constituants transfèrent des biens, des droits ou des sûretés ou un ensemble à
un ou plusieurs fiduciaires qui, le tenant séparé de leur patrimoine propre,
agissent dans un but déterminé au profit d’un ou plusieurs bénéficiaires.
Distinction pour mettre en relief une étape essentielle : la qualification. On qualifie les
faits pour identifier la catégorie juridique pertinente et appliquer la règle de droit
pertinente. Permet de révéler l’origine juridique d’un contrat individuel, et est encore
plus essentiel lorsqu’un contrat est innommé.
Méthode qui repose sur un mécanisme à double détente. Il s’agit de comprendre
d’abord qu’il est nécessaire de déterminer l’ensemble des éléments caractéristiques
du contrat. Pour la vente, il y a 2 éléments caractéristiques : le prix et un transfert de
propriété. Pour la donation, l’intention libérale est l’élément essentiel. Dans un
deuxième temps, on s’interroge plus concrètement sur ce que veut révéler le contrat
individuel qui est en cause. La CCass opère un contrôle sur la qualification, sur la
dénaturation. La CCass censure les juges du fond toutes les fois où ils vont
interprété ce qui est clair.
2 questions fondamentales :
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- Quand qualifie-t-on ? la première difficulté est d’identifier si on a affaire à des
règles impératives ou des règles supplétives (absence de volonté des parties).
Savoir si l’ensemble est unitaire ou pas. Y-a-t-il un vrai ensemble contractuel
(contrat complexe) ou est-ce un groupe de contrat ? contrat qui mélange 2 ou
plusieurs contrats spéciaux, ou phénomène de greffe contractuelle. Le problème
est de savoir quelle est la qualification qui l’emporte.
CCass, 25 février 2006 : Arrêt relatif à un contrat de transaction qui contenait en
son sein une promesse de vente. La CCass a décidé que c’était une transaction,
mais réelle hésitation.
D’autres hypothèses où il y a des ensembles contractuels unitaires : promesse
unilatérale de vente avec stipulation d’indemnité d’immobilisation. Certains
auteurs disent qu’il y a un mélange de contrat unilatéral (la promesse de vente)
avec un contrat synallagmatique. La donation avec charge, qui mène vente et
donation, ou encore la prestation de collation (mélange entre le contrat de
restauration et le contrat de transport) et le contrat d’hôtellerie (bail, vente, dépôt).
Il peut y avoir des conflits de qualification.
L’adage « le spécial déroge au général » ne joue que lorsque l’on est face à des
textes de même portée normative.
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Pour la donation avec charge, on peut hésiter entre la qualification d’un
ensemble unitaire ou la qualification de groupe de contrat.
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dénomination ou le fondement juridique lorsque les parties, en vertu d’un
accord express l’ont lié par les qualifications et points de droit auxquels
elles entendent limiter le débat.
Ex : le coffre fort. Il a longtemps été qualifié par la JP de contrat de location
Com., 11 octobre 2005, Bull Civ. n° 206. Maladroit car le client n’a pas
un accès libre au coffre, or c’est le propre de la location. Pour autant, la
qualification de dépôt n’est pas plus satisfaisante, car le banquier n’est pas
dépositaire (qui a normalement un accès personnel aux bien déposés).
Surtout, on ne remet pas l’objet au banquier, on va au coffre et on dépose
le bien dans le coffre. Il n’y a pas remise de la chose au dépositaire.
Parfois, la qualification inexacte est du fait du législateur.
Ex : Concession immobilière, qui échappait au statut des baux
commerciaux, qui est un contrat contraignant.
La vente de séjour, les forfaits touristiques. On parle de vente alors qu’en
réalité, c’est une prestation.
Les sources : les sources principales sont les lois et la JP. L’importance respective
des règles impératives et supplétives a changé/varié. Traditionnellement, on disait
que les règles du CC relatives aux contrats spéciaux sont supplétives. Certaines
législations récentes ont changé un peu ce principe, car elles sont reconnus comme
impératives, parce qu’elles vont régir un contrat en son ensemble, ou parce qu’elles
ne vont établir que quelques règles impératives (droit de la consommation). Les
règles impératives relèvent généralement de l’OP sociale de protection ou de l’ordre
public économique. Il ne faut pas nier l’influence du droit du travail sur la théorie
générale des obligations.
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conventions relatives au DIPr qui peuvent interférer au droit des contrats spéciaux,
notamment Rome I.
En droit de la vente, il faut noter une convention spéciale intéressante du point de
vue des sources. Uniformisation qui fonctionne : convention de Vienne du 11 avril
1980 élaboré sous l’égide des NU sur la vente internationale de marchandises.
Ratifié par plus de 70 pays. La nature des marchandises est variée. Ce qui compte
est que le vendeur et l’acheteur, qu’il soit ou non commerçant, soit établi dans des
Etats différents ayant ratifié la convention de Vienne. Ne prend pas en compte la
nationalité des parties.
On ne traitera pas des contrats qui relèvent des matières très spéciales, comme les
contrats de distribution, relatif aux droits d’auteurs, à l’organisation du couple, de
cautionnement.
On va voir les contrats préparatoires à la vente, puis la vente, les contrats
d’entreprise, le mandat et la transaction.
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Chapitre 1 : Les contrats préparatoires
Introduction
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2. Infléchissement causé par la pratique
Par les avant-contrats. Il arrive que l’accord des parties ne soit qu’un préalable à
la conclusion d’une vente ultérieure, à laquelle il manque un élément essentiel. Si
tout est fixé, pourquoi ne pas signer directement le contrat de vente ? Ces contrats
n’ont pas une différence de nature, mais une différence de degré.
Idée de formation de la vente par étape, présenté comme une technique issue du
droit allemand.
Les contrats préparatoires sont des contrats, caractérisés par une fonction de
temporisation. Ce sont des contrats qui vont préparer la réalisation d’une vente et
engendrer des droits et obligations spécifiques, différents de ceux qui naitront plus
tard qui les contractants conduisent à son terme le processus contractuel qu’ils ont
engagés (François Colar du Tilleul).
Droit de préemption : pouvoir qui est généralement conféré par la loi, alors que le
pacte de préférence permet de prédéterminer un futur cocontractant. Le droit de
préemption permet à celui qui en est titulaire de prendre la place de l’acquéreur dans
un contrat.
Ex : il peut profiter parfois à un locataire.
Au terme de l’art. 1123 CC, le pacte de préférence est défini comme le contrat par
lequel une partie s’engage à proposer prioritairement à son bénéficiaire de traiter
avec lui pour le cas où elle déciderait de contracter.
Il constitue selon une JP constante un simple droit de créance (Civ. 1ère, 16 juillet
1985, Bull civ. n° 224). On peut aussi dire que c’est un droit potestatif, cad qui
dépend de la volonté d’une personne.
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Il est souvent associé à un autre contrat : au profit du locataire pour la durée du bail,
et qui prévoit qu’à l’issu du bail, le locataire pourra acquérir le bien si le propriétaire
décidait de le vendre.
Le pacte de préférence peut aussi constituer un contrat autonome.
On lui reconnaît une nature juridique propre, mais on ne va pas plus loin.
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1) Relation du promettant au bénéficiaire
Si un tiers se voit proposer des conditions plus favorable, le bénéficiaire peut décider
de demander d’en bénéficier, et d’engager la responsabilité du promettant.
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Le législateur a introduit une action interrogatoire (ou interpellatoire) : « Le tiers peut
demander par écrit au bénéficiaire de confirmer dans un délai qu'il fixe et qui doit être
raisonnable, l'existence d'un pacte de préférence et s'il entend s'en prévaloir.
L'écrit mentionne qu'à défaut de réponse dans ce délai, le bénéficiaire du pacte ne
pourra plus solliciter sa substitution au contrat conclu avec le tiers ou la nullité du
contrat. »
Ce n’est pas une action proprement parler.
Le tiers aura la preuve que le bénéficiaire ne veut pas s’en prévaloir et se
constituera de bonne foi. Cependant, dangereux en pratique : lorsqu’on a introduit
cette action, c’est pour éviter d’avoir recours au juge. Mais risque de créer
d’avantage de contentieux : le bénéficiaire peut dire qu’il exercera l’option et changer
d’avis. Est-ce un abus ?
Que se passe-t-il si le bénéficiaire est tenu par une clause de confidentialité ?
Qu’est-ce qu’un délai raisonnable ? Risque de créer du contentieux.
Que se passe-t-il si cette notification est contestée ?
A. La promesse synallagmatique
Pourquoi faire une promesse ? Il peut manquer un élément que les parties ou la loi
vont juger essentiel (ex : l’obtention d’un prêt ou la rédaction d’un acte en la forme
authentique). On peut souhaiter retarder les effets d’une vente définitive, et on
conclura donc une promesse synallagmatique sous condition suspensive. 2
avantages : les droits de mutation ne sont dus qu’une fois et ils ne sont qu’éventuels.
L’exigibilité des droits de mutation est reportée au jour de la réalisation de la
condition.
Les parties peuvent choisir d’assortir la promesse d’une modalité (condition ou
terme). Présente un intérêt : la conclusion d’une promesse synallagmatique se
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justifie lorsqu’un intérêt essentiel fait défaut. Selon que la réalisation de l’événement
futur dépend ou non des parties, la promesse sera tantôt conditionnelle, tantôt à
terme. Les effets produits ne sont pas les mêmes.
Art. 1584 CC. Assimilé à une vente conditionnelle lorsque la vente définitive se voit
retarder soit pas l’effet de la loi, soit par la volonté des parties.
La vente à l’essai est prévue à l’art. 1588, qui est considéré comme une condition
car le résultat n’est pas maîtrisé ou maitrisable. C’est plutôt une vente résolutoire.
La vente à la dégustation est prévue par le CC : on achète après avoir goûté. On
considère que ce n’est pas une promesse synallagmatique mais une promesse
unilatérale. L’acquéreur est maître de sa décision.
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2) Promesse synallagmatique assimilée à une vente à terme
C’est la plupart du temps un terme suspensif (Req. 4 mai 1936). Les parties ont
recours à cette technique afin d’avoir du temps pour accomplir des formalités.
Protection d’usage pour le promettant qui souhaite conserver la pleine propriété
jusqu’au paiement du prix, ainsi que pour différer le paiement des droits de mutation.
La vente sera réputée formée au jour de la réalisation … de la promesse. Il y a donc
rétroactivité. La réitération purge la promesse de la présence de vice.
Que se passe-t-il lorsque l’une des parties refuse d’honorer son engagement et de
signer l’acte authentique ? La JP a accordé une option pour la partie qui subit. Soit la
partie va rechercher l’exécution forcée de la vente, sous astreinte ou en obtenant un
jugement, soit elle peut demander la résolution judiciaire de la vente pour inéxecution
et obtenir une allocation de dommages et intérêts.
La non réalisation n’aura pour sanction la caducité que si les parties l’ont prévu ainsi
(Civ. 3ème, 18 février 2009).
Art. 1124 : La promesse unilatérale de vente se définit par le contrat par lequel une
partie, le promettant, accord à l’autre, le bénéficiaire, le droit d’opter pour la
conclusion d’un contrat dont les éléments essentiels sont déterminés, et pour la
formation duquel il ne manque que le consentement du bénéficiaire.
Existence d’un engagement unique.
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Existence d’une option en corrélation logique avec l’existence d’un engagement
unique.
A soulevé pendant des années un contentieux relatif à leur efficacité juridique. Les
difficultés se sont concentrées sur la question de la rétractation par le promettant, ce
qui situe la difficulté au stage antérieure à la levée de l’option par le bénéficiaire.
L’art. 1124 met un terme au débat en brisant une JP. Il y a un droit d’opter qui est
conféré, alors que le promettant est définitivement engagé. Il a donné son accord à
la vente et il doit immobiliser le bien, généralement en contrepartie d’une indemnité.
La formation définitive de la vente dépend du seul bénéficiaire de cette promesse, et
de sa volonté de lever l’option.
Option que l’on qualifie de droit potestatif. Le délai accordé au bénéficiaire emporte
ipso iure une obligation de ne pas faire pour le promettant.
Immobilisation du bien. Il est fréquent que cette immobilisation donne lieu à une
indemnité. L’existence de cette indemnité d’immobilisation ne modifie pas le
caractère unilatéral de la promesse. L’indemnité est le prix de l’exclusivité qui est
consentie au bénéficiaire (Civ. 1ère, 5 décembre 1995). Il faut se garder d’assimiler à
une clause pénale l’indemnité d’assimilation.
Il y avait des enjeux de preuve et l’autre conséquence était sur la validité puisque
l’absence d’enregistrement de la promesse unilatérale privée est nulle. Si on la
requalifie en synallagmatique, on évite cette nullité.
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Les dispositions de l’art. L. 1391-2 du code la construction de l’habitation, qui prévoit
qu’aucune indemnité d’immobilisation ne peut être versé avant l’expiration d’un délai
de rétractation de 7 jours dont bénéficie un acquéreur non professionnel.
L’art. 1589-2 CC : « Est nulle et de nul effet toute promesse unilatérale de vente
afférente à un immeuble, à un droit immobilier, à un fonds de commerce, à un droit à
un bail portant sur tout ou partie d'un immeuble ou aux titres des sociétés visées aux
articles 728 et 1655 ter du code général des impôts, si elle n'est pas constatée par
un acte authentique ou par un acte sous seing privé enregistré dans le délai de dix
jours à compter de la date de son acceptation par le bénéficiaire » : lutter contre les
dissimulations de prix consenties. Hypothèse d’un prix stipulé dans la promesse et
un prix moindre dans l’acte authentique de vente. Le délai de 10 jours doit permettre
d’éviter ce genre de fraude.
La promesse unilatérale semble devenir un contrat solennel. En JP, les tribunaux
manifestent leur hostilité à ce genre de formalisme. Ils ont fortement réduit le champ
d’application de cet article et ils considèrent que ce texte ne vise ni les promesses
d’achat, ni les promesses synallagmatiques, ni les promesses insérées dans un
contrat spécial.
Obligations :
A ce stade, le promettant s’est engagé. Il ne peut pas se rétracter pendant toute la
validité de la promesse. La CCass a rappelé que le promettant consent à vendre de
façon définitive (Civ. 3ème, 8 septembre 2010). La rencontre des consentements de
chacune des parties est différée dans le temps. Le promettant consent
immédiatement, alors que le bénéficiaire se prononce ultérieurement. Dès lors que le
bénéficiaire lève l’option, la vente est formée automatiquement.
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Explique pourquoi le décès du promettant, dès lors qu’il a intervenu avant le délai de
l’option, ne pourra pas empêcher la vente de se former si le bénéficiaire décide de
lever l’option dans le délai imparti. Les héritiers du promettant seront tenus.
2) Levée de l’option
Soc., 21 septembre 2017 : montre que les juges anticipent et applique le nouveau
droit par anticipation. La CCass circonstancie l’interprétation qu’elle fait. L’intérêt
porte plus en droit du travail qu’en droit civil. Les juges vont anticiper et revirer sur
leur position.
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Chapitre 2 : Les choses et le prix dans la
vente
Section 1 : La chose
Tout ne peut pas être vendu. La chose doit présenter un certain nombre de
caractéristique. Elle doit être déterminée ou déterminable, et elle doit être aliénable.
I. La détermination de la chose
La vente n’est valable que si la chose est déterminée ou déterminable (art. 1583).
Depuis la réforme, cet article a un écho en théorie générale (art. 1163 al. 2). La
vente peut avoir une objet qui consiste en un corps certain ou une chose de genre,
cad une chose définie à partir de l’espèce à laquelle elle appartient.
En cas de corps certain, la chose doit être précisément désignée, cad qu’elle doit
être décrite dans ces caractéristiques.
Ex : désigner précisement un lot de copropriété.
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reçue est conforme à la marchandise commandée. Dans ce cas,
l’individualisation permet d’anticiper sur la notion d’obligation de délivrance.
Ex : la vente sur échantillon. On prend un échantillon sur la marchandise qui sera
livrée et permet de vérifier si cela correspond à la chose attendue.
Les choses susceptibles d’être vendues sont de plus en plus nombreuses. Lié au
développement des biens incorporels (enseigne, clientèle, nom de domaine, ou
cession des quotas d’émission de gaz à effet de serre, qui sont des biens meubles
négociables et transmissibles).
Les choses susceptibles d’être vendues sont celle dont la possession va procurer à
l’individu des avantages, des agréments. La possibilité de vendre est le principe, et
l’interdiction est l’exception : art. 1598 tout ce qui est dans le commerce peut être
vendu lorsque des lois particulières n’en n’ont pas prohibés l’aliénation.
Il y a des choses hors commerce :
La loi retire du commerce juridique des biens pour des raisons d’intérêt général ou
pour préserver des intérêts particulier.
L’intérêt général : il est interdit de vendre des choses sacrées, que la société
considère comme des tabous. La société désacralise certaine chose pour en
préserver d’autres. Tout dépend des valeurs que la société veut protéger.
Les choses qui sont toujours hors commerce sont : la personne humaine (art. 16-5
CC), les droits fondamentaux, les droits alimentaires, les droits du domaine public, le
droit de vote, les marchandises contrefaites, des produits couverts par des
monopoles comme le tabac.
Question de la clientèle : la cession des clientèles n’a jamais posée de problème, car
c’est un élément essentiel du fond de commerce (art. L. 141-5 CCom). La difficulté
est pour les clientèles civiles. La JP a parfois été obscure. Pendant longtemps, on
considérait qu’il était interdit de céder des clientèles civiles, car elle dépendait de la
qualité du professionnel. Le rapport de la CCass de 1990 insistait sur la nullité de ces
cessions de clientèles, au nom de la protection des jeunes médecins.
A priori, c’était l’intuitu personae qui faisait obstacle à la cession de la clientèle.
Néanmoins, il était admis que certaines professions pouvaient monnayer un droit de
présentation. Des cessions étaient en réalité maquillées sous la forme de
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présentation. La Cass a finalement tranché en admettant le caractère cessible du
caractère civil
Civ. 1ère, 7 novembre 2000 : les juges ont précisé que si la cession de la clientèle
médicale à l’occasion de la constitution ou de la cession d’un fond libérale d’exercice
de la profession n’est pas illicite, c’est à la condition que soit sauvegardé la liberté de
choix du patient.
La licéité de la cession dépende de la création d’un fond d’exercice libérale et du
respect de la liberté individuelle du patient.
Il arrive que le législateur n’interdise par à proprement parler les ventes mais les
subordonnent à des autorisations administratives : licence de débit de boisson,
licence hospitalière. Représente un coût. Au départ, la finalité de l’obtention de la
licence était de protéger le patient/client. Désormais, cela favorise les intérêts de
certaines professions.
L’intérêt particulier : la loi peut déclarer certaines choses inaliénable au nom des
intérêts particulier. Tous les biens saisis, ainsi que les pactes sur les successions
futures sont interdites. Cependant un hériter peut, par avance, renoncer à certaines
actions alors que la succession n’est pas ouverte.
2) Clause d’inaliénabilité
Les clauses sont valables dès lors qu’elles sont limitées dans le temps et qu’elles
sont justifiées par un intérêt sérieux. On se fonde l’art. 900-1. Toute stipulation ne
remplissant pas les 2 conditions sont déclarées nulles.
Contrat.
1) La perte de la chose
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Si la perte se produit après la formation de la vente risque.
La chose peut être future : art. 1163 al. 1 : « L'obligation a pour objet une prestation
présente ou future. » Peut importe que la chose soit corporelle ou incorporelle. Le
caractère futur influe sur la nature du contrat.
Selon les stipulations des parties, le contrat peut être soit commutatif, soit aléatoire :
- Commutatif : La vente est subordonnée à l’existence de la chose future, et
l’acheteur ne paye que lorsque la chose existe. Difficile alors de distinguer le
contrat de vente et le contrat d’entreprise. Il peut y avoir quand même des risques
pour l’acheteur, s’il ne peut pas bien évaluer la valeur de la chose. Dans ce cas,
le législateur intervient, comme pour la cession des droits d’auteur.
- Aléatoire : L’objet de la vente n’est plus la chose, mais la chance. Ex : vente du
coup de filet du pêcheur. On ne sait pas s’il y aura des poissons.
C. La chose d’autrui
Art. 1599 : la vente de la chose d’autrui est nulle. Nul ne peut en principe transférer
plus de droit qu’il n’en a. Seul celui à qui appartient la chose peut la vendre.
Le droit romain admettait ce type de cession. Il y a eu donc rupture, car on
considérait que le transfère immédiat de propriété rendrait impossible la vente de la
chose d’autrui.
Il y vente de la chose d’autrui toutes les fois où le vendeur n’est pas propriétaire,
toutes les fois où le vendeur n’a pas de droit.
Cas particulier de complexification : si la vendeur a vendu 2 fois la même chose
règle chronologique. Si le vendeur vend une chose sur laquelle il a un droit de
propriété que conditionnel on y voit plutôt une vente conditionnelle. Si on vent une
part dans un bien indivis a priori valable, mais tous dépend du partage. Ou la
vente d’un bien indivis lorsqu’elle est faite sans le consentement des autres
indivisaires, pas valable.
La vente de la chose d’autrui ne peut plus être annulé en cas de propriétaire
apparent, qui permet de consolider la vente de la chose d’autrui. La théorie de
l’apparence ne joue qu’a la double condition de la bonne foi du tiers et l’erreur
commune, cad que tout le monde pensait que le vendeur était le propriétaire.
Cette prohibition repose sur l’idée que le transfère est immédiat en droit français. On
considère que dans ce cas, l’acheteur peut craindre une action en revendication du
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véritable propriétaire. Et ce même si on protège l’acquéreur de bonne foi. On peut
aussi retarder le transfère immédiat de propriété.
Sanction de la vente de la chose d’autrui : art. 1599 nullité relative, car elle vise à
protéger les intérêts du seul acquéreur contre un risque d’éviction du vrai
propriétaire. La confirmation est possible par l’acquéreur (renonce à contester la
vente). La consolidation est possible (le vice a disparu indépendamment de la
volonté de l’acquéreur). La prescription est de 5 ans.
On défend souvent la nullité relative en soulignant qu’il y a un vice du consentement
à l’origine de cette vente. Or, la JP considère que la connaissance de la situation du
vendeur par l’acquéreur est sans effet sur le jeu de cette action.
En outre, s’il y a un vice d’erreur, le vendeur devrait pouvoir agir également en
nullité, ce qui n’est pas le cas.
Pour d’autres auteurs, il ne s’agirait pas tant d’un problème de vice du consentement
mais une sorte de garantie d’éviction anticipée.
L’acquéreur peut agir soit par voie d’exception, soit par voie d’action. Il a payé et
demande la restitution. On refuse l’action au vendeur car il est tenu par sa garantie
d’éviction.
Civ. 3ème, 27 octobre 2007 : établissement public foncier qui avait acquis 4 parcelles,
dont l’une appartenait à un tiers. Il fallait déterminer si l’acheteur avait le choix entre
la nullité et la garantie d’éviction.
La CCass semble faire une hiérarchie et privilégie l’art. 1599 avant la mise en
œuvre d’une garantie d’éviction. Cependant, cette hiérarchie se justifie au regard des
circonstances, parce que ce n’est pas la mise en œuvre de la garantie d’éviction
supposerait nécessairement que soit tranché au préalable la question de la nullité.
En l’espèce, la solution est fondée car le véritable propriétaire ne s’est pas
manifesté, il n’est pas donc pas possible de soulever la garantie d’éviction.
Section 2 : Le prix
Dans le CC, il n’y a pas de définition du prix ou de la valeur. La valeur des biens est
subjective, et le prix est arrêté par le marché. Ce sont les accords de volonté qui vont
considérer comme équivalent certaines choses.
Il faut déterminer les formes. En droit de la vente, le prix constitue le versement
d’une somme d’argent. Nécessairement monétaire. Certains auteurs ont fait observer
que centaines JP laisseraient entendre que le prix pourrait revêtir une autre forme
que le versement d’une somme d’argent (obligation de faire par ex).
23
Art. 1591 CC : le prix doit être déterminé et désigné par les parties. Il ne doit pas être
vil, et il doit être réel et sérieux.
A l’instar de la chose, le prix doit exister. Il doit y avoir un accord des parties sur le
prix. A l’origine, le montant du prix devait non seulement être déterminé par accord
des parties au moment de la formation du contrat, mais il devait être mentionné dans
l’acte sous peine de nullité. Lecture littérale de l’art. 1591, car on ne voulait pas que
le juge intervienne dans ces questions, et parce qu’aucune réponse ne pouvait être
donné à la question « comment fixer un prix si les parties ne l’ont pas fait elles-
mêmes ? »
Finalement, on considère que le prix peut être déterminable. Si le juge ne peut pas
intervenir pour fixer le prix, il est admis que les parties peuvent, lorsqu’elles
n’entendent pas fixer le prix au jour de la conclusion du contrat, convenir d’un
procédé qui permettra de déterminer in fine le prix.
La validité de ce procédé suppose un élément fondamental : il faut qu’il n’y ait aucun
nouvel accord des parties qui interviennent pas la suite pour arrêter le montant de ce
prix. Sinon, pas de vente.
Com, 7 avril 2009 : la CCass dit que s’il résulte de l’art. 1591 que le prix doit être
déterminé et désigné par les parties, ces dispositions n’imposent pas que l’acte porte
lui même indication du prix mais seulement que ce prix soit déterminable. Tel est le
cas lorsqu’il est lié à le survenance d’un événement futur ne dépendant pas de la
volonté de l’une des parties ou d’accord ultérieur entre elles.
Il ne faut pas que l’une des parties se trouvent à la merci de l’autre distinguer
l’unilatéralisme de l’arbitraire.
L’estimation finale du prix ne doit pas dépendre de la volonté d’une seule des parties.
Dans ce cas, il n’y a pas accord des parties la vente est nulle pour indétermination
du prix ou pour condition potestative.
Art. 1592 : le prix peut être laissé à l’estimation d’un tiers. S’il ne peut faire
l’estimation, il n’y a point de vente.
Com, 16 février 2010 : le tiers désigné par les parties avait reçu de celles-ci mission
non d’exercer une mission juridictionnelle mais de procéder à un constat s’imposant
aux parties, lesquels en avait préalablement tiré les conséquences juridiques, peut
important que l’intervention de ce tiers soit soumise à un désaccord entre les
cocontractants sur les éléments.
24
La JP a précisé les moyens d’action à la disposition du tiers. Il peut interpréter le
contrat, il est tenu d’une obligation de moyen (Com, 6 février 2007), et s’il ne veut ou
ne peut faire l’estimation, il n’y a pas de vente.
Le juge peut se prononcer si les éléments suffisant pour arrêter le prix étaient réunis.
Néanmoins, la qualité de mandataire le contraint à suivre les directives et les
méthodes qui ont pu être arrêté par les parties pour encadrer l’exercice de sa
mission. Sa responsabilité pour faute est engagée dans l’évaluation du prix. L’erreur
grossière est une condition de la remise en cause de la détermination du prix (Com,
4 février 2004). En réalité, peu importe qu’il y ait erreur grossière ou non du
mandataire, dès lors que la détermination du prix est fautive, la responsabilité est
engagée.
Le caractère grossier de l’erreur a un rôle dans l’office du juge. Le juge n’est plus
tenu lorsque le mandataire est reconnu avoir commis une erreur grossière. Le juge
nomme un nouveau tiers. Le juge ne peut pas se substituer à ce tiers (Civ. 1ère, 25
janvier 2005).
Art. 1163 CC : écho. Référence aux usages. Il remplace l’art. 1129 CC, qui n’était
pas applicable au prix. L’intérêt de l’art. 1163 en parlant de prestation déterminable.
Le législateur vise aussi bien la chose que le prix. Signifie qu’on a donc un écho
dans la théorie générale du fait que le prix peut seulement être déterminable.
L’ordonnance est en rupture avec la JP.
25
situation de soumission vis à vis du vendeur. Mais la CCass instaure un contrôle de
l’abus de prix. Ces arrêts ne concernent que les contrats cadre.
La fixation du prix par référence à un événement futur dépendant de la volonté du
vendeur demeure encore aujourd’hui prohibée.
Apport de la réforme : introduit 2 dispositions aux arts. 1165 et 1165. N’a pas posé
de principe général de fixation unilatérale du prix. Elle ne l’envisage que par
exception à ces articles. Le contrat de vente se retrouve donc isolé.
Pratique courante, qui est de voir le vendeur souhaité être associé au résultat, à la
rentabilité de la chose. Fréquent dans les contrats de concessions exclusives.
Hypothèse où la valeur du bien dépend davantage de sa rentabilité que de la valeur
directe.
Ex : brevet d’invention, part social.
Le prix doit être réel et sérieux pour que la vente soit valable. Notion de cause.
Présenté comme la contrepartie de la chose.
Se comprend par une approche négative. Pour définir le prix réel, il ne s’agit pas de
déterminer ce qu’il est mais de comprendre ce qu’il n’est pas.
Le prix réel s’oppose au prix simulé (fictif). Notion qui relève d’une appréciation
subjective. Pour apprécier la réalité du prix, il faut déterminer ce que les parties ont
voulu. L’hypothèse dans laquelle vendeur et acquéreur convienne que le prix figurant
au contrat de vente ne sera jamais payé est une hypothèse de la simulation. Le prix
indiqué est donc simulé.
2 actes : premier acte de vente dans lequel le prix est simulé, que l’on appelle contrat
ostensible, et un second acte que l’on appelle la contrelettre et qui s’oppose à ce qui
est stipulé dans l’acte ostensible.
26
Ce type de simulation est en principe légal. Lorsque les parties ont conclu un contrat
apparent, qui dissimule un contrat occulte, ce dernier, appelé contrelettre, produit
des effets entre les parties. Pas opposable au tiers.
Une vente dans lequel le prix n’aurait pas été payé est une donation déguisée.
Régime propre en droit français. Si les parties parviennent à établir qu’il y a une
intention libérale, l’intention déguisée est valable. Les exigences formelles de la
donation n’auront pas à être suivies. On exige que les conditions de formes soient
satisfaites dans l’acte ostensible.
Les parties se sont donné du mal pour effectuer leur simulation, et est censé
informé les tribunaux de l’importance de l’engagement qu’elles avaient en vu.
Du point de vue des tiers, la logique est celle d’une option. Ils se fondent sur l’acte
qu’ils veulent. Preuve par tout moyen.
Prix qui n’est pas dérisoire, cad qui n’est pas inexistant ou qui n’est pas ridiculement
bas.
Utilité pratique : les exemples sont nombreux. Notamment pour les cas de vente
avec vente viagère. Utile lorsque l’on ne peut pas faire appel à la rescision pour
lésion. En matière de vente aléatoire, l’aléa chasse le lésion. La théorie du prix
sérieux va être sollicitée. Le prix dérisoire n’est pas le prix insuffisant.
Utilité du prix sérieux : le prix dérisoire dépourvu d’objet et de cause. Dans une
vente immobilière, quand il y a prix dérisoire, il y a nullité.
Exception : vente à prix symbolique utile pour une société en difficulté. La chose
vendue est sans valeur, ou une valeur vénale négative. La JP a validé ce type de
vente toutes les fois où il y avait une contrepartie autre à ce prix dérisoire. Le
repreneur achète pour 1 euro, mais il va prendre des engagements (des dettes, des
contrats de travail…).
Dans les cessions de droits sociaux, il arrive que le prix apparaisse comme
exorbitant par rapport à la valeur. La vente est quand même légitime selon la CCass,
car il ressortait des rapports de l’administrateur judiciaire qu’il suffisait de recouvrer
les dettes pour revenir en bénéficie. S’apprécie sur une valeur de rendement.
27
La JP a hésité. Au débit, elle avait retenu la nullité absolue. Pas de contrat car pas
de prix (Com, 23 octobre 2007). A présenté des risques. Comme c’est une nullité
absolue, tout intéressé peut l’invoquer. Pas possibilité de confirmer.
Les chambres civiles avaient abandonné cette JP, mais la chambre commerciale
continuait.
Com, 22 mars 2016 : opère un revirement. La Cour revient sur sa position. La vente
dont le prix est fictif, inexistant est d’une nullité relative. Signifie que la chambre
commerciale s’est ralliée à la 3ème chambre civil et son arrêt du 21 septembre 2011.
Montre la réforme qui se fait au sein de la CCass sur la motivation. Un des premiers
arrêts qui va proposer une motivation enrichie et qui fait figurer le chainage des
arrêts.
La CCass applique par anticipation la réforme, qui appliquait la théorie moderne des
nullités (M. Jacquiot : théorie selon laquelle pour déterminer le type de nullité à
appliquer, il faut regarder le type d’intérêt considéré).
Sur le fond, l’arrêt est prévisible, mais il est critiquable sur la forme. La CCass donne
des arguments d’autorité, et on ne sait pas comme la CCass sélectionne les arrêts
qu’elle cite. Elle mélange des arrêts publiés et des arrêts inédits.
Une cession de part social de SCI pour vil prix a été reconnue nul (relative) dans un
arrêt récent de la 3ème chambre civil (30 novembre 2017).
Question qui touche aux éléments fondamentaux du droit. Peut on concilier une
liberté contractuelle et une justice du prix ?
Doit on imposer l’idée d’un prix juste ? Qu’est-ce qu’un juste prix ?
Ce qui est voulu par les parties est juste, sauf vice du consentement.
28
Chapitre 3 : Transfert de propriété
Transfert de propriété per se ainsi que des accessoires. Aussi bien les risques que le
transfert d’actions et de droits attachés au droit réel initial.
Cette perception du transfert de propriété n’a pas été retenue par les rédacteurs du
CC. Ces derniers ont lié le transfert de propriété à l’accord de volonté des parties. Il
se fait donc pas le seul consentement (transfert solo consensu).
Art. 1583 CC : « Elle est parfaite entre les parties, et la propriété est acquise de droit
à l'acheteur à l'égard du vendeur, dès qu'on est convenu de la chose et du prix,
quoique la chose n'ait pas encore été livrée ni le prix payé. »
L’enjeu est de savoir à quel moment l’acquéreur est pleinement bénéficiaire du droit
réel. Car l’opposabilité n’est pas concomitante au transfert. En matière immobilière, il
y a des formalités à accomplir. Alors qu’en matière de meuble, possession vaut titre.
Enfin, un droit réel qui n’est pas opposable n’est pas utile.
Qu’en est-il des charges (fiscales notamment) attaché à la chose transférée ? Et les
risques ?
29
Nuance : risque pour les tiers. Ceux-ci peuvent traiter avec une personne qui a déjà
transféré son droit de propriété à son insu et sans leur dire. Les règles de publicité
limitent ces risques, notamment sur les immeubles, ainsi que l’art. 2276 qui protège
en matière de meuble le tiers acquéreur de bonne foi.
L’art. 1583 n’est pas d’ordre public. Les parties peuvent librement y déroger (Civ.
1ère, 24 janvier 1984).
L’art. 1196 CC : « Dans les contrats ayant pour objet l'aliénation de la propriété ou la
cession d'un autre droit, le transfert s'opère lors de la conclusion du contrat. »
« Lors » montre que le transfère a lieu par le seul effet du contrat. S’il s’agit d’un
contrat consensuel, aucune condition ne va être requise et le transfert va se faire
automatiquement lors de l’échange des consentements. Dans le cas d’un contrat
solennel ou réel, le transfère aura lieu lors de l’accomplissement de la forme ou de la
remise de la chose.
Le transfère s’opère dès la conclusion du contrat. On ne dit pas « échange des
consentements ». Le transfert n’est pas solo consensu mais solo contractu.
L’art. 1196 ne s’intéresse donc qu’à la vente. Presque une disposition spéciale.
Principe :
Transfère immédiat de plein droit, peu importe que la chose ait été livrée ou que le
prix ait été payé. L’acquéreur devient immédiatement propriétaire alors même qu’il
n’est pas en possession de la chose. Son patrimoine s’enrichie dès la formation du
contrat de vente. Les créanciers peuvent agir contre l’acquéreur et demander la
saisie du nouveau bien, alors même qu’il ne l’a pas en sa possession.
En cas de décès de l’acquéreur immédiatement après la formation du contrat de
vente, la chose doit être considéré comme un actif de la succession.
Exceptions :
Art. 1585 et 1586.
Art. 1196 al. 2 : « Ce transfert peut être différé par la volonté des parties, la
nature des choses ou par l'effet de la loi. »
Une distinction peut être faite selon le moment où l’exception va opérer. Soit le
transfère est retardé, soit il est avancé.
30
La question de l’avancement du transfère : le cas typique est la vente d’immeuble
dite en l’état futur d’achèvement. Dans cette vente, le transfère de propriété va
s’opérer au fur et à mesure de l’avancement des travaux et de la construction, afin
de prémunir l’acquéreur du risque de faillite du vendeur (Art. 1601-3). Le tranfert de
propriété est avancé, car il s’opère avant l’achèvement de la construction.
Pour le retardement :
Art. 1585 : « Lorsque des marchandises ne sont pas vendues en bloc, mais au
poids, au compte ou à la mesure, la vente n'est point parfaite, en ce sens que les
choses vendues sont aux risques du vendeur jusqu'à ce qu'elles soient pesées,
comptées ou mesurées ». Vente à la mesure : vente dans lesquelles le transfère de
propriété ne se réalise qu’au moment d’individualisation de la chose.
Ex : 5 kg de thé vert de chine à un vendeur spécialisé. Le thé ne deviendra la
propriété qu’au moment où on va séparer les 5 kg du reste du stock.
La vente en bloc opère un transfère de propriété immédiat. Art. 1586 : « Si, au
contraire, les marchandises ont été vendues en bloc, la vente est parfaite, quoique
les marchandises n'aient pas encore été pesées, comptées ou mesurées. »
S’agissant de choses de genre, le critère est celui de l’individualisation. Tant que l’on
ne peut distinguer l’objet du stock, il n’y aura pas de transfert de propriété.
L’art. 1583 n’est pas d’ordre public. Les parties peuvent y déroger librement, et
peuvent le faire au moyen de différentes clauses.
Clauses relativement rares. On ne les trouve que dans un seul cas : les ventes de
navire à construire, afin de permettre au client de se prémunir d’une éventuelle faillite
du constructeur.
2 sortes :
31
- les ventes à terme : vente avec un terme suspensif. Quoique l’effet du terme soit
de retardé, rien n’interdit d’assortir le transfert de propriété de pareil terme.
L’effet du terme est de retarder l’exigibilité d’une obligation. Souvent, on introduit
un parallélisme et on retarde le transfert de propriété.
Cass., 23 juin 1998 : Clause dite franco-frontière (qui prévoit que les frais de
transport étaient à la charge du vendeur et que la marchandise voyage aux
risques et périls du vendeur). Dans cette clause, la CCass dit qu’il n’y a pas un
retard de transfert de propriété. Possible de stipuler la clause de retardement,
mais cette stipulation doit être express. En l’espèce, elle a considéré que c’était
implicite et donc pas suffisant ;
A l’égard des tiers et des ayants causes à titre particulier : il faut distinguer selon que
les ayants causes ont acquis leur droit du vendeur ou de l’acquéreur.
32
Les ayants causes du vendeur : double vente. Chose 2 fois cédés par le même
vendeur. Intérêt pour les ayants causes de connaître le moment où c’est opéré le
transfert de propriété. Dans un cas, ils se seront vu consentir valablement un droit
réel sur un bien, alors que dans l’autre, il aura été consenti par une personne n’ayant
pas la qualité pour le faire.
I. Le principe
En vertu de la règle res perit domino, le transfère des risques est en principe
concomitant au transfert de propriété. Art. 1196 al. 3 : « Le transfert de propriété
emporte transfert des risques de la chose. »
La perte de la chose est à la charge du propriétaire. L’enjeu majeur de la vente
est cette question des risques, car en pratique, on veut connaître le moment de ce
transfert.
33
En théorie, au même moment que le transfert de propriété, alors même qu’il
existerait des formalité à accomplir.
Civ. 1ère, 10 octobre 1995 : vol d’un navire avant que les formalités soient faites.
L’acquéreur propriétaire a du assumer les risques.
Regrettable que cette législation ne soit pas assouplie dès lors qu’un consommateur
est concerné.
A. Exceptions légales
34
demeure est néanmoins libéré s'il prouve que la perte se serait pareillement produite
si l'obligation avait été exécutée. Il est cependant tenu de céder à son créancier les
droits et actions attachés à la chose. »
La loi prévoit ensuite que transfert des risques et transfert de propriété lorsque la
vente a été formée sous condition suspensive.
Art. 1304-6 al. 3 CC : les risques de la chose demeurent à la charge du vendeur tant
que la condition n’est point réalisée. Les parties peuvent prévoir que
l'accomplissement de la condition rétroagira au jour du contrat. La chose, objet de
l'obligation, n'en demeure pas moins aux risques du débiteur, qui en conserve
l'administration et a droit aux fruits jusqu'à l'accomplissement de la condition. ».
B. Exceptions conventionnelles
Les parties sont libres de dissocier le transfert de propriété du transfert des risques. Il
ne suffit pas que les parties l’aient exprimé, il faut que ça soit pleinement efficace. La
dissociation dans le temps doit être expresse. Il arrive souvent que les tribunaux
assimilent la clause n’intéressant que les risques à une clause qui intéresse aussi
bien les risques que le transfert de propriété.
En pratique, cette rupture est opérée par l’introduction d’une clause de réserve de
propriété. Le vendeur se ménage une garantie, mais il n’en prévoit pas moins que les
risques seront assumés dès la remise matérielle de la chose.
Il garde la propriété mais transfert quand même les risques.
35
Section 3 : Le transfert des accessoires juridiques
La JP étend cette solution à des hypothèse dans lesquels le principe est a priori la
non transmission.
Ex : Com, 11 mars 2014 : engagement de non concurrence
Civ. 3ème, 25 mars 2014 : contrat d’approvisionnement
Le principe a été posé par la CCass, ass. Plèn. : le maitre de l’ouvrage comme le
sous acquéreur jouit de tous les droits et actions attachés à la chose qui appartenait
à l’acquéreur.
Action directe dans les chaines contractuelles. Le sous-acquéreur dispose à
l’encontre du fabricant (autre bout de la chaine) d’une action contractuelle directe.
L’action a été cédée par l’effet propter rem. L’acquéreur reçoit par contrat la qualité
pour exercer contre des tiers toutes les actions en justice dont disposait son vendeur.
En matière de vente d’immeuble, l’acheteur peut faire jouer la garantie contre les
entrepreneurs (Civ. 3ème, 8 février 1995).
36
Chapitre 4 : Obligations et garanties dans
la vente
Il faut envisager les obligations que crée le contrat de vente à l’égard des parties. Le
transfert de propriété n’est pas une obligation.
L’acheteur peut suspendre le paiement du prix toutes les fois où il existe un trouble
actuel ou plausible causé par un tiers. Art. 1653 : « Si l'acheteur est troublé ou a
juste sujet de craindre d'être troublé par une action, soit hypothécaire, soit en
revendication, il peut suspendre le paiement du prix jusqu'à ce que le vendeur ait fait
cesser le trouble, si mieux n'aime celui-ci donner caution, ou à moins qu'il n'ait été
stipulé que, nonobstant le trouble, l'acheteur paiera. »
37
S’agissant de l’exigibilité du prix, le fardeau de la preuve du prix ainsi que celui de la
preuve d’une délivrance parfaite pèse sur le vendeur.
Civ. 1ère, 25 janvier 1989 : preuve du prix
Com. 9 juillet 1991 : preuve de la délivrance parfaite
Les conventions contraires sont autorisées. L’exigibilité du prix peut être avancée ou
différée.
Il peut être avancé par les parties, dans l’hypothèse d’un paiement du prix qui est
avancé pour partie seulement acompte : paiement d’une fraction du prix dans le
cadre d’une vente parfaite, conclue de façon ferme et définitive, pouvant faire l’objet
d’exécution forcée.
≠ des arrhes qui ouvrent une faculté de dédit.
L’art. 1590 clarifie la chose : « … ».
Pour la vente mobilière faite au consommateur, la législation prévoit que les sommes
versées à l’avance doivent être perçues comme des arrhes.
Le paiement du prix peut être différé. Le vendeur accorde à l’acquéreur des facilités
de paiement : les commerçants utilisent des lettres de change, sans préjudice des
délais de grâce accordés par le législateur.
Au terme de l’art. 1651, le paiement doit se faire au lieu où doit se faire la délivrance.
Le paiement du prix doit être fait en pratique au lieu où se situe la chose au moment
de la vente. Les parties peuvent en convenir différemment. Possibilité de dérogation
conventionnelle. Si les parties ne dérogent pas, cela signifie que le paiement se fera
au lieu de la vente/achat.
Le paiement du prix doit également être envisagé sous l’angle des garanties de
paiement. 3 sortes :
- Art. 1612 : le vendeur n’est pas tenu de délivrer la chose si l’acheteur n’en paie
pas le prix et que le vendeur ne lui a pas accordé un délai pour le paiement. En
pratique, en cas de paiement par chèque, le vendeur peut très bien retenir la
chose tant qu’il n’a pas procédé à l’encaissement du chèque.
Application de l’exception d’inexécution.
Idée du droit de rétention : ne peut être invoqué au cas d’une vente au comptant.
Dès lors que le vendeur accorde de lui même des délais de paiement, il ne peut
pas retenir la chose.
38
L’action résolutoire ne peut être exercé après le jugement d’ouverture.
Suspension des poursuites. En cas de vente immobilière, l’action résolutoire ne
sera opposable au tiers qu’à une condition : d’avoir été inscrite en tant que
privilège du vendeur conformément aux dispositions de l’art. 2379 al. 2.
- Droit de préférence du vendeur : privilège du vendeur.
3 étapes dans le cc :
Au stade de la formation de la vente (avant que l’acquéreur ait donné son
consentement) le vendeur est tenu d’expliquer clairement ce à quoi il s’oblige.
Art. 1603cc : vendeur a 2 obligations : délivrer et garantir la chose qu’il vend.
Exécution de la vente : obligation de délivrance de la chose. Obligation
d’OP.
Au stade ultérieur : vendeur a l’obligation de garantir la chose qu’il vend, ce
qui se traduit par 2 garanties :
- Vices cachés
- Eviction
Evolutions :
Compléments de la vente : obligation d’information.
Evolution de la JP : confond garantie des vices cachés et de délivrance
aboutissant à une confusion car volonté d’effacer les étapes du cc. JP très
critiquable.
A. Obligation d’information
Vente n’a pas échappé à cette tendance. Du coup art. 1602cc parait peu développé.
Mais il est quand même assez précurseur et établit une obligation d’information.
Depuis 1990, une série d’obligations pèsent sur le vendeur professionnel. En effet,
ce dernier doit renseigner les acheteurs éventuels sur les caractéristiques du produit
convoité (arrêt 31 janvier 1973). Au début juste pour les produits dangereux, mais
ensuite tous les produits techniques, complexes et, enfin, principe général. L. 111-5
CConsommation.
39
Obligation d’information de renseignement porte aussi sur les utilités de la chose.
EX : vendeur tenu de vérifier qu’un système d’alarme fonctionne bien et que cela est
conforme aux conditions d’assurance (25 mai 1993).
Cette obligation d’information est de nature contractuelle alors même qu’on est au
stade de la formation du contrat.
Cass a également jugé que celui qui traite avec un professionnel n’est pas dispensé
de lui fournir des renseignements qui sont en sa possession et dont l’absence altère
le consentement du cocontractant. Principe demeure mais la JP est de moins en
moins indulgente avec l’acquéreur professionnelle.
Acheteur profane a plus de droits : celui qui entend faire de la chose un usage
inhabituel, ne peut pas se plaindre de ne pas avoir été suffisamment informé.
40
20 juin 1995 : si l’acheteur veut des renseignements pour usage inhabituel il doit, au
préalable, en informer le vendeur.
B. Obligation de conseil
Vendeur doit communiquer les informations mais ne se contente plus de les donner,
il doit guider l’acquéreur éventuel dans la prise de décision.
Dans l’obligation de conseil, il y a forcément, à un moment donné, un jugement du
vendeur sur l’opportunité de la vente. risque d’être amené à discréditer un produit.
Cass a une formule : il appartient en ce domaine au vendeur de renseigner
l’acquéreur d’un matériau nouveau sur les conditions d’utilisation en lui conseillant de
subsister au produit choisi le matériau adéquat.
De plus l’obligation de moyen= vendeur ne répond que d’une faute (à prouver à qui
consiste en un conseil inapproprié. Donc le vendeur n’est pas tenu des
conséquences auxquelles pourraient conduire son conseil.
C. Devoir de collaboration
41
Réduit au minimum au regard de l’exigence de bonne foi qui vaut pour tout contrat.
D. Obligation de sécurité
Découverte assez tard, désormais elle relève de la loi de 1998 (responsabilité du fait
des produits défectueux).
Obligation première du vendeur (20 articles du cc), mais la définition a été bâclée.
Au sens de la loi, au terme de l’art. 1604cc : « La délivrance est le transport de la
chose vendue en la puissance et possession de l'acheteur. »
Possession : on ne parle ni de détention ni de propriété.
A ce stade de la vente il s’agit pour le vendeur de s’assurer du transport de la
chose. M. Mazot : il s’agit simplement de laisser la chose vendue à la
disposition de l’acheteur pour qu’il en prenne livraison. Ainsi l’obligation de
délivrance se distingue du transfert de propriété et de la livraison. La
délivrance est un acte de pur fait. Le vendeur abandonne totalement la chose
Se distingue de la livraison : qui elle désigne a remise matérielle de la chose.
Délivrance n’est pas la livraison. Le retirement de la chose pèse, en
principe, sur l’acquéreur. Arrêt critiqué mais dont la formule est claire : 20
mars 1989 la Cass précise que l’obligation n’est remplie que si le vendeur a
mis à la disposition de l’acquéreur une chose qui correspond en tout point au
but recherché par lui.
Nouvel art. 1197 cc a voulu clarifier la confusion possible entre délivrance et
livraison.
A. Objet de la délivrance
La délivrance porte sur la chose convenue : il ne s’agit pas de délivrer une chose
différente de celle que l’acheteur avait en vue.
Seule la chose prévue et identifiée spécifiquement dans le contrat doit être délivré.
Distinctions :
Chose mobilière : en l’absence de précision particulière, la qualité de la
chose doit être loyale et marchande. Cad, une qualité correcte et une
adéquation avec la destination de la chose. Lorsque des précisions ont été
formulé, l’appréciation se fera à l’aune de ces références précises : un
vendeur fabricant donnant une chose différente manque à son obligation de
délivrance.
42
Chose mobilières d’occasion : moins d’exigence, la chose doit seulement
être délivrée dans l’état dans lequel elle se trouvait au moment de la
conclusion du contrat.
Chose cédée: cédant cède au cessionnaire les droits sociaux. La Q s’est
posé en JP de savoir si le passif découvert à posteriori de cette cession
Chose immobilière : art. 1616 à 1623 donnent pleins de détails.
- Il s’agit de contenance et rédaction, la surface doit être indiqué dans l’acte de
vente est a mention sert d’étalon pour le prix. Toute différence entre ce qui a été
convenu et la chose réelle mène à réduction du prix ou résolution de la vente.
Délai d’un an accordé à l’acquéreur. Le point de départ est le jour du contrat.
- Lorsque la surface est indiquée mais ne sert pas au prix, seule une différence
d’au moins 1/20ème permettra à l’acquéreur soit de se désister soit d’obtenir une
modification du prix 24 janvier 1990.
- Lorsqu’aucune surface ou superficie n’est mentionné : aucune action n’est
ouverte.
Toutes les difficultés ultérieures : était assuré par la garantie des vices cachés.
Mais nouvelle vision moniste a été proposée : extension des définitions en propose
d’englober la délivrance conforme en y ajoutant la garantie des vices cachés. Cela
signifie que l’on entend plus la délivrance conforme que d’un point de vue matériel
mais on s’intéresse également à un point de vue fonctionnel. s’appuie sur l’arrêt
du 20 mars 1989 mais pas bon : obligation de délivrance correspond aussi à mettre
à disposition de ‘acquéreur une chose qui correspond en tout point au but par lui
recherché.
Mouvement a perduré 29 janvier 1991 et la Com aussi s’est rallié en 22 mai 1991.
Gestain.
Bénaban : rappelle ce qu’était l’obligation des vices conformes. La Civ 3 résistait bien
(27 mars 1991).
Série d’arrêts en mai 1993 (5 mai 1993 le plus important), les autres chambres
civiles se conforment et en 1994 la Com.
43
Désormais : doctrine a mieux définit la délivrance conforme : la délivrance oblige son
débiteur à conserver la chose et s’exécute par la remise matérielle de la chose. Elle
est définit plus précisément à l’art. 1604: transfert de la chose en la possession et la
puissance à l’acheteur (tradition).
B. Modalité de la délivrance
1) Forme
2) Lieu
Cc dit que la délivrance doit se faire au lieu où était, au temps de la vente, la chose
qui en a fait l’objet s’il n’en a été autrement convenu.
3) Délai
44
C. Sanctions
En cas d’inexécution : acquéreur peut choisir une réponse temporaire (celle
par excellence : exception d’inexécution). Cette solution n’est que provisoire.
Si elle se confirme, l’acquéreur peut envisager :
o Exécution forcée
o Réduction du prix
o Résolution
o Etc
L’option est libre et révocable. Cad, l’acquéreur peut agir en exécution forcée
même si au départ il avait choisi la résolution.
Selon le droit commun, l’acquéreur doit mettre e demeure le vendeur avant de
former toute demande en exécution ou résolution de la vente.
o Exécution forcée (combine art. 1610 et 1217cc) : en matière mobilière,
cela suppose que l’acquéreur agisse en saisie attribution. Limite
posée par l’art 2121cc : exception de disproportion manifeste.
o Réduction du prix : droit de la vente commun.
o Résolution : art. 1610 permet à l’acquéreur d’agir en résolution. La
réforme du 8 février 2016 a modifié la notion de la résolution judiciaire
et possible qu’il y ait des répercussions. Acquéreur peut rompre
unilatéralement le contrat si l’inexécution est suffisamment grave.
o Clause résolutoire : il faut qu’elle soit prévue au contrat (1225 cc).
Interprétation encadrée du juge. a priori ça sert à se dispenser du
juge, mais parfois conflit dans la mise en œuvre de celle-ci.
o Résolution judiciaire : possible en plus des autres résolutions pour
demandes des D&I.
45
o Réfaction : on part de l’idée que le juge ne peut pas refaire le prix, ne
peut pas le réduire mais il peut allouer une indemnité qui,
officieusement, compense partiellement le prix convenu dès l’origine.
Cass 29 janvier 2003 : avant la réforme. Désormais le droit commun autorise la
réduction du prix.
o Remplacement : vente commerciales des articles de genre faculté
de racheter pour le compte du vendeur sans autorisation judiciaire
préalable. Il se remplace tout seul ses marchandises. Il est, en général,
précédé d’une mise en demeure visant le fait que le vendeur s’exécute
dans un délai. 3 avantages : vendeur peut exécuter, annonce le
problème, montre la bonne foi de l’acquéreur. Il enverra ensuite la
facture au vendeur.
Possible que quand absence complète d’exécution.
o Laisser pour compte : acquéreur refuse la marchandise car considère
qu’elle n’est pas conforme à ce qui a été promis (Convention de
vienne).
Dans le cc les garanties dues par le vendeur après l’exécution de la vente demeurent
au sens strict des obligations.
il ne s’agit pas de mécanismes de responsabilité.
La garantie des vices cachés n’est pas sans rappeler la théorie générale des vices
du consentement elle n’est pas sans rappeler l’erreur.
L’acquéreur qui agit en garantie contre son vendeur, spécialement quand vice de la
chose, est dans une situation où l’on peut penser que s’il avait su la réalité il n’aurait
pas contracté.
46
En outre, s’agissant de l’erreur, la bonne ou mauvaise foi du cocontractant n’apporte
rien. En revanche, la mauvaise foi est jugée par les tribunaux.
1) Le domaine de la garantie
Liberté contractuelle et garantie des vices cachés : pour les rédacteurs du CC, cette
garantie est d’ordre privé. A l’origine, on considérait que les parties pouvaient
aménager conventionnellement la garantie, à la condition que le vendeur ne soit pas
de mauvaise foi. Art. 1643 CC. Un vendeur de bonne foi peut exclure une garantie.
47
MAIS Cass, 19 janvier 1965, affaire Du pain du pont de Saint-Esprit : intoxication
collective par une farine avariée. Les clauses restrictives de garantie sont devenues
sans valeur dès lors que le vendeur est un professionnel.
Présomption de mauvaise foi et de connaissance des vices par le professionnel.
Au départ, présomption irréfragable. La formule a été donc adaptée, mais la
présomption irréfragable existe toujours. Le vendeur ne peut démontrer sa bonne foi,
il devra garantir le bien.
Depuis, la présomption joue même s’il y a une exclusion de garantie ou une limitation
conventionnelle de la responsabilité ou des aménagements. Art. L. 217-1 CConso.
La clause litigieuse est réputée non écrite. On pourrait prendre d’autre fondement :
art. 1170.
Le vendeur dispose quand même de certaines techniques pour limiter cette
présomption :
- il informe l’acquéreur d’éventuel vice celui-ci n’est plus caché.
- Il délimite l’obligation de délivrance et joue sur cette distinction et prévoir
conventionnellement l’usage de la chose à vendre pour anticiper d’éventuels
risques.
- Il peut jouer sur les effets d’une délivrance non-conforme.
- Il pourrait préciser que l’acquéreur achète « à ses risques et périls » rend la
vente aléatoire. Mais compliqué.
La JP a du mal à reconnaître une pleine et entière efficacité aux clauses alors même
que les professionnels sont de la même spécialité.
Com, 19 mars 2013 : exigence quant à la caractérisation du vice, qui doit être
véritablement indécelable.
Lorsqu’il y a un litige sur un produit défectueux entre pro, on considère que la clause
limitative ou élusive de garantie est admise entre professionnel dans le cas où il y
aurait des dommages aux biens (art. 1245-14 CC).
Pour les clauses extensives : garantie de bon fonctionnement qui vont couvrir toutes
les avaries pendant la période convenue et parfois au-delà. Il est toujours possible
d’allonger la garantie légale conventionnellement. Intérêt : une présomption de vice
joue dans ce cas. Le code de la consommation admet la validité de ces clauses (art.
L. 217-15 CConso) garanties commerciales. Les clauses doivent être précises,
doivent indiquer l’objet, la durée et le territoire de la garantie. L’acquéreur doit
pouvoir distinguer les différentes garanties.
48
2) Fonctionnement de la garantie
- Caché : Le vendeur n’est pas tenu des vices apparents. Quand le vendeur délivre
la chose, l’acquéreur peut refuser la chose ou émettre des réserves pour les
vices apparents. Le retirement et l’acceptation sans réserve vont couvrir les vices
apparents de la chose.
Le vice ne sera jugé apparent que s’il est connu dans sa cause et dans son
amplitude (civ. 3ème, 29 juin 1989).
Civ. 1ère, 16 février 1983 : le piano vendu comme réparable mais qui ne l’est pas
erreur dans l’amplitude Pas apparent.
L’appréciation se fait in concreto : appréciation de l’acheteur réelle ou supposée.
49
- Acquéreur professionnel : il ne bénéficie pas de la même indulgence.
Présomption de découverte et de connaissance du vice qui joue (19 décembre
1962).
Ne pas le confondre avec le vendeur professionnel. La présomption ici est simple,
et peut donc démontrer qu’il ne pouvait pas déceler le vice en cause malgré sa
qualité de professionnel.
Imputabilité du vice : le vendeur n’est garant que des vices qui se rattachent à la
chose. Pour que la garantie joue, il faut établir que le vice existait antérieurement à la
vente et au transfère de propriété.
L’action est exercée le plus souvent dans les ventes simples ou non.
Sur l’action récursoire : hypothèse où le sous acquéreur agit contre son vendeur, qui
agira contre son propre vendeur. La CCass admet que le sous-acquéreur soit
recevable à exercer l’action contre le vendeur originaire action contractuelle.
La garantie suit le bien en tant qu’accessoire de la chose. Transmission propter
rem de l’action.
Arrêt du 10 octobre 1979
Délai : à l’origine, le CC avait établi que l’action était exercée dans un « bref délai » :
Rare que la CC donne aussi peu de précision sur le délai. Pose des difficultés au
regard de la distinction avec la délivrance conforme. Le législateur a donc précisé
que le délai est de 2 ans. Le point de départ du délai est la découverte du vice. On
ne peut agir qu’une fois que le vice est avéré dans son importance et son amplitude.
On peut très bien réduire le délai par une clause limitative de garantie. Il faut que le
vendeur soit ni professionnel, ni de mauvaise foi.
L’art. 1648 VEFA délai d’un an.
Interruption du délai : le délai est interrompu dès lors qu’une action en justice a été
formée, comme une action en référé expertise par exemple. Importante en pratique,
même si depuis la réforme de 2008, les problèmes sont simplifiés : prescription de
50
droit commun de 5 ans. Le délai butoir est de 20 ans. Pour les vices cachés,
l’acquéreur doit agir dans un délai de 2 ans à compter de la découverte du vice. Ce
délai est enfermé dans un délai butoir de 20 ans.
Si le délai est écoulé, il est permis de mettre en œuvre la responsabilité du fait des
produits défectueux.
Civ. 1ère, 1er juillet 2015.
L’ordonnance laisse sous entendre qu’il y a une action possible pour réparer un
préjudice et obtenir des DI, qui s’ajouteraient.
- L’action estimatoire signifie en pratique qu’il y a une réduction du prix qui sera
faite par le biais d’un expert. Le juge n’est pas lié par le montant arrêté par
l’expert.
51
On exclut même une compensation pour une éventuelle perte de valeur. En droit
commun, cette indemnité pour perte de valeur existe.
Autre arrêt du 21 mars 2006 : la CCass a considéré qu’il pouvait y avoir une
indemnité pour la perte de valeur correspondant à la dépréciation subie par la
chose en raison de son utilisation.
L’action rédhibitoire est transmissible en cas de chaine de contrat. On ne peut
réclamer plus que ce qu’on a reçu (20 mai 2010). Le droit français ici se
particularise du droit de la CJUE : 7 février 2013 qui a décidé que l’action en
garantie du sous-acquéreur contre le fabriquant n’était pas contractuel. Alors
qu’en droit français, on considère que c’est contractuel.
L’art. 1645 précise que si le vendeur connaissait les vices de la chose, il est tenu,
outre la restitution du prix, de tous les DI envers l’acheteur. Le vendeur professionnel
de mauvaise foi devra verser des DI. La recevabilité de l’action n’est pas
subordonnée à l’exercice d’une action rédhibitoire ou estimatoire.
Nature de cette action : la JP considère qu’il n’est pas question d’y voir une
responsabilité civile. C’est une garantie.
Com, 19 mars 2013.
52
connaissance du défaut lorsqu’il a contracté ou qui ne pouvait l’ignorer est privé de
cette garantie.
Le point de départ de l’action entre vice caché et la garantie de conforme n’est pas le
même. En matière de droit de la Conso, le point de départ : à compter de la
délivrance.
Au niveau des effets, le droit de la conso donne une hiérarchie dans les sanctions.
La priorité est donnée à la réparation en nature. Le vendeur peut refuser ce choix s’il
entraine un coût manifestement excessif pour lui compte tenu de la valeur du bien ou
de l’importance du défaut. La résolution peut être totale ou une réduction du prix. Art.
L 217-10. Subsidiaire.
Evincer : chasser, mettre dehors, rejeter. L’acquéreur qui est victime d’une éviction
est celui qui se trouve évincer de la possession paisible de la chose. L’éviction prend
plusieurs formes : totale si la chose est perdue ou partielle si certains avantages sont
perdus. Elle peut être de droit, de fait. Elle peut provenir du vendeur ou d’un tiers.
Art. 1626 : qui doit garantie ne peut évincer. Règle d’OP, qui participe de l’économie
du contrat de vente. Aucune clause ne peut réduire cette garantie du fait personnel.
Une clause de non concurrence, pour une période déterminée, ne décharge pas le
vendeur de sa garantie d’éviction du fait personnel (Com, 15 décembre 2009).
Porte sur :
- Trouble de droit : le vendeur ne peut contester le droit qu’a obtenu l’acquéreur par
l’effet de la vente, sous réserve de la résolution.
Ex : l’usucapion : voie de droit qui permet d’acquérir la propriété d’un bien par la
possession prolongée. Si le vendeur peut en théorie supplanter le droit de
propriété de l’acquéreur par cette règle, cela voudrait dire que la règle en vertu de
laquelle qui doit garantie ne jouerait pas.
L’usucapion ne peut être invoquée par le vendeur, les demandes seront
irrecevables. 20 octobre 1981.
Affaire Inès de la Fressange, Com, 31 janvier 2006 : La cédante n’est pas
fondée à déposer ultérieurement ce nom comme marque, car il y aurait une
atteinte à la règle.
Dans le cas de l’usucapion, la garantie d’éviction est un droit de défense qui
devient imprescriptible.
- Troubles de fait : trouble que le vendeur peut causer à l’acquéreur. En matière
commerciale, sur la cession d’un fond de commerce et le détournement de
clientèle.
53
En cas de clause de non concurrence, la garantie perdurera nonobstant l’arrivée
à échéance de l’obligation de non-concurrence.
Le vendeur garanti la jouissance paisible, mais que pour les troubles de droit. Les
troubles de faits ne sont pas couverts car on considère que c’est à l’acquéreur de
défendre son bien et ses droits.
Ex : troubles qui peuvent procéder de la contestation par des tiers des droits acquis
par l’acheteur sur les biens vendus.
Dans ce cas, l’éviction est graduelle.
En réalité, l’art. 1629 nuance les choses : « … » le vendeur, en cas d’éviction, est
tenu à la restitution du prix à moins que l’acquéreur ait connu lors de la vente le
danger de l’éviction ou qu’il l’ait acheté à ses risques et périls. Ne décharge pas le
vendeur l’obligation de restitution du prix ou la clause exclura toute garantie, à la
condition que l’acquéreur connaissait le risque d’éviction, soit qu’il a accepté un
contrat conclu à ses risques et périls.
Les clauses ne sont pas valides en cas de mauvaise foi du vendeur.
Effets :
Distinction selon que la garantie due au fait d’un tiers est totale ou partielle :
- totale : vente anéantie, qui peut être obtenue aussi sur le terrain de la nullité.
Mais l’éviction est plus intéressante en raison de l’art. 1630 qui est plus
intéressant pour lui : « … ». Restitution du prix, des fruits, les frais et des
dommages et intérêts ainsi que les frais et loyaux coûts du contrat.
Le montant dû n’est pas nécessairement le montant payé. Lorsque la chose a
bénéficié d’une plus-value, l’acquéreur ne pourrait pas remplacer la chose s’il
récupérerait le prix initial. Il peut demander au vendeur la restitution du prix payé
avec une indemnité qui couvre la valeur actuelle du bien.
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Au vu du droit de la vente, l’acquéreur bénéficie en droit français d’un certain nombre
d’action :
- Action en résolution de la vente pour défaut de conformité
- Action en garantie des vices cachés
Action rédhibitoire
Action estimatoire.
- Action en garantie de conformité (consommateur)
- Action en nullité pour vice du consentement.
Différence entre garantie pour vice caché et erreur. L’erreur : formation du contrat,
vice caché : formation du contrat et usage de la chose. Il peut y avoir une erreur et
un vice caché. De temps à autres, il peut y avoir des doutes sur l’action pertinente.
Pas simple de distinguer le vice de l’erreur.
Civ. 3ème, 13 novembre 2014.
Sur la question de la garantie des vices cachés et de l’erreur : incertitude. Civ. 3ème, 7
juin 2000 : semble admettre un cumul. Mais un certain nombre de manuel diront qu’il
n’y a pas de cumul selon l’arrêt Civ. 1ère, 14 mai 1996. Enjeu lié au délai : s’il y a un
cumul, on permet à une personne de contourner la garantie des vices cachés. On
évince une règle spéciale en se prévalant de la règle générale. Certains juges,
notamment la 3ème chambre civile, vont admettre le cumul mais vont considérer que
l’erreur est enfermée dans le même délai que la garantie des vices cachés.
55
Contestable légalement, mais pour répondre au risque de détournement du droit
spécial. Arrêt isolé. La réponse, en principe, est qu’il n’y a pas de cumul entre
garantie des vices cachés et erreur.
Le juge saisi d’une demande fondée sur l’erreur doit techniquement pouvoir requalifié
l’action en vice caché (Civ. 1ère, 12 juillet 2001) Désaccord avec la 3ème chambre
civile.
Manque de cohérence : lorsqu’il y a erreur et défaut de conformité, la CCass admet
une option. Civ. 3ème, 25 mars 2003, ainsi qu’en matière de vice caché et dol : Civ
1ère, 6 novembre 2002.
La CCass a opéré un revirement : si une action en garantie des vices caché est
irrecevable ou mal fondée, le juge n’avait pas d’office à rechercher une autre voie de
droit, et donc à rechercher si une action en conformité serait valable (Ass. Plén, 21
décembre 2007). Pareil pour rechercher une action en nullité pour erreur ou dol
(Civ. 3ème, 30 janvier 2008).
L’arrêt d’assemblée plénière peut être contesté. La CCass n’est pas revenue sur ce
point.
56
COURS MELANIE
Il ne faut donc pas hésiter à émettre des réserves : approbation mais donc les effets
sont limités. Cad, que le client ou maitre de l’ouvrage peut refuser de payer
l’intégralité du prix en soulevant des réserves.
B. Obligations de l’entrepreneur
Si on appréhende globalement le contrat d’entreprise on voit qu’il y a une obligation
de faire portant sur des actes matériels et une exécution qui est censée être faite de
manière indépendante sans lien de subordination.
2 grandes catégories :
a. L’obligation fondamentale
i. Exécution
On s’interroge sur e caractère intuitu personae qu’il peut y avoir dans le contrat
d’entreprise il faut s’adapter au type de contrat. Tout dépend de la nature de la
prestation et si l’exécution suppose ue prestation personnelle ou non à l’employeur.
C’est plus une Q de degré d’intuitu personae.
57
Soit intuitu personae tellement important que l’exécution de la prestation
par une autre personne est impossible : avocat, médecin, peintre artiste.
Soit intuitu personae relatif : salariés ou collaborateurs peuvent procéder à
l’exécution du contrat.
La sous-traitance : Elle est possible quand il n’y a pas d’intuitu personae. Régie
par la loi du 31 décembre 1995.
Elle donne des garanties au maitre de l’ouvrage.
Ce processus d’agrément va déterminer la possibilité d’une action directe.
Art. 1185cc : Les contrats obligent non seulement à ce qui est exprimé, mais
encore à toutes les suites que leurs donnent l’équité, l’usage ou la loi. DONC
entrepreneur doit exécuter conformément à la loi, les usages et la qualité habituelle
de pareil usage (Cass 21 mai 2014).
58
L’avocat n’a pas à conseiller son client sur l’opportunité économique d’une opération
(4 novembre 2011).
Le maitre de l’ouvrage peut très bien faire un laisser pour compte, cad que le maitre
de l’ouvrage peut abandonner la chose à l’entrepreneur, peut ne pas payer le prix
convenu et même obtenir des D&I.
iv. Responsabilité
Q de la responsabilité de l’entrepreneur interroge la nature de l’obligation : moyens
ou résultat ?
Art. 1197 et 1231-1cc : L’obligation de moyens et résultats :
Si moyens maitre de l’ouvrage doit apporter la preuve d’une faute dans
l’exécution commise par l’entrepreneur.
Si résultat c’est l’entrepreneur qui doit démontrer une cause d’exonération car
sa responsabilité est, a priori, présumée engagée.
Différence de degrés : Pour le déterminer on doit regarder le résultat promis au
cocontractant. En général on se reporte à la volonté des parties. On aura
nécessairement des fluctuations selon les types de contrats et selon l’obligation.
59
nouvelle panne se rapporte à la mauvaise réparation du garagiste (21
octobre 2012).
Obligations découlant d’un travail portant sur une chose corporelle.
DONC dans le cas du garagiste :
Quand le travail consiste en une réparation d’une panne (clairement identifiée): il
doit rendre le véhicule en l’état de rouler et du coup la JP a tendance à y voir une
obligation de résultat qui va se teinter d’une obligation de sécurité.
Mais dans d’autres hypothèses (révision générale) : la Cass a précisé ce qu’elle
entendait comme obligation de résultat dans cette hypothèse. Pour ne pas manquer
à son obligation de résultat, il aurait fallu établir que la défectuosité du
turbocompresseur préexistait à l’intervention du garagiste et que celle-ci était
décelable et réparable à un cout moindre que celui du remplacement de la pièce.
L’installateur ou réparateur de machines est aussi tenu d’une obligation de résultats.
Le teinturier, lui, est tenu à une obligation de résultats, mais atténuée.
Loi a prévu un régime particulier en matière immobilière aux articles 1192 cc et ss.
60
Ce n’est pas parce que le devoir est connexe ou accessoire que l’intensité de cette
obligation est faible. Le devoir de conseil pesant sur l’entrepreneur est général et
l’objet est conçu très largement.
Ainsi, l’entrepreneur doit conseiller son client même à propos d’exécutions dont
l’initiative est du client.
Consiste à s’informer sur les besoins du client, la finalité qu’il en attend et adapter le
matériel ou service à l’utilisation prévue. Ce devoir de conseil s’adapte en fonction de
la qualité du client (profane, informé, compétent etc).
Profane : conseil de pleine intensité
Informé dans ce domaine : intensité amoindrie et même parfois nulle.
Selon obligations :
Avocat : pleine obligation d’informations.
Garagiste : informer le client des risques + utilité et inutilité de certaines
réparations.
Médecin : prévenir son patient de la dangerosité du traitement. + avertir des
risques exceptionnels.
Agent de voyage : satisfaire une devoir de conseil assurances annulation.
Bijoutier : informer le client du caractère éventuellement dangereux de la
taille de certaines pierres.
Plombier : devoir de conseil consistant à informer son client des risques que
peuvent présenter certains chafauds ou ventilateurs.
61
Cette obligation a aujourd’hui un fondement textuel : art. L 421 CCons qui précise
que les produits et services doivent présenter dans des conditions normales
d’utilisation, ou dans d’autres conditions raisonnablement prévisibles par le
professionnel, la sécurité à laquelle on peut légitimement s’attendre et ne pas porter
atteinte à la santé des personnes.
Tout problème se situe à ce stade sur le point de savoir s’il s’agit d’une obligation de
moyens ou résultats. Etant précisé que le régime de l’obligation de sécurité ne
dépend pas du régime de l’obligation principale.
Suite de 3 arrêts :
Arrêt Civ1, 4 novembre 1992.
4 juillet 1995
10 mars 1998 : JP désormais tient compte du fait actif et s’intéresse
particulièrement au rôle actif ou passif du client.
Pas une règle absolue. Elle ne trouvera pas application toutes les fois où l’intuitu
personae n’est pas présent.
Prévue par le cc à l’art. 1794 pour un type de contrats : les marchés conclus à forfait.
Le maitre de l’ouvrage a une obligation unilatérale : le maitre peut résilier par sa
seule volonté l’ouvrage en dédommageant l’entrepreneur de toutes ses dépens, tous
ses travaux et tout ce qu’il aurait pu y gagner.
Cette prérogative n’est pas d’OP.
62
3. La Q de la perte de la chose
Art. 1798 et 1799 : précisions par rapport aux dispositions générale qui sont relatives
au corps certains.
Soit l’ouvrier fournit la matière : risques pèsent sur lui s’il a péri avant d’être
livrée et même si la perte est due à un cas de force majeure.
2 conséquences :
- Aucune rémunération ne peut être réclamée au client, pas plus qu’un
éventuel remboursement des matériaux utilisés.
- Si matière fournie était de genre, non seulement il devra re exécuter,
mais ne pourra pas réclamer la hausse de prix.
On va séparer la Q des risques et celle de la propriété : l’entrepreneur demeure tenu
des risques de la chose, alors même que celle-ci s’intègre progressivement à une
autre chose qui est propriété du maitre de l’ouvrage.
La charge des risques pesant sur l’entrepreneur n’est pas constitutive d’un cas de
responsabilité donc D&I pas automatiquement versés au client. Il doit assumer la
perte.
Soit l’ouvrier n’a que fourni son industrie ou travail : tenu que de sa faute.
Arrêt de principe : 22 avril 1972 qui énonce que l’art. 1789 cc suppose que la
chose a été confiée à l’ouvrier chargé de l’exécution du travail. Cad, qu’on
entend assimiler (pas requalifier) l’entrepreneur à un dépositaire.
Double obligation :
- Conservation
- Restitution
Dans le contentieux, la Q va porter sur la preuve : notamment sur la remise de la
chose à l’entrepreneur. De plus, si la chose est un immeuble, la Cass parle de garde
du chantier. La difficulté est s’il y a un incendie qui est déclenché. Quelle personne
avait la garde de l’immeuble ? Tout va dépendre du point de départ de l’incendie et
du lieu où les travaux étaient localisés dans l’immeuble.
Présomption de faute qui pèse sur l’entrepreneur.
Cependant, par l’application de l’adage res perit debitori : si dans le cas de l’art. 1789
la chose vient à périr, quoi que sans aucune faute de la part de l’ouvrier avant que
l’ouvrage ait été reçu et sans que le maitre fut en demeure de le vérifier, l’ouvrier n’a
point de salaire à réclamer à moins que la chose n’ait péri par le vice de la matière.
63
En d’autres termes, perte de la chose confiée ne relevant pas de la faute de
l’entrepreneur : celui-ci n’est pas présumé coupable. MAIS il ne sera pas rémunéré
pour son travail à moins qu’il ne prouve que vice inhérent de la chose.
Pour l’entrepreneur lié par un CE portant sur les choses corporelles, on revient au
cas prévu par les art 1788 et 1789. MAIS un dernier cas, de source prétorienne :
hypothèse où l’entrepreneur est intervenu sur un chantier sans pour autant acquérir
la garde de la chose.
On en revient au régime de responsabilité de droit commun : maitre de l’ouvrage
devra établir la faute de l’entrepreneur + le lien de causalité.
B. Vices cachés
Si la chose a été fournie par l’entrepreneur alors on pourrait considérer que celui-ci
est tenu de la Garantie de vices cachés au même titre qu’un vendeur, mais la JP
prétend plus souvent retenir un cas de défaillance de l’entrepreneur et une faute
dans son obligation de résultat.
4. Procédures collectives
64
Entrepreneur peut se voir imposer un transfert de contrat et faire le même travail que
l’entrepreneur.
65
Chapitre 6 : Le mandat
2ème figure des contrats de service. On dit classiquement que c’est un contrat de
service d’ami.
Figure contractuelle qui est le support d’une technique de représentation. Jusqu’au
10 février 2016, la représentation dans le code civil était dans les dispositions
relatives au mandat. Désormais, il y a une partie générale pour la représentation.
Histoire du mandat :
- A l’époque du droit Romain : a mis du temps à émerger en raison de la
conception de la représentation. La représentation volontaire n’allait pas
forcément de soi pour 2 raisons :
o Le droit romain est un droit très formaliste. Or, pour être juridiquement lié, il
faut être présent. Or, si la personne qui veut être liée n’est pas présente,
elle ne l’est pas.
o Conception de l’obligation : le caractère fortement personnel de l’obligation
en droit romain aboutissait à une admission réservée du fait qu’un débiteur
puisse être une personne différente de celle qui a effectivement
contractée.
Nus ius : il s’agit du messager et du porte parole du mandat. Il n’a aucune volonté
propre. C’est le fidèle rapporteur, la bouche du mandant.
Jus um : technique qui permet au mandat d’informer le tiers (celui qui a contracté
avec le mandataire) de sa volonté d’être lié par l’engagement pris par le
mandataire. Permet au mandant de témoigner de sa volonté d’assumer les
conséquences juridiques produites par le mandataire.
66
- A l’époque du droit canon : prémices du droit du mandat. Création de lega
pontificaux (représentant du pape), et c’est ainsi que le mandat s’est généralisé.
Ils ne sont que dans mandataire du souverain pontife. Le droit canon a condamné
le formalisme romain en matière contractuelle.
- Code Civil : le mandat fait l’objet du 13ème titre du CC. Régime assez aboutit en
1804 et il bénéficie d’une définition légale. Art. 1984 : le mandat ou procuration
est un acte par lequel une personne donne à une autre le pouvoir de faire
quelque chose pour le mandant ou en son nom. Il ne se forme que par
l’acceptation du mandataire.
Le régime est particulièrement développé dans le CC.
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- professionnalisation du contrat de mandat : ce n’est plus seulement le service
d’ami, il y a des difficultés parfois dans le régime. Il est désormais conçu plus
dans la durée, or, le régime n’a pas été pensé pour durer.
- S’il se professionnalise, sa nature gratuite devient onéreuse.
68
La partie de droit commun sur la représentation s’est fortement inspirée des
règles spéciales du mandat. Certaines dispositions ont été transposées de façon
incomplète.
Comparaison :
- en Common Law, il y a souvent un rapprochement entre le mandat et l’agency.
L’agent est conçu comme un intermédiaire, qui n’est pas nécessairement le
rapporteur fidèle de la volonté du mandant. Les rapports mandant/mandataire
sont visés par les questions d’autorité. Rapport entre mandataire et tiers : power.
Le domaine couvert par l’agency est beaucoup plus large que le domaine du
mandat.
- En droit civil allemand, distinction très nette entre les rapports
mandant/mandataire et mandataire et tiers. Le contrat de mandat ne vise à
proprement parler que les rapports entre mandant et mandataire, car le pouvoir
du mandataire vis à vis des tiers est fixé par la loi.
- En droit italien, similaire.
Le mandat est un contrat spécial qui a pour objet des actes juridiques constituant un
mécanisme de représentation par principe gratuit et temporaire que l’on conclu en
considération de la personne et qui est formellement placé sous le signe du
consensualisme.
I. Le mandat et la représentation
D’un point de vue juridique, il est vrai que le lien fait entre mandat et représentation
peut heurter de plein fouet le mur qu’érigent en matière contractuelle les dispositions
de l’art. 1199 CC. Cet article dispose que le contrat ne crée d’obligation qu’entre les
parties. Seules les parties contractantes seraient obligées.
Ce principe condamnerait-il la représentation ?
Non, car, effectivement l’acte qui a vocation a produire ses effets entre le mandant et
le tiers est corporellement accompli par la mandataire. Néanmoins, il s’efface
juridiquement devant le mandat au stade de la production des effets de la
convention. Le contrat de mandat ne crée pas de lien de droit entre le mandat et le
mandataire. Il a vocation à être un pont juridique entre les parties et les tiers.
Du point de vue des effets, le mandant va se substituer au mandataire comme
personne obligée.
Vision de la représentation parfaite. Ne pas oublier qu’il y a désormais également
une représentation imparfaite, dans laquelle on ne va plus parler de transparence. Le
représenté n’est pas lié par le contrat passé par le représentant.
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Plusieurs quasi-mandats (expression doctrinale) montrent qu’on peut concevoir le
mandat sans représentation. Signifie que les effets ne sont pas les mêmes. Attention
donc :
- Convention de prête-nom : convention par laquelle une personne promet d’agir
par le compte d’autrui à l’égard d’une autre personne, mais en son nom propre.
La personne offre son nom comme un paravent. Sorte de simulation par
interposition de personne. Le prête-nom agit pour le compte d’autrui, mais en son
nom propre. Il n’y a pas l’idée de représentation : celui qui contracte ne sait pas
que son cocontractant contracte pour le compte d’autrui. On considère qu’il y a
plutôt une simulation, par complètement valable.
Rapport entre les parties elle-même : entre les parties, on pourrait considérer qu’il
y a un mandat et toutes les obligations qui en découlent : restitution du bien
acquis, obligation de rendre des comptes.
Req, 3 mai 1893.
A l’égard des tiers, on considère que ces derniers peuvent aussi bien invoquer à
leur profit l’acte ostensible que l’acte occulte, s’ils en ont connaissance. Ils
peuvent tantôt poursuivre le mandant occulte, tantôt le prête-nom.
17 nov. 1999 : prêt de somme d’argent fait par une femme à sa sœur. Or, la
sœur est une mauvaise payeuse et a refusé par la suite de restituer l’argent en
arguant que la prêt n’avait pas été fait à son endroit mais à son mari pour les
besoins de sa profession. Elle a donc décidé de se présenter comme la
mandataire de son époux. Rejet de la CCass : les parties étaient liées par une
convention de prête-nom, et la femme savait que l’argent serait remis à M.Y.
La convention de prête nom en droit français est valable en principe, à la
condition que la dissimulation du nom du mandant ne soit pas effectué dans le
but d’échapper à un certain nombre de dispositions impératives.
Req, 5 avril 1880 : si on peut en général constituer un prête nom, c’est à la
condition que cette constitution n’ait pas pour objet de faire préjudice aux tiers.
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rapprocher les parties. Il met en relation mais ne représente aucune partie. Le
courtier est un intermédiaire qui court après l’acheteur/vendeur sans jamais
représenter. Le mandataire n’a qu’un cocontractant, alors que le courtier en a
deux : il est donc indépendant, mais ne conclue jamais le contrat.
Cass, 18 octobre 2007 : La qualité de courtier n’emporte pas nécessaire celle de
mandataire.
Contrat qui impose au courtier de recherche au moins un cocontractant, mais
quand il s’engage, il n’engage que lui même (18 octobre 2007). Il y a une
rémunération.
Loi Hoguet : qualifie de mandataire à l’art. 5. Mais bien souvent, ils sont plus des
courtiers que des mandataires.
Il est parfaitement admis que les parties au contrat de mandat peuvent prévoir à
l’avance les modalités de rémunération du mandataire. 2 voies :
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- voie libérale : une somme fixe est prévu, quelque soit le succès de son entremise.
Art. 1999 al. 2 : s’il n’y a aucune faute imputable au mandataire, le mandant ne
peut se dispenser de faire ses remboursements et paiement au motif que l’affaire
n’aurait pas réussi.
Mandat ducroire : le mandataire s’engage à faire en sorte que l’opération
réussisse. Ressemble fortement au porte fort d’exécution.
- méthode utilitaire : consiste non pas à prévoir le versement d’une somme fixe,
mais les modalités peuvent conduire à simuler le mandataire, et l’intéresser au
bénéficie de l’affaire. En pratique, on verra très rarement une somme fixe : il sera
souvent rémunéré par un % de la somme globale ou des bénéfices.
Risque : tant que l’affaire n’est pas conclue, le mandataire n’a pas le droit d’être
rémunéré.
Révision des honoraires : voir comment le juge intervient pour contrôler le montant
des honoraires dues ou perçues par le mandataire.
Req, 11 mars 1824 : les hauts conseiller ont énoncé que tout salaire d’agent
d’affaire est sujet à évaluation et règlement par le juge.
La JP s’est affinée : elle a étendu cette JP à toutes les professions libérales, alors
même qu’il n’est pas question de mandataire.
Cass, 5 mai 1998 : généalogiste.
Civ. 1ère, 19 janvier 1970 : les juges ne peuvent réduire la somme qu’après la fin du
mandat, lorsque le mandant la devoir au mandataire à titre de commission.
Critiquable : problème pour la justifier. Le juge intervient alors que la force
obligatoire devrait interdire la révision judiciaire.
On a essayé d’en trouver. Classiquement, on dit qu’il y aurait une certaine
conception spécifique du contrat particulière au mandat. Sinon, l’équité mais on s’en
méfie car, avant la révolution français, on avait les parlements qui rendaient des
arrêts injustes, et ils se prononçaient en terme d’équité. On a donc décidé de se
protéger de l’équité.
On a également essayé de l’expliquer par la cause qui sous-entendrait la
proportionnalité dans le contrat de mandat.
Argument historique : héritage du droit romain.
72
Autre argument : le juge chercherait, en intervenant, à protéger les parties d’un
risque dont elle n’avait pas conscience en fixant ab initio le prix d’une prestation
future. Lorsqu’étendu aux professions libérales : volonté de contrôler certains abus.
Civ. 1ère, 6 juillet 2017 : présenté par certains commentateurs comme une tentation
des juges d’étendre leurs pouvoirs d’intervention à propos des honoraires de
mandataire. Avocat qui travaillait pour un client pendant 7 ans, les honoraires ont été
versés et payé après service rendu. Techniquement, il ne pouvait y avoir révision. Or
dans cet arrêt, la CCass a considéré que les juges du fond pouvait intervenir et
réviser les honoraires alors même qu’ils avaient été fixés après service rendu.
Il a été rendu au visa de la loi du 31 décembre 1971 relative aux honoraires
d’avocats et de l’art. L. 441-3 CCom, relatif au formalisme des factures qui va
énoncer les mentions obligatoires présents dans une facture. Cet article a une finalité
de police administrative de la transparence tarifaire. Introduit dans une perspective
de droit de la concurrence, qui sanctionne le défaut des mentions obligatoires par
une sanction pénale et non civile.
Cet arrêt a marqué dans la mesure où la réduction serait tolérée alors même que le
prix était fixé après ( élargit le pouvoir d’intervention des juges). La CCass donne
une portée excessive à l’art. du code de commerce. Du point de vue des faits, il y
avait bien une transparence tarifaire.
Ne pas parler de revirement.
Art. 1165 CC : envisage que l’intervention du juge pour les DI. Revient-il sur la JP de
révision des honoraires ?
A priori non, car pas le même objet.
Forte dimension personnelle, intuitu personae très fort. Mot essentiel pour définir le
mandat et qui explique son régime : confiance.
… Signifie qu’il arrive qu’il y a des cas où le contrat n’est pas conclu en considération
de la personne. Avant confiance mais faible intuitu personae.
Est-ce qu’on peut se substituer à un cocontractant ? Substitution du mandataire
admis (Civ. 1ère, 6 juin 2000). Le fait qu’un contrat ait été conclu en considération de
la personne du cocontractant ne fait pas obstacle à ce que les droits et obligations de
ce dernier soit transféré à un tiers dès lors que l’autre partie y a consenti.
A. décès du cocontractant : l
73
L’intuitu personae marquant le contrat de mandant produit des effets que ce soit le
décès du mandant ou du mandataire.
- Décès du mandant : art. 2003 al. 3 : le mandat finit par la mort, la tutelle des
majeurs ou la déconfiture du mandant (procédure collective en dehors du droit
commercial). Les héritiers ne placent peut être pas leur confiance dans le
mandataire à un niveau aussi élevé que celui à laquelle le mandant plaçait la
sienne. Les actes passés post-mortem… Le mandataire est tenu d’achever la
chose commencée au décès du mandant, s’il a péri dans la demeure. L’art. 2008
CC : si le mandataire ignore la mort du mandant ou une des autres causes faisant
cesser le mandat, ce qu’il a fait dans cette ignorance est valide. L’art. 2009 CC :
les engagements du mandataire sont exécutés à l’égard des tiers de bonne foi.
La théorie de l’apparence sauve un contrat conclu postérieurement au décès du
mandant si les tiers sont de bonne foi.
Exception : mandat à effet posthume : justifier d’un intérêt sérieux et légitime au
regard de la personne de l’hériter ou du patrimoine successoral. Il ne peut
excéder 2 ans, mais il est prorogeable par décision judiciaire.
B. révocation :
le contrat de mandat, qu’il soit à titre onéreux ou pas, qu’il soit synallagmatique ou
non, peu importe, il peut être révoqué sans mutus dicensus, sans consentement
mutuelle de l’art. 1193 CC. Possible de déroger à ce principe : art. 2004 : le mandant
peut révoquer quand bon lui même, et obliger le mandataire à lui remettre l’acte.
Quand bon lui semble : révocation ad nutum. Origine dans le droit romain.
Autre raison : car c’est un contrat gratuit.
74
Art. 2005 CC : la révocation notifiée au seul mandataire ne peut être opposée aux
tiers ayant traité dans l’ignorance. Mais le mandant pourra éventuellement se
retourner contre le mandataire.
Nonobstant l’art. 2004 CC, la révocation n’est pas une question d’OP. En pratique, il
y a des mandats dits irrévocables en vertu d’une stipulation contractuelle insérée
dans le contrat de mandat. La forme la plus connue de mandat irrévocable est le
mandat d’intérêt commun. L’expression de mandat irrévocable est trompeuse : il peut
toujours faire l’objet d’une révocation par le mandant. L’irrévocabilité du mandat ne
va pas jouer sur l’essence du mandat, mais sur les effets et l’indemnisation.
Civ. 1ère, 5 février 2002 et Civ. 1ère, 30 mai 2006 : le mandat, même stipulé
irrévocable, ne prive pas le mandant du droit de renoncer à l’opération. La révocation
produit tous ses effets sous réserve de la responsabilité du mandant envers le
mandataire.
75
Cette position est supplétive. Il est possible aux parties de stipuler d’autres choses. Il
peut y avoir une clause permettant la révocation, mais la JP veut un préavis, qui est
d’ordre public.
Cela n’a pas vocation à s’appliquer aux hypothèses de non reconduction du mandat
à durée déterminée. On retrouve ca dans le statut de l’agent commercial.
Identification du mandat d’intérêt commun : les tribunaux ont une conception parfois
un peu incertaine, mais ils considèrent que l’intérêt commun ne peut pas résider
dans la seule rémunération. La JP regarde l’intérêt dans le développement de
l’activité, généralement une clientèle. Le mandat d’intérêt commun suppose aussi
une représentation. Exclu la transposition dans le contrat de concession (Com, 7
octobre 1997 – Maine Auto).
Le législateur a qualifié le contrat de promotion immobilière de mandat d’intérêt
commun. Or, le seul intérêt commun existant est la rémunération. Logique ?
L’agent commercial : art. L. 134-4 CCom. Les contrats intervenus entre les agents
commerciaux et leur mandant sont conclus dans l’intérêt commun. Obligation de
loyauté et devoir réciproque d’information. Il doit exécuter son mandat en bon
professionnel.
Le régime d’indemnisation de l’agent commercial est d’OP.
Sorte d’oxymore.
Largement admise et on parle de sous mandat. Le mandant va se trouver obligé par
les actes qui auront été fait en son nom et pour son compte par un mandataire
substitué.
Art. 1994 : « Le mandataire répond de celui qu'il s'est substitué dans la gestion :
1° quand il n'a pas reçu le pouvoir de se substituer quelqu'un ;
2° quand ce pouvoir lui a été conféré sans désignation d'une personne, et que celle
dont il a fait choix était notoirement incapable ou insolvable.
Dans tous les cas, le mandant peut agir directement contre la personne que le
mandataire s'est substitué. »
Le mandataire doit répondre de ses actes et le mandant dispose d’une action
directe contre la dernière extrémité de la chaine, cad le mandataire substitué, peu
importe qu’il y ait eu autorisation.
Signifie que le mandant agit directement contre le mandataire substitué, si celui-ci a
agit au nom et pour le compte du mandant.
76
L’action a été bilatérialisée par la JP au profit du sous-mandataire. On admet que le
sous-mandataire substitué puisse agit contre le mandant, pour lui permettre de
toucher les honoraires. Double limite : dans la limite de l’engagement du mandant et
du mandataire.
Civ. 27 décembre 1960 Louis Bruno : action directe n’est pas subordonné à la
connaissance du sous mandat par le mandant. Permet un jeu assez systématique de
l’action directe.
Com, 3 décembre 2002 : le jeu de l’action directe fonctionne, à la condition que
l’action du mandataire intermédiaire ne soit pas éteinte. Le mandant peut opposer au
mandataire substitué un paiement fait vis à vis du mandataire.
Art. 1161 : conflit d’intérêt. Prévoit l’hypothèse d’un éventuel conflit d’intérêt dans la
représentation. Dès lors que ce conflit est caractérisé, la nullité relative doit être
prononcé. Pas d’équivalent de cet article dans la partie du mandat, mais on peut
utiliser celui-ci.
Cet article fait débat, et va faire l’objet d’une réécriture par la loi de ratification. Va
être limité aux personnes physiques, ce qui a été contesté par certains auteurs.
Art. 1985 : « Le mandat peut être donné par acte authentique ou par acte sous seing
privé, même par lettre. Il peut aussi être donné verbalement, mais la preuve
testimoniale n'en est reçue que conformément au titre " Des contrats ou des
obligations conventionnelles en général ".
L'acceptation du mandat peut n'être que tacite et résulter de l'exécution qui lui a été
donnée par le mandataire. »
Dans certains cas, par exception, le mandat peut devenir un contrat solennel. Par
exemple, le mandat d’aliéné (art. 1988 CC al. 2).
I. Obligations du mandataire
A. Accomplir sa mission
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Signifie concrètement que le mandataire ne doit pas agir dans son intérêt
personnel. Il ne doit pas sacrifier les intérêts du mandant, sinon il commet un
détournement de pouvoir (cf supra).
On dit classiquement qu’on est plus indulgent dans un mandat à titre gratuit.
Cependant, ne veut pas dire qu’il y a irresponsabilité.
Civ. 1ère, 8 décembre 1965.
Lorsque le mandataire agit contre des tiers cocontractants, il ne dispose pas d’une
action contractuelle contre eux, mais il peut très bien engager une responsabilité
délictuelle (art. 1240) à charge pour lui de démontrer qu’il y a une faute.
Ass. Plen. 9 mai 2008 : agent immobilier qui avait été abusé par l’acquéreur d’un
bien.
Art. 1993 : « Tout mandataire est tenu de rendre compte de sa gestion, et de faire
raison au mandant de tout ce qu'il a reçu en vertu de sa procuration, quand même ce
qu'il aurait reçu n'eût point été dû au mandant. »
Art. 1996 : « Le mandataire doit l'intérêt des sommes qu'il a employées à son usage
à dater de cet emploi ; et de celles dont il est reliquataire à compter du jour qu'il est
mis en demeure. »
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- Aspect comptable : reddition de compte. Souvent, compte de gestion. Convention
soumise au droit commun des comptes.
Art. 2000 : « Le mandant doit aussi indemniser le mandataire des pertes que celui-ci
a essuyées à l'occasion de sa gestion, sans imprudence qui lui soit imputable. »
Pas impératif. Les parties peuvent conclure un forfait. Les pertes ayant pour origine
un fait imputable au mandant sont censé être écarté. Celles dont l’origine est causée
par la maitrise du mandat également, car elles ne peuvent être mises à la charge du
mandataire.
Certains mandants vont avoir la tentation d’incomber des charges au mandataire
alors qu’elles leur reviennent.
Obligation d’être tenu par les actes conclus en son nom et pour son compte par le
mandataire.
Art. 1998 : « Le mandant est tenu d'exécuter les engagements contractés par le
mandataire, conformément au pouvoir qui lui a été donné.
Il n'est tenu de ce qui a pu être fait au-delà, qu'autant qu'il l'a ratifié expressément ou
tacitement. »
79
juridique du mandant. Il accepte qu’une tierce personne le représente. Exceptionnel
en droit. Ce qui est exceptionnel doit être interprété strictement.
Autre hypothèse : absence de pouvoir. L’acte conclu en l’absence de pouvoir est nul.
En cas de dépassement et de détournement de pouvoir, pour l’éviter, il est possible
de mettre en œuvre une action interrogatoire (art. 1158), qui permet de demander
par écrit au représenté, donc au mandant, si le mandataire est habilité à conclure
l’acte projeté. Envisagé dans la représentation mais donc transposable au mandat
car il y a un mécanisme de représentation.
Tempérament :
Ratification : hypothèse où le mandant ratifie de façon express ou tacite l’acte passé
par le mandataire au delà de ses pouvoirs. Art. 1998 al. 2. Il faut s’assurer que le
mandant le fait en connaissance de cause. Une fois admise, elle produit ses effets
de façon rétroactive. Signifie que la ratification vaut complément de pouvoir. Il
accepte donc d’être relié à l’égard des tiers.
Dans la partie générale relative à la représentation : art. 1156 al. 3. Mais selon la
prof, regard critique sur ce doublon. Donc si cas pratique, on invoque que l’autre
article, pas la partie générale.
Exception au principe : le mandant va être engagé malgré lui soit parce qu’il a
commis une faute en donnant le mandat, ou par la théorie de l’apparence :
- Faute : en dépit d’un dépassement de pouvoir, la JP admet que le mandant est
tenu envers les tiers de bonne foi lorsque l’erreur/dépassement a été rendu
possible par une faute du mandant. Ex : le mandant n’a pas prévenu les tiers de
la révocation du mandataire. Art. 2005.
80
- Mandat apparent : extension involontaire des pouvoirs du mandataire. Le
mandant va être lié, en dépit d’un dépassement de pouvoir. Mandat apparent :
hypothèse où un intermédiaire va excéder ses pouvoirs, et va donner l’apparence
d’avoir les pouvoirs. A été consacré surtout dans le mandat.
Arrêt Banque Canadienne Nationale, Ass. Plen, 13 novembre 1962 : la CCass
énonce que le mandant peut être engagé sur le fondement d’un mandat apparent
même en l’absence d’une faute susceptible de lui être reprochée, si la croyance
du tiers à l’étendu des pouvoirs du mandataire est légitime. Ce caractère
supposant que les circonstances autorisaient le tiers à ne pas vérifier les limites
exactes des pouvoirs.
Croyance légitime des tiers.
Civ. 1ère, 28 juin 2005 : exemple.
La théorie a pris une certaine ampleur en droit des sociétés notamment. Il y a
donc des dispositions propres. En pratique, le développement du mandat
apparent a soulevé des réserves. Il entraine quand même l’engagement d’une
personne qui ne l’a pas voulu. Il arrive que le mandataire passe des actes qui ne
sont pas très utiles.
Depuis la réforme, la JP a trouvé quelques fondements supplémentaires à cette
théorie : art. 1156 et 1158. Art. 1156 : « sauf si le tiers contractant a légitimement
cru en la réalité des pouvoirs du représentant, notamment en raison du
comportement ou des déclarations du représenté. ».
Certains auteurs considèrent que le fait que ca soit en raison du comportement
ou des déclarations du représenté est restrictive.
Pour caractériser le mandat apparent, 2 conditions : en fait de mandat, croyance
légitime vaut.
o Le tiers doit avoir l’impression que l’intermédiaire se comporte comme un
véritable mandataire.
o Le tiers doit être de bonne foi, et les circonstances devaient autoriser le
tiers à ne pas vérifier les limites exactes de ce pouvoir.
L’apparence protège celui qui croit légitimement en quelque chose, ne protège
pas une personne négligente. La JP se focalise sur les circonstances, et la
question de savoir dans quels cas l’erreur du tiers est légitime. En fonction des
circonstances, des contingences. Il faut que les circonstances puissent justifier le
fait que le tiers n’a fait aucune vérification. Tout dépend de la nature de l’acte, de
la qualité de l’intermédiaire, mais en générale, toutes ces circonstances vont
s’apprécier au cas par cas. En revanche, la qualité du tiers rentre en ligne de
compte : on est moins sévère avec un profane qu’avec un professionnel.
La CCass contrôle la qualification de mandat apparent, ce qui lui permet d’unifier
et d’harmoniser la notion. Les juges du fond doivent dégager les critères. Le
mandat apparent profite au tiers de bonne foi, mais ne profite pas au mandataire.
Vis à vis du pseudo mandant, le mandataire va engager sa responsabilité
délictuelle. Vis à vis du tiers, le mandataire n’est pas lié, mais si le mandant ne
s’exécute pas, le mandataire pourrait être tenu pour responsable du préjudice
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causé au tiers, à moins d’établir que le mandataire ait légitimement cru en ses
propres pouvoirs. Le mandataire pourra se prévaloir de l’apparence pour obtenir
une décharge de responsabilité.
82
Chapitre 7 : La transaction
Contrat qui a fait l’objet de l’attention du législateur depuis le XIX. Connaît un succès
depuis quelques années.
Dans la version de 1804, n considérait que les arts. relatifs à la transaction étaient
bâclés.
Transaction : du latin : mener à bonne fin. Doit permettre de mettre un terme à une
affaire, de la régler. Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. La plus
mauvaise transaction est meilleure que le meilleur procès (Balzac).
Le contrat est mis en avant dans un domaine où il était en retrait. Le contrat qui
devient un élément de prévision permet aux parties de faire des choix en faveur
d’une justice pouvant être différente. Il ne s’agit pas d’éviter un juge étatique pour se
tourner vers un arbitre, il s’agit d’éviter le contentieux lui-même, et de participer au
traitement juridictionnel.
Les parties peuvent désormais devenir architecte d’une solution à leurs litiges dans
le cadre de la transaction.
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Association Capitant : la transaction est un contrat par lequel les parties à un litige
déjà porté devant un tribunal ou seulement né entre elles y mettent fin à l’amiable en
se faisant des concessions réciproques.
Concession réciproque : élément fondamental.
Dans l’ancienne définition, le législateur avait mis l’accent sur le litige, alors que
c’est les conditions de validité de la transaction qui pose problème.
- Concession réciproques :
- Contestation née ou à naitre :
- Volonté d’y mettre fin ou de la prévenir :
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