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1996 255-262 Koehler

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[Link]., Actes du Congrès de Dijon, 1996.

Alain KOEHLER

DESSIN CÉRAMOLOGIQUE SUR ADOBE ILLUSTRATOR™ .


du "recopiage" à l'automatisation partielle

Le dessin informatisé, bien que considéré par certains lorsqu'on scanense un document ou une minute,
comme un domaine exotique, n'est plus une décou- "directe" lorsque le contour, les décors, etc., sont direc-
verte et s'il connaît maintenant de nombreux adeptes, tement saisis depuis l'objet sur l'écran de l'ordinateur;
il reste cependant encore largement méconnu dans ses 2. les transformations, qui commencent généralement
potentialités. Le temps passé, pour ne pas dire souvent par la traduction vectorielle des éléments de base, puis
perdu, est sans doute à l'origine de nombreuses réti- les différentes opérations, encore manuelles, qui per-
cences à l'utilisation de l'outil informatique. On se doit mettent d'aboutir à l'illustration mise en page;
de dépasser ces apparences en considérant simple- 3. la diffusion, enfin, du document obtenu.
ment le dessin informatisé de la céramique comme un Le bloc le plus lourd est celui des 'Transformations"
outil pour lequel se posent des questions, parfois très et nécessite d'être détaillé.
novatrices, de fonctionnalité, d'efficacité, de finalité, Nous partirons donc d'un exemple d'une série de 18
etc. Une approche saine nécessite d'aborder la totalité éléments céramiques (Fig. 2, nO 1), principalement des
de la chaîne opératoire, depuis le tesson ou le pot, bords, issus d'une structure d'habitat et représentant
jusqu'à la publication, avec pour objectif de mieux un corpus de céramiques très fragmentées. Nous vou-
cerner la démarche et de définir des solutions permet- Ions ici, à partir de la minute de gauche, obtenir la figure
tant d'optimiser le travail de dessinateur. Il sera possible présentée à droite.
ensuite d'entrevoir des possibilités qui dépassent la
Précisons tout de suite qu'il s'agit ici d'un cas extrême
simple représentation graphique.
et caricatural, volontairement effectué sur un appareil-
Adobe Illustrator, tout comme son homologue Free- lage qui n'est pas adapté à ce travail. En réalité, les
Hand, est un logiciel de dessin vectoriel, la description temps réalisés par un dessinateur expérimenté sur une
des objets dessinés étant effectuée à l'aide de courbes unité centrale puissante équipée d'un grand écran et
dites de Bézier. Chaque tracé est défini par un nombre d'un scanner rapide sont nettement en deçà de ce qui
restreint de paramètres. Il est possible d'incorporer des est présenté ici.
images photographiques, ou de tout autre élément La minute de départ est constituée de profils annotés,
graphique enregistré au format EPS. sans orientation particulière, tous à l'échelle 1 :1.
L'intérêt d'une technique se mesure en grande partie Compte tenu des spécificités du logiciel de dessin, il est
aux investissements nécessaires à sa mise en œuvre. préférable de limiter la résolution à 100 dpi avec un
Personnellement, j'ai longtemps travaillé avec une ver- format d'agrandissement de 300 %, plutôt que de tra-
sion 3.2 d'Adobe Illustrator sur un macintosh LC, sans vailler à l'échelle 1:1 avec une grande résolution (une
trop souffrir des lenteurs, si ce n'est pour certains autre solution, plus gourmande en mémoire, serait de
décors . Dès lors que l'on désire exploiter au mieux cette travailler sur une image photographique importée au
technique, il convient de s'orienter vers une station de format EPS) . Un segment de longueur connue nous
DAO ou tout au moins vers des modèles d'ordinateurs servira à contrôler voire à étalonner l'échelle du docu-
récents, équipés de mémoire vive suffisante. ment informatisé. Les 4 mn et 40 secondes nécessaires
à l'acquisition ne sont pas grand chose comparative-
1. CHAÎNE OPÉRATOIRE ... ment au temps qui sera nécessaire à la réalisation de
la planche définÎtive, ici 1 heure et 49 mn, soit près de
Un organigramme très schématique (Fig. 1, nO 2) 6 minutes et demie par figure .
décrit le type de chaîne opératoire habituellement utili- Examinons de plus près comment ont été employées
sé, le cheminement le plus fréquent étant souligné par ces 109 minutes (Fig 2, nO 2) :
un trait plus épais. Cette chaîne est découpée en trois Un quart de ce temps a été utilisé à la traduction
blocs principaux : vectorielle des dessins de départ. La nature des objets
1. l'acquisition (Fig. 1, nO 1), qui peut être "indirecte" et le degré de grande précision souhaité nous ont

255
A. KOEHLER

ACQUISITION DIFFEREE ACQUISITION DIRECl'E

Figure 1 - 1. Les deux principaux types d'acquisition;


2. Organigramme schématique décrivant la chaîne opératoire du dessin céramologique informatisé.

256
DESSIN CÉRAMOLOGIQUE SUR ADOBE ILLUSTRATORTM

R&lrganisatioo de la JI38e
Mise U'6c:belle 1: 1
Mise à l'borizowIe

ORDINATEUR: Macimooch LC
SCANNER : HP Scanlet Up
PARAMETRES :
DeaoinNB. Cadra.. : 300'1>. ~onde la page
0immIi.... fiDaJ .. : 6:1.5 x 84.7 cm
PIaœ uXmoirc: 170 ko. Format: Pler. Rtdulioa : 100 dpi
Mi"" "" place des 4&ualts de symetrie
DUREE SCANNERISA TlON : 4'40" Op&alions de sytn&rie
~m: de 3mm des ues hcrizoIDux
Modficatioo des ll'aits (r[Link]œds. Cft... )
Corrections civencs
~onde la page

,.
~.
\ .

ç ..
)

1.
)
E)~ ~finitiœ des lpaisseurs de traits
el tnme <h pofil
R~sa1iœ de la panclw:

1 Il

~'---~f---~-~~3?
., \
"'-D
. fi; )

~ . Mise U'6c:bclle 1: 3

W ~
~~.
---
Num&[Link] de la figure
CoIla8c de 1'6c:bclle
UgaxIc go6o&aIe
ORDINATEUR :
portabIePOWBœOOK 520
ECRAN:
~-- CllCalhmm: 177:}Jj
9.~ en ciagonaIe. 640x4lO pxds
ORDINATEUR: portable roWERBOOK 520 CONDITIONS :
ECRAN : 9.5" CIl ch.-lc. 6401<480 pixcb
\
?, limites
roNDIll0NS : limita. EXIGENCES : moxima1.. EXIGENCES:
DUREE DE TRAVAIL : 11149' maximales
1

Figure 2 - 1. Exemple de constitution d'une planche: minute de départ et résultat final;


2. Principales étapes de la réalisation de cette illustration.

257
A. KOEHLER

conduit à écarter ici les procédés de tracé automatique. dessin, bien qu'essentielle, n'est plus qu'un maillon
L'étape la plus longue, soit près de la moitié du temps, d'une chaîne opératoire bien définie.
comprend l'ensemble des opérations de symétrie, de Nous savons tous le temps nécessaire au relevé des
traçage, etc., permettant d'obtenir une figure presque céramiques, et nombreux sont ceux parmi nous qui ont
achevée, à l'échelle 1:1. rêvé à un procédé d'acquisition automatique.
11 mn seront ensuite nécessaires pour fixer les attri- Pour de nombreuses raisons qui ne seront pas expli-
buts des différents éléments constitutifs du dessin, citées ici, une telle machine miracle ne pourra exister
c'est-à-dire les épaisseurs de trait et le type de trame que dans bien longtemps. Je dirai même, et parce qUe
appliqué au profil, et de préfigurer la disposition géné- le dessin est aussi une expression interprétative et
rale des dessins au sein de la planche. intelligible, qu'un tel dispositif totalement automatique,
Nous pouvons constater deux points essentiels. ne devrait jamais être utilisé.
Le premier est que 8 mn seulement (étape la plus En revanche, des procédés mécaniques sont
courte) ont été suffisantes pour un ensemble d'opéra- commercialisés à l'étranger, permettant la saisie di-
tions parmi les plus fastidieuses du dessin manuel. Ceci recte des profils, décors, etc .. . à l'écran de l'ordinateur.
nous permet d'entrevoir un des énormes avantages du Le principe général est de transférer, par l'intermédiaire
dessin informatisé : une fois acquises les figures indi- d'une tablette à digitaliser, le mouvement d'un stylet
viduellement, le montage des planches est rapide et, (pointe métallique ou faisceau laser) à celui du pointeur
surtout, la reconstruction de ces dernières devient un à l'écran. L'efficacité des dispositifs existants mériterait
jeu d'enfant. d'être précisément appréciée.
Le second point concerne les possibilités d'optimisa- Nous venons de dire quelques mots sur les possibili-
tion de la technique. Les deux tiers du temps sont en tés de rentabiliser la partie d'acquisition, et d'économi-
effet consacrés à des taches répétitives, ou du moins ser un certain nombre de gestes inutiles.
suffisamment bien définies pour que l'on puisse songer Reste le bloc de transformation que l'on découpera
à les automatiser et donc de considérablement renta- en deux parties: la traduction vectorielle d'une part, les
biliser le dessin informatisé. manipulations de transformation sur l'objet obtenu,
d'autre part.
La traduction vectorielle peut, dans certains cas, être
Il. AUGMENTER LA RENTABILITÉ assistée par des outils de tracé automatique, tels celui
1. Trucs et astuces ... intégré dans Adobe IIlustrator, ou d'autres, externes
mais plus puissants, tels Adobe Streamline ou Artline.
En plus de la nécessité de parfaitement maîtriser le
Pour être efficaces, ils supposent que le dessin soit
logiciel, et, en particulier, les fonctionnalités offertes par
préalablement préparé et nettoyé. Si l'on est un tant soit
les raccourcis clavier, il est déjà possible de gagner un
peu exigeant du point de vue précision, on ne peut que
temps appréciable en organisant son travail de manière
constater que les retouches, sur le dessin original puis
à supprimer toute manipulation superflue. Nous illustre-
sur l'objet vectoriel, nous font souvent perdre plus de
rons ceci par une seule petite "astuce". La réalisation
temps que si l'on avait procédé à une traduction vecto-
de la symétrie qui permet d'obtenir le contour (à droite)
rielle à la main.
à partir du profil (à gauche) se fait généralement en
dessinant dans un premier temps l'axe de symétrie, 3. Développement d'outils spécifiques.
puis en appliquant, avec pour paramètre ce dernier, Un outil informatique spécialisé devrait permettre
l'outil "miroir" en mode copie sur le profil. Cette opéra- d'automatiser le plus grand nombre de tâches. Les
tion, pour être précise, nécessite de nombreux agran- étapes manuelles seraient ainsi réduites à l'acquisition
dissements et réductions de fenêtre, ce qui alourdit du profil et à quelques "retouches" finales.
considérablement l'opération . Une autre solution, plus
Plutôt que d'envisager la mise au point d'un outil
économique (Fig 3, nO 1), peut être mise en œuvre, pour
original totalement dédié à ce type de dessin, une
laquelle généralement aucune modification de taille de
solution plus raisonnable est d'adapter Adobe IIlustrator
la fenêtre intervient. Le profil étant agrandi à la dimen-
à nos besoins. Je travaille actuellement à la mise au
sion maximale permettant l'affichage de ses compo- point d'un programme qui aura pour objet d'effectuer
sants à l'écran, on trace puis place l'axe de symétrie à
toutes les opérations répétitives ou suffisamment bien
l'emplacement où a été déterminé le diamètre (a).
définies pour être automatisées. On pourra, à l'avenir,
L'opération de "miroir" en mode copie est effectuée par
pour les versions 5.0 et ultérieures d'Adobe lIIustrator,
rapport à l'axe (b), le résultat obtenu est directement
peut-être même envisager la création de filtres utilisant
déplacé vers la droite de la valeur du diamètre (c), puis
la technologie Pathfinder.
l'axe de symétrie de celle du rayon (d). On conçoit par
cet exemple qu'il convient plus de s'adapter au logiciel Ces routines permettront, dans un premier temps,
de dessin que d'essayer de transposer une "logique" et d'alléger considérablement le temps consacré au
des habitudes de dessin manuel. dessin, et donc de faire du dessin informatisé, pris
dans ses applications les plus étroites, un outil enfin
2. Adapter la démarche globalement. efficace.
Pour étendre cette réflexion, nous pouvons ainsI Un corollaire important sera de pouvoir accéder à
concevoir qu'une optimisation maximale interdit de d'autres données qui dépassent le cadre du dessin. Il
considérer le dessin comme une simple "mise au net". serait ainsi possible d'obtenir automatiquement, et
Le passage des méthodes traditionnelles à celles per- directement à partir du dessin, nombre de paramètres
mises par la micro-informatique doit être accompagné qui exigent actuellement le recours à des procédés
d'une restructuration de nos habitudes, où la phase de fastidieux. Ainsi, la mesure de différentes grandeurs,

258
DESSIN CÉRAMOLOGIQUE SUR ADOBE ILLUSTRATORTM

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Figure 3 - 1. Organisation "pragmatique" pour la réalisation de l'opération de symétrie;


2 à 7. Exemples de représentations de décors sur Adobe Iliustrator™.

259
A. KOEHLER

celui de leur rapport, le calcul du volume contenu, etc., Le deuxième cas de figure est celui de la publication
pourront-ils être directement extraits et exportés vers imprimée, depuis l'article à l'ouvrage monumental de
une base de donnée ou vers un tableur. Plus ambitieux toute une vie. Proposer des illustrations toutes mon-
encore, nous pourrions envisager l'intégration d'outils tées sur Adobe IIlustrator est certainement la meil-
très pointus, comme l'''enveloppe'' , présenté par Clive- leure façon de gagner en temps d'édition, voire en
R. ORTON, il ya plus de 10 ans maintenant. coût d'édition, puisque Adobe IIlustrator fait partie
des standards.
III. QUESTIONS D'ASPECTS ET DE DÉCORS ... Le troisième et dernier cas de figure est le plus rare,
mais sans doute le plus intéressant. C'est celui de la
L'utilisation de l'informatique est particulièrement a- diffusion informatique, par l'intermédiaire de supports
daptée à la représentation de certains états de surface comme les disquettes ou les CD-ROM, voire directe-
(décors peints, sablage, lissage, etc. , exprimés à l'aide ment par les réseaux. Loin de supplanter les publica-
de trames ou de niveaux de gris; Fig 3, nOs 2 et 3) et tions imprimées, ce mode d'échange d'information
d'éléments décoratifs répétés de nombreuses fois pourrait permettre la diffusion de données qui trouvent
(Fig 3, nOs 5 et 6). rarement place au sein des publications. D'autre part,
La réalisation d'une planche de décors complexes la documentation transmise est un matériau sur lequel
(Fig 3, nO 7) implique de faire appel à la combinaison les destinataires peuvent directement intervenir, et
de plusieurs procédés: guillochis, oves tracés de ma- réorganiser en fonction de leurs besoins. Il reste cepen-
nière automatique, motifs dupliqués mais placés ma- dant à régler le problème du copyright, pour ne pas dire
nuellement par exemple. de la toute puissante "propriété scientifique" ...
La représentation graphique des motifs complexes Il est dommage de ne pouvoir avancer plus rapide-
illustre, d'autre part, une grande différence avec le ment en ce domaine, car ce vecteur d'information est
dessin traditionnel pour lequel une certaine liberté est particulièrement peu encombrant. Reprenons l'exem-
permise. Divers effets graphiques d'Adobe IIlustrator, ple de la planche pour laquelle nous avons évoqué les
comme les dégradés, pourraient permettre des rendus différents stades de la construction. Ce sont 35 à 53
tout à fait équivalents, mais exigent une maîtrise de planches que l'on peut stocker sur une disquette haute
l'outil informatique peu accessible à l'utilisateur occa- densité, et plus de 26000 planches, compressées, par
sionnel et surtout augmentent considérablement le CD-ROM.
temps passé.
La meilleure solution, pour les décors complexes, ou V. QUELLES CONCLUSION S ?
les points de détail subtils, reste après tout l'utilisation
de la photographie. Et puisque l'on travaille sur un S'il en faut une générale, c'est certainement que,
micro-ordinateur, autant saisir directement l'image par même si nous sommes de plus en plus nombreux à
caméra. Le dispositif n'est pas très coûteux si l'on se utiliser les techniques informatiques pour la représen-
contente d'une qualité moyenne. L'image, travaillée tation des céramiques, le pas est loin d'être franchi
dans Adobe Photoshop ou d'un autre logiciel de re- entre la recopie et l'automatisation partielle. L'utilisation
touche photographique (sauvegarde au format EPS), d'applications informatisées apparaît actuellement en-
est ensuite incorporée dans la planche par une simple core comme un simple prolongement, très bridé, de nos
importation d'illustration . habitudes traditionnelles de dessin. La plupart des
Les effets d'ombrage ("effet 3D"), maintenant facile- réflexions exposées par Yves Rigoir et Lucien Rivet
ment accessibles, sont, quant à eux, spectaculaires. Si dans le premier supplément de la S.F.E.C.A.G. sont
le résultat graphique fait très "nouvelles technologies", aisément transposables. S'il se pose un vrai problème
on peut se demander s'ils peuvent nous être d'une technique, celui-ci est peut-être d'avantage celui du
quelconque utilité en dehors de présentations grand caractère incontournable de la nécessité d'une vérita-
public. ble normalisation.
Retenons cependant que pour être justifié, le dessin
IV. DIFFUSION ET SUPPORTS informatisé se doit, d'une part, d'être optimisé dans son
efficacité, surtout du point de vue de la rapidité d'exé-
Après avoir fait ce tour d'horizon, il est temps de se cution, et, d'autre part, pouvoir déboucher sur une
poser la question de la destination du dessin céramo- exploitation des plus diversifiées.
logique. Trois cas peuvent être envisagés. Il ya un domaine d'application que je n'ai fait qu'évo-
Le premier est celui d'une diffusion limitée par la quer, parce que bien en aval de nos préoccupations
nature même du support. C'est celui des rapports de actuelles, c'est celui des applications diverses qui
fouille et autres DFS, voire des travaux universitaires. deviennent accessibles dès lors que la représentation
On peut se demander, au regard de la lourdeur encore graphique d'une céramique est devenue aussi un objet
excessive du dessin informatisé, si l'application de ce mathématique. Sont concernés, par exemple, des
dernier est bien justifiée. Le meilleur critère semble être outils de mesure automatique de certains paramètres,
celui de l'utilisation des dessins : s'il ne s'agit que de comme le volume par exemple, et des processus de
présenter quelques exemples de céramiques, une illus- class ification ou, pour être plus réaliste, de pré-
tration traditionnelle fera très bien l'affaire. Mais dès lors classification automatique des formes. Là aussi, une
que plusieurs types de présentation, ou simplement adaptation méthodologique sera nécessaire.
plusieurs essais sont envisagés, le dessin informatisé Le développement de ces techniques demandera
offre des possibi lités bien supérieu res à ce lles du rapidement à repenser la notion de publication. Mais
dessin traditionnel. sans doute l'outil informatique sera-t-il complètement

260
DESSIN CÉRAMOLOGIQUE SUR ADOBE ILLUSTRATORTM

au point, bien avant que l'on s'affranchisse de la part la cerner les besoins, construire et mettre entre toutes les
plus lourde et obsolète de notre tradition en matière de mains l'outil dont nous rêvons. Mais peut-être ai-je pris
publication. quelque retard et que cet outil existe déjà : qu'il soit
J'espère que cette communication très succincte ini- rapidement présenté serait la plus ravissante conclu-
tiera de nombreuses frustrations. Car les possibilités sion, et nous pourrions aborder, sous un nouvel angle,
sont immenses, et presque tout reste à faire pour la question qui reste fondamentale : la représentation
rassembler nos expériences, nos réflexions et mieux graphique des céramiques: pour quoi faire?

DISCUSSION
Président de séance : B. MANDY

Bernard MANDY: Merci pour cette communication très mesurée sur le problème du dessin.
Bruno DUFAY: J'ai vu fonctionner l'acquisition par caméscope et tu n'en as pas donné d'exemples. Ce qui me
retient, c'est qu'elle ne peut pas montrer l'intérieur, donc l'épaisseur de la paroi; il faut donc reprendre ce paramètre
par une autre méthode et on perd en cohérence de la démarche, si je puis dire. Tu t'en sers pour quoi, exactement?
Alain KOEHLER : L'intérêt de l'utilisation du caméscope n'est pas dans la saisie du profil, une méthode déjà
expérimentée il y a un certain nombre d'années. Je pensais plutôt à /'incorporation d'images photographiques pour
mettre, à côté du profil, une illustration du décor, pour enrichir /'image du profil d'éléments particuliers.
Jean-Claude NOTET : Dans certains cas, je pense que le dessin informatisé peut être un gain de temps. Par
exemple, pour le décor de la sigillée, comme les oves, à partir de frottis scannés, il suffit de faire un dessin en détail
et ensuite de le reproduire et de le décaler: on obtient un décor absolument régulier en gagnant du temps!
Alain KOEHLER : Oui, tout à fait. Il y a cependant un petit danger: jusqu'à quel point peut-on se permettre de
reproduire un motif et, surtout, à partir duquel? Du mieux conservé, mais pour quelles raisons? Ce problème doit
être posé.
Jean-Claude NOTET: Sur un vase, l'ove est réalisé avec le même poinçon et les fluctuations dues à la force
d'appui sont tout à fait aléatoires.
Alain KOEHLER : Il est sûr que c'est un des plus beaux outils pour faire des restitutions: je pense aux décors de
palmettes sur la sigillée paléochrétienne où on peut restituer le décor de manière très rapide et très parlante.
Jean-Marc SEGUIER : Je ne sais pas qui, dans la salle, utilise de façon systématique ce type de procédé de
reproduction, si on est nombreux ou pas? Pour ma part, tout ce qui vous a été montré hier a été construit sur Adobe
lIIustrator. L'intérêt vraiment extraordinaire est qu'on peut reproduire un vase à n'importe quelle échelle en un
minimum de temps, en évitant les déformations des photocopies. Autre intérêt: le stockage à long terme sur des
supports de disques numé.risés.
Il serait intéressant de faire un sondage pour voir combien d'entre nous travaillent sur Adobe lIIustrator.
Lucien RIVET: Qui utilise cet outil? Réponse: 19 personnes sur 143 présentes dans la salle.
Bruno DUFAY: Je pense qu'Adobe est moins utilisé pour la céramique que pour l'architecture, pour les plans de
fouilles, etc., où la pratique est plus courante et plus ancienne. Un sondage dans ce domaine donnerait des résultats
différents.
Bernard MANDY: Et il y a deux niveaux d'utilisation: celui qui touche à la mise au net et au montage des planches,
qui fait gagner du temps, et celui qui permet de créer le dessin directement informatisé, et qui me semble plus
délicat.
Alain KOEHLER : Oui, et je pense que d'un simple point de vue financier, pour la plupart d'entre nous, on va
encore longtemps se limiter à scanner des minutes.
Philippe BET: Une station de travail revient à environ 10.000 F en PC, avec le logiciel de dessin Corel Draw.
Donc dans toutes les bases de travail, notamment celles de l'AFAN, on devrait pouvoir trouver ce genre de matériel
plutôt que certains produits qui ne sont pas toujours réfléchis.
Frédéric LORIDANT : Je voudrais poser le problème du droit à la diffusion informatique. Ce sont des dessins
qu'on peut diffuser sur un support informatique et qui peuvent être utilisés n'importe comment; c'est un problème
qui arrive pour d'autres documents, les photos par exemple. Cela peut arriver pour des dessins de céramiques et
il serait intéressant d'en discuter un jour.
Alain KOEHLER: Je ne pense pas que la solution soit de diffuser ces dessins sur la fameuse planète ...
Frédéric LORIDANT : Non, mais avec un CD-ROM rien n'est plus facile pour récupérer un dessin ...
Alain KOEHLER : Comme avec des photocopies! Je pense que le problème est ailleurs, par exemple avec la
reconnaissance du CD-ROM en tant que publication.
Henri LEREDDE : Je me méfie un peu en matière d'évolution informatique de me lier à un produit logiciel
particulier; c'est la seule restriction que je ferais. D'autre part, je suis plus favorable à utiliser des images Bitmap
que l'on peut retravailler facilement et qui ont l'avantage de perdurer et de se plonger dans toutes sortes de logiciels.
Enfin, à partir du moment où vous êtes en images Bitmap, il y a des techniques qui peuvent être intéressantes
comme d'utiliser des algorithmes de détection de contours, tels qu'on peut les avoir sur un certain nombre d'outils

261
A. KOEHLER

qui sont plutôt des traitements d'images; cela peut, dans certains cas, mais ce n'est pas parfait, être une aide pour
le dessin en matière de contour d'éléments.
Sinon, quant au problème du copyright en informatique, je ne pense pas que cela soit aux archéologues,
particulièrement, de s'en occuper; il Y a tant de gens qui sont penchés sur ce problème qu'on suivra le mouvement,
comme tout le monde.
E/eni SCHN/DLER-KAUDELKA : J'ai diffusé sur CD-ROM, en Autriche, il y a une semaine, un petit article grand
public sur la pierre de Rosette. L'auteur dit que, dans 50 ans, ses petits-enfants (qui ne sont pas encore nés),
n'auront probablement pas la possibilité de lire ce CD-ROM mais, à partir du moment où ils auront appris le grec,
ils pourront lire la pierre. Donc, qui sera responsable de transformer ces disquettes, ces CD-ROM, etc., selon les
nouvelles évolutions? Par exemple, j'ai des bandes magnétiques des années 1960 que personne ne peut plus lire
parce que les machines n'existent plus! C'est un problème! J'aime beaucoup les CD-ROM mais du point de vue
publication définitive, malheureusement, il faut encore se fier aux publications imprimées.
A/ain KOEHLER : Je ne pense pas que l'existence d'un CD-ROM interdise celle d'une publication classique à
faible tirage.
Henri LEREDDE : Sur les problèmes de pérennité des supports, je pense qu'il y a beaucoup moins de risques,
en l'état actuel, à digitaliser nos diapositives pour le long terme sur des CD-Kodack que de les conserver sur film.
Ces CD-ROM disparaÎtront certainement demain mais, à partir du moment où les documents sont numérisés, on
aura un intervalle de temps pour les reconvertir. Ce n'est pas un problème. Et pour les bandes magnétiques, même
très vieilles, on a encore les moyens aujourd'hui de les relire, dans certains centres, et de les transformer. Quand
je vois l'évolution des diapos et leur fragilité, je préfère nettement qu'elles soient sur CD-ROM avec, en matière de
définition, sur CD-Kodack, entre le 200 et le 400 ASA!
Philippe .sET: Pour renforcer ce que dit H. Leredde, on peut aussi mettre en cause le support papier qui,
aujourd'hui, avec le blanchissage au chlore, n'a pas une durée d.e vie très longue. Mais, par exemple, les Actes de
la [Link].e.A.G. auront une durée plus longue contrairement à tous les rapports de fouille photocopiés par
xérographie, avec une encre qui est juste posée sur le papier! Avec l'encre d'imprimerie, au moins, il y a une
pénétration du support.

** *

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